<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<item xmlns="http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5" itemId="10935" public="1" featured="0" xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance" xsi:schemaLocation="http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5 http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5/omeka-xml-5-0.xsd" uri="http://occitanica.eu/items/show/10935?output=omeka-xml" accessDate="2026-05-30T02:42:45+02:00">
  <fileContainer>
    <file fileId="17001">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/434c38323ceb8dbc380a49645681daf8.jpg</src>
      <authentication>5c8ce74d0338107b1a5e5506a96288d2</authentication>
    </file>
    <file fileId="17002">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/b86101b407ba464148ad4ae88b5855ac.xml</src>
      <authentication>2db7d345887df43e1ab7c9c9aefce1bd</authentication>
    </file>
    <file fileId="17003">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/a9d5ff48679a69c448dc3d6d074d210b.pdf</src>
      <authentication>9c95c87af85622d6ba6ffcbf18ee75b8</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="611550">
                  <text>&gt;0lO

DERAS

PIRENÉOS

(COUMÉNGES, OUATE-BATS, NE60UZAN, GOUSERANS, HAUTO-GAROUNO)

DERA

MOUNTANHO
QUE
E

I ™ ANNADO

PARÉ G H

CADO

DUS

MEZ:ES

^■^ ^^T~\
1

v
NUMÉROS 5 È 6

Abounomént : 3 fr. per an

-GAUDÉNS
E

UIBRARIO

AJB A DIE

�SOUMARI

I. —

PRUMÈRO FELIBREJADO DERA 'SCÒLO DERAS PU

I) .

RÉUNION

PRIVÉE

Discussion des Statuts provisoires...
Les Statuts définitifs
II) .

BANQUET

Menut ded Dinnd
Lettres d'Absents (MM. Daubian, Fe
san, P. Laborde, Pellisson, Sourr
etc.)
Toasts de M. de BARDIES, Ats aina
counlw
de M. B. SARRIEU, Adj abt
nòstn 'Scòlo
de M. IÌ. LIZOP, Au nom de
tion Régionaliste Français
de M. l'abbé Y. DUFOR, A la
félibréenne
III) .

SÉANCE PUBLIQUE

Allocution de M. de BARDIES
Conférence de M. B. SARRIEU, sur &lt;
d'Oc et le Félibrige commingeois
Prosateurs et Poètes :
— M. l'abbé CASTET : Deux Contes :
1. Handòlo e Haticaudo
2. Eras Abélhos
— M. H. TEULIÉ : Un Sonnet et une F
1. La Sourço
2. Le Gat è le Pinson
— M. R. LIZOP : Visions pyrénéennes :
1. Au Pays de Comminges ....
2. Le Soir sur les Monts
— M. B. SARRIEU : Fragment épique :
Coumbat d'Andòs et de Louhits.
Adieux. Projets d'avenir
II. — Noubèles (Nauèts Counfrais, Coutizaciou
gando, Arremercioments, Counferénço d'
Felibrejades, etc.), B. S
III. — Point de rencontre des articles lou, le, et et.
BIAN

IV. — Em Moun-Balhè, sounét, V. BARR-OU
V. — Coundes de la Gimono, 1. Le Lauomént, H. 1
VI. — Prounoustics dera bat d'Auro (Yè, Here
Abriéu), F. MARSAN
VII. — Es coucuts dera Mountanho, Y. DUFOR

AVIS IMPORTANT
Nous prions ceux de nos Membres dojfl
abonnements pour 1905 sont ^JÊÈ
faire parvenir au Trésorier, M. B.W
Auch (Gers) avant le 8 Décembr^Ê
date, nous les ferons recouvrer par^

�ERA BOUTS DERA MOUNTANHO
PRUMËRO

ANNADO

Nos o è 6

« Toustém Gascous ! »

•..-s==

p*—•

PRUMÈRO FELIBREJADO

DERA 'SGOLO DEHAS PIRENÉOS
A SEN-GAUDÉNS

ET 13 DE SETÉME 1905

La première Assemblée générale de notre Escolo a eu lieu à SaintGaudens le jour fixé, et le programme tracé a été exécuté point par point.
On a lié connaissance, on a fait de la bonne besogne, on a affirmé sa foi
félibréenne, on en a fortifié les principaux points, et l'on est reparti plein
d'espérance. Pour une première fois, — malgré le retard de quelques
dispositions, la hâte ou l'insuffisance de quelques préparatifs, et surtout
l'inclémence du temps, — on n'a pas eu trop à se plaindre ; et l'on a pu
poser les bases d'oeuvres et de réunions prochaines capables d'amener à
nous, nous n'en doutons pas, tout le grand public de nos régions. —
Mais entrons dans le détail.

I

RÉUNION PRIVÉE DE L'ESCOLO
Donc, les Félibres de VEscòlo deras Pirenéos, arrivés, les uns la veille
au soir, comme notre dévoué Président, les autres le matin même, à la
première heure... ou un peu plus tard, qui en chemin de fer, qui en automobile, se sont rencontrés, vers les dix heures, dans les salons de l'Hôtel
du Nord. — Présentations, d'où il appert que notre Escòlo, en guise de
cadeau de joyeux avènement, reçoit trois nouveaux membres de plus,
MM. Bégouen, Cabaup et de Terssac, sans compter ceux que fait inscrire
M. Teulié ; puis conversations et confidences entre membres du Bureau
qui se concertent, amis qui se retrouvent et grammairiens qui discutent ;
visa des feuilles de route à moitié prix ; encore un peu de patience pour
attendre les derniers annoncés; enfin, l'on prend place, et M. de Bardies,
président, ouvre la séance en quelques mots.
Discussion des Statuts provisoires
On sait que cette première réunion privée devait être surtout consacrée
(de là son importance) à la détermination définitive des Statuts. On a

�70
pris pour base l'Abrégé que donne la couverture (p. 4) de nos quatre premiers numéros (et qui se trouve encore sur celle de celui-ci, afin que nos
lecteurs puissent le comparer aux Statuts définitivement adoptés), et on
l'a suivi article par article.
ARTICLE 1. — Bon.
ART. 2. — Pour éviter la répétition que constitue l'art. 9, on introduit
de suite le mot « section ». — On supprime (discussion entre MM. Sarrieu, Teulié, Bégouen) « subdivisée en cantons », afin de ne pas imposer
d'avance cette subdivision (Voy. la discussion de l'article 7).
ART. 3. — On ne le discute que pour le compléter. En effet, la langue
est elle-même une tradition ; elle fait partie, avec les costumes, les usages locaux, etc.. de la vie provinciale, qui doit nous tenir à cœur. De
même l'histoire de notre pays, de ses grands hommes (M. l'abbé Dufor),
de sa langue et de ses écrivains (MM. Dufor, Cabaup), [mais non
comme une œuvre de pure science, sinon nous dévierions, et nous ferions
double emploi avec les Sociétés historiques de nos régions (M. Sarrieu)],
le développement de son originalité sous toutes ses formes, dans un
sens résolument décentralisateur à la suite de tous les Félibres (M. Lizop)
ne sauraient nous être choses indifférentes, bien que la langue gasconne
soit notre objet essentiel.
ART. 4. — Cet article est fortifié, d'un accord unanime, en présence
des observations justes et pressantes de M. l'abbé Dufor. « La matière
félibréenne, dit-il en substance, est assez vaste et assez intéressante pour
que rien, dans notre Ecole, ne nous oblige d'en sortir. B y a des personnes chatouilleuses qui se formalisent pour peu de chose. Nous nous
interdirons donc dans nos Béunions ou dans notre Bévue, et absolument,
toute polémique politique ou religieuse, et même toute allusion déplacée.
Nous ne dévierons sous aucun prétexte de cette sage et franche ligne de
conduite, et nous y tiendrons si bien la main que l'on ne pourra rien
nous reprocher » (Vive approbation).
B est si clair, d'ailleurs, que nos membres gardent individuellement
toute leur indépendance qu'on estime inutile de l'inscrire dans les Statuts.
M. Lizop demande si l'on considérera la décentralisation comme une
question politique ; il fait remarquer en passant l'esprit large de la Fédération Bégionaliste Française, qui publie dans (( l'Action Bégionaliste ))
toutes les opinions régionalistes, dans leur extrême variété. — Mais
l'œuvre décentralisatrice n'est point ce que l'on entend ordinairement par
« de la politique » ; et ce qui a été dit à propos de l'Art. 3 est de nature
à donner pleine satisfaction à M. Lizop.
ART. 5. — Ainsi, par « Félibres » ou « Membres actifs de 1'EscòIo »,
on entend ceux qui paient 6 fr. par an. — On ajoute que les dames sont
admises ; et l'on décide que les bienfaiteurs de l'EscôIo (de leurs deniers,
ou autrement) pourront être déclarés Membres honoraires.
ART. 6. — Modifié, en vertu de la modification des articles 2 (fin)
et 7.

�71
ART. 7, 8 et 9. — Après une discussion à laquelle prennent part
surtout MM. Abadie (qui craint que la constitution de sections cantonales n'entraîne des scissions, à moins de prendre certaines mesures),
Sdrrieu (qui croit que le grand avantage de ces sections sera de rendre
notre Escolo présente efficacement à la fois sur tous les points de son
territoire, — l'unité de l'Escolo étant suffisamment assurée par l'existence d'un Bureau général et d'une caisse unique), Bégoucn et de /iardies (il y a des chefs-lieux de canton si rapprochés qu'ils auront avantage à ne former qu'un groupe : ainsi Saint-Lizier et Saint-Girons), on
remplace le mot « canton » par le mot (( groupe », qui laisse plus de
large, et on décide que ces Groupes devront se rattacher à l'une des trois
Sections, et correspondre (comme du reste les sections) avec le Bureau
général.
ART. 10 à 16. — La rédaction nouvelle a été inspirée par le désir de
simplifier le fonctionnement de l'Escòlo, tout en assurant (comme c'était
l'esprit des Statuts provisoires) une représentation dans le Bureau général aux trois Sections de l'Escòlo. On a toutefois fait nommer le Bureau
général directement par tous les Félibres de l'Escòlo, et décidé qu'il serait
renouvelé tous les trois ans.
Voici donc le texte des Statuts définitifs :

Nouveaux Statuts
ART. 1. Il est fondé, pour la région gasconne de la haute Garonne et
de ses affluents, une Ecole félibréenne qui prend le nom à'Escolo deras
Pirenéos (Ecole des Pyrénées).
ART. 2. Le siège de l'École est à Saint-Gaudens. — Elle comprend
trois grandes Sections : 1° Haut-Comminges, Nébouzan, Quatre-Vallées
(Saint-Gaudens) ; 2° Bas-Comminges (Muret) ; 3° Couserans (SaintGirons).
ART. 3. Le but de l'Ecole est de maintenir et de relever la langue
gasconne du Comminges et du Couserans, de conserver les traditions
et les usages locaux, et de développer la vie régionale.
ART. 4. L'Ecole s'interdit absolument toute polémique politique ou
religieuse, soit écrite soit orale.
ART. 5. Les Membres actifs paient 6 francs par an, et ont droit au
titre de Félibres et à toutes les publications de l'Ecole. — Les Dames
sont admises. — Les Bienfaiteurs de l'Ecole pourront être déclarés par le
Bureau général Membres honoraires.
ART. 6. Il est recommandé, en envoyant son adhésion au Bureau
général, d'indiquer, en outre de l'adresse, le lieu d'adoption au point de
vue dialectal.
ART. 7. Il y aura des Groupes locaux là où plusieurs Membres actifs
(5 au moins) décideront d'en établir un. Tout Groupe devra se rattacher
à l'une des trois Sections.
ART. 8. Les trois Sections et les Groupes jouiront de la plus grande

�72

autonomie, à la seule condition d'agir conformément aux Statuts, notamment de respecter les articles 3, 4 et 5, et de se tenir en rapports avec le
Bureau général.
ART. 9. L'Assemblée générale de l'École, composée de tous les Membres actifs, doit se réunir une fois l'an. Elle peut modifier les Statuts à
la majorité absolue.
ART. 10. Le Bureau général est élu au scrutin secret pour 3 ans par
l'Assemblée générale. Il est composé d'un Président, d'un Secrétaire,
d'un Trésorier, et de trois autres membres, ayant rang de Vice-Présidents
et représentant chacun l'une des trois sections de l'École. — Le vote par
correspondance est admis pour cette élection.
ART. 11. Les questions relatives à l'administration de l'École, à ses
publications, à ses fêtes, à ses relations extérieures, sont réglées par le
Bureau général.
NOTA. Le Bureau provisoire est maintenu pour une année. — (Bappelons sa composition: Président, M. de Bardies; Vice-Président,
M. l'abbé Dufor ; Secrétaire-trésorier, M. B. Sarrieu, 8, Place Du-Bartas, Auch ; Assesseurs, MM. Cau-Burban, Daubian et Teulié.)

II

LE BANQUET
Cependant, la durée et l'ardeur de la discussion avaient aiguisé
l'appétit. Aussi est-ce avec plaisir que l'on descendit, à midi 1/2, dans la
salle du Banquet.
Autour de la table fleurie on prend place sans façon. M. de Bardies
présidait, ayant à sa droite M. l'abbé Dufor, vice-président, et à sa
gauche M. B. Sarrieu, secrétaire-trésorier. Etaient présents par ordre,
MM. de Bardies, président de l'Escòlo deras Pirenéos et de la Société
du Couserans ; Y. Dufor, curé de Labarthe-de-Bivière, ancien professeur,
ancien aumônier militaire ; Abadie, le dévoué imprimeur d'Era Bouts
dera Mountanho ; Teulié, directeur des écoles communales de Lédar (SaintGirons) ; Cta de Terssac, élève de l'École des Chartes ; P. Castet, curé de
Lorp, auteur de la grammaire Couserannaise ; Vte de Terssac ; Cte Bégouen, rédacteur en chef du Télégramme, auteur de plusieurs ouvrages sur
l'Ariège et le Saint-Gironnais ; Cabaup, inspecteur des contributions
indirectes ; Artigue Fabien, de Labarthe-de-Bivière ; B. Lizop, licencié
ès-lettres, délégué de la Fédération Bégionaliste Française ; Charles Bey,
receveur des douanes à Bordeaux ; B. Sarrieu, ancien élève de l'École
Normale supérieure, professeur de philosophie au Lycée d'Auch.
Le menu avait été trop tard arrêté pour être imprimé en gascon sur
beau papier. Le voici, tel qu'il fut et qu'il aurait dù être :

�73
DINN A

POÛTADJE

(Pastes de Bilomur)
HORO-D'ÔBRO :
BURRE... DE MARINHAC
SAUCISSÒT DE SANGLA... DE FOUGAROUN
MELOUN DE MURÈTCH

PÉCH

(DERA NÈSTO, 0 DERA GAROUNO ?)
ARRELHEUAT ARA BAYOUNÉSO'

Gras double mode de Caen
(Legét : PETERAM MÒDO DE LUCHOUN)
Poulardes du Mans Mirabeau
(? — Nani : GARIÉS DE BALENTINO)

2

CIBÉT DE LÈBE

(N. B. : Atrapado ena plano d'Arribèro)
CASSOOLÉÏ

ARROUSTIT :

(de

CASTELNAU...

d'Arri-petit)

PERRÒT (POULÔY DE LOUMBÈS,

at Segu)

dap gracilhoun
SALADO

(... dabb era sau det Salat)

CRÈMO GASCOUNO COUSERANO .COUMENGÉSO

(Soi-disant Bavaroise franco-russe)
BISCUIT DE SABÒYO

HERUTO DEP

BIN,

(soit!)

PAÏS, ASSOURTIDO

DE FROUNTOUN ?

0

DE BOUSSÉNS ?

CAFÈ MOKA

Voilà à peu près ce qui nous fut servi. M. Blanchard ne nous a pas
trop maltraités, et une aimable animation a bientôt régné parmi nos
confrères.
1. A Ludion et à Montauban (Tarn-et-Garonne) c'est ainsi qu'on dit &lt; mayonnaise •.
2. Tout le monde connaît la laralléro (ritournelle) du coq de Valenliue : Kekerekék !
— Qu'as, poutehét? — Qu'ê herét ! — Bê-l'en cauba. — Taoun ? — En ço île la mairiol
— Que nou m'i bo ! — Que l'as panât?— Un sac de blat!
Debadj ep pont de l'alentino... —
pour le faire rire).

—

Taoun l'as pourtal? —

Pico, pico, 'ra sard i no ! (Et on chatouille l'enfant»

�74

Lettres d'Absents
On regrettait seulement l'absence de bon nombre de nos amis, à qui
la foi ne manquait point, mais qui, prévenus un peu tard on empêchés,
n'ont pu être des nôtres.
Se sont fait excuser MM. Camparan, Sénateur ; René Dufor, ancien
élève de l'École Normale Supérieure, professeur agrégé de première au
lycée de Nîmes ; Bertrand Guilkèm-Pène, le gracieux félibre de la vallée d'Oueil, retenu par son état de santé ; Commenge, directeur de l'école
primaire de Saint-Girons ; Abbé Cau-Durban, correspondant du Ministère de l'Instruction publique, membre du Bureau général, etc.
Nous avons dû regretter vivement l'absence de notre fidèle ami Michel
CamélàX, d'Arrens, frappé par un deuil auquel toute notre Ecole s'est
associée, cruellement éprouvé par la perte de sa fillette Béline, à qui il
avait donné le nom de l'héroïne de son beau poème. Hélas, il n'a pu
venir parmi nous. Nous lui adressons encore une fois l'expression de
nos plus vives condoléances.
D'autres lettres d'absents sont venues, au milieu môme du banquet ;
nous apporter des regrets et des vœux ; nous en avons donné lecture.
M. l'abbé Daubian, l'ardent apôtre de notre œuvre dans la région de la
Save et de la Gimone, qui se faisait une fête de cette réunion de SaintGaudens, n'a pu malgré tout être des nôtres. « Quoi qu'il en soit,
sachez, nous, écrit-il, que je serai de cœur au milieu de vous, que
j'applaudis à vos efforts, à vos espérances ; et que, plus que jamais, je
fais mienne la flamboyante devise : « Toustéì/ Gascons ! » Notez-le,
s'il vous plaÂt, à nos distingués confrères ». — M. l'abbé Daubian,
comme on le verra dans ce numéro, a déjà pris sa revanche, et, pour
faire coup double, il nous amène, dans la personne du savant abbé Dambielle, un nouveau collaborateur.
Point n'ont voulu se taire non pjus M. Valentin Bardou : retenu au
dernier moment, il nous a envoyé un joli sonnet qu'on lira plus loin ; —
ni M. l'abbé Marsan, dont nous commençons de publier aujourd'hui les
curieux Pronostics de la vallée d'Aure: il applaudit à notre « œuvre
patriotique », espère que « le vieux sel gascon ne disparaîtra point »,
et constate avec joie que les membres de l'Escòlo deras Pirenéos (pour
laquelle il fait une active propagande) « sont de plus en plus nombreux ».
M. le Dr P. Ferras, conseiller-général de Luchon, emprunte le télégraphe, qui transmet le gascon (avis à nos amis) tout aussi bien que le
français : o Coungrès Escolo deras Pirenéos : — A rrestat per yo doulou ena 'squió ber/gudo coumo wn lambrét, nou podi ana dinna tab
bous-auti; so bien embestiat, digdtt'òc a touti... »■
M. Castex, professeur agrégé au Lycée de Tarbes, contraint de partir
pour Paris, se venge du sort en nous procurant quatre adhérents nouveaux. Si seulement chacun de nos Confrères nous en amenait un autre !

�7o
Cela va devenir la loi dans l'Escole Gastou-Fébus : « Que cade felibre
que myi per an û nabèth counfray »...
M. l'abbé Laclavère, vicaire général d'Auch, qui a vu des Couserannais
à Bagnères-de-Bigorre, regrette de ne pouvoir à Saint-Gaudens voir aussi
des Commingeois.
M. Paul Laborde, Trésorier de l'Escolo Gastou-Febus, et Membre
de la nôtre, se trouve retenu par des affaires très importantes ; « mais
ce que je puis vous affirmer, nous dit-il, c'en que je suis de cœur
avec vous, et j'espère pouvoir l'année prochaine me rendre auprès de
vous. » C'est aussi ce que se proposent MM. Castex, Marsan, et Cornet,
percepteur à Ustaritz.
M. Henri Pellisson, « le félibre de Baretous », que l'Escolo G.-Fébus
a fêté dernièrement à Oloron, à juste titre, adresse à l'Escòlo deras
Pirenéos, en lui criant « Bravo ! », un poétique Salut :
SALUT
Escolo deras Pirenéos
qui p'ep prumè cop felibréos
à Sen Gaudéns,
ec qui saluda ta beiigudo,
eb biarnés felibre saludo
es tos baléns !
Sarrieu, Dufor, Teulié, Bardies
qui savc rouje abétz enas bies,
salut, counfrais !
è'bibo es auts de rouje hidje
'qui l'estélo dôu Felibridje
da's sos arrais.
Aro « Era Bouts dera Mountanho »
er/canto es reclams, divqu'à Spanho,
d'u dous piu-piu...
Frais 'ra bosto obro qu'ei lusénto
ena capo estelado, è sénto...
Gracis a Diu !
Hetiric Pelissoi;,
De Biarn,

Felibre de Baretous,

ed 12 de 7m" de 1905

Méstre en Gai-Sabé.

Les applaudissements ont accueilli comme il le méritait cet aimable
envoi.
M. André Sourreil, capiscol de l'Escòlo Moundino, directeur de « La
Terro d'Oc », nous assure qu'il sera par la pensée au milieu de nous, et
nous prie d'agréer les vœux qu'il forme a personnellement et au nom
des félibres de l'Escolo Moundino » pour notre jeune Ecole. « ISEscolo
deras Pirenéos, nous dit-il, ne ; eut que prospérer, et nous serons tou-

�76
jours heureux de faire écho à la Vouts de la Mountanho lorsqu'elle
viendra jusqu'à nos plaines languedociennes témoigner de la « respelido » de la patrie Occitane ». — Nous aussi nous formons les meilleurs vœux pour la prospérité de l'Escolo Moudino.
Voici maintenant M. Paul Fagot, sous-capiscol de la même Escolo et
notre adhérent : « Vilofranco de Lauragués, aquéste 12 de Septembre
1905.
Brave counfraire e valent felibre,
M'aurio belcop agradat d'esse a vostro acampado de douma per
brinda à l'espandido de la novo « Escolo de las Pirenéos ; mes podi
pas quita en aicesle moument.
Sarï de cor ambé vous e les vostres, vous pregant de me debremba
pas prep de toutis.
Mous milhounis vots courais felibrencs ».
P. Fagot.
— Nous n'avons pas besoin de dire combien nous avons été touchés de
toutes ces marques de sympathie, et d'assurer ceux qui font pour nous
ces vœux que nous les leurs rendons avec usure.
Cependant les conversations vont leur train, gascon et français s'y
entrecroisent fraternellement. Mais le banquet touche à sa fin ; voici venue
l'heure des toats, des « brindes » comme disent les Toulousains. Le Président se lève et porte le sien « aux Aînés de Gascogne », en calme langage du Couserans.
Toast de M. de Bardies
Président

« Amies Coumengéses e Couséranéses !
» Nou y a cap pla lounténs qu'era Gascounho a estado descoubèrto e
m'arribo caucu cop d'enténe géns det Nord dise en risén : Oun couménço
dounc era Gascounho oun finich ? At countrari, es Gascous soun counechuts desempus pla lounténs e en toutis és païses dém moun, e pertout an reiissitch, surtout à Paris. Es caddèts dé Gascounho mous hèn
pla gautch ! Mès nou cau cap oublidá aquéris que sus eras mountanhos
•deras Pirénéos, coumo dens las bèros balèos det Salat, dera Garouno,
detch Adour ùardon era maisou paternèlo, cultibon era tèrro ancestralo, i cùélhen eras flous detch amour e dera poueslo, manténguen eras
tradicious dera raço, counsèrbon eras hounts bibosoun es caddetous benguen poupá era fòrço. Tabé bous proupòsi de lebá bòste béire as caddèts
e as ainats de Gascounho, toutis e toustém gascous ! »
Ces fermes paroles sont soulignées d'applaudissements unanimes.
Après quelques mots de M. l'abbé Dufor, qui constate avec joie, malgré
de légères différences dans les finales, la grande ressemblance du dialecte
couserannais avec Je commingeois. c'est le tour du secrétaire général, qui
s'exprime en luchonnais.

�77
Toast de M. B. Sarrieu
Secrétaire

« Bous qu'auét, Moussu 'p Prezidént, lheuat eb bòste béire az ainats de
Gascounho. Qu'em permeterat de lheuá 'm mèn adj abérigue dera nòsto
'Scòlo des Pirenées.
)) Ço que eau qu'òn sápie è ço que deuém prouclamâ bièn haut, qu'éi
qu'era òbro que bo perseguí 'ra nòsto 'Scòlo ei iou òbro seriouzo. Nu 'i
cap ent' amuzá-mous que mouz èm groupais : qu'ei enta saubá dera mòrt,
dabb era nòsto léngo, edj esprit madéch dera nòsto 'rraço. E saubá 'ra
nòsto léngo dera mòrt, nu 'i cap bouta en quauque caiè, coumo 'n un
arreliquári, ez debrissi esparricats den nòste parlà : òbro pïouzo, en bertat, mès puroméns preliminário. Saubá 'ra nòsto léngo, qu'ei hè que tinde
toustém en nòste pal's, suz era bouco dez nôsti, è que s'i manténgue auta
lounténs que coulará 'ra nòsto Garouno è que s'aregeran de cap at cèu ez
nòstez mountanhes ! (Applaudissements).
» Certes, que i-a dificultats a bénee, plan qu'at sabém, è 's circousténees
que mouz dan, jà, créntez legitimes; mèz ec-qui-aime prou qu'espère tant
que biéu. E qui pouirié susténgue qu'era òbro nòsto dépasse es forcez
umanes ? S'auém souloménz aquésti tres punts, j'èm ganhats :
1° D'abòrt, hè ourbi ara Urigo d'O toutez ez escòlez dem Middió, de
haut en bach ; è dounc. ari nòste gascoun, toutez ez escòlez de Gascounho.
Dab bersiouz è tèmez en gascoun, qu'atenheriém ac còp duz arresultats :
ef francès qu'en sérié miélhou sabut, è 'g gascoun que sérié saubat !
2° Pus, mesclà entimoménz era nòsto léngo a toutez es hèstez den
nòste païs è à toutez ez manifestaciouz dera sio bito soucialo (teatre,
estacious, ceremouniéz laïquez o 'rreligiouzes, etc.), de talo manièro
qu'era nòsto léngo benguésse beritabbloméns pubblico ena 'rregioun aoun
ei nechudo.
3° Enfin, — mès tadaeró que calerié un pialè de dinès, è tabéri de
trebalhadous, — hè paréche^ cado diô, uv journal que housse de cap
atch houns en gascoun, è que balhèsse en gascoui), ta'c Couménges è
ta'c Couzerans, ez noubèles de pertout, como'gg hèn ez grani journals
de Pariz o dera Proubinço .E, ùitat, — açotau, qu'ad die ta touti 's Félibres — dap 8 o 10 gazétes atau, estabblides cado-iô en iou grano 'rregioun dem Middió, que seriém soulidez d'aué-mou-n-âc des countrariz
destis.
» Ta'pprumè punt, qu'auém bejunhder' ajudo (ja nou mouz manque pas)
dec Còz enchinhant è der' Administracioun madécho ; ta 't segount, dec
councours dera brabo gént dez nòstez bilez è dez nòstes campanhes; ta 'dj
aut', enfin, ... dedj arròz det Cèu... Poúsquien entené-mouz es qui mous
déuen enténe è sustengué-mouz es qui mous pòden susténgue ! Entretant,
nou cessaram pas, s'a Diéu plats, de coumbat' eb boun coumbat, ena nòsto
« Bouts dera Mountanho ». E ja beirat, cari counfrais, — qu'ei adaeró que
lhèui 'm mèn béire, — ja beirat que ganharam ! » (Applaudissements.)

�78

Toast de M. R. Lizop
C'est au nom de la Fédération Régionaliste Française que M. R. Lizop
prononce son toast, que nous donnons in-extenso.
« Messieurs,
» Des voix plus autorisées viennent de célébrer le culte de la petite patrie
Pyrénéenne qui nous rassemble aujourd'hui dans la vieille cité du
Nébouzan. Un de vos nouveaux confrères veut maintenant porter à
l'Escòlo deras Pirenéos, tous les souhaits fraternels de bienvenue de la
Fédération Régionaliste Française.
)) Notre association ne vous est certainement pas inconnue ; je vois parmi
vous plusieurs de ses membres les plus militants et entre tous votre
savant et si distingué secrétaire M. Sarrieu. La Fédération régionaliste ne
prétend certes pas monopoliser et centraliser le mouvement qu'elle
représente : elle mentirait à son propre nom. Elle est seulement le grand
Secrétariat du régionalisme français, le trait d'union entre tous les
fervents de la petite patrie et entre tous les groupements organisés qui
exaltent et propagent les idées décentralisatrices sur tous les points du
territoire. La Fédération, et sa revue l'Action Régionaliste que dirige
avec tant d'autorité notre éloquent ami Charles Brun ont été les premières à applaudir à la belle initiative des fondateurs d'Era 'Scôlo deras
Pirenéos. Parmi toutes les provinces du Midi, qui depuis les premières
assemblées des sept de Fontségugne ont successivement proclamé par
les paroles et les gestes de leurs Écoles félibréennes leur volonté
d'affirmer la renaissance du génie patrial, le Comminges pouvait-il rester
silencieux ? N'est-il pas une terre illustre et belle entre toutes les terres
d'Oc ? N'a-t-il pas écrit dans son histoire de belles pages d'héroïsme et
de no-ble indépendance ? Ses guerriers ne sont-ils pas tombés eux aussi
à Muret, à côté du roi don Peire ? Ses castels dont les donjons croulants
profilent encore leur ombre, désolée mais flère, au sommet de nos collines,
sur les fonds d'or ensanglanté de nos couchants, les chartes enluminées
que nos infatigables érudits ont arrachées aux ténèbres des archives pour
y retrouver nos vieux titres, disent assez éloquemment que de longues
années après Montfort, au temps même où Provence et Languedoc
n'ava-'ent guère plus d'histoire autonome, le comté de Comminges maintenait un lambeau de l'ancienne indépendance méridionale, tandis que
nos montagnards des Quatre-Vallées défendaient vaillamment dans leurs
Assemblées d'États toutes leurs vieilles libertés.
» Ces Commingeois de jadis furent aussi de fameux bâtisseurs, et, de ce
sol que le conquérant romain avait déjà paré de villas et de temples de
marbre, ils firent jaillir ces manoirs et ces cathédrales dont la sombre
majesté ne connaît pour rivale que celle des rochers et des forêts.
» Ils nous ont transmis un dialecte sonore et coloré, un des plus beaux
de la langue Gasconne et même de la langue d'Oc, comme on vous le dira
dans un moment. Et dans quel cadre s'est déroulée leur histoire? Dans

�79
celui de nos Pyrénées centrales, dont le merveilleux panorama domine les
belles terrasses de Saint-Gaudens, de ces vallées où bondit l'argent clair
des torrents et où s'allonge le soir la grande ombre bleuâtre des pics
dominateurs, et de ces plaines de Rivière et de la Neste qui déroulent
la mosaïque de leurs champs de maïs et de blé noir au pied des hautes chaînes azurées.
» Cet hymne à la gloire du pays natal a vibré unanimement dans vos
cœurs, lorsque vous avez pris la belle initiative de grouper les talents des
littérateurs et des érudits locaux, les bonnes volontés de tous ceux qui
sur la terre commingeoise veulent réagir contre un espril déprimant de
centralisation à outrance. Ainsi est née VEscolo diras Pirenéos et sa
vaillante revue Era Bouts déra Mountanho.
» Se plaçant d'emblée aux premiers rangs, elle a abordé hardiment tous
les problèmes qui se posent devant tous les félibres et les décentralisateurs. Ses fondateurs proclament hautement que le mouvement félibréen ne saurait, sous peine de rester stérile, séparer deux choses
indissolublement unies : le relèvement de la langue locale et le relèvement
de la province. Loin d'imiter certains félibres incomplets (dont l'espèce
est du reste à peu près disparue) qui se cantonnaient jalousement dans les
questions dialectales et les passe-temps littéraires, nous sommes de ceux
qui déduisent les conséquences de la doctrine régionaliste implicitement
contenue dans le poème de Calendaù, et, sans nous attarder à cueillir les
fleurettes du chemin, nous voulons travailler à délivrer la belle Esterelle
captive du comte Sévéran. « Qui ten la léngo ten la clau », a dit le
grand poète de Maillane. Si nous considérons que notre premier devoir
est de relever, de perfectionner, de maintenir la langue des aïeux, c'est
sans doute mus par le sentiment de sa noblesse et de sa beauté ; mais
c'est aussi parce qu'en perdant l'idiome patrial, nous perdrions cette clef
qui seule peut ouvrir la geôle où la province reste captive d'une injuste
centralisation. Aussi nous considérons le culte de la langue locale
comme inséparable de celui de toutes les libertés administratives, intellectuelles, économiques que nous revendiquons pour la province. Ces libertés, nous les réclamerons par la conférence, par le journal, par la revue,
par le théâtre, par l'école. Par cette propagande inlassable nous pouvons
espérer rendre à nos concitoyens une âme régionaliste et décentralisée.
» En poursuivant cet idéal, nous serons utiles à l'individu; à la province, à la patrie.
» Nous serons utiles à l'individu, car l'homme qui répudie les façons
de penser, de sentir et d'agir particulières à son petit pays, patrimoine
lentement élaboré par l'àme de ses ancêtres et par eux légué à leurs ultimes descendants, diminue sa personnalité de tout ce qui la prolonge
dans un immense passé, de tout ce qui la grandit en faisant d'elle le
résumé vivant de toute une race. Cet homme se diminue aussi comme
unité civique ; il n'est plus la volonté agissante d'une ville ou d'une province, mais un chiffre anonyme et inerte que l'on couche sur des registres de statistique.

�so
» Nous serons utiles à la province en montrant aux provinciaux les
raisons d'aimer leur pays natal. Seules les collectivités qui ont conscience de la beauté, de la dignité et des ressources de leur sol et de leur
sang peuvent trouver dans cette conscience l'énergie nécessaire pour
employer toutes leurs puissances intellectuelles et leurs moyens d'action
à rendre leur province encore plus belle, plus noble, plus riche, et par là
plus libre.
» Nous serons utiles au pays tout entier; car s'il a été peut-être nécessaire, à certains moments de notre histoire, de resserrer les mailles de
notre réseau administratif, aujourd'hui la centralisation ne peut que
tarir les sources profondes de l'énergie française en tuant les cellules
vivantes du grand organisme national.
» Le patriotisme provincial est le substratum le plus solide, et le foyer
le plus ardent du patriotisme général ; et ces métaphysiciens de l'absolu
qui nous accusent de particularisme se font de l'idée de patrie je ne sais
quel concept abstrait et vague où vient se perdre la notion de province et
de région, concept qui est lui-même bien près de se diluer dans le concept
d'humanité, d'une humanité conçue non comme une association vivante,
mais comme une entité sans caractères. Notre patriotisme n'ira pas
poursuivre dans les nuées d'Aristophane ce fantôme incolore et décevant.
» 11 sera un patriotisme profond parce qu'il aura ses racines dans le
sol lui-même, parce qu'il nous rattachera à la longue série des générations qui nous ont faits ce que nous sommes.
» 11 sera un patriotisme terrien, parce qu'il aura pour point de départ
l'amour du coin de terre qui a nourri nos ancêtres et du paysage où se
sont ouverts nos premiers regards.
» Il sera un patriotisme rationnel qui s'élargira harmonieusement de la
cité à la région et de la région à la grande patrie.
» C'est à la propagation de ces idées par la parole et par l'exemple,
c'est à l'avenir prochain de notre œuvre que je porte ce toast. Je bois à
l'Escòlo deras Pirenéos, à son vaillant et si distingué président, et aux
confrères qu'une même pensée a réunis ici.
» Je bois aux Félibres de Provence, de Languedoc et de Gascogne qui
nous ont montré la voie, et auxquels nous nous unissons par des liens
d'indissoluble confraternité. (Très bien).
» Je bois à la Fédération Régionaliste Française, avec laquelle notre
École, je l'espère, marchera la main dans la main vers un même idéal de
progrès pour la province et pour la nation. »
— De vifs applaudissements accueillent cet exposé vibrant de la doctrine régionaliste, ce panégyrique enthousiaste, ce discours patriotique et
chaleureux.
Toast de M. l'abbé Dufor
Vice-Président

M. l'abbé Dufor prend à son tour la parole, et, dans une improvisation
ingénieuse et sentie, s'adressant d'abord à M. le Président :

�81
r

« Je viens de voir, M le Président, comment parlent les fils de l'Ariège,
de cette Ariège qui produit, — c'est à bon droit qu'elle en est flère, —
« des hommes et du fer ». J'applaudis entièrement, Monsieur de Bardies, à votre appel vibrant. Avec vous, comme je suis heureux de voir
tous ces jeunes gens qui nous arrivent pour soutenir la langue et les
traditions d'un pays que mes travaux historiques cherchent à faire connaître depuis si longtemps !
» Si nous sommes fiers de notre président, nous ne le sommes pas moins
de notre fondateur et secrétaire. A ce propos, laissez-moi vous dire,
Messieurs, l'origine de notre Escolo. Dans le deuxième tome du de Viris
(p. 311), je demande : « Qui fondera la société des Félibres du Comminges ? » Or, un jour de novembre 1904, m'arrive d'Auch une lettre enthousiaste, convaincue, dont le sens était celui-ci : « Depuis quelque temps,
» je rêvais moi-même d'une Ecole pyrénéenne pour le maintien de nos
» idiomes et de nos traditions. La coïncidence de nos pensées me
» frappe... Le pays le veut ! A l'œuvre sans retard. »
» C'était le langage d'un initiateur, d'un pionnier, d'un apôtre. Et
vous savez, Messieurs, avec quelle méthode intelligente, quelle persévérance tenace, quelle délicatesse prudente, notre cher et distingué normalien a été la cheville ouvrière de notre œuvre régionaliste. Au nom de
tous, permettez-moi, au risque de blesser son extrême modestie, de lui
dire : Merci de tout cœur.
» Mais pour fonder une École, un Félibrige, il ne suffit pas d'avoir un
président et un secrétaire, si dévoués et si habiles soient-ils, il faut aussi
des membres, et de tous côtés, et de toutes les carrières, Messieurs, vous
avez répondu à notre appel : présent !
» Comme moi, vous aimez notre mot de ralliement : « Toustém Gascous ! » Vous connaissez la jolie devise béarnaise : « Toustém hardit !
huye se cau; pòu, yamèy ! » J'aime peut-être mieux la nôtre qui, à tout
prendre, a quelque chose de plus ferme et de plus large à la fois.
» J'aime aussi beaucoup la pervenche, emblème de notre Escolo et
symbole de l'éternelle amitié. Cette amitié, il faut que rien ne vienne
la troubler. Aussi, avons-nous déclaré dans nos nouveaux Statuts que
nous rejetterions absolument toute polémique ou discussion irritante. Il
ne faut pas que rien vienne altérer notre concorde. Il faut que notre signe
de ralliement, — tel le panache blanc de Henri IV, sans peur et sans
reproche, — signifie harmonie, paix, union, fraternité.
» Alors, nous pourrons aller de l'avant, et lutter en pleine lumière !
Jeunes gens, l'avenir est à vous. Avec vous, nous sommes certains de
réussir ! Chantez, chantez d'avance la victoire qui ne peut manquer !... »
M. l'abbé Dufor rappelle alors les liens étroits qui nous unissent à ces
pays de Bigorre et de Béarn, — d'où son trisaïeuil était originaire, ■— et
il se laisse aller à nous raconter, avec une bonhomie charmante, ce
curieux épisode de son séjour en Suisse, comme aumônier militaire,

�82
auprès de nos pauvres soldats ' Y-a quaucarrés a citau, s'écria-t-il tous
haut, dec constat de Sen-Gaudëns, Mourrejau, Toulouse-, Bayouno !
— Jou, jou ! s'écrièrent plusieurs soldats. — You qu'en soy ! — E
d'aoun et, bous, si-bou-plèt? E douve n'èt, bous tabèni'i Et rien ne
pouvait peindre la joie de ces chers compatriotes. Ah ! e'est que, quelque petit que soit son pays, on y tient toujours ; et surtout on n'est
jamais plus heureux, du moins on ne se sent jamais mieux consolé
dans le malheur que lorsqu'on en retrouve la langue sur la bouche de
ses frères !
« Voici, conclut M. l'abbé Dufoi\ que nous nous connaissons tous
maintenant. Levons hardiment notre bannière, et, bien haut, disons-nous
toujours frères : Gascous toustém I » ( Vifs applaudissements).
— Mais déjà trois heures approchent. C'est l'heure fixée pour la Séance
publique de l'après-midi. Malgré la pluie qui tombe toujours un peu, on
s'achemine vers la Mairie.
III

SÉANCE PUBLIQUE
dans la grande salle de la Mairie
Là, nous rencontrons encore plusieurs de nos amis, avertis au dernier
moment : M. Mondon-Vidaillet, professeur à l'Ecole des Langues Orientales, à Paris ; M. l'abbé Espénan, le distingué professeur d'histoire du
Collège de Polignan ; M. Sabatier, rédacteur en chef de la « HauteGaronne », et son fils. Après qu'on a causé quelques instants, les chaises
sont occupées, le Bureau prend place autour du tapis vert, la Séance
publique est ouverte par une allocution de M. de Bardies.
Allocution de M. de Bardies
Président

« Messieurs,
« Vous savez que le Félibrige, qui a pour but essentiel le maintien de
notre langue romane, est venu enfin jusqu'à nous. Il a commencé en
Provence, où il a été fondé par le grand et glorieux Mistral. Peu à peu,
sous l'influence du mouvement provençal, se sont formés des groupements
félibréens en Périgord, en Auvergne et en Languedoc, notamment à
Toulouse, où l'Escolo Moundino, depuis 1892, brille d'un si vif éclat,
tandis que l'Académie des Jeux Floraux, depuis 1895, décerne des prix
aux plus belles œuvres en langue locale. Peu à peu, les Ecoles régio1. Voyez son ouvrage ■ Souvenirs de Suisse, dernier jour [des internés &gt;, et De Viris
ilhstribus, tome I, pp. 338-39.

�83
nales se sont multipliées, et elles ont de mieux en mieux réussi à faire
connaître, apprécier et goûter leurs dialectes divers.
» La Gascogne, ordinairement prudente, était demeurée assez longtemps
en arrière. Mais, en 1896, VEscolo Gastou-Febus se fonde à Pau,
embrassant quatre départements gascons, Basses-Pyrénées, HautesPyrénées, Landes et Gers. Vous savez aussi la fondation de VEscolo de
Nérac. Bestaient les Pyrénées centrales, — qui auraient pu former, en
1790, un département unique, fait du Comminges et du Couserans, et où
le vieux gascon est peut-être mieux conservé qu'ailleurs.
» Un Luchonnais a eu la pensée de créer une Escòlo félibréenne pour
le Comminges et le Couserans : 1 M. Bernard Sarrieu, ancien élève de
l'Ecole normale supérieure, professeur de philosophie au lycée d'Auch, a
réuni autour de lui des personnes de notre pays, attachées à notre langue, et de là est sortie VEscolo deras Pirenéos, aujourd'hui agréée par le
Consistoire et faisant partie du Félibrige méridional.
» M. Sarrieu va vous dire sa raison d'être. Mais, avant de lui donner
la parole, permettez-moi, Messieurs, de vous remercier d'être venus, plusieurs de loin, à notre première réunion. Vous voudrez bien aussi, j'en
suis sûr, que nous adressions nos plus amicales salutations aux Ecoles
voisines auxquelles tant de liens nous rattachent et pour lesquelles nous
formons les vœux les plus sincères. Espérons que nous-mêmes, dans
notre prochaine séance, nous serons encore plus nombreux. (Vifs applaudissements).

Conférence de M. B. Sarrieu
sur « La Langue d'Oc et le ïTélibrige commingeois » 2
« Messieurs,
« La langue maternelle, actuellement, de la majeure partie de la population du Midi de la France n'est pas le français. Elle est ce qu'on
appelle ordinairement, d'un terme vague et impropre, « le patois ». Mais
ce « patois », qu'est-ce donc ? Est-ce une variété du français, un français
altéré et corrompu ? Non certes. Est-ce un mélange informe de français
et d'italien, ou de français et d'espagnol? Pas davantage, la science le
prouve. Nos idiomes locaux sont des formes, des dialectes de la grande
langue d'Oc.
Mais qu'est-ce que la langue d'Oc elle-même ? Pour le bien voir, il faut
remonter un peu dans le passé.
I). On sait que l'Occident, habité primitivement par des nations diver1. Sans doute ; mais l'idée était déjà dans l'air ailleurs: Voy. le De Viris de M. l'abbé
Dufor, t. II, p. 311. — B. SARRIEU.
2. Cette Conférence ayant été reprise, avec quelques adaptations et quelques développements nouveaux, au Casino de Ludion (Voy. les Noubèles, ci-après), nous donnons ici
une rédaction un peu plus complète que celle qui reproduirait simplement la conférence
de Saint-Gaudens.

�84
ses, a été presque entièrement conquis, en fin de compte, par les armes et
la civilisation de Rome. Les Romains (c'est la théorie généralement
admise) apportèrent aussi avec eux, dans ces pays conquis, leur langue,
le latin ; et c'est du latin, — non pas du latin savant, mais du latin parlé
par le peuple, — que sont sorties les langues désignées actuellement sous
le nom de « latines » ou « romanes », dont l'origine commune est en tout
cas indiscutable.
1. Sous l'influence des différences de race et de climat, cette langue,
d'abord assez uniforme, éprouva, avec le temps, des modifications nombreuses, variables suivant les pays. Certes, ces modifications ne se sont
pas produites au hasard, mais d'après des lois. Si la finale latine -ellum
donnait, en fin de compte, -eau dans le français agneau, de agnellum,
pourquoi aurait-elle donné autre chose dans « beau », de bellum, « nouveau », de noyellum ? Les mêmes organes vocaux, dans les mêmes circonstances, devaient la modifier de la même façon. Seulement, si la terminaison -ellum a donné -eau dans l'Ile-de-France, elle a donné -et ou
-ètch, en Gascogne (anhètch, bètch, nauètch), -èl en Languedoc, etc. Les
lois des transformations phonétiques sont différentes suivant les lieux,
quoique vraiment rigoureuses pour un même lieu.
Ce n'est pas tout. Il est sans doute possible, si l'on tire une ligne
quelconque à travers le domaine roman, de passer des dialectes qui se
trouveront d'un côté de cette ligne à ceux qui se trouveront de l'autre par
des transitions à peu près insensibles. Il n'y a, sans doute, en général,
entre deux parlers romans voisins, que quelques différences secondaires
(ainsi à Saint-Béat, on dit : era beutach, eras poumos; à Luchon, era
beutat, es poumes). Mais il y avait pourtant, dans l'Occident latin, de
grandes masses de population assez homogènes et de grandes régions
assez bien délimitées et caractérisées. Il s'est donc formé là des parlers
beaucoup plus semblables entre eux qu'aux autres. De là, la possibilité
de distinguer, en groupant ensemble les parlers qui offrent ainsi des rapports étroits, six grandes langues latines ou romanes : roumain (jadis
en continuité avec les dialectes italiens de l'Istrie dont il a été coupé par
les invasions slaves), italien (de la haute Italie, et de la péninsule proprement dite), portugais, espagnol, langue d'oïl (ou français, au sens large),
et langue d'oc. Ces deux dernières se partagent la France et ont tiré leur
nom de la manière dont elles exprimaient l'affirmation, le Nord disant oïl
(auj. oui), et le Midi oc, (auj. généralement Ó), tandis que si est la formule espagnole et italienne.
2. L'histoire des langues romanes nous les montre subissant plus ou
moins l'influence des langues voisines : influence du turc et du slave sur
le roumain, de l'arabe sur l'espagnol et le portugais, des dialectes tudesques, apportés par les envahisseurs germains ou allemands, surtout sur
le français et le haut-italien. La langue d'Oc, mieux à l'abri de ces actions
étrangères, a surtout subi l'influence de ses sœurs.
C'est qu'elle est placée au centre du domaine roman, entre le français,
l'italien et l'espagnol* Si l'on trace, en France, de l'Ouest à l'Est, une

�HI)
ligne, partant de Blaye pour monter vers Angoulème, passer au nord de
la Haute-Vienne, de la Creuse, du Puy-de-Dôme et de la Loire, puis
descendre un peu au-dessous de Lyon et remonter enfin au milieu du
Jura, on aura la limite approximative qui sépare la langue d'Oc de la
langue d'Oïl. Ainsi, tandis que l'ancienne Gaule se divisait, d'après
César, en Belgique, Celtique et Aquitaine (appelée plus tard Novempopulanie) séparées par des limites allant à peu près du Sud-Est au Nord
Ouest, la France actuelle, sans doute en conséquence des invasions germaniques qui ont modifié plus fortement le Nord (royaumes francs;
triomphe de l'Austrasie sur la Neustrie, mais simple domination du Midi
par les Francs; obstacle du plateau central) et même, déjà, du sang
plus galatique que celtique du Nord, se divise de l'Ouest à l'Est entre
deux langues.
Mais la langue d'Oc, au sud, dépasse les frontières françaises. Elle est,
vers l'Est, à cheval sur les Alpes ; et, d'autre part, elle occupe tout le
Nord-Est de l'Espagne : si l'on trace une ligne de Pampelune à Murcie,
les régions que cette ligne laisse à Forient (y compris les Baléares) sont
plus ou moins de langue d'Oc. Ici encore, il y a eu un changement à
l'égard de l'antiquité. L'Espagne actuelle, au lieu de se diviser, comme
jadis, en citérieure (Tarraconnaise et Bétique) et ultérieure, se compose au
point de vue linguistique, de trois bandes courant parallèlement du Nord
au Sud: Lusitanie (Galice et Portugal), Hispanie proprement dite, et
Pays Catalans. C'est qu'elle a dû se refaire en effet du Nord au Sud, en
chassant les Arabes; notamment, ce sont des Roussillonnais qui ont
reconquis la Catalogne et Valence sur les musulmans envahisseurs, et qui
y ont porté leur langage.
3. La langue d'Oc, ainsi délimitée, est bien une langue une; toutefois,
— comme les autres langues romanes, — elle se décompose à son tour
en plusieurs grands dialectes, qui doivent eux aussi leur origine à la géographie, à la race et au climat. On pourrait distinguer dans son domaine
trois grandes régions : Hhodanic (bassin inférieur du Rhône, bassins de
l'Argens et du Var), Aquitaine (bassins de la Garonne, de l'Adour, de
l'Aude et même, en partie, de la Loire), et Ibcrie (Roussillon, bassin
inférieur de l'Ebre et autres bassins côtiers). D'une manière plus détaillée,
on la subdivisera en piémontais, dauphinois, provençal ; aragonais, valencien, catalan proprement dit ; limousin, auvergnat, gascon, et languedocien. Ce dernier, le plus étendu et le plus central des dialectes de la
langue d'Oc, porte, comme on le voit, fe nom de la langue d'Oc elle-même,
avec laquelle on l'a pour ainsi dire identifié ; quatre autres, limousin,
catalan, gascon et provençal, ont eu tant d'éclat et de renommée et sont
encore si nettement marqués qu'on les prend souvent pour le tout, et que,
tandis que les anciens troubadours catalans se prétendaient « limousins »
de langue, les Catalans de nos jours vous diront qu'on parle catalan
jusqu'à Nice et Limoges, et les Provençaux, les Gascons appelleront
provençaux ou gascons tous les dialectes occitaniens.
En somme, la langue d'Oc est une des six grandes langues romanes ;
ESCOLO DÉKAS PYBENÉOS

V-VI — 2

�80
notre gascon en est une variété, (assez originale pour qu'on ait pu la considérer elle-même comme une véritable langue), et lui même se décompose
en un certain nombre de parlers locaux dont les plus curieux sont peut-être
ceux qui, comme dans les montagnes du Couserans et du Haut-Comminges. emploient l'article cl ou elcli, fém. era .tandis que les autres disent
te ou lou.
II). Telles sont l'origine et la nature de la langue d'Oc. Disons maintenant quelques mots de son histoire.
1. Notre langue s'est développée de bonne heure. Peut-être est-ce elle,
et non le,français, que l'on trouve déjà dans les fameux Serments de
Strasbourg. En tout cas, elle se fortifia rapidement pendant le moyen-âge.
Le moyen-âge, on le sait, fut moins une période de barbarie uniforme
qu'une série de renaissances progressives, retirant peu à peu la civilisation occidentale des ténèbres où l'avaient plongée les invasions germaniques, et préparant « la Renaissance » proprement dite. Or, la première
renaissance éclatante se fit dans nos riches cités du Midi, Avignon,
Béziers, Carcassonne, etc., ou à la cour de nos seigneurs méridionaux,
comtes de Toulouse, de Fois, de Poitiers, de Barcelone ou de Provence,
rois d'Arles, de Navarre ou d'Aragon. Avant l'Italie elle-même, troublée
par ses dissensions intestines, avant l'Espagne, en lutte contre les
Maures, avant la France du Nord, encore un peu barbare, c'est l'Occitanie
qui renaît et qui élève sa langue à un rang littéraire.
Les diversités dialectales étaient déjà marquées ; mais, grâce à la prospérité du Midi et aux relations de ses provinces entre elles, il tendait à se
former une langue commune, (surtout limousine et languedocienne), à
la fois juridique (c'est celle de nos chartes, assez uniforme), scientifique
(servant à des ouvrages de vulgarisation, organe de la civilisation décidément retrouvée) ', courtoise et poétique (langue de la haute société méridionale, et de ses charmeurs attitrés). Et, de même que le francien a
donné naissance au français officiel, le castillan, à l'espagnol officiel, le
toscan, à l'italien officiel, de même aurait pu se constituer définitivement,
si les circonstances avaient été favorables, une langue officielle pour le
Midi tout entier.
Ce que l'on connaît le plus communément de cette période de l'histoire
de la langue d'Oc, ou du moins ce qu'en a le mieux retenu la légende,
c'est l'existence des Troubadours, souvent de très noble origine, ordinairement voyageurs, allant de châteaux en châteaux réciter leurs poésies
aux rythmes curieux, aux expressions raffinées, et remportant les prix
dûs à leurs œuvres élégantes et passionnées dans les gracieuses « cours
i. Voyez Revue des langues romanes, septembre

1902,

p.

347.

&gt; Evidemment la Haute

Italie du xiv* siècle n'était pas envahie seulement par les Troubadours; au-dessous de la
poésie se mouvait un large couraut de science vulgaire en prose provençale, qui trouvait
chez nous un bon accueil et des louanges Diêine excessives. En effet c'est bien contre la
langue vulgaire de Provence ■ massif mamente di lingua d'Oco » que le plus grand des
Italiens élèvera et défendra « la gran, bonlà del colgaré di si ». A.

RESTORI.

�87
d'amour ». En tout cas il est certain qu'à ce moment, et depuis le début
du xiie siècle, la langue d'Oc jouissait d'une faveur générale, non seulement dans son pays natal, mais en Espagne, dans la France du Nord, en
Italie même, où elle fit l'éducation des premiers grands poètes italiens, et où
ce fut contre elle que Dante dut proclamer la valeur de la langue toscane.
Il y eut là, pour notre langue d'Oc, un instant de gloire incomparable.
1. Pourquoi ce brillant apogée n'a-t-il pas duré davantage? Comment
donc cet éclat s'est-il si vite éclipsé ? Les raisons en ont été surtout
politiques.
Sans doute, le Midi, par sa constitution • géographique, se prêtait
moins bien à l'unité que le Nord de la France. Les Cévennes, les Pyrénées le divisaient en compartiments un peu trop distincts. C'est ce qui
empêcha la réunion désirable des royaumes d'Arles, d'Aquitaine et d'Aragon. Néanmoins cela n'aurait pas suffi pour amener la décadence de la
langue d'Oc, sans la guerre des Albigeois et la centralisation gouvernementale.
La guerre des Albigeois, déchaînée sous prétexte de religion, a eu pour
mobile principal les convoitises des seigneurs du Nord, désireux de
s'emparer des riches provinces du Midi. Il est clair que ces gens du
Nord ne pouvaient se plaire, comme les princes méridionaux, aux poésies en langue d'Oc, et que cette langue, étrangère pour eux, ne fut plus
celle de leurs cours ; elle fut même un instant déclarée hérétique, et
proscrite.
Mais c'est surtout la centralisation gouvernementale, au profit du
Nord, qui fut funeste à notre langue. Le roi de France, héritier du comté
de Toulouse et peu à peu de tout le reste, était du Nord lui aussi. Les
souverains du Midi furent désormais des étrangers, résidant loin du
Midi, indifférents ou même hostiles (Henri IV ne fut qu'une exception
bien passagère) aux choses du Midi. Et non seulement le centre politi
que, pour le Midi, fut désormais hors de lui, mais, avec les progrès de la
centralisation et du despotisme, on ne voulut plus admettre qu'une seule
langue officielle. François Ier exclut la langue d'Oc des actes publics ; et
tous les gouvernements autoritaires, monarchiques ou non, qui suivirent
maintinrent cette proscription. Enfin, l'influence morale de la Ville et de
la Cour comme modèles de « distinction » sur la noblesse et sur le peuple, et l'intérêt personnel des petits et des grands qui avaient besoin du
français pour parvenir, firent que les hautes classes du Midi (qui d'abord
avaient résisté) se francisèrent, s'emparisianisèrent de plus en plus, que
les littérateurs laissèrent de plus en plus de côté leurs dialectes locaux
pour ne plus cultiver que la langue des seigneurs et des maîtres, et que
nos villes et nos campagnes elles-mêmes furent envahies par un idiome
étranger.
3. Et toutefois la langue d'Oc n'a pas voulu mourir. Elle a résisté,
persisté, et encore aujourd'hui on peut soutenir (malgré le caractère
un peu approximatif de semblables statistiques) qu'elle est la langue
d'environ vingt millions d'âmes, dépassant en Europe le portugais, le

�88
roumain et l'espagnol même, ne venant qu'après l'italien et le français.
Une bonne partie se trouve en Espagne. Là, malgré l'union de la couronne d'Aragon avec celle de Castillo, la centralisation a été moins efficace, et les provinces catalanes, grâce à la densité de leur population, à
leur puissance industrielle et commerciale, à leur richesse, ont résisté
avec succès. Le catalan n'a jamais cessé d'être cultivé, et aujourd'hui il
est enseigné, dans les écoles espagnoles établies sur son domaine, conjointement avec l'espagnol.
En France, quinze millions d'habitants parlent encore la langue d'Oc.
Là non plus, il n'y eut pas, comme on le croit quelquefois, d'éclipsé brusque et absolue. Pour ne parler que de notre gascon, avec les de Garros,
les de Bartas, les Ader, les d'Astros, les Bedout, les Larade, etc. ', il connut encore de beaux jours. Mais enfin les hautes classes se désintéressaient de plus en plus de la langue d'Oc ; l'Académie des Jeux-Floraux,
fondée pour la maintenir, finissait par ne plus s'occuper que du français.
Et s'il y avait toujours des poètes populaires, si la langue locale chantait
toujours sur la bouche du peuple, si nos paysans en gardaient toujours
la flamme sacrée, ses clartés allaient s'affaiblissant, et il semblait que sa
destinée, désormais irrévocablement fixée, était, après un rapide développement et une courte période de gloire éclatante, une inévitable extinction
finale.
III). On sait qu'il n'en a pas été ainsi.
1. Trois causes surtout ont contribué à la renaissance, au relèvement
actuel de-la langue d'Oc.
D'abord, la fondation de la linguistique ou science du langage. Pour
la science, il n'y a rien de méprisable. Nos vieux parlers sont des trésors
de documents linguistiques ; on les a étudiés et on les étudie encore avec
application. On a pu ainsi se rendre compte qu'ils sont plus près du latin
que le français (il serait facile d'en donner une foule d'exemples), mieux
conservés par conséquent, si bien que s'il y a eu altération, corruption
du langage, ce n'est pas dans la langue d'Oc qu'il faut de préférence la
chercher. On a pu voir aussi, malgré la diversité de nos dialectes, combien ils se ressemblent tous par "leurs principaux caractères, et combien
l'unité de la langue d'Oc est réelle et profonde.
Les sciences sociales proprement dites, à leur tour, en étudiant les
mœurs, les coutumes, les civilisations, les littératures, les traditions populaires ou « folklore )&gt; des divers pays, ont mis en lumière, notamment, le
caractère original que possède toute langue, et qui la rend toujours plus ou
moins intraduisible. Elle tient à la race, au caractère, au genre de vie de
ceux qui la parlent ; elle est l'expression de l'àme même du peuple qui l'a
faite. Elle a toujours ses beautés propres, qui ne se retrouvent exactement
dans aucune autre. — Or, qui saurait nier, après examen impartial et
approfondi, la beauté de la langue d'Oc en général, et du dialecte gascon
i.

Voyez surtout le beau livre île M. Michelet sur les « Poètes gascons du Gers •

�su
en particulier? la richesse de son vocabulaire, que n'égale peut-être celui
d'aucune autre langue romane? l'abondance de sa dérivation, la souplesse
de sa composition, et de sa syntaxe? le caractère imagé, pittoresque,
expressif, gracieux ou énergique, admiré déjà par Montaigne, de ses mots
et de ses tournures ? sa puissance oratoire, sa valeur poétique, souvent
mises à l'épreuve? Ne l'oublions pas : si une langue est un moyen de communication et de commerce entre les hommes, elle est aussi une œuvre
qui présente, par elle même, un indiscutable intérêt. Toutes les choses ne
doivent pas se juger de ce point de vue étroitement positiviste qui leur
demande d'abord « à quoi (entendez : à quel résultat matériel) elles peuvent servir ». Les choses belles, originales, portent en elles-mêmes la
justification de leur existence. C'est toujours un malheur pour l'humanité
que la perte d'une langue ou d'une littérature, comme le serait la destruction d'un monument ou la disparition d'un art précieux. — Et en vain
objecterait-on à la langue d'Oc sa déchéance passagère. Elle fut belle et
grande ; elle pourra donc l'être encore : il suffira que ceux qui la parleront
ou l'écriront aient des idées justes, et l'âme généreuse. Une langue vaut,
voilà ce que nous ont appris les sciences sociales, ce que valent ceux qui
s'en servent pour traduire les pensées de leur intelligence et les sentiments
de leur cœur.
Mais surtout, ce qui a relevé et ce qui sauvera définitivement la langue
d'Oc, c'est l'impérissable amour que ses fils ont gardé pour elle. Leur
esprit de justice s'est révolté contre un inique mépris, une oppression
illégitime ; leur affection pour leur pays leur a donné la force de réagir.
Ce sont ces sentiments mêmes qui ont inspiré, pour une bonne part, leurs
travaux linguistiques et historiques, et qui les ont soutenus dans ces
labeurs ; à leur tour, leurs sentiments filiaux se sont fortifiés de toutes
leurs recherches savantes ; et, à mesure qu'ils reprenaient conscience de
l'originalité de leur race et de leur langue, ils sentaient grandir en eux
un espoir indomptable, une énergie invincible.
2. C'est de là que sortit le Félibrige, au milieu du xixe siècle. Certes,
les Félibres eurent des précurseurs ; Jasmin fut le plus célèbre. Au fond
même, nous l'avons dit, la langue d'Oc n'avait pas cessé d'être cultivée.
Jasmin la remit vraiment en vue et en honneur. Mais c'est de Provence
que partit le grand mouvement félibréen, avec Roumanille, avec Aubanel,
avec l'illustre Mistral ; ce sont les Sept de Fontségugne qui, en 1854, le
jour de Sainte-Estelle, en posèrent les bases fondamentales. Ils comprirent que pour une œuvre non seulement littéraire, mais sociale, il
était indispensable de se grouper. Ils choisirent pour symboles l'étoile
aux sept rayons, la cigale, poétesse immortelle, et la pervenche, emblème
de l'impérissable amitié.
A l'appui de leurs revendications, on vit éclore, dans la région provençale surtout, une foule de chefs-d'œuvre. La Mireille de Mistral fut le
coup décisif; mais elle eut un beau cortège '. Il fallut s'incliner, et con1. Voir les articles de G. Jourdanne dans la Revue des Pyrénées, 1894, N°s 4 et 6.

�Oli

fesser qu'une grande littérature venait de renaître. Mistral trouvait en
en même temps le moyen de rassembler le « Tresor dóu Felibrige » et de
fonder le « Mvseon Arlaten ». C'est cette œuvre admirable que le prix
Nobel a récemment consacrée, au lendemain de la célébration du centenaire du Félibrige.
Cependant l'appel des Félibres provençaux trouvait rapidement de
l'écho dans toute l'Occitanie. La Catalogne, dont on connaît le grand
poète, Verdaguer, lui répondit sur le champ ; et c'est des Catalans qu'est
venue «7a Coitpo Santo », où les Félibres, dans leurs réunions plénières,
boivent à tour de rôle en signe de fraternité. Le Limousin avec l'abbé
]{oux, le Languedoc avec Fourès, toutes les régions du Midi, l'une après
l'autre, et enfin notre Gascogne, depuis huit ou dix ans, suivirent, et
vingt « Ecoles » y prirent naissance, de la mer Méditerranée à l'Océan
Occidental.
IV). Que sont et que veulent les Félibres?
1. Ce sont des patriotes, qui veulent conserver tout ce qui fait l'originalité de leur pays, mais principalement la langue locale. Ils veulent
l'empêcher de périr et la relever.
1° Ils veulent d'abord sauver la langue d'Oc. La langue est la représentation concrète de l'àme du pays. Aussi, voyez toutes les nations opprimées, Grecs, Roumains, Polonais, Irlandais : tous trouvent dans leur
langue le plus ferme soutien de l'esprit national, l'appui le plus solide de
leurs revendications. Aussi s'attachent-ils ardemment à leur idiome. —
En France, la situation n'est pas semblable ; il n'y a point d'animosité
profonde entre le Nord et le Midi, point d'oppression violente du Midi
par le Nord : si les Occitaniens sont opprimés, c'est avant tout par leurs
préjugés actuels. — De là, sans doute, une force de moins au service de
notre langue méridionale ; mais aussi, en revanche, aucune raison pour
que ceux qui détiennent l'autorité voient aucun danger à son maintien.
Elle peut vivre fraternellement à côté de la langue Française. C'est dans
cet esprit que les Félibres sont décidés à l'empêcher de disparaître, et
cela par tous les moyens légitimes.
Ils en recueilleront donc les termes dans leurs dictionnaires, ils en
formuleront les règles dans leurs grammaires ; ils l'introduiront dans
les écoles : car elle devrait, comme le gallois en Angleterre à côté de
l'anglais, le catalan en Espagne à côté de l'espagnol, occuper une place
officielle dans notre enseignement. Ils s'en serviront couramment dans
leurs conversations ; ils feront sur elle des conférences, des lectures ; ils
créeront pour elle des renies, des journaux. Ils l'emploieront dans leurs
cuvrages poétiques et littéraires; ils institueront des concours, des
« jeux floraux » pour en favoriser l'étude et la culture ; ils fonderont à
son usage des théâtres populaires, etc., etc.
2° Par là même, ils la relèveront dans l'estime publique, ils lui feront
rendre un rang honorable et même officiel. Notre langue doit être prise
au sérieux. Elle doit occuper en France la seconde place, avant toute

�91
langue étrangère. Et les Français du Nord, puisque la France est une,
devraient avoir l'affection la plus vive pour la langue du Midi. La France
est assez grande, on l'a dit, pour soutenir une double gloire littéraire,
porter une double couronne.
Ì. Voilà donc le but essentiel que poursuivent les Félibres. Peut-être,
nous est-il permis, bien que le Félibrige se tienne absolument en dehors
de tout parti, de toute querelle politique ou religieuse, de faire remarquer
l'intérêt social et moral que présentent les idées félibréennes.
1" Et d'abord elles peuvent avoir une grande utilité pour l'instruction
et l'éducation. Les connaissances que l'on possède déjà, peuvent et
doivent, comme l'a dit Descartes, servir à l'acquisition des connaissances
nouvelles. Une langue déjà connue permet d'en apprendre d'autres plus
aisément, surtout si celles-ci lui sont apparentées. S'il s'agit d'apprendre
le français (car nous ne faisons pas la guerre au français ; nous voulons
seulement nous défendre) la langue d'Oc, mieux conservée que lui, peut
remplacer au besoin le latin pour faire saisir Pétymologic et le véritable
sens des mots français ; elle peut encore fournir des secours précieux pour
l'orthographe française. S'il s'agit, d'autre part, d'une langue du Midi,
comme l'espagnol, le portugais, l'italien, un Méridional de langue d'Oc en
connaît déjà à moitié le vocabulaire et, bien plus vite qu'un Français du
Nord, en possédera le véritable accent '. Sans compter que les traductions
du gascon en français et réciproquement assoupliraient l'esprit et feraient
mieux connaître les deux langues.
2° Mais l'utilité morale des idées félibréennes est peut-être encore plus
incontestable.
Actuellement, on dirait parfois que ceux qui parlent la langue d'Oc en
ont honte, comme de quelque chose d'inférieur ou de ridicule. Eh bien,
ce n'est rien de tel ! Celui qui aura compris la doctrine félibréenne se rira
à son tour de ceux qui se moquent de lui ; et, sachant d'où lui vient sa
langue, et quels sont ses titres de noblesse, bien loin de rougir de la
parler, sa dignité se redressera : « Qu'ei era mio léngo », s'écriera-t-il avec
courage, « è qu'en so fièr ! »
Puis, les Félibres ont remis les choses au point. Il n'y a pas, en France,
la langue des messieurs, qui serait le français, et celle du bas-peuple,
qui serait « le patois » : mais il y a une langue du Nord et une langue du
Midi, que toutes les classes de la société peuvent également parler. Et,
grâce au Félibrige, les classes sont rapprochées. C'est chez le paysan
que le Félibre a dû souvent aller rapprendre sa langue maternelle. Quand
à son tour il s'adresse à l'un de ces paysans dans le langage du pays, ne
voit il pas celui-ci plus joyeux, plus confiant désormais avec lui2? C'est
1. 'Ces points seront développes, dans cette Revue même, sous le litre « Utilité pédagogique du gascon ■ . — Pour l'importance morale du Félibrige, voy Mont-Ségur, août 1903
(Félibrige et langue universelle), féviier 1904 (Félibrige et paix universelle), août-septembre
1904 (Félibrige cl paix sociale).
2. Quelquefois le paysan nous répondra en français. Il veut peut-être se montrers avant:
Soyons-lui indulgent ; ou bien il croit bien faire d'essayer à son tour de s'adapter à son

�82
qu'il a reconnu en lui un frère. Grâce à ce sentiment de fraternité que la
diversité du langage ne gênera plus, le monsieur paraîtra moins fier à
l'ouvrier ou au paysan, qui prêtera peut-être à ses conseils une oreille
attentive. — Ajoutons que les Écoles et les Assemblées félibréennes,
groupant ensemble, dans l'amour de la langue locale et du pays natal,
des personnes d'opinions fort différentes, pourront contribuer peut-être à
rapprocher les partis, comme les classses, et à adoucir ainsi dans une
certaine mesure nos querelles intestines '.
Mais continuons : la'langue, disons-nous, n'est pas le propre d'une
classe, mais d'une région. Et comme les diverses régions de notre Midi
ont chacune leur dialecte, celui-ci fait corps, en quelque sorte, avec la
région, et contribue à marquer son individualité. Il esi clair dès lors que
Vesprit régionaliste, le désir d'une sérieuse autonomie locale trouveront
dans les idées et les sentiments félibréens de puissants auxiliaires, et
qu'une organisation décentralisée, seule vraiment démocratique, serait
parfaitement en harmonie avec les aspirations du Félibrige.
Surtout, les idées félibréennes font le patriotisme plus fort, en l'atta
chant, et directement, à la petite patrie. L'étrange procédé, n'est-ce pas,
pour former le patriotisme d'un écolier de nos régions que de commencer par lui faire mépriser le parler de son père, de sa mère, de ses aïeux,
de la moitié du peuple français, que de le punir parce qu'il aura employé
une fois ou l'autre un mot du langage de chez lui et de tous les jours !
Ces abus ont disparu, et, espérons-le, pour ne plus revenir. — Mais
allons plus loin : le patriotisme a besoin de s'attacher à un objet concret.
La France, c'est pour un enfant une abstraction un peu vague. La patrie
telle qu'il peut la comprendre, c'est sa famille, son village ou sa petite
ville, le côteau prochain ou la montagne voisine, le langage qui tous les
jours résonne à son oreille, les moeurs qui vivent autour de lui ; voilà
donc ce qu'il peut d'abord aimer.
Et par là, il ne sera que plus attaché à la grande patrie. S'il voit que
son petit pays fait partie d'une province où l'on parle un dialecte de la
grande langue d'Oc, il s'attachera ainsi à tout le Midi ; puis il apprendra
que l'union du Midi et du Nord est faite, et il aimera ainsi la France
entière.
On pourra lui faire saisir aussi les rapports qui existent entre sa langue
d'Oc et les autres langues latines. Il la verra établir et maintenir, par
dessus des frontières artificielles, un trait d'union direct et continu (que
sa disparition briserait) entre la France, l'Espagne et l'Italie. Il concevra
donc la possibilité d'une Union Latine, au moins morale, dont les pays
d'Oc seraient le centre et le foyer'2.

interlocuteur : &gt;lólroQipoiis le en lui montrant que c'est par amour de la langue d'Oc que
nous agissons ainsi, non par condescendance.
I. Cf. les Réclams de Biarn c Gascougnc, sept.-ocl. 1905, p. 247-253.
'2. Voy. la Terro d'Oc, Juin !905 ; R. de la Rolho, article sur l'arce'one, août-septembre
1905, p. 127. La Vie Toulousaine, 1903, N" 18 et 19 (L'Union latine cl le Régionalisme).

�03
Enfin, connaissant désormais la valeur de sa propre langue, ayant
compris l'injustice des attaques qu'elle a essuyées, il sera porté à respecter
à son tour dans les pays étrangers, avec la langue, toutes les manifestations de la vie locale. C'est que l'idée félibréenne a une portée universelle,
un caractère vraiment humanitaire : « Toute langue, proclame-t-elle,
doit être libre, respectée par ceux auxquels elle est étrangère, conservée par ses fils avec amour ».
Tels sont les salutaires résultats qui peuvent découler naturellement du
Félibrige, tels sont les bienfaits que les Félibres espèrent par surcroit,
indépendamment de la conservation d'une langue jadis florissante, des
œuvres ayant pour but celte conservation même.
V). C'est l'œuvre félibréenne que se propose de contribuer à réaliser,
pour sa petite part et dans son domaine, VEscolo deras Pirenéos.
Toulouse était déjà dans le mouvement depuis longtemps ; VEscolo de
Nerac et la grande Escolo Gaslou-Fèbus venaient de se créer. Restait en
Gascogne une région encore en retard : les Pyrénées centrales, les pays
qu'arrosent les Nestes, le Salat, la Save, la Louge et la haute Garonne, la
région commingeoise et couserannaise. Elle est formée du Comminges proprement dit, (Ludion, Aran, Bavarthés, Louron, Nistos, pays d'Aspet, de
Boulogne, de Saint-Bertrand, l'ancien Lugdunum, de Salies, de Montréjeau, etc.), du Nébouzan (Lannemezan, Saint-Gaudens), des Quatre
Vallées (Aure, Neste, Barousse et Magnoac), du Castillonnais (Castillon), du Couserans proprement dit (Oust, Saint-Girons, Saint-Lizier,
etc.), du Bas-Commingcs (Lombez, Muret, l'Isle-en-Dodon, etc.), en gros
des trois arrondissements de Saint-Gaudens, de Muret et de Saint Girons,
avec un peu du Gers et des Hautes-Pyrénées. Les dialectes parlés dans
cette région présentent un air de famille fort marqué. La plupart emploient
le dialecte gascon montagnard, celui dont l'article est et ou étch, féminin
era. On emploie le, la dans le Bas-Comminges. Notre École a pris le
nom à'Escòlo deras Pirenéos afin de bien marquer ses attaches pyrénéennes, et de laisser entendre aussi qu'elle s'ouvrait d'avance à tout
ce qui pourrait lui venir du côté des Pyrénées.
Certes, ce n'est pas de la fondation de notre Escolo que datent les éludes sur nos dialectes, ni leur culture poétique. Plusieurs articles savants
avaient paru dans diverses revues ; plusieurs travaux remarquables
avaient eu lieu, tels que ceux de Julien Sacaze. Parmi les poètes, qui n'a
entendu parler de Cazaux, de Montrejeau, de l'abbé Fages, de SaintGaudens, de Bouéry, d'Aspet, et de bien d'autres ? Beaucoup, à leur
suite, étudiaient et cultivaient nos dialectes. Mais il était nécessaire de
grouper tout cela, tous ces savoirs, toutes ces bonnes volontés éparses,
qui s'ignoraient les uns les autres, et d'en former un faisceau puissant,
capable d'une action efficace. A peine notre Bévue « Era Bouts dera
Mountanho » eut-elle paru que les adhésions arrivèrent nombreuses. On y
est abonné, pour 3 fr. seulement ; pour 6 fr., on est Membre actif de
notre Escolo, et on a la joie de collaborer plus efficacement à notre œu-

�01
vre. Notre Revue recueillera pieusement toutes les traditions orales de
nos régions, vieilles expressions, proverbes, légendes, etc. Elle ne s'en
tiendra pas d'ailleurs à cette récolte archéologique ; elle publiera des contes, des poésies, des morceaux littéraires de toute sorte, dans la langue
des aïeux. Mais surtout elle nous servira de levier pour renverser les
préjugés qui s'élèvent contre nous, de base pour établir les institutions
que nous créerons en vue d'assurer notre triomphe.
Nous faisons donc appel, pour notre œuvre, à toutes les personnes de
bonne volonté.
Nous sommes sûrs qu'il n'y a personne, dans nos régions, qui ne tienne
à la langue qui nous vient de nos anciens, qui soit capable de renier
notre vieux langage. Que l'on vienne à nous sans crainte. Sur notre terrain, tous les bons patriotes du Comminges et du Couserans, quelles que
soient leurs opinions diverses, peuvent se trouver d'accord. Notre œuvre
d'ailleurs s'adresse à tous. Notre Ecole fera tout ce qui dépendra d'elle
pour la rendre véritablement populaire et intéressante pour tous.
Nous avons déjà rencontré chez les membres de l'enseignement des
concours précieux ;1 professeurs, instituteurs sont déjà venus en nombre à
notre Escolo. Nous espérons que ce mouvement se généralisera, et qu'un
jour prochain arrivera où la valeur éducative de l'étude du gascon sera
appréciée, et où il sera décidément admis, du moins comme langue auxiliaire.
Mais si l'école peut beaucoup, le foyer peut encore davantage2. Nous
nous adresserons donc, pour terminer, aux mères de famille, à celles qui
savent le gascon. Qu'elles ne négligent pas, tout en faisant apprendre le
français à leurs enfants, de leur transmettre en même temps, et même
d'abord, la langue qu'elles ont elles-mêmes reçue de leur famille, et par là
de leurs ancêtres. Si elles sont tant soit peu avec nous, nous sommes
sauvés.
De notre côté, nous ne négligerons rien pour arriver au but que nous
nous 'sommes proposé. Nos réunions se tiendront tantôt ici, tantôt là,
sur les divers points de notre domaine. A nos concours, nous intéresserons tout le monde, enfants, jeunes gens, paysans, écrivains. Par tous
les moyens, nous poursuivrons activement l'œuvre félibréenne, heureux
si nos efforts suivis unis à ceux des autres Ecoles du Félibrige, parviennent enfin à rendre à notre langue aimée un peu de la prospérité et de la
gloire qu'elle a eues jadis. (Applaudissements).
1. M. Gompayré, Inspecteur général de l'Instruction publique, a bien voulu, en assistant à notre réunion &lt;lc Liichou, où ces choses ont été dites, nous témoigner l'intérêt qu'il
porte à ces questions.
2. Ceci a été dit à la réunion de I.uchon, où il y avait beaucoup de dames, dont plusieurs de Ludion et des environs.

�95

Prosateurs et Poètes
Après quelques mots (trop aimables) de M. de Bardies à l'adresse du
conférencier, on sent bien que toutefois la séance n'est point finie. Cette
langue gasconne, dont on a raconté l'histoire et célébré les beautés, ne
faut-il pas qu'elle apparaisse enfin elle-même, au grand jour, et qu'elle
se fasse connaître et admirer ? Les années qui viendront, elle aura, pour
la représenter dignement, les plus beaux ouvrages, couroniiés à nos concours, de nos prosateurs et de nos poètes. Cette fois-ci, c'est aux Félibres
présents de payer de leur personne, et c'est M. l'abbé Castet qui fait la
première présentation :
M.

L'ABBÉ CASTET

: Dus coundes det Couserans

M. l'abbé Castet nous parle en gascon de la région couserannaise, très
attachée à ses anciens usages, à sa langue, à ses traditions. C'est de ces
dernières qu'il va nous donner des exemples. En voici d'abord « io,
tirado simploménls dera bouco det pòple » et qu'on pourrait intituler
(l'histoire se passe « adj alendeman dera creacioun ») Etz Audits det boun
Diu, ou encore Era Randòlo è'ra Raticawdo'1. Puis nous en verrons une
autre, tout aussi jolie : Eras Abélhos.

1. — RANDOLO È RATICAUDO
En aquét téms oung et Bouh Diu benguèuo de crea toutos éras causos,
et Demòni (quo Dlu mou-n gouarde), malicious coumo toustém, qu'es
gousauo trufa de tout et ço que Dfu aùió boutât en aquéste moung, è
qu'es bantauo qu'auriô hèt mes pla éras causos, se et-madéch èro estat et
créatou.
Nôste-Sénhe que le s'escoutauo dam coumplasénço, è et Démôni,
countént d'aué io aucasiou de hè bergounho at creatou, que li perpôso io
trufandiso : « Que haram u audèt cadahu, è que beyram se qùau sera et
mes bètj », ce didéc et Demòni.
— « Boun ! »
Auta lèu etj ahu que s'arretiro enda 't Cèu, è etj aute que s'en tourno
enda 't Linfèr ; cadahu de soun coustat que bouto éra ma ara ôbro, è que
s'arrapo à hè soun audèt.
Quang l'an acabat, qu'es tournon à amassa : et Diable, ourgulhouz,
que presénto éra Baticaudo, touto peludo ; Nôste-Sénhe aute côp que da
éra boulado ara Bandôlo que auta lèu s'escapo debès eras broumos.
Aro que saberas se perquéy a tant de diferénço entram etz duz audèts,
è se perqué éra Bandôlo, créaturo de Diu, en cerca éra lutz que s'en
1. Hirondelle et Chauve-souris (Raticaudo s. d. pour Raticauho. — En luchonnais on
dirait: Arróllo é Tinhaudéro. — IÌ. S.)

�96
pujo toustém debès et cèu, despuch era punto det dió dentio éra nét, è se
perquè éra praubo Raticaudo, hillio déras tenèbros, nou désc cap de
soun trauc deçà qu'et Souley é acoucat, è que cour amaga-s taléu que
bét j éra punto det dió.
II. — ERAS ABÉLHOS
Eras Abélhos, counténtos è flèros de béde qu'era ciro que fabricauon
que serbió enda hè lum at Boun-Olu, ena glèyso, que s'acoumbenguéren
de présenta s deuant soun trono det cèu, enda demandà-li io recoumpénso.
« E que désirats? » se les héc et Pay Eternèl.
— Puch que, graciós à nousautros, era tiéuo caso que resplendich
coumo et souléy, que mous sémblo de juste que mous doungos io maysou
daurado per laguént è per dehòro. »
Nòste-Sénhe que s'arrupo et frount, è enda castigà tant de ourgulh
que respounéc:
— « Noun soulomént nou sera cap pintrado d'òr éra bòstro maysou,
mès que bòli que sio empintarrado de bouzo de baco. »
— « E douncos qu'et mataram, à trucos de pichigat.
—: « Matà m, enda jo ! Qu'é bous autros que périrais tout còp que bous
abisétz de pichigd enda caucu. »
E era divino paraulo ja s'e acoumplido, è que s'acoumplira encaro...
P.

CASTET.

Parlà ilel liirós, eantoni) ile Caslilhouiì (A).

— Ceux qui n'auront pu que lire ici ces deux Contes se feront difficilement une idée du ton de vérité, de l'accent parfait avec lequel M. l'abbé
Castet nous les a racontés. Il nous semble l'entendre encore...

M.

TEÜLIV.

: Un Sonnet et une Fable

A son tour, M. Teulié vient nous dire un Sonnet «La Sourço» et une
Fable « Le Gat e le Pinsou » des plus jolies. Ces deux pièces ne sont
point en gascon, à proprement parler ; elles sont en fuxéen, variété du
languedocien, mais si proche, comme on poura le constater, du dialecte du
Volvestre et du Bas Comminges !

LA

SOURÇO
SOUNET

Sul sarrou capelat de castagnès oumbrius,
Costo le caminoi uno sourço marmuso ;
L'aigueto, en cascalhan, demés les rocs s'amuso,
Gaito un pauc le cel blu. pèy se va perdre as rius.

�»7
Aquel recantounot es des pus agradius ;
E per yeu, soun grifoul, parèlh al de Vaucluso,
Es la fount d Hippoucrèno omit s'abeuro ma Muso...
De mous berses, aqui, planis siran escrius.
Aqui, jous le grand cel, la naturo per libre,
Soul ambe ma pensado, en moun cor de felibre,
Cantaré moun pays enca pauc counescut.
E quand ajo abastat al brespe de ma courso,
Tournarè, pensatiu, arranz la fresco sourço,
M'y bremba les soûls jouns, belèu, qu'aurè biscut!

LE GAT

E

LE

PINSOU

FABLO

Un pinsou farusel, un joun, dins uno hièro,
Fousquec empougnat
Per un gat.
L'ausel, ferit de pòu, diguec en sa manièro :
— « Garats, Moussu, qu'abets le nas tout empegat,
Le bous cal refresca bite d'un cop de pato
Abans de manja res. En parlan sens mesprets,
Se bous besio le mour, que pensario la gato ?..
Labats-bous dounc d'abord, me manjarets aprets.
Bou-n troubarets fort pla, cresets-ne ma paraulo,
Car moun paire (debant Diu sio !)
Quand ero joube, me disio
Que jamais n' abio bist un gat farnou^s à taulo.
Siriots be le prumiè desempey que gat miaulo...»
— « Moun amie, respoundec le gat,
So que dises es pla bertat. »
E per se rescura, moun pâlot se rebiro,
Pauso l'ausel... que s'arretiro
Coumo'n dalfi sui bord del tet,
E fa dous pans de nas à moussu le gatet.
— (( Pet de prioul ! diguec Mounacho,
Tu que te cresios tant d'esprit,
L'ausel t'a caroutat coumo'n simple couscrit,
N'y aurio per t'arrinca le pel de la moustacho !
Un autre cop, Cattet, faras tout le rebets :
Le manjaras d'abord, te labaras aprets. »
Atal fan toutis gats desempey alabets.
Les vers de M. Teulié sont très vivement applaudis.

�98

M. li. Lizo? : Invocation au pays de Gomminges
Visions pyrénéennes
M. Lizop s'excuse de ne pas employer le gascon, mais il se déclare bien
haut Gascon de cœur ; il a fait de notre pays de Comminges son pays
d'adoption, et c'est lui qu'il chante dans ses vers sonores :

I. — AU PAYS DE COMMINGES
Terre noble, entre les terroirs des Pyrénées !
C'est en strophes d'azur savamment égrenées,
Que je voudrais chanter tes monts et tes grands bois
Où l'Ibère jadis narguait le blond Gaulois
Et cachait sa maison de hêtre ; tes ravins
Que Virgile eût aimés pour ses rêves divins ;
Les pins, les chàtaigners superbes de tes sentes ;
Et les maïs aux larges feuilles frissonnantes,
Les hautains, et les floraisons de tes blés noirs,
Qui fleurent bon le miel, en septembre, le soir ;
Et la volute bleue et lente des fumées
S'exhalant des toits noirs cachés dans les ramées,
Quand l'ombre des sommets s'allonge sur le val.
Jamais je n'enclorai, dans un vers triomphal,
Le contour azuré des lointaines montagnes,
Et le ciel éclatant, plus foncé vers l'Espagne,
Qui découpe si net les cimes de l'Aran
Quand la brise nous vient du pays catalan !
Mais pour dire ton los, Comminge, ô terre mère,
Pour dire la beauté des choses familières,
Je saurai moduler les chants simples et'vrais :
Car je berçais mon rêve au vent de tes forêts,
Je brunissais mon front au souffle de tes bises,
Mon œil suivait l'élan de tes vieilles églises,
Et je laissais un peu de mon cœur frémissant
Sur les bords de ta Neste à la robe d'argent.

IL — LE SOIR SUR

LES MONTS

Par delà l'horizon doré des larges plaines,
A l'heure où, pâle et fin, s'argente le croissant,
La chaîne, dans les ors d'un beau jour finissant
Erige le profil des cimes souveraines.

�99
S'éloignant des guérets où le chaume jaunit,
Las de l'immensité triste de nos campagnes,
Mes regards vont là-haut, aux lointaines montagnes,
Au pays des lacs bleus que sertit le granit.

Je les revois, mes pics, vainqueurs aux flères poses ;
L'Arbizon s'élançant d'un seul jet vers l'azur,
L'Armure du Néthou flambant au soleil pur
Et le Pic du Midi drapé de vapeurs roses.
Dans la brume du val surgit le clocher noir ;
Entre les rocs gronde la Neste bruissante ;
J'entends là-bas tinter, au détour d'une sente,
Les sonnailles des bœufs dans le calme du soir.
Mais, tandis que la brume aux impalpables voiles,
Fine gaze tissée en la douceur de l'air,
Effacé Tes glaciers, le pic et l'étang clair,
Dans les combes du ciel ont fleuri les étoiles !
Là-haut, ces floraisons immenses de soleils
Emailleront les champs où vient mourir le nombre
Et mon regard vers l'horizon qu'envahit l'ombre
Cherchera le contour des hauts sommets vermeils !
D'autres voudront humer l'air salin sur les rades,
Et partiront, bercés par la houle du flot ;
Qu'ils aillent ! mais pour moi mon rêve ira plus haut,
Vers les cirques déserts où fument les cascades.
(Applaudissements.)
M.

B.

SARIIIEU

: Fragment épique

Entre les deux belles pièces françaises de M. R. Lizop, M. B. Sarrieu,
s'exprimant en gascon, se demande s'il n'aurait pas mieux fait, puisqu'on
s'est vraiment trouvé en famille, de donner sa conférence en luchonnais.
En tout cas, il va se dédommager en récitant un épisode d'un Poème antique en préparation : il s'agit du combat, dans la vallée de Larboust,
d'Andòs, chef des Celtibères, contre Louhits, chef des Cinéthiens, traître
à son pays :
S

COUMBAT D'AN DOS È DE LOUHITS
.... En didé-c, qu'esperuèc ', hòl, era sio cabalo
Em bénte dabbez duz esperous : que gahèe
I. Le sujet d'esperuéc est Louhits. — Il nous est impossible, on le comprendra, d'expliquer ici tous les noms propres qu'on trouver» dans ces vers. — Voici le sens de quelques mots

difficiles :

barauloun &gt;

bourdon

(insecte) » ;

idòl

&lt; hurlement « ;

curba

■ recueillir • ; — triangle, etc. : &gt; les Hyades » ; laijco &gt; tour (de rôle) ■ ; aué s'én ac de..»

�100
Un lans aquést', è que partie, è que passée
Deuaiit Luzaid' è's sòs ja prèsti pera palo.
Mès Sabatach — de cap adz auti qu'ez birèc : —
« Bergounho ! », ce cridèc, « l'au seguiram bidj-aro,
« 0 quin ?» — È qu'assemblée touti'z néri 'scadrous.
(( Aiant, haut ! » Que tirée era sic- lamo claro :
Qu'auriéz dit un echeham' antiè de baraulous
Azidòls que harién debadj et cèu broumous.
Mèz dedj aute coustat Andòs suz era prado
Des Cèutes cabalièz ar'abaij-gard' armado
Que lez bic ep prumè : « Que bous counegueran
« Acéri », ce didéc ; « lèu bòsti que seran ! »
— Eque lez enchinhau' en parlà dera 'spado ; —
« Mèz, em mâchant, que créi, tout ço qu'a méritât
« En touc courre que bén curbá : 'ra 'rrecoumpénso
« Des sòs crimes ! A-méns, dilhèu, qu'aje cambiat
« Quauque miraggl' en étch etch houns dera counciénço...
« Mès qu'agg espèri pòc dera sió eountenénço :
« Bét se quin paréch hòl ! se quin ei ezgarat !
« Qu'at saberè, ço qu'ói !» — En didé-c, pera prado
A chibau ta deuant qu'ez lancée, generous,
Lugrejant : qu'aurien dit era' stélo' mbrazado
Qu'ei aperad' eg Gùélh det Taur' : ez arraious
Det són frount, ad deuant det triangle ploujous
Que hèn dabb es sòs huées un flòt d'escates fines,
Que sémblen et soumét d'ui) cunh, enta traucá
Def firmamént enguéns es pales cristallines :
Atau Andòs sourtió dedj arrénc, t'atacà
Louhits, è sénse pòu l'anau' aro cercà.
Que ludié det sòn glaib' era nerburo blanco.
E tout séc dounc Louhits just en faç' a sa tanco
Qu'au bic. Coum'un idòl suz ec còp que poussée :
« Enfin qu'au béi ! Houhoú, qu'ei étch! » que s'esclamèc ;
« Que nou perirè paz au-ménz ena batalho
« Sénse benjanç' ! Anét, qu'ei a nouz-auti dus,
« Andòs ! » — E'n tout didé-c, que l'au courréc dessus,
Hirous ! Mès que drecèc aquéste 'ra sió talho
È't sòn tchibau tabén que pressée ag galòp :
Qu'es courrién andus còntr' ! A touto brido qu'èren
Am miéi de tout lançats ! En béi-òc, qu'es triguèren
Cinetédi tout séc è Ceutibèrs ac còp :
• l'emporter sur... »;

carriiida • grincer ., ezludicra

&lt; érafler • ; arrélho de carboni)

• trait de foudre • ; erçguéns « profond &gt; ; brulha ■ mugir ■ ;
j
'(I.uchonnais) ; gueineja « tournoyer &gt;; môlch « humide ».

Aunédi

&gt; Onésiens

�101
Que sentién que calié qu'edj un ei demourèsse,
D'Aiidòs o de Louhits qu'edj un o'dj aut' estèsse
Suz era plaço mòrt ; mez arrés nou sabié
Dedj aute suz ec camp ec-qùau s'en agg aurié.
Ja s'anauen trucà suz era bérdo prado :
Qu'ère 'r'amo d'Andòs d'esperanço houlado,
Det sòn deué soulid' è fòrto det sòn drét,
E contro 'z gridi gùéz dedj aute, qu'arroullauen
De pertout, è déjà tout prèz l'au dezaflauen
Qu'ez jetauen es sòs coum' un doubble lambrét. —
Mès (ju'aurié calut béi à Louhits! Que guimbaue
Et sòn còr de iou hòlo 'rraujo ! Qu'aspiraue
l'rpufount edj air', è 'c cap en arrè que jetaue,
Naz aubèrt ; è's sòs pôts Iheuats e îremechénts,
Hahâha, qu'arridién en hè carrinclá 'z délits !
Antiè que tremoulau', è dera sió paupièro
Que semblaue sourti 'ra sio blanco prunèro :
Qu'arroudau' ezgarad', è'tch hèu dera coulèro
Es sòz gùéls qu'arramplié coumo d'un huée furious,
E qu'ère prèsque bèteh atau, tout arraujous.
A dus passi qùan houe, court era sió cabalo
Qu'arrestèc (Que batéc dez únglez era palo) ;
Etch, era spado' m punh, còtcli estienut, toup près,
Cuuino s'aùié boulut minjú' Ndòs : « Aoun ès ? »,
Qu'au jetée ; « En coumbat nou-t poudió 'ùé jamès !
« Mès qu'et téngui taplan, bergounho ceutibèrro !
« Au bés, nham, à Louhits ? au bez bien ? Aueitô-u,
« 0, s'ag gòdes ! Qu'ei mòrt Hanacoun, qu'ei en tèrro
« Hannar, è qu'ei caüt Hunnoun suz era sèrro ;
« A tu dounc enfin ! ar', a tu ! Nu-ajes pas pòu
« Qu'et supplico jainès, tiran, ne que t'ezbito !
« Ha, gùé que fenirè, j'ac sénti, 'ra mio bito ;
« Mès quin gòi, se poudiéz acabá-lo dad jou ! »
— « Acrotau, s'ab bó 't Gèu, nou sera cap, traidou ! »
Qu'arrespounéc Andòs ; «" Hè, dera tio furou,
« Maudit, dera tio 'rrauj'antièro, que m'importe ?
« Dessus tu que s'amass' etch houdr' : aban que sorte
« (Que nou sabi se qué l'arretéi?...), se m'en bòs
« Créi un bricalh, Louhits, a jou, Louhits, escouto,
« Bê-t' en ! Buédo 'p païs ! Aquiéu qu'az era 'rrouto :
« Hutch, è de tu, uè, que nou-s párle mès !... » — Andò
Encaro nou fenié, qùan per touto 'rreplico
Louhits boundi que héc et sòn tchibau, è pus,
Aro 'rras, que brandie era sio 'spado 'n sus,
Hòl, còntro 't chèf ! Dounc étch que la-z birèc : oubblico,
Det sòn tchibau en cai qu'ezlucherèc ec còtch,
ESCOLO DÉRAS PIRENÉOS

�102
È 'p poutralh dec coursé de sanc que houe toum mòtch ;
Mès tout séc qu'au balhèc iou 'pretado' nergico
Dabb ez bridez Andòs, ò'n-çá que l'arramièc,
Era sió 'spado fòrt en sòn punh que sarrèc,
E suz es sòz estriéus, benjaire, qu'ez drecèc.
Coumo, qùan ei et cèu tout entrumat de broumes,
Dessuz urî malh brunit, lheuat entre dites coumes,
Ourgulhous, è d'auéts néres tout heriçat,
Dez gridénquez bapouz aoun s'ei amassat
Es precipit' etch huée detch houdr' : ezblouechénto
Qu'ei 'ra lame, d'un blanc escatejant de nhèu ;
È dez arròcs tout séc, áo, merbélho 'rdénto
Que s'en tourn' adj en sus, qu'arrepoumpéch ta't cèu
'Ra 'rrélho de carboun touto 'rroujo ; mès, lèu,
Dez broumes qu'arrecá, mès cand' è bïoulénto
Que toup prumè : iou'uét qu'arrape bruscoméns,
Que l'arrigue despuz era 'rraíts, antièro,
Ta jetá-lo, d'un lans, d'arroujéneo lumièro
Bestid', a tres-cent pès, de cap at cèu enguéns
A grani bruis, .... — atau, bruinant 'e justicièro,
Era 'spado d'Andòs que héc un lans subit,
Brusc ! è que héc Louhits un crit, -h&amp;, mèz un crit
Atròç', afrous, ellá pez malz arregrounit
È que héc dreçá 's péuz a touti 's-qui l'aujiren :
Justiço qu'ère hèt', è'z Aunédi que biren
Sourti tout séc d'Andòs eg glaibe prount è blanc
Dec còt de Louhits abraçat, é' r' armo claro
Tourná-s'en adj en sus, dezgoutant', è de sanc
Arroujo ! Mèz d'Andòs que s'abachèc encaro
Eb bras fort, entourniat d'argént escatejant :
Que sazic, que lheuèc pes péus ec cap sanglant
De Louhits, qu'au jetée en aire, gùeinejant,
Dez néri Cinetiaz desuz ef flòt saubadje
Qu'amiaue Sabatach hirous, enta benjá
Louhits : Aquec cap mòrt qùan biren gùeinejá
Suz éri, del lou còr que partie ec couradje
È de pòu touti hòls, que birèren ed dòs !
Gùélz ardénts, en crida, que les seguie Andòs,
Terribbl', en entrenà dabb étch a touti 's sòs ;
E de Louhits ec còs sannant, sénse bizadje,
Que caéc de chibau, è tout edj escadroun
Ceutibèr qu'ei passée dessus, en tourbilhoun
(Extrait du Chant XI./

Parla de Sen-Mamét-de-I.uchoui) (H.-G.)

�103

Adieux.

—

Projets d'avenir

Voilà comment furent employées deux bonnes heures, trop vite passées.
Mais l'heure du départ avait sonné pour beacoup d'entre nous. Il fallut
se dire adieu, avec la joie d'avoir rencontré des confrères si dévoués et si
aimables, mais avec le regret que les meilleures choses ne puissent durer
assez longtemps. M. le Président déclara donc la séance levée.
On ne se séparait point toutefois sans avoir formé pour notre Escolo
deras Pirenéos les plus sérieux et les plus brillants projets d'avenir. Chacun
partait avec laferme résolution de faire connaître autour de lui notre Escolo,
de nous amener des membres nouveaux, de travailler par la plume et par la
parole à notre oeuvre félibréenne. Plusieurs entrevoyaient déjà la possibilité prochaine, dans leur région, de Conférences ' ou de Héunions locales,
à titre de corollaires naturels de notre première Assemblée générale.
On avait surtout parlé de l'Assemblée générale de l'an prochain. Il a
été décidé, en principe, que nos grandes réunions annuelles se tiendraient
tantôt en un point, tantôt en un autre du territoire de notre Escolo,
afin que celle-ci se fit connaître partout chez nous, que nos diverses régions
commingeoises et couserannaises pussent profiter de ses séances et de
ses fêtes, et que les résultats de son action se fissent sentir directement
sur toute l'étendue de son domaine. Tel à été l'avis unanime des membres
présents2. Quant au lieu précis de notre Assemblée de 1906 (les uns
auraient préféré, une fois encore, Saint-Gaudens ; d'autres ont proposé
Luchon, ou Montréjeau), c'est le Bureau général qui le déterminera.
C'est également lui qui arrêtera les conditions du Concours que notre
Ecole va instituer dès l'an prochain. Avis aux enfants de nos régions,
avis à nos littérateurs et à nos linguistes. Nous espérons pouvoir publier
le programme détaillé de ce-Concours dans un prochain numéro.
Mais, en attendant, nous prions instamment nos amis de ne pas oublier
qu'ils doivent faire tout leur possible pour nous amener de nouveaux
Félibres ou de nouveaux adhérents. Notre Revue, pour peu qu'on lui
demeure fidèle, est désormais assurée de vivre ; mais ce n'est pas tout
pour nous, et nous avons bien d'autres choses à faire. Car ce n'est pas
seulement pour publier une Revue, — si intéressante qu'elle puisse être
comme recueil de recherches érudites, de documents linguistiques ou de
morceaux littéraires, — que nous nous sommes groupés ; c'est pour sauver de la mort notre langue, nos traditions, tout ce qui fait l'originalité
de notre Province. Era Bouts dera Mountanho est donc, pour nous,
surtout un moyen. La fin dernière, c'est la victoire félibréenne, c'est,
dans nos régions pyrénéennes, par tous les moyens légitimes, LE MAINTIEN, LE TRIOMPHE PÉDAGOGIQUE, LITTÉRAIRE, SOCIAL,
LANGUE GASCONNE ET DE L'ESPRIT GASCON.

UNIVERSEL DE LA

B. S.

1. Ainsi, celle de Luchon, le 24 septembre. Yoy. aux ■ Noubèlts -.
2. C'est aussi ce que propose dans sa lettre M. l'abbé Marsan : ■ On y distribuerait,
&gt; ajouie-t-il, avec toute la solennité possible les récompenses, ce qui ne manquerait pas
. d'encourager les hommes de bonne volonté et de donner du prestige à l'Escòlo. &gt;

�f04

I.

NAUÈTS

COUNFRAIS.

Melle

58.
M. S ARRIEU, l bis, rue du Fort, Montauban (T.-et-G.).
39. DE TERSSAC (comte), élève de 3e année à l'École des Chartes, de
Saint-Lizier (A.).
(30. CABAUP Joseph, (d'Oust), inspecteur des Contributions indirectes,
7, rue de la Gare, Tarbes (H.-P.).
61. Melle FLOUS, institutrice et félibresse, à Argein, par Aucazein,
canton de Castillon (A.).
62. ESCACH, instituteur et félibre, à La Bastide-de-Sérou (A.).
63. BEGOÜEN (comte), de Saint-Girons, rédacteur en chef du Télégramme, 16, rue Vélane, Toulouse (H.-G.).
64. DE BENQUE D'AGUT (chanoine), directeur de l'Écho des Pyrénées
et des Landes, et de l'Ecole François Ier, 8, rue François Ier, Paris.
65. BARRÈBE J.-.M. (abbé), professeur de philosophie à l'Ecole François Ie1', de Cantaous-Tuzaguet, canton de Saint-Laurent-de-Neste
(H.-P.).
66. BONNEMAISON, maire dé Bagnères-de-Luchon (H.-G.).
67. CAZAVET Auguste, à Salies-du-Salat (H.-G.).
68. LACAZE Urbain, à Villefranctiè d'Astarac, par Simorre (Gers).
69. HÉRAIL Alfred (abbé), curé de Labarthe-Inard, canton de SaintGaudens (H. Ci.).
II.

NAUÈRI

ABOUNATS.

30. VERDÍEB Louis, 32, rue des Bourdonnais, Paris.
31. SAINT-PAUL Marcelin, 185, rue d'Allemagne, Paris.
32. SAINT-PAUL Fabien, 16i. rue Jeanne d'Arc prolongée, Paris.
33. VTDAILLET (abbé), de Sacourvielle, curé doyen de Boulogne (H.-G.).
34. CASTERAN François, à Troubat, par Mauléon-Barousse (H.-P.).
35. YIYIÈS Henri, sous ingénieur des Ponts et Chaussées, Saint(Jirons (A*.).
E douve, j'auém dépassât et centenat !
III.

COTISATIONS.

Rappelons que les Membres actifs paient 0 fr. par an et ont droit
au titre de Félibre et à toutes les publications de l'Ecole (voir l'abrégé
des Statuts sur la couverture) — Pour 3 fr. on est simplement abonné
à notre Revue ; mais nous prions nos chers abonnés de nous donner,
s'ils le peuvent, leur adhésion complète.

Prière d'adresser les cotisations ou abonnements en
retard pour 1905 à M. B. Sarrieu, secrétaire-trésorier.
8, place JJU Bartas, Auch (Gers), avant le 8 décembre

�JOS
prochain. — Passé cette date, nous les ferons recouvrer par
la poste.
Les personnes qui viendront à nous après avoir reçu le présent
numéro (dernier de 1905) n'auront à payer que la cotisation ou
l'abonnement de 1906. — Nous espérons que bon nombre de celles qui
ont reçu gratuitement tous les A'OS de l'année courante, ayant pu
juger de l'intérêt que présente notre amure, se décideront à venir à
nous.
IV. PROUPAGANDO.

— On lira avec plaisir, dans la Haute-Gâronne du 21 septembre et
dans celle du 12 octobre, les articles de M. l'abbé Dufor sur notre œuvre
félibréenne. Le premier en résume excellemment l'esprit ; le second
indique l'origine du mot félibre, et montre que si l'on ne sait pas très
bien son gascon, ce n'est pas une raison pour ne pas devenir félibre : car
nous nous sommes réunis ici précisément pour nous enseigner mutuellement notre langue locale : nous avons tous à apprendre les uns des
autres à cet égard.
— Le présent numéro, vu son étendue exceptionnelle, constitue les
Numéros 5 et 6 de 1905. Le prochain, qui paraîtra sans doute fin décembre, sera le premier de 1906. Peut-être paraîtrons-nous en 1906 chaque
4 mois. Nous le ferons certainement, si, comme nous l'espérons, notre
nombre continue à s'accroître aussi rapidement et si nos collaborateurs
se multiplient.
— Comme les précédents, ce N° est tiré à 1000 exemplaires. — Il
contient une cirte. — Nous comptons publier aussi de la musique
et des illustrations.
— Prière à nos collaborateurs de nous envoyer leur copie lorsqu'elle
est prête sans que le Secrétaire général ait besoin de la leur demander :
on évitera ainsi des retards inutiles.
— Nous recommandons encore une fois à nos membres ou abonnés de
communiquer à leurs amis nos numéros, afin de nous procurer de nouveaux confrères. « Qu'ei era unioun que hè 'ra fôrço » : on l'a dit dans
toutes les langues.
V. ARREMERCIOMÉNTS.

Nous devons adresser nos plus vifs remerciements aux journaux locaux
qui ont annoncé notre réunion du 13 septembre (Haute-Garonne,
Luchon-Thermal, etc.) comme l'ont fait aussi la Terro d'Oc, (p. 136)
et les Réclams (p. 255) ; et particulièrement aux rédacteurs en chef du
Télégramme, de la Haute-Garonne et du Journal de Saint-Gaudens,
qui ont bien voulu honorer notre fête de leur présence, et dont les
journaux ont consacré les plus aimables articles à notre cérémonie
félibréenne. Le Télégramme du 4 septembre avait déjà parlé de notre
Revue avec la plus grande sympathie. — Nous devons également expri-

�106
mer oute notre gratitude à la Terro d'Oc (p. 154-155), à l'Action
Régionalisle (p. 199-200) ; et à la Revue de Comminges (1905, 3e trim.,
p. 184) qui, sous la signature de M. A. Couget, rend compte, de notre
séance, et se propose de publier la Conférence qui y a été faite. Nous
lui sommes très reconnaissants de vouloir bien ainsi nous aider à répandre les idées félibréennes.
La Conférence qu'a donnée M. Sarrieu au Casino de Luchon, le 24
septembre (Voy. ci-après) a été elle aussi l'objet de comptes-rendus des
plus flatteurs dans la Dépêche du 26 (11e éd.), la Petite Gironde du 28
(4e éd.), le Luchon-Thermal du 7 octobre, l'Union Pyrénéenne d'octobre (p. 158) et la Terro d'Oc d'octobre (p. 155). Elle parle aussi
du discours de M. Teulié. A tous nous disons notre meilleur merci. Les
Réclams citent fort aimablement (sept.-oct., p. 252-253) des passages de
notre 2e N° (Y. Dufor, sur l'histoire locale ; B. Sarrieu, sur l'utilisation pédagogique du gascon).
VI. COUNFERÉNCO DE LuCHOUI?.
Le dimanche 24 septembre, à 5 heures et demie du soir, dans la belle
salle des fêtes du Casino de Luchon, que le Directeur, M. Garnery, avait
très aimablement mise à la disposition de notre Escolo, M. B. Sarrieu a
fait une Conférence sur la langue d'Oc et le Félibrige Iuchonnais '. Elle a
eu un plein succès. Dans l'assistance nombreuse (environ 250 personnes)
nous avons remarqué, avec beaucoup d'étrangers de passage à Luchon, la
plupart des Membres Iuchonnais de l'Escolo (actuellement, sur 104 membres, dont 69 actifs, le canton de Luchon en compte à lui seul 23, dont 19
actifs), les principales notabilités de la station, les docteurs, les membres
de la presse, plusieurs instituteurs, et beaucoup de dames de Luchon et
des environs. M. Compayré, Inspecteur général de l'Université, a bien
voulu honorer de sa présence cette séance, et il a paru s'intéresser vivement, ce dont nous lui sommes très reconnaissants, à notre œuvre et à
notre Revue. M. le Dr Ferras, conseiller général du canton, et M. Bonnemaison, maire de la ville de Luchon, ont félicité le conférencier, et M.
Bonnemaison a même donné son adhésion à notre Escolo. Citons encore
(en demandant d'avance pardon à ceux que nous pourrions omettre) MM.
Alphonse Couget, Vice-président de la Société des Études du Comminges,
Georges Couget, le D1' de Gorsse, l'abbé Baylac, professeur à l'Institut
catholique de Toulouse, P. Sarrieu, professeur en retraite, maire de
Saint-Mamet, F. Escard, le capitaine Lagaillarde et son frère, Bauzil,
conducteur des ponts-et-chaussées, Cornet, notaire, Sarthe, Joseph
Dulac, Barès, Ch. Rey, Sarrieu-Lamole, F. Burgalat, P. Ladrix, etc.,
etc. — Si l'heure n'avait pas été un peu tardive, la Conférence aurait pu
être complétée par la lecture ou la récitation de morceaux en gascon.
1. Celle conférence ayant repris, avec quelques développements et quelques adaptations,
la conférence faite à Sainl-Caudens, le 13, sur la langue d'Oc cl le félibrige commingeois,
nous les avons fondues ensemble pour plus de commodité. — Se reporter donc ci-dessus.

�107
Soyons certains que ce n'est que partie remise. — Nous avons remercié
ci-dessus les revues et journaux qui ont bien voulu parler de cette manifestation félibréenne. Peut-être d'autres semblables auront-elles lieu, avant
la grande séance de l'an prochain, sur divers points du territoire de notre
Ecole.
VII.

FELIBREJADES.

1. Era plaço que mous manque ta sinhala coumo deueriôm era manhiflco felibrejado dera 'Scòlo Gastou-Febus à Aulouroun. Que calerié lége
tout ed N° de Setéme-Ottòbre des sòs Arreclams : Amassado merbelhouzo,
sénse parèlho ; councours des mès arreûssits ; discoursi è poueziés pliés
de lans è d'armounió ; cançous dep pals, etc. Qu'arregretam d'èste taloméns
limitats acitau. Que mou-n bouleriém pourtant de nou pas hè counégue
az nòsti et suctcès des très pères de teatre en gascom?, que soun estades
jougades et 27 pet « gurmèth » (camuchètch) felibrénc de Saliéz-deBiarn. Aquiéu que i-a un egdzémple à segul. — Es qui houren prezénts,
qu'és saubaran lounténs, ce dits un des qui s'i troubèren, éra memòrio
d' « aquére coumuniou dous esprits sus l'auta de la patrie » ; qu'ei
acró que « hè dou felibriye ne obre chens parie ». — Qu'ei ço que
nouzauti tabén boulém hè béi.
2. Era 'Scòlo Gascouno, de Nerac, qu'a tengut ed 10 de Setéme era
sio 4° felibrejado. « Taulejado » de 60coubèrts: bèri jocs flouraus, serado
de gala, muzico loucalo.
3. Felibrejado deb « Bournat » dep Perigòrd, a Mussidan. Que diden
que i-a en aquet brinhoun mès de 500 Felibres-abélhes. « Taulejado » de
300 coubèrts. Inauguracioun deb buste def Félibre Chastanet. Teatre en
léngo d'O.
4. Ena bilo d'Abinhoun, qu'an inaugurat et 6 d'Aoust eb buste dedj
arregretat Fèlits Gras, Capouliè def Felibridje.
5. Proufitém dera oucasioun ta hè counégue az nòsti counfrais « Lou
Félibrige » buletin mezadè de tout ço qu'ess hè per tout em Middiô felibrénc (4 fr. per an : engùan 19° annado). Ed darrè N° que mous aprén
era foundacioun dera « Freirié prouvençalo », counfederacioun, larjoméns coumprenudo, des Escoles o soucietats felibrénques prouvençales
(qu'arremplaçará 'ra Mantenénço aboulido). Que sémblen tabén boulé hè
quaucarrén atau ez Escòles Uvgodoucianes. Un còp o iaute que les
pouiran dilhèu imità ez Escòles de Gascounho. Qu'en tournaram à parla.
6. Que benguem tabén d'arrecébe ec « Cartabèu » de Sénto 'Stélo,
adoubât è pubblicat peb Burèu dec Counsistòri felibrénc (N° 3). Que
s'agéch aquiéu dera nauèro ourganizacioun def Felibridge centrau. Qu'en
parlaram tabén lèu.
B. S.

�108

DE L'EMPLOI DES ARTICLES
et, era ; lou, la ; lu, la
Dans les environs de Simorre, Saranion, Samatan, Lombez, l'Islo-en-Dodon,
PIsle-en-Jourdain, Castelnau-Magnoar, Boulogne, Aurignac.

Il est presque téméraire, — pourquoi ne pas l'avouer en commençant ?
de présenter, à cette place, une étude, si sommaire soit-elle, de linguistique simplement locale. Après les remarques si approfondies de notre
sympathique secrétaire, M. B. Sarrieu, sur les divers dialectes que pouvait embrasser « Era Bouts dera Mountanho », qu'ajouter qui intéresse
encore nos lecteurs ? Le sujet n'est-il pas littéralement épuisé ? Sans
viser à la compétence justement établie de l'ancien élève de l'École normale supérieure, nous avons cru utile, obéissant d'ailleurs à ses propres
encouragements, d'émettre certaines observations sur l'emploi do l'article
dans un coin de* notre chère Gascogne. Toute leur valeur, si elles en ont
une, proviendra de ce qu'elles ont été vécues. Nous avons, en effet, contrôlé de auditu ce que nous écrivons aujourd'hui. La mémoire remplacera
l'érudition.
I. Avant de nous cantonner dans notre « petite patrie », on nous passera une courte incursion chez nos grands frères du voisinage. Nous
verrons mieux les frontières assignées aux trois articles en question.
Aussi bien connaltrons-nous davantage les liens de parenté qui nous
unissent et ce qui fait notre particularité propre. Nous vivrons enfin un
peu de notre histoire méridionale.
AHch, l'ancienne capitale de la Novempopulanie, la noble Métropole,
qui eut, avant le Concordat de 1801, et en plus de ce qui lui demeure,
pour suffragants les évèchés de Bazas, Lescar, Oloron, Comminges,
aujourd'hui Saint-Bertrand, Couserans, aujourd'hui Saint-Lizier, et
Dax ou Acqs, — vous le voyez, nous ne sommes pas des étrangers, —
a adopté l'emploi de lou, la. Ex. : « lou camln dou Garros, la Patod'Auco ». Lou et la sont également employés à Tarbes, Pau, Montde Marsan, Agen, Montauban, Montpellier, Marseille, etc.
Toulouse, qui conserve avec un soin si jaloux le souvenir du passé,
grâce à ses savants illustres, à ses fins lettrés, se sert de le, la. Ex. : « le
tran de San-Subra, la plaço del Capitolo. .. » Nous trouvons le même
article en usage à Muret, puis à Auteiïve, à Pamiers, à Foix, bref dans
toute la vallée de l'Ariége, et même dans une partie de l'Aude.
Mais vous, habitants de Saint-Gaudèns, d'Arreau, de Luchon, de
Saint-Girons, comme tous les bons Gascons montagnards vous vous plaisez
à dire : « d bouéu, era baco ».
Ainsi, voilà trois régions voisines, disposées en triangle, qui emploient
chacune un article différent. Il doit donc y avoir trois frontières les séparant deux à deux, et même un point central d'où partiront ces trois
frontières. C'est ce que nous nous sommes donné à tâche de déterminer.

�109
li. Or, il se trouve que c'est dans le petit pays dont nous sommes
personnellement originaire que se fait la rencontre des trois idiomes.
En quittant Boulogne, sorte de place forte jetée coquettement entre la
Gesse et la Gimone, à seule fin sans doute de faire respecter les limites
de la Haute-Garonne, des Hautes-Pyrénées et du Gers, le parler populaire
change légèrement. Décidément, il faut prendre parti pour la Montagne
ou pour la Plaine. . .
Sans crainte d'être démenti, nous pouvons affirmer que les villages
situés sur la rive gauche de la Gimone, et appartenant au département du
Gers, emploient généralement lou, la. A Lalanne-Arqué, Saint-Blancard,
Sarcos, Monbardon1, Gaujan, aussi bien qu'à Villefranche-d'Astarac,
Simorre et Saramon, on dit : lou blat de la plano, lou nôste mainatje, la
nòsto drònlo. De même à Casteréts, Sariac, Castelnau-Magnoac, localités
frontières des Hautes-Pyrénées, à Manent-Montané, Chélan et Montd'Astarac, du Gers. — La rive droite a préféré l'usage de le, la. Lunax,
Nénigan, Puymaurin, Molas, nos voisins de la Haute-Garonne; Tournai!,
Sabaillan, Pellefigue, Cadeilhan, Saint-Elix, comme, au reste, leurs
congénères des cantons de Lombez et de Samatan, et même de ITsle-enJourdain2, trouvent à propos de s'exprimer de la sorte: le mèro, le curé
dou bilatje ; le clouquè de la bilo.
Les braves gens qui peuplent le canton de l'Islc-en-Dodon, — tous, ou
à peu près, ont parfois recours au vieil idiome de nos pères, — tant ceux
du levant et du couchant que ceux du nord et du midi, nous reconnaîtraient parfaitement pour des indigènes, si nous leur disions : le chibau,
la cabalo. Du moins jusqu'à Montbernard (exclusivement), après avoir
visité Anan, Saint-Laurent et Montesquieu-Guittaut.
A ce point précis de nos excursions, il est permis, ce nous semble, de
faire une halte et de nous recueillir. Nous pourrions ensuite tracer une
perpendiculaire qui prendrait Péguilhan comme point de départ, laissant
à gauche Saint-Ferréol (canton de Boulogne), qui renie l'article de la
Métropole et lui préfère le, la, et à droite Péguilhan, Boulogne et Mondilhan ; et qui se continuerait en passant par Montbernard, Lilhac,
Esparron, Saint-André, Aurignac. Dans ces centres, comme partout ailleurs du côté de la Montagne, (ainsi, à Termes-Magnoac, Aries-Espénan, Cizos, Devèze3, Betbèze, Monléon-Magnoac, Lalanne, comme à
Blajan, Gensac, Saint Loup, Pouy, Villemur, Bazordan, etc.) nous entendrions dire, pour désigner le pain, le vin, la viande, la maison : et pan,
et bin, era car, era maisoun. Au contraire, les localités occupant la gauche comme Salerm, Fabas, Eoux, Peyrissas, Boussan, pour n'en citer
que quatre ou cinq, se servent de le, la.
1. Toutefois, à partir île ftkuilbardon, la limite soit plutôt les coteaux de la rive droite,
de la Gimone que la Gimone elle-même. (Voy. la carte).
2. Gimont (sur la rive droite de la Gimone) dit lou, mais Monferran (canton do l'Isleen-Jonrdain) dit le déjà.
3. Nous adressons nos plus vifs remerciements à M. l'abbé S. Verdier, curé dé Devèze,
pour les bons renseignements qu'il uous a fournis.

�.,;,..v..

i,t*«/ÍÊJ

du

L, &lt;m i'tt-â

/íe4

&lt;f/avrils iti ftnùlzj cftâ
'J^I)

D6Jt*f tc rn e^n (rs

t~roìS Art(t&amp;4 { trt^ceUs
Ccmr*"*** Ctéir&amp;ie*&lt;&gt;ỳ

Sens Jivtu UíjUtí 2zi lí'iíA' íC C&amp;ri£tsn*4.e*t£'

© O • Ccyn-rxunej fù
A A Ccmmunu où
,tsT 'A' Communes *à

l* tm

dit \o\X

fémaUt
i'c*Mt

, \&amp; .

ls , ]ét .
et*,,era .

�m
Il résulte de tout ce qui précède que le point central que nous désirions déterminer se trouve placé à l'ouest-nord-ouest de Péguilhan, près
des hauteurs de Camelle, presque au croisement du méridien 1° 40' Ouest
de Paris et du parallèle 43° 20'. C'est là que pourrait s'élever un obélisque à trois faces, sur lequel on inscrirait, d'un côté, au nord-ouest (article
lou) : ASTARAC et MAGNOAC, — de l'autre, au nord-est (article le) : BAS-COMMINGES, —de l'autre enfin, au sud (article et, era) : NEBOUZAN et HAUTCOMMINGES. Aux historiens de voir si ces divisions linguistiques ne concordent pas, du moins à peu près, avec les anciennes circonscriptions
gauloises, féodales ou monarchiques de nos régions subpyrénéennes.
Nous voici rentrés dans les sphères qui touchent aux Saint-Gaudinois, aux Baroussais, aux Luchonnais. Là il faudrait distinguer encore
entre l'article et et l'article etch, et délimiter leurs domaines. Mais nous
nous garderons de fouler un sol déjà exploré et avec une autorité que
nous n'avons aucune peine à ne pas nous reconnaître. Et nous laisserons
à d'autres, mieux placés que nous, le soin de continuer avec précision,
vers le nord-est, le sud est et l'ouest le tracé des frontières dont nous
avons marqué le nœud. A ceux qui auront eu le courage de nous lire
jusqu'au bout, pardon de les avoir affligés d'une exposition aussi sèche.
Nous nous consolerons en pensant que la Grammaire et l'Histoire ne
permettent pas à tout le monde de donner libre cours à l'imagination. La
Poésie et la Légende chercheront fortune ailleurs.
B. DAUBIAN,
à Villefranche d'Astarac (Gers).

SOUNÉT

GASCOU

A notre cher Président
M. Louis de BAHDIES

Déra planou déjà coumo yo sentinèlo,
Se drèsso fièromént ep pic majestiious :
Em Moun-Balhè jagant sémblo tustâ 'ra stélo,
Pendént qu'as siébis pès s'azoumbron és moutous.
Cau préne un guido fort, de mémôrio fidèlo,
Pus, pendént tout un dió, crémat pet souléi rous,
Grabi peniblomént éra còsto crüèlo ;
Mès quant on es Ia-naut, que l'on sé dits hurous !
Dé tout coustatch abéts yo supèrbo naturo :
Es bilatgés, à luénh, entourais dé berduro,
E 't riu, — afouns deb bôse, — sémblo un fiéu d'argént....
Etj 'izart espantatch, qué cap de saut n'arrèsto,
Bounditch, dé roc en rôc, tout el loung déra crésto,
È quan nou be ré mès, frapo dep pè, countént !
Ustou, septembre 1905.

Valentin

BARDOU

1

1. Que balharam lèu era seguido des &lt; Létros dera Mountanhou •, dem madéch autou.

�112

COUNDES DE LA GIMOUO'
[
lie Lauomént

La Juanifléto arribauo un jour, touto cor-boussudo, au Castèt, en tout
pan tacha...
— Yè, qu'auèts? ça dits Madamo.
— Un gran flèu que m'arribo.
— Yè, que ?
— Ei le Touèno malau.
E en mémo tens le se clauerèc le co, à'la Juanifléto.
— Qu'a atrapat dounc le praube Touèno ? Quauco machanto eschuperado, sampa ?
— At sai pas au soulide, més jé, quan le besoui tout estarrouhit, le
digoui d'ana bése le médecin ; — (Les medecis, en parlant per respect,
soun pas enta's cas).
— Que digouc, le médecin ?
— Le médecin, — bous demandi escuso, Madamo, — le paupèc sur
l'asquio, sur l'estoumac, è après qu'escoutauo en tout le hè ahala, coumo
s'èro 'stat poussiu.
— Le bailhèc rumèris ?
— Oui. Madamo ; aquéstesé, auant de-m coutcha, le m' eau bouta un
acacia (tapsia) sou-ù cloutét de l'estoumac e un chicatouèro (besicatouèro) sur la régo de l'asquio.
— Arrén mès ?
— Praubo de bous, que l'á ourdounat quaucoun mès, me-n saï pas
brumba : quaucoun coumo un lavoir, un lavage.
— Un lavement ?
— Oui, un lavement; m'a dit de le hè, dambe maugos, e de las hè
bouri diguens un toupin. Après, que eau, paréch, un utis ; m'an dit qu'où
troubaríoi ací. Ac apèron uio chelingo.
La madamo engoue ceca la chelingo, le hasouc bése coumo marehauo
tout just, sens'au dise arrén mès.
Le sé, la chelingo èro cargado ; la Juanifléto se-n ba trouba le Touèno.
— Aci, le lavement !
— Tout aco ! coumo bòs qu'empássei aquet tròs de hèr?
— Te eau pas empassa le hèr, arrén que ço que i-a diguéns ! Le
\. Enfln, voici que le dialecte du Bas-Commmges, parlé de i'lsle-en-l)odon à Carboniie,
de Lnmbrz à Mure! el à Auler'ne, do (iirr.oni el de l'Isle-en-Jourdain à Cadours, à lieaumont et... à Saint Cyprien, fait son entrée dans notre lìeviie. Il y entre en riant aux éclats,
el pour commencer il se montre un peu turbulent. Mais il
autre fois"

promet d'ell e plus sage une

�113

ïouèuo s'assièto sou-ù leit è bado coumo un agassat que ba mouri de hame.
Asta lèu, la Juanifléto balhèc uio poussado a la pugnado ; en même
tens, l'aigo eharistrèc pertout, coumo s'auèuo deslauassat, e pensouc
enhica le praube Touèno.
— F...tòrro, qu'ei mau coumòdê, tout acô !
— E pourtant, ei atau que se hè.
— Tourno-lo plia, la bau poupa, sera mes agit.
Equan la Juanifléto aile tournât cargá la chelingo, afustèc la cailliauéto
dou petit cap au praube Touèno, enta l'ac hè gaha en un mòs. Aile pas le
téns de hè la prumèro chirado, que le Touèno prengouc aquet chamou
d'utis d'un rubès de man, le jitèc, raujous, sou-ù passiment, e les pùts
arrupats e les ouéils escarrailhats, se boutée a dise en tout escoupi :
« Quino saloupario, un lavement ! quan saberlo de crebá cen côps,
te n boui pas nat, ei trop amarant.... »
H. DAMBIELLE.
Parla île Pelohigos, per Simòrro (Gers.)

PROUNOUSTICS DERA BAT D'AURO
1. YÈ
Quan er' anado comménee pet dityaus
Bouè, bén-te tas baques è tous braus.
Enta Sent-Marcèt
Cada pigo qu'a soun castèt ;
Et bent de Sent-Bidéns
Qu'aus at bire de paténs.
Sent Antoun de mey Yè,
Mey grè, mey palhè,
Et porc tout antiè.

2. HÉRÉOUÈ
Héréouè, Héréouérou
Per u hourat de birou
Qué t'empiarèy era maydou.
Sé Héréouè hou hè sas héréouetats
Toutis mézis der an qué soun courrouçats.
Quino qué sié era Candélèro,
S'éra Sent-Matiasso nou ey pas bèro
Quaranto diés d'ïouèr encouèro.
Per Héréouè bèt
Nou quilét et capèt.

�114
Héréouè, Héréouerou,
Nou m'as coustat ni ouélho ni moutou ! —
Cárò-t ! qu'en ey dus a préne ;
Cousi Mars qué m'en prestarà couate,
E qu'et harèy coua-bate.
Et dityaus lardé,
Es pastèts pet larè,
Era car pet siarrè,
Et bi per aygassè.
Quan et choc cante ento Héréouè,
Bouè, replégò-t et palhè.
3. MARS
Mars : maytl,
Cara dé mut! ;
Ento meydió,
Clar coumo'r ouélh déro garió ;
Era brespado,
Bèro bouharlado.
Mars qué marsouléye ;
Sé Mars nou marsouléye
Toutis mézis d'er an què gouttéyan.
Per Mars courrouçât
Nou quitét et marcat.
Carnabal d'ab sa moulhè,
E Pasco d'ab soun curè.
Mars qué dits à Abriéu :
(( Presta-m'én u, presta-m'én dus, presta-m'én très ;
)&gt; D'ab u qu'en auram couate :
» Eres baques è't bouè qu'auran a 'spernabate. »
Entre Mars è Abriéu
Nou quites u hiéu
S'et coucut nou cante entre Mars è Abriéu,
Va nou ey biéu.
4. ABRIÉU
Abriéu plouino,
May nou cessa,
Yul gout,
Et bouè qu'a de tout.

-

�11S
Enta 't méz d'Abriéu,
Canto, coucut, s' ès biéu.
Quan et coucut coucudo,
Empasto-lo plo è lècho-lo duro
Et tounèrro d'Abriéu
Qu' empié et barriéu.
Et més d' Abriéu,
Baco biéu
Péro sègo ou per arriéu ;
E sé biéu,
Mau biéu.
Ento Sent-Yôrli
Sémio r' òrli ;
Ento Sent-Marc
Y'ey tard.
Ento Sent-Estròpi,
Dé May m'apròchi ;
Ento Sent-Ouréns,
Qué y-èm laguéns.

(à segui).
Fr.

MARSAN.

I'arla dera Bal d'Auro, canlou de Bièlo.

ES COUCUTS1 DERA MOL NTANHO
Gounde bertadè^de madamo f--D-&gt; biratch en parla
de Gièr-d'Arribèro
Qu'èro per un bèd dió d'estiéu. Eg gran jardiniè juin qué haió esclatà
un arramatch dé flous at trauès déra mountanho, é dinquo ec cap dés
mes granis, dés mes duris arrocs.
E dounc qué troubèrem, enas mes hautos prados dep « Pech )) dé
Fouch, touto iu familho de coucuts. Hérésquis, dé bèro talho, coulourats
de blu et de bieulét, oh ! que m'en poudét créi, qu'èron beròis, beròis, è
qué eharmauon es gouéls.
Se quauque boutanisto estrangè mous demandauo en nóm d'aquér'
espèço, d'aquetch génre de coucuts, nou sabériòm arrespoune qué per un
sinhaloment bien encoumplet. Loungo dé dus a très pams, aquéro lolo dé
simpl' ournamént qué fourmauo un bèt cabélh è coum' un nus2 hèt
at tour. Arrén dé mès poulitch I
1. Orchidées.

2. Fuseau.

�116

Qu'on poudéió cantà qu'embaumauo etch aire ; mès, san-pa, qu'aimate-h**
era exactitude Bous didérèi dounc sénse cap exagéracioun dé pouèto
qu'en sentí-lo òm arrespirauo coumo iu audou flno, mes discrèto, dé
muguét ô de banilho.
Counténts é flèrs, qué mou-m pourtèrem iu prou grosso garbo. Plaçado ena schuménèio, qué brilhauo coumo iu rèino am miéi dets autis
ournaméns. Oh! s'aùiotch bist sé quin estauo berôi !!!
Er' audou qué s'embarrèc laguénts, é qu'èro un délici d'arrespira
aquéris parfums e d'admira aquéros coulous. Mès, ouè, quauques houros
mes tard, qué nou sentió prèsque bric, è quauquis mouménts encaro,
qué nou sentie brico mès... Plan qué mous bouliòm hè illusioun. Pourtant, qu'èro bien bertatch... E mémo pòc à pòc qué benguée a pudé...
Que mous calée hè? Bien bite, jeta perahièstro eb bouquét, era garbéto
des coucuts, encaro qué housson hérésquis, fudénts, sénse plago ni macaduro; autant qué sentiòn boun abantz, autant qué sentiòn mâchant après.
Tadaquèt cambiamént, sabétch ço qu'aùió sufitch ? Passa detch arrôc
ara schuménèio. Et souléi, eb bént dera mountanho qu'aùiùn parfumatch
era planto ; era oumbro, etch airé dera crambo qué l'aùiòn courroumpudo.
Ta qui sab arréfléchí è coumpréngue, nou ia pas péno dé tira iu leçoun,
iu mouralo d'aquét counde. Campanhards, qu'ei bous-autis surtout
qu'arrégardo. Be n'-i-a dez nostis païses, surtout goujatz et goujatos,
brabes, simples, érousis, tan qu'èron cultibatous des cazaus de NòsteSénhe ! mès, entrénats ena grano bilo, que i-an bite perduteh ep parfum
d'aquéro semplicitatch naturòlo, d'aquéro bèro hounestétatch qué les
haió tant aima è tant estima. Erousis encaro, sé nou an paz countractatch
éra machanto sentou der' ambicioun è detch ourgulh de tant de perbenguts.
Balétito juenésso de moun païs, bèros flous dé nostos mountanhos, sè
nou i-èteh fourçats, nou quitét pas nòstos pianos, nòstis balous ; aquiéu
qu'or tròbo un ela souléi, un bént pur, iu admirablo naturo. Bous-autis
tabén, digatch, ou a pu-près, ço que didió un campanhard famus : —
Qu'aimi moun bilatgé mès qué toun bilatgé ; — Qu'aimi ma proubinço
mès qué ta proubinço ; — Qu'aimi, plano o mountanho, ma petito patrío
mès qué tout.
Ybos-Dominico
Parla

de

Cier-de-Ribèro, canloun de Barbazan,

arrundissiméntde

DUFOR.

Sen-Gaudens (Hto-Gno).

Maridadje
An nòst' amic R. Lizop, qu'ez béii de maridà et 25 d'ottòbre, que
prezentam acitau touti 'z nòsti sùèts de bounur.

�w
DE ÇO QUE PARLARÀ AQUÉSTO 'RREBISTO
« Era Bouts dera Mountanho » que s'oucupará de literaturo, de ciénço,
è de tout ço que pouirá enteresá ef Felibridje.
Coumo 'rrebisto literário, que pubblicará poueziés, coundes, noubèles,
è auti bèri (è coumbenabbles) escriéuts en léngo gascouno.
Qu'estudiará es parlaz.gascous, enta hè les counégue è aprecià.
Que serà erouzo tabén de hè paréche touti'z biélhi doucuménts en
gascoun que l'au pouiran èste coumunicats.
Coumo 'rrebisto cientifico, sense cap de pretencioun, que balhara —
en gascoun — quauques crouniques que s'arrepourtarán as ciéncés
teouriquez è pratiques (matemàtiques, flzico, chimió, agriculturo, igièno,
endustrió, etc.)
Nou lichará pas tapòc de coustat era istòrio è 's soz enchinhoménts.
Que pouirá mémo trattá quauques questiouz de mouralo.
Enfin, que tenguera 's sòz lectouz ac courént dez ôbrez des Felibres
è dem moubemént felibrénc.
ïa 's coundez-arrenduts des louz oubradjes que soun pregats ez autous
d'embouiá-lez en doubbl'egdzemplári, en tout endieá-mous, se cau, ep
prêts dez boulumez è'1 liberaire aoun es troben.

Edj abounomént ara « Bouts déra Mountanho » qu'ei de 3 fr. per an ;
è nou sera paz majourat, mémo s'era nùsto 'rrebisto bén a groussi è a
paréche cado mès. Mes qu'engadjam ez nôsti brabez abounats a balhámous, s'ap pòden, era lou adezioun coumplèto.
Cado mémbre dera nòsto 'Scôlo que hará soun pousibble ta proucurámous, ta lèu que pousque, mémbrez agechénts noumlirouzi : mès seram,
è miélhou pouiram hè. E, mòz encáro, cadun que mouz boulerá ajudà det
sòn sabé è déra sio plumo.
Es qui nu-an paz encaro pagat era lou coutizacioun que haran bien
d'embouid-lo sénse destrigd-s : atau qu'ezbitaran frèsi.
Adreça-s ta tout aeró, pem moumént, a Moussu B. Sarrieu, 8, plaço
Du-Bartas, Auch (Gèrs).

BOUGABULARI GASCOUN
Que haram paréche en aquésto 'rrebisto, debadj et titre de « Boucabulari gascoui? », listez de mots e d'espresious tiradez dez dibèrsi dialectez gascous. Que i-á en gascoun fòrço tèrmez è tournures qu'es tròben/
prèsque semblabbles en francès, è que soun coumprenuts facilomén/s
mémo pes qui nou counéguen paz gùaire 'ra nòsto léngo : nou será nás
necesari d'endicá les acitau. Que mous countentaram de noutá, en Xout
endica-n era proubenénço è balhá-n era traducteioun francézo, es tèrmez
è'z loucucious que prezentaran quauco particularitat o quauco dificultat ;
è d'aquéro manièro que trebalharam a manténgue è a estiéne 'TM counechénço dez arrichéces del lengùadje dez nòsti páis.
Tadaquér'òbro, qu'auram bejunh der'ajudo de touti'z nòsti amies ;
qu'esperam que nou mous hara paz défaut. — Que harari bièn tabén
ez autous, s'empléguen bec-côp en louz artiggles quauque rhòt pòc uzitat
o tròp loucau, de balhá-n en nòto 'ra sinhificacioun.
/

�1
ABRÉGÉ DES STATUTS
(parus dans la Revue de Comminges, Ier N° de 1904)
ART. 1. Il est fondé, pour la région gasconne de la haute Garonne et
de ses affluents, une Ecole félibréenne qui prend le nom d'Escolo deràs
Pirenéos (Ecole des Pyrénées).
ART. 2. Le siège de l'Ecole est à Saint-Gaudens. Elle comprend trois
grandes Régions : 1° Haut-Comminges, Nébouzan, Quatre-Vallées (SaintGaudens) ; 2° Bas-Comminges (Muret) ; 3° Couserans (Saint-Girons) ;
— chacune subdivisée en Cantons.
ART. 3. Le but de l'Ecole est de maintenir et de relever la langue
gasconne du Comminye-- et du Couserans ; de conserver également les
traditions et tes usages locaux.
ART. 4. L'Ecole s'interdit toute polémique politique ou religieuse,
soit écrite ou orale. Ses membres, individuellement, gardent d'ailleurs
toute leur indépendance.
ART. il Les Membres actifs paient 6' frdnm par an, et ont droit au
'titre de Félibres et à toutes les publications de l'Ecole.
ART. G. Il est recommandé, en envoyant sou adhésion au Bureau général, de se faire inscrire sur une liste cantonale; on le sera par le fait
même sur une des trois listes régionales et sur la liste générale.
ART. 7. B y aura des Sections cantonales là où les Membres actifs
d'un même canton (o au moins) décideront d'en établir une. —ART. 8. A
défaut de Section cantohâîë," il y aura au moins un Représentant de
l'Ecole dans le Canton.
ART. 9. H y aura trois Sections régionales : Haut-Comminges, BasComminges H Couserans. ,
A HT. 7 et 9. Les Sections cantonales et les Sections régionales jouiront
de la plus grande autonomie, à la seule condition d'agir conformément
aux Statuts, notamment derespecter les Articles 3, 4 et S.
ART. 14. L'Ecole pourra avoir au dehors des Correspondants et des
Représentants généraux.
|} .
ART. 7, 9, 10, U, 12, 13, 16: Les divers Bureaux seront renouvelés
tous les cinq atis, par les Assemblées réunies à cet effet (on pourra voter
par correspondance). — D'une manière plus précise :
1) . Chaque Assemblée cantonale : 1° Nommera le Bureau (ou le Représentant) cantonal ; 2° Nommera des Délégués « régionaux )) (un au moins
par Canton) qui constitueront, avec ceux des autres Assemblées cantonales
de la même Région, le Bureau de cette Région ;
2) . Chacune des trois Assemblées régionales : 1° Recevra donc son
Bureau des Assemblées cantonales correspondantes ; 2° Nommera des
Délégués « généraux » (deux au moins par Région) qui constitueront,
avec ceux des deux autres Assemblées régionales, le Bureau général ;
3) . L'Assemblée générale: 1° Recevra donc son Bureau, ou Bureau
général, des Assemblées régionales ; 2° Ne nommera personne, mais
établira ou modifiera les Statuts ;
A). Le Bureau général nommera les Représentants cantonaux (s'il y a
lieu), les Correspondants et lés Représentants généraux. 11 centralisera
les cotisations des Membres actifs et aura le droit d'agir au nom de
l'Ecole entière ;
5j{ Chaque Bureau s'organisera lui-même intérieurement, et rendra
eompt^ annuellement de sa gestion à l'Assemblée correspondante.
ARTMS et 16. Divers détails relatifs aux Concours et aux Publications
seront réglés ultérieurement par le Bureau général. — L'Ecole sera provisoirement organisée et dirigée par ses fondateurs.

\

fje Gérant: N.

ABADIE.

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="17004">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/e440def250188f04a5b56e39d26690cb.jpg</src>
      <authentication>eb66447c4969ecc6588d96793293a75e</authentication>
    </file>
    <file fileId="17005">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/3b5f6a85b5cb831ba9760cf2993fda33.jpg</src>
      <authentication>fef90a5a474f45267446820451e0394c</authentication>
    </file>
    <file fileId="17006">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/4629fe99d94563c64363e3f8c433fb05.jpg</src>
      <authentication>b6d97a2a80d232c472e5732bd190cb22</authentication>
    </file>
    <file fileId="17007">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/43c2696359041dc548c80dc9641b5873.jpg</src>
      <authentication>eef49a2560b6846fdd84e94e51510a79</authentication>
    </file>
    <file fileId="17008">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/bfa7f8f0091bfa0d6d970bb451c3e4ed.jpg</src>
      <authentication>1b6dd52d90b0d7e8442987f84a368394</authentication>
    </file>
    <file fileId="17009">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/92ac10952deb7020e6113c4284ae94ef.jpg</src>
      <authentication>b01b309174a1b1186bb5d52b4088cfee</authentication>
    </file>
    <file fileId="17010">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/8161cc15bea3c6036f249e94d9998ae4.jpg</src>
      <authentication>3543559b0879831cb72162fd38a07f98</authentication>
    </file>
    <file fileId="17011">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/5b678e594609fcd65b8c00b08f027a17.jpg</src>
      <authentication>b8cf9f0d499a6a26b1b5a63ec8dffc48</authentication>
    </file>
    <file fileId="17012">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/e4390784babae30329b5656e08adba35.jpg</src>
      <authentication>7346ffb2cdf7202dc3b414cbe3aeb95b</authentication>
    </file>
    <file fileId="17013">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/7acde86bf1c1e07dbca2a9811f5a55b7.jpg</src>
      <authentication>c1df3adb4f673f0d259f31145d60a19c</authentication>
    </file>
    <file fileId="17014">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/e9edd922ff85db7e36e89a718611a51e.jpg</src>
      <authentication>49e9ef8bdea9818d41629bb7e2e083fd</authentication>
    </file>
    <file fileId="17015">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/f3dd2516cfaf36293dbf2e0b8f517e9f.jpg</src>
      <authentication>2cdaaf2ac36642b0d6b15d87d75b8a70</authentication>
    </file>
    <file fileId="17016">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/2f8bccdd8af943a1e01580e2ead75e78.jpg</src>
      <authentication>67c1e920fb634682f2ee8214a21cfeeb</authentication>
    </file>
    <file fileId="17017">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/616712f202b25eab3ad71328128ef2b0.jpg</src>
      <authentication>c8bc6f014c6520c05f1d7ec93688948e</authentication>
    </file>
    <file fileId="17018">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/248fd2b40e417f1570962aef35735bcf.jpg</src>
      <authentication>759ad81f3c8bc3f9f9f9d2a4b398f429</authentication>
    </file>
    <file fileId="17019">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/01a9f6a801621d4265358147689d550b.jpg</src>
      <authentication>3a5891da507a139a83f82dee1a76aedb</authentication>
    </file>
    <file fileId="17020">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/180a5f4d2cd4b1138bd43c9c022ef284.jpg</src>
      <authentication>c82055b62ba264f6755180ab8973aad7</authentication>
    </file>
    <file fileId="17021">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/e7d938ecb9017b801aaba6081946831f.jpg</src>
      <authentication>109cccf355b3b9c8a91733035669dd6e</authentication>
    </file>
    <file fileId="17022">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/65f45692f54b6b152f7001207133219a.jpg</src>
      <authentication>794deb836fd31f91035f141a9dbb6f9f</authentication>
    </file>
    <file fileId="17023">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/2931063bb21fd1144eec8d2593c967a6.jpg</src>
      <authentication>843a5ce575732a28390b8c490dfc37f7</authentication>
    </file>
    <file fileId="17024">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/fb707d79f1b617b649bf4e118a5edb8e.jpg</src>
      <authentication>58340aab6c56daa797f3b10f14f70529</authentication>
    </file>
    <file fileId="17025">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/91ec75595c931ff7e4d6adbead9c216e.jpg</src>
      <authentication>633ab6b5839a8300374366bf7ef5a943</authentication>
    </file>
    <file fileId="17026">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/2a4ccb04c5eec0f35140620537299b76.jpg</src>
      <authentication>314f0e7d0c818c6c490faa124a0d0a6c</authentication>
    </file>
    <file fileId="17027">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/3b1a6fcfa51bfa6f6d221dd9947df47a.jpg</src>
      <authentication>d63587efde2021697ccd6cd6b67afb68</authentication>
    </file>
    <file fileId="17028">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/6fc1d3a04e9d36b3ac7985b336d20f65.jpg</src>
      <authentication>17174498563c71ff65ea24ceb84e949c</authentication>
    </file>
    <file fileId="17029">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/b9db6c760ed25966842b5a81f85214f3.jpg</src>
      <authentication>90e38b04b60e2f7a0d37b40dac22620b</authentication>
    </file>
    <file fileId="17030">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/9a720af4824d5761b020820f05ab2656.jpg</src>
      <authentication>7f542f1ec7acc5bd9accf3dacaabf0e2</authentication>
    </file>
    <file fileId="17031">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/2371a9c420ef802d88ad3ad056c2ce2e.jpg</src>
      <authentication>dbe109d8d82f42cd0d425d2ba9eabe67</authentication>
    </file>
    <file fileId="17032">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/995fbd7cf4b7db0d59fa5bb7e627d7e3.jpg</src>
      <authentication>a19df0efe1107b4f53377dd07896db2e</authentication>
    </file>
    <file fileId="17033">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/6de305754e9e53fb8043dd7f38052699.jpg</src>
      <authentication>c79b61315127e16c5e6b3f08f31841d4</authentication>
    </file>
    <file fileId="17034">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/c1aef4c681020c7ba80184f708997d4c.jpg</src>
      <authentication>a267e203b30f04b266aec4fca393b99b</authentication>
    </file>
    <file fileId="17035">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/6445c651c9259065d04a3b3a74157a99.jpg</src>
      <authentication>238913105eee13fd69802dacaa08a0cd</authentication>
    </file>
    <file fileId="17036">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/49b94600fcef22e8c9fbed75484a5c31.jpg</src>
      <authentication>86e4f1d8ba2a7768b7da5dd8dac870c6</authentication>
    </file>
    <file fileId="17037">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/813ef95f1ba4a36f0e753a94b746050a.jpg</src>
      <authentication>08ff35ae48cce713e9f9c1e56e790a9c</authentication>
    </file>
    <file fileId="17038">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/addff0882739bda89f2b944ea934fb4a.jpg</src>
      <authentication>d7a462aca0d7f2ebc2b60711af8fb494</authentication>
    </file>
    <file fileId="17039">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/e9879360c347d5948b050ee56ba4ee7f.jpg</src>
      <authentication>95f5d7be004577a1060b5d53fedc4a94</authentication>
    </file>
    <file fileId="17040">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/a6486f83b1960015fca989ef50928bf1.jpg</src>
      <authentication>89a3d74b5a275c25989f54badb4bf9ed</authentication>
    </file>
    <file fileId="17041">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/4e3d4e1bc071fa7aaaab7ea8ccd13e84.jpg</src>
      <authentication>05df6e1155fd5b0ae173d18282b281ac</authentication>
    </file>
    <file fileId="17042">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/a730436a179dcc57edff875e57f140c6.jpg</src>
      <authentication>9d2162a9768e50ce3eadab9c4782d41f</authentication>
    </file>
    <file fileId="17043">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/78fc742f5871ee4aa75a89fd2299a251.jpg</src>
      <authentication>ba0d570f6ccab09d42adfff0897aba92</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="5">
          <name>Omeka Image File</name>
          <description>The metadata element set that was included in the `files_images` table in previous versions of Omeka. These elements are common to all image files.</description>
          <elementContainer>
            <element elementId="74">
              <name>Bit Depth</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="532689">
                  <text>8</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="75">
              <name>Channels</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="532690">
                  <text>3</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="73">
              <name>Height</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="532693">
                  <text>400</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="72">
              <name>Width</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="532694">
                  <text>400</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="17044">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/d7ffac78c23c26e55f9f05d2fb95a345.jpg</src>
      <authentication>8cead2b9b3fc41bd8599c66d5c591467</authentication>
    </file>
    <file fileId="17045">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/8cfc30074b6a7c3d72e2b0a5d90ef806.jpg</src>
      <authentication>7902936e353ecf7b095ea63f1441ab91</authentication>
    </file>
    <file fileId="17046">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/a845e5d4aaa06f9b860232955a6f3cc2.jpg</src>
      <authentication>7d391a6e363da33d4bfbe2a2a4c8c0bd</authentication>
    </file>
    <file fileId="17047">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/782e3de64233d107870582ef3f1c84c3.jpg</src>
      <authentication>0934870040e362da6d84de12c4c24684</authentication>
    </file>
    <file fileId="17048">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/82fb50b878fb1f56f6f83e54e87ea51f.jpg</src>
      <authentication>39017ec812e00f592de55b997e0d41f9</authentication>
    </file>
    <file fileId="17049">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/8a6925d4399e403960933935e99e1e64.jpg</src>
      <authentication>bc0c4116b392cf40b7723a951ca8fb09</authentication>
    </file>
    <file fileId="17050">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/9888f6a0de920eac7cd54ae1a85eddcf.jpg</src>
      <authentication>e62eba907ef2d788dfda030b027f0ef5</authentication>
    </file>
    <file fileId="17051">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/4cc80eed664142936a88419f0b0c3d6c.jpg</src>
      <authentication>337a2d79d3207f38e4f8472a3a9ea045</authentication>
    </file>
    <file fileId="17052">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/012a040c008b7a0cad2f65094248ea83.jpg</src>
      <authentication>a8206b214c31b02bc51d06a06206ee0b</authentication>
    </file>
    <file fileId="17053">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/7cfe61e3817f12a625e40d38dd704bae.jpg</src>
      <authentication>f907784b3021b2d7595031bf437030b3</authentication>
    </file>
    <file fileId="17054">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/4d064ac8db36889762cb900fe485aa25.jpg</src>
      <authentication>34a6da5bf36c009f377fb51153390830</authentication>
    </file>
    <file fileId="17055">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/d98e8ac98787e0b144750b28a732a1e8.jpg</src>
      <authentication>5146720781a4e596fe2bb57f2cb2a3fe</authentication>
    </file>
  </fileContainer>
  <collection collectionId="92">
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="355723">
                <text>Patrimoine écrit occitan:périodiques</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="41">
            <name>Description</name>
            <description>An account of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="355724">
                <text>Ce set contient les périodiques numérisés par le CIRDÒC issus des collections des partenaires d'Occitanica</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
  </collection>
  <itemType itemTypeId="26">
    <name>Revista</name>
    <description>Item type spécifique au CIRDÒC : à privilégier</description>
    <elementContainer>
      <element elementId="128">
        <name>Variante Idiomatique</name>
        <description/>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="364213">
            <text>Gascon</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
      <element elementId="127">
        <name>Région Administrative</name>
        <description/>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="364214">
            <text>Languedoc-Roussillon</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
      <element elementId="129">
        <name>Aire Culturelle</name>
        <description/>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="364215">
            <text>Gascogne</text>
          </elementText>
          <elementText elementTextId="364217">
            <text>Comminges</text>
          </elementText>
          <elementText elementTextId="364218">
            <text>Couserans</text>
          </elementText>
          <elementText elementTextId="364219">
            <text>Val d'Aran</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
    </elementContainer>
  </itemType>
  <elementSetContainer>
    <elementSet elementSetId="1">
      <name>Dublin Core</name>
      <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
      <elementContainer>
        <element elementId="50">
          <name>Title</name>
          <description>A name given to the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="364190">
              <text>Era Bouts dera mountanho. - Annado 01, n°05-06 (1905)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="49">
          <name>Subject</name>
          <description>The topic of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="364192">
              <text>Littérature occitane -- Périodiques</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="364193">
              <text>Occitan (langue) -- Périodiques</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="364194">
              <text>Gascon (dialecte) -- Périodiques</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="364195">
              <text>Littérature gasconne -- Périodiques</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="41">
          <name>Description</name>
          <description>An account of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="364196">
              <text>Era Bouts dera mountanho. - 1905 - N° 5-6 (1ère Année)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="39">
          <name>Creator</name>
          <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="364197">
              <text>Sarrieu, Bernard (1875-1935)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="364220">
              <text>Dufor, Yves-Dominique (1834-1920)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="364221">
              <text>Marsan, François (1861-1944)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="364222">
              <text>Daubian, B.</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="364223">
              <text>Lizop, Raymond (1879-1969)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="364445">
              <text>Dambielle, Honoré (1873-1930)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="364446">
              <text>Teulié, H.</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="45">
          <name>Publisher</name>
          <description>An entity responsible for making the resource available</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="364199">
              <text>Escòlo deras Pirenéos</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="364224">
              <text>Abadie (Sen-Gaudéns)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="40">
          <name>Date</name>
          <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="364200">
              <text>1905</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="47">
          <name>Rights</name>
          <description>Information about rights held in and over the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="364201">
              <text>Domaine public/Domeni public</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="46">
          <name>Relation</name>
          <description>A related resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="364202">
              <text>Vignette : http://occitanica.org/omeka/files/original/38295af6201fdcd462b504e6fbb4990d.jpg</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="364203">
              <text>http://www.sudoc.fr/038896095</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="104">
          <name>Is Part Of</name>
          <description>A related resource in which the described resource is physically or logically included.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="364204">
              <text>Era Bouts dera mountanho &lt;a href="https://occitanica.eu/items/show/10927"&gt;(Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue)&lt;/a&gt;</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="42">
          <name>Format</name>
          <description>The file format, physical medium, or dimensions of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="364205">
              <text>image/jpeg</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="364207">
              <text>1 vol. (51 p.)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="44">
          <name>Language</name>
          <description>A language of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="364206">
              <text>oci</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="51">
          <name>Type</name>
          <description>The nature or genre of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="364208">
              <text>Text</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="364209">
              <text>publication en série </text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="43">
          <name>Identifier</name>
          <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="364211">
              <text>FRB340325101_AB1_1905_005</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="816914">
              <text>http://occitanica.eu/omeka/items/show/10935</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="116">
          <name>Temporal Coverage</name>
          <description>Temporal characteristics of the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="364212">
              <text>19..</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="98">
          <name>License</name>
          <description>A legal document giving official permission to do something with the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="364216">
              <text>Licence ouverte</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="94">
          <name>Date Issued</name>
          <description>Date of formal issuance (e.g., publication) of the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="366394">
              <text>2015-02-23</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="86">
          <name>Alternative Title</name>
          <description>An alternative name for the resource. The distinction between titles and alternative titles is application-specific.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="815366">
              <text>Era Bouts dera mountanho. - Annado 01, n°05-06 (1905) </text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="48">
          <name>Source</name>
          <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="822512">
              <text>Mediatèca occitana, CIRDOC-Béziers, AB 1</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
      </elementContainer>
    </elementSet>
    <elementSet elementSetId="8">
      <name>Occitanica</name>
      <description>Jeu de métadonnées internes a Occitanica</description>
      <elementContainer>
        <element elementId="173">
          <name>Portail</name>
          <description>Le portail dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="598291">
              <text>Mediatèca</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="174">
          <name>Sous-Menu</name>
          <description>Le sous-menu dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="598292">
              <text>Bibliotèca</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="172">
          <name>Type de Document</name>
          <description>Le type dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="598293">
              <text>Numéro de revue</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="182">
          <name>Catégorie</name>
          <description>La catégorie dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="642688">
              <text>Documents</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="171">
          <name>Contributeur</name>
          <description>Le contributeur à Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="875392">
              <text>CIRDOC - Institut occitan de cultura</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
      </elementContainer>
    </elementSet>
  </elementSetContainer>
  <tagContainer>
    <tag tagId="1718">
      <name>Era Bouts dera mountanho</name>
    </tag>
    <tag tagId="1719">
      <name>Escòlo deras Pirenéos</name>
    </tag>
    <tag tagId="124">
      <name>périodique = periodic</name>
    </tag>
    <tag tagId="1337">
      <name>périodique occitan = periodic occitan</name>
    </tag>
    <tag tagId="125">
      <name>Revue</name>
    </tag>
  </tagContainer>
</item>
