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                  <text>ESCOLO

DERAS

PIRENEOS

(COUMÉNGES, QUATE-BATS, NEBOUZAN, COUSERANS, HAUTO GAROUNO)

ERA BOUTS
DERA

tfOUNTANHO
Abounomént :

3 fr. per an

QUE PARÉC1I ET 15 ÜE CADÜ i! ÉS
9-12. SETÉME

x

AQUESTK NUMERÓ

DECÉMÉ 1007

lü sòs

JOCS FLOURAUS
DE SÉN-GIROUNS
1907

EMPRIMARIO

E

I.IÍÌRARIO

SEN-GAUDÉNS

ABADIE

�SOUM ARI

Fête de l'Escolo d.cras Pirenéos à Saint-Girons
Les 15 et 16 Septembre 1907
I).

—

ASSEMBLEE

GENERALE
Pages

Distribution des pervenches
2. Nouveaux confrères
3. Motions diverses (publications, concours, etc.)
4. Bilan de l'Escolo
5. Dispositions pour la Fête
1.

165
16(5
167
169
169

II). — RECEPTION DE LA REINE, JEUN-FLORAUX
ET COUR
1.
2.
3.

4.

o.

D'AMOUR

L'estrade en plein air
« La Reine », Mlle DE TERSSAC, et son cortège
Réception de la Reine. Remise de la Bannière
— Ar.remerciornéni ara Itèyno, par M. DE HARDIES. ..
— Réponse de la Reine
Au Champ de Mars : DISCOURS FÉLIBRÉENS :
Discours de M. BÈRNÈRE, maire de Saint-Girons
Discours de M. DE BARDIES, président de l'Escolo
Discours de M. l'abbé DAUBIAN, vice-président de PEscôlo
Discours de M. A. TOURNIER, député, Félibre majorai..
Allocution de la Heine
Poésie de M. L. BARBET: A moun Pais
l'Hôtel de Ville :

A

1°

Chœur de «
d'honneur

SÉANCE

MAGALI »

169
170
171
172
173
174
175
178
182
185
185

LITTÉRAIRE:

(Mistral), par les Demoiselles
187

2° JEUX FLORAUX DE L'ESCÔLO :

/ Rapport sur les Jeux-Floraux de

1907,

par M. B.

SARRIEU

\

188

s Palmarès du Concours (grand Concours et Concours entre entants)
l Distribution des récompenses

I

196
197

3° « COUR D'AMOUR » :

Salut ara Jìòi/ìio, par M. DE HARDIES
\ Oumatje à la Rèyno, par M. Fr. ESCAICH
' Chants gascons ; enthousiasme général
4

E

198
198
200

ŒUVRES LUES OU RÉCITÉES :

/ J.-M.

Debès la luts
0 moun Païs !
1. Era Maysout} abandounado
2. Bisiouv ded Clouchè
Houséto déros Pirenéos (avec musi-

SERVAT,

201

I

L. MILTON-LECOCQ,

202

l
1

L. BARBET,

204

J

J.

\

j

LAQUET,

que)

Printéns de bilo gascouno
/ Récitation d'une fable de l'abbé FACES
—• Conte Couserannais, par M. l'abbé CASTET
\
(VIII) Etj Ase de D/ouè
A. LAMOTHE,

205
207
208
210
210

���ERA BOUTS DERA MOUNTANHO
3mo

Nos 9 10-11 12,

ANNADO

« Toüstém Gascom l »
*rr&lt;t

Hèsto è Jocs-Flouraus
dera « SCOLO DERAS PIRENÉOS »
à Sén-Girouns
ES 15

E 16

DE SETÉME 1907

C'est à Saint-Girons qu'ont eu lieu cette année la troisième Assemblée
générale et les seconds Jeux Floraux de notre Escòlo deras Pirenéos. La
fête a duré deux jours ; elle a eu un plein succès, dû à l'aimable accueil
de la municipalité et de la population saint-gironnaiscs, à la générosité
de « la Reine », .Mademoiselle de Terssac, et au dévouement des organisateurs, surtout de notre Trésorier, M. A. Teulié.
Elle s'est déroulée conformément au programme : le premier jour
(dimanche 15 Septembre), Assemblée Générale, §éance littéraire,
Concert, Jeux-Floraux, « Cour d'Amour &gt;), Ranquet, Fête populaire ; le
lendemain (lundi 16), Excursion et Félibrée intime. '

I)- — ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
I. Distribution des pervenches
Le 15 Septembre, dès 9 heures du matin, la gare de Saint-Girons
présente une animation inaccoutumée. De nombreux Félibres, venant de
Foix, de La Bastide, de Toulouse, de Muret, de Saint-Gaudens, de Simorre,
d'Auch, de Campan, de Luchon, etc. — et apportant avec eux les symboliques pervenches, que s'empresse de distribuer une main gracieuse —
sont accueillis à bras ouverts par leurs confrères saint-gironnais, et
gentiment pilotés dans la moderne capitale du Couserans par notre Président, M. de Bardies, Docteur en droit, président également de la Société
des études couserannaises, et par notre dévoué Trésorier, M. A. Teulié,
directeur d'école à Saint-Girons. Le Bureau Général est déjà au
complet : on n'a à regretter que l'absence de M. l'abbé Cau-Uurban, que
sa santé empêche malheureusement de se trouver parmi nous. On visite
la ville, bien bâtie, abondamment pourvue d'eaux courantes et chantantes,
en attendant l'heure de l'Assemblée Générale.
I. Voir le Sommaire, ci-contre. — Nos adhérents voudront bien, en considération de la
longueur de ce compte-rendu, excuser le retard de celte livraison-

�166

2. Nouveaux (îonfrères
(Test ;ï I ! heures que celle-ci a lieu, dans la salle des réunions du
grand café Méric. Tous les Membres de l'Ecole à un titre quelconque
(Membres actifs ou Adhérents) étaient priés d'y assister. M. /&gt;'. Sarricv,
Secrétaire général de l'Escolo, professeur agrégé de philosophie au
Lycée d'Aucb, qui remplace M. de Bardies, empêché, ouvre la séance
en remerciant les Félibres présents d'être venus' si nombreux faire
honneur à notre Escolo et à notre langue gasconne. On passe immédiatement à l'examen de l'ordre du jour. Et d'abord, M. l'abbé Daubian,
curé de Villefranche d'Astarac, Vice-Président de l'Escolo pour le Bas
Compiinges, fait inscrire deux nouveaux abonnés. D'autres Membres ou
Adhérënts nous sont venus depuis le dernier N°. Voici la liste complète :
NATJÈTS

COUNFRAIS.

109. BLA1ZE, professeur en congé, Saint-Girons (A.).
110. BIBAL, maire de Masseube. (C'est M. Bibal qui a généreusement
donné le château de Mauvezin à VEscolo Gastown-Fébus ; voir
plus loin.)
111. GADRAT (Paul-Louis), conducteur des Ponts et Chaussées,
publiciste, Foix (A.). (Editeur de VAlmanac de l'Ariéjo).
NAUÈIU

ABOUNATS.

167. BARÈS (Alphonse), commis des contributions indirectes, 56, avenue de Clichy, Paris.
168. GALEY, instituteur à Arroiit, près Castillon.(A.).
169. AYBRAM, félibre, instituteur à Lapège, près Tarascon (A.).
170. BAQUE (Jean), propriétaire, à Montmaurin, par Blajan (H.-G.).
171. CASTELBAJAC (Abbé de), chanoine honoraire, curé doyen de
Cologne (G.).
172. BARBET (Louis), d'Aventignan (H.-P.), candidat au Conservatoire,
lauréat de l'Escolo, 8, rue de Ponthieu, Paris (vme),
173. BABÈS (Abbé), curé de Saleich (H.-G.).
174. Mme FUJOS, professeur au collège, Saint-Gaudens (11. G.).
175. ROY, professeur au collège, Saint-Girons (A,').
17(1. Mn° FOURCADE (Isabelle), lauréate de PEscolo, à Cos, près
Foix (A.).
177. TARRIDÉ (Bertrand), lauréat de l'Escolo, à Saint-Girons (A.)
178. PÜJENS (Fitmin-Henri), lauréat de l'Escolo, à Dému, près Eauze
(Gers),
On se réjouit de voir notre Félibrige faire ainsi sans cesse de nouvelles
recrues. Le jour approche où tous les vrais Couserannais ou Commingeois, comprenant notre but et connaissant notre œuvre \ se hâteront
t. Rappelons que jus Mi mines actifs paicul G ff. par nu cl oui droit de vole a l'Assemblée générale. Les simples íttbniiés ne pairn: qiîe 3 fr. par nn
au Seciéiaire ou au Trésorier. (Voy. p. i deia couverture).

S'adresser

de prcféiencu

�167
de venir se joindre à nous pour nous aider à maintenir le patrimoine
moral de notre peuple et de notre région.

'■&gt;. Motions diverses
Plusieurs motions intéressantes sont alors présentées. Il n'y a pas à
renouveler le_Bureau général, nommé en 1906 pour trois ans (1907-1909) ;
et l'on ne demande aucune modification des Statuts, mais leur respect
scrupuleux (Art. 4). Les propositions émises concernent seulement les
publications de l'Escolo et le règlement de ses concours.
M. Sarrieu fait observer que, d'après les Statuts, c'est le Bureau général qui règle tout ce qui est relatif aux publications et aux. concours de
l'Escolo. Il ne voit d'ailleurs aucun inconvénient à ce que l'Assemblée
générale soit consultée à cet égard.
1° ,1 l'égard des Publications.
M. l'abbé Baubian, après avoir félicité notre confrère, M. Abadie,
(( pour son dévouement a notre cause félibréenne, et aussi pour le zèle
éclairé qu'il apporte à l'impression de notre chère Revue », propose de
faire suivre, sur la couverture, le nom du mois du millésime (Ex. Junh
1908) ; demande aussi, autant que possible, que la Bévue voie le jour à
la date indiquée; nous fait part enlin d'intéressantes communications de
nos confrères MM. U. Lacaze, surnuméraire de l'enregistrement à
Villefranche d'Astarac, et E. Levrat, interne des hôpitaux de Toulouse,
qui, empêchés d'assister à notre fête, veulent du moins s'associer de loin
à nos travaux.
M. Lacaze désirerait qu'une Table des Matières annuelle permit au
lecteur de retrouver instantanément, dans la Bévue, « telle délicieuse
» poésie oubliée, tel conte, telle fantaisie dignes d'être relus ». Cette
année, on pourrait dresser une table embrassant les trois années 1905,
1906 et 1907 : par auteurs, propose-t on. — On la trouvera à la fin
de cette livraison.
M. Levrat, après avoir fait remarquer que les travaux littéraires présentés au Concours deviennent la propriété de l'Escôlo (en ce sens qu'elle
peut les publiera son gré), demande que l'on fasse chaque année, pour nos
Jeux floraux, un volume spécial qui comprendrait les allocutions
prononcées, le palmarès et les œuvres récompensées d'une faible
étendue, et pourrait être « édité avant la félibrée et vendu aux portes
de la réunion ». — On objecte que le temps manquerait sûrement
pour éditer ce recueil avant la fête; que plus d'un détail peut se
trouver modillé contrairement aux prévisions; que le recueil serait
difficilement Gomplet, etc. Sans doute, l'idée essentielle est excellente ;
mais n'est-elle pas déjà suffisamment réalisée si l'on consacre, commè
l'an dernier, un gros numéro de la Revue au compte-rendu de la Fête
annuelle et des Jeux floraux? Telle est encore la présente livraison.
M. Levrat ajoute que les « ouvrages récompensés pouvant constituer

�168
)) un volume ou un opuscule, seront tirés à part sous forme de brochure.
» L'auteur dans ce cas sera invité à couvrir une partie des frais, qui ne
» pourra jamais excéder la moitié du total » ; on lui donnera un certain
nombre d'exemplaires ; enfin, les .Membres actifs de l'Escolo recevront
gratuitement ces tirages à part (les simples abonnés pourront les acheter).
« On créera ainsi une bibliothèque jédbréenne, dont il est inutile de
)) faire ressortir l'importance ». — M. Sarrieu s'associe pleinement A ces
observations, qu'il se proposait de faire lui-même ; ces publications à
part allégeront la Revue, éviteront de couper en vingt fragments des
travaux intéressants dont on ne voit jamais la fin, permettront d'avoir, à
l'imitation de l'Escolo Gastoun-Fébus, une bibliothèque, donneront
même, pour une légère subvention de leur part, une meilleure satisfaction
aux auteurs. Dès 1908 on pourra publier ainsi plusieurs travaux. 1
— M. Lac ize voudrait encore qu'il fût donné aux Membres du Bureau,
pour reconnaître leur dévouement désintéressé, des Diplômes (même
cadre que pour les « Diplômes d'Honneur») où seraient inscrites leurs
qualités, à titre commémoratif. — Il était déjà dans notre intention de
donnerde tels diplômes non seulement aux Membres du Bureau, mais à tous
les Membres actifs de notre Escôlo : seules des difficultés matérielles ont
empêché jusqu'aujourd'hui ce projet d'aboutir ; comme celui que présente
encore M. Levrat : donner à nos Membres un insigne distinctif, qu'ils
porteraient dans nos fêtes ou celles des autres Sociétés savantes, et qui
leur permettrait de se reconnaître. Tout cela se fera peu â peu, comme
bien d'autres choses encore plus importantes pour notre succès définitif.
2"

I l'égard des Concours.

M. l'abbé Daubian préférerait pour les versions des morceaux de prose,
assez courts et mieux à la portée des enfants que des poésies. En
revanche, « exiger le mot-à-mot, qui permet d'entrer davantage dans le
génie de la langue, puisqu'il faut expliquer les tournures » ; « recommander aux maîtres de ne pas trop tenir la plume à la place de leurs
élèves» ; enfin, il peut être bon de demander à l'auteur du morceau
choisi pour le concours de vouloir bien en adresser la traduction au jury.
— .1/. l'abbé Du/or, curé de Labarthe-de-Rivière, Vice-Président de
l'Escolo pour le Haut-Comminges, désirerait qu'il y eût des commissions
spéciales pour corriger les diverses sections du Concours, au besoin
suivant les dialectes ; — à la condition toutefois, fait-on remarquer, que
les travaux à classer ensemble restent examinés par le même jury. Tous
ces détails doivent être plutôt réglés, nous l'avons dit, par le Bureau
général que par l'Assemblée. Mais il n'est pas mauvais que l'on ait pu
en causer en réunion plénière. Le Bureau général tiendra le plus grand
compte de ces vœux.
I. Rappelons ici à nos citl'nliOiaícilrs que l'Escólò se propose de faire paraître dés
1908, un Almanach félibréen pour no- régions. Prière d'adresser nnelqnes
articles dans ce Inil à M. li. Sarrieu, S, place Du-liarlas, Ancli (Gers).

�169
4. Bilan de l'Esçolo
M. A. Teulié a ensuite la parole pour présenter le bilan financier de
notre Escolo depuis le début de l'année 1907. Sans quelques malentendus
ou quelques très rares délections, nous serions dès à présent plus de
280, soit 100 Membres actifs et 180 Abonnés. Nos recettes s'élèvent k
environ 1100 francs (les cotisations de 1907 qui n'ont pas été recouvrées
le seront incessamment). Nos dépenses, cette année encore, vont les
balancer à peu près exactement, à cause des frais nécessités par notre
grande fête. Mais le nombre sans cesse croissant de nos adhérents nous
promet, pour l'an prochain, une situation financière meilleure. —
L'Assemblée approuve et félicite pour sa gestion notre dévoué trésorier.
5. Dispositions pour la Fete
Reste, pour avoir épuisé l'ordre du jour, à s'entendre au sujet de
l'excursion du lendemain (le temps étant incertain, le lac de Bethmale
parait un peu loin, la grotte du Mas d'Azil préférable), et surtout à
nommer la délégation qui doit se rendre aux devants de la Heine et
recevoir de ses mains la bannière de l'Escolo. Mais, tandis que l'on A ise
les billets de réduction en chemin de fer et que l'on discute sur la délégation et sur l'excursion, l'heure du déjeuner arrive ; et c'est à l'hôtel
Escolier, où se réunissent fraternellement à la même table les Félibres
venus à Saint-Giron? pour la fête et aussi quelques Saint-Gîronnais,
— tels MM. le comte Bêgouen, Rédacteur en chef du « Télégramme »,
et Teulié, --- que l'on règle ces derniers points. Sont choisis à l'unanimité
pour composer la délégation MM. Ilégouen, Lizop, professeur d'histoire
au Lycée de Lons-le-Saunier, Laquet. lauréat, à qui l'on veut faire honneur, et Lafont-de-Sentenac. D'autres s'occuperont des réceptions au
Champ-de-Mars. A 2 heures, tout le monde est prêt pour la fête.

H). — RÉCEPTION DE LA REINE
JEUX FLORAUX ET COUR D'AMOUR
I. — Ii'Estrade en plein air
Pendant ce temps, le Ghamp-de-Mars achève de prendre son aspect des
plus grands jours '. La Municipalité, complaisante et généreuse, qui vient
de tout faire préparer pour l'illumination du soir, fait encore pavoiser de
drapeaux et de fanions flottants les belles allées. Des guirlandes marines
se balancent gracieusement sous les hauts platanes. Une estrade de verdure,
ornée de rameaux et de torsades de buis, est dressée avec goût dans l'axe
I. Nous euipiunlous à VEipress du Midi ei au
comple-ieudu.

Télégramme quelques ligues

de

ce

�170
de la promenade. Le fauteuil de la reine y est déjà installé; un lapis
recouvre le plancher et les marches. L'air retentit de salves d'artillerie ;
et, tandis que, tout à côté, sur la place de l'Hôtel de-Ville, des techniciens
disposent pour le mieux les pièces du feu d'artifice, les trois nefs de
feuillage se garnissent de chaises sur presque toute leur longueur.
Devant la grande quantité de demandes de participationjà la séance
littéraire, les organisateurs avaient dù en effet abandonner la grande salle
de la Mairie, devenue trop petite, pour se décider à tenir publiquement
leurs assises en plein air, en se contentant de réserver pour les Membres
ou les Invités de l'Escòlo les premiers rangs de sièges. C'est là, à l'ombre
des grands arbres, en vue d'un large panorama de montagnes boisées,
que va donc avoir lieu du moins la première partie de notre fête : à la
voix des orateurs, à la sympathique rumeur de la foule se mêlera le
murmure du vent dans les grands arbres et le bruissement incessant
qu'envoient jusqu'à la promenade dont elles longent la base les eaux
écumeuses du Salat...
2. — «

lia

Reine », Mademoiselle Urbainie de Terssae,
et son cortège.

Grand mouvement d'autre part au Château de Rosés, près de Saint
Lizier. C'est de là (où elle est chez elle) que doit partir la « Reine » de
notre Félibrée, J/"« Urbainie de Faydit de Terssae, avec son brillant
cortège. Nous n'apprendrons à. personne qui est Mlle de Terssae; ni sa
distinction, son esprit et son savoir, — ni la hardiesse avec laquelle elle
est alléeexcursionner en automobile, à travers la Haute Asie, jusque dans
l'Inde, — ni l'intérêt qu'elle porte à toutes les nmvres saint-gironnaises,
— ni son amabilité, qui charme tous ceux qui l'approchent, — ni sa
bonté... Qu'il nous suffise de la remercier ici, encore une fois, de toutes
ses gentillesses, de toutes ses prodigalités en faveur de notre Escolo, qui
n'a pu que lui témoigner, bien faiblement, sa gratitude en la nommant
Reine de ses Jeux-Floraux pour 1907.
C'est elle, « la Reine », qui est prête la première. Elle est ravissante
avec sa magnifique robe de dentelle et son chapeau aux reflets mordorés
orné de deux grandes plumes roses ; elle rappelle vraiment ces princesses
du XVIII0 siècle dont les fins portraits, en leurs délicats atours, font encore
notre admiration. Autour d'elle se groupent bientôt, dans le grand parc
feuillu d'où se découvrent de hauts sommets couverts de neige, dix-huit
Demoiselles d'honneur, portant le costume pittoresque et absolument
authentique des vallées de Massât et de Bethmale ; il y a autant de Bethmalaises que de Massatoises '. La Reine, s'oubliant elle même, se préoccupe
de leur toilette, afin qu'elles paraissent le mieux possible. La sœur de
notre Secrétaire, MUe M. Sarrieu, en ancien costume lurhonnais,
1. Etaient on

Massatoises

Mlles lapine,

A.

Eteoffre, II.

Mo chanl,

R.

Morinereau,

E. Scllère, M. Roucli, F. Sàucasse, M. Rtks ; eu ItelhmaUises Mlles Teulié, ■/.
M. Bomom, !.. Seillè, L. Gaston, L. Authier, M. Torris, A. Sablé, M. Dedieu.

Fournie,

�171
(boléro noir, plastron blanc, tablier de mousseline blanche, ceinture rose,
robe et capulet rouges à liserés noirs), vient se joindre a elles. Bientôt
tout est prêt ; le signal du départ est donné. Les chevaux, attelés à la
daumont, et montés par des postillons en livrées rouges, longent au
petit trot les quais du Salat au milieu d'une foule croissante, surtout
d'enfants riant et criant à qui mieux mieux. Il y a deux voilures : devant,
un break de chasse où sont montées quinze jeunes filles installées comme
en étages ; puis, une calèche délicatement ornée, avec, à l'arrière, un
très grand bouquet de fleurs : là a pris place la Reine, avec, vis à-vis, une
Bethmalaise entre deux .Massatoises ', ét, à côté d'elle, la Luchonnaise
de tout-à-l'heure. Nos Commingeoises et Couserannaises portent avec
grâce et fierté leurs costumes nationaux. « Le méli mélo des vives couleurs
de leurs coiffes et de leurs jupons, la broderie de leurs châles, l'éclat de
leurs mantilles produit un effet ravissant. » La Reine se détache à merveille
au milieu d'elles. «Dans le public, c'est de l'admiration respectueuse... »

3..— Réception delà Reine. Remise de la Bannière
Le cortège cependant va pénétrer dans la Capitale. « Tout se passe
selon les anciens usages ». A la gare se trouve déjà la délégation nommée
le matin, composée de MM. Bégouen, H. Lizop, ./. baquet et Lafont de
Sentenac. M. le comte Bégouen harangue la Beine, au nom de l'Escôlo,
à son entrée «dans sa bonne ville de Saint-Girons», et lui souhaite la
bienvenue, La Reine répond en quelques mots, et la Délégation, en
voiture, se joint aussitôt à l'escorte fleurie. On traverse le Lez et le Salat,
on arrive au cœur de la cité. La ville entière est dans .les rues ou aux
fenêtres, saluant et applaudissant de tous côtés.
En attendant, au Champ de Mars, l'affluence s'est considérablement
accrue, l'animation est devenue extraordinaire. L'espace vide ménagé
entre les premières chaises et l'estrade s'est comblé'. Les abords extérieurs
de l'estrade sont littéralement envahis. Non seulement tout Saint-Girons
bientôt est là, mais les vallées voisines ont, elles aussi, largement fourni, et
un nombreux élément étranger « donne un cachet attrayant à cette foule ».
Les balcons sont noirs de monde, et plus de deux millu personnes se
pressent sous les platanes, impatients de voir apparaître le cortège,
passer la gracieuse «théorie». Les voici enfin; elles arrivent,... saluées
par des exclamations de plaisir et d'admiration, mais pour s'arrêter
encore un instant à l'entrée des allées.
Là, à peine descendue de son char, Mellt de Terssae fait à notre
Président, M. de Bardies, — qui vient de lui offrir le premier un très
beau bouquet, — la remise officielle de la bannière qu'elle a offerte à la
Société des Félibres pyrénéens. C'est un objet de grande valeur. Elle est
à trois pennons, symbole des trois Sections de l'Escôlo ; elle est en
brocard rouge, frangée et brodée d'argent et d'or ; ce sont les couleurs de

I. Mlle Jeanne Fournié, Mlles Rose Monnercau et Françoise Soucassc.

�172
nos deux provinces (Couserans, rouge et or ; Comminges, rouge et
argent).
Sur la face antérieure, on aperçoit, dans un cartouche, les mots « ESCOLO
DERAS PIRENÉOS » ; au dessous, une étoile d'or, l'étoile félibreénne aux
sept pointes, entourée des mots COUMÉNGES E GOUSERANS, et la devise de
l'Escôlo : TOUSTÉM GASCOUS ! Sur l'autre face, on lit l'inscription suivante :
«

MADEMAIZÈLO

DE

TERSSAC

RÈINO DE 1907
M'A

DADO ))

M. de Bardies prend le riche cadeau avec reconnaissance, et adresse à
la Reine le remerciement suivant :

ApFemepeioméni ara Rèyrro
De tas poulidos mas accëpti 'ra banièro
Que bôles da
As Felibres gascous bezls dera frountièro
De Lerida;
Ara 'Scôlo deras supôrbos Pirenéos
Que t'a causit
Coumo rèyno des pics, rèyno deras baleos
Per toun esprit.
Enquin d'aquét guidou, dámou ta generouso,
Te remercia ?
Enquin de soun bèt doun ta pensad' amistouso
Recoumpensa ?
Que noustro 'Stélo d'ôr en ta bito balénto
Escarte et flén. 1
E qu'era Coupo sant' à ta bouco risénto
Porte 'ra mèu !
0 bous que la seguits, douços demayselétos,
Coumo angelous,
Dichâi-me bous oufrl 'ras tant bibos alétos
Deis auzelous :
Boulats dam bôstro rèyn' ara 'strado de hùélhos
Enda hesta
Es Felibres gascous que bous diran merbélhos
Séns s'arresta !
( Vifs applaudissements)
Parla de Sen-Girouns.

L. de
1. Le malheur.

BARDIKS

�173
La Reine répond avec tout l'à-propos et toute la grâce qu'on lui connaît :

Réponse de la Reine
Vou-i m'accueilles,, Monsieuz le Pzésident, en langue gaàçottne.
Encoze que je n'en puisse goûtez toutes les délicatesses, je voüà
zemezeie, caz, ce que le cœuz -&gt;en1, l'espzit le devine : -&gt;i mon langage n'est pas gaócon, mon cœuz l'est, d'atavisme d'abozd et de
choix auóái.
Et vouá, Félibzes, artistes en langue gaáconne, tzesses deá guirlandeá poétiques à nette beau papó ! Nous tous le célébzottà paz
l'invincible amouz que nous lui gazdoná.
Suivant l'antique uáage, qui tzaduit paz un óigne Sensible
teu tes le.í fidélités et tous les amouzs, je vous zemets cette banniè.ze, non seulement comme un gage de la pazt que je pzenJs à
votze œuvze, mais encoze comme un témoignage de la large
Sympathie et de la profonde zeconnaissance que le Cousezani
tout entiet perle aux Membres de Z'Eòcolo deeaô Pieenéoò, dont le
zèle éclaizé lui c'onsezve la fleur exquise du parler natal.
(Vifô applaudiòòementó).
Ainsi s'exprime la Reine, autant du moins que nous avons pu recueillir ses aimables paroles ; puis, au bras de M. de Bardies, précédée de la
bannière —■ portée par M. F. Escaich, le Félibre de La Bastide-de-Sérou
— et accompagnée de ses demoiselles d'honneur, elle fait le tour de
place au milieu des acclamations, puis s'avance, non sans quelque difficulté, par l'allée centrale du Champs-de-Mars, tandis que l'Harmonie
a L'Union Saint-Gironnaise », groupée au pied de l'estrade, la salue des
sonores accents de « La Toulousaino ». C'est aussi l'air d'« Era Coumengéso ». On applaudit, on se lève de toutes parts ; l'enthousiasme est
à son comble.
4. — Au Champ de Mars. — Discours Félibréerts
La Reine prend place, face au public, sur le haut fauteuil qui lui est
réservé. On admire sa magnifique toilette. Autour d'elle se rangent en demicercle, charmant tableau, les autres jeunes filles, les Massatoises à sa
droite, les Bethmalaises à sa gauche, mais deux tout près d'elle (à droite
Bethmale, à gauche Massât '). Plus à sa droite, M. Bernère, maire de la
ville de Saint (lirons, M. Tournier, député de l'Ariège, Félibre majorai,
ainsi que plusieurs autres notabilités de la ville et de la région ; plus à sa
gauche, M. Abadie, notre dévoué imprimeur, Mlle M. Sarrieu, et le
Bureau de l'Escolo. On offre des bouquets élégants aux demoiselles d'honneur, comme aussi à Mme la comtesse d'Antras, notre Reine de l'an
dernier, trop modestement restée (bien qu'un fauteuil lui fût réservé
sur l'estrade) aux premiers rangs de l'auditoire. Puis, dès que la musique
1. M"" Louise Seillé et Rose Monnereau.

�174
s'est tue, M. Bernère, maire de Saint Girons, souhaite la bienvenue aux
Félibres.

Discours de M. Bernère
Maire de Salht-Girons

Souhaits de Bienvenue
En vous souhaitant la bienvenue parmi nou*, permettez-moi,
MéAôieurA leò FélibreA, de vouô remercier de l'honneur que VOUA avez
fait à la ville de Saint-Girons en la choiAÍAAant pour y tenir VOA aAAises
littétaireô. Laissez-moi vouô affirmer auAói que vouô êteA, ici, au
milieu de bon* Gaôconô ; rempeeôAement avec lequel mei&gt; compatriotes
Aont venuA ôi nombreux, à cette fêle de la Région, vous montre bien,
n'eAt-ce paA, la vive Aympathie que leur inApire votçe œuvre.
Etil me plaît, il me semble opportun, MeAAÏeurA, en cette manifestation de la langue gasconne à laquelle prend part aujourd'hui notre
cité, d'évoquer le Aouvenir d'un de VOA pluA illustres précurAeurA ; je
veux parler du poète JaAmin. C'était, je crois, en 1845. Le félibre d'Agen,
alorA dans tout l'éclat de sa gloire poétique, fut appelé à Saint-GironA,
à l'oçcaAion d'une fête de charité. Jasmin, dont la bonté égalait le
génie, accourut. Une fois de plus il fit applaudi', ses merveilleux
poèmeA populaires dans cette langue harmonieuse et sonore qui
Aoulevait 1'enthouAÌaAme deA foules.
VOUA VOUA glorifiez, à juste titre, d'être les disciples de Jasmin.
Autant, et, osetai-je le dire, peut-être pluA que lui, VOUA voulez maintenu la pureté de la langue gasconne et montres qu'elle est'capable,
aussi bien que le français, d'exprimer, dans les tournures de langage
les pluA variéeA, leA AèntimentA les pluA délicats, en même tempA que
les formes les plus originales de la pensée. Mais ce n'est pas tout.
En travaillant, ainsi au relèvement de la langue, VOUA VOUA propo.sez
de développer danA le peuple le respect et l'amour de la petite patrie.
Et danA cette œuvee d'une Ai haute portée morale, VOUA donnez un
exemple admirable, car, venuô souvent deA pôles les plus opposes,
VOUA Aavez VOUA élever au deAAus des préoccupationA et du tumulte
des partiA, afin de pourAuivte, dans les régionA sereines de la poésie
et de l'art, la réalisation de votre but commun.
Et puisque, modernes troubadours, vous avez voulu faite revivre
une poétique coutume du Moyen-Age, en donnant nue reine a VOA jeux
floraux, permettez-moi d'être le' premier à présenter mes hommages
à Mlle Urbainie de TerAAac, à la CouA?rar.". ::se. si distinguée, que vous
avez jugée digne de la royauté littéraire, pour cette année.
NOUA ne voulonA paA Aonger à la fragilité de Aon .sceptre, maiA ôimple*ient admirer Aon diadème fait d'une triple auréole: de grâce,
de bonté et d'une haute culture intellectuelle.

�C'est dans ces sentiments, Mesdames el Messieurs,-qu'en ma qualité
de Maire de la ville de Saint-Girons, je vouô adresse, encore une fois,
mes éouhaits cordiaux de bienvenue.
(Vifà applaudióáementá).

— M. de Hardies, président de l'Escôlo, répond, et remercie M. le
Maire et la population de Saint-Girons de leur accueil si bienveillant :

Discours de M. de Bardies
Président de l'Escolo deras Pirenéos

Remerciements. — Éloge du Couserans
Nous vous remercions infiniment, Monsieur le Maire, d'un si gracieux
accueil.

Il n'étonnera pas nos compatriotes, qui connaissent depuis

longtemps votre aménité et votre urbanité ; mais il sera un réconfort pour
les nombreux étrangers de distinction qui nous honorent aujourd'hui de
leur présence.
Puisque nous sommes ici dans le giron des souvenirs, laissez-moi vous
rappeler que, lorsque nous fréquentions ensemble les bancs du collège,
vous aimiez à employer ce parler gascon, alors si décrié, parce qu'on le
considérait comme le langage du peuple, et tellement réhabilité aujourd'hui que les Membres de l'Académie Française ont unanimement offert le
dernier fauteuil vacant à notre chef Mistral.
Si Jasmin est venu lui-même à Saint Girons, Mistral y est aujourd'hui
de cœur ; il m'a envoyé son « salut amistous per touti », et je vous le
transmets, avec l'assurance que l'âge seul retient le Maître à Maillane...
( À pplaudissements).

Mesdames,
Messieurs,
Mes cherô collègues,
De quoi vous parler dans cette fraternelle apothéose de la petite
patrie, si ce n'est de cette petite patrie elle-même, qui fond aujourd'hui
tous nos cœurs en un seul ?
11 y a deux ans, nous tînmes nos assises dans la capitale du Nébouzan ; l'année dernière, dans la commingeoise perle des Pyrénées, où
nous fêtâmes une aimable reine, Madame la comtesse d'Antras, qu*
a bien voulu venir assister à la fête d'aujourd'hui ; l'an prochain, nous
nous réunirons sans doute à Samatan ; mais le souvenir de SaintCi; onô nous y suivra.
Coquette ville du Cousecans, fièrement campée sur les bords du
Salat limpide, je te salue au nom de l'Ecole félibtéenne des Pyrénées.
Chez toi brilla la couc des vicomtes de Couserans, où les plus hardis

�176
chevaliers comme les plu.') belle* dameô ne parlaient que le gascon ;
près d'ici s'élevait l'hôtel-de-ville du Moyen-Age, monument des libertés de noò ancêtres, où tous le,"&gt; chef* de famille discutaient en gascon
les affaires communales.
Certes, le Cousecans eôt un petit pays, un pays perdu au fond des
Pyrénées, encore inconnu, pour ainsi dire, il y a dix and ; mais qu'at-il à enviée au reste de la France ? Qu'a-t-il d'inféê ieiu à nos belles pi ovinces si justement vantées ?
Le climat? Il n'est nulle part plus tempéré en tout temps. En été,
loin.des terribles chaleurs de Provence ; en hiver, plus loin des glaces de l'Est, il ne garde, jamais les extrêmes ; le vent d'Espagne y
vient réchauffer les frimas ; le vent de Bordeaux y tempe; e la canicule
et y apporte ces pluies rafraîchissantes que le langage local appelle si
justement des « saisons ».
Les paysages et les sites '.- Où trouver des vallées plus belles et plus
variées que celles du Castillonnais, d'Aulus, d'Ustou, où trouver de
plus belles gorges que celles de l'Arac, où trouver de plus beaux plateaux que ceux de Soulan et de Sentenac, de plus belles forêts que nos
prestigieux bois de hêtres, de plus beaux sommets que le Nédé, le
Maléchart, Surroque, le Bouïrets, Calamane, et ce superbe Mont Valiet
qui domine l'Espagne sans quitter la France ?
Vleut-on des lacs, des cascades? nous en avons dans tous les coins
et nos joyeux cours d'eau sillonnent le pays dans tous les sens.
•

Gherche-t-on des grottes? Nous en avons aussi, et, je vous le dis
par expérience, il faudrait plusieurs années pour connaître les richesses naturelles du Saint-Giëonnais..
Mais nous ne sommes pas favorisés par la nature seule ; la main de
l'homme nous a gâtés aussi. Le Couserans offre de superbes traces de
l'occupation romaine, de beaux édifices du moyen-âge ; leur énumé.-ation serait longue, car les heures s'écoulent vite à admirer seulement
l !S curiosités de Saint-Lizier.
N'avons-nous pas aussi de belles constructions modernes, qui reposent l'œil et l'esprit en satisfaisant le goût esthétique ?

1

Mais qu'est la nature, que seraient les monuments sans la vie ?
1 ,a vie, elle éclate ici de toute part ; elle brille dans les yeux de
flamme des charmantes Saint-Gironnaises qui nom regardent.
Çuoi de plus joli que les costumes c iuôê*nn ni s Ì Ils sont représentés depuis longtemps au musée du Trocadero ; celui de Bethmalê a
figuré à l'Opéra ; admirez-le ici aujourd'hui :
Une cornette de lin enveloppe les cheveux, retombe légèrement sur
les épaules et forme un cadre de lignes blanches au haut du visage.

���177
Elle est retenue par une coiffe rouge enluminée de gracieux dessina et
pressée pa; deux tours de ruban qui la couronnent d'une sorte de diadème ; une veste de diverses nuances, aux manches courtes dégageant
l'avant-bras, dessine la taille, et une jupe de couleur, très plissée suc
les hanches, laisse voir l'extrémité de la jambe. Pour compléter cette
seyante toilette, un foulard à grands ramages couvre les épaules; un
tablier de teinte unie ou à petits carreaux est retenu autour de la taille
par un large ruban de soie bleue, et une bavette en croissant, remontant à la hauteur de la gorge, entoure les broderies d'une fine chemise,
sur laquelle scintille une épingle brillante '.
Admire; aussi le costume de Massât qui, pour £tee moins connu que
celui de Bethmale, n'en est pas moins charmeur. Il a été porté par une
population dix fois plus nombreuse que celle de Bethmale, et on le
retrouve encore dans quelques villages trop éloignés de Saint-Girons
pour le vulgariser.
La seule coiffure est un chef-d'œuvre d'art et de patience ; les cheveux peignées sont d'abord réunis en nattes, qui, enroulées séparément
à l'aide de bandelettes, sont ensuite pliées sur la tête en catogan. Une
toile blanche de forme triangulaire constitue la coiffe ; elle recouvre
la chevelure et moule le front, d'où s'échappent quelques coquets frisottis ; cette coiffe est retenue par des épingles, et sa pointe flottante
retombe suc les épaules en une symétcie étudiée. Cette coiffure très
caractéristique, appelée liadouze, est ordinairement cachée au dehors,
par un léger capulet de mérinos.
Le ceste du costume brille de couleurs éclatantes et variées ; un corsage couge ou veet moulant le torse robuste, une jupe plissée autouc
des hanches, un tablier retenu par une ceinture. La jupe est courte,
mais les manches du corsage sont très courtes et laissent débordée
les manches de la chemise, tandis qu'une large collerette immaculée
complète ce luxe de lingerie, qui secait gênant dans un pays moins
ciche en cours d'eau que les vallées de Massât.
Et, pour complétée l'émerveillement de vos yeux, contempfez, à côté
de nos Couserannaises, le ravissant costume luchonnais, si bien porté
aujourd'hui par la gracieuse sœur de notée teès cher Secrétaire Général,
et qui marque l'indéfectible fraternité des Commingeois et dés Cousecannais.
Cette intensité de vie que l'air pur des Pyrénées et le soleil du Midi
font éclore donna aux esprits couserannàis toutes les aptitudes ; mais
ils participent de l'àme gasconne, pour qui la vie a toujours valu largement la peine de vivre, et qui ne (ait pas plus que l'effort nécessaire au
succès du moment, limitée dans ses aspirations comme dans ses horizons. Est-ce de la sagesse ou de la paresse ?
t. Voy. Era Houts, I90G, p. 65, bammalous è Bammalounhos (D. Cau-Durban).

�178

Pourtant le Couserans montée quelquefois sa mesure ; il a produit
un saint, Pierre de Durban, que l'Espagne disputait à la France ; un
maréchal de France, Paul de Labarthe, appelé le maréchal de Termes, qui Sut trouver en Italie un regain de gloire après notre immortel voisin Gaston de Foix; des savants, Dubeenard, Galy-Cazalat,
Sales-Girons ; des orateurs comme Estaque, Pagès de l'Aeiège, Frédéric Arnaud, l'abbé Gavai ; des littérateuts tels que . Boedes-Pagès,
André Artaut, David Cau-Durban, Beau de Saint-Pol-Lias. Comment
donc notre pays ne peoduieait-il pas des aetistes ? Comment s'étonner
que Beegès entre en loge pour la peinture, cjit'Icart et Cézar-Bru
soient tous les ans lauréats du salon de sculpture, que Bonnet obtienne
le grand peix d'architecture ? Quant à la musique, le plus suave des
arts, vous allez juger si les Saint-Gironnais y excellent ; aussi bien
l'attention bienveillante que vous avez donnée à mon allocution méeitet-elle ce dédommagement.
( VifA applàudiááeinentó).
— La musique se fait de nouveau entendre ; et bien que notre cher
Président ait été plus qu'injuste pour lui-même, il n'a pas été trop flatteur
pour elle. On l'applaudit elle aussi de tout cœur. Puis, c'est ÌÍ. l'abbé
Daubian, Vice-Président de l'Escolo pour le Bas-Comminges, qui vient
insister sur l'esprit de notre œuvre.

Discours de M. l'abbé Daubian
Vice-Président pour le Bas-Comminges

L·e Félibrige. — Sa Yie. — Son Extension
Mesdames, Messieurs,
Dans quelques instants, notre distingué Secrétaire Général donnera,
avec son talent habituel, le compte-rendu de nos Jeux-Floeaux. Je ne
veux en eien chasser sueses terres—je risquerais fort de manquer le lièvre
— et vous seriez ainsi privés du délicieux régal qui vous attend. 11 me
permettra seulement de saluer en passant la belle légion de poètes et
de prosateurs éclos comme par enchantement dans les régions fertiles
deza noâto 'Scolo. On ne sait qu'admirer le plus chez eux, de la force
de l'idée, ou de la finesse de la forme. Les Francimans en gémiront
peut-être d'amertume et de cegeet, mais nous le proclamerons quand
même, ces lectures intéressantes au plus haut point nous ont amené à
conclure que la langue gasconne peut aborder, tout comme le français,
les sujets les plus variés : tels le conte, la nouvelle, le théâtre, l'ode,
l'élégie ; et aussi les plus arides, comme la grammaire, l'histoire, la
linguistique. Précieux encouragements pour les amants de la petite
patrie, pour les tenants fidèles de la tradition, reléguée dédaigneuse-

�179
ment pae ceetains au geeniee de l'oubli, pêle-mêle avec les vieilleô
'hatdes et les objets hocd d'uôage. Aussi bien, leô population* si
aimables, ôi accueillante.'), accoueues en foule à l'appel chaud et
vibrant de notée Teésoeier, le modeste et pourtant principal instigatem de la fêté, disent-elles claicement leur inébranlable attachement au teeeoie,
léngó maizalo. Et ôi le* théoeieô ôont
contestables, on doit se eendee devant l'évidence des faits. — Me voilà
naturellement poussé à indiquée le but de mon enteetien. Je souhaitecais que vous y vissiez : — et pourquoi nos dialectes ne
disparaîtront pas ; — et comment nous leur ménagerons des positions
de plus en plus importantes.
UÌLÌ

i. —

Pourquoi

770.)

dialecteâ ne diópazaîtzont-ilá pàâ ?

a). Je serais tenté de répondre par cette boutade de je ne sais plus
quel auteur : « En linguistique comme en amour, celle qui plaît est la
plus belle. » J'ajouterai à l'adresse des logiciens : « Un argument,
même très solide, est impuissant à détacher l'amoureux de celle qu'il
aime.» Les grincheux en prendront leur parti : aussi longtemps que
ta campagne ne se confondra pas avec la ville ; aussi longtemps que le
Nord ne sera pas avec le Midi une seule et même chose; aussi
longtemps que le « phi,&gt; » et le « moinâ «auront un sens différent, nous
ne craignons pas de voir notre parler ancestral s'en aller à vau-l'eau
pour n'être plus bientôt — on nous le prédit malignement ! — qu'une
langue morte. En vain objecteea-t-on la prétendue invasion toujours
croissante du dialecte de l'Ile-de-France ; en vain prônera-t-on
des raisons utilitaires ; en vain, au nom de la loi, proscrira-t-on
notre cher gascon de l'école primaire. Sans compter que, du même
coup, on supprimerait l'un des meilleurs et des plus sûrs moyens de
se perfectionner dans l'étude du français ; demain, comme aujourd'hui, comme hier, le père et la mère de famille teansmettront
religieusement à leurs descendants l'abécédaire, le dictionnaire qu'ils
avaient reçu de leurs ascendants. Pour aeeivee au but poursuivi pae
les partisans de l'unité à outrance, il faudrait détruire jusqu'au dernier
foyer de nos provinces, et rrotee siècle de featernité et de liberté
nous gardera, pour sûr, de ces excès.
/51. Mais à quoi bon insister devant l'auditoire de fins lettrés qui a
l'obligeance de m'écoutee ? Vous connaissez la controverse ; vous l'avez
vue se présentée sous les foemes les plus diveeses, tantôt poussant la
note ceiarde, élevée, tantôt engageant la conversation courtoiáe, qui sied
mieux : personne ne croit encore avoir marqué le pas final. A l'heure
qu'il est, le Félibrige est devenu une vraie force. Il y a un demi-siècle,,
le mcrtde qui pense et qui écrit se fût bien étonné si on lui avait tenu
le langage suivant : « Admettez-vous qu'un docteur ès-lettees puisse

�180
décemment écrite et présenter au jury français chargé de l'examiner
une thèse dans le dialecte particulier à sa région ? » On eût haussé les
épaulés, montré des airs effarouchés, traduisant le scandale le plus
répréhensible. Eh bien ! le crime — si crime il y à — a été commis.
Dernièrement, devant l'Université. d'Aix-en-Provence, sous ce titre :
« le Provençal à l'Ecole », M. l'abbé Aurouze a écrit et soutenu en
provençal ces même idées que vous trouvez habituellement sous la
plume de nos confrères. Mieux que cela, le jury a félicité l'auteur de
son innovation, et Mistral — le Maître — a crié des bravos
enthousiastes.
c). Les Académies ne se montrent plus d'ailleurs insensibles aux
charmes des langues Romanes. Hier encore, sous la coupole du
temple où trône Clémence Isaure, on récompensait comme il convient
le poème de l'un des nôtres que vous connaissez bien, du chanteur des
montagnes luchonnaises : Imneá d'amou. Qu'allons-nous faire nousmêmes .- Confirmer l'appréciation qui figure, à la date du 4 juin 1794,
dans un Rapport présenté à la Convention par l'abbé Grégoire au nom
de la commission de l'Instruction publique. « Nous n'avons plus de
provinces, disait le futur sénateur de l'Empire, et nous avons encore
tzente patois qui en rappellent les noms. » Elevez du double le chiffre
des dialectes alors vivants — ils n'ont certes pas diminué, — et la
statistique sera exacte. Jamais peut-être à aucune époque ils n'ont eu
.plus qu'à présent le droit de clamer bien haut : « Nous produisons de
beaux vers et une prose harmonieuse, un public de plus en plus nom- '
breux nous applaudit et nous parle dans les cinq parties du monde :
donc nous vivons ! » Allez ! Allez ! journaux et revues périodiques gascons ! Sous te patronage de sociétés puissantes, d'invidualités marquante», de directeurs habiles, chantez dans notre langage familial
les gloires du passé et du présent : Votre voix franchira les limites du
temps : l'immortalité vous a frôlés de son aile.
IL — Comment fottifiez leó poàitioná acquiáeó.
a) La question est plutôt délicate. De divers côtés, en effet, on
accuse le Félibrige de provoquer un mouvement décentralisateur,
gravement préjudiciable à l'unité nationale. A écouter les vives
récriminations qui arrivent jusqu'à nous, nous serions les seuls à
ignorer ce qui fait la vitalité des races diverses habitant le même sol.
j'ai nommé le lien patriotique, le lien moral, qui nous pressent à
certaines heures, aux heures difficiles, de ne voir qu'un drapeau,
qu'un idéal. — Si nous raisonnons juste, en linguistique, l'évolution ne
dit pas la mort, mais plutôt « la vie áouó une autze fotme » ; de même,
pour le cas qui nous occupe,/'«.m'/é n'est pas V abàozption, l'abdication
de toute initiative individuelle. Les i5 millions de bons Français

�181
geoupéô au-deôôouô de la Loire ne réclament paô deò droitô tellement
exorbitante que la Mère-Patrie puiôôe ô'en offuôquec : ilô veulent
simplement étire bilingue."), aimer leur «petite patrie» à t'inôtar de la
grande : ònt-ilô réellement tort ?
b) . Vraisemblablement non, pourvu qu'on admette encore la vérité
de cet axiome: « Le tout qui égale la oomme de ôeô pattieò eót d'autant
pluô important que chacune de* paetieô acquiert elle-même de
l'importance. » Si donc, au lieu d'accablée de lourdeô chaîneô de fer
leô diverô membreô d'un corpô unique, VOUÔ le6 laiôôez croître, de
développer au grand air de la liberté, VOUÔ aurez d'abord un bloc
d'acier, et puio la variété dan* l'harmonie, choôe qui n'eôt paô à dédaigner, car elle óe nomme « la beauté ». Riôqueronô-nouô, en nous
réclamant de telo principe*, de promouvoir une ôainte émulation
parmi noô cheeô Méridionaux ? Personne ne ô'en plaindra ôanô doute
et tout le monde chérira davantage oon petit « ches,-óoi ».
c) . D'autant que t'hiotoice de noô locaUtéô reôpectiveô renferme deo
tréôocô inépuiôableô. NOUÔ n'avonô rien à craindre de la comparaison
avec noô frôreò du Nord, qu'il ô'agiôôe d'intelligence, de ôcience ou de
foi patriotique. Même en Gaôcogne, on apprend à lire, à écrire, à parler. Même en Gaôcogne, le ôoleil darde de chaudô rayonô, la fleur éclot
riante et parfumée, l'oiôeau égrène ôeô joyeuôeô chanôonô, le ruiôôeau
promène ôeô claironnanteô eaux. L'inôpiration éclate auôôi .vigoureuôe,
auôôi puiôôante prèô de noô fièreô montagneô et de noô fleuveô cocardierô que « óuz leà zìveò fleuzieó de la Seine ». Dahô notre vie au
joue le jour, nouô répétonô la leçon que le grand poète enferma danô
ceô veeô :
Enfantá ! aime^ leó champá, leá valloná, leó fontaineó,
Leù cheminá que le âoiz emplit de voix lointaineá,
Et l'onde et le áillon, flanc jamaià aááoupi,
Où gezme la penáée à côté de l'épi (1)....
d) . Elleô auront enfin de qui tenir, leô jeuneô générationô, ôi elleô
cherchent à imiter noô valeureux ancêtreô. La race deô Cyrano n'eôt
paô éteinte, paô pluô, au reôte, que celle deô Monteôquieu, deô Fénélon
et deô Paôcal, qui nouô appartiennent. Maiô nouô n'auronô paô le
mauvaiô goût d'inôiôter ; nouô ôavonô aôôez nombreux, danô Eza
Boutó deza Mountanho et ailleurô, leô écrivainô qui accordent leur
lyre ou noirciôôent leurô tabletteô. Il nouô reôte à leuc adreôôer deô
élogeô publicô et une invitation peeôôante à continuer. Nouô goûteronô
ainôi le plaiôir d'ériger de nouveaux autelô, de treôôec de nouvelleô
coueonneô à ceux deô nôtreô que le génie marqua de don empreinte.
t. Victor Hugo.

\

�482
Je ne connaiô paô d'œuvee meilleure, pluô douce à deô cceueô eeconnaiôôantô.
L'immortel Jaômin ôe plaignait un joue amèrement à M. Dumont,
miniôtre de Louiô-Philippe, et agenaiô, ô. v. p., de ôeô attaqueô
inceôôanteô contée noô idiomeô. Aux adveeôaieeô modeeneô, je dédie,
en teeminant, * la philippique du poète-coiffeue :
Atal áaza, Mouááu, d'aquélo enáouzcilhayzo,
D'aquélo lénguo mu&amp;icayzo
Noâto áecoundo mav ; de áabéná Fzancimanâ
La coudannpn à mozt dessumpep tzéà cent.) an.) ;
Ta pla biou áaquela, ta pla óouá motà bzounsinoii :
Chèá élo, laâ òa&amp;ouá paááon, áonon, tindinón,
Et cent milo-milèá enquêta y paóáaian,
Sounazan e tindinazan !
La parole claire et ferme de l'orateur est entendue à merveille de tout
l'auditoire. Son discours produit une impression nette et profonde. Sa
péroraison soulève d'unanimes applaudissements.
— Une heureuse surprise nous était encore réservée : M. Albert
Tournier, Député de Pamiers, et Majorai du Felibrige, qui a bien voulu
honorer notre fête de sa présence, s'avance à son tour, la boutonnière
ornée de la cigale d'or.
Discours de M. A. Tournier
Dé-pulé de l'Ariò-C, Félibrc Majorai

L'Idéal îTélibréen
L'invitation de l'Ecole deô Pyténéeô m'eôt parvenue à Tombée
délicieuôe deô tilleulô centenaire* de Pouech, danô la verte vallée du
Lez. Un long paôôé de Félibte impénitent, amoureux de manifeôtationô
franchement populaire*, rendait difficile toute défaite pour ôe dérober
à un appel ôi aimablement formulé. J'avaiô à cœur au ôurpluô de
féliciter leô brillantô fondateurô d'un groupe qui, dèô ôa formation,
ô'affirmait par le livre, pae le jouenal, pae deô conférenceô, pae deô
féteô littéraireô et artiôtiqueô auôôi grandioôeô, auôôi vivanteô que
celle qui nouô réunit aujourd'hui.
Au pluô lointain deô tempô où le cheiôtianiôme ô'implantait danô leô
Gauleô, la légende eaconte qu'un ôaint évêque du Couôeeanô, paevenu
à l'un de VOÔ ôommetô, avait lancé ôa croôôe verô la plaine avec une
vigueur déjà bien ariégeoiôe : une ôource jailliôôait à chaque choc du
bâton paôtoral, rebondiôôant ôue la pente de la montagne. Auôôi mieaculeuôement, ôue un ôimple ôignal de ôon ôceptee fleuei, baguette
1. Eu m'excusant également d'avoir été aussi long.

�183
de magicienne coupée òanô doute aux bords du Gange, avec la faucille
d'oc de Vélléda, au plu* épaiô de* forêts impénétrables de l'Inde, notée
très geacieu.se SQUvseaine a .su faiee faillie du .sol la joie, le rire,
le* chansons, le.s délicieuse* Ihéoeie* de* plu* eavi**ante* jeune* fille*
de no* plu* belle* vallée*.
Votée chaemante cité *e peête mieux que toute autee au développement de ce* fête* poétique*. Le cieque gracieux de* coltine*
envieonnante*, à teavee* le*quelle* le* naïade* de vo* torrents
égeènent dan* de* flûte* de cristal leue mélodie ininterrompue, était
pcéde*tiné à *eevie de cadee à la tenue de* Jeux Floeaux et de* Coue*
d'Amoue. L'attachement indéeacinable du montagnard pour *on pay*
d'origine, *a fidélité aux tradition*, aux costume* et aux coutume*
de* ancêtre*, juôtifient pleinement votée choix.
Ce pay*, que l'on y pénètee par le magnifique et gigantesque portique de la grotte du Maô-d'Azil, ou que l'on y dévale par le prestigieux
col de Port, avec *e* eaux bienfaisante*, ses cascades bruyantes et
diamantéeô, ses fraîche* vallées virgiliennes où la vigne se marie
ageéablement à l'érable pour montée vers Uazur et y mieux recevoir la
morsure et les baisers du soleil, avec ses glaciers éblouissants, ses
bois et ses lacs sacrés, nous fascine comme un palais de féerie.
Le clair regard des jeunes (ïllles témoigne assez de leur noblesse
et de leur j'ierté. Au-dessus d'elles, comme autant de génies protecteurs du Couserans, planent le souvenir d'E*taque, ôecrétaire des
Cinq-Cents, la mélancolique et hautaine figure de Frédéric Arnaud,
l'âpre profil de Pierre Soulé qui représenta à Madrid- en qualité d'ambassadeur la grande République américaine, le bon et doux sourire
du vénérable abbé Duclos, histoeien au cœue d'oe, dont la tendeesse
filiale voulut consaceee à la glorification de notée Aeiège un long
et patient labeur de bénédictin. Ceux-là furent poussés pae les
hazaeds de l'existence loin du pays, mais aupaeavant ils y avaient puisé
leue éneegie moeale, leue ardent lyrisme, leur captivante générosité.
Mieux que peesonne, vouô connaissez l'origine et le but de la Renaissance provençale. Misteal, Roumanille, Aubanel furent le* souverains
révélateurs du charme intarissable et éternel de la poésie du tereoie,
poésie nouvelle, intense, euisselante de couleue et de lumièee. Ils ont
fait la vie individuelle plus ornée, plus savoureuse en l'embellissant
de* émotions exquises attachées au culte du sol natal. En protestant
contée la centealisation à outrance et la banalité gagnée à l'imitation
ridicule de l'étranger, en exaltant l'originalité provinciale, vous
acconiplis.se; une œuvre utile et patriotique entre toutes.
L'ardent amour de la Feance est au cœue de tous les Félibees, ôe
joignant à l'amoue de l'humanité vivante. Poue eux, cette Feance qui
appaeut à noô pèreô de la Fédération comme l'héroïque et geande
amitié, eôt vraiment l'intangible idole. Leue idéal ôuprême, ôi difficile

�184
à atteindre, eôt la paix humaine pae l'univeeelle ôolidarité. Cette
ôolidaeité deviendra d'autant plu* paefaite que la vie ôera pluô eiche,
pluô intenôe danô chaque peuple, danô chaque province, danô chaque
individu pae le réveil deô inôtinctô peofondô de la race.
Félix Graô aôôignait au peuple méridional la haute miôôion de guider
leô autreô nation* de la terre ôur leô cheminô lumineux de la vraie civiliôation, verô le Beau et l'Idéal. Auôôi, danô le lamentable déchaînement
deô paôôionô égoïôteô, danô l'énorme traînée deô appétitô aux piedô du
Veau d'or, le Félibre eôt-il heureux de ôavourer la vie, poue elle-même,
danô le magique décoe de noô radieuôeô contrée*, parmi le* tréôorô
infiniô de la terre maternelle, à traverô la peodigieuôe richeôôe de ôe*
tradition*, de ôeô fictionô, de ôeô légende*, de *a langue éternellement
harmonieuse et douce :

Lengo d'amoiiz ! áe i-a d'azlèzi
E de bastazd, ah ! pez àan Cèti,
Autaâ don tezzadou limaâcle à toun couâtat,
E tant que lou miótzau fezouge
Bzamaza dinà li coco, auzouge,
T'apazatén à boulet zouge,
Caz àièá tu la patzio e tu la libeztat !
Le chef de votre municipalité qui nou* a ôi aimablement accueilli* ;
le ôavant hiôtoriographe deô Intendants de Guyenne et de Gaôcogne, ôi
justement placé à la tête de l'Ecole de* Pyténéeô; M. Sareieu qui en e*t
l'âme ; M. Auguôte Teulié, l'actif organisateur de cette fête ; MHc de Terôôac, la jeune et raviôôante reine de cette journée triomphale, ont droit
à noô pluô vifô remerciementô. Il* nou* ont permis d'affirmer au milieu
de tcè* cher* compatriote* notre admiration paiôionnée pour l'antique et toujourô jeune Couôeranô.
Quant au Maître de Maillane et à ôeô vaillantô compagnonô de gloire,
nouô ne pourronô jamaiô aôôez exprimer notre profonde gratitude,
non ôeulement pour leurô œuvreô immortelleô, mato auôôi pour avoir
ouvert le branle à ceôj*êteô de large fraternité où tou* accourent allègrement de* coin* le* plu* oppoôéô de l'horizon. Qu'il* .soient glorifié*
d'avoir eu cette audace tranquille d'affirmer leur droit de vivre, librement et fièrement, la fière et libre vie poétique !
Ce vibrant discours, tout imprégné d'enthousiasme et de poésie, et plus
d'une fois coupé de vifs applaudissements, est salué de bravos. L'orateur,
avec sa haute stature, son geste sobre mais énergique, était vraiment beau
à voir. Nous lui disons, encore une fois, merci, au nom de l'Escòlo deras
Pirenéos.
— Enfin, la Reine se lève, et prononce une fine allocution, par laquelle
elle fait appel à tous les Félibres.

�M .A. TÔURNÍER, féiibtc majorai, député de l'Aciège. — Luchonnaide (MH« M.
M"= DE TERSSAC. Reine de noô Jeux Floraux
ncthmalaiôe ( Mu- TEUUE). — Maòôatoiòe (M"&lt;= E. MEUCHARD).

SARRIEI")

��185

Allocution de la Reine
Félibres, la lice est ouverte : comme jadis vos aïeux les Troubadours, dites-nous pensers

ingénieux, sentiments délicats, et

maincts autres déduicts : Cigaliers et Poètes, nous vous oyons...
Comme répondant à cet appel, un jeune montagnard, vêtu de blanc,
ceinture bleue, un bourdon à la main, s'élance sur l'estrade et déclame,
d'une voix sonore, des vers harmonieux et patriotiques,

« A MOUN PAÍS ! »
0 tìascounho ! 0 païs d'amour, de pouesio ;
0 païs de soulélh per lìiéu fabourisat ;
Terro doun 'ra beutat à jamés m'a grisât ;
Païs dera cansoup, francéso Andalousio,
Acl qu'ed béngui celebra !..
Muso de qu'aymi tant, jùéyno Muso amourouso,
Caresso de ta mai? ma liro armounïouso,
Ema liro que ba bibra!...
Salut à tu, Gascouiî ara larjo poutrino,
Ed regard assurât, flèr debat ed soulélh !
Toustém erous, balént, e més countént qu'ui) réy
De hè brouni ta bùètz at cap dera coulino,
Séntes en tu V amo ded moun !
Toun amigo, à tos pès, ascouto, radïouso,
Ta cansoui) dúntio 'd còr puja, meloudïouso,
E 'ra mountanho t'arrespoun !...
Ta que doun èste irçquièt 'na têrro de Gascounho ? —
Tout canto ; tout qu'arritz 'n aquét beròy païs ;
L a pas ùayre d'argént e d'òr coumo à París ;
Ed Gascouij sénse pòu qu'es trufo ' de bergounho s ;
N'a pas ahè ded lendeman :
Ed bii) còlo pertout enas fertilos pianos ;
Ed blat qu'empliò 's soulès 3 deras noustos cabanos
E cado praube tròbo pan !
Salut à tu tabéif, bèro lérjgo gascouno,
Hòrto ta' ra coulèro e douço ta 'd amour...
Gaujouso, calourouso ou tristo tour à tour,
Cado nòto en moun cò l'au hè bibra e-y souno !..

�186

0, gascoun, quin t'aymi parla !
'Ras ouros de bounur, lounh, lounh s'en soun anados ;
Més, tu, qu'em hès bremba mas prumèros annados,
E iou lèrmo qu'em bén perla !..
E qu'ed bédi, païs : que bous bédi, mountanhos,
Dab es pics agudats de niéu toustém coubèrts.
E qu'enténi 's tourrénts rounca debat es bèrs 4
Traçan un hiéu d'argént ped miélh deras campanhos !
'Ra nét, det cèu, ca, douçoméns,..
E, pes camís tout blancs de qué se plapon d'oumbro,
Qu'on entén ascurulhs 5 souna pera nét soumbro
E qu'on s'i bé de méns en méns...
'D angélus tout d'un cop sas notos asparpilho,
Aperan es berges de soun gai carrilhoun.
Qu'on s'en tourno countént — Ena sègo, ed grilhoun
Couménço de canta ; en cèu 'ra 'stélo brilho ;
Lounh, qu'on entén ed soun d'un còr...
Ed soulélh de qué-s dròm coulòro tout d'arrôso,
Aumentan 'ra beutat d'aquér' apoteôso
De sòs darrès arrayous d'ôr...
Pai In il'Auerrtiiiliaij

(II.-P.)

Louis de
ROUCABULARI.

I

■

SE MO.ICE

i. —

2

« Souci »,

—

'.) «

NOUGUÈS.

LES GRENIERS ». —

i

&lt; AULNES &gt;

—

5 ■ Des grelots ..

C'était M. Louis Barbet, l'un de nos principaux lauréats, que nous
retrouverons plus loin. On l'applaudit des deux mains.

5.

— A

l'Hôtel- !c-Ville (Séance littéraire)

La première partie de la Séance était terminée. Tandis que la musique
reprenait, on se préparait à passer aux Jeux Floraux proprement dits
(Lecture du rapport sur le Concours, proclamation des lauréats, dis
tribution des récompenses) ; mais la pluie, qui menaçait depuis un
moment, se mit tout-à-coup trop vivement de la partie, et obligea tout
le monde à se réfugier dans la grande salle de la Mairie, heureusement
toute proche, et laissée aimablement à notre entière disposition par la
Municipalité. On la prend un peu d'assaut, mais l'affluence est trop
grande pour qu'on puisse s'asseoir. Toutefois, plus d'un millier de
personnes vont encore pouvoir assister, debout, aux Jeux Floraux et à
la Cour d'amour.
La Reine et ses Demoiselles d'honneur prennent place, avec le
Bureau, sur la nouvelle estrade, et la séance reprend.

�487

1° Ghceup de « Magali »
Voici que des voix argentines frappent nos oreilles. On fait silence.
Ce sont les Bethmalaises et les Massatoises qui chantent le Chœur de
Magali, tiré de la Mireille de Mistral (chant III):
0 Magali, ma tant arnado,
Metc la testa au fenistrouri !
Escoulo ut} pau aquesto aubado
De tambourin c de VÌÓUIOUT/.
Ei

plert d'estcìlo. aperamounl !
L'auro es loumbado ;
Mai lis estello patiran
Quan te vciran !....
Les délicieuses strophes, rendues pour nous plus charmantes encore
par le timbre pyrénéen qui parfois s'y mêlait, se succédaient pour
l'enchantement de la foule dans leur large et simple harmonie. Bethmale
et Massât faisaient donc retentir leurs échos des accents de la fluide
mélodie venue des Al pilles !... Hommage bien dû au grand fondateur
du Félibrige ; symbole touchant de l'unité de toute l'Occitanie ; introduction merveilleuse pour une « Cour d'amour ».
C'est à notre cher trésorier, M. A. Teulié, qu'est due l'idée de ce
chœur de jeunes filles ; et c'est M1,e Teulié elle-même, en Bethmalaise,
qui faisait, à merveille, les solos de Magali. « Avec sa voix fraîche,
sonore et très bien exercée, elle a ravi les assistants ». Des applaudissements redoublés éclatent, dès que le chœur a terminé, et l'on fait même
bisser les dernières strophes ; l'on admire, l'on bat des mains ; c'est
un succés complet.

2° Jeux Floraux de l'Eseolo
L'heure étant un peu avancée, M. B. Sarrieu, pour ne pas fatiguer
l'auditoire et pour laisser le temps aux Lauréats de réciter leurs pièces,
renonce à lire son Rapport sur les Jeux-Floraux ', et se contente
de proclamer le l'almarès du Concours, en indiquant brièvement pour
les œuvres marquantes l'appréciation du Jury, et en appelant à l'estrade
les lauréats présents.
Mais voici in extenso Rapport et Palmarès.
I. La pluie nous a également privés de plusieurs morceaux de musique pour lesquels
des personnes dévouées avaient Lien voulu nous assurer leur collaboration : Mlle bize,
la sieur île noire aimable Confrère, pianiste distinguée ; M. Aldrbau, de Saint-Girons,
:ueiru élève du Conservatoire, qui devait chanter &lt;&lt; Le Poulou », et M. Galinicr, de
Sainl-Ciroiis également, qui
reil

nous avait promis la romance &lt;- S'ere*.., », d'André Sonr-

Nous nous faisons un devoir, malgré ce contre-temps, de les remercier tout parti-

culièrement ici.

�188

SUR LES SECONDS JEUX FLORAUX DE L' « ESCOLO DERAS PIRENÉOS »

Mesdames, Messieurs,
Lorsque les ardeurs de l'été sévissent sur nos terrés, c'est d'abord dans
l'enceinte étouffée des villes qu'on sent le poids de la chaleur. Bientôt les
larges campagnes sont elles-mêmes envahies : les champs se dessèchent,
l'herbe se consume, et les plantes, brûlées jusque dans leurs racines, se
fanent et périssent. Seules, alors, les combes boisées et les sublimes
hauteurs des montagnes ouvrent encore aux fleurs délicates un sûr asile
contre les fureurs tòrrides. Là, d;ins des replis ombreux et ignorés, au
bord des eaux d'argent filles des neiges éternelles, au souffle de l'éther
voisin, elles étalent sur une admirable verdure leurs fraîches corolles
diaprées. Quelques-unes même s'épanouissent aux pieds des glaciers
inaccessibles, et vont jusqu'à broder la blancheur du givre d'éclatants
boutons de pourpre, d'or brun ou d'azur. On dirait que le printemps
tout entier s'est réfugié là-haut, loin des cités et loin des hommes.
Pareille aux fleurs sauvages, notre chère langue d'Oc, la langue de nos
pères, semblait s'être peu à peu comme retirée du milieu de nous.
Oubliée, méconnue, voire même méprisée dans nos cités méridionales, où
pourtant elle avait régné jadis, c'était "seulement chez les laboureurs et
chez les pâtres montagnards qu'elle conservait encore, avec une sève
vigoureuse, quelques reflets de son antique beauté. .Mais aujourd'hui enfin
les yeux se sont dessillés, les cœurs se sont attendris, se sont émus pour
elle ; la voici donc reprenant, en souveraine, possession de son domaine,
de l'Auvergne au Languedoc et à la Catalogne, du Limousin à la
Provence ; la voici, notre langue gasconne, reçue de nouveau avec éclat
dans ses vieilles capitales, dans les Landes ou l'Armagnac, dans le Béarn
ou la Bigorre comme dans le Comminges et le Couserans.
Il y aura bientôt trois ans que l'Escolo derns l'ircne'os est venue
s'ajouter à ses sœurs occitaniennes et joindre ses efforts aux leurs pour
maintenir et relever notre langue méridionale, et, avec elle" et par elle,
tout ce qui fait l'originalité de nos pays gascons. C'est déjà la troisième
réunion plénière qu'elle tient depuis sa fondation, chaque fois en un point
différent de son territoire : après Saint-Caudens, après Bagnères-deLuchon, c'est Saint-Girons qui veut bien la recevoir, et d'une façon
princière ; c'est ici qu'elle vient cette année célébrer sa fête, véritable
Fête nationale de nos régions commingeoises et couserannaises,
consacrée à mettre en plein jour et à glorifier tout ce qui est nôtre, notre
pays, notre race, notre langue, nos usages, notre peuple couserannais et
commingeois.

�189
Et c'est aussi la seconde fois que notre Escôlo a l'honneur et le plaisir
de féliciter et d'encourager tous ceux qui veulent bien, répondant à son
appel, étudier et cultiver comme il mérite de l'être l'idiome de nos pères.
Elle est surtout heureuse et fière de constater que le nombre de ces
vaillants patriotes augmente chaque jour, et que même le concours de ses
Jeux Floraux est cette année, surtout pour la section de linguistique et
pour la prose, notablement supérieur à celui de l'an passsé.
Chose curieuse — simple hasard sans doute : — Tandis que les pièces
du « Grand Concours » nous sont venues surtout des confins extérieurs du
Comminges (Htes Pyrénées, Gers, Couserans), c'est presque uniquement
du centre que nous sont arrivées les copies du «Petit Concours», du
concours entre enfants. Et pourtant, d'une part, une langue abandonnée
des enfants est une langue condamnée à périr ; et, de l'autre, ceux qui
nous ont adressé les jeunes concurrents pourraient bien mettre pour
eux-mêmes la main à la plume, et avec succès. Il y a lieu d'espérer que
l'an prochain l'équilibre s'établira ici par une plus complète extension
géographique des deux parties de notre concours.
I). Les enfants au dessous de 11 ans avaient à faire, comme l'an dernier,
une version et un thème, ceux plus âgés une version et une narration.
Thèmes et versions ont été faits avec soin et généralement assez réussis.
Faisons toutefois observer aux jeunes concurrents, d'abord, qu'ils devraient se conformer plus exactement aux conditions du concours (p. ex.,
pour la version, recopier le texte, faire le mot-à-mot, etc.); puis, qu'il
faut, dans une traduction, serrer le texte de près, éviter de le délayer, et
en respecter, autant que possible, la construction et les tournures, tout
en donnant, en fin de compte, un gascon pur ou un français correct ;
enfin, que nous désirons avoir le travail personnel des enfants plutôt
que celui de leurs parents ou de leurs amis. Ceci s'applique aussi aux
narrations, peut-être un peu trop aidées, si bien que l'on peut y remarquer
avec surprise « autant de... philosophes que de jeunes narrateurs ». Il
y a une mesure à garder ici; il y a.une différence sensible entre se
faire dire un mot ou deux, indiquer quelque détail curieux, et se faire
faire une partie du travail.
A ces réserves près, le Petit Concours, répétons-le, est assez réussi, et
les narrations, notamment, sont fort intéressantes. L'an dernier nous
avions donné comme sujet « La Fêle locale », occasion pour les enfants
de nos régions de décrire en gascon les usages suivis dans leur commune,
usages souvent curieux, tous d'ailleurs empreints de la marque traditionnelle. Cette année, le sujet, « La Fêle de la Saint-Jean », se rattachait
aux origines mêmes de notre civilisation méridionale, remontant jusqu'à
l'époque gauloise, s'il est vrai que le feu de joie et les autres cérémonies
de ce jour sont, du moins en partie, des restes de l'ancien culte celtique
du Soleil, conservés par l'Eglise pour honorer le Précurseur. Or, il n'y ft
pas, en France, de région où la Saint Jean soit plus fêtée et d'une
manière plus originale que dans nos régions commingeoises, où jadis fut

�190
adoré Âbellion, « dieu solaire et dieu musical »
génie, comme l'Apollon
des Grecs, de la lumière et de l'harmonie. Dans la montagne, surtout, la
cérémonie a un caractère étonnant et grandiose. Ce n'est point un "simple
tas de paille ou de fagots qu'on enflamme; c'est un énorme brandon,
appelé halhd 2 dans les vallées de Luchon, de Larboust, d'Oueil, d'Aran,
etc., har dans la Barousse, à Aspet, à Saint-Gaudens, à Labarthe-deRivière. Il est fait d'un tronc de sapin, parfois de hêtre, de 7 à 10 mètres
de haut, serré aux deux bouts par deux solides lien-s de noisetier ou deux
cercles de fer, puis fendu en long, les fentes maintenues ouvertes par des
coins de bois pour donner à l'ensemble la forme d'un gigantesque fuseau,
et remplies de copeaux et de paille. Il est offert par les derniers nouveauxmariés de la commune, parfois plusieurs mois à l'avance ; souvent il est
couronné de roses et surmonté d'une croix de bois. On le plante debout,
l'extrémité la plus grosse en haut, tel un menhir, et toujours au même
endroit, traditionnellement.3 Puis, à la tombée du jour, on s'y rend en
procession, et le curé, après l'avoir bénit, y met le feu avec un cierge. La
flamme s'élance en un instant de la base au sommet. L'immense torche
fume, rougeoie, craque, pétille, étincelle. A ses pieds, les enfants font
tourner à tour de bras d'autres petits brandons, faits, à l'image du grand,
d'une grosse branche refendue, ou encore d'un bâton entouré d'écorce de
bouleau. Des serpents vivants et des fleurs se tordent dans le brasier,
tandis qu'on chante ou qu'on pousse des cris de joie. Et comme les feux
s'allument presque en même temps dans tous les villages, on peut bientôt
apercevoir des hauteurs comme une traînée de flambeaux ardents,
surmontés de rougeâtres vapeurs, qui enguirlandent les vallées.
Voilà ce que les enfants nous ont décrit, avec d'autres détails intéressants
et pittoresques. C'est qu'ils étaient là, non comme simples spectateurs,
mais comme acteurs. Et sachez bien qu'ils s'acquittaient consciencieusement de leur fonction, tellement, nous dit l'un d'eux, « que je fermais
les yeux et que je ne m'occupais que de moi-même » : « prcmous que so
» talaméns acupat alabcïs at mèv IrcvaUt que mrri's gùéU e que nou
» m'avisi que de jou... » Nous, nous conserverons religieusement cette
coutume séculaire ; et il nous sera permis — sans lui enlever pour cela ni
sa signification naturaliste, ni sa signification chrétienne — d'en faire un
peu ce qu'en ont fait dernièrement nos frères les Catalans pour célébrer
le triomphe partiel de leurs revendications provinciales '*, de la prendre
comme symbole de la vitalité de notre langue, qui ne cessera pas, s'il plaît
1. J. Saeaze (Voy. Hist

Ane. de Ludion,

pp. 5. 25--G,

et Epigrapbie de Luchon,

p. 25-29.
2. V.ns, au nord, à Puydaniel, à VillelVanche d'Aitartvr, on aj pelle halhèro le feu (ou la
fête), quoiqu'on emploie des fagots. Ilalhà e' Imlhérn &lt; ■ 'atiael.enl à halho • disndclle .,
île facnla ; har viant peut-être du grec pbaro?, &lt; pu.u.j - ^.i lïtinçaii savant.
3. Et lianh à Kagnères-de-Ludion, Sert Bincëns à Salles, Et l'as île Sacouma ii Mayrégne,
Era Harraje à Sniiil-frral-d'Oueil, Sénto 'Hralo a Saiul-Mainet, Sent Aubin a Labarlhe-de
Itiviére. elc.
k. Voy. notamment La l'eu de Calalunuya, N" de Juin 1907.

�191
à Dieu, tant que le soleil éclairera la terre, de jeter aux échos des
montagnes ses sonorités éclatantes, de répandre sur nous comme ses jets
de chaleur et de flamme....
II). Le « Grand Concours » de cette année, Mesdames et Messieurs,
autorise de telles espérances. 11 nous a donné des œuvres de première
valeur, et auxquelles nous n'avons pu refuser quelques-unes des plus
hautes récompenses dont dispose notre Escolo.
1. A parler franc, on pouvait désirer mieux pour la Poésie, surtout
pour le gascon de la Montagne. A quoi tient cette infériorité ? Peut-être
à ce que nos régions sont entrées plus tard que d'autres dans la voie
félibréenne. Un peu, aussi, à un manque d'originalité dans le choix des
sujets, à une certaine routine qui fait redire en gascon ce qui a été déjà
plus ou moins bien dit en français, copiant même servilement les genres,
les tournures, et encore de manière à ne donner qu'un pâle décalque.
Puis, à l'usage d'un gascon trop mélangé, soit par confusion illégitime de
dialectes, soit par intrusion trop fréquente de gallicismes (mieux vaudrait
la recherche opposée, quoiqu'il ne faille pas en abuser, de peur de
donner au style quelque chose d'un peu pénible). Enfin, il faut bien le
dire, à une certaine ignorance des règles de la versification (rimes, césures,
etc.), pourtant essentiellement les mêmes en gascon qu'en français, et
sans tant de chinoiseries, ce qui les rend plus faciles. Nascuntur poetœ :
cela est vrai, et il y a, dans plusieurs des poésies qui nous ont été
adressées, de l'imagination, du souffle, du sentiment, de l'harmonie ; mais
ici trop de facilité, là de la prolixité ou de l'à peu près, de l'embarras,
des vers boiteux, des barbarismes... L'inspiration vient peut-être sans
travail ; mais l'exécution en exige.
Une technique plus correcte, plus sûre, voilà, ce qui manque à la
poésie de M. Paul Pérès (Lou blat), aux deux de M. Henri Morère
(Margaridos, et Era Marselhéso deis Ariejouèsis) ; à la pièce Barilhos,
de M. Léon Soula ; aussi, à celles de M. Jean Laquet (0 tu, bèth Chu, et
Houséto deros l'irenéos, celle-ci sur un joli air d'ailleurs) : et de même
un peu à MM. Henri Pujens et Louis Barbet, tons deux jeunes et convaincus (le dernier, qui n'a encore que dix-neuf ans, a déjà publié dans
1' « Union Pyrénéenne » une gracieuse pastorale), mais l'un ayant fait sans
doute un peu vite son Ode A la Campanho, l'autre mêlant trop arbitrairement dans Era Maysouv abandounado et Bisiouv det clouchè le dialecte
de la Montagne et celui de la Plaine, l'article lou et l'article et. Ailleurs,
c'est l'ensemble qui est un peu terne : Mlle Noélie Beffeyte, avec ses
Adius d'uo pescairo ara (ìaròno cat Salat, se maintient dans le même
genre et à peu près au même point que l'an dernier: M. Tarride, de
Saint Girons, dans Et beroy Carrilhoui} déroule sur un air composé par
lui des vers faciles : M. J. Soulé Venture, dans Era Cassa del GatMàrtre, parcourt toutes les montagnes de la Barousse : l'histoire est
amusante, mais il y a des longueurs. Il y en a aussi chez M. Saint-Martin,
dans son touchant récit : Bèlho de Nouèl (sic) chè la pauro Suzanno.

�192
Les meilleures pièces sont encore celles de MM. Milton-Lecocq (0 Mouy
Pais, à la finale émue) J.-Marie Servat (Debès la luts), et Armand
Lamothe (Printéms de bito gascouno). Ces deux derniers connaissent
très bien leur langue : l'un, avec
avec un peu plus de naturel et
presque parfaites. En résumé, un
et cela suffira pour que l'esprit,
siasme de nos Gascons arrivent à

une composition plus soignée, l'autre,
d'aisance, nous donneront des poésies
peu plus de soin de la forme extérieure,
l'imagination, le patriotisme, l'enthoucréer une belle littérature poétique.

Avant de quitter la section poésie, nous devons faire une place à part
à MM. Louis Armangué, de Céret, et Fr. liscaich,. de Labastide-deSérou. Le premier, non content de nous dire avec une verve comique
« Lo Miracle de San-Cucufat », nous a adressé une traduction en vers
catalans de quatorze fables de La fontaine, fort bien faite, dans, un
dialecte coloré et expressif. Exemple à suivre par nos Gascons. L'eiïort
pour rendre dans sa propre langue les beautés des ouvrages écrits dans
une autre finit par rendre parfaitement maître de son idiome; on l'assouplit, on le fortifie, on l'enrichit dans cette lutte corps à corps ; et l'on
parvient à mettre enfin à la portée de ses compatriotes, dans le parler
qui en dit le plus à leur esprit et qui leur va le plus droit au cœur, les
belles pensées, les vives images, les sentiments généreux exprimés par
les génies littéraires de fous-les temps et de tous les pays.
Mais c'est peut-être le théâtre qui a le pas sur tous les autres genres,
si l'on veut agir sur la foule, et faire vraiment paraître en plein jour
notre langue d'Oc. Il nous manque encore un théâtre gascon. Il faut
donc louer M. Fr. Escaich de ne pas s'être borné â nous envoyer, sous le
titre de « Ço qn'aymi », un charmant sonnet. Il y a joint" le 4e aete de
sa comédie « /.'( Fèsto de Fouych ». Pourquoi le 4e seulement ? Est-ce
parce qu'il peut se découdre aisément (trop peut être) des trois autres, ou
parce que le temps a manqué pour recopier le tout 1 ? En tous cas il y a
là un certain « Majouflo », marchand de bric-à-brac, qui dit à merveille
et tout au long leurs quatre vérités à trois demoiselles savantes qui se
sont rencontrées avec lui en wagon et qui ont l'air de mépriser l'Ariège.
Mais, c'est au contraire un pays de cocagne ! Rien n'y manque (on le voit
bien aujourd'hui) : bonne table, bon vin, beaux sites, passé glorieux,
fiers monuments, gens aimables.... Tout cela gagnerait à être mieux
composé, plus condensé; mais c'est plein d'entrain et de brio.
2. Il nous tarde d'arriver à la plus belle partie de notre Concours :
la prose, les travaux linguistiques et traditionnalistes.
Nos prosateurs ont pleinement répondu cette année à l'appel que nous
leur adressions l'an dernier. Sans doute, nous ; vous revu, — et il a bien
son charme aussi, pourvu (on l'çuldk trop) i( .".] tu tombe pas dans la
vulgarité et ne dépasse pas les bornes permises, — le conte gaulois, la
I. Nous «vous apptri.8 depuis que les trois premiers actes sont en français. Il reste vrai
que le 'i* constitue, à lui seul, une petite pièce qui se lient.

�193
grosse mais innocente farce racontée avec bonhomie et malice. Tels
L'Echarmeniado de M. Pujens, Un bilatge moudèlo de M. Paul Pérès,
Et goitéu de M" Curé, de M. H. Morère, tous trois déjà nommés ;
/ br.roy álrèt d'Âurés, de M. l'abbé Marsan, que nous retrouverons
tout à l'heure ; et même Praubes Gendarmos, de M. Sémeilhon (encore
un jeune, qui mérite d'être encouragé).
Mais nous avons été heureux de pouvoir distinguer particulièrement
trois travaux de longue haleine.
M. Jean Laquet, déjà nommé, nous a envoyé une longue monographie
(près de 50 pages) : Era mio Balèo : llanhèros e Campa, dans le parler
de Bagnères de-Bigorre. B nous fait parcourir avec lui sa vallée de prédilection, nous signalant chemin faisant les beaux sites, les antiques monuments, les hommes illustres et les événements les plus curieux. Malgré de
trop nombreux gallicismes, le vocabulaire est riche et original, le style
couláïu, l'ensemble traversé d'un généreux frisson de patriotisme local.
« Amou e Fraternitat », telle est la devise de l'auteur ; et, pour montrer que le véritable amour du pays et des compatriotes ne se réduit pas
à une vaine sentimentalité, mais sait être agissant, il nous a adressé,
(encore en gascon), une étude des plus intéressantes : Eds arts enas
llaulos Pirencos (Moyens pour développer l'industrie et le commerce du
bois dans les régions du haut Adour). Peu de travaux pouvaient plaire
davantage à notre Escolo, désireuse de maintenir le culte du pays natal
et de travailler de toute manière à la prospérité de nos régions pyrénéennes.
M. Paul Pérès, d'Auch, a consacré plus de 20 pages à nous raconter
la vie d'un aventurier gascon, Audijos, contemporain de Louis XIV,
révolté contre la gabelle, tenant tète pendant 12 ans aux gens du roi, mais
obtenant enfin son pardon, et mourant colonel de dragons à la bataille de
Messine : « coum' ur/ eròs ; ço que prbbo que s'a lutat countro lous
« souldats dou réy, n'a pas james cessat de, demoura Francés de co. »
Ecueil, ici encore : le gallicisme (orthographe et expressions). Mais
c'est de l'histoire locale, ce sont les exploits d'un Gascon, et racontés en
gascon.
Enfin le plus beau travail, sans contredit, de tout le concours littéraire,
c'est cette Crounico de l'Abadio de Simòrro qui s'est trouvée être l'œuvre
commune de deux félibres, MM. Urbain Lacaze et Etienne Levrat. Nous
ne saurions mieux faire que de citer ici un passage de leur préface : La
poésie, disent-ils, déroute peut-être un peu les fils du peuple; montronsleur donc « la lévgo mairalo eleganto e oundrado, mes en son besticlii
» de cado jour.... Enta barra la courouno literdrio dou nòste parla,
» cnla-u rénde car à tas foulos, aro qu'ei aimât dous letrats, que
» caleré que dou beròi escabòt de poètos gascons sourtiscoussen quau» ques roumanciès ». Pour eux, ils supposent une pieuse caravane se
rendant de Toulouse à Garaison, l'an de grâce 1536, pour assister à
l'inaujuration du sanctuaire, et chacun des pèlerins, le seigneur, le curé,
le capitoul, le meunier, l'abbesse, racontant à son tour une histoire, édi-

�194
fiante, comique ou terrible. La langue de ces contes est coulante, pure,
élégante ; à peine parfois une légère gaucherie, bien difficile à éviter
d'ailleurs avec un idiome redevenu un peu neuf depuis son abandon ; les
sujets sont émouvants où attrayants ; en somme, presque rien à redire à
ce véritable petit volume de plus de 60 pages, mais les plus vives félicitations à adresser aux auteurs.
3. MM. Lacaze et Levrat arrivent également en tête de la section de
linguistique avec leur Grammaire gasconne, particulièrement de la
région de Simorre (Astarac), ouvrage solide, méthodique, complet,
excellent. Presque aussi parfaits sont les travaux de M../. Soulé- Venture,
de Ferrère (Glossaire de vieux mots usités en Harousse : plus de 1600
termes curieux ou anciens) et de M. l'abbé Marsan, curé de Saint Lary
(Contribution au Vocabulaire gascon : près de mille mots aurois, classés
par ordre de matières). Ces deux lexiques, le premier surtout, témoignent
de recherches longues, patientes, attentives, et d'une possession intime
de l'idiome local. Nous n'aurions guère à en dire que des éloges ; aussi
pouvons-nous être bref à leur égard. Nous nous contenterons de faire
une remarque : c'est que tous ces travaux de linguistique, intéressants
pour l'intelligence par la découverte de faits curieux et de lois précises,
mais arides après tout, ne parlant guère à l'imagination et au cœur,
n'auraient pas été entrepris, poursuivis avec tant de soin, d'application,
de passion même, achevés enfin malgré tout, s'il n'y avait pas eu là
l'amour du pays, — de la langue, et des hommes — pour en inspirer
et en soutenir les laborieux ouvriers.
Voilà aussi ce qui pousse des chercheurs ou des érudits comme
M. l'abbé Dambielle, à fouiller dans les archives orales de nos régions
gasconnes, cette fois dans nos vieux Proverbes, pour en donner un
choix disposé d'après la constitution de la famille paysanne et les
principales occupations du paysan. M. l'abbé Dambielle connaît bien
l'agriculteur du Bas-Comminges, et, à l'aide des dictons courants, il
met en relief à ravir les principaux traits de son caractère. C'est
encore ce qu'a fait un peu Mlle Isabelle Fourcade, de Cos, pour la vallée
de la Barguillèrc (Noël inédit, proverbes, etc.) ; mais nous avons dû
surtout récompenser le récit qu'elle nous a fait, avec charme et délicatesse, de la légende du Lion de Caralp.
Ce rocher à la forme étrange fut jadis, parait-il, habité par des
« dragues », espèces de fées aux battoirs d'or. Aujourd'hui, il est désert,
et malgré l'escalier qui le gravit et le sombre couloir qui le creuse, ni les
génies ni les trésors n'y ont été revus. Mais nous savons une montagne
qui produit toujours du fer, et du granit, et des hommes décidés à rester
eux-mêmes ; c'est la nôtre, c'est celle qui barre de sa crête altière et
dentelée les horizons du Comminges et du Couserans. Et nous savons,
dans cette montagne, un filon précieux qui n'attend que la pioche du
savant, que le ciseau de l'artiste, pour nous enrichir de matériaux
solides et brillants et pour enfanter quelque jour des merveilles : c'est,

�195

Mesdames et Messieurs, si nous savons le vouloir et le croire, notre
idiome gascon, notre chère langue d'Oc.

PALMARÈS DES JEUX
I.

FLORAUX

— *&gt;KTIT CONCOURS

A) Enfants au-dessous de 11 ans.
1°
1ER

23

Version gasconne (sujet :

SAVE
VIVES

Elie-Blaise, de Labarthe-de-Rivière (H.-G.).
Albert-Joseph, d'Alas, commune de Balaguères (Ariège).

2e Thème gascon (sujet :
ER

1

2e

SAVE
VIVES

LA MOLO DE LA LETAYRO)

LES

ARBRES ET LES

MONTAGNES)

Elie-Blaise. de Labarthe-de-Rivière (H.-G.).
Albert Joseph, d'Alas, commune de Balaguères (Ariège).

B) Enfants de 11 à 15 ans.
1° Version gasconne (sujet :
1ER ex aenuo
4

2e
es

3

\
/

ABADIE

ETS ADÎUS DET COURTAU DE CIZAÉS)

Roger, de Villefranche d'Astarac (Gers).
Biaise, de Juzet-de-Luchon (H.-G.).
Raymond, de Villefranche d'Astarac (Gers).
FORTASSIN

TOURNAN

0NDRES

ean

ar

ex ae uo \ ^
J
-M ie-Paul, de Labarthe-de-Rivière (H. G.),
ex aequ
SARRIEU Jean, de Salles-de-Luchon (H.-G.).

j

4°

Guillaume Bernard, de Labarthe-de-Rivière (H.-G.).
Antoinette, de Gouaux-de-Larboust (H.-G.).
6e ARNAUDUC Anna, de Gouaux-de-Larboust (H.-G.).
7E OLSTALET Aventin, de Gouaux de-Larboust (H.-G.).
8« LAURENSAT Auguste François, de Saint Gaudens (H.-G.).
5E

BELLOC

VERDALLE

2° Narration gasconne (sujet :
ER

LA FÊTE DE LA SAINT-JEAN)

Biaise, de Juzet-de-Luchon (H.-G.).
Jean, de Salles-de-Luchon (H.-G.).
4e BELLOC Guillaume Bernard, de Labarthe-de-Rivière (H.-G.).
) VERDALLE Antoinette, de Gouaux-de-Larboust (H.-G.).
4
/ LONDRES Jean Marie-Paul, de Labarthe-de-Rivière (H.-G.).
6e LAURENSAT Auguste-François, de Saint-Gaudens (H.-G.),
_
{ FORTASSIN Roger, de Villefranche d'Astarac (Gers).
EG
/ ex œquo j Qustalet ^ventin, de Gouaux-de-Larboust (H.-G.).
1

TOURNAN

3E

SAURIEU

8e

GER

Fernand-Silvain, de Boudrac (H. G.) (Ecole d'Estancarbon).
Anna, de Gouaux-de-Larboust (H.-G.).
10E ABADIE Raymond, de Villefranche d'Astarac (Gers).

9E ARNAUDUC

Abonnement à la Bouts dera Mountanho accordé pour 1 an à TOURNAN
Biaise, SARRIEU Jean, BELLOC Guillaume et LONDRES Jean Marie, et

�196
maintenu à FORTASSIN Roger,
en outre de leurs prix.

OUSTALET

Aventin et

VERDALLE

Antoinette,

f). Félicitations aux Maîtres.
L'Escòlo deras Pirenéos adresse ses plus vives félicitations à MM.
Louis, instituteur à Juzet-de-Luchon (H.-G.), SARRIEU
François, instituteur à Gouaux-de-Larboust (H.-G.), SAVE Bertrand,
SARRIEU

instituteur à Labarthe-de-Rivière (H. G.), et PIQUEMAL, instituteur à
Alas (A.), pour le succès de leurs élèves au petit concours.
—

II

GRAND

CONCOURS

A). Œuvres littéraires.
I.

Poésie. — ile Section

:

GASCON DE LA

Jean-Marie, pharmacien à Massât (A). . ..
Louis (Louis de Nouguès) d'Aventignan
(H.-P.)
SOULÉ Jean-Venture, cultivateur à Ferrère (H. P.)
LAQUET Jean (Jean de Cabadur),
publiciste, à
Bagnères-de-Bigorre (H. P.)
1,E
M
BEFFEYTE Noélie, de Péguilhan, à His (II. G.)
TARRIDE Bertrand, de Saint-Girons (A.)
MORÈRE Henri, avocat-notaire à Balaguères (A.)..
SERVAT

MONTAGNE

Médaille de bronze

BARBET

2ME

Section :

Médaille de bronze
Diplcnne d'honneur
Diplôme d'honneur
Diplôme d'honneur
Diplôme d'honneur
Mention

GASCON DE LA PLAINE

Armand, cultivateur au Bernés, près
Eauze (Gers)
L. MILTON-LECOCQ, de Gaujacprès Lombez (Gers).
PUJENS Firmin Henri, à Dému, près Eauze (Gers).
ESCAICII François, de Labastide-de-Sérou (A.)....
PÉRÈS Paul, d'Auch (Gers)
LAMOTHE

3ME

Section :

Médaille d'argent
Médaille de bronze
Médaille de bronze
Diplôme d'honneur
Mention

AUTRES DIALECTES

Catalan

ARMANGUÉ

Languedocien

Gaston, contrôleur des
chemins de fer à Toulouse (H.-G.). Médaille de bronze
SOULA Léon, instituteur au Carlaret
(A.)
Diplôme d'honneur

Céret (P.

Prose.

1°
Travaux étendus
2°

Contes

O.)

Médaille de bronze

SAINT-MARTIN

Languedocien

II.

Louis, traducteur juré, à

— lre Section :

GASCON DE LA MONTAGNE

Jean, publiciste, à Bagnères-de-Bigorre (H.-P.)
Méd. d'argent (grand prix)
Abbé MARSAN, curé de Saint-Lary,
v. d'Aure (H.-P.)
Diplôme d'honneur
MORÈRE Henri, avocat-notaire à Balaguères (A.)
Diplôme d'honneur
LAQUET

�197
ME

2

1°
Travaux étendus

Section :

GASCON

DE LA PLAINE

Urbain, surnuméraire de
l'enregistrement à Villefranched'Astarac (Gers), et
LEVRAT
Etienne, interne des hôpitaux de
Toulouse
MÉDAILLE DE VERMEIL
PÉRÈS Paul, d'Auch (Gers)
Méd. de bronze (grand prix)
LACAZE

Paul, d'Auch (Gers)
Diplôme d'honneur
Firmin Henri, deDému, près
Eauze (Gers)
Diplôme d'honneur
SEMEILHON André, élève de première
au Lycée d'Auch (Gers)..
Mention

2°

PÉRÈS

Centes

PUJENS

III. Théâtre
ESCAICH

François, de La Bastide-de-Sérou (A.)... Médaille d'argent
IV. Traductions

ARMANGUÉ

Louis, traducteur juré, à Céret (P. O.). Médaille d'argent

B) Études grammaticales, historiques ou sociales.
I. Linguistique
Urbain et LEVRAT Etienne
MÉDAILLE DE VERMEIL
Jean-Venture, de Ferrère (Barousse, H.-P.) Méd. d'argent (grand prix)
Abbé Fr. MARSAN, curé de Saint-Lary (H.-P.)... Médaille d'argent

LACAZE
SOULÉ

IL

Folklore

Abbé DAMBIELLE Henri, curé de Montblanc, par
Samatan (Gers)
Médaille d'argent
Mlle FOURCADE Isabelle, de Cos, près Foix (A.)... Médaille de bronze
III.
LAQUET

Arts locaux

Jean, de Bagnères-de-Bigorre (H.-P.)

Mention très honorable

Distribution des Récompenses
Un assez grand nombre de lauréats, venus à notre fête, se trouvaient là
et ont répondu à l'appel de leurs noms. C'est la Reine elle-même, assistée de Mlle M. Sarrieu en Luchonnaise, qui leur a remis gracieusement,
aux applaudissements de l'assistance, les médailles, les diplômes ou les
prix qu'ils avaient obtenus. Plusieurs d'entre eux, que nous retrouverons
plus loin, ont bien voulu nous lire ou nous réciter leurs œuvres. On a
surtout applaudi vigoureusement les noms des Couserannais heureux,
tels que MM. J.-M. Serval, de Massât, Henri Morère, d'Engomer,
F. Escaich, de La Bastide-de-Sérou, et Bertrand Tarride, « Pétameurpoète bien connu à Saint-Girons ».

�198
3'.

(SOUP

d'Amour

Alors a commencé la « Cour d'Amour » proprement dite, ou hommages à la Reine et à sa cour : bien mérités, n'est-ce pas, après les flots
d'harmonie déversés sur nous, après les dons joyeusement répandus sur
l'Escòlo ou distribués d'une main royale aux plus vaillants de nos
jouteurs?... C'est notre Président, M. de Bardies, qui entre le premier
dans la lice :

E

ARA

SIO

COURT

Rèyno, per saluda ta graciouso persouno,
Jou bòli rapela que toustém un. Terssac
Aymèc, dam et pals, era léngo gascouno,
Et parla que dizém de Salau à Barjac '.
Acó n'é pas noubèu, car abiòn hèt un pac
Dam 'ra 'stélo que luts at cèu dera Oarouno
Sus et blan.c dera nèu prochi det bért det'lac,
Tous ayjòus '' ; la plaçant aué 3 sus ta courouno.
Mes, quan rèyno 'n beutatch te béiiguen prouclama
Eras poulidos flous qu'a mirgalhatch ta ma,
Perquè cérca 't blasoun de tas nôblos familhos?
Hilhos det Balamét e dedj Arac o hilhos,
Eiîcantados 5 d'amou, que mous hèts 'ras aunous ;
Bòstris quéiches6 un réy coubririó de poutous !
(Vifs applaudissements).
Parla de Sen-Girouns.

L.

DE BARDIES.

1. Barjac est une commune ilu canton de Sainte-Croix où cesse le gascon montagnard.
— 2. Les Terssac blasonneul : Iturelé d'argent et de sinople, chaque pièce d'argent chargée d'une
étoile degueulei. — 3. « Aujourd'hui .. —- h. Le Balamet arrose la vallée de Bethmale et
l'A rac celle de Massai : le premier se jette dans le Lu, affluent du Salai, et le second
dans le Salat même. — 5. « Fées ». — 6. ■ Joues ■.

Puis, tandis que l'on applaudit chaleureusement la Reine et notre cher
Président, s'avance à son tour M. Fr. Escaich, notre porte-bannière :

à noblo Doumoysèlo Upbanio de Tepssac
PROUCLAMADO PES FELIBRES RÈYNO DE LA COURT D'AMOUR

le

15 Setembre 1907, à Sen-Girouns

Bèro flou del païs, o Ròso de moun cor,
Le Felibre dount bous aué1 peychets- la liro
Amb' un dounoulh pel sòl d'un ouélh dous bous albiro 3,
Regretan de n'abé qu'acó per tout trésor.

�199
gauteh4,

Ajats
si-bou plèt, d'aquét petit bouquét
Presentat pes amics de l'Escòlo amassado :
A cado flou qu'on béts, i a 'no douço pensado
Que del còr pouj'à bous pu bite qu'un gisquét 5.
Quin bous dében ayma de lour ouélh dous e fièr,
Les aujòls del castèt dins lour tèlo 'ncadrado !
Des nobles chibalhès dount Rèyno èts debarado
Le còs deu tresteja0 qùaque bardât de fèr.
Car, pendént l'escourcoulh7 i'èyt al temple de pats
Ount, per diz' un Abé, le fìdèl s'endounoulho,
Aujissèts darrè bous uno ma que bourroulho
Le pourtanét de fèr que, tranquille, passats.
Dins les tourbilhouns d'òr que le bént fè leba,
Anats, sens abé pòu que l' « otó » bous cap-lèbe,
Dins un pal's tant bèt que dizen qu'es un rèbe8...
Mès,... bous,... qui de nous aus nou fasèts pos reba?
Goumo '1 liri pourtats la douço reyetat ;
Car d'uno bando d'òr en pèrlos ílurounado,
Countésso de Terssac, èts aué courounado
Rèyno de nòsto Court e Rèyno de Beutat.
Dinho filho d'aujòls dount le sarçg n'és pos coutch 9,
Dizets-me per qui douijc an pausat de guirlandos
Que fèn del bòst' Escut reberdeja las bandos
E luzí las d'argént à cinq estélos routch 10 ?
Un' auto 'stélo, 'mics, mirgalho" dijous '1 cèl,
Car sous dus ouelbiquéts sémblon la prado bluio ;
D'une couméto d'or sous pélses fèn la cuio...
Es l'estél' à pintra dins un riche missèl.
Les paures, j'at sabén, per bòsto caritat,
Bous pòrton aqui-naut dount semblats debarado,...
E, se de lour amour èts toutjoun adourado,
J'èts l'angel dount le cèl doutée bòsto citat !
De las naus sòrs, aué, n'èts-ges [U un auto sòr ?
Car toutis qu'èn ací de bousfasèn caprici ;
Per éris, cresets-gòt, en plazé bous oufríci
Ambé les bèrs d'amour, l'oumatje de moun còr!
Des coumpliménts que fèu agradats-ne les bèrs,
Qùaque i-ájo, bessè, paraulos afasliousos ;

�200

Mès qui-m rebencera'* las rimos amistousos
Que fèts nèych' en nous-aus que de bous èn ta flèrs ?

( Vifs applaudissements)
Parla do la Bastido-de-Sérou.

Fr.
).

■ Aujourd'hui ». —

h. . Joie, plaisir ».

2.

Peyche,

ici

■ nourrir ».

— 5. ■ Jaillissement ». — 6.

ESGAICH.

— 3, Albira

. admirer ».

—

« Tressaillir ». — 7. ■ Visite », -

8. ■ Ces trois vers font allusion au voyage dans les Indes, en automobile, de Mlle Ü. de
Terssac. — 9. ■ Couard, poltron ». — »0. ■ Les de Terssac blasonnent : burel» d'argent
et
11.

de

sinople

Mirgalha,

et

chaque

ici

■

pièce

miroiter en

d'argent

chargée

scintillant ».

—

d'une
12.

«

étoile

de gueules

N'ètes-vous

». —

point... » —

!:■!. Rebénce « contredire, réfuter ».

CHŒURS GASCONS. ENTHOUSIASME GÉNÉRAL

M. Fr. Escaich remet alors à la Reine la copie de sa pièce, magnifiquement calligraphiée et enluminée, et ornée des noms de toutes les
villes d'Orient et d'Asie qui ont vu le passage de MUe de Terssac.
La Reine remercie d'un sourire, et aussitôt l'Orphéon saint gironnais attaque la complainte de Gaston-Fébus, comte de Béarn et de Foix,
devenue comme l'air national de nos montagnes pyrénéennes :

Aquéros mountanhos
Que ta hautos soun
M'empatchon de béze
Mous amous oun soun !..
Rien de mieux, encore, pour une « Cour d'Amour ». Toute la salle
reprend en chœur les tendres couplets, aux infinies variantes. Les auditeurs deviennent eux-mêmes personnages agissants, acteurs de la fête,
ainsi vraiment populaire et nationale. On avait bien là la sensation de
tout un peuple communiant dans la vive conscience de l'unité morale de
sa race et de l'immortalité de son génie. La musique, plus que toute
autre manifestation littéraire ou artistique, sait accomplir cette merveille ;
elle a le pouvoir de réveiller ces sentiments confus, mais profonds, qui
sont parfois endormis, mais qui ne meurent point ; qui couvent parfois
longtemps, comme le feu sous la cendre, mais qui n'attendent qu'un
souffle, qu'une étincelle, pour jaillir aussi vivants que jamais.
La musique locale a été vraiment pour beaucoup dans le succès de
notre fête. Nous devons donc ici remercier tout particulièrement l'Harmonie a l'Union Saint-Gironaise », et « l'Orphéon de Saint-Girons »
(60 exécutants) du concours qu'ils ont bien voulu nous prêter '. Ils ont
compris qu'il s'agissait ici d'une œuvre patriotique entre toutes, et ils
sont venus à nous sans détours. Nous devons aussi des remerciements
spéciaux aux 25 jeunes gens de Saint-Lizier, l'ancienne capitale couserannaise, qui se sont joints à leurs camarades de l'Orphéon de SaintGirons pour nous faire plaisir et honneur.

�201
L' « Union saint-gironnaise » a exécuté, sous la direction de M. Thibaudo, plusieurs morceaux, parmi lesquels « la Toulousaine- » (à l'arriyée du cortège à l'estrade) et « Les Echos du Midi » (vieux airs populaires). L'Orphéon nous a donné encore « Les Paysans » et « Sur les
Hemparls ». Tout cela a été joué ou chanté à merveille ; « Aquéros
Mountanhos » nous est allé au coeur.
t. A la sortie de la séance M. de Bardies, membre honoraire de l'Union Saint-Gironnaise, quittant un instant la Reine et sa suite, s'est rendu lui-même au punch de l'Harmonie et de l'Orphéon, et a félicité chaudement les exécutants, attablés sous la présidence
de M. Charles de Terssac (président de

l'Harmonie) sur leur brillant concours «I leur

succès.

4° Œuvres lues ou récitées
La séance a continué par la récitation ou la lecture de plusieurs pièces
couronnées: quelques-unes dites par les lauréats eux-mêmes (Debès la
luts, par M. J.-M. Servat ; Jlouséto deras Pirenéos, par M. J. Laquet ;
Era Maysour/ abandounado et Bisiout? det Clouchè, par M. L. Barbet,
le jeune montagnard de l'estrade, candidat au Conservatoire, qui produit
une vive impression par son débit net, puissant, coloré, et sa voix chaudement timbrée) ; d'autres, par des Membres du Bureau (O moun Pais, de
M. L. Milton-Lecocq, par M. l'abbé Daubian ; Printéms de bito gascouno, de M. A. Lamothe, par M. B. Sarrieu). Ces poésies, gracieuses
ou émues, où vibrent l'aspiration vers l'idéal, l'amour du terroir, le culte
du foyer, le sentiment de la vie locale, l'attrait de la haute montagne ou
l'enthousiasme félibréen, — et entre lesquelles la musique se fait plusieurs fois entendre, — sont applaudies chaleureusement. Les voici, dans
l'ordre même (sauf erreur) où elles ont été dites.

[PRUMÈRO

MEDALHO

DE

BROUNZE]

Debès la luts ! qu'é '1 crit de touto la naturo,
De tout èste que biu, de tou èste qu'a lént '.
Le soulélh fè la flou, la fruto, la berduro ;
Qu' é 'I poutou qu' à la tèrro embe-yo 'I cèl risént.
Debès la luts !., ça dits le guzou5 de la trufo
Que pùéyjo del parsou3 per debès le bujal*.
Da m ayre ! da-m clarou ! ça dits al bént que bufo
L'arbinhòt encrauquit5 nescut al martrigalG.
Bibo la luts! ça dits à la nhét7 peserouso8,
La flouréto, en barran soun poulit coularét ;
Dema, dema biera moun abélho amourouso
Pourtá-m le pollen d'or ambe '1 rajòl9 clarét !

�202

Bibo la luts ! Qu' é 'I cant de l'auzèl à l'albéto
Quan le soulélh gaujous, en afougan 10 le cèl,
Estrémo d'ël la pòu qu'esfreséych soun aléto "
D'auzl miaula, la nhét, le chòt12 al bèc crttèk
Debès la luts ! ça dits le nouyrissat que crido
Al brassât de sa may en mabén sous penhous ;
Flouréto, qu'a besounb end' entertié'3 sa bido
Le soulélh, l'ayre pur e noun pas les cantous.
Bibo la luts enda 'I malaut à l'amo
Que demano al soulélh d'amourtousi
L' espèr e la gaujou li tournon per
En fèn-li deybremba qu' é 'squitous'4

tristo
soun mal ;
la bisto
e mourtal.

De béze '1 chlu15 de luts que bié eygaji soun amo,
Le presounhè macat malazéych mes soun sort ;
Payrat 6 del dous soulélh, de sa risénto flamo,
L'escur de sa presou porto l'eygùéch de mòrt.
Bibo la luts ! la nhét qu'é l'ourn de la fèro 17
Que rodo enda 'strangla le îlac, l'inoucientou ;
La nhét qu'é le pregoun de la mar, la cloutèro 18 ;
La nhét qu'é '1 mántou nér qu'amanto 'I trazidou.
Quan, pel cèl estelat, tan lis d'estéls poulidis
Gremilhéjon, la nhét, aychus l'orne pensiu,
Le rebayre treblat giro 1J sous ùéls rabidis
Debès tant de soulélhs que fèn créze en un Diu.
Luts del cèl ! biéne oumpli de coulou ma paleto !
Dits l'artisto embejous de l'òbro de beutat.
Debès la luts ! qu'é '1 crit del sabént, del pouèto,
Del pensayre qu'es mòr en cercan la bertat.
J.-M.

SERVAT.

Parla de Massât (A.)
r

\ \. • Qui respire •. — 2. ■ derme .. — 3. . Silo ».— &lt;.. Soupirail ». — 5. • Rabou-

f

gri • . — 6

■ Fourré .. — 7. ■ Nuit .. — 8. &lt; Paresseuse ». — 9. . Hayon ■. — 10. ■ Eu

embrassant ■. — II. « Dissipe la peur qui fait frissonner son aile ■. — 12. ■ Chouette ■.
— 13. • Entretenir .. — 14. . Chélir -. — 15. ■ Le peu ». - 16. Privé .. — 17. . Du
fauve ■. — 18. « Fossoyense ». — 19. ■ Tourne ■.

O MOUN PAÏSÎ
[MEDALHO

nr. BEOUNZEI

Dins sa poubéro d'or quan le soulélh tout biu
Alugo las sûos candélos,
De sous hùécs, tout d'un còp, estabournich ' l'arrlu
Oun se mirauon las estélos.

�203

Mès lèugèro qu'un hum, la broumo des bousquets
Douçomént au cèu blu s'embòlo,
Pendent que l'Angelus hè tinta pes tupès
Uo cansourt que rabiscôlo 2.
Pés prats blanquis d'arròs, la balénto perdic
En tout cacqueja se passéjo ;
E le parrat boulur, quan n'a beuiit un tchic
Tout escarrabelhat 4 piùléjo.
En loc mès, coum' aqui, las flous sentichén boun,
E nado brénho, mès maduro ;
Nat blat, mès coulou d'or au soulélh de miedjoun ;
Nado prado, tant de berduro.
0 Flous de mouij Païs, ô bèt cèu de Loumbès !
Soulélh de ma bèro Gascounho !
Louy de tu souy tout soul, louy de tu t'aymi mès,
Louy de tu moun co se bergounho ! 7
Aymi les prats flourits de tous proufounds barèyts
Oun s'en ban pèche las auélhos ;
Aymi tabéi), è mès, la douçou de tas nèyts
Quan le béut hè trambla las hùélhos.
Des bòsques éndroumits dinqu' au prumè màytii},
Debat la liiio que blanquéjo
Sul' les pibous quilhats tout le loung dou camin
Que cabbat l'arriu serpentéjo.
0 moui) Païs, moun cèu, moun soulélh è mas flous,
Tèrro gascouno tant aymado,
Le jour coumo la nèyt, que soumnéji de bous !,
Ey moun amo tout' epcrumado 5
De nou poudé 'nta bous m'alarga ! 8—
La segado6
Sènse jou taplap se hara !.... —
E s'ey cantat auèi — d'uo bouts enraucado —
Ero mès de pòu de ploura ! ....
Parla dou canlouii de Loumbéz (Gers)

L.

MILTON-LECOCQ

1. Estabouritich • Étonne, éblouit ■. — 2. Rabiscôlo ■ Réveille, réjouit &gt; — 3. Un
tchic &gt; Un peu ■. — 4. Escarrabelhat &gt; Dégourdi, leste &gt;. — 5. Encrumado ■ Embrumée,
remplie de nuages noirs (par métaphore), sombre, triste •. — 6. Segado « Moisson &gt;. —
7. Si bergounho : Vient de bergounhous, qui veut dire ■ triste ■, et qu'on pourrait traduire
pins fidèlement par « neurasthénique • ; se bergounho, • se rend malade de tristesse et
d'ennui •. -- 8. L'auteur, retenu en Normandie, puis en Allemagne, n'a pu en effet se
trouver parmi nous.

�204

I

ERA MAYSOUN ABANDOUNADO
Arrés laguéns ; nat brut ; silence religious ;...
Et soulélh de que bacho embôyo sos rayous
Tamisats ped hùelhatge apalit...' R' ouro ey douço,
E qu'enténi 'd arriéu plapeja1 pera mousso...
Qu'an dichat tout atiéu, ed asmári ; ed miralh ;
Ed pourtrèt ajaunit e groussiè d'un gran-pay ;
'Ra taulo de nouguè ; 'ra pendulo rustico,
Dab ed balans faussât de qué, pas mès, nou tico...
'Ra poussièro a ternit, d'uii mince damantau,
Es oubjèts ; près ded hùèc, caboussat, un metau,5
Bachat dessus ed flaijc, eternèloméns bado
Deuant iou cassaròlo en larè desbrembado ;
Dus liéts aciéu ad houns ; iou cadièro de bùès,
E, charmant soubenf, en un, cantoun, UIÎ brès....
'R'ouro bacho, plané, plané ; 'ra pèço ey soumbro...
E tout d'un cop, troublât pet mistèri der'oumbro,
'R'emouciouij en mouij còr nou pot més demoura,
E, malgré jou, tout dous, sénti que bau ploura...

#**
Praubo maysoui? abandounado
Touto soulo près ded arriéu !
'Ra familho
s'én ey 'nado
Cerca fourtuno... Aoun, moun Diéu !

quj

— Deia 'ra mar ; 'nas Americos
Aoun an bastit iaute mas;
Paréch mous eau passa 's troupicos
T'amassa or à plénos mas ! —
Qu'an troubat, coundi, 'ra fatigo
Dab ed soulélh que houn ed hèr,
E iou tèrro, machanto amigo,
De qu'arresisto ad palahèr3 !
Taplan, 'ra tèrro a nousto ey bouno
E qu'es hién plan dab ed harnés ;
Quan hèdioniéu, mourto 'r' autouno,
Be hèdio boun cauhá-s es sés...

�208
Près des chendès5 qu'on s'assenlauo6 ;
Ed huée que hèdio peta 't bùès ;
'Ra lamo claro houlejauo,
Pujauo dréto ou de trauôs.
Alabétz ed biélh coumençauo
Ull counde nau pléiì d'aspaurits ;7
Ed helhuc,8 tremblant, que clucauo
Sos ùélhs iijquièts, miéi adroumits...
Et dròlle brun e sa proumiso
S'en arridiòn en ui) cantoun ;
De téns en téns, hòlo, 'ra briso
Hèdio enténe sa cansoun.....

Aoun èt, bielhots, biélhos hénnos?...
— Mourts ! mourts... Es jùéynes soun partits...
Bous, helhucòts, amos serénos,
Dab es parénts, praubes petits !...
Aoun èt, eoundes deras bélho»,
Arrides clas debat ed sum9,
Paraulos n'oumbro, brut d'abélhos ?....
Hounuts ped ayre, — coumo hum...
Soulo, maysouiî, qu'ès demourado ;
Demouraras sénse fini,
De nouste sòl enamourado,
Tablèu bieuént det soubeni !...
Louis de

NOUGUÈS.

Parla d'Auentinhan (H. P.)

BOUCABULARI.

—

1.

&lt; Bavarder,

susurrer ■. —

2.

« Une marmite de fer

».

« Pelle de terrassier »■ — 4. « Soc » — 5. « Chenèts ». — 6. &gt; On s'assemblait
7. « Revenants ■, lilt. « Epouvantails ». — 8. « Petit enfant ». — il. « Cheminée »

II

BISIOUN DET CLOUCHÈ
En arruissèloméns dera bloundo lumièro,
Et printéns apparétch dins sa beutat prumèro ;
Es casaus de qu'on bé darrè noustos maysous
An piéucat 'ra berdou ded hùelhatge de flous ;
Es boutous 1 plés de chue asclaton pera branco,
Coubran ed biélh poummè de niéu arròso e blanco,
E, ped ayre en gaytat tout canto, tout qu'arritz ;
Nouâtes aringletous2 en lou niéuc' hèn : «pi-ouitz! »

�206
« Pi-ouilz ! Pi-ouitz ! » que hèn ; 'ra mama que gazoulho,
E, ta hè dous ed brès, de. plumos se despoulho ;
Ed papa de que bà e que bèvt coumo hòl
Enta cerca 'd minja des petits pren soun bòl !
Touts aquéts bruts aspars, doun ed herésc gresilho,
Pujon des prats, des camps que moulho 'r 'arrousilho, 4
E que hèn touts at còp, e.pourtant separats,
Un murmure dibin d'ayguéto 'n es barats !...
Dang ! Dang !... Et biélh sounur, tout d'un còp. s'arreculo ;
'Ra campano, alabétz, se capbiro e basculo,
Més, ed batan de hèr sus ed brounze trucan,
Hè sourtí ded clouchè un gigantesco cant,
[ou buètz de que s'ahoulo e fourmidablo bramo :
Dang ! Dang ! Dang ! Dang ! 'Ra buètz Pascos Flouridos clamo !..
Pascos Flouridos !... Téns renauè 5. delicious,
Que 'ra tèrro, enta boulé aunoura 't dié pïous,
Coumo iou goujatounho e s'aflèrro e s'aprèsto
E bouto ta prega sa paruro de hèsto !
Mou !... 6 Coumo l'oum bé lounh... 'Ra Nèsto aciéu deia,
Mugissénto, seguétch sa bèro cousso en-la ;
E Daiíg ! Dang ! Dang !... 'Ra bùètz ba cuélhe, 'nas Marrénhos 7,
Es bo.uscacès cauçats de blancos asperténhos 8,
E, tout d'un còp, en bòsc, asclato UTÍ carrilhouij,
E mes bach auta-lèu iaute l'au arrespoun ;
Iaute, de Mounsiré 9 : e iaute, iaute eiicaro,
E, biste, en coumenço un quand ed prumè se caro !
Daijg ! Dang ! Dapg ! Daijg ! Qu'on bé, debat es capuléts,
'Ras hénnos, ùélhs bachats, dide 's lous chapeléts ;
' Ras dròllos an bnutat 'racòho mes beròyo,
Ed foulard qu'ed proumés, dera citat, embòyo ;
Es helhucs, 111 abilhats e pròpres coumo sòs,
Cridon, tout debertí-s, a més boulhes que bòs ; 11
Ornes, dròlles, jùeynòts, tout qu'arritz e s'amasso,
E milo apèls diùèrs s'elhèuon dera plaço,
E 'ra campano souno, è't gran soulélh que lutz,
E'ds auderous toustém canton coumo perduts,
E 'ra glèyso s'emplió.... Aro 'd sant sacrifici
Couménço. Un umble cant brounétch en edifici,
E 'r ' audou deliciouso e douço ded printéns
En ayre ela se houn ar' audou ded enuéns !...
Parla d'Aueiilinhan (H -P.)
Louis de NOUGÜÈS
BoDCABuMM, — 1." Bourgeons ■. — 2. « Pelils de l'hirondelle, petits oiseaux en
général &gt;. — 3. ■ Nid ■. — 4. &gt; Hosée .. — 5. • Temps du renomeau ■ — t.. . Oh !
Mon Dieu .. - 7. &gt; Montagnes d'Aventignau
— 8. • Espadrilles .. — 9. ■ Monsérié ■.
— 10. " Enfants ». — 11. &lt; A gorge que veux-tu ..

�207
On applaudit vivement le jeune poète d'avenir qui vient de se révéler
à nous ; puis, c'est M. J. Laquet qui vient nous dire Rouséto deras
Pirenéos. Mais cette poésie est faite pour être chantée ; musique et
paroles sont également de l'auteur : nous les donnons à la fois.

CANSOU
[DlPLOMO D'AUNOU]

0^!maclWïi.anto r\ou-sé-to , Ee-rò-yocou-rno'ta flou.

Bé-nejU-ntdH^ini-igué-tb, Si b$s 5e-qtú tounpas-tou.Es&gt; A-

~r~r

mm
. 'd. - &amp;

A)ntm,partim,jBastoutéto

f

Mm

A-&lt;juétî ba-CoussónblantauH;

SU m

2

î-sars, a.-çj(os , e tautaurï
3èmo

1èr COUPLET
ma charmanto Rouséto,
Beròyo coumo 'ra flou,
Béne, béne drin », miguéto,
Si bòs seguí toun pastou...

La-hàu, be-n seras, aymado,
Quan soûls, sus ed bér gazou,
'Ra douço bris' embaumado
Nous cantarà sa cansou...

0

(Refrain)

( Refrain)
2emo

COUPLET

ièmo

COUPLET

COUPLÉT

E quan pes balous ar'auho,

Que pôdes n'èste loutyèro,
Mes de tu sòy trop yalous,
Car ta beutat, o ma chèro,
Arrén moun co malurous...

Fièrto 2 coum' un bèth drapèu
Luziras lùénh dab ta raubo 3
Coumo 'ra 'stélo ded cèu !

( Refrain )

(Refrain)
[Applaudissements^.

Parla de Hanhéros-de- Bigorro (H.-P

Jean de
I. « Un' peu ».
Bigourdanes.

2. « Kiére

3. Allusion

CABADUR

aux robes et aux capulets

rouges des

�Voici enfin la pièce qui a obtenu la Médaille d'argent de poésie.

PRINTÉMS DE BITO GASGOUNO
(MEDALUÛ D'ARGENT)

« 0 bèth païs, que t'aymerèy
Tan que biurèy ».

Bèth téms primau de nòstobito,
B'ès-tu plasén, b'ès-tu poulit,
Dab toun perhum qui mous embito
A hesteja toun brès lourit.
Tous maynadyòts toustém debison
Coum niserados d'auselous ;
Sous andyouléts damb'éts qu'arrison,
Gayres d'aué sùèn de tas hlous.

Dab gay traiìgats, o campanétos,
Quan basen lous petits Gascous
E de las bô9tos cansounétos
Hasèts trení pianos, coustous.
Aquéts hilhòts de raço fòrto
Mè tard, emper, bous aymeran,
E coumo soun de tilho horto
Tout ço de Bèth que canteran.

Au brabe nèn, lou biélh papèro,
En tout hè « ninéto ninoun »,
Qu'où bèng jumpla quan éth l'apèro
Dens soun gazulh de rouchinoun.
Qu'a bèth-tems-a, dens soun jùén atye,
Atau l'auè hèyt soun payran ;
Atau hara l'arrehilhatye
Quan nous auts, au clôt, droumiran.

De toun parsan, bèro jùenesso,
Aymo, gaujouso, la Beutat ;
Emper, qu'auras, sanse flaquésso,
Fòrço, bounur, pats e sautât ;
A toun oustau seras urouso
Dab familhét' à toun coustat
Qui sera toustém aymadouso
Per ço qu'au co l'aujes boutât.

�209
Un bén leùgè, gayres e lénde
Béng de bouha pou cèu gascoun
Per renauí, ha tourna trénde
Dou gran Passat tout ço de boun ;
Qu'ey lou bouhét rebiscoulayre
Partit qu'a mè de cincant'ans
Dous coustalats oun lou Semiayre
A plés punhats jitèc sous lans.
Gascous, diguém dab alegrlo
Beròy mercés au grand Mistrau
D'aué tan hèyt per la Patrio
Dab soun gran co de Felibrau.
Gahèm-mous touts à l'obro sénto,
Que-ns a muchat tout amistous,
E lou terré, la bouts plasénto,
Hestejera sous hilhs bitous.
Qu'et saludi, bèro Gascounho,
May dous tilhuts e dous baléns !
Petits e grans, sanse bergounho,
Per tu d'amou que soun bouréns.
De tas gloris, nous auts à-masso
Que haran pachera lou brlu ;
Dous aynats en segul la traço,
Beharan toun flòc agradlu.
0 Printéms de bito gascouno,
B'ès-tu plasén, b'ès-tu poulit,
Quan gazulhos de ta May-bouno
Lou bèth parla toustém lourit...
Tous maynadyots proubéns debison
Coum niserados d'auselous ;
Sous andyouléts damb'éts qu'arrison,
Gayres d'aué sùèn de tas hlous !
Parla

de

,

Lagraulet, prés d'Èuzo (Gèrs)

A.

LAMOTHE

TRADUCTION DES MOTS DIFFICILES. — Tëms primau • Temps précoce, printanier ». —
Niserados d'auselous « nichée d'oisillons ». — Gayres «joyeux ■• — Trangats ■ sonnez ».
— Treni, retreni, « retentir ». — tiin « enfant au berceau ». — Ninèto-ninaun : vieille berceuse qu'on employait autrefois dans le pays et qu'on emploie encore pour endormir les
enfants. Tout en berçant, on cluntail lentement : &gt; Ninéto-nina, Cunhèro d'auba, (saule),
Ntne'to-ninoun, Cunhèro d'aloum (orme), et on répétait jusqu'à réussite. — Rouchinoun
■ rossignol .. _ Payran : ■ grand-pére ■. — Arrehtlhatye ■ les arrière-petits-flts ». —
Clôt « fosse ».
Parsan « contrée », — Lénde « tiède ». — Rebiscoulayre « qui ranime, qui
ragaillardit ». — Obro sento : programme, revendications des Kelibres. — A-masso « ensemble». — Pachera «déverser», du mot pachêro » déversoir », est pris ici dans le sens de
,, déborder ». — Ce ta May-bouno « de ta contrée natale », c'est-à-dire : de la Gascogne.
— Proubéns « qui ont une belle croissance ».

�210
« C'est », nous a écrit l'auteur, « en esmanhencan » les vignes et en
allant, le soir, hè agusa las rélhos e lous coûtes de l'arét, à la ville
voisine distante de huit kilomètres (aller et retour compris), que j'ai composé cette pièce... Toustém Gascons e bibo la Gascounho ! » M. Lamothe
est doublement un poète du terroir.

Récitation d'une fable par A. Ger, lauréat du petit Goncoure
Nous devons également signaler la gentille récitation d'une Fable de
l'abbé Fages, Et bouc è't arrenart, par le jeune Ger, un des lauréats du
petit Concours, fils de M. Ger, instituteur d'Estancarbon (près SaintGaudens, H.-G.). La fable était assez longue ; l'enfant s'en est tiré tout
à son honneur. Nous l'en félicitons vivement, regrettant seulement qu'il
n'y en ait pas eu beaucoup d'autres pour faire comme lui.

(Sonte de M- l'abbé Castet
— Mais le héros de la séance a été incontestablement M. l'abbé Castet
avec son conte couserannais Edj Ase de A'ot/è. M. l'abbé Castet, curé de
Lorp près Saint-Lizier, très populaire et très aimé à Saint-Girons,
venait offrir à ses compatriotes la primeur d'un de ees contes dont il a le
secret : contes drolatiques, pleins à la fois de malice gauloise et d'exquise
bonhomie ; pris sur le vif, mais jamais bas, jamais vulgaires, quoique
très vécus et pétris des expressions les plus pittoresques et les plus
savoureuses. Dès qu'on eût annoncé qu'il voulait bien nous dire quelque
chose, universelle exclamation de joie ! Il fallait, aussi, le voir et
l'entendre détailler un à un les termes imagés, les onomatopées saisissantes, les traits hautement comiques de l'aventure de son héros. Ce fut, du
commencement à la fin, dans tout l'auditoire, une longue série d'éclats de
rire, sans cesse reprenant ; un large épanouissement de bon rire, de ce
rire franc, libre, bon enfant, sans malice, qui lui aussi fait fraterniser ceux
qui s'y laissent aller ensemble, et les unit dans la sympathie, la bonne
humeur et la galté...

COUNDES DET COUSERANS
VIII. — ETJ ASE
At diò det grand delutge, courbaces, agaços è parrats, loups, ousses è
hourmigos, en un mot touto sôrto de bèstios qu'aùion anat préne lòc è
plaço laguént der'arco de Noué, era qùalo ara fi qu'és troubèc pléo déntio
et cap, coumo un ouéu.
At moumént précis que Noué anauo tanca ' éra porto dam et bourrélh 2
enda que digus mès nou poudésso entra ne sourti, que le s'i présentée
encaro et renart, (baste, nou poudió cap èste iaute) è que li démandèc de
deichà-u entra laguént.

�211
« Qu'as demourat masso », ça li liée Noué ; « tout qu'é prés, é nou-y
soubro 3 cap plaço enda io piéude i soulomént : nou-t bagauo 5 arriba
mes lèu? »
— « Nou-y hè cap àrré », ç'arrespounéc era mandro 6 ; « ja sabi trauca
pertout, è passa per dessus è per dejous, sènse que digus ac béjo, ne ac
tròbe : en qùau-se-boulho endrét, è de qùalo-se-boulho manièro, ja-y
cabirè 7 ; è, après tout, nou-m bòs pas deicha nega, bessè? »
— « Passo douncos, pusqu'ès taounèsto, è arréngo-t'i coumo pouscos. »
— E Noué que tanquèc éra porto dam et bourrélh.
Entertant era mandro que s'en ba à paupos, tout douz, tout douz '■
empénhe per ací, buta per ala, que finich per arriba ensus eras esquiòs
detj ase è que le s'i arrapo dam eras urpos ensus eras espallos. Touto
acúassado ayquí, que s'esmagino : « Acl bessè be i-estarè à plaze! »
Etj ase aute còp 8 nou ac enténg cap d'aquéro moudo ; nou prèdo cap
aquéro cargo de lourdèro pudénto, è que s'arrapo à brama, à pediqueja, à
ruha è petarreja, talomént qu'enda arrengà-s et madeich, que desarréngo
toutos eras bèstios der'arco de Noué : irados, toutos que reboutegauong è
que raujàuon countro et Boürrou.
Er'agaço que li carniauo: « Ja la pagará-âs ! — Ja la pagarâ-ras !
— Ja la pâ-gâ-râ-âs... »
Entertant era mandro espaurido que s'arrucauo è que plantauo eras
urpos coumo claus. Etj ase ahastiat d'aquéros gratulhos que leuauo et cap
è 'ts pès en ayre de tout coustat, è sénse da enda digus et téms de
estremà-s 9.
Era callo quereprenió : (( Ui? còp de fouet, — wn còp de fouét, — Mí?
còp de fouét / ... »
Era garió, coumo io hòlo, que cridauo ta hòrt que poudió : « A còps, —
à còps, — à còps de tâàpets, — à còps de tâ ipets ; — de tââpets ; —
à còps de tââpets
»
Et biòu tabé que s'i boutauo : « Matd-u ! — Matá-u ! — Matâ-u ! »
Mes etj ase nou escoutauo cap arré, e toustém culheua que culheuaras...
Quant è quant, et perròt que s'i alargo à soun tour, è ta hòrt que pòtj
que l'i 'scridaço : « Chò 10 — chò — chò — Chô-Ô-ô-Ô !... »
Auta lèu etj ase qu'estèc segur", at gran coutentomént dets òstes
der'arco.
E dospuich aquéro hèto que sabém et secret de hè enténe rasou at
Boúrrou.
P. CASTET
(Bravos, éclats de rire, applaudissements.)
Une veritable ovation est faite à l'aimable conteur, qui a su mettre le
bouquet final à notre cérémonie littéraire. Puis, sur un mot de M.

�212
de Bardies, la séance est levée, et l'on se retire joyeusement (la pluie a
cessé) en attendant le banquet et la fête du soir.
BOUCABULAKI-

— 1. « Fermer ». — 2. « Verrou ». — 3. « Reste ». — 4. « Puce ». —

5. — Bagà (lat. vacar») n avoir le temps », v. impersonnel. — 6. « Renard ». — 7. Cabe
« contenir (dans) ». — 8. « Au contraire ». — 9. «
« Jo ! ». — Il « Resta tranquille ». —

III) BANQUET ET

S'écarter

». — 10. Comme en esp»gnol

FÊTE DU SOIR

1. L·a Table et le Menu
A 7 heures, dans la grande salle du Casino, les Félibres, au nombre
de plus de cinquante, se réunissent en un banquet amical, servi par
l'habile Vatel saint-gironhai», M. Escolier (un nom prédestiné, vraiment,
pour une fête félibréenne). Mlle de ïerssac, comme Reine, préside, ayant
à sa droite M. l'abbé Dufor, vice-président de l'Escòlo, et à sa gauche
M. Bernère, maire de Saint-Girons. En face, M. de Bardies, ayant à sa
droite Mme d'Antras, notre Reine de l'an dernier, puis M. l'abbé Daubian,
à sa gauche Mlle Sarrieu et M. Régouen. Chaque convive trouve à sa
place un joli menu, ainsi libellé :
BANQUÉT

FELIBRÉNC

DET 15 SETÉME I9O7

Boulhouv arrebiscoulaire ara Rèino
—0—

Cabillat det lac de Bammalo atj aioli
dam reculairos
—0—

Filet de biou dam matchado de Massât
—0—

Cambajou det còl de Pò? t ara gelèo
—0—

Camparòus det bosc de Rousès
—0—

Perdigals de Rimount
barrejats dam callos de Baliar
—0—

Pouding luchounes ara gaseouno
—0—
DESCADO

DE

FRTJTS

DE

SASOU

Coucous
BIS. — CHAMP ANHO

�213
lle

Etaient présents: M de femme: Mme la comtesse â'Antras; Mme
Fourcade (de Cos, près Foix) ; Mlle Is. Fourcade, lauréate ; MUe M..
Fourcade; Mme Morèrc (d'Engomer) ; Mlle M. Sarricu. — MM. Abadie, le dévoué imprimeur d' « Era Bouts dera Mountanho » ; A rtiguc Fabien
(de Labarthe de-Rivière) ; comte â'Anlras ; de Bardies ; Barrière-Flavy,
archéologue, maire de Puydaniel (H. G.); Bascans, étudiant en droit ;
H. Bégouen, rédacteur eu chef du Télégramme ; Bgrnère,- maire
de Saint-Girons; Lieutenant IHzc ; Btadier, notaire a Saint-Girons;
A. Branet (d'Auch) ; Cau (de Saint-Girons) ; vicomte de Caumont,
président de plusieurs Sociétés décentralisatrices; abbé Daubian; Desbiaux, pharmacien à Saint-Girons; abbé; -Y.-D. Dufor ; F. Escaich
(de Labastide-de-Sérou) ; Fabaron (de Labarthe-de-Rivière) ; Fourcade
(de Cos) ; Gardes (de Saint-Girons) ; Guénol, secrétaire général de la
Société de Géographie ; Lafâge, juge de paix à Saint Girons ; Laffont,
receveur municipal ; Lafontde-Sentenac, publiciste à Foix ; L,aquet (de
Bagnères-de-Bigorre) publiciste, lauréat ; R. Lizop, professeur d'histoire
au" lycée de Lons-le-Saunier ; V. Lizop, étudiant en droit ; MondonVidailhet, professeur à l'Ecole des langues orientales ; H. Morère,
notaire à Engomer, lauréat; Ch. Ortet, négociant à Lectoure ; Pasquier,
archiviste de la Haute-Garonne ; Paul Pérèt, d'Auch ; de Boquemaurel ;
L. Saint-Martin, lauréat; B. Sarrieu ; A. Sarrat, publiciste à Buénos
Ayres ; Senlein, publiciste à Sajnt-Girons ; J.-M. Servat, pharmacien à
Massât, lauréat ; Signorel, juge d'instruction ; A. Teulié ; comte Charles
de Terssac ; vicomte Jean de Terssac ; Valle, professeur à Lectoure ;
Venlurini, de Saint-Girons ; etc.
La plus franche cordialité ne cesse de régner pendant tout le repas ;
on parle du pays, de la fête, de la langue gasconne surtout.

2. Toasts ou « Brindes »
Enfin le ehampagne, offert par celui qui va parler le premier..., pétille
dans les coupes. M. de Bardies se lève, et boit au Salat et à sa gloire.
Douze « brindes » vont se succéder ainsi. Nous les donnons dans l'ordre
même où ils ont été prononcés.

Toast de M. L. de Bardies
Président de l'Escolo

Rèyno deras Pirenéos ! Bèros dàmous ! Brabis amies !
Nou y-a cap io ribèro mes poulido qu'et Salatch. Que nèch misteriousomént at l'ouns det glaciè det Mount-Rouch, que s'amago dens io
groto e que bié sourti en nau hounts d'aygo claro en amount de Salau.
D'aqul part capricious, arrousan es prats que bòu, lutejan dam eras
pèyros, las saussejan, las blanquejan, sautéjo e ressautéjo, e, quan é
fatigatch, se pauso at founs d'un gourguét en jougan dam eras trouétos.
Coulo lounténs at pount dera Taulo sus un liét de marbre : arroso e

�214
esclayro era bilo de Séix, oun i-a mes de retretats que d'emplouyats ;
arròso e esclayro Souéix, eb bilátge des miliounaris ; passo à Quercabanac, mal fòc del cèl ! es 'eyùejayó en desèrt de Ribauto, se nou
entenió et poutch d'Araus crida : « Misèro en ouan ! », e' t poutch
d'Espou respoune « E jou cad' an ! » ; trabèsso' ra Court, oun eras géns
nou soun cap mau balénts, è, abant d'arriba à Sén-Girouns, s'arrèsto
enda réfléchi e fòrmou un lac bért à Aulòt. Quan a flnitch sa tùaleto,
trabèsso douçomént era bilo en escoutan papouteja 'ras labayros e 'n
auardant candeleja es feniants sus es pounts ; et sé, esclayro pla ou
mau, mes souén mau, eis abitants. D'aqui s'en ba dijous Sént-Lize,
l'esclayro, e, quan a passatch era bastèrno, oun et pezoulhous neguèc
sa hénnou, s'abanço majestuousomént lounténs, lounténs, à trabès io bèro
e richo planou, éntio que trôbe 'ra Garouno e que l'acoumpanhe ara
mar...
Bous è pas dit tout ço que hazió et Salatch, car sïó tròp loung à dize ;
moul, ressègo, fabrico papés ; oh, oui, qu'é un gran fabricayre de
papés, qu'en hê flòtos ara Moulasso, à Sén-Girouns, à Sen-Lizé, à Lòrp,
à Mazèros.
Et Salatch é un gran bebéyre ; sïòts at dessèrt quan bous auriô
noumatch toutos eras ribèros e toutis es rius que béu.
Et Salatch é poulitch e brábe ; mès, quan se mét en coulèro, que
retrounich tarriblomént ; at lòc de berdeja coumo 'ras esmeraudos, que
jaunéjo coumo un biélh palhè, e que béne grès à espanta. Anét, qu'eu
beyrats deliciousomént embelitch pera clarou que sourtira des dits de
nòstro Rèyno...
Bébi ara Rèyno det Salatch ; bébi as abitants deras balèos det
Salatch e ais aymables bisiturs det Salatch que hèn aué 'ra glòrio e' ra jòyo
de Sén-Girouns !
L.

DE BARDIES.

Parla de Sén-Girouns

Ce toast spirituel, à la péroraison si aimable pour tous, est couvert
d'applaudissements.

Toast de M. B. Sarrieu
Secrétaire général de l'Escolo
A M''- de terssac

Graciouso 'Rrèino,
Que parlen prou sùén de persounes que s'an taloméns hicades en es
libes de d'auti còps que nou saben bric mès ço que i-a presentomêns at
tourn de ères : parèlhes, ce diden, adaquéres que, d'aué tròp courrut per
countrades hourastères, soun enfin bengudes estranjères en lou pròpi
pals. Que n'i a d'autes taplan — j'ac poudém béi, Graciouso 'Rrèino —
que, per sabéntes o letrades que sién, nou pèrden pareró de bisto
es causes det lou téns ; è' n aué atrauessat cént lègues de mars o de tèrres
dinquio arriba at cournè det moun, taussl nou-s lèchen gaha ne'dj esprit
ne 't còr pet desbrémbe, mès mous tournen encaro mès patriòtes, mès

�21S

hòles det lou païs. Qu'en auém gué, tout et Couménges è 't Couserans
qu'en a gùé acitau iou pròbo 'sclatanto : Iou generouso Hado de nòsto,
aimairo de tout ço qu'ei boun è bètch, en aué poudut béi en sos lountanes
passejades un pialè d'arregious è de nacious, parcró s'a tournado 'stabbli en en sos mountanhes (es nòstes) è 'n son pòbble (et nòste), en
estimá-les-sé sampa mès que qùaus se boulhe. Lèu, touti qu'auém
sentit e admirat edj efèt bien'hasént dera sió baguéto magico. E, ùè, que
bous tanh de près, o-mai-ó, Graciouso 'Rrèino, mès qu'ad arrés que i-aje.
Lichát-mous dounc prega-bous de hè u parbéngue era 'spressioun mès
biéuo dera nòsto 'rrecouneehénço e det nòste 'smerbelhomént : Bibo 'ra
Hado! Bibo 'ra 'Rrèino!
(Applaudissements)
Parla de Sén-Mamél de Ijulioun (H.-G,)

B.

SARRIEL*.

Toast de M. l'abbé Daubian
Vice-Présidenl pour le Bas-Corn rninges

Arrèino, Daunos, Messius,
Que boulerloi bien sabé qui a dit qu' er' estiu eras mountanhos
qu'èron frédos ? Jou que bous assiguri que nou, e bats béde perqué.
L'an passat, à Luchoun. engouait à Sén-Girouns, que mous trouban
arrescauhats,.,.e prèsqu' alugats, nous autes de cabbat de còsto 's
nòstes frais de catsus... Ouardàts-òc de drét ou de trauès, un simple
d'esprit que bous arrespounerio : « S'et cauhos, prauboun ! qu' ei
emproumou que sòs proche det houec !.. » E oui, amiguéts ! Que mous
auèts hestades coumo princes ; e, at nòm d'aquéres qu'arrepresénti ací,
que bous arremèrci de tout moun cò.
Pracò — se nou-n deuèuots pas crida? — que diguerioi tabén :
« mous eau pas hè houée de palho ! » At sourtit d'aquésto 'rreünioun,
tournades à-caso, que mous bremberan, de-sigu, deras poulidos causos
qu'auèn bistos, qu'auèn entenudos. Qu'en parleran après, entre nous-aus
prumèroméns, sertout anaquéres que nou mous counéguen pas. Que les
esplicaran ço que hedén ena nòsto Rebisto; que les fourceran à coumpréngue qu'on pòt èste parfètoméns Francés è Gascoun, qu'ei pas brico
lèt de parla coumo mous an après es nòstes, e qu'ei bien poulit de sabé
uio causo è 'r auto. Atau qu'arressembleran as famuses cassaires qu'aimon
miélhou un fusilh à dus còts qu'un fusilh à un còp : qui las ac arreproucherlo ?
E dounc, à Sén-Girouns, coumo pertout :
Bibo era Gascounho !
Bibo 'ra nòsto 'Scòlo !
( A ppla udissements )
Parla de Pegulhan (Haulo-Gnrouno.)

B.

DAUBIAN

�118
Toast de M. Signorel
Juge au Tribunal, Vice-Président de là Société des Études du Cûuseraus

Mesdames,
Messieurs,
Au nom de la Société des étudis du Couserans, qui m'a spécialement
délégué à cet effet, j'ai l'honneur de souhaiter la bienvenue à l'Ecole des
Pyrénées et de la remercier d'avoir eu la délicate attention de réunir dans
notre cité les fervents de la petite patrie, et aussi d'avoir élu une
Gouserannaise Reine de cette fête.
Ces souhaits de bienvenue sont d'autant plus sympathiques que sont
intimes et nombreux les liens qui nous unissent. Comme nous, vous
poursuives une œuvre assez haute pour recueillir l'adhésion de tous ceux
qui, quelles que soient leurs opinions, vivent pour de hautes pensées.
Nous tous, ici, nous sommes de notre pays !
Qu'est-ce à dire, « Être d'un pays »?...
C'est là, au premier abord, une formule qui parait vide de sens, tant
elle est simple et claire. Le jour où, le cœur débordant de joie, le père va
déclarer à l'officier de l'état civil l'être chéri qui vient de naître 1
(Applaudissements), ne l'a t-il pas fait d'un pays, en mettant à côté de
son nom celui du lieu où il a vu le jour ?
Erreur profonde ! — Autrement longue et complexe est cette union
mystérieuse qui s'accomplit entre l'homme el le sol, union que nous
résumons dans ce mot si doux, mais si profond : « mon pays ».
Pour être d'un pays, il ne suffit pas que le hasard de l'existence nous
y ait fait naître, ou même nous y ait fait grandir. Il faut que nos aïeux y
aient vécu et espéré, et les aïeux de nos aïeux ; — que tous aient été
unis par la communauté de race, d'origine, d'histoire, de souvenirs
archéologiques, de mœurs et d'intérêts ; qu'ils aient cultivé la même langue, la même littérature, pratiqué les mêmes institutions ; qu'ils aient
développé les aptitudes dont ils étaient doués, travaillé ensemble à mettre
en valeur les richesses de leur sol et fait germer un peu de tolérance et
de liberté. Il faut que ceux qui nous ont donné le jour aient vécu là où
nous vivons à notre tour, sous le pan de ciel qui, depuis notre enfance,
déploie sur nos tètes son paysage d'étoiles familières ; que leurs
aspirations, leurs joies et leurs tristesses se soient associées au décor où
nous nous mouvons ; — que nos morts soient près de nous, le souvenir de
leurs luttes partout ; — que la terre que nous foulons ait été foulée par
eux, nos champs fécondés de leurs sueurs ou arrosés de leur sang au jour
des'luttes sacrées ; dételle sorte que, dès l'instant où nous nous éloignons
de ce cadre, il nous semble que partout ailleurs nous sommes des étrangers sans foyer durable.
Dulces moriens reminiscitur Argos...

De concert, — et c'est là le lien puissant qui nous relie, — nous nous
1. M. Signorel était, depuis la veille, l'heureux père d'un beau garçon.

�217
tournons vers le passé, nous travaillons à faire revivre ceux qui furent
de leur pays, de notre pays, à ressusciter leurs traditions, leur langue,
leur grandeur et, à l'opposé de bien d'autres, nous nous vantons de nos
aïeux. Nous recherchons leurs idées, qui ont cheminé parfois de façon
souterraine, qui expliquent les institutions et montrent souvent combien
frêles ont été les commencements des grandes choses.
Pour certains, une telle œuvre constitue une satisfaction qui se
suffit à elle-même ; elle a une portée plus haute pour ceux, capables de
longs espoirs et de vastes pensées, qui se mêlent au mouvement du monde
et aux entreprises hardies.
Les forces vives d'une région, d'un pays, si petit soit il, celles qui
reparaissent aux heures de crises, ne sont-elles pas celles qui tiennent à
sa race, à son sol, à son passé ? Auguste Comte disait : « Les vivants
sont gouvernés par les morts ». Parole admirable, qui, dans un langage
imagé, exprime le trait d'union entre le passé et l'avenir, la solidarité
indestructible qui unit les pères aux enfants et ainsi les générations entre
elles.
Ce qu'il y a de plus profond en nous, c'est notre passé. Si l'on veut
agir sur notre réalité la plus intime, il faut d'abord connaître notre
passé. Voilà comment nous sommes en mesure de travailler pour l'avenir,
la cité future, la cité sans larmes et sans frontières, de préparer demain
par la connaissance d'hier, d'éviter de brusques et infructueuses transitions.
Votre devise, Messieurs les Félibres, est la nôtre : tradition et progrès.
Elle est la transcription dans le monde social de deux lois de biologie,
connues sous le nom de loi de constance et loi d'évolution.
Qui donc fêtons nous ce soir ?
Non point une reine, si attirante soit elle, non point un homme qui
disparaîtra demain, mais ce qu'il y a de plus précieux en nous; ce que les
révolutions n'ont pas renversé, ce qui n'a pas été entraîné avec la poussière de bien des ruines : le cœur, la langue et les traditions de nos
ancêtres, traditions de labeur, traditions d'indépendance, traditions de
dévouement à toutes les grandes causes, traditions qui nous survivront
et qui, grâce à nos efforts communs, de mieux en mieux connues, feront
aimer notre petite patrie et faciliteront la tache des ouvriers de demain.
Et voilà pourquoi je vous propose de lever nos verres pour resserrer
une fois de plus notre unien et célébrer les deux grandes choses qui
sont à la fois le charme et la passion de la vie : le culte du foyer paternel
et l'amour d'un lendemain meilleur ; — rendre justice au passé et
saluer l'avenir de nos chères montagnes !
( Vifs applaudissements.)

'j.

SIGNOREL.

— Notre Escolo doit ici remercier hautement la Société des Etudes du
Couserans de ce précieux témoignage de sympathie. Comme la Société des
Etudes du Comminges, qui nous a fourni tout de suite tant de collaborateurs et nous a ouvert largement sa Revue, la Société du Couserans nous

�218
a fait dès le début le meilleur accueil, et nous lui devons, entre autres,
notre cher Président. Toutes deux sont donc infiniment chères à notre
Escolo, qui les porte dans son cœur, et qui, lorsqu'elle a dù se choisir un
blason symbolique, n'a fait que combiner, sur la couverture d'Era Bouts
dera Mounianho, leurs fraternelles armoiries.

jToast de M. R. Iiizop °
Professeur d'histoire au Lycée de Lons-le-Saunier,
|Au nom Se la Fédération Régionahste Française

.Mesdames, Messieurs,
La superbe manifestation de foi patriale et de vie félibréenne qui
nous réunit aujourd'hui en la belle capitale du Couserans, consacre
dans l'histoire de notre Escolo une date décisive, l'âge de la majorité.
Cette fête n'est pas la réunion d'un étroit cénacle d'initiés ; elle convie
pour la première fois, à côté des félibres, ce peuple de la Province auquel
nous voulons restituer toutes les fiertés de l'Ame atavique. Tels les preux
du temps de nos vieux comtes, l'Ecole se voit conférer en ce jour l'investiture de chevalerie, puisque, des mains de la plus charmante des
reines, de celle qui fait revivre sur le terroir couserannais le temps des
Melissinde et des Sorismonde, elle reçoit la bannière timbrée aux armes
ancestrales. En vraie fille des compagnons du Béarnais, ì'Escòlo deras
Pirenéos a déjà marqué la place où combattra son étendard : le premier
rang de l'avant-garde ! Dès sa naissance et ses premiers progrès, elle
s'est révélée comme une des plus nobles initiatives du renouveau félibréen et du mouvement régionaliste de ces dernières années !
Certains provincialistes du Nord, esprits peut être un peu systématiques
et enclins aux abstractions, ont pu s'étonner de voir leurs frères du
.Midi unir plus indissolublement que jamais les revendications décentralisatrices et les revendications dialectales. Leurs regards mal avertis ne
voyaient dans notre glorieuse Injie d'Oc que des patris dénués de
toute originalité et voués fatalement à une rapide destruction. Qu'ils
viennent faire un tour chez nous, qu'ils assistent à une félibrée de notre
Escolo!... Ils verront comme nous dans le Régionalisme et dans l'Idée
félibréenne deux formes inséparables d'une seule et même énergie
libératrice, qui tend à préparer, sur les débris de la lourde machine
centraliste, l'avènement d'un ordre nouveau !
Dans l'ardeur des polémiques que soulève en certains milieux ce
mouvement d'autonomie provinciale, jadis dédaigné comme une utopie,
maintenant redouté comme une force, que de sophismes et d'accusations
injustes n'a-t-on pas prodigués à ceux qui veulent, comme nous, cons
truire, grâce au libre jeu des organismes locaux, une France plus
belle, plus harmonieuse et plus forte !.. C'est monnaie courante de taxer
de séparatisme ces régionalistes dont tout le crime est de prétendre que
si l'on étouffe jusqu'au souvenir de nos petites patries, la grande France

�219

restera fondée sur des nuées que balaiera la première tempête. Ainsi le
vent d'Espagne effiloche et déchire les brumes argentées, qui par les
matins d'automne édifient leurs mouvantes cités de nuages autour des
cimes bleuissantes du Mont-Valier !...
En exaltant la petite patrie Méridionale et Pyrénéenne, nous ne
faisons pas seulement du vrai patriotisme ; nous faisons aussi de la bonne
fraternité internationale, c'est-à-dire juste le contraire de ce dément et
morbide internationalisme, rêve monstrueux de niveleurs centralistes
étendu par delà les frontières à l'humanité tout entière !. En gardant au
plus profonde de notre cœur notre indéfectible attachement à la nation
Française, nous tendons les mains, par dessus nos Pyrénées d'azur, à nos
frères de race et de langue qui luttent là-bas eux aussi pour l'intégrité
de leur àme nationale et de leurs traditions. Nous adressons aux Catalans
et aux Basques ces mots d'ardente amitié qui flamboyaient pendant les
dernières fêtes de Mai sur les frontons illuminés du Capitole Toulousain :
Corn a germans! « comme à des frères ». Et sur cette même terre
d'Espagne dont nos montagnes sont l'altier vestibule aux pylônes de
granit, notre sympathie fraternelle ira aussi à la grande nation Castillane,
qui dans un temps peut-être prochain devra tout un renouveau de sa
vieille gloire au triomphe de notre doctrine : l'Unité dans la diversité. Il
y a place égale sous le même généreux soleil pour les fils de Cervantès
et les frères de race des Etchegaray et des Verdaguer, puisque la même
àme latine vibre dans les syllabes sonores de toutes les langues sœurs
de l'antique Celtibérie ! Cette grande idée de la fraternité latine est à la
base des doctrines de la Fédération Régionaliste Française, dont cette
fête d'aujourd'hui est aussi un peu la fête, puisque cette grande association est, avant tout, le lien entre tous les groupes Français qui luttent
pour une forme quelconque de l'Idée provincialiste !
Au nom de la F. R. F., au nom de la Revue l'Action Régionaliste et
de son éminent directeur Charles-Brun, je bois à la noble et si gracieuse
reine de nos Jeux-Floraux qui voulut être en ce jour une insigne bienfaitrice de notre Félibrige Pyrénéen. Je bois à notre cher et vénéré président
M. le baron de Bardies, à nos vice-présidents et à notre trésorier qui
propagent nos idées avec tant d'autorité et d'inlassable zèle dans tous les
milieux où atteint leur parole d'apôtres et d'éducateurs. Je bois à notre
vaillant et jeune secrétaire, à l'excellent félibre B. Sarrieu qui vient de
conquérir, il y a quelques jours à peine, l'investiture suprême dont
l'Université de France couronne l'élite de ses maîtres. Je bois aux deux
provinces sœurs de Comminges et de Couserans, à la Renaissance provinciale de la Gascogne et de l'Occitanie tout entière !
Vive la Fédération Régionaliste Française !
(Vifs applaudissements.)
R. LIZOP

�220
Toast de M. l'abbé Yves-D. Dufor.
Vjce-l'rèsidout pour le Haul-Comminges

.

Mesdames, Messieurs,
. Après et avant les toasts en idiomes locaux, débordants de sève
gasconne et saupoudrés de sel gaulois qui vaut bien le sel attique, permettez-moi de ne point oublier la langue nationale, cette grande sœur
(j'allais dire cette illustre fille) des dialectes provinciaux de la langue d'oc.
Car, au milieu de nos petites patries, s'élève sur un glorieux piédestal
l'immortelle figure de noire grande patrie bien-aimée. Je m'incline
profondément devant elle et j'emprunte un instant son langage:
— A la première armée du monde, à l'armée française, dont notre
chère « Escolo » s'honore de posséder plusieurs membres, depuis le
grade de caporal jusqu'à celui de colonel et de général. Leur cœur de
soldats vibre à la fois pour le félibrige pyrénéen, et pour nos frères qui
défendent vaillamment, au Maroc, l'honneur de la France. Nous sommes
avec eux de toute notre àme.
— A la magistrature et au barreau ! Ne jugeons pas de leur sympathie
pour notre société par le nombre d'adhérents encore un peu restreint de
ces honorables corporations. Ce n'est que le premier pas qui coûte. Vous
verrez magistrats et avocats nous arriver en foule, quand ils sauront que
notre distingué président est leur confrère comme docteur en droit.
— Au corps enseignant ! — Un grand nombre de professeurs émérites et d'instituteurs publics ont suivi, dès la première heure, le vaillant
normalien, secrétaire général d' « Era 'Scolo deras Piréneos », ainsi
que quelques dignes représentants de l'enseignement libre à la tète
desquels je salue notre Représentant général sur les bords de la Seine,
malheureusement retenu loin de notre fête, M. l'abbé de Benque d'Agut,
directeur de l'Ecole François Ie1' à Paris. L'an dernier, la capitale nous
envoya un membre eminent de l'enseignement secondaire, « un barbare
du Nord» selon sa. pittoresque cx;rcssion. Cette année, c'est de cœur
seulement que .M. Vallée assisté à notre brillante l'été. A sa place est
venu s'asseoir un Gascon de race, professeur et publiciste à BuenosAires, notre confrère .M. Arnaud Sarrat. Tous deux sont heureux avec
nous, j'en suis sûr, de féliciter chaudement notre excellent secrétaire
M. Sarrieu d'avoir su conquérir de haute lutte le beau titre d'agrégé de
philosophie.
— Aux autres fonctionnaires de tout ordre ; aux écrivains, prosateurs
ou poètes ; aux Compatriotes indépendants qui composent la masse
d' « Era Scolo deras Pirene'os » ;
— Aux ecclésiastiques, grands-vicaires, chanoines, curés, professeurs,
qui, malgré tout, sont accourus de la Gascogne, du Couserans et jusque
des confins de la Ccrdagne, sous notre pacifique bannière, dont la devise:
« Travail et Science, Patriotisme et Fraternité », est en parfaite conformité avec leur sublime idéal ;

�m
— A la ville de Saint-Girons, qui veut bien nous faire un accueil si
bienveillant, si artistique, si enthousiaste ;
— Aux dames, qui, comme les vestales et les muses de la mythologie
antique, sont venues entretenir le feu sacré dans notre félibrige montagnard, en le charmant par l'honneur de leur présence et la grâce de leurs
écrits;
— A la reine de céans et à son brillant cortège, qui nous fournissent
aujourd'hui la preuve éclatante que, si l'Ariège est le pays des hommes
et du fer, il l'est aussi des femmes savantes et dévouées à toutes les nobles
causes ;
A loutis es Counfrais de nòsto soucietatch,
A nòsto 'Scòlo aimado
Pertout esparricado,
Lheuém-mous è trinquém dab iou franco amistatch...
Bib'ct parla gascour/ è 'ra fraternitalch !
(Applaudissements)

Y.-D.

DUFOR

Toast de M. le comte H. Bégouen
Rédacteur en chef du Télégramme, au nom de la Presse

M. H. Bégouen, directement interpellé au nom du Télégramme, veut
bien se lever, et porter, « non pas au nom d'un seul journal, mais au
nom de'toute la presse méridionale », un toast bien aimable que nous
regrettons de ne pouvoir qu'analyser :
« La presse de nos régions, dit en substance M. Bégouen, est avec
vous, Messieurs les Félibres ; elle ne demande — vous avez pu le voir et
vous le verrez encore, — qu'à vous seconder largement dans vos elforts
pour développer l'amour de la patrie locale, pour maintenir l'idiome
gascon. Pour moi, si je ne parle pas le gascon, je le comprends et je l'aime.
— Sans doute, on peut reprocher à la presse d'aller porter jusque dans
les villages les plus reculés, avec l'écho des nouvelles de la capitale, la
langue officielle, et de contribuer ainsi à faire disparaître l'usage de la
langue locale, l'originalité même de l'esprit local. Mais n'est-il pas vrai
que sa puissance peut aussi vous profiter ? qu'elle peut faire pour votre
œuvre la plus féconde propagande ? Elle a pu contribuer au succès, au
triomphe de la poésie provençale ; elle connaît trop bien le but élevé,
patriotique de l'Escòlo deras Pirénéos, pour lui manquer. Vous pouvez
compter sur son appui le plus sincère, le plus dévoué. »
— Nous devons, en effet, remercier vivement les journaux de nos régions
— nous le faisons plus loin en détail — du concours qu'ils ont bien
bien voulu nous apporter, avant et après notre fête, en faveur de notre
œuvre félibréenne. Aussi les paroles de M. Bégouen soulèvent-elles les
plus vifs applaudissements pour la presse tout entière et pour son
distingué représentant au milieu de nous.
Mais M. Bégouen ne veut point s'asseoir sans boire « aux deux

�222
Reines, celle d'aujourd'hui et celle d'hier, Mme la comtesse d'Antras qui
présida à la fête de Luchon, et Mlle de Terssac qui veut bien nous honorer
de son aimable présence ». On applaudit encore.

Allocution de la Reine
Mademoiselle de Terssac veut bien se lever alors, elle aussi, et nous
adresser d'une voix émue quelques paroles :

La poéàie gaàconne eût aujourd'hui en fête, et je VOUA zemezcie,
Meááieuzá leó Félibzeá, attiáaná de cette tenaiáóance litlétaìze, de
m'avoiz tzèá gzacieu-sement cìioióie pour ptéâidez, comme Reine,
le-&gt; Jeux Fie:aux Je l'Eácolo deza-y Pizénéoá.
Je boi-t à la continuation de ceá joỳíeá pòétíqueá, qui font zevivze
Ici langue de notze tezzoiz ; je boià à la Gaácogne aimée : je vóuá
déóize de coulez, à l'aulne de óeá chêneá et de .K'.J áymbòliqueá
atíóietó, de longá jcuzá de bonlieuz, et d'avoiz, comme l'a dit le
pce le, « un coin de áon ciel pont áuaize ».
Ces souhaits délicats et touchants sont salués d'applaudissements
vibrants et répétés : « Un triple ban, pour la Reine ! » Mais la série des
toasts n'est pas encore achevée.

Toast de M. J. Laquet
Lauréat de l'Escolo. A l'Ariège!

Mesdames et Messieurs,
Après les paroles pleines d'éloquence ou de charme que nous venons
d'entendre, il est peut être bien téméraire de ma part d'oser élever la
voix. .Mais, cependant, je considère qu'il est de mon devoir de vous dire
combien je suis heureux de me trouver aujourd'hui parmi vous, surtout
en vous voyant ainsi unis dans un même sentiment d'amour pour notre
chère petite patrie.
Je suis aussi particulièrement heureux, Mesdames et Messieurs, de
pouvoir ici célébrer avec vous les succès grandissants de notre Escolo,
les éminentes qualités des Membres qui la composent, les beautés de
la bonne ville de Saint-Girons et la mémoire si chère des enfants illustres de l'Ariège.
Oui, entadequerô que sôy bengut, ahum ', ded soum dera ribèro
der' Adour, dera hauto balèo de Banhèros de-Bigôrro. Deya, aquéste
maytl, 'n edtrèn qui m'a carreyat t'ací ,qu'èri countén,... countén coumo ù
pinsa' sus era brapeo !
Oui, que sôy bengut ta pioumou de felibreya drin, ped prumè cè-p,
dab bous-aus, amies (couneguts ou inronne; ::; ), 'n ed petit Edimbourg
pirenéiîc, 'n ed bèth pais bun t'i béy de ta gracious è de ta berôys paysatyes, 'n ed bèth pal's dera canto amistouso, des countes peberats,
deras balèos oun flouréyon eds prats bérs é 'ras maynados fréscos è
'scarrabelhados..

�223
Tabé que nous èm atau reunits enta sauba ded oublie era léijgo
deds nousles panans, aquéro léngo t'amistouso e ta beròy cantado per
Jàsmii), Despourrins, Navarrôt, Joseph de la Migo, è tan d'autes. Qu' èm
ací touts enta la hé melhou counégue : en la hé melhou counégue la
haram melhou ayma.
Aço qu'éy noust'òbro, amics, qu'éy er' obro ded Felibritye en general
e der' Escolo deras Pirenéos en particuliè. Saubém doun, defendém,
coumo si defendèuom era nousto pèt, aquéro literaturo ta sabourouso !
Qu'auém bich 3 qu'era Gascounho s'eỳ dad' ourde 4 ; n'ey pas demourado en darrè, n'ey pas estado indiferénto ar' impulsiou partido dera
Proubénço. Ad apèl ded gran Mèstre Frederic Mittral, ed Meydió s'ey
lheuat. 'N u côp de ouélh uo troupo d'Escòlos se soun fourmados enta
seguí ed moubamén felibréiîc. Pouètos e prousayres se soun desbelhats,
è 'r' òbro fecoundo nascudo dera louo inspiraciou a proubat, u côp de
mès, qu'eds parlas deds noustes parsàs n'èron pas eiîcôro mours.
E 'r' Escôlo deras Pirenéos ey nascudo atau, è gardât oué quin a ta
beròy proufitat. Oh ! pas touto soulo, coumo u camparô ad mey de ue
castanhèro !... Demandàt-l'ac drin 5, si-bou-plèt, — è que pénsi que pe-n
sabera da noubèles, — ad süé balén e distipgat foundatou, Moussu
Sarrieu, qui n'a pas espranhat, ent' arriba 'n ed pun de Pom ey arribat,
ni ra suo enteleyénço. ni 'd siié sabé, ni 'ra suo actibitat, ni 'ds sliés
efforts, e decabo qui ban, en aquéste moumén, en parti ded houns ded
mie cô, eras mios mès biuos felicitacious...
Chèrs counfrays, er' Ariéjo qu'a balhat, autan coumo james nad aute
departamén de Franço, de bous pouètos, coumo a balhat de bous souUats.
Que de pouètos ariegés an cantat 'na lérçgo dera petito patrio coumo
an cantat'na léngo dera grano ! Ed Meydio s'en soubéne, mes era listo
en seré trop loungo si Pom boulèo ací parla de touts. Pourtan, lechàt-me
you tabé, si brico pòdi hè apèl ara mio mémôrio, en cita quauques-us.
D'abôr, en aubri 'r' istôrio der' Ariéjo, que béyi, 'n ed coumençamén.
Sent-Antounin, Sent-Boulusian, Sent Udaut, très pouètos catoulics ded
téns mes biélh ; drin mès louénh, ed cardinal Bernat d'Aubic
lîastou-Febus, Mario de Puéch de Calâjos, dera periôdo des senhous ;
mes louénh eijcòro, Firmin Bonnans, Achille Labatut, Saverdun, Cazainire, pouètos religious ; puch, Vigarosy, ed pouèto de Mirapech,
surnoumat « ed fabulisto ded Meydio » ; Latour de Sent Ybars, pouèto
dramàtic, Teouflle Silvestre ; Frederic Souliè, ed brilhant pouète roumanciè autou de « Roméo et Juliette » è de « .Mémoires du Diable » ;
Adôlfe Garrigou, et famus bardo pirenéi)c, nascut à Tarascouij, qui
publiquè en 1831 uo satiro en bèrs intitulado : « Immortels du dixneuvième siècle », è en jiiii? 1832 er' epistro en prôso « Au Roi citoyen,
par un paysan de l'Ariège » ; de Saint-Paul du Jarrat, Enric Deramond,
autou de « Voix perdues » ; Jules Périer, autou ded pouèmo « Héros
iMartyr », Raoul Lafasette, ed cantayre deras Pirenéos, è tan d'autes qui
nou-m soubéngui mès et doun bous prègui de m'escusa....
Mès d'aquéro listo nou nous poudém pas tapôc desbroumba, surtout,

�224
eds troubadous ariegés, qui an tabé , coumo nous, escribut 'na léijgo
may, 'n aquét dialècte ded Sen-Girounés. Qu'eb citarèy ed prumè de
touts, Tribolet, et famus Tribolet, qui tlouriscou en ed XIXe siègle, è
qui 'stè, 'na suo bito,coumis-grefiè de Fouch, cousinè mémo, coumo
Reboul èro boulanyè, coumo Jasmii; èro perruquiè. Tribolet qu'èro ed
« Scarron » ariegés, ed pouèto-bouhèmo, ed bouffu, ed farçayre, ed
enteleyén, ed malicious Tribolet, ed géni dera pouesio erouï-coumico,
autou ded pouèmo « Farço de Gleyzous ». Ajùstém Joseph de la Migo,
ed pouèto-musicièn, ed Jasmin, ed Goudouli couseranés, tan counegut e
tan aymat pera yùenésso deds bòrds ded Salat o ded Léz ; Auger Gail
lard, nascut a Rabasténs ; « Maître Jacques », pouèto poulitic de
Pámios, que hasou paréche en 1857 û pouèmo intitulat « l'Esprit del téns,
ou la Rebouluciou de 89 », ounourablo coumpousiciou enta 'd tresor
literári que poussèdo 'r' Ariéjo.
Que de tèxtes de récits, que de sutyès de pouèmos òn tròbo 'n aquéro
Ariéjo !
Adaro, amics, nou cau pas aué pou, nous-aus tabé, de canta, de canta
hau ! Cantém doun, ena léngo aymado e berouyéto dera petito patrio, ed
pals, eras gloriós, è 'r' amou ! (Applaudissements.)
Eds ornes ded Nord n'arrecounéguen pas 'ra superiouritat des dialèctes
ded Meydio ?
André Theuriet n'a pas dit :
« Patois de mon pays, ta musique ne vibre
« .Ni ne chante à l'égal des languës du Midi ? »
(Applaudissements)
Félibres der' Ariéjo, e de touts eds parsàs ded Meydio, marchém doun
endauan ! Aném, partim, en hardits semiayres, aném esbarata ads qùate
béns deras noustos bèros countrados eras pouesíos, eras òbros deds noustes pouètos-felibres, è deds noustes prousayres, coumo eds arrapsòdes
dera Grèço o dera Caledounio semiauon d'autes côps, en cantan de bilo
en bilo, eds boucís destacats deds pouèmos A'Oumèro è d'Oussiai/ !...
Amies, siam doun baléns, e trabalhém touts, toustém units, pera
glòrio ded sòl aymat, pera glòrio dera Patrio gascouno !
(Applaudissements)

« J.

DE CABADUR

»

Parla íle Banhèios ile Bigorro!
Bol'CABULABI.

-

1

. • Cl!

SOM' ».

2.

■

l'illSUB

— £&gt;. ■ Vu &gt;.

'.

— &gt;i. « A pris

SOI!

rang ». —5. ■ Un peu ■. —6. ■ Albi ■.

Toast de M. -Pasquier
Archiviste en chef de la

t

HÏUI

r arobue

Secrétaire général de la Société ariégoise des Sciences, Lettres et Arts
A l'Avenir de la langue gasconne !

Tous les toasts portés jusqu'ici ont été pleins d'enthousiasme et
d'espérance ; M. Pasquier, un homme du Nord ayant adopté le Midi

�225
à plein cœur et même à pleine bouche, ne veut point laisser finir le
banquet sans nous confier « quelques appréhensions ». « Vous nous avez,
dit-il à peu près, Messieurs, claufits de flous, vous avez semé sur nous
les fleurs à foison ; mais ce n'est pas tout que de les cueillir ; il faut
encore soigner les racines de l'arbre, si l'on veut qu'il continue a porter
une abondante floraison. Or, ne semble-t-il pas que, tandis que vous,
vous cultivez la littérature de langue gasconne, le peuple, au contraire,
parait se détacher de sa langue, la négliger, l'oublier même chaque jour
davantage ? Ne voit-on pas chaque jour plus d'enfants ignorer le langage
de leurs pères ?
» Sans doute, tout n'est pas perdu ; nous le voyons bien aujourd'hui.
Si nos masses s'intéressent à votre fête, à votre œuvre, c'est qu'il y a en
elles quelque chose qui n'est pas mort. Mais il faut travailler à rétablir
chez elles la conscience de l'idée locale.
» L'Allemagne elle-même nous enseigne à ne pas mépriser nos parlers
locaux, qu'elle étudie avec passion ; la Catalogne nous montre, par sa
littérature, ses journaux, ses fêtes, ses musées (Musée de Vich par
exemple), ce que peut faire le patriotisme local lorsqu'il est redevenu
conscient. Ne perdons point dans l'ivresse poétique le sentiment des
nécessités de la réalité ; alors nous maintiendrons le caractère de notre
race et de notre langue latine ; alors nous ferons œuvre durable. »
On applaudit chaleureusement ces conseils de prudence. M. Pasquier
est entré pleinement dans l'esprit de notre œuvre ; et bientôt, sans doute,
il verra notre Escôlo employer des moyens pratiques pour consolider
l'édifice qu'elle a commencé de relever.
Toast de M. Bernère
Maire de Saint-Girons

M. Bernère, Maire de Saint-Girons , ne veut point laisser partir les
Félibres de l'Escôlo deras Pirénéos sans leur faire promettre de revenir.
Si vraiment, leur dit-il, vous ne deviez jamais plus nous revenir, « eh bien,
usant de mon autorité municipale qui ne saurait supporter un pareil
affront, je vous dirais aussitôt : « Partez tout de suite ! Mais je suis bien
sûr que nous vous reverrons, et je m'en réjouis déjà. » — On rit de bon
cœur de la menace de M. le Maire... ; mais l'on accompagne d'une double
salve d'applaudissements sa péroraison. Vive la Ville de Saint-Girons !
Vive la Municipalité saint-gironnaise, qui a bien voulu recevoir les
Félibres Commingeois et Couserannais d'une manière aussi large, aussi
franche, aussi fraternelle !
Toast de M. le comte de Terssac
Au nom de tous les amis de la langue gasconne

Enfin M. de Terssac soulève des applaudissements redoublés par son
adresse aux Félibres présents, qu'il ne veut point laisser partir sans leur
exprimer sa joie :

�226
« Dès maintenant, Messieurs les Félibres, toutes nos sympathies vous
sont acquises. Nous vous aimons parce que vous êtes poètes, et la poésie,
comme l'a dit si bien Goethe, est l'âme de la patrie. Dans vos vers
harmonieux, ce ne sont pas seulement l'amour, le soleil ou le printemps
que vous chantez, comme les Troubadours vos aïeux. Vos odes et vos
ballades n'expriment point seulement pensées ingénieuses et sentiments
raffinés ; mais c'est toute l'àme gasconne qui vibre dans votre poésie.
Sans doute, sous la pression des circonstances, au cours des siècles,
l'àme gasconne s'est modifiée. Quelques nuances se sont effacées, d'autres
se sont ajoutées ; mais, à tous les âges, elle a manifesté bien nettement
deux tendances : l'amour de la terre natale et le culte de l'idéal.
» La Reine, dont la royauté éphémère est enclose dans l'espace compris
entre l'aurore et le crépuscule d'un même jour, mais dont le sceptre est
glorieux puisqu'elle le tient de Félibres gascons, vous a tantôt remerciés
de l'honneur que vous lui avez fait en portant votre choix sur elle pour
présider à votre joute poétique. Nous tous, à notre tour, Messieurs, nous
vous remercions de nous aider à maintenir, à raviver nos usages, nos
traditions et aussi notre belle langue, dont les sonorités si douces et si
harmonieuses semblent redire l'écho de la langue qu'on murmure dans le
pays des rêves éternels et dorés...
» Notre joie, comme dans toute chose humaine, se nuance pourtant d'un
léger sentiment de regret. Les heures, fugitives, inexorables dans leur
course, rendent, hélas ! trop brefs ces moments exquis où vous nous avez
tenus sous le charme, en plein enthousiasme, en pleine cordialité
généreuse, en pleine harmonie poétique.
» Mais nous conservons l'espérance que l'avenir vous ramènera bientôt
parmi nous, et alors, comme aujourd'hui, nous jetterons à pleines mains
les roses et les pervenches en l'honneur de la petite patrie bien aimée ».
— On applaudit à tout rompre ; et c'est encore la Reine que Ton
prétend ainsi applaudir, sa prodigue générosité et son amabilité exquise.
Puis tout le monde se lève et se rend au Feu d'artifice.

3. JTeu d'Artifice
Illumination des quais du Salai
Bal populaire
Les toasts avaient été nombreux, si bien que le bal battait déjà son
plein lorsque les derniers convives arrivèrent sur les lieux de la fête de
nuit. « De mémoire d'homme le Champ de Mars et la Place de la Mairie,
pavoisés et illuminés comme aux grands jours, n'avaient présenté
pareille animation '. Il y avait bien là plus de 5000 spectateurs. « Sous
la clarté des globes tamisée par le vert des feuilles, de longues théories
de danseurs se déroulaient. Le peuple était en joie, car c'était sa fête à lui,
1. Nous faisons encore ici des emprunts nombreux à l'Avenir, au Réveil et à l'Express.

�227
la fête de sa petite patrie, de sa langue », de ses coutumes. Tous, du
reste, avaient été convoqués sans distinction de parti ni d'opinion, dans
la plus pure et la plus large fraternité gasconne. Et nul n'avait été oublié:
des secours avaient été distribués aux indigents, afin que tout le monde,
ce jour là, pût participer à l'allégresse générale. Ajoutons que dans le
Couserans les personnes de la meilleure société ne craignent pas de se
mêler au peuple, pour la danse ; la danse parait y avoir conservé un
caractère plus modeste, plus patriarcal qu'ailleurs; et c'est peut-être un
peu à cela qu'elle le doit, et qu'elle doit aussi d'être moins abandonnée.
Bientôt, la Beine, entourée de ses demoiselles d'honneur, a pris sa place ;
le feu d'artifice, offert par elle, et tiré parla maison Lacroix, de Toulouse,
commence. « Les premières fusées n'? tardent par à sillonner l'air frais de
la mi septembre. Les comètes de flamme montent ou se tordent ; les
marrons éclatent ; les chandelles romaines lancent leurs feux éblouissants ».
Quelques pièces, un peu endommagées par la pluie, ne partent pas toutes
seules ; mais on admire plusieurs soleils, « un colimaçon enchanté avec
globe magique, qui se déroule avec grâce», «le bouquet de fleurs qui
porte en exergue, les initiales de la Beine, U. T. (Urbainie de Terssac),
enfin, une pièce allégorique qui met en brillant relief ces mots;
«ESCOLO"DERAS PIRÉNÉOS », sous une pluie d'un autre genre, une
pluie de feu or et argent, qui éclaire la promenade comme en plein jour.
Puis, « au moment où la foule, émerveillée, songeait à se tourner vers
l'orchestre, un nombre incalculable de flammes pyrico électriques de
Bengale embrasent le Salat », le Salat bouillonnant et miroitant au pied
du Champ-de-Mars même, ses rives, leurs quais, leurs maisons et leurs
toits, et le ciel, dont les eaux redoublent les images lumineuses. « L'effet
est indicihlement féerique. »
Quelques instants après, la Reine et quelques-unes de ses suivantes
bethntalaises et massatoises, accompagnées de M. le Maire, de M. le comte
de Terssac et des notabilités du Félibrige, ouvrent de nouveau le bal par
un quadrille d'honneur. Douze couples évoluent sous les ombrages
illuminés du Champ de Mars. Mais, hélas ! « les meilleures choses ont leur
fin ; les danses reprenaient de plus belle, lorsque la pluie qui, semblait-il,
avait fait amende honorable, s'imagina d'entrer, elle aussi, en danse.
On la laissa danser sans musique, et vieux et jeunes, dans un ravissant
tohu-bohu, envahirent les cafés voisins, où, jusqu'à des heures indues,
on devisa des incidents joyeux qui avaient marqué la journée. » Ainsi
s'exprime le Héveil du Saint-Giionnais.
— Certes, ce sera là une journée inoubliable, dans les fastes de notre
Escôlo deras Pirénéos. Le Bureau Général a déjà, par la voix de la
presse, « remercié très profondément M. le maire de Saint Girons, M.
l'architecte municipal, les employés communaux, la musique, l'orphéon,
tous les organisateurs, les acteurs et les charmantes actrices de cette belle
fête » ; il a remercié aussi « l'aimable population Saint Gironnaise de son
vif empressement et de sa précieuse sympathie ». — Quant à notre
« Reine », non contente de faire pour nous tout ce qu'on sait, elle a été

�228
sur la brèche du matin au soir, sans prendre un instant de repos. Mais,
grâce à elle, la glace a été rompue, et notre Félibrige a enfin paru en
pleine lumière, devant tout notre peuple. Qu'elle veuille donc bien agréer,
notre « Reine », en faible témoignage de notre gratitude, l'hommage
de la poésie qui suit: elle y trouvera comme le résumé de ses hauts
faits' pendant cette journée ; journée de fatigue, mais de triomphe ! Ainsi
les Hellènes chantaient jadis un chant de victoire en l'honneur de ceux
qui avaient remporté la couronne aux Jeux Olympiques, ou un péan
à la gloire de ceux qui avaient bien mérité de la Patrie.

G À N T B'AUNfOU
iOdo ara manière- grèco, dabb estrofes, anListrofes è epodesi

A nobblo demaisèlo Urbanio de Terssac
Est. 1

Ant. 1

Ep. 1

Est. 2.

Qui debar' en sos cars pera bió trïoumfalo
Près dera biélho capitalo
Det Couserans, de cap ara de gùé?
Quino jùentut louijga 'r' acroupolo quilhado
Delà' ra 'rròco desminjado
Det blaiic Salat, — madécho courounado
De ço qu'et SÒIÎ païs de mès bètch pot aué ?
Qu'ei bous, o Urbanió, bous era souberano
E des serrés e dera lano
Aoun trirîquéj' et parla coumengés ;
Bous, qu'a 'clamado 'Rrèin' aci 'ra 'Scòlo nòsto
E que denhat sourti de bòsto
Enta bâcha pera frescouso còsto
E 't camip luminous que passe sus et Lés.
Bòstes coumpanhes, préne plaço
Sié deuant, sié dab bous à-masso,
E, près de bous, era det capulét ;
Bous, at gran bouquét adoussado,
En tout parti, goujat' aimado,
Manda tout drét
A bòsto mai et mès trénde punét.
E pus, &lt;( 'Nat, poustilhous ! » En arroujes librades
De bért e d'argént arraiades
Eri hè 'na pet bòste parc tuhut,
Per debadj es arrams que d'auti bous arégen,
Es fièrs paréls que chibaléjen,
Doubbles, mès que plan-planét bous carréjen
Pet pòbble de pertout t'aplaudl-bous beiigut,

5

lU

15

20

25

�LA

REINE

ET

SA

COUR

��229
Ant. 2

Ep. 2

Est. 3

Ant. 3

Ep. 3

Est. 4

Darrè, courr'è crida iou mainado 'hananto ;
Bous, en tout parlà-les, charmanto,
Sourride dous ar' aimabblo houlió ;
E, sénse pòu (d'aué, dinquio 'r' Asió perdudo,
Hèt ja sénse iauto courrudo),
Parcró jamès auta 'iìguéns esmoubudo
Nou senti-bous dilhèu, coumo 'n aquéste dió:

30

3J

Premou que nu'i bric passadjèro
Per quauco countrado 'stranjèro
Qu'auançat gùé, mès pes qui soun à bous ;
Bòsto qu'ei 'ra gént è 'ra tèrro
Que jéte, de drét' è d'esquèrro,
Aclamacious
Ta't bòste còr brilhan: è generous.
Qu'ei es Gascous, fidèls at lou bibrant lengùadje,
Qu'aujit, sus et bòste passadje,
Claca des mas, ùè, coumo jamès plus ;
E lèu des bòsti dits es nòsti delegadi
As bòsti deuants acampadi
Era banièr' as pendous esteladi
Arrecébe dab glòri', è, haut ! lheuá-lo 'n sus.
Dabb et drapèu sacrât mès ardént' è mès fòrto
Tourná ' sbrallá s dounc era 'scòrto
Que s'en amié 't bòst ' atrèt de bountat ;
Atau 'na bilo-mai, pera 'rregiouij centrado
En ér' amploméns adaigùado,
Demèst iou foul'en pléi) entousiasmado
De cap at Camp-de-Mars arroulla d'ui? lançât...
E ja dera 'strado 'splandido
Enta ' s Jòcs Flouraus estabblido
Pujat qu'auét es ournats escalés,
E, debadj iou bòto hùelhudo,
Dera cieutat qu'èt acùelhudo,
0, pes prumès,
Qu'ac bouten tout, ó'Rrèin ' , as bòsti pès.
Aquiéu pes pansauèts pourpradi de Bammalo
E pera blancou bierginalo
Des esqueiréts nheuousi de Massât,
Coumo iou 'rròso fîn'è de bermélh listrado
E de dantèlo hauderado,
Ho, qui bous bé, sus et tròn' assietado,
De nòsto Court-d'Amou da 't sinhau esperat !

40

45

59

55

60

05

70

�230

Ant. 4

Ep. 4

Pus, en méntre que tind' era 'rrim' argentino
De quauco cançoui? goujatino
0 'rretrenéch un imn'ena clarou,
Aquiéu o 'na Coumun' as erudits cercaires,
As mès lequits des prousejaires,
Enfin as mès armouniousi troubaires
Parti medalhes, prêts è diplômes d'aunou,
E't sé, t'agradá-mous, en taulo
Hè'nténe'ra bòsto paraulo !...
Ha, baudoméns qu'et firmamént d'azur
Que bantat, pet Diéu tutelari,
Nou bous sié 'pcaro bric sudari,
Mès iounténs pur
Diadèm' aubèrt sus et bôste bounur !

Est. 5

Gaujouso siat toustém, o, coumo 'na serado
D'aquéi'o preciouso journado,
Unie' , aoun ta hè-mous miélhou béi
Dap quin pladé demèst nous auti touti èret,
As qui bous seguién bous mesclèret
E dabb entrin iou quadrilho dancèret
Coumo iaut' Artemis des bòstes sos at miéi,

Ant. ti

E coumo quan, abans, — pes alèes qu'empliauen
Es qui bôsti dous celebrauen,
Ta liberaus, semiats arrèu-arrèu,—
Arrélhes de carboui), flambejantes arrames,
Trèts de huée è garbes de lames
Des bòstes mas, escatejants echehames,
Jalhiren à pialès de cap at nôste cèu,

Ep. o

È' s mountanhes lounh esbrallèren
È' ra 'rribèr' elluminèren....
Náni, tau gòi que nou-s pot esbanl :
Plan, qu'auét cùelhut ' na coumbano, —
Per tant que touto caus' umano
Déue feni —
Perbéuques blliés que nou s bon effani !
B.

SARRIEU.

l'aria l.uchounds.
NOTES. —

Cant d'Aunou, l'ai rende el grec &gt; Eijcômiori ». — Í!. 2. Scii-I.izé. — :;. Séu-

Girouns. — 5. DeminjaJo « rongée. ». — 10. Tritiqucja « Vibrer ». — 12. De botlo
« de eln-z vous ». — 13. hacha c. destendre &gt;. — 20. Manda « envoyer ». — 2). Punét
« baiser ». - 27. /'/ai?-plane/ « [oui doucenieiil ». -

29. Ilananl « affairé », — 31. llou-

liô « folie », — 33. Sén$t iauto u plus d'une nuire ». — 40. Esquèrro ■ g»uch : ». —
40. Auji « ouïr ». — 47. Acampaii « arrivés &gt;. — 52. Amia-s'en • emmener, entraîner »

�231
— 53. Sen-Girouns. — 55. Demésl « parmi ». — 56. Lançât « él»n ». — 64. Pansauètch
« coquelicot &gt;. — 60. Esqueiret « renoncule ». — 67. Listrudo, de Lislro « lisiér» ». —
6S. HauderaJo, de Uaudo o vidant ■. — 71. En mentre q w &gt; tandis que ■. — 73. Arretren,
&gt; retentir • ; — Clarou • clarté ». — 75. Lequit ■ parlait
— 80. Baudoméns ■ plaise au
ciel •. — 94. Arrèn-arrèu • coup sur coup ■. — 93. Arrilho de carbouri &lt; éclair ». —
97. Escatrjants cchchamcs ■ élincelants essaims &gt;. —
&gt; vallon ». — l('5. Effani-s • se faner &gt;.
enfeniliéu de narracioun.)

—

DEUXIÈME

IV). FÉLIBRÉE

A

101. Gui ■ joi« ».

—

10'2. Coumbano

(li. 4, 15, 20, 21, ètc, qu'ei emplegat edj

JOURNÉE

LA GROTTE DU MAS-D'AZIL

i. Ii'Kxcursion
Notre fête a duré cette année deux jours. Fête vraiment populaire le
premier jour, elle a eu, le second, un caractère plus familial, plus intime.
D'après le programme primitif, on devait faire ce jour-là une félibrée au
lac de Bethmale. Mais, le ciel paraissant un peu menaçant, on s'est décidé,
comme il avait été proposé à l'Assemblée Générale, à se rendre plutôt à
la fameuse grotte du Mas d'Azil, plus facile à atteindre, et... offrant un
abri naturel en cas d'intempéries. On fut du reste, ce jour là, favorisé
par un beau temps merveilleux, qui aurait bien dû... être gardé pour la
veille.
Départ d'assez bon matin, en plusieurs voitures. Prennent part à
l'excursion : M. Abadie ; M. Artigue Fabien ; M. Escaich ; Mme, M. et
Meiies Fourcade ; Mmo et M. Gissot, inspecteur des postes à Paris ; MM.
R. et V. Lizop ; M. Pasquier ; Mellc et M. Sarrieu ; Mrae et M. Servat ;
M. A. Teulié ; à eux se joignent Mme et M. Pujos, professeur au collège
de Saint-Gaudens, et leur famille. On s'installe à son gré, et l'on part.
On remonte la vallée du Baup, par Seignan, Baliar, Lescure ; là,
on abandonne la route de Foix pour entrer bientôt après dans la vallée
du ruisseau de Pujol, l'un des affluents de l'Arize, qui nous conduira
jusqu'à la grotte. Les nuages qui couvraient un peu les côteaux se
lèvent et se fondent, et l'on admire le pays accidenté et assez boisé que
l'on parcourt. Bientôt le soleil parait et le vallon s'élargit. Voici, à
Raynaude, les escarpements du rocher de la Vierge, déjà curieusement
découpés ou creusés. C'est à peu près sous leur prolongement que passe
le tunnel naturel que nous allons visiter. M. de Bardies, notre président,
nous y a devancés, et nous en fait les honneurs.
La grotte du Mas d'Azil, en effet, n'est pas une grotte à unique issue.
Mais la rivière de l'Arize la traverse, longée elle même sur sa rive droite
par la route départementale de Saint-Girons à Pamiers. Nos voitures s'y
engagent lentement et lanternes allumées, selon la consigne. On remarque
d'abord une immense salle, aux gigantesques et massifs piliers, avec, pour

�232
plafond, un vaste disque, aux rebords comme moulurés, un peu incliné
vers la rive gauche. Voici qu'on descend davantage, et qu'on passe à une
autre salle à h voûte beaucoup moins haute déjà et plus oblique. La clarté
du jour, peu à peu, s'éteint presque complètement, et la couverture de
pierre semble vouloir s'abaisser de plus en plus comme pour nous écraser,
Mais une blanche lueur reparait bientôt dans l'obscurité vague, et,
quelques instants plus tard, nous sommes sortis de notre prison. Sans
s'arrêter, les voitures nous conduisent jusqu'au Mas, à moins d'un kilomètre delà sortie de la grotte, nous en font parcourir les ruelles, longer la
jolie promenade, puis, nous ramènent tout près de la grotte elle-même. On
se repose un instant, puis on visite de nouveau la merveille naturelle ; on
examine la nature des parois, le calcaire peu résistant que l'Arize ronge ;
on descend près de la rivière, on s'aventure même sur ses écueils crayeux,
on revient à la grande salle et l'on admire encore sa hauteur prodigieuse
(environ 50 mètres), son ample arcade, ses pilastres robustes, et les
rochers, curieusement façonnés, en manière de personnages, qui ornent
ses blanchâtres parois.
2.

Déjeuner et Félibirée

On retourne ainsi, tout en devisant, jusqu'à l'entrée de la grotte ; et sur
l'herbe, en deçà de la rivière, on trouve pour déjeuner une agréable
pente gazonnée, pas trop inclinée, un peu à l'ombre d'un grand peuplier
(toutefois pas bien large), un peu aussi au soleil. On s'y installe du
mieux qu'on suit, l'appétit aiguisé par l'excursion, par le beau temps et
par les agréables causeries. M. Escolier, une fois de plus, ne nous avait
pas oubliés, On fait honneur à son menu, et l'on cause avec entrain,
surtout de la langue gasconne. Chacun dit son mot, dans son dialecte.
C'est toujours la même langue, mais quel vocabulaire varié et vivant !
— Au dessert, le premier, « le savant et toujours jeune M. Pasquier
boit à la santé des dames », venues si nombreuses à notre fête et à notre
excursion. La Félibrée va commencer : poésies, chants locaux, français
et gascons.
— Mlle M. Sarrieu et notre Sécrétaire général nous chantent
ainsi Era Coumcngéso (air de la Toulousaine ; mais paroles de M. B.
Sarrieu, adaptées au dialecte de Saint-Gaudens par M. l'abbé Dufor.
Voy. Era Bouts, 1905, N° 1) ; puis le « Chant des Pyrénées » (tiré de « la
Gerbe, 1, l'Exil », de M. B. Sarrieu), chant des montagnards exilés
loin de leur pays. On applaudit vivement l'hymne de notre Escolo et
le chant dédié « aux Luchonnais absents ».
— M. F. Escaich nous dit une amusante poésie, où il rappelle les
principaux détails de notre Fête de l'an dernier :

�233

, L'AM PASSAT A LUÇHOUN
Aquéste joun és la fèsto
Des Felibres binguts al païs mountanhòl,
E qùantis nh-a del planhòl
Qu'espres an boutât la bèsto
E le capèt nous, per, dins le parla mayral,
Dise 'n galant madrigal
Lounténs coufit dins la tèsto.
A Luchoun, 'mies, mous troubèren
Ambé Teulié, lÂzòp e le douttou Ferras
E la eountésso d'Ântras
Que Rèyno un courounèren.
I-abó Bizo, Courét, lUbét e de Terssac
Qu'esprès sourtic de soun sac
Mots que pla mous badinèren.
Qui nou dijó rés à tauló ?
Moussus Dufòr, Dambièl' e de Bèrico d''Agut,
(Sabéns,... acó 's counegut !)
Fèn d'un' aymablo paraulo
A la Soucietat de coumpliménts ta tustats
Que soun bissats de patats
Amb' un' ardou que nou-s caulo.
Moussu Daubian, cal que s'abise
D'un poutch e d'un pourét de dis' amb' emouciu
La pauro sitüacíu :
Bous soubé s'ac sabéc dise !
D'un floc d'autes tabès l'esprit mous amusée ;
Qui sap qùantos s'en passée
Que mous fasquéren pla rise !
D'uno bouts flno, migounho,
ou 'I riquiqui coulo prim del flacou
En soun amo de Gascou
Canto l'inné à la Gascounho,
« Aiant ! », crido Sarrieu, de 1' « Escolo » le pay
« Cantats, de la bòsto may,
La lérigo, sénse bergounho ! »

A l'ént'

1

E quinos paraulos mistousos
Diguéc à tout prumè le presidént Bardios,
Per coumplimenta las diòs
Rèynos, tant « tant graciousos...

�234
Lazeflco, Messius, se mous fée engùeja !
Empachèc de rouijqueja
Lé quj dits rimos afrousos.
Toutis gran plasé tinguéren ;
Caduii dijó la séu, la paraulo èro d'ôr,
Ne fèu le counfìteòr.
Brèf al banquét pla riguéren ;
Après, del Casinó ount parlèren francès
E se regalèc Valés,
Gaujous, que mou-n rebinguéren.
Bous soubinèts que les ósses
Se founhon al soulélh ; tant fajó de calou
Que sentiòn uno bugou 2
Sus nôste clésc cas' à-trosses...
Aué del Paradís besén à Sen-Girouns
Las respalmos 3 de las founs
Lebados per laba 's cosses...
Crési mas rimos bestiolos,
Car, Vamos, n'è pas dit de bous acl dus mots ;
Mès qui sap se qùant de cots
Las me faiòts benl folos...
Tifo-tafo, le cor me fè, quand péns' à bous,
Car del partèrr' èts las flous
Que fènas ùélhs ninarôlos.
De mas linhos estourdidos
Sénti benf l'eygùétch ; car les cal arrinca
Del cap oun se ban fica
Per qu'ey siôn mes estourridos ...
Me cari dounc. Mès, abuns, à bòsto beutat
Porti le tost de santat :
A bous, Damos tant poulidos !
F. ESCAICH
Pari» de La llaslido-de-Sérou.
1. Énto « Moment &gt;. — 2. « IWoiteur &gt;. — 3. « Vannes .. — 4. « Ennui ».

On le voit, tous nos confrères y passent ou peu s'en faut, et chacun a
son petit mot. On rend grâces à l'auteur de rappeler le souvenir des
absents. Ses strophes humoristiques, et, à la fin, d'une charmante
galanterie, sont applaudies aussi fort que l'on peut.
— M. J.-M. Servat, cédant à notre désir, veut bien nous dire « La
Massadélo », dont il est l'auteur. (Imprimé chez M. Dupré, Paris, avec
musique de E. Monroux). En voici les paroles, avec une modification de M. Servat lui-même pour la 4« strophe.

�235

A mes Compatriotes
1
Qu'èm les efants libris e fièris
De las mountanhos de Masssat ;
Al prougrès beiigudis darrèris,
Qu'abém l'amo del téms passat.
Tabé, fôro des camps de lino 5,
L'eygùéch 2 e l'èrnho 3 que mous mino,
E que cantam, e que cantam :
(Refrain)
O méu païs,
Qu'ès ta mistous 4 e ta poulit...
2
Qu'aymam l'aygo bibo e 'stillado 5
Del riu que bruch al founs del clôt,
Las flous que mirgalhon la prado,
La bouts al cèl de l'auselòt,
L'azur de la sèrr' adroumido
Oun le pastou brèsso sa bido,
En tout cantan, en tout cantan,
O méu païs, etc.
3
La nòsto tèrro s'é mudado
Pel nòste trabalh santadous 6 ;
Tabé demoro mes aymado :
Ço nòste mous sémblo més dous.
La lèt, la lano de la ùélho,
L'ayre, le cèl, l'arbre que fùélho,
E nòstis cants, e nòstis cants ;
O méu païs, etc.
4
Mes que tout, qu'ayman nòsto migo,
Soun ùélh clar, soun rise gaujous ;
Balénto e fèto à la fatigo
Qu'aymo le camp e'l prat sentous.
A la clarou de las entélos,

�236
Que tiém d'nmourousos perbiélos
En tout cantan, en tout cantan :
O méu païs,, etc.

7

J. SERVAT

Parla de Massai
I. ■ Lin •. — 2. ■ Ennui &gt;. — 8. « Peine
6. " Sain ». — 7. « Promenades ».

4. « Aimable ». — 5. « Pure ». —

Les vers délicats et harmonieux de M. Servat sont vivement applaudis.
— Melle Isabelle Fourcade, lauréate de notre Escole, se décide ellemême à nous chanter le Noël inédit qu'elle a envoyé à notre concours.
Le voici, musique et paroles.

t*

m

Vieux Noël inédit

samai., si fousplai;S«n.Jou-sip àlòcíkpal-,
-—^
railr&gt;

I

3FS
Di-&lt;étw (^tw tiousptrr&lt;iow - TU Lespe-eab.lespf-cûtsàtoutUwwnit

1.

Bous, Mario, qu'èts sa mai, ]
Si bous plai ;
Sén-Jousèp à lôc de pai ;

j

perdou- j
nats] / ..
,
} bts
Les pecats
(
En aquéstis1 brabis goujats, ]
Qu'an dichat las auelhétos2 j
Fer dessus (bis) las moun-,' bis
[tanhétos. )

2. Le
bis

)

Dizèts-ique nous perdoune \
Les pecats (bis) à tout \Abis
mounde.
\

boun^Jèsus,

3. Per dijous aquél round blanc,
Cors e saijg ;
Din le calici3 tout autant.

bis

Acó 's le minhoun de Mario ;
)
bis
Yo crei qu'és (bis) la Sént' Oustio.)
Isabelle

FOURCADE.

I. Ce vers a une syllabe de plus que le vi rs correspondant du I" Couple!. Lu liaison
&lt;fo-« dispaiail. — 2. ■ Breliis. ■ — 3. Voy. la note I.

On applaudit, et le Noël,
simples et doux, et la voix
coum' un esqucrilk », qui
reste, de recueillir d'autres

au cachet vraiment ancien, aux sentiments
charmante, « bouts de pèrlo, que tindauo
l'a chanté. Me»e Fourcade se propose, du
anciens airs ou cantiques ariégeois et tout

�237
ce qui peut avoir trait au Folklore et aux traditions populaires de sa
région. Nous l'en remercions et l'en félicitons vivement.
— Melle Maria Sarrieu vient ensuite nous chanter, « d'une voix superbe », Et berbi capulét, « Le joli capulet », de M. B. Sarrieu. (Voy. Era
Bouts, N° 3 de 1905, p. 47). Le capulet. « qu'elle portait elle-même avec
tant de grâce et de naturel à notre fête de la veille », méritait bien cet
honneur. On applaudit et le chant et le joli capulet.
— M. Galinier, de Saint-Girons, devait, sans ia pluie, nous chanter,
la veille, « S'ères », d'André Sourreil. M. Tculié, à qui on réclame cette
poésie, veut bien nous la dire. Nouveaux applaudissements, pour l'auteur,
capiscòl de l'Escolo Moundino, et pour l'interprète, noire dévoué trésorier
général, l'organisateur de notre fête de cette année.
— Enfin M. B. Sarrieu, pour terminer, chante le chœur « Era Gaîcouno », que tout le monde reprend au refrain. M. de Bardies fait battre
un ban en son honneur ; mais M. Sarrieu en propose immédiatement un
autre à l'Ariège, et aux Félibres couserannais qui ont si bien reçu leurs
frères commingeois.
3.

Dans les cavernes

Ghani de la -Soupe. Retour
Tout le monde se lève alors, et l'on revient à la grotte dont on
n'a point encore exploré tous les replis, suivi tous les détours. A
main droite, presque . ntre la grande nef de l'entrée et la suivante,
s'ouvrent d'amples cavités à travers lesquelles on va nous guider. La
plupart d'entre nous reçoivent une bougie avec bobèche de carton, et en
route. Le sentier que nous suivons, en file indienne, est parfois à peu
près uni ; d'autres fois, c'est un véritable escalier, aux marches arrondies
et quelque peu glissantes, par lesquelles il n'est pas toujours facile de
monter ; de descendre, moins encore. Tantôt il parait chevaucher comme
une épaule calcaire plus ou moins sinueuse ; tantôt il tournoie en colimaçon à l'intérieur de vastes lacunes vaguement sphériques. Aux voûtes,
ici, point de stalactites ; mais seulement l'infinie variété de formes que
peuvent prendre des roches tendres, affouillées jadis par les eaux, et à
qui les lueurs et les ombres que nous promenons sur elles donnent un
aspect étrange et fantastique.
Dans ces profondeurs, l'on a trouvé de nombreux restes fossiles ; mais
aujourd'hui il n'y a pas même de végétation dans ces salles obscures,
plus poussiéreuses qu'humides ; l'ours des cavernes (heureusement...) ne
ne les fait plus retentir de quelque rugissement rauque. On n'entend
que la confuse rumeur de l'Arize bruissante, qui écume et murmure tout
au fond, et que les pas étouffés, les conversations à demi voix, mais
aussi les chœurs sonores des Félibres, qui jettent, aux échos souterrains
eux-mêmes, soit « Era Nouclnrno », soit la chanson des « Esclops ».
De temps en temps, d'ailleurs, on s'arrête dans quelque antre spacieux

�238
ou quelque couloir élargi : on se groupe du mieux qu'on peut, et, à la
lueur éblouissante d'un feu de Bengale, établi sur un ressaut de rocher,
#n contemple les abîmes et... l'on est photographié par M. Gissot.
Enfin, au moment de sortir, M. R. Lizop entonne le chant de la « Coupo
Santo », dont le refrain est repris par tous, religieusement : afin que, de
la Gascogne à la Provence, la terre réponde à la terre, comme la veille,
par « Mayali », le ciel avait répondu au ciel.
Notre promenade dans les ténèbres avait duré une heure. Ce ne fut
point sans quelque plaisir que l'on se retrouva, en plein soleil, à la
buvette de la grotte, vers le Mas, où l'un de nous voulut même faire
désaltérer ses confrères. Mais la soirée s'avançait. Les uns, plus pressés,
partirent les premiers ; les autres, prenant un nouvel itinéraire, effectuèrent leur retour « à travers les gorges de la vallée de l'Arize, que dominent les gigantesques ruines du château de Durban », et par les villages de
Rimontet de Lescure. « Et c'est encore aux accents d'« Aquéros mountanhos» et d'autres choeurs gascons qu'ils rentrèrent à Saint-Girons,
enchantés de leur belle excursion ».
— Une chose, toutefois, nous avait manqué pendant cette journée. Non
seulement p isieurs de nos amis avaient dû nous quitter le dimanche au
soir ou le lundi matin même, mais encore notre Reine, Melle de Terssac.
fatiguée par la fête de la veille, n'avait pu se joindre à nous pour cette
félibrée. Mais son souvenir nous accompagnait à la grotte, et c'est làmême que M. Teulié a improvisé le rondeau suivant dont il lui a fait
hommage.

A noblo Doumaisèlo Urbainie paydit de Terssac
flÈYNO DES ^OCS

CE&gt;

^LOURALS

Oa

O la géntio cèyno gaácouno
Que tzôno bep 1 à Sént-Gizoun !
Eápzit, bountat, en élo àoun
E touto gtâcio eá âapezáouno.
Al cèl pouétic del Miedjoun,
Azo, un noubel aátze zayouno :
Eà la géntio zèyno gaácouno
Que tzôno bep à Sént-Gizoun !
« Bicoumtéáâo, boótze blaáoun
Pouztaza zouyalo couzouno :
Le Felibzitje bouô la douno,
E bouápzouclamo,peztoutjoun,
Noátzo géntio zèpno gaácouno ! »
16 Sétémbre 1907.
A. TEULIÉ.

1, ■ Aujourd'hui ».

�239

V). AUTOUR DE NOTRE FÊTE
1. Vceux, ou L·eiíves d'excuse
De nombreuses lettres nous ont été adressées à l'occasion de notre
Fête, soit par des Félibres d'autres Ecoles s'intéressant à notre succès,
•oit par des Membres ou des Lauréats de la nôtre qui n'ont pu se joindre
&amp; nous.
FÉLIBRES ET ESCOLES. — A tout seigneur tout honneur. Mistral,
l'illustre et noble vieillard de Maillane, que l'âge seul a retenu loin de
nous, a bien voulu, lui-même, nous écrire deux mots.
A notre Président : « Moun salut amistous per tòuti » ; adresse applaudie à la séance littéraire et au Banquet.
A notes Sectétaiee : « Au bon félibze B. Sazzieu, a l'jgtègi
dizeitouz d'ERA BOUTS DERA MOUNTANHO, mande moun gzamaci
pèz óoun amiátouâ counvit è lou pzègue de áemoundze i valent
àôci de Gaócougno l'eápzeàáioun la plub vivo de moun amizacioun
pèz l'azdouz que deáplégon en favouz de la Cauào. La vido eá
dinà la lucho, — e quand lou gau canto, óe lèvo lou óoulèu. Luchén
e cantén, e touôtèmá Gaócouá ! Couzalamen. F. MISTRAL [Maiano
(Pzouvénço), 14 de Septémbze igoy]. — Cette caete postale cepeoduiôait le poeteait du Maîtce. Suc une autre, teptéôentant une AeléAienne, il avait encoce éctit : « A la Gaócougno, la Pzouvénço... »
— M. P. Déwluy, capoulier du Félibrige, a été retenu auprès d'un
berceau qui vient de « se fleurir d'une nouvelle Mireille », et M. J. Ronjat, Baile général, par son mariage. Tous deux nous ont adressé leurs
meilleurs vœux, (que nous leur rendons avec usure), et le journal « Prouvènço l » a déjà donné, dans son N° d'octobre, le compte-rendu de notre
félibrée.
— M. Adrien Planté, Président de l'Escôlo Gaston-Fébus, nous
adresse d'Orthez l'aimable télégramme suivant : « De tout cò dap bous l
Salut amistous aus Counfrays « d'Eras Pirenéos » / — On sait que
l'Escolo Gastoun-Fébus a tenu cette année sa fête à Mauvezin (H. P.) le
30 Août, et à Cauterets, les 1er et 2 Septembre. Elle a été magnifique. Si
nous avons rencontré une Reine comme on en voit peu, l'Escôlo GastounFébus a trouvé un rare Mécène en la personne de M. liibal, maire de
Masseube, qui lui a tout simplement légué le château de Mauvezin, prè»
Capvern, restauré par lui pour en faire comme la forteresse et l'autel
du Félibrige gascon. La place nous manque pour raconter ici la belle
cérémonie de Mauvezin (Remise du château à l'Escôlo Gastoun-Febus,
chœurs gascons, merveilleuse Cour d'Amour, etc.), où M. B. Sarrieu est
allé porter notre salut à l'Ecole sœur ; puis les Jeux-Floraux de Cauterets, au milieu d'une affluence considérable. Mais l'année 1907 doit être
marquée d'un caillou blanc dans les annales gasconnes du Félibrige. Pour
nous, considérant le bien qui est fait à nos frères comme fait à nous-

�240
mêmes, nous avons prié M. Bibal, qui y a consenti, de vouloir bien accepter
aussi le titre de Membre de l'Escolo deras l'irenéos.
1. Voy. les Réclams. Seléme-Ocloubre 19)7. V. aussi, dans la Revue de Commiiiges (I9H7,
3) l'article de M. D.uue : . Les Félibrcs à Mauvezin ..

— Les félibres de l'Aude ne nous ont pas oubliés, ni ceux du Quercy :
« Los félibres de PEscola Audépca seran de cor, lo 15 de Setémbre
1907, am los felibres de l'Escolo deras Pirenéos, acampats, aquel jorn,
à Sant-Girons, e lor mandan lors melhoras saludacions sant-estèlepcas. »
Lo Gapiscol, Felibre majorai :
P. ESTIEU. 1
Comba-Roger (T.-et-G.), lo 14 de Septembre LJ07.
«... D'aqueste cap de Gasconha mandi mon salut coral als paraires
occitans acampats à Sant Girons. »
.. Frairalament.
A. PERBOSC.
[ Capiscol d'aunou de l'Escolo Carcinolo ]
— Mêmes vœux de la part de MM. de Brescon, membre de I' « Escolo
Marguerito », A. Sourreil, capiscol de 1' « Escolo Moundino », BacquiéFoitade, président des « Toulousains de Toulouse », Désazars de Montgaillard, Mainteneur de l'Académie des Jeux-Floraux.
— Nous devons ici des remerciements particuliers à J/elle de Puybusquc et à .1/. Bozès de Brousse, dont on connaît les attaches avec la
célèbre Académie toulousaine, pour les longues lettres qu'ils ont bien
voulu nous écrire à l'occasion de notre fête, en véritables Commingeois
de naissance et de cœur.
« La régionaliste que je suis se réjouit profondément », nous dit
Melle de Puybusque, « de ce réveil de la vie provinciale. Le succès croissant de l'Escôlo montre combien les sentiments qui nous animent
trouvent d'écho autour de nous. Sur tous les points les centres provinciaux
s'émeuvent, les énergies se lèvent, les feux s'allument, et j'espère que,
provinces par provinces, la France se refera ainsi, différente de la France
du passé (non bis in idem), mais aussi grande, aussi glorieuse, aussi
croyante... Quel but à nos efforts !.. »
M. Rozès de Brousse s'intéresse surtout aux vieux costumes de Massât
et de Bethmale : « Vous faites admirablement de leur donner une place
d'honneur dans votre fête de pieux traditionnalisme local. Mistral vous a
donné l'exemple avec ses fàslo vierginénco. Je vous félicite d'avoir eu
la bonne idée de faire appel dans ce but à la personne qui par son intelligence, son ardeur, sa vaillance, son insouciance du qu'en dira-t on, et
son dévouement chevaleresque à toutes les belles causes était à même de
vous fournir la plus heureuse des collaborations. Vivo la Rèino ! » Malheureusement, ces costumes se perdent : « A Massât presque toutes les
femmes au dessus de 35 à 4Q ans le portent, aucune ne le porte au dessous
de cet âge. Leur coiffe s'appelle l'a liadoure. Elles achètent le ruban en

�241

fleurs de leur ceinture à des marchands venus d'Espagne, qui, n'en vendant plus depuis plusieurs années, ne repassent plus la frontière ». Il en
voudrait une description dans notre Revue '% authentique, avec illustrations 3 ; et il nous demande de rappeler expressément Mistral et ses
Eèsto vierginénco [fêtes où des centaines de jeunes filles, sous la présidence de Mistral, ont pris publiquement le costume arlésien, et juré d'y
rester fidèles]. «On pourrait indiquer aussi, et je m'en porte garant, qu'en
Allemagne les paysans de la Forêt-Noire ont tous conservé leurs vieux
costumes si pitoresques, grâce aux petites subventions de comités de
protection locaux4, et grâce aux encouragements de l'Empereur qui, je
crois même, les fait alléger de certains petits impôts. » Voilà des renseignements pratiques ; on en fera son profit. La lettre se termine par cette
charmante adresse en toulousain:
« Moun valent e gai Counfraire,
«Es per iou un dôl prigound de pas poudé jounhe ma frairenalo ma à las
vòstros dins vòstro bèlo farandòlo félibréijco de Sant-Girouns ; tapla soui
de còr dambe vous.
« Al Vergier dels antics trovadors e de Donna Isaura », à la viélhô court
del « Gai-Saber », sount numerouses les amies de nôstro léijgo maire, de
nôstros viels us, les fldèls de la pitchouno Patrio...
«Al trïoumfle dels « Felibresderas Pirenéos», à la mantenéncio de las
viélhos vestiduros Bethmalésos e Massadèlos, à la viélho léngo, à la
pitchouno Patrio, e à vous, — lèvi de tout còr ma Coupo moundino !
J.

ROZÈS DE BROUSSE,

de l'Academio dels Jocs Flourals
), M. Pr. Estieu va fait e paraître le 15 Janvier prochain La Canson Occitana (poésies,
300 pages). On souscrit pour 4 fr , à envoyer de suite en'mandat-poste à l'éditeur, M.
Bouquet, 3.
fait. — 4.

R.

V.-Hugo, Carcassonrie. — Ì. Voy. le Discours île M. de Hardies. — 3. On l'a

A REMARQUÉE, ET A IMITEU.

LAUREATS. — Plusieurs de nos lauréats, bien malgré eux, n'ont pu
assister à nos fêtes.
— M. L. Milton-Lecocq nous écrit de Stolberg (Rheinland, Allemagne)
« L'écho de notre fête est venu jusqu'au rives du Rhin frapper mon
àme attentive. Et, ni les Walkyries, ni les prêtres d'Odin n'ont pu
m'empêcher de vibrer aux accents harmonieux de nos chansons gasconnes
mêlées dans la grotte du Mas d'Azil au grondement sonore de l'Arize
rapide... »
— MM. V. Lacaze et E. Lcvrat, n'ont pu être présents que par leurs
intéressantes communications à l'Assemblée générale. M.Lacaze, malade,
regrette de n'avoir pu venir « debiza clame tant de Counfrais, que nou
counégui encùèro que pou soun nòm e pou soun talént », et se joindre « à
bous-aus touts, qui prouclamerats à Sen-Girouns bòste amour de la léngo
é de la patrio nòstos ». M. Levral, « bien loin, au fond de l'Entre-deux
Mers », aurait été « si heureux de vivre quelques heures dans ce milieu

�242
félibréen que j'aime tant, en communion avec vous tous dans notre désir
de faire grande et respectée la patrie méridionale, la terre des aïeux !... »
— « Nou m'auitét pas à Sent-Girouns, tara hèsta », nous écrit M. J.
Soulé-Venture. « E vé-m haria plazé, prauve, de véy-vous è d'assista ara
'rrétinioun ! Mès... qu'ey empoussible !.., Que souhèti qu'aquéra hèsta
qu'es passe dab gôy, è, de segu, que lechará darrè éra de poulits
souvenis ».
— M. l'abbé Dambiclte est retenu par la fête locale, « la balòcho » :
« Serió uo bergounho que le caperan. un jour de balòcho hasousco aus
parrochians l'afrount de s'en ana ; serió uo trufarfo ! Sera douijc dambé
mau de có que pensarèi à la felibrejado de Sen-Girouns ; enta-m counsoula,
beurèi à la santat dés de la hèsto, è enta pas hè digun de jalous, n'i
boutarèi un petit bricoulét de mès à la santat de touts les Counfrais de
l'Escôlo. De tout co serèi au miéi de bous-aus, e de tout co souhéti à
l'Escôlo que sió toujours de mès en mès abenénto e rabiouso enta que
pousque hè miracles enta hè rebiue las biélhos causos estroupados bèttens-á diguéns la hôsso dou desbrumbe, ou enta rebiscoula las que caijen
transidos pela fredou de l'indiferénço e de l'ingratitude Mès que jamès
bous boui aparténgue... »
MM. A. Lame-thé et F. A. Pujens sont de la région d'Eauze, et tous
deux, celte année, également lauréats de l'Escolo Gastoun Fébus. Le
premier a été empêché de venir par les travaux agricoles ; « mès, engoanqui-béijg, que bous prouméti de béngue à las hèstos de la bòsto Escolo
ende pôde touca mail dab lous baléns qui musiquéjon l'amou dou biélh
Terrè-Mayrau dens la bòsto rebisto. » Le second nous dit que de loin
son cœur applaudissait « à la brilhénto renechénço que l'abéngue resèrbo
à nòsto bèro léngo d'O. Crejats bien », continue-t-il, « que per nòsto
lous félibres se leueran de pertout : amos ardéntos, am lous bint ans
floucats de briùlétos, lançaran à nòsto seguido, pous aires esclarits, la tan
aimablo cansoun qui celèbro l'eternèlo glôrio de nòsto Gascounho. » En
effet, et la grande fête de l'Escolo Gastoun Febus à Eauze a dû y être
pour quelque chose, il se fait là, autour de la vieille métropole de la
Gascogne, un vif mouvement félibréen, qui atteint déjà, chose heureuse,
les couches profondes de la population. C'est bien ce que nous obtiendrons nous aussi, s'il plaît à Dieu, avec le peuple de nos montagnes.
M. l'abbé Marsan, curé de Saint-Lary (v. d'Aure) — que nous avions
eu le plaisir de rencontrer à Mauvezin avec beaucoup de membres de
l'Escôlo G. Fébus adhérents aussi à la nôtre, tels que MM. Darclanne, S.
Palay, Camélat, Pédebidou, Ch. du Pouey, Déjeanne, Pépouey, Lacoarret,
Ch. Palanque, etc., nous dit qu'il aurait « pla e pla tengut a'rrecébe eres
dues arrecoumpénses deres mòs dero rèyno ta 'mistoudo e ta generoudo
d'engùan. » Au moins, « du u cor bc'urénf, p r ■'. -ssus tèrres e bals, que
bous embiey à bous e à toutis ets dero hèstô, ets mes oumatyes d'amistat
e de debouomént. »
— D'autres s'excusent en vers, comme M. Armanguè, de Céret, en
catalan :

�243

Alô mult apceciadô Felibteo de l' « Eôcolo detaô Pitenéoô »
y demèd altteó
Si mîaá camaá lo poóquîan
Cezt ! miá deóitjá 1 gzandá y áezîan
D'auat, junt àb voá, feátejaz
Jocô Fìozalá, y glozificaz
« La voótza petita patzia »
Qu'eâ ben gezmana ~ de la mîa,
Memaó, dinó .íu pazla máyzal
Daì meu no gayze daignai I
Mèá, aquéàla-í camaá malvadaá
No volen nuca me poztaz,
Y, tíng pzop VOÓ... de m'excuáaz !
Cèpendént, eátimadá Felibzeà,
Mon eápzit, óà :i óiguent, y llibze,
Dìn.i feátival voá áeguizà,
Y com voá-altzeá cantata.
Tot y meditantpz'altz' anyada
« Altz' obzéta millà fazjada ».
L.

ARMANGUÉ

1. « liésiïs ■. — 2. • Sœur &gt;. — 3. ■ Sain ■.

— D'auties, enfin, nous écrivent en vers aussi, mais pour promettre de
venir:

D'em zéndze aá boátzeó Joc.) Flouzalá, pla -&gt;cuy uzouó,
Cat auzèy le pla%é de poudé coumo bouà,
Maugzè tout le tzàbal que tout aco boni douno,
Feóteja coumo cal no.üzo lengo gaàcouno ;
Canta, dan le.i amigá bengutá d'un pauc pettout,
La glozio del païà, mèà del boátze áuztout.
Donne al quinze que bén le plaxé de bon.) bé&amp;e,
E tout en acaban bouá pzégui de me czésíe,
En attendén, Mouááu, l'ouzo del gzan feàtin,
Boátze tout debouat âezbitou :
SAINT-MARTIN. —

Nous avons eu en effet le plaisir de faire la connaissance avec un
aimable Félibre, dont nous publierons prochainement des poésies.
MEMBRES DE L'ESCOLO. — Un très grand nombre de nos
Membres ou de nos Adhérents, empêchés de se rendre à notre fête, ont
voulu cependant s'excuser, oralement ou par écrit, en français ou en
gascon, en prose ou en vers. Tels sont, des Landes à l'Ariège, tout le
long des Pyrénées :
— M. Albert Darclannc (l'Artè dou Pourtau), Vice-président de l'Escolo
Gaston Fébus pour les F.andes ; il nous remercie de notre « enbit ta les hèstes
de le boste Escole qui-és haran à Sén-Girouns », mais ne peut venir:
« Ké-m carra dounc acountenta de leyi... lou counde-rendud hestiu quèn
parèchi ».

�244
— M. H. Pellisson, d'Arette, qui se désole : « Que eau ha? Acou
nourta s e counsoula-s de ço que l'on nou pòt aténhe... D'aulhous toutes
eras apélhes nou soun toustém, er estiu, amassades en cáben ; que n'y a
hères qui soun per dehore-endaban à poutouneya 'ras flous, e gay de
tirá-ne drin de mèu. Yo be souy ue d'aquéstes apélhes... de loenh-ena
m'agrade de floureya permou det bréscou nòste...
Be leyerats aquestes sept bers mès ena Court d'Amou de Sént-Girouns ?

Ar' amie Sarrieu
Malaye ! aze qu'é tzop cla :
D'augan nou-ni podi meâcla
'Na gauyouáe fazambole
Deza tan badibe Eàcole,
D'aymade Boutá mountanholc !...
Yo d'aci nou cantazè ;
Sent-Gizouná, te plouzazè...
Henric PELLISSON
Felibre de Baretous.
—M. Léon Arrix, d'Arudy, qui serait bien aimable de nous envoyer
quelque poésie dans le dialecte authentique d'Arudy ( on y emploie « et »,
comme dans nos montagnes) ;
— M. M. Camélat, d'Arréns;— M. Pédebidou, Sénateur des HautesPyrénées, de Tournay ;
— M.Simin Palay, de Montaner : « Boune idée qu'èy e « entrenat » ya
seri si nou calé qu'aqueró t'ana ta Sen Guirouns ; mes, lou pericle ! oun
nou s'at hè goayre coum haré plasé qu'estèsse tout còp... De có que serèy
dab bous autes touts, qu'at poudét créde : que m'ey de grèu de nou pas
poudé respoune miélhe à la bòste aymable embite... »
— M. Charles du Pouey, le doyen de l'Escole Gaston-Fébus et de la
nôtre aussi sans doute... « Ban esta pla bèros las hèstos de l'Escolo deras
Pirenéos ! Que plouri de n'y poudé ana... » A Mauvezin et à Cauterets,
M. du Pouey a lu deux charmants sonnets.
— M. le docteur Dejeanne, qui a bien voulu nous promettre sa
collaboration, — et M. l'abbé Pêpouey, tous deux de Bagnères-deBigorre ;
— M. l'abbé De Benque d'Agut, de Guchen (v. d'Aure), notre représentant à Paris, qui nous a adressé ce télégramme : « Avec vous tous par
» pensée ; sympathies aux collègues ; hommages à Beine Urbainie ; fleurisse
» pervenche ! vivat Escolo ! »
— M. Ambroise Anglade, d'Estensan (v. d'Aure) ; il nous a envoyé
une poésie pour la fête :

As Jîelibïres derra Hèsto de Sen-Gipouns
Ha, quin ôm ey urous, en ùo bèro brespado !
Et cor que bat àlais', ôm ey tout encantat,
Surtout dap es amies d'auéhèt proumenado
En ùo poulido barco, e sus u lac daurat.

�245

D'aquéste bért pals, tout boussut de mountanhes,
Que plouri de nou pas poudé-bous assista ;
Trop louy, troplouy que soun, o, aquéres campanhes !
Quin soufréchi, de nou 'ná-bous félicita !
En aquéste moumént, qu'èt touts arreünidis
Enta ùo mémo caudo, en u soul seniimént;
Qu'ey ùo próbo sublim', atyéu, que som unidis
O, per ùo chèn' antico è per u biélh sermént.
Parlém toustém, o frais, et parlà de Gascounho ;
Qu'ei ero léngo, ya, des mès ancièns pastous ;
Enta saubá T, amics, n'ayém nòdo bergounho,
Més, noudautis, hardit ! que siém « Toustém Gascous ! »
Soubenir as de qui soun 'no toumbo proufoundo,
E qui mous an lechat tout ço de qui auém ;
D'aquéris immourtaus ero sourço fecoundo
Mous a hèts ço qui som ; que som « Gascous toustém ! »
Ço que boulerié 't cor, à nousto 'Rrèyno aimado
Ero mió féblo bouts nou pòt pas prou sùeta ;
Et nom de « Felibrésso erouïno, adourado »,
Dero mio part pourtant que dénh'ar accepta !..,
Pal la d'Eelensò, ena bal il'Auro

A.

ANGLADK.

— M. J. Vasque, surveillant général au Lycée de Nîmes, d'Anères (H.-P).
notre fidèle collaborateur. Un deuil cruel l'a retenu loin de nous. Qu'il
reçoive ici l'expression des sympathies de notre Escolo entière.
— M. le comte de Comminges s'excuse « de son absence au moment
de ces fêtes si attrayantes à tout cœur gascon, comme le mien l'est resté
malgré un exil, qui j'espère prendra fin un jour ».
— M. l'abbé J. T. Lamane, de Bertren, nous exprime ses vifs regrets ;
— M. G. Castex, de Loures, professeur au Lycée de Carcassonne ;
—■ Bon nombre de Luchonnais, parmi lesquels MM. E. et L. Sarrieu,
J. Sen*, P. Larrieu, L. Lagaillarde, instituteurs; F. Larrieu, pharmacien;
abbés Mathieu et Baylac ; J. Dulac ; P. Ladrix ; Ch. Rey ; Docteur B.
de Gorsse ; Docteur Ferras, conseiller général du canton ; Bonnemaison,
maire de la ville, retenu par les fêtes luchonnaises du 5; etc. On sait que
le Félibrige luchonnais a eu la douleur de perdre cette année M. Bertrand
Guilhem-Péne, le gracieux poète de la vallée d'Oueil. C'est un deuil
vivement ressenti par l'Escolo entière, qui, si elle le peut, ne manquera
pas au devoir de recueillir les œuvres de celui qui fut l'un de ses fondateurs.
— M. le colonel Mondon-Vidailhet, de Saint-Gaudens, venu le matin,
mais qui n'a pas pu assister au banquet.
— M. l'abbé Beffeyte, curé de His, pour lui et pour MUe Noélie Beffeyte, une seconde fois lauréate de nos Jeux-Floraux ;

�24«
— M. E. Ribet, d'Aspet, directeur delà Revue de la Solidarité sociale et du
« Petit Ariégeois de Paris », qui nous avait même demandé les billets de
réduction, nous a adressé de Paris un télégramme de regrets et de vœux
cordiaux ;
— M. L.Gimet, d'Aspet, actuellement receveur à Coutances ;
— Notre collaborateur M. « E. Ducastaing », de Montesquieu-Guittaut;
— MM. Lavergne, vice-président de la Société Archéologique du Gers,
et Palanque, secrétaire de la même société ;
— M. le duc de Mirepoix (invité) ;
— M. le vicomte de Terssac, président du Syndicat agricole du SaintGironnais, maire de Castelbiague, représenté par son fils à notre fête;
— MM. Terrade, insttiuteur à Massât, retenu par la mort de son père;
Aybram, instituteur àLapège, qui nous a promis sa collaboration; Soula,
instituteur au Cailaret, lauréat de l'Escolo ;
— Mme et M. Gadrat, publiciste à Foix ;
— M.Valentin Bardou, d'Ustou, notre dévoué collaborateur ;
— M. l'abbé Cau Durban, vice-président de la Section du Couserans,
retenu par sa santé à Pamiers ;
Etc., etc.
— Nous croyons pouvoir signaler ici, comme présents à notre fête, MM.
Painlevé, membre de l'Académie des Sciences, professeur â la Sorbonne ;
Senlein, juge au tribunal de Narbonne ; Guénot, Secrétaire général de
la Société de géographie de Toulouse et du Syndicat d'initiative de la
Haute-Garonne; Sentenac, substitut du procureur de la République à
Saint-Girons; Bladier, notaire à Saint-Girons; Viala, professeur au
collège, etc.
— M. de Caumont, qui avait préféré, au banquet, « laisserla parole à
ceux qui l'avaient si bien prise », nous adresse pourtant, fort gentiment,
le brinde qu'il aurait prononcé ;
Mais, ce qui nous a touché surtout, c'est la réponse de notre Reine d'Iionneur. Déjà, l'an dernier, Mme Eugène Rostand (on sait que M. Eugène
Rostand possède une villa àLuchon) avait bien voulu nous dire combien,

(.(Provençale de naissance et de cœur », elle s'intéressait à notre œuvre.
Cette année, Mme Edmond Rostand, Reine d'honneur de notre Escolo, a
bien voulu, d'Arnaga-Cambo (B. P.), écrire à notre Président M. de Bardies, pour s'excuser de n'avoir pu assister à notre fête:

Monáieut,
« C'eát aujouzd'hui áeulement que mon mati, zelevé à peine
d'une cziùe d'appendicite, ttouve daná le couzziet qui à'accumulait depuis deá demaineá áuz óa table votze aimable lettze, avec
celle du óeczétaize génézal de votze Ecole deá Pyzénéeá, M. B.
Sazzieu. Si leú cizconátanceó ne [lui ont mallieuzeuáementpezmiá
ni d?acceptez une. invitation qui nouá touche, lui et moi, infiniment, ni même de vouá donnezpluá tôt une zéponàe, je m'empzeááe
de vouó en expzimez touá áeú zegzetá. Et en vouà ptiant, Monàieuz,

�247

de vouloit bien tzanómettze noá zemezcìemeniá ìeá pìuá vifá à la
comteááede Tezóóac pouz óon attention chazmante à notze égazd,
je vouà pzie de czoize, pouz votze Société et pont vouò-mème, à
notze àincèze et meilleute áympathie.
Roóemonde

ROSTAND.

Notre Ecole forme les vœux les plus sincères pour le complet rétablissement du poète de Cyrano, du chantre de la fierté et de la générosité
gasconnes.

2. Récompenses décernées.
Nous croyons qu'il peut être intéressant pour nos lecteurs d'avoir
quelques détails sur les récompenses décernées par notre Escolo. Les
médailles de vermeil, d'argent et de bronze ont été frappées d'après un
coin spécial, et les diplômes d'honneur tirés d'après un cliché également
particulier à notre Escolo. (En voir la description dans le N° 7-8 de 1906.)
Tous les lauréats reçoivent un exemplaire de ce fascicule. En le communiquant à leurs amis, en affichant chez eux leur Diplôme, ils rendront
service à notre œuvre.
Les livres décernés comme prix ou comme mentions ont été : « Cansous
enta'us maynadyes, de S. Palay ; Déline (poème) et Et piu, piu dera
me lagúta, de M. Camelat ; Era Garlando, La Gerbe et Tres cantes
enta NadaudeM. B. Sarrieu ; De Viris illustribus, mulieribus,rebusque
Convenant»,, de M. l'abbé Y.-D. Dufor ; l'édition du Catounet gascoui}
de la Société Archéologique du Gers ; enfin les Cantos d'Eisil, de « Philadelphede Gerde» (Mme Réquier). Trois exemplaires de celles-ci nous ont
été adressés par l'auteur, très gracieusement : « Que-b mandi encoro 3 Cantos d'Eisil, coumo an passat. E que n'ayét pas áncio dera facturo : ra
mélhe faissou de béne ei de balha dab plasé...» Pourquoi faut-il qu'elle
n'ail pu, par sa présence à Saint-Girons, — qu'elle nous avait pourtant
formellement fait espérer — mettre le comble à notre reconnaissance et
notre joie ?..

3. Remerciements aax Journaux
Beaucoup de journaux de la région avaient publié le programme de nos
Jeux-Floraux, annoncé notre fête, et fait la plus dévouée propagande en
vue de son succès. Beaucoup d'entre eux ont également donné de longs
comptes-rendus, et des plus élogieux, de nos deux félibrées. Nous n'en
donnerons guère d'extraits : nous avons fait déjà de trop larges emprunts
à ces articles spirituels ou enthousiastes. Mais nous devons les signaler :
La Dépêche, qui a publié le palmarès et le discours de M. Tournier ; —
le Télégramme, 23 septembre, long article de« Henri Avantès», avec la
devise « Toustém Gascous » ; — l'Express du Midi, 18 et 19 septembre,
(longs et intéressants comptes rendus des deux journées, toast de M. de
Ter.sac) ; la Petite Gazette de Bagnères-de-Bigorre (20 octobre), par
« Jean de Cabadur » ; L'Avenir, de Foix, (22 septembre) ; Le Réveil du

�248

Saint-Gironnais (compte-rendu amusant et spirituel) ; le LuchonThermal (15 octobre) ; L'Indépendant, de Saint-Girons ; La République
de Foix ; Prouvènço, N°34; iAriéjo dins Paris, N° 76; Le Flambeau,
de Saint-Lizier ; Aulus-Thermal ; Le Journal d'Aulus (26 septembre) :
article très élogieux, qui se termine ainsi : « Saint-Girons a donné un
exemple admirable ; il faut faire communier les foules en art et en
beauté ».
Parmi les Revues qui ont parlé de notre fête, citons déjà la Revue de
Comminges (1907, N° 3, aux Informations), les Reclams de Biarn e
Gascounho, Noubémbre; Lou Felibrige, p. 94 ; — enfin la Revue de la
Solidarité Sociale, sous la plume de M. E. Ribet : « Comme les Artésiennes de Mistral )), nous dit-elle, « les non moins gracieuses Pyrénéennes
avaient revêtu leurs costumes locaux, et des chœurs, où éclatait toute la
richesse de la langue gasconne, ont célébré la beauté des pays de Corn
minges et de Couserans. D'immenses foules étaient accourues à cette
inoubliable manifestation de solidarité régionaliste ».

4. Nos Gravures
Nos gravures représentent, l'une les principaux moments de la fête
du Champ de Mars, l'autre la Reine, Mlle de Terssac, et des demoiselles d'honneur en costumes locaux; il était bien juste d'y ajouter M.
Tournier, député de Pamiers, Félibre Majorai, qui a tant contribué au
succès de notre cérémonie. La 3e gravure enfin donne encore la Reine,
entourée de sa cour.

5. M"* de Terssac
Membre d'honneur de l'Escolo deras Pirénéos

Le Buzeau Génézal de l'Eácolo dezaá Pizenéoá, infiniment
zeconnaiááant à Mlle Uzbainie de Tezááac, Reine de.i Jeux flozaux
de igoj, de tout ce qu'elle a fait pont notze Félibzige, la ptie de
vouloizbien acceptez le titze de Membte d'honneut de l'EscoLÒ
DERAS PlRENÉOS.

�TABLE

GÉNÉRALE

par Auteurs et par Dialectes
des treis premières années ( 1905-1906-1907)

D'ERÀ BOUTS DERA MOUNTANHO

N. B. — Les chiffres romains indigent l'année, les chiffres arabes
la page
Le nom de chaque auteur est suivi de l'indication entre parenthèses
du dialecte de langue d'Oc qu'il emploie. — Les articles de chaque auteur
sont disposés dans l'ordre suivant : Articles de propagande ou de circonstance; Eludes, fontes: Poésies. Les titres de ces dernières sont en
italiques, et ceux des séries en caractères gras. Nous ne donnons pas la
table des « Noubèles ».

J.

ALADERN,

directeur d'Occitania (catalan de Barcelone).
L'Escut de Catalunya

A. A x&lt; : LA DE (aurois d'Eslensan).
Als Felibres de Sen-Cirouns
L.

(catalan de Céreth
As Felibres de VEscola dels Pirineus

44

III, 245

ARMANGUÉ

BACQTJÎÈ-FONADE,

Létro ii M
L.

III,

111,243

président des Toulousains de Toulouse (toulousain).
de Hardies
II, 197

DE BARDIES,

Président de l'Escolo (haut couscrannais de Soulan ou de
Saint-Girons).

Discours :
Discours sur la langue d'Oc (1906)
Discours au Champ de Mars (1907)
Toast de 1905 (As ainats de Gascounho)
— de 1906 (Aras Pirenéos)
— de 1907 (At Salatch)

11,158
III, 175
I, 76 et 83
II, 143
111,213

Contes :
liras Salatinos
Trebalha c aima

I, 23
II, 106

Poésies :
Oumadje ara Itèyno (1905)
A rremerciomént dera Banièro
Salut ara lièyno e ara sio Court

II, 157
Iïï, 172
III, 19s

�250

V.

BARDOU

(haut-couserannais d'Ustou).

Létros dera Mountânhou :
1.
2.
3.
4.

I, 45
H, 10 et 40
11- 1-5
III) 74

Es Regéns
Salau
Era Cabánou
Dragoun

Poésies :

Et Gascou è 'tj Aubtmhas
Et Moun-Balhè
A Courrièros
Herduls ena Nèu

I,
I,
H,
III, 2 (et

31
1H
56
88)

Abbé J.-M. BARRÈRE, professeur de philosophie (nestais de CantauTuzaguet).
Es Felibres de Paris à Scèus
II, 131
P. J.

f

BÉÜARD,

directeur de la Cigalo Lengadaclono (bas languedocien
biterrois).
Mandadis
H. 189
Jamai
11,222
(auscitain).
Extrait du « Parterre gascoun » : Defenso de la lengo gascouno
Il, 46

BEDOLT

Mlle N.

(haut commingeois
Haute-Garonne).
Et counde d'Estèue

H.

BEFFEYTE

de Péguilhan,

près

Boulogne,

Macltans souhèts

111,119
Il, 213

directeur du Télégramme.
Toast (1907) au nom de la Presse

III, 221

BÉGOUEN,

BERNÈRE,

maire de Saint-Girons.
Allocution aux Félibres (1907)
Toast (1907)

III, 174
III, 225

BONXEMAISON,

avocat, maire de Bagnères de-Luchon.
Allocution aux Félibres (1906)

f

BOL'ÉRY

Margalidéto
L.

BOI'YSSET

Il,

DE

44

(quercynol).

Extrait de « l'Amour del Terrairc
(( J,

II, 156

(haut-commingeois d'Aspet).

CABADUR

»

(J. Laquet),

Bigorre).
Toast (1907) : Ar' Ariéjo

II, 172

(haut-bigourdan de
'.

Bagnères-deIII, 222

Mélodies :

Brilho, ma Maguerito (avec musique)

III,

33

�251
lìouséto dcros Pirenc'os (avec musique)
M.

III, 207

CAMÉLAT,

Félibrc majoral (haut-bigourdan d'Arréns, v. d'Azun).
En tournan ta 't païs
I, 40
Eras Mounlanhòlas
III, 88

« Lou

CASCARÒT » (gersois de Cazaubon).
Que n'èri' qu'en serèi ! (Létro à Mu de Bardies)

Abbé P. CASTET (couserannais, de la v. de Biros).
Repurbèris sus er'amistat

II,

35

I,

64

Coundes det Couserans :
1.
2.
3.
4.
5.
6.
7.
8.
G.

Randolo e Ralicaudo.
Eras Abélhos
Era Tèrro
Era Hénno
Adam è Evo
Et Chouhou
Et Biòu e 'ra Mulo
Etj Ase de Noué

I, 95
I, 96
II,
5
II, 27
II, 51
II, 203
III, 32
III, 209

CASTEX,

professeur au Lycée de Carcassonne (haut-commingeois de
Loures, Basse-Barousse).

Coundes dera Barousso :
Et caslèt de Braubaco
lou May
Louros e quaucos coussos ats embirous
— A Francùès de Mariovv
Abbé

D.

CAL-DURBAX, Vice-Président de l'Escolo (haut-commingeois
bethmalais).
Repurbèris de Bammalo
I, 25 et 51
Bammalous e Bammalounhos
'
II, 65

DE CAUMONT.

J.

I, 27
II, 90
III, 116
II, 59

COMET.

Toast 1906 : Aux Nourrices bethmalaises... Voir N» 1 de

Le Pays-Basque français (Heuskal herria)

R. D. La « Santo Estéllo à Cette en 1906
Abbé H.

DAMBIELLE

1908

III,

68

II,

94

(bas-commingeois de Lombez)

Countes de la Gimoûo :
1.
2.
3.
4.
5.
6.
7.
8.

Le Iauomént
Le Talhuc de froumatge
La Saquéto d'or dou noste réy Henric
Le Quistour)
E tu l'esprit te túo
Marit et Moulhè
L'adréço dou Cap-Pounchut
La Depècho

I, 122
II, 12
II, 36
II, 68
II, 68
H, 104
11,134
II, 196

�!). Au Catrechime
10. Le Coufessiounal dou f'ièrro de Mirolieo
U. Aro que nh-a dus ou très
— La Gascouno, imn'e ielibrétic (trad.)
J.

U, 196
III, 39
III, '•&gt;'&gt;
III, 72

DAS(JI:IÎ,

Surveillant général au Lycée de Nîmes (ucstais d'Anèrcs,
haut-commingeois).
Etude sur le parler d'Anèrcs et villages limitrophes
II, 26
Janct det Sarte, conte
H, 22
Fables :

1.
2.
3.
4.
Abbé

B.

Et Loup è 't Agnèt
Era Cigaló è Va Hourmigo
Et Arrenart è'ras Pcros
Era Graoulho è 't Arrat

H, 98
II, 194
IIL 11
IM, II-

DALBIAN, Vice-Président de l'Escolo (haut c mmingeois de
Péguilhan, près Boulogne).

Articles et Discours :
Enta parla gascoun (létro)
(«
9
On n'aime pas le gascon ; pourquoi ?
Il, 38
Quelques moyens de faire aimer « le patois »
IL 34
« Le patois » va-t il mourir?
Il, 129
Toast 1906 (Et pout è't pourét)
H, 143
Discours sur le Félibrige, sa vie, son extension (1^07). 111, 178
Toast 1907 (Gascoun e Francés)
III, 215
— Etude sur la limite des articles tou, le et et (avsc carte)
I, 108

Coundes e Babioles dera Gèsso :
1.
2.
3.
4.
5.
6.
J.

Er' Arrat de maisoui? è V Arrat bouhoun,
Un Parrrouquét enteligént
« Le buf, la bulTe et le buffet »
Que l'ac èi dit
Et Loup è V Arrenart
Enta un Cardii?

(catalan de Perpignan)
San Marti de Canigó

I, 25
I. Ì4
I, 45
' II,
9
Il, 77
LU, 156

DELPONT

Vliicern.
», Capoulier du Félibrige (provençal d'Avignon)
Respounso ara nùsto demando d'aulourizacioui;

II, 216
1IÌ,
4

« P. DÉVOLUV

(bas-çommingeois de l'Isle-cn-Dodon).
liouno aucanouv
'.
En tout mounta le tupè

[,

2

G. DCCASTAINCI

II, 104
III, 137

�253
Abbé Y.-D. DuFOR, Vice-Président de l'Escolo (haut-commingeois du
pays de Rivière et de Saint-Gaudens).
Articles et Discours :
Objet, utilité, opportunité de PEscolo deras Prrenéos....
1,
Aux Professeurs et Instituteurs de nos régions
I,
Toast 1903
J,
Diéu te crésco (fr.)
II,
lou bisioun de cap d'an
11,
lou bêroio arrespounso
Il,
Succès de notre Escolo. Pourquoi?
11,
Objections réfutées (suite du précédent)
Il,
Toast 1906 (Aux Reines et à l'Université)
Il,
Discours sur la Solidarité félibréenne (1906)
11,
Souvenirs gascons d'Allemagne
III, 92 et
Toast 1907 (aux Corps représentés dans notre Escolo). III,

17
33

80
1
19
83
102
119
150
161
138
220

Contes :
Coucuts dera Mountanho
lis Gras de Basilic
lira Coumcngézo (trad.) (air de la Toulousaine))
Es

(( ESCOLO DERAS

I, 115
Il, 55
1,
7

PlRENÉOS 4.

Actes Officiels :
Salut a touti (luchonnais)
I,
1
Demando auficialo d'arrecounechénço (luchonnais)
!,
2
A Mistral
J, 16
Déclaration d'existence...,
U, 53
Affiliation au Consistoire
11,80; III, 48, n. ; III, 121
Saluts adressés à notre Escolo
H, 21, etc.
Statuts
Couverture, p. 4 (2e année)
Listîs diverses :
Listo des Parlas
listes des Membres et Adhérents.
Nécrologie

II, 105, et celle-ci.
I, 4; II, 108 et 158 ; III, 13, 27, etc.
I, 68 ; H, 148

Programmes, Fêtes, etc. :
Annonces de fêtes
I, 53; II, 13; III, 136 et 153
Programmes de Concours... U, 14, 44, 71 ; III, 77, 99, 136, 152, 164
Grandes Félibrées (comptes rendus) :
«
1905
[, 69 (N»s
«
1006
H, 137 (N« 7-8)
«
1907
III, 165 (N«s9-12)
Copies d'enfants :
Thème: Létra déra mountanba (larboustois de Gouaux).

III,

94

�U.

LACAZE

(gersois de l'Astarac)..

Contes :
La despenoulhado
II,
6
Narrations : Era hèsto loucalo : A Aderbièlo de-Lourouii, DE BENQUE et VIARRIEU
[II, 160 et 161
A Sen-Mamét-de-Luchoun, PASCAU
III, 162
(bas eouserannais, de Labastidc-de-Sérou).
L'Escolo de las Pirenéos à La Bastido-de-Serou (létro). .

Fr.

ESCAICH

II,

88

II,
il,
II,
II,
II,
III,
III,
III,
III,

118
146
179
181
190
8
142
198
233

Poésies :
l 'no bisilo à la presou de Sen-Girouns. :
Toast A Mme d'Antras, rèyno de la hèsto (1905)...
Odo à las Sasous
Oumatje à Mmc Rostand, Rèyno d'Aunou
Remerciomént
Las Albétos
Uno bisilo as monuments de Sen-Lizi
Oumatje à MHo de Tcrssac, Rèyno de la hèsto (1907).
L'an passat à Luchoui)

Pr. Es-rien, Félibre majorai, capiscol de l'Escolo Audénco (languedocien)
Extraits des « Flors d'Occitania »
II, 85
P.

FAfiOT, Vice-président de l'Escolo Moundino (lang. du Lauragais).

Létro
r

D P.

I,

75

FERRAS, conseiller général du canton de Luchon (luchonnais.)
Toast 1906, as Luchounédi
II, 144

Mlle Ad.

FLOUS

(haut-commingeois de la Ballongue).

Coundes :
Era còho de Sénto-Catalinou
Et counde de Sénto-Agato
Mlla Is.

FOURCADE (fuxéen, haut-lang.)
Vieux Noël: Bous, Mario qu'èt sa mai (a.vecmusi(im)

II, 219
II,
3
III, 237

F. (ÍASCON (luchonnais).

Un lauomént dabb un coussè
» (landais).
Debat uvg cássou

II,

97

III,

38

« YAUSEI» GASCOUIÎ

f B.

GUILHEM-PÈXK

(oueillais de Mayregne).

Poésies :
Era Uascounha
Sé de May
Mayrénha, Luchoui/
Era Founsecraciouv

I, 10
I, 36
II, 181
III, 96

�255
«. HORONISATCH

)) (haut couserannais de Soulan).

Returbès arabos
II, 193 et III, 110
Ep pount de Sen-Lizé
III, 109
UnCounde de belhado
II, 60
Cousinos gascounos (Mistras, micos, milhas)
II, 132
Plazés campístres
III, 118
J. V.

A.

LALANNE,

Félibre majorai, secrétaire de l'Escòlo Gastoun.
Fébus (béarnais de Bidache).
La Tante Cataline

LAMOTHE

(élusate de Lagraulét).

Poésies :
A la Gascounho
Misèro e Caritat
Prïntèms de bilo gascouno
L.

MILTON-LECOCQ

II, 176
III, 36
III,

(bas-commingcois de Lombez).

Coundes de la Sauo :
1. Le flatér de Higos-Oeludos

II, 49

Poésies :
Lamiol'lou
Voulons de briso
O moun Vais
D1'

E.

11,219
III, 67
III, 202

LKVRAT.

La médecine populaire en Astarac et dans ses environs.
R.

III, 22

LIZOP,

professeur d'histoire au Lycée de Lons-le-Sauni

II, 203

M .

Toasts, au nom de Y Action Régionaliste française :
—
1905
—
1,78
—
1906
—
II, 147
—
1907
III, 218
Etude sur le troubadour commingcois Amaniéu de
la Broqueira
III, 101
Poésies françaises :
1. Au Pays de Commingis
2. Le soir sur les Monts
3. Le Pèlerin
4. Barons Pyrénéens

u

..

I, 98
I, 98
H, 182
11,183

« Lux » (oueillais et parler d'Arbas).
Coundes :
Steléta d'òr
Agulhas è Perpaus (parler d'Arbas)

III, C6
III, C9

�Sé de May
— Uarri 'nia 'va Sau (tarallèra)

HI, loi
HI, 141

Abbé Fr. MARSAN (aurois de Guchen).
Caudes biscaudes

II, 103 et III, 117

Ouo biélho Supersticiou
Eres nau bertats de Pierro de Lúcio, d'Estensò

II,
II,

83
91

Coundes :
1. Misèro de Sarrancoulí
Prounoustics dera Bat d'Auro.

II, 123
I, 113 ; II, 13, 34, G7 ; III, 12.

Arreproubès e loucucious dera Bat d'Auro

H.
11.
Fr.

III, 143

lias bicïs noëls coumengcdis

II,

3

(provençal d'Avignon).
Li luséto

11,223

MARTEL

(haut commingeois de Balaguères, Ariège).
Et counte dit lìoussinliòu

III,

(provençal d'Avignon).
Noces d'or
Adresse à notre Escolo

I, 16
111,239

MORÈRE

29

MISTRAL

« L.DE NoÜGUÈS )) (L. Barbet), (ncstais d'Aventignan, haut-commingeóis).
Poésies :
A moun pais
lira Maysouu abandounado
Bisioui} dct Clouchè
S.

III, 18a
III, 204
111,205

PALAY,

Félibre majorai (parler des environs de Montréjeau).
Ta l'impauèlo : Aubado, e Scrcnado
III,

Archiviste de la Haute-Garonne.
Toast 1907

25'

PASQUIER,

H.

III, 224

PELUSSON,

mestre en gay sabé (haut-béarnais de Baretous,
canton d'Aramitz).

Er' Fscole deras Pirenées ena batch de Baretous

Il,

73

Poéshs :
Adresse à VEscolo
Salut
A r' Escolo deras Pircnéos
Eth se de Marterou en llarclous
A ISosle-Dame de Lourde
A r regrets
A.

Félibre majorai, Président d'honneur del'Escolo
Carcinolo (quercynol).
Extraits du « (lot Occitan » et de « l'Arada »

I, 22
1, 75
Il, 186
Il, 199
III, 37
111,244

PERBOSC,

III,

85

�257
(auscitain).
Lous très estoürets c las très agranlétos de la piano
dou Sussoui?
11, 201
l'abio
III, 30

P. PÉRÈS

» (haut-commingeois des Toumilles, près Bontiéjeau).
Et Picaire ù 't Loup, counde
Il, 223

« ARNAUÏ DE PEYRÒT

A.

7

PLANTÉ,

Président de l'Escolo Gastou-Febus (béarnais d'Orthez).
Vœux pour notre Escolo
III, 5 et 235

A. DE PUYBUSQUE

(haut languedocien de Saint-Sulpicé-sur-Lèze).

Poésies :

Le biélh Farou

Il,

Jasmiri à Mûrit

11, 153

77

Meiie g. 5E PrjYBUSQUE (haut languedocien de Saint-Sulpice sur-Lèze).
Adresses à notre Escolo
II, 198, et III, 210
E.

de la Revue de la Solidarité sociale et du « Petit
Ariégeois de Paris » (haut commingeois d'Aspet).
Piulcls d'AbriU (avec traduction en vers français)

RIBET, DR

Mme

J.

Edmond ROSTAND, Reine d'honneur.
Lettre à M. de Bardies

III, 243

BOZÈS DE BROUSSE,

Maître ès Jeux de l'Académie des Jeux
Floraux (toulousain).
Lettre à l'occasion de la fête de Saint-Girons
IIl,
Discours de réception à l'Académie des Jeux Floraux (fragment
de poésie française)
III, 113

SAINT MARTIN

J.

Il, 115

(haut languedocien).

Adresse à l'occasion de la fête de Saint-Girons

III, 243

(aranais de Canéjan).
Eramia pastoúra

III,

SANDARAN

97

B. S ARRIEU, Secrétaire général de PEscolo (luchonnais de S'-Mamet).
Observations sur l'orthographe du gascon
I, il
Remarques orthographiques.... I, 48 et 65 ; couverture, p. 2
Utilité pédagogique du gascon :
I , 41
1. Qu'est ce que le gascon ? (avec poésie)
I, 41
2. Utilité pour le latin
-.
Il, 28
3. Utilité pour le français
II, 289 et III, 4p
Le Dictionnaire gascon-français de Dupleich
I, 61
Conférence sur « la Langue d'Oc et le Félibrige commingeois » (1905)
'I, 83 (cf. 106)
Rapports sur les Jeux Floraux :
1906
1907

,

11,164
III, 188

�258
Bilan (1907 début)
IIÍ, 46
La Sainte-Estelle à Périgueux (1907)
III, 120
« Bélinc », poème gascon de M. Camélat
III, 35
Compte-rendus de Bévues... I, 52; II, 47 et 7 i (gascons)
(Limousin et Périgord)
,
136; III, 80
Articles en gascon :
De ço quo parlarà aquésto 'rrcbisto
Couverture, p.
3
Boucabulari gascoun
Couverture, p.
4
Era questiouij des dialectes cna Bouts dora Mountanho. .
I,
6
Es nòstes Armouriés
I,' 19
Toasts de 1905 (Obres necessàries)
I, 77 et 103
[Jiì pòbblc a imita : Es Ddscous
III, 53
Es parlas gascous qu'an saubat edj a det latin
III, 82
Dus pouètes ouccitas, MM. A. Perbosc et P. Estiéu. . .
III, 84
Hèstes Catalanes, etc
III,, 131-136
Toast de 1907 (Bibo 'ra Hado, bibo 'ra'Rròino)
III, 214
Poésies :
Eb beròi Capulét
I, 47
Em Miradé
I, 69
Sounc't à Simi)/ Palaij
I, 79
Coumbat d'Andòs e de Louhits (fr. épique)
I, 99
Union)?
H, 10
Vies sénse net
■
II, 42
Era Gascouno, imne fclibrénc (avec musique)
II, 153
Très cantes enta Nadau (/. Nadaû ; 2. Era Gréço;
3. Efdfaniô (avec musique)
II, 225
A M ad amo d'Anlras, Rèyno des nòsti lès Jocs Flouraus II, 183
.•Ira Memòria de lietran GuLltèm l'éno
III, 149
A UHo V. de Terssae, Cant d'aunou
III, 228
ED.

F.

(luchonnais de Salles).
Era'Rrusp det groumant

SARRIEU

III,

31

(bas commingeois de Puydaniol, II.-G.).
La gato blaijco, counde de la Moulhouno

Il,

81

(massatois).
Etude sur le parler de Massât et des environs

III,

52

SARRIEU

J.-M.

SERVAT

Poésies :
l.a Molo de la Letayro
La lt!i/&gt;)ito de Parrouquéto
Lkbcs la Luis
La Massadélo

'.

Juge à-Saint-Girons.
Toast (1907) au/nom de laS. des "études du Couserans.

IH, 51
III, 157
III, 201
I, II, 235

SIGXOREL,

III, 216

�259
J. SocLÉ-Venture (haut baroussais).
Contes :
Un counde tout mentides
Kra Pèyra deras Agûlhas
Ua hénna patouquèra

II, 122
11,214
III, ibs

Arreprouvès dera Hauta-Varoussa :
III, 1, 21, 45 (Es ma-lheuats), 81, 108 (Et counde dera Sarcláyra), 125.
Poésies :
Ets Adius det Courtau de Cizaés
M11" A. TAPIE (haut-commingeois de Juaet-dTzaut).
Era pfumèro Renòlo
Jean

III,

91

Il,

93

DE TERSSAC.

Toast 1907
Jules

DE TERSSAC

111, 225
(haut-commingeois de Salies-du-Salat).

Toast 1906

11,149

Mllc U. DE TERSSAC, Reine de nos Jeux-Floraux en 1907.
Allocutions prononcées en 1907
III, 173, 1*5 et 222
A.

TEULIÉ,

Trésorier général de l'Escòlo (fuxéen).

Articles :
La langue d'Oc et le patriotisme local
A travers les superstitions populaires: L'Envoûtement.

I, 55
III, 12C

Poésies :
1. La Sourço
2. Le Gat e le Pinsou
lloundèl, à M1'10 U. de Terssac
A.

Félibre majorai.
Discours au Champ-de Mars de Saint-Girons 1907... .

I, 90
I, 97
III, 238

TOURNIER,

« A.

» (aurois de Gucben).
Er' Aygo ëe Louroun
Era Sénto Catalino

III, 182

DE VALDOR

Il,
H,

57
17

III,

7

VALLÉE.

Réponse au toast de M. l'abbé Dufor
S.

VERDIER

(haut-coniiningeois d'Avezac-Prat, près Lannemezan).

U punhat d'arreproubès dera Laméza II, 50, 70, 127 ; 111, 90
X... (bas-commingeois de Muret).
Létro e Counde de la Loujo (Le Réy lèd)

II, 207

����III). — BANQUET ET FETE DU SOIR
1. La Table et le Menu
±. Toasts ou « Brindes » :
De M. DE BAUMES, At Salatch
De M. B. S ARRIEU, Ira Hado, ara Uèyno
De M. l'abbé DAUBIAN, Francés e Gascouv
De M. SiGNOREL, au nom de la Société des Etudes du
Gouserans
De M. B. LIZOP, au nom de la Fédération Régionaliste
Française
De M. l'abbé DiFOR, Vice-Président de l'Escùlo, aux
divers corps représéntés
De M. II. BÉGÒÓÉN, nu nom de la Presse
Allocution de la Heine
De M. .1. LAQUÉT, Ar' Ariëjd
De M. PASQCIEB, à l'avenir de la langue gasconne
De M. BERNERE, Maire de Saint-Girons
DJ M. .1. DE TERSSAC,: Remerciement aux Félibres
3. Feu d'artifice. Illumination des quais du Salat. Bal populaire
4. A nobblo Demaisèlo Urbanió de Terssac, Cant d'Aiinuu,
B.

212
213
214
213
216
218
220
221
222
222
224
225
225
226
228

SARRIEÌÏ

IV). — FÉLIBRÉE A LA GROTTE DU MAS-D'AZIL
1. L'Excursion
•1. Déjeuner et Félibrée
PRINCIPALES

( Fr.

PIÈCES

231
232
RÉCITÉES :

L'an, passat à Luchouv
\ J. M. SERVAT, La Massadélo
Mlle Is. FOURCADF., Noël ancien (avec musique).
( Autres chants et poésies
ESCAICH,

j

3. Visite de la Grotte; chant de la Goupe
4. A nòblo Demaisèlo Urbanió de Terssac, Boundèl, A.
LIÉ
,
:

233
235
236
237
237

TEU-

238

V). — AUTOUR DE NOTRE FÊTE
1. Vœux ou Lettres d'çxcuse [Fr. MISTRAL; A. PLANTÉ
(l'Escôlo G. Fébus et sa fête ; M. Bibal) ; Escoio Ai
6ÉNCO ; Mlle DE PUYBUSQUE; .1. ROZÈS DE BROUSSE; —
L. ARMANGUÉ; J. SAINT-MARTIN; — H. PELLISSON ;
A. ANGLADE ; Mme E. ROSTAND ; etc., etc.]
2. Récompenses décernées
3. Remerciements aux journaux
4. Nos gravures
■
5. Mlle de TERSSAC, Membre d'honneur de l'Escôlo deras
IHrenéos
'.

239
247
248
249
249

�STATUTS DE L'ESCOLO DERAS P1RENEOS
ART. 1. Il est fondé, pour la région gasconne de la haute Garonne et
de ses affluents, une Ecole félibréenne qui prend le nom d'Esculo deras
Pirenéos (Ecole des Pyrénées).
ART. 2. Le siège de l'École est à Saint-Gaudens. — Elle comprend
trois grandes Sections : 1° Haut-Gomminges, Nébouzan, Quatre-Vallées
(Saint-Gaudens) ; 2° Bas-Gommingcs (Muret) ; 3° Gouserans (SaintGirons).
ART. 3. Le but de l'Ecole est de maintenir et de relever la langue
gasconne du Commingcs et du Cou'scrans, de conserver les traditions
et les usages locaux, et de développer la vie régionale.
ART. 4. L'Ecole s'interdit absolument toute polémique politique ou
religieuse, soit écrite soit orale.
ART. ÎJ. Les Membres actifs paient 6 /íancs^pilr an, et ont droit au
titre de Eélibres et à toutes les publications de l'Ecole. — Les Dames
sont admises. — Les Bienfaiteurs de l'Ecole pourront être déclarés par le
Bureau général Membres honoraires.
ART. 6. Il est recommandé, en envoyant son adhésion au Bureau
général, d'indiquer, en outre de l'adresse, le lieu d'adoption au point de
vue dialectal.
*
ART. 7. Il y aura des Groupes locaux là où plusieurs Membres actifs
(Ü au moins) décideront d'en établir un. Tout Groupe devra se rattacher
à l'une des trois Sections.
ART. 8. Les trois Sections et les Groupes jouiront de la plus grande
autonomie, à la seule condition d'agir conformément aux Statuts, notamment de respecter les articles 3, 4 et 5, et de se tenir en rapports avec le
Bureau général.
ART. 9. L'Assemblée générale de f-Ecole, composée de tous les Membres actifs, doit se réunir une fois l'an.' Elle peut modifier les Statuts à
la majorité absolue ,

Art. 10. Le Bureau général est élu au scrutin secret pour 3 ans par
l'Assemblée générale. Il est composé d'un Président, d'un Secrétaire,
d'un Trésorier, et de trois autres membres, ayant rang do Vice-Présidents
et représentant chacun l'une des trois sections de l'Ecole. — Le vote par
correspondance est admis pour cette élection.
ART. 14. Les questions relatives à l'administration de l'Ecole, à ses
publications, à ses fêtes, à ses relations extérieures, sont réglées par le
Bureau général.
NOTA. — Composition du Bureau général pour les trois années 1907,
1908,1909: Président, M. L. de Hardies; Vice-Présidents, MM. les
abbés Y.-D. Ihtjor (Haut-Comminges), II. Daubian (Bas-Comminges),
J). Cau-Durban (Couserans); Trésorier, M. A. Teulié, à Lédar, près
Saint-Girons (Ariège) ; Secrétaire général, M. H. Sarricu, 8, placeDu-Bartas, Auch (Gers).

Le Gerani :

N. ABADIE.

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              <text>Bardies, M. de</text>
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              <text>Vignette : http://occitanica.eu/omeka/files/original/fe6d460e21580f4dc49f3c048d5b01c7.jpg</text>
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              <text>Era Bouts dera mountanho &lt;a href="https://occitanica.eu/items/show/10927"&gt;(Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue)&lt;/a&gt;</text>
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              <text>Era Bouts dera mountanho. - Annado 03, n°09-12 (Setéme-Decéme 1907) </text>
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