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                  <text>ESCOLO

DERAS

PIRENÉOS

(G0UMÉN6ES, QUATE-BATS, NEBOUZAN, GOUSERANS, HAUTO GAROUNO)

ERA BOUTS
DERA

MOUNTANHO
QUE

PARÉCH

ET

15

DE

CADO .MES

3™ ANNADO

N°7'JüLHEÏ r^í^y^^^

Abounomént :

CADO NI
CADO
NUMERÓ

5s&lt;sòs
5

3 fr. per an

SEN-GAUDÉNS
EMPRÍMARIO

E

LIBRARIO
1907

ABAD IE

ici 0.0.
iBtZÍERS

�SOUMARI
Pages

1. — Arreprouvès dera Háuta-Varoússa, 7, Junsèga è 8,
Aoust, J. SOULÉ-VENTURE
II. —-A travers les superstitions populaires : l'Envoûtement,
A. TEULIÉ
III. — Et Counte det Roussinhòu, H. MORÈRE
IV. — Noubèles (Nauèts Counfrais, Moubemént felibrénc,
Arregiounalisme, Hèstes Catalanes, Jocs flouraus
Arremercioménts, etc.), B. S
V. — En tout mounta le tupè, J. DUCASTAING
VI. — Souvenirs gascons (suite), Y.-D. DUFOR
VII. — Hárri 'nta 'ra sau ! « Lux »
VIII. — Bisito as mounuménts de Sen-Lizé, F. ESCAICH
IX. — Arreproubès e Loucucious dera Bat dAuro, Fr. MARSAN
X. — L'Escut de Catalunya (1er0 Medalho de brounze)
J. ALADERN
XI . — Un dó ta 'ra nòsto 'Scòlo : B. Guilhem-Pène

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148

RÈGLES PRINCIPALES DE L'ORTHOGRAPHE GASCONNE
En règle générale, on écrit comme on prononce, et les lettres ont la
même valeur qu'en français.
On prononce j et ch comme en français ; on écrit dz pour dz, dj pour
dj, ts pour ts, et tch pour tch.
On représente 1 et n mouillées par Ih et nh (balhd, mountanho).
On peut noter r/ une n gutturale possédée par le gascon (cari, téijgue).
Jamais t n'a le son de s ; on écrit atenciour/, etc.
Les diphtongues monosyllabiques formées par i, ou, et u peuvent
s'écrire ainsi :
1° ay, èy, ey, iy, oy, oy, ouy, uy (ou bien ai, èi, ei, etc., sauf pour
iy et uy) ; il ne faut pas écrire aï, èï, etc.
Et ia, ie, ie, yi, iò, io, iou, iu (au début d'un mot, ou d'une syllabe
bien détachée, on peut mettre ya, yi, etc.)
2° aù, èù, eù, iù, où, où, ouù, uù (mais il vaut mieux se passer de
mettre l'accent sur l'ò pour au, eu, tu, ou, et môme pour iù, si on écrit
yu ou iù pour iu) ; il ne faut pas écrire aou, èou, ni aii, èii, etc. ;
Et ùa, ùè, ùe, ùi, ùo, ùo, ùou, ùu (mieux que oa, oè, etc., et que oua,
ouè, etc.) On pourra ici aussi, sauf pour ùu, se passer de l'accent grave
sur M, si l'on suit la règle ci-après.
3° lia, lie, lie, lii, etc. (le signe à, très lisible, évite de donner deux
valeurs au signe u ; on peut dès lors dire que M, précédant ou suivant une
autre voyelle, a toujours, sauf après q, et dans gue, gui, le son ou).
Le tréma est réservé pour indiquer que l'i et l'u qu'il surmonte se prononcent à part, avec le son qui leur est propre (bïoulént, arrûd).
Tous les autres caractères ont à peu près la même valeur qu'en français.
AVIS. — Dans un intérêt de précision linguistique, les auteurs sont
priés de vouloir bien indiquer exactement, à la suite de leurs articles en
gascon, à quelle localité appartient l'idiome employé.

�CI 0.0.

BÊZiERS

ERA BOUTS DERA MOÜNTANHO
3mo

ANNADO

N° 7

JULHET

Toustém Gascons ! »

«

••

— r&lt;«-..

ARREPROUVÉS DEHA HALTA-VAR01SSÂ
(SEGUIDA)

7. JUNSÈGA1
« Em més de Junsèga m'en bo de sèrra 'n sèrra ;
Se nou-m neurésqui pas un. bèj anhètch
0 úa vèr' anhéra
Segát-me 'ra gargamèra ! »3
Em més de Junsèga
Dálha e sèga ;
E tu, Peyròt,
Da 'ra mai? à Margot.
Fòrça palha, pòc de gran.
Y-a vién èrva ?
Amassa-lá plan, que vezounh l'auras.
Nou n'y-a gùayre?
Amassa-lá plap, que prou n'auras.

8. AOUST
De ta pèc* que Noustra-Dáma passa,
Era tèrra qu'es gláça.
Ta Sen-Rouquét*
Eb bouit napét.
Em més d'Aoust era castánha
Qu'es pèrt o qu'es gánha.
Et que nou recòlta 'n estiu
Que nou vé 'ra cára de Diu.
J.

SOULÉ-VENTURK.

Parla de Harréra, cantoui) de Maulioun (H.-P.).
i. « Juillet ■. — 2. Ici, c'est la brebis qui parle, liére de parcourir la monlagne. Gargamèra &gt; cou, gosier &gt;. — 3. De ta pèc
C'est le moment d'ensemeucev les navets.

« silôt que &gt;. —

i.

« Saiot-Roch (16 août) ».

�A TRÁ7ERS LES SUPSRSTÏTI01TS POPULAIRES
Ii'Envoûfcemenl
L'envoûtement est une opération de magie qui fut en grand
honneur parmi nos ancêtres, et que les pratiques de la sorcellerie, au moyen âge, ont perpétuée jusqu'à nous.
Le mot envoûtement vient de voult (latin vultus), « figure, effigie ». On appelait ainsi, autrefois, une image de cire, au moyen de
laquelle on se proposait défaire périr ceux qu'on haïssait: cela
s'appelait envoûter. On modelait, soit en cire, soit en argile, l'effigie de ceux à qui on voulait du mal. Si l'on perçait la figurine, la
personne qu'elle représentait était lésée dans la partie correspondante ; si on la faisait dessécher au feu, l'envoûté dépérissait et ne
tardait pas à mourir.
Ce sortilège, disons-nous, remonte à la plus haute antiquité.
Au mois de septembre dernier, M. Ca.rtailh.ac, le savant archéologue de Toulouse, communiqua à l'Académie des Inscriptions et
Belles-Lettres de cette ville, les résultats d'une découverte
curieuse dans une grotte près de Tarascon (Ariège). gur \es indications d'un touriste, M. Cartailliac s'était rendu dans ladite
grotte. A environ 800 mètres de l'entrée, il put constater que les
parois de la caverne sont ornées de dessins au charbon représentant des bisons, des chevaux, des cerfs, etc. Sur les flancs d'un
de ces bisons, on remarque la figuration de flèches noires ou rouges. « Il est difficile », dit M. Cartailliac, « de n'y pas voir l'origine
de la pratique de l'envoûtement. »
Quoi qu'il en soit, il est certain que l'envoûtement fut, autrefois,
universellement connu et pratiqué. Platon le mentionne dans ses
Lois : « Il est inutile », dit-il, « d'entreprendre de prouver à cer» tains esprits fortement prévenus qu'ils ne doivent point s'inquié» ter des petites figures de cire qu'on aurait mises, ou à leur porte,
» ou dans les carrefours, ou sur le tombeau de leurs ancêtres, et
» de les exhorter à les mépriser, parce qu'ils ont une foi confuse
» à la vertu de ces maléfices. »
Une loi de l'empereur Constantin, en 319, punit de mort « ceux
qui, par des opérations magiques, tuent au moyen d'images de
cire les personnes absentes. »
Lorsque Christophe Colomb aborda au Nouveau-Monde avec
ses hardis compagnons, ceux-ci furent fort surpris de retrouver
cette superstition parmi les naturels du pays. Dans les récits de
leurs voyages, plusieurs navigateurs du xixe siècle la signalent
également dans l'Inde, en Polynésie, chez divers peuples orientaux.
En France et dans l'Europe occidentale, c'est surtout au Moyen
âge et pendant la Renaissance que se développa cette pratique
honteuse et criminelle. Nous sommes, il est vrai, à ce moment,
aux plus beaux jours de la sorcellerie, qui fit allumer tant de

�«23
bûchers où périrent quelques coupables, mais aussi des milliers
d'innocents, dont le seul crime était la folie ou l'épilepsie.
Au Moyen âge, l'envoûtement était pratiqué par un prêtre. On
plaçait l'image de cire sur l'autel pendant la messe ; puis, après
l'avoir percée au cœur avec une aiguille, le prêtre disait une formule de maléfice.
U est peu de grands personnages qui n'aient été alors envoûtés.
En 1333, Robert d'Artois fut accusé d'avoir voulu envoûter Philippe de Valois et sa famille. Les pièces du procès révélèrent que
ce prince avait fait venir à Namur, où il résidait, un moine de
l'ordre de la Trinité, frère Henri Sagebran. Il montra au religieux,
sous le sceau du secret de la confession, deux statuettes en cire,
l'une représentant un jeune homme ayant quelque ressemblance
avec le fils aîné du roi (Jean-le-Bon) ; l'autre ayant la tête et le
corps d'une femme : « Icelle est contre la reine », dit Robert
d'Artois, « non pas reine, mais diablesse. Si vous prie que vous
» me la baptisiez, car il n'y faut que le baptême : j'ai tout prêts les
» parrains et les marraines et tout ce dont il est besoin pour le
» baptême. Il n'y a rien de plus à y faire qu'à îa baptiser et dire
» les noms qui lui appartiennent. » Le moine refusa son ministère.
Pendant les guerres de Religion, les Ligueurs firent envoûter
Henri III, qu'ils disaient adonné à la sorcellerie. Cette accusation arma le bras du fanatique Jacques Clément. Henri IV fut
également envoûté plusieurs fois.
En 1617, les grands de la cour de Louis XIII ne sachant comment se débarrasser de la fameuse Éléonore Galigaï (maréchale
d'Ancre) lui intentèrent un procès pour magie. Elle fut accusée
d'avoir entretenu des relations avec un médecin juif reconnu
sorcier, d'avoir reçu de lui des boîtes en forme de cercueil contenant des figures de cire de forme étrange, etc. L'extravagance de
ces imputations ne sauva pas la Galigaï qui fut condamnée
« à avoir la tête séparée du corps en place de Grève; la tête et le
» corps brûlés ensuite et les cendres jetées au vent. »
Les procès de sorcellerie se terminent heureusement en France
avec Colbert. A partir de ce moment, le crédit des sorciers va
s'affaiblir rapidement pour disparaître à la Révolution. Mais les
populations ignorantes et crédules des campagnes trembleront
encore devant un pouvoir mystérieux et longtemps redouté, et y
auront parfois recours.

*

# #

De nos jours encore, l'envoûtement est connu dans certaines
régions des Pyrénées, mais il est rarement pratiqué en raison du
prix relativement élevé qu'exige l'opérateur. Nos paysans font
plus souvent usage de maléfices moins coûteux et destinés
cependant, dans leur esprit, à produire les mêmes résultats que
l'envoûtement proprement dit. En effet, ces diverses pratiques
ont toutes pour but de « faire sécher » (fè seca) la personne
à qui l'on veut du mal. Voici les plus employées :
1. Las ripostos. — C'est le maléfice au moyen d'une simple

�«8
formule. Le sorcier récite une sorlc de conjuration dans laquelle
revient plusieurs fois le nom de la personne à faire sécher. Quelques sorciers espagnols se sont acquis une véritable réputation
dans cet art. On ne craint pas de franchir la frontière pour avoir
de bonnes riposlon. L'opération coûte un douro, il est vrai, mais
on en a'i&gt;our son argent.
2. L'œuf. — Si vous voulez « faire sécher » une personne sans
l'entremise d'un sorcier, vous avez à votre disposition le moyen
infaillible suivant : Prenez, en cachette, un cheveu sur la tête de
cette personne; percez ensuite, au moyen d'une épingle, un œuf
pondu par une poule noire et introduisez le cheveu dedans. Enfin,
allez enterrer l'œuf, toujours en cachette, dans le jardin de votre
ennemi. Celui-ci n'a plus qu'à faire son testament.
3. Le cierge. — Le maléfice par le cierge se rapproche de l'envoûtement ordinaire. On prend un cierge et on le pique de
49 épingles (nombre fatidique : 7 X 7). On pose le cierge sur un
plat et on l'allume. Quand lé cierge est éteint, on ramasse les
épingles tombées dans le plat et on les enterre... Hélas ! encore
aujourd'hui, en la belle et savante cité de Glémence-Isaure,
combien de jeunes ouvrières ont recours à ce cierge magique, qui
doit les débarrasser mystérieusement d'une rivale ou les venger
de l'infidélité d'un amant ! ..
4. Le cœur de veau. — Voici une arme à deux tranchants. Une
jeune fille s'aperçoit-elle que son préféré ne répond pas à son
amour ? Elle n'a plus qu'à acheter un cœur de veau. Après l'avoir
piqué de sept épingles, elle le suspend dans la cheminée de la
cuisine. Au bout de trois jours, le jeune homme vient, ordinairement, se jeter aux pieds de la belle. Dans le cas contraire, le cœur
de veau continuera à se dessécher clans la cheminée; mais quand
la septième épingle tombera dans le foyer, l'infidèle aura dit
adieu aux magnifiques horizons de ses montagnes.
5. L'envoûtement proprement dit. — J'ai dit que l'on y a rarement recours. Comme au moyen âge, il doit être fait par un
prêtre pendant la messe. Il convient de remarquer, à l'honneur du
clergé français, que celui-ci ne se prête jamais à de semblables
opérations. Nos prêtres sont généralement instruits et leur esprit
est débarrassé de ces grossières superstitions. Aussi, est-ce en
Espagne que les paysans crédules des hautes vallées d'Ax, de
Vicdessos, d'Oust et des Pyrénées centrales essaient de trouver
des prêtres plus complaisants qui, paraît-il, pour la somme de
trois cents francs, fabriquent une statuette de cire et vous pratiquent un envoûtement selon toutes les règles de la magie.
On frissonne à la pensée des dangers terribles auxquels peut
nous exposer le moindre sentiment de malveillance d'un voisin
jaloux, d'un ennemi quelconque ! Il me paraît donc bon, après
avoir montré le mal, d'indiquer le remède : Pour vous préserver
de tous ces maléfices, il vous suffira de porter constamment sur
vous un grain de sel bénit à la messe de minuit. Moyennant quoi,
vous pourrez dormir sur vos deux oreilles et faire un pied de nez
à tous les sorciers, sorcières et envoûteurs, et à Belzébuth
lui-même.

�129

A première vue. la pratique de 1 envoûtement paraît le produit
d'une aberration effroyable de l'esprit humain. Cependant, étant
données l'antique universalité de cette superstition, sa longue
persistance, ainsi que les nombreuses formes qu'elle revêt, il est
permis de se demander si on ne se trouve pas en présence d'un
de ces curieux et troublants phénomènes de psychisme, que les
anciens connaissaient, tout au moins, aussi bien que nous. Des
savants modernes ont tenté avec succès l'expérience suivante :
Après avoir mis entre les mains d'un hypnotisé une statuette de
cire, l'opérateur piquait la statuette au bras, à la main ou dans
toute autre partie du corps. Le sujet éprouvait immédiatement la
sensation de piqûre dans la partie correspondante de son corps.
Remarquons, d'un autre côté, que la suggestion à distance,
après avoir été longtemps niée, est aujourd'hui admise par la
science. Or l'hypnotisme et la suggestion faisaient partie, à l'état
empirique si l'on veut, des sciences occultes des mages de Chaldée
ou de Perse et des prêtres d'Egypte. Il n'est donc pas impossible
que des cas d'envoûtement se soient produits, à certaines époques
et dans certains pays où les envoûteurs disposaient de contingences physiques et autres que n'ont pas, du moins à un même
degré, nos expérimentateurs modernes.
Mais il convient de ne s'aventurer qu'avec prudence sûr cette
voie. La science du système nerveux, qui n'est encore qu'à l'état
embryonnaire, est appelée à expliquer bien des mystères relatifs
aux vieilles croyances de la magie et de la sorcellerie. En
attendant, méfions-nous des envoûteurs. Toutefois, ne les craignons pas trop : nous serons plus forts qu'eux tant qu'il nous
restera... un grain de sel !
Auguste
Délégué

à

TEULIÉ.

l'étude du Folklore pyrénéen

DÉDIÉ A M. J. SENTENXC...

Se perquè ei roussinbòus
Canton touto 'ra nét

Edj iùèr qu'é pla mort, è 't poulitch més de May,
Arribatch dempus jér1, qu'apôrto flous prumèros,
Cèu blu, soulélh d'argént, è 'rai coulous ta bèros
Dei bôsques, deis ausèts : que bous diseré may ?

�t&amp;8
Tout é resplandissént, tout sémblo réjouît ;
Desempus et mayti, quan é ' r 'aubo néchudo,
'Ra lèbe, at galòp, qué quito 'ra pechudo2
È 't gracious roussinhòu qu' é sourtit det sièu nid.
Et petit auseròt canto de tout soun côr,
Ei gùelhicous3 birats devès sa caso aimado
E det sièu cant tindant era batch 4 empleiado 5
Sémblo rise é ploura, coumo ' t sièu gousiè d'ôr.
Canto, canto toustém, sénsé cap de repòs
È nou-i6 fatigo cap de canta tout et dio ;
Jito, à plert gousiè, sas cançous ais écòs
È mès d'un cop soun cant cámbio de meloudio.
A fòrço de canta qu'arribo 'ra brespado !
Edj auseròt gaujous, oublidant sous amours,
Oublidant de minja, canto, canto toujours ;
'Ra derrèro clartatch det dió que s'é 'scapado...
Et petit roussinhòu, sus edj arram d'espio
N'a cap boudjatch de plaço ; a finitch sai cançous ;
Et sòm-sòm é bengutch barra sous gùelhicous
E 'r' ouro de sa mòrt pla douçomént s'amio :
Pendént soun loung soumélh, que s' é entourtilhado
Era flno bidauo 9 as pès dedj emprudént ;
Ré nou-ù béng rebelha, ni 'ra broumo, 10 ni 't bént,
E quan tourno 't soulélh, sa pato é pla 'stacado !
Hélas, nou canto més nòste roussinhoulét :
Et sièu cant de bounur èro soun cant de mòrt...
Tabé sous macipous", end' eibita12 't sièou sòrt
E troumpa 't droumilhoui? ", canton touto 'ra nét.
Henry

MORÉRE

Parla d'Engoumer e Balaguèros (Ariéjo).
fíoucabularí

: i &lt;

hier ». — 2 • paturaga ». — 3 « petits yeux ». — 4 ■ vallée ». — 5

■ remplie ». — 6 Pour nou-s — 7 « soir ». — 8 « aubépine &gt;. — 9 ■ clématite ». — 10
&lt; brouillard ». — 11 « enfants » — 12 &gt; éviter ». -

13 Droumilhoufl ■ envie de dormir » :

terme emprunté, comme ci-dessus som-som &gt; sommeil berceur », à des parlers voisins.

NOUBÈLES
I. NAUÈTS COUNFRAIS.

104. SAINTE-COLOMBE, interne des hôpitaux de Toulouse, à Sariac,
par Castelnau-Magnoac (H.-P.)

�131

103. Abbé DOUEIL François, curé d'Estancarbon, par Saint-Gaudens
(H.-G.)
106. LAFONT DE SENTENAG Raymond, publiciste à Foix (A.)
II.
161.
162.
163.
164.
165.
166.

NAUÈRI ABOUNATS.

Mlle

J. DE CHASTEIGNER, 3, place des Jacobins, Auch (G.)
TARRÈNE, docteur-médecin, à Sauveterre (H.-G.).
SOULA Léon, instituteur au Carlaret, par Pamiers (A.)
DESBIAUX, pharmacien, à Saint-Girons (A.)
RIVES, instituteur, à Lacourt (A.)
LOUBET, instituteur, à Lorp (A.)
III.

GAMBIOMÉNTS D'ADRÉCES.

M. Arnaud Sarrat, homme de lettres, aux Tourreilles, près Montréjeau
(H.-G.) ; M. Augustin Caplong, lieutenant d'artillerie coloniale,
à Nîmes (Gard).
IV.

ARREGIOUNALISME.

— Le 11 mai dernier, conférence à Lons-le-Saunier, à 1' « Alliance
française », par notre ami R. Lizop, professeur d'histoire au Lycée, sur
« La Renaissance provinciale et la décentralisation », avec beaucoup
de succès. — L'Alliance Française n'est point l'ennemie de l'idée félibréenne, dont elle sait apprécier la générosité. Témoin ses séances, à
Paris, des 18 et 25 mars dernier, en l'honneur de la Provence et des
parlers provinciaux.
— Reçu de M. Charles-Brun,, agrégé de l'Université, directeur de
1' « Action Régionaliste », l'ouvrage « Les Littératures Provinciales »
(Bloud, 4, r. Madame, Paris, 1 fr.). Le but de ce travail est de dégager
les causes et les conditions du provincialisme littéraire, c.-à-d. de la tendance actuelle à chercher dans la Province ses inspirations, à travailler
pour le peuple des Provinces, et surtout à employer hardiment l'idiome
local (breton, basque, langue d'Oc, etc.). M. Charles Brun montre la
liaison de ce mouvement avec le mouvement régionaliste, et conclut qu'ils
doivent, pour être féconds et victorieux, s'appuyer mutuellement. —
L'ouvrage se termine par une « Esquisse de géographie littéraire de
la France », de M. de Beaurepaire-Froment, directeur de la Revue du
Traditionnisme : on y trouvera la liste des principaux romans traditionnistes, des poètes locaux et des félibres depuis 1854.
—■ Signalons à cette occasion la savante « Ribliographie des chants
populaires français », par M. de Beaurepaire-Froment également
(Extrait de la Revue du Traditionnisme, 60, quai des Orfèvres, Paris,
1 fr. 50).
— Es Soucietats Proubinciales de Paris qu'es soun federades et 25 de
Jè passat, è qu'an aro up sièti coumuq a Paris (carrèro Las Cases, n°5).
Es 10, 11 è 12 de Mai passats qu'an terjgut ui{^ couijgrès aoun ei estat

�132
questioui) dera emigracioun des proubinciaus è det lou'rrepatrïomént. Bét
ta's detals L'Action Régionaliste, La Renaissance Provinciale, è
L'Union Pyrénéenne.
— Qu'ei estat hundat darrèromëns à Bauhères-de-Luchon un Sendicat
d'iniciatiéuo : Que i-aplaudim hautoméns.
— Det 17 at 20 Oitòbre que bénguen, Comjgrès d'istòrio è d'arqueoulougió à fhurdèus. Et 18, M. P. Courteault, proufessou de Ie™ en
Licè, que hara iou counferénço sus « Es Espedicious maritimes des
Gascous è des Báscous en XVI0 sièggle » (Miéjo plaço ta's aderénts en
camirî de hèr; adreçá-s 35, carrèro Ferrère).
V.

EN PAÏS BASCOU.

Qu'apreném era creacioun, à Zumarraga (Païs báscou espanhòl), dera
Soucietat « Fuskal-Ksnalea », qu'es proupòse de manténgue 'ra léngo
básco è de hè-lo emplega ena glèiso è 'n es escoles. Et President que n'ei
et sabént Mu Artur Campión, que mous escriéu aimabbloméns, en aué
'rrecebut et nòste N° 3 4 d'engùan (qu'ac biram en gascoun) : « Era òbro
» de saubá 's idiòmes arregiounaus qu'ei iou òbro patrioutico, iou òbro
» de pietat, quaucarrén coumo 't moubemént d'un hilh que pare à sa mai.
» Baskones » è « (îaskones », qu'auém era mémo saijc en es bénes ;
» es bères Pirenées que soun era nòsto plaço-fòrto è 't nòste autá ; des» tant ères que param es nòsti larès è dessus ères que pregam at nòste
» Diéu. Nous-auti es Nauarrési, qu'èm era tribu mes noumbrouso è mès
» illustro dera 'rraço euskariano, qu'èm estadi sùén units poulitico» méns as Gascous, è princes gascous qu'an cenhut era biélho è glou» riouso courouno pamplounéso ». — Nous-auti es Gascous qu'arrespouneram : « Que biéue toustém et Païs Bascou : Bethi bizi hedi Euskalherrid ! »
— Mu J. de Urqu ijo que béi? de crea à Sen-Jùan-de-Luz era « Revue
des études basques ».
— Era « Union Pyrénéenne» que balhe(n°de Junh, p. 89-90) et prougamo det couiîcours literari bascou. Des Báscous as Catalás, en passa per
nous-auti, Gascous dera Mountanho, toutes es Pirenées que soun dounc
aro en moubemént.
VI.

MOUBEMÉNT FELIBBÉNC.

— « .4 propos d'une récente édition de Guillaume Ader », par Jean
Ducamin. (Extrait des Annales du Midi). Critico hèto dabb et mès
gran sliii? dera edicioun balhado par MM. Jeanroy e Vignaux, sustout
det tèste e dera traductcioun det « Gentilòme gascou ».
— Lége ena « Revue des Langues Bomanes », Jè-Hereuè 1907,
p. 86, un artiggle de Mu Roque-Ferrier, aoun hé bèi se quin era counechénço, pes nòsti paisants, det bascou o dé quauque parlà de léngo d'O
les permét de trouba treballi en Espanho, en Italió, etc. ; è de hè-s coumpréne bièn miélhou des Catalas o des Espanhòls que bénguen en Franco.

�133
Douric que mous cau sauba 'ra nòsto léijgo, qùan nou sérié que per
intrès, è hè-lo apréne en es escoles.
— Düés arrebistes nauères que hèn edj escambi dabb era nòsto : La
Renaissance Provinciale (2° annado ; 66, c. Claude-Bernard, Paris)
felibrépeo è 'rregiounalisto ; è La Cigalo Lei/gadouciano, qu'es bér? de
crea à Beziès (Eraut), 62, abepgudo St-Saëns. Adaquésto particulièroméns, — que parécb en iou 'rregioui! det Middió aro bièn esproubado, —
que la pregam de créi qu'èm de còr dabb éro.... E, qui-ac sap? era Idèo
felibrépeo, que mous aprén à tepgué mous units frairaloméns, è à counda
â'abòrt sus nous-auti, nou sérié pas et salut ?
— Era 'Scòlo Moundino qu'a teijgut es sòs Jòcs Flouraus à Bilofra.i?co
et 16 de Junh passat, è 'ra 'Scòlo Carcinòlo pòc abans, à Mountaubap.
— Erahèsto dera 'Scòlo (ìastOur/-Febus qu'es tepguera et 31 d'Aoust
à Maubezip è 's Ie è 2 de Setéme à Cautères. Que saben es nòsti Counfrais
(Bét era Remède Comminges, 1906, p. 189,nòto de Mu A. Cougel), qu' et
castèteb de Maubezip (H.-P., à dus passi de Cap-bèrn) ère 'ra cieutadèro
dera casteranió de Maubezip en Nebouzap, iou des cipe que harién aquedj
antic « país » cournengés, que Sen-Gaudéns n'ère 'racapitalo; è que houe,
ce diden, de Gastoup-Febus, senhou de Biarn è de Fouch. E doupe
Mu Bibal, et sòp proupietari de gùé, qu'au bép de lega ara 'Scòlo G.-F.
(que n'ei Mémbre), è, per éro, at Felibridje gascoup tout antiè. Qu'aplaudim adaquéro generousitat, coumo j' agg a hèt up des nòsti, M. Ch. Palanque (en Avenir Re'n. d'Auch, et 16 de Mai passat). Touti 's brabi
Felibres dera Gascounho que soun pregats de hè parbépgue à Mu Bibal,
ta 't Museon que bo creà en aquét castètch, es lous lîbes o trebals
felibrépes, è tout ço qu'ajen decurious coumo antiquitat gascounes.
E qu'ei en castètch madéch qu'es tepguera era prumèro Court d'amou
dera 'Se. G. F., et 31 d'Aoust (arriba de maitis en garo de Cap-bèrn, è
pourta-s et dinna) ; er' auto, dap taulado, qu'aura lòc a Cauterès, et 2
de Setéme enta middió. Qu'ei de créi qu'era 'Scòlo des Pirenées ess hara
'rrepresenta en aquéro hèsto.
— En Cour/grès des Soucietals Sabéntes (à Mounpeliè, det 2 at 4
d'Abriéu passat), que houren arrepresentades era S. Arq. det Gèrs è 'ra
nòsto 'Scòlo pes trebals de MM. P. Pérès [« Explication par le patois
gascon des noms de personnes du village de Pavie (Gers), suivie d'une
étude sur les sobriquets et les noms de lieux »] è B. Sarrieu [« Le mot
luchonnais yèrlo » (yèrlo que bép de i?&lt;sw/a, per * iria)]. Mu Itonjat,
baile generau det Felibridje, que i-a presentat tabóp up estudi plép
d'intrès [« Aire géographique du catalan et du basque vis-à-vis des parlers
languedociens et des parlers gascons ou béarnais »] ; ja 'i estat scnhalat
en buletip dera S. Arq. der' Ariéjo è det Couserans.
— Mu Ronjaí que mous bép d'adreça era sió plaquéto « Lta Estelle »,
aoun esplique et prougrès det Felibridje, justifique es nauèiï 'Statuts è
glourifique era nòsto Idèo. A Perigus, cado coumbidat que n'aùié troubat
up N° ara sió plaço.

�134

— Lége, en Buletin dera S. Arq. det Gèrs, era seguido det trebalh de
Mu l'abat Dambielle « La Sorcellerie en Gascogne » (p. 71), es aimabbles paraules de Mu 't Presidént Lauzun tara nòsto 'Scòlo (p. 92) è 'dj
arremerciomént en bèrsi luchounési que i-arrespoun (p. 94).
VII. HÈSTES CATALANES.

Caduii qu'a poudut lége en es gazétes se quin es soun passades es bères hèstes catalanes, det 4 at 10 de Junh. Era plaço que mous manque ta
counda acitau tout ço que houe hèt de bètch à Perpinhaij, pusàToulouso,
ena capitalo det Leijgodòc, ena cieutat det Gai-Sabé, ta 'rrecébe
« corn à germans » as delegats dera municipalitat, dera endustrió, dera
unibersitat, dedj art è dera prèsso de Barcelouno. Arrecepcious, brindes,
banquéts, banderòles catalanes, arcs de trloumfe, elluminacious, batalhes
de flous en barques, húécs d'artiflei, arrepresentacioun en Teatre dera Naturo coustrliit esprès, pléto de mounde, aclamacious, arréij de mès bètch
nou s'ère bist à Toulouso despus et passadje de Sadi-Carnot.
Es embitats qu'aùién era 'mpressiouit de camina « en plé sòmni » :

« son tan entusiastes, tan afectuosos, tan espamius, tan esplendits
« aquels Tolosans ! » Més, es 7 è 8, qu'ei et nòste païs de Luchoui? qu'auée
er 'aunou d'arrecébe as Catalas : plan que héc es causes à drét.
Et 7, dounc, pera plano de Murètch, pus en arremounta 'ra Garouno
sautejairo è cantairo, arribado à Banhères, enta 4 oures 30, des Barcelounédi è des Toulouséncs que les acoumpanhen : touti qu'admiren era
nòsto batch, touto berdejanto è flourido, è 's nòstes mountanhes caperades de nhèu. Sourtits dera 'garo, que les arrecében era fanfarró nòsto,
en sòn ta beròi coustume, nére è blanc, è 's nòsti guides balénts, « en

séngles cavalls, tots briosos, ab sancli per vendre y geni per galopar »,
en berréts blanqui, blus o 'rroujes è poumpounats, en blanqui pantelous,
dabb hautes lances de drapèus. Imnes naciounaus ; pus, pes carrères engarlandades d'auriflames, touti 's embitats, aclamats pet pòbble, que s'en
ban en landòs ta 't Gasinó, aoun et counsélh les déu aufrí un bírj d'aunou.
Es droullòtes des escòles que les i demòren, debadj es grani 'scalès, dabb
echeharpes arroujes è jaunes dessus es lous blanques pélhes. Aquiéu,
arrepoudá-s un clucat pera terraço : « Et souléi jà-s cougue darrè Superbanhères ; mès sous arraious que dauren encaro es caps dera mountanho de Sen-Mamét ; en faço, tabblèu merbelhous des Pics dera Méno è
de Saubogardo, touti plapats de iou nhèu arrùénto des darrèri hùécs det
dió ». Lèu, ena Salo-dess-Hèstes, aloucucious de bienbengudo. M. Ruau
qu'es dits, per telegramo, « soulide qu'era'rrèino des Pirénées ess han
béidinno det sòn lòs antic ena ïrecepcioun des nòsti frais de rraço, que
«soun tabén es miélhous des nòsti amics »; M. Bonnemaison que les déclare que touti ' s Luchounédi de cado partit les arrecében « coumo frais» ;
« que mous auét sustengudi », ç ' ajuste, « en es periòdes penibbles ; jamès
«nou mous ac desbrembaram » ; M. Linares, sou-prefètde Sen-Gaudéns,
que béu « ta 'ra 'Spanho amigo » ; M. Ferras que he un discours en cas-

�135

telhaií, pléiì de courdialitat ; qu'ei dits que «per la banda d'Espanya surt el
sol, y d'Espanya vé 'l riuGarona que rega 'Ipaisn ), qu'ei hort aplaudit,
è atau madéch Mu Gasc, directou des Bans, que ban bisita en sourtf det
Casinò (Be les auriét poududi arenga en luchounés, o Coumpatrïòtes, as
Catalas, es nòsti frais de lér/go : plan que bous aurién coumprenuts). —
Après, « tour-det-baloun », è, de sés, musico espanhòlo en Casinò, elluminacioui? dera bilo è det Parc, arretrèto dabb huées de Beiîgalo, défilé
des nòstes courpouracious, fantasià manhifico, clic-clac des fùéts, admirabble : « Es el còs dels guies, és dir, l'esquadró format per tots els
» guies de cavall, que fan petar els fuets a la vegada. Es un espectacle
» animat, esplèndit... El soroll dels fuets té quelcom de triomfal, que
» s'aixeca per sobre la remor del riu : la remor que de dia y nit ompla
» Luchon e que ara mateix arriba à ta cambra hont escric », ce dits
Mu Morató, « com pera recordar que, mentres el poble dorm, el riu
» vetlla ».
Edj alendemaij, touti de cap ara bat de Lis (Lis, plur. s. d. de lit
« avalanche» en esp. « alud » ; è nani liris), en louiiga Castèt Blélh, et
goure de Marilùiso, et goure de Bòneu, è 'n admirà « fagedes esplèndides,
» selves escarpades » e « la remor de les aigües que baixen de les
» altures, à causa de la fosa de les nèus »,... « aigües que salten de
» timba en timba, aigües que cabriotejen entre roques, aigües que
» s'esmunyen pels prats en pendént », è 's mounts nheuousi, ensoulelhats, que i-a mouménts « que boira, neu y cel se confonen en un
» sol esclat apoteòsica de lluissors d' òr y argént y estanh en fosa ».
Arribats at pè det gurroun tout entalhat de cascades que barre 'ra fino
batch en trauès, dinna, acoumpanhat pet brulh det gran Pich de Ièrn, en
Chalè des Delicis ; cançous catalanes è gasconnes (la Toulousaine ; iou
Marselhéso catalano, etc.)... Helas ! tout qu'es déu acaba, è 't sé madéch
es Catalas qu'èren arrecebuts de nauètch à Toulouso, en Capitòli, salo
des Illustres ; mès nou sera pas et darrè còp, at segu, que les beiram à
Banhères, surtout, coumo les éi estat dit per MM. Gasc, Begouen, de
Bellissen-Bcnac è d'auti, s'arribe et dió que sién hèts et camiíj-de-hèr
elèctric Luchoun-Benasc-Mounçoun è 's auti traspirenénes proujetats.
(D'après La Dépêche, ét Luchon-Thermal c 's artiggles de M. Morató en ■ La Veu

d»

Catalunya ■, quoulidian catalan de Barcelouno)

— D'auto part, as Jòcs flouraus de Barcelouno (aoun ei estat premiat et
nòste amic J. Aladèrn ) MM. Desazars de Montgailfiard è Tresserre
qu'an arrepresentat er' Academió des Jòcs flouraus de Toulouso, è
Mu Tresserre qu'ahèt un discours en catalan.
— Era plaço que mous manque encaro ta parlà coumo bouleriém det
moubemént catalan è surtout dera Société d'Etudes Catalanes (Escòlo
felibréneo de Perpinhan) ; que sera tas prouchèns numéros.
VIII.

REMERCIEMENTS AUX JOURNAUX

L'Etendard (Saint-Gaudens), L'Ariéjo dins Paris, Le Réveil du Saint-

�136
Gironnais, la Dépêche, L'Express du Midi, L'Avenir de l'Ariéqe (Foix),
la République de l'Ariège (Foix), le Saint-Girons-Journal ont publié le
programme de nos Jeux floraux.

IX.

PROGRAMME

DE

NOTRE

Eêto à Saint-Girons, les

15 et '16 Septembre prochain.
DIMANCHE

15 SEPTEMBRE

1907

MATIN :

A 9 heures. Réception des Félibres.
A 10 heures 3/4. Assemblée générale.
A midi. Déjeuner.
SOIR :

A 2 heures 1/2. Réception de la Reine des Jeux Floraux. (Le cortège
de la reine et de ses demoiselles d'honneur, en costumes pyrénéens, partira de la gare).
A 3 heures Séance littéraire et Distribution solennelle des récompenses aux lauréats des Jeux floraux. Pendant la séance, concert donné par
^'Harmonie l'Union Sainl-Gironnaise et par VOrphéon qui exécutera
plusieurs chants gascons et languedociens.
A 7 heures. Banquet.
A 9 heures. Fête populaire, suivie d'un brillant feu d'artifice sur le
Salat.
LUNDI

16

SEPTEMBRE

Félibrée au lac de Bethmale (26 kilom. de Saint-Girons)
A 6 heures du matin, départ de Saint Girons en voiture. On traversera
les magnifiques vallées de Castillon et de Bethmale. Arrêt à Castillon.
A 8 heures 1/2. Arrivée à Bethmale.
A 9 heures. Ascension du lac (bon chemin, 4 kilomètres).
A 11 heures. Déjeuner sur la pelouse du lac. Le menu comprendra les
truites saumonées du lac, assaisonnées à l'aïoli (LAS gourmands s'en
leparan les pots !)
A 2 heures. Betour.
A 4 heures. Arrivée à Saint-Girons.
(Les trains du soir partent de Saint-Girons aux heures suivantes :
Direction Toulouse et Saint-Gaudens
4 h. 42
Direction Foix
5 h. 42

Observations :
Banquet félibréen. Prix 4 francs.
Excursion au lac. Prix 7 francs (tous frais compris de voiture et repas).
Montures. Les dames qui désireraient des montures pour faire l'ascention du lac sont priées de nous en aviser quelques jours à l'avance.
Envoyer les demandes d'adhésion, avec le montant des frais, au trésorier de notre société, M. Teulié, à Saint Girons, avant le 8 Septembre.

�137
N.-B. — On peut faire partie de l'excursion en emportant soi-même
son déjeuner. Prix de la voiture seule : 3 francs.
— Nous espérons obtenir des billets de demi-place en chemin de fer
comme l'an dernier et les adresser assez tôt aux bénéficiaires. Prière aux
personnes désirant en profiter d'adresser leur demande sans retard à
M. B. Sarrieu, 8, place du Bartas, à Auch.
X.

BIBO 'RA NÒSTO 'RRÈINO !

C'est à la générosité^d'une Couserannaise de cœur, Mlle Urbanie de
Terssac, que notre Escòlo va devoir la plus grande partie du succès de
sa fête à Saint-Girons. Non contente de nous offrir une bannière aux
couleurs et aw armes du Comminges et du Couseï ans, MUe de Terssac
veut organiser une charmante théorie de costumes pyrénéens, en parti
culier des régions de Massâ t et de Bethmale ; elle prétend même illuminer les rives du Salat d'éclairs de lumière, en l'honneur de l'esprit pétillant des Gascons et de l'éclat de leur ardente poésie... En présence d'une
telle munificence, le Bureau de f Escòlo (s'appuyant sur l'art. 11 des statuts), n'a pu faire moins que de nommer, à l'unanimité, Mlle Urbanie de
Terssac Reine de nos Jeux Floraux pour 1907. Frais det Couménges è
det Couserans, haut ! beijguét dab nous-auti, et 15 de Setéme, noumbrousi, enta crida, coumo de juste : « Bibo 'ra 'Rrèino ! »

(Éy diménje viaytin)

La petito campano a sounat le darrè1
E tout le mounde bouho en mounta le tupè.2
Que pujo tant que sùén eau qu'on s'i-arrèsto en plaço ;
Mès en tout debisa le téms y pas ta louijg.
Èro jé le marcat ; tout ço qu'a hèt de boup,
Croumpa, béne o truca, cadup que l'arrepasso.
«
«
«
«

Si hèuo as bederòts », couménço le Cassan,
M'en hadouri cin frans, en tout béne tròp biste ;
Mès les pòrs, quin malcer3 ! les bénen pas, les dan :
Se le cours cámbio pas, bous at dlgui, y triste... »

La Janetouv, sa hénno :

«
«
«
«

O , bé parla des pòrs, tu que n'as pas à béne !
Jou que pénsi au bedèt qu'et dechères pana.
Cambiaras pas jamès ; hès ploura de t'enténe !
Ha, b'auriòy jou bien hèt t'i decha pas ana ! »

�138
La Feli èr' anado au marcat de las aucos ;
S'i deuèo amusa, aquiu qu'ey párlon tant ;
Tabé mou-n a coundat sus las úos, las autos,
La Haurésso, la Fino è le hilh dou Tajan.
Aquéste èro passat enta-u contourrouulœr3 :
« Ah, vous venez », ça dits, « pour cette vielle affaire ? » —
Le digoûri : « Oui, oui ; c'est moi que j'ai l'honneur
« D'en être henchargé; je suis l'adjoint au Maire... »
laute qu'èro audarrè — ey noumat le Pepl ;
Tout s'acaba le pan, benguéuo trico-traco :
« Jou » ça dits « noun d'un sort, ey dechéri la baco ;
« Say pas courao harèy 'nt' aparia la Pouli... »
Dounc en tout debisa la côsto èro mountado ;
Pan ! Un côp de fusil beng de darrè l'Arjòt5 :
« Tè, qu'ey le Castera ; pari que l'a tiiado ;
» Quan dits que les bèts pas, en crejots pas un mot. »
— An sounat l'alugat6 sus aquéros paraulos ;
Coumo moutous, ta lèu que dilèrbon las canaulos 7,
Auèp dechat aquíu nòsto coumbersacioun
È 'n tout courre en partits seguí la poussessioun8.
J.

DUCASTAING.

Parla de Monlesquin-de-Lilo.
1. . Le dernier de la messe &gt;.
œ.

—4.

—

2. &gt; Coteau

—

3. Dans notre région on prononce

Id. — 5. Ruisseau. — '6. Lorsque les berges sont allumés. — 7. « Collier de

bois ■. — 8. Pour proncessioui} : la petite procession qui précède la grand'messe dans
nos régions. — Ces vers n'oat d'autre prétention que de noter exactement quelques traits
de mœurs, pris sur le vif.

SOUVENIRS GASCONS
SUISSE, 1871
(Suite ')

Après quinze jours d'arrêts de rigueur et trois comparutions devant le
Conseil de guerre de Ludwigsburg sous l'accusation ridicule de complot
contre l'Etat, je fus libéré par l'intervention de la reine Olga de Wurtemberg ; et, muni d'un sauf-conduit, je passai en Suisse.
C'était vers la fin de février 1871. L'armée de l'Est d'environ 80,000
1. Voir le n* 5.

�139
hommes, sous le commandement du général Bourbaki, venait d'y être
rejetée et internée.
Avant tout, salut et reconnaissance à la libre Helvétie, qui nous reçut
comme des frères malheureux! Chez cet excellent petit peuple nous nous
sentions comme chez nous. Dès le premier jour, administration et particuliers rivalisaient de zèle et de dévouement pour diminuer l'amertume de
notre exil. Aussi, nos braves soldats étaient-ils aussi contents, aussi heureux qu'on peut l'être en terre étrangère et pendant une guerre
désastreuse.
Dès mon premier contact avec eux, j'entendis parler le patois du pays,
avec une joie inexprimable, sur la place nationale de Zurich. C'étaient des
gendarmes, des gardes forestiers, des mobiles et autres soldats de
l'arrondissement de Saint-Gaudens, des Hautes et des Basses-Pyrénées.
« Quin ba 'ra boto ? », demande un indigène de la plaine de Rivière. —
à un camarade « Bien quan troto », répond l'autre. — « Aném-moun
béue un peiròt », dis-je à quelques-uns d'entre eux, et ils me suivent
dans une grande auberge du voisinage.
Là, devant quelques litres de bon vin clairet du Rhin, on cause de la
pauvre France et de nos chères Pyrénées.
Soudain, un petit Commingeois, éveillé comme un Gascon de race, se
met à chanter :
« Jou soi petitòt,
v Pusque Diu ac bo,
« E 'scarrabelhadòt
« Coum' un parpalhó...
« Que cantes, que cantes,
« Cantes pas per jou,
« Canto pét païs
« Qu'ei bien lunh de jou I
Et tous de reprendre en chœur le refrain avec un brio et un enthousiasme endiablés... Stupéfaits de tant de gaité et d'entrain, les bons
Suisses ne pouvaient en croire leurs yeux et leurs oreilles :
« Conticuere omnes, intenti que ora tenebant... »
Dans les longues soirées, c'était, aux casernes et hôpitaux, un feu
croisé d'esprit gaulois, une vraie bataille de bons mots et de calembours,
parfois, je l'avoue, médiocrement réussis. On se racontait de petites histoires, des traits charmants sur la guerre. Au plus fort d'un combat un
soldat s'écrie : « Ho hó ! pét de perigle ! que tiron à touca I », et un
voisin de répliquer du tac au tac: — « Aquétch, ja ei det païs déras
gaudinos ! » (Ils étaient tous deux d'un des villages de la plaine de
Rivière). — Un autre, en braquant son fusil, crie, gouailleur : « Tèl
barbutch de Prussièn, amássò-t aquéros prùos ! » Le Prussien tombe,
et le Gascon d'ajouter : (( Tu, j'as finilch deminjd-n; aro, àiaute,...
tounèrro ! »
En mangeant leur brouet trop clair de Spartiates, nos pioupious ne

�140
manquaient pas de dire : « Nou ei pas toustcm nòces ! » et résignés, ils
ajoutaient de suite : — « Ara guèrru coumo ara guèrro ! »
Au bivouac, quand le temps ne leur permettait pas de sortir, chacun y
allait de son petit conte, ou de son proverbe, tels que ceux-ci :
— « Ta Sén Serniiî
Era nhèu pet camii).
— « Ta Sent-Andrèu, ja-i serèi lèu »,
« Ce dits la nhèu.
— « Ta Sen Bincéns
Qu'abacho en tor è que pujo en bénts.
— (( Edj arc det maitii},
Era plou jo pet camin.
Edj arc déra brespado,
Era ploujo espassado.
— « Broumo roujo,
Bént ou ploujo.
C'est ainsi que j'avais entendu de la bouche de nos soldats la plupart
des dictons populaires dont nos savants confrères, MM. Cau-Durban,
P. Castet, Dambielle, Marsan, « Horonisatch », S. Verdier, Soulé-Venture enrichissent les numéros d' « Era bouts dera Mountanho ».
Les jours gras furent des plus gais. Tous les débits, cafés et auberges
étaient encombrés de Français, plus bruyants les uns que les autres
Dans l'un des plus populaires J'entends chanter :
« Adiu, praube Carnabal ;
« Tu t'en bas e jou demori,
« Adiu, praube Carnabal !
J'entre et je reprends :
« Ta Banhèros m'en anèri ;
« Aigos fréscos, aigos caudos,
« Arrén nou-m poudéc gùari.
Un compatriote ajoute :
«
((
e
«

Bous arai,
Qu'ètch hèt de liai ;
Jou que soi hèt de cerf,
Que m'en bo calé mouri ! »

Et quoique nous fussions déjà loin du 3 février, fête de Saint-Biaise, un
Couseranais se mit à crier : « Pastèros dinquo 't nas ! » Et tous de
répliquer : « Pastèros ! Pastèros ! » Il fut décidé que nous ferions
des crêpes dans la soirée.
A l'occasion de l'Epiphanie, j'avais offert quelques gâteaux : Ces
coquins-là trouvèrent moyen de faufiler une fève dans le morceau qui

�141
m'était échu en partage. Tous se levèrent comme un seul homme, et,
en buvant un verre du punch qui accompagnait « ira coco d'arréis », ils
s'écrièrent de la voix la plus vibrante : « Vive le roi I » — Ce fut là une
scène de franche galté indescriptible. Quand le calme se fut rétabli je
portai le toast suivant :
« Mès amies, que souèti de toutmouT/ có qu' aquésto tritto guèrro
sió lèu finido; que pousquém tourna lèu ena nòsto caro Franço,
blessado e malauto,' mès toustém biéuo è grano. Diu boulho que
bejam à louri et printéns en nòste païs ! que aimi bièn eras Aupos, mès
que prefèri eras Pirenéos. As pès deras Aupos que i-auém fòrço toumbèus; enas Pirenéos qu' auém nòste brès. Moun Diu, hè-mous era
grácio de béi-los aban Pascosl » ; et tous de répondre : « Atausió ! »
Quelques semaines plus tard, nous quittions la Suisse, mais non pas
tous, hélas ! 1675 étaient morts dans les divers cantons, et reposent
dans les cimetières de la nation hospitalière. Le Souvenir Français a
fait élever à nos compatriotes 1648 monuments funèbres; nous leur en
consacrâmes un nous-mème, et non des moins beaux, à Fraufelt dans le
canton de Zurich. Que ces vaillants reposent en paix et que devant Dieu
soit leur àme !
E bous autis, oufleiès o soullats, encaro bieuénts d'aquéro terriblo
guèrro, que bous embòyi de tout co un salutch de fray e que souèti que
jamès plus nou biscatch un téns ta malerous !
Yves-D.

DUFOUR.

lil'tl 'Mil 'H UiWi
(Es viéls qu'ac elidien quan harién

sauta

mainada pòca

sòve 's jouis))

Hárri ! Hárri ! 'n ta 'ra sau,
Que demaii serà Nadau.
Tu, pourin,
Pet camiiî ;
Tu, pourià,
Pera viá ;
Tu, Stelat,
Pet gelat ;
Tu, Steláda,
Pera práda ;
Tu, Mourána,
Pera lána ;
Tu, Mourèu,
Pera nhèu.
Hárri, Pitèu !

Lux.
(Parla viéïh de 'ra Vat de Giiélh).

�UNO BIS ITO
AS

MOUNUMENTS

DE

SEN-LIZÉ

LE 30 MAI 1907

pel la Scracietat de las Estudiós del Gouserans
I a tres ans que del mas fourfoulhèren la gròto
Per albira les traucs, la bè-uto ount l'aygo futch ;
Se boustussan le cap, s'esquichan la culòto
Sénse trouba jamès le founs d'aquét estutch.
A Sen-Girouns, pu tard, i bejéren roucalhos,
Crambos, e nauts plafouns e de nègris cabots,
Lars a fè rousti ' n Mou, e d'espéssos muralhos,
Tout pensan à l'esprit de las géns d'autis cots.
Aué, coum ' alabèts, de migounhos figuros
A coursatjes claréts e jupouns liserats,
Ban destourrl les ùélhs debans les esculturos
Ambé de géns sabéns e d'esprits esclayrats.
Anan douijc del Salat ne passa la ribèro ;
A la miéjo de diòs èn reunits sul pount,
Ount per dijous, beséts l'aygo 'mbè la grabèro
Se truca dins soun lèyt roucut de batch amount.
Poujan del Couserans la biélho capitalo ;
Aqui, le capèt baych, ambé toutis respècs :
Pénsi que les aujols dount le géni s'estalo
Càl-pos que per nous-aus sion trattadis de pècs.
Des chapitèus besén la pèyro fousegado ;
Les pilhès arroundits soun lansats bers le cèl ;
Dins les arcèus treflats à mouluro lirgado
Les sants soun escultats d'un abille cisèl.
Sus un béyre, Trutat e Bogè ' prénen noto
De finos bùesaios, bielhums, antiquitats,
D'un Jésus maynatjôt à petito manoto
Ou de mounjes barbuts pel tens descapitats.
Milhou que sul papiè sus mounuménts i lisi
L'amo de l'oubriè que les a cimentats ;
Disets-me se faiôn aué douijc à Sen-Lfsi
Un trebalh ount debant èts tout gôrjo-badats ?
t. Membres de la Société.

�i 13

Bôli pas fè, oresèts, aci cap de critico ;
Mais se' s maçous d'alors bibiôii aquéstis jouns,
N'abion jamais bastit aquéro basilico
Ni praco-fè, tapauc, apounchat les creiouns.
Mais ço que m ' a tustat, ço que mès albirabon,
Ço que m 'a fèyt pensa dins moun paure cerbèt,
Es de bése l'endréyt ount d'ômes foulejabon
Dins le biélh abescat per nous-aus troubat bèt. 1
Dise qu'aqui-daguéns, i-abo cors plés de flamo :
Abésques, géns letruts2, sabénts tant que bouldréts !
I-abéts -pos mès, aué, que cerbèlos sens 'amo
Que ban s'escridaça soûls detras las paréts...

Ja bési qu 'e blagat coum 'uno bartabèro ;
Un aute cop, crejats, m'en saurè pla ùarda :
De bergounho m'en bau à dets pams dijous tèrro,
Car, Damos e Moussus, bous è feyt trop bada.
F. ESCAICH.

Parla del Sérou (dioucese de Couserans, més countat d« Fouych)
1. L'ancien abescat de Sent-Liié debengut l'asile départemental des fols.
2. Refléxion : non seulement des évêqiies, mais des personnes savantes, lettrées.

Arr.eppoubès è Loucucious dero Bat d'Auro
Abilhat u pau
Que semblarà Nadau
A côps de bastous nou s'amôsse not cô f.
A coustat d'arréy è de senhou
Nou bastiscat maydou,
Ad de qui prou sab demoura
Diéu que l'ac da 2.
Adou biélh, saumuguess naues.
- Aluga 'ra candélo per dus caps.
Amassa 't brén è sparrica 'ro harió.

�144

Amics per dessus dero bèsto.
Anò der' espiarrá ento 'r 'arroumériguerá.
Anò de segòt en courréyo4.
A'ro maydou è ad cadau
Qu'es counéch ero dauno5 ço de qui bau.
Arrés nou pòt dide : « D'aquer' aygo nou beuerèy. »
Arride e plourà
Pet c. que s'en ba.
Atau ey pò coumo mesturo 6.
Atau prén et tròt era mulo,
Atau au prén, atau au duro 7.
A tout pecadou miséricorde
A tout senhou
Tout aunou.
Ats bèts palhès ets bèts arrats.
Aué cachaus debat e dessus8.
Aué 't dit entre dliés pèyres.
Aué 'ra lèyt at cap det nos 9.
Aué tinto 'n cournétl0.
Autant bau péri de pèsto coumo de mau-caut.
Fr.

(A suivre)

MARSAN.

, I. Chien. — 2. Se dit de ceux qui savent attendre pour se marier. — 3. Appareil
en bois qu'on applique sur le bât. — i. Ce proverbe et le précédent s'emploient dans
le même sens que tomber de Charybde en Scylla. — 5. Maîtresse de maison, vient de
domina. — 6. Pain fait d'un mélange de blé et de mais ou d'orge. - 7. Terminaison
irrégulière imposée par l'assonance. - 8. Etre mordant. — 9. Nez. N'avoir pas encore
etteint l'âge de puberté. — 10. Etre intelligent.

L'ESGUT DE CATALUNYA
[PBUMÉRO

MEDALHO

DE BROBNZE]

Passai y avenidor

Sobre camp d'or, simbol de gloria
Lo nostre Escut té quatre pals ;

�145
Lo seu origen dins la historia
Se pert als segles mig evals.
A un noble Comte, l'un esmenta ',
Que 'i concedi un Emperador,
Barrant de sanch, sa saneh rohenta,
Lo seu escut tot llisat d'or.
D'En Berenguer, un altre explica,
Que era la joya 2 de més preu 3,
La més aymada, la més rica,
Per ell guanyada en just torneu.
Que a sa moller, Na Petronilla,
Lo jorn de boda 'n feu present ;
De l'Aragó rica pubilla
Donà a l'Escut nou brill potent.
Un altre diu que '1 Rey En Pere,
Bey poderós entre 'ls més grans,
Lo portà a Roma la fal-lera 4
De rebre 5 titols sobrehumans.
Y al meteix temps que allí 's corona
Catòlich Rey de l'Aragó,
Lo Pare Sant també li dona
Per rich present barrat blasó.
Sobre camp d'or, simbol de glòria
Los quatre pals té de la Creu °,
Que ensagnantats ne fan memòria
Dels que ab sa sanch regava 7 Deu.
Tot emprendat d'aqueixa ofrena 8
Lo Rey l'estreny contra son pit 9,
Y '1 seu gran cor la glòria omplena
Y '1 desig 10 sent de l'Infinit.
Torna a sa aymada Catalunya
Tot oferint-li '1 rich present,
Y altra vegada '1 ferre empunya
Per a combatre a extranya gent.
Van obrint pas a sa grandesa
Enemichs moros y cristians,
Y creix y creix sa noble empresa,
Y van creixent los Catalans.

i

�146
D'enlla dels camps de la Garona
Dels germans nostres sent les veus ",
Y ab lo desig que l'esperona
Salta atrevit los Pyreneus.
Devant Murèt lluyta ab coratge,
Defensa '1 Dret contra Montfort,
Y ants que acatar 12 vil esclavatge
Primé ab son poble vol ser mort.
L'honrat escut hereta un dia
Son noble fill Jaume primer,
Y '1s enemichs que ab ell atia
Li deixen lliure son terrer.
Y aquell Escut que a Barcelona
Portà son Rey, de vermells pals,
Ja de Valencià ne corona
Los archs moreschs de sos portals.
Y atravessant la mar blavosa 15
Deslliura l'Illa del fruyt d'or l4,
Y veu l'Escut Palma l'hermosa
Foragitant a l'invasor.
Del mar endins illes opreses 15
D'ell varen rebre5 llibertat,
Que acompanyava a ses empreses
L'amor de Deu crucificat.
Allà, Provença esplendorosa,
Mirava al fill de Montpeller
Cenyir la testa gloriosa
Entre cent Reys sempre ' 1 primer21.
Per tot brillà sa bona estrella,
Dels camps de Múrcia a l'Orient,
Fins que l'Escut tocà Castella
Y son pur brill anà perdent.
No comprenent son simbolisme
En dos parteixen lo blasó,
Y allà al pahis del quixotisme
Tant sols oneja 16 mig penó 17
Desde aquell jorn, sort malhaurada !
Perdé l'emblema sa virtut ;
Ja la bandera es esqueixada,
No es ja '1 noble y sant escut !

�ic7
Desde aquel dia bont oneja 18
Feta bandera de dos pals,
Al seu entorn brota la enveja,
S'encenen guerres, plouen mals.
Sembla que Deu castigui al poble
Que malmeté aquell sant present,
Que va partí aquell Escut noble
Avants per tot tant prepotent.
De fets indignes si 'n mirares
Cometre a l'ombra ; oh malvestat !
Sols tu, oh Escut de nostres pares,
Tu restes sol immaculat.
La teva sanch es sanch honrada,
Ton or no es or de trahició ;
Pots onejar ben desplegada
Bandera santa, sant penó 17 !
Per nostra sort, joya preuada 18
Aqui 't guardem com a bons fills,
Y mentres bufa la ventada
Te preservem de sos perills.
Tot esperant la pàtria vera
Esquarterada pels tirans,
Sent retornar la Primavera
Y trau florida com avants.
Aquella pàtria que perderém,
Un jorn, germans, la trovarem,
Si trepitjar-la un jorn vegerem
Ab nostres cants l'aixecarèm. 19
Que avuy la pàtria condormída
Va desvetllantse poch a poch
Y al vell caliu20 d'antiga vida
Se va abrandant lo sagrat foch.
A no trigar, altra vegada
Sos quatre pals dirán al mon
Que aquella pàtria soterrada
Torna a aixecar 21 al cel son front.

�148
Y en lo que avuy es la frontera
Dels Pyreneus en los cimals,
Alli hont jamay fou extrangera,
Germans, clavemhi la bandera
Que en un camp d'or té quatre pals !
Barcelona, 20 Juny 1906.

NOTES.
— 3.
8.

Joseph

— I. Cf. Verdaguer, Palria, p.

« Prix &gt;. —

« Envie ». —

4.

■ Offrande ». —

■ Poitrine ».

9.

12.

« Accepter ».

16.

• Ondoie, flotte ».

Aixecar ■ élever ».
Lyon. — V.

N" 10

—
—
de

5.

13.

—
20.

1906,

---

« Rleuàlre ».
17.

Les Barres de sanch

135 (■

10.

—

■ Désir ». —
14.

« Drapeau ».

—

18.

216,

—

7.

2.

« Joyau ».

■ Arrosait ». —

II. « Il entend les voix ». —

« Majorque ». —
« Estimée,

« Feu qui reste sous la cendre ». —
p.

»).

• Recevoir ». —6. ■ Croix ». —

ALADERN.

15.

■ Opprimée

précieuse ».

21.

—

Un dó ta 'ra nòsto 'Scòlo :
BETRAN GÜLHÈM-PÉNO
At moumént de bouta sou-prèsso, que mous arribe iou bièn
penibblo noubèlo. Et nòste counfrai è amic B. Guilhem-Pène, de
Mairénho (Bat de Gùélh, c. de Luchoui}), un des 9 que hundèren
era nòsto 'Scolo, que se mou-n éi 'nat : « Et 10 d'aquéste mès,
» sus et tart, era síia vèr' ama qu' es deshéc des liadés que
» l'arretenguién. Grána pèrta ta 's de qui au tanhién è 'nta 's sus
» amics » ; grano tabéi) tara 'nòsto Scôlo, qu'ess hara un deué
de nou lichán pérde 'ra memòrio. Entretant, deuant Diéu sié !

C.i.D.O.
8 ÊZ i E R S

19.

Il alla au concile de

per l'ortografia del català.

£&gt;

». —

�DE ÇO QUE PARLARÀ AQUÉSTO 'RREBISTO
« Era Bouts dera Mountanho » que s'oucupará de literaturo, de ciénço,
de tout ço que pouirá enteres a et Felibridje.
Coumo 'rrebisto literário, que pubblieará pouesiés, coundes, noubèles,
è auti bèri (è coumbenabbles) escriéuts en léngo gascouno.
Qu'estudiará es parlas gascous, enta hè les counégue è aprecià.
Que serà erouso tabén de hè paréche touti 's biélhi doucuménts en
gascoun que l'au pouiran èste coumunicats.

è

Coumo 'rrebisto cientifico, sense cap de pretencioun, que balhará —
en gascoun — quauques crouniques que s'arrepourtarán as ciéncés
teouriques è pratiques (matemàtiques, flsico, chimió, agriculturo, igièno,
endustrió, etc.)
Nou lichará pas tapòc de coustat era istòrio è 's sos enchinhoménts.
Que pouirá mémo trattá quauques questious de mouralo.
Enfin, que tenguera 's sòs lectous as courént dez ôbres des Felibres
moubemént felibrénc.
Ta 's coundes-arrenduts des lous oubradjes que soun pregats es autous
d'embouiá-les en doubbl'egdzemplári, en tout endicá-mous, se eau, et
prêts des boulumes è 't liberaire aoun es tròben.

è dem

Edj abounomént ara « Bouts déra Mountanho » qu'ei de 3 fr. per an ;
è nou sera pas majourat, mémo s'era nòsto 'rrebisto bén a groussi è a
paréche cado mès. Mès qu'engadjam es nòsti brabes abounats a balhámous, s'ap pòden, era lou adesioun coumplèto.
Cado membre dera nòsto 'Scòlo que hará soun pousibble ta proucuràmous, ta lèu que pousque, membres agechénts noumbrousi : mès seram,
è miélhou pouiram hè. E, mès encaro, cadurf que mous boulera ajudà det
sort sabé è déra sio plumo.
Es qui nu-an pas encaro pagat era lou coutizacioun que haran bièn
d'ernbouid-lo sénse deslrigd-s : à Mu Teulié, à Sen-Girouns, atau qu'esbitaran frèssi.
Adreçá-s ta ço d'aute, pet moumént, a Moussu B. Sarrieu, 8, plaço
Du-Bartas, Auch (Gèrs).

BOUCABULARI GASCOUN
Que haram paréche en aquésto 'rrebisto, debadj et titre de « Boucabutari gascour/ », listes de mots e d'espressious tirades desdibèrsi dialectes gascous. Que i-à en gascoun fòrço tèrmes è tournures qu'es tròben
prèsque semblabbles en francès, è que soun coumprenuts faciloméns
mémo pes qui nou counéguen pas gùaire 'ra nòsto léngo : nou serà pas
necessari d'endicá les acitau. Que mous countentaram de noutá, en tout
endica-n era proubenénço è balhá-n era traducteioun francéso, es tèrmes
è's loucucious que presentaran quauco particularitat o quauco dificultat ;
è d'aquéro manièro que trebalharam a manténgue è a estiéne 'ra counechénço des arrichéces del lengùadje des nòsti páis.
Tadaquér'òbro, qu'auram bejunh der'ajudo de touti's nòsti amics ;
qu'esperam que nou mous harâ pas défaut. — Que haran bièn tabén
es autous, s'empléguen bec-còp en lous artiggles quauque mòt pòc usitat
o tròp loucau, de balhà-n en nòto 'ra sinhificacioun-

�STATUTS DE L'ESCOLO DERAS PIRENEOS
ART. 1. Il est fondé, pour la région gasconne de la haute Garonne et
de ses affluents, une École félibréenne qui prend le nora à'Escòlo deras
Pirenéos (Ecole des Pyrénées).
ART. 2. Le siège de l'École est à Saint-Gaudens. — Elle comprend
trois grandes Sections : 1° Haut-Coraminges, Nébouzan, Quatre-Vallées
(Saint-Gaudens) ; 2° Bas-Comminges (Muret) ; 3° Couserans (SaintGirons).
ART. 3. Le but de l'Ecole est de maintenir et de relever la langue
gasconne du Comminges et du Couserans, de conserver les traditions
et les usages locaux, et de développer la vie régionale.
ART. 4. L'École s'interdit absolument toute polémique politique ou
religieuse, soit écrite soit orale.
ART. 5. Les Membres actifs paient 6 francs par an, et ont droit au
titre de Félil/res et à toutes les publications de l'Ecole. — Les Dames
sont admises. — Les Bienfaiteurs de l'École pourront être déclarés par le
Bureau général Membres honoraires.
ART. 6. Il est recommandé, en envoyant son adhésion au Bureau
général, d'indiquer, en outre de l'adresse, le lieu d'adoption au point de
vue dialectal.

Il y aura des Groupes locaux là où plusieurs Membres actifs
au moins) décideront d'en établir un. Tout Groupe devra se rattacher
à l'une des trois Sections.
ART. 7.

(5

ART. 8. Les trois Sections et les Groupes jouiront de la plus grande
autonomie, à la seule condition d'agir conformément aux Statuts, notamment de respecter les articles 3, 4 et 5, et de se tenir en rapports avec le
Bureau général.
ART. 9. L'Assemblée générale de l'École, composée de tous les Membres actifs, doit se réunir une fois l'an. Elle peut modifier les Statuts à
la majorité absolue.

Art. 10. Le Bureau général est élu au scrutin secret pour 3 ans par
l'Assemblée générale. Il est composé d'un Président, d'un Secrétaire,
d'un Trésorier, et de trois autres membres, ayant rang de Vice-Présidents
et représentant chacun l'une des trois sections de l'Ecole. — Le vote par
correspondance est admis pour cette élection.
ART. 11. Les questions relatives à l'administration de l'École, à ses
publications, à ses fêtes, à ses relations extérieures, sont réglées par le
Bureau général.
NOTA.

— Composition du Bureau général pour les trois années

1907,

: Président, M. L. de Bardies; Vice-Présidents, MM. les
abbés Y.-D. Dufor (Haut-Comminges), B. Daubian (Bas-Comminges),
D. Cau-Durban (Couserans) ; Trésorier, M. A. Teulié, à Lédar, près
Saint-Girons (Ariège) ; Secrétaire général, M. B. Sarricu, 8, place
Du-Bartas, Auch (Gers).
1908, 1909

Le Garant :

N. ABADIE.

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              <text>Era Bouts dera mountanho &lt;a href="https://occitanica.eu/items/show/10927"&gt;(Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue)&lt;/a&gt;</text>
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