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                  <text>ESCÒLO

DERAS ■ PIRENÉOS

(COUMÉNGES, QUATE-BATS, NEBOUZAN, COUSERANS, HAUTO GAROUNO)

ERA BOUTS
DERA

MOUNTANHO

Abounomént : 3 fr. per

SEN-GAUDÉNS
EMPRIMARIO

E

L·IBRARIO
1907

ABADIE

�SOUMARI
Pag86

I. — Un troubadour commingeois : Amanieu de La Broquère,
R. LIZOP

II. — Arreprouvès dera Hauta-Varoussa,

101
6.

Juncerira,

SOULÉ-

VENTURE

III. — Et Pount de Sen-Lizé, « HORONISATCH »
IV. — Era Graoulho è 't Arrat, J. DASQUE
V. — Noubèles (En Academió des Jocs Flouraus ; Felicitacious;
Moubemént felibrénc ; Jocs flouraus, etc.), B. S
VI. — Caudes-Biscaudes (devinettes) [seguido], Fr. MARSAN ..
VII. — Plazés campèstres (diplòmo d'aunou), U. LACAZE
VIII. — Et Counde d'Estèue (bertadè), MÈI° N. BEFFEYTE
IX. — La « Ste-Estelle » à Périgueux, B. SARRIEU

108
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119
120

AVIS TRÈS IMPORTANT : Nos Membres et nos Adhérents sont
priés d'adresser leur cotisation pour 1907, au trésorier M. Teulié,
à Ledar, près St-Girons (Ariège"), avant le 10 juillet an plus tard. Fasse
ce délai, elle sera recouvrée par la poste, augmentée des menus
frais nécessaires.

RÈGLES PRINCIPALES DE L'ORTHOGRAPHE GASCONNE
En règle générale, on écrit comme on prononce, et les lettres ont la
même valeur qu'en français.
On prononce j et ch comme en français ; on écrit dz pour dz, dj pour
dj, ts pour ts, et tch pour tch.
On représente 1 et n mouillées par Ih et nh (balhd, mountanho).
On peut noter 7} une n gutturale possédée par le gascon (cari, térigue).
Jamais t n'a le son de s ; on écrit atencioui), etc.
Les diphtongues monosyllabiques formées par i, ou, et u peuvent
s'écrire ainsi :
1° ay, èy, ey, iy, oy, oy, ouy, uy (ou bien ai, èi, ei, etc., sauf pour
iy et uy) ; il ne faut pas écrire aï, èï, etc.
Et ia, il, ie, yi, io, io, ion, iu (au début d'un mot, ou d'une syllabe
bien détachée, on peut mettre ya, yè, etc.)
2° aù, èù, eù, iù, où, où, ouù, uù (mais il vaut mieux se passer de
mettre l'accent sur l'ù pour au, eu, tu, ou, et même pour iù, si on écrit
yu ou iù pour iu) ; il ne faut pas écrire aou, èou, ni aii, èii, etc. ;
Et ùa, ùè, ùe, ùi, ùo, ùo, ùou, ùu (mieux que oa, oè, etc., et que oua,
ouè, etc.) On pourra ici aussi, sauf pour ùu, se passer de l'accent grave
sur ù, si l'on suit la règle ci-après.
3° àa, lié, lie, ai, etc. (le signe à, très lisible, évite de donner deux
valeurs au signe u ; on peut dès lors dire que u, précédant ou suivant une
autre voyelle, a toujours, sauf après q, et dans gue, gui, le son ou).
Le tréma est réservé pour indiquer que ì'i et l'u qu'il surmonte se prononcent à part, avec le son qui leur, est propre (bïoulént, arma).
Tous les autres caractères ont à peu près la môme valeur qu'en français.
AVIS. — Dans un intérêt de précision linguistique, les auteurs sont
priés de vouloir bien indiquer exactement, à la suite de leurs articles en
gascon, à quelle localité appartient l'idiome employé.

�CI. 0.0.

BtZIERS

ERA BOUTS DERA MOUNTANHO
3mo

ANNADO

N° 6

JUNH

«

Toustém Gascous ! ))

...

is»-..
LE

TROUBADOUR

AMANIEU DE LA BROQUEIRA

1

Une initiative des plus heureuses au point de vue de l'histoire
littéraire et de la vulgarisation des gloires du terroir serait la
publication d'un recueil complet des œuvres des poètes commingeois et couserannais depuis l'époque des troubadours, jusqu'aux
contemporains des Bouéry et des Victor Gazes. En attendant de
voir élever ce monument à tous ceux qui ont chanté dans la tengo
maïralo pour la gloire de leur petite patrie, n'est-ce pas un devoir
filial pour chacun de nous d'apporter quelques premières pierres
pour l'édifice futur, en faisant revivre dans les colonnes de cette
Revue le souvenirtrop souventaboli de ceuxenqui chanta la voix
de la montagne au temps de nos pères ?
Quel Commingeois connaît le nom du troubadour Amanieu de
la Broqueira ?
Le coquet village de La Broquère, si joliment assis sur un talus
morainique devant l'harmonieuse vallée de la Garonne et l'amphithéâtre de montagnes aux tons bleuis dont la cathédrale de SaintBertrand occupe le centre, est la patrie d'un de nos poètes du
xme siècle. Il importe à la gloire de notre terre pyrénéenne que
son nom soit connu et exalté dans cette terre montagnarde où
notre jeune École félibréenne défend de toute son énergie contre
le centralisme et le nivellement contemporains la langue, les traditions, et les fastes des ancêtres.
Parmi ces anciens dont les noms sont pour nous autant de
titres de noblesse jalousement revendiqués, nous devons réserver
la place d'honneur à ceux qui ont fait retentir de leurs sirventes
et de leurs cansos la cour des comtes de Comminges ou des
Arnaut d'Espagne, aux lointaines époques médiévales qui virent
s'épanouir la splcndidc floraison de notre poésie romane.
D'Amanièu de La Broqueira deux poèmes seuls nous sont parvenus, deux pièces contenues dans le manuscrit de Paris n° 7696
(folio 164, col. 2., ch. 3161 ; une chanson et une relroensa. Ges deux
pièces ne renferment aucune donnée chronologique. Les données
1. Il ne faut donc pas attribuer comme étymologie au nom du village de La Broquère

La Hourquero, era Hourqucra (de llourco fourche en gascon) comme ont cru pouvoir lé
faire plusieurs érudils méridionaux. Ce nom aurait pour origine la bifurcation des deux
voies romaines conduisant de Toulouse aux thermes d'Ilixo (Bagnères-de-l.uchon) et aux
Aquœ Tarbellicœ (Dax). La Broqueira (Broquièro, Brouquèro en dialectes modernes) dérive
tout simplement de Broc, broca (mod. broucoj branche, tronc d'arbre, et signifie lieu
hoisè, principalement châtaigneraie ou peut-être, plutôt, bruyère ; ce qui s'applique bien
encore aujourd'hui à la végétation des collines qui environnent cette localité.

�biographiques se réduisent au nom du poète et à de très rares
indications. Le titre du manuscrit indique le nom du poète et son
lieu d'origine N'Ameus de la Broqueira. Amcus est la forme abrogée de son véritable nom Amaneus ou Amanieu que l'auteur donne
lui-même dans la dernière strophe de la pièce Quan reverdejon li
couderc.
Quelles probabilités biographiques pouvons-nous induire de
l'examen de ces deux poèmes ? Ces deux pièces sont d'inspiration
amoureuse. Le poète chante les joies, les émotions, les espérances, les inquiétudes de sa passion pour une dame qu'il ne nomme
pas, mais dont il nous indique le séjour. Dans les derniers vers
de sa chanson Quan reverdejon, où l'auteur se nomme lui-même,
il nous dit que sa dame demeurait à Aùreilhan, nom qui s'applique à plusieurs localités gasconnes. 11 est très probable qu'il
s'agit ici d'Aureilhan aux environs do Tarbes.
Amanieu, troubadour de La Broquère en Gomminges, a donc
chanté son amour pour une dame d'une région tout à fait voisine.
Son héroïne n'est pas une dame lointaine comme celles des grands
troubadours voyageurs du xiIe siècle qui menaient leur vie aventureuse et brillante daus les cours méridionales les plus éloignées
de leur pays d'origine; souvent même auprès des princes italiens,
des souverains aragonais ou castillans. Ainsi vécut le Toulousain
Peire Vidal, né en 1175. qui passa une partie de sa vie en Provence
et chanta la belle Azalaïs de Boque-Màrtine, vicomtesse de Marseille.
Notre troubadour paraît avoir vécu vers la fin du XIIIe siècle, au
déclin do l'âge d'or do la littérature provençale. Los tragiques
événements de la Croisade venaient de bouleverser le Midi tout
entier. Bien des maisons féodales, jadis accueillantes et généreuses pour les poêles errants, avaient été emportées par la tourmente. D'autres survivaient, ruinées, inquiétées, menacées sans
cesse par les nouveaux maîtres. Elles n'avaient plus ni la fortune, ni les loisirs, ni la sécurité nécessaires pour grouper autour
d'elles de brillantes pléiades de troubadours comme au beau
temps de l'indépendance méridionale. Les troubadours de cette
époque se plaignent souvent de la dureté et de la misère des
temps.
Partout se ferment devant eux les portes des castels appauvris.
Le temps des lointaines et romanesques pérégrinations est fini
pour les aèdes méridionaux; devenus casaniers, ils ne quittent
plus le terroir natal. Il semble bien qu'Amanieu de La Bioqueira
ait appartenu à cotte génération. Cette hypothèse est confirmée
par le caractère de sa forme poétique. Elle présente ces répétitions de rimes qu'affectionnait la poésie provençale â la lin du
xme siècle.
Les lecteurs do notre Revue pourront s'étonner de ne trouver
dans la langue archaïque de notre troubadour commingeois aucun
dos caractères particuliers du dialecte gascon actuel du Gomminges. Amaneus écrit dans cette langue classique, la langue littéraire, la lenga corteza qui fut employée avec une si remarquable
unité du xie au xve siècle par les poètes do tous les pays d'Oc,

�103
Limousin, en Gascogne, en Catalogne, en Provence. Cette unité
grammaticale et orthographique n'empêchait par les variétés
locales de forme et de prononciation de se dessiner dès cette époque dans le langage courant, dans le parler populaire qui dans
notre Comminges devait présenter déjà quelques-uns de ses caractères actuels.
Le premier poème d'Amanieu que nous transmet le manuscrit
de Paris est une chanson de sept couplets de six vers. Dans cette
pièce il se réjouit de voir renaître le printemps et forme des voeux
pour que sa dame qui n'a cessé de le rebuter cède enfin à son
amour. Toute la pièce est composée de six rimes qui se répondent
de couplet à couplet. Chaque vers d'une strophe rime avec le vers
correspondant des autres strophes. C'est le modèle de la sesime
italienne. Ce poème nous donne les quelques renseignements biographiques que nous possédons sur Amanieu. Il nous est du reste
parvenu incomplet. Le sens du troisième couplet So fan lauzengier
entenerc ne peut s'expliquer qu'en tenant compte d'un couplet disparu. Deux syllabes, faciles à restituer il est vrai, manquent au ■
dernier vers. La cinquième strophe Fe que dei al portai Saint
Loberc contient une-syllabe de trop. M. Appell dans son recueil de
poésies des troubadours tirées du manuscrit de Paris propose de
remplacer portai par cors (choeur).
L'envoi — nous l'avons dit plus haut — nous apprend que la
dame du troubadour habitait Aùreilhan en Bigorre. Ailleurs des
allusions très difficiles à interpréter semblent se rapporter à des
faits réels de la vie et du roman amoureux de notre troubadour.
Quels personnages recouvrent les noms allégoriques des messagers du poète, Porte-joie d'Anqoumois, Pierre de Bordelais
Ces
pseudonymes, tels que les affectionnaient les vieux poètes occitans, désignent peut-être des troubadours contemporains et amis
qu'Amanieu juge seuls dignes de porter à sa dame ses poèmes
courtoisement passionnés. Où faut-il placer ce portail de SaintLouberc où le poète donne rendez-vous à son inspiratrice? S'agit,
il de Saint-Louberc près de Bordeaux? Cela pourrait suggérer
un rapprochement avec le nom d'un des deux messagers, Pierre
de Bordelais. Ce vocable, assez commun dans notre Sud-Ouest,
désigne-t-il une localité, une église, un monastère des régions
pyrénéennes ? Faut-il le situer en Bigorre, en Comminges, en
Languedoc? Nous nous proposons de revenir sur ces questions
dans une note ultérieure.
La chanson commence par une gracieuse évocation du printemps, thème devenu malheureusement banal dans le lyrisme
médiéval. Si l'harmonie de la strophe et la beauté du mouvement
^lyrique ne se manifestent pas au même degré que dans la pièce
suivante, si la construction est trop souvent compliquée et obscure,
les sentiments du poète s'expriment dans ces couplets avec une
force et parfois une sincérité où l'on retrouve la vigoureuse
empreinte du génie gascon et pyrénéen.

�104
I
Quan reverdejon li couderc
E la lauzeta puei 'al mont
E li auzelet dui e dui
En lur lati. segon que s'es
Fan retendir la calmeilla
Per fin joi qu' ins en lor s'es mes,
Per ma enemiga m' desperc
Que m'te marrit e deziron,
Per so quai tostems si m' defui ;
Ai ! si ia l'en penra mercès ;
Qu'ieu no sai corn si s' conseilla
Quar de leis no ve negus bes

So fan lauzengier entenerc
Per cui jovens bais 'e confon
Per lur fals 'amor, e destruí;
E son fait d'aiso plaides
Don lo maritz se coreilla,
[E a] gran tort, car no fo res.
Estra lur grat crc joi m'alberc
Que nrtenra haut e jauzion ;
E si m' jauzis, jauzirei lui,
Mas, p'el Henhor qu'en croîs foc mes,
Sa color fresqu' e vermeilla
Cambia mon sen, tal ora es.
Molt n'am cntresenh 'e aubère
Per leis mai c'aulra re del mon
Donar e desport e desclui
Cortz e guerras e gens conces
E qui d'aiso s'apareilla
Tost deu aver sidons c'onques.
Fe que dei al portal Saint Loberc
Mal fara, s'ab si no m' rescon
En lal luec on siam abdui
E sia fait ab genhs cortes :
C'aisi pueia jois en treilla
Quan de dos amies es empres.
Sel que ditz qu'ieu ab leis repère
Me fai sospirar de prion
Qu ieu l'am finamen ses autrui
E c'cla d'aiso fina m'es,
Don li hueilh e 1' cors si mueilla;
De fol joc me soi entremès.

�105
Pr 'en Porta joia d'Engolmes
Volgra n' Amaneus, Aureilla
Lo vers si dons aver trames
0 pr'en Peire do Bordeles.
« Quand les campagnes reverdissent, que l'alouette s'élève dans
les airs, et que les oiseaux deux à deux font retentir les guérets
de leur langage naturel, transportés de la douce joie qui a pénétré
dans leurs cœurs, je me désespère pour ma belle ennemie qui me
tient affligé et fou do désir parce que toujours elle m'a fui. Ah ! si
elle pouvait m'en prendre en pitié, moi qui ne sais comment elle
se décide, car d'elle je ne vois venir aucun bien.
Ainsi font médisants obscurs, jeunesse est humiliée et confondue
par leur fausse amour. De cela sont fait propos dont se courrouce
le mari, à grand tort, car ce ne fut rien.
Malgré eux me protège joie qui me rendra hardi et heureux. Si
elle comble mes vœux, je comblerai les siens ; mais, par le
Seigneur qui en croix fut mis, son teint frais et vermeil trouble
mon âme en tel moment.
Moult j'aime enseigne et haubert; pour elle plus qu'autre
chose au monde j'aime donner fête et réjouissance en gent équipage. La dame de celui qui se donne tel luxe ne doit en céder à
aucune.
Moi qui lui ai donné rendez-vous au portail de Saint Louberc,
mal elle fera si elle ne me cache en tel lieu où nous soyons tous
deux ensemble. Qu'ainsi la joie grandisse comme treille puisqu'elle
tient deux amants, et que tout cela soit fait par courtois stratagème.
Celle qui dit que par elle rien je ne perds me fait soupirer profondément, moi qui l'aime finement sans en aimer d'autre; et elle
m'est d'autant plus chère que par elle mon cœur et mes yeux se
mouillent de larmes. D'un fou jeu je me suis mêlé.
Par Porte-joie d'Angoumois Amanieu voudra avoir envoyé à
Aùreilhan ces vers pour sa dame ; ou par Pierre de Bordelais. »
La seconde pièce appartient au genre fixe appelé retroensa. Les
mêmes rimes se répètent dans cinq couplets de neuf vers.
En ces strophes fièrement martelées qui attestent un métier si
précis, un art si avancé, si sùr de lui-même, le poète célèbre son
amour chevaleresque avec de beaux mouvements lyriques, une
couleur et une énergie dans l'expression où cette belle langue
occitane laisse éclater toute sa vigoureuse harmonie. Cette pièce
serait digne d'entrer dans une anthologie des meilleurs poèmes
de nos troubadours.

�106
II
Mentre que l'talans rai cocha
Ei amor si amors !
Cantàrai tot a estros
De vos. car mi faitz aimar
Celeis que no nï vol jauzir
Ni de sos hueils esguarar
Per qu'ieu m'azir
Aisso m' destrui ;
Mas lo joi de leis. quar l'ara, rac desdui.
Per lois soi plus leu que trocha
Ei amor si amors !
S'eu fora plus deleitos
De baudir e de cantar.
S'eia m' volgués aculhir ;
Mas aco Tes greus a far,
C'en plus clesir
Son cors me fui ;
Mas lo joi de leis, quar l'am, me desdui.
Bel corps, gens, dreitz, bela bocha
Ei amor si amors !
E a blancas dens, hueils dos
E vejaire fresc e clar ;
Ins e mon cor vos remir
Quar per vos vei pretz levar
E enquérir
Cascus en bruit;
Mas lo joi de leis, quar l'am, me destrui,
Non aie mai dolor ni cocha,
Ei amor si amors !
Ni trabalh tan perilhos
Com aicel que m' fai estar
Per mi dons en gran cossir ;
E no m'en vol ajudar :
Ben dei morir,
Aisso m' destrui ;
Mas lo joi de leis, quar l'am, me destrui.
Si l'sieu cors ab lo mieu locha,
Ei amor, si amors !
Cal que l'us sobre d'amdos ;
Be m'en deuria prezar ;
Oc, ieu be senes faillir
S'aquest plaitz pot acordar
Ni avenir,
Morrai per lui !
Mas lo joi de leis, quar l'am, me destrui.

�107

« Tandis que le désir me presse, ô amour si amour vous êtes ! je
chanterai franchement de vous qui me faites aimer celle qui ne
voulant pas me réjouir ni me regarder de ses yeux, me fait douloir et mourir; Mais sa joie, tant je l'aime ! me console.
Pour elle je suis plus vif que truite, ô amour si amour vous êtes !
Combien je me complairais davantage à m'ébattre et à chanter si
elle voulait m'accueillir ! Mais c'est chose dure à faire pour elle et,
plus je la désire, plus son coeur me fuit ; mais sa joie, tant je l'aime !
me console.
Elle a beau corps, gent et droit, belle bouche, les dents blanches,
de doux yeux, le visage frais et clair. Dans mon cœur je vous contemple, car pour vous chacun va chercher et gagner glorieuse
récompense. Mais sa joie, tant je l'aime ! me fait mourir.
Il n'y a couleur ni peine, ô amour si amour vous êtes ! ni mal
si dangereux comme celui qui me fait être pour ma dame en grand
souci, elle qui ne m'en veut soulager ! C'est bien la mort pour
moi, cela me tue; mais sa joie, tant je l'aime 1 me fait mourir.
Si son cœur lulte,avec le mien, ô amour si amour vous êtes! il
faut que l'un des deux l'emporte. Bien elle m'en devrait estimer.
Oui sûrement, si ce débat ne peut se régler ni se clore, par lui je
périrai ! Mais sa joie, tant je l'aime ! méfait mourir. »
Par les qualités littéraires que nous avons signalées dans ces
deux poèmes Amanieu de La Broqueira est bien des nôtres. Le
lyrisme fougueux, l'expression quelquefois rude, mais le plus
souvent d'une originalité puissante, d'une concision superbement
énergique et colorée, voilà ce qui nous fait saluer en lui un fils
authentique de la vieille terre commingeoise dont le talent poétique a du s'éveiller à l'ensorceleuse chanson que la Garonne
toute jeune et toute fraîche murmure coquettement aux peupliers
de Loures et de La Broquère.
La tradition toujours vivante de nos vieux troubadours doit être
à la base de toutes les revendications et de toutes les œuvres félibréennes. Le souvenir d'Amanieu sera une des plus précieuses
gloires de notre terroir. Pourquoi une de nos félibrées annuelles
ne serait-elle pas consacrée à célébrer sa mémoire dans les sites
qui ont vu naître le vieux poète presque oublié, devant les sombres châtaigneraies du Bázert et le romantique décordes sommets
de la Barousse ?
Ce sera sans doute le vœu de tous les fils pieux de la patrie
commingeoise et de tous les fervents de Sainte-Estelle qui liront
ces lignes, de tous ceux pour qui la terre gasconne, — telle la
dame du poète — est l'objet d'un ardent, d'un chevaleresque, d'un
impérissable amour :
Mentre que 1' talans me cocha,
Ei amors si amors !
A.

LIZOP.

BIBLIOGRAPHIE

Histoire de Languedoc, éd. Privat, tome X, p.
baneau).

, note 28 (Cha-

�108
Ilist. Littéraire de la France, t. XX, p. 562.
Bartsch, Grundriss zur Geschichte der Provenzalischen literatur
n° 21.
Rochegude, Parnasse Occitanien, p. 373.
Raynouard. Choix de poésies inédites des troubadours, tome V,
p. 215.
Garl Appell. — Provenzalische Inèdita aus Panser Handschriften (Leipzig 1892, tome XIII de la collection Altfronzœsische Bibliotheh).

ARREPROliVÈS DERA HAUTA-VAROISSA
(Seguida)

6. JUNGERIRA1
Avrlu ploujiná,
May nou cessé,
fJuncerira à cop de caudès.
Ej aygùás de Sén-Bernavè5
At dauant o at darrè.
jPendént quránta dlas que plouyrá
Se Sén-Medar éy mét à gouhá.3
Se plo ed dla dera Trenitatch,
Eb blatch que s'en tourna pera mitatch.
Nadáu e Sent-Juan
Qu'es partádjan ej an.
Quan eb blatch hlouréch è cavélha,
Que vo véy era doundzélha4.

Et &lt;£ounde dera Sapclaypa
Era machánta sarcláyra
S'en anè d'un beròy ayre.
Enta 'c camp ta 'na sarcla ;
Nou-y trouvée arréij à grata,
l'raquerò 't sarcle be y-aùla poussatcb,
Talaméns qu'acaperáua 'b blatch.
« Tè, » ça dits, « nou-n eau pas tira 'rrérç d'acl ;
(( Tout aço-táu que pot servi :
« Et nerilhoui?5 que hè 'p pan bouiî,
« Era véça que l'endréça,
« Er' aùirága que l'embriàga. »
E de cap ab blatch :

�109
«
«
«
«

Ed jerderic qu'éu hè 'p predic,
Era izla que n'éy mayrla,
Bidalhoun è vidalháda qu'eu hèn béra gùelhàda,
Era houguèra qu'eu pachèra 6
»
E, dap ec capirôt7 en pléc deb bras
Se t'en tourna à véj-alatrás.8
J.

SOULÉ-VENTURE,

Parla de Harrèra, cantoun de Mauliour/ (H.-P.)
I. ■ Juin •. —2. &lt; Saint Barnabe (Il juin)

— 3. Gouha &gt; mouiller». — 4. Doun-

dzélha &lt; la femme (la sarcleuse) •. — 5. Nerilhoui), véssa,jerderic, etc. ■ mauvaises herbes
qui croissent parmi les blés •. — 6. Pacherà &lt; donner un tuteur à une plante •. —
7. ■ Capulet ». — 8. A vèj-alatras ■ à une allure lente, pas trop pressée ».

" Jousèp ", ça-m diguéc papai de bouii maitl, à pénous er' aubo
puntejabo, « bè lèu, qu'anam béne 'i bourrèts ara hèira de Sen-Lizé. »
Debiôm èste de cap ara hi déra tardou, debès eq quinze d'Abéns : es
prats qu' èron bláijquis de tourrado, éra briso dem maitl que buhabo
hrédo, et soulélh quan sourtiei de derrè 'p pic d'Auéns que lusió sénse
cauha.
Papai, eb bounét desarreplegatch échus éras aurélhos, érai mas énas
pochos, eb bastou dejous eb bras, que marchabo debant ; jou, io mainado
de nau o dets ans, derrè, que toucabo 'rai bèstios.
De bèros bèstios, bous eau crése ! N'èro cap anhés, ne doublés, ne
tarnés, mès bourrèts de cinq ans, náutis coúma sáumous.
E bertatch que ùélhos couma 'rai dec Couserans nou n i a cap. Qu' é io
raço particulièro ap païs.
Erai ùélhos dec Couserans qu' an éra caro roujou, éras camous nautos,
ec cos eilançatch ; n' an cap lánou dejous eb bénte.
Cad'an, aquéri bourrèts, des prumès de Junh ara hi de Setéme, que les
amountanhàbom en Berét. Uerats, quan tournábon déra mountánhou dam
éras esquéros en cotch, que hasiòn gautch 1
Uelhè aro de ùélhos de iauto raço, mès diflclnlos à 'ùarda, qu'em
brénbi tousténs en quin plasé nou abió jou d' aná-les hè pèiche 'n es
pasténts, de dá-les sau, de meté-Ies esquéros!...
Douijc papai que marchabo debant. De téns en téns que s' arrebirabo :
" Tòco-lés ", ça-m disió.
Jou qu' auardábo 'i mèrles hicá-s én ei gamasses, é 'rai berjausos boulá
pérai malhos.
Quan arribèrem ap pount de Sen-Lizè, papai qu'es senhèc ; jou tabé,
pusque papai s' èro senhatch, qu'em senhè.
Mès, ça-m pensabo jou, éna qué s' é senhatch papai ? Ja sabio pla

�110
qu' es calió senha debant io crouts, debant io glèiso, mès qu' es calésso
senha 'chus un pount, degus nou m' agg abió dit jamés'. Demanda-oc
tout de seguitch ena papai nou-s poudio cap : ec camí qu' èro ranplitch
de bèstios è de heirès ; que ealió hè pla 'ttenciou qu' ei bourrèts nou-s
barrejèsson dam ets autis troupèus...
At sé, quan mou-n tournèrem, après eb barram dera nét, et rajau dera
lié que jetabo palhétos ü'argént échus er' aigo det Salatch. Eras fèos,
ça-m pensabo, amagados derrè 'i gamasses, que sémioun diamants al
louuc dera ribèro ; alassus-naut, ac cap deras sèrros, ei gébes qu' em
semblèren dansa 't sabat dérai brouchos : nou m'abion dit que pendent
éra nét s'en passejabo de tout tras è de tout péu: fèos, brouchos, herussos,
hantáumous, garramáutos ?...
Sesitch de pou, qu' em arrecounhè de papai ; etch, en tout legantejá-m,
qu' em prenéc péra ma.
Loun téns que marchèrem, ej aü ac coustatch dej aute, decosto
'ra ribèro...
— Ribèro det Salatch, que bouleió 'bé 'ra plúmou d'un sabént ena
describe 'ras tiebos beutats 1 De còts qué réboutrègos af founs de io
gourgo, en parcè qué nou pòs cap tirá-n éras tiebos aigos qu' es bolen
repausà-s aquí, ar' oumbro dei bèrs, è joui déra berduro des prats ; de
còts, touto coulerouso, que las ahouos countro 'ras pèiros, countro 'i rôts,
couma se bouliôs carreja les t' én dec coustatch dera plánou, dec coustatch dera mar.
Quanti còts, moun Diu, las è dam plasé auardados, aquéros pèiros 1
Qué n' i-a de petitos, de gránous, de touto dimenciou, è, tabé, de toutos
éras coulous : de blaijcos, de néros, de bérdos, de jáunous, de roujos, de
briulétos; à hòrço de las hrega, er' aigo que las a hètos bié redounous ;
quan et soulélh las esclairo, que lusen couma pèrlos detras er' aigo.
Pèiros redounous det Salatch, demourai-bous arrapados ara mountánhou de granit, bòsto mai ; countentai-bous d'amanta 'n ni déra trùéto
mirgalhado de pèrlos : se bous dichats arroussega hòro dep païs, que
perderats era bòsto beutatch, que bous anirats in'hounha demèste 't sable,
demèste 'ra hango ! Ec casse è 'f fatch qu' es sécon éna planou, er' aigo
mèmou det Salatch, hòro déra mountánhou, que bié coum' un bardé.
Que t' è regretado, aigo dep païs, hounts de dejous éra ròco, mès puros
qu' ec cristau ! Sùén, cramatch pet sirocó, qu'aubié boulutch refresca-m
es pòts d' un gloup deb bòste liquide 1
— Hilh ded desèrt, que t'é bist més d'un còp, échus era bòsso dec
camèu, hè lègo 'chus lègo 'na cerca aigo 'n un clôt d'« oued » eichecatch.
Enquin' aigo, moun Diu ! lichèr ! Cependént, quan l'abiòs troubado, que
t'è bist prousterna-t ena remercia 'c Creatou d'abé urousomént guidatch
es tiébi passes. Se besiòs, en miéu païs, estiu è ibèr, érai ribèros è 'i
rlus d'aigo claro coula de tout coustatch, éras hounts à cada pas que
jamés nou s'eichécon, nou-n creseiòs cap es tiébi ùéls ! Qu'em brénbi
tabé, adouratou dep Profèto, d'abé-t raiicountratch quan pourtabos échus

�111
éras espaiìlos io pètch de Crabo ranplido d'aigo que benguiòs de cerca
d'un tròs anlà. Jou, alabéts, qu'em plasié à disé-t enquin, en païs des
Francéses, éras hounts soun talomént en aboundanço que io mainado
'ncaro 'na poupo, quan hè 's prumèri passes, pôtch ana de io sourço ar'
auto ; enquii), aj ibèr, éra néu, més blanco que 'ra lánou det tiéu burnous, coubrieh éra tèrro ; enquin ets arbes, més nautis qu' es palmiès
der' oasis, soun talomént brarçcuts è hùelhuts, qu'enpáchon et soulélh
de crama 'ra berduro è 'ras hlous que pousson dejous è perméten
aj ausètch, al lòc de hè 'i ùés en sable, couma 'j ausètch ded desèrt, de
basti-s en ni 'nai brapcos. Tu, que t'acùabos ai miébi pès ena 'scouta
'quéros merbélhos, è, se nou abiòs sabutch que 'ra mentido nou é jamés
sourtido dera bouco d'un Francés, qu'aubiòs doutatch dera miébo paraulo.
Cependént, s' et disió 'ra bertalch, nou t'en disió cap que io partido.
Enquin dise tout ! qu'ey eau ana è besé-oc. —
Mès, dichai-me tourna at ço qué boulió dise ; escusái-me de m'en èst'
eilùenhatch.
— « Papai », ça digul, 'n tout camina, « quan t-òn passo 'chus un
pount, cau se senha? »
— « Ena qué-m démandos acó, balént ? »
— « En parcè qu'èste maitl que bous èts senhatch en passan échus ep
pount de Sen-Lizé. »
— « Quan passes échus ep pount de Sen Lizé, sénhou-t, en parcè qu'etch
pount n'é cap ma d'orne que l'a hèt. ))
— « Qui l'a hèt ?
— « Ed Diable ! — Ai bist enquin era ribèro, 'n aquétch endrét, é ta
pregoúnou 'ntram ei rôts ? Cap de maçou n'èro cap capable de hè-y un
pount. Éi de Sen-Lizé, touti 'nbaïts, nou sabiòn cap enquin hè. Cada-ii
que dabo 'ra sièbo oupiniou, mès jamés ré de hèt. En tout cèreo que cercaràs, ùet-te un dió io broucho que les te proupouso de hè un pâti dam ed
Diable. « Jou mèmou », ça lei diguée, « qu'em cargui de parla-n ac Cour» nutch, at sabat dérai brouchos, que deu abé lòc era nét proochènou 'n
» Pla d'Arp ; soulomént et ço que demande que l'ac calera balha ». —
(( Obé, obé », ça respounéren éi de Sen Lizé, c pourvu que Satan mous
haço 'p pount, proumét-le 't ço que boulho ». Eri pôc te cresion aras
paraulos déra broucho ; que s'en truhabon.
« Ara nét barrado, pendént que tout dourmió, éra broucho que lèbo io
lauso def fouguilhè, qu'en tiro un toupl, è, après s'èste untado d'u ei(gùént
que dabo 'ra bertutch de poudé boula, que part, un candelou 'na ma, de
cap ap Pla d'Arp trouba 'd Diable.
« Etch qué counsént à hè tout de seguitch un pount bètch è soulide, à
coundiciou qu'ep prumè que passèsso 'chus husso siéu còs è ámou.
« Aj jendema, balént, éi de Sen-Lizé que biren ep pount hèt tau
coûma-u besém aué, è, dej aute coustatch, ed Diable que demourabo 'p
prumè que passèsso 'chus ena carrejá-le s'én en ihèr.
« Mès, ja hue couyounatch ed Diable : al lòc d'u òme, ei de Sen-Lizé

�112
qu'ey héren passa un ca. « Sé nou es countént », ça-u diguéren, « que
« t'anam enbouia 'na Moussu Ritou dam er' aigo senhado ». Etch, ta
lèu entenutch à parla de Moussu Ritòu, en reboutregan, que s'escapèc,
mès, de coulèro, en tout huge, qu'arrinquèc io pèiro dep pount ; aquéro
pèiro, degus nou la y-a cap poududo tourna méte jamés. »
Atau que m'ac diguéc papai, un dio que benguiom de béne bourrèts
ara hèiro de Sen Lizé, atau que bous ac disi.
HORONISATCH.
Parla d'Ardicbép, coumùnou de Soulan, c. de Massât (A.)

iD'après Lafontaîne)

c Qui bo troumpa,
« (Que mau nou-n sápio)
« Troumpat sera »,
Ce mous disiéuo et défunt Jùan de Tdpio ';
E ta prouba que parlauo à dret séns,
Que mous coundauo aquést' u sé 'nço de Bincéns1
U bèt arrat, u diménje prou d'ouro,
Adentour det Clôt det Bedat2
Que 's passeyauo décidât,
Arrasat de herésc, era panso sadouro,
Coussut, metut coum' u bourgés
E lusént à nou poúde més.
Tout près d'achéu, üo graoulho pla magro,
Prèsto à hè tout, mémo à pana,
Que cassauo ta dejuna.
N' ayéuo pas agut qu' u licôt3 de soupo agro
Era bèlho ta brespalha
E diablacauso * ta soupa,
Tantya que quant bé5 près der' aygo
Passa 'quet gibiè gros e gras,
Qu'au hé dus ùéls coumo lugras6. —
« Se cáucu hasart bo que caygo,
« Quin arrepas que bau hè you ! »,
Ce garmounè 7 nousto particulière ; —
« Quant de tens-a n'èy pas minjat u bou talhou ?
« Trebuco sus üo bouhatèro8
« O 'sléngo dessus u limac,
« Après ya-m cargui, you, d'empia-m et estoumac ! »
Mes espera, ce dits et aute, n'ey pas téngue,

�113
E, bado, tu, que badaràs,
Garmouno que garmounaras,
Et arrat nou-s dichè ni caye ni suspréngue.
'Natretant et darrè dera misso maytiéu6
Quç 's dauo, è 't apetit que la toucauo en biéu. —
« Alòm, alòm ! », — ce 's pensé 'ra graoulho, —
» N'ey pas et jôc de dejuna per có ;
» Aquét arrat, boulho o nou boulho,
» Que 'm serbirá, s'à Diéu plats, de fricó. »
E 'ra fumèlo, 'n tout da-s ayre,
Que s'aprouchè det passeyayre,
Era boùèts agusado, ets pots en eu de pout : —
« Salut, bonjour », ça dits ; « à Diéu en tout10,
» E, se 'm troumpi, nou-m troumpi ùayre,
» Qu' èt u d'aquéts marchants qui mous bénguen de lounh
» Enta croumpa tricots11 è ço qu' an à-besounh. » —
» U marchant, you? nàni, ma hilho ",
» Ç' arrespounou, tout mau couhatl2,
Et nouste arrat, —
« Nou n'y a jámes agut ena nousto familho 1 » —
« Là ! lá ! nou bous fachét !.. Pas méns, ara senilho22,
» Ara cadlo d'òr qui bous pénjo en gilét,
» Ats gitans, ara cano, at goulétl3,
)) Que bous èy prés per u d'aquéts mounarcos 14
» Riche-pouténs 5 qui jámes n' an croumpat
» Et bi dab era tassó è 't mesturèt à marços 16.
» Mes siat qui siát, è bengat d'oun bengat,
)) Qu' èt u bèt òme, è que m' en saberlo
)) Pla mau que deuant casa-mlo
» U moussu ta 'stiglat 17 dera coúo úncha 't mus
» Sénse entra que passèsso è béue u còp o dus. »
Era graoulho mes parlauo,
Mes et arrat que s' ahoulauo ,8...
Grata quant pruts,
Counda lùisdors è trouba 'scuts,
Quant om èra enterrat tourna béye era luts,
Masca19 pa trénde dab auéros, 19
B' ey pòc de causo acoumparat
A 't plasé qui prengou 't arrat
A enténe paròlos d'aquéros ! —
« Pla parlât ! », ce l'arrespounou,
« E nou diseriòy pas que nou,
» Mes quin cau hè t' ana ta bòsto,
» Ma hilho ? Qu' auet bèt que hè de presica ;

�114
Nou podi pas atcetta, ya m'en costo,
» Pramou nou sábi pas nada. » —
« Pas nadá !.. Que m'en hèt arrise »,
Ce l'arrecoupè 't tiragos 20 ; —
« Mes que sapiot o nou, nou-y hè pas mès, à dise21,
» Qu' u pic en aygo. » E, de coupas u tròs
De garroutièro ;
De nuserá-la de manièro
A 'staca 't embitat pera pato en siie pè ;
De disé-u : (( N'ayat pou, bengat, dichát-me hè,
« Lheuat et cap, teijgat-bous saye » ;...
D'arrapà-u è dab ét 'na láco dichá-s caye
'Tout crida : « Bous êtes foutu ! »...
Que 'n hé tout u.
0

Sadout, drabat, gouhat, genat pera lebito22,
Et arrat que ploungè, que begou, Diéu qu'ac sap.
Mes sus era aygo anfènh quant tourné tira 't cap : —
(( Trèto, ce dits, ey t'aué-m era bito
» Que m'embitauos à tripca ?
» Dècho-'m ana ! Decho-m ana !
» Qùate maynats que 'm demoúron à nousto ! »
Praube asoulas23 ! En-bálles que preguè ;
En balles qu' assayè de penja-s en iio brousto :
Ommò24 ! 'ra brousto que 's coupé,
E 'ra garso mes hòrt que l'estirè pet pè.
At méy dera aygo qui 's troublauo
Et coumbat n' èro pas tout choc : 25
Era graoulho à mourt cap à bach qu' esperùauo 25,
Et arrat cap à haut à mourt que pehermauo 27 ;
Hame enla ! pou ença!... Qui ganhara?...
U tchiòc28,
Qui 'ra bèlho s' èro anat jase
At dessus det clôt sus u brounc,
Tout hè 'na 'ts ùels de lárye en loupe,
Que bi 't arrat è que cridè : « Biatdse !
» Aco 's belèu le dejuna,
» Moun Dm, que me boules douna. »
(Qu'èro nescut près de Toulouso
E bou crestia, se pas debot).
Que 's senhê29, que 's tiré 'ra blouso,
E qu' atrapè 't arrat pet cot.
Tout que seguí. Countént, que gahè 'ra boulado
Decap at soum dera Usclado ,0;

�115
Après, coumo defendut n' èro pas
De minja car è pésc en madétch arrepas,
3l
(N' èro Carésme ni Tcmpouros ),
Sénse pébe ni sau que 's craqué 'ts dus pecouros.
NOTES.
3.

—

I.

Deux anciennes maisons d'Anères. — 2. Région des bois à Anères. —

« Reste peu ragoûtant ■. — 4. ■ Rien ■. — 5

On dit aussi bcyou. - 6. ■ Etoiles ■. —

7. « Marmonner ». — 8. ■ Taupinié e ■. — 9. ■ Malutinale .. — 10. &lt; Selon toute probabilité ».

—

II.

La fa brique de bonneterie de M. Azum attire à Anéres de nombreux

marchands. — 1 !. &lt; De mauvaise humeur &gt;. — 13. « Collet &gt;. —

14. « Homme impor-

tant ». — 15. ■ lilche-puissant &gt; = liés riche. On dit de même: Qras-poutënl. — 16.
« A kilogrammes ». — 17. Estiglat ■ limpide, Ij.illant ». — 18. &gt; S'enflait (d'orgueil »).
—

19. • Mâcher ■. Masca signifie proprement « manger quelque chose avec son pain ».

Auéros • noiseltes » — 20.

■ Espiègle, méchant et désagréable ». Origine douteuse. —

— 21. ■ Pour ainsi dire ». —22. ■ Redingote
ose, ■ âne ». — 24.

», comme plus haut senilho.—

23. De

Expression écrasée de o ma hé o ! (« oui ma foi oui »), signifie

« vainement ». — 25. &gt; l'etil ». — 26. ■

Gigotait, donnait des coups de jarret ». —

27. ■ Se roidissait sur ses jambes pour résister ». — 28. ■ Hibou », — 29. Fit le signe
de la croix comme un bon chrétien qui se réveille. — 30. Lande d'Anères. De uscla &gt; flamber ». — 31. « Qualre-Temps ».

J.

DASQUE.

d'Anères (Hautes-Pyrénées).

I. NAUÈTCH ABOUNAT.

160. CROSTE, 4, quai Claude-Bernard, Lyon.
Voy. l'Avis très important, p. 2 de la Couverture.
IL

EXTRAIT DU RECUEIL DE L'ACADÉMIE DES JEUX FLORAUX,

1907, p. xv.

Prix de poésie en Langue Romane.
L'Académie avait reçu pour ce concours trente-six pièces ou recueils
de pièces, plus deux ouvrages imprimés. Elle a décerné les prix suivants :
1° Un Souci à M. Jean MONNÉ, à Marseille, pour son recueil de pièces portant pour titre : Flour de Vèuno (Fleurs de l'Huveaune).
2° Une Églantine d'argent à M. Bernard SARRIEU, professeur au
Lycée d'Auch, pour ses Imnes d'Amou (Hymnes d'Amour) ; [Membre
de l'Escolo deras Pirenéos.]
3° Une Primevère à M. Jules DELPONT, à Perpignan, pour ses pièces
intitulées : Flors Rossellonéses (Fleurs Roussillonnaises) ;
4° Un Œillet à M. Robert BENOIT, de Périgueux, pour un ouvrage
ayant pour titre : Servilhoto, pouèmo perigourdi ;
5° Une Primevère à M. Simin PALAY, à Pau, pour sa poésie intitulée :
La Case (La Maison) ; [Adhérent à l'Escòlo deras Pirenéos].
6° Un rappel d'Eglantine à M. Xavier RIVIÈRE, de Villenouvelle, pour
trois sonnets ayant pour titre : Noviatge de Pagézes (Fiançailles de Paysans) ;

�116
7° Un rappel de Primevère à M. Joseph GAYSSOT, à Castanet, pour sa
pièce intitulée : Les Carbounhès (Les Charbonniers) ;
8° Une mention honorable à M. Victor BATUT, instituteur à SaintLoup (Tarn), pour sa poésie intitulée : La Janado (Le Feu de la SaintJean) ;
9° Mention honorable à M. Marc DELBREIL, au Mas (Dordogne), pour
son Essai grammatical sur la langue d'Oc en Pèrigovd.
— Parmi les lauréats du concours de poésie française se trouvent
M. Arsène VERMENOUZE, Majorai du Félibrige, Capiscol de l'Escudo
Oubernhato, et M. Edouard DULAC, membre de la Société Arch. du Gers,
pour une poésie, VA ttente, extraite de son charmant recueil « De cœur à
cœur ».. M. DULAC est commingeois.
— M. J.-R. de BROUSSE, Maître-es-Jeux, dont les sympathies pour
notre Escolo deras Pirenéos nous sont bien connues, ne nous en voudra
pas de citer ici un fragment de son bel Eloge de Clémence Isaure, lu le
3 Mai 1907 [« Après la croisade de Montfort », dit-il, « la langue d'Oc
paraissait perdue. Mais toi Clémence, tu la relèves. Goudouli et Ronsard,
Hugo, Jasmin et Mistral viennent se faire couronner par toi. Aujourd'hui
« voilà
Que s'empressent autour de tes autels insignes
Les Provinces qui font la France de chez nous :
Le Languedoc rougit sa strophe au sang des vignes,
Les Landes ont pour toi la rumeur des pins roux ;
Les sonnets de l'Eté sur la Coupe Occitane
Vibrent ; Arrens t'arrive en béret béarnais,
Et Philadelphe, en capulet, la Bigourdane,
Plante ta Primevère au champ de ses genêts ;
Des couplets limousins montent de la Dordogne ;
Le Roussillon fleurit d'odes son littoral,
Bladé cueille pour toi les Chansons de Gascogne
Et l'Auvergne t'envoie enfin son Majorai ! *
— Règne donc à jamais de plus en plus, Clémence,
Des siècles d'autrefois aux siècles de demain ;
Tu tiens la langue d'Oc et la langue de France,
Avides toutes deux des bouquets de ta main.
Et vous tous qui chantez sous notre ciel, Poètes,
Vous que le monde raille, hélas ! partout ailleurs,
Venez ; ici du moins, venez lever vos têtes ;
Isaure vous accueille au Capitole en fleurs !... »
III.

FELICITACIOUS.

1. At nòste Counfrai H.

PELLISSON,

que béij de ganha, as grani Jocs

" Allusions à Pr. Estieu, A. Perbosc, M. CameUt, Philadelphe de Gerde, A. Vermenouze, etc. couronnés par l'Académie).

�117

flouraus d'Abinhourç, et prume prêts (medalho d'argent) pes sos pouesiés
è 's sòs cançous.
2. At noste Counfrai et Douctou LACOARRET è à M" A. BAUDORRE
(Mémbres dera 'Se. G. Febus coumo H. Pellisson), que bénguen d'èste
nouraats pet Counsistòri « Mèstres en Gai Sabé ».
IV.

MOUBEMÉNT FELIBRÉNC.

— Arrecebut (un chinhau tart) « Lou Cacho-Fió prouvençal, Armana
catouli », plén de eoundes è de pouesiés :
« Lisquet, flouri, coumo lou mes de Mai,
Adus soulas e gau de mai en mai. »

— Que parlaram lèu de « Cantes Paysanes », per A. Baudorre, è de
« Groyns d'Arrous », per « Yausèt Gascoun ».
— Mu l'abat Aurouze que bén de susténgue deuant era Unibersitat
d'Ais-en-Proubénço, dabb et titre de « Histoire critique de la Renaissance
Méridionale au xixe siècle » tres tèses que s'apèren : 1° Les Idées directrices ; 2° La Pédagogie Régionaliste ; 3° Lou Prouvençau à l'Escolo. —
Aquésto darrèro, escrieùudo en proubençau, qu'ei estado sustengudo en
proubençau tabén. : è qu'ei counsacrado a hè béi (coumo hèm nous-auti
en aquésto 'Rrebisto) se quin et francès sérié miélhou counegut s'ère aprenut en ajuda-s dera léngo d'O. —
Edj autou qu'ei estat felicitat pera jurado e per Mistral. (Adreçá-s à
Abinhoun, Fr. Seguin, éd., 13, rue Bouquerie. Prêts de fabou : 5 fr.
cado boulume, ta 's Felibres).
— Voy. ci-après le compte-rendu des Fêtes de Périgueux.
V. Es NòsTi Jocs FLOURAUS
Dernier délai pour tous envois : Reporté au 30 Juin.
Notre fête aura lieu à Saint-Girons le 15 septembre.

B. S.

CAUDES-BISGAUDES
(DEVINETTES) «

7°
8°
9°
10°
11°

—
—
—
—
—

12° —
13° —
14° —
15° —

Arroudét de moulo, cùó de paloumo?
Cap de hèr e cùó d'anhéro, esplícò-m aquéro ?
Dèts qu'au tén è moussénhe que cague2?.
Haut mountat, d'arrouy abilhat, ero 'spado 'n eu, hárri moussu?
Pelut per dehòro, pelut per laguéns ; préni moun mémbre e 1' i
hiqui laguéns ?
Pièrro, té hòrt ! Se tu pétes, you que sòy mort ?
Uó pantantéto préy de cént pantantous, qué nou a ne cu ne
bouquéto ; per oun pantantará 'ro pantantéto ?
Qùate pâtes suber qùate pates ; qùate pates que demouren que
qùate pates qu' arriben ; qùate pates nou arriben pas ; qùate
pates s'en bòn ; è qùate pates demouren ?
Qu' a cot, è que nou a cap ; qu'a esquio, e que nou a brénte ; qu' a
bracis e que nou a mos3 ?

�118
16°
17°
18°
19°
20°

—
—
—
—

Qu' ey hèt en bosc è que bé picha à cado ?
Que l'abilhen et sé, è qu'au despoulhen et maytf ?
Qué nou a que ùó dént, e qu' apère touto 'ro yént ?
U barrieuét, sense bròco ne brouquét ?
U proublèmo d'aritmetico. — Qùate hénnes qu'arriben de Dax,
cada hénno qu'a qùate sacs, en cada sac que y-a qùate gats,
cada gat qu'a qùate gatous, aùirat-bous qùan hèn touts?
Fr. MARSAN.
Parla dera liât d'Auro.

1. Suite (V. 1906, N» 5, p. 103-104). - '2. ■ Eres paroles nou puden -, ce diden per
nouslo. — 3. &gt; Des mains (mos pour mos) ». — Au prochain JVo, les Solutions. Les personnes qui nous en auront adressé au moins dix recevront gratuitement 6 numéros d'Era
Bouts.

[DIPLOMO D'AOUNOU]

Y-a fòrço géns per nòstes bilatjes que dizen e rapoutègon qu'y-a pas
nado bito mes desperbezido d'agroméns que la bito à la campanho. Bé la
counéguen mau ! En aquéros esteflnhousos 1 persounos ey toustén remarquât qu'aquéro'ùéjo, qu'esproubauon en nòstes cans è'n nòstes bilatjes,èro
lou seguichi d'un mapco d'enteligénço 'ntan coumpréngue las beutats è
lous charmes. D'ui) cap de l'anado à l'aut' au countrari, y-a de que-s disberti : en estiu, è 'n iùèr, pendént lous jours de sourélh estinglant3 coumo
quan broumos e nèus bous embarron à l'oustau ; e lous trabalhs, bien
dures pracó dabus còps, y soun sùén coum' úo réjouïssénço.
Me brémbi milo partidos aoun trabalh e plazé s'abarréjon. Bous boi
counda, de quan èri maynàtje, lou jour oun anauon abarrouta úo gran
nouguèro,3 quilhado coum' un gigant sur úo coumo que douminauo la
Gimoúo è sa balèo.
Pensauon en aquét jour lounténs à l'auanço, mous frais e jou, e lounténs à l'auanço eschourdauon de questioús nòstes paréns : « quan seran
« maduts lous esquilhòts ?..., quan angueran cùelhe lous esquilhòts ?..,»
Anfin arribauon Setéme e l'aboundàncio de sa fruto. Lous arrazis es
pliauon d'un jus rouge ou rous, lous coudous es hazèuon tout jaunes sur
la coudounièro dou casàu, e las tanos4 dous esquilhoutès, bien à l'arrajadis
à la cabélho5, en badà dechauon escapa sous fruts. — « Ey mandat lou
« Touèno e lou Nicoulet, » mous dizèuo 'n boun jour nôste pay ; « didjaus
« angueran abarrouta l'esquerouè à la Gouméto » ; è nous-aus de guimba de
countentoment.
Partichèuon quan lou sourelh auó leuat enta-u cèu las broumos dou
maitiij, talèu que l'arròs puntejauo pas mès au cap de las èrbos. Lou mes
erous de nous-aus èro 'ncargat d'amia nòsto bielho cabalo que pourtauo
las sacos, dúos brèços e úo biaço bièn perbezido de pan e de bin. A la
Couméto, lous oubriès, tout dréts sur las braijcos coumo sur de granes
echafaudatjes, abarroutauon l'esquilhoutè dame de lounguos latos. Lous
esquilhòts chourrauon6 capbat las braijcos è aroulhauon 7 lou sòl. Nousaus à grapos 8 debat l'arbre, bièn àourde9, turro per turro seguichéuon
tout soun oumbratje enta recadda la recòlto. Cadun pliauo soun payrét10,
jalous d'èste lou mes despatchiu, e lou s'en anauo bùeita diguéns las brè-

�119

ços. Aquiu, la destanayro dame sous dits tout' jaunéns de maneja la fruto
bérdo, tirauo l'esquilhòt de la tano e lou boutauo diguéns las sacos.
Lou trabalh réd'auançat, decap à dèts ouros e méjo, l'adejuna es
hazèuo-'u pè de l'arbre, d'esquerous frésques, de boun pan e boun bin.
On debizauo úo bricòto, on se jazèu' à l'oumpro frésco. Maugrat la defenso
mous frais è jou en preténg'ajuda lous autes oubriès à destana, mous
empimparrauon lous dits de jaune ; e d'arrize, e de mous trufa lous us
dous autes. Amassauon après lous cauques fruts esparricats encùèro, e
lou sourélh rede haut mous dizèuo : Ounz' ouros passados. Lous journalès sanglauon la cabalo 'nta s'en tourna. La mainatjoualho esmérido è
tapatjurro s'assaubauo-'u dauant, è 'n tout crida, canta è courre, hazèuo
leua per las sègos lous auzèts espaurits.
Distracciùs parèlhos soun simplos e séns ' aprèstes. Aquéres que-s
saben coumplaze à la campanho, que la saben goustá-lo, aquéres coumprengueran coumo pòden agrada journados parèlhos, passados au miéy de
la naturo, pous cans, pous bosques, pous trauèsses.
U. LACAZE.
Parla de Bilofraijco d'Astarac, per Simôrro (G.)

1. Estefinhous ■ personne à manières précieuses ei dédaigneuses, minaudiére &gt;. —
2- Estinglaut « limpide, élincelant &gt;. — 3. Nouguéro désigne un noyer géant. Le noyer
est encore : Yesqueroué et l'esquilhoulè De même, la noix est appelée nóze, quelquefois,
mais surtout esqucroun et esqtiilhót : se dit par analogie avec un coquillage ou un grelot
(Latin, squilla ; gascon, esquéro). — 4. &gt; Bogues » — 5. ■ Faîte &gt; 6. Chourra ■ jaillir,
tomber abondamment ■.—7. Aroulha &gt; joncher, couvrir de.... » — 8. ■ Accroupis,
presque couchés, marchant sur les mains et les genoux ■. — 9. « Avee suite, sans rien
laisser passér ». — 10. ■ Petit panier ».

BERTADE
Et carretè det Salat — Marchant moudèlo
Can estoufinous e pouléts mancats — Et prat d'Estèue
Un ase desesperat
Estèue qu'èro carretè. Reijcountro úo hénno damb' un canhòt. —
« Auets aqulu un beròy can ; au bouléts béne ?» — « O-bé o. » —
« A bouno gòrjo ?» — « Acó, oui. » — Gayjen de-süito d'acort sus et
prêts e 'ras coundicious. Era hénno déu amiá sa marchandiso lùén, sus
et passatge det carretè. Aquéste qu'arribo, jéto at can quaucos coúos de
cébo, s' estouno de ço qu' et can nou-n bo, e l'arrefuso coumo trop
estoufinous '.
Atau madeich arribèc à iauto hénno que pourtauo pouréts at marcat :
soun tort estèc de prèijgue Estèue per un marchant serious, — belèu
tabéii de téngue soun prêts trop haut coumo et gùelhè de Panurjo...
Quin que sió, hè úo bouno tròto, atén quauque téns at randebous, è,
quan Estèue paréch, se créts anfin deliùrado. Et carretè prén es pouréts
è les etsamino : « Mès, n'an pas dénses!... » — « ?» — « E doun,
praubo hénno, tournáts-les bou n : jou nou les pòdi da que broucau...2 »
Uo bando de dalhayres sen-girounéses debarauon era plano det Salat &gt;
èron at dessus de Prat3. Un carrétè les coundousich at cause d'un prat :
« Goupats er' èrbo ras », ça les dits. « Mès qui mous paguera ? E 'ra
neurituro ?» — « Serats pagats ; trebalhats bièn, era hénno bous pour-

�120
tera un boun dejuna ». — Se méten ar' òbro ; éra ouro det dejuna
qu'arribo, è, tabén, noun pas úo hénno dambe Mures, més un orne, aute
qu' et carretè, dambe miaços e reproches : « Qui bous a coumandat de
dalha acl? » — « Et mèstre d'aquéste prat... » — « Et mèstre d'aquéste
prat, que sòy jou... » — Es descroubic qu'et coupable èro Estèue, è soun
noum ey demourat dinc' aro at prat oun coundousic es dalhayres.
Un dió, moun carretè croutsèc úo hénno damb' un ase cargat de
bachèro : « Brabo hénno », ça le cridèc, « em dats era permissiouii de
» digue dus mots à bòs' ase?» — « E qùate tabén, se bouléts ». —
Estèue s'apròcho der' ase è le hico 'n aurélho un punhat de mouscos
douléntos que tenguèuo amagados ena man. Er' ase auta-lèu d'arruha
è sauta : touto 'ra bachèro estèc coupado. Era hénno citée Estèue en
justiço enta paga et doumatge, recoundèc coum' èro arribat er' accidént :
ara demando det carretè, auèuo respounut « È qùate tabén », è auta-lèu
qu' er' òme s'èro aprouchat, er' áse èro bengut coumo hòl. — « Mès », ça
dits et jutge à Estèue, « que l'auéts doun dit an aquét ase ?» — « Açó
» souloméns, Moussu : « Prén gardo. praubôt ! toun pay e toun gran-pay
» hèuon et mémo mestiè que tu : soun morts d' èste trop cargats. »
» Alabéts a pas més boulut escouta rén, l'a prés úo criso, s'ey deses» perat, e coumo 'có, a coupât era bachèro... » — Nou s dits pas s' et
jutge coundamnèc ou bièn aquitèc Estèue...
Noélie

(Authentique)

BEFFEYTE.

à His (Haute-Garonne).
Parla de Pegulhan, cantoun de Boulounho (H.-G.)
1. ■ Délicat ».
Saint-Girons.

LA

— 2. ■ Bruyère ». —

3. Station

« STE ESTELLE »

A

du chemin de fer sur la ligne de

PÉRIGUEUX

du 18 au 21 mai 1907
La « Ste-Estelle », ainsi appelée en commémoration de la fondation du
Félibrige, le 21 mai 1854, est vraiment la fête nationale de nos pays de
langue d'Oc. Cette année, c'est à Périgueux que le Félibrige central est
allé la célébrer, sur l'invitation du Bournat (« la Ruche ») du Périgord,
florissante Escolo qui comprend actuellement plus de 700 membres. J'ai
eu l'avantage d'y représenter ì'Escòlo deras Pirenéos, et je m'en voudrais
de ne pas en dire ici un mot à mes chers Confrères.
La fête n'était pas répartie sur moins de 4 jours. Le samedi 18, à 8
ouras de l'ensei, grand béure óufert per lou Bournat aus felibreis de la
terro d'O. Arrivé trop tard, je n'ai pu assister à cette joyeuse réunion
de famille, où chacun, m'a-t-on dit, est allé de sa poésie ou de sa chanson.
Le lendemain, jour de la Pentecôte — annoncé par le sonore carillon
de la grande cathédrale de Saint-Front, aux arches romanes, aux calmes
pilastres carrés, aux multiples coupolès écailleuses surmontées de tiares
— réunion du Consistoire vers 9 heures du matin, dins uno salo de la

�121
Coumuno. Là, ou le jour suivant, j'ai pu faire connaissance avec
MM. Devoluy, capoulier, Ronjat, « baile generau », et leur présenter
mes hommages et ceux de notre Escolo deras Pirenéos ; avec M. Chabaneau, le savant romaniste, félibre majorai, président du Bournat, et avec
les principaux membres du Bournat, MM. Dujarric-Descombes, Daniel,
Aublant, Lacrousille : avec bon nombre de Majoraux ou de Félibres
accourus des divers points du Midi, de Toulouse, de Marseille, de Cette,
de Montpellier, de Villeneuve-sur-Lot, de Nice, d'Alais ou de Paris, tels
que MM. ;R. Brunei, Charles-Brun, Vidal, Piazza, Vivarès, Thérond,
Soulet, Thelismart, marquis de Villeneuve-Esclapon, Galibert, Bonnet
aîné, Bacquié-Fonade, etc. ; j'y ai surtout retrouvé avec joie M. Camelat,
félibre majorai, l'un des 9 fondateurs de notre Escolo, et M. A. Planté,
assesseur, président de l'Escôlo Gastoun-Febus, notre sœur gasconne,
avec qui j'ai pu causer des meilleurs moyens de faire progresser de
concert l'œuvre félibréenne dans la Gascogne entière.
Dans la séance du Consistoire, l'affiliation de notre Escolo (déjà négociée entre les bureaux) a été'ratifiée, et j'ai donc pu la représenter immédiatement après (avec 3 voix, pour une cotisation annuelle de 30 francs)
à la séance du Conseil général du Félibrige. Ceux de nos amis qui se
demanderaient ce que ces termes signifient exactement sauront que le
Félibrige central, d'après ses nouveaux statuts (1903), comprend en effet
ces deux Assemblées : 1° le Consistoire, composé des Majoraux (50 au
plus) et qui se recrute par cooptation (son Bureau, composé du Capoulier,
du Baile et de 5 Assesseurs, agit pour lui dans l'intervalle des sessions,
sauf à se faire approuver), et 2° le Conseil général du Félibrige, qui comprend íì la fois les Majoraux (c'est-à-dire le Consistoire) et les Délégués
des diverses Ecoles ou Sociétés félibréennes, celles-ci étant en nombre
illimité et disposant chacune d'un nombre de voix en rapport avec leur
cotisation annuelle. C'est le Conseil général qui approuve l'exercice précédent, et le projet de budget pour l'exercice suivant. (Les dépenses du
Félibrige central se ramènent essentiellement à l'organisation des grands
Jeux Floraux septennaires et à la publication du Cartabèu ou Annuaire
félibréen général, distribué aux Ecoles affiliées). — 3° Quant aux Ecoles,
elles jouissent d'une absolue indépendance ; elles peuvent du reste se
confédérer entre elles, si elles le désirent, ou du moins agir plusieurs
d'accord dans une grande région déterminée, etc. — Rien de plus libéral,
on le voit, que cette organisation ; maintenant que nous avons pu voir de
près, nous trouvons un peu exagérées les critiques qui lui ont été adressées.
La gestion du Bureau une fois approuvée [d l'unanimité) par les
Majoraux et les Délégués présents de dix Escoles affiliées, ceux d'entre
nous qui étaient de passage à Périgueux se sont réunis à table, et j'ai eu là,
par hasard, l'honneur et le plaisir de me trouver à droite du Capoulier.—
Dans l'après-midi, visite du Salon de Peinture (où il y avait quelques
jolies toiles, surtout des paysages) ; puis,départ en voiture pour Chancelade (du côté de Brantôme), où devait avoir lieu, à 4 heures, dans le parc

�122
de l'ancienne abbaye, la représentation en plein air ( « Théâtre de la
Nature ») de « la Fille de Roland », par Henri de Bornier, avec le
concours d'artistes de la Comédie française et de l'Odéon. Ce fut une
heureuse idée du « Syndicat d'initiative du Périgord » que d'avoir fait
coïncider cette fête avec celle du Bournat. Malgré l'ampleur de l'amphithéâtre provisoire, on entendait en général assez-bien les acteurs, même
aux derniers rangs. Mais comme nous serions plus heureux, si de telles
représentations avaient lieu parfois en langue d'Oc ! Cela arrivera, chers
amis, ou les Félibres « y perdront leur nom »....
A 8 heures du soir, àPérigueux,à l'hôtel de l'Univers, « Tóulado óuferto
« per lou Bournat aus majouraus e aus delegats de las afiliacius »,
sous la présidence de M. Chabaneau. Discours très applaudis de MM. Dujarric-Descombes, vice-président de Bournat, nouveau majorai, A. Planté
(remplaçant le capoulier, indisposé), et Chabaneau ; brindes ou allocutions de MM. Bacquié-Fonade, Thérond, Daniel (vice-président du Bournat), R. Benoît, nouveau « Maître-en-gai-savoir», B. Sarricu, marquis de
Villeneuve ; poésies touchantes récitées par B."Thélismart ; pièces d'un
comique de bon aloi, dites à merveille par R. Benoît (Lou toupi di moûtardo; A M. Tenant) et par J. Descombey. Pour moi, c'est avec le plus
grand plaisir que j'écoutais cet idiome périgourdin (où presque rien ne
m'échappait) avec ses (d)z longs, doux et un peu mouillés, ses r finales
conservées et ses terminaisons posttoniques en a(s) curieusement traînantes. Voici d'autre part le Brinde que j'ai porté au nom de notre Escôlo :
« S'em eau ar' à ma tanco lheud-m at nòm dera « 'Scôlo deras
Pirenéos », dus crits souloméns que harè jou, de gòi e de ftertat.
« De gòi, d'abòrt, de béi-ne acitau tanti è tali acourruts des qùate
corns dera Ouccitanió, touti apariats enta gùara dera mòrt era nòsto
aimado léngo d'O è 'nta tourná-u iou biéuo 'splandou 1
« Pus, de fiertat, de béi era nòsto Sèrro pirenèneo enfin arrepresentado acitau, d'un cap en aute. — Es Mountanhes nòstes, sabét, nou
s'arremuden bric dabb et dit pòc : es lourdi mais que less hunden, è'ra
broumo sùén que les còhe, e 'ra louno que les acapère det son mdntou
de gèu. Mès que les cauhe tabén et souléi, que les lambréje dessus et
botourn, qu'ei brulhen de pertout gabes, nèstes, ariéges è garounes, è
mémo, laguéns et lou còr de granit è de hér, ja cùé iou lame misteriouso que less hè 'scoupi soufre è aigo bourido è secoudi-s bet-còp
d'esmacs proulowngats.
« Gùé, que les an penetrades atau, dinquio 's lous mèss hauti serrés, es prumès frizous det Felibridje ; as planes dera Gascounho ères
tabén qu'es soun enfin unides. Báscous e Catalas, despus lounténs, ja
less harién brembd-s de patrio è de libertat; mès qu'ei per Toulouso è
pet Biarn que les aura bengudes aténhe et mès fecount empentas, baIhat per' ardénto Proubénço... Placi' à Diéu que dure à caso nòsto
aquétch hùéc sacrât que traspòrte enfin es Mountanhes madéches!
Glòrio as des qui mous soun bengudes era calou è 'ra luts I Gracies ass

�123
hils det Perigòrt, d'aué-mous dat acitau era oucaûourt d'arremerciáles ! »
Le lendemain matin, lundi, à 9 heures, au &lt;( Château Barrière », inauguration d'un monument (avec buste) du troubadour Giraut de Borneil,
œuvre de M. Gauquié et don de M. Joussein, tous deux membres du
Bournat. Beau discours de M. Charles-Brun, directeur de 1' « Action Régionale Française ». L'orateur, souvent interrompu par les applaudissements, après avoir loué comme il le méritait le généreux donateur, fait le
panégyrique du Bournat et du Félibrige, et, tirant de la vie et de l'œuvre
de Giraut de Borneil les leçons les mieux appropriées à l'heure présente,
obtient le plus vif succès. Un délégué de la municipalité lit alors un
remerciement en vers ; puis la plupart d'entre nous s'acheminent, sans
plus tarder, vers le Roc de Campniac où doit avoir lieu la Ste Estelle.
Chemin faisant, on visite le quartier le plus ancien de la ville, « la
Cité ». Là se dressent la vieille église romane de Saint-Etienne, les débris
des Arènes, les fiers soubassements de l'enceinte gallo-romaine et surtout
la tour à demi éventrée de Vésonne, haute de 25mètres, sanctuaire gigantesque, encore debout, de la divinité celtique éponyme. Peu de villes présentent, comme Périgueux, avec tout l'agrément et tout le confort modernes, tant de monuments du moyen-âge (églises, portes, tour Mataguerre, etc.) et tant de restes gallo-romains.
Nous voici enfin arrivés — tout en chantant, les Gascons, des chansons
montagnardes,—au bac à poulies de Campniac, enguirlandé de fleurs d'iris.
Nous traversons lTsle (« l'Eilo »), en admirant les côteaux aux roches
tendres, curieusement taillées par les éléments et recouvertes d'une verdure charmante. C'est là, au pied d'une butte coupée à pic et couronnée
d'arbres, aux rayons d'un clair soleil, que se tient à midi le banquet de la
Ste Estelle. Pas moins de 300 personnes, parmi lesquelles le Préfet,
les autorités de la ville, et beaucoup de dames du pays' en beaux fichus
blancs et en coiffes locales, toutes blanches aussi, imitant les unes des
coiffes bretonnes, les autres des capelines enfantines gracieusement troussées. Le coup d'œil de la table d'honneur était fort joli. Aux autres tables
chacun se place selon ses convenances et l'on se préoccupe un peu du
menu, tout en parant sa boutonnière d'abeilles dorées.
Bientôt, voici le toast de M. Chabaneau, au nom du Bournat, le grand
et fier discours du Capoulier, très applaudi, et la gracieuse réponse de la
Reine, Mmo de Lespine, en périgourdin. On crie « Vive la Reine », puis
M. Bacquié-Fonade, élevant notre Palladium, entonne la Coupo Santo
dont tous les Félibres reprennent le refrain en chœur. D'autres toasts
succèdent, parmi lesquels nous remarquons avec plaisir celui de M. Prioleau, délégué de la Fédération des Escoles limousines, et celui, débordant
d'enthousiasme, de M. Roger Brunei, d'AIais,directeur du Pays Cévenol.
Mais déjà toute la ville accourt pour prendre sa part du « Festenau »....
Pour moi, je garderai longtemps le souvenir de cette réunion animée et
cordiale et de l'aimable hospitalité du Bournat.

�124
Deux regrets toutefois sont venus diminuer ma joie. — Moins fortuné
que notre représentant aux fêtes de Cette, l'an dernier, je n'ai pas eu le
bonheur de rencontrer, comme je l'avais espéré, l'illustre Mistral, ni de
lui présenter l'hommage respectueux et fidèle de notre Escolo. Le Maître,
actuellement âgé de 77 ans, n'a pu sans doute affronter la fatigue d'un
aussi long voyage ; qu'il daigne agréer du moins de loin la nouvelle
expression de l'affection filiale que nous lui avons vouée dès le premier
jour.
Puis, obligé de rentrer à Auch sans retard, il m'a été impossible
d'assister à la « Court d'Amour » proprement dite, la partie pourtant la
plus attrayante de la fête,à en juger par son programme : 1° Boueiradis
(èrs dóu Périgord), A. Tenant ; Odo à la fièino, R. Benoit ; Lecturo dou
Palmarès dóus concours literaris e artístics dóu Bournat; La Bélho
dóu Bournat, par M. d'Harcourt ; Un Raibe en Court d'Amour, par
Duanitoc. — 2° La Depóusicíu dóu Frisat, coumedio en 1 acte de A.
Chastanet.— 3° Prouvénço e Penyora!, Reverdy ; Musicadis pervióuloun,
R. Château; Ninairo (Reverdy et Mme Desfarges), par M. Delmon ;
Amour d'Auselous, R. Benoît ; Er de la coupo de Galateo, par
Mme Baquet ; Boucis de Mirèio, em lou couneours de 40 Damas de la
vila. — 4° Mirèio en Perigord, à-perpaus en vers perigourdis, de
MM. Benoît e Chaumont, musico de M. E. Barraud. Ainsi, poésies, musique, pièces de théâtre, rien ne manquait...
Il nous a fallu partir, M. Camelat et moi, sans avoir rien pu voir ni
entendre de tout cela (ni assister non plus à la fête du mardi, à Brantôme,
avec « Tóulado dins la gròto dóu jujamen darnié. ») ; mais non sans
constater que tout Périgueux, au pied de la lettre, se rendait à la
Félibrée. C'est un très gros succès pour le Bournat, et sa popularité est
désormais assise définitivement. Ceux qui sont à sa tète, les jeunes et les
vaillants, sauront profiter de cette première victoire pour s'attacher
bientôt à une œuvre plus profonde. C'est quelque chose que d'avoir
conquis le nombre, la vogue, la considération, que de s'être assuré les
plus vastes et les plus brillants dehors ; ce sera plus encore de gagner le
dedans, les esprits, les cœurs, les beaux talents, les convictions ardentes,
pour ['emploi quotidien, la diffusion et la culture toujours plus larges
de l'idiome local, pour le maintien et le développement, toujours mieux
conscients, du génie de notre race méridionale. Voilà ce que nous souhaitons au Bournat, fraternellement. Il m'a semblé — sauf erreur — que le
peuple de Périgueux (il doit d'ailleurs en être autrement dans les campagnes du Périgord) employait moins la langue d'Oc que celui de beaucoup
d'autres villes du Midi. Mais il se trouve, d'autre part, que ses Félibres
ont réussi, mieux que bien d'autres, à être prophètes dans leur pays.
Aussi, pour peu qu'ils sachent et veuillent profiter de l'avantageuse
situation qu'ils ont acquise, nous n'avons aucun doute sur la réalisation,
en Périgord comme dans le reste de l'Occitanie, de notre vœu le plus
patriotique et le plus cher.
B. S.

CI 0.0.
BÊZiEBS

�DE ÇO QUE PARLARÀ AQUÉSTO 'RREBISTO
« Era Bouts dera Mountanho » que s'oucupará de literaturo, de ciénço,
è de tout ço que pouirá enteres á et Felibridje.
Coumo 'rrebisto literârio, que pubblicará pouesiés, coundes, noubèles,
è auti bèri (è coumbenabbles) eseriéuts en léijgo gascouno.
Qu'estudiará es parlas gascous, enta hè-les counégue è aprecià.
Que serà erouso tabén de hè paréche touti 's biélhi doucuménts en
gascoui} que l'au pouiran èste coumunicats.
Coumo 'rrebisto cientiflco, sense cap de pretencioun, que balhará —
eij gascouij — quauques crouniques que s'arrepourtarán as ciéncés
teouriques è pratiques (matemàtiques, flsico, chimió, agriculturo, igièno,
endustrió, etc.')
Nou lichará pas tapòc de coustat era istòrio è 's sos enchinhoménts.
Que pouirá mémo trattá quauques questious de mouralo.
Enfili, que teitguera 's sòs lectous as courént dez ôbres des Felibres
moubemént felibrénc.
Ta 's coundes-arrenduts des lous oubradjes que soun pregats es autous
d'embouiá-les en doubbl'egdzemplâri, en tout endicá-mous, se eau, et
prêts des boulumes è 't liberaire aoun es tròben.

è dem

Edj abounomént ara « Bouts déra Mountanho » qu'ei de 3 fr. per an ;
nou sera pas majourat, mémo s'era nòsto 'rrebisto bén a groussi è a
paréche cado mès. Mès qu'engadjam es nòsti brabes abounats a balhamous, s'ap pòden, era lou adesiouij coumplèto.
Cado mémbre dera nòsto 'Scòlo que hará soun pousibble ta proucurámous, ta lèu que pousque, membres agechérits noumbrousi : mès seram,
è miélhou pouiram hè. E, mès encáro, cadun. que mous boulera ajudà det
soi? sabé è déra sio plumo.
Es qui nu-an pas encaro pagat efa lou coutizacioun que haran bièn
d'embouiá-lo sénse destrigd-s : à Mu Teulié, à Sen-Girouns, atau qu'esbitaran frèssi.
Adreçâ-s ta ço d'aute, pet moumént, a Moussu B. Sarrieu, 8, plaço
Du-Bartas, Auch (Gèrs).

è

BOUGABULARI GASCOUN
Que haram paréche en aquésto 'rrebisto, debadj et titre de « Boucabulari gascowi », listes de mots e d'espressious tirades desdibèrsi dialectes gascous. Que i-á en gascoun. fòrço tèrmes è tournures qu'es tròben
prèsque semblabbles en francès, è que soun coumprenuts faciloméns
mémo pes qui nou counéguen pas gùaire 'ra nòsto léngo : nou serà pas
necessari d'endicá-les acitau. Que mous countentaram de noutá, en tout
endicá-n era proubenénço è balhâ-n era traducteioun francéso, es tèrmes
è's loucucious que presentaran quauco particularitat o quauco dificultat ;
è d'aquéro manièro que trebalharam a manténgue è a estiéne 'ra counechénço des arrichéces del lengùadje des nòsti páis.
Tadaquér'òbro, qu'auram bejunh der'ajudo de touti's nòsti amics ;
qu'esperam que nou mous hará. pas défaut. — Que haran bièn tabén
es autous, s'empléguen bec-còp en lous artiggles quauque mòt pòc usitat
o tròp loucau, de balhá-n en nòto 'ra sinhificaciouit-

�STATUTS DE L'ESCOLO DERAS PIRENEOS
ART. 1. Il est fondé, pour la région gasconne de la haute Garonne et
de ses affluents, une École félibréenne qui prend le nom à'Escolo deras
Pirenéos (Ecole des Pyrénées).
ART. 2. Le siège de l'École est à Saint-Gaudens. — Elle comprend
trois grandes Sections : 1° Haut-Comminges, Nébouzan, Quatre-Vallées
(Saint-Gaudens) ; 2° Bas-Comminges (Muret) ; 3° Couserans (SaintGirons).
ART. 3. Le but de l'École est de maintenir et de relever la langue
gasconne du Comminges et du Couserans, de conserver les traditions
et les usages locaux, et de développer la vie régionale.
ART. 4. IJEcole s'interdit absolument toute polémique politique ou
religieuse, soit écrite soit orale.
ART. 5. Les Membres actifs paient 0 francs par an, et ont droit au
titre de Félibres et à toutes les publications de l'Ecole. — Les Dames
sont admises. — Les Bienfaiteurs de l'École pourront être déclarés par le
Bureau général Membres honoraires.
ART. 6. Il est recommandé, en envoyant son adhésion au Bureau
général, d'indiquer, en outre de l'adresse, le lieu d'adoption au point de
vue dialectal.
7. Il y aura des Groupes locaux là où plusieurs Membres actifs
au moins) décideront d'en établir un. Tout Groupe devra se rattacher
à l'une des trois Sections.
ART.

(5

ART. 8. Les trois Sections et les Groupes jouiront de la plus grande
autonomie, à la seule condition d'agir conformément aux Statuts, notamment de respecter les articles 3, 4 et 5, et de se tenir en rapports avec le
Bureau général.
ART. 9. L'Assemblée générale de l'École, composée de tous les Membres actifs, doit se réunir une fois l'an. Elle peut modifier les Statuts à
la majorité absolueï

Art. 10. Le Bureau général est élu au scrutin secret pour 3 ans par
l'Assemblée générale. Il est composé d'un Président, d'un Secrétaire,
d'un Trésorier, et de trois autres membres, ayant rang de Vice-Présidents
et représentant chacun l'une des trois sections de l'Ecole. — Le vote par
correspondance est admis pour cette élection.
ART. 11. Les questions relatives à l'administration de l'École, à ses
publications, à ses fêtes, à ses relations extérieures, sont réglées par le
Bureau général.

— Composition du Bureau général pour les trois années 1907,
: Président, M. L. de Bardies; Vice-Présidents, MM. les
abbés Y.-J). Dufor (Haut-Comminges), B. Daubian (Bas-Comminges),
D. Cau-Durban (Couserans); Trésorier, M. A. Teulié, à Lédar, près
Saint-Girons (Ariège) ; Secrétaire général, M. B. Sarrieu, 8, place
Du-Bartas, Auch (Gers).
NOTA.

1908, 1909

Le Gérant :

N. ABADIE.

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              <text>Sarrieu, Bernard (1875-1935)</text>
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              <text>Lizop, Raymond (1879-1969)</text>
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              <text>Vignette : http://occitanica.eu/omeka/files/original/460cbb03e97114677ac0b3e23d6b209b.jpg</text>
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              <text>Era Bouts dera mountanho &lt;a href="https://occitanica.eu/items/show/10927"&gt;(Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue)&lt;/a&gt;</text>
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              <text>Era Bouts dera mountanho. - Annado 03, n°06 (Junh 1907) </text>
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          <name>Contributeur</name>
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      <name>Era Bouts dera mountanho</name>
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