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                  <text>ESCOLO

DERAS

PIRENÉÒS

(COUMÉNGES, QUATE-BATS, NEBOUZAN, GOUSERANS, HAUTO-GAR0UN0)

ERA BOUTS
DERA

MOUNTANHO

.

SEN-GXUDÉNS

E M PRIMARI 0

E

L·IBRABIQ
190(5

AB A DIE

�SOUMARI
Pages
I.
II.
III.
IV.
V.

—
—
—
—
—

Fête de notre Escolo : Avis important
Piùlets d'Abriu, E. RIBET
Louros e sous embh'ous, G. CASTEX
Bisito à la présoun de Sen-Girouns, F. ESCAICH
Conversation sur « Era 'Scòlo deras Pirenéos » : Objections réfutées, Y.-D. DUFOR
VI. — Noubèles (Nauèri counfrais, Proupagando, etc. (B. S...
VIII. — Counde dec cap de Varoussa, tout mentidas, J. SOULÉ. .
VII. — Counde dera Bat d'Auro : Misèro de Sarraricouii, Fr.
MARSAN

IX.
X.
XI.
Xlî.
XIII.
XIV.

—
—
—
—
—
—

•.

A.

Létrosdera Mountánhou, lit : Era Cabánou, V. BARDOU
U punhat d'Arreprouès dera Laméza, (suita) S. VERDIER
Le « Patois )) va-t-il mourir? B. DAUBIAN
Era Felibrejado de Scèus, J.-M. BARRÈRE
Couzinos gascounos : Mistras, Micos, Milhas, U. LACAZE.
Countes de la Ginioúo, Vil : L'udréço itou Cap-Pounchut, H. DAMBIELLE
XV. — Que n'èri, qu'en serèi..., « Lou CASCAROÏ »
XVI. — Coundes-arrenduts, B. SARRIEU

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129
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132

134
135
135

RÈGLES PRINCIPALES DE L'ORTHOGRAPHE GASCONNE
En règle générale, on écrit comme on prononce, et les lettres ont la
même valeur qu'en français.
On prononce j et ch comme en français ; on écrit dz pour dz, dj pour
dj, ts pour ts, et tch pour tek.
On représente 1 et n mouillées par lli et nh (halhá, mountanho).
On peut noter n une n gutturale possédée parle gascon [cari, térigue).
Jamais t n'a le son de s ; on écrit atencioui?, etc.
Les diphtongues monosyllabiques formées par i, ou, et u peuvent
s'écrire ainsi :
1° ay, eu, ey, ìy, by, oy, ouy, uy (ou bien ai, èi, ex, etc., sauf pour
iy et uy) ; il ne faut pas écrire aï, èï, etc.
Et ìa, iè, ie, yi, ib, io, iou, iu (au début d'un mot, ou d'une syllabe
bien détachée, on peut mettre ya, yè, etc.)
2° aù, èù, eu, iù, bù, où, ouù, uù (mais il vaut mieux se passer de
Mettre l'accent sur \'ù pour au, èu, eu, bu, et même pour iù, si on écrit
yu ou iù pour iu) ; il ne faut pas écrire aou, èou, ni aii, èii, etc. ;
Et ùa, ùè, ùe, ùi, ùb, ùo, ùou, ùu (mieux que oa, oè, etc., et que oua,
ouè, etc.) On pourra ici aussi, sauf pour ùu, se passer de l'accent grave
sur ù, si l'on suit la règle ci-après.
3° lia, lie, lie, lli, etc. (le signe U,, très lisible, évite de donner deux
valeurs au signe u ; on peut dès lors dire que u, précédant ou suivant une
autre voyelle, a toujours, sauf après q, et dans que, gui, le son ou).
Le tréma est réservé pour indiquer que l'i et l'u qu'il surmonte se prononcent à part, avec le son qui leur est propre (bïoulént, arriiá).
Tous les autres caractères ont à peu près la même valeur qu'en français.
AVIS. — Dans un intérêt de précision linguistique, les auteurs sont
priés de vouloir bien indiquer exactement, à la suite de leurs articles en
gascon, à quelle localité appartient l'idiome, employé.

V

�C.ID.Û.
ÌBÉZiEBS

ERA BOUTS DERA MOUNTANHO
SEGOUNDO ANNADO

N° G

((

TouStélïl GdSCOUS l »

—S=

^*-.-

FÊTE DE L'ESCOLO DERAS PIRENÉOS
A BAGNÈRES-DE-IvUCHON
LE 5 SEPTEMBRE 1906

AVIS IMPORTANT

— Comme nous l'avons déjà annoncé, c'est le
5 Septembre prochain qu'aura lieu, à Bagnëres-deLiichon, la seconde fête de notre Escolo deras Pirenéos.
Tous les détails n'ont pu encore en être arrêtés
définitivement, mais une circulaire sera adressée en
temps utile à tous nos Membres et Adhérents pour les
fixer à cet égard.
— Nous prions cependant ceux de nos amis qui
désirent profiter des Réductions en chemin de fer de
nous le faire savoir dès à présent, sans aucun retard,
en nous indiquant la gare de départ : renseignement
indispensable afin que nous puissions, comme l'an
dernier, obtenir une réduction de moitié prix pour
tout parcours simple supérieur à 50 kil. [Cette indication n'engage à rien, lors même qu'au dernier moment
on se trouverait dans l'impossibilité de partir].
— Nous pouvons d'ailleurs faire connaître déjà
l'organisation générale de notre Fête. Comme l'an
dernier, il y aura :

�114

Le matin, RÉUNION PRIVÉE DES MEMBRES DE L'ESCOLO ;
2° Vers midi, BANQUET FÉLIBRÉEN. Pourront prendre
part au Banquet, en outre de nos Membres et de nos
Adhérents, les personnes qui nous seront présentées
1°

par eux.
3° Dans l'après-midi, SÉANCE PUBLIQUE. Cette dernière comprendra la Lecture du rapport sur nos premiers Jeux Floraux, la Distribution des Récompenses,
et enfin une « Cour d'amour » ou séance littéraire,
où les Lauréats et les Félibres qui le désireront pourront donner lecture de leurs œuvres.
Le lieu et l'heure de ces diverses réunions et le
prix du banquet seront indiqués dans la circulaire.
■— Nous ne saurions manquer d'inviter dès aujourd'hui à notre Fête les Notabilités de la région et celles
de la ville de Bagnères-de-Luchon, les Membres de
l'enseignement, les Rédacteurs de la Presse locale et
régionale, les Membres des sociétés savantes du Comminges, du Couserans, de Toulouse, et de la Gascogne en général (société archéologique du Gers, société
de Gascogne, société archéologique du Midi, sociétés
des Hautes-Pyrénées, de l'Ariège et du Tarn-et-Garonne, etc.), les dignitaires du Félibrige et les adhérents des autres « Escoles » félibréennes, particulièrement des Escoles gasconnes (E. Gastoun Fébus et
MargueritoJ et de Y Escolo Moundino.
Il y a tout lieu d'espérer que cette année nous
serons très nombreux pour fêter ensemble le terroir et
la langue du Comminges et du Couserans.
— S'adresser pour tous renseignements à M.
à Saint-Mamet-de-Luchon (H.-G.).

B.

Sarrieu, secrétaire,

ERA 'SCOLO DERAS PIRENÉOS.

�113

PIÙLÉTS D'ABRÌU
A mèn amic R. Lizop

Quauque cop, tara primo, en un maitin d'abriu,
S'éra lumièro d'or det soulélh é'trop caudo,
Démèst éras matos aras flous d'esméraudo
Jou que béngui 'rrima sounéts sus edj arriu.
Er' aigo en luquéja pes prats tiro sa haudo,
Era biùléto simplo embaumo edj aire biu ;
Coumo so pensadou : « Que hè tout soul parquiu ? »
Diden, en cerca nids, maynadjes en maraudo.
Pès nudis, as pibous mès hautis, drét puja
D'un lans dinquio 't toudélh qu'à-masso hèn plega ;
Dauatch danson lous sôs at tour en uio hèsto.
Alabéts, enta bièn trufa-s des mès sounéts,
Brandichén és coutèts astacats a lou bèsto,
Ena pèlo nauèro éris talhon piùléts !
Emile

RIBET.

(Parler pyrénéen de Kagire).

SIFFLETS D'AVRIL
(TRADUCTION)

A mon ami R. Lizop.

Par une matinée éclatante d'avril,
Si la lumière d'or du soleil est trop chaude,
Entre les noisetiers aux chatons d'émeraude
Parfois je viens rimer un sonnet puéril.
Le gave, qui scintille, à travers les prés rôde ;
La violette-simple embaume l'air subtil ;
Comme je suis rêveur — : « A quoi donc pense-t-il ?» —
Disent, cherchant des nids, les gamins en maraude.
Pieds nus, ils grimpent sur le plus haut peuplier,
Jusqu'à la cîme qu'ils font ensemble plier :
D'en-bas leurs jeunes sœurs les désignent du geste ;
Alors, pour faire niche à mes plus fiers sonnets,
Brandissant les couteaux attachés à leur veste,
Dans l'écorce nouvelle ils taillent des sifflets !
E. R.

�116

LOUROS
È caucos coussos ais enbiirous

Carcassouno, 12 Julhét 1906.
Louros, Louros, païs de flous, bilatje de berduro, oun se plasen aygos
clarétos è bounos, que pertout arrodon è s' biron, coumo s' auyion
arregrèt de lécha ta poulit endrét, oun entenen canta audèts touts es
camis è béden parpalhòs, flous ded ayre, blus, blans, jaunes, mirgalhats ',
boula, boula pertout è hè dansa 'n cèu partèrros Ieujès, hètis de cambiomént è dè bito, qu'et saludi, Louros, dech hound det co, at miéy de ta
courouno de mountanhétos quét' hèn ta beroy ena plano ! Lèu quem'
passejarèy en toun so aymat è gaujous. De tout coustat mous passes
haran lheua tout ed arrebrembè2 de d'autis cops è nèche ací ou achéu
arregrèts ou doussos pensados ! Oh ! bist de quarant' ou cinquant' ans en
arrè, Louros, quin ès encaro mès beroy !... Tens passat, tournaras jamès?
Quin èron simples è bounis era gént ! Touts, iou familho ! Ey bertat,
Ferdinan ? Que t'en sémblo, Piarrounho ? E tu, Ugèno, qu'en digues?
Soul, nou èrot jamès isoulat. Malisso, cap jamès, sounque ta ride, è que
sabiòn arride è licha ride; era bito qu'èro goy!... Goué... Mès taqué hè
péno a qui se boulho en digue qu'em anats a reculos? Qu'èm so que èm.
A cado un de hè miélhou, se trobo que ba mau, è... ayant3 toustém !...
Oh! a ra sasoun, per exemple, siam touts aymables, coumplaséns. bièn
elheuats, è atau pertout que cantaran ets aygouassès4 : « Louros, bilatje
de berduro, tout flourit de brabo gént, cèu, cèu de Barbazan è de touto ra
countrado ! »
Se couneguiòt et païs, estrangès, mous amits, troubariòt era semmano
bien courto ; alloc de iou qu'en passariôt dious ou très. Em boulet
escouta? Dab plasé que bous balharèy cauq' idèo, séri'se que boun côste
un ardit : Ta ras couat' ouros ou couat' ouros è mièjo (alabéts n'aurat pas
et soulélh en es gouéls) nabboun, et prumè dió, per deuant era garo,
decap'a Luchoun. Quan arribét a' ra croutz, at pè dera mountanho,
harri !5 lheuat era camo è pujat at cap det Pujò. N' ajat pas pou : Camin
tout trassat, pas trop arribént. Se nou ey pas un, qu'ey iaute ! S' èt sage,
nou buharat pas. Attour de bousaus, pertout flourétos è poulit gasoun
è sentous qu'embaumon ! Après miéj' ouro d'un sendè « bírò-t-souén è
pujo debaro », qu' èt at cap, at malh de Boumbour, era tour Eiffel de
Louros è d'ízaourt. Oh ! quina bisto ! Deuant, darrè, a dréto, a gaucho,
tout qu'ey bèt è curious ! Et digue nou 'n bau arrén ; qu'ac eau béy ta

1.

De coulons barialos.
2. Les souvenus.
3. En avant !

i.

El mounde que ban lieue r'aygo de Barbazan.
5. Allons !

�117

sabé-c. Era hautou que bous auris era 'splanado è tout et païs, è bous hè
béy toutos eras coussos a hè : Deman, nab-boun près d'aquet lac (achéu,
deuant bous, as pès dera mountanho, at nor de Barbazan, be bedét bièn
aquét gran miralh couchât per tèrro at miéy des prats bérts ?...), è qu'aprenguerat so que hè d'un bilatje et mâchant co è quin se beuéc at biélh
Barbazan aquet cloutas d'aygo mòrto.
Après ed estanh que drom, seguit aro er' aygo que cour. A man
squèrro ', s'aueytat Mourrejan, qu'auét, a bòstis pès, era Ousso, « era
Ousso des Barousséns », a dréto, era Garouno, « era terriblo Garouno »
que bén d'Espanho è qu'ey tournarió... « se bouliô ». Toutos dious, a
marcho d'embriac, que bous amiòn per païsses encantadous è bous hèn
béy un pialè de bilatjes ayassats at miéy des cams, ou penjats aciéu haut
enes arròts. E quintis istouèros carréjon eras lous aygos!... Bous ac
coundai'èy tout pet menut, un diò qu' ajôy mès de téns.
Ta pousa-bous, et cinquièmo dió, anat tá Sen-Bertran, achéu, a couate
passes. Que de causos a béy ! Que de reflexious a hè ! Aueytat, soulo ena
lano, era glèyso de Sen-Just. Qu'ey era toumbo de iou grano, grano bijo
desparechüdo coumo desparech huée de palho : Grans è chèts, que desparecheram touts atau. — Son Bertran, ét, nou 'y pas soul : Parèlho ara
clouco at miéy des sos pouricous, sa glèyso s'arrenquinquilho 5 contro 'ra
mountanho coumo r' auto près det cremèt3, biéuo det son passat, flèrro
de sa renoumado è des sos bielhis aunous, è touto bèro !
Ta iaute dió, Luchoun, darrè nousaus, « rèyno deras Pirenéos », se
diguen forso mounde, è 's Luchounéses... ed estiéu. Se 'y anat, lettous
amits dera « Bouts dera Mountanho », nou manquet pas d'ana béy, de
côsto, en bilatje de Sen-Mamét, at noste aymable Direttou. Qu'ey un
brabe dròlle, bous ac asseguri, è bou n tournarat counténs.
Que bous pousqui ensenha 'ncaro ? — Iou pujado a Tiridôs, ac cap det
Gès, at dessus de Luscan. Que ia per achéu causos que nous pensarió
arrés. — Dap un talhuc de tripo nat brespalha un se ara hound de SenMar«in, ad dessus de Galiè, ou ara hound herrado de Bertrén : Era iou è
r' auto que bous boutaran et boun bèrme 4 en estoumac. — Abans
d'arriba a Bertrén (au-méns detch houns dera costo que les eau ana bey as
grounhaus5 !), praquét caminét a dréto, pujat iaute dió ta Ilhéu, saludad
d'achéu ra rèyno Margalido è 't soun castèt de Braubaco è 't soun casau
de Mounsacoum, è tourtab-boun per Anlá ou peras Grauos, per Sarp è per
Izaourt, balént è gracious bilatje, fray de Louros d'autis còps.
« Seram cansats, arrenduts, se bat digue, de tant de camin è de
coussos !» — « N' ajat pas pòu, brab' òme ! : A bouno taulo, b' at sabét,
cansomént nou ten pas ; a Louros, mens encaro : Qu'on i minjo (nou se
t. Gauche.
2. Se dresse.
3. La cage où l'on porte dans los champs la poule et les poussins.
i. ' Que couincnço a pica 'l hérnic » bo digue : ■ coumenci a oui hame.
5. Sobriquet des habitants de
Loures s'appellent : es poutaljès.

Beitren

dans « l'Evangile ■

du pays. Les habitants de

�118

bous desbrémbo pas, bessè ?)
dinco 'chiéu !... è barat curat nou pèrt
arrén : Lauat, bién netejat per' aygo det maytin, que hèt prouflt de tout
è, atau, boun jôc de camos è hame bièn serbido bous asseguraran iou
loungo 'nado de santat. »
Anfin, et darrè diò, hèt iou cousso mens loungo : Nat trouba a Moussu
Curé, un orne brabe è de so que eau, s'en i auée un. Ta sa glèyso, ta
nôsto glèyso en estat que sabét, pourtal·le blanquétos ou jaunéts : Ar' ouro
dera mòrt bôstos pecétos 's cambiaran en parpalhos blans que amiaran
bost' amo en Cèu etèrnèl...
Atau siô... auta tard que poussible ! Enatretant ', tournat-mous souén,
per precaucioun, è, countèns de Louros, cantat pertout : « Louros,
bilatje de berduro, flourit de brabo gént, cèu, cèu de Barbazan è de touto
ra countrado, a tu que déui ma bouno mino è mous dios mès d'un cop
counserbats ! »
Parla de Louros en Barousso (Haulos-P renéos).

G. CASTEX.

1. En attendant.

Le 28 juin 1906
I
Chut e mut débarats sense dise dus mots,
Acatchats boste cap, en dus blincats l'esquino ;
Espaurits de quicom que bous clabo les pots
Sentèts uno fredou que torro bosto mino.
De la lar, a crema pel méns trento fagots,
Besèts le trauc pregound d'uno grano cousino
Sus las peyros del mur larjos coumo de rocs,
Fièlo de naut en baych la grosso tatarino.
Le capèt à la ma, de mous ouélhs tout ferits,
Pensabo qu'es aujols èron mes ebérits :
Fajòn gran, bejòn gran, lour cor madéycho causo ;
Car à basti castèts, oustals coum' alabéts
Mous trouban trop petits, pusque grans on les béts,
E qu'am plasé le ouélh sus èris se repauso.
II
Moun dounoulh per respèc se plégo sus la lauso,
Car al geni passat moun àmo toutjoun créts :
En tustan sense lum las négrousos paréts

�119

Se reculho 'n moumént e de parla nougauso...
Peyros, e tu, mourtiè, qui bous a dounc units?
Qui dounc abans.nous aus aci fajò soun nits ?
Perquè, damos, n'abets pus le mantèl d'ermino ?
La counoulho al coustat per flela de tricots ?
Oun soun dounc les guerriès and' oufri la poutrino
A las damos d'amour per un poutou sus pots ?
Pèyros que les aujols an sourtit de la mino,
Témouèns del tens passat, que serbets de cachots,
Nou besèts dfgus pus que géns de tristo mino
Cho qui las bottos an la formo des esclots !
ESCAICH.
Parla de La Bastido-de-Serou (A.)

Conversation sur « Era Scolo de ras Pirénéos »
Objections réfutées
(Suite et fin)

Mon cher Collègue,
Dans le numéro 5, je vous rendais compte d'une conversation dialoguée avec un de mes amis, adversaire décidé mais loyal de notre œuvre.
Vous vous le rappelez, je l'avais laissé à demi convaincu de son erreur.
Un de ces jours, je suis revenu à l'assaut de ses préjugés anti-scolairesfélibréens, ut ità dicam: La conversion d'un intellectuel de cette valeur
me tient à cœur.
Moi. « Eh ! bien, serez-vous enfin des nôtres » ?
Lui. « Non, pas encore. Je ne sais pas assez lire le patois, et l'orthographe que vous avez adoptée dans votre Bévue me parait bizarre, du
moins dans certains mots. Les abréviations ou élisions, dont certains de
vos collaborateurs sont prodigues, augmentent encore la difficulté de la
lecture et de la compréhension des divers parler^ provinciaux. »
Moi. — « D'abord, mon cher ami, dès qu'un parler patois s'écrit, il
devient une langue, un idiome, un dialecte, et dès lors il mérite d'être
étudié. Il faut s'exercer à sa lecture et à son écriture comme à celles de
toute autre langue. Cette étude ressemble à toutes les autres : d'abord,
elle paraît hérissée de difficultés insurmontables, et puis ce n'est rien ou
peu de chose. Autrefois, à l'école primaire on mettait entre nos mains un
manuscrit français à écritures variées et graduées. Ce n'était pas mal compris.
« Tout est affaire d'habitude. Un dame qui n'avait jamais parlé gascon
m'écrivait dernièrement : « Il est étonnant comme je lis et comprends
déjà " Era bouts " d'un bout à l'autre ». Essayez hardiment vous aussi,

�120
et vous verrez. Quant à l'orthographe, elle parait étrange, à première vue ;
mais, en y réfléchissant, on finit par la trouver rationnelle et conforme
aux origines dialectales, et surtout bien moins remplie de chinoiseries
que l'orthographe française. L'élision (ou l'aphérèse), je vous l'accorde,
est une difficulté de plus, mais n'est-elle pas commune à tous les idiomes, et particulièrement fréquente en poésie? Certains écrivains sont,
peut-être, par trop scrupuleux à cet endroit. Peu importe ; une personne
intelligente aura vite pris le dessus de ce qui n'est en somme que la toilette de la phrase et un détail euphonique.
Lui. — « Soit. Mais là, franchement, le temps employé' à ce genre
d'étude trouve-t-il une compensation suffisante dans son utilité pratique ? »
Moi. « Vous n'avez donc pas lu la thèse si intéressante, si concluante de
notre secrétaire sur l'utilité du gascon ?... J'ai eu pour professeur de
troisième un aimable et intelligent original qui se servait beaucoup du
patois pour nous apprendre le français, le latin, et parfois même le grec.
On nous a parlé, au n° 3 d' " Era bouts ", de Dupleich, auteur d'un
lexique patois. Dans mon enfance, j'ai connu cet instituteur, de Martresde-Rivière. Il avait un vrai culte pour notre dialecte et s'efforçait de le
communiquer à sa classe ; ce qui ne l'empêchait pas de faire de fort bons
élèves. Je fréquentais alors l'école primaire de Cier-de-Rivière et je me
souviens que quelques-uns de mes camarades nous quittaient pour aller
recevoir l'enseignement de ce maître français-patois, comme on l'appelait avec un grain d'ironie. Plus tard, professeur moi-même, j'employai
avec succès la méthode de ces vieux éducateurs, et plusieurs de mes élèves, devenus pédagogues à leur tour, ont suivi notre exemple et s'en sont
bien trouvés. Les instituteurs eux-mêmes ne sont pas, comme on le
croirait, ennemis de nos idiomes locaux ; la preuve c'est qu'un certain
nombre d'entr'eux ont adhéré franchement aux diverses- écoles félibréennes.
Lui. « Quel apôtre vous êtes de la langue de nos paysans ! Ne craignezvous donc pas qu'elle n'abâtardisse la langue française, en y introduisant
des tournures et des expressions plus ou moins barbares ? )&gt;
Moi. « Il y a du vrai dans ce que vous dites ; mais, d'autre part, ces
tours particuliers et ces idiotismes auxquels vous faites allusion donnent
souvent au langage je ne sais quelle saveur et quel relief qui ne manquent pas de charme. Longin a écrit sur cette matière un chapitre où il a
montré comment les termes les plus simples, les plus bas, sont parfois
ceux qui donnent le plus de force et d'élévation au discours. N'aimezvous pas vous-même à émailler votre conversation de quelque mot piquant,
de quelques aphorismes gascons ? Dans vos tournées électorales, ne vous
ètes-vous pas souvent fait applaudir par ces gasconnades oratoires ? »
Lui. « Oh! je le confesse humblement, ce péché, je l'ai commis plus
d'une fois
pour rire et faire passer ma marchandise. Avec quel plaisir
aussi j'ai parlé et entendu parler patois en pays étranger ! »
Moi. « Avouez encore que l'idiome gascon est une des reliques les

�121
plus précieuses, les plus vivantes de nos pères ! C'est dans cette forme,
dite « langue romane », qu'ils ont traité leurs affaires, moulé, buriné, si
je peux le dire, leur pensée, leurs sentiments, leurs aspirations.
« Que de vieilles archives, écrites dans les dialectes du pays ! Et puis,
nous savons que, dans le Comminges seulement, plusieurs poètes l'ont
ennoblie, immortalisée, par des œuvres remarquables. C'est Victor
Gazes, de Saint-Béat ; André Bouéry, d'Aspet ; Jacques Cazaux, de
Montrejeau ; Fages Raymond, de Payssous, sans parler des autres. Ils
ont montré que notre gascon peut être aussi fort, aussi fin, aussi noble
que quelque idiome que ce soit. Au surplus, encouragés par notre Hevue,
les auteurs gascons vont maintenant se multiplier. Ne serait-il donc pas
aussi injuste qu'anti-patriotique d'ignorer les divers dialectes de cette
langue d'Oc dans laquelle des écrivains de talent enrichissent la littérature méridionale ? D'ailleurs, notre école n'est-elle pas comme l'oasis de la
fraternité où l'on se repose des ennuis et des contradictions de la vie ?
« Enfin, j'attends avec quelque impatience la publication d'une Anthologie, d'une grammaire, d'un Dictionnaire gascons. Je suis, en effet, de
l'avis de Ch. Nodier, quand il dit : « Je demande si le dictionnaire con)) cordant des patois d'une langue ne serait pas un des plus beaux monu» ments qu'on pût élever à la Lexicologie. Je connais tel de ces singu» liers langages qui fournirait à l'explorateur habile plus de curiosités et
» de richesses que cinquante dè nos glossaires. »
— « Assez », s'écrie mon interlocuteur, « je me rends. Votre argumentation est irréfutable. Périsse donc le mauvais poète qui a osé écrire :
« Tachez que les patois, corrompus daus leur course,
« Viennent de jour en jour s'épuiser à la source »...

(( Crions bien haut, au contraire : « Vive la langue gasconne ! sous le
» beau soleil du Midi, il y a place pour tous les idiomes régionaux de
» France et de Navarre. Sol lucet omnibus. »
Tout joyeux de cette franche adhésion, et lui serrant la main, je terminai en lui rappelant notre devise : « Toustem Gascous ! et en lui donnant
une chaude accolade fraternelle. »
Y.-D.

I.

DOFOR.

NATJÈTS COUNFRAIS.

80. LACROIX Paul, propriétaire à Seix, canton d'Oust (A.)
81. DAT, instituteur à Rimont (A.)
82. BERGÈS (de Saint-Girons), élève de l'École des Beaux-Arts, Paris.
II.

NADÈRI ABOUNATS.

70. Capitaine DE BERTRAND-PIBBAC, 28, cours Victor-Hugo, Agen
(Lot-et-Garonne).

�122
77.
78.
79.
80.
81.
82.
83.
84.
85.

PALANQUB Charles, conservateur du musée, Auch (G.)
SERVAT J., pharmacien à Massât (A.)
COMET B. (de Cathervielle, c. de Luchon), médecin, à Gimat par
Beaumont-de-Lomagne (T.-et G.)
COMET Bertrand (de Bagnères de-Luchon), notaire à Solomiac (G.)
FISSE, propriétaire de l'Établissement de Cadéac-les-Bains, par
Arreau (H.-P.).
PJ_,NE P. (d'Anères), employé de commerce, r. Blanche, 11 bis, Paris.
Abbé DUTBEY, curé de Pointis de-Rivière (H. G.).
Abbé VERDIER Louis, curé d'Oléac-Boulin (H.-P.).
Abbé H. CABIRO, curé de Saint-Martin, par Mirande (G.)

III. PROUPAGANDO, ètc.
M. Bertrand Cornet nous a adressé son adhésion en gascon : « Edj our}cle », nous dit il, « qu'eï rrehilh, de Caterbièlo en Larboust, jou que só
» de Banhères (de Luchoun), è de téns en téns que mous biram de cap
)) era Maladéto, ta 'rrepousá-mous ez gùéls ».

— Pour notre Fête du 5 saptembre. à Bagnères-de-Luehon,
voir en tête de ce N°. — Nous remercions vivement le LuchonThermal d'avoir bien voulu l'annoncer.
- Dans ce N° écrivent pour la première fois MM. Jean Ribet, J.
Soulé, J.-M. Barrere, et « Lou Cascarot », ce ne sera sûrement pas la
dernière. Prochains articles de MM. E. Levrat, S. Paluy, J. Ilucastaing, « Horonisatch », etc.
— A cause de notre Fête du o septembre, le N° de septembre sera
retardé et réuni au N° d'octobre.
B. S.

UN COUNDE DEC GAP DE VAROUSSA
TOUT MENTIDAS
Peyròt s'en ba ta'c camp, dézarrastoura1 ; Nou-y trôva bric de
tèrra : Ud.
Se t'en toùrna, edj aray en côtch è 's bùéus davatch eb bras : Blias.
Ba 'staca 'dj aray en estantoutch2, è pendja 's bùéus en urç clau de
pássa-varra3 : Très.
En passa ta'c cazau, que bi péras en un casse : Qùate.
Qu'ey tiré eb bastoup, t'en caé dlias ceriras : Cive.
L'en anè lia 'n dit dep pè, que l'englahè4 'r' aurélha." Siés.
Qu' embiè cerca 'm médecin, etch haure qu'en arrivé : Sèt.
Qu' eu bouli ajerga5 'c cap, qu'eu pedassè 'ra vèsta : Gùéyt.
La sé t' apajerè 6, mès james eras esclòpas nou l'anèren plan, ap
pràuve Peyròt ;
E patatim, patatoûrna,
Nau mentides qu'es toúrna.
Parla de Harréra-en-Baroussa (H.-P.)
J. SOULÉ (Venture).
1. Dézarrastoura ■ déchanmer «. —2. Estantoutch ■ attache .. — 3. Passa-vaira « grosse
cheville en fer où l'on suspend certains instruments aratoires &gt;. —
Er/glaha « écraser
5. Ajerga, « arranger, panser, mettre en ordre .. —
Apajera « essayer si une chose va
bien », Nota : l'tt linal atone se prononce entre a et é.

6.

4.

�123

COUNDE DERA BAT~D'AURO
MISÈBO DE SARRANC0UL1
Misèro de Sarrancouli, haure de soun estat, que demouraue en u biélh
oustau at pè dero bilo !, entre 'ro pòrto de Sent-Antoun è 't Bieuè. Sus ero
pòrto dero silo boutigo qu'ayéue boutât aquest' ensénho :
« Misèro, haure, mèstre sus mèstre. »
U bou dió qu'arribe u cabaliè tout mau acoutrat, coubèrt de poussièro
è de sudou. A bede u qu'on aurié dit que touts ets bandoulès dera Lòno de
Bouc2 que s'èren boutats ares siies trousses è que l'ayéuen arredüit a hé
touca ets quate hèrs det chibau. Tapèc qu'auou dechifrat aquér' ensénho
que hè 't saut ento tèrro è que ba tusta 3 eno pòrto dero boutigo. Misèro,
dab éro caro 4 u chinhau tintoudo5, que sort en tout demanda at passant :
« Qu'ey a, orne, a boste serbichi ?» — « En poudériét herra de seguit
» aquéste chibau ? Qu'èy a arriba en Aulou è qu'en soubre encaro u bèt
» tros de camí a hè. » — « Qu'ab boy hé d'arrepénte6 », se I'arrespoun
Misèro. Et praubòt nou demandaue pas mélhe que de ganha-s bèro tariéto 7.
— Qu'apère soun aprentís : « Aném, oueyat, planto arretiè et barqui8,
» gáhò-m et pè d'aquet chibau, aplátò-u sus ero couécho è tén-lou fèrme.»
Misèro qu'es bouté a tira ets claus det pè u per u. « You », se didou et
cabaliè, « nou harièy pas atau ; que couparièy et pè det chibau è qu'au
a boutarièy sus ero hòrgo ».
Moun haure, picat per aquéro oubserbaciou, que coupe 't pè, qu'au
place sus ero hòrgo è qu'au hèrre. Quan hou acabat aquét trabalh, qu'ère
'r ahè de tourna-u en plaço. Misèro que l'aprèsse dero còmo, qu'au saye,
qu'au tourne è birouléye9 de toutes eres fayçous, jamès et pè nou bouliéue
gaha. Qu'es s'arreplégue eres manyes dero camizo, qu'es grate 't cap,
qu'arnègue 10 coumo u carretè.
Et cabaliè, quan bedou Misèro ta 'mbarrassat, qu'en aou pietat.
« Aném, Misèro, bálhò-m aquét pè. » En apreça-u dero còmoya hou gahat.
Tout escournuflat" d'aquéro leçou, Misèro qu'es bouté a dide : (( You
» que soy mèstre sus mèstre, mès bous qu'èt mèstre absoulut ».
— « Aro, Misèro, quan bous èy à da dero bòsto Déno ? Nou èy ni só ni
malho, mès, boulét et cèu? ». — « Nani », se I'arrespoun Misèro sénse
plò d'arréflexiou. — « Alabéts, demandam-me très caudes, que les bous
» acourdarèy. »
— « Tout prumè, que bouy » se didou Misèro, (( qu'ét de qui 's sétque
» en aquésto cayèro 12 nou-n pousque pas sourtí sénsé 'ro mió permis» siou. » — « Acourdat ! »
— « En segound loc, qu'èy a u 'scarè 13 darrè 'r 'oustau : que bouy
» qu'ét de qui-y pouye nou-n pousque pas debara sénse 'ro mió permis« siou. )) — « Acourdat ! »
— « Anfin, qu'èy a en u cournè dero boutigo o,uo gròno mantégo 14 ; que

�124
» démandi qu'ét de qui s'y hique nou-n pousque pas yessi '5 ». —
« Acourdat ! »
Auto dauil, moun cabaliè que boute et pè en esderiéut lf\ que da dus
còps d'esperous at chibau, è que file pero gròno Carrèro ensus. En u
Santi-Amen y-aou disparescut...
l7
Aquet cabaliè encounegut qu'ère Sent Alôy , qu'anaue bizita ets sués
IS
counfrays d'Aulou, é en tout passa qu'anaué saluda ets de Guchén .
At cap de siéz mézis, ero Mourt qu'anò trouba Misèro è qu'au didou :
«Ací que sôy, Misèro,.que m'as a seguí. » — «Nou podi pas partí
9
» encaro », se I'arrespoun Misèro tout entrehaudit ' , « nou bedét pas
» qu'ey ouo hénno touto youéno dab u rnaynot eno poupo ? Qu'en eau
)) auméns dets ans de bito encaro ».
— « Aném, Miséro, qu'em cau seguí ! » — « Ya-y bòy anò, ya... Sédét» bous u moumént en aquéro cayèro è d'aquét téms qu'em boy aparia
» è hè ets adiéus ara familho. »
Ero Mourt qu'es sedou ; mès, quan boulou lhéua-s, impoussible. Que
20
prègue Misèro, que l'arréprègue ; at prou de suplica-u
aquéste que I'arrespoun : « Ya bous bouy dicha lheua, o Mourt, mès a ouo coundiciou :
)) qu'em darat detz ans de bito encaro.» — « Acourdat ! » — Ero Mourt
qu'es lheuá e que parti.
At cap de detz ans, ero Mourt que tourné ento ço de Misèro, mes nou
ère pas touto soulo.
— « Misèro, aro qu'ey et cop de qui-as à parti. Se nou bos seguí que
» som dus ací que t'amiaram. » — « Aném, ya-y boy anò », se I'arrespoun Misèro ; « dichat mé catça2' ets ahès è hè 'ts adiéus ara familho.
» D'aquét téms, pouyat bou n enta 'u 'scarè qu'ey a darrè 'r 'oustau è
» couelhét-bous y cauques escares, que les bous descadurarat22. »
— Ero Mourt è 't süé companhou que s'en pouyen ento 'r arbe.
Qu'èré u dió de balaguèro 23 ; ères mousques è 'ts tauòs qu'aus s'acarrassan 24 dessus. Ero Mourt que bouliéue debara, mès nou y aou pas mouyèn.
— « Misèro, Misèro », s'es bouta a 'sganida23 'ro Mourt, dechàt-mous
» debara, autaméns que sòm escanats. »
— Misèro que l'arrespounou : « Se boulet que bous dèchi debara,
» qu'em eau detz ans de bito encaro ». — « Acourdat ! » — Alabéts ero
Mourt quedebará è que parti.
At cap d'autis detz ans ero Mourt que tournò ento çó de Misèro dab
dus arrecòrsis. « Ara si », s'au didou 'ro Mourt, « qu'ey et còp de qui
21
» as a parti sensé hè 'rrepè ' ». — « Ebé, ya m bòy prepara, dicham-me
» anò 'rrehè et testamént è hè 'ts adiéus ara familho. D'aquét tems que
» bous bat hica en' aquéro gròno mantégo è que bous y harat arrepoud
» ouo pòdo. »
Ero Mourt que s'y hique dab ets sués coumpanhous sensé méfia s d'arré.
Quan né boulou sourli, biet-d'aze ! ero bouco dero mantégo que hou 'stacado è ligado.
«Misèro, Misèro, benêt mous auri », se cridauen touti très coum'
3
alébats \ Més, a loc d'auri ero bouco dero mantégo, Misèro que gahe u

�gran martèt, que truque, è qu'apatarre a bras-birat ero mantégo. Ets òssis
qu'aus cracauen ats de laguéns, coumo s'èren estadis entre 'res cachés
der' ous. Us crits, us brams ! que héuen arretreni 28 et cartiè.
« Misèro, Misèro, per amou de Diéu dècho-mous auméns ero bitounho.»
At prou d'entene-us a crida è yéméca29, Misèro, que hou tout estoumacat, qu'auri 'ro mantégo ô qu'aus dicha parti.
Misèro qué s'èré hèt biélh. Qu'arriba u moumént qu'ères sttes mòs nou
poudoun mès téngue ni martèt ni tialhes. En'hastiat dero bito, Misèro
qu'apera 'ra Mourt. Aquésto qu'arriba de cami. « Aro ya soy prèst,
» ya pòdi partí sense nòt arregrèt ». Ta dauit mourt, qu'anò truca
tout drét éno porto det Cèu. Sent Pièrro, et clauè, qu'auriscou ero pòrto
è qu'au demanda : « Qui es tu, se nou soy pas trop curious ? » — « Que
» soy Misèro de Sarrancouli ». — « Pusqué nou as pas boulut et cèu quan
» Sent Alòy, et tué patrou, au t'ouffriéue, tourna-t'én, ma hilh, nou y-a
» pas plaço assi ento tu ». — Misèro que s'en tournò tout pendouè 30 'nto
Sarrancouli, ... è qu'ey cour encaro.
I. 0"' anés non s'abize de demanda a caucu de Sarrancouli quin s'apère aquet bilatié
se nou 's bo arrépleta dab aquesto respounso bet cbinhau ernpcrthenlo : ■ Qu'ey et
bilatié de passa bèsties quan tu passes &gt;. 2. I.éyé et Irabalh det sabent counfray, I'. DE
CASTÉRAN, ■ La Lande de Hoc ■. 3. Synonyme de truca, i Même sens que l'espagnol cara.
5. Enfumé, noirci par le charbon. 6. Du latin repente « subitement ■. 7. Synonyme île scu.
8. Soufflet de forge. 9. Tourner en tout sens. 10. Faire des imprécations, expression .fréquemment employée dans la haute vallée. 11. Déconfit. 12 Synonyme A'escabilo. 13. Noyer ;
on dit aussi nongiiè. 14. Grand sac en peau de brebis où l'on conservait autrefois le grain
et la farine. 15. Sortir. 111. Etrier. 17. Saint-Eloi, patron des forgerons. 18 Voir "urieuse
statuette en bois au quartier ouest d'Anlon prés de la fontaine de ce nom. A Guchen, autel
de Saint-Eloi, a l'égl se paroissiale avant la Révolution. 19. Interloqué. 2". Supplier,
implorer. 2). Mettre ordre. 22. Action d'enlever l'écale verte. 23. Vent d'autan très chaud
qui se fait sentir parfois dans la vallée. 24. S'entasser. 25. ( ri perçant, du mol ganilèt,
gosier. 26. Reculer, mettre un pied deniére l'autre. 27. A perdre haleine. 28. Faire retentir. 29. Gémir. 30. Chancelant.

SOULUCIOUS DERAS CAUDES-RISCAUDES
N° 1. Ero campòno ; 2° Ero baco leytèro ; 3° Ett hum ; 4° Ero picòlo ;
5° Ett hiéns ; 6° Et pò en hour.
Fr.

MARSAN.

Létros déra Mountanhou
ITI
ERA

GABANOU

Quittam per aué éra descripeiou des bilatgés empourténs déras noustros bèros mountánhous enda mous oucupa d'un sujèt tout particuliè e
que merito certènoumént touto noustro atenciou :

�126
Era Cabánou !.... « Qu'é acó?» s'en disérats. — Un petit rédîiit
pròchi d'un causse ', abritateh des bénts e de io semplicitatch tout à fèt
rustico.
Per coubertu.ro, io gerbo espésso arrincado2 en courtau3 dam io rebassèro 4 e que sémblo dem madeich tròs, io parétch à pèiro séco de cado
coustatch e un bètch cantou5 éna pòrto, à causo des bisiturs empourtuns
que poudeyòn béngue frapa dam ëra net
Sabéts pla que s'en passéjo
de toutis e surtout am mietch daquéros soulitudos saubadjos.
Aqui pera bastisso dera Cabánou.
Enda droumi, es brabis mountanhès n'an pas besounh ne matalàs, ne
saumiè, ne palhasso.
Es très-quarts a pu près dera Cabánou soun oucupats per un liét de
camp fourmatch per io pèço de bouès que serbich de banc af founs,
debès ef fouc, e per touto garnituro io coucho dé braijcos dé sapi6 ou de
fouguèro que bous embaumou en rentran aqui dedéns.
Era chumenèio, n'è pas besounh de bou-n fè un loung pourtrèt : un
cremalh en bouès fixatch ena parétch, è, enda fè sourtí ef fum, un trauc
fèt dam lausos 7 en carratch, à dus mèstres à-pu-près ad dessus def fougalhè.....
..*,.

Aquet petit tablèu dera Cabánou nou bous dits pas eras maichantos
abitudos qu'existabon en nouste païs despuch qu'és paisans amioun bestlá
ena mountánhou, e nou y-a ouaire que siés ou sèt ans què un mèro
entelligént dera coumúnou agg a réfourmatch.
A parti dep prumô d ió dé mars ep paisant que boulhó io cabánou
qu'èro tengutch dé demoura-y dénquio ep prumè dió dé match8.
Quand on se figuro ém maichant téns que rènhou pla souen pendént
aquét més, eras tempôstos de ploujo e de nèu que duron cada còp touto io
quinziado, on sé fa io idèo déras soufrénços e deras gránous pribacious
qu'an souén suppourtatch es gardièns deras Cabánous. Mès d'un còp qu'é
arribatch qu'enda poudé sauba era bido en quauque malurous, caliô io
escouado d'ornes munidis de palos en bouès e de bourdous, que metiôn
tout un dió enda poudé delibra ep praube présouniè. Era cabánou qu'abió
desparescutch dijous un mèstre ou dus de nèu e mès d'un còp calió pla
counéche ep païs enda sabé oun se troubabo.
Figurat-bous era bido d'aquétch mountanhè, sense dió, sense bouès e
pla souén sense pa !
Ré d'estounant à troubá-le-y sense bido.

Enda termina ma létro d'aué, bous bau racounda un fèt qu'arribèc en
nouste pals e qu'es biélhis déra balèo sé rapèlon for pla.
I. Causse " terlre, rocher &gt;. — 2. Arriijcado « arrachée •. — 3. Courlau • l'endroit du
pacage ». 4. lîebassèro &lt; bêche ». — 5. Caillou ■ grosse pierre ».

— 6. « S^pin ■ : en

luchonnais, Yaubiélh. — 7. « Dalles plaies, ardoises ». — 8. Match • mai ».

�127
Era cabánou dera Sèrro-Nauto, am més d'abríu 1895, èro ouardado
nét et dió per un soulide galhart dera Ribèro qu'aperabon simplomént
Ramounét.
Es pastous d'Assac, un pasténc 1 deb besinatge, èron jalousis de bése
pèïche pes troupèus dera coumúnou eras bèros pelousos d'aquetch courtau, u des més pla plaçats d'Ustou.
Qu'abiòn proujetatch dé prouflta déio nét escuro, è, sense brutch, d'ana
surpréne Ramounét ena cabánou pendént qué droumiyó : è quin poudeyó résista ?
Siés ou sèt òmes baléns be-s rendeyón plamèstres d'u
estrangè, per ta soulide que fusso !
Més Ramounét, qu'abió io mestrésso en bourdau 2, que fuc abertitch
adrétomént per soun fray. Acó se í'èc que digu des pastous d'Assac nou-y
counpreiiguéc ré.
Era nét beiígudo, nouste gardièn n'abio fèt abertí es siébis camarados ;
qu'amièren dam éris, ab barrant dera nét ', un gros ca de mountánhou, Balént, que s'èro batutcli dam et sangla et caiique còp dam mestre
Martí4.
Debès miéjo nét, es d'Assac arribon armadis dé bastous e de io barro
de fèr enda poudé fourça era pòrto, ab besounh.
Ramounét è's siébis coumpanhous empachèren Balént de jaupa dénquio
que fusson renduts
De ta lèu qu'és d'Assac saijèren dé bouluda5 ec cantou dera pòrto, ec ca
sé lanço coum' un lioun eichus éris, se met à jaupa addarrè, è toutis es
bergès d'Assac d'escapa-s, perseguidis pet terrible ca dé mountánhou
qu'es siébis mèstrés alissabon, en toun lançan-les grossos pèiros.
S'en anabo pla téns qu'es pastous d'Assac arribèsson en ço siéu ! Nou
parlèren pas d'i tourna d'aquet sé !...
Valentin

BARDOU.

Ustou, juin 1906.

U PUNHAT D'ARREPROUÈS
dera Laméza
A casa mia,
Per ta prauba que sia !
Caséta mia
Per qué nou t daria !
Bau mès bouna yén
Que or e arièn.
1. Paslei)c « pâturage •. — 2. Bourdau ■ hameau ». — 3. A la tombée de la mut ». —
4. L'ours. — 5. ■ Essayèrent de faire bouger «.

�128
Bau mès yén
Qu' arién.
Qui louy es maridarà
Troumpara ou troumpat serà.
Afrountat
Couma et gat.
Duas hilhas e ua may
Soun tres diables ta u pay.
Pa e bf,
Bita de couqui.
Arquét det maiti,
Plúia pet camí ;
Arquét de meidia,
Plúia tout et dia ;
Arquét dera brespada,
Plúia passáda.
Entre Mars e Abriéu,
Cánta, coucut, s' ès biéu.
Anada de hé,
Anada d' arré.
Qui ba ta Mountégut1
Soun sèti2 qu'a perdut;
Qui ba ta Mounsarrat3
Soun sèti qu'a troubat ;
Qui ba ta Mountaubá *,
Qu' on lou-n tira pera má.
Talhur,
Boulur :
Pána retalhs5
A còp de tistalhs,
Pecétas
A còp de cassétas.

A segui.
Sylvain

VERDIER.

Parla d'Auezac-Pral (canlou de Labarlo-Nèslo), cap deras Lanas dera Laméza.
1. Village de la vallée de la Nesle.
2. ■ Siège, séjour ».
3. Lieu de pèlerinage situé en Espagne.
4. Mountalba-de-Carci, que hasé d'autes cops u gran coumèrce dab era bal d'Aura.
5. Rognures d'étoffe.

�129

Le « Patois » va-t-il mourir ?
Le a Patois » va-t-il mourir ? Voilà, ce nous semble, une question
des plus intéressantes à traiter, à l'heure surtout où nos vieux dialectes
méridionaux, sortant inopinément, à l'appel des Félibres, de leur apparente léthargie, font entendre, dans des revues et des poèmes fameux,
de mâles accents, accusateurs évidents d'une forte vitalité. A l'heure aussi
où nos plus savants linguistes étudient à l'envi nos idiomes méridionaux ;
certes, nous ne disconviendrons pas de la finesse, de l'habileté spécieuse
des dissertations grammaticalo-historiques, servies par nos « francisants »
outrés. Mais autrement solides sont les conclusions de nos grands romanistes, les Jeanroy, les L. Meyer, les Chabaneau, les Bréal, les Grammont, les Anglade, les Clédat, les Bourriez, les Constans, les Millardet,
et tant d'autres que l'Europe nous envie : car elles ont tout le mérite que
peuvent donner — et Dieu sait si nous les dédaignons ! — une science
éprouvée et une expérience indiscutable dans l'art de compulser les textes
anciens ou modernes et de disséquer les éléments du langage parlé. Nous
objeetera-t-on les nouveautés qu'introduisent, dans toute langue d'ailleurs,
les changements subis par les mœurs et les usages populaires ? Malgré
tout, nous persistons à croire que l'exécution sans phrases de nos idiomes
locaux est plutôt un rêve étatiste qu'une réalité prochaine. Nous allons
en fournir quelques preuves.
ï. — Nos populations rurales sont, au fond, essentiellement traditionalistes. Non pas qu'elles renient l'idée de progrès, et qu'elles refusent
en général, et pour l'exploitation agricole en particulier, les précieux
avantages dûs à l'industrie contemporaine. Autant que les « citadins »,
elles ont horreur des ténèbres de la réaction, dans le mauvais sens de ce
mot. Avec empressement, avec reconnaissance, elles acceptent les inventions utiles et sérieuses, capables d'adoucir, d'améliorer, d'accélérer les
travaux des champs. Au moment où nous écrivons, les machines les plus
perfectionnées ont pénétré chez la généralité des propriétaires : charrue
à défoncer, faucheuse, moissonneuse, etc., se rangent côte à côte sous
les granges spacieuses. L'antique charrue au soc de bois (er arnéch) ' a
déjà disparu de nos contrées ; dans un avenir plus ou moins rapproché,
nous n'aurons plus, — pour nous en servir au jour le jour, — ni la faux
(et dalh) ni la faucille (era ham). Mais le mot original sortira-t-il du
vocabulaire gascon ? Allons donc ! ce serait oublier le baptême imposé
aux innovations en question. Nos campagnards « pur sang » continuent
à appeler la défonceuse « er arnéch àdêfounça » : la faucheuse ou la moissonneuse « era dalhuso », du mot dalh employé comme radical, « enta 's
prats ou enta 't blat)); le râteau mécanique « er' arresteluso », du mot
I. Les exemples que
(Hte-Gne).

nous citons sont empruntés au

parler du canton de Bimlot/nc
, '

�130
arrestèt employé comme radical, et ainsi de suite. Ils gardent donc le terme
gascon, se contentant d'en étendre le sens, ou de le préciser par une
légère addition, ou, tout au plus, d'en tirer un dérivé bien dans le génie
de leur langue. Us laisseront aux faux savants le soin de « patoiser )&gt;
malencontreusement le français.
II. — Nous n'alignerons pas d'autres exemples ; à quoi bon ? Nous
aimons mieux citer à l'appui de notre thèse un autre fait incontestable.
Le 8 mai 1790, l'Assemblée Nationale fit publier un décret par lequel
l'uniformité des poids et mesures était décidée. La loi du 4 juillet 1837 a
rendu le système métrique obligatoire. Depuis cette époque, en effet, officiellement il n'est plus permis de se servir des anciennes mesures. A qui
fera-t on croire cependant que nos générations ne connaissent pas à la
perfection la valeur, la signification d'era liuro (1/2 kilog.), det pichè
(2 litres 1/2), dera tasso (1/2 litre), der escut (3 fr. ; 100 écus = 300 fr.),
d'et journau, d'et casau (33 ares, 33 centiares) ? On a retiré de la circulation les petites pièces divisionnaires de la monnaie de cuivre ; mais les
clients diront toujours , bau pas un ardit (jadis un liard, puis un centime), et les marchands répondront du tac au tac : te-n tirerèi pas un
ardit. De même, — à moins de supposer que « le paysan » ne se rend
pas compte de ce qu'il dit, — les expressions : « abare coumo un calèi »,
« que ,cos un calèi », etc., rappelleront les ustensiles disparus. Conclusion : le langage gascon demeure foncièrement intact, et ne tend guère
qu'à s'enrichir. N'en doutons pas, les décrets législatifs ou autres laissent
parfaitement vivante une langue parlée par des millions de citoyens.
III. — Car, qu'on nous permette de le noter encore, si nos chers
compatriotes rougissent parfois d'employer en public, devant certaines
personnes, le parler ancestral — nous avons eu l'occasion de le dire—■
c'est qu'ils obéissent à une sorte d'orgueil mal placé. Rendus à leur vie
ordinaire, à leur société habituelle, ils reprennent, si l'on peut dire, leur
alphabet de prédilection, et ne veulent plus de mots ni de lettres étrangers
à leur milieu. Nous voudrions connaître l'impression du Parisien échouant
dans notre province, écoutant les conversations qui se tiennent devant
l'àtre de nos campagnes. A coup sûr, notre hôte d'occasion ne conclurait
pas que le patois — disons plutôt le gascon — est en train de mourir.
IV. — A l'instar du reste de ses semblables, le Gascon ne dédaigne
pas de conter à ses enfants le doux passé, d'être, par moments, le laudator lemporis acti chanté par Horace. Alors que sa progéniture se plaint
de l'inclémence des temps, de la fatigue, des ennuis inhérents à la tâche
du jour, il n'est pas rare d'entendre sortir de la bouche du père l'une des
réflexions suivantes: « Ah! praubòts, se bous calèuo hè coumo jou
d'autes cots: téygue et dalh, er' arnéch un més de tiro!... Que bous
plagnéts d'et petròl! E doun er' arroudio, et calèi!... Que sots auastats
at dio d'aué ! » Vous devinez la suite, la série des explications naturelles. Et ces souvenirs demeureront fidèlement gravés dans la mémoire

�131

de l'enfant;. qui ne se fera pas faute, à son tour, de les transmettre à ses
descendants.
Somme toute, grâce à cette tradition orale, renforcée utilement par les
ressources incomparables du parler journalier, nous sommes tranquille
sur le sort de nos idiomes méridionaux1. La source où Jasmin, Mistral
et tant d'autres ont puisé n'est pas près de tarir. On nous le prouve assez
souvent sous des formes différentes, en prose et en poésie. On nous le
prouvera encore, et on ne nous empêchera pas d'applaudir !
B. DAUBIAN
à VïlIefranche-d'Asiarac (Gers).

Moussu Sarriéu,
Perdonnat-me, qu'éy bergounho ; qué nou-m gosi presenta. Dempus ta
loungténs que demourat u counde det Cantau ! Que m'auét anounçat ena
Bouts, que m'auét hèt tira 'r aurélho per moussu de Valdor, que de cops,
moun Diéu ! E ara fi, quan bous béngui parla déts félibres de Paris, qu'ey
at cap dé u més !... Moustardo après disna.
Fòrço yént, coumo cad'an, à Scèus (« Sceaux »), et purmè de Yulh ; de
très à cùate cénts persounos : dera Proubénço sustout, dera Drômo, dilhèu de mès ella, è det nouste païs tabé, pusque y-èrom toustém dus, u de
Nistôs, M. Maupomé, licenciât de létros, e dauit douctou en drét, è et
bòste serbldou, dét Cantau.
Moussu de Valdor que preténd qu'et Cantau qu'ey... en Aubèrnho;
qué l'ac an dit à París, ena maisou coumuno det VIIIe ; que l'ac dèchi
.crése, pusqu'eu hè plasé è que nou-m hè nat tort à you, né at Cantau
tapoc.
Doupcots qu'èroy en noumbrouso è beròyo coumpanió : tout ço que
y-a de mès distingat, de més escrequit2 a Paris des païsis deras chigalos
è des grilhous. Quinos tùalètos ! Quin parladís ! E quin plasé de trouba-s,
per u bèt téns parèlh, at mèy d'aquéro berduro è debat aquéros oumbros
dét Parc dé Scèus ! Quin plasé tabé d'enténe à parla, coumo parlat bous,
quand bous y boutât, è moussu Dasquo d'Anèros (uo biélho counechénço),
è moussu de Valdor, è moussu Cau-Durban (qu'eu bous arrecoumandi,
aquét...) è tant d'autes dera 'Scòlo déras Pirenéos, qué destecan ta berôy
et nouste biélh parla de Gascounho.
A Scèus, que parlauon prouvençau : oh ! dab quino perfecciou tabé, sió
en pròso, sió en bèrsis ! E qu'ey ayèuo mounde de qualitat, e dera poulitico, è dét teatre : M. Tournié, députât de Pámios, M. Devèso,- députât
det Gard, M. Faurc. sénatou dera Drômo, M. Duparc, « de l'Odéon »,
1.

Nous n'avons eu l'intention d'étudier

qu'un seul

pourrait faire des réflexions analogues pour tout le reste.
2. &gt; choisi ■.

côté du vocabulaire gascon : on
fi.

t).

�132

Madamaisèlo Irma Perrot, etc. etc. ; è cantaires, è cantáiros det Counserbatòri, è cansous è cansouétos dét téns biélh è det païs...
Que bous dèchi à pensa se y-a mancat arré 'n aquéro court d'Amou....
Et présidént souloméns qu'a mancat, M. Sextius Michel. Dempus bèttens-a qu'amiauo cad'an es felibres en pelerinatye enta 'fa maisou de
Flouriai). Engùan qués'ey mourt aquet òme aimable, è touts és de qui l'an
counègut qu'éu se plouron ei;caro. En u an d'ací qu'aura sa statuo decosto Flourian, Paul Arène, Aubanèl, en cementèri dé Scèus, at tour
dera glèizo. E qu'ey aura, coumo engùan, mas graciousos enta courouna-u, è pouètos enta canta sa glòrio. Que mous ac a proumetut et mèro
de Scèus, M. Château (éts de Pinas que diseriôn Castex). Qu'ey ét que
mous a bengut arrecouélhe ena garo e qu'ha coundliit et courtètge iió
0
arrèino de cado 'strém, era ancièno, M' Rouche, sé nou-m troumpi, è
10
'ra nauèro, M Massip.
Pla countént que sôy de m'èste troubat en aquéro reüniou. At cap de
u an passat à 'sperouca philosophie, grèc è lat i enta's Parisièns der'
Americo, dera Nourmaudió è der' Ariéjo, qu'eỳ u regal de prince de cambia per u dió de léngo, e de matièro, è de disé-s, en pensa à bous è ats
escriùants è parlaires dera 'Scôlo déras Pirenéos, qu'auét tout ço que eau
enta hè auta bièn, è dilhèu nielhou.
Parla del Caiilau de Tuzaguet, c. de Sen-Lauréns (II.-P.).

1

MISTRAS,

MIGOS,

.

J.-M.
•

BARRÈRE.

MILMAS

Las pianos de la Gascounho soun lou païs de la milhòco : despuch
Juin, quan sous pès couménçon a berdeja-'u ras dou sòl, dinquo Setéme,
quan se courounon dou panache rous de l'eslou, y l'ournomént de nòstos
campanhos ; en iuèf, sus pénjos amagon las poutrèlos ahumados, hèn
coum' iio bouto blanco-'u dessus de la couzino e rejouïssen lous ouélhs ; la
milhòco 'nfìn ei estado lou blat dous praubes, en dabiios anados de
mizèro, e, dame sa hario, es preparon encouèro mistras. micos e milhas,
las gourmandizos bien simplos de noste païs.
2

Bézi 'ijcouèro la biélho goujo 'n trèn de presti en un banoun, la pasto
dou mistras ou de las micos : l'aigo d'un coustat, la hario de l'aute, biro
3
'n pauc de la iio, tourno iio brico de l'auto, e damous puns hounho e
birouléjo la pasto. Es serbich enta-u mistras d' iio aigo touto jauno,
d'oun an bourit cauques talhucs de coujo. Y bouto, 'nta-u hè ounfla, un
boussin de leuadé, iio brico de sau. Lou lendouman, hera d'aquéro pasto
1. Mistras: dizén labe lou mésturèt.
2. ■ Gâteaux •.
3. » Servante; »,

�133
1

dus couquéts rouns, que boutera a còz' au hour diguéns iio salèro.
Tirat dou hour, lou mistras y un pan a crousto bruno, dam' un micas
blanc, un pau mòt e masslu.
2

Las micos es hèn platudos coumo còcos e cozen sur la là , surbrazado
d'abòrt, e balejado après dame souèn. Enta-us balha coulou, on las usclo,
en y hè brunla per dessus un punhat de hauguèro. Quan la couzinèro y
pressado, la mico y couéito a la padéno, e après passado sur la grilho 'nta
la hè rousso e daurado.
Lou milhas es hè surtout après la couzino dou porc ou de las aucos.
Quan la pairol' oun a couzut lou salat y prèsque bouéito, que nou demoro
3
4
pas mès au houns que cauquos coussados de grècho e cauques heritous ,
5
la moulhè y ahintouo 'n boun ahè d'aigo. Talèu qu' aquer' aigo bourich,
esparico per dessus, a petitos bricos, un bouchèt de hario passado-u sedas
0
7
fin. Dame la spléno 'mbirouo tout douçomént enta 'maraMa hario
lJ
sense que-s hèsco nat couquilhoun . Pendent diios ouros la pairòlo bou
rich sur un boun houéc, e on a après iio pasto blanquiùzo réde bouno
touto caudo dam' iio brico de sucre per dessus.
Quan éi a mitât defredat, lou milhas y boueitat diguéns iio brèss' oun
an esplandit un drap blanc. En la pasto miei-mòdo l0, la couzinèro berçguera coupa cado jour de bères talhucs, slo 'nta-us hè roustl sur la grilho,
sio 'nta-us fricassa a la padéno.
En un téns que nou m'ei counegut que per n'aué 'ntenut a parla, lou
milhas, las micos e lou mistras se soun minjades fauto de pan. La pairòlo
e la méit " bisti bouéitos, nou s pliauon ne prou, ne osta souén qu'aurén
boulut lou praube mounde. Ent' aquéres que soun jouénes encouèro, lou
mistras, las micos ou las armòtos de milhòco ne soun jamès estades qu'un
plat de fantezío, minjat per gourmandizo.
Aro, sai plan qu'y a fòrço gòrjofìnes que mous harén pas ouaire cas
d'aquéstos paizantos pastisseríos ; diguon ço que boulhon ; en chauti
d'ères e de sas trufandizos ! Soui bièn sigu 'n rebénjo, que coumo jou
fòrço gascous an dechat, mès d'un cop, lou pan de hourmént, enta planta
las déns dame bien mès de goust diguéns lou pan ou las còcos de milhòco.
U.

LACAZE.

Parla de liilofranco-d'Astarac, carjloun de Loumbès (Gérs).
1. • Damons » est « dame tous &gt; contracté;
« enta lou ; ■ pou ■ est pour ■ per lou », etc.

de même ailleurs, « euta'u &gt;

est pour

2. La là (ailleurs la lar) la sole du foyer (ailleurs appelé » lari ») ; on dit ■ solo . surtout
pour le four.
3. Coussado « contenu d'une cùsso (grosse cuiller) ».
4. ■ Fritons ».
5. Ahinloua ■ ajouter ».
6. Spléno, « petit bâtonnet pour tourner la soupe aux choux, les bouillies, etc. «
7. Embiroua « tourner une sauce, une bouillie... etc. «
8. Amara, vieux mot qui signilie t mélanger, mêler ».
9. Couquilhoun » giumeau ».
10. « A demi-molle » (mòt, mòdo).
11, La méit : le pétrin d'abord, et la huche dés que le pain est cuit.

�134

COUNTES DE LA GIMOUO

VII

'adréço dou Cap-pounchut

L

Le Cap-pounchut ey teehenè de soun estat, mès aro nado hénno bo
pas hila e le Cap-pounchut hè pas ouaire mès d'úo telado per an.
Alabéts s'en ba à la caço dambe le permis debat la solo des souliès.
Suloméns tourno cado cop dambe l'abrassac bénte-flac 1 : — les us
disen qu'ajusto pas de drét, les autes que le bénen ploumb de trauès,
d'autes que les lapis soun pas prou grosses.
Sa hénno en'hastiablo diiic 'au darrè calhiuè2, échourdouso 3 le Boun
Dlu bou-n presèrbe, repoutegairo 4 ac boulhòts pas sabé, li enloubich5.
Daquéstes jours le Cap-pounchut perdouc paciénço e l'afustèc le fusilh
de caps coumo qui le bo hè passa le goust dou pan.
Ero pas qu'enta-u hè pòu....
Sabéts, la hénno se carèc côp-séc : aurén dit qu'un sarralhè l'auèo marterat úo herraduro su la gòrjo.
Quoiqu'aco, le Cap-pounchut troubèc qu'èro lètch : tabé l'endouman
boulouc hè cara sa hénno d'ûo nhaute faiçoun.
Hè semblant de parti à la caço, mès s'en ba au marcat e croumpo à
houéc d'argént6 úo lèbe tiiado dempus siès ou sèt jours e bèro coum úo
canho.
Entout la se tira de la biaço 7, ça dits à sa hénno :
« Seras counténto, aro ?» —
Le manco un tour s à la hénno dou Cap-pounchut, e coum' úo pègo se
boutée a rise dé-caps la lèbe en tout ensenha un resteliè de déns claros e
loungos coumos las púos d'úo bibalo9.
— (( Hè », ça dits, en tout la flaira, « s'en anauo téms que la tiièssos,
« coumençauo de pude »...

10

H.

DAMBIELLE.

Parla dou cantoun de Loumbéz (Gèrs).

1. Vide.
2. Série de trous au timon de la charrue. C'est a l'un de ces trous qu'est fixé le crochet
du jong.
3. Ennuyeuse.
4. Mal raisonnable.
5. Mot. à m. &lt; traiter de loup », — insulter, agacer fortement.
6. A houéc d'argént, mot à mot « a feu d'argent » — c.-à-d. très cher.
7. Besace.
8. Le mai?co un tour, expression pour dire que quelqu'un est simple.
9. Râteau en bois pour ramasser le foin ; « las puos » en sont les dents.
10. Sentir mauvais (être faisandé à l'exeès).

�135

^

A Moussu de Bardies
President de 1' « Escolo deras Pirenéos »
Paris, 16 de Jun 1906.

Que-ts arremèrci plan, brabe Moussu, de boste paperot pirenénc : lou
pitchourrét de l'Ars qu'es rede beroy ; e lou boste embit, que m'en podets
crese, que m'a dat ue gran hami de descourdera-m la bousséte e d'en tira
tres ou quoate oelhs de grapaut end' ana bese tout acò.
Mès, se m'at déchets dise, qu'èri de 1'. « Escolo deras Pirenéos » forces
jours j'a, auant que lou mèste en pè de la Plaçe-du-Bartas, lou brabe
M. Sarrieu, me boutèsse sou papè.
Que n'èri, coum Gascoui? blous e sancé : que soui basut en plen païs
d'Armagnac, déns lou cantoui) de Cazaubouii, d'un pai gascoui) é d'ue mai
bernése ; e qu'estoui, tout joenot, esglaziat de bese, per deia la plane dou
Midou, bostes mountagnes oèi blures de broume, douman blanques de néu
à eslugragna ;
Que n'èri, coum amic courau dou parlà, de la terre, de la bite, de
l'amne dous bielhs : lou men prumé latin qu'estouc ço que lous francimans apèren lou patoès ; mous prumès bèrs — que hèn touts cauque
peguésse pou tour de 18 ans ! — qu'estoun bèrs en patoès ; la prumére
besite qui-m soubengui qu'estouc la d'un bielh castèt, cazut a tros e tout
arrougagnat d'arroumègues e de drèjes, qu'oumprejaue ma maisouit ;
Qu'èri tabép de boste « Escolo » coum hazedou d'armanacs : qu'a
dèts ans j'a, sabéts, que disi couiounades aus moussus e aus paisans de
praci, à resoun de tres sos per an, dens VArmanac de la Gascougno ! E
se demandets à las gens dou Gers se counéchen lou Cascarot, que beirats
que bouleran touts èsta parénts dat jou, ou pou méns tagne-m caucoumét. Atau doui)c :
Ço que pensets, qu'at pensi coum bous ;
Ço que hèts, qu'at hazèi auant bous ;
Ço que hassets, qu'at herèi dat bous.
Adechats, brabe Moussu, que bous sarri las dues mas.
Lou
Parla dou Cazauboés.

CASCAROT.

�136

COUNDES-ARRENDUTS
XI :

PROVENCE.

Il nous reste à dire un mot des nombreuses Revues félibréennes de
Provence, rédigées en entier ou en partie en langue d'Oc. La Provence,
d'où est sorti le Félibrige, est encore la région de l'Occitanie où il est le
plus brillant et le plus vigoureux.
Signalons d'abord les publications officielles ou officieuses : Lou CARTABÈU,
registre des actes du Consistoire et du Conseil général du
Félibrige; Lou FÉLIBRIGE (dirigé par J. Monné), recueil abondamment
documenté des faits félïbréens et des progrès de notre œuvre ; PROUVËNÇO !, journal mensuel, tout entier en provençal comme Lou Félibrige,
et qui combat vaillamment, sous l'inspiration directe du capoulier P.
Dévoluy, 'pour la cause de notre langue et de nos traditions méridionales.
On sait que le provençal proprement dit s'avance vers l'ouest jusqu'au
Vidourle : si l'ancienne province du « Languedoc » était loin de comprendre, vers l'ouest, tous les parlers proprement languedociens, inversement tout son nord-est appartenait et appartient encore au provençal.
De là, du département du Gard, est venu à l'Escolo deras Pirenéos un
salut amical. « Vivo voslo Escolo di Pirenèu I que, gairardo e valènto,
» s'espandigue au soulèu. Vivo Coumènge e Couseran, e Vivo Prouvènço ! » Voilà ce que nous écrit A'Aies (marcho de Prouvenço) Roger
Brunei, Rédacteur en chef du PAYS CÉVENOL. À notre tour, nous souhaitons longue vie à cette amusante et active gazette ; puissions-nous
voir nous aussi, dans nos régions des hebdomadaires ou des quotidiens
rédigés entièrement ou dans une large mesure en langue d'Oc !
LE MIDI ET LE NORD (Niort-Paris) franco-provençal (ouvert d'ailleurs à tous les dialectes méridionaux), décentralisateur, artistique, littéraire, se propose de faire connaître aux Français du Nord notre langue
que beaucoup d'entre eux méconnaissent ou même ignorent entièrement,
11 y a là, en effet, une grande injustice à réparer, et, dans les programmes officiels ou les connaissances générales d'un « honnête homme »,
une grosse lacune à combler.
LA REVUE DE PROVENCE, surtout archéologique et historique, LE
CLOCHER PROVENÇAL, plutôt littéraire, ouvrent largement leurs pages à
la langue provençale : avec eux, nous proclamerons que notre langue
mérite l'attention de tout esprit cultivé. Lou GAU (« Le Coq »), Lou
RAMPÈU (« Le Tambour »), rédigés entièrement en provençal, emploient
l'idiome local à la vulgarisation scientifique, aux discussions politiques et
religieuses elles-mêmes : avec eux, nous maintiendrons que la langue d'Oc
peut servir à tout et nous travaillerons à le montrer toujours davantage.
— Nous avons à peu près achevé de présenter à nos lecteurs les Revues
qui font échange avec Era Bouts dera Mounianho. Désormais, nos
compte-rendus se contenteront d'en signaler les articles les plus intéressants, et se proposeront surtout de faire connaître comme ils le méritent
les beaux ouvrages poétiques qui font de la littérature occitanienne, à
l'heure actuelle, « la plus vivante des littératures de l'Occident ».
B. S.

Cl.0.0.
BÈZÌERS

�DE ÇO QUE PARLARÀ AQUÉSTO 'RREBISTO
« Era Bouts dera Mountanho » que s'oucupará de literaturo, de ciénço,
è de tout ço que pouirá enteresa ef Felibridje.
Coumo 'rrebisto literário, que pubblicara poueziés, coundes, noubèles,
è auti bèri (è coumbenabbles) escriéuts en léngo gascouno.
Qu'estudiarâ es parlaz gascous, enta hè-les eounégue è aprecià.
Que serà erouzo tabéi? de liè paréche touti'z biélhi doucuménts eij
gascoui) que l'au pouiran èstecoumunicats.
Coumo 'rrebisto cientiftco, sense cap de pretencioun, que balhará —
ei( gascouij — quauques crouniques que s'arrepourtarán as ciéncés
teouriquez è pratiques (matemàtiques, fizico, cbimió, agriculturo, igieno,
endustrió, etc.)
Nou lichará pas tapòc de coustat era istòrio è Js soz enchinhoménts.
Que pouirá mémo trattá quauques questiouz de mouralo.
Enfili, que teiigüera 's sòz lectouz ac courént dez òbrez des Felibres
è dem moubemént felibrénç.
Ta 's coundez-arrenduts des louz oubradjes que soun pregats ez autous
d'embouiá-lez en doubbl'egdzemplári, en tout endicá-mous, se cau, ep
prêts dez boulumez è'l liberaire aoun es troben.

Edj abounomént ara « Bouts déra Mountanho » qu'ei de 3 fr. per an ;
è nou sera paz majourat, mémo s'era nòsto 'rrebisto béiî a groussi è a
paréche cado mès. Mès qu'eiîgadjam ez nòsti brabez abounats a balhámous, s'ap pòden, era lou adezioui; coumplèto.
Cado mémbre dera nòsto 'Scòlo que hará soun pousibble ta proucurámous, ta lèu qae pousque, mémbrez agechénls noumhrouzi : mès seram,
è miélhou pouiram hè. E, mèz encaro, cadun que mouz boulerá ajudà det
son sabé è déra sio plumo.
Es qui nu-an paz encaro pagat era lou coutizacioui) que haran bièn
d'embouid-lo sénse destrigd-s : atau qu'ezbitaran frèsi.
Adreça-s ta tout acró, pem moumént, a Moussu B. Sarrieu, 8, plaço
Du-Bartas, Auch (Gèrs).

BOUGABULARI GASCOUN
Que haram paréche en aquésto 'rrebisto, debadj et titre de « Boucabulari gascom? », listez de mòts e d'espresious tiradez dez dibèrsi dialectez gascous. Que i-á en gascoui! fòrço tèrmez è tournures qu'es tròben
presque semblabbles en francès, è que soun coumprenuts faciloméns
mémo pes qui nou counéguen paz gúaire 'ra nòsto léijgo : nou serà pas
necesari d'endicá-les acitau. Que mous countentaram de noutá, en tout
endicá-n era proubenénço è balhií-n era traductcioun francézo, es tèrmez
è'z loucucious tgue prezentaran quauco particularitat o quauco dificultat ;
è d'aquéro manièro que trebalharam a mantéiìgue è a estiéne 'ra counechénço dez arrichéces del lengùadje dez nòsti páis.
Tadaquér'òbro, qu'auram bejunh der'ajudo de touti'z nòsti amics ;
qu'esperam que nou mous hará paz défaut. — Que haran bièn tabép
ez autous, s'empléguen bec-còp en louz artiggles quauque mòt pòc uzitat
o tròp loucau, de balhá-n en nòto 'ra sinhificaciouij.

�STATUTS DE L'ESCOLO DERAS PIRENEOS

ART. 1. 11 est fondé, pour la région gasconne de la haute Garonne et
de ses affluents, une École félibréenne qui prend le nom d'Escolo deras

Pirenéos (Ecole des Pyrénées).
ART. 2. Le siège de l'Ecole est à Saint-Gaudens. — Elle comprend
trois grandes Sections : 1° Haut-Comminges, Nébouzan, Quatre-Vallées
(Saint-Gaudens) ; 2° Bas-Comminges (Muret) ; 3° Couserans (Saint-

Girons),

i

Le but de l'Ecole est de maintenir et de relever la langue
gasconne du Comminges et du Co.userans, de conserver les traditions
et les usages locaux, et de développer la vie régionale.
ART.

3.

ART.

4.

L'École s'interdit absolument toute polémique politique ou

religieuse, soit écrite soit orale.
ART. .'j. Les Membres actifs paient 6 franc* par an, et ont droit au
titre de Félibres et à toutes les publications de l'École. — Les Dames
sont admises. — Les Bienfaiteurs de l'École pourront être déclarés par le
Bureau général Membres honoraires.
ART. (i. B est recommandé, en envoyant son adhésion au Bureau
général, d'indiquer, en outre de l'adresse, le lieu d'adoption au point de

me dialectal.
7. B y aura des Groupes locaux là où plusieurs Membres actifs
au moins) décideront d'en établir un. Tout Groupe devra se rattacher

ART.
(5

à l'une des trois Sections.
ART. 8. Les trois Sections et les Groupes jouiront de la plus grande
autonomie, à la seule condition d'agir conformément aux Statuts, notamment de respecter les articles 3, 4 et 3, et de se tenir en rapports avec le

Bureau général.
ART. 9., L'Assemblée générale de l'Ecole, composée de tous les Membres actifs, doit se réunir une fois l'an. Elle peut modifier les Statuts à

la majorité absolue
Art. 10. Le Bureau général est élu au scrutin secret pour 3 ans par
l'Assemblée générale. Il est composé d'un Président, d'un Secrétaire,
d'un Trésorier, et de trois autres membres, ayant rang de Vice-Présidents
et représentant chacun l'une des trois sections de l'École. — Le vote par
correspondance est admis pour cette élection.
ART. 11. Les questions relatives à l'administration de l'École, à ses
publications, à ses fêtes, à ses relations extérieures, sont réglées par le

Bureau général.
NOTA. — Le Bureau provisoire est maintenu pour une année. —(Rappelons sa composition : Président, M. dè Bardies ; Vice-Président,
M. l'abbé lhifor ; Secrétaire-Trésorier, M. B. Sarrieu, 8, Place du-Bartas, Auch ; Assesseurs, MM. Cau-Burban, Daubian et Teulié.)

\

Le Gérant:

N.

A RADIE.

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