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                  <text>ESCOLO

DERAS

PIRENÉOS

(GOUMÉNGES, QUATE-BATS, NEBOUZAN, COUSERANS, HAUTO GAROUNO)

ERA BOUTS
DERA

MOUNTANHO
ILLÏÏSTRADO

QUE

5

M0

P'ARECH

ET

15

DE

CADO

ANNADO

MES

CADO NÜMERÓ

Abounomént :

3 fr. per an

ci n.o.
BÉZiERS

SEN-GAUDENS
EMPRIMARIO

E

L·IBRARIO
1909

A BA DIE

�SOUMARI
Pages

1. — Le Roman félibréen : II. Les Routes de Gascogne et l'Empire du Soleil, par Armand Praviel, E. LEVRAT. ..
H. — Et Loup è 't Ca, J. DASQUE
III. — Eth Hùéc de Jòyes, per Sent Jan, à Arête, en Baretous
(fi), H. PELLISSON. .,
IV. — La Counflturo, J.-M. SERVAT
~ V. — Noubèles. — Et Ci??quantenari de Mirèio è 'ra Sénto'Stélode 1909. — Nauèts Counfrais. — Dos. — Autes
noubèles felibréijques. — Era nòslo Felibrejado de
1909 è 'ra nòsto 'Rrèino, B. SARRIEU

93
Í00
101
104

105

Noubèles, fseguidoj
AUTES NOUBÈLES FELIBRÉNQUES.

— Béii de paréche a Era 'Rrenechénço », coumedió mouralitat en bèrsi
è pròso, luchounés è franchimant, per M. B. Sarrieu (Sarthe, Luchoh,
1 fr.). — Prèst ta paréche, det madéch, Et Perdut, pastouralo.
— Er' aboundáncio des matières que mous oubbligue de hè demoura 'nca'ro et Counde-'rrendut det Coungrès pirenéifc de Toulouso
dera fin det mès de Mars passat. Que serà, j'agg esperam, tat N° que béi(.
— Atau madéch uij artiggle de M. A. Lamothe sus « La lialhèro de
Sen Jùan en Armanhac ». En aquéste, era fií? det beròi artiggle de M.
Pellisson sus aquéro hèsto à Aréto, en Baretous. Bét et nòste N° de SenJùan d'araigùan, è tabép, en Ie Buletiiî d'eiigùan dera Soucietat arqueoulougico det Gèrs, p. 13-21, edj artiggle que parle de « La Saint-Jean et
la Noël » è que balhe arrenchinhoménts sus aquères hèstes deùuts surtout à MM. Fontan, dedj Armanhac, è mémo un bètch counde de Nadau.
— Qu'ei dap péno qu'auém aprenut que nou parecherié mès « Lou
Felibrige », era ta coumplèto 'rrebisto det moubémént felibréijc qu'arredijaue en proubençau despus 22 ans M. J. Monné. Aquéste que s'en
escuse sus et son. adje. Qu'auram plan era 'rricho bibliougrafió de
M. E. Lefèvre (Revue de Prcvence et de Langue d'Oc) è's coundesarrenduts de « Vivo Prouvèhço » ; mès, nu 'i cap at-fèt parèlh.
— Et « Consell directiu » des Jòcs Flouraus de Barcelouno qu'embièc
en Mars passat, à Mu B. Sarriéu, « una Medalla d'argent commemorativa de les solemnes festes d'enguany, ah les quals van units 'el vostre
nom y el de vostra terra ». Milo gràcies, è toustém « auzor! », o frais
Catalas !

�c.i.n.o.
BÊZiERS

ERA BOUTS DERA MOUNTANHO
gmo ANNADO :

1909

N° 6. JUNH

LE ROMAN

«

Toustém Gascons 1 »

FÉLIBRÉEN

II. lies Routes de Gascogne et l'Empire du Soleil
Tour à tour poète délicat et prosateur impeccable, romancier et journaliste, conférencier et directeur de revue, M. Armand Praviel nous a
déjà montré les multiples aspects de son beau et solide talent. Poète,
certes il le fut, et des plus distingués dans la Tragédie du Soir cl dans
ces Poèmes liturgiques que feuille à feuille nous révèle « Le Mois ».
Romancier, et non des moindres, il s'est montré dans Péché d'aveugle,
cette œuvre où passent le souffle mystique et les ardeurs religieuses d'un
fidèle et superbe élève de Huysmans. Et voici qu'avec « Les Boules de
Gascogne », « l'Empire du SoUil » le dévoile félibre ardent et convaincu.
Cela ne pouvait être différemment.
#

# #

Le jeune et distingué Mainteneur des Jeux-Floraux est en effet un
Gascon de la Gascogne toulousaine ; de ce pays « où naquit Bertrand,
évêque de Comminges, et où repose jusqu'au jugement OJon, abbé de
Cluny ; » de cette Gascogne qui, se continuant par delà Auch avec le
radieux Armagnac et les mélancoliques Landes, vient mourir aux portes
de Toulouse, dans le grouillement du faubourg Saint-Cyprien. Il l'aime
d'un amour filial, cette terre ancestrale, au paysage calme, paisible et
néanmoins profondément prenant. Il sait chanter le décor familier de
collines entassées et d'étroites vallées ombreuses, de forêts vertes et de
champs de maïs roux, avec, gigantesque toile de fond, la sombre masse
des Pyrénées et les glaciers étincelants sous l'ardent soleil du Midi. Il en
aime la race, âpre au travail, cupide et cependant résignée et mystique,
nourrie encore de la forte semence catholique. II aime cette campagne
« pleine de nos carillons ; ils se répondent: il en vient de Notre-Dame
de Caliuzac à la statue miraculeuse, et de la Trapje de Sainte-Marie
du Désert tapie au creux d'un vallon perdu, et de Notre-Dame
d'Alet, qui veille sur toute la vallée au haut de son promontoire, et
de Samatan où l'on garde pour les nourrissons une dent de sainte
Apollonie, et de Simorre .espagnole et guerrière, et de Pibrac surtout
où notre douce amie, la petite Bergère scrofuleusc, nous appelle pour
nous offrir les roses mystiques de son tablier ! »
Et voici qu'à nos regards de pèlerins arrivant de la plaine s'offre
« la Capitale ». C'est Auch, « petite ville morte dans un paysage desséché », ville au charme étrange et suranné, à l'allure triste f t sévère de
cité castillane. Mais, dominant la métropole « engourdie dans les élégances solennelles que lui légua le grand siècle », s'érige la croupe de la

�cathédrale fameuse. Au haut de l'acropole auscitaine, elle s'avère, dans
l'indifférence générale, l'amie fidèle, la consolatrice, la berceuse d'espoirs.
Dans la solitude de sa nef, parmi l'éblouissement de ses verrières, SainteMarie demeure l'éternelle et grandiose orante. Et, nous égarant avec
Armand Praviel dans l'ombre douce de ses voûtes, nous y chercherons,
« plus proche de la fougue espagnole que de la noblesse languedocienne,
la beauté violemment dramatique de la Gascogne en oraison. »
Mais cette morne et sombre capitale, qu'illumine seul le pur rayonnement de la cathédrale gothique, abandonnons-la un instant pour sa
« Grande Voisine. » La turbulente et poétique Toulouse lance vers
nous l'appel de ses roses clochers, le sourire de ses crépuscules et le
parfum de ses violettes. En quelques pages nous glanons de nombreuses
observations personnelles « brillamment exprimées sur la Toulouse
savante aux précieux monuments d'art. » (L. Théron de Montaugé).
Puis devant nos yeux amusés défile une théorie de personnages cinglés
par la verve malicieuse de l'auteur. « Toutes les servantes de presbytère et toutes les bonnes âmes châtelaines » et bien d'autres encore
vous ont reconnu avec Monsieur de Montaugé, délicieux Pèlerin stratégique ! Et c'est vous, noble marquis de Gostaubert d'Ardignac, illustre
reconstructeur du temple de Salomon, et vous, savant docteur Barbaneau, et vous, veuves inconsolées dont la silhouette se profile dans ce
récit écrit comme « un vrai conte de Baudet, mais plus mesuré, plus
ironique, tout imprégné d'exactitude paroissiale, »
Ce sont aussi de puissants croquis de l'âme gasconne, tel le Courage
de vivre ou Sancla simplicitas, magnifique évocation de ces bons vieillards des Petites-Sœurs que chanta si bien notre distingué confrère
M. Laclavère. A travers tout le volume s'évoque ainsi l'esprit de la race,
mystique et âpre au gain, traditionnaliste et surannée, rêveuse et cependant active. On sent l'Espagne proche. Une fois encore, constatons que
ce paysage, comparé par un voyageur de nos amis à certains coins de la
Castille ou de la campagne toscane, a façonné à sa ressemblance les hommes du terroir.
Avant de refermer le livre, nous aurions pourtant désiré y recueillir
quelques documents plus complets sur les mœurs et surtout sur la langue
et la vie rustique de notre province. L'évocation en aurait été plus exacte
et plus intégrale. Là réside à notre avis la seule lacune de cet ouvrage.
Mais, tel qu'il est, il nous enseigne le mépris des choses mesquines,
le désir de nous élever au dessus des contingences vulgaires, l'amour du
vrai et du beau, le respect du patrimoine ancestral.
Et c'est la leçon qui se dégagera de notre promenade sur les lumineuses Boutes de Gascogne...
# #

Mais, laissons bouclée notre valise : sans aller bien loin, par les
chemins auprès desquels serpentent la Save et laGimone, nous gagnerons
« l'Empire du Soleil ».

Â

�95
L'Empire du Soleil! Titre flamboyant que commentent ces vers de
Mistral :
Foundàvian dins l'espàci
L'Empèri dóu Soulèu.
Ce domaine féérique, où vivent tous ceux qui se dressèrent à l'appel du
Maître de Maillane, c'est la terre méridionale toute imprégnée de la sève
gréco-latine. C'est, des flots bleus de la Méditerranée radieuse aux plages
que bat le sauvage et glauque Océan, la terre des Félibres, des chato
prouvençalo et des Cadets gascons. Dans les pages substantielles et
éloquentes que lui inspira son pays, M. A. Praviel n'a point voulu refaire,
après Gaston Jourdanne, l'histoire du Félibrige. Lui-même s'en défend :
« Nous nous promènerons », dit-il, « au hasard des félibrées, fixant
ici une silhouette, là, notant un paysage, plus loin encore situant une
œuvre et essayant d'en déterminer la véritable portée... Dans ces
quelques croquis imparfaits et rapides, nous espérons cependant que
l'on sentira la vie profonde des provinces du midi — de l'Empire du
Soleil — et que les sceptiques eux-mêmes se rendront compte que le
Félibrige, malgré toutes les critiques et tous les dénigrements, est plus
que jamais, à l'heure où nous écrivons, quelque chose d'extrêmement
vivant et sans cesse renouvelé ; mieux encore peut-être, que les joueurs
de guitare méridionale ont trouvé la clef de bien des questions
angoissantes et de bien des problèmes obscurs ».
L'auteur a-t-il réussi? Mistral lui-même nous le dit, en ces belles
lignes qu'il adressait naguère à notre ami : « Vous avez deviné d'instinct
tout ce que notre indépendance et notre ivresse de jeunesse entrevirent
dans l'azur de notre ciel provençal, et des compréhensions et des adhésions comme les vôtres suffisent à démontrer que les voix du Félibrige
n'ont pas crié dans le désert ».
#* *
Complétant ces pages où l'auteur nous a fait mieux connaître le
Félibrige, « ce terrain d'entente, où rien ne choque ni ne blesse, où sont
fortifiées au contraire nos convictions », nous trouvons à la fin du volume
un index bibliographique. Au nombre d'une centaine, précédant et préparant la venue de ['Anthologie, ces fiches fournissent un substantiel
appoint a notre actuel besoin de documentation. Classées par ordre alphabétique, elles nomment la majeure partie des hommes marquants depuis
Font-Ségugne. Quelques vieux poètes tels que G. Ader ou Goudelin,
d'illustres patoisants comme Jasmin leur font aussi escorte.
Cet index a de plus à nos yeux un très réel mérite : avec les caractéristiques de la vie de l'auteur cité, il nous donne la liste de ses œuvres
principales, le titre exact, la date de publication, l'éditeur et jusqu'au prix
de vente. On ne saurait être plus complet. Et tous ceux qui, mêlés à la
vie intellectuelle et scientifique, passent souvent de longues heures en de
fastidieuses recherches, remercieront M. Praviel d'avoir ainsi compris
son rôie de bibliographe.

�98
Parlerons-nous du styliste? Disons simplement qu'il nous parait en
pleine maturité de son talent. La phrase des Routes de Gascogne était
déjà beaucoup moins huysmanesque que celle de Péché d'aveugle. La
langue de ['Empire du Soleil est lumineuse et pleine d'harmonie, ainsi
que le pays qu'elle a chanté.

***
Reprenons notre guide, afin d'accomplir avec lui notre pèlerinage
félibréen. C'est d'abord la Provence dont le grandiose spectacle s'évoque
magnifique devant nous. D'Avignon avec son colossal château des papes,
passons en Arles, « avec Saint Césaire et la Majore et Saint-Trophime
et la chapelle Saint-Honorat ».
Inclinons-nous devant les Aliscamps, ce lieu sacré, où, suivant le mot
de M. Jean Montray, « notre individualité doit se diluer en la grande
ombre des races ».
— Mais voici que du paysage d'oUviers pales et de mélancoliques
cyprès surgit la noble figure de Mistral. Grave, sa voix retentit en cette
radieuse journée du Cinquantenaire, célébrant l'œuvre accomplie, traçant
aux jeunes le chemin :
« Se rouge avès lou fege,
Entre-tendres bon fiò
Per que noun se refrege
La lar dou Cacho-fto ;
Mai li maudi
Que renègon lou Verbe,
Que la terro se duerbe
Fer lis aprefoundi. »
Nous le retrouverons au théâtre antique d'Arles. Ces chants qui viennent jusqu'à nous sont l'écho des Fèsto Vierginenco. Le succès du maître devrait nous être un précieux stimulant. Sauvons nos costumes si
pittoresques et si seyants. Protégeons nos filles contre la laideur des
modes parisiennes. C'est avec raison que Mme Jane de Flandreysy
s'écriait : « La langue, les dogmes religieux et le costume, voilà l'individualité vivante d'un peuple. L'habit de l'être physique est aussi le
vêtement de l'être pensant ».
Nous suivons ainsi l'œuvre entière du grand Mistral jusqu'au (&lt; merveilleux crépuscule de sa vie ». Et le pieux monument de gloire élevé
par son admirateur au sublime poète s'achève sur la grande pensée chrétienne de l'au-delà. Au haut du tombeau à cinq portes que Mistral s'est
fait construire lui-même, plane l'ombre douce de la Croix. Elle gardera le
dernier sommeil du noble félibre, comme elle a veillé sur sa vie et son
œuvre.
# #

Voici maintenant que la fantaisie vagabonde de notre gu!de nous
transporte, des plaines brûlées de la Provence, aux vallées ombreu»;s où

�97
gazouillent les Gaves. Après un vibrant récit de la félibrée de Pau en mai
1901, saluons notre voisine VEscolo Gastou-Febus que dirige magistralement « un capUcol peu ordinaire », M. A. Planté, « l'âme du Félibrige
dans le Sud-Ouest ». Et dans le décor des gorges pyrénéennes nous
apparaît notre gra:ieuse reine de 1908, Mme Philadelphe de Gerdc,
escortée de notre savant confrère Michel Camélat. Leur œuvre est soigneusement analysée et admirablement comprise. L'âme ardente et
endeuillée de la félibresse bigourdane s'évoque magnifiquement à nos
regards amis :

« Cado amo a sua missioun sus terro ;
Ra qui-m rebié
Ei d'em soubié,
E qu'ei perqué m'en boi en guerro
A troum e broum
Countro ed desbroum .... »
Le vaillant poète d'Arrens vient nous présenter sa Béline, ce poème
« mélange d'amour et de mort, de mélancolie et de sérénité», duquel
M. Laclavère parlait en ces termes à Eauze : « Dabusos pajos que soun
bèros coumo uo pregdrio de la Biblo ». Et c'était l'opinion de l'abbé Couture qu'il rapportait, ajoutant : « qu'a counsentit à apera ta Beline la
so de Mirèio ».
Notre jeune et vaillante « Escolo deras Pirenéos » reçoit au passage
son légitime tribut d'hommages et d'encouragements, et nous voici « En
Gascogne » (nous y étions déjà depuis un instant, ne vous semble-t-il
pas ?). Là nous accueillent l'ombre vénérée de Léonce Couture, le souvenir de Jean-François Bladé et les bons chansonniers les abbés Laclavère
et Cézérac, Tallez et Sarran.
Passons plus rapidement par le Périgord et le Limousin, pour nous
arrêter en Languedoc où nous saluerons les « novels Trobadors », les
deux Majoraux et Maîtres ès-Jeux-Floraux Antonin Perbosc et Pròsper
Estieu. Dans une langue admirable, celle des grands ancêtres du xrie siècle, ces artistes ciseleurs ont donné une œuvre puissante et fait accomplir un immense progrès à l'œuvre de restauration félibréenne. Et
cependant, malgré les souvenirs de son passé, la ville de Clémence Isaure
et des Sept Troubadours assiste encore trop indifférente à l'essor du Félibrige. Comptons sur l'Académie des Jeux-Floraux. Celle-ci, renouant les
liens de la tradition séculaire, a prouvé que Toulouse ne pouvait abdiquer
son titre de capitale du Gai-Savoir. ■
Nous égarant enfin aux régions septentrionales de l'Auvergne et du
Rouergue, allons nous reposer auprès du poète de « Flour de Brousso »,
le pur et délicat Vcrmenouze, dont le nouveau recueil « Jous la Cluchado » vient de gagner une violette d'argent. De là nous visiterons en son
presbytère le savant abbé Bessou. Puis nous reviendrons, le cœur en.

�98
liesse et l'àme légère, remerciant notre aimable guide de nous avoir révélé
« la route charmante et facile de l'Empire du Soleil. »

**#
Armind Praviel ne se contente pas d'errer joyeux et la chanson aux
lèvres ptrmi les fêtes félibréennes et l'ensoleillement du Midi. Il soulève
en passn:t b graves et actuelles questions. « Et d'abord, le premier
point il·i programme félibréen, le chapitre primordial, en at-on
appliqué les préceptes? La langue d'Oc est-elle en pi ogres'? » Nous
devons avouer que la réponse est peu consolante, qui nous montre le
peuple ne répondant guère aux efforts des lettrés, se détachant, semble t-il,
chaque jour davantage du parler ancestral. Devons-nous pour cela nous
désintéresser de la lutte ? Non certes, car c'est dans un pessimisme
réfléchi, quoique non définitif, que les forts puisent le courage des combats nécessaires, bien plus que dans un optimisme béat et infécond. Nous
ne saurions nous contenter d'un félibréisme platonique d'élégants dilettantes. Ce que nous désirons est plus noble et plus grand : c'est le réveil
de la Patrie. Nous voulons arracher le peuple occitan à son engourdissement, « à celte centralisation idiote, laquelle, sous prétexte d'unité
nationale, écrase sans pitié mœurs, sentiments religieux, costumes,
vieux usages, légitimés non pas seulement par le temps, mais par les
nécessités du terroir et du climat \ »
— Un premier moyen s'offre à nous de sauvegarder notre langue et par
là notre individualité : c'est la prise de possession des écoles par la langue
d'Oc, c'est le Savinianisme. « II faut que l'éducateur utilise correctement l'idiome local que parle déjà l'enfant pour lui apprendre le
français. » Il faudrait aussi qu'il le lui fit mieux connaître, ce parler
ancestral, et pour lui-même et pour l'avenir de la race. Cette idée qu'appellent les vers du patriarche de Maillane :
Car, de mourre-bourdoun qu'un pople loumbe esclau,
Se ten sa lengo, ten la clau
Que di cadetw lou deliéuro
(Lis Isclo d'or, V, 1),
cette idée, VEscolo Gaston Fébus a su la faire fructifier. L'Escolo deras
Pircnéos et particulièrement son vaillant secrétaire partagent cette conception de l'utilité pédagogique et éducative du gascon. La vérité est
en marche ; espérons son triomphe définitif.
— Contre la centralisation, luttons encore par le'Régionalismr, glorifions nos vieux usages, conservons nos costumes et nos traditions. Le
régionalisme — le régionalisme intégral, la conservation de l'esprit et de la
langue du terroir, les libertés locales, — est aujourd'hui accepté d'enthousiasme par toutes nos Escoles, comme en harmonie essentielle avec l'idéal
1. P. Besse. Le Soleil du Midi du 12 mars 1909,

�99
félibréen. Il en est de même du Traditionnalisme, si naturellement lié au
régionalisme. « Le Félibrige », dit même M. Besse, « par ses aspirations,

par les protestations de ses écrivains les plus autorisés, par leur
respect des vieilles coutumes et du sentiment religieux, par sa défense
de ce gui subsiste d'autonomie locale, devient, sous la poussée des
choses, sinon un parti politique, du moins un parti de défense sociale. »
Le mot de « parti » semblera peut-être trop fort. Certains pensent avec
raison que le Félibrige est au-dessus des partis. Les Félibres viennent de
tous les points de l'horizon, et pour notre part nous n'oublierons pas que
la majorité des Ecoles félibréennes — telle la nôtre — s'interdisent même
toute polémique politique et prétendent rester fidèle en toute sincérité à
cet article de leurs statuts. Mais il reste vrai que le Félibrige fait œuvre
de protection sociale, et c'est chez les félibres que nos traditions et nos
libertés provinciales doivent rencontrer leurs plus intelligents et leurs
plus ardents défenseurs.
Voilà ce qu'a très bien vu M. Praviel, et son œuvre nous doit servir
d'exemple. Sans doute ces deux termes : régionalisme et traditionnalisme,
peuvent être interprétés de façons assez diverses. Mais, qu'importent les
opinions, lorsqu'il s'agit d'action méridionale ? Que l'on ne partage pas
les idées religieuses de M. Praviel, que l'on n'ait pas les mêmes conceptions
politiques, nous l'accorderons volontiers, nous ajouterons même que
celà ne saurait empêcher d'être un félibre convaincu. Mais, inversement,
la différence d'opinion n'est pas un motif suffisant pour nier, ainsi qu'on
l'a fait, l'entière bonne foi de (( L'Empire du Soleil » et la pure clarté de
ses raisonnements. A quelque camp que nous appartenions, évitons de
nous laisser entraîner à la partialité, sachons accepter pour nous aider
dans notre œuvre tous ceux qui parlent et agissent en vrais félibres.

« L'Empire du Soleil », dirons nous pour conclure, devrait se trouver
entre les mains de tous ceux qu'intéresse notre avenir ; chez les Français du Nord surtout, qui trop volontiers, dans leur ignorance — pleine
de suffisance du reste — des choses du Midi, affectent de nous considérer
comme des rêveurs frivoles, ou des révolutionnaires dangereux. Si nous
sommes régionalistes et décentralisateurs, que l'on ne vienne pas pour
cela nous accuser de séparatisme et de lèse-patrie. a La Nationalité
française que nous voulons exalter et défendre est faite des nationalités
provinciales. »
Avec Armand Praviel, nous redirons donc en terminant la belle devise
du Capoulié Félix Gras :

« Ame moun vilage mai que toun vilage ;
» A me ma Prouvènço mai que ta prouvinço ;
» Ame la Franço mai que tout ! »
E. LEVRAT.

�100

ET LOUP

I

Í CI.

Be belhauon ets cas dab traço :
U loup n'auo qu'òssis è pèt.
Qu'arrencourçtrè 'quet loup u dôgou poutént, bèt,
Gras barrat, qui s'èro pergut. Da-u era cas«o,
Ataca-u, è despeçouta-u,
Pla que bouleuo 't animau :
Mes que calèuo hè batalho,
E moun canhôt qu'èro de talho
A tourna s è pas praubamént.
Douiicots et Loup, aunèstamént,
Que Pentourrogo è qu'au hè couraplimént
De soun grassè. Que s'en estouno. —■
« Aué, coumoyou, lart è'ra caréto bouno,
» Nou depént que de bous, ce Parrespounou't ca.
» Sourtit det bosc, que harat pla.
» Ets bòstis qu'ey hèn magro chèro.
» Cargats de pouls è de misèro,
» Que-y crèbon touts de hame è pas u de bielhè.
» Qu'auét d'assegurat? Arré : soupo ne mico,
» Sense patacs nou'n auét brico.
» Seguit-me, que beyrat se cambiara 't ahè. )) —
« Mes quin trabalh aurèy? » — « Prèsque nat : hèrfe l'ase;
» Courre, hourra-darrè 'ts talous
» Dets bagabouns, dets praubes, dets layrous ;
» Leca'ra ma 'ts de caso ; at mèstre nou desplase.
» Per pagamént qu'aurat estrámous è licòts,
» Ossis de pouléts, de perrôts,
» E poutous tant que moussu boulho. » —
Et loup qu'es bé deya neurit, urous, lecat,
Talamént que 't ùélh qu'au se moulho.
Tout caminà que bi't cot det dôgou 'spelat : —
« Qu'ey aquerô! » ce dits. — « Arré. » — Qué? » —
[« Pôc de causo. » —
« Mes digat-me... » — « Et couliè de qui-m téng estacat
» D'aquét mau qui beyét, sampa, qu'ey era causo. ») —
« Estacat, auét dit?... Alabéts nou-anat pas
» Ounboulét?» — «Pas toustém : mes que-y hè? — «[Camarado,
)) Que-y hè qu'ad-aquét prêts, ne disnas, ne soupas,
« Nou bouy, you, ne caréssos nado,
» Pas quand y boutariòn üo bousso per dessus ! » —
E que gahè 'nta diable, è que cour desempus.
J, DASQUE

Parla d'Anéros (caniou de S.-Lauréns,;H.-P.)

�101

Eth hìiéc de jôyes per Sent-Jan
A ARÊTE, EN BARETOUS
(Mcnciou hére aunourable en 1887 : Courçcours aubért pfs Félibres de Paris)

(Seguide e fi,1)

A soubres qu'eth burguè 2 puyabe, és dera tasque s'apedanhaben 3 de
cap at bilatge. Ere maye partide, coum de tout téns-a, lachabe es tribalhs,
drin mes de boun'ôre aquét brespau, enta poudé i ! béde eth hùéc de
jòyes. U còp — parli de bint-e-tres ans 5, quin passe eth téms ! — u côp,
Janinéte que-s boulou deberti à ha pegueya6 drin à Batiste de Lestelle qui
s'esperrecabe 6 de cap ad hùéc de jôyes. Ere que s'ajusta berôy, coum ue
anjouline : — « E dounc, Batiste, que-b i hèts de pla?» — « 0, be
bédés si s'en ba poude eijcréde sént Jan !... » — « Mes, toutu, praubét
de bous, nou bedéts dounc quin abéts boutât eth lata 7 de guingôy8 ?» —
« Be-t'en-í tat soum, tu, que u bas ha ti9 coum eau... Say, sabi que-t bau
ayta de garrapa... » E Batiste que la boulou gaha pere cinde9, mes
Janinéte que s'i es'lenga coum ue anjèle l0, e s'escapa ad mes à courre de
cap ad pôn de Larou. Desempuch hères pôses11, Zousepét que l'argùeytabe enta 1-la sequi dinqu' ar' Estauguè...
Qùan estèn en bousquét de Salies, tous dus que-s segoun debatch u
cássou, en biste d'er' arrisoulén plané de Seguite. Aquiu, eths debisaben
arré de mes berôy... Diu sap tout ço qui-s disèben !.-. Per bounur betch-u
lous bedè e lous endenè. Ta-pla bedou qu'ère s'en arridèbe tout doucét,
qùan eth l'i countabe peguessétes...; tapla endenou tabé dus ou tres
chiscléts, escounte qùan eth l'i hasèbe carcaliques t2 è guilhésques13.
Mes, ùarat es moûts sabrous qui endenou dere bouque amistouse de
Zousepét :
Tant qu'eth bèth plané de Seguite
Berdeyera pére sazou
E qu' er' ayguéte benedite
Sera sacrate ene maysou,
Tant qu'ère amistouse anheréte
Seguirà V atras deth pastou
E qu'ère frescoune rouséte
Se desplegarà d'u bouton,
Tant qu'eth Mèste dera nature,
Eth qui pintre cade mounjou,
Dura 'r' ausètu sa neuriture,
Auta lountéms t'aymarèy jou.
Ad madéch moumén, ère campane brouní... « Escápe-t, ha lèu,
Zousepét », si-u digou ère, « endénes
que soune eth hùéc de jôyes, en
case m'an arrecoumandat de pourtá-is u troussét de tissou benedlt...
Escápe-t, qu'arrés nou-ns tourne béde dengôre à-masse;... que debisarén

�102
dilhèu beth drin!...» — « E dourçc que m'en bau, amiguéte mie, è
brémbe-t qu'eth mes berôy tissou deth hùéc de jôyes sera enta tu;...
qùan me saurí crema, tu be l'auras ». E que parti coum' u bouhét d'ayre.
E soun amigue caminabe e sauteriqueyabe, coum ue leberéte, capbat der'
Estauguè.
E prou lèu, b'en trouba d'audes qui s'apedanhaben 3 tabé de cap ad
hùéc de jôyes. — « Aném, haut, abancém drin de pas», si-s disèben des
us enta 's audes, « qu'èm prou berôy tardius, que riscam de maijca eth
hùéc de jôyes ». — « Que hasèbes tu, douijgues, tant diijqu'adare,
Janinéte? qu'abés escounte cùéntes15 per case endaban ? » E Janine
que badou arrouye e blaiigue toutu coum ue lamère IG, mes ère nou esté
brigue emberbequite 17 enta respoune : « Praubins, adés ,8 en boulén sauta
u passôt, que m'èy boutât u bròc 19 en pè, è qu'èy abut pla gay de tira-um'en. »— « E que u t'en as, doungues, tirat toute souléte ?» — « 0 pla,
de segu, qu'abi de ha, nou bedébi arrés per aquíu !... » — « Aném, aném,
hém drin biste », tournaben dise ères de daban, « adare lâchât eres prôses20
de coustat ; crouts de palhe s'i arribam enta 'th hùéc de jôyes ! » — E
camine que caminaràs, coude-licoude 2I, e Janinéte, ère praubine, hasè
semblant de tourteya22 drin e d'endarrera-s...
Din-da-la-don...don ! Ere campane que sounabe de hèt, e per touts es
camis be-y parechèbe mounde qui s'apedanhabe3 de cap ad bilatge, es us
mes enqueherits23 qu'es audes. Qùan Janinéte e souns seguisses toucan
daban Ganôsse, ère proucessiou qu'ère sourtite dere glèyse peth grilhat de
haut, e qu'abè hèt, abansa23, eth tournét deth cemitèri. Ere crouts de
Noste-Sénhe lusibe en cap dere 1ère2' de Lespiau. Dues granes reijgates
de mansaguô25 seguiben, per cade coustat, esberits, trabaténts2I!, descarats27! Semblabe qu'abèn argén-biu dessus. Moussu l'abè que s'esbrigalhabe de truca sus eth libe enta há-us à cara. Jan de Ganôsse qu'ère ad so
coustat, are dréte, e pourtabe et biélh beneditùèr de cùéyre dab u isôp
chinoutét coum ère ma qui natabe dehéns. En coustat esquèr se tibe,
coum u pape, Enric de Ganôsse, er' aude ray28, dab ue tourchéte ens
digls qui débè serbi enta abita29 eth hùéc de jôyes. E drin adendaban, en
miéy d'u pa de barralhes30 d'omis biélhs e de chantres, Tite de Poéy
hasèbe mile muchates 31 e pourtabe ue [lantèrne maculate e ahumate en
cap d'u manje querat32, auta haut coum éth. Darrè ère cape de Moussu
l'abè, eres maynades deth coumbén e de Madamisèle pederiqueyaben 33
coum autan de parpalhous en réiigue. Eres gouyates, en seguide,
arrisouléndes, fresques, berôyes coum bouquetéts, respounèben eth
« Veni Creator » as òmis, e nòste campana, pous31 de brouni : Din-dala-lon... don /...
Ere place, arabés, qu'arrebouribe de mounde, e toustém be-n'i sourtibe
de toutes eres endrates. Eth burguè2 qu' ère en beth miéy, auta haut
coum ère maysou de Ganôsse, endoumat35, nou-n parlém : hièus36,
palhe, hé, lénhes, broüstes, touyes37, paus desbaralhats38, trôs de hustes
deslachats, Diu sap tout ço qui abè en estoumac, carreyat per u centenat
de maynatges ! Mes tabé quin s'i espiabén éths dab plasé, qùan hasèn eth

�103
tour en seguin ère crouts e quin petilhaben de béde abita29 eth hùéc de
jôyes !
A soubres que Pelle eth sacrestia s'ajustabe, serious coum u apôsteu,
eth mounde que-s hasè adendarrè e que-s carabe prou berôy, daban ère
crouts, en tiran-se eth berrét. Ere proucessiou, coum de coustume,
tourneyabe atau pere place, e après ère crouts, Moussu l'abè e 's chantres
s'en iben plaumá-s 39 toucan es escalés deth cemitèri, bis-à-bis eth hùéc de
jôyes, è qué-s boutaben à entouna : « Ut queant Iaxis — resonare
fibris... » A miéy lôc, pôc plus ou méns, d'aquét beth chant, Moussu
l'abè gahabe ère tourchéte enes mas d'Enric, e, sarroun-sarroun, que s'en
ibe bouta eth hùéc ens qùate côrs 40 deth burguè2, entan qu'es chantres
s'esgahurraben u de canda, en auprin de poulides bouques de hour.
, Auta lèu coum Moussu l'abè s'en tournabe tas escalés, pim, pam,
poum!... côps de pistoulét e de fesilh de cap ad hùéc de jôyes, e, à
pênes abèn tirat, Bernat de Labòrde, eth Basquét, Saturnin de Casterau,
Jan-Pièrre de Margoutou e d'audes tournaben carca e bourra, tout autan
arrebendits coum si èren estats ene casse der' ous. Es maynatges es mes
chinoutéts i2 critaben e s'escounèben, touts esbaryatôts, dehéns es coutilhous ou es capichous deres mays. Es mes génces43 s'en arridèben, tout
hôrt e de bou cô, en bèden aquét poulit hùéc quin s'amaneyabe de crema
e de chiscla è sustout de boumeca per centenats de pumes-*4 qui s'escapaben coum u jôc d'artiflci à de-cap-sus, mes haut qu'eth campana, e qui
tournaben cade en mourin sus eres maysous besíes. Pim, pam, poum!
tournaben ha es fesilhès. Din7da-la-Ion-don, respounèbe ère campane,
entan qu'es chantres s'en endraben dehéns ère glèyse dab Moussu l'abè,
en candan eth « Te-Deum laudamus » à ha bade45 sours.
Arabés, eth hùéc semblabe u lïou descadenat ! De béde escounte à
Moussu l'abè escapá-s, eth hasèbe us sauts, us braméts, us petarrats à ha bi
pòu! E dengôre ue pepichùèro46 de maynatges que l'iban ahitja, adarda de
més à més. E après, es gouyats que prenèben u trôs de courrute, e que-y
sautaben per dessus, en cercan à ha cade e sequí eth lata. Eth, qui
poudèbe abé eth lata, aquét s'en empourtabe ère poume. 0 e doui)c,
lénhes e barroulhes 47 qu'abèn ayre, perdiu ! N' èren pas miéy cremates
que las tiraben d'eth hùéc autan adayse coum pourréts en casau. Yo nou
sey jamès quin gausaben soulaméns sayà-s'i. Mes, chic à chic, à truques
d'esta esbendrat, escarnat e desoussat, eth hùéc que badèbe masét K. Es
maynatges que s'i peleyaben e hasèn à qui mes l'espartibe e arrousecabe49
de tissous hôre dére place.
Endretan, eth mounde s'esbalisabe50 tout-u coum ère ahumère deth
hùéc de jôyes. Ere campane que-s carabe tout hèt e dit. Es chantres nou
s'endenèn tapôc mes d'ère glèyse ena. E pes estréms quauques1 gouyats
auherihen ares amigues beth tissou benedit desaricat à soubres de pla
peleya-s. Eres,'arabés, s'escapaben, toutes lègres 51 de poudé endra en case
dab u tissou de Sent-Jan. U moumendét après, es qui passaben, tardius,
des cams, en bedén ère place perboucate52 atau de brase neréngue, mar-

�104
muraben entr' éths-madéch : « Paréch, doungues, qu' à-nùét qu'ère eth
hùéc de jôyes ?... »
Es maynatges qui sôrten ùéy à-pénes deth crésc, qùan endénen parla
d'aquére biélhe coustume, soun touts estounats... Qu'escouten en auprin
u pam de gaute, coum si-ère u counte de hâtes!... Ah! Moussu Curé,
perqué, dourjgues, nou-ns lachábets eth nôste hùéc de jôyes, per SentJan !...
Parla d'Arète-en-Baretous, liiarn (B.-P.)
H. PELLISSON.
NOTES. — t. V. Era
Bouts, Junh 1908 (N* de Sen Jùan), p. 93-95. — J. ■ T«s,
meule ■. — 3. « Se dirigeaient ». — 4. « Aller ». — 5. Ucy quarante-cinq ans... — 6. « A
taquiner ». — 6 bis. ■ S'acharnait &gt;. — 7. &gt; La perche centrale ». — 8. ■ lie travers ». —
9. . Tenir &gt;. — 9 bis. &gt; Ceinture &gt;. — 10. ■ Anguille ». — 11. • Un bon m»ment &gt;. —
:— 12. ■ Chatouilles ». — 13. « .Niches, agaceries ■. — 14. Pour ar' ausét. — 15. « De
l'occupation ». — là. « Flamme ■. — 17. &gt; Embarrassée &gt;. — 18. ■ Tout à l'heure ».
— l'.t. &gt; Une épine ». —20. « Les discours • — '21. « A la queue-Ie-leu •. — 22.
« Boiter .. —23. ■ Affairés &gt;. —2i bis. • Déjà ». - 54. ■ Chemin ». ..—25. ■ Enfants ..
— 26. Espiègles .. — 27. • Dissipés .. — 28. « Fráre &gt;. — 29 «. Enflammer ■. —
30. « Haies-. — 31. . Castes &gt;. — 32. «Vermoulu ». — 33. ■ Piétinaient ■. — 34.
. Toujours ». — 35. « Pressé, entassé •. —36. « Fougères ». — 37. « Ajoncs ». — 38.
« Arrachés des haies ». —39. &gt; Se masser ». —40. « Coins ». — il. « S'égoiillaicnl ■.
— il. « Petits ». — 43. « Plus grands ». — 44. ■ Etincelles ». — 45. « Devenir ». —
46. • Ribambelle ». — 47. « Grosses branches» — 48. Litt. &gt; dompté, trailable ». —
40. « Traînait ». — 50. « Se dispersait ». — 51. «Joyeuses &gt; (p. alègresj. — 52 Litt.
« crépie, emplàlrce ». — Esmunte signifie « sans doute ».

REMARQUE : La plupart des autres termes qui pourraient embarrasser
seront aisément compris si l'on veut bien remarquer que notre parler de
Barétous présente dures des consonnes adoucies dans la plupart des
parlers gascons, et inversement en adoucit qui sont dures dans les autres
parlers. Ainsi, aupri, ayta, crita, nata, sequi, carca, arrouseca,

desarrica, ahumate, cremate, hate, revgate, sacrate, perboucate,
sourtite, courrutc, ti'sou, sont ailleurs aubri, ayda, crida, nada,
arroussiga, desarriga, ahumado, cremado, hado, arrengado, sacrado,
perboucado, sourtido, courrudo, tisoun ; et, inversement, aude, canda,
cinde, endéne, endra, esbendra, endretan, esbrigalha, blar/gue, rieréngue, se disent ailleurs aute, canta, cinlo, entenc, entra, rsbentrega,
entretant, embricalha, blavco, neréneo ; les deux faits se trouvent à la
fois dans endrate, ailleurs entrado, etc. C'est peut-être là un fait phonétique basque (basque pollita, pour poulida, et inversement saindu
pour santo, bortha pour porta, etc.).

LA G0Ï1ÏFITUR0
Quan a prés à l'estiu soun perfum e sa flamo,
Le coulindrou1 madur, demèst las flous de fort,
En pinhôcs2 de rubis pénjo, flèr de sa ramo...
Qu'é le téns d'en oumpli le desquét à ras bôrt.
Lamaiigo replegado, aro, la menatjèro,
Le bras ròso del frut à pie punh estourrit3,
En un large baychèl \ am sa sentou darrèro,
Li fé dassa le jus que junh abió roujit.
Un desôrde boulgut embaéych la cousino :
La bassino que luts sémblo un soulélh sannous

5

;

�108
c

Le sucre eygalouat, uo tour en rouïno ;
Praci, praqui, 'scumùèrs, cossos 7 e eouladous 8.
Le sirop boul dedéns le couyre que claréjo ;
Las maynados, al tour de la may al trebalh,
S'aturon, en miran d'un ùélh cargat d'embéjo
Aquélo roujo mèl que rits dijou '1 cremalh.

9

Quan a cousut prou téns, que la pèrlo e fourmado,
Quan, maridat al foc ambé '1 sucre afinat,
L'acéde 10 coulindrou s'e fèt douço gelado,
La menatjèro bé soun gran-òbre" acabat.
Le béyre après le pot, coussado 12 après coussado,
bèl rengat, plë de sirop bermélh...
L'ibèr, quan se descôfe en gaujouso taulado,
Que pourtara damb'él un rajol de soulélh.
1908. — Parla de Massât (Ariéjo)
J.-M. SERVAT

S'alinho à

Octobre

NOTES.
— 1. « Groseille ». — 2 « Grappes ■. — 3. « Exprimé, pressé »: —
i. « Vaisseau ». — 5. « Sanglant ». — 6. • rcimé, élété • (Il s'agit du pain de sucre).
— 7. « Louches ». — 8. « Couloires, passoires ». — 9. « Convoitise ». — 10. « Aigre ». — U. « Le grand-œuvre (des alchimistes) ». — 12. » Contenu d'une louche. »

Et Ginquantenari de « Mirèio »
è 'ra Sértto 'Stélo de Î909
Es nosti Counfrais que mou-n boulerién dilhèu de nou parlá-les bric
des hèstes det Cinquantenari de « Mirèio » è dera Sénto-'Stélo de 1909,
qu'es bénguen de passa det diùéndres 28 at dilus 31 de Mai. Nou les
dideram pas arréi) parcró de ço que nou birem : ne dera « Pegoulado )&gt;
(arretrèto as flambèus), et 28 ; ne dera inauguraciour) det « Museon
Arlaten » o (( Palai det Felibridje )), dera cabaucado des Gardias de
Camargo o des bal des Arlaténques, et 29 ; ne det Courigrès des Soucietats sabéntes de Proubénço, et 30 ; ne des hèstes d'Arles, et 31 (tambourinaires, « herrado », seénço literário en tiatre). Es qui béiiguen de
lounh ne nou s'ac pôden béi tout, en èste fatigats, ne nou poden arriba
d'ouro è demoura bièn lounténs.
Mès que les poudém dide qu'era journado det diménje de Pentocousto
houe en bertat iou bèro è grano jouruado, era journado de Mistral. A
poc arribats à Arles1, ja mou-n bam béi era (( Plaço des Ornes (o det
Forum) », aoun ei campado 'ra sió statuo. Inauguracioun ta 10 oures.
Discoursi de MM. Charles-Roux (et qui prenéc er' iniciatiéuo d'aquéro
manifestacioun ; en proubençau que parle, è brusc edj imadje de Mistral
qu'ei descaperat, as aplaudiménts de touti) ; de M. .Granaud, prumè
côssou d'Arles; de M. Enric Michel, députât d'Arles; coumplimént (en
proubençau) des goujates que s'apèren « Mirèio » (è qu'en i-aùié tout un.
echehame, charmantes ena lou côho arlaténco è 'n lou ta elegant fichu).
Discoursi, encaro, de MM. de Vogüé, per' Academió Francéso ; J. Lecomte,
1. Qu ; parliram d'Auch A. Branet é B. Sarrieu ; aciéu que trouberem, demést es Membres, aderénls, coulabouradous o amics dera 'scolo riòslo, à MM. Camélat, ïournier, de
Caumon, Faure-Dère, Perbosc, Estiéu, Desazars de Montgaillard, A. Praviel, R. de Brousse,
Uacquié-Fonade, «te.

�106
at nòm dera Soucietat des Génts-de-Létres ; P. Devoluy, et nôste capouliè (en proubençau) ; Artaud, presidént det Counsélh generau des Bouques-dedj-Arròde ; pouesiés francéses de Mmes de Flandreysy è de Noualhes ; oumadjes det prince Cantacuzène at nòm de Carmen Sylva, arrèino è
pouetésso d'Arroumanió ; de M. Westrup, còssou de Suédo (qu'ei 'ra
Suédo quebalhèc et prêts Nobel à Mistral ; étch, generous, hè-n edj adòt
det Museon Arlaten). Pus, Mounet-Sully que dits « Le Lion d'Arles )) ;
Charloun Riéu que cante iou cançoun proubençalo, en' aunou det mèstre
de Malhano (è 'ra foulo qu'en arreprén edj arrefriij), Enfin, discours de
M. Dujardin Beaumetz, sou-secretari des Bèri-Arts, que hè sabé à Mistral qu'ei hèt coumandaire dera Legioun d'Aunou.
Aquiéu, qu'aurié calut béi à Mistral puja 's escales dera tribuno. Quin
frount benerabble ! quino gaujouso emoucioun pintrado en son bisadje,
è quin' admirabblo simplicitat ! « Per remercia de toúti li bèlli causo
que vènon d'èstre dicho, permetés-me », ce didéc, « de vous recita
l'Invoucacioun de Mirèio ». — Touti qu'os caren arreligiousoméns (è,
sabét, que i-auié aquiéu gént à miliès), è touti qu'enténen :
Cante uno chato de l'rouvènço
Dins lis amour de sa jouvènço ;
A través de la Crau, vers la mar, dins li bla
.... Vole qu'en glòri fugue aussado
Coume une rèino, e caressado
Per nòsto léngo mespresado,
Car cantan que per vautre, o pastre e gènt di mas I »
Quin encantomént ! Es aplaudiménts qu'esclaten de pertout, acoumpanhats pet sounòre murmure det bént det Nùrt, det « Maïstre », en es
hautes branques des platanes ; è qu'arredoubblen quan passen at còtch de
Mistral edj arribant dera sio nauèro decouracioun. Que jòguen era Marselhéso è 'ra Coupo-Santo ; touti que bon touca 'ra mai} at gran pouèto.
Imménses aclanmcious et sétabén, per 20 000 personnes que claquen des
mas, qùan paréch Mistral en es Arènes, aoun jòguen era Mirélho de
Gounod, tirado det sòn pouèmo.
ïrèt marcant d'aquéro journado : pas i' oumbro de desacòrt, unanimitat coumplèto ta glourifica 't Felibre mès gran, ta prouclama 'ra pure
tat dera glòrio sió è 'ra legitimitat dera sio òbro. « Nous vous avons
élevé une statue de votre vivant, parce que vous avez fait un geste
admirable de désintéressement en consacrant votre prix Nobel au
transfert du Museon Arlaten dans le palais de Laval; ... parce que
dans le « Trésor du Félibrige », auquel vous avez consacré vingt ans
de votre carrière de poète, vous avez fait voir que notre langue est
bien une langue.... Dans un moment où les têtes ont l'air quelque peu
échauffées, ÎIOUS avez répandu sur nous un souffle de pacification, et
votre nom aimé et respecté nous a réunis ici, la main dans la main,
dans une seule pensée d'union patriotique et d'élan généreux » (Ch.
Roux). — « Véritable passion pour sa terre, &gt;o?i peuple, ses coutumes,
ses traditions... C'est de cette passion qu'a jailli le poème de Mireille,
monument grandiose, impérissable. » (Granaud). — « Celui-là est un
homme de bien. Il a ajouté à la gloire de notre cité. En conservant à
la France une de ses langues, il lui a conservé une de ses richesses ».
(Enr. Michel). — « Tei cant de divin pouèto, espandi dins lou mounde
entié, an fa gréia en noùestre couer la venerarien di rèire e l'amour dóu
pal's que nous a vist nèisse ». (Coumplim. des Mirélhes). — « Cher grand

�107
poète, je viens vous apporter le salut de vos frères de l'autre langue.
L'Académie française qui m'envoie vers vous.... sentait que le trésor
de la poésie française serait mutilée si votre poésie en étant distraite
Le drapeau français a trois couleurs; la poésie française peut bien
avoir deux langues
Vous avez écrit d'admirables vers, de magnifiques poèmes ; d'autres l'ont fait avant vous. Vous avez fait plus:
vous avez recréé une race qui perdait peut-être un peu le sentiment de
ses origines. Vous l'avez fait surgir vivante avec tout ce qui la constitue même dans sa physionomie extérieure. Et, à ce titre, j'estime ,
qu'une inscription manque au pied de la statue que nous inaugurons ;
c'est la suivante: « Ici fut un poète qui recréa un peuple 1 » (M. de
Vogué). — « Un vrai Provençal, un vrai Français et un grand poète ».
(Artaud). — « liien de plus touchant que cet élan qui, comme aujourd'hui, entraîne un peuple entier à dire à ses artistes son admiration
et sa reconnaissance
Cette fête a le double caractère d'être à la
fois la glorification d'une racé et la glorification d'un homme qui en a
été poétiquement la plus haute expression.... Mistral trouva dans la
souplesse et la sonorité de la langue provençale.... l'instrument nécessaire (pour exprimer la terre et l'âme provençales) .... (Aux enfants
de son sol), la France ne leur a pas demandé d'oublier le passé. Elle
en revendique les gloires. La diversité même des tempéraments et des
âmes a augmenté son rayonnement et sa force, car elle les a indissolublement liés dans son indissoluble unité ». (Dujardin-Beaumetz,
ministre des Bèri-Arts). — Après taies declaracious, après un parèlh
acòrt des bouts partides des qùate còrns dedj aurizoun, ja-s déuen
esbani 'nfin touti 's prejudjats de cap at felibridje. Aro touti qu'an
poudut enténe : nou les demòre que de segui.
Edj alendeman, qu'ei à Sent Gili, bilòto à miéj' ouro d'Arles, dabb iou
glèiso curiouso è iou bèro bisto sus iou basto lano, qu'auéc lòc era
« Sénto-'Stélo ». Quauco broumo be la troubblèc ; ja parlèren prou es
gazétes (en abia 'r 'aigo cado-ió tara sio mòlo...) è des discussious det
Counsistòri (acró, arai encaro) è det desorde que i-auéc ara fin dera
grano taulejado de 480 coubèrts, qùan, après et Capouliè, iaute prenéc era
paraulo. Nou mous agrade, acitau, d'ensista ne sus questious counsistouriales o persounales que nou mous arregarden, ne sus bruscariés que nou
mous héren que trop de péno. Hèm arremarca souloméns (acró qu'es
déu dide, ta bouta 's causes at punt) : 1° Qu'et mès coupabble, en tout
■ acró, houe Moussu « Mau-Entenut » : et Felibridje que bo taloméns pôc
hè poulitico, ta cap de coustat, qu'era oumbro touto soulo n'ei estado
prou ta'spauentá-u, ta hè-u hè 'splousioun ; 2° Qu'es causes s'arrenguèren bet chinhau, après es paraules de counciliacioun det Felibre majourau
A. Tournier (et députât der'Ariéjo) è 's arregrèts esprimats, bièn sancés,
pet qui-ère estat masso biéu : alabéts, era mès grano part des taulejaires
que tournèren entra 'na salo, Charloun que mous cantèc cançous, è 'ra
boun' armounió que tournée en es ames ; Mèl° Meissonnier è Artaléto de
Beucaire que didéren o cantèren bèrsi, ères tabén ; J. de la Vaulongo que
héc un discours... Parcró, ja 'i bertat, era 'mpressioun penibblo que
demouraue; mès, à quaucarrén malur ei boun bet-còp. Nou mous estounariém qu'aquéro péno 'nguénço, arressentido aquiéu pes touti 's Felibres
de cor, amièsse à 'ntené-s es qui bet-chinhau es pelejauen. Nani, nou
cau pas qu'ara bèro debiso « Sian tout d'ami, sian tout de fraire »,
sié balhat cap de desmentit.
En tout cach, et Felibridje qu'ess hè toustém mès fort. Nou cau SOUB

�108
que béi, en Proubénço, de Nimes è d'Abinhoun dinquio Niço, edj espandimént des Escoles proubençales ; era balentiso dera « 'Scòlo dera largo »
(quino charmanto antoulougió que sort de pubblica!), et moubemént
dera « 'Scòlo Mistralér/co », et lans gaujous des brabi goujats de Mouriès,
que hèn flambeja « La Regalido », era prounto crechedoun de « La
Ferigoulo », ètc, ètc. Qu'ei era jùentut quehè 'na 't Felibridje pertout ;
è'ra jùentut qu'ei edj abéngue det païs. « Se tòmbon H Felibre, toumbara
nostro naciown », ce dits Mistral. O-mai-ó ! Mès, ço que passioune
atau biéls è jùéns que nu'i cap mòrt! En ajudá-u Diéu, nou bo pas cai
encaro 't Felibridje !
B. SARRIEU
NAUÈTS COUNFRAIS.

348. M™ et M. J. LARCADE (de Barbachen, près Rabastens, H.-P.),
25, rue de Rémusat, Toulouse.
349. MONTRÉ JE AU (Rémy), colon, au Kef (Tunisie).
350. Vicomte DE COMBETTES DE CAUMON, château de Clairfont, par
Portet-Saiut-Simon (H.-G.).
351. TOURNIER (Albert), Félibre Majorai, député de l'Ariège, Paris,
[Membre actif].
352. Mme la Marquise de PINS, château de la Busquière, à Montadet,
par Lombez (Gers) [Membre actif].
353. Bibliothèque de la Ville de Saint Girons (Ariège).
354. Louis DE BENQUE D'AGUT, 8, rue François 1«, Paris.
— M. l'abat Bonnel (de Soulan, Ariéjo), curé det Kef, M. Villeneuve,
proufessou en Licè de Mountpelhè, è M l'abat Bataille, de Barat, que
bénguen, d'abounats, Mémbres agechénts. Biéus arremercioménts.
Dès.
— Qu'ei dap péno qu'auém aprenut era mòrt de Madamo Castex.
Moussu G. Castex, proufessou aunourari de Licè, qu'ei un des nòsti
miélhous coulabouradous. Que preném 'era mès grano part ara sio
enguénso doulou.
— Es létres gascounes que plouraran era mòrt de M. E. Delbousquet,
et madéch det qui mous parlée M. E. Levrat en N° de Mars. '
ERA NÒSTO FELIBREJADO DE

1909

È

'RA NÒSTO

'RRELNO

— En un prouchèn N° que daram endicacious precises sus era nòsto
hèsto de 1909. J'auém arrecebut un pialè de pèces tas Jòcs-Flouraus.
Qu'arremerciam La Dépêche, l'Express du Midi, La Voix du Peuple,
Le Télégramme, Luchon-Thermal, La Croix du Saint-Gironnais, ètc.
(at segu qu'en passam) d'aué balhat et nòste prougramo. Hèm arremarca
souloméns qu'et prumè diô dera hèsto (Distribucioun des arrecoumpénses)
aura lòc à Loumbès (dilhèu et 12 de Setéme, et diô dera hèsto louealo),
mès et segount, j'agg esperam, à Samalari, dabb arrepresentacioun
dramatico en gascoun è seénço-literario.
— Afm0 'ta Matquéáo de pins (eta mai det députât), caátètch
deta Buáquièto, à Mountadét, pzèó de Loumbèá) qu'a plan boulut accepta d'èáte 'ta 'Rtèino deta noáto hèáto d'engùan. Que la-n
attemeteiam de tout cot, d'aquédj intzèá que dénhe hè béi tata
noóto 'Scolo è tata léngo gaácouno.
B. S.
(Fin des Noubèles, p. 2 dera Couberturo.)

. CI 0.0.
B ÊZ i E n s

�DE ÇO QUE PARLARÀ AQUÉSTO 'RREBISTO
« Era Bouts dera Mountanho » que s'acupará de literaturo, de ciénço,
è de tout ço que pouirà enteressâ et Felibridje.
Coumo 'rrebisto literario, que pubblieará pouesiés, coundes, noubèles,
è auti bèri (è coumbenabbles) escriéuts en léijgo gascouno.
Qu'estudiarâ es parlas gascous, enta hè les counégue è aprecià.
Que serà erouso tabén de hè paréche touti 's biélhi doucuménts en
gascoun que l'au pouiran èste coumunicats.
Coumo 'rrebisto cientiflco, sense cap de pretencioun, que balhará —
en gascoup — quauques crouniques que s'arrepourtarán as ciénces
teouriques è pratiques (matemàtiques, flsico, chimió, agriculturo, igièno,
endustrió, etc.)
Nou lichará pas tapòc de coustat era istòrio è 's sos enchinhoménts.
Que pouirà mémo trattá quauques questious de mouralo.
Enfin, que teijguera 's sòs lectous at courént des òbres des Felibres
•è det moubemént felibrénc'
Ta 's coundes-arrenduts des lous oubradjes que soun pregats es autous
d'embouiá-les en doubbl'egdzemplari, en tout endiçá-mous, se eau, et
prêts des boulumes è 't liberaire aoun es tròben.

Edj abounomént ara « Bouts dera Mountanho » qu'ei de 3 fr. per an ;
è nou sera pas majourat, mémo s'era nòsto 'rrebisto bén a groussl è a
paréche cado mès. Mès qu'engadjanf es nòsti brabes abounats a balhámous, s'ac pòden, era Iou adesioui) coumplèto.
Cado mémbre dera nòsto 'Scòlo que hará soun poussibble ta proucurámous, ta lèu que pousque, membres agechénls noumbrousi : mès seram,
è miélhou pouiram hò. E, mès encaro, cadun que mous boulerá ajudà det
SÒIÌ sabé è dera sio plumo.
Es qui nù-an pas encaro pagat era lou coutizacioun que haran bièn
d'embouid-lo sènse destrigd-s: à "Moussu B. Sarrieu, 8, plaço DuBartas, Auch (Gèrs),,(atau qu'esbitaran frèssi).

BOUCABULARI GASGOUN
Que haram paréche en aquésto 'rrebisto, debadj et titre de « Boucabutari gascoui} », listes de mòts è d'espressious tirades desdibèrsi dialectes gascous. Que i-â en gaseoun fòrço tèrmes è tournures qu'es tròben
prèsque semblabbles en francès, è que soun coumprenuts faciloméns
mémo pes qui nou coùnéguen'pas gùaire 'ra nòsto léngo : nou serà pas
.necessari d'endica-les acitau. Que mous countentaram de noutá, en tout
endica-n era proubenénço è balhá-n era traducteioun francéso, es tèrmes
è's loucucious que presentaran quauco particularitat o quauco dificultat ;
è d'aquéro mánièro que trebalharam a manténgue è a estiéne 'ra coune«hénço des arrichéces det lengùadje des nòsti páis.
Tadaquér'òbro, qu'auram bejunh der'ajudo de touti's nòsti amics ;
•qu'esperam que nou mous hará pas défaut. — Que haran bièn tabén
■es autous, s'empléguen bec-còp en lous artiggles quauque mòt pòc usitat
tròp loucau, de balha-i) en nòto 'ra sinhiflcacjoun.

�STATUTS DE L'ESCOLO DERAS P1RENEOS
ART. 1. Il est fondé, pour la région gasconne de la haute Garonne eu
de ses affluents, une Ecole félibréenne qui prend le nom à'Escolo deras
Pircnéos (Ecole des Pyrénées).
ART. 2. Le siège de l'Ecole est à Saint-Gaudens. — Elle comprend'
trois grandes Sections : 1° Haut-Comminges, Nébouzan, Quatre-Vallées
(Saint-Gaudens) ; 2° Bas-Comminges (Muret) ; 3° Couserans, (SaintGirons).
ART. 3. Le but de l'Ecole est de maintenir et de relever la langue
gasconne du Comminges et du Couserans, de conserver les traditions
et les usages locaux, et de développer la vie régionale.
ART. 4. L'Ecole s'interdit absolument toute polémique politique ou
religieuse, soit écrite soit orale.
ART. 5. Les Membres.actifs paient 6 francs par an, et ont droit au»
titre de Fclibres et à toutes les publications de l'Ecole. — Les Dames
sont admises. — Les Bienfaiteurs de l'Ecole pourront être déclarés par le
Bureau général Membres honoraires.
ART. 6. Il est recommandé, en envoyant son adhésion au Bureau&lt;
général, d'indiquer, en outre de l'adresse, le lieu d'adoption au point de
vue dialectal.
ART. 7. Il y aura des Croupes locaux là où plusieurs Membres actifs
(5 au moins) décideront d'en établir un. Tout Groupe 'devra se rattacher
à l'une des trois Sections.
ART. 8. Les trois Sections et les Groupes jouiront de la plus grandeautonomie, à la seule condition d'agir conformément aux Statuts, notamment de respecter les articles 3, 4 et o, et de se tenir en rapports avec leBureau général.
ART. 9. L'Assemblée générale de l'Ecole, composée de tous les Membres actifs, doit se réunir une fois l'an. Elle peut modifier les Statuts^
la majorité absolue.
Art. 10. Le Bureau général est élu au scrutin secret pour 3 ans par
l'Assemblée générale. Il est composé d'un Président, d'un Secrétaire,
i'un Trésorier, et de trois autres membres, ayant rang de Vice-Présidentset représentant chacun l'une des trois sections de l'Ecole. — Le vote parcorrespondance est admis pour cette élection.
ART. 11. Les questions relatives à l'administration de l'Ecole, à sespublications, à ses fêtes, à ses relations extérieures, sont réglées par le
Bureau général.
NOTA. — Composition du Bureau général pour l'année 1909 :*; Président, M. L. de Bardies, à Souhn, par Aleu (Àriêge) ; Vice-Présidents,
MM. Y.-D. Du for, curé de Labarthe-de-Rivière (Haute:Garonne) |[HautComminges], B. Daubiatt, curé de Villefranche-d'Astarac, par Simorre(Gers) [Bas-Comminges], (. Teulié, directeur d'école à Saint-Girons
(Ariège) [Couserans] ; Secrétaire-Trésorier, M. B. Sarrieu, professeur
au Lycée, 8, place Du-Bartas, Auch (Gers).

Le Gérant :

N. ABADIK.

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              <text>Sarrieu, Bernard (1875-1935)</text>
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              <text>Levrat, Étienne (1883-1937)</text>
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          <name>Relation</name>
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              <text>Vignette : http://occitanica.org/omeka/files/original/d791d29e1cc0cc76e9caac99d987a992.jpg</text>
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          <name>Is Part Of</name>
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              <text>Era Bouts dera mountanho &lt;a href="https://occitanica.eu/items/show/10927"&gt;(Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue)&lt;/a&gt;</text>
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              <text>Era Bouts dera mountanho. - Annado 05, n°06 (Junh 1909) </text>
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              <text>Mediatèca occitana, CIRDOC-Béziers, AB 1</text>
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