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                  <text>ESCOLO

DE RAS

PIRENÉOS

(COUMÉNGES, QUATE-BATS, NEBOUZAN, COUSERANS, HAUT0-GAROUN0)

; r

ERA BOUTS
DERA

MOUNTANHO
ILLjüSTRADO

QUE

PARÉ CU

ET

15

Abounomént :
7mo
o 5.

3

DE

CA DO

MES

fr. per an

ANNADO
AQUÉSTE NUMERÍ

MAI 1911

10

SEN-GAUDENS
EMPRI MARIO

E

LI BRAI RIO
1 9 1 1

ABADIE

Sòs

�SOUMARI
Pag

I. — L'Action Régionaliste, IL Le Félibrige à l'Académie
de la Chanson, E. LEVRAT
II. — Et Salut det Goubernomént ara 'Scòlo deras Pirenéos,
DE BARDIES

III. — A Mademaisèlo Teulié, Rèino de 1910 (dabb ur/ imadje
prenut à Sen-Bertran, p. 10SJ F. ESCAICH
IV. — La Legéndo d'Auriòlo de Pelegrino, « PÈY DE SÉUBO »
V. — L'Abandou de la Tèrro (Dus sounéts), J. M. SERVAT..
VI. — La Mountanho, SECHEYRON
VII. — La Balèio de la Sauo (süito), P. LAPORTE
VIII. — Remarques sur l'emploi du caractère ü, B. SARRIEU.. .
IX. — Coundes dej Arbas, /. Dab cras soubros de diménje,
Lroun D'ARRIUMAJOU
X. — Arretour, « L. DE NOUGUÈS »... :
:...
XI. — Mountanhòls e Hourmadje de Varoussa, J. SOULÉVENTURE,

XII. — Et Porc de Juan, J. SENS
XIII. — Le Costume Aurois à travers les âges, Fr. MARSAN. ..
XIV. — Noubèles (Nauèts Counfrais, Academió des Jòcs Flouraus, St0 Stélo, Obres des nosti Counfrais, Proupagando), B. S

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RÈGLES PRINCIPALES DE L'ORTHOGRAPHE GASCONNE
En règle générale, on écrit comme on prononce, et les lettres ont la
môme valeur qu'en français.
On prononce j et ch comme en français ; on écrit dz pour dz, dj pour
dj, ts pour ts, et tch pour tch.
On représente 1 et n mouillées par Ih et nh (halhd, mountanho).
On peut noter-?? une n gutturale possédée parle gascpn (cav, téwguc).
Jamais t n'a le son de s ; on écrit atenciçur/, etc.
Les diphtongues monosyllabiques formées par i, ou, et u devenus
semi-consonnes, c.-à-d. valant y, ü et il, peuvent s'écrire ainsi :
1° ai, ci, ei, iy, òi, oi, oui, uy (ou bien ay, èy, ey, etc., mais nécessairement iy et uy) ; il ne faut pas écrire aï, èï, etc.
Et la, iè, ie, yi, io, io, iou, yu (au début d'un mot, ou d'une syllabe
bien détachée, on peut mettre ya, yè, etc., mais nécessairement yi et yu).
2° au, èu, eu, iu, òu, oü, ouu, uü (le signe M, avec un accent courbe,
n'est indispensable qu'après o, ou et u) ; il ne faut pas écrire aou, èou, ni
aii, èii, etc.
Et üa, üè, üe, üi, üò, üo, üou, üu (le signe ü n'est indispensable
qu'à l'initiale, après une consonne, et entre deux voyelles devant u).
3° üa, lié, lie, h%, etc. (le signe il, très lisible, évite de donner deux
valeurs au signe u ; on peut dès lors dire que ?/, précédant ou suivant une
autre voyelle, a toujours, sauf après q, et dans que, gui, le son ou).
Le tréma est réservé pour indiquer que l'i et l'u qu'il surmonte se prononcent à part, avec le son, qui leur est propre (bïoulént, countinüa).
Tous les autres caractères ont à peu près même valeur qu'en français.
L'accent grave indique que la voyelle est ouverte ; l'aigu, qu'elle est
tonique.

�CI o.o.

BÉZiERS

ERA BOUTS DERA MOUNTANHO
7,n0

ANNADO :

1911

■~"

N° 5.

MAI

——

1

Touatém Gascous ! »

«

-

-» ••

L'ACTION RÉGIONALISTE
(CHRONIQUE TOULOUSAINE)

II. LE FÉLIBR1GE A L'ACADÉMIE DE LA CHANSON

Nous avons eu l'occasion de signaler, ici même
l'œuvre de M. .Màrius
Léger, et les efforts de VAcadémie toulousaine de la Chanson vers une
décentralisation artistique dont le besoin se fait sentir chaque jour
davantage.
Poursuivant son apostolat par la conférence, ainsi que fait en notre
terre gersoise le Larè gascourt, M. Léger a fait appel au talent de notre
ami Armand Praviel.
Celui-ci, toujours dévoué, dès qu'il s'agit de lutter pour la cause félibréenne, en deux études des plus intéressantes a présenté au public toulousain Le liégionalisme et Les poètes languedociens de Toulouse,
Il n'est pas sans intérêt pour nqus de résumer ces conférences, de les
méditer, de prendre conscience une fois encore de nos devoirs félibréens.
Car, on ne saurait trop le répéter, le Félibrige n'est pas seulement œuvre
littéraire, il ne consiste pas uniquement à banqueter, à chanter des chansons, à dire des vers plus souvent mauvais que bons; mais c'est une
œuvre de régénératiun patriale, une œuvre sociale, et des plus importantes non seulement pour l'avenir du Midi, mais pour la France toute
entière.
*

'*

Ainsi que l'a fort bien expliqué M. Praviel, la centralisation, née des
conceptions individualistes du dix-huitième siècle, opprime nos diverses
régions françaises. Les déparlements, qui ne répondent souvent à aucune
réalité physique ou politique, sont des quémandeurs attachés aux faveurs
de l'Etat tout-puissant. Grâce à la centralisation, le peuple de France est
un peuple de bureaucrates.
Il n'y a plus d'âme provinciale. Nous ignorons notre histoire régionale
et, chose plus triste, nous nous en vantons. On opprime, on tue nos dialectes locaux, notre langue naturelle, on chasse nos costumes, on supprime
nos mœurs ancestrales, et on saccage les sites et les monuments où palpite
encore l'âme patriale. Et non seulement nous le supportons, non seulement nous assistons impassibles à cet assassinat moral, mais encore nous
y aidons !
Un seul coin de France nous paraît beau, noble et grand, c'est Paris !
1. Voir Era lîouts de 1011, p. 53-55.

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Une seule gloire nous parait nngnifique, c'est la gloire qui vient de Paris.
Un seul talent nous parait digne d'admiration, c'est le talent que consacre
Paris.
Pauvres insensés, qui ne voient pas que ce cœur monstrueux et difforme
anémie le corps de la nation, qu'en cette serre trop chaude et malsaine la
gloire et le talent ne sont trop souvent que choses frelatées et champignons vénéneux, que c'est de Paris enfin, de Paris trop absorbant, du
fétichisme de Paris que meurt la France !
Il faut donc, et c'est là le but du régionalisme, recréer une vie provinciale.
— Non pas que l'on doive pour cela s'enfermer dans l'admiration stérile
et ridicule de son coin de terre et de son clocher, dédaigneux du reste de
l'univers. Notre idéal est au contraire que tous nos pays de France vivent
d'une vie d'émulation et d'aide réciproque. Alors, chacune de nos provinces, se développant en conformité avec les besoins et les instincts de sa
race, verrait briller en elle un foyer d'énergie où se réchaufferait la vieille
splendeur française.
Pour cela, que faut-il faire ? nous dit M. Praviel. — Supprimer les
départements, trop petits avec nos facilités de communications modernes.
Faire renaître les vieilles régions historiques et naturelles, et donner une
autonomie relative à chacun des organes de la vie nationale.
Suivant la formule du Congrès de Nancy, il faut :
Les affaires de la nation régies par la nation ;
Les affaires de la région régies par la région ;
Les affaires de la commune régies par la commune.
— Comment arriver à la réalisation pratique de ces désirs? Avec X. de
Ricard. M. Praviel ne croit pas aux bienfaits de la politique, et des
exemples récents semblent bien confirmer cette thèse. Il préfère compter
sur la réforme de la mentalité nationale, et cela par les universités, le
théâtre et la presse.
Il y aurait long à dire sur le rôle des universités dans cette lutte régionaliste et c'est là une question que, pour notre part, nous comptons
reprendre quelque jour.
Le rôle du théâtre, certes, n'est point à dédaigner, et en ce qui concerne la la langue, nous n'en voulons pour preuve que les résultats du
théâtre breton, et l'heureuse initiative de M. Léger sur laquelle nous
reviendrons.
La presse pourrait, et devrait participer à cette lutte pour la reconstitution de la force provinciale. Le voudra-t-elle ? Jusqu'à présent on n'aide
guère les écrivains dont la copie n'arrive pas de Paris, ou, si l'on insère
leurs œuvres, souvent remarquables, on ne les paie pas. Ce n'est pas avec
ces procédés que la presse provinciale aidera le mouvement.
Il faut évidemment créer des capitales industrielles, artistiques, intellectuelles dans chacune de nos provinces, — et des capitales qui soient
autre chose que la pâle contrefaçon de Paris. Il faut aussi, nous l'avons
dit, modifier la mentalité du peuple, lui redonner la fierté de son pays,

�ÌOS
l'orgueil de sa langue, de son histoire; et cela, des initiatives telles que
celle du Larè gascourt nous paraissent devoir le réaliser pleinement. On
ne saurait assez dire coniblon fécond peut être cet apostolat à travers la
Province.
Le régionalisme .est la véritable forme du patriotisme, car la nationalité
française n'est que la résultante des nationalités provinciales. Et le félibrige doit être l'aspect méridional du régionalisme. Il nous fera aimer
notre histoire et notre langue, notre terre et ceux qui l'ont chantée, nos
prosateurs et nos poètes.

* *
C'est pour cela que M. Praviel a voulu présenter aux Toulousains les
poètes de la terre languedocienne, et plus spécialement ceux qui, durant
ces dernières années, vécurent auprès de la Cité rose et chantèrent dans
le doux parler ancestral.
Héritiers des sept troubadours et du bon Goudouli, ce sont d'abord
Lucien Mengaud, et Louis Vestrepain, deux patoisants qui, sans avoir
la valeur de Jasmin, ne doivent pas moins être comptés parmi les précurseurs du Félibrige.
Mais c'est avec Auguste Fourès, né à Castelnaudary, en 1848, que
commence la série des grands poètes toulousains.
Dans une langue savamment épurée, Fourès célèbre, d'une souffle âpre
et fougueux, la terre lauragaise, les vaincus de la guerre albigeoise, la
langue d'oc et la liberté.
Ce grand lyrique a laissé deux disciples, qui ont largement distance
leur maître, Antonin Perbosc et Pròsper Estieu.
La vie de ces deux éminents poètes se ressemble étrangement. Instituteurs, majoraux du félibrige, maîtres ès jeux floraux, ils sont unis par
une fraternelle amitié et luttent pour une même cause : l'expansion des
idées félibréennes et l'unification de la langue d'oc.
On peut discuter leurs théories, mais on doit reconnaître que l'un
comme l'autre sont des savants, d'admirables techniciens du vers, et de
très grands poètes.
A côté do ces maîtres, il importe de citer quelques écrivains qui ont
bien leur valeur. C'est la pléiade de l'Escolo Monndino avec André Sourreil, Xavier Rivière, E. Lnmourèrc, C. Vie, Marguerite Navarre, etc.
Tous ils chantent, dans la langue ancestrale, le terroir languedocien ;
grâce à eux le félibrige toulousain est plein d'ardeur et bien vivant.
Signalons, en terminant, l'initiative pleine de promesses de M. Léger.
Désireux de voir le peuple revenir à sa langue, à son chez soi, voulant
faire œuvre active de régionalisme, il nous promet un théâtre où ne seront
jouées que des pièces en dialectes toulousain, et célébrant l'histoire,
les légendes, les mœurs du terroir.
C'est là une belle entreprise à laquelle nous ne pouvons qu'applaudir en
nous rappelant que des vaillants comme B. Sarrieu, S. Palay, l'abbé Dambielle ont déjà écrit, chez nous, des pièces très intéressantes. Faisons-

�104
nous un devoir de les faire représenter, car, ainsi que le disait excellemment Armand Praviel, le théâtre est un puissant moven d'action sur l'âme
populaire.
Etienne LEVRAT.
— M. le D1 Levrat nous permettra de signaler ici, à la suite de son
article, deux concours pouvant intéresser nos confrères. L'un est organisé
par Le Mercure Méridional( 11, rue des Fleurs, Toulouse) : le programme
a paru dans le N° d'Avril ; la langue d'oc occupe une branche de ce concours. — L'autre est organisé parTAcadémie Toulousaine de la Chanson, dont M. le Dr Levrat vient de nous parler, et comprend sept sections:
Poésie française; Poésie en langue d'oc; Prose id., id. ; Chanson;
Théâtre ; Arts décoratifs. Les pièces de langue d'oc peuvent être dans
tous les dialectes, mais, dans un intérêt de vulgarisation, la Société se
réserve le droit de les faire adapter par l'auteur au dialecte toulousain. Il
est perçu un droit de 2 fr. Dernier délai 15 juin (15 juillet pour le Théâtre). Pour plus de détails, s'adresser à M. Marius Léger, directeur de la
« Belle Chanson », 3, place du Capitole, Toulouse.
— Ajoutons que le dernier délai pour les Jeux Floraux de notre
Escolo est reporté au 15 juin (même date que celui de l'Escolo GastouFebus). Voir ci-après aux « Noubèles ».
B. S.

Et Salut det C ou b er»n o mén t
ara

1. deras Pirenéos

?SCO Q

Encaro qu' et Felibre Majourau Maurici Faure nous sio mès Ministre
dera 'Strucciou Publico, Mu 't Prefèt det departomént der' Ariéjo, noubèlomént arribat de Niço, oun èro secretari general, qu'a boulutch saluda
et Felibridje e tabé moustra qu' é debouat ara counserbaciou deis abilhoménts e deras coustumos deras mountanhos de Gascounho.
Acoumpanhatch de Mu Sibra, sou-prefèt de Sent-Girouns, et de
Mu Alquier, counselhè de prefecturo, Mu Henry s' é rendutch et 17 de
Mars à Betmalo, en cantou de Castilhou-en-Couserans, oun Mademaisèlo
Teulié, Bèino de nòstrisJòcs Flouraus de Mounrejau, é regénto.
Quan aquéris grossis Moussus soun arribats ara'scòlo, qu' an troubatch
noustro Rèino abilhado det coustume que pourtabo ta graciousomént à
Mounrejau, à Sen-Bertran e à Gargas. Toutis es mainadjes, hilhos e
goujats, qu' èron rengats prochi d'éro abilhats tabé coumplètomént en
Bammalous. Ré de mes poulitch.
Mu 't Prefèt qu' a fort coumplimentatch Mè)o Teulié de counserba er

�105
respèt deras abitudos anciènous, e qu'a saludatch edj abilhomént de
Betmalo at noum det Goubernomént'.
Nôstro Rèino qu'a datch at Prefèt quaucus soubenis, prencipalomént
un parélh d'esclòts enda Madamo Henry.
Et mantén det coustume de Betmalo que meritarió d'èste ajudat d'en
sus. Entretant, esperém qu'es Bammalous ei demournran fidèles.
Parla de Sen-Girouns

1.

BAIVDIOS.

(A.).

Voir la description du coslume de Belhmale dans la Bonis de I9U6, p. 65, et 1907,

p. I7tî, avec les gravures qui s'y rapportent, el ici même, ci-dessous la photographie
représentant Nielle Tcnlic en liclhmnlnise, dans le clnilre de Saint-lii'rtrond-de-Comminges,... telle nui? Iphigénif dans nu décor de tragédie antique.

v

Mlle Teulié en Betmalaise
DANS LS CLOITRE

DE

fS AINT JÎERTR AND - DE-pOMNUNG BS

�106

Rèino des Jocs Klouraus de 1' « Escolo deras pirenéos » en 19101

Just, sabèn le tèu noun,
Car le journal de jér binhó de mous at dise ;
Miguéto, j'anan rise,
Pramou que toútis soun
Rabidis de t'abé per Rèino des Felibres !
Coumo nòstis côrs soun libres,
Créts que t'aimarén toutjoun !

Amb' plasé te besèn
Parmi las autos flous caduno à part trigado
Per ourna la bagado 2
Oun doúcis üélhs fasèn.
Per tu, bouquét flourit, nòst' amo es parfumado ;
0 Rèino qu'ès tant aimado,
De boun còr, bè-n, t'at disèn.

Le parpalhòl que sauto
Dins las prados s'en ba poutouneja las flous :
Coum' ét faiòn poutous
Pla tindéns sus ta gauto,
— Les Felibres, créts-got, an le còr toutjoun caut —
E de t bése à Mounrejau
A nous-âutis pla mous jauto 3.

Nou, n'és pos embaïdo l,
Ma plumo anda te fè très coupléts en gascou,
Que-t porton la frescou
Des rius de la Bastido...
Filho del mèu amie, t'oufri, pus qu'aro i-èn,
De la part d'un Bastidièn
1 no courouno flourido !
l'aria

de Laba&gt;lido-de-Serou (A.)

F.

EsCAICH

I. Arjupris bèrsis, que fasqoèri per Mlp Teulié, "non les pousquèri pas dise à la lestede Mounrejau : Soui urous d'eu fè present aci à nòslo aimablo liéiuo. —'2. Boutonnière.
— 3. Nous en tommes ravis. — 4. Hésitante.

�107

LA LEGÉNDO D'AURIOLO DE PELEGRINO
NOUBÈIiO GASCOUNO
[MEDALHO D'ARGENT EN 1910]

.

Las carrèros diouyon llouri,
Tan bèlo nobio bay sourti !
Diouyoun flouri, diouyon grana,
Tan bèlo nobio bay passa !
Las carrèros diouyon gemi,
Tan bèto morto bay sourli !
Diouyon gemi, diouyon ploura,
Tan bèlo morto bay passa ! ! »

JASMIN,

« L'Abugle de Castel-Cuillé ».

I-a bèt téms-a que s'i passado aquésto istüèro ; dlsi pas que sió dou téms
de Mathusalèm, mès an lusit fòrço luos desempèi. Me l'an coundado
quand èri jüén, e me la suy pas jamès desbrumbado : la bous bau counda,
à moun tour, se sai.
Diuèuo èste en l'annado trétze cénts qüate-bingt-trés après la bengudo
de Noste-Sénhe, se s'en eau rapourta à ço que dits la legéndo ; jou ac
creserió.
Le fèt se passée à Samatan, bilo ancièno e renoumado, qu'èro, à l'épòco, mès grano e counsequénto, que nou-n éi aro, e qu'estouc, coumo
sabéts, préso e rabatjado pes Angléses, coumandats per un noumat Le
Prince Nére, famus capitáni. On i troubauo, alabéts, qüate bèros glèisos,
e un castèt fourtificat, qu'èro, à ço que parich, tout plén bèt, bastit en
carrât, sus un ticoulét, qu'apèron encaro Moutasso, entourclal de touts
coustats de bárris ' soulides e de barats pregounds, enta se defénde countro l'enemic. Le castèt aparteijguèuo an aquéro praubo countésso Margalido de Couménges, de qui auèts, sampa, entenut à parla. Disen que
s'i bengouc arretira de bèris còps, enta se counsoula de sous malurs
e escapa as machancetats de soun marit. A las qüate portos de la bilo,
èron plantados tabé qüate tours supèrbos.
Aué, cadun sap que Samatai} es un endrét plasént, oun i-a tout plén
de berduro, e oun i hè boun passa douçomént la bito. De cado coustat
qu'on rebire le cap, se béts pas que bèros oumos bièn esplandidos e grans
casses ambe sous rams manhifles, dambé, à tout trauès, uo troupo de
pibous, que toutjour trindéjon, haut quilhats, de quines cops alinhats sus
un réng, coumo sounlats gigants — oun damos agassos aimon à acalaua sous
nisèts au bèteap — : tout bèrts l'estiu, soun daurats fiüèr, coumo qui diré
coulou d'un pairó escurat de frésc. Cado oustau a soun casau, gran coumo
petit, oun maduron, atau qu'ac bòi, higos e péros embaumados, ensi que
toutes les miihous fruts de la tèrro. Un petit Paradis, m'en poudéts crése,
sense counda uo poulido ribèro, la Sauo, aimado des pescaires, que à
trauès les prats, pimparrats de briòlos e de boutous d'or, s'en béng douçomént eslissa à sus pès... Mès, escoutats moun istüèro.

�108
Douríc i auèuo, à l'epòco doun parlai?, dins la bilo de Samatan, uo
Demaisèlo, mainado de setze ans, qu'èro renoumado, loui, dins les païs
d'alentour, dinquos mémo à Toulouso, la santo, autant per soun aunèstetat e sagésso, que per la beutat de soun cos destingat. Auriôlo de Pelegrino èro le soun nom, e èro la hilho dou prumè coussoul2 de la bilo.
Réi) de mès poulit se poudèuo bése que sa figuro roundo, dambé le
bclours de sas gàutos tréndos e medicandos3, daurados coumo un perséc
d'agoust. Sus üéls, blous'' e candes 5 coumo l'aigo de la bount, èron coulou de perbénco. Uo courouno de péus, rousses coumo òr, diuinoment
intourclauo soun cap fièr e esmerit de Gascouno. Aurén dit, anfin, uo
petito rèino, quand se passejauo le loung de las carrèros estrétos, bestido
de sa raubo bérdo-espèro 6 passementado 7 d'argént, estelado de flourétos,
dréto e minço dins soun courselét, à hè rebira ômes e hémnos de tout
atge, diriquos as persounatges les mès countrits.
Disen que les hilhs des senhous des embirous, per l'aué bisto un còp,
s'en poudéuon pas cara, e i saunejauon néit e jour. Soun pai, ritche
bourgés e nòble òme, décidée de la marida. Embicious de perpetua sa
memorio, auèuo jitat les üéls sus un jutge dou réi, persounage counse
quént8, qu'aparteijguéuo a uo maisoun de las mès biélhos e renoumados,
mès qu'èro souloméns d'un atge un pauc.madut. Hascouc apera un jour sa
hilho, enta-u hè counégue sa boulentat, enta-u dise qu'èro en atge de se
marida, que l'auèuo causit un partit ; mès la Demaiseléto le respounouc,
en tout ploura, que couneguèuo pas aquét jüén òme, que l'aimeré pas
jamès ; qu'enta èste malerouso touto sa bito, auèuo bièn le téms. Alabéts,
le pai se boutée dins uo gran coulèro, e le digouc, còp séc, qu'i auèuo
pas arrén à retouca, qu'auèuo balhat sa paraulo. En enténe acó, la praubéto estèc touto estoumagado, mès respounouc pas arrén mès. Tapiar;
sabèts que, dins l'ancièn téms, se calèuo souméte à l'autouritat dou pai de
familho, qu'èro le mèstre absoulut diguéns sa maisoun — ço qu'auèuo
soun boun coumo soun mâchant — austroméns las hilhos que boulèuon
pas escouta, las bourroulhauon 9 dins un coubént per la bito bitanto.
Estouc décidât que la nòço se haré, d'ací tres méses, le jour de sénto
Antüanèto, qu'èro le nom que pourtauo sa mairio 10, e coumencèn de hè
de süito les aprèstes.
(A scr/ui)
Palia ilo ^arnalan (flarli-Cotimciiges)
p^y (]e SÉUBO.
NÒTOS. — I. ■ Remparts ». — '2. « Consul ■. — :-!. . Fragiles .. —
I. . Purs •. —
H. « V. i&gt; s ». -— fi. « Vert temlre ». — T. « lionlce ». — 8 • Important ■ — 9. « Ils
les mettaient sous le verrou ». — 10. « Marraine ».

L'Abandou de la Tèrro
0.

L'AN A

Catin a dit adiu à toútis del bilatje;
Que part, ana-s louga sirbénto al gran París.
A quinze ans, qu' é le téns de quita le païs,
End' ana-s atura1 la dòt del maridatje.

�101
Qu' é poulido, Catin, e balénto à l'oubratje ;
Santadouso, inouciénto e mistouso am soun ris2.
Mès aror de parti, som? còr e malautis :
Qu'aimabo tant sas géns, sa baco e soun bouscatje !
Aïchus le carrïòl, al miétch des bouialjurs,
Ornes, fénnos des camps que charron sens' atur3,
La fìlhòto esta muto e crentouso e genado ;
Bergounhouso tabé de soun coufat trop biélh,
Tristo e deichado-ana ' coumo iio flou segado,
Uo lèrmo en rajan bénc embrouma soun üélh.
II. LE TOURNA
Très ans après, Catin s'en tourno à soun bilatje ;
Doulénto % qu'a besounh de l'uire del païs ;
Qu'a deichat sa frescou santadouso à Paris ;
Aro, un capèl flourit asoumbro soun btsatje.
Pes camps, les païsans soun toûtis à l'oubratje.
Que 's se miro" am pietat e, retenguén soun ris,
Qu'es brémbo qu' èro acó le plaisént paradis
Que la fie tant sousca : géns, mountanho, bouscatje.
Aichus le carrïòl cargat de bouialjurs,
Aro que parlo naut, en francès, sens' atur3,
De la bido à Paris ta bèlo, coumparado
A la mòrt de l'entour oun tout e lètch e biélh...,
E l'on coumprén, al pléc des pòts, al fòc del üélh,
Qu' é üo flou des camps que la bilo a segado.
J.-M. SERVAT.

Parla de Massai (A.).
NÒTOS.

— I. Arrêter, ici amasser. — 2. Rire. — 3. Sans arrêt.

— 4

Abattue. — 5.

Souffrante. — 6. Elle (se) les considère.

iCi,

£23 ±J JÈJ
[PHL'MÈEO

„0. U L*_î JL&gt;

MEUALHO DE BHOUNZE]

Pirenéos qu'aiman, bòrnos de la Patrlo,
Coumo oundrats nòsto plano, en fini nòste cèu !
Nòsto tèrro à tous pès, o Mountanho, se lfo
Coumo hilho à sa mai, coumo la ciro au mêu.
Èi pla süén admirat, quan l'aubo puntejauo,
Toun frount ròso de nèu ; au mietjour, au couchant
Bist dou glaciè daurat, au sourélh que rajauo,

Las laüzos1 flamba, coumo au pur diamant.

�HO
Tchino manhiflcénço ! Es dounc uio gran hèsto ?
Le sourélh ard, l'aire baranéjo2, frémis...
La bapou te capèro... Un auratge s'aprèsto...
És la grèlo ? l'aigat3 ? Deja tout s'encrumls
Apèi le bén, le mau !... En co, que pòdes téngue ?
Mès coumo, end'ag sabé, de tous pics m'aproucha?
Toun charme à l'endauant me rits e me béng préngue
Plan amistousomént, ende me tout mucha 5.

**#
En arriba, dambe noubléço,
De hourèstes sur la hautou
La mountanho espandis l'amplou.
Un aire dous passo è carésso,
De la balèio que s'oubris :
D'autas(i i trouban les débris.
Tchinos retrètos fourtunados !
Milo sourços, de touts coustats,
Nèchen, courren as rius, pes prats :
Èro un séjour de las Naiados !
Bilo aimablo : damb' las cansous,
L'aigo, la berduro è las flous,
Luchoun ! ta balèio encadéno,
Coum' uio Rèino, uio Seréno !
Tant d'autos, coumo tu, Cauterès è Campan,
Hèn la grâcio dou pè des moúnts ; quántis i ban
Cerca la garisoun, les plasés ! Ta juenéço
Damb' sa jòio as malaus enlèuo la tristéço.

**#
Mountan : le pas aro se rétrécis ;
L'aire mès sanitous fresquéjo ;
Es embaumât des pins; quan s'adoucís,
La flou saubatjo sabouréjo 7.
Les bòsques an dispariscut ;
De la mountanho dechisclados 8
Las ròcos, en caos, soun en caije enclauédos9 ;
Aciu, atchiu un pin, au bén tourçut,
A crebat la hendáço
Oun damb le témps s'a hèit hè plaço.
Tchino leçoun ! à la grano balhats
Un tant-se-pu de pousco 10, éro sap sa chimio !
Sas racinos dou roc poutzarán l'energio ;
Heuguèro, aubre ou gazoun, biuran ! Les proutejats ?
Eres, bous saubon des aigats.

�111
A touto oúro, le sourélh paro
Les glaciès, las grans nèus, la balèio oun debaro.
Sous reflèts ta cm'üns, doúcis, bius ou fiambans,
Arribon au biulét ta trénde des couchans,
Que tramblo au lilénh, ta dous, sou lac à l'aigo cando,
Dins un entassomént de ròcos enceuclat :
De la naturo és un santiiari sacrât,
Ta gran, qu'un religius respèct mous i coumando.

**#
En siègue, les tablèus charmans ou plés d'orrou,
D'uio orrou tant sublimo,
Ende nous-aus petits, per lur amplo grnndou,
Mous ménon à la cimo,
Que damb' péno en apedanha ",
En alena lâ, mous eau ganlia...
Bestit de sa blancou magico,
Damb' soun mántou de nèu, dauant ét estenut,
Que las puntos dou ròc, claus d'òr, an retengut,
Le Nélou, dessus tout, drèsso sa punjirico
Darrè, nost' üélh s'emba decats à l'ourizoun,
Ta lüénh que tout si pèrd ; bilo, piano, coustoun...
En là, catbat, la luto es aspro per la bito ;
A la fourtuno uio houlio mous embito ;
Toustém mous eau de l'amo è dou cos esta prèst,
Sanse mesuro è sanse arrèst :
Touto fòrço es brisado.
L'amo lasso finis per n'espia que le Cèu :
Aciu, aquét recours, talèu,
Dou mau è dou souci cassara la pensado ;
Aciu, de la naturo, uio pats se ressént,
Que calmo l'estourJissoniént
De nòste esprit ; dirén uio douço armounio
Que dou tracas de la bito delio...

Debat un Cèu noubèl, tout bièrjes que luzls,
Dou Bén, de la Berlut, la fin se descoubrls...
Respiri : es un baume que bibifico
Penètro au co, tout l'èste fourtifico.
Tabé, tout çó que mous entouro es plén
D'un désir infinit de damoura toustén.

�112
Ah ! que bezèn, de haut, las passius mespresablos
Que le mes generous, d'abili soun capablos !
D'éros quan és (se cau, d'un boun repèch),
Dou bénte au cap encrassido que nèch
L'Idèio, en tout se carrussa 14 tourtéjo (5,
Coumo un auzèt echalat 16 alatéjo17...
Leujèro è libro, ende mounta catsus,
Toustém mès haut, as aires esplandido,
Cau, per la Hé, que se boute au dessus
De la Matièro oun damòro trepido ,8...
Moun sentèn separats ; libro nòsto amo bíu ;
Crezèn : tchi créi, sap béze en tout la man de Dlu !
(A seguí)
SECHEYRON.

Parla de Sarranl (Gers)
NOTES. — 1.
— 5.

Etincelles. —2. Tourbillonne. —

Montrer. —

6.

Autels. —

8. Arrachées en morceaux. —

chaos.
13.

— 10.

Poussière. —

— l'ointe. —

14.

9.

II.

7.

Inondation. —

3,

4.

S'obscurit (au ciel).

liépand sou parfum comme savoureux, son arôme. —

Se sont en tombant enclavées les unes dans les autres en
S'élever de bas en haut, monter. — 12

En se traînant

—

Î5.

Elle boite. —

bal de l'aile, essaie (vainement) de s'envoler —

18.

16.

En haletant. —

A l'aile cassée. —

17.

Elle

Foulée aux pieds.

La Balèio de la Sau©
MOUNOUGRAFIO

EN

PROSO

GASCOTJNO

(Ulhél d'Argént)

I. La Ribèro de Sauo
(Sttito)*
Es aquiu que couménço reèloment la balèio regulièro de la Sauo,
balèio d'embiroun ounze cénts mèstres de large ; la ribèro, que se tròbo
prèsque pertout dou coustat drét de la balèio, és encadrado dou coustat
gauch per la routo departomentalo de Lilo-de-Haut à Boulounho, è de
l'aule per camis bicinaus que hèn eoumunica les diferénts bilatjes de la
riuo dréto, Ciadous è Escanocrabo sus la coulino à ounze cénts mèstres de
la ribèro, è en debara Mounbernat, Sen-Lauréns, Anan, que soun bastits,
les dus prumès sou coustat drét de la balèio è le darrè au miéi, coupât en
dus per la ribèro è le canal dou moulin. La Sauo perseguís soun cours au
miéi de la balèio rediiito à üéit céns mèstres, mès toutjours lounjado pes
dus camls, arròso la bilo de Lilo-de-Haut, bastido sur sa riuo gaucho, è
passo à egalo disténço de Mirambèu è de Bouchédo, bilatjes sitilats en
faço sus las dios coulinos oupousados.
" Voir 1« N" d'Avril, p. 87.

�113
Aquiu, dits au departomént de la Hauto-Garòno noun pas (( adiu )),
mès « à rebüèr », éntro dins le departomént dou Gèrs éntre Espôm è
Cadelhan oun sa balèio elargido se counfoun dambé aquéro de la Gésso, è,
aprèts aubé leujèroment enclinat à gaucho ende préngue à la mountanho
de Saubotèrro las aigos que le porto aquéro Gésso (groussido éro-mèmo
per l'Arjo dempèi Bouchédo), repréijc sa diretcioun, filo drét decats à las
bilos de Loumbes è de Samatan que trôbo à dus kilomèstres l'uio de
l'auto è que dècho sus sa riuo gaucho. Entre aquéros dios bilos, un canal
aperat la Sauéso formo coumo un bras de ribèro e se countunho disquos
à iiéit cens mèstres au mièdjour de Labastido, au counfliiént de l'Aussouo
que béijc apourta à la Sauo, per la riuo dréto, le tribut de sas aigos, tribut
qu'éro mémo a recebut de la Liuzo à dréto è de l'Espièno à gaucho. La
Sauo arròso ensüito Labaslido, passo dou coustat drét au coustat gauch
de la balèio, banho las muralhos dou petit bilatje de Cazaus, defilo dauant
le mounumental castèt de Caumount, separo las coumunos d'Endouflèlo
é de Castilhoun, recéb la Boulouzo sur sa riuo dréto, limito Auradé à
dréto de Marestanh à gaucho, trauèsso la coumuno de Lilo-dc-Bach en
countourna darrè la bilo, è, per uio balèio qu'a en aquét endrét proche de
dus kilomèstres, se dirijo decats à Segoufièlo que dècho à sa dréto, réntro
enfin dins le departomént de la Hauto-Garòno à qui serbich de limito
éntre Segoufièlo è Sénto-Liürado.
Aquiu, la balèio s'elargís encaro pendént que la Sauo recéb le Cedat
per sa riuo gaucho, en faço de la stacioun de Merembièlo, mès couménço
à se retrec! au moulin de Larmount, è és touto petito quan la Sauo passo
darrè la bilo de Lebinhac, dauant le bilatje de Mambiio e bénc separa Moun
taugut à dréto de Sen-Fòl à gaucho oun recéb l'Arsèno. La balèio s'elargís
pou darrè còp, è la Sauo s'i prouméno paressousomént, i hè fòrço countours e siniiousitats, coumo uio damo qu'és pas pressado d'arriba, separo
Merbilo, à dréto, de Larra à gaucho, recéb per aquéro riuo le Riutòrt,
soun darrè afliiént, se dirijo bruscomént decats à biso coumo end'embrassa la bilo de Grenado, è doutze céns mèstres au nòrt d'aquéro
bilo ba, per uio courbo graciouso, feni dins Garòno è le pourfa l'oumatje
des païses que trauèsso...
Dins soun cours de cén-süassanto cinq kilomèstres, la Sauo n'a acoumplit atau iíéit dins las Hautos-Pirenèos, cinquanto dins le Gèrs, è cen-sèt
dins la Hauto-Garouno en dus trounçous ; mès on pòt dise qu'a hèit tout
acó sense jamès quita le nòste biélh païs de Couménges.
II

Régime de las aigos
Inoundacious. — Nabigabilitat. — Pésco
Quan èro redliito à sas pròpos fòrços, la Sauo èro uio ribèro fòrt irregulièro coumo débit ; tròp gròsso pendént l'iüèr è la primo, èro prèsque à
séc pendént l'estiu è l'autouno è hasèuo süén demoura sénse hè rén les

�114
moulls e las usinos establits sur soun cours. Mès dempèi que le canal de
la Nèsto le fournich per minuto 5Ü8 èctolitres d'aigo que l'arribon mitât
directomént, mitât per la Gésso, soun débit és à-pu-près reguliè en touto
sasoun. — Per countro, aquét emprunt au tourrént de la mountanho aaubut per resultat d'abacha la tamperaturo de l'aigo de Sauo e de la rande
pla mès frédo ; a belèu aubut tabé per resultat de rande mès frequéntos
(mes acó se pouiré courrija) las inoundacious doun les proupríetáris besis
de la ribèro an trop siién à se planhe e que las tapios 18 doun Sauo 19 es
encadrado soun empüisséntos à arresta. Aquéros inoundacious, riiinousos
end' ères quan se proudiiichen à la fin de la primo ou en estiu au moumént
oun la recòlto es prèsto à amassa, soun prèsque utiles e bienfeséntos en
iüèr pou limoun que depauson dins las anglados e pou sable que carréjon.
Es juste au surplus de recounégue que les proupietáris riberèns an uio
larjo part de respounsabilitat dins aquéros inoundacious per la negligénço
qu'apôrton à neteja le lèit de la ribèro, à le débarrassa des aubres morts,
de las broussalhos e autes barratges naturels que retardon counsiderablomént le courént de l'aigo. Ço que prôbo l'empourténço d'aquéro ouperaciouij es que à parti de Lebinhac, dins le departomént de la HautoGaròno, oun las prescripcious relatiuos au recuratge soun edzecutados,
las inoundacious soun fort raros ; raros tabé dins la prumèro trauessado
de la Hauto-Garôno, au-dessus de Cadelhan, oun la Sauo a pas eiîcaro
recebut le tribut de la Gésso que bénc doubla soun boulume d'aigo.
La bitésso dou courént es pauc counsiderablo è depasso à péno un kilo mèstre à l'ouro dins la balèio mouièno è bacho ; an remarcat qu'uio
mountado d'aigo sinhalado à Lilo-de Haut bouto ourdinariomént tréntosiés ouros ende franchi les trénto-trés kilomèstres qu'i a diijquos à Lilode-Bach.
La Sauo es pas nabigablo dins nado partido de soun cours ; pòrto
cependént quaucos barcos que serbichen à pesca le sable.
Aquéro ribèro es prou richo en pèches; on i tròbo dins sa partido
mouièno è bacho de grossos carpos, de fin grounhau20, de bèts barbèus,
de noumbrouses caboussats 2', siéjos 22 e sautéts23, uio prou grano quantitat d'anguilos, e tabé, de lounh en lonnh, quauco trüito igarado, troumpado per la freduro de l'aigo e debarado de la Nèsto. Ende les préngue,
les pescofls de la balèio e des bilatges besis se serbichen de linhos boulantos ou de founs, è quan es permés de carrais, esparbès 24, sarraoèts25,
bartiièros26; coumo an mès de bouno boulentat è de perseberénço que de
chanço ou d'adrésso, réntron süén à la maisoun la biscòcho leujèro. Les
pèches an pla mès à redouta las inoundacious que les depauson à trauès
las nijglados oun soun perduts sans remèdi, ou les bregats57, linhos de
nèit, tremalhs-8 è carrassos29 que les mouliès lèuon pas d'un endrét
qu'endé les tourna plaça alhurs.
(A segui)
Part» d'Endoufièlo, cantoun de Lilo-de-Bach (Gers).

P.

LAPORTE.

�11S

REMARQUES
SUR LES AVANTAGES DU CARACTÈRE Ü

On aura sans doute remarqué, dans les derniers numéros d'Era Bouts,
le caractère nouveau u. Voici quelques observations sur son emploi et
ses avantages.
1. Il ne prête à aucune amphibologie. Partout et toujours, il vaut ou
consonne ( = ic anglais, quand celui-ci est bien pur), comme y vaut i
consonne et comme à vaut ü consonne, toujours et partout.
2. Il permet d'éviter les discussions auxquelles pourrait donner lieu le
signe ù, vu que certains Félibres (notamment les Provençaux) mettent
des accents graves sur les i et les u toniques. En effet, comme il porte,
lui, un accent courbe (ü), il ne risque pas de se confondre avec les u
portant un simple accent grave (ù) pour marquer l'accent Ionique. [Mieux
vaut d'ailleurs, à notre avis, marquer les i, IL et ou toniques à l'aide de
l'accent aigu, comme pour les è et les ó fermés, et écrire, p. ex., tirou,
dúrou, fioúrrou, etc., comme sabé et esquiw. L'accent grave serait ainsi
réservé pour marquer que la voyelle est ouverte (è, Ò), ce qui serait plus
régulier].
3.11 s'adapte à des rencontres où la notation béarnaise o (devant
voyelle) ne peut aller. Nous avouons que celle-ci, quoiqu'un peu archaïque
et hésitante, nous eût rallié, si certaines difficultés ne s'étaient présentées. Joan, oèilo pouvaient passer. Mais \'o est impossible devant i et o;
comment admettre, p. ex., soito, lairoó? Au contraire, puisque l'on écrit
laua, auèito, pourquoi ne pas écrire Juan, üèilo, süiío (Endouflelle),
lairüó, avec un u comme dans laua, auèito, aué, hauo, l'accent courbe
suffisant à montrer que cet u vaut là encore ou (consonne) et non il ?
4. Il abrège la notation de certains mots. Quoan et quouan (celui-ci
moins net et plus chargé que l'autre) sont plus longs que quan; le second
est traînant, le premier un peu hésitant, tandis que quan est « court è
boun ».
5. Il laisse plus d'analogie graphique entre deux prononciations un peu
différentes d'un même mot (pourvu qu'on emploie aussi qu avec u muet).
Ex. : quan et quan, qüau et qualitat. (Il n'y a qu'un accent de plus ou
de moins, tandis que la différence devient grande si l'on écrit d'un côté
quoan et de l'autre can, etc., ce qui nuit à l'homogénéité de la langue
écrite, dans le même dialecte ou entre dialectes.)
6. Il donne une notation plus proche du latin : quanti, plus près du
latin « quanti » que quodnii ou quoudnti. En français même on écrit
équation, équateur, que nous rendrions par eqüaciouií, eqüatou.
7. Il donne aussi une notation plus proche de celle des diphtongues
espagnoles et italiennes : espagnol buey « büéu », huevo « güéu », Juan
« Juan », cuatro « quate », guardar « guara » ; italien buon, cuore,

�116
toulonnais büan, cüar (iraient mieux que bouan, couar) ; cf. auvergnat,
cüòp, füòrço, etc. D'anciens textes gascons présentent d'ailleurs u avec
la valeur ou, dans les cas où nous employons ü pour éviter toute confusion. (Ex. : bueu, eggua, guareis, charte de Saint-Gaudens.)
8. Ce n'est pas nous, au fond, qui avons inventé cet u accentué. Il
était déjà employé sous la forme ù par divers Félibres, surtout Languedociens, écrivant Diù, aciù, etc. Nous l'avons employé comme tel dans
Era Bouts, depuis l'origine. Nous venons simplement, pour plus de
clarté, de remplacer son accent grave par un accent courbe, et nous ne
l'avons adopté enfin qu'après avoir pris conseil de deux linguistes compétents.
9. Il nous semble que l'adoption de ce signe ü rendrait plus rapide,
plus lisible et plus uniforme la notation de Vou consonne en gascon et
dans la langue d'oc en général. Il n'est pas bien difficile à apprendre, et
il a même un peu, comme nous venons de le dire (§§ 3, 7 et 8), l'usage
pour lui.
10. Du reste, il n'est nécessaire qu'à l'initiale (üèro, üèito), après une
consonne (qüale, güara, cüéiio, güeinét, büéu, suit, trepüèr, lairüó),
après o atone [prov. doülour, périg. oürélho] et devant u [aüut). Après
une voyelle ou entre deux voyelles, un u simple, sans aucun accent, suffit
généralement pour rendre ou consonne (mau, sau, cèu, biu, laua, aué,

aui).
— Nous attirons donc, pour conclure, l'attention de nos Confrères sur
•e signe, qu'.Era Bouts possède sous les quatre formes Ü, ü, Ù et ü.
B. S ARRIEU.

COUNDES DEDJ
I. Dab eras soubros

1

ARBAS

de diménje

« Mous cari frais, dedío 'na predicadéro et curé de N
Nòste Sénhe
dab 5.000 pas è autant de pèches que nuyric 5 persounos. N'aurlots hèt
autant bous-áuti ? »
— « Obe jou o », eu crido 't mouliè dempuch etch houns dera glèiso.
— « Cáro-t, câro t ! Ja m bengueras dide ce quin après era mésso. »
Era méssojacabado, et mouliè que s'en ba trouba 'nda Moussu Curé 'na
sacristio :
« Qu'auels dit bous, Moussu Curé, que Nòste Sénhe dab S.000 pas è
autant de pèches que nuyric 5 persounos ; mes, ja-n aurio hèt autant jou
madéch. Aqueró harai3, qui se-boulho qu'ac pòtch hé. »
— « E è dit aquerò ?... »
— « O plan, Moussu Curé, qu'ag auéts dit. »
Et diménje d'après, Moussu Curé que tourno puja 'na predicadéro :

�117
« Mous cári frais », ça dits, « Nòste Sénhe dab 5 pas è 2 pèches que
nuyric 5.000 òmes. 'N'auriots hèt autant, bous áuti ? »
— « Obe jou o ! », éu tourne à dide 'ncaro et mouliè.
— « Equindounc, nham?». eu dits moussu curé en bira-s en coulèro
decap à étch.
— « O Moussu Curé, ja hoúro 4 pla abiént5 : Dab eras soubros de
diménje !... »
Parla de Chénh, l'aléo dedj Arbas (F.-G.)
Lioun d'ARRIUMAJOU
NÒTOS.—

I. Restes. — Disait. —Hem. qu'à Chein la voyelle odaus les groupes io, uo

n'est jamais accentuée à la fin des mots. Accentuer donc, dans Era Bouts d'Avril, page
89-90,dedîo, legîo, auîon, besîo, iio etc. — 3 Ce n'est pas malin. — 4. Cela aurait été (du
latin [lierai pour fuerit et foret). — 5. Aisé, facile.

POUÈMO PASTOURAU EN DUS ACTES, EN GASCOUN
— A toutou Joaquim de Nouguès —

PBRSOUNADJES
MARIE, paslouro

JANÉTO, amigo de Marie

PIÈRliO, amourous de Marie

JAN, amant de Marie

PASTOUS,

BOUSCACÈS, PASTOUROS, MOUNTANHARTS

ACTE

PRUMÈ

Et decòr arropresénto un cantoun de mountanho, en Auro. A diéto e à gaucho, quaucus albes. Ui) chinhau à gaucho, iou hount de que sort d'un a ITOU cas. I)e cado coustat dera
hount, dious héros pèyros enta setli-s. Qu'on apercéb, at lounh, eras Pirenéos, Et soulélb
couménço à paréche al cap deras mounlnnhos. Agrelóts de moulous. Es pastous pujon
tara mountanho.

SCÈNO I
MARIE, PASTOUS, lounh.
UN PASTOU, que canto, ena mountanho.

Ira, la la la, tra, la la la,
Beròy soulélh, qu'em hès canta !
MARIE qu'arribo tout tricoula e qu'es
ba sètle decòslo 'ra hount.

Un beròy dié couménço. At cap dera mountanho
Et soulélh esplandit desbélho 'ra campanho;
Tout se Ihèuo, tout canto. Ena hèrbo 'ra flou
Se dréço sus sa tijo, e, d'arrousado, pliou ;

�118
Eds auderous, deja, piéulon en cado branco,
E que bédi 't pastou, 'na siou coubèrto blanco
Puja praciéu ensus tout segui soun troupèt...
UN PASTOU, lounh.

Tra, la la la, ira, la la la,
Beròy soulélh, qu'em lies cantal...
MARIE

Settém-mous acitau... Oh, oui, que bo hè bèt...
liÜÈTZ D ET PASTOU, tout eslounha-s.

Tra, la la la, tra, la la la,
Beròy soulélh, qu'em liés canta !...
MARIE

Oh, quin t'aymi, ma hount ! At trauès det hüelhadje
Et soulélh, per endréts, s'a poudut hè passadje,
E quan ací me bé, que m'apòrto autalèu
Soun bonjour tout puna m.., — beròy poutoun det cèu ! —
PRUMÈ PASTOU, lounh.

Aoun soun mès moutous?...
SEGOÜNII PASTOU.

At cap dera mountanho;
Béne ença !...
PRUMÈ PASTOU.

E moun cap ?
SEGOUND PASTOU.

Toun can les acoumpanho...
PRUMÉ PASTOU.

O, qu'ey bau !...
(Qu'on l'eutén afìeula, tout puja
tara mountanho).
MAlilE

A mes pès, per dessus es calhaus
Er' aygo dera hount debaro à petits sauts,
E, tout achalabate entremiélh era mousso,
Dècho sa herescuro ascapa-s, douço, douço...
PASTOUS lounh, amasso :

Tra, la la la, tra, la la la,
Tra, la la la, la la la la !

�119
MARIE

E Jan, près dera hount coumencèe de parla-m ;
E que jurée, ací, que proumetouc d'ayma-m
Toustém, toustém... Helas, qu'ey partit tara bilo
E, desbremban bellèu 'ra campanho tranquillo,
A Paris, maridat dempuch siés ans-deja,
Nou pénso pas qu'aci iou drôllo béi} sounja
Adaét cado dié..., iou drôllo que l'au plouro !...
UN PASTOU, lounh.

Salut, Pièrro, salut!... Aoun t'en bas ta d'ouro?...
PIÈRRO

Tara hount !...
MARIE, de qu'a entenul.

Pièrro... —Qu'ey bertat.., cado maytin
Qu'em bén béde acitau... Lou praube qu'ey chagrin;
Que m'aymo tant..., è jou n'ascoúti sas paraulos...
UN PASTOURELLOUN (lounh, que crido).

Batisto, béne, uè ; qu'ay un niéijc de berdaulos !...
'

1AUTE PASTOURELLOUN

Un niénc?...
niénc?.
PRUMÉ PASTOURELLOUN

O, béne dounc !...
SCÈNO II
MARIE, PIÈRRO, PASTOUS lounh

UN PASTOU, lounh.

üejous ma fenèstro, i-a un auzelou,
Touto la nét canto, canto pas per iou !...
PIÈRRO, dab iou leujèro emouciouii.

Damayzèlo, salut!...
(Qu'es dirijo de cabo'ra hount.)

Oh, qu'ay sét, qu'ay marchât ta biste qu'ay poudut...
(Que s'abacho sus eras pèyros e béu
luunléns. — Après un moiiménl :

Ta Nistôs que m'en bau, e qu'ey loungo 'ra routo !
Un moumént d'arrepôs.
(Qu'es sét de-costo Marie e céreo
à adressa-u era

paraulo,

met

�120
que nou sap per aoun coumença)

Que de hiéu, Senhou! — Touto
Aquésto lan, atiéu, bé la bòs emplena?...
MAHIK

Touto...
PIÉRUO

Moun Diéu !...
(Qu'aiicyto ed oi'.ljradje)

Beròy!... Quin ac bòs arrenga,
Aqueró ?...
MAltlli

Tròp curious !
PIÈIIHO

Üè, iou papo 'n'aurélho !
MARIE

N'arrídi pas, aném !
PIÉliliO

Quina beròyo pélho !
MAUIE

Més, aném, sabes plan que nou-t bouy ascouta !
l'IÈKRQ
Souloméns un regard, sus jou, nou bòs jita !
Un regard souloméns !.. Un soul ?... Üèyto, que ploúri !
(Que hé aquét de que plouro)
MARIE (loin sourride)

Nou, qu'aymáuoy trop Jan , toustém que l'au demoúri !..
PIÉRHO

Demoura-u? Pòc s'om sap ço qu'aro ey deberçgut !...
N'a pas ascriéut dempueh dus ans. — Que s'a perdut
De bisto soun païs. — Aciéu qu'a iou familho ;
Qu'ey erous at cournè, dab sa hénno e sa hilho...
MARIE

Quaucarréij m'abertéch qu'iou brèspo tournara,
E, coumo bèt-tens-a, 'na hount qu'em troubara...
(Que plouro)
PASTOUS (lounh)

Se canto, que canle: canto pas per iou;
Canto per ma mío qu'ey auprès de iou....

�121
PIÈRRO

Toustém plourà, toustém... Jan pourtant ey parjuro,
Pusque nou sap sauba 'ra paraulo que juro !
E n'a pas aüt pòu de hè t ploura dus ans,
(Dab ctsallacioun, poc-à-po-)

E que plouron encaro aquets uélhs ta charmants !....
Se t'aymauo, pourtant, dariô quauco noubèlo.
Se pensauo souloméns à tu, touto bèlo,
J'embouyariô bèt mout, ta didé-t' oz, aném !...
— Mai-nou !... — E tu ploura, — e jou, soufrl toustém...
l'ASTOUS (lornh)

Aquéros mountanhos, que tan hautos soun
M'empalchon de bése mes amours oun soun...
PIÈRRO

Qu'em hès péno, Marie... 'Üéyto 'ras autos drollos ;
Toustém counténtos e heréscos coumo lòlos,
Et diménje s'en ban, cada-iou soun goujat
Dança quauco polka 'na plaço d.et marcat,
E tu, 'ra més beròyo, tu, 'ra més graciouso,
Demoros acitau, souléto, malerouso...
Seriéy countént, tabén, de sabé-t à moun bras
E de dança dab tu cado diménje !... Helas,
Nou m'aymos pas... Perqué?...
MARIE, simplomens.

Qu'aymi 'ra miou tristéço...
(Ioa pòso)
PASTOUS (lounh)

Se canto, que cante : canto pas per iou ;
Canto per ma mio qu'ey auprès de iou...
PIÈRRO (dab un alél —)

Ah, qué m'en ay à 'na. — Bèdi, midié s'aprèsso
E nou soy pas encaro arribat à Nistòs.
(Prèst à parti, que s'arrebiro, e à Marie)

Pourtant, em bòs dicha puna ta map ?... Ac bòs,
Marie ? — Aquéro man ta beròyo, ta flno ?... '
(Marie qu'esito iou segoundo,
e l'au balho 'ra mai), cop-séc.)
PIÈRRO, tout poulouna 'ra man.

Ah, beròyo, merci !...
E que s'ascapo, bol de bounur,

�122
e toul

debara

'ra

mountanho

qu'on l'enlén à canta :

Aquéros mountankos tant s'abacharan
Que mas amourélos s'en apressaran...
Que s'cslounbo poc-à-poc.
A pléno bùèlz es mounlanliai Is
qu'arrespounen :

Se canto, que cante ; canto pas per iou,
Canto per ma mio qu'ey auprès dé iou...
(A segui)
Parla d'Auentinhag (II.-P.)

Mountanhols

LlIIS de.NouGUÈS

è

Hourmadje d«3 Varoussa

Era prima qu'ei aquíu dap soun beròi més de mai. Es clapiès 1 dera
nhèu qu'an desparescuth dera mountánha, hòra quáuquis plaps qu'ei
demouraran, sampá, denquia ta 'ra fin d'Aoust.
Aném, mountanhòls ! hárri 'j arrefrèn :
Majouraus, leytarés2 è vassiuès*,
Prenét bòstis saliès ;
D'un acòrt meloudious
Aperat bòstis moutons 1
Nou s'ac hèn pas dide dus còps ei gaujouses mountanhòls.
Et dia de puja ta 'ra mountanha qu'ei arriva:ch. Quin arremudamént,
mahils !
Tita ja-'i prèst. Et saliè 'n eu, 'ra cápa 'n còtch, úa várra de vastoup
énis dits, ja 's couménça d'auança dap sédze-vints guélhas de leytèra.
Aquéstas qu'en ban de trèp en tout secoudi es trucs è 'ras esquéras ;
« Farou » tavé ja-'i countént... E cap, guélhas è giielhè ja gáhan era
Vatch de cap ensus... Hò, Hò! qui les trigaria?
Tann qu'a vastatch et saumét ta hè-u puja 't moubiliè.
Pèla qu'a amassatch touts ets ateuésses 4 que s'en déuen pourta : era
caudèra, et metau, cuvéts5, sàndjas6, hourmadjèras, cércles, couladés 7,
còssas8, tusséts '■&gt;, camísas, pantelous, capusséts, pap, lart, mandòrras,
mounjétas, sau, hálhas... è qu'en savi jou !
Tout aquét maheroup de trástes que soun acalhauerats damount et
saumét... E hái, véne hài !
#*#

A fòrça de puja, puja à tours è virádas, era cavanáda 10 j' arriva 'n
courtau, cèt-à-dide era partida de mountanha que les ei estáda desinnáda è de la oun déuen hè era mountanhadoup denquia ta 'tch Hourmadjd
(7 de Setéme).
Et majourau, cèt-à-dlde et que hè 'tch hourmadje, après aué prés

�123
poussessioun dera cavána, qu'arrehè 't jás
estrússa 't moubiliè, eáda
cáusaàsa pláça, è, ajudatch d'un arrevadan 12 qu'es voutan à 'scarra 't
moulhedé l3. Aquerô hèt, que eau pensa tavé d'aparh 't soupá. En un
tour de man etch hüéc ja-'i alugatch ; un canètch" de savuquè tout
curatch que servéch de vuhadéra 15 : nou cau hè que voutá-le-s enis pôti...,
è vuha que vuharas !
#*#

Més siés oúras soun aquíu. Eras guélhas qu'arrivan ta 't courtau, qu'ei
et moumént de moulhe ,6.
Après aué hicatch era ganáda 17 laguéns et moulhedé, et leitarè è 't
majourau, dap úa sándja cadaüp, que couménçan er' auperacioun. Qu'ei
úa courváda plan à crénhe, nou cregat pas ! de calé-s tié tout acloupitch
pendént un parélh d'ouras, à cops à 'schourria ,8 dus o très cénts guélhas,
à vés cops més, è aquerò quin téns que háça cáda maitin è cáda sé.
Encára quan hè vètch, hrái ; més, quan hè mâchant téns, es práuvis òmes
ja s'en béden : toustém era moujou damount, à hè les-sé camparàs enas
esquias. E pourtant aquéra courváda nou s pòt pas arrembia. Qu'ei
hourmadje que cau. Plòja, bénte, períggle, era lèit qu'è tirada è plia 'ra
caudèra.
Et majourau que voúta 't cò 19 ena lèit, è quan ája soupatch qu'ei
voulara à hè 'tch hourmadje.

*

# #

Era lèit qu'a calhatch. Et majourau que s'argússa20 'ras mándjas è, un
còp que s'é vién lauatch, qu'ei voûta à demia 'ra calháda, après que híca
's vrâsses denquia 't cu dera caudèra. Lantaméns, dap soun savé-hè, qu'amassa 'ra calhàda, que la hè en cinc o siés trosses dav un gran coûteras
de vüès è que la 'mbrúza è tapí-la laguéns et cércle qu'e plaçatch damount
era hourmadjèra. Aquíu que hé 'tch hourmadje, que-u prestéch dav andúas
eras más ta pramou de hè-n eigouta et leitoun. Un còp eigoutatch, que-u
voúta ena péla, que-u sala è que u va 'rremisa en hourmadjè, pèça atenénta ara cavana è de la oun se tiera atch hrésc.
Coundatch que sia acavatch atau ? 0 ja s'en mánca. Prauve hourmadje !
Quina mina qj»ei haríatch de cap, gourmandasses deras vilas, sé 't majourau eu lechaue 'sta 'tau ! Ta coumença, un còp tirat det cèrcle que s'a à
canteja, cèt à-dide hè-u entournia tout douçaméns dauant un hüéc batalhè pramou de hèrU vouta croústa, è aquerò at despént d'arroustí-s'i 'ras
màs o de grilhá-s'i couma sént Lauréns. Cada dus dias que s'a à passa
dav àigüa-sau : Qu'ei encara un trevalh penibble, surtout quan en i-a at
còp de cénts de cap ara fin de Junsèga21 o ta 't mès d'Aoust.
#,

# #

Que nou 'i pas trop pagatch, anatch, quaránta sòs et kilò, enta 't més
de Setéme, aquétch hourmadje ta 'rrenoumatch.
Sé 's courvàsses en tenguian ena gáuta coúm' aquétch, toútas eras
boupses det païs que les anarían canta 'ras lüànjas.

�124

Ara que veiratch ce qué a coustatch de trevalh, de veiladas è de süéns.
Se, encára, et courtau nou coustáua 'rrén o que hoússa à un prêts arrasounable ; més, biét d'ase ! que 's pâga presque toustém à très dits det
cèu 22. Quauque còp que i-aura pu u chinhau de veneflci, d'áulis còps trevalha de hè ajunta 's caps, è süén qu'arriva d'èste-n dera pòtcha.
Práuvis güelhès, bèn ! Et chjnhau det benefici qu'ei poudéj aué nou
vous pòt pas jámes hè 'rretrapa ço que vous i-auét bist !...
#*#

E àra, ent' acava, que m'adréssi à vous-âtis, amaturs d'escursious, touristas, passadjès, que vatch en téns d'estiu besita 'ra mountánha. Entratch enas cavánas, anatch hè úa visita ai mountanhòls, è pourtát-les úa
voúta23 de vin, bèt paquét de tavac, è ja veirat, já, se serat plan arcevuts.
Ja vous ac bòn paga, já, dav un boun tussét de matoun 24 se vous hè gòi.
Aquerò, 'querò ! qu'e quaucarrén. de voun è de delicious.
Anát-ne tasta è que m'en darat nouvèlas !
Harrèra, et 23 d'Avriu MCMXI.
Juan SOULÈ-VENTURA.
Parla de Harrèra, cantoun de Maulioun (II.-P.).
— I. Neiges accumulées. — 2. Ceux qui ont la garde des brebis laitières. —
Gardeurs de troupeaux. — k. Ustensiles. — 5. Récipients. — 6. Vases à traire. —
7. Passoires. - 8. Louches. — Ecuelles — 10. Cens habitant ensemble la même cabane.
— tt. Couchette, grabat. — 12. Celui qui aide tantôt le ■ Majourau ■, lanlôl le ■ Leilarè ». — 13. Emplacemen' clos où l'on trait les brebis. — 14. Tube. — 15. Soufflet. —
16. Traire. — 17. Troupeau de brebis. — 18. Traire du bout des doigts. — 19. Présure.
— 20. Se retrousse les manches. — 21. Juillet. — 22. A des prix fous. — 23. Outre. —
24. Brocotte ou lait épais que l'on obtient en faisant bouillir le petil-lait.
NOTAS.

;Î.

If PQB.C 3) S JTJJLM
(Tirat des Coundes premials en 1908)

Qu'ère det téns des dèumes1 Juan qu'allé de pourta à Mounsenhou un.
pourceròt, e que nou n'aiié cap. Quin hè ? Quin nou hè?....
Toutup, et sé, entre lúra d'escús2, Juan que passée de cap at castètch,
'ntab lia sáca 'n còtch, flèr coum' un Báscou.
— «Moussu Sénhe ! », ce cridèc despuch et courrau3.
— « Plèti? Qui demande? », ce héc edj intendént.
— « Jou, Moussu ; que vous pòrti 't porc. »
— « Bién hèt ; ja-n bau. »
Et téns que Moussu Sénhe escloupejaue4 en courtélh, Jüan quevüedèc era sáca : en sourtic, à ganhòls5, un. canhòt magre coum' un cént de
claus ; è quan Moussu Sénhe arrivée sòve 't soulá6 dera pòrta, et diabble
det perroulòt le s'anèc penja 'nés patèles7.
— « Mala pèsta !.. Prauve de mi ! », ce cridèc edj òme. « Que m'ai
«miat, Juan ? UQ can !».• »

�i

123

— « Qu'ei un pòrc, que vous dic, Moussu ! »
— « Mès, ès pèc o t'en tournes8 ? Nou ac bés qu'ei un can ?... »
— « Nâni, nàni, Moussu Sénhe, nou ei pas ui) can, qu'ei un pòrc;
mès ára que hè 't cap. »
Parla de Sen-Pau de Gùélb (II -G.)
NOTES. —

1. llimes. —

2.

An crépuscule. —

«
Cou-. -

i.

LüX ))

Arrivait en faisant du bruit

avec les sabols. — 5. En criant plaintivement. — 6. Seuil. —7. Aus jambes. —
deviens-tu ?

8.

Le

LE COSTUME AIIROIS i. TRA7ERS LES AC-ES
(Médaille de Vermeil en 19081

—a ) oòe»"th i&gt;—

AVANT-PROPOS

Apeèô la conôervation du vieil idiome commingeoiô, il n'en, eôt paô
de pluô néceôôaite, de pluô urgente à pourôuivre que celle du coôtume
local.
Si l'ancien coótume françaiô eût généralement connu, grâce aux travaux plein* d'érudition d'un Quicherat et d'un Viollet-Le-Duc, il n'en
eôt paô de même de notée ancien coótume commingeoiô.
Il ôerait tempô encore, nouô ôemble-t-il, de recueillir leô veôtigeô
qui permettront, un jour, d'en retracer l'histoire.
Fortement attachée à leur petit coin de terre, noô pères avaient peu
òubi les capeiceô de la mode, cette reine du joue. Auôôi avaient-jlô
maintenu à traveeô le courô deô òiècleò leuc coótume preôque intact.
La Vallée d'Aure, en particulier, qui avait été le foyer d'une industrie florissante, celle de la fabrication deô drapô, tenait à honneur
d'étaler danâ ôon costume leô produit* issus de son sol, teli leô cadiô,
leô cordelatô, leô fleurets, etc.
Pour poursuivre cette tâche laborieuôe, malheureuôement,leô ancienô
monumentô comme peintureô et ôculptureô ôont aôôez raeeô ; maiô leô
documentô qui dorment danô la pouôôière de* archiveô ôont aôôez
nombreux. Parmi ceux-ci, nouô pouvonô mentionner teô Charteô de
Coutumeô, leô Contratô de Mariage, leô Teôtamentô, leô Contratô
d'Apprentiôôage, leô Inventaires, etc.
De pluô, il nouô eôt encore aôôez aiôé de décrire le coôtume de noô
aïeules, de recueillir de leur bouche leô termeô conôacréô aux diverôeô pièceô et qui compoôaient le vocabulaire du Coôtume.
Rassemblés, vallée par vallée, danô le domaine de VEácolo, ceô
matériaux conôtitueront un petit tréôor, qui ne manquera paô de tenter
la curioôité du folkloriôte, en attendant qu'ils ôoient enchâôôéô danô
l'œuvre de quelque Quicherat ou Viollet-Le-Duc commingeoiô.
Leô documentô que nouô nouô mettonô actuellement ÔOUÔ leô yeux
vont du XIVe au XIX« ôiècle.
Ilô ôont accompagnéô d'une courte deôcription deô diverôeô pièces

�126
de l'ancien coôtume autotô, avec la reproduction de qtfelqueô expreôôionô jadiô en uôage.

I. Documents sur l'Ancien Costume Aurois
XIVe SIÈCLE

Danô un Règlement paôôé le 17 marô 1347 entre leô habitants
d'Aulon et Guillaume de Bazuô, curé, du dit lieu, il eôt ôtipulé que
celui-ci aura le droit de prélever leô meilleurô habitô que leô habitants, hommeô ou femmeô, laiôôerorit après leur mort : « caligas
(souliers), cutellum, ôubtuntcam., mantellum, amanticam, sive alemandes. » (Archiveô municipaleô d'Aulon.y
XVe SIÈCLE

Marie de Soubiran aliaà d'Anglade, d'Eôtenôan, ép'ouôe Jean Somadieu, d'Azet, par contrat du dernier novembre 1497 ;.elle reçoit pour
ses habitô nuptiaux « quatre robeô (roupaô) de drap du pays d'Aure,
rouge, verte, claire et noire, un manteau (mantellum) de couleur noire,
un autre de drap de couleur claire, fourré de peau d'agneau, un capuchon (capuctum) de drap d'Angleterre, couleur rozat, un tebailho
de drap « d'auqueá ».... (Me Dominique Hosten, prêtre, not. apost.)
XVIe SIÈCLE

Navarre Pons, de Hèches, épouse de Peydarrè, de Galan, obtient à
l'occasion de son mariage « quatre robeô neuves, deux de drap fin
noères, les autres de drap du pais, colleur bleue et nègre, garnies de
debantals et manges, plus ung pair de bas et ung paie de souliers et
huit chemises ». (Me D. Mai, not. de Hèches... Fonds J.-B. Donnez,
Arreau).
Dans un acte de reconnaiôôance de douaire pour Me Guillaume Carcère, de Bouriôp, le 17 janvier 1577, noble Pierre d'Arcizaô, capitaine,
de Sailhan, déclare avoir repu au nom de Jeanne Carrère, ôon épouôe,
« une robe de drap de Tholoze avec un coutilhon, dueô robeô violette
et eôcarlatin, en drap du païô, dueô pèreô de manchonô de taffetaô, un
debantal et quatre pièceô de touele et coulletô de ôix chemiôes » (Mc
Bertrand Bernyn, not. de Vielle-Louron).
Voici, à la même époque, les pièces qui composent te costume d'un
artisan, Jehan Vidaillet de Jumet. Suivant contrat d'apprentissage passé le 3 janvier 1082, Bertrand Porte, d'Areeau, ô'engage à lui apprendre
l'office de peycè pendant quatre anô et huit mois, et à lut fournir au
terme de l'apprentiôôage « ung per de ôolierô, deux pèrô de marineô et
deux perô de devaches, deux casaquins de blanquet ou arroset, quatre
chemiseô, deux bonets et une capa ». (Me Armand Lacroix, not. Fondô
J.-B. Donnez, not. d'Arreau).
- La même année, et le 12 octobre, Jehan de Mont, habitant de la dite

�127

ville, reconnaît avoir reçu de Laurenô Eòtradère, du lieu de Garin, en
Larbouôt, « troyô robeô neufveô, coleur grauôat, bureu et verde, ung
manteu blanc » faisant partie du douaire promis à Maria Eôtradère, ôa
femme. (Arn. Lacroix, not. Ibid).
Le i4 février, Laurenô Mazoô, reconnaît pareillement avoir reçu deô
mainô de Marie Comps « quatre robes, savoir une de coleur violette,
et troyô de coleur, drap du payô, ung manteau noir, deux debantaux
camelot figurat, troyô chemiôes et troiô cobrechefô. » (Arn. Lacroix,
notaire. Ibid.)
Un différend ôurgit, le 3 avril 1583, entre Nadau Gamalé et Arnaud
Carrère, au sujet de « deux robes de drap de Paris » réclaméeô par ce
dernier parmi leô accoutrementô nuptiaux de Guilhaumeta Carrère,
ôon épouôe. (Arn. Lacroix, not. Ibid.)
Sur l'inventaire de la maiôon de Clamenô Cadeithan (Arreau), dreôsé
le 19 juin suivant, nous relevons, entr'autres articles : « trois parpoints
de peu et deux corps de lin déchidéô, une jupe de bureu et l'autre de
roôôet déchidéô, deux manteaux, l'ung grauôat et l'autre noir, un
chapeu vieux et ung per de ôoliers, une espée sans gayna. » (Arn.
Lacroix, not. Ibid.)
Par contrat du 17 juillet 1583, Bertrand de Sens, du Heu de Cazaux,
promet de donner à sa fille Jeanne, épouse de Jehan Lagarde d'Arreau,
« quatre robeô, une de drap fin et trois de drap du payô, coleur roye,
grauôat et vert et un manteau de drap du payô, ôix cobrechefô de toile,
ôix chemiôeô » (Arn. Lacroix, not. Ibid.)
Bernard Anclade, d'Aspin, prend pour épouse Marie Gaye, d'Arreau,
en 1584. Jehan Gaye, son frère, s'engage à lui donner : « quatre robeô,
une perôa, une violette et deux de roôôet, ung manteau noir, quatre
chemises neuves, ung per de soliers, trois cobrechefs de toile et deux
de Un, ung per de chauôôeô et deux davantaux ». (Arn. Lacroix, not.
Ibid.)
XVIIe SIÈCLE

Jeanne Barbe, épouôe de Françoiô Gouaux, d'Aôpin, par contrat du
25 juin 1613, apporte leô accoutrementô ôuivantô : « deux coubrechefô, troyô chemiôeô, deux dabantalô, l'ung de cordelhat et l'autre de
camelota, ung payre de ôouliers et deux payres de bas. » (Reg. D. Lacroix, not. fol. 39. Fonds J.-B. Donnez).
Domengea Baragin, de Bourisp, épouse de Ramond Viélajus, d'Azet,
reçoit en douaire, le 19 février 1625 : « quatre robes de drap du pays,
couleur violete, cramouesie, noyre et verde, garnies de manges, devants
de taffetas de mesme couleur, dont un de rouge incarnat, deux cotiIhonnes en couleur verde, bleu-noyr, un manteau de bleu-noyr, ung
père de bas, ung père de souliers, six chemises, et une de toyle de
marchand, les autres de maison et une sinture avec une coste de
soye ». (Me Géraud Pichon, not. roy. d'Ancizan).
Voici, à la même époque, la composition du costume de quelques
dames nobles: « Françoîôe de Bachos, épouse de noble Carbon d'Aba-.
yan, sieur de Pailhac, obtient, le 29 juin 1626 : « une robe de taffetas
doublé de deux autreô taffetaô .avec ung cotilhon de damaô, autre robe

�128
d'eótamine de reyne guarnie avec ung cotilhon d'eótamet de Milan,
autre tobe d'eótamine du payó avec un cotilhon de raze, une debantute et ung manteau de ôarge. » (D. Lacroix, not. coy., fol. 108. Ibid.)
Le 16 août 1629, Fcançoiôe de Caótéran, épouóe de noble Jean de
Bayen, reçoit : « une robe d'eótamine de ceyne, le coepó doublé de
deux taffetaô avec ung cotilhon de óacge, guacni de vendeó (bandeó) de
óatin, ung manteau et une debantièce d'eótamet, le tout guacni, et six
chemiôeô. » (D. Laccoix, not. coy., fot. 108. Ibid.)
Macie de Saccieu, de Pouy (Baceilleô), ô'unit à Jean Bailac, du lieu de
Benquè-Deôôuô (vallée d'Oueil) par contcat du 26 novembce 1629. Elle
appocte entc'autce* habitô « une cobe d'eótamine de ceyne avec ung
cotilhon de óacge honeótement guacni, autre cobe de bucat ». (D. Laccoix, not. Ibid.)
Danô ôon teôtament, du 19 janviec 1664, paôôé à Saccancolin, Macie
Dulac, femme de Guilhem Vecdiec, dudit lieu, lègue à Anne Eótcémé,
ôa belle-ôceuc, « une paice de mangueô (mancheô) violetteô, et un dcapeau de Unet, ôervant à apportée leô enfanô au baptême, enô'emble
un davantal colleur violet. » (Dartigue, not. roy. Ibid.)
Le coôtume d'un artiôan, à la même époque, nouô eôt révélé par un
contrat d'apprentiôôage. « Antoine Marmouget, laboureur du lieu de
Loctet, baille en apeanti, le 19 décembre 1668, ôon filô Gabriel à
Jacqueô Latour, tiôôerand de la ville de Sarrancolin, durant quatie
annéeô à commencer à la fête de la Madelaine. Pendant ce tempô, le
ôuôdit Latour, promet le nourrir et entretenir, de cape ou de manteau
et la dernière année l'habiller de pourpoint, haut de chauôôeô, ôurcauôôeô ou vaô. » (R. Bazerque. not. roy., fol. 381. Ibid.)
A la fin du ôiècle, le coôtume féminin ôe compoôe deô mêmeô habitô.
Ainôi, le 8 décembre 1672, Anne Aópe, épouôe de Jean Barthe, de
Vielle-Aure, comptait danô ôon ttouôôeau : « quatre cotelhonô, l'un
de raze, couleur roze ôeiche et leô troiô de cordelhat, couleur verte, un
debantal et un pair manchonô de taffetaô changeant, pluô un manteau
burel, troiô autreô debantalô de cordelhat, troiô paireô de mancheô de
cordelhat, de pareille couleur que leô cotelhonô, cinq chemiôeô, quatee
de lin et l'autre de toile ; une canne de lin, une autre de toile pour ôe*
couvre-chefô, pluô troiô paireô de baô de cordelhat, une paire de ôoulieeô. » (Me Maiôtce, not. coy. de Vignec.)
Le 21 juin 1676, Jeannette Rumeau, à l'occaôion de ôon contcat de
maciage avec Jean Mont, du lieu d'Ilhet, ceçoit ente'autceô habitô :
« deux cotilhonô un de couleur, l'autre blanc, troiô chemiôeô, troiô
coubre-chefô, deux paireô de mangueô, une paire de baô et ôolierô,
deux debantalô et un manteau. » |M= Labarthe, not.)
Danô le pacte de mariage de Marie Lagrange, épouôe de Jean Bade,
de la ville d'Arreau, daté du 28 janvier 1688, nouô ne relevonô que :
« quatre chemiôeô, troiô pèreô de baô, troiô coutilhonô, deux de cordelhat du payô, une père de ôoulierô, un manteau et troiô devantô de
toile. » (Me Sale, not. roy.)
Un contrat du 26 mai 1692, ôtipule que Françoiô . Ricaud, maître
tailleur, d'Ilhet, pcomet de donner à Blaiôe Eôtrade, dudit lieu, ôon
apprenti : « un haut de chauôôeô, une paire de baô et un juôte au
coepô la deuxième année de ôon appcentiôôage. » (R. Bazerque, not.
coy.).

�129

XVIIIe SIÈCLE

Patmi leô habità appoetéô pae Maeie Boutgela, épouôe de Beenaed
Peytouton, de la ville d'Ancizan, le 21 féveiee 1709, òe teouvent : « un
coutillon avec la coôte, un manteau de eaze, teoiô auteeô coutillonô de
coedeillat avec deux coôteô, une pake de ôoulieeô, un ôac et deux
capuleô de coedeillat, óix chemiôeô,- huit coenetteô et huit tablieeô. »
(Me J.-B. Abbadie, not.).
Pieeee Rey, peêtee et chapelain de Béthaeeam, lègue à ôon feète Jean
Rey, également peêtee du lieu de Guchen, pae teótament du 8 novembee de la même année : a un balandeau garni de boutonò de ceain, un
petit manteau d'eôtamine et un juôte-coepô. » M« Pieeee Ducloô, not.
de Leôtetle, Béaen).
D'apeèô un pacte de maeiage, paôôé le 2 maeô 1742, Feançoiôe Gascon, épouôe de Pieeee Ribeô, de Guchen, eeçoit pouc le joue deô noceô :
« un complet de tète à pied, d'une étamine, et pouc le lendemain un
habit de bueat, avec un manteau d'une étamine noiee. » (Ex noòttiô).
Cathecine Menvielle, épouôe d'Atnaud Paóòaceieu, btaôòiet d'Aôpin,
ceçoit, ôuivant autee pacte de maciage du 20 juillet 1749, pouc le joue deô
noceâ : « un habit complet de butât mêlé, un ôac neuf, une paiee de
ôoulietô, une paiee de baô, un tabliet de coutounade, le tout aôôoeti;
pouc le lendemain un habit complet de coedelat bleu, pluô un manteau
de coedelat noie, ôix chemiôeô neuveò de toile de lin, deux capueleà de
coedelat, ôix coiffueeô de toile de lin, deux tablieeô de coutounade
outee celui du joue de noceô, et un de dcoguet, pluô un teoiôième complet de coedelat bleu. » (Regiôtee. J.-B. Féeand, not. eoy. Fondô.
J.-B. Donnez, not.).
Un inventaiee deô effetô de la ôucceôôion de Pieeee Gaôcon, de
Guchen, du 10 décembee 1749, mentionne : « un juôteaucoepô de coedelat de maiôon à demi-neuf, pluô une veôte et une culotte de même
étoffe foet uôée, un vieux gillet de coedelat et une vieille pèee de ôouliecô ». (Ext. du Regiôtce de J.-B. Féeaud, not. eoy. Ibid.).
Danô un inventaiee deeôôé le 8 août
pouc Jeanne Eôtcade,
d'Ilhet, nouô eelevonô : « une épée à poignée d'aegent avec ôon ceintueon en ôoie un peu uôé, un jong avec la pomme gaenie d'une feuille
d'oe touenée, une culotte de calamandee en écaclate doublée de. toile,
quatee caleçonô de toile, un tabliee de dcoguet neuf, un de coton, deux
veôteô de bazin blanc, une matelote de coedelat geiô, deux auteeô de
coedelat menime, une jupe de eaze bleue et une autee de cadiô bleu. »
(J.-H. Fécaud, fol. 217-222. Ibid. ).
L'habillement deJacquette Peyeiôôe, épouôe de Jean Caubet d'Ancizan, le joue de ôeô noceô, deveit conôiôtee « en un complet de minonette de cap en pied; celui du lendemain en un coutilhon, une jupe de
eaze et un manteau de cadiô », d'apeèô ôon conteat du 4 féveiee 1754.
(Regiôtce J.-H. Féeaud, fol. 43. Ibid.).
Un état deô haedeô poetéeô pae Maeie Caeeèce, deTeacheeee, épouôe
de Pieeee Teeôcazeô, d'Azet, et daté du 10 décembee 1759, mentionne
« un abit complaît de ôicilienne poue le joue deô noceô, un abit de

�130

mignonnette et cotonnade pouc le lendemain, pluô un autee abit menime complaît, un ôouó-cotillon de eaôe violette uôée, un manteau de
buee neuf, cinq tabliéô, teoiô ôacô ; un comptait et deux de toile, teoiô
coiffueeô de toile neuveô, et neuf de lin demi-uôé, deux mouchoieô de
ôoie neufô » (Papieeô de Paul Fiôôe, de Teacheeee).
Un autee état du 27 novembee 1760 poue Maeie Feeeaô, épouôe de
Roignan, de Vielle-Auee, mentionne: « un abit complet d'un camelot
ceouzé, un autee abit complet de mignonette, la jupe dudit abit de
calamandee uôé, une veôte de coton neuve, un cotillon de mignonette,
un tabliee de moôôoline blanche, un autee de moôôoline bleue,
onze chemiôeô, dont la moitié en étoupe. » (J.-B. Féeaud, not., fol. 190192. Ibid.)
Demoiôelle Claiee Deôcampô, de Laôôeeee, de Boedèeeô-Loueon,
épouôe de Beeteand Foeniee, de Cadéac, obtint le 22 novembee 1761 :
« un habit complet de ôavoyaede, un autee de camelot minime avec une
jupe d'un fleueet de ôoye noiee et une veôte et une jupe de coedelat de
maiôon minime, un ôac double de Bagnèeeô, deux tablieeô, l'un de
mouôôouline, guaeniô de dentelle, chacun avec ôon euban, deux mouchoieô de mouôôouline, une paiee de manchetteô de mouôôouline eayée,
guaenie en dentelle, quatee paieeô de baô d'aiguille, une paiee de ôoulieeô, ôix chemiôeô de toile de lin et quatoeze cbiffeô de toile de lin
guaenieô. » (J.-B. Féeaud, not. eoy., fol. 190-192. Ibid.)
Le 20 novembee 1763, Pieeee Soulé, me tiôôeeand de Cadiac, eeçoit
en qualité d'appeenti Jean-Baptiôte Seeee, d'Ancizan. Il peomet de lui
donnée « à la définition de ôon apeentiôôage un chapeau, deux toueô
de col de toile, deux chemiôeô de toile de lin, un gillet, un juôteaucoepô,
une paiee culotte, et une paiee guetteeô, le tout de coedelat de maiôon couleue geiôe. » (Regiôtee de J.-B. Féeaud, not., fol. 168. Ibid.)
(A áuivze).

I. —
419.
420.

FR. MARSAN.

NAUÈTS COUNFRAIS.

BOSQ,

interprête des langues orientales, à Saigon (Cochinchine).
Joseph, maire de Bazus-Aure, 14, r. Hoche, Angers
(M.-ét-L.).
Présentés par MM. Blaize, professeur à Longxuyen, et Fr. Marsan.

PALUSTRAN

II. — Avis

IMPORTANTS POUR NOTRE CONCOURS.

1B Le dernier délai est reporté au i5 Juin prochain.
2° Quelques erreurs se sont glissées dans les textes des versions (N°
11-12 de 1910).
A) Mariou ena 'Scòlo, I. 3, lireawè au lieu de auié; 1. 4, lire mounaques, et traduire (note 4) « poupées » ; 1. 19, lire beyoum, et traduire
« nous vîmes » ; p. 296, 1. 8, lire desgrùe et traduire « égrène ».

�131
B) Eras Lánas dera Laméza, I. 12, lire senti\Y audou, et ligne 14
m. Nous supposons aussi que Garros a dû dire : Poûscai mouri « que
je puisse mourir » au lieu de Poûscas mouri, malgré l'édition d'Alcée
Durrieux.
III. —

SUCCÈS DES NOSTI

CL.

COUNFRAIS

AS

JOCS

FLOURAUS

DE

ISAURO.

Er' Academió des Jôcs Flouraus que tenguéc enguan es lè è 3 de Mai
es sòs seénces soulennales. Bèri discoûrsi de MM. E. Lamy, der' Academió Francéso, è Desazars de Moritgailhard. Era 'Scòlo nòsto qu'ei flèro
de counda demèst es lauréats cinc des sòs Felibres :
POUESIÓ OUCCITANO :

Mu 't Douctou E. Levrat, « Per tu, Gascónha ! » (Gauardo d'Argént) ;
Mu S. Palay, « liencures » e« La Bonne Bouts » (Gauardo d'Argént) ;
Mu Louis Gouyer (Arrapèl de flou).
POUESIÓ FRANCÉSO :

M. R. Lizop, [Odo « A la Splendeur Méditerranéenne » (Amaranto
d'or) ;
Mèl° Is. Fourcade, Pouèmo sus « Sainte Germaine de Pibrac » (Prêts
Pujol, de 200 francs).
A toûti que les adréce es sòs mès courales felicitacious. Et N° de Junh
o 't de Julhét que balhara au-méns estrèts des trebals premiats.
Et gran pouèmo proubençau de M. J. Lhermitte (le Frère Savinien),
« La Liounido », qu'a ganhat un gaujét (souci).
IV.

— Lou

LARÈ

GASCOUIJ.

ORRES

DES

NÒSTI

COUNFRAIS.

PROUPAGANDO.

— Es Counferénces det Larè Gascoun qu'an countiniiat dap succès ; à
Maubezin et 2 d'Abriéu, MM. Pagel (d'Etigny) è Laporte (Es Chartes des
coumunes gascounes) ; à Mounfòrt, et 8, MM. Sollier è Bascou ; à Tougét, et 9, MM. Bascou (Istòrio è geougrafló dera Gascounho, dap carto),
Sollier, (Era liter. gasc), Laporte (Et temperomént gascoun d'après es
arreproubès) ; à Coundòm, et 29 d'Abriéu (presidénço de M. Viala, prencipau det coulèdje) è 't 30 à Balénço sus Baïso (presid. de Mu Lauzun) : MM.
Bregail [ist. è geougr.), Pagel (d'Etigny) è Sarrieu (léngo è liter. gascounes).
— Lége en La Haute-Garonne det 23 d'Abriéu un artiggle de M. l'abat
Dufor : « Lettre d'un patriote. Exode rural. La désertion des campagnes ».
Aquéri maus que les bó coumbate Era 'Scòlo deras Pirenéos.
— Ena Revue de Gascogne, seguido det trebalh de M. l'abat Médan
(Les chansons en Gacogne), è boun artiggle sus es trebals lengüistics de
Mu Millardet.

�132
— Ëna seénço dera Soucietat Arqucoulogico det Gèrs det dilus lú de
Mai, Mu A. Lavergne qu'a hèt un counde 'rrendut at-fèt eloudjious dera
òbro felibrénco det nòste counfrai Mu l'abat Dambielle^.
—■ « Liour/ d'A rriurnajou » que perseguéch et son apoustoulat : « Un.
orne », ce mous escriéu, qu'em didéc un dio : « A tu o, ja mous didéres
de bèros causos ». Un aute — qu'é mort aro — qu'èro et més d'Aoust,
en lége era fin de « O moun Pais » qu'es boutée à plourà. Pròbo qu'et
gascoun que les hè plasé. E jou que nou serè countént dinquio qu'ajo
coumbertitch era balèo dej Arbas. N'e cap trebalh que mancarà ».
— Occitania qu'acabe de pubblica — dap « Lou Petit Moulin » de Mm0
de Libertat — era 'nquisto sus edj enebinomént dera lérjgo d'o 'n es
escoles (L. Pastre, B. Sarrieu, ètc.) Béi tabén ['Estello, p. 83.
— L'Estello que pubblique 'ra prefaço de 'Na Filadelfo de Gèrdo à
i'Estacadé : j'apreneran lèu es nôsti Counfrais ce qu'éi. Tabén iou Cansoun
de B. Sarrieu, Esclarmonda de E. Levrat è un Ave Maria tirat det
pouèmo de Filadèlfo. — En passa, « Yan dera Plagno » que mous
permetera sampa de didé-u que Couménges è Couserans nou soun pas en
Lengodòc, mès en Cascounho, quin que sién hèti 's departoménts. At countrári, Perigòrt qu'anarié à drét dap Limousin, Carcin è Agenés dap
Lengodòc.
— En « Le Mercure Meridional (11, r. des Fleurs, Toulouse) d'abriéu,
lége Poulidos flous de M. F. Escaich. En son. Councours (béi ci-dessus
pajo 3) que hè iou plaço ara nòsto léngo.
— « Les Félibres de Paris » (1, pl. de l'Odéon) que ban quilha lèu un
buste à Mistral, è 't « Provençal de Paris » (lo, Fg. Montmartre) iaute
à Clovis Hugues, andus en parc de Scèus.
— Er' aboundáncio des Noubèles qne mous oubbligue à nou parla qu'en
N° que bén dera òbro des « Petits Montagnards de Paris » dirijado pet
nòste ^représentant à Paris L. Castex.
— Qu'auém aprenut dap péno era mòrt de M. J. Trézéguét, que, se
nü-ère pas et nòste Counfrai, auié escrieùut quauque cop ena Bouts en
sinna « Lou Cardi-n de Coundòm ».
V.

—

ERA SÉNTO 'STÉLO DE

1911.

Qu'aura lòc à Mountpelhè, tara Pentocousto. Et diménje 4 de Junh,
et maitin, arrecepeioun des Felibres, è amassado det Counsistòri ; et sé,
court d'Amou de VEscolo dou Parage. Et dilus 5, et maitin, amassado
det Counsélh generau det Felibridje; a middió è miéjo, taulejado de
St0 'Stélo. Bèri-iis des nôsti counfrais qu'auran arrecebut circularies.
— Esperém que s'i hara boun oubradje, en aquéro St0 'Stélo, tat mès
gran bén det Felibridje.

Ci 0.0.
BÊZiÊliS

�DE ÇO QUE PARLARÀ AQUÉSTO 'RREBISTO
« Era Bouts dera Mountanho » que s'acupará de literaturo, de ciénço,
de tout ço que pouirá enteressá et Felibridje.
Coumo 'rrebisto literário, que pubblicará pouesiés, coundes, noubèles,
è auti bèri (è coumbenabbles) escriéuts en léngo gascouno.
Qu'estudiará es parlas gascous, enta hè les counégue è aprecià.
Que serà erouso tabén de hè paréche toúti 's biélhi doucuménts en
gascoun que l'au pouiran èste coumunicats.

•è

Coumo 'rrebisto cientifico, sense cap de pretencioun, que balhará —
en gascoun — quauques crouniques que s'arrepourtarân as ciénces
teouriques è pratiques (matemàtiques, flsico, chimiô, agriculturo, igièno,
endustriô, etc.)
Nou lichará pas tap'òc de coustat era istòrio è 's sos enchinhoménts.
Que pouirá mémo trattá quauques questious de mouralo.
Enfin, que tenguera 's sòs lectous at courént des òbres des Felibres
moubemént felibrénc.
Tas coundes-arrenduts des lous oubradjes, que soun pregats es autous
d'embouia-les en doubble edzemplári, en tout endicá-mous, se eau, et
prêts des boulumes è 't liberaire aoun es troben.

è det

Edj abounomént ara « Bouts dera Mountanho » qu'ei de 3 fr. per an,
souloméns. Mès qu'epgadjam es nôsti brabes abounats à balba-mous,
s'ac pòden, era lou adesioun coumplèto.
Cado mémbre dera nòsto 'Scòlo que hará soun poussibble ta proucurá
mous, ta lèu que pousque, membres agechénts noumbroúsi : mès seram,
è miélhou pouiram hè. E, mès encaro, cadun que mous boulera ajudà det
sor? sabé è dera sio plumo.
Es qui nü-an pas encaro pagat era lou coutizacioun que haran bièn
d'embouid-lo sénse destrigd-s : à Moussu B. Sarrieu, 8, plaço DuBartas, Auch (Gèrs), (atau qu'esbitaran frèssi).

BOUGABULARI GASCOUN
Que haram paréche en aquésto 'rrebisto, debadj et titre de « Boucabuldri gascoun », listes de mots è d'espressious tirades des dibèrsi dialectes gascous. Que i-á en gascoun fòrço tèrmes è tournures qü'es tròben
prèsque semblabbles en francès, è que soun coumprenuts faciloméns
mémo pes qui nou counéguen pas gfiaire 'ra nòsto léngo: nou serà pas
necessári d'endicá-les acitau. Que mous countentaram de noutá, en tout
endicá-n era proubenénço è balhá-n era traduccioun francéso, es tèrmes
è's loucucious que presentaran quauco particularitat o quauco dificultat ;
è d'aquéro manièro que trebalharam à manténgue è à estiéne 'ra counechénço des arrichéces det lengüadje des nôsti pais.
Tadaquéro ôbro, qu'auram bejunh der'ajudo de toûti's nôsti amies ;
qu'esperam que nou mous hará pas défaut. — Que haran bièn tabép
es autous, s'empléguen bet-còp en lous nrtiggles quauque mòt pòc usitat
o tròp loucau, de balhá-n en nôto 'ra sinhificacioun.

�STATUTS DE L'ESCOLO DERAS PIRENEOS
ART. 1. 11 est fondé, pour la région-gasconne de la haute Garonne e
de ses affluents, une Ecole féiibréenne qui prend le nom à'Escòlo deras
Pirenéos ( Ecole des Pyrénées).
ART. 2. Le siège de l'Ecole est à Saint-Gaudens. — Elle comprend
trois grandes Sections: 1° Haut-Commiuges, Nébouzan, Quatre-Vallées
(Saint-Gaudens); 2° Bas-Comminges (Mtiret) ; 3° Gouserans (SaintGirons).
ART. 3. Le but de l'Ecole est de maintenir et de relever la langue
gasconne du Comminges et du Couserans, de conserver les traditions
et les usages locaux, et de développer la vie régionale.
ART. 4. L'Ecole s'interdit absolument toute polémique politique ou
religieuse, soit écrite soit orale.
ART. 5. Les Membres actifs paient 6 francs par an, et ont droit au
titre de Félibres et à toutes les publications de l'Ecole. — Les Dames

sont admises. — Les Bienfaiteurs de l'Ecole pourront être déclarés par le
Bureau général Membres honoraires. — Les Membres perpétuels paient
120 francs et sont inscrits à perpétuité sur la liste des Membres.
ART. 6. Il est recommandé, en envoyant son adhésion au Bureau
général, d'indiquer, en outre de l'adresse, le lieu d'adoption au point de

vue dialectal.
ART. 7. Il y aura des Groupes locaux là où plusieurs Membres actifs
(5 au moins) décideront d'en établir un. Tout Groupe devra se rattacher
à l'une des trois Sections.
ART. 8. Les trois Sections et les Groupes jouiront de la plus grande
autonomie, à la seule condition d'agir conformément aux Statuts, notamment de respecter les articles 3, 4 et 5, et de se tenir en rapports avec le
Bureau général.
ART. 9. L'assemblée générale de l'Ecole, composée de tous les Membres actifs, doit se réunir une fois l'an. Elle peut modifier les Statuts à
la majorité absolue.
ART. 10. Le bureau général est élu au scrutin secret pour 3 ans par
l'Assemblée générale. Il est composé d'un Président, de trois autres
membres, ayant rang de Vice-Présidents et réprésentant chacun l'une
des trois sections de l'Ecole, d'un Secrétaire-Trésorier et d'un SecrétaireAdjoint. — Le vote par correspondance est admis pour cette élection.
ART. 11. Les questions relatives à l'administration de l'Ecole, à ses
publications, à ses fêtes, à ses relations extérieures, sont réglées par 1&amp;
Bureau général.
NOTA. — Composition du Bureau général pour 1909-1912; Président, M. L. de Bardies, à Soulan, par Aleu (Ariège) ; Vice-Présidents,
MM. Y.-D. Dufor, curé de Labarthe-de Rivière (Haute-Garonne) [HautComminges], B. Daubian, curé de Villefranche-d'Astarac, (Gers) [BasComminges], A. Teulié, directeur d'école à Saint-Girons (Ariège) [Couserans] ; Secrétaire-Trésorier, M. B. Sarrieu, professeur au Lycée,
S, place Du Bartas, Auch (Gers); Secrétaire-Adjoint, M. J.-M. Servat,
pharmacien, à Massât (Ariège).

Le Gérant : N.

ABADIE.

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              <text>Era Bouts dera mountanho &lt;a href="https://occitanica.eu/items/show/10927"&gt;(Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue)&lt;/a&gt;</text>
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          <name>Alternative Title</name>
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              <text>Era Bouts dera mountanho. - Annado 07, n°05 (Mai 1911) </text>
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              <text>Mediatèca occitana, CIRDOC-Béziers, AB 1</text>
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          <name>Contributeur</name>
          <description>Le contributeur à Occitanica</description>
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              <text>CIRDOC - Institut occitan de cultura</text>
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      <name>Era Bouts dera mountanho</name>
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      <name>Escòlo deras Pirenéos</name>
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      <name>périodique occitan = periodic occitan</name>
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