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                  <text>ESCOLO

DERAS

PIRENÉOS

(GOUMÉNGES, QUATE-BATS, NEBOUZAN, COUSERANS, HAUTO-GAROUNO)

ERA BOUTS
DERA

MOUNTANHO
ILLÜSTRADO

SEN-GAUDÉNS
EMPRIMARIO E LIBRAIRIO ABADIE
1911

�SOUMARI
Pages
I.

—

II.

—
—
—
—
—
—

III.
VI.
V.
VI.
VII.

XI.

—
—
—
—

XII.

—

VIII.
IX.
X.

Saint-Bertrand de Comminges, A. PRAVIEL
Ço qu'ai bist, MUe B. de PUYBUSQUE
La Cançoun de la Cubado, J. B. SENGÈS
La Cigaló e la Hourmic, fablo, A. LACOMME
Bèros Mountanhos, J. de CABADUR
A nòstn léngüo, L. LAZERGES
Le Roman Félibréen : III, « Les Pages », de M. Enée
Bouloc, E. LEVRAT
Era boúnou mai, V. BARDOC
Era hame de Juan de Tout Dia, J. SOLLÉ-VEXTCRE. ..
Era Tenarréso, SUDÒNO D'ASPI
Et « Ticó dera Batiadéro » è 't « Courtau d'Adiòs »,
leyéndo, A. ANGLADE
Et mèn biladje, Ed. SARRIEU

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69
70
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RÈGLES PRINCIPALES DE L'ORTHOGRAPHE GASCONNE
En règle générale, on écrit comme on prononce, et les lettres ont la
même valeur qu'en français.
On prononce j et ch comme en français ; on écrit dz pour dz, dj pour
dj, ts pour ts, et tch pour tch.
On représente 1 et n mouillées par Ih et nh (balhd, mountanho).
On peut noter ?? une n gutturale possédée par le gascon (car), têrigue).
Jamais t n'a le son de s ; on écrit atenciour?, etc.
Les diphtongues monosyllabiques formées par i, ou, et u devenus
semi-consonnes, c.-à-d. valant y, u et à, peuvent s'écrire ainsi :
1° ai, èi, ei, iy, òi, oi, oui, uy (ou bien ay, èy, ey, etc., mais nécessairement iy et uy) ; il ne faut pas écrire aï, èï, etc.
Et ia, iè, ie, yi, io, io, iou, yu (au début d'un mot, ou d'une syllabe
bien détachée, on peut mettre ya, ye, etc:, mais nécessairement yi et yu).
2° au, eu, eu, iu, òu, oü, ouü, uü (le signe S, avec un accent courbe,
n'est indispensable qu'après o, ou et u) ; il ne faut pas écrire aou, èou, ni
aü, èü, etc.
Et üa, üè, üe, ui, üò, üo, üou, üu (le signe ü n'est indispensable
qu'à l'initiale, après une consonne, et entre deux voyelles devant M).
3° lia, lie, lie, lii, etc. (le signe U,, très lisible, évite de donner deux
valeurs au signe u ; on peut dès lors dire que u, précédant ou suivant une
autre voyelle, a toujours, sauf après q, et dans gue, gui, le son ou).
Le tréma est réservé pour indiquer que l'i et l'u qu'il surmonte se prononcent à part, avec le son qui leur est propre (bïoulént, arriïà).
Tous les autres caractères ont à peu près même valeur q«'en français.
L'accent grave indique que la voyelle est ouverte ; Vaigu, qu'elle est
tonique.
AVIS. — Dans un intérêt de précision linguistique, les auteurs sont
priés de vouloir bien indiquer exactement, à la suite de leurs articles en
gascon, à quelle localité appartient Vidiome employé.

�C.I.D.O.
BÊZitRS

ERA BOUTS DELIA MOUNTANtíO
7mo

ANNADO : 1911

N°

3.

MARS

«

Towlém Gascons ! »

Sous son voile agrafé par l'améthyste et l'or
S'agenouille la nuit pontificale et douce,
Tandis qu'à l'horizon les monts de la Barousse
Lui font un solennel décor.
Elle drape de deuil la cité des Convènes
Qui somnole, engourdie encore sous le poids
De l'histoire des dieux, des héros et des rois,
Sombrés aux époques lointaines ;
lit l'antique gardien de ces lieux, saint Bertrand,
Dans son église au dur aspect de citadelle,
Voit, en quelque vitrail allumé d'étincelles,
Descendre le soir transparent.

— 0 Pasteur, ô Soldat, ô Constructeur de ville,

Ne regrettez-vous point, dans ce cirque inconnu,
Sous ces vieux monts levant aux cieux leur front chenu.
En cette cathédrale hostile,
— Nous sommes près de vous, dites-le nous bien bas —
Ne regrettez-vous point nos régions gasconnes,
Où votre souvenir se fleurit de couronnes
Dans tous les cœurs qui n'oublient pas?
Notre pays natal a des douceurs pieuses
Pour vénérer encor votre enfance et vos jeux,
Et festonne, autour de vos pas miraculeux,
Les collines harmonieuses.
Chez nous, sous la clarté d'un ciel languedocien,
Vous sauriez retrouver votre terroir fidèle,
Vos grands aïeux, seigneurs de l'Isle et d'Endoufielle,
Et tout le printemps ancien ;
Votre jeune àme de bataille et de prière,
Et, sous les horizons mollement arrondis,
Vos premiers rêves qui cherchaient le Paradis
Dans la virginale lumière ;

�66
Èt vous pourriez revoir, quand l'automne descend,
Tout un peuple s'acheminer à la Fontaine
Dont votre main jadis a versé l'urne pleine
Au revers du coteau penchant.
#

# #

Mais non. Vous préférez rester aux solitudes.
Là vous avez fixé votre œuvre et votre coeur.
Travailleur acharné, près de votre labeur
Vous reposez vos membres rudes.
Ces montagnards que vous avez pacifiés,
Vous voulez les aimer encore, — Archidiacre
Dont la bague sacrée arrêta les massacres
Et fit verdir les oliviers !
Le Gar, au pied duquel priaient les vieux Ibères,
Connut par vous la douce loi d'un Dieu nouveau,
Et se pencha, pour écouter le chant si beau
Que vous rythmiez, à Valcabrère.
Tout redit votre nom. L'antique Lugdunum,
Ecroulée avec la splendeur gallo-romaine,
Grâce à vous redressa sur l'historique plaine
La fierté de son oppidum.
N otre stature emplit la porte Cabirole.
Du val d'Arrens jusqu'aux gorges de Saint-Béat,
Tout le pays conquis par votre apostolat
Est vibrant de votre parole.
Les bergers de Larboust, les frustes paysans,
Noble ancèlre gascon, vous ont pris et vous gardent,
Et, votre jubilé, leurs cloches le bavardent
Aux collines du Nébouzan.
##*
Pour ce champ fécondé de vos sueurs, ô Maître,
Vous avez, brisant tout émoi sentimental,
A jamais délaissé le castellum comtal
Où la nature vous fit naître.
Oui, vous avez choisi pour patrie, ô chrétien,
Non pas le clair vallon qu'aima Jourdain de ITsle,
Mais les monts et les bois et les granits stériles
Où vous fîtes germer le bien.
Et, comme pour marquer la décision sainte,
Rêvant à l'avenir, n'avez-vous pas laissé
Au diocèse éteint et dans l'ombre effacé
Votre prodigieuse empreinte ?

�«7

Car sur le ciel rougi par l'astre occidental,
Les pâtres commingeois, plus haut que les collines,
Contemplent des rochers étranges, qui dessinent
Votre profil épiscopal...
Armand
t.

PRAVIEL.

Pièce dite par l'auteur à la Félibrée de VEsmto aéras Pircnéos à Saint-Berlraiid, le

7 septembre 1010. (Extraite des ■ Poèmes Liturgiques &gt;, en préparation).

Quant on a biscut trop d'annados,
On a tant bist, e tant e tant !.... —
Pus biu qu'un rei-petit1 ai bist le clar boulant3
Coupa coumo bouquéts las gabèlos3 daurados.
Petit ou gran e jilén ou bièl,
Tant que lusissió le soulél
Cadun segabo soun cabél4,
Tran, tran 3, dinquos à nèit escuro ;
E quant la luno, su 's coustous,
Lebabo soun èl amistous,
Benhôn ambe rire e cansous
Lia le blat dins la frescuro.
Ai bist passa coumo 'n lambrét
Ou coumo 'n sabre de batalho,
Per fa caije d'un côp la garbo de blat drét
E la coutcha sui sòl, ai bist la grando dálhoc.
Acó marchabo, mous amits !
E quant dus dròlles degourdits
Teniòn aquél utis ai dits,
Fasiòn susa l'abastounairo 7 ;
Mès, tabé, le mietjoun sounat,
Quant abiòn bebut e manj.it,
Quin son 8 jouts l'oumbro, al founs del prat
Al gargalh 9 de la fount cantairo !
Mès per l'òme, toutjoun pressât,
Aro la dalho es un' amuso.
Se la dalho 's l'espado al talhant afilat,
La machino d'auèi es uno mitralhuso.
Les cabéls, per sas grandos déns
Moussegats, dins un ré de téns
Caijen coumo les regiméns
Des souldats que soun à la guèrro;

�68
Ai bist, quilhat e dcsquilhat,
Rouda 0 soun gran bras, e le blat
Coumo per uno ma lïat ;
E vaqui las garbos à tèrro.
Per batre, 's la mémo cansou
E le prougrès toutjoun camino ;
L'orne de mès en mès, regréto sa susou,
E, s'estaubian le bras, se fitso à la machino.
Ai bist batre le blat al flèu ;
Ai bist, per acaba pus lèu,
Sul cabélh rouda le roulèu,
E fourcassa " la palho frésco ;
E, quand le brèspe 15 èro pla bèl,
Ai bist, dins un rai de soulél
Le blat, grilhat al gran cribèl '3,
S'apiala, rous coumo la brésco l4.
An tout cambiat, per fa milhou ;
Le flèu es mòrt, mòrto 's la dalho :
Auèi, sul tros de sòl oun fiulo la bapou
Dins un joun an trigat 15 le gra d'ambé la palho.
Milhou? Qui sap?... Tròp lèu mountat
Le paure palhè, mal catchatls,
Per un auratge 's empourtat,
Ou, qualque còp, l'auta le bargo 17.
Le blat qu'és pos batut sul sòl,
Dins le soulè, coumo Dius ból,
Tout debourat del parpalhòl
fìardo sa bénto e mai sa cargo.
Que sió pel bé, que sió pel mal,
Cal marcha, cal segui la filo;
Las géns des autres còps anabon à chabal
E le mounde d'auèi ban en automobilo.
Tout se fa de mès en mès bèl ;
Les jüéns bòlon coumo l'ausèl,
E tout ço que pòt dire 'n bièl
Bous at traton de faribòlos ;
Iéu. d'abé biscut tròp de téms
E d'abé bist, à countro-séns,
Ana las causos e las géns,
Ai les èls qué-m fan bimbaròlos |R.
Parla de Sén-Soumplézi-S-Lezo
(Hto-Garouno).

Mè'° Bcrthe

DE PUYBL'SOUE

Més:ro e-Jócs ile l'Ài-aderr in ,!e&lt; Jocs-.Fl·inrals.

Nóios. — i. Roitelet. — 2. Faucille. — ;i. Javelles. — i. So.r qii. — 5. Onomatopée.

�— S

Faux. — 7. La faiseuse de gerbes. — 8. Sommeil. — 9. Gazouillis. — Ifl, Teur-

uer (comme un rayon do roue). — II. Remuer (à la foirehe). — 12. Soirée. — 13. Passé
au grand crible. — 14. Gâteau

de miel. — 15.— Trié. — 16. Tassé. — t7. Broie. —

— 18. Uauseut d'cblouissemcnt et de fatigue.

La Gançoun de la Gubado
(Aire: « Pêcheurs,

la matinée est belle... Le roi des mers... »)

1. Aquét boun jus de las souquétos
Amies, preiîguèn, (io cubado
Que hè passa de bous mouménts ;
D'aquéste bin. qu'a l'aire bout) ;
Quan aujèn las boutélhos nétos,
Büeitèn d'iio soulo alenado
N'auran pas pou dou mâchant
Lous goubeléts, cadui? lou soun.
[téns. R.*
R. A plés béires beuèn lou biii ;
Amics, cau pinta !
N'aujèts pas souci ni chagrip ;
3- Qu'èi lou jurançourf, la merilho,
Amics, cau pinta ;
Lou picopout, lou chassala ;
Sera tant pis pou qui nou l'aime
Que hèn ui? tyucque requiriquilho
[pas ! (bis).
Lous qui n'en pòden abala. R'
1.

Parla d'Aucb (Gers).

J.-B.

SENGÈS.

■La Cigaló e la Hourmîo
(Fablo)

Le counte dits qu'uo cigalo
l'endént l'iuèr auió la galo
Damb' arréij mès de ço que eau
Enta hè môle le eachau '.
La praubo bèstio miéjo-morto.
Cahin-caha datiant la porto
De la hourmic s'arrousseguèc2
E d'un toun doulént le diguée :
« Prestát-me, si-bou plèt, besio,
» Un pauc de gran ou de hario,
» Car m'a boutado à l'espitau
» La chatico de moun cigau 3 :
» Bous tournarèi, fe d'animau,
» L'interès, e le capitau,
» Dambe la prumèro garbèro 1
» Qu'auran quilhat su la ribèro. »
— (( E quin èro bôste mestiè ? »
Ça dits d'un aire trufandè 5
La flno coumairo6 hourmigo ;
Parla de Samalan (Gers).

« Perquè nou bous tira d'entrigo
» Au téns d'estiu, quan le sourélh
» Mous arrajo coum' ut? carélh ; ? »
— « Cèrto — qu'acó nou bous des"
[plácio —
» Jou cantáui de bèro grácio,
» E per sigu nat auseroun,
» Nou piülauo talo cançouiî ;
» Hasèui dourjc su l'esplanado
» Le plasé de la proumenado... »
— « Damb' gòi aprérigui tout acô »,
Hasouc la hourmic sénse có ;
« Mès, prestes pas à ào barlòcos,
» Me disèuo la mio memi,
» Se nou t'en bòs pas repenti
» Ni gran ni hario ni còco !..
)) Ah, cantâuots tout le printéns?
» E bé dansats au mâchant téns !.. »
A. LACOMMK.

NOTOS. — 1. C.-à-d. à se mettre sous la dent. — 2. Se traîna. — 3. Masculin de cigalo.

— 4. Grand tas de gerbes. — 5. Moqueur . — 6. G'est ainsi qu'on dit, et non coumai
7. Lampe de foyer. — 8. Légère, étourdie.

—

�70

Bèros mountanhos,
Douços coumpanhos
De moun amou,
Oh que d'imatyes,
De lòcs saubatyes
Auét ta you !

'Nas bòstos prados
L'om bé bacados
E bèts moutous ;
'Na yèrbo ' flno
De ma dibino
Pousson 'ras flous !

Sus bòstos picos
(Arrepublieos
De biélh granit)
'R' agio hounéyo
E birouléyo
En hè soun nid !

Sus cado ròco
Et cèu blu tòco
Dab et sourélh ;
Oh que d'estélos,
De tréndos télos
Charmon ed tiélh !

1

Ròcos pelados
Ta descarnados,
Me semblat tours,
Qu'isards redôlon 2,
Oun toustém bòlon
De grans bautours !

De nousto raço
Marquét 'ra traço,
Piéucos5 de néu !
Bous, mountanhétos,
Qu'èt doun, miguétos,
Obro de Diéu !

Bòstos coumétos,
Ròstos tuhétos
M'an bieh 3 mainat ;
È, risouléntos
De houns luséntos,
M'an tant charmât !

Fièrtos6 mountanhds,
Douços coumpanhos
De moun amou,
Oh que d'imatyes,
De lòcs saubatyes
Auét ta you !

Parla de Danlìèros-de-Iìigòrro (H.-P.)

J.

DE

CABADUR

—

t. « Tournoie comme la fronde ».. ■—■ 2. « Parcourent ■. — 3. ■ Vu ». — i.
Herbe &gt;. — 5. • Sommels ». —6. ■ Fiéres »
NÒTOS.

SOTJNÉT

De Mar&amp;élho à Bourdèu lou Medjourn felibréjo
Pròsper ESTIEU.

Léngüo del terradou qu'an parlat nòstes paires,
Qu'as tant fèit tindeja toun rebrezilhadis 1
E tabès retrouni2 mots escarlapetaires 3,
Le témps aro es biijgut de rebiscouladis.
Pertout coumo un ginhòt ' toun engénh s'esplandis !
Autant que 's auzeréts fèn brounzina pe 's aires
Lour trèn d'amour gaujous que 'I cor s'en embrandis,
Que tant nòste païs musico de troubaires !

�71
Le soulélh del miedjoun, bourin nòstis cerbèts,

En fè ruchela 5 cants à pléno roujalado 6 ;
Car nous-âutis cantan de cor coumo 's auzèts !
Nòsto lénguo tens-a fusquéc acabelhado 7 ;
Desempliéis alabéts demourèc ucourado8 ;
Mès, môrto ?.. La dèichon pos èste-n ! Entenèts ! !...
Parla de U Bastido-de-Serou (A.)

L. LAZERGES.

Chant des petits oiseaux, tel le rossignol; ici, musique gaie du langage*
— 2. Retentir. — 8L Retentissants. — 4. Eclair. — 5. Ruisseler. — S. A plein torreit. —
7. Opprimée. — 8. Evanouie.
NÓTOS. —1.

LE ROMAN FÉLIBRÉEN

1

III. LES PAGES
par

Enée

BOULOC

Après avoir goûté la douce mélancolie de la terre landaise aux côtés du
regretté Emmanuel Delbousquet, après avoir avec Armand Praviel illuminé notre âme du magnifique spectacle de VEmpire du Soleil, voici que
notre fantaisie vagabonde nous entraine vers les confins septentrionaux de
notre Patrie Occitane. Sous le patronage de M. Enée Bouloc, c'est la rude
terre rouergate qui s'offre à nous dans les Pages.
Cette œuvre que l'Académie Française a honorée d'un de ses prix Montyon
se présente au lecteur sous divers aspects. Etude sociologique, roman de
mœurs, récit purement romanesque, on pourrait en faire la critique sous
l'un quelconque de ces trois chefs. Nous préférons l'envisager sous une
quatrième forme qui résume d'ailleurs et complète toutes les autres : le
roman félibréen. Il n'est pas défendu en effet au roman félibréen d'être
une œuvre profondément romanesque ; il peut et il devrait être toujours
un roman social ; il faut qu'il soit une étude de mœurs, et pour clore enfin
l'énumération de ses multiples qualités, le propre du roman félibréen sera
d'exalter en nous l'amour de la petite patrie, le culte du terroir, la fierté
de la langue des ancêtres.
M. Enée Bouloc qui a sous-titré son œuvre « Roman de la terre »
a-t-il complètement réussi à satisfaire à ces nombreuses conditions ? Nous
ne pensons pas que l'on puisse répondre oui absolument.

#**
Le côté romanesque, l'affabulation des Pagès est très simple, trop
simple. Nous faisions naguère ce reproche à la Miguette de Delbousquet,
et cependant, comme il y a plus d'amour concentré, de passion et d'ardeur
dans les personnages de notre compatriote que dans ceux de M. Bouloc!
Je sais bien qu'il existe une notable différence entre les deux races et
que l'on ne saurait comparer ces bouillants Landais brûlés de soleil et ces
hommes froids et calmes du Rouergue ; je crois cependant que deux jeunes paysans de vingt ans, fussent-ils des montagnes du Levezou, mettent

�plus d'expansion, plus de feu dans la chanson de leur amour. Mir et
M é 1 i e ne nous apparaissent pas assez ce qu'ils devraient être, une émanation de l'aine primitive de la race. Ces amants sont trop des amoureux
de salon et de bonne compgnie ; suivant une expression moderne, « ils
Sont trop flirt ». Je les aurais voulus plus prés de leur rude nature
rustique; le récit de leur détresse sentimentale aurait peut-être été
plus violent, il aurait été plus vrai aussi, et ce n'est pas de la sorte
qu'agissent les fiancés de Pouvillon.
#"*

Mais le côté romanesque de son oeuvre fut je crois la préoccupation
dernière de Monsieur Bouloc, qui, saisissant l'occasion d'une histoire
amoureuse, voulut avant tout écrire un roman social. Les Pagès, c'est
l'histoire d'une organisation ancienne, vieille autant que la féodalité ;
d'un état de choses que l'ouragan révolutionnaire ne put abattre, mais que
la lente et sournoise désagrégation des temps nouveaux menace de ruiner,
et qui bientôt ne sera plus que du passé.
Les antiques pagésies, la seigneurie rurale de ces grands paysans
d'autrefois, voilà ce que l'auteur a désiré nous dévoiler.
Il a essayé d'étaler à nos yeux la beauté morale, la noblesse de ces
familles groupées autour de l'ainé, de cette forte race, maîtresse de vastes
domaines. Il a voulu étudier avec nous ces communautés familiales, dans
l'esprit du sage Le Play, où fleurissaient les vertus de renoncement, le
respect et l'amour des ancêtres, l'àpre et jalouse affection de la maison
vénérable, les sacrifices consentis pour la prospérité du foyer. Mais,
hélas! ces âmes pétries aux fortes leçons du christianisme, grandies par
la discipline familiale, elles s'en vont, emportées au vent de l'incrédulité
contemporaine, balayées par l'égalitarisme envahissant.
Ce qui se passe en ce coin du Rouergue, et qui frappe d'autant plus
vivement la pensée que les vertus ancestrales s'y conservèrent plus
longtemps, cela se passe aussi en chacune de nos provinces, dans chacun
de nos foyers citadins ou paysans. Bientôt, si l'on n'y prend garde, il n'y
aura qu'amour de l'individualisme, haine de la famille, mépris des souvenirs et des gloires du Passé. Ce sera l'égoïsme en toute sa hideur, et c'en
sera fini de ce qui fut la beauté d'une race, de cette race des champs,
« qui fait le pain et défend la patrie » !
Le livre de M. Rouloc est donc ainsi qu'un cri d'alarme, il nous montre
le péril, en opposant aux veuleries contemporaines la sauvage grandeur
de ces derniers Pagès. C'est pourquoi, de tout cet ouvrage, le prologue
nous parait être la partie magistrale, celle où vibre l'âme de l'auteur, où
s'exprime toute sa pensée, soit qu'il dise la poésie chantant dans le souvenir, soit qu'il pleure sur la terre rouergate et la terre d'Auvergne et la
terre de Guyenne qui « paraissent bien mourir elles aussi, dédaignées,
délaissées, scandalisées par leurs meilleurs enfants ».
La lutte entre Salvat du Rouquet et Blanchis de la Roque ne fait
qu'illustrer, pas assez fortement d'ailleurs, cette thèse du prologue. Car

�73
cet épisode du pauvre qui ne veut pas céder au riche « sa Prade » afin
de ne pas diminuer le patrimoine de l'Aîné, cet épisode, plutôt rare évidemment à notre époque, ne suffit pas à étayer une théorie et de lui
cependant découle toute la sociologie du roman. Il ne suffirait pas, même
joint à l'étude du bon oncle célibataire Joseph, le sauveur du Rouquet, à
nous dire ce que sont les Pagès, et nous comprendrions mal la pensée de
l'Auteur si nous n'avions pour guide sa magistrale introduction.

* *
C'est d'ailleurs surtout comme -oman de mœurs, comme évocation de
la terre rouergate que l'œuvre de M. Bouloc s'impose à notre bienveillante
attention.
Au cours de ces trois cents pages, c'est toute la vie rurale de ce coin
d'Occitanie qui se révèle à nous avec une fidèle exactitude. Ce sont ces
coutumes patriarcales qu'il faut se hâter de noter avant qu'elles ne disparaissent sans retour. C'est la fenaison et la moisson, et la « Soulenque »,
la grande fête du Soleil qui clôture et couronne le travaux de l'été. Ce
sont les labours, et la foire de Saint-Pierre, et la Saint-Jean, et les
menus travaux de l'intérieur. C'est, par dessus tout, une description
attentive et amoureuse de cette rude terre de Rouergue, dans les divers
aspects où se dévoile sa sauvage beauté, et cette évocation se prolonge
précise et poétique au long de tout le volume.
Nous y voyons le Printemps « frileux et maigre, s'attardant aux
abris, s'insinuant aux creux des collines, incertain, et prêt à s'en'
revenir au moindre vent de froidure n; puis la végétation puissante et
mêlée qui fait à cette terre un manteau d'une richesse infinie dans sa floraison tardive de l'Eté : « les bruyères qui décorent ses sommets, tes
genêts et les fougères qui couvrent ses pentes, ses seigles et ses avoines
dan" les combes, ses prairies des bas-fonds d'où jaillissent d'innombrables sources, ses grands bois de hêtres où rôdent les loups, les gorges
sauvages du Viaur et du Vioulou que hantent les Trêves. »
Les Trêves, la Peur, les Dracs, les Garramachs, tous ces produits de
l'imagination populaire, ces vestiges des vieilles religions sommeillent
encore dans l'àme fruste et naïve du Rouergat. L'auteur les a étudiées
avec sollicitude, ces antiques légendes de son pays, et si nous ajoutons
qu'à diverses reprises il cite les formules magiques, les cantilènes ancestrales, les nombreuses poésies du terroir, on comprendra que nous ayons
voulu voir en M. Enée Bouloc un romancier félibréen.
C'est la formule pour arrêter l'essaim migrateur :
Pauso bèlo
O l'oustal nôu,
O l'oustal nôu
que chante Mélie en choquant ses ciseaux, cependant que Mir frappe sur
sa faux.
C'est l'incantation qui accompagne la fabrication des sifflets en écorce,

�74
et qui se rapproche du Sabo-Sabo, recueilli par Philadelphe de Gerde en
ses Cantos d'Eisil2.
Ce sont surtout de nombreuses et exquises chansons populaires. Voici
la chanson de la mie :
T' aime; oquel soul mout explico mo pensado ;
L'amou ch'es dins moun cur, poudde pas l'exprima
T' aime, coumo la flour humido de rousado
Aimo lou bén foulét che lo ben coressa...
Voilà le chœur joyeux de la Miouïou (la petite Miette) :
La Mioutou es un pau fado (bis)
Tra la la, la dera la la
Chut ! chut ! chut ! chut ! chut !
Che ou cal pas dire,
Chut ! chut !
Faén pas tant de bruch !
Et puis l'amoureuse mélodie des Etoiles :
Lou cèl beluguéjo
Cloufit de diamans ;
La luno prounjéjo
Detras Sent-Girmans :
Tout aro, l'aubéto
Bendró, de sous plours,
Benha Io ribéto
Oun dòrmou los flours.
Refrain :
Dors, mo mestrésso
Tant poulidéto,
Dors, mo mestrésso
Jusquos ol jour,
Poulido, mo mlo (bis)
Bel ange d'amour !
Et dans un tout autre genre, le terrible cantique des Damnés :
Lou Sent-Esprit toujours nous crido
Se boulén pas èstre coundonnats,
Dobolèn, pendént la bido,
Dins la prisou des dannats.
Et bien d'autres mélodies encore, car, ainsi que le dit fort justement
M. Bouloc: « La poésie rouergate a traduit en mélodies naïves, souvent
d'une justesse admirable, la plupart des actes de la vie paysanne, et
il n'en est guère pour lesquels te folklorisme local ne trouverait pas
une chanson appropriée. »
Nous ne quitterons pas cette revue des chansons du Rouergue san

�75
saluer le vaillant félibre qu'est l'abbé Bessou, l'auteur de ce magnifique
poème intitulé « liai brès à la toumbo », où s'épanouit son superbe
amour de la Patrie. l\ a une place d'honneur dans les Pagès avec sa
chanson du Gourg de la Seréno que chantent les faucheurs :
Abal, sul poun de la Cadéno,
• Ent-anén dalha lou Prat-Grand
Passabon Ramoun e Bertran.
La treito bouès de la Seréno
Dal founs de l'aïo, lour cantèt
Uno cansou que lous perdèt...
Et c'est sur l'évocation de la noble figure de celui que M. Bouloc a pu
appeler « le Mistral du Rouergue » que nous voulons clore l'étude de
cette oeuvre des Pagès qui, si elle n'est pas une œuvre définitive, n'en
demeure pas moins un bel effort régionaliste, un ardent appel à l'amour
de la terre, de la race et de ses souvenirs, uue œuvre vraiment félibréenne.
Étienne

LEVRAT.

1. Voy. Era Bouts de 1909, pages 61 el 93.
2. V. Era Bouts de 1908, p. 55, (Piuli Isde Ver p. J. Soulé-\enlureJ.

COUNDE

ERA

DET COUSERANS

BOU NOU

MAI

Et téns qu'èro gris è menaçant. Ara plaço dera rousado douço atendudo, era nèu que toumbabo de mès bèro.
En ets arbes, es floucouns blancs glaçats que remplaçabon, as caps
deras brancos, eras flous tant poulidos des frutès.
Et printéns, era sasou bèro des lilas e det roussinhòl, que countinttabo es diòs trlstis è frédis dej ibèr. Era misèro que menaçabo es
mountanhars.
e Janou », diguéc sa mai en un jüés pastou, « te calera parti de boun'
» ouro. Sabes qu'erames poulido üélho det ramatch, dam et sièu anhètch,
» demourèren de la nét en bôse... Que siran deberjguts dans aquétch
» téns ?
»
Et goujatou, qu'abió à-pu-près quinze ans, perdéc pas de téns : « Abéts
» pla rasou, mama », que li respoun ; « Que farè tout moun poussible
» enda poudé les retrouba. »
Que fasió un frétch terrible, qu'abió gelatch aquétch maiti. Et soulélh
semblabo boulé trauca aquét broulhart de glaço, sénse poudé-i parbéngue3
Janou caminèc, cerquèc, e li semblée — de liièn — enténe un petit
bèlomént ; se dirigée en aquéro direcciou.
Figurét-bous soun bounur, quand — dijous io petito gre-to naturèlo —

�76
et pastou retroubèc sa ttélho e soun poulitch anherou ! Prudénto e enquièto de soun petit, noun soulomént era mai abió cercatch un refuge, mès
encaro aquéste se troubabo abritatch det Nòrt... Acó se pòtch apera io
boûnou mai !
l'aria d'Usiou.

Mai lOlo

Valentin

BARDOU

BEA HA ME die JUAN de TOUT-DIA
Défunt Jîian de Ïout-Día qu'èra úa carcassa d ôme de grána despénsa.
Un còp, que houe era súa tárjca d'ana hè 'ra semmána ena mountánha,
Cet à-dide ana guará 't bestia guéit dfas couma hèn touts ei neuridous 1
cada-iii? à soun tour. Ei mountanhòls, quan pújan, que s'en pôrtan un
par;, quáucas mandôrras è de que lié poutadje, cburrîa ei or' avitúda. Un
diménje de maitis, doun, Jìián qu'auée à parti. Avants de jessi de casa,
ej ôme que voulé dejuna ta hou pas aná-s'én tout mourt de háme ; e que
hé vién. E áuta perpart, un arreprouvè que dits que « bénte pién que da
cámas ». — Alòm !.... Alavéts doun, ço que prumè liée, Jftán, coumença-s de viíéda úa soupièra de soúpas ; at darrè d'aqueró, s'e-t mindja 'ncára
un calamètch de mandôrras e de moundjétas que un gat nou-g auria
'scamussatch. Un côp sadoutch, se-t prén et més vèt pan que houe ena
pòst dera chumenèia ; gáha úa talháda de lart coum' úa padárna 1, è se
t'ac met at eu d'un saquét dap un cap de listai h de mandôrras. Ei viures
ta 'ra semmdna, qué !
Quan s'aué garnitch et sac, le se-t boúta 'n côtch, et par) en un estrém,
et lart è 'ras mandôrres en áute, è te prén et sendè dera mountánha.
Quan aué hèt úa otìra de camin, et saquét qu'eu peeáiia, éu hadía sudá :
le t pòsa 'n tèrra, e aleidèc úa 'stoúna
Nou sávi pas s 'et dejuna nou
l'atenhía prou 'nsus o cé qué era, quan bouléc arrepréne qu'éu gahè 'ra
idla d'enseta3 't pan e minjá-s'en un tròs, dau de semblà qu'aquerò
qu'eu daria 'ncára cámas, e 'n madéch téns aleujari 't sac d'autant
Atâu dit, atáu hèt : se t poúda un tròs de pan, se t toúrna 't saquét enas
esquías, e se-t ahoúca 'j ensus en tout arrouganhá '. Sembláua qu'auéssa
't máu minjlu.
Quan houe arrivatch ena mountánha e qu'aué datch un cap à soun bestia, que s'anôc estallá 'na cavána, è, en ôme avisatch e precauciu, ta nou
pas èste court de pan, que coundat que héc ? Nou minja gìláire dilhèu ?
Nâni ! nou 'i pas aquerô. Que le s tatsèc d'aquésta manièra, 't pari : dap
era púnta det coutètch qu'ei héc un tchiquét5 at miéy ; après, d'aquét
punt enlà, qu'ei héc sèt arrégas, à-pu prêts eigálas d'entervála er' úa der'
áuta, que partadjáuan et pan en sèt pourcious, úa ta cáda dia dera semmána. Doun, cada dia qu'auía úa partèla de pan à despéne, mes nou deuía
pas entrepassa 'ra réga : d'aquéra manièra qu'es didia en ét madéch que
nou seria pas en misèra de pan
, nè de lart.
Nou savi pas s'ac hadia 'sprès o s'èra 't défaut det coutètch, et fèt qu'ei

�77

que nouste Juan qu'escalapetáuaB eras arrégas u chinhau tout dia. Ë,
boun biet-d'ase ! qu'arrivée qu'at diuéndres de ses que nou 'uéc né par;,
nè lart, nè mandôrras : et lart que le-i mindjèc tout à talhucs àtalhucS)
hè les-sé hrige at cap d'un tarôs 7 dauánt es tidous. Et dissatte, ej ôme
nou 'uia'rréi) ta viue ; qu'ac hadia cái de vadals8, qu'ac bedía pléri de
lalardnhas9 p'ertout, nou poudía hè 'rrén, pas soulaméns jàde ; béue, pu,
qu'ac poudía hè, mes era sétch que l'auia dera 'spéssa. Pourtant s'encourderè 10 coúma poudéc per un sendè 'nlà, è anè trouva iaute vestiarè en úa
cavána vedía. Quan bouc aquíu, sénse damandá 'rrén, qu'es voutèc à dide
açó : « Aci qu'a un ùm&gt; que nou a nè pap nè mica, nè ôli nè sau, nè
huée nè halha, nè
» — « Entratch, entratch », ça dits ej àute dempuch laguéns era cavána, « aci qu'a un cuvét " de lèit, biét bous poudà
pan è hèt-bous i mundatch 12 ». Juan qu'entré, qu'es hé mundatch ena
lèit deçà qu'era culhèra s'i tengué toúta dréta, è se-t büeda aquerò nou
lechá-i 'rrén ; que s'ac escarrèc d'úa manièra que semblaua qu'es vouléssa
minja 't cuvét tavén. Urous d'èste-s arrestauràtch, se t'en ba en tout arremerciá et camaráda que l'auia tournatch de mourt en bita.
Et dissatte passée atau ; nou voulia pas tourna 'na 'mpourtuná adarrés
més, parce que nou voulia pas et dit tapôc que passaua per mes minjdire que
iaute. Et diménje, pét dia 'nia quan s'en bouléc tourná, que nou poudía
méte úa cáma dauaiit er' áuta; qu'èra tout estranggoutitch i3, laguiatch
coum' úa coúa de máuva. Praquerò, couma poudéc, que virée embatch en
tout mastegà hüélha de hái toúta trénda e mascá-s'i merlássa'4 peras
hônts. Après, lecá-s et saliè.
Et sé, quan houe à càsa ta soupa, qu'ei minjè trénta-dúas pastèras,
dera harne que s'auia passatch.
E dedempuch qu'arrepetàua toustém : « Et côp qu'anè hè 'ra sem» mana nou s'em deivrembará pas jámes ! pas quan biuería autant coúma
» Matruzalem. »
Bíra deçà, bíra delà,
Et qu'en boúlha més que s'en âne cercà !
Parla de Harrèia, Mania Varoússa (H.-P.).

Jean

SOULÉ-VF.NTURE.

1. Éleveurs de bétail. — 2. Large bûche. - 3. Entamer. — i. Grignoter. — 5. Tehlquét ou chiqueï, point qui sert de marque

—6. Outre-passer. —7. Petit bâtonnet. —

8. Bâillements. — 9. Toiles d'araignées. —

10. S'acheminer. —II. Petite marmite en

bois

— 12. Pain èmietté. — l:i. Qui a besoin de manger ou déboire. — U. Sorte de

cresson à larges feuilles.

Per Auch, per Bic è per Coundòm
Et « burlè 1 » bélhe qiian tout dròm,
Ta hè bouri 'ra gran caudèro,
D'oun cèle li pri a canèro

�78
Sudou blousso de sang de bi,
Arròs de cèu en bèth cami.
Acró qu'ei era Tenarréso 2,
Hilhòlo d'era « Tena Auréso »...
Còlo, còlo, còlo tout prim
Det yus blous det blanc arrazim :
Et tüé goustous perrum 3 d'auèro1
Mous pròbo qu'ès toustém sancèro.
Nòbio, dab ta pélho d'aryén,
Rèino dab era d'òr rouyén,
B'ei bertat qu'ès aigo-de-bito.
Toúrna-la-mous, se lèu mous quito.
S'arrés5 a dit qu'au hazous mau,
Nou-t brenhè0 pas ena semau 7.
Ded Armanhac qu'ès iio parénto ;
Mes qu'et Conhac qu'ès arridénto ;
Tan coum' éts nou courres et moun ;
Quan per nòces cadu respoun,
Tout s'i hè 'nta cauha V aurélho ;
Tu, n'ès 'ra mes bèro dounzélho8.
Nou dròmies ! Atizo, burlè !
Ta 'mpia 9 't tinal,0, t'ampia 't soulè,
De üo 'stiglanto Tenarréso,
Hilhòlo dera « Tena Auréso »...
Marrèno, debòi11 toun riban
Per Auro, dintho 't Pòrt de Plan 12.
Paria de Sarrancouli (H.-P.).'

SüDÒNO D'ASPI.

. — I. Brûleur, distillateur. —2 - La Ténarèse •, famuso aigo-de-bito det païf

NOTIS

que pòrte aquet núin. U article dera ■ Revue de Gascogne », hét per M

Labernho, en u

numero de 1907 o per aquéro epòco, dise qu'era « Tenarréso » tiraue soun nòin d'u cami
aperat « Tena Auréso ■, « voie ouverte • [?]; labèls qu'éi adoubât quauques rimes enta rememouria acrè. —3. Parfum. — 4. Noisette. —

5.

Personne

porte.— 8. Compagne de la mariée. — 9. Remplir.

—

—6. Vendange. — 7. Com10. Chai. — II, Dévide. —

12. El cami dera Tenarréso qu'arribaue en efèt, at léns dets Arroumas, dintlio 'ra bilo
espanhòlo apcrado El Plan.

Et t TICO DERO BATIADBRO » è 't « CODRTAU D'ADIOS »
LEYÉNDO

Après ero enfeuderaciou 1 dero mountònho dero Sèrro ares chine2 cou
munes (Adét, Estensò, Bourisp, Camporò e Gralhén), aquéstes qu'aouren
à hè-s es arreglaménts enta 'sbita es desòrdes de qui poudiéuen arriba.
Mès, quin hè? Ero Sèrro. n'ère pas tròp counegudo è nòdo parcèlo
n'ère pas batiado3.

�79
Que hou eoumbengut que üo delagaciou, fourmòdo per tres òmes de
cado coumuno, qu'es troubarién tau dió e à tau ouro sus et mes haut ticó4
de qui-s troubèsse ena mountònho.
Tau dit, tau hèt ; et dió è 'ra ouro de qui aouren eoumbengut, toûtises
arrepredenténts que pouyèren sus et mes haut ticó ; qu'ei et de qui doumine nou souloméns touto 'ra Sèrro, mès encaro er' abat d'Auro e dé
Louroun. Quin beròi punt de bisto que i-a atyéu 5 !...
Après aué hèt gràcies à Diéu e arrecitat u « De Profundis » ento 's
défunts, aquéri òmes qu'es metouren ar' òbro.
Nou balhauen pas d'aquét téms nòms argulhoúdis6 e rounflònts, d'òmes
célèbres ou d'òmes tirons. Ero naturo qu'aus espiraue tròp, ou que bouliéuen ero naturo toustém douço, toustém flourido, toustém inoucénto,
qu'ère dap éro qu'es pladiéuen es noústis biéls pastous !
Dounc, en ticó de daun 7 èren deya despus üo pòdo8, en ticó de daun
ayéuen pregat Diéu, aquét ticó qu'en entenou ero bouts de quinze òmes
fòrs, balénts, noumenta-u et « Ticó dero Batiadéro 9 ».
Quin aute nòm mes beròi au poudiéuen balha, pusqu'es batiaires èren
atyéu ento 'ro madécho caudo e qu'et madéch sentimént que trucaue 10 en
aquéri madéchi còrs ? E après, puch qu'ère enta batia ero mountònho
qu'èren pouyâdis dessus aquet ticó, be l'ayéuen à balha ço que l'ère
degut ! Qu'ei pensèren ! è despuch alabéts qu'ei et « Ticó dero Batiadéro ».
Qu'es lancèren après at trauès dero mountònho, aquéri òmes que balhauen es boucables ats endréts de qui semblauen aué-n bedoui.

« Et Plò dero Hüelharaco
— et Plò dera Saumèro ,2, — Pèiresu
Aubes , — Berdést*'', — eres Sakés de Moussénhes ib (aquéste ei u
soubenir des troupèts des Senhous), — Cuherét'6, — Planhét*1, —
etc., ètc. », taus houren es noms que balhèren.
Counténtis dera yournado, après aué finit lour trabalh delicat, qu'es
sedouren en üo beròio prado : après aué tònt courrut, que meritauen u
chinhau de 'rrepòs plò ganhòt. Que parlauen è arride, quòn sourti det
bòsc üo hénno pè-desçauço è cap-descaperado ,8, abilhadodeblònc. Aquéro
hénno qu'es planta à quáuquis pássis det coussélh è qu'es metou à canta
eres beutats dero Sèrro, — es bòsquis, prats, courtaus e ticòs, — dap es
nòms de qui sourtiéuen de balha-n !..
Ets òmes, estounats, qu'es gardèren ets us ats dutis. Qu'ère et moumént de separa-s è qu'es digouren « adiòs »... Ero tabé, ero broucho, que
crida en tout huye: « Bibo et Courtau d'Adiòs 19 », — è que s'en apère
encaro.
Ambroise ANGLADE.
Parla d'Esteiisò, Abat d'Auro (H.-P.).

. — t. Inféodalion. —

NOTES

2.

Cinq. -

rochet'x. — 5. Là. — 6. Orgueilleux. —
sommet du Baptême &gt;, au levant d'Azét

3.

Baptisée. — Ticó, ailleurs Tucò, mamelon

Où. — 8. Laps de temps. — 9. C.-à-d. « Le
Mais qui sait s'il n'y eut pas là quelque baptême

7.

hislonqu',, soit d'Aurois, soit de Maures peut-être ? Avis aux savants et aux chercheurs !
— 10. Battait, palpitait. — il. « Plateau de la vieille feuiUée &gt;. —
— 13.

12.

&lt; Id. de l'ânesse ».

C.-à-d. « Pieries Blanches » (Petias albas), vocable ncbe et bien « approfondi &gt; :

ce lieu élevé se trouve sur la cime de l.&lt; Séri e, et le jour lui donne une couleur argentée.
— Peut-être de birt « vert • ? Les mois terminés en st sont souvent «bscurs. — 15.

�80
C.-à-d

« les Snlines du ou des Seigneurs ». — 16. C.-à-d. ■ Fond froid ». — 17. « Pla-

teau ■ . — IS. Nu-pi'ils et nu-ièie. — IÍJ. En réalité, l'espagnol adias n'a rien à voir ici,
Adiòs est sans doute pour Adias Cf
dans

cette

JVUÍÍÍÒS

ponr JVaWas, v. de Louron).— Nous avons

légende un bel exemple des ■ élymolng e* populaires ».

ET MÈN

BILADJE

De touti 's biladjes que counégui, qu'en i-a un, un soul que áimi mès
que touti 's áuti. Nü-ei pas souloméns premou qu'era naturo s'ei metudo
en très entadaétch ; que nou è jamès bist enlòc 1 aigo mès claro, prats mès
bèts, flous mès poulides, mès bermélhes, oumbradjes mès frésqui e mès
arrepousénts ; è 's maisous è 's maisüétes, cabanes coubèrtes en tét o en
Iodes2 que l'au coumpòsen soun demourades enta jou, süén edzilat,
coumo autant de 'rrefudjes charmants aoun s'arrepòsen mous mès doúci
'rrèbes.
D'autes counsideracious an, bet-còp, counlribiiat à hè-Ie-m préféra. En
biladje aoun so nechut que i-a generaloméns, en cado maisoun, ut; pialè 3
de mainadjes, — è aquéri mainadjes, coumo un eliinhau 1 pertout, soun bièn
quauque còp petulénts e cridaires, — mès era 'rrancuno nou dure pas
lounténs: qu'es saben supourta, ò nou cèrquen pas à niiissé-s. Aqtiéro
bèro qualitat que bó que, un còp debenguts òmes, qu'es saben toustém
entené s en hè 's ahès enta 't bér[ de touti.
Encaro que sié beròi atau et mèn. biladje de Sen-Mamét de-Luchoun,
nou ei pas tapòc5 en retart ent' accepta es auantadjes qu' òm pòt tira det
prougrès. Que eau dide que fòrçofi persounes enteligéntes, sabéntes mémo,
es soun debouades enta douta 't mèi} biladje de causes qu' era ciénço auié
boutât ara loti pourtado.
Que boui parla, è der' aigo llmpio que mous debare aro destant et cap
det Prat dera Hònt, è dera blarjco lumièro dera 'lectricitat, qu'esclaire precisoméns es nòstes cases, es frésqui oumbradjes que saben tant arrepousa
è de qui è deja parlat. Es sabénts encaro nou s'arrestaran pas aquiéu ;
es petulénts, 'es balénts ja-s saberan toustém enténe, ja saberan toustém
bien trebalha. Qu'ei era graço è 't couradje que les süèti enta 'ra prousperitat det mèi? aimât, acüelhént e espitalè païs.
Em gîiararè plan, en parla d'aquéri doúci soubenirs, de desbremba-m
acitau et nòste bèt Banhères, cieutat tant bèro, tant generouso ena sio
'splandou, es sòs ei}:oumparables Quinconces que bedéren es mès prumèri pàssi, es sòs granes escoles que coumencèren prèsque à fourma et
mèn esprit, à desbeloupa era mio jüéno enteligénço enta poudé un dió
admira 'ra beutat que poussèden era ciénço è'ra nattfro. A toutes aquéres
arremeniscénees que bálhi è que è balhat, coumo tant d'áuti, tout et mèn
còr de mountanhart.
Parla de Sén-Mamét-de-LuchonD.
Edouard SARRIEU.
[VÓTFS. — I. Nulle p:irl ailleurs. —
2. Ile chaume ou d'ardoises. — S. Littéralement
« nu las », c -à-d. une foule, un grand nombre. — 4. Un peu (ou dil plutôt lin pòc du côté
de Boulogne). - 5. Cependant, - fi. C.-à-d. Beaucoup.

Pouc évitée du éetaed, nouô eenvoyortô leô « Noubèles » au peochain N°

C! P.O.
BÊZitRS

�DE ÇO QUE PARLARÀ AQUÉSTO 'RREBISTO
« Era Bouts dera Mountanho » .que s'acupará de literaturo, de ciénço,
de tout ço que pouirá enteressá et Felibridje.
Coumo 'rrebisto literário, que pubblicará pouesiés, coundes, noubèles,
«è auti bèri (è coumbenabbles) escriéuts en lérçgo gascouno.
Qu'estudiarà es parlas gascous, enta hè les counégue è aprecià.
Que serà erouso tabéi} de hè paréche toúti 's biéllïi doucuménts en
-gascomi que l'au pouiran èste coumunicats.

è

Coumo 'rrebisto cientiflco, sense cap de pretencioun, que balharà —
en gascouiî — quauques crouniques que s'arrepourtaràn as ciénces
teouriques è pratiques (matemàtiques, fîsico, chimió, agriculturo, igièno,
-endustrió, etc.)
Nou licharà pas tapòc de coustat era istòrio è 's sos enchinhoménts.
Que pouirà mémo trattà quauques questious de mouralo.
Enfin, que tenguera 's sòs lectous at courént des òbres des Felibres
moubemént felibrérfc.
Tas coundes-arrènduts des lous oubradjes, que soun pregats es autous
■d'embouià-les en doubble edzemplâri, en tout endicà-mous, se eau, et
prêts des boulumes è 't liberaire aoun es tròben.

«è det

Edj abounomént ara « Bouts dera Mountanho » qu'ei de 3 fr. per an,
souloméns. Mès qu'eijgadjam es nòsti brabes abounats à balhámous,
s'ac pòden, era lou adesioun. coumplèto.
Cado mémbre dera nòsto 'Scòlo que hará soun poussibble ta proucurá
mous, ta lèu que pousque, membres agechénls noumhroúsi : mès seram,
è miélhou pouiram hè. E, mès encaro, cadui) que mous boulerà ajudà det
SÒ7) sabé è dera sio plumo.
Es qui nu-an pas encaro pagat era lou coutizaciouiì que haran bièn
d'embouid-lo sénse destrigd-s : à Moussu B. Sarrieu, 8, plaço Du'Bartas, Auch (Gèrs), (atau qu'esbitaran frèssi).

BOUCABULARI GASGOUN
Que haram paréche en aquésto 'rrebisto, debadj et titre de « Hmieobnldri (jascovr) », listes de mots è d'espressious tirades des dibèrsi dialectes gascous. Que i-à en gascoun fòrço tèrmes è tournures qu'es troben
prèsque semblabbles en francès, è que soun coumprenuts faciloméns
mémo pes qui nou counéguen pas guaire 'ra nòsto léijgo : nou serà pas
necessàri d'endicà les acitau. Que mous countentaram de noutà, en tout
endicà-n era proubenénço ò bnlhá-n era traduoeioun. l'rancéso, es tèrmes
è's loucucious que presentaran quauco particularitat o quauco dificultat ;
è d'aquéro manièro que trebalharam à manténgue è à estiéne 'ra coune«hénço des arrichéces det lenguadje des nòsti pais.
Tadaquéro òbro, qu'auram bejunh der'ajudo de toúti's nòsti amics ;
qu'esperam que nou mous harà pas défaut. — Que haran bièn labén
es autous, s'empléguen bet-còp en lous artiggles quauque mòt pòc tisitat
o tròp loucau, de balhà-n en nòto 'ra sinhificacioun.

�STATUTS DE L'ESCOLO DERAS PIRENEOS
ART. 1. Il est fondé, pour la région gasconne de la haute Garonne e
de ses affluents, une Ecole féiibréenne qui prend le nom à'Escòlo dera?
Pîrenéos ( Ecole des Pyrénées).
ART. 2. Le siège de l'Ecole est à Saint-Gaudens. — Elle comprend
trois grandes Sections; 1° Haut-Commiuges, Nébouzan, Quatre-Vallées
(Saint-Gaudens) ; 2° Bas-Comminges (Muret) ; 3° Couserans (SaintGirons).
ART. 3. Le but de l'Ecole est de maintenir et de relever la langue
gasconne du Comminges et du Couserans, de conserver les traditions
et les usages locaux, et de développer la vie régionale.
ART. 4. L'Ecole s'interdit absolument toute polémique politique ou
religieuse, soit écrite soit orale.
ART. O. Les Membres actifs paient 6 francs par an, et ont droit au
titre de Félibres et à toutes les publications de l'Ecole. — Les Dames
sont admises. — Les Bienfaiteurs de l'Ecole pourront être déclarés par le
Bureau général Membres honoraires. — Les Membres perpétuels paient
120 francs et sont inscrits à perpétuité sur la liste des Membres.
ART. 6. Il est recommandé, en envoyant son adhésion au Bureaugénéral, d'indiquer, en outre de l'adresse, le lieu d'adoption au point de
vue dialectal.
ART. 7. Il y aura des Groupes locaux là où plusieurs Membres actifs
(5 au moins) décideront d'en établir un. Tout Groupe devra se rattacher
à l'une des trois Sections.
ART. 8. Les trois Sections et les Groupes jouiront de la plus grande
autonomie, à la seule condition d'agir conformément aux Statuts, notamment de respecter les articles 3, 4 et 5, et de se tenir en rapports avec le
Bureau général.
ART. 9. L'assemblée générale de l'Ecole, composée de tous les Membres actifs, doit se réunir une fois l'an. Elle peut modifier les Statuts à
la majorité absolue.
ART. 10. Le bureau général est élu au scrutin secret pour 3 ans par
l'Assemblée générale. Il—est-eemposé d'un Président, de trois autres
membres, ayant rang de Vice-Présidents et réprésentant chacun l'une
des trois sections de l'Ecole, d'un Secrétaire-Trésorier et d'un SecrétaireAdjoint. — Le vote par correspondance est admis pour cette élection.
ART. 11. Les questions relatives à l'administration de l'École, à ses
publications, à ses fêtes, à ses relations extérieures, sont réglées par le
Bureau général.
NOTA. — Composition du Bureau général pour 1909-1912 ; Président, M. L. de Bardies, à Soulan, par Aleu (Ariège) ; Vice-Présidents,
MM. Y.-D. Dufor, curé de Labarthe-de Rivière (Haute-Garonne) [HautComminges], B. f)aubian, curé de Villefranche-d'Astarac, (Gers) [BasComminges], A. Teulié, directeur d'école à Saint-Girons (Ariège) [Couserans] ; Secrétaire-Trésorier, M. B. Sarrieu, professeur au Lycée,
8, place Du-Bartas, Auch (Gers); Secrétaire-Adjoint, M. J.-M. Servat,.
pharmacien, à Massât (Ariège).

Le Gérant : N.

ABADIK.

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              <text>Vignette : http://occitanica.org/omeka/files/original/72a91dc47aae6e4dd54ecb65050ec210.jpg</text>
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              <text>Era Bouts dera mountanho &lt;a href="https://occitanica.eu/items/show/10927"&gt;(Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue)&lt;/a&gt;</text>
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              <text>Era Bouts dera mountanho. - Annado 07, n°03 (Mars 1911) </text>
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          <name>Contributeur</name>
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              <text>CIRDOC - Institut occitan de cultura</text>
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      <name>Era Bouts dera mountanho</name>
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