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                  <text>ESCOLO

DERAS

PIRENÉOS

(COUMÉNGES, QUATE-BATS, NEBOUZAN, COUSERANS, HAUTO-GAROUNO)

ERA BOUTS
DERA

MOUNTANHO
IL LUSTRADO

QUE PARÉGH ET 15 DE CADO MÉS

Abounomént : 3 fr. per an

SEN-GAUDÉNS
EMPRIMARIO

E LIBRARIO AEA DIE
1913

�SOUMARI
Pages

Í. — Jean Baffier, ou l'Idée felibréenne dans les Pays de
Langue d'Oil, B. SARRIEU
II. — La Muse Gascouns, POYDENOT
III. — Au « Lotus », nòste brabe can, MMO Th.-P. BURGALAT

IV. —
V. —
VI. —
VII. —
VIII. —
IX. —
X. —
XI. —
XII. —
XIII. —

DE

LlBERTAT

César è Bercingetourits, A. ANGLADE
Cruèle, L. ARRIX
Calinó dera Bat d'Auro, « SÜDÒNO D'ASPÍ »
Era Bat de Lis (dap musico), B. SARRIÉU
Era Val d'Arán, J. CONDÓ
L'Angelus (dap musico), H. DAMBIELLE
Et Pa dur, L. DE BARDIES
L'Orne que parlée tout mort, « BLAS »
La Cigaló e la bounou Hourmigo, Louise MARROT. ...
L'Escrilh de la Sauméto (dap musico è imadje),

A. GERVAIL
XIV. — Uno Maitinado d'estiu mountanhòlo, L. LAZERGES. ...
XV. — Noubèles (Aquéste N° ; Avis importants ; Nauèts
Counfrais ; Academió des Jòcs Flouraus ; Era Sénto
Stélo d'A is ; Mantenénço de Gascounho ; Coungrès
de Perigus ; Era nòsto hèsto d'erçgûan), B. S

61
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83
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RÈGLES PRINCIPALES DE L'ORTHOGRAPHE GASCONNE
En règle générale, on écrit comme on prononce, et les lettres ont la
même valeur qu'en français.
On prononce j et ch comme en français ; on écrit dz pour dz, dj pour
dj, ts pour ts, et tch pour tch.
On représente 1 et n mouillées par Ih et nh (balhd, mountanho).
On peut noter n une n gutturale possédée par le gascon {cari, téwgue).
Jamais t n'a le son de s ; on écrit alenciourj, etc.
Les diphtongues monosyllabiques formées par i, ou, et u devenus
semi-consonnes, c.-à.-d. valant y, ü et II, peuvent s'écrire ainsi ;
e
I ai, èi, ei, iy, òi, oi, oui, uy (ou bien ay, èy, ey, etc., mais nécessairement iy etuy) ; il ne faut pas écrire aï, èï, etc.
Et ia, iè, ie, yi, io, io, iou, yu (au début d'un mot, ou d'une syllabe
bien détachée, on peut mettreya, yé, etc., mais nécessairement yi, et yu,
2° au, eu, iu, òu, oü, ouü, uü (le signe w, avec un accent courbe,
n'est indispensable qu'après o, ou et u) ; il ne faut pas écrire aou, èou, ni
au, èii, etc.
Et ùa, wè, üe, ui, üò, üo, üou, üu, (le signe ü n'est indispensable
qu'à l'initiale, après une consonne, et entre deux voyelles devant u).
3° lia, lie, lie, lii, etc. (le signe li, très lisible, évite de donner deux
valeurs au signe u ; on peut dès lors dire que u, précédant ou suivant une
autre voyelle, a toujours, sauf après q, et dans gue, gui, le son ou).
Le tréma est réservé pour indiquer que Pi et Pu qu'il surmonte se prononcent à part, avec le son qui leur est propre (bïoulént, countiniia).
Tous les autres caractères ont à peu près même valeur qu'en français.
L'accent grave indique que la voyelle est ouverte ; Vaigu, qu'elle est
tonique.

�C.I.D.Q.
86ZIERS

ERA BOUTS DELIA MOUNTANHO
9mo ANNADO :

1913.

s
N° 4,5,6 : ABRIÉU-MAI-JUNH

«

Toustém Gascous ! »

A PROPOS DE JEAN BAFFIER
ou L'IDÉE FÉLIBRÉENNE DANS LES PAYS DE LANGUE D'OÏL

Il n'est sans doute pas encore trop tard pour revenir sur les grandes
journées régionalistes de Bourges des 15, 16 et 17 septembre 1911, à
l'occasion desquelles nous adressâmes à Jean Baffier, qui en fut l'âme, le
salut fraternel de l'Escolo deras Pirenéos, et où l'on vit « le cortège des
Provinces de Ganle » se dérouler (le 17) dans les rues et sur les places
de la capitale de Berry, « redevenue, pour trois jours, capitale des pays
de Gaule, comme elle le fut autrefois ». Il n'est point trop tard : l'éminent sculpteur berrichon fait paraître trois petits volumes1 qui relatent,
— non sans quelque amertume parfois, en face de l'incompréhension ou
du mauvais vouloir de quelques-uns à cette occasion, — cette manifestation mémorable et malgré tout triomphaste.
Nous ne pouvons ici, faute de place, suivre dans le détail tout ce que
nous dit Jean Baffier. Mais nous devons lui accorder sans marchander le
témoignage de notre profonde admiration. Si le titre de Felibre peut être
donné à un homme de langue d'oïl, Jean Baffier est, pour sa région, l'un
des Félibres les plus conscients qui existent.
L'Idée Félibréenne, — qui est le patriotisme complet ou si l'on veut le
régionalisme intégral — ne sépare point ces six éléments : la terre, la
race, la langue, les usages, la prospérité matérielle et le progrès moral.
Celui qui méprise ou dédaigne l'un de ces termes n'est point vraiment
Félibre. Jean Baffier les comprend tous, leur donne à tous une expression vive, originale, saisissante, les embrasse tous avec amour. C'est
pour cet idéal qu'il a réalisé ses fêtes de Bourges : « Ce n'est », nous
dit-il, « ni par plaisir, ni par caprice, ni par gloriole, encore moins par
coup de tète que j'ai pris en main cette tâche énorme, puisque c'était un
projet réfléchi, mûri et étudié depuis plus de vingt ans. C'est par
devoir social vraiment.., un devoir impérieux que me commandait ma
conscience de paysan berrichon froissé, indigné contre un ordre de choses
inharmonique, je veux dire contraire aux destinées naturelles de mon
pays ». Il y a en effet, dit-il encore, entre la terre et les hommes, une
«foi d'harmonie », qu'il est nécessaire de bien entendre, si l'on veut corn1. Ils forment les

No. 1,'2 el 3 de la 5° série (xxvi« Anné..-) de la

Itevue périodique

&gt; Le Réveil de la liaule ■ . Les N°* 1 el 2 ont paru, le 3» est sous pre-se el formera le
Livre d'Or des fêles de Bouiges. C'est d'après le N° 2, contenant deux pallies ( o LtUrt
ouverte à Monseigneur Chatelus, h'êquc de Nevers » et ■ Adresse à mes compatriotes Bariolions •) que nous avons écrit cet article. — J" arrecèbe es H boulumes, manda à M. Jean
Baflier,
dinés.

i

bis. Rue Lebouis, Paris (xiv) era soumo de 5 fr. : nou boulet fas arregrela 's bò.ti

�62
battre le dépeuplement des campagnes, la ruine du sol, la perte de tout
caractère personnel par nos populations françaises, bref si l'on veut conserver ou rendre à la patrie et à la nation entière leur prospérité et leur
« intégrité morale ». On n'y arrivera qu'en remettant en honneur nos
arts locaux, nos usages, nos costumes, notre langue locale. Hélas ! ces
institutions, u fondements de notre nationalité », sauvegarde de notre
intégrité, sont aujourd'hui méconnus chez nous, et remplacées par des
lois arbitraires étrangères à la nature des êtres et des choses de notre
pays, donc inharmoniques, et destinées à l'exploitation mercantile de
notre terre, à la mise en esclavage de notre race... » Il faut réagir, sauver
notre patrimoine matériel et moral, et ainsi nous sauver nous-mêmes.
Tel est le principe ; entrons dans le détail, examinons ce que Jean
Baffier nous dit des six éléments que nous avons indiqués ci-dessus.
Tâche un peu difficile, car il ne nous les présente pas un à un, son génie
éminemment synthétique s'entendant à merveille pour faire arriver à la
fois toutes ces idées voisines, remuer à la fois tous ces sentiments naturellement apparentés ' ; mais tache profitable, d'où nous pourrons retirer,
pour notre œuvre félibréenne, d'utiles leçons.
* #
Tout d'abord, on méconnaît la réalité de la région, on en trace arbitrairement les limites. Jadis, on l'écartela entre plusieurs départements;
divers projets nouveaux, quoique régionalistes, ne sont pas plus raisonnables. Le Berry (Cher et Indre), le Bourbonnais et le Nivernais, voilà
une région naturelle, centre naturel de la France, dont-Orléans est « le
glorieux boulevard, l'indéfectible bouclier » (comme du reste de toute la
Gaule méridionale), mais sans en faire partie, ni en être la tète2, dont
Nevers et Bourges surtout sont les villes capitales et qui se tient bien.
D'autres provinces de France, dirons-nous pour notre part, sont aussi
bien dessinées que le Centre, quoique méconnues dans leur véritable
structure: telles la Provence, dont les deux pôles sont à Avignon et à
Nice et qui remonte jusqu'aux confins de l'Isère, où seulement commence
le « franco-provençal » 3 ; le Languedoc, suspendu à Montpellier et à
Toulouse et sur lequel descendent naturellement Bouergue et Quercy ; la
Gascogne, immense éventail dont les branches rayonnent vers Foix,
Muret, Agen, Bazas, Mont-de-Marsan et Bayonne, que complète naturellement le triangle de la Grande Lande, et que la Garonne encercle à
peu près et amène à Bordeaux. Car Bordeaux fut gascon 4, et l'est encore,
1. Ex. p. Il, pages 46-51, etc. du volume N« 2.
2. A notre avis, c'est au bassin parisien qu'Orléans se rattacherait le mieux.
3. Voir une intéressante discussion à cet égard dans les derniers N« de Vivo tromèntp
cnlre M. '.ionjal el notre confrère M. R. Lizop.
i. A l'époque gauloise, Bordeaux fBurdigala) appartenait précisément à des Bituriges
(Bituriges Vibisci), seule peuplade celtique,

nous disent les anciens, établie sur la rive

�63
et s'il plait à Dieu nous le reprendrons pour la Gascogne : c'est à cette
condition, croyons-nous, qu'il retrouvera un génie original, moins exclusivement mercantile, une àme en somme, et qu'il pourra rivaliser avec
Toulouse comme ville d'art, capable de donner des directions intellectuelles et morales. Mais il ne saurait être la capitale de la Gascogne
(pourquoi d'ailleurs tant chercher des capitales aux provinces naturelles?...) : comme Marseille pour la Provence, comme Nantes pour la
Bretagne, il ne peut-être qu'une grande cité libre, ouvrant à la Gascogne,
d'abord (et aussi, mais moins, au Périgord, au Limousin, aux Charentes),
une fenêtre sur l'Univers, prenant par suite un caractère nécessairement
interprovincial, national et même international, quoique foncièrement
gascon malgré tout. Les villes maîtresses de la Gascogne, ce furent
depuis longtemps et ce sont encore Auch et Pau : dualisme fécond, dont
l'analogue se retrouve ailleurs, mais dont on ne saurait prendre prétexte
pour écarteler notre patrie gasconne entre Toulouse et Bordeaux, ou la
réduire au bassin de l'Adour. La Gascogne intégrale va jusqu'à l'Ariège
et à fa Garonne. Il ne faut point songer non plus à y séparer les pays de
montagne des pays de plaine
Géographiquement, les premiers tiennent
les seconds sous leur dépendance : toute la Gascogne dépend des Pyrénées"-; politiquement et socialement, les premiers, malgré leur originalité
supérieure, se rendent naturellement aux seconds et se rangent sous leur
drapeau.
Ainsi, nos grandes provinces ont d'abord, matériellement, leur physionomie spéciale ; elles ont leurs fleuves, leurs montagnes, leur terre, leurs
arbres, même leur mer. A la Provence, l'olivier et la Côte d'Azur ;
au Languedoc, la vigne, et les lagunes entre la Tet et le Bhône ; à la
Gascogne, les crêtes neigeuses et les torrents, les pelouses et les pins,
le mystère des hètraies et des sapinières, les vallées demi-closes ou les
collines sans fin, la Côte d'Argent et la pointe profonde que l'Océan
pousse vers Cap-Breton. Au Berry, nous dit Jean Baffier, les bouchures3
verdoyantes garnies de têteaux*, les étangs, les n'ois5 et les eaux cougnudie de la G.ironne (avec peut-être des Boiens dans le pays de Uucli et d'Andernos).
L'Aquitaine primitive, qui se. trouvait là,

portait d'abord,

selon

Pline, le nom celtique

A'Armorique (= près de la mer), dont Aquitaine (Ai aqna, eau) n'est qu'une traduction
approximative. Mais le fond de la population nvnil dû reslcr « gascon » (pour employer
ce mot avant l'heure) dans les campagnes environnantes, comme dans une grande partie
du territoire île la Civilas Tolosa, où s'étaient élabli les Voleœ Teclosages. En òulre, les
• Gascons » ont pu redescendre sur Bordeaux, comme sur Toulouse. Voilà sans doute
pourquoi le dialecte gascon arrive aux portes de Toulouse, et pourquoi il a été au moyenàgc la langue de Bordeaux, comme il est cncoie celle de la majeure partie du département de la Gironde. Il y a eu

dans l'histoire de Bordeaux [voir Ju'lian, ■ Histoire de

Bordeaux ») une période ne.lcment gasconne, et aujourd'hui une nombreuse immigration
gasconne _ trop aux dépens de nos campagnes — y renouvelle sans cesse J'élcm. ni gascon.
1. Voir les intéressants articles de MM. Etienne el l'abbé Méâan, déjà signalés ici."
'2. D'après Vidal de la Blache, « Tableau géographique de In France &gt;.
». Haies.
4. Chênes étêlés régulièrement (appelés têtards dans l'Ouest).
5. Patits ruisseaux.

�64
rantes. Par ces traits originaux, chacune de ces terres, de ces Patries,
façonne la race qui l'habile. Heureuse celle ci, si elle sait s'en incorporer
les vertus ! « Il faut toujours redire que les grands faits de notre histoire
comme les grands monuments issus de notre génie national ont été
impressionnés, conçus et nourris par les vertus créatrices de notre belle
Terre ». Et c'est de là que sont sortis « les géants et les saints ».

Il y a en effet une vertu qui monte du sol et se communique à la race
qui l'habite depuis plusieurs millénaires. Cette race, chez nous, c'est
essentiellement la race celtique, en prenant ce mot dans un sens un peu
large, mais réel ', constituant essentiellement, avant la conquête romaine
(malgré quelques Ilots différents, comme en Béarn et en Périgord2, et
quelques mélanges avec des Vascons, des Ibères et des Ligures dans le
midi et des Germains dans le nord), nos populations gauloises, qui sont
demeurées le fond de notre nation française, qui lui ont transmis leurs
qualités et leur valeur. Les Bituriges en particulier, établis alors d'ailleurs
en Germanie3, furent à un certain moment, avec Ambigat et ses fils, la
peuplade gauloise dirigeante; ils gardèrent en Gaule leur personnalité,
du moins dans le Centre
où ils se fixèrent comme providentiellement.
De même, 1' « Aquitaine » de César, plus tard la confédération des
« Novem Populi », portés bientôt à douze, de race essentiellement celtibérienne, ou celto-basque, voilà le fondement persistant de notre nationalité
gasconne. Et voilà pourquoi Jean Baffier a fondé la société des « Gais du
Berry », ou Gaulois du Pays Biturige, et pourquoi nous pouvons et
devons, nous, en remontant dans le passé comme en descendant vers
l'avenir, nous dire, de fait comme de volonté, « toustèm Gascous ».
Là et ici, il y a en effet une population demeurée foncièrement ellemême, liée séculairement à sa terre et en tirant sa force. Et 1' « on ne
peut avoir le moindre doute sur l'intérêt supérieur qu'il y a pour une
nation, pour un pays, à tenir une population sédentaire, consciente de
ses devoirs comme de ses droits, attachée solidement au sol et pénétrée
de sa haute mission sociale et de sa destinée ». « Courir pour courir...,
mal détestable et fort dangereux à l'état de doctrine collective. Pour faire
un livre bu planier un chou, l'homme a besoin de s'arrêter... Le pays où
l'on demeure prend tout de suite de l'intérêt ; au fur et à mesure que l'on
se racine sur un territoire, il s'anime de mille attraits, se peuple de mille
êtres et choses totalement inaperçus par le voyageur passant en train
1. Pour plus de précision, on nous excusera de renvoyer à une série d'articles parus
sons le titre de « Pays celtiques et Pays slaves . dans VEtendard celtique el dans la Poétique.
2. Voy. les travaux de MM. Carlailhac et Collignon.
3. Les Germains étaient alors les sujets des Gaulois, d'où la présence d'un grand nombre de noms celtiques de titres et de dignilés dans les langues germaniques.

4.

Voy. ci-dessus

la note

sur

le peuplement

de Bordeaux.

�rapide, en automobile ou en aéroplane », et il fait ainsi l'éducation de ses
enfants, il les attache à lui et les unit entre eux.
Il'leur donne un savoir et une valeur non méprisables et leur inspire
des sentiments profonds, qu'une vie collective intense développe encore.
Ici Jean Baffier s'élève avec énergie contre le préjugé qui attribue à nos
ruraux niaiserie, grossièreté, insociabilité. « Si par hasard un auteur
dramatique fait dire des choses bien à un homme du pays, un paysan,
il se croit obligé de le déguiser en ivrogne ou en simple d'esprit, en
inconscient. Le héros d'une pièce à succès doit être un champi, un chemineau, un nomade quelconque, un alcoolique qui connaît tout, qui sait
tout des choses de la Nature et du Monde de chez nous, tandis que nous
autres paysans nous sornmes des ignares, des balourds, des brutes inca
pables de comprendre rien de rien à tout ce qui nous environe. Il y a là
une erreur ou une calomnie voulue, peut-être un calcul, qu'il n'est que
temps de redresser. »
Certes, « nous avons perdu pied », nous sommes un peu dévoyés, nous
les gens du pays, parce que nous avons oublié, abandonné, renié et notre
terre et nous-mêmes ; mais nous restons capables d'être émus devant les
beautés de notre terroir. « Là où le nomade cosmopolite industrialiste ne
voit que motif d'exploitation mercantile, nous autres nous rêvons aménagement, embellissement... Nous ne croyons pas qu'il soit utile de monter à
quatre mille pieds en l'air pour entrer en relations avec Dieu. La divinité
nous enveloppe, nous pénètre. Nous ne sentons point la nécessité d'aller
vite et d'aller loin puisque l'univers est toujours devant nous aussi bien
en contemplant les braises vives de notre foyer que dans nos chemins
creux ombragés ou sur le faîte dénudé de nos collines... » Dans ce qui
jour et nuit nous entoure, nous sentons quelque chose de sacré.
Et dans ce culte nous nous unissons, nous communions ; fils du même
sol qui nous a fait la même âme, nous nous sentons frères, et nous avons
su développer entre nous des institutions de fraternité. Déjà « la Gaule
celtique apparaît comme type de la vie corporative par excellence, et la
Gaule française des communes franches et des corporations autonomes,
par ses monuments, atteste une vie paysanne collective intense dans nos
villes et nos bourgs. Les travaux en commun de nos campagnes, les
assemblées d'été et les spectacles dans les bois, les champs, les prés, les
vignes et les chemins, les assemblées et réunions aux églises, maisons
communes, pour les messes et vêpres du dimanche, les fêtes et cérémonies de confréries, en semaine, les veillées d'hiver autour de la grande
cheminée flambante, les fêtes publiques et les cérémonies familiales », très
en honneur encore il y a cinquante ans, en sont encore la preuve. Bonne
chose que cette vie en commun, demandant et développant bon cœur.
Chacun, en y prenant part, — en Gascogne comme en Berry, — avait le
sentiment d'y exercer une véritable fonction sociale.
#*#

Cette communion avec la nature, et cette vie collective qui la complète

�60
marquent donc l'âme du « paysan » d'une empreinte ineffaçable. C'est
leur synthèse que ces souvenirs vivaces, remontant à nos premières
années, de mille objets, bruits, faits, gestes, êtres et choses qui « demeu:
rent gravés en notre mémoire, attachés à nos fibres, et nous les retrouvons présents à notre pensée, nous les ressentons à chaque instant de
notre vie pour adoucir nos peines, endormir nos souffrances, ranimer
notre courage abattu, rallumer notre foi menacée par l'éteignoir... Tous
ces récits merveilleux, ces épopées géantesques, ces contes savoureux,
ces dictons et ces proverbes pleins de vaillance, de bon sens, et pétillants
d'esprit sain, ces préceptes de morale et d'esthétique qui se produisent à
tout instant, à tous ouvrages des champs, des prés, des vignes et des
bois, aux assemblées publiques et privées, aux fêtes de la rue, de la maison, toutes ces chansons qui exaltent les claires fontaines, les rivières,
les ruisseaux et les étangs, les arbres et les fleurs, les oiseaux, les animaux, les moulins à eau et les moulins à vent, les outils et les gestes qui
en dérivent, n'est-ce pas un patrimoine esthétique d'une richesse incomparable, d'une valeur inestimable?» « Rien n'était plus beau et plus
impressionnant que tous ces dictons, ces proverbes, ces prophéties, ces
contes, ces récits héroïques, ces chansons contenant les préceptes de
conservation et de glorification » de tout ce qui fait la fécondité de notre
patrie.
De toute cette sagesse, de toutes ces émotions la langue dans laquelle
elles s'expriment est inséparable. Jean Baffier mérite d'être ici grandement loué, pour l'avoir compris et senti. l\ se glorifie de son dialecte, et
il ne craint pas de le manier. C'est dans l'idiome berrichon que son père,
se promenant avec lui, après lui avoir démontré v que la corporanec
d'une ville devait cire faite en imitation des chouses de la terre et du
ciel », lui a dit « coument nos villes du Berry, du Nivarnais et du
Bourbonnais étaint bâties aux temps lointains, lointains, dans trois
cèdes qu'arpresentaint l'Iaue, la Terre et le Soulê ». La cathédrale
de Nevers, c'étaient « des géants qu'avaint taillé si finement ceus belles
pierres et maçonné d'hardiesse ceus murs si hauts ». Ces « géants
d'aulerfoés », c'était des houmes rals, rais ! grands, grands ! des fins!
des primes ! des francs ! des forts que battaint le Diâbe pour l'amour
de Dieu! Tels étaint ceus géants qu'on appelait Gargantua, Jean-del'Ours, Tord-Châgne, Tranche-Montagne, Saint-Eloi, Saint-Martin et
comben t'i d'auler »; mais d'autres depuis se sont battus autant ou
plus pour le Diable que pour le Bon Dieu... — « Transporté par l'enthousiasme du père Baffier », continue notre auteur, a je me sentis pénétré d'une très sainte et très haute ambition ; vaut tant vous dire le fin
mot : je me crus de la famille des bons géants. Pour comble de malheur,
j'eus, séance tenante, l'audace de me tracer un programme, en prenant
la folle résolution de lutter contre le Diable, pour l'amour de Dieu. Et ce
n'est pas tout, hélas ! Je formai, de plus, le présomptueux dessein de
tailler finement de belles pierres, comme le faisaient nos anciens géants,
pour traduire en relief leur goût de magnificence esthétique », mais aussi

�07
de mettre toutes ces traditions (jusque là transmises d'une manière
purement orale, à la mode druidique) en « lettres moulées », en lélres de
molle, dirait-on en gascon. Et de là sont sortis « LES GÉANTS DE CHEUS
NOUS, Récits Berrichons du Père Baffier, recuçillis par son petit
garson Jean Baffier1 » ; on pourra y lire des récits vraiment épiques,
tels que ceux qui forment2 « ce qu'on pourrait appeler la geste de Garguantua, où le géant apparaît aussi grand bâtisseur que grand mangeur
et comme une sorte de héros bienfaisant pour les petites gens... L'accent,
sinon l'affabulation, en est tout à fait rabelaisien. Le ton du récit tel que
M. Baffier l'a reproduit, la manière de conter des paysans, leurs longues
et savoureuses énumérations, leurs locutions proverbiales, tout cela
rappelle le style de Maître François. Celui-ci s'est évidemment efforcé
d'imiter la manière des conteurs populaires qu'il avait sans doute entendus souvent à la veillée, et d'écrire dans ce style parlé et traditionnel les
aventures qu'il prêtait à ses héros : c'était là une idée très nouvelle; de là
peut être le succès de son livre et la saveur qu'il a gardée pour nous ».
De là aussi le prix des Récits Berrichons de Jean Baffier.
Il est plus méritoire, ajouterons-nous, pour des Français de langue d'oïl
que pour des Français de langue d'oc de s'attacher ainsi à relever leurs
dialectes locaux. En effet, ceux-ci sont assez près du français et aussi
assez envahis par le français pour qu'on puisse prendre pour du français
mal prononcé ou déformé leurs mots et leurs locutions les plus authentiques, les plus régulièrement issus de leur sein. Et pourtant, là aussi, il
y a de l'intraduisible. Il y a un vocabulaire original, — et qui, soit dit en
passant, en ce qui concerne les idiomes de la longue bande qui va des
Charentes au Jura (Saintonge, Poitou, Berry, Bourbonnais, Pays francoprovençaux tels que le Lyonnais, le Dauphiné et la Savoie) se rapproche
beaucoup du vocabulaire de la langue d'oc, sous une phonétique plus ou
moins différente. 11 y a certains tours qui n'ont pas en français d'équivalent, et qui ont cependant quelque chose « de court, de naïf, de hardi, de
vif et de passionné3 », de gracieux, ou d'admirable. C'est que sous tout
cela il y a d'autres transmissions orales, d'autres traditions sociales, et en
somme des âmes différentes, qui là s'expriment et qui par là peuvent
s'éterniser.
Plus ou moins différentes, évidemment. Moins que s'il s'agit d'une
région du Midi, c'est certain. Baffier peut même s'applaudir de ce que
son dialecte « se peut comprendre sur tout notre territoire, même hors
frontière ». Le gascon, le languedocien, le provençal, le limousin, etc.,
sont plus originaux — et au point de vue de la région c'est une circonstance heureuse — ; en somme ils appartiennent à une autre langue, la
langue d'oc ; et même le gascon et le catalan ont pu être à leur tour
considérés comme des langues distinctes à l'égard de l'ensemble des autres
1. En préparation.
D'après la Bévue des Éludes Rabelaisiennes, 2= et 3' fascicules, p. 316.
3- Fénélon, Lettre à l'Académie.

�68
dialectes. Mais la langue d'oc reprend l'avantage à l'égard des contrées
méridionales (Espagne, Italie) où elle est bien plus aisément intelligible
que le français ; elle ressemble d'ailleurs au français à plus d'un égard:
sur plus d'un point elle va avec lui et se sépare des autres langues romanes. Nos cousins du Nord en apprendraient sans grand peine, s'ils le
voulaient bien, pour les lire, sinon pour les parler, les formes les plus
illustres. Elle pourrait même servir comme (Y esperanto entre les populations romanes. En tout cas, elle est tout aussi aborigène en France que
les idiomes du nord qui sur divers points se rapprochent du latin autant
ou plus qu'elle1 (Les langues latines — latin, osque, ombrien, etc. —
étaient du reste les plus proches parentes des langues celtiques). Et après
tout, aujourd'hui, elle est bien à nous, Gascons, Provençaux, Occitans
en général, aussi bons Français que les autres, et qui ne devons pas plus
« perdre pied » que les autres. Elle est bien nôtre, elle fait partie de
nous, avec tous les trésors d'expérience qui s'expriment par elle. Voilà
pourquoi, comme Jean Baffier fait pour sa langue, nous garderons la
nôtre, nons y resterons indéfectiblement fidèles, nous la cultiverons
dignement et avec amour.

**#
Nous resterons aussi immuablement fidèles, s'il plait à Dieu, non seulement à cette langue, héritage ancestral, tradition tutélaire, clef essentielle de notre liberté2, mais encore aux sages pratiques, aux salutaires
institutions, à la saine esthétique, aux précieux usages qu'elle concrétise
et qu'elle sanctionne, et qui sont comme elle en harmonie avec la terré
des aïeux.
Cette terre est « deux fois notre mère, d'abord parce que nous sommes
nés d'elle, ensuite parce qu'elle nourrit notre corps, et, au spirituel,
donne naissance et demeurance aux divinités qui pénètrent notre âme de
la sainte émotion esthétique ». « C'est la douceur et température de
l'air )) du Berry, disait au xvie siècle Jehan Chaumeau, « qui rend les
hommes de ceste contrée forts, alègres » ; c'est, ajoutait le père Baffier,
« la douceur et la finesse de fair de nouter pays, ainsi que les iaucs
claires de nos fontaines que dounont la regardure si belle aux filles de
cheus nous, que sont arnoumèes dans toute la France pour leus beaux
yeux » ; mais c'est surtout ce qui leur donne aux uns et aux autres (à
ceux du moins qui ne sont pas des déracinés dans leur propre pays1) un
sentiment profond de la beauté, qui se révèle dans leurs œuvres et
dans leurs démarches.
Bourges, par ses tendances artistiques, est héritière directe du génie
t. Ainsi le français fer (ferrum), farine (farina),

ÎVBIY

(vmire), reprendre (rcpiehcndcre),

combe (* cumhn), belle (bella), val (valíem), partir (parlire), etc
le gascon lier, harii, béiigue, arrepréne,
certes plus d'exemples inverses.
2. Mistral.

esl plus prés du latin que

coumo, bèro, ba ch, parti,

etc., quoiqu'il y ail

�69
gallo-français.

C'est ce génie,

développé au

milieu

des « monuments

naturels » de la terre de France, inspiré par eux, qui enfanta au moyenâge cette architecture improprement dénommée gothique, à laquelle le
nom de celto-franque conviendrait bien mieux, (&lt; gloire du monde occidental depuis la grande époque celto hellénique ou italique ».

C'est

lui

qui a ouvré « les plus beaux joyaux qui ornent la couronne glorieuse de
l'Église Chrétienne ». Bourges eut jadis « soixante-huit clochers, superbes fleurons sertis autour de Saint-Etienne »,

plantée « comme un chef

commandant » au milieu d'elles. « Quantité de villes et de bourgs disparus, bon
ment

nombre qui existent encore,

conçues

dans l'ordre

témoignent de formes admirable-

harmonique...

Nos

villes

secondes,

nos

bourgs et nos hameaux étaient bâtis dans le sens esthétique conforme à
la nature des êtres et des choses de chez nous. »
Or, ajoute Jean Baffier (et Ch. Beauquier parle de môme), des usages
locaux les plus caractéristiques, notamment des danses et de la musique
locales, telles que les jeunes paysans de la Vallée Noire, en costumes du
pays, et les sonneurs de vielle du Bas-Berry les manifestèrent, se dégage
une impression tout à fait semblable, comparable à celle que donne l'art
gallo-français de la plus belle époque, et même aux plus beaux gestes de
l'antiquité assyrienne et égyptienne ou delà Grèce d'Egine : «C'est la
splendeur sereine, donnée par des lignes simples, bloquant le sujet dans
une expression convergente à un centre et par un rythme

mesuré, en

évitant les pointes de l'art grec de l'époque du Laocoon ou de l'art flamboyant. »
Et d'abord les danses locales, en costume

local : « Parées avec une

simplicité toute archaïque; d'une décence, d'une noblesse de ligne adorables, coiffées divinement de cette

belle coiffe

carrée de La Châtre, si

caractérisée et si bien ordonnée dans ses rapports de proportion, nos
jeunes filles de la Vallée Noire, toutes de blanc habillées, étaient vraiment
dignes d'être admirées, et elles furent admirées. Oh ! ces gestes, d'une
grâce retenue, ces attitudes pudiques, d'un naturel si charmant! Quelle
évocation des

mœurs nobles,

douces et pures, et des

grandes œuvres

qui furent accomplies chez nous !... Si vous aviez vu ces jeunes filles de
notre Bas-Berry, vous les auriez prises pour les modèles inspirateurs des
statues taillées dans

nos fines

pierres de Charly,

d'Apremont ou de

Nevers, par les mains géniales de nos plus illustres tailleurs d'images... »
Ainsi encore à Sancoins, en 1891, lors des fêtes berrichonnes du Blé,
qu'Armand Silvestre avait pu comparer aux panathénées.
De même, qui ne connaît la bourrée, « notre belle danse classique que
les neveux du grand Ambigat dansèrent au mont Gorthaine avec des gestes
héroïques de guerriers intrépides, avant de partir à la conquête de l'Italie
et de la Pannonie, six cents ans avant Jésus-Christ » ? Cette danse celtique, traditionnelle également en Limousin, Périgord, Quercy, Bouergue,
a en effet quelque chose de noble et de viril. C'est qu'il y a danse et
danse. Il faut distinguer les nôtres, — danses celtiques, danses du pays

�70
basque ou des vallées pyrénéennes, également décentes et flères 1 — d'un
« caractère religieux très marqué », d'une « expression d'art supérieur,
d'avec les immorales et laides, venues de l'étranger ».
La musique, d'ailleurs, en est tout autre. Cornemuses et vielles ne
sont pas des instruments du diable. Les maîtres-sonneurs de l'Indre
à l'Exposition de 1889, firent sensation. A l'Hôtel-de-Ville de Paris,
en 1898, pour la fête des Beaux-Arts, les Berrichons, faisant autre choie
que ce qui se fait à l'Opéra ou à la Comédie française, eurent un énorme
succès. Leurs dames portaient très bien leurs jolis costumes, « nos
rayonnantes coiffes berrichonnes et seyants chapeaux bourbonnais...
J'avais », continue Jean Baffier « mon costume berriaud, et nous avons,
dame Latour et moi, dansé le branle et la bourrée qui furent joués supérieurement par MM. Abel Turigny et Dubanc »... « Puvis de Chavannes
fut ravi d'avoir vu une démonstration d'art qu'il ne soupçonnait pas et
qu'il trouvait de premier ordre ». Il ressort de tout cela, de l'avis de
maîtres éminents, « qu'avec de l'étude et de l'entente on peut arriver à
exprimer un art vraiment supérieur avec les éléments esthétiques de notre
pays berrichon, sauves si péniblement du rouleau cosmopolite niveleur,
uniformiste, exploiteur et destructeur de notre intégrité territoriale et
morale ».
Autant en dirons nous — Jean Baffier nous le permettra — de ce qui
nous reste, à nous aussi, Gascons et Pyrénéens, du Pays Basque à
l'Ariège, de nos traditions, de nos usages, de nos beaux costumes, de nos
jeux locaux, de nos danses anciennes, de nos fêtes civiles ou sacrées, que
nous voulons également sauver, ou, venant de disparaître à peine, ressusciter.

***

'H

Nous nous associerons aussi pleinement aux remarques d'une vérité
profonde par lesquelles Balfier établit un lien intime entre la fidélité à
ces traditions précieuses et le progrès matériel et moral de nos régions.
Il dénonce, en effet, avec une vigueur extraordinaire, l'exploitation
égoïste, mercantile, par des nomades, de notre terre; il montre qu'elle la
conduit à la ruine ; il lui oppose l'entretien et l'embellissement généreux,
selon la loi d'harmonie et dans l'intérêt de tous, par les fils conscients du
terroir. « Nos maîtres tout-puissants, encouragés par des engouements
frivoles, des intérêts matérialistes détestables,... semblent avoir pris à
tache de déménager notre planète entière... Ce système d'exploitation
irréfléchie nous prépare les pires déconvenues ». On massacre ces « monuments naturels, œuvre de Dieu », que sont « nos montagnes, nos
plaines, nos champs, nos prés, nos chemins, nos bois, nos vignes, nos
jardins... » « Rien de plus important », cependant, « en fait de monu1. Voir, dans « La Tradition au Pays Basque », VAwmscu, VEspaia Dantza, etc. On connaît
aussi les danses ossaloises, belhmalaises, etc. Voir Era Bouts dera Mountanho, 1907, p. 66,
227, 230, et 1943, p. 183, 1. 16-19.

�71
ments, qu'une source, un étang, un ruisseau, une rivière, un fleuve. Nos
futaies, nos grands taillis, nos arbres à fruits, nos haies », s int « des
édifices de Dieu d'une valeur inestimable, d'un intérêt incalculable, que
nous devons soigner, entretenir avec précieuseté comme on entretient un
meuble riche », de belle matière et de noble style.
On devrait donc se mettre à l'école et à l'unisson de la nature ; or on
fait tout le contraire. Nos grands savants prétendent « vaincre la nature,
notre source de vie, pour nous montrer la puissance du surhomme. Ils
volent dans les airs comme l'oiseau, ils nagent au fond de la mer comme
les poissons, ce qui leur permet de conclure victorieusement que Dieu
n'existe pas » ; et après avoir rayé Dieu, ils « parlent de supprimer la
terre pour démontrer l'expansion cemplète du progrès scientifique qui
est de nous transporter dans les nuées à demeure ».
Et ils la suppriment en effet. Ils proclament le sabotage doctrine de
rédemption sociale. Ils adorent le veau d'or, mais ne respectent plus rien,
et tendent ainsi à saccager et à « démeubler complètement la terre ».
« Chaque fois que nous nous plaignons de voir l'harmonie de notre sol
profanée par des exploitations dévastatrices, on nous répond invariablement : la terre reste f — Eh non ! Elle ne reste pas, la terre! Pour s'en
convaincre on n'a qu'à voir et méditer un tant soit peu sur les monuments
de Tymgad dont les ruines imposantes se détachent sur un immense
désert africain. Les anciens palais des princes de Hira, trois fois grands
comme nos cathédrales et apparaissant au milieu des vastes plaines désolées de la Méspotamie, où croissent quelques herbes au moment des
pluies, ne sont-ils pas des témoins irrécusables qu'une terre démeublée
ne se remeuble pas? Tout près de nous, ne voit-on pas l'Espagne, autrefois fertile, aujourd'hui aride? Et la Grèce, qui fut un jardin de délices,
n'est-elle pas, à cette heure, ràclée, dépouillée de son humus à tout
jamais? L'Italie, terre féconde, se dénude. Nos magnifiques provinces
méridionales se démeublent à vue d'oeil, et notre Massif Central est en
voie de perdition. La Loire, l'Allier et le Cher, privés de soins depuis
qu'on a interrompu la navigation sur ces splendides cours d'eau, sont en
grand danger de stérilité. Ces artères admirables qui furent autrefois la
richesse de nos pays du Centre des Gaules, ne seront plus, dans un délai
prochain, que des torrents désordonnés l'hiver et desséchés l'été ». En
les déclassant au profit de canaux tracés contre tout bon sens, on a tué
le mouvement, la vie et les arts dans les Provinces Centrales, pourtant
ancien pays des Bituriges et des Eduens, célèbres par leurs multiples
industries dès l'époque de Tarquin l'Ancien. C'est qu' « une route liquide
naturelle, un chemin d'iaue, porte en soi tout un ensemble d'expansions
vitales et de vibrations bienfaisantes que des chemins artificiels ne peuvent point donner, parce que l'ossature, la membrure du grand Corps de
la Terre ne supporte pas qu'on l'ampute abusivement », impunément.
Voilà comment se sont perdus Assyriens, Egyptiens, Mèdes, Perses, et
comment se perdront peut-être les pauvres Chinois, sevrés de leurs impériales traditions agricoles, jouets des illusions et des sophismes modernes.

�Voilà comment se sont perdues « la fertilité et la richesse de notre région
centrale » qui sans cela « aurait gardé son admirable expansion morale et
artistique, qui datait d'avant l'invasion romaine ». Réciproquement, d'ailleurs, « le maintien de nos arts locaux... aurait entretenu la grande et la
petite batellerie, le flottage, les moulins à eau, les hauts fourneaux sur
nos étangs, nos petites et grandes rivières ». Les campagnes demeurées
belles, saines, vivantes, prospères, agréables, ne se seraient pas dépeuplées
au profit des villes. Bourges n'aurait pas cessé de se reconnaître dans son
ancienne dénomination — (Avaricum, « riche par les eaux »), — au lieu
que si l'on continue dans la voie actuelle, notre terre ne sera plus bientôt qu'un immense désert « à perde de vue ».
Hélas ! Dans nos Pyrénées aussi nous n'avons vu et nous ne voyons
encore que trop d'exemples de l'industrialisation à outrance de « ces
sources de bien-être moral d'où vin^it la joie de vivre, le repos de l'âme
humaine, qui retrempaient, dans le calme des campagnes, les familles
dégénérées- daus les villes tumultueuses » ! Nos hauts cours d'eau, jadis
bien flottables (telles la Neste 1 et la Garonne) ne sont plus guère utilisés. Nos forêts sont dévastées, nos vallons délaissés, et la terre féconde,
jadis maintenue a vec soin par de petits murs sur les pentes les plus
raides 2, s'écroule et s'en va à la mer. De grands ravins prennent la
place des buissons et des pelouses. Le péril s'est montré si imminent
qu'il a fallu entreprendre pour y parer toute une campagne, avec congrès, réclame, publications spéciales3, etc. (œuvre à laquelle notre
Escolo pour sa petite part s'est associée1). On gâte nos plus beaux
sites par des gratte-ciel ou des bonbonnières modern-style ou art nouveau, que i-esldn bèlch coume iou leganho at miéi det güélh; on croit
avoir tout fait quand on a éventré un pré ou martelé uu rocher pour y
faire passer un rail ou un funiculaire. Sans qu'il faille maudire à
priori toutes ces exploitations, que Dieu nous en épargne la trop grande
multiplication dans nos Pyrénées virginales, et nous conserve les pelouses, les hêtraies et les sapinières, les sources d'eau vive et les libres
torrents !...
Celui qui est du pays traite autrement sa terre ; il n'exploite pas le
sol « en nomade et d'une matière absolutiste », en cupide qui abat,
arrache et emporte tout, « mais il aménage et soigne ses biens en bon
père de famille pour l'avenir de ses enfants, deses petits enfants, conséquemment pour l'harmonie et la conservation de notre bien foncier territorial ». Il comprend son devoir, et s'en acquitte avec amour et avec art.
On parle beaucoup de solidarité aujourd'hui ; pourquoi donc « cet article
544, accapareur, arbitraire, matérialiste du Code Civil attribuant au
propriétaire la jouissance absolue d'un bien dont il ne peut être en droit
1. Voy. p. ex. le conte de M. Pobbè Marsan, «
Mounlanho, 1908, p. 134).

U

beròy alrèl d'Aurés (Era Bouts der»

2. Comparez /, Sacaze, &gt; Histoire Ancienne de I.ucbon », p. 3 et 4.
3. Manuel de l'Arbre et de l'Eau, publié par la Société Ramond.
4. Voy. Era Bouts dera Mountanho de 1910, p. 1 et suiv. (Libe d'Or de 1909, Pouesio).

�73
naturel qu'usufruitier, puisqu'il meurt, lui et sa postérité, tôt ou tard?
Pour qu'un territoire demeure meublé harmoniquement, ne faut-il pas
qu'un bien dépende d'un autre bien ? En droit naturel, les êtres et les
choses sont nécessairement solidaires, sur toute l'étendue de la planète,
à plus forte raison dans les limites de zones régionales, où se développe
une nation qui représente une famille agrandie. La conservation de
notre patrimoine ne peut-être, en dehors de cette loi primordiale. » Chaque
terre, chaque domaine, en pleins champs, comme « chaque maison familiale, bâtie aj coin ou en bordure des rues, selon notre génie naturel »,
doit être « un objet d'art d'utilité publique, comme doit être toute véritable œuvre d'art ». Aussi faut-il blâmer ces rois qui s'écriaient « Après
nous le déluge » ; ces nobles terriens qui abandonnaient leur pays, cessant d'être bons ménagiers de leurs biens, et en vinrent « à abandonner
leurs commandements, croyant renoncer à des privilèges » ; de même
enfin, « nos bourgeois industriels et doctes hommes modernes, ayant
chaussé les petits souliers de nos anciens seigneurs courtisans », qui
« abandonnent eux aussi, en général, leurs terres, leurs châteaux, manoirs, métairies et petits lieux champêtres, pour aller vivre dans les villes
tumultueuses et désordonnées » : en attendant, leurs régisseurs les
grugent, leurs domaines passent entre les mains de marchands d'argent
ou de marchands de biens, et le patrimoine national est souillé, profané et
saccagé. — Au contraire, il faut louer ces souverains d'autrefois, tels
les ducs de Berry, ou les rois de France antérieurs aux monarques romanisés que nous avons subis de François Ier à Louis XVI, qui ne
craignaient point, dans les cortèges officiels de la république, de figurer
à leur rang, ni de montrer à leurs visiteurs princiers comment tout
chez eux, de leurs châteaux à leur vaisselle et à leur chapeau, était « fort
bel el ouvré léaument », à la mode de chez nous : il faut féliciter, glorifier ces riches hommes qui, aujourd'hui encore, comprenant, comme le
dit Le Play, que la richesse est une fonction sociale, dont on a le devoir
de s'acquitter pour le mieux, « aiment à embellir leurs demeures, leurs
villes, leurs bourgs selon le sens esthétique inhérent à notre morale
native, en se plaisant à soigner les biens dont ils sont les gérants
usufruitiers, d'après le noble droit français contenant les principes et
préceptes d'aménagemant harmoniques de notre belle Terre dont le fonds
n'est à nul homme hormis à Dieu » ; ceux qui voient aussi que l'agriculture ne peut être une industrie mercantile, « mais un art, le plus
précieux, le plus religieux de tous les arts, parce qu'il touche à notre
source de vie et qu'il est le creuset où se refondent notre sensibilité,
notre jugement », et qui la traitent en conséquence ; ceux en un mot qui,
d'après ces principes, comprennent que « leur intérêt bien entendu est
d'encourager et de favoriser nos arts locaux, en faisant travailler lee artisans de nos bourgs » tant à l'aménagement des habitations qu'à la
« conservation de nos monuments naturels. Ainsi, ils rendront la vie
possible aux artisans des champs, des prés, des vignes et des bois, dont
ils arrêteront l'émigration aux grandes villes et aux grandes usines. Et

�74
ce socialisme vraiment pratique fera cesser notre décadence physique
et morale, ainsi que la lutte des classes », et remettra l'ordre et la paix
dans la nation.
•

Car, en agissant ainsi, — et c'est le sixième point — on ne rendra pas
seulement la vie et la prospérité à nos campagnes et à nos provinces,
mais on travaillera efficacement au progrès moral de notre pays, on y
favorisera le retour « des géants et des saints ».
On rendra d'abord au travailleur, avec l'aisance, le sentiment de sa
dignité. Cette dignité fut déjà bien sentie et merveilleusement rendue par
nos ancêtres gaulois. Les stèles de métiers, récemment découvertes à
Saint-Ambroix — et dont Jean Baffier nous permettra de rapprocher, du
moins pour l'esprit, certains monuments funéraires commingeois 1 —
nous le prouvent d'une manière incontestable : « L'homme au goyard,
l'homme à la seille, le potier, le tondeur de moutons ne représentent-ils
pas des pages d'une éloquence comparable à la glorieuse épopée de nos
géants redresseurs de torts » et grands bâtisseurs ? « Quel admirable exemple de force morale nous donne ce tailleur de bouchures, ce fasevx de
plessis 2 », s'appuyant fièrement de sa main gauche sur son goyard, tandis
que de la droite il porte une herminette ! Quelle sérénité et quelle dignité
contenues dans cette figure », noblement vêtue de la saie gauloise, la
blouse ou chemise ronde des paysans d'aujourd'hui ! Par delà Romains
et Grecs, « il faut remonter aux Assyriens, aux Egyptiens, pour trouver
l'équivalence de cette expression d'art, non seulement glorifiant l'ouvrier,
mais encore sanctifiant l'outil. » — Les travaux aussi avaient un caractère auguste « au temps où le semeur accomplissait un sacerdoce, selon
un rythme divin, et sur un champ labouré d'après le même rythme »,
« au temps où le moisionneur cueillait le blé qui était battu dans l'ordre
du rythme. Ainsi la lancée était montée au grenier, la fournée mesurée,
mise au moulin, moulue, passée ensuite au pétrin pour prendre la forme
du pain, que l'on mettait précieusement au four avec l'observation rigoureuse du même rythme. Le pain cuit, refroidi, était installé au tourtier
par le père, le maître, agissant avec la gravité d'un prêtre officiant. Les
repas, auxquels présidait la mère, la maltresse, étaient préparés également
selon le rythme auguste 3 ». Tous ces « beaux gestes », beaux surtout en
en plein air, « de l'homme dans la paix sont-ils donc à jamais perdus pour
nous? Ils ne le seront point, si nos travailleurs, relevés dans leur condition et publiquement honorés, comme ils doivent l'être, reprennent conscience de leur dignité, en face d'une élite reprenant elle aussi conscience
rie sa véritable fonction dans la société.
1. Voy. J. Sacaze, ■ Inscriptions antiques des Pyrénées », N° 90.
2. Bouehiire ou Plessis signifie « li.iie, clôture «.
:t. Comparez^Mistral, dans Mirèio, note du chan'. VU sur les cérémonies de la Noël en
Provence, et voir Era Bouts de Décembre 1909 fNumtfô de Nodau).

�En outre, l'énergie se développera, les idées deviendront plus saines..
On répudiera « l'esthétique de l'homme crevé et de la fille à la cruche
cassée»; au lieu de crier toujours Gloria victis, on cherchera à être
vainqueurs, maîtres, géants, embrassant et utilisant pour le mieux toutes
les forces du sol patrial, des ancêtres morts et des frères vivants...
En même temps que la dignité et que 1énergie, l'esprit d'union, de
solidarité se développera chez nous. L'œuvre que nous poursuivons est
une « œuvre d'art et de paix sociale » ; elle « peut fournir un terrain
d'entente entre les petits et les grands », rapprocher le riche et le pauvre
en leur apprenant à se connaître, en les faisant collaborer à la même
œuvre, communier dans les mêmes traditions et la même langue. Elle
pourra rétablir entre nous l'harmonie ; elle favorisera la restauration de
nos cadns familiaux et locaux, et Baffier ici encore rejoint Le Play. « Chez
nous, la nation a grandi, prospéré tout le temps que nos cadres sociaux
ont été composés par les familles paysannes, et notre patrie a toujours périclité par les théories spécieuses des rhéteurs nomades, par les
exploiteurs cosmopolites... » « Ce qui fait, à cette heure, la puissance de
l'Angleterre et de l'Allemagne, ce sont, du moins encore, « leurs cadres,
composés d'éléments terriens de tous les degrés de l'échelle sociale ».
Chez nous, les corporations, qu'il aurait fallu seulement réformer, on
été inconsidérément abolies ; « les cadres familiaux, qui étaient la pierre
fondamentale de notre nationalité, ont été brisés. » « Il faut les reconstituer. Il faut reprendre terre pour ressaisir notre pouvoir. Il est nécessaire de savoir d'où nous venons pour apprendre où nous devons aller. Il
tant nous souvenir de quelle race nous sommes, et reconquérir notre
indépendance ». Nous accomplirons ainsi une œuvre éminemment française, précisément parce que berruyère d'abord, — ou parce que d'abord
gasconne.
Enfin, on peut assurer aux croyants que non seulement le patriotisme
et la patrie, mais que la religion elle même tirera avantage de cette
réforme appuyée sur la terre, la race, la langue et les mœurs héréditaires. C'est ce que le clergé n'a pas toujours compris. Comme nos classes
dirigeantes, il est trop déraciné, il ne consent pas assez « à toucher terre,
pour reprendre contact avec la réalité des lois naturelles » ; il rejette même
parfois ce sur quoi il devait s'appuyer. «Ah! pourquoi, du haut des
chaires, a-t-on clamé le mépris du paysan gaulois, comme on l'a fait du
haut des tribunes, daïis les livres et dans les journaux, depuis des
siècles ?.. » « Notre curé condamnait en général nos usages, nos coutumes!
nos chants, nos chansons, nos poèmes, nos épopées, nos proverbes, nos
dictons, en un mot tout l'ensemble de notre loi d'harmonie comme des superstitions, des pratiques de païens, qu'il fallait abominer. Cette guerre à
nos institutions et à notre religion locale, fut, chez nous comme partout'
ailleurs, un grand dommage, et cela autant pour la religion chrétienne
que pour notre.religion primitive... Non, mille fois non! Notre religion
à notre mère nourricière la Terre, notre culte exalté des splendeurs naturelles de notre pays, nos offrandes aux rivières, aux ruisseaux, aux fon-

�70
taines n'étaient pas plus des simagrées ridicules que le geste du doge de
Venise, se mariant avec la Mer Adriatique, en lui offrant son anneau
d'or enrichi de pierres précieuses. Le petit berger berrichon, dans l'élan
de son petit cœur enthousiaste et reconnaissant, ouvrant un petit bout de
bois avec précieuseté, pour l'offrir à la fontaine limpide qui le désaltérait
délicieusement, marquait un état d'àme d'une aussi grande vertu, propertions gardées, que celui du premier magistrat de l'opulente république
vénitienne. » Tout cela demandait sans doute à être éclairé, redressé sur
quelques points, mais non détruit : « Ces rites religieux » ou du moins
leur esprit, venu peut-être tout droit de la vieille sagesse druidique,
« n'étaient rien autre que la souche sur laquelle était greffé le christianisme.
En déracinant la souche, on a desséché la sève, et la greffe se meurt »,
la vertu et foi s'en vont (Campión en Navarre
Mistral en Provence ne
parlent pas autrement!. Il y avait là une synthèse à maintenir, telle qu'elle
se manifeste encore plus ou moins, en Gascogne, dans les fêtes de la
Noël, de la Saint-Biaise, des Rameaux, du « Còr-dè-Diéu », de la SaintJean 3, de la Saint-Roch, de la Toussaint, ou telle qu'elle se montrait en
Berry dans l'ancienne cérémonie du Beriaud ou Berlucl, correspondant
« à l'antique fête du printemps de nos anciens grands pères de la Gaule
celtique». A Neuvy, deux grands chênes servaient jadis de piliers pour
édifier « une chapelle de feuillages, de fougères, de mousse et de fleurs,
où le curé de notre paroisse venait dire la messe, avant la révolution de
quatre-vingt-treize, le premier dimanche de mai », puis bénissait les animaux domestiques, au milieu des bruyères et au chant des bouvreuils.
Ensuite se faisait un grand repas en commun, pendant lequel « avaient lieu,
au son des musettes, des vielles ou des flûtes douces, des danses très
nobles » ; on chantait des chansons qui exaltaient les êtres et les choses
de chez nous, « et avaient lieu aussi des jeux de force et d'adresse. Dans
toutes ces manifestations, admirablement rythmées, les anciens plaçaient
leur mot d'approbation ou de critique, tout en montrant la manière de
faire mieux. » Après le repas, cela reprenait, « on entendait surtout
chanter et parler les anciens qui continuaient de nous donner leurs
leçons de choses »,... Malheureusement, « nos prêtres, bénissant nos
bêtes, nos pois, nos fèves, nos chauves, nos foins, nos blés, nos arbres,
nos herbages, se sont crus diminués dans leur sacerdoce. C'est grand
dommage qu'ils aient méconnu les pratiques si belles et si nécessaires
d'un culte basé sur l'observation approfondie des vertus créatrices de la
nature de notre pays ». — Il est vrai qu'ils y reviennent ; beaucoup,
notamment dans le Comniinges, ont senti la secrète harmonie qui règne
entre toutes les traditions honorables, ont compris que la religion ne
saurait qu'y gagner, et marchent même à notre tête. — Nons n'avons
pas ici à prendre parti au point de vue religieux ; mais nous devons nous
1. Voy. Era lîOHls de 1907, p. 67.
'2. Voy. Miréio, ch. VII, noie, et Era Bouts de Décembre 1909 (IV de Nodao).
3, Voy. Era Bouts de Juin 1908, et passim.

�77
réjouir de leur concours : il dépend d'eux, pour une grande part, de
hâter notre résurrection régionale.

**#
Telles sont les idées essentielles de Jean Baffier, que nous croyons
avoir présentées sans en diminuer l'intérêt et sans les altérer, tout en
les prolongeant parfois et en appliquant à notre terre de Gascogne ce
qu'il dit excellemment pour sa terre de Berry. Mais Baffier n'est pas un
rhéteur, c'est un homme d'action. B ne se demande pas seulement ce qui
est désirable, mais ce qu'il faut faire; et il a déjà fait beaucoup pour sa
région.
Il n'a pas à son actif, sans compter bon nombre d'oeuvres sculpturales
et architecturales, visibles et tangibles déclarations de principes, moins
de 150 manifestations effectives, parmi lesquelles certaines ont eu un
retentissement particulier. En 1885, il commença à Veurdre ; en Août
1885, Mars 1888, Août 1888, ce fut à Nevers, à Paris, à Bourges; à
Paris encore en 1889 lors de l'Exposition Universelle, et en 1898 pour
la fête des Beaux Arts ; mais ce fut surtout dans la région du Centre
elle:mème : Fête des Foins (ou des Prés) à Chàteauroux en 1890 ; Fêle
des Blés à Sancoins en 1891 ; Fête Emile Deschamps à Bourges la même
année ; beaucoup d'autres cérémonies, fêtes locales, célébrations de
mariages selon les rites du Berry.
Tout cela n'était que le prélude de la grandiose manifestation de 1911
à Bourges, que J. Baffier préparait depuis 27 ans. « Les trois journées
de Bourges ont été conçues et ordonnées, dans leur partie de doctrine
générale, pour réagir contre le système d'exploitation des entrepreneurs
nomades, et faire vibrer à nouveau l'àme gauloise. » Si, à Bourges
même, il ne fut ni bien compris ni bien secondé par tous, du moins un
grand nombre de régions — Alsace, Normandie, Bretagne, Anjou,
Auvergne, Quercy, Yveline, Nivernais, Touraine, Lorraine, Provence,
Limousin, etc., envoyèrent des délégations. L'Auvergne et la Bretagne
surtout furent brillamment représentées^Un cortège splendide, à la fois
corporatif, régional et symbolique, se déroula dans les rues de Bourges,
redevenue pour quelques jours capitale des Gaules. Nul doute que le
Livre d'Or que J. Baffier prépare ne nous donne à cet égard les plus
intéressants détails, et ne nous fournisse, pour l'ordonnance de nos
propres fêtes gasconnes, les plus utiles suggestions.
Mais tout cela ne fut point réalisé sans peine, sans se heurter à l'indifférence des uns, ou au mauvais vouloir des autres. Incompréhension ?
jalousies mesquines? résistance d'égol'smes menacés?... Ainsi, tels lui
conseillaient de s'en tenir à un Congrès régionaliste, et à ne pas faire
défiler son Cortège : comme si quelques discussions abstraites en chambre,
entre gens déjà convertis, pouvaient, malgré leur valeur, exercer sur le
grand public une influence persuasive comparable à celle d'un spectacle

�178
én plein air, donné en grande partie par ceux-là mêmes qu'on se propose
d'édifier ! D'autres ont risqué de faire dégénérer une cérémonie inspirée
par le plus digne patriotisme en mascarade carnavalesque. D'autres lui
ont marchandé leur concours, ou lui ont mis des bâtons dans les roues,
— et cependant la ville et le pays ont gagné de l'argent, à peu de frais,
dans ces trois journées : « ce qui prouve », dit Baffier, « que ma doctrine
d'aménagement et d'embellissement est supérieure, au matériel comme
au moral, à l'entreprise d'exploitation et d'enlaidissement burlesque des
entrepreneurs de démolitions. » Mais Baffier n'en a retiré qu'épuisement
et déboires, tant et si bien qu'il n'est pas éloigné de considérer sa victoire
comme « une victoire à la Pyrrhus », et se demande s'il pourra « de
nouveau tenir campagne ».
Cependant, d'autres côtés lui sont venues des consolations, des partisans dévoués, éclairés, qui ont compris la valeur de sa doctrine : « le grand
maître Frédéric Mistral m'a témoigné, à plusieurs reprises, ses encouragements pour mes essais plastiques et mes spectacles de plein air » ;
plusieurs notabilités g'néreuses ont payé de leur personne et de leur
bourse pour le succès des fêtes de Bourges. Dans cette œuvre où il s'est
lancé à corps perdu, s'il n'a pas réussi pleinement, « la démonstration a
été saisissante » : « Ma tâche est accomplie, j'en remercie Dieu et mes
amis... » « Je sais que les précurseurs sont des souffre-douleurs. »
« Soit ! mon écrabouillement, mes souffrances, mes soucis, mes gestes
contribueront un peu à enrayer la machine infernale !... » Le fait rêvé a
eu lieu. Le défilé produisit « une sensation d'art tellement puissante et
suggestive que la foule, pourtant habituée aux mascarades et cavalcades
inesthétiques, reconnut une œuvre d'art supérieure et hautement morale. »
Les artisans de la forêt, par exemple, s'avançaient « comme des prêtres
officiants » ; le Char de la Loire fit la plus profonde impression ; l'ensemble commanda le respect « à tous ceux qui n'étaient pas prévenus ». En
somme, maintenant, « la barque est arrivée au port, tout particulièrement
hérissé d'écueils, où elle est amarrée solidement avec son cachet initial
et nul ne peut en détruire le sens droit » : « At cap dera Tour-Manho »,
dirait Baffier après le poète de Maillane, « ja 'i hèt et sant senhau ».
Et ce ne sera pas un succès sans lendemain, car Baffier a fondé chez
lui ou contribué à fonder ou du moins fortifié ou rattaché à ses desseins
un grand nombre de Sociétés inspirées de son esprit : telles surtout la
« Société des Gais du Berry (Gaulois du pays Biturige) et autres lieux du
Centre », la Société des « Maîtres Sonneurs (de vieilles et de cornemuses)
du Bas-Berry », la Société protectrice des arbres et des eaux dans la région
berruyère, le Groupe d'émulation artistique du Nivernais, les Syndicats
d'initiative locaux, etc. D a par là posé ou développé des bases solides, en
vue de campagnes futures.

Ce qu'il a fait lui a permis de mieux voir ce qu'il faut faire, il a acquis

�79
une expérience qui lui a montré ce qui rend bien, ces matières. Profitonsén nous aussi.
Avec lui, donc, tout d'abord, nous insisterons sur les principes que
nous venons de lui voir développer, et sur leur véritable esprit.
Comme lui, comme la Fédération Régionaliste Française d'un côté,
comme le Félibrige de l'autre, nous nous tiendrons « au-dessus et en
dehors de toute question politique ». Notre œuvre est faite pour notrs
population gasconne tout entière, sans distinction de parti politique ou
confessionnel. C'est qu'en effet il ne s'agit là que de patriotisme, et sur
ce terrain tout le monde peut et doit s'entendre, en principe, quoiqu'on
puisse différer dans l'application. A VEscolo deras Pirenéos, par exemple,
nos fêtes sont et doivent être des fêtes patriotiques et comme nationales
du Comminges et du Couserans.
Notre œuvre est d'ailleurs une œuvre traditionnaliste. Le traditionnisme, ou étude des traditions, ne saurait nous suffire; nous allons jusqu'au traditionnalisme, ou défense et conservation de nos traditions. On
nous accusera peut-être « d'être arriérés, d'aller à reculons. Eh oui, nous
allons à reculons, mais c'est pour prendre élan » et mieux sauter. « La
vérité est que nous voulons prolonger notre passé. Nous sommes des
continuateurs. Comme nos anciens pères de la Gaule française, qui
ont continué nos anciens grands-pères de la Gaule celtique, nous voulons
prolonger la destinée de la race, purement et simplement. Nous avons la
certitude qu'un peuple qui oublie ses origines perd le sens de son droit
imprescriptible et l'entente de son devoir-.primordial, et que, ce faisant,
il périt corps et biens... » C'est aussi ce que dit Mistral :
« Un pople que nou sap sauba
La lengo e lis us de si paire
Nou merito que de creba... »
Mais notre traditionnalisme ne sera point aveugle. « Philosophia duce
regredimur » : nous saurons donc choisir, trier, séparer le bon grain de
l'ivraie. Nous conserverons, parmi nos coutumes traditionnelles, celles-là
seulement qui seront avouables et dignes. — S'il s'agit d'usages religieux,
la question est délicate : il nous semble cependant pouvoir dire que la
ligne de conduite raisonnable, en ces matières, sera, pour nos Sociétés
Félibréennes ou Régionalistes, de laisser les croyants régler les choses à
leur gré dans leurs cultes respectifs ; mais nous insisterons sur l'intérêt
esthétique ou la valeur morale de ces usages. — De même, au point de vue
politique et social, nous ne prendrons pas parti, en tant que Félibres, sur
des questions de forme de gouvernement ou de régime ; mais nous proclamerons pourtant que nous poursuivons une œuvre essentiellement démocratique et républicaine, dans le sens étymologique du mot (car nous
agissons pour tous, pour la chose publique), et nous travaillerons à
rétablir nos « institutions familières », non arbitraires, mais naturelles,
seules sclides « armatures » de notre nationalité.
Nous maintiendrons aussi et nous développerons nos arts locaux, à la

�80
vertu moralisatrice. Baffier y insiste particulièrement, étant essentiellement artiste; mais qu'on ne croie pas ce point négligeable. Comme l'individu, la nation doit être cultivée esthétiquement, et l'artiste a comme
une mission morale. « L'œuvre d'art doit être conçue pour l'exaltation
de la morale, soutènement des vertus familiales d'aménagement et d'embellissement de la terre » ; elle doit exalter, magnifier les talents et les
mérites... v Dans l'état oligarchique où nous sommes, l'artiste est contraint d'être un servant, un esclave d'homme puissant ou un amuseur de
désœuvré. Dans l'ordre républicain, l'artiste doit être un sacerdote »
(comme Baffier a essayé de l'être), et ne pas déroger à sa mission. Il
combattra ceux qui « sabotent » notre passé, et le présentent sous un
aspect ridicule, qui déshonorent nos usages ancestraux et n'en donnent
que la caricature (telles cette noce berrichonne grotesque, ces cartespostales où se voient des Berrichons parlant un charabia informe, etc.),
ou qui introduisent de vilaines modes étrangères (ainsi la pratique...
anglaise de « la nouvelle chevalerie moderne de se faire offrir le bras gauche
par sa dame », sans doute « afin d'être protégé par elle » !() Il défendra
« la moralité », « la majesté », on peut le dire, de nos villes contre ceux
qui en brisent l'harmonie par des bâtisses horribles, qui en profanent les
rues par de grossières exhibitions-réclames, de burlesques cavalcades
de mercenaires, qui en encombrent les monuments et jusqu'aux églises
d'articles de camelote et de bazar, jurant avec l'harmonie de ces œuvres
sacrées. 11 fera son possible pour diriger dans une meilleure voie les
écoles ou les sociétés d'artistes, développera les musées locaux. A tout
cela il s'attachera, qu'il soit peintre, architecte, sculpteur ou musicien,
ou encore écrivain ou poète. Il faut louer les poètes et écrivains du
Berry d'avoir glorifié les arts locaux. Lorsque, comme Lapaire et Baffier
lui-même, ils emploient, dans leurs œuvres en vers ou en prose, la langue
locale, ils font coup double, exaltant la terre et la race, leurs traditions
et leur noblesse, dans l'idiome traditionnel qu'ils relèvent et ennoblissent
lui aussi par là-même.
Voilà ce que nous ferons également ; voilà dans quel esprit, Félibres
gascons, nous parlerons, nous chanterons, nous publierons notre Revue,
non tombeau du passé, mais levier de l'avenir, et nous emploierons encore
d'autres moyens efficaces. En outre, nous ne nous désintéresserons point
de la prospérité locale. Toute œuvre ayant pour but l'amélioration ou
l'embellissement, bref l'aménagement (forestier, agricole, industriel, etc.)
de notre terre de Gascogne est sûre de trouver chez nous un appui désintéressé, pourvu qu'elle nous paraisse conforme à la « loi d'harmonie))
que Baffier a définie supérieurement. Nous croyons savoir qu' « un peuple
qui méprise ses traditions est comme un rentier qui mange son capital » ;
nous croyons tenir là la clef de « l'économie sociale et politique, .qui disI. « C'est du ce côté aussi qu'est venue la nouvelle manière Je compter les heures, ce
qui nous donne des plaisirs bien doux... ■ — (A notre humble avis, elle est fuite pour
rester enclose dans les horloges des gares et les indicateurs).

r

�81
pense les richesses véritables » : ce ne sera pas pour rester étrangers à
tout ce qui se fera chez nous en ce sens, mais au contraire pour l'encourager, l'aider même de notre concours et de nos faibles ressources, et au
besoin le redresser, ou le lancer.
Enfin, comme Baffier et ses amis, nous créerons, s'il le faut, des organisations nouvelles, ou nous nous maintiendrons en rapports suivis avec
celles qui existent déjà chez nous. Nous essaierons de gagner à nos idées
les autorités de la famille, de la commune, du canton, du département et
de la région. Nous les ferons pénétrer dans toutes les classes de la société,
bourgeois, ouvriers, paysans. Nous entrerons en relations avec tous les
groupements de compatriotes, dans les grandes villes de France ou à
l'étranger. Nous nous entendrons, si besoin est, avec toutes les Sociétés
ou Eco^ts poursuivant un but felibréen ou régionaliste, en Occitanie ou
dans les pays voisins. Nous contracterons alliance avec toutes les Sociétés
éducatrices de chez nous, Sociétés savantes, touristiques, sportives,
musicales, et avec tous les ordres d'enseignement chez nous, public ou
libre, primaire, secondaire ou supérieur. Notre préoccupation essentielle
restera la langue, que nous aurons à élaborer, à fixer, à relever ; mais
nous encouragerons, au besoin nous susciterons des Sociétés de protection des usages (costumes, jeux, fêtes, etc.) et des sites de nos régions.
Nous montrerons aux Syndicats d'initiative tout le parti qu'ils peuvent
tirer de nous. Nous multiplierons, dans la mesure où il le faudra, nos
Sections et nos Comités locaux. Nous agirons par la presse et par la
parole et de toute manière. Bref nous ne négligerons rien pour réveiller
et relier à nous toutes les forces vives de notre première pitrie.
Le plan est vaste, il dépasse les forces d'un homme, il demande pour
être exécuté beaucoup d'ouvriers actifs se divisant intelligemment ce
travail considérable. Mais nous savons déjà combien sont nombreux et
dévoués ceux sur lesquels peuvent compter la Gascogne et l'Escolo deras
Pirenéos.
**#
Un dernier mot. Les présentes considérations, malgré leur longueur,
ne seront sans doute pas inutiles.
1° Elles nous auront permis de voir que nous n'avons pas des alliés,
pour notre oeuvre félibréenne, seulement en pays d'oc, mais dans la
France entière, chez tous ceux, d'où qu'ils soient, qui comprennent la
vertu de leur sol, la valeur de leur race, la beauté de leur langue locale, la
sainteté de leurs traditions, les véritables intérêts matériels et moraux
de leur pays. Les Sociétés non pas simplement d'études régionales, mais
de défense régionale et de progrès régional, sont légion, — comme on
peut s'en assurer en parcourant les pages de « l'Action . Régionaliste »,
Revue de la Fédération Régionaliste Française— non seulement dans
1. On sait que notre Escolo a pour représentant auprès de la Fédération Régionaliste
Française M. /Í. Lizop, qui d'autre pari ne manque pas, tous les ans, d'apporter les vœux
de la Fédération à l'Escol» deras Pirenéos.

�82
les pays de la lisière, où la langue maternelle n'est pas française, comme
dans le Pays Basque, en Bretagne ou en Flandre, mais aussi dans les
pays les plus foncièrement de langue d'oïl, tels que Picardie et NormanH
die, Champagne, Bourgogne et Lorraine, Saintonge et Poitou . Nous
n'avons fait qu'en citer un exemple parmi bien d'autres, mais un exemple
particulièrement méritoire et éclatant. L'œuvre que nous poursuivons est
donc non pas francimande, certes, mais essentiellement française,
puisqu'elle est poursuivie également, bien qu'avec des différences légitimes de manière, par toutes les provinces dont l'union volontaire forme la
France. Des hommes comme Jean Baffier et des manifestations comme
celles qu'il a organisées sont de nature à dissiper toute équivoque, tout
malentendu entre le Nord et le Midi. Nous n'en voulons guère qu'à des
2
morts , qui jadis nous firent grand mal, et même nous ajouterons : « Dieu
leur pardonne ». Quant à ceux qui aujourd'hui encore nous attaquent,
nous méconnaissent ou nous abandonnent, qu'ils soient du Nord ou du
Midi, nous les plaindrons, nous les éclairerons, et, d'accord avec les
précieux alliés sur lesquels nous pouvons compter, même au delà de la
Saône et de la Loire, nons les convertirons, nous les ramènerons.
2° En même temps, nous aurons eu l'occasion de revenir sur les principaux points de notre programme félibréen et de nous les remettre en
mémoire. B ne peut nous être que salutaire de faire de temps en temps
notre examen intérieur, de nous demander ce que nous avons fait et ce
que nous avons omis, de reprendre conscience de ce que nous voulons et
de réfléchir aux meilleurs et aux plus sûrs moyens de le réaliser. Cette
révision générale et pratique de nos principes et de nos aspirations n'aura
même pas trop mal figuré ici comme « article de fond », à l'intention de ceux de nos Confrères qui désirent avec raison qu'Era Bouts
leur donne souvent, comme autrefois, de semblables articles. Bs en ver3
ront d'autres... En attendant, remercions Jean Baffier de nous avoir
fourni la matière de celui-ci, et assurons-le une fois de plus de notre
confraternité félibréenne et de notre plus sympathique admiration.
B.

SARRIEU.

LA MUSt GA8GOUN8
SOTJNÉT

Per la canta, bissè, qu'em cauré2 de grans môts ;
You n'en counéchi pas ; ne souy pas un. pouète
Qui franchiménte, e lous menhs üèlhs e Ious menhs pôts
Qu'abistn 3 amistous sous üèlhous, sa bouquéte !
1. Nous avon» même écrit cet article e» français

à

leur int»ntion.

2. « N'avèm d'aiir queper demorts ». (A. Perbosc).
3. Nous avons à cet égard des promesses expresses de plusieurs Confrères auxquels
nous faisons une fois de plus expressément appel : Voir aux Noubèles, « Avis importants ».

�83
Au saliga 4 tan prous 5 oun crabes è crabòts
La seguéchen tabéy, qu'acoussi 6 la hadéte
Qui s'escape en sautan per dessus plèchs 7"e clots,
Mès chéns trop s'estuya 8, saubatye e chic coquète !
Damisèle de bile esducads au coumbén
Que sap escribe e léye, e même trop, soubén,
Que parle plaii sus tout, mès n'arrid pas coum ère ;
Hilhe de la campanhe e chens nad ournemén,
Coum se portèbe sède e riche abilhemén
Dap lou SOUIÎ coutilhoun qu'e mey beròye encüère !
A. PoYDENOT.

Parla de Sen-Sebé (Lanes).
NÓTOS.

sant. —

_ i. Sans doute. — 2 Faudrait. — 3. Considèrent.
Je poursuis. — 7. Monticules. — 8. Se cacher.

—

4.

Saulaie. — 5. Plai-

6.

^T X TTO

Cl}

«

^

NOSTE BRABE CAN

Lèu acassat de sa cunhèro 1
Perdut, sense mai, en carrèro,
Tout brastous 2 s'en ba, sap pas oun.
Se l'amassée UIJ mainatjoun.
Petit canhoui) !

Damaiselétos de sa raço
Quan las esplo se hè plaço.
Saquela3 ! mès flèr qu'un, hajai?4,
Üélh esberit, passo dauan...
Hardit, lou cap !

A l'oustau, pla neurit, adaro,
Lou péu lusén e la bouts claro,
Lairo séc e pano quan pot...
Gahèc brabes côps de barrot.
Poulit canhot !

Mouriscouc uo tristo serado
De Jèr 5. Nou m'en soui counsoulado !
Lotus noste.., 'oun bas, oun bas?
Lous mès saunèis6 m'at disen pas...
Praube cannas !

Thérèse Pierre

Parla d'Auch (Gers).

BURGALAT DE LIBERTAT,

de la Société des Poètes Français.
NÒTOS.

—

1. Berceau. —

2.

Sale. — 3. Ah oui certes ! — i. Coq.

—

5. Janvier.—

6. Songes.

CESAR E BERGINGETOURITS
Era bilo de 'Rroumo que balhá hèstes manhifiques ar' aunou det
trïounfe de César (. Jamés ed üélh de faucou d'aquéste2 n'ayéue lugreyat
de u 'sclat més tarrible e més farouche. U crime lâche, sense nòdo utilitat,
qu'anòue soulha es laurès dera suo courouno,.. Pet prumè còp, era suo
counciénço de mòrbre que semblaue èste ensetado3 per' arremòr... Aquét
sentimént, pracó, nou hou pas de fòrço à para et còp de qui bouliéue truca.
. Dounc, aquét dfo, et trïounfatou que hé sourtí det cachòt oun despueh

�siés òns la teiìguiéue embarrado 4, era suo nòbblo bictimo, Bercingetourits. Ara bisto ded eròs, mògre, pale, mès toustém nòble e fièr, César
qu'aou er' amo touto secoudido.
Aquéro cascarilho5, que demouraue, soulo, dréto eijcaro at méi deres
descoumbres dera suo naciou abatudo e prousternòdo, aquet òme descarnòt que l'aparechou coumo üo resurrecciou. Qu' au semblà, alabéts, béde
ero biélho Gaulo to.uraò sourtl touto biéuo dero hòsso6... Qu'aou pòu
deres cadénes det süé preduè... Qu'en hé coupa et hèr tout hè-u coupa
et cot !J
Que caliéue aquet còp dera picòlo 7 det bourrèu ento méte ero darrèro
taco de sònc dessus et süé cap. Aquéro surtout qu'a soulhat eno courrudo
des atyes ero glòrio deres stiés bittòries.
Nou l'empechá pas, at segu, d'èste metut en arréijc des diéus : plò louy
d'aquiéu, Roumo qu'ère embeuedado d'ét ! Dabb ét qu'es pensà, sampa,
qu'aquéro gouto de SÒIÍC ère ero darrèro de qui sourtiéue deres béies
dero naciou gauléso ; que nou boutyarié pas més ero nousto biélho raço ;
que n' ère més qu'eslaco 8, que sérié lèu mourto éro tabé !
Eres causes que biran autroméns. Ero Gaulo, sannòdo à blòrtc, pressurado è roumanisado, nou mouriscou pas pracó. È quan ed emplri
rouma hou arrüeinòt ara fi debat eres guèrres cibiles è 'res embasious
barbares, ero Gaulo, que s' ère secoudido mes de u còp, que s'afraijqui,
que prepgou tabé et dessus deres enfiltracious germaniques, que s'arrecoustitüa pòc à pòc dabb et noum glourious de Franço, è que trebalhá
mémo generousomént à tournò 'ro libertat ad aquéro Italio que l'ayéue
taloméns ouprimòdo jadis.
Ambroise

Parla d'Estenso, liât d'Auro.

ANGLADE.

En 45 abans J.-C. — 2. Suetóni que dits, en parla des üélhs de César:
«i ỳjigetis oculis Cœswc armait) &gt;. — 3 Entamée. — 4. Despuch 51 abans J.-C. — 5. Squelette. — 6. Tombe, fosse sépulcrale. — 7. Hache. —8. Agonisante, sans plus de force.
NOTES. —

1.

CANSOU

(Diplomo d'Aunou)

Praube pèc1, qu'èy cregut de que tu que m'aymabes,
E moun cô tout sancé2 qu'ère plé de gaujou 3.
Més, de toun amourous, qu'èy bist de que-t trufabes4 ;
Adare, que hès tout ta hoéje3 lüénh de jou.
Oh ! criièle, criièle,
Perqué-m hès tan soufrl ?
Si tu nou m' ès fidèle,
Batlèu, jou-m bau mouri.
At miralh dets oéls, ets més bèths det bilatje,
Atau, coum 'r' auserou, que-m sòy dechat gaha.
En toun cô qu'abi fé, nou-u sabi pas boulatje ;
Ta-t, da touts ets plasés, nou sabi més que ha.

�83
Oh ! crüèle, crüèle,
Perqué-m hès tan soufrí ?
Si tu nou m' ès fidèle,
Batlèu, jou-m bau mourí.
De m béde aymat de tu, que n'abi plà V ahidr,6
Toun cò que m'abès dat é qu'abi toun sermén.
Ta paraule bau chic, puchque tu l'as trahide,
E de toun abandou, que n'èy un gran turmén.
Oh ! crüèle, criièle,
Perqué-m hès tan soufrí ?
Si tu nou m'ès fidèle,
Batlèu, jou-m bau mourí.
Toutu, de tous poutous, qu'èy sendit 'ra carésse,
E deügüère, su-us pots7, que-n guardi 'ra sabou.
Adare, dens moun có, qu'as semiat 'ra tristésse,
E, moun saunéy8 fenit, nou hèy arré de bou.
Oh ! criièle, crüèle,
Perqué-m hès tan soufrí ?
Si tu nou m'ès fidèle,
Batlèu, jou-m bau mourí.
Embèrs toun aymadou, nou hés 'ra haroulère9 ;
Tourne, tourne, hè Ièu, jou que-t perdounerèy.
Det có de toun amic, acasse 'ra helère 10 ;
Si-m tournes et bounur, toustém que t'aymerèy.
■ Oh ! crüèle, crüèle,
Nou-m hés pas més soufrí ?
Si-m bòs esta fidèle,
Jou nou-m bouy més mourí.
Parla d'Arûdi, Bat d'Aussau.
NOTES. —

1. Insensé. —

2.

Entier. —

L.
3.

Gaîlé. — i. Se moquer.

ARRIX.

—

5.

Fuir. — 6. Es-

poir. — 7. Lèvres. — 8. Rêve. — 9. Folâtre. — 10. Chagrin, douleur.

Galinô dera Bat d'Auro
Calinó qu'en a d'arreplegades (, hòu ! Qu'a ues arrepliques à nou poudé-n tira dab us cisèus. Mes qu'ei amie deres obres hètes, sustoul dempus
qu'a bergounho de parla patüès. Ya-s créi u méi moussu, dab ed drét de
biéue sense hè arré.
Que bous respoúni qu'aquét nou s beneré pas ed lhét ta croumpa-s uo
brouéto. Es qui-au tanhen quaucarré qu'au tratten de pacònt2, de
feniônt è de tout, mes que s'en da 3 coumo u ásou de còps de còhes4.

�r

86
'Ra stto marrèno qu'ei 'ra qui mes au peléye 5 : « Guèro », ç'au digou
'd darré còp, « qu'as binto-sèt òns è méi, è trétze dies, è dise que nou
ayes poudut causí nòt mestiè ; aumén, aumén qu'anèsses enta 'd camp,
enta 'd prat ou 'nta 'd bòsc cerca bet hechét de buscalhs 6 ».
« Oh », respoun Calinó dera Bat d'Auro, « pour travailler il faut
avoir le temps ! »
Sudòno d'ASPI

Parla de Sarrai?couli.
Ed 7 de Mars 1913.

NOTES.

fer. —

1. A des ripostes réfléchies. —
Le querelle. — 6. Menu bois.

-

5.

ta .tia-icspTa-âtsAJcu-M-teidnieiïciir.Wô'

2.

Indolent.

■ 3. Il s'en soucie. —

ü^tty-wM^hreïi'òrfi

4.

Coif-

pa- is Jíou ço l&gt;atli§»

3^1 Tai

CotfclCtq

Ei

»s6ifa(|uMB [mf^W^

t»T-jui

J rrcpic
Clares prades
Adourades
Det mèiì còr,
Flòts blaijquioúsi1
Séls 3 nbeuoúsi,
Sèrres3 d'òr,
0 païs,
Douço Bat de Lis4 !

Coubbléts
1. Ce quin 5 éi 'ra tio berduro
Estelado lounh de flous!
Qu'ei frescouso, tréndo è puro
Era 'lét6 des lous sentous.
Es parfums biéus qu'arrespiren
Qu'embrïaguen 7 coumo mèu •
E 's arriéus .aoun es miren
Que soun candes 8 coumo 't cèu.
Ar repic.

�87
2. Ce quin soun, ah, des tòs lanes
Es gazous fins è hüelhuts,
È 's paréts des tòs coumbanes9
Pliés de bòsqui cabelhuts !
Es cascades qu'ei bourdounen
Sus es mais 10 que guimben 11 lèu
È 's gurrous 12 que les courounen
'Naut qu'es òrben diijquio 't cèu.

3.

Arrepic.

Arrepic.

Paraules é Musico de B. SARRIEU.

Parla de Sen-Mamet de Luchoun (Il -G.)
Et

189

. —

NÓTES

I.

Ce quin luden es tòs lounes13
At souléi esblouechént !
Debadj es bótes ardounes 14
Que hèn coumo camps d'argént.
Cristallines, qu'escatéjen i5,
Pics de gibre è dénts de gèu ls,
È 's lous créstes que lambréjen 17
Pedj azur det large cèu.

.

lilanchàlres. —

2.

Névés. —

3.

Chaînes, crêtes. —

4.

Aquéro batch, en

cantoun de B.-de-Luchoun, qu'ei as Larboustédi. Lis que bo dide s. d. « avalanches ■, è
non « lys ■ ; en francès que eau dide en tout cach « la Vallée de Lis », é nou « la Vallée
du Lys

ia dires lautes. —

», aoun

5.

inconnu à l.uchon). — 7. Enivrent. —
pente et fermé en haut. —
13.

Glaces. —

10.

Comme, combien. —
8.

Kochers. —

Les voûtes rondes. —

14.

6

Haleine. — [Perhum est

D'une pureté brillante. — 9. Petit vallon en
11
15.

Bondissent. —

12.

Cirques rocheux. —

Elles étincellent. —

16.

Gelées. — 17.

Jettent des éclairs.

ERA

BAL

D'ARAN

Poueôia pcemiada en eó « JOCÒ Flocalô » de Lheida
et an 1912
Ei era Bal d'Aran era ribèra 1
Més poulida de tout et Perinèu :
Quan se mét era pélha 2 naua e bèra,
Nou i-a 'rrén ta poulit dejous det cèu.
Pes dus coustats úa nauta mountanha
Toustém la bire d'aires fourastès 3.
Sémble que nü-éi dè França ne d'Espanha :
Ei souléta en ses pênes 0 plasés.
Tout à fèt separada d'autes tèrres,
Pes tues * 0 pes frountères de naciouij,
Det tròs de cèu que bé 'ntre es dues sèrres
Pôt demoura5 'ra sua prouteccioun !
Mes, et cèu nou la dèche abandounada,
Eiicara que s'en bé de tout et moun ;
Per aeró de riquéses 6 l'a 'doutada
E d'atraccious qu'en éra soulét soun.
Era ei7 ta rica d'èrbes coum de mines,
Rica de douces flaires 8 è coulous ;
Per tout et tour a bòsqui per courtines
Qu'abriguen et sòu lhét tout hèt de flous.

�88
Ës aigües que nèchen des sòs entranhes
Soun medecina que ba 7 à cercà 't mau.
Det bestiá que neuris en es mountanhes
Arrés ne sap et counde ne que bau.
Se bouléts liège er' aranésa istòria,
Es campanaus è glèises countemplats :
En cada pourtalada un güélh de glòria,
E 'n cada pèira un boun tresòr beirats.
Mes, se liège bouléts toutes es planes 9
D'aquét libre, de glòria resplandént,
Pregountats-les 10 à toutes es campanes :
Güaires còps an toucat à soumetént.
E
«
»
»

bous respounerán sense tardánça :
Tas enemics d'Espanlia è des cristiás,
Un bèt ramat de còps, còntra 'ra França,
E d'áuti, contra es Coundes de Palhás ".

»
»
))
»

E despus det coumbat12 toustém cantèrem
Era bittòria : prou 13 jamès plourà.
Se quauque còp despus det cant plourèrem,
Siguèc ta 's enemics aná 7 à 'ntarrá. » —

E 7 atau qu'éi. Per que toúti 's sòs Santuáris
Desde Mountgárri7 enquia 't Pònt det Réi
Eren hònts des hèts estraourdináris
Qu'er' aranésa istòria an bèt coum éi l4.
E 'nta hige 15 úa pèrla en sa courouna
A 7 un lengüatge tout sòn, prou 13 sòn soulét,.
Mès despreciat de touta áuta persouna
Que nou sigue aranésa tant coum ét.
Acró 'i 'ra Bal d'Arán... Prou " éi7 ta 'magáda,
Ta lfiénh, ta lüénh, qu'Espanha nou la i sap !
Daurlts-li7 un pas, perqu' ei massa embarrada !
Dáts-li7 un counsòl,18 perqu'ara nou n'a cap !
Salardu,

Jusep

1912.

NOTES. —

1. Vallée, bord de rivière. — 2. Robe. —

gers. — 4. Pics. — 5. Elle peut attendre ! —

6.

3.

CONDÓ,

16

&lt;7...

P»™.

La protège de souffles étran-

Richesses. — 7. Les deux voyelles qui

se suivent, finale et initiale, ne comptent que pour une dans la versification. — 8. Senteurs, haleines. — 9. Pages. — 10. Demandez-les. — 11. Le comté de Pallars est la
haute vallée de la Noguera Pallaresa. — 12. Après le combat. — 13. Equivaut a « vraiment ». — 14. Qui ont fait l'histoire aranaise ce qu'elle est. — 15 Mettre. — 16. Cachée.
— 17. Parce qu'elle est trop enfermée, — 18. Une consolation.
Qu'im estadi autourisats à he paréche acitau aquéro poue*io, parcchudo dabb iuito, eit
prumè, ena Revue de Coinminges d'cngüan, p. 61-63, més escrièüudo ara catalano. Q»e
l'aue'm tournai acitau et sbr) bestimént gascoun. — B. S.]

�89

L'ANGELUS
pÈÇO

TIRADO

Musico dt M.
„J-,to.Vnto.

SET ACO U M P A N HA DES
qu'an ganliat iou MEDALHO D'ARGENT

DES

Parauîos de M.
Paraules

E. PUJOL

/ t.

IV

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Dts-ûju-Jiat

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A

MAITIIÎ

i

Sense pòu julh plegat,
Prègolecèu:

)h„j

ìcT
la

scui-tat!»

EJ1§§1Ì3

MIETJOUR |

A Mietjour, quand la milhèro
milhèro*5
Arrascléjo soun cric crac,
Qu'on ei hounut de sequèro,
Cau pinta 'ui;
'UIÌ bouiì
boun patac4-5.
Escoutats,
Escoutats, etc.
etc.

D'acét poulit carrilhouiì ;
(On entén souna las campanos)
La campano que souno
Au nòste clouquè;
Trindo 1 pe la coumo
2
DÌIÎCO l'aujido
dou bttè.
Descouhat autalèu,

,

juîl) pfe-gat, Çrc-ÎJO Pe Cew.

au-ta fia , &amp;n-se pòu.

Escoutats l'auto cansouiì

III
LE SÉ
LE SÉ

E
le Sé
Sé, quand
las oumbrétos
E le
' quand laS oumbrétos
5
S'aloupguichen
S'aloupguichen pes
pes banous
banous ,,
Pes
las pastourétos
Pes camfs
camls las
Pastourétos
Canton
repic gaujous
gaujous6..
Canton le
le repic

Que Diu me balhe la santat. (bis)

Escoutats, ètc.

Parla de Saubinhac, cantoun de Samatan (Gêrs).
— I. Vibre, linle. — 2. L'ouïe, l'oreille. —
Dans les vallons. — 6. Le refrain.

NOTOS.

f:f

J

Le Maitiiî, quand las aubétos
Esclairéjon las maisous,
Que pe las hüèlhos fresquétos
Piulon touts les auserous,

— 5.

H. DAMBIELLE

Que -pc Cas foié-l^osjrtS-

,in 0ne%nne
Q^iume ÍVfl,ììa.- h)t
ht fa san-fet,
san-tat, Qut^Wme
Qut^Wmetata- ft)e

LE

MUSICO

.

j£e ïîitú-tii2,í|uaîi[asau-6c-tos JEs-cfoL-u-jon fas mai-sous

^

DE

H.
3.

DAMMELLE

La cigale. —

è E. PüJOL.
4.

Un bon coup-

�90

ET
(COUNDE

PA
DET

DUR
COUSERANS)

Moussu Barroulhét que demourabo en un casteròt det coustatch de
Lará, pròchi dera hourèst de Binhohüèso. Qu'abió ciiìquanto ans ; n'èro
cap maridatch e nou maiìcabo cap de réndos ; mes qu'èro prou sarratch e
qu'abió io serbénto mes abaro qu'étch, era biélho Marioun.
U ancien camarado det coulètge de Sen-Girouns, moussu Marcoulou,
qu'èro marchant de büès à Toulouso, qu'imbitabo toustém moussu Barroulhét à béiigue ara bilo ; moussu Barroulhét que crenhó era despénso
det bouiatge ; cependént, que s'i décidée e que passée üét diòs dam soun
amie à amusa-s.
U an après, soun amie l'escribèc que beijguiô de croumpa io coupo de
büès ena hourèst de Binhohüèso e qu'anirió passa quaucus diòs enço
sièu enda méte aquéro coupo en marcho. Quan moussu Barroulhét
anouncèc aquéro noubèlo à Marioun, aquésto se metéc à escuma de
coulèro.
« Que bous bouléts hè ruina! Le diable bousquéje aquétch gargant ! »
Après repèichis, pendént que moussu Marcoulou èro en bosc, Marioun
diséc à soun mèstre :
« Quin apetit, aquétch òme ! Baleió mes carga-u que nouiri-u ! Mes
bési que minjo surtout forço pa e nou bòli pas que bous ruine ; ja è
moun idèo ! »
Quan et boulangé d'Audinac pourtèc et pa, Marioun qu'eu pausèc
eichus et tét at soulélh e que l'i dichèc pla seca.
Atj endemà, que metéc et pa secatch e dur coumo io pèiro eichus era
taulo. Moussu Marcoulou, qu'abió preiîgutch talent en courrén dedéns et
bòsc, qu'en minjèc mès que 'ra brèspo, e mêmou que diséc :
« Qu'áimi pla et pa dur : jamès nou tròbi que sió trop dur ! »
Ta lèu que hue sourtitch, moussu Barroulhét que diséc en coulèro à
Marioun :
« Foututch per foututch, dá-mous pa frésc ! »
Parla de Sen-Girouns en Couserans.

BARDIOS.

L'om.e que parlée tout mort
Ço qu'arribèc à l'entarromént dou praube Janòt, s'ei pas uo mentido,
ei quaucoun de réde ' estraourdinári. Bertat ou nou, qu'ag èi entenut à
dise quan èri dròlle, è que bous ac tourni coumo m'ac balhèn.
Aquet Janòt que demourauo pou cap de haut de Poumaurin, decòsto
Lanigai}, nou pòdi pas dise oun au sigu : tant de maisous qu'an disparicheut dempus le téns ! Qu'èro un òme traiìquilét, pas pèc, mes tanchepu

�91
simploun. Biélh acabat, que malautejèc uo seramanado, è que s'amourtichcouc2 coumo uo candélo.
Lendouman, quan estèc ouro de l'entarra, Mu Curé que l'anèc cuélhe*
en ço de soun, damme les clérs è la crouts : à Poumaurin qu'ei la coustumo de hè las aunous atau.
D'aquet téns i-auèuo pas, coum' aro, enta pourta les morts, un, carretoui) esprès. Que pausauon la cacho sur duos escautos 4 d'estoupo, que
hicauon uo barro de cado coustat, è que pourtauon à qüate. Atau que
hasoun enta u praube Janòt.
MuCurè que cantauo à la dauant, les autes que plourauon à la darrè.
I-augouc pas arrén à dise dipco qu'augoun passat le pount de Batalhè.
Aquiu les pourtaires, prumè de mounta la còsto, que pausèn, just à
l'endrét oun s'embrancauo 'labéts le camiii de Malotèrro damme le de la
Bugarro : qu'amiauon toutes dus à la bilo. Le de Malotèrro, un bricalh
mes court, qu'èro mes esquèr 5 : taplan. fòrço le-s preferauon. Le praube
Janòt qu'i passauo toustén, le diménge entout aná à la mésso, la semmano entout ana hè aguda las hèrros6.
Quin calèuo préngue? Aquiu qu'estèn pas d'acòrt. Mu Curé, coumo
dejilauo7 pramou de la mésso, que boulèuo bira au mes court. As pourtaires, le tupè de Malotèrro que les hasèuo pòu. Mu Curé, enta n'aué
le bouii8, que digouc :
— « Quan èro biu, le Janòt que passauo praquiu; aro qu'ei mòrt que
i'i eau hè passa tabéij. »
Alabéts — un. miragle sampa ! — le praube Janòt que s'arremudèc
entremiéi las pòstes9, è que parlée :
— « Quan èri biu, que passáuoi praquiu; aro que soui mòrt que m'en
chàuti10 !.. »
Auta lèu que daubrichcoun la cacho ; mes le praube Janòt qu'èro frét
coumo le glas : qu'auèuo parlat tout mòrt.
Mòrt douiic, qu'où hasoun passa per oun passauo biu. Mu Curé qu'où
cantèc uo bèro mésso, è que l'entarrèn de còsto sa hénno.
F'arla île Poumaurin, Uach-Couménges.

BLAS.

—
1, Très. — 2. Il s'éleignil. — 3. Chercher. — 4 Echeveaux. — 5. Acci— 6. Le contre de la charrue. — 7. Jeûnait. — 8. Avoir le dessus — 9. Les

INÒTOS.

denlé.

planches. — 10. Je m'en soucie peu.

LA CIGALÓ E LA BOUNOU FOURMIGO
Doumaiseléto Cigalo,
Un maiti de dimars-gras,
Soun biélh chale sus Pespaulo,
Sa guitarro dijou '1 bras,

D'en ço sèu per la pradéto
Sort, camlnou tristomént,
Jupos troussados pel bént,
La pauro doumaiseléto.

�92
Le Grilhou quito soun trauc
E tant que pot haut li crido :
« Cal rescalfura-t un pauc ;
Béne fè foc, ma poulido ! »

« Entrats ; è bòstis besouns
Me diréts, après 'no pauso... »
— « Se bouléts sabe la causo,
Soun dejúnou l1, fè üét jouns !.. »

— « Rai 1 la frét !.. Ço que nou ba,
Qu'ei la famé, que nou-s trigo 2...
Menham 3 se tròbi 'n' amigo
Que me dago 4 un mous de pa ! »

— « Dejúnou, ma cantairéto ?..
Segudats me bistomént :
A la cousinou, al moumént,
Mous demouro la soupéto. »
— « Ah, ah, bous ac lournarè,
Madámou, quan sió passado
Touto nèu... » — « Soun prou pagado,
E n'abéts ré dourfc à fè ;

È camlnou tristomént
La pauro doumaiseléto
Jupos troussados pel bént,
En bufan 5 dins sa manéto.
Les aibres grinçon, flourit?
De gibre e de glaço duro ;
Les auzèls piulon, transits,
En reclaman lour pasturo.

« Ré nou me debèts, coumpanho ;
La douçou de bous douna
E bòste cor de ganha
Me bal d'òr uno mountanhó.

Diu ! quan le cèl palle e gris
Amago les trèts gaujoûsis
Del soulélh, coum' un tapis,
Pes camps que de malurousis !..

« En entenén bòste cant,
Quan lounh dins les camps suzabo,
Tout en rizén e plouran
Més d'un còp que m'assietabo ;

Tout camino caminan,
Uèt-te 6 nòsto Cigaléto
Arribado, la pauréto,
Al pè d'un casse jagant

« E coúmou 'cò me disiô :
L'un per leba '1 gra 12 trebalho,
Més l'aute en cantan li balho
Le couratge que calió ;

Dount, en estiu, le
Coubrís 'na blapco
Que brèsso le frésc
D'un poulit riu pel

füelhatge
masou 7
ramatge
gazou.

« L'aute — qu'èro bous, Cigalo, —
Celèbro tout ço qu'es bèl,
La boúnou tèrro mairalo,
Le boun Diu, le biu del cèl... »

« Madámou, la caritat »,
Ça cantèc, gratan la pòrto ;
« Ai, de jou 'ajats pietat,
Que ne soun presque 8-bé mòrto !.. »

— «Oh, Madámou, qu'ètsaimablo!..»
— « Eh, quino causo admirablo ?...
De qué 'I prougrès serbira,
Se nou 'és per mous tira

— « Nòste Sénhe », ça diguéc
La boúnou dámou Fourmigo,
« Bous defòro !..' » — Lèu qu'abéc
Destampat10 : « Entrats, amigo !
Parla d'Esplas, canlou de Sen-Girodns

Del mal, soulo serbitudo ?...
Aiquí,3, dins ma soulitudo,
Ei pla bist que, tout coundat,
Ré nou bal la caritat. »
(Arièjo).
Louise MARROT.

— I. Peu importe encore ! — 2. Ne s'arrête pas. — 3. Voyons. — 4. DoDM
(subj.). — 5. Soufflant. — 6. Voilà. — 7. Maison. — 8. fresque. — 9. Dehors. — 10.
Ouvert. — 11. A jeun. — 12. Récolter le blé. — 13. Ici.
NÒTOS.

�93

L'E S C RI L H DE L A. SAUMETO

Parnuli s de A

.l Ci-mus f ca

Sttte

fè_

rru-nòr-Ecs.A-MS

posun a-fè

GEHVAIL,

de Carluuno.

[asbòr-dos,($&gt;r-h' feWlca-

cMs4ais,ptT

Jà-mw-si raaipratiíos^tóirri-bïinentrou-pèl ô)ts-ctipcriûsi)oT-ri-cosínp»i-tanli

fNf^fffró g XA dir
í û-Êèíi
û-Êèn (lu-jir^es-fTilj/dttû
au 11f ,-S.es-rr/íbíUCa sau-mé-to
saumé-to :

r

ir gi

r

aíin
a-ISòi &lt;UJJLI
(lujtt-.í^a
-.(sa tou
tou-(in
peu au l'òc
lue dit

/íc//vn
— « L'ubèn aujit,
L'escrilh

3

de la sauméto ;

L'abèn aujit :
Galoupèn au lòc dit. »
Camís è caminòrlos 1
Aco 's pas un afè ;
Pe's oustals, per ias bòrdos
Porti le boun cafè :
J'amúsi mas praticos,
Qu'arrlbon en troupèl
Chiscla :- per las barricos
En pintan bi noubèl :
liefrèn.

2. Bèt téms ou neuassadòs,
A la caut des toupís 5
Counténti las pressados :
üe-còps l'aigo bourís...
Tabé las bourdassèros
Serbéntos des castèts,
E d'autros cousinèros
Cridon en hèn tutèts °:
Re/rèn,

�94
3. N'amanhngarèi uno
As èls degourdidéts
E qu'au clar de la luno
Counte pas les poutéts.
Dechèn mas annadòtos
Merca qualque péu blaijc
blarjc :
Enda fòrço causòtos.
Moun èhit 7 es prou fraijc.
Refren.

5. Arribo la noucéto :
Tout estalabournit 13
Sarráboi ma noubiéto,
Moun astre tant poulit.
Per debat las oumbrétos
Me disió : « Praubilhòt,
lialho-me tas manétos ;
Cantèn un bricalhòt ! »
Refrèn

4. M'èi guinhat l'amourouso ;
Cal
Cal pas
pas èstre
èstre patut
patut ::
Uno dròllo poumpouso 8,
Tréndo
Tréndo coumo
coumo 'n
'n laitud
laitud 99..
Es demèste las bloundos
Qu'a prou patat 10 moun còr :
Mas amistats pregoundos 11
Cércon les péusses 12 d'òr.
d'or.
Refrèn.
Refren.

6. Ma caro coumpanhòto
Risió de boun maitiiî,
Pèi plourabo, tristòto...
— « Que te cal dounc, enfin, ?
Echugo tas legrèmos 14
Mes caudos qu'un tisoun !..
Ets pla toutos las mémos !
Cantariòts nèit è joun :
Refrèn.

Parla
Parla de
de Carbouno
Carbouno (H.-G.)
(H.-G.)
NÒTOS.
4.

—

1.

Sentier. —

Giboulées de neige. —

la pointe des pieds. —
Laitue. — 10. Battu. —

2.

5.

A.

Rire. —

3.

GERVAIL.

Grelot (ailleurs csquerilh signilie clochette). —

A la chaleur des pots, des marmites. —

6.

En se haussant sur

J'en amadouerai. — 7. Ardeur, élan. — 8. Plantureuse. — 9.
11. Profonde
— 12. Cheveux. — 13. Abasourdi. — 14. Larmes.

6.

UNO MA1TINADO D'ESTIU MOUNTANHOLO
•Passejado meu Cap-Iioung 1 amount
A

's meus bouni counfrais

F.

ESCAICII

b

J.-M. SERVAT

Poujat qu'èro2 à las aròlos3, sul cabichou1 bourgalhut5 de Fountfrédo,
pico qu'arredounéjo6 à uno miéjo ourado ensus de la Tour de Cap-Loung
soun parélh de cabéssos 7 arroundejados8 ta poulidomént que semejantos
soun 9 à diòs poupòtos madurejantos10 amagadétos 11 dijous un cos12
d'abajous 13 e de bourgalh 5. Me remirabo 14, peitrino bateganto 15 e uéihs
embescats 1G, la diusénco 17 bisto que me s'esplandissió 18 de cado part.
Albirabo19, cap al mied-joun, aquéros mountanhos pounchegantos20
biu amount, à las pounchos20 roucanterudos21 capetados 22 de nebès23
que s'enrenguéjon24 e s'escaléjon25 dempüeis le pounchou20 del Baliè
jusquos las carréstos26 osclejados 27 d'ensus le Còl de Pòrt.
Albirabo19 dins le founsaralh28 le maje29 Bal de Massât, berdénc30
couladou31 de poulidos riberétos que riberéjon cap al Salat, bebén-se, tout
passan, les rius e riuòts que descapbilhon 32 mountanhos abatch.
Albirabo19 tabès la plasentòto bilòto de Massât, tetado33 de nègre, que
quilho amount soun clouquè coumo anda trauqueja e espelbouta341»'

�95
broumos. Aquet clouquè qu'em sémblo toutjoun un dit eichulebat cap ai
cèl anda ensenha33 quand e à quinis que se sio 35 le cami d' « Auzór » 37.
Les Massadèls ja 1 counéguen, aquet camí de cap ensus, e pla se sap que
Massât es un païs poutouneiat de la muso felibrénco s'ount le pòble nou
se jauto38 brico de franchimandeja trop, e s'ount les felibres musiq uéjon,
mes embalamats 33 e clarinélhs 40 qu'en un bèth floc més de lòcs, e sense
carrascleja 41 ni chapouteja42, coumo fèn tròpis, coumo fèu jou.
D'auto part, albirabo 19 l'espelufado 43 e roujaludo 44 balèo pla noumentado45 del Bòsc, qu'acabo dijous Cap-Loung la flourinélho 4(i, poulido,
fouichéiîco Barguilhèro. Dins aquéro Barguilhèro, dins l'espelhimént 47
des bousquéts e las riquéssos campesinos, s'a causit, crési, le nisalh 48 e
rebresilho 49 besiadomént30 quaucu auserét des nòstis felibrejantis. Tout
enla, Fouich qu'arrequinquilho 3I, darrè uno mirgalhaduro52 de blat
daurat e de prats bérts, sas tres tours amb' un aire de dise que malgrat la
franchimandèro de founciunáris que s'i acolhissen 33, estoufan le bèt
regrélh 54 del païs, sira toutjoun Fouich, bilo nòsto, bilo biélho nòsto.
Enla més, jusquos bisto perdudo, l'esplandimén 18 gris, plapejat33 de
bért e esquantos tabès coulous bB, del planhòl toulousan.
D'auto part, saquela37, poulidéjo 58 le pais méu. D'abôrt, tout aquiu,
les penjols aibruts e négris de Cap-Louiig s'acatchon, penénts, jusquos
al founs del traucas escur s'ount gourrinéjo 39 l'Arizo encaro pla primòto ;
poudéts crése que las án-pos tousquirados 60 coumo de que se n'i a, las
nostos mountanhos, ni que malautéjon pos eijcaro de la pelado. Mes
abatch, Sentenac, Esplás, Mountaganho, Le Sarrat d'Agréu, la Pico
d'AIzén B1, nautétos mountanhos que siôn 32 dempiieis La Bastido, sémblon
d'aciu eichulebéts de boufos 63. La Bastido de Serou fumarouléjo 64 dins
soun clôt65 ranc d'Arizo : qu'es le païs meu e n'acabaió-ges 66 de-1 bantá
se fnjó tant que coumença ; dirè soulomént que mes que rés nou-n
semble, qu'es uno bilôto qu'emperlino 37 le miedjoun ; puió fourra-s 68
ambé Massât anda 'I soubriquét de « Païs del foc del cèl » 69, parce que
les Bastidéncs, quand soun escalfurats per qu'es que se sió que lour
trestéje70 per la timbourlo71, s'afôgon e escarlapéton72 coumo petitis
trouns de Diu73... Ja s'afougaiòn lèu à las idègos nostos felibrérjcos,
s'abiòn anço nôste dus ou tres de més coumo le meu pair! de l'Escolo,
que-1 bous arrecoumándi mes que-1 counegats de-téns-á 74.
Enla més, jusquos bisto perdudo, l'esplandimén 18 gris, plapejat55 de
bért e esquantos tabès coulous56, del planhòl toulousan.
Après abé pla albirat19 e remirat14 aquéris gránis enlas 73, albirabo 19
la mountanho tabès, de Cap-Loung pla linfradéto 76 e ta poulido dins soun
èste...
Le bestia s'esparrican77 pes repastes78 mountanhòls fasió retrouní
penjols e timbals 79 del couscourrilh 80 embesiaire 50 de sas cimboulos 81
mesclat al bram forobandit82 des roujals e de las pichos 8S, e mirgalhabo53
de picots84 blanquinéncs la jirbo 85 berdénco rousejado praciu praquiu per
plaposa3 de las pitchounétos ramotos flourinéncos de bourgalh5 que
l'auro maitinèro besiadomént50 abransoulabo 86.

�96
Las sapinèros qu'emmantoulon 87 d'un capét de bért negrénc les penjols penénts que s'ennautissen de cado part reguejats pes roujals que
boulirtgüon88 roucatèro abatch, abrandabon 89 à las raios de l'albo sus
párdis cabichous que bouludabon siaudomént à la bufaròlo 90 de l'auro
sul blu pallinénc del cèl s'ount quaucus estelétos beluguejabon 91 encarôtos
coumo pitòtos 92 blanquinéncos.
Les auseréts despertats per l'albo demèst les brouquilhous 93 s'ount
èron acourroulhats 94, jispabon 95 de cado part des boustusses, matasses96
e martigalhs97, e, demèst un bataclam 98 de rebresilhados 49, remenilhs e
piuléts s'ennautissiòn per la souleiado, alatejabon de lòc en loc, s'apausabon sus un rouquilh anda alanda à plasé le flularouleja 99 de Iour gargalhòl ,0°, picoutejabon las popoutos, ou, sus roumirçguès, les granhôts
roújis ou négris des aibrôts.
Pel cèl amount deja azuréric las agios coumençabon de falca, cerclejan
tout siaudomént e passejan louros majassos oumbrassos negrassos
demèst la pardo roucatèro s'ount lèbres e lapins debiòn fouleja abans
de s'entuta ou s'ajassa.
Pes taussous d'abatch, un pauc broumaderuts 101 se bejó praciu praquiu
uno blanquinéijco fumarôlo s'ennautf d'un oustal cap alcèl, s'ausissiòn
l'agradiu tindarouleja102 de las campanos abransoulados, les cacaracapoutchéts[0?&gt;, les jaupéts forobandits82 des farous mesclat al bram enferounit104 del bèstia que picabon defôro, la charlo 105, crits e renées 106
des pastous, e, per ensus de tout acó, la gaujo 107 cantarèlo d'uno pastoureléto jitan de cap amount e à plén naut de cap 198 tout soun esbaudimént
à la trelus 109 del soulélh rebiscoulaire e à toutos las poulidos causos del
Boun Diu.
Tout acó s'alandabo, se descabestrabo, s'esplandissió, s'esparricabo,
se mesclabo tout en un, couscourrilhs de cimboulos e raios de soulélh,
remenilhs d'auzeréts e berdou de la prado, cants de pastourelétos e bouludadis de l'auro pes sapis, piuléts e clarous, soulélh e cansous, géns,
bèstia e naturo, dijous Püélh amistadous del Boun Diu, dins un maje
barrejadis de toutis poulidétjes, anda fè la mes espectaclouso mirabilho
que se pousco : uno maitinado d'estiu mountanhòlo !
Louis

Parla de Labastido-de-Serou (Arièjo)

NOTOS. —

1.

Cap-Loung : Mouutanho pròchi de

tróbo uno pelito leur arruinado. —

2.

LAZERGES

Massât e La Bastido de Serou; on i

Monté que j'étais. — 3. A l'aube. — à. Pointe,

sommet. —5. Plein de bruyères. —6 Arreiomeja-s, « se balonner ». — 7. Têtes, sommets. — 8. Arrondies.— 9. Sont semblables. — 10. Jeunes seins mûrissants (Voy. Mistral : E sa peilrino rcdounello — Ero uii'pessègue doublée panea ben madur. Mirèio. cant. 1,

— 11. Amagadëtos, diminutif: cachées.— 12. Corsage. —13. Myrtilles. — 14.
J'admirais (pour moi). — 15. Battante. — 16. Embescals, arrêtés comme pris à la glu
(bësc) par chacune des merveilles qu'ils voyaient. — 17. Divine. — 18. S'étalait pour moi.
— 19. Albira, « regarder ». — 20. Pointant, pointes. —21. Rocheuses —22. Coiffées.
— 23. Nebès, « champs de neige •. — 24. S'alignent. — 25. Se disposent en gradins. —
26. Crêtes. — 27. Osclejat, &gt; dentelé ». — 28. Fond. — 29. Grand. — 30. Verdoyant. 31. Couladou, « endroit où coule quelque chose ». — 32. Descapbilha, • tomber ■. — 33'
Telat, « couvert» (se dit du toit d'une maison). — 34. Déchiqueter. — 35. Montrer.—
estrofo

25V

&gt;

�97
36- N'imporle quanti et à n'tmporlc qui. — 37. A'usàr (roman ancien), ■ plus haut! »,
devise félibréenne aussi. — 38. Se jaula, « se soucier ». — 39. Embalamals, pleins d'élan.
40.

Clairs,

son

plein,

claironnants.
qui

grince.

— 4!.
— 42.

Se

dit

du

Bavarder au

cor

de

chasse

hasard. — 43.

qui

ne

rend pas

un

Echevelée, ici chevelue,

boisée. — 44. Sillonnée de ruisseaux. — 45. Bien nommée (voumenta ■ nommer ■,
ne s'einplo e plus guère aujourd'hui que dans cette expression). — 46. Fleurie. — 47Epanouissement. — 48. Nid. — 49. Tiebresilha « chanter »; se dit des oiseaux. — 50.
Délicatement, agréablement et avec entrain. —51. Dresse. — 52. Semis de couleurs. —
5;ì. Acolhi-s, • se réunir ».—54. Pousse, g incration nouvelle. —55. Plaqué, tacheté. — 56'
E esquantos tabès coulous, «

et aussi de quelques autres couleurs •. — 57. Enfin ! — 58'

Poutidèjo • s'étend joli &gt;. — 59. Murmure. — 60. Tousquira, • tondre ». — 61. Sentenac, etc.:
Villages prés de La Bastide. — 62. Que sion. • bien qu'elles soient ■. — 63. Eichelube'ts de
boufos, taupinières (lilt. levées de taupes).—64. Laisse échapper de la fumée.— 65. Vallon.
_ 66 Ges, pas, point (mot négatif). — 67. EmperUna, « être la perle île ■

—68. Se bat-

ire, avoir dispute. — 69. Pais del foc. del cèl, sobriquet donné quelquefois à Massât dans
l'Ariège. — 70. Se rê.uue, s'agite. — 71. Timbourlo, tète. — 72. Eclatent. — 73. Troun
de Diu, « tonnerre ». — 7i.

I-a le'ns que debiùi aquet petit arremerciome'nt. — 75. Enta*

. lointains .. — 76. Linfradét, dim. de linfrat « oiné avec art ». — 77. S'éparpillant. — 78.
tepast, ■ pâlis ». — 79. Timbal. « précipice, pente rapide. —80. Bruit de clochette. —81.
Clochette. — 82. Eperdu, déchaîné (lilt. banni). — 83. Chute d'eau. — 84. Petits points.
— 85. Herbe. — 86. Abransoula « balancer ». — 87. Recouvrent comme d'un manteau. —
88. Boulingiia, ■ tomber en bondissant ». — 89. Abranda, allumer. — 90. Souffle. — 91'
Scintillaient. —92 Pilo, « étincelle ». — 93. Petites branches. — 94. Itlottis. — 95. Jispa,
«jaillir» —96. Matas, « bouquet d'arbrisseaux et de plantes ». — 97. Marligalh, ■ bouq-uct
plus grand et poussé sur

uu gros las de pierres ». — 98. Bataclan, charivari

— 99.

FMarouleja, « s filer ». Ici subst: ■ les jolies notes flùlées ». — 100. Gosier. — 101.
Broumaderul, « embrouillardé.» — 102. Tindarouhja « tinlemml ■ (Voy 99.) — 103. Cacaricapoulchét, cri de coq. — 104. Apeuré. — lfi5. Bavardage bruyant. — 106. Jurons. —
107. Joyeuse. — 1(8. A lue-léle. — 109. Forte luerr.

I.

AQUÉSTE NUMERO.

Edj orne que prouposc
Mes qu'ei Dieu que dispose...
UP cop de mès, qu'auém deuut souda numéros, è très si-bou-plèt.
Parcró, et Libe d'Or qu'auié parechut en Abriéu. Qu'ei dounc en Mai
souloméns qu'es nòsti Counfrais es seran troubats sénse aué poudut lége
Era Bouts. È mémo qu'auriém poudut paréche fin. Mai o at coumençomént de Junh ; erjearo qu'et Secretari, Mémbre dera Jurado des Grani
Jòcs Flouraus (238 oubradjes à edzamina !), housse estat oubbligat, premou
d'aeró è ta 'rrepresenta 'ra Gascounho, de 'na ta Marsélho è ta Ais de
Proubénço, j'ère prèst et N° fin Mai. Qu'ei marjeaue souloméns un artiggle de founs ; bèri'us des nòsti Counfrais qu'en arreclamen d'aquéri è
nü-an pas tòrt ; — mès, qtian eau qu'en balhen éii madéchi, qu'ess hèn
un chinhau tira'r'aurélho... Qu'auém boulut parcró qu'en i-auésse un,
deja en aquéste numeró, è que s'ei troubat lounc. E dourfc, que mous a
semblat que alabéts ço de miélhou ère de hè demoura aquéste N° iou
didzenado de diés de mès, de balha-i et counde 'rrendut dera Sento 'Stélo

�98
d'eiigüan pera madécho aucasiouii, è d'arretrapa enfin, atau dabb et mès
de Junh era dato det 15 è 'ra perioudicitat arregulièro d'Era Bouts. —
Mès que deuém tabén. hè segui aquéstes linhes de düés arremarques
d'impourténço.
II. Avis

IMPORTANTS.

[Açotau qu'ei en francès, ta qu'arrés nou s'i troumpej.

1. Nous prions encore une fois nos Collaborateurs de
nous adresser leurs articles de fond ou leurs pièces de
poésie et de prose assez à l'avance, soit un mois environ
avant le moment où ils désirent les voir paraître. (Les
Nos de Juillet, d'Août et de Septembre resteront distincts).
2. Dès que le présent N° aura été expédié, nous ferons
présenter leur quittance à ceux de nos Membres ou Abonnés non encore en règle pour 1913 (avec 0 îr. 50 en plus
pour les frais).
III.

NAUÈTS

COUNFRAIS.

438. ESPANA ROMEVA Joseph, à Salardú (v. d'Aran, Espagne).
439. IcART, instituteur, à Soueix (Ariège).
440. MORÈRE, docteur-médecin, à Saint-Arroman, par Labarthe-deNeste (H.-Pyr.).
441. CONDÓ Joseph (abbé), curé de Salardú (v. d'Aran. Espagne).
442. SÉVÉRAC Marius (de Lombez), instituteur libre, à Aspet (H.-G.).
Presentats per MM. Sandarán, V. Bardou, MME de Barry, B. Sarrieu.
— Que mous arregaujim surtout der' adesioun. de dus balénts Aranédi ;
M. l'abat J. Condó que sera mémo un des nòsti mès boúni coulabouratous.
De mès, que poudém marca acitau MM.
443. FONTAN Pierre, 6, avenue Colbert, Toulon (Var).
444. DELPONT Jules, chemin de Confient, Perpignan (Pyr.-Or.).
à qui parlèrem à Ais, è qu'en escámbi det serblci dera Bouts mous bouleran plan téngue at courrént det moubemént felibréric en Proubénço è 'n
Arroussilhoun è Calalounho : que les n'èm hòrt arrecounechénts ;
Enfin,
445. Mèl° Marguerite PRIOLO, arrèino des Felibres Limousis è aro
arrèino det Felibrige antiè tadaquéste settenari (1913 1920), presentado
per M. Secheyron. Que bo 'rrecébe Era Bouts dera Mountanho è acoustuma-s ara nòsto léngo, entretant que poúsquie béngue en Gascounho
è mémo assista, ce mous hè dide, à quauquió des nòstes felibrejades.
Qu'apreciam coumo deuém aquéro demarcho è aquéro proumésso tant
aimabbles, è que mou-n sentim at-fèt aunourats.

�99
IV.

ACADEMIÓ

DES

JÒCS

FLOURATJS.

Qu'èm estadi eroúsi det succès de bèri-'us des nòsti Counfrais tat
darrè Councours der' Academió des Jòcs Flouraus.
[o En francès :
Auvent de Gascogne, sounéts libres, per M. 't Douctou E. LEVRAT,
que ganhèc iou primauéro.
2° En lér/go d'O (er' Academió qu'auié 'rrecebut 138 oubradjes) :
La Galèro, (arrecüélh), per M. P. FONTAN, à Touloun, que ganhèc un
soucí ;
Lo Brande de las Oras (id.), per M. L. GOUYER, de Pont-SantEsprit (Gart), que ganhèc un. soucí ;
En segountin Perracs (pouesio), per M. J.-B. BEGARIE, de Pountac,
(B. P.), que ganhèc un ulhét :
Es áuti lauréats que soun MM. J. MONNÉ, J. LADOUX, J. PONS, B.
ASTIER, è Al. PEYRON.
Qu'èm tabén. estádi eroúsi de béi qu'un, prêts de 509 fr. ei estat décernât à La Belle Chanson, de M. Marius LÉGER, è de béi demèst es Prètsi
de Bertut dués Coumengéses : M10 Thérèse GRENET, à Marinhac, è Mm0
Loo, à Sen Lauréns de Nèsto.
V.

Era Sento 'Stélo de 1913 à Ais.

Era Sento 'Stélo d'eiîguan que houe particulièroméns brilhanto, premou des Jòcs Flouraus Settenáris. Que s'ei passado counfòrmoméns
at prougramo. (Om sap qu'et Coungrès generau proujetat es terjguera
souloméns en 1914).
I) Et nòste Secretári que houe aciéu et soul arrepresentant dera Gascounho. Ena sio qualitat de Mémbre dera Jurado des Grani Jòcs Flouraus
qu'au calée trouba-s à Marsélho et dissatte 10 de Mai deja t'arresta-i es
darrès detals det Palmarès dabb es sòs Couufrais (Béi ci-après). Entretant, à Ais, era 'Scòlo de Lar (aquét nom que bén de Lar, beritabblo formo, ce paréch, de l'Arc, avribèro que passe à Ais), coumpousado surtout
d'estudiants è presidado per M. de Gantelmi d'Ille, que preparaue iou
bèro hèsto : déjà, et dissatte de sés, arretrèto as flambèus è farandòlo.
IL) Et diménje maitin 11, dió de Pentocousto, que poudém enténe, à
Sen-Saubaire, tara misso grano, aires proubençaus dabb acoumpanhomént de tambouris è tabén un. bètch sermoun de M. l'abat Mascle, en
proubençau. Deja 'ra mès grano partido des Felibres que soun arribats. A 2 oures, era coumissioun det Gai Sabé que s'amasse Otel
Nègre-Coste. A 3 oures, et Counsistòri madéch, at sièti der' Academió
Sestiano.
1° Acamp « particuliè ». Era prumèro questioun qu'ei era nouminacioui) de tres majouraus, en arremplaçomént de MM. A. Planté, P. Devo'uy è X. de Fourvières. Era prumèro cigalo qu'arrebén. at prumè tourn adj
abat Bonafont, a Lo Pastorellet de la Vall d'Arles » (Qu'ère presentat

�100
surtout tara segouudo, è boulut per tout et Counsistòri, om ae pot dide ;
mès atau Pahy nu 'i cap estat noumat, e 's brabi Proubençaus qu'an
troubat un sistèmo ta èste generousi (!) tas Catalas at dcspént des liascous. Aquésti que deuerién aué auméns 5 Cigales d'après et noumbre de
lous Mantenéires, è, s'es causes s'arreiîgauen, aué-n autant coumo 'ra
Proubénço o 't Lerìgodòc. Passém, pet moumént) ; erasegoundo, at prumè
touin, à M. Jouvcau, capiscòl dera 'Scôlo Mistralénco, à Arles ; era 3mo,
at3mo tourn souloméns, à L. Charasse, arregént à Mount Favet (Vaucluso);
que bouc caudoméns disputado éntre étch, edj abat Payan è Michalias.
2° Après, « acamp generau ». Sus era questiourç dera ourganisacioui}
des Mantenénces, qu'ei descidat, pet moumént, de nou pas accepta-n de
nauères, n'en Arroussilhoui), n'en Bêlai, n'en lòc mès. — Es noumina
cious de mantenéires que soun arratifleades. Que i-auée 250 arradiacious,
des qui 135 dera Mantenénço de Gascounho è Biarn. (Nou-s eau. pas
troumpa aquiéu-dessus : es Gascous nou soun pas mès c sarropiastres »
qu'edz áuti, mès cadui) que sap que i-a uv mau-entenut éntre 'ra 'Scôlo
G. Febus è 't Felibridje : aquiéu 'ra soulo arrasoun). — Es coundes
financiès der' annado 1012-1913 que soun aproubats ; era sitüacioun qu'ei
bouno, è felicitacious que soun boutades tat Baile, en J. Fallen, tat sòn
debouomént qu'admiram toúti. — En B. Sarrieu que demande 'ra paraulo
ta dliés arremarques, que nou s pòt téngue de hè. Que dits que « sense
boulé da counséls ne demanda 'rréì}, qu'espère que, per bouno boulentat de part è d'auto, et mau-entenut qu'esplique era sitüaciouv dera
Gascounho en faço det Felibridje s'arrer/gara ». Que demande tabért
qu'ena listo des Mantenéires Gascous per departoménts, p. 120-128 det
Cartabèu, es departoménts der' Ariéjo, dera Hauto-Garouno, det Lot-èGarouno, dera Giroundo è det Tarn-è-Garouno sién marcats at miéi dera
pajo, coumo 'n soun es des Hautes Pirenées, des Baches-Pirenées, det
Gèrs è des Lanes, ta qu'es béje a-drét era beritabblo granou dera Gascounho (quáuqui Felibres Gascous que soun d'alhurs marcats per errou en
d'autes Mantenénces). — En J. Fallen que hè part de quauques dificultats
de prencipi : quaúqui Mantenéires arregulièromént marcats qu'an arrefusat de paga que seran effaçats. Arremarca qu'es Mantenéires marcats
abans et 31 de Decéme 1912 an pagat ta 1912-13; es marcats après et
lù de Jè 1913 que pagaran souloméns ta 1913 1914. — Enfin, M. de
Villeneuve, at nom dera Coumissioun. cargado d'arrecerca 's councoúrsi
qu'aurién poudut, en aquéstes darrères annades, counda ta Jòcs Flouraus
det Felibridje è balha as lous lauréats dréts tat titre de Mèstrcs en Gai
Sabé, que dits qu'aquéro Coumissioun nü-a pas poudut encaro méte at
punt et sòn trebalh, mès qu'acrô sera hèt ta 1914, è que proupòse de
destingua tadacrô qfiate categouriés de couiícoúrsi, mès o méns felibréncs,
ço qu'apròbe et Counsistòri. — Om sap qu'et Cour/grès generau aura lòc
souloméns en 1914. — Et sé, era 'Scôlo de Lar qu'arrecép aimabbloméns
es Felibres presénts.
111) Qu'ei era 3m0 journado, 12 de Mai, Dilus de Pentocousto, que

�Í01
s'en ba èste et gran dió dé hèsto. A 10 oures 1/2, Mistral qu'arribe en
autó, cours Mirabeau, è ja bous poudét pensa es aclamacious è 's aplaudiménts. Que s'arrèste un moumént en ço de M. d'Ille, pus que part en
büeturo, dap Mmo Mistral, Mòl° de Baronceili è 't Capouliè dinquio 'ra
Coumuno, aoun, ena salo des Estats de Proubénço, l'arrecében M. Bertrand, prumè còssou dera bilo, è touto 'ra Municipalitat. Et discours det
Maire, en proubençau, qu'ei ço que deuié èste ; Mistral que l'arrespoun
en ensista sus es libertats è 'ra beutat dera Proubénço. D'aquiéu, que
s'en ban tara Facultat de Drét : quáuqui mèstres abans, es estudiants
que desatélen es chibaus è qu'amién era büeturo deuant era 'ntrado dera
Facultat : M. B. Gassier, et jüén presidént der' Asouciacioun des Estudiants d'Ais (è b.-presidént der' Assouciacioun des Estudiants de
Franço), pujat en pedestalh dera 'statuo de Peiresc è 'ntourniat des sòs
camarades, que hè en proubençau un discours ardént à Mistral, qu'estudièc d'auti còps et drét à Ais étch tabén. Mistral que l'arrespoun dabb
emoucioun.
IV) D'aquiéu que bam tout drét tara Taulejado de Sento'Stélo, en
beròi casau des ïèrmes. Que i-èrem 300. Mistral que i-ère tabéii. Es
téns qu'ère pur è cant. Lèu qu'arribe 'ra ouro des discoúrsi è des brindes.
Que parle tout prumè et Capouliè, en manda 't sòl) salut à touto 'ra
Tèrro d'O. Pus, M. Reynier, de Touloun, qu'entoune 'ra Coupo Santo.
Alabéts, Mistral qu'es lhèue, è que cante « La Cansoun dis Avi &gt;; (Era
Cançoun des Aujòs), de iou bouts prou hèrmo, mès que hè tremoula era
emoucioui} : ja sémble que ploure... Touti 's presénts que soun sazits,
è 's aplaudiménts qu'es proulounguen. Et Baile que presénte es escuses
des arrèines apséntes è de M. Charles-Brun, at nòm dera Federaciouií
Arregiounalisto Francéso. Qu'es Ihèuen ericaro : era 'rrèino det Limousin,
Mèl° Marguerite Priolo (que s'en ba èste prouclamado tout aro Arrèino
det Felibridje) ; M. de Ganlelmi d'Ille at nom dera 'Scòlo de Lar ;
P. Roman, sendic de Proubénço, que dits « l'Espouscado » de Mistral ;
Charlouij Rieu, que cante et sòn « Viage à Paris » ; Charasse (nauètch
majourau) que parle è que dits bèrsi ; V. Lieutaud, que demande as
estudiants d'estudia 't proubençau ; De Montaut-Manse, que proumét à
Mistral qu'es estudiants seguiran es sòs esclaus ; B. Sarrieu, que parle
at nòm dera Gascounho ; et douctou Barrios, at nòm dera Catalounho ;
edj abat Pascal, que dits un sounét ; un arrepresentant des Proubençaus
dera Rouchèlo, que parle coumo cau ; Mistral qu'es tourne lheua
t'arremdrcia-u, en hè 'rremarca que Sento 'Stélo ei 'ra patrouno d'aciéu.
Enfin, se nou hèm pas errou, et Baile que létch es escuses è 's bòts des
apsénts ; era létro mès toucanto, helas, qu'ei era de M. de Caumon, et
nòste boun Counfrai, que mous escriéu qu'at moumént aoun arreceberam
aquéri mòts étch aura sampa cessat de biéue !.. (Béi et prouchèn numero.
Que balham acitau et brinde de M. B. Sarrieu at nòm dera Gascounho :

« At nòm dera Gascounho qu'ei jou, un còp de mès, qu'è 't deué è V

�102
)) aunou de balha, ar' aucasioui) d'aquésto Sénto 'Stélo, et salut ara Prou» bénço è à touto 'ra Tèrro d'O.
» Es Gascous nou s troben pas güaire noumbroúsi acitau. Que soun
» lounh, ûitat, è qu'ei de cap à iaute parçaij dera tèrro è det cèu qu'ej
» aurientado 'ra Gascounho. Dabb era sio Garouno escumairo è brulhanto,
» dabb es sòs Nèstes è 's sòs Gabes, qu'ei de cap adj Aucian berdouj
» qu'ei abiado, è de Bourdèus à Baiouno que i-arrèine parciéu enla ; dabb
» es sòs háuti Pirenès, toustém nheuousi, es sòs bastes planhères de
» Lanomezai} è de Gèr, è 's coulines qu'en debaren en imménse bentalh,
» qu'ei faço at nòrt que s'espandéch, è qu'es dréce, trinquejanto
prèsto
» ta manté'ngue éro tabén, — d'après et sòn génh, ara sio manièro, —
» era nòsto léngo d'O... E j' aurié mémo 't couradje er' amo gascouno,
» que nu-auéc pas jamès pòu d'arrén, è que sap prou ce quin tira 't
» glaibe, quan déu apara 't soi} drapèu, ta hè-c à caso sió, se calié,
» touto soulétol... Mès, de 'na soulo, que nou l'agrade ; è tribblat è
» qüadrubblat qu'es troubara et nòste ahí miejournau, mès que dabb es
» sòs toudounhes 2, es ames dera Proubénço è det Leiigodòc, det Limou» sin, det Perigòrt è der' Aubèrnho, det Daufinat, dedj Arroussilhoun è
» dera Catalounho, poúsquie marcha d'up pas esgal, at-fèt aliat è unit !
» Ara Proubénço espitalèro, è à touto 'ra Ouccitanió, acitau arrepre» sentado, adj illustre è benerat Mistral, è ar' aimabblo 'rrèino d'aquéste
» nauètch settenári que pòrti dounc et mès fièr salut des nau arregious
» dera Gascounho, des îiittanto Mantenéires Gascous, è, particulièroméns,
» dera 'Scôlo deras Pirenéos ».
V) D'aquiéu, en qüate pássi, qu'arribam tat lòc causit ta tengué-i es
Grani Jòcs-Flouraus. Era 'strado, aoun prénen plaço Mistral, et Capouliè,
es Arrèines è 's prencipaus lauréats, que doumine iou 'spèço d'amfiteatre empliat de iou foulo que nou s pòt counda. Per tanco qu'ei prénen
paraulo : 'Na Mario Mistralérjco, Mèl° de Baroncelli, pus et Douctou
Vabre ta lége edj arrepòrt det Courjcours. Quan n'ei arribat ara proucjamaciouiì det prumè lauréat de pouesió, M. Bruno Durand, d'Ais,
aquéste que s'auance de cap à Mèl° Priolo, ta prouclamá-lo 'rrèino d'aquéste
settenári (1913-1920); era 'rrèino qu'au mét sus et frount iou courono
d'oulibiè en argént è qu'au hè dus punéts tout fraricoméijs ; étch qu'au
létch un arremerciomént en bèrsi, è M. Fallen que létch iou adréço
dera 'Scôlo limousino « de la Setièra ». M. Vabre qu'arreprén et sòl)
arrepòrt, pus es tambouris que jôguen è Artaléto que mous dits bèrsi
sus et coustume arlatéijc. Edj arrepòrt qu'arreprén encaro, è 't prumè
lauréat de pròso, M. Bourgade, qu'ei prouclamat. Era seénço que
s'acabe per cansous det tant poupulári Charlouv Riéu, que Mistral
embrace.
Aquéro hèsto que houe en bertat merbelhouso. Mistral que s'en
tourne cours Mirabeau è d'aquiéu ta Malhano : jamès arrés d'aclamat

i.

Vibrante. — 2. Egales en âge.

�103
coumo étch ! Diéu l'au balhe encaro loungo bito è prousperitat ! — Et sé,
hüéc d'artifici, pus Bal Mirèio, en bèri coustumes de Proubénço.
• V) Era plaço que mous manque ta balha acitau en detalh et palmarès
des Grani Jòcs Flouraus (que i-auéc 238 oubradjes à edzamina, des
quaus un boun noumbre de 1000 à 4000 bèrsi o de 100 à 200 pages de
pròso !...), è 'nço que btm dide quauques errous que soun poussibbles.
Mès que mou-n bouleriém de nou pas senhala es des nòsti Counfrais que
houren arremarcats : es lous noms que soun en carattáris grássi ci-après.
1» Poueiïó. — Qu'an ganhat : 1. Bruno Durand, d'Ais : Courouno
d'argént è prêts de 1000 fr. balhat per « Occitania » ; 2. Fontan, de
Touloun, Arròso d'argént ; 3. De Montaut Manse, de Lunel, Ulhét d'argént; 4. X. Rivière, Medalho d'or; 5. Sfenosa, Medalho d'argént;
6. Guichard (Limousin), 7. Peyron (Proub.) è 8. Lavergne (Agenés),
'Med. de brounze,. — Après : Diplômes à MM. 1. L.-Roux, 2. Gr. Du
rand, 3. J.-B. Astier, 4. P. J. Bedard, 5. E. Levrat (tas sòs pouesiés
« L'Ama gascouna »), 6. Cambos (tas sòs « Piuléts de Laüuto »), 7.
Masifern, 8. Mèl° Dode (Pouesiés proubençales), 9. R. Marcellin, 10.
E. Long, 11. A. Maurel, 12. H. Martel, 13. Marquis de Sén-Paulet,
14. Bonafé, 15. Fr. Brousse, 16. Bigot, 17. F. Escaich (« Mas éntos de
lésé»), 18. Pélissier, 19. MÈ1° Ferrer, 20. J.-M. Servat (Sounéts),
21. Arrix (« Flous d'Aussau »). — D'autes òbres que houren arremarcades, mès nou semblèren cap mérita de Diplòmo d'Aunou.
2° Pouèmes seguits. — Diplômes d'aunou à MM. 1. Berthier, 2.
Teissier, 3. Naples (de Coundòm, Membre dera 'Scôlo Gastour)-Febus,
tat son pouèmo « Mïouno »), 4. Jallois, 5. Lucien Poque (de Caubios,
près Lescar, ta « Pierroulin è Meliná »), 6. Peyré, 7. Abric.
3° Proso. — Que ganhen flous ou medalhes MM. 1. Bourgade, de
Maurs en Cantau (dabb et prêts de 500 fr. balhat per « Occitania ») ;
2. Bonnefoy-Debaïs ; 3. Jan Caslagno, d'Alès ; 4. P. Ruat. — Diplômes d'Aunou : MM. 1. l'abat Dambielle (ta « O moun Païs ! »), 2.
\'abat Cler, 3. Dezeuze, 4. X. Rivière, 5. Chèze, 6. Donnay, 7. Nat,
8. Bonifay, 9. Chevalier, 10. Stehlé, 11. Ludovic Troyes, 12.
Bonafé, 13. Lignières, 14. Cl. Roques (ariegés, tas sòs « Velhados
d'Arièjo »).
4° Teatre en bèrsi. — Dezeuze (ta « Sen Roc de Mountpelhè ») Med.
d'or; 2. Mèl° Navarre (ta « Muguéto »), Med. d'argént; 3. P. Roustan è
4. Astier, Med. de brounze. — Diplômes à MM. 1. Bourges, 2. Fousson,
3. Maurel è 4. Amalbert.
5° Teatre en proso. — 1. M. l'abat Daubian, Bice-Presidént
dera nòsto 'Scôlo deras Pirenéos, ta « L'Estacadé », Medalho d'òr ;
2. Chèze, Medalho d'argent ; 3. M, l'abat Dambielle (tas sòs pèces

�104
Et Perdoun, La Caritat, Un petit dinna, etc.) Medalhcr de brounze.
— Diplômes à MM. 1. Uezeuze è 2. P. Cugulière (de Beziès).
6° Arqueoulougió, Istòrio, Eslúdis. — 1. M. lioustan, Méd. de
bronze. —Diplômes à MM. 1. Flamme, 2. Bruno, 3. Ch. Martin, 4.
Chaix, 5. Long, 6. Abat Cler, 7. Carlavan, 8. Chèze (Boucabulári
limousin).
7° Galéjades en bèrsi. — 1. Dezeuze, Med. d'argént ; 2. Abat Bourges è 3. Ginovés, Méd. de brounze. — 8. En pròso. 1. Dezeuze. 2. Abat
Bourges, 3. Stehlé (Delpont Delascabras).
9° Journaus. — Diplômes d'aunou à 1. Dezeuze (Directou de « La
Campana de Magalouna ») è 2. Bruno (Proupagando felibrénco).
10° Musico. — M. Gebelin, Medalho de Brounze.
Es Mémbres dera 'Scôlo nôsto que ténguen doupc iou plaço hôrt
aunourabblo en aquétch councours ; que soun mémo at prumè 'rrénc ena
seccioup « Teatre en pròso », è que les n'aplaudim de tout còr.
VI.

MANTENÉNÇO DE GASCOUNHO

E BIARN

Nou mous eau pas desbremba de dide que M. Fallen, Baile det
Felibridje, arremetéc à Ais à M. B. Sarrieu, sendic proubisôri dera
Mantenénço de Gascounho è Biarn, era soumo de 105 fr. (mitât, d'après
es estatuts, des coutisacious des 71 Mantenéires Gascous qu'an pagat ta
1911-1913). Aquéste qu'es proupôse de téngue lèu iou Amassado dera
Mantenénço, ta béi édj usadje à hè d'aquéro soumo, tratta d'autes questious prou délicates, è 'n prumères nouma 't Burèu deflnitiéu: qu'adrecera
lèu tadaeró iou circulário as Mantenéires.
VII.

COUIÎGRÈS DE PERIGUS.

Era UniouTj Istourico è Ârqueoulougico det Sut-Ouest dera qui hè
partido 'ra nôsto 'Scôlo que tenguerá et sôn prouchèn Coungrès à Perigus, det 29 de Julhét at 2 d'Aoust. Es qui-n boulhen hè partido que
deuen adreça à M. Féaux, dinerè det Coungrès, 50, carrèro Combe-desDames, à Perigus, era lou adesioun, era demando de miéjo plaço en
camin de hèr è 's lous ôbres, dabb ui{ mandat de 5 francs, abans et
29 d'aqueste mes de Junh. Que tenguém prougrames ara dispousicioun
de qui-n desiren. M. Villepelet, secretári det Coungrès, 21, carrèro Lakanal, à Perigus, qu'en mandará tabéi} at qui l'en demande.
VIII.

ERA NOSTO HÈSTO D'EIIGUAN

En N° de Julhét que balharam detals at sujèt dera nôsto hèsto de 1913,
è que coumpletaram aquéstes Noubèles.
— A la demande de plusieurs Confrères, le dernier délai pour notre
Concours est reporté au 30 Juin.
B. S.

CI 0.0.

BEZiERS

�RÈGLES TRÈS SIMPLES POUR LA LECTURE DU GASCON
I.

— PRINCIPES ESSENTIELS :

1» Toutes les lettres se prononcent \ et avec leur valeur propre;
2° Cette valeur est presque toujours la même qu'en français.
IL — REMARQUES SPÉCIALES.

1° Consonnes.
— Cheij (ou g devant e et i) se prononcent comme en français,
quoiqu'un peu plus mouillées 2. Cela dit, tch, Ij, dj sont sans difficulté.
— // isolée est toujours aspirée, jamais muette. — Mais h, après une
autre consonne, marque une mouillure.
Donc Ih et nh représentent / et n mouillées [Ex. : bilho « bille »,
binho « vigne], et th est un t mouillé (entre ty et tch) [Ex. : bèth
« beau », ailleurs bit ou bètch].
Au contraire, dans // on doit faire entendre les deux l, et dans gn le g
dur et \'n3 [Ex. : abille « habile », igniciour/ « ignition »].
En outre, si l'on voit écrit l'h et n'h, c'est que là /( doit être isolée de
l et de n et par suite aspirée [Ex. : cal'ha, bien'hèl}. Le signe ' sépare
donc dans la prononciation les deux lettres entre lesquelles il est placé.
— T est toujours dur (tió ne se prononce jamais sió, etc.). Le t de
l'article et s'accommode ou s'assimile à la consonne initiale du mot suivant.
— V se prononce toujours t&gt;, comme en français et en provençal4.
— R et s sont très douces entre deux voyelles (aro, caso).
— Distinguer de l'n ordinaire I'??, qui est gutturale ; prononcer donc
paii, mert, SOT? presque comme en français pan, main, son.
2° Voyelles et Semi-Voyelles.
— Ou est la seule voyelle s'écrivant avec deux lettres.
— Sont ouvertes è et Ò, comme marquées de l'accent grave,
— Faire ressortir les voyelles portant un accent aigu (d, i, Ó, où, u)
ou circonflexe (è, ô), et de même è et ò en général.
— L'e sans accent se prononce toujours é fermé 5. Ce n'est que si on
trouve, ici, œ et e qu'il faudra lire « eu » et « e muet », à la française.
— Comme IV, lï et 1'?/ pures voyelles gardent toujours leur valeur °,
même devant m, n ou
(Ex. : bént, bit?, hum, etc). De même, i'i et l'w
portant un tréma (i, ii) restent purement i et u.
— Il n'y a vraiment d'un peu délicat que les diphtongues (difficulté nulle
d'ailleurs pour qui sait lire l'espagnol, l'italien ou l'allemand); il suffit
pourtant de remarquer:
Que y se prononce toujours comme l'y du français yeux (Ex. : you) ;
Que à se prononce toujours comme Vu du français suite (Ex. : diiés) ;
Que M se prononce toujours comme Vu du français équation (Ex. :
qüale)'1 ;
Que, après une voyelle ou entre deux voyelles, i vaut y et u vaut ü ;
que donc, dans au, eu, eu, iu, òu et ai, èi, ei, òi, oui9, il faut prononcer
fort la lère voyelle en la faisant suivre d'un ou ou d'un i faible et bref ;
Enfin que, comme en français, u est muet dans que, qui et gue, gui.
III. —

CONSEILS PRATIQUES.

Pour s'habituer, épeler S ou 3 pages d'Era Bouts, dans son parler ou
dans un parler voisin, et les reprendre ensuite de vive voix.
-

NOTES (CONCERNANT I&gt;"AL IIIES DIALECTES). — I. Beaucoup île consonnes (inates sont muettes en provençal. — 2. Certains parlers languedociens el provençaux les prononcent ts,
il, ou tch, dj à peu prés. — 3. Cependant beaucoup d'auteurs (surtout provençaux)
emploient gn avec la valeur de nh. Les Catalans emploient II pour Ih et ny pour nh, x
pour rt et c/i final pour c dur. — 4. Les Catalans el certains Languedociens écrivent
pour l'élymoloRie v tout en prononçant 6.-5 Cependant, en béarnais et surtout en
laminis, e final vaut souvent ■ e muet » français ; en catalan, on prononce même
ainsi la final alone. — 6. Les Catalans prononcent i'u ou. — 8. Les Béarnais écrivent
&lt;|uoale, etc. — s. Les Béarnais et certains Catalans écrivent ay, èy, oy, etc.

�STATUTS DE L'ESCÔLQ DERAS PIRENEOS
''*^^y^v'l^"!l'est fptidé,'pour.la région gasconne de la haute Garonne et
•jfi^ps affluents» un^e·Ecoll'·félibréenne qui prend le nom d'Escolo deras
i^flunéos ( Kcol^'d^Pyrénées).
■ ART. 2.', L^s^g&amp;'iîê ('bcdle est à Saint-Gaudens. — Elle comprend
' '.trois 'grandes tfzcfiÓns : 1° Haut-Commiuges, Nébouzan, Quatre-Vallées
(Saint-Gaudens) ; 2° Bas-Comminges (Muret) ; 3° Couserans (SaintGirons).
ART. 3. Le but de l'École est de maintenir et de relever la langue
gasconne du Comminges et du Couserans, de conserver les traditions
et les usages locaux, et de développer la vie régionale.
ART. 4. L'École s'interdit absolument toute polémique politique ou
religieuse, soit écrite soit orale.
ART. O. Les Membres Actifs paient 6 francs par an, et ont droit au
titre de Félibres et à toutes les publications de l'Ecole. — Les Dames
sont admises. — Les Bienfaiteurs de l'Ecole pourront être déclarés par leBureau général Membres honoraires. — Les Membres perpétuels paient
120 francs et sont inscrits à perpétuité sur la liste des Membres.
ART. 6. Il est recommandé, en envoyant son adhésion au Bureau
général, d'indiquer, en outre de l'adresse, le lieu d'adoption au point de
vue dialectal.
ART. 7. Il y aura des Croupes locaux là où plusieurs Membres Actifs
(5 au moins) décideront d'en établir un. Tout Groupe devra se rattacher
à l'une des trois Sections.
ART. 8. Les trois Sections et les Groupes jouiront de la plus grande
autonomie, à la seule condition d'agir conformément aux Statuts notamment de respecter les articles 3, 4 et 5, et de se tenir en rappor,. avec le
Bureau général.
ART. 9. L'Assemblée générale de l'École, composée de tous les Membres Actifs, doit se réunir une fois l'an. Elle peut modifier les Statuts à
la majorité absolue.
ART. 10. Le Bureau général est élu au scrutin secret pour 3 ans par
l'Assemblée générale. Il est composé d'un Président, de trois autres
membres, ayant rang de Vice-Présidents et réprésentant chacun l'une
des trois sections de l'Ecole, d'un Secrétaire-Trésorier et d'un SecrétaireAdjoint. — Le vote par correspondance est admis pour cette élection.
ART. 11. Les questions relatives à l'administration de l'École, à ses
publications, à ses fêtes, à ses relations extérieures, sont réglées par le
Bureau général.
NOTA. — Composition du Bureau général pour 1912-1915: Président, M. L. de Bardies, à Soulan, par Aleu (Ariège) ; Vice-Présidents,
MM. Y.-Ü. Dufor, curé de Labarthe-de Rivière (Haute-Garonne) [HautComminges], B. Daubian, curé de Villefranche-d'Astarac (Gers) [BasComminges], A. Teulié, directeur d'école à Saint-Girons (Ariège) [Couserans] ; Secrétaire-Trésorier, M. B. Sarrieu, professeur au Lycée,
121, Rue Lacapelle, Montauban (Tarn-et-Garonne) ; Secrétaire-Adjoint,
M. J.-M. Servat, pharmacien, à Massât (Ariège).
Le Gérant : N.

ARADIE.

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              <text>Era Bouts dera mountanho &lt;a href="https://occitanica.eu/items/show/10927"&gt;(Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue)&lt;/a&gt;</text>
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              <text>Era Bouts dera mountanho. - Annado 09, n°04-05-06 (Abriéu-Mai-Junh 1913) </text>
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