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                  <text>üe Grillon de Toulouse
Nouïrigad dé Toulouso, mé
plaï dé manténi soun lengatché
tièl.
GOUDOULI.

l'

/\6ÛUKÛM£Nf&gt;

—

"^ÔÛ'

"

LÉ DITCIOUNARIMOUNDI
SÉ TROBO :

Paris, chés A. PICARD et FILS,
libraris, 87, rue Bonaparte.
A Toulouso, chés MARQUESTE, librari, carrièro Sen-Roumo è AL GRIL.
A

Pour les apprentis Poètes
On demande de l'envergure
Au poète qui prend son vol,
Quand sa muse, en catin impure,
Titube et tombe sur le sol.
Si du gai nous sautons au grave,
Puisque tout mérite est égal,
Que n'exige-t-on qu'on soit brave
Conscrit comme on l'est général.
La poésie est l'art sublime
Où la nature aide beaucoup.
Mais s'ensuit-il que chaque rime,
Soit riche et noble à chaque coup ?
S'ensuit-il que l'on soit poète
Parfait avant d'avoir rimé ?
Il faut de mots peupler sa tête,
A l'art il faut s'être escrimé.
L'amoureux courtise la ruse
Avant d'avoir quelque succès.
Et le poète aime la muse,
Avant d'avoir chez elle accès I
Elle voudrait parfois la pauvrette

Prendre le novice en pitié ;
Mais connait-elle sa détresse,
Sajfcelle sa franche amitié ?

5, BOULEVARD DE LA GARE, 5

sé t.'oubabo praquïou, sé pensée
dé iVno farço qué countèsso dins
&gt;&lt;i [aíúiouno bido. Tàlèou fait taElle a beau guetter le nuage
lèou dit, abisèc à coustad d'èlo un
Qui noircit l'horizon lointain,
paraplèjo d'ancien tems amè'l bout
Il fuit et cache son visage
en bèc dé guit, èro ço qu'y calho
A la pauvrette avec dédain.
bélèou ? Anabon riré.
Elle se tourne alors, timide,
Douçomentou l'anguèt estaca al
Vers l'aigle agile au vol altier.
riban qué penjabo à la trèsso è al
Mais l'aigle est sourd, rogue et stupide.
bout d'un paouc quand béjèc qué
Lui méprise le monde entier.
sé dérébélhabo pas, prenguèt del
Ayez pitié donc du timide
cap des dits uno loungo palho è
Qui griffonne ses premiers vers,
à jinouls dabant èlo, coumensèc à
Qu'il comble sa part du grand vide
Qui désespère l'univers.
y gratilha las aourélhos, i'aoutro
qu'aou prénio per uno mousco,
Et s'il déchire un jour le voile
lébabo la ma d'un aïré cagnous è
Epais qui nous ferme les yeux,
tournabo
droumi, lé drollé sé
S'il voit briller sa noble étoile,
Qu'il aille la rejoindre aux cieux !
crébabo de rifagna, mès èro pas
RYP.
encaro ço qu'abio résoulbud. Sé
pren la palho è amb'un grand
sérious
la planto dréto dins las
JPla JPa.cj-a.cL.
nasics dé l'endroumido en s'esDins un pitchou jardinet dé claffan sens brut dé ço qu'anabo
campagno, uno poulido drollo, béni-né.
L'éfèt sé fasquèt pas atendré,
siétado sus uno cadièro droumio,
èro sus sous bint ans è n'en gar- picado è fouségado per la palho,
dabo encaro toutos las manièros adujado pel soulel, partisquèt d'un
d'une filhèto. Pr'aco soun cour- tal moubomen en estournudan
satché fasio pas cap dé plec è sas qué lé gros paraplèjo estacad à la
ancos grassétos abion aquel coun- trèsso sé troubèc lançad à touto
tour qué tiro les èls as goujats, bouto boulado sui cap del drollé,
dé mémo abio serbad l'abitudo qué jouts aquél truc qu'atendio
dé fa ambé soun loung è négré pas brico, s'achoulèc sus uno
pel uno trèsso qué finissio un planto grasso qu'ambé sous
trouncs y traouquèbon las caoularjé riban dé coulou.
Aquel joun d'abrial, per aouta sos è las... patèrlos tabès.
Risio pas mai lé pitchou è la
lé soulel calfabo déjà è n'y abio
fil
ho
en béjen lé paroplèjo estaprou per balha une cagno à
droumi, la droulléto èro escuzado cad à soun pel aoujèc lèou cound'aou fa, un pitchou mécous qué près ço qué s'èro passad, perdèc

pas soun tems, d'un rébèts dé ma
dé mal-esquls prenguèt lé drollé
è y balhèc soun counté, bélèou !
Abio troubad ço qué cercabo,
aquel galoupin ; pla faït, atal, per
apréné qué las filhos endourmidos sé tarrabuston pas à la palho !
J. LÉTOURNUR.

Ortografe réformée
K

ds la Société Filologique ».

ROMAN A LA VAPEUR
C'étaitaucomencement de mars
1890. La nuit tombait. A l'activité
fiévreuse de la journée succédait
un profond calme. Au premier
étage d'une de ces maisons aus
loyers garnis, qui pullulent dans
le quartier des Chalets, se détachait une vive lumière; derière
les vitres, des ombres se mouvaient nerveusement. C'est dans
cète demeure que je ferai pénétrer
le lecteur.
L'apartement était ocupé par un
poète débutant, Georges de Vabres, fils de famille qui dissipait
à Toulouse le patrimoine paternel.
Assise sur un sofa moéleus une
jeune femme, de ses fines mains,
caressait les joues pâles du jeune
home ; son regard alangui laissait
pressentir une découragée...
Georges avait conu Louise dans
un concert de charité. Lui chantait ses oeuvres, èle acompagnait
le piano. Séduit par sa grâce parfaite, par ses yeux flamboyants,

�par ses cheveus d'un noird'ébène,
il avait réussi à enjôler la petite
et depuis il la possédait.
Ce soir-là, les deux amants se
querélaient. Depuis quelque temps
Georges était plus froid, ses absences devenaient fréquentes.
Louise flairait une intrigue nouvèle ; aussi rapelait-èle à l'infidèle
le temps passé ou, en d'enivrantes
voluptés et isolés de tous, ils
s'aimaient.
— Comeje soufre, lui disait-èle,
tu ne sauras jamais tout le mal
que ton indiférence me cause. Tu
fus mon initiateur aus multiples
ivresses des sens, tu me donas le
meilleur de toi-même, par toi
j'oubliais mes langueurs de jeune
fille. Tout cela ne serait-il qu'un
rêve? Georges, laisse-moi donc
savourer encore le délicieus bonheur' d'être aimée de toi, je t'en
suplie!...
— Cesse donc tes plaintes, fillète, rien ne les justifie. Chasse
loin de ton esprit ces détestables
pensées d'abandon, èles enlèvent
à tes yeus l'éclat qui les anime.
Tu es la seule préoccupation de
mon existence, oh, mon inspiratrice.
J'aime tes noirs cheveus,
Tes alures de reine.
Je t'aime toujours mieus,
Ne te mets plus en peine...

Louise consolée promit de ne
plus douter.
* *

Un soir de juin, après une acablante journée de chaleur, Louise
vît entrer Georges dans un hôtel
meublé de la rue Héliot. Èle l'y
suivit et le surprit avec une autre
femme. Ses doutes étaient donc
justifiés. Furieuse èle se précipita
sur sa rivale, luifrapant le visage
avec une clé. Le sang coula, les
voisins acoururent. On conduisit
au poste de police, blessée et
agresseur. Georges s'esquiva. Les
deux femmes par leurs griefs réciproques aprirent que le même
homme les avait trompées.
— C'est un traître, dit Louise.
— Un croquant, répondit l'autre,
FEUILLETON DU « GRIL »

7

L'INCONSCIENTE
PAR

TIBULLE TENDRES

— Suite —
« Car, sachez-le, je suis un de ces
fous que troublent un regard perdu,
le froufrou d'une robe, le parfum que
laisse derrière elle une femme en
passant. J'aime ! Je suis né pour aimer, maisj'ignore les caresses savantes et l'art subtil des flatteries ; j'ai
appris l'amour dans les poètes, et je
trouve, après tout, que le papillon et
l'oiselet en savent plus long que moi
sur ce sujet. »
Et la lettre continuait sur ce ton
lyrique, bizarre, insensé. Toute l'âme

Ainsi se réconcilièrent leaf deus
sœurs énemies
Un an après ces événements
je croisais, rue Colombète, un
entèrement de dernière classe.
C'était celui de notre poète ; à bout
de ressources, il s'était pendu.
Quelques amis en dèche le conduisaient à son ultime demeure.
Quand le convoi eut pénétré
dans le cimetière, après l'avoir
longtemps suivi des yeus, je me
retournai et regardai devant moi.
Le soleil couchant illuminait les
toits de ta ville, dorant l'êau formante du canal et je vis, en face
l'alée de Terre-Cabade, assises sur
un banc de pierre, le regard perdu
vers la vaste nécropole, deux
femmes qui pleuraient silencieusement...
PIERRE CONTE.

AU SALON TOULOUSAIN
« Plus je visite d'expositions, de
grands et petits Salons, a dit Gustave
Geffroy, plus je suis convaincu»que
la peinture est un art excessivement
difficile. Combien de peintres ne se
doutent pas de cette difficulté ! Combien croient s'èlre tirés d'affaire lorsqu'ils ont à peu près mis les objets en
place et distribué les couleurs "sur
une toile I Presque tous, encore, ont
l'illusion d'avoir exprimé la vérité de
la lumière parce qu'ils ont indiqué
avec exactitude les clartés et les
ombres. Tout cela, sans douterait
partie de l'art de la peiutuTé*flftrn
code de prescriptions matérielles indispensables, auxquelles tous, maîtres et élèves, doivent se soumettre.
C'est beaucoup, mais ce n'est pas
tout... L'originalité, la beauté, la poésie de la vie, la fixation de l'éphémère,
la communication d'une émotion,
voilà le bul à atteindre, voila ce qui
peut toucher l'humanité. Il faut donc
laisser aux professionnels l'établissement des manuels d'art qui codifient
les lois de la forme, du modelé, de la
composition, de la couleur. Nous
avons, nous, passants qui nous arrêtons devant les œuvres d'art, à
réclamer surtout d'elles la qualité
j
suprême : l'expression. »
C'est à cela que je pensais en par| courant les salles de l'Exposition de
j l'Union arlistique. La première im-

de Sylvain Clairval s'était fixée sur le
papier ; tout son cœur chantait l'éternelle chanson des amoureuses
folies.
Iza, en recevant cette longue confession, ne put s'empêcher de pouffer
de rire, et, se renversant sur un fauteuil, elle s'exclama :
— Sont-ils agaçants, les hommes !
Et bêles surtout quand ils sont amoureux ! S'il fallait les écouter tous, on
passerait l'existence en rendez-vous.
Parce qu'on est jolie, qu'on a vingt
ans, de beaux yeux, des toilettes tapageuses et l'allure garçonnière, cela
suffit pour qu'on se jette à vos pieds,
qu'on chuchotte à vos oreilles un tas
de balivernes, toujours pareilles. Je
connais l'antienne et je sors d'en prendre. Va te faire lanlaire, mon gros
chien !
C'est ainsi qu'elle accueillait la rê-

j pression ressentie, pourquoi le taire? pourquoi, Derniers rayons. Je passe
! a été mauvaise; mais en y regardant indifférent devant la Bacchante de
avec plus d'attention, j'ai trouvé M. Paul Gervais, et Fior d'Alpe de
qu'un certain nombre de toiles méri- Mlle Juana Romani, qui s'obstine à
taient d'être signalées. Il est vrai nous servir, avec beaucoup d'art et
qu'elles sont noyées dans ce vaste une habileté consommée, toujours le
étalage de tableaux dont la plupart même tableau.
manquent d'originalité, d'invention,
et indiquent chez leurs auteurs une
Les paysages et marines sont nomabsence totale de préoccupation artis- breux, comme toujours. A citer de M.
tique.
Yai z, le Quai délie Zaltere, à Venise, vu
L'ensemble du Salon est d'une lanuit, qui est d'un bel effet; le port de
navrante pauvreté. Ce ne sont que Constantinople, de Th. Weber ; Aux
pastiches, choses déjà vues. En un Martigues, d'Eugène Vergez ; la remot, c'est le triomphe de la banalité.
marquable Vue de Venise, de Félix
Aussi le public se désintéresse-l-il Ziem ; le Lever de lune., d'Albert Gossede plus en plus de cette exposition, lin, quia toute l'imprécise mélancolie
qui n'est guère fréquentée que par de des fins de jour; la Montée du Château
rares désœuvrés et de vagues ama- deLacave, parBlanchard-Demouge; de
teurs. Le jury d'admission de l'Union Luigi Loir, un vétéran des expositions,
artistique devrait, semble-t-il, se Puieaux, bien peint et bien rendu ; la
montrer plus difficile.
Sortie de Moutons, d'Adolphe Marais
*
Je m'arrête encore avec satisfaction*
* +
Quoi qu'il en soit, je n'ai pas la devant les toiles de M. Hugues
prétention de faire ici œuvre de criti- de Beaumont, Matin d'automne ;
que et je me bornerai tout simplement de M. Gabriel Cahuc, les Bords
à citer au hasard de ma promenade de l'Ariège en hiver ; de M. Emile
les toiles qui ont le plus particulière- Clavel, Matinée brumeuse, où l'artiste
meni fixé mon attention. C'est d'abord a rendu avec art l'impalpable buée
le Jésus, de M. Casimir Destrem, qui de l'aube; V Entrée du Port de Pornic,
montre chez l'artiste une évolution de M. Charles Jousset; les Marines
complète de son talent. Il a mainte- hollandaises, de M. Auguste Musin ;
nant une vibration attendrie de la la très vivante Rue de l'Epicerie à
lumière qui n'apparaît qu'à travers Rouen, de M. Amédée Rosier, auprès
la transparence d'une buée et donne de laquelle je place les deux tableauà ses compositions je ne sais quoi de tins que M. Jules Pétillon intitule :
vague, d'imprécis, mais d'une poésie Eglise Saint-Laurent, à Paris, vue par
enveloppante ; vient ensuite l'Etude un effet de neige, et Quai du Louvre,
de M. Ernest Bordes, prêtée par l'Etat, qui sont .d'un réalisme achevé, — ciet qui est un très beau morceau de nématographique.
nu. Cette jeune femme sortant d'une
On peut aussi se récréer devant le
piscine et s'essuyant a une carnation Soleil couchant, de M. Adrien Schultz,
ferme et exacte de couleur : c'est, avec et devant celui de M. Alfred Stevens,
rt
quelques autres, une des meilleures
qui est °f
toiles du Salon, n'Orpheline, de-2tTTr-~
1er, dont la blondeur ressort ainsi
inouie, mais qui témoigne d'un sens
que la matité des chairs sous les essentiellement artistique et qui n'est
vêtements de deuil, est une œuvre point banal du tout.
délicate et d'un charme attendri ; le
Et cette énumération de paysages
pastel de Carrier-Belleuse, Danseuse sera terminée lorsque j'aurai signalé
essayant ses pointes, témoigne chez
Dans les sables de M. Iwill, un croquis
l'artiste d'une réelle science de la cou- très fin, plein d'air, où les nuances se
leur et du dessin ; le tableau d'Eugène précisent vaguement en tons clairs
Leroux nous montre, dans un pay- et que je préfère à Assise du môme
sage calme, d'une excellente perspec- auteur ; la Matinée à Fromonville, de
tive, des Religieuses en promenade ; la M. Gaston Marché, représentant un
Liseuse de Mlle Berthe Bocquet, un troupeau ;d'oies dans un champs
fin pastel, et enfin le portrait de tout à fait idyllique ; à côté de lui,
Femme lisant, par Crochepierre, qui jeplace la Gardeused'oies, de M. Al. Serest tout simplement, dans son petit res, d'une saveur locale; la Grangette
cadre, un des bijoux de l'Exposition. | à Viviers-sur-Mer, de M. Paul Saïn ;
J'en dirai de même de la tête á'Auver- \ mais toutes mes préférences sont
gnat, de M. Henri Martin, très exprès- j pour la toile de M. Gustave Gagliarsive ; en revanche je n'aime guère j dini, le Pont-du-Roi, œuvre d'un lul'étude qu'il intitule, on ne sait trop ministe exalté, où la gamme des

^^^j^^^^^^^^_

conciliation proposée ; c'est avec cet
accent gouailleur qu'elle commentait
cette lettredans laquelleSylvain Clairval s'était mis tout entier !... Oh !
cela ne pouvait être, car il fallait que*
Iza eût bien changé depuis sa rupture. Aussi jura-t-il de l'oublier et de
fermer son cœur à l'amour.
Minute suprême ! Mille combats se
livraient en lui avant que de renoncer pour toujours à l'Aimée ; car,
quoiqu'on dise, quand il est pris par
le cœur, l'homme ne s'appartient
plus. Il devient un jouet docile entre
les mains de ces délicieuses poupées,
les femmes !
Et devant les quolibets de ses amis,
qui ne se seraient jamais doutés qu'un
pareil sceptique sur lès choses de l'amour fût pris comme un collégien,
Sylvain Clairval se laissait aller à
pleurer. — On avait beau lui dire

qu'Iza ne lui appartenait pas, qu'elle
n'avait joué auprès de lui qu'un
rôle de vaudeville — le même qu'elle
avait déjà joué avec vingt autres,
qu'il chancelait encore.
Cependant, peu à peu,l'éloignement
atténuait ses ardeurs passionnelles;
l'oubli se faisait lentement, et, dans
des liaisons faciles, il en était venu,
lui aussi, à ne plus croire à l'amour.
— L'amour i une blague, disait-il
maintenant, inventé par un fumiste,
pour le plus grand malheur de l'humanité.
VI
Donc, Sylvain Clairval était complètement guéri de sa passionnette pour
Iza. Il ne pouvait cependant s'empêcher, de temps à autre,de parler d'elle.
Depuis sa dernière mésaventure, il ne
l'avait plus revue, si ce n'est dans un

�Lé Oril
clairs chante sa symphonie dans la
rutilance du soleil, et pour la Vieille
rue en Espagne, de M. Eugène Lecoindre, de qui la moindre œuvre ne passe
point inaperçue. Il est impossible de
mieux voir et de mieux rendre l'âme
des choses, de distribuer avec plus de
vérité les effets de la lumière et de
dessiner avec plus d'art que ne le fait
cet artiste. L'aquarelle qu'il expose
cette année est une des pages maîtresses du Salon toulousain.

*
Le portrait a de nombreux représentants dans cette exposition ; mais là
encore il faudrait choisir. Je ne vois
guère à citer que ceux de MM. Diffre,
Henri de Cahuzac, Bernard Pégot et
de Mlle Madeleine Cartailhac.
Les fleurs aussi y sont abondamment représentées. Leurs pétales sans
parfum sont un charme pour les
yeux. Les Roses trémières, de M. Paul
Riva; le Bouquet de Chrysanthèmes,
de M. Pierre Euler; les Verveines, de
Mlle Hélène de Lajallet ; les Dalhias
et Corèopsis, de Mlle Lucie Louppe ;
les Fleurs d'été, de Mlle Nina Maurain, et les gerbes de pensées, roses et
lilas, de Mlle Cécile Bougourd, constituent un ensembie pimpant, délicieux.
Maisje m'en voudrais de ne pas signaler, avant de terminer cette rapide
nomenclature, la gouache de Chéret,
intitulée : Printemps. C'est de l'art
faux, sans doute, mais combien séduisant et fin, prime-sautier et d'une
fantaisie éperdue ! Les dessins de
M. Louis Marold, d'un parisianisme
achevé et d'une allure boulevardière
très réussie.
Quant à la sculpture, elle n'existe
dans ce Salon que pour mémoire.
Ma tâche est terminée, et, faut-il le
dire, en dehors des tableaux que je
viens d'énumérer, de quelques autres
que j'omets bien involontairement,
l'ensemble des toiles exposées à l'Union artistique laisse beaucoup à désirer. On dirait que leurs auteurs
n'ont qu'une préoccupation, commerciale, celle de plaire aux Homais enrichis dans les affaires. Cette tendance
est fâcheuse; elle ne fait que ^abaisser le niveau de l'art. Aussi, toute
mon admiration est-elle réservée aux
seuls artistes qui me donnent l'impression d'une œuvre pensée et vécue,
à ceux qui savent dérober à la nature
la poésie latente, le secret de ses harmonies et à les synthétiser sur la
toile.
Malheureusement ceux-là sont ra-

res aujourd'hui. En effet, ce qui man- j L. Ariste et L. Braud. Lé Counsel
que le plus à nos peintres, c'est l'a- jénéràl dé la Naouto-Garono, à l'unanimitat, n'a décidad la croumpo dé
mour du beau, le culte de l'art pur.
Les talents sont nombreux, certes, siès cents eîsemplaris per èstré mésis
dins las escolos del départomen.
mais partout on a substitué l'habileté,
Aprèts lè boto del Counsel capitoulhè
la production facile, aux œuvres lonper las escolos dé Toulouso, douot
guement mûries, le clinquant à l'or.
abèn soubeu parlad ; aprèts la réussido
Nous n'avons plus que des virtuodel boulumé en librario, la dé la bento
ses du pinceau.
en librasous à La Dépêche; aïsso's
ADRIEN DESGRIEUX.
bélèou quicom qué counsaero lé libre

On lit dans Le Midi Républicain,
sous le titre : « Profils Toulousains » :
Louis DEFFÈS
Caploungdé Toulousèn, pessadàlaï Balan[Ços,
Amb un naz de Gales flnomen estirad,
Sul barbichou tout blanc, entran lasdouplos
[lanços
D'uno moustacho ount a tabes nébad ;
Els d'un Lati quésoumio de cadanços...
Atal, à l'immourtalitat
Passo'n Deffès, lé dé La Toulousaino,
Dé Jessica, dé tantis aoutres cants
Qu'aïcïou fan flori, soun tindants
È, dé lour brounzinaïro antièno
Fan respoumpi las carrièros è 's camps.
Proufèto en soun païs, malgrat dittoun,
[mèstréjo
Èn tout ço dé soun Art, cado joun y carréjo
Sutcès noubèls sus sutçèses ancièns,
E, bïou, sé béï parad dé glorio
Escrïout al Templé dé Mémorio
des Toulousèns.
EN DACOS.

JOURNALS È LIBRES
Un bézi dé taoulhè nous es arribad.
Aco's Le Midi Fédéral, porto paraoulo d'uno colho d'estudiants républiquèns, doun nou sé pot railhou
saluda la bengudoqu'en tiran aquestos
régos dé sa flèro &lt; Déclaration » :
« Nous affirmons hautement que tous
les articles que publiera le "Midi Fédéral "
seront empreints d'un haut idéal d'humanité supérieure. La politique terre à terre
en sera bannie. Ce ne serait pas la peine
d'avoir vingt ans et d'être frémissants
d'énergie si nous ne comprenions pas
qu'il y a, avant tout, à faire un effort
philosophique et intellectuel. »

Brobo les jouens ! È qué dé loungo
tiro sio la régo qué prénèts la bouno
ma à l'estébo.
—o—
Ben dé paressé 1' « ArmanacMountPélieirenc, puplicat per lou Félibrige
Latin. » Aco's publicacïou supèrbomen estampado en ço dé Hamelin
frères, ount rébïou lé bertadiè parla dé
Mountpèlhè dins les bèrcés, las countaralhos del Mèsíré roumanisant L.-A.
de Roques-Ferrier, ajudad dé tantis
d'aoutrés escribènsdé la prézado escolo.
Y a dé dittouns, dé probèrbés è dé
countarils, un fum, doun biraren mai
d'un per l'agrad des nostres.
Sutcès dé maï per «

pla bèl è subrétout bous rébiscolo !
Les décors soun pintrads dé
faïçou sensé parèlho è, coumo
uno plèïjo dé lugras, rajon l'or, la
sédo è lé bélous des coustumés,
entrémièït les lambrets dé las armos qué penjon en lounguis mirais.
An fait grando fèsto à M. Hirch
è à Mlle Baretty qué bertadièrotoulousèn !
LÉ RAMOUNET
mén nous an estabournids.
Douplidarèï pas Sylvo, Joffre,
Patris, Salvat è Mllo Derval, qu'aPES TEATRES
bion boutad lours boutees del diméché è qué sigur an parlad mèsDins un oustal coussud — oun tromen.
tan paouc paréïssen, as répaïsMès à MM. Rostan è d'Albert
sés^jtes fabos è las mounjétos del dibèn sustout aquél aoutré ébènopaouré — quand lé papatch, azu- mén téâtral qué cap jamaï aïcïou
gad per calcos chinchados caou- ensajario d'atégné è qué tan granzidos, a engulhad légums rélé- domén fénis, presquébé, uno
bads è roustids à la claou, lé campagno dé bèlos surprésés è dé
mèstré dé la turno lé burro, per sutçèses à les paléja.
féni, dé cocos è dé fruto daoùraLour pagomen séra — y a pas
dos, qué bous abion fait luzi l'èl digus qu'en douté— d'èstré courè qué chucabo d'ataco, en brabos guds è acclamads.
tencos engourmandidos.
Pés Gascous d'apraïciou è...
L'oustal es a'iciou las Bariétads, touto
la Gascougno !
lé mèstré M. d'Albert è la chouèto
FlOULÈL.
gourmandiso Cyrano de Bergerac.
NOUBÉTATS
Atal sé fasquèt dijaous, à la réSus
la
fi
dé
la sazou, la diretcïou
péticïou jénérale d'aïcesto grando
d'aquel
bèl
téâtré
multiplico sens
obro, qu'uno colho dé prumièro,
counta
las
atracïous
; aprèts les
la fam al... cap è la pépido à las...
clouns
musicaïrés
abèn
pousqud
aourélhos, s'affanabo pel grand
aploudi
les
dus
bélocipédistos
soupa oun la coubidabo uno embitacïou, claoufldo dé proumessos Hacker and Lester ; uno cantaïro
qué, sacorrodi ! èron encaro la goumuso Mmo Myrthe, qué bous
a un pitchou aïré couqui à fa péca
déjouts dé la bertad.
Ah ! mous éfants! quino taoulo un sant; lé boun coumiqué Falguièro ; la gracïouso diséïro Borsè quin fricot !
Dé bèrsés à bous embouya dins hons.
Dins la sénmano an débutad
las estélos ; d'esprit à fa bada ço
que crézion l'esprit, boutadis al cinq anglésos : Sunbéams, cantaïserbici dé tout ço qué lé sentimen ros è clansaïros qu'an pas la crampot abé dé gaoujous, dé noplé è po à las cambos. Natal et ForcléLû, Per canta la fièrlat, la ba- tun, clouns anglèses, è l'orné singé
lentiso, la glorio è la jénérousitat, soun tabès d'uno poulido forço.
Gardan per la fi aquélos très
clins la bouco sapiento des trapoulidos
sors : Hermandos ; très
balhaïres dé la paraoulo, pr'aquel
bèlos
filhos,
faïtos al mollé è aijém'o, noubèl nascud, qué s'apèlo
maplos
à
rabi
lé boun sens, qué
Edmond Rostand.
fan
sus
un
trapèzo
ennaoutad un
Aquél bous parlo, sé pot diré,
miraculous
trabal
;
lours paousos
è, ço, qué mai nous fa brounzi lé
cor, es qué tan plan è toujoun dins Païré penjados a un caplé libré, bous balhon l'illusïou d'anjos
nous parlo del païs.
A l'aouzi couné'issérets lé pas- qué bolon, es un des milhounis
sai! tréluzènt oun, chès nous numéros dé Pannado.
Les directous penden touto la
aous, la pôou abio pas dé figuro ;
oun sé sabio aïma, oun sé sabio campagno an tengud à balha bousoufri ; un tems oun, jouts lé naz, nos caousos, lé public toulousèn
lé pel èro d'agulhos è ount, anfln, lour a moustrad qué lour faïsou
s'engraissan maï dé laourèls qué d'aji y combénio, an créad à Toudé car, les gascous mourission louso, atal, un cafè-councèrtdéprudambé l'espazo al punh è la risèyo miè ordré è fasèn lé bot qué la
bogo dount an jouid sé countugné
as pots !
l'annado
qué ben.
« Sur un gazon de gloire et loin d'un lit de fièvres,
i

Tomber la pointe au cœur en même temps qu'aux lèvres '! »

L'Histoire po-

Tout aco's pla grand ; tout aco's

pulaire de Toulouse », des amies

bal masqué et derrière la vitrine d'un j
demment, ce portrait n'avait d'autre
— Si jamais, reprenait un railleur,
but que de forcer l'attention des
photographe. Car elle s'était fait porla vertueuse demoiselle s'égare, nous
traire avec un luxe photographique connaîtrons au moins son signalepassants.
qui prouvait assurément qu'elle avait ment.
Une réclame, quoi ! que cette phole contentement d'elle-même et de sa
tographie,
d'où se dégageait néanDes groupes se formaient devant
beauté. Mais, entre nous,ce n'était pas cette photographie. De jeunes vieux moins ce je ne sais quoi d'étrange,
un portrait, mais une exhibition de
et de vieux jeunes couvaient des d'ambigu et de suggestif qui va âroit
chair ; ce n'était pas une amoureuse yeux ce visage en qui se réflétaient
aux sens.
devant qui on se pâme et qui donne
Quelle chute que d'en arriver là !
toutes les luxures, toutes les curiol'éveil aux sensations, mais une Cir- sités, tandis que d'autres ne faisaient Iza a préféré à la vie paisible des
cée goulue qu'on fuit, qu'on aurait que passer, lui trouvant l'œil trop
montagnes, aux joies tranquilles de
honte de coudoyer.
canaille !
la famille, à la possibilité de se ma— Allons, Sylvain, prends ta reElle n'était point jolie maintenant,
rier, l'existence honteuse. Elle a rêvé
vanche ! disait Stanis.
d'être une courtisane, mais son rêve
tant elle paraissait vieillie, avec son
— Pourquoi n'a-t-on pas mis au
ne s'est réalisé qu'à demi, car elle est
nez de travers, un nez de Margot qui
bas de ce portrait l'adresse de la peretombée dans la boue la plus noire.
aurait reçu un coup de poing dutite ? ajoutait Mordoré.
En sortira-t-elle ? J'en doute, â
rant une nuit d'orgie, avec sa bou— Elle a dû s'en rapporter à sa
che étroite et sèche, plissée de rides, \ moins qu'une main généreuse ou
bonne réputation, faisait remarquer les joues creuses, laissant saillir les qu'un amoureux assez fou, comme
Montauriol.
pommettes, les peaux grossières, toute j Sylvain Clairval, vienne à elle pour
— Et le prix ! A quel prix est la dépoitraillée, les bras nus, on eût dit j la racheter par l'amour. Mais le temps
des Marguerite Gautier est passé,aussi
belle ? s'écriaient les autres.
une bacchante de café-concert. Evi-

j

Lé Gérant : A. OULIÉ
Empri mario espéeialo dé ♦ lé Gril » Toulouso.

bien que les neiges d'antan de la ballade. La femme qui a vécu dans le
vice est condamnée à mourir épuisée, vaincue et méprisée sur un lit
d'hôpital ou dans un garni, le visage
couvert de pustules, comme Nana.
En attendant, Iza court les casinos,
les bals et les redoutes. Elle a la nostalgie du bruit et de la débauche.
Mais Sylvain Clairval, lui, qui n'a
jamais eu de rancunes dans le cœur,
qui n'a toujours su que chanter la
femme, son idole après tout, en
voyant ce portrait d'Iza ne put s'empêcher de sourire et de le regarder
longuement, les yeux inondés de tendresses, comme s'il eût été repris par
cette vision inattendue. Tout un
monde de pensées heureuses voltigeait dans sa tête, et en arrivant chez
lui, prenant la plume, il écrivit sur
cette femme un bout d'article dans
lequel l'amoureux se retrouvait avec
sa passion ancienne.
(A suivre).
Tibulle TENDRÈS.

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La simpliflcacion de l'ortografe, la supression des
octrois, le relèvement de l'agriculture et de l'élevaje,
la diminucion du nombre de nos léjislateurs et de no»
fonccionaires.
Il veut dégrever tous les travailleurs, en prenant
au superflu l'équivalent de ces dégrèvements.
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          <name>Relation</name>
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          <name>Is Part Of</name>
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              <text>L&amp;eacute; Gril &lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/11289"&gt;(Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue)&lt;/a&gt;</text>
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          <name>Alternative Title</name>
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          <name>Source</name>
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              <text>Mediatèca occitana, CIRDOC-Béziers, AB III</text>
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          <name>Contributeur</name>
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