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                  <text>C.I.D.O.
BÉZIERS

Dimmèrgue 1 d'Ot 1920.

Prumièiro Onnado. — N° 5.

LO COBRETO
DE

L'ESCOLO

OUBERNHATO

E

DEL

NAUT-MIEJOUR

^♦♦♦♦♦♦^♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦^
l
4

JIOURIVAÜ MESODIE^
QDESIOU 0 L'ESCOLO OUBERNHATO :
DÈT FRONCS
E l'on o lou jiournau per res

Lou Jiournau se bend pas ol numéro
0 M. Delteil, noutari, clobaire ou ò M. Debrons,
caissié ò lo tresôurorio generalo, clobaireodjouen, Ourlhat. ■

i

Toute réclamation au sujet de numéros non reçus
doit être adressée directement au Secrétariat.
Il ne sera pas tenu compte des réclamationsparvenues indirectement.

:
:
]
}

L'ORGINT :
i

ENIBOUIA

Lo bouole, lo Morianno,
Lo bouole ornai l'òurai.

♦
♦
j
i

Bourèio d'Oubernho.

"•♦•♦♦«♦.♦«♦♦♦♦♦

Per ligi Lo Cobrelo

»&gt;&gt;&lt;&gt;«««««».

&lt;

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
DU 11

Ai se prounounço
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V

—

—

b

Ex. : lai, fardeau.
— : Mau, mal.
r— : Bel, des.
: Sèi, sureau.
: Seu, suif.
: Lèu, bientôt.
— : Loi, les.
: Pou, peur.
— , ■ Bièlho, vieille.
— , ■ Conho, chienne.
— .■ vaco, vache.

La copie doit parvenir au Secrétariat (2 boulevard Egalité) le io de chaque
insertion au numéro suivant.

mois pour

|

f
7 LES POPiÉS : 0 NI. Alfred Prody, 2, corrièro de l'Egolitat, |
Ourlhat.
I
) ■

JUILLET

Dimanche, n juillet, à io heures du matin,
1' « Escolo Oubernhato» tenait son Assemblée
générale dans une salle de l'Hôtel de Ville.
S'étaient fait excuser : M. Louis Farges, député, Mgr Géraud, (présidents d'honneur); MM.
Ernest Delmas, archiviste, et^Pl. Garrouste.
Après approbation des statuts eut lieu le dépouillement du vole pour la réélection du
Bureau. Tous les membres présentés furent
élus à l'unanimité. (Voir liste ci-dessous).
Le Bureau s'adjoint deux commissions, chargées, la première des études de la lanque, la
seconde de recueillir les vieux airs populaires
d'Auvergne. Ces deux commissions restent
ouvertes à toutes les collaborations compétentes.
Diverses propositions furent adoptées. Puis,

�2

LO COBRETO

l'ordre du jour étant épuisé, le secrétaire général donna lecture du compte-rendu moral de
« l'Escolo Oubernhato » dont la prospérité
s'accroît de jour en jour.
Après l'Assemblée, nn banquet amical groupait un certain nombre de « Cabretaïres » à
l'hôtel Damiens. Très cordialement accueillis
par M. Damiens, (un cabretaïre de la première
heure) ils fraternisèrent gaiement en parlant
la « lengo meiralo ».
Une belle allocution du capiscol ouvrit le
banquet, suivie d'une savoureuse causerie patoise de M. le D' Réniac, adjoint au maire
d'Aurillac, qui promit tout son appui à l'œuvre.
Les chansons se succédèrent, après le repas,
saluées d'applaudissements.
Belle journée, pleine de promesses, pour
l'avenir de « l'Escolo », qui, d'ores et déjà, est
certaine de vivre.
Le Secrétaire,
COMPOSITION DU BUREAU

Membres d'honneur :M Louis FARGES,Mgr
GÉRAUD, D^ FRANCIS FESQ, MM. L. DAUZIER, maire d'Aurillac, GANDILHON GENS
D'ARMES, ANTONIN MEYNIEL, M. le Président DELZONS.
Capiscol : M. ETIENNE MARGENAG ; Souscapiscols : MM. L. DELHOSTAL et E.PAGÈS;
Secrétaire général : M. ALFRED PRODY ;
Secrétaire adjoint : M. H. DOMMERGUES •
Trésorier : M. H. DELTEIL ; Trésorier adjoint : M. L. DEBRONS ; Archiviste : M. J.
GOLIRCHINOUX.
Commission d'études de la langue : MM.
LHERMET, L ARRIVE, PAUTARD, GAYLA,
E DELMAS. F. DELZANGLES, C GANDILHON GENS D'ARMES, F. ROCIIEIZ, etc.
Commission des « Vieux airs populaires » :
MM. REDON, DELHOSTAL, DEBRONS, etc.

ENQUÉRO UN DÒU!
Lou felibrigie es en dòu un couot de mai. Un des
pus oncièns è milhours cobretaires be de trespossa :
Un d'oquetches que fosiòu esturlusi lou pus naut
sur tout lou pois l'Oubernho è les òubernhats.
Moussu Lintilhac nous o quittads son ober, pecaire,
lou tems de dire, odissias ò digun. Sobon bé que som
pas d'eici, mé çoquedelai oquouo's porti trop biste!

Les crânes discours que se diguérou ò Poris è ol
cemetéri d'Ourlhat foguérou beire ò toutes conho
plaço lou nostre membre d'ounour tenio dins lo
Fronço è dins l'Oubernho .. E oquo fo pas que lou
nous fa ploura un bouci mai.
Lou buréu de VEscolo Oubernhato, representad
per MM. Marcenac, Gandilhon-Gens d'Armes,
Courchinoux, Dommergues et Debrons tenguèt ò
occoumponha ol cemetéri lou couorp del paure è
grond défunt. Uno courouno fatchio om de lo flour
de brousso, fouguèt. ol noum de l'Escolo, pourtado
sus lo toumbo é, oti, Moussu Courchinoux diguèt
lou grond odissias que bai ligi :
Modamos, Moussurs,
O peno som noscuds que déjias som en dòu,
Ornai les pessomens s'oconcélou ò moudòu.
Les pitchious catcho-nious de VEscolo Oubernhato
Obiòu cerquat, troubat homes que, per mo fiato,
Poudiòu les opora : Farges, Fesq è Géraud
Nous besiòu proufita coumo lou boutorot.
Sions portids del boun péd, sobions que Lintilhac,
Odujiad fronquomen per tres efonts d'Ourlhat,
Sòurio nous fa jiouga nostro gionto bourréio,
Sons, per oquo d'oti empousa soun idéio.
Eimabo lou potai countat de fiéu en beto
E'tiobès per deque lou plouro lo Cobreto.
Mé Lintilhac es mouort, Lintilhac lou felibre
Que poudons pas bontocoum'un soulde sous libres.
Felibre mojoural cossi bous ounoura ?
Cobretaires menuds, metons nous ò ploura.
Bous oufrons, Lintilhac, courouno flour de brousso
Fraire de Bermenouzo, oquel de Flour de brousso.

L'Escolo Oubernhato
à VIC
Dimanche 4 juillet, le Comité de « l'Escolo
Oubernhato » se rendait à Vic-sur-Cère, pour
y organiser la manifestation félibréenne que
nous avions annoncée dans notre dernier
numéro.
Le Comité descendait à l'hôtel du Casino,
dont l'excellent Directeur. M. Baduel, est
un "Cobretaïre" de la première heure.
A midi un banquet présidé par M. Gizolme,
maire de Vie, réunissait un grand nombre de
convives, parmi lesquels nous avons remarqué :
MM. Delteil, Dumond, Bénech, Baduel père et
fils, Garnier, Bompard, V. Degoul, Morel, Tardif maire de Thiézac, Burin, Molens, Lascroux.
etc.

�LO COBRETO

M. Lascroux, un maître de la cabrette, (il
vient d'obtenir un premier prix tout récemment) joua pendant le repas des "regrets" et
des "bourrées". Un des convives eut, pour lui,
ce joli mot : « Bouostro Cobreto, sat mièl porla
lou polaï que nautrés ! »
Des toast furent portés à la prospérité de
"l'Escolo Oubernhato" et à la renommée de
Vie et de son casino, par M. Gizolme' maire,
M. Delhostal, sous-capiscol, M. Garnier, percepteur etc..
La plus franche cordialité régnait ; alors les
aies de la bonnejerre d'Auvergne résonnèrent
dans la salle. Des "Cobretaires'' y allèrent de
leur couplet ; M. Pagès débita une pièce patoise pleine de verve et d'esprit ; M. Molens chanta de sa voix chaude de « provençal aux trois
quarts naturalisé auvergnat».
Le Champagne fut offert gracieusement par
M. Baduel aux félibres et poètes de " l'Escolo ".
Enfin, à deux heures et demie, la séance
commençait dans la salle du casino, devant une
foule nombreuse.
Nous laissons ici la parole à notre confrère
le Progrès du Cantal qui publiait, le n juillet,
l'article suivant:

L'Escolo Oubernhato à Vic-sur-Cère
Dimanche dernier, Vie a reçu la visite de VEscolo
Oubernhato, représentée par une demi-douzaine de ses
meilleurs félibres. conduits par leur vice-capiscol, M.
Louis Delhostal, en l'absence de M. Marcenac, empêché. C'est devant un auditoire nombreux — la grande
salle du casino, gracieusement mise à leur disposition
par M. Baduel propriétaire et conseiller municipal,
était archibondée — qu'ils nous ont régalés de leurs
meilleures compositions, la plupart inédites, mais toutes — hormis celles de M. Prody — écrites en cette
langue meiralo dont seuls peuvent entièrement jouir du
charme et de la finesse, ceux qui l'ont bégayée ol brèt,
la buvant des lèvres de leur mère, et plus tard approfondie; sur les genoux de leur belet, en écoutant quelque conte de trèbo ; celle qui a uni tant de lèvres de
Margarit à tant de lèvres de Guirolou, et qui continuera longtemps encore sans doute sa douce et discrète mission.
L'accueil qu'ont reçu nos hôtes leur a prouvé qu'il
en restait, de ceux-là, et qu'on parlait encore pataï sur
le 1 choaanou et même à la Fouont salado. Cet accueil
fut je crois, la récompense qui leur fut la plus sensible :
se sentir compris, mieux encouragés et, qui sait? Peutêtre suivis par d'aucuns de ceux qui vibrèrent à les
entendre, n'est-ce point ce qu'ils attendaient ?
L'entrée en séance — heureux présage — se fit au
son de la cobreto du bon M, Lacroux, notre compatriote,
dont les succès ne se comptent plus dans les concours

3

de musettes, et qui nous servit d'abord, comme avantgoûts alléchants, quelques-uns de ses meilleurs airs du
terroir.
M. Gizolme présidait. Esprit large et cultivé, le maire
de la Reine des vallées sait encourager toutes les
nobles initiatives. Je pense néanmoins qu'il a un faible
pour les muses, surtout pour les muses locales et régionales. Fin lettré, il ouvrit la matinée par un de ces discours dont il est coutumier ; mais, à la façon de nos
beaux garçons qui, qnand ils s'attendent à voir l'aimado, ajoutent à leur tenue tout ce qu'ils savent de
coquetterie, il habilla sa pensée d'un soin tout particulier.
Puis M. Louis Delhostal lut avec force et persuasion
son discours-programme complet et intéressant. (Que
nous donnons plus loin in extenso) Il ne parla pas seulement bien, mais encore il dit des choses qu'il fallait
dire. Vous avez parfaitement raison, Delhostal : sauvons, de nos mœurs, de nos costumes, de notre langue,
ce qui peut être encore sauvé ; gardons à l'Auvergne
son originalité charmante. Il faudrait que toutes
les provinces de notre beau pays tissent de même. De
l'uniformité ne peuvent naître que l'ennui, la laideur.
Gardons-nous de fondre en un conglomérat quelconquê
ces purs bijoux, façonnés par les siècles, que sont les
belles provinces de France. Cela n'empêchera pas le
progrès, je suppose !
Que dire des exécutants, du peu de leurs œuvres
qu'ils nous permirent de goûter ? Du bien, rien que du
bien, de tous, sans exception. Je ne ferai pas de choix,
le public les ayant tous applaudis avec le même enthousiasme, quoique peut-être pointe parmi eux un
nouveau Vermenouze.
Deux enfants de Vie ouvrirent le feu. Mânes du moine de Montaudon, vous dûtes tressaillir d'aise, à les
entendre !
Antonin Trin, ce cachottier, qui ne nous en avait rien
dit, se met à Dolha quond fo luno avec un entrain qui
promet. Il sait déjà se souvenir — si jeune ! — et les
Esclots del Belet qu'il nous décrit n'ont certes pas été
copiés chez son voisin l'escloupié. Sa révélation nous
fait le plus grand plaisir; nous ne doutons pas, nous
qui le connaissons, qu'il arrive à la notoriété sans peine ; niieux peut-être.
M. Pagès a déjà connu lè succès. Sa poésie : O n'o~
quellos de rno classo, morceau vraiment pieux, d'une
haute et touchante inspiration, vient d'un cœur qui
sent profondément. Cette évocation de la vieille croix
de Maisonne, qui sourit aux ébats de sa première jeunesse, est vraiment émeuvante, et celles qu'il connut
heureuses et qu'il admire glorieuses peuvent être1 flères
de lui Sa Trèbo — morceau à la fois reposant et amusant — est bien saisie, quoiqu'il soit difficile de savoir
uno trèbo, et cela souligne encore le talent du félibre.
Pour varier, M. Redon, musicien délicat et parfait,
nous régala de la Gavotte de Bach et de la délicieuse
Berceuse de Fauré. C'est, je crois, la première fois que
Vie reçoit cet excellent violoniste. Nous comptons le
revoir souvent pour l'ouïr et l'applaudir.
Puis, ce fut Prody. Prody ? Il chante en français l'Auvergne ! Il évoque puissamment celui qui l'aimait et la
traduisait le mieux : Vermenouze. Il pourrait bien en
être le digne successeur, tout au moins l'un des meil-

�4

LO COBRETO

leurs disciples. Il chante la terre natale avec des
accents vraiment touchants, et plus d'un poète renommé serait fier d'avoir signé sa trilogie : la Terre, la
Maison, la Voix du sol.
Avec Louis Debrons, à la fois auteur, compositeur et
violoniste de talent, c'est la cabrette qui chante sur les
cordes du violon et toute l'âme du passé qui renaît,
avec ses pleurs, sa touchante mélancolie; c'est la
voix des ancêtres qui nous appelle, nous saisit, nous
étreint. Oh ! les vieux airs, qu'ils sont beaux ! Nos
pères sentaient mieux et plus doux que nous !
C'est d'abord Cobreto e Cobretaires, interprété avec
goût et tact par M. Farges, dont le refrain entraînant
est repris en chœur par M. Molens, le capiscol, voire
même par le président, tandis que le violon en sourdine
ajoute à l'harmonie de la musique et des paroles ce que
la grâce donne à la beauté. Puis, Qaé souei fier d'èstre
Oubernhat, paroles et musique de Debrons ; Coquelicots
et Bleuets, paroles de Prody, musique de Debrons,
interprétation de Farges, le tout souligné d'applaudissements. D'ailleurs, je le dis une fois pour toutes, les
doubles et triples bans ont salué tous les artistes, sans
exception.
Je voudrais, à de certaines heure?, durant les longues
veillées d'hiver, par exemple, ou au cours de nos fêtes
familiales, être commensal dé cet admirable conteur
qu'est M. Dommergue. Son verbe simple, bonasse,
mais fin, coloré, nuancé, • reposant, fut un régal pour
tous. Ses contes ? il nous les doit. Qu'il les publie ! Ils
feront la joie de plusieurs générations et entreront aussi
facilement dans l'humble chaumière que dans les maisons les plus cossues. Allons donc ! Que nous puissions
bientôt lire l'hilarante Ourdounonço et la non moins
étourdissante Despatcho.
M. Molens, méridional de naissance, aux trois quarts
naturalisé Auvergnat interpréta d'abord Ieù t'aime
de M. T. Garnier. Notre sympathique percepteur fut de
tout temps le boute-en-train de nos fêtes locales et de
nos manifestations régionalistes II aima la muse, sut la
caresser; il l'aime et la caresse encore avec le goût et
la délicatesse que chacun lui reconnaît : car il est toujours jeune de cœur, et c'est pourquoi Ieù. t'aime est si
joli et fut si goûté.
De sa voix puissante, avec le brio qu'on lui connaît,
M. Molens chanta ensuite Si tu m'aimais, de Delmet.
Il ne restait plus que le Capiscol — il ne l'est qu'a
moitié, paraît il, mais il a l'étoffe de l'être tout entier. Il
avait présenté tous ses camarades en poésie. A son
tour, avec son humour charmant, M. Dommergue nous
le présenta...
Et Delhostal y alla de tout son cœur et de tout son
talent. Il évoqua lou Poïs mountonhard, cette oasis
charmante, presque ignorée, don de l'antique volcan
arverne, et que garde avec un soin jaloux la rude ceinture des terrains primitifs, avec ses gorges sauvages,
ses landes arides et ses bruyères fleuries. Puis il se
souvint — tous les poètes se souviennent — du prosaïque Pounti que sa maman lui servait jadis tous les
mardis, je crois, et il nous le servit très poétiquement.
Les bravos crépitèrent une dernière fois, et l'assistance se retira enchantée, car — comme l'avait annoncé
M. Gizolme — à défaut de Phébus, boudeur, les rayons
d'or, de la Muse auvergnate avaient illuminé et réchauffé la salle.
Léon SOUBAYRE,

Lo Cobreto tient à remercier le correspondant du
Progrès qui a signé cet article. Elle l'invite cordialement à participer à son œuvre, puisque celle-ci l'intéresse, et l'assure d'avance de son accueil le plus chaleureux.
LO COBRETO

Porlicado de M. Delhostal o lo Felibrejiado
do Bit
Poulidos Mod-amos é Demoueisélos,
Brave monde d'o Vit,
En plasso del copiscol Morcenac qu'o pas pougut
veni faire Son Péire o Vit é jo regreto tont ou mai
que nautres, coues lou jous-copiscol, un copiscol
bufforél s'estimai miél, que vous pouorto lo brossado
de l'Escolo Oubernhato. Ai per coumença lou plose
de remercia dous cobretaires de lo prumiéiro ouro
que seguérou toutes dous de lo prumiéiro Cobreto
dovon d'éstre de lo secoundo, MM. Gizolme et Garnier qu'où preso tonto de peno per engina questo
felibrejado. Voudrio pas ouplida lou brabe Moussu
Boduél un autre cobretaire que nous o prestado oquelo
poulido salo. O vautres otobe grond moroes per éstr» venguds nous escouta.
Vengorion l'onnado possado pel leis festos d/Ot ;
l'Escolo Oubernhato ovio reviscoula : couo seguét
so prumiéiro piado. Mé vai te fa foutre, lo butido seguét pas prou fouorto, po«rtorion pas lo voulado
plo Ion. Testuds coumo deis ases, son d'ocouo serion
pas oubernhats, otemads ò gorda l'obro de Vermenouzo, tournorion penre bon. Nous ossomblorion ol
mes de febrié ; sion tretje ; oquel noumbre nous
espòuruquèt pas. Son nous eglotja plontorion. lou
prunié. Ol jour d'ohuéi montjon los prunos, pas ò
lo mouOdo deis gorçous quond leis. fllhos lour òu
douna lou bolotjou. Ovon dorca les dous cents obounats, Coumo les efons que pouortou lours prumiéiros
bragos vouolou se despotja de veni bèls, nautres
nous couflon coumo lo gronoulho è voulon ossorra
maites é maites cobretaires. Ti o per que son eici, ti
o per qu'onoren dins maitos vilotos nous fa counesse,
ossembla toutes les fils d'Ouvernho que vouolou
gorda lo lengo meiralo.
Ornai per Ocouo, disou les rounhos, un potai
esconad, esquissad, espilhonsad, petossoueirad, bostard, mesclodis, de que n'en voulès fa ; deissat lou
mouri. Doussomen, Doussomen, fosét uno pauso.
Dobon lo guérro montjosion del po pus blon que
lou seda, procouo nous corrosion de tosta lou croustou de po de sigo, de fa trempo dins lou lat ou lo
colhado. Les postissous, los tartos, los poumpos
n'érou pas plo cars, mé les deissôsion per des pescotjous, d'unsses couots per un bouriòu ontjut. Quond
l'estieu lo car de bedél, de biòu, de moutou, vûu pas
possa lou treitjidou cossi olutron lo combo de pouor
ou lo trufado. De mémo ovon lou dret son d'éstre

�5

LO COBRETO
tindous cat de pièu de trouva lou potai ogoustous ol
ras del fronces que mespreson pas, proutes cobretaires l'escrivou de lo prumiéiro s'o me semblo.
Novon bit veni braves dous d'oquetjes mousáurs
en libeto è copèl naut que cossavou lou potai de pel
los classos è cridavou qu'èro mouort. Guetjes sou
portids, belèu les vérs les rougicou ; lou potai guel es
demourad so coumo un clobél, coumo lou couret del
gorrit. E nautres monjioren les cago-lièts pel leis réis
que les nostres efons é pitjious efons porloròu lo
lengo deis belets.
Se vous ogrado pas coues que lo counissés pas plo.
Quond les forrats de coueire se sou bonhads é que
les deissai sus lo pouosse, s ocatou de verdelen.
Frettat les, li vous pourres mirolha. Quond los
counquos, leis goudélos, les peiròüs sou onads dessul
fiot, òu lou tiou negre coumo lou courmal. Recuratles om de leis- ountrigos è del saple fi, lusiròu coumo
sòus niòus. Tout aro deis escouliés de lo bouno rasso,
vous foròu veire que les mouots se. frétou coumo les
peiròus.
Mé n'ovés pas proutes de mouots, disou maites.
Vouostre potai es bou per de los couyounados qu'òusorias pas dire en fronces. Per cau nous prendés ! Lo
Cobreto pouot rouda dins toutos leis mos ; leis momos lo daissou letgi ò leis filhos moridodounos ou
pas. Durvèt-lo, veires que li foson dire de los causos
masso brobounélos son trot nous vonta.
Se reussissés disou les autres, fores dios Fronços.
O les onucens ! Coues l'un deis nostres copouliés
qu'o dit lou prumié : Aime moun vilatje, mai que
toun vilatge, áime mo prouvenço mai que to prouvenço, aime lo Fronco mai que tout, Me semblo que
j'òu prouvad les Ouvernhats, les Miètjournaux que
duérmou omoun, ol poïs que nous fo ploura, Cresés
pas que d'ovon de mouri, lou ser, quond longuiòu
ou que veniòu de recebre lo letro de lo momo, lo
porlavou pas lo lengo del pois !
Nou lo cau lo lengo meiralo per que cado couen de
la Fronço garde so facio. Lou jour ound toutes les
vilatges seriòu porriés, otind toutes les oustaus seriòu
bostids sus lo mémo potgélo, serion foutuds ; cat
d'estrongié vendrio plusVeire lo Fronço sounquo per
vendre ou per croumpa. Quond leis modamos vouolou nous ogroda, é sovés se coues lour mestié, se
vestiròu pas del cap os pés de lo mémo coulour, li
ouro sui coursatge, ol copél, un ribon, un flouquet
per mergolha. Segou toutos lo mouodo, pti li* forias
pas res, de lo postouresso ò lo servento, de lo servento ò lo bourriairo, de lo bourriairo ò lo couarro ; mé
leis raubos se semblou pas» Lo coulour, les boutous,
un plet dovon, un autre dorrié, un pit des tolhons ol
couol combiou cado touolèto. De mémo cau que
cado prouvenço asque so caro ogrodaire per que lo
Fronço siasquo pus brobounélo ; l'òufo pas se perdon tout òfèt'los viélhos coustumos, los viéllïos
lengos. Mounde d'o Vit que per cauques popiés
dounai de lo sontat ò n'oquetjes que venou possa

l'estieu peis bouords de lo Cero, devés mai que
. degus soustene l'Escolo Ouvernhato.
Del mounde que dévou d'èstre rudomtn sovens,
escrivou que foren pas res, que nous monco un copitoni per nous foutre ò ginouls é nous tusta peis dets
quond escrivon pas de biai. Deissat me reire ; son en
Republico, per mo fe... Toutes son un bouci jnèstre
ò l'Escolo Ouvernhato è nous endevenon plo çoquelai. S'un jour trouvon un autre Vermenouzo seren
trot hirious de vous lou mena, lou vous escoundren
pas. D'eici oléro gordon nostro libertat é foson quond
mémo ticouon de masso brabe. Qu'oquetjes que nous
espefidou n'en fasquou otretont.
Me digossias pas que son trot corestious. Les dèt
frons per on que domondon valou pas les tres frons
que se dounavou pel lo prumiéiro Cobreto. Les ouvriés se pagou pas om deis ornussòus é lou popié
couosto presque to car que lo tiélo d'onton. Per dous
cents despenson tont que se sion cinq cents. Se coumo couo se pouot fa, ossorron lou mounde que cau.
foren lou journau pus bél ou l'escot pus pitjiou.
Çouo sero les cobretaires que cousiròu.
Dimmérgue que ve tendren justomen nostro prumiéiro ofreirado dins lo vilo d'Ourlhat. Voudrion
d'èstre touto uno courdelado de felibres pel los corriéiros. Penson plo que les Vicofs seròu pas les dorriés. E coumo o.presso li ouro un bouci de desporti
trenquoren d'un mémo bon ò lo lengo meiralo, ò
l'Ouvèrnho, ò lo Fronço.
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DOLHA QUOND FO LUNO
L'estiéu, ol mes de Jun, vesen lou fe modur
Quond lou ciéublus plocondeonnounçountem segur
Les dolhaires, lo nuét, vòu sega quond fo luno :
L'ér es pus fresquirious, démouorou pas en uno.
Dessul prat ossoula, toutés menou lour ron
Se fòu pas stiroussa dorrié lou bouié gron
L'èrbo es reto. Cau beila bon dessuls faus-margues,
Qu'en croquetja, jingla, menou dei rons plo largues.
Entre tem, ò l'oustau, un brabe desporti
S'enjino peis bouiés. Ouròu de bèl moti
Lo crano soupo os caus, cuétso dins lo grondo oulo,
Uno combo de pouor, mai uno grosso poulo.
Quond lo luno trescound, nostres rudes bouiés
Omassou les gilets, devouidou les coudiés.
S'en vòu pel lo corrau lo dalho relevado
Mouontou dusquo l'oustau, tout moustes,de rousado.
Omourrads sus lo tauló, òu'lèu tout retrossa,
Domondoú pas lou lièt, estimou mai donsa :
Et lo jionto serventò espéro plo preissado
De ''ira lo bourréio è fa quaüquo brossado.
Dusqu'ò pountjo de tjour, ò l'aubo, quond lou gal
Conto clar lou retour del soulelh, del troval,
Les golhourdes bouiès virou valso, bourréio,
Contados pel Belet son cat de simogréio.
Antonin TRIN.

i

�LO COBRETO

fi

O n'oquelos de mo Classo
Dins l'ogleijo ound obons, quond sions toutches pit[chious,
Reçut pel prumié couop dins lou cur lou boun Diou,
Lou dimmèrgue possat sei estat ó lo mésso -,
Quo m'o fat soubeni de lo nostro juinèsso.
Tout en prega, mous uèls, sur lo gautcho del cur
Enquèro bous besiòu gordados per los surs,
Tondisqu'ò lo tribuno onosions om les frèros
Qu'èrou de lo Coumuno estituturs olèro.
Quond, de lo Socristio l'esquinlo ouguèt tintat.
Me semblèt qu'onosions bous entendre conta,
Tondisqu'ò l'ormounioun un frèro musicaire
Bous forio lo respounso om ses joubes contaires.
E iéu, per mièl conta, rascle lou trigidou ;
Per pougueire escupi, souorte lou moutchodou,
Me disio que Lisa, Morissou, Morgorido,
Que toutos ò bel tal sérias estobousidos,
D'otau m'oùsi conta ; mai detcha n'ère fièr,
Quond dobolèt d'omount, de lo tribuno, un èr
Qu'ourias dit que sourtio d'un gorgonèl de filho.
Crento de me troumpa, curère los ourilhos
Oprèsso coumo obont, òusiguère toutchour
Lo mémo primo bouès romplido de doussour.
Quond oquello d'oti se fouguèt escontido,
Enquèro en dobolèt d'aùtros de to poulidos.
Olèro me birère èbese ò l'ormounioun
Qu'uno filho otobe n'en dounabo lou toun.
Omount bouole mounta per les foutre ò lour plasso,
Mosque de l'escolié trobe pas plus lo trasso.
Opèle ò moun secours loubièl 'ijuon deMiquièu» (/)
Mais Meirau (à) me respouond : i o lountems qu'es
[ol cièu !
Un bicaïre, ol moument, mountèt ò lo codieiro ;
Obio leissat poussa lo barbo tout entieiro.
Ol lio de nous porla d'omour et de perdou
Coumo counsilho tont lou nostre saubodou,
Pendent toutsounsermoun nous porlèt que de guèrro,
De blossats è de mouorts è de souldats en tèrro.
Nous diguèt de prega per les souldats défunts
Qu'obiòu soubat lo Fronço ò lo Marno, ò Berdun,
Mé de pas douplida quetches de los trontchados.
Quo fouguèttoutlou temsquesongluts,que liourados.
Coumprenguère ò lo fi, coumo onoba ocoba,
Qu'endusqu'oquel moument n'obio fat que reiba.
Coumo bous obio bit eici drollos poulidos,
Bous cercabe toutchour toutos de blonc bestidos.
Talos que sias lou jour de bouostro coumuniou.
E. pus tard, quond bourias bosti lou bouostre niou.
Mé, tondis que cresio que sias enquèro iriousos,
Ohuèi pourtai lou dòu ou de maire ou de biouso.

(t) Juon de Miquièu .'lou componié d'olèro.
(2) Menau : lou componié d'ohuéi.

Onton siom des efonts sons peno et sons doulour ;
Porlosions d'obenir, combiosions de los flours ;
Onosions los cerca plo nau sur lo mountonho
Ou plo Ion, en òbal, ò trobers lo componho ;
Del Mouguet de Lo Trèbo onosions ò Muret
Ou del Pouont do Fournòu filosions sus Oumet ;
Et Lou Trau do Gournhou ( i ) coumo lo Fuont solado
Nous besiòu plo soubent, dins nostros premenados.
Enquèro pus soubent, omount, ol cap del lio
Per ona' 1 Costèl Bièlh dorcosions l'Iralio :
E, quond benio lou tems. de crouqua los òuglonos,
Portions per Son Curial en possat per Meisono.
Meisono, o crâne rot ! de qu'as fat de to Crous ?
N'as uno, quo' s bertat, més me rond tout migrous,
Pertau que quo n'es pas quelo ound obions coustumo
D'escrioure nostre noum som esquissa de plumo.
Lo pountso del coutèl, se bau pas un croyoun,
Del mins s'esfassio pas car dobalo pus priound.
Paubro Crous ! dins toun boués, codun ò so moniéiro
Obio morquat lou noum de sos omours prumiéiros.
Sur tu se besio pas, coumo aro su'l fèr gris
Des noums d'un pau pertout, n'érou que del poïs.
Mortchabou fronc ò fronc : Guilhaume om Joséphino,
Peire om lo Cotinèl è Touène om lo Delphino ;
Guiral om l'Onnesou, Moriounèl om Juontou,
Claude om lo Morissou, Blase om lo Miotou,
Antonin om lojano, Ugèno om Morgorido.
Migos, qu'es debengut quel tems de nostro bido !
Nous ofigurosions que possorio jomai j
Per lou trouba, proquo, eau cessa bien enlai,
Lou bent que te toumbèt sons belcouop de cobèsso,
Om guel o dempourtat, o Crous ! nostro juinèsso.
Quo's per oquo d'oti que pense ò tu toutchour
Et que li pensorai jusqu'ò moun dorrié jour.
Odissias Crous de boués, pàubro crous bermenado
Qu'aro beirens pas plus dins nostros permenados !
Odissias otobé, jiontos pitchiounos flours.
Que sur nostre bounur mettrias tont de sentour.
Bous escombiorens plus protche lo Crous noubélo
Mai n'esquissorens pas sur soun fér nostro piélo.
Et n'autres qu'ò toun ped porlorions d'obenir,
Te gordorens, o Crous ! dins nostre soubenir.
L'obenir o futchit, los flours se sous secados,
Migos, per lou comi los obons semenados.
Aro quo's lou possat que nous càu douplida ;
Ohuéi los bouostros flours s'opèlou des souldats.
Les obias fat poussa per éstre irious sur tèrro
E noun pas per ona se fa tua r'ò lo guèrro.
Mé, percossi ploura quetches que sous toumbads?
Se froustissou los flours, lo Glorio passo pas.
E causat se, pus tard, n'òurias pas pauros armos,
Om guetches counegut de pus meissontos larmos ?
De bous beire ploura seriòu tout bergountehous
Olèro que sous mouorts ol brut de los consous.
Orrestat les songluts ! eau que los Oubernhatos

(1)

Lou Tràu io Gournhou : Pas de la Cère.

�LO COBRÉTÒ
Balhou, per tout pois, Romainos è Spartiatos !
Et les bolès, segur, puisqu'ol brut del conoun
Les bouostres efontous sous debenguds des liouns.
•Et iéu, que bous eimabe ol temps ound sias -iriousos,
Bous estime be mièl, aro que sès glouriousos !
Sias jiontos Morgorido, Onnesou, mai Lisa,
Mé sès grondos, ohuéi, Mater Dolorosa !!!
E. PAGÈS.

LA TERRE
(( Ces airs dont la lenteur est celle des fumées
« due le hameau natal exhale de ses toits,
(( Ces airs dont la musique a l'air d'être en patois ».
E. ROSTAND.

Heureux ceux, parmi vous, qui n'ont jamais quitté
La Glèbe des aïeux, la terre maternelle
— Que le Ciel fît si riche et généreuse et belle ! —
Ceux qu'un autre horizon n'aura jamais tenté.
Les exilés, vos fds, repris par la Cité
N'aspirent qu'au bonheur de revenir vers elle.
La voix du sol natal les presse et les appelle,
Plus tentante et plus douce aux beaux jours de l'été.
Par les sentes, les prés, où fleurit la jeunesse
Il semble qu'un passé mort, sous les pas renaisse
Comme un parfum fané de trop brèves saisons.
, O Terre, nous t'aimons comme on aime une mère,
Toi qui, jalousement, garde la race flère
Dont l'âme s'élargit aux vastes horizons !

LA MAISON
Plus encor que nos plombs, nos forêts, nos ruisseaux,
Nous aimons notre toit natal, la maison rousse
Qui se cache à demi sous le lierre ou la mousse...
Une glycine bleue y suspend ses arceaux ;
Près d'un puit dont la chaîne, en remontant les seaux,
Pleure entre les murs verts que l'eau vive éclabousse,
Le tic-tac d'une horloge évoque en l'ombre douce
Comme un balancement cadencé de berceaux.
Tout nous parle. Partout les objêts se souviennent ;
Car ceux qui ne sont plus laissent à ceux qui viennent
Un lambeau de leur âme en cet enclos béni.
C'est là qu'il faut borner nos désirs de bien être.
D'ailleurs ce coin de ciel qu'on voit par la fenêtre
N'est-il pas un chemin ouvert sur l'Infini ?

LA VOIX DU SOL
Je sais que nous avons tous ces mêmes amours :
La Terre, la Maison, le culte de nos pères.
Je sais que pour causer de ces choses bien chères,
Point n'est besoin de vers ni même de discours.
Le temps pourra passer. Vous garderez toujours
Le souvenir de vos ajoncs, de vos bruyères ;
Et vous tressaillerez à tous les mots sincères
Que diront sur vos pas nos humbles troubadours.
Je voudrais vous parler encor... mais je m'arrête :
Me suffit il parfois d'un « regret » deCabrette
Pour exalter en nous l'amour du sol natal ?
Car tout ce qui uous tient au cœur, tout ce qui vibre
Quand l'appel chevrottant nous prend par chaque fibre
C'est le pays, amis, l'Auvergne, le Cantal !
Alfred PRODY.

7

Couonte del bièl tem.

Lou fiilain que gonho lou Porodis eo pleija
Nostres^ rei de belets n'èrou pas pus foutraus que
lou inonde d'ohuéy, nou, pas mai qu'otau. Per zo
bous fa beire, 'ti obès un couonte que lou miéu belet
se corrabo de dire to plo coumo iéu de l'òusi, quond
me tenio, pitchinèl, entremiét sous ginouls.
Dins un cusou que semblabo s'escoundre ol pèd
del grond costèl, mourio, sons que degus li pensésso,
un paure peison, un d'oquetses que dins l'oncien
tems opelabou un Bilaia. Lou sinhour, escorbilhad,
gourdejabo ò lo casso ; les autres peisons trobolhabou pels comps, è lou paure bougre èro tout soul
per mouri, sons copelots è sons omis. Mourio, pecaire
coumo obio biscud, toujours mespresad, toujours
ouplidad. Çoquelai mourio douçomeut, son trop
repoutega, pertau que cresio qu'omoun lou hounhur
l'esperabo.
Quond soun amo fouguèt olondado, benguèt tusta ò
10 puorto del Porodis. E tusto que tustoras! mé degus
11 durbiguèt. Tout esconado, se boutèt ò pensa. Ah !
s'èro estad un grond sinhour, li òuriòu plo duberto
lo puorto, més ò un trop de peison coumo guel !
Mogina... E se prend è s'en bo, claufid de pessomen's,
per se permena d'oti d'olai, sons obère endiliot cat
de retirado, turment pus torriple qu'oquel de l'ifer.
Tout en couop, obal, ol found de los plonos eternèlos, beguèt esturlusi un moudiòu d'esclaires. Bistoment s'oturèt. O qu'èro toutes les serbici^us del
Porodis qu'èrou sourtids ol dobont de l'armo d'un
grond sinhour que benio de mouri. Les onges pourtabou de los condièlos, les uns contabou è les autres
musicabou ombe dè los musicos plo poulidos. Dorriés
seguiòu les Sents et loi Sentos ; les douze Opouostres, les Mortirs ; piei loi Bièrjos en raubo de sedo
blonco, un lire ò lo-mo, è piéi les Coufessurs è lei
Sents Onucents, è que te sabe iéu. Nostre paure
bougre durbio dous uèls coumo un cobonèl. O lo fi
d'oquesto pourcessiou, dins un cari plo flouquetad,
èro ossitad un orne, mouort coumo guel, mès un
mouort qu'èro estad riche sus oquesto tèrro è que
presabou enquèro mai dins l'autre mounde. Lou
menabou otau dins lou Porodis, pertau qu'éro un
grond ; mé guel, lou paure potidas, digus lou reclo- .mabo, pertau qu'èro un pitchinèl.
Dins soun armo plo condo, n'èro pas jolous. S'oruquèt douçomenot ol miét deis autres, è otau s'oturèt de los pouortes del Porodis. Se cresio saube è
dejias frioutabo : « Bodauno ! se disio, beléou pourai
possa como oco d'oti. Mosque Sent Péire bilhabo,
beguèt lou pelòudas, è enrufad, l'orèsto ò lo dintrado

�8

LO COBRETO
cusou èro bas, escur. Moun lièt, oqu'èro de los
pouosses om'uno coustiò de palho que lou couarrou
quaucouops m'orroncabo per faire lièt ò sous tchobals.
Mos bragos è mo bèsto èrou de tièlo de sacco, que
petossouirabe om' del fièu d'estoupo. Me lebabe
dobont lou gal per lòura los tèrros de moun mèstre.
Tout lou jour, trobolhabe courbad sui sòu, pus
malirous que les biòu que picabe orabe l'ogulhado.
Bubio del mèrgue è monjabe les ornussòus que
desocotabe. Mai d'un couop, ogonid de sobour,
prendio sus un aure uno pero è lo pourtabe ò lo
bouco, mé l'escompabe couosset, tout bregounjous

« Defouore tu ! te counaisson pas... bai t'en ! » —
« Mé, brabe Moussur, quont mau iéu ai fat, e...? »
— « Cossi ? me n'as pas mérita de dintra eici. Lou
ciéu est presque borejad, è olèro prendon que del
mounde plo cobid. » — « E bous, diamme, Grond
Sent Péire, de que sias mai qu'un paure pescaire, sons
Nostre Sinne, è piéi sès pas estad brobounél mai
qu'otau, de l'obère renegad dobont uno serbento.
Ièu pouode òusi conta lou gal, sonsjomai ploura ! »
Sent Péire tout mèque, se gofèt los pouotos, sounét
Sent Thoumas, per fa fugi oquel fodas. Mé, de beni,
ne gonhèt pas so bido. « Hé ! Moussur, un boucinèl
de piota de mai ! n'ai pas fat de gros pecats, è per

d'ober pona mémo un perou. L'iber, souscabe
enquèro mai. Per Nodau, per Pascos, quond toutes
les autres gourdèjabou, n'obio pas lou tems de pensa
ò bous, nostre boun Paire. Lou dimmèrgue otobe,
poudio pas toujours ona ò lo messo, pertau qu'oqu'éro del tems perdud per moun mèstre. E se, ol
cap de l'on, lo culido èro bufïorèlo, m'escrossabou
d'escoupetaus, Degus n'obio pas piotad de iéu,
pecaire. Quond possabe, magre è espilhonsad, se
foutiòu de iéu. Proco n'ai pas jomai desesperad.
Ai ougud fe en bous, moun Diéu. Ai aimad plo les
ornes, aitrobolhat per guesses, è guesses m'òu mespresad. Bous aï eimat otobe, mou Diéu, è bous me

lou mins, ai ogudo lo fe en los poraulos de Nostre
Sinne, n'ai pas coumo bous, domondad ò beire. » —
&lt;i Taiso-te, foutud nicias, li cridèt Sent Thoumas, que
fouguèt to plo serbid coumo Sent Péire. Hiriousoment per guesses, Sent Paul possabo proti, è essojèt
de bouta defouoro 'quel gusordas. Mosque l'autre,
que n'obiò pas lo lengo ò lo pouotcho, li foguét soun
cotocime : « Grond Sent, obès bostro plaço ol ciéu,
bous ; è dises que ièu mérite pas de li d'èstre ! D'eicistont, n'obès pas ouplidad lou paure diacre Sent
Estiéine qu'obès espeireja coumo cau, è lo comi de
Domas que bous o saubad molgrè bous. »

mespresorias otobe ? »
Los rosous del paoure potidas onérou dret ol cur
del boun Diéu. Un ome pòuotbe se perdouna quond
o mai potit que pecat ? Lou mau ondurad pel peison
fosio coumpes on' oquel qu'obio fat. E ti obés per
que, dins lou ciéu, ol miét deis Sents et de loi Sentos,
lou boun Dieu foguèt uno plaço ol paure bougre que,
sons obère escrit et sons obère pretchat, obio fat

— « Oh ! conhe estofié ! foguèt Sent Paul tout
mouquat, lou bau mena ò Dieu lou Paire que lou
jujoro guel mémo. » Lou paure bougre fouguèt
d'obouord tout espcndid, mes oprès lo flairo lou
gonhèt : tromblabo d'autres couops dobont un
couarrou de lo terro, è de segur, bo mouri de pòu
dobont lou Couarrou del ciéu. E se foguèt plo pitchinèl en s'otura ol pèd del trone, s'ogròumelabo coumo

un pete de poti.

un escòutou.

Jean LHERMET,

E s'oclotèt enquèro mai tout en espera los questious.

Professeur agrégé au Lycée.

« Eh be ! de que li o?ço foguèt Diéu, quau es oqueste?
Oqueste, respoundet Sent Paul que li gordabo
moliço del coumpliment que li obio fat l'autre, oqueste ? co's lou pus insoulent crestio que siasquo jomai
dintra dins bostre oustau. Omai li' bòu dintra de
fouorço ; o maumena Sent Peire, Sent Thoumas,
omai iéu, que boulion l'oresta ò lo dintrado. » Olèro
Diéu lou Paire ogochèt douçomen lou peison è li
diguèt : « Paure bougre, coumprende plo que grilles
de dintra dins moun oustau. Çoquelai te colio escouta mous beilets to plo coumo iéu. Degus dintro
pas eici sons que zo mérite... Eh be! merites, tu,x
de beire lo fa'cio del boun Diéu ? »
— « Grond è juste Diéu, que iéu respète, boudrio
pas dire de los messourgos dobont bous ni me leissa
tenta pel Diable. Boudrio quitomen bous dire que, se
sei pas çstad un sent, n'ai pas fat noun plus fouorces
pecats. N'ai pas tuat ni ponat. Se bous ai quaucóuops
oufensad, m'en repente de tout moun cur, è crese
z'ober plo poga en plo poti, tira. Ere paure, tont
paure qu'en trobolha touto l'onnado, n'obio pas

'

CHEZ NOS VOISINS

Nous apprenons avec plaisir que notre excellent ami
et collaborateur M. B. Vidal, de Chateldon, vient d'être
élu capiscol de VEscolo de Limagne.
Qu'il veuille bien agréer nos siircères félicitations et
nos meilleurs vœux pour l'avenir de VEscolo de
Limagne, sœur de VEscolo Oubernhato.

toujours lou bouci de po negre que me colio, Moun

C.I.D.O.

etZIERS

LO

COBRETO.

Lou Gerent : Paul LARRIVE. ,
Estomporio Moudèrno, Ourlhat

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              <text>Lo Cobreto de l'escolo oubernhato è del Naut-Miejour. - 1920, n°05 (Ot), Onnado 01</text>
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              <text>Lo Cobreto &lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/11926"&gt;(Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue)&lt;/a&gt;</text>
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