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                  <text>Cinquième»

L0
DE

1

0"n^r»o. — N° 57

de Décembre

1924.

e©BRET0

L'ESCOLO OUBERNHATO

E

DEL

JIOURNAU

NAUT-MIEJOUR

MESODIE

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ODESIOU 0 LESCOLO OUBERNHATO : ÜÈT troncs

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E l'on o lou journau per res

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§ Lou Journau se bend bintsos lou numéro §
©
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1

O M.

MOÛ, â

' -

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•

DEI.TEIL
DF.I.TEIL,

L'ORGINT :

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Noutari, clobaire,
clobaire. Ortrlliat.
Ourlhat.

©
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I P
O

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M. H. DOMMERGUES, pitchiouno corrièiro
Cazaud. Ourhat. secretari.

©
®

Lo bouole, 1o Morianno,
Lo bouole, ornai l'ourai.
(Bo'.trrciü d'Oubtrnho.)

©

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Mue
Toute réclamation au sujet de numéros non reçus doit être
adressée directement au Secrétariat, ainsi que les journaux et revues
pour échange.

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LES
POPIÈS :
LESPOP.ÈS:

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La copie doit parvenir au Secrétariat (petite rue Caznud) avant
le 10 de chaque mois, pour insertion au numéro suivant.

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Per ligi " Lo Cobreto "
1. Récompenses.
2. Les fêtes de Vevmeuouze à Ytrac
a) Discours de .M. Louis Farges.
fi) Porlicado de M. Pagès.
'•) Discours de M. Garnicr.
&lt;/) Poésie de M. Louis Debrons : Sui cros del Mestre.
e) poésie de M. l'abbé .Mathieu : O Vermer OI.TO
f) Allocution et poésie de M. H. Karcenac
&lt;;) Poésie de M. Henri Duquaire : Auvergne.
ii) Ciuserie de M. ). I.hermet : Historique île l&lt;i
première lïscolo Ov.bernhato.

Ai se pronounço : ay.
—
au
—
aou.
—
et
—
ey.
—
èi
—
cy.
—
eu
—
eou.
èu
—
èou.
oi
—
oy.
ou
—
oou.
lh
—
11 (mouillés).
nh
—
gn.
—
tj.
j
—
—
tch.
ch

Ex. : Fai, fardeau.
—
Mau. mal.
Dei, des.
—
Sèi, sureau.
—
Seu, suif.
—
—
Lèu, bientôt.
Loi, les.
—
Pòu, peur.
—
—
Bièlho, vieille.
—
Con ho, chienne
jour, jour.
—
Chobal, cheval.

Récompenses
OBIS
Les oiuits que nous embouoiou de los pèços per
Lo Cobreto seròu toujours plo brabes de Iei nous monda
doboni lou dèt de rnnV meu. A'^romen, des couops que
li o, serions oublijats de los poussa enjusqu'ol numeiro
d'oprès.

Le Tovtring-Ckilb de France, sur la proposition de
son comité d'art regional, a décerné les prix sniivants
aux membres de VEscolo) à l'occasion de l'inauguradu monnment Vermenouze:
Mfífttfìle d'argent à M. Henri Delteil. notaire.
Diplômes d'honneur à M. Henri Domrnergues
et à M. l'abbé Mathieu.

�LO COBRETO

2

Les Fêles de Yermenouze
à

Discours de M. Louis

FARGES

Ministre plénipotentiaire.
Président du Comité Vermenouze.

YT RAC

Le 15 août dern;er. Aurillac, &lt;e Cantal et .'e Féiibrige rendaient officiellement à Vermenouze le bel
hommage qui lui était dû et dont nos lecteurs ont eu
un compte rendu complet. Le 14 septembre, une fête
plus intime avait lieu à Ytrac, commune natale dVermenouze. C'est M. l'abbé Mathieu, le si sympathique curé d'Ytrac, le distingué féHtbre dont 'es lecteurs de h Cobrclo apprécient si hautement !e talent
de poète et la connaissance approfondie de notn,
langue, qui avait assumé toute la charge d'organisé.cette deuxième fête. Le succès complet qu'elle obtint
a dû le dédommager un peu de toute la peine qu'il
s;était donnée.
A dix heures un quart, un office à la mémoire eu
poète fut célébré à l'église, qui se trcuiva trop petitt
])our contenir la nombreuse assistance des compatriotes et des admirateurs de Vermenouze. Après
l'Evangile. M. l'abbé Mathieu monta en chaire et fit
en langue d'oc, sur le poète chrétien de Vielle, un
prône remarquable qui fut écouté dans îe plus grand
recueillement.
A onze heures, la foule, en tête de laqielle si.
trouvaient beaucoup de membres de VEscolo Oubernhetto, se rendit au cimetière. Des gerbes de fleurs
furent déposées sur la tombe d'Arsène Vermenouze
et des discours furet* prononcés par MM. Farges,
président du Comité Vermenouze; Pagès,, sous-ca
piscol de YEscolo Oubemhato, et Gamier, ami personnel du Défunt; M. Louis Debrons lut la poésie
qu'on trouvera plus lom.
A trois heures d.u soir, une félibrée eut lieu en plein
air, dans un site admirable d'où on couvait voir le
village de Vielle se profiler à l'arrière-plan. C'est dire
que l'emplacement, mis gracieusement à la disposition
de YEscolo par Mme Bds, avait été parfa.temen;
choisi.
De nombreuses dames et jeunes filles, en beaux
et anciens costumes auvergnats, constituaient un ensemble des plus gracieux et des plus pittoresnues. Et
c'est devant un public nomiDreux et sympathique qu?
félibres, musiciens et chanteurs se firent entendre.
Signalons parmi ceux-ci MM. Etienne Marcenac,
capiscol : Pagès et Debrons, sous-capiscols ; Dommergues. Courchinoux. 'Cardon ; Lhermet, professeur
agrégé, et son fils, Georges Lhermet ; abbé Mathieu-,
Garnier, Henri Duquaire. Pierre Redon, Julien Galéry, Mlles Viards et Mas...
Nous donnons ci-après les discours et poésies prononcés au cimetière et à la iélibrée.

Vermenouze," nous voici l
Il y a un mois, en Aurillac, c'était toute l'Auvergne,
toute la lerre d'Oc, repiésentées par ce qu'elles ont
de plus glorieux et dé plus noble: leurs poètes, leurs
artistes, leurs savants., qui dressaient ton effigie au
centre mèn e de la ville, parmi la verdure élégante
de ce charmant Square autour duquel tu promenas
tant de fois ta fière silhouette.
Aujourd'hui, c'est dans le cimetière de ta commune
natale, où lu es venu rejoindre les tiens, que nous
venons le saluer t'honorer. te célébrer, nous les parents, nous tes amis de la première heure et de toujours; nous sommes là tous - les citadins épris comme
toi de pensée et de rêve, et les humbles au grand
coeur que tu as si bien connus, aimés, chantés; doi.t
tu as fait revivre en des vers inoubliables les solides
qualités, les joies simples et les rudes vertus.
Ah! comme ils te rendent ton amour ceux-là!
Regarde et vois! Que tes prunelles illuminées du
rayon de l'immortalité chrétienne, daignent un moment s'abaisser sur cette terre, notre terre et la tienne,
et sur nous. \e reconnais-tu pas danc cette réunion
tous les enfants de ton imagination et de. ton cœur?
N est-il pas là, PaiHargue. essuyant sur sa joue hâlée
une larme furtive? Ne sont-ils pas là, Juon Pèl et
Piorrou, « l'efont d'Ytrat »? Et, dressant au milieu
de nous sa silhouette vêtue de noir et son profil austère de vierge bienfaisante, n'est-elle pas là, la plus
pure et la plus émouvante de tes créations,, cette
« Tata » qui fui la sainte tutélaire de la famille et
du foyer?
De la maison du père, promène une fois encore
ton regard MU l'horizon familier Voici le clocher
qui sonna si souvent pour toi et les tiens les Angélus
de l'aube et du soir; veici la forêt profonde où lefeugeres si majestueusement se fanent à l'automne;
voici les prairies oû l'Authre coule en chantant sons
les vergues et puis franchit le pont où tu fis danser
les n.enettes. et voici enfin, au couchant, les collines
ondu'ées et boisées où s'abritent Vielle et ta maison
natale...
Et les Ingclus continueront à s'égrener dans l'air :
les fougères dorées continueront à s'incliner sur les
fleurs roses «les bruyères au souffle de l'automne;
i'Authre continuera à couler claire et chantante soir;
la lune pa'e d hiver ou le soleil d'été; la glycine fleurira encore au front de la maison familiale. . Ce ne
sera plus pour toi qu'angélus, fleurs et rivière chanteront, fleuriront et couleront; bientôt même ce ne
sera plus pour nous, passants d'un jour en cette vie...
Nonl mais, grâce à toi, même si quelque réveil-dr.
vieux volcan bouleversait ce coin de terre, ijs vivront
toujours pou,- les générations futures de ce village
d'Ytrac, de toute l'Auvergne, de toute la terre mén"
dionale. de partout où. l'on pense, où l'on chante, où
l'on croit. Car ta poésie, iailh'e du plus profond et du
plus sincère amour, a sacré ces êtres et ces choses
pour l'immortalité.

�LO COBRETO
Au nom de ceux qui ont vu naître et fleurir cette
poésie; au nom de ceux qui la portaient en euxmêmes et auxquels tu l'as révélée; au nom de tout
ce que tu as airné, Vermenouze. ceux qui t'ont connu,
ceux qui t'admirent, qui t'aiment et ne t'oublieront
jamais, viennent t'apnorter leur salut le plus respectueux et le plus tendre. Reçois-le, Vermenouze, et,
de par delà la tombe, bénis une fois encore cette terre
et cette race désormais toutes pleines de ton souvenir.

© ® $
Porlicado de M. PAGÈS
Sous-Çopiscol de VEscolo Oubemhato.

Mèstre,
Ouo fo sièissonto-quotorze ons oqueste mes, que
nosquerias en Bièouo, sus oquesto porroquio, è ti o
dejas quotorze ons que durmès oti, ol ras de bouostre
clouquiè que contorias to plo, en bisto des suts è cV
los mountonhos que dorcorias lo scubent, ol auiet
d'oquèl compèstre dount digorias :
J'aime la poésie intime (t pénétrante,
Lande grise, où toujours pleine un brouillard glacé;
Où, seul, quelque ichassier d'un trop long vol lassé
Profile tristement sa silhouette erra.ite.

pertau que sobio que bous bontorio miel q .'ôùrio
sougut zou faire. De tèt, m'es estat dit que soun disjcours iouguèt un des pus raufis que se siascou
debòusats.
Lou 15 d'O, Mèstre. tout so que lo lengo d'Oc
couonto i!e mai sobent è de pus nau plossat, ourio
diougut èstre otroupelat dobont lou fèr que bous
rebèrto.
Serio estat grond doumage qu'unò nibou escurs".
guesso lou cièu to conde que foguet oquel jouir o porti
de l'ouro ound coumensèt bouostro fèsto.
E proquo, Mèstre, sei sous-copiscol. Zou sobès,
quo's un ounour. E les ounours, ohutèi coumo de
bouostre tems, fou naisse des debers mes bailou des
drets.
l-'uisqu'ohuéi som en fr.inilho, d'cquel dret bau
me serbi t er dire so que moun deber m'ourio foUrsàt
de dire lou 15 d'O
E bous, Mèstre; que fougnerias un home dret c
botolhaire, sérias lou prumiè o me clobela lo lengo,
se disio pas so que pense.
Ti o mai de quatre ons qu'obons rebiscoulado lo
Cobreto è YEscolo Oubcrnliatu, que fouguèroi..
bouostres tfor.ts. Per cossi z'obons fat? Per bous
escouta, quond digorias :
Gardons, gordens nostrri cobreto,
E gordons lou porla jneira'
Que, Coumo dis lou grond Mistral,
Nous bressèt quond siens dins l'onneto.

E, puisque sabe que m'ouzissès, bau bous porli
coumo se sias enquèro en bido, dins oquelo lengo
meiralo to poulido dempâèï que li obès dit:

Z'obons fat :
Per gorda nostro Cobreto, è noun pas per' \o
renega dobont uno trasso d'accordéon ou de biouloun ;
Per gorda nostro lengo, è noun pas per lo renega
dobont uno lengo forgado omb de los ràclos que
bariou dins cado Escolo ;
Per gorda nostro bonrrèio, è noun pas per le
renega dobont los donsos des .mires poïs:
Per gorda nostro trufado. nostro potrango nostre
pountari, è noun pas per les renega dobont ticouon
de mins gou.stous :
Per conta nostre boborèl è nostro coueifo ouibernhato è les rebiscoula se pondons, è noun pas per les
renega dobont des caracos ou des copèls d'un pan
pertout.
Z'obons fat pet" garda, per conta è per rebiscoula
tout so qu'e-s ou fonguèt oubernhat, pertau que nous
som soubenguts qu'obias dit:

Ièu t'ai fretado; jious lo pouseo è Ici routièlos,
Toun couiic 10 poulit, que se (besio pas plus,
Tourno lusi, coumo lusis, dins lou cièu blut,
O boucad'o de nuèt, l'or clar de los estièlos.

Per so lengo è per sos couistunios, cado pople
O lou deber de se quilba
E n'es qu'un hostar sons, eslelo de song nople.
Lou que s'en d.iisso despoulha.

Ccumo zcu ses estat,
Soi ciestio; — pecodou, mès crestio.

Quo's per oquo d'oti que, sur bouostre cros, pense pas
que sès arc qu'osses è cenres. Bous bese toujour
coumo sias qtiond nous obès quitats è couimo seres
quond nous tournorens trouba. Bous ôuzisse nous
dire o n'equel mcr.ment, coumo os escouJiès d'o M au :
Oquo's ièu. les cfonls, que soui lou Copiscol.
Oquel orne froustit, garro prin, bourro griso,
Que n'o g ure de car, de graisso n'o pas hriso,
Mès toujour lou fusil sul couol.

Mes, obont d'ona pus long. Mèstre, me eau bous
fa de los escudos. Debio. counto sous-copiscol de
l'Escolo Oubemhato, bous faire un discours en potai
« oubernhat » cl pèd del mounument que bous òu
obourat din« l'esecuar.
Se z'ai pas fat. Mèstre, sobès per que. Proquo, se
sei demourat long è rnud, quo's que Tomi Dommergues. que poutinho jomai dobont lou trobal quond
s:ogis de lo Cobreto è de YEscolo Ouberr.hato, m'pbio
proumetut de me romplossa. Olèro, ère plo tronquîlle,

Lo iibertat d'eacriourc è de porla so lengo
Se deu pas domonda jomai;
Se deu pas domonda, z efonts, tau que se prengo
Sons dire o degun : Se bous plai !

Bostars ! petard d'escut, zou som oas : mès n'i o,
Mèstre, que boudriòu neus fa possa per tais, è que se
sous foututs dins lo cruco de nous despoujha de « lo
Iibertat d'escrioure è de poria nostro Lngo » per
rebiscoula uno lengo que se parlo plus endilhoc. è que
cat de pople de lo tèrro d'Oc porloro jomai plus.

�LO COBRETO

4

E nous coubidou o les sègre. è l'i o qu'oqueches que
s'omourrou o lours pèds que bajhou ticouon.
Les sègre ! è per cossi ? Que nous fascou beire,
dins lour lengo è dins ionr gratia, des caps d'obro
coumo Mírèio è Calendau!
Tout oqueches sobents que pcuodou pas se metre
d'ocouordi entre gueches. è que se foutralhou coum &gt;
des pilhaires per sober qu'es oquel qu o rosou, Q1 hoc
de semena lo brolho dins toiitos los Escolos coumo
fou, debriòu lour daissa lo Iibertat de gorda lour
porla meiral.. en se soubeni que som plus ol tems des
Troubodours è que li o aro, en Fronso. uno lengo pus
poulido è pus raufio que lo lour, qu'es escricho è
coumpreso per toutes les Fronces E boulons pas que
lengo d'Oc è lengo d'Cul tornou faire o Jo eobèsso.
Olëro, que daissou les Proubensaus escrioure e
porla proUbensau; les Limousis escrioure è porla
limotisi ; les Rouergats escrioure è porla rouerga':.
E nautres, que som des Oubernhats, que boulon-:
èstre coumpres pe'is Oubernbats, obons presó lo Iibertat, sons lo domonda o degun, d'escrioure è de porla
Lo lengo que nous bressèt quond sions dins l'ouneto.

E oquelo Iibertat, nres pas enquèro noscut oquel que
nous lo doustoro.
Fronces d'obouord, mès oprèsso Oubernhats. Oubernbats de song. Oubernbats de eur, Ouibernbats
de lengo.
Mès se n'i o, chas nautres. coumo quo's lour dret,
que bouguèsscu ona cerca de los ounours fouoro pois,
lour dirai, coumo z'ai deja dit o maites: Ol boc de
renega bouostro lengo è bouostre poïs, fosès coumo
Bermenouzo dins Jous lo Cluchaio d). Peis Oubernhats. escrioubès en oubernhat, è peis autres eserioubès coumo bcudres.
Oquel esemple, Mèstre, dcbrio tourna mena o io
Cobreto è o YEscolo Oubernhatc queches que li òu
brat i'esquino, beleu un pau trop biste. Ounòu diougut se soubeni que, coumo z'obès dit:
Reiba d'èslre toutcbis poriès
D'obilhomens, de caroi, d'amos.
Quo s'opèlo prougressa'n'rièi.

Quo's per oquo que, de l'orle de bouostre eres,
coubide toutes les felibres è les froncimans que sous
fièrs d'èslre Oubernhats, o lou demeura è o beni nous
oduja o dt una enquèro mai de bufe o Lo Cobreto. En
maites serens per guifla soun ouire^ en mai lou brotinzimen de soun cormèl retunira dins tout lou poi1de lengo d'Oc.
Ourio moncat o moun deber de sous-copiscol, se
m'ère pas serbit del dret que me dono oquel titre per
dire oquo sur lo pèiro que bous ree-ato, e essoja de
tourna fa l'union dins nostro Escolo.

(1) Depuis, nn fait s'est produit, qui justifie pleinement
cette façon de noir. En effet, Ai. l'abbé Mathieu, curé
d'Ytrac, qui remporta la première Cabrette d'argent
(section poésie) aux Jeux floraux de Z'Escolo Oubemhato
avec une pièce écrite dans ta giapbie de Lo Cobreto,
a remporté aussi le premier prix aux Jeux floraux de.
{'Escola de Limanha, avec la même pièce, écrite dans une,
graphie différente.

Se sèi fièr, Mèstre. per dessus oquelo pèiro, d'embessouna mo mo emb oquelo d'homes que sous to •
rouges coumo ièu sei blonc sente uno gromèlo s'olonda de mos pelounos en pensa qu'un tros de grafii»
mau minado, o sousportit des omis jonbes ou biefs,
qu'aro se trobou plus sons regonha loi: monrre.
E n'ai lou cur entrestesit, pertau que l'omis rat
oquo's ticouon de tont brabe!
Mièl que digun zo poudrias ofourti, car, sons guelo,
zou sobès. sérias pas qnilhat dins l'escouar ni mai
endilhoc plus.
Cau mai qu'un omi coumo oquel que fouguèt bouostre clobaire, è qu'es ohuèi lou nostre, òurio presó
tonto de peno è òurio potit tont de pessomens per bous
faire ounoura coumo zo meritosMs? Mès, m'en boudno se n'en disio mai oti dessus, pertau oue n es pas
d'oqueches que s oturou des homes bels per n'en tira
glorio ou preufit.
Sons uno omistat bièlho de qnoronto ons, èu mai
pourtorio pas uno cigalo d'or ennostade o mo crObato ;
è. sons guelo otopau. l'Escolo Oubernhatc ooud.rio
pas, coumo zou fo dempèi 'questo onnado, deuno. o
ses cotuicours, uno cobreto d'orgent os prumiès pres
de proso è de ponesio.
E debès èstre countent. Mèstre, en beire que lo
prwm'èiro d'oque'os Cobretos esturlusis sul lo roupo
del copelot de bouostro porroquio, que, dins nostro
lengo meiralo. lou .15 d'O os Courdéliès d'Ourlbat,
è ohuèi dins bouostro glèijo, boutèt to plo lou crestio
que fouguerias.
N'i o que, belèu, me trouboròu o faire è que me
cercoròu guirguilho per oter porla coumo z'ai fat
O n'onueches, respoundrai que, se nostro brolho
fo tont de brut que lou ressoun n'en demplis tout lou
Mtètjour, oquo's qu'es noscudo dins un poïs
Où le chêne est plus grand qu'ailleurs, et l'homme aussi

Z'c-bès dit, Mèstre, dins lo pouesio qu'o per titre :
Au Concours de Cabrettes. Bou'n dise un grond morces per lou gorric, mès surtout per l'home. Tont pire
per oquel que renègo oquel poïs è qu'o bregounjo de
porla so lengo!
Lou dilus possat, Mèstre, desportinabe chas oquel
que fouguèt l.ouostre miihour omi, è qu'es ohuèi lou
mièu.
Oti, fognère couneissenso d'une pot.lido fenno que
me digu.èt en fronces: « Bous coumeissio deja de
noun., è sabe fjue sès un moussnr plo gau. »
Quechts que benou de m'òusi pel prujtriiè couop se
n'entrachou gaire, è dioubou me. prendre, pus Ièu,
per un enchiprous è un gombèrlhe.
Boudrio pas. soquedelai, que siasec dit qu'ai fat
menti uno fenno. Un Fronces, .surtout quonfi es
Oubernhat, zou fo pas jomai. Olèro, obont de m'orresta, mai fouguessions dins un cimetèri, bouole me
soubeni que lo Cobreto jogo pas que des « regrets ».
E bous, m'escusores.. pertau que li o lcimtems qu'dbe;,
fugit de bouostre tohun per bous claure ol porodis.
Omount, coumpteridrias pas que fouguessions migrous sur bouostre toumbèl, olèro que sès tont irious.
Oque! que bous o fojurat dins lou fèr. Mèstn:,
bous o pas cotmeigut. Quo se bei ; sons oquo fau lou
part que bous òurio pas metut un hrauzi dins los mos,

�LO COBRETO

5

to .proche de io Bepuplicp; d'oquelo Repup'ico qiu'engulorias iont quor.d lo quimerou sur lo fouont.
Ièu m'es obis, sabe pas se me trompe, que, sons
esta gaire, o criqueto de jour, les Gôudots seront estobousits de plus lo beire o lo pounjo de so pèiro. Li
òures fa fa lou capourdou, lins .o basso del gcifoûf.
E, coumo toujour. les mises plouroròu, mès d'autres
s'eseioforou de reirc.
Per esemple, un qu'òuguèt uno bouno idèio, quo's
bouostre cousi, quond foguèt codot o lo bilo d'oque'
òussèl combo long que, clins fesccuar, de cap en c'iuo
de l'onnado,
Profile

tristement

sa

silhouette

Des
E

Oubernhats fosès

bouostre

Aro

noum.

jomai

qu'un

Menu
E

rompan

titre

flonrit

d'Gubernhat

è

bel.

se quillro,

mciuo.io

s'escontiro,

Endusquoti,
Ound

pel

obès

lou

tout

compèstre

possejat,

Mèstre,

Cado primo lou roussiiihòu
N'oins

contoro

lou

E, quond lousse!

bouostre

dòu.

sul lo bronqueto

Sero mud, per bous Lo Cobreto,
O plet cormèl, foro brojinzi
Ses ers leBous

pus entrestezits.

toludons, o Bermenouzo,

Bous dount

Tal

gloiio,
lour

Tont que lo ièrro biroio.

errante,

coumo dirias.
Omb guel per coumpcnio, sul bouord d'uuo clarj
ogau, ol ras d'uno sèrbo cloufido de peissous, ol m'èt
d'aures de tout biai, permoito debès plo bons corra.
Se lo eoudeno n'èro pas to plo pinjinado :■ se los
flours n'èrou pas tont ogrcumelsdos, poudrias bo is
creire dins bouostre campestre. Li otopores, proquo,
de los rétos enrufados, en beire que los fennos, aro',
bòu o lo glèijo to debitrougados que quond onabou
ol bal de bouostre tems, è que, mai que mai, se fòu
coupa les pièus, olero que les bornes pouortou plus
de bourro joui nas. Que fo pas fa lo monodo, proquo!
Soquedelai. sei segur uu'oti bous li tronbcres to plo
que cercores plus tomp;ige o lo Repuplico, eii pensa
que quo's lo municipolitat lo pus roujo qu'ouguessions jomai òugudo, que beilèt o bouostre omi lo
permissiou de bous quilba dins ociuel poulit endrei,
è qu'o botejat de bouostre noum la corrièiro ound
demourorias un tros de bouostro bide.
Ol noum de Lo Cobreto è de l'Escolo Oubemhato,
li monde d'eici, per tcut oque, nostre pus grond
morees.
Lou moumle trouboro, belèu, Mèstre, que bous ai
pas trop boutât. Mès lou million r coumpliment que
bous pousuèsf e fa, oquo's que n'obès besonn de c,tt.
E lo probo qu'o io Cobreto è o l'Escolo Oubenihato
bous presons coumo zou méritai, oquo's que codun de
nautres dis ombe bons:

lo

dins

Qu'oquelo

lo

houes,

del

to
ou

lioun

pouderouso
:UT

bran,

Contct to plo nostre Cohtan 11.

F. PAGÈS.

0 0 ®
Discours de M. Th. GARNIER
Encore une journée mémorable, Vermenouze!
Hier, Aurillac essayait de te faire revivre, en
coulant dans le bronze tes traits demeurés familiers
à ceux qui te connurent et t'aimèrent,
C'est aujourd'hui Ytrac, où tu vis le jour et qui
fut ton berceau, qui tressaille à ton souvenir.
Ecoute le murmure admirateur de cette fouile accourue autour de la pierre sous laquelle, depuis quatorze années, tes cendres sont ensevelies... Ecoute,
toi qui fus un grand cœur, battre les cœurs dans les
poitrines. Que ta grande ombre se dresse pour accueillir le tribut d'admiration de tes fervents disciples, le salut de tout un peuple1 Et pardonne, Vermenouze. si, dans cet unanime concert, une faible
voix s'est fait entendre. C'est celle d'un vieil ami,
d'un passionné de ton œuvre, si savoureuse et si vivante, et qui t'assure l'immortalité. Pardonne à cet
admirateur et à cet ami de n'avo.r pas su, de n'avoir
pas pu résister au désir de déposer sur ce soi où tu
reposes sa pauvre petite gerbe, faite d'affect'on, de
souvenirs et de regrets.
r.j

ièu Tou pouerte sur l'òurilho.

Septembre iQ2.f.

Otinlat coumo un fièr copèl

§

E oquel copèl, Mèstre bous ofourtisse, lou quitorens pas dobont eau que siasc.o. Tout ùro, lou tenons
toutes o lo mo, per bous dire obont de tourna porti:

Pouesio

de

Q

M.

Louis

DEBRONS

Sous-Copiscol de VEscoto Onbernfràfo.
Bous

soludons, o

lîous dont
Noun quito
Ornai

Bcrnenouzo,

lo bouès to
pas

pouderouso

de retuni,

fonguessias

STJLI

olunit.

cros d.el IMIèstre

Ohuèi.

dessus

Flour de Biousso è Jous lo Cluchado;

Traire

un

E gracio o vous, dins les coulons,

Mo

S'òuzis

Deis bèrs qu'en toun ounour o faeh coumo o pougud.

Pertout

se

des

dis,

riics

En plein Vent è

o

lo

bilhado,

senitous •
niai

Mon

Awergne,

Qu'oibès escrits.sous fans è uernhes,
Lou long des rious, pel les coniis.
Se ligisisou fouoro poïs.

toun cros,

Orsèno

Bermenouzo,

bouquet de ftours piousomen

Muso estremesis,

pecaire, es

soai

bengud.

bregounjouso

Conta d'un fièr olet to plumb miroclouso,
Mèstre, pouodes counta
Mes

trouba, coumo

O part

Mistral, n i

que z'òurio

tu, lino

rin.o

o pas cat

be

bougud;

omistouso,

plus qu'acho

sòugud.

�LO COBRETO

6
Piorron l'efoni d'Ylral, Juan Pèl om so cobreto
Lo Toia qu'o ])legad ses nebouds dins l'onneto...
Oquo's un fronhotou que pouot escriòure otau ?
O que d'un crâne niai lo G rondo Obro as menado !
Que toun amo del cièu dobale d'omount-naut,
E benffo dounia cloiií.- o lo mièuno esconado !

LOUIS DEBRONS.

© @ @

O Yermenouzo
Mo boucociú
Se lou song
E n'en fosio
Heibabes, tu

benguèt sup toun cros, Vermenouzo
des mortyrs èro del bel semen
poussa christios de bouri reben,
tobe, dins toun cinïo arderouso,

D'entrebeire broulba to cenre merbelbouso,
E de n'espia sourti des felibres bolens
Que tonrnèssou fréta, menteni lou luisen
De lo lengo mairalo, aimado è bertiriouso.
Tos cenres m'òu pollat... Bôle be t'escoula,
Mès n'ause pas sosi lo plumo qu'as tengudo i...
Trombloro dins mous dets... )x&gt;urio les recota !
Inhore de meitat lo lengo qu'as sogudo...
Per te faire plose, musarde soquelai..
Forai to boulontat... de lai long te segrai.
J.-S. MATHIEU.

© ©

@

Allocution de M. E. MARCENAC

E voc a, tioaa
Poète, où peut-on mieux évoquer ton image
Que dans ce cadre aimé de sous-bois et de champs
Où tu ceuillais, errant, la rime à son passage,
Le. front auiéolé de l'or des beaux couchants ?
Si ton âme revient du Jardin des Colombes
Où montent les parfums des lis mystérieux,
C'est parmi ces coteaux, ces vallons et ces combes
Que frissonne son aile invisible à nos yeux.
Si ce rêve est possible, ô maître Vermeniouze,
On peut être certain que tu reviens souvent
Ecouter le patois des bons vieux en blouse,
Errer par les chemins où s'engouffre le vent.
En ce cas, quand tu fais ce doux pèlerinage,
Tu choisis, j'en suis sûr, ntotre arrière-saison.
Quand des pâles bouleaux a jauni le feuillage
Piquant d'étoiles d'or la mousse et le gazon.
Tu regardes mourir les touffes de fougères,
Où s'éteignent les feux des soirs et des matins
Dans les adieux muets des choses éphémères.
Eveillant dans nos cœurs des souvenirs lointains
Tu regardes tomber la feuille dentelée
Des châtaigniers géants dont les souples surgeons
Eurent les doux pipeaux où ton âme esseulée
Jeta ses premiers chants quand craquent les bourgeons.
Peut-être certains jeux qui voient dans le mystère
Pourraient te voir dressé comme un bloc de métal,
Epaulant sans trembler quelque gros solitaire
Dont les crocs craqueront, si tu le mets â mai.
Car, sans doute privé de tes épiques chasses :
Le sang ne coulant plus au Jardin des Elus,
Comme jadis tu pars dénicher les bécasses,
Les perdreaux, dont le vol jase les hauts talus.
Et tu me fais penser à tes lointains ancêtres
Dont le rude atavisme en toi se prolongea
Et qui, couverts de peaux, les mollets dans ,des guêtres.
Parcouraient les Pampas pour chasser le boa.
5!.

*

*

Mesdames, 'Messieurs,
Les membres de YEscolo Qul'ernkato sont réunis
dans 1e pays de leur Maître, de celui que beaucoup
d'entre vous ont connu, pour évoquer sa maigre et
austère silhouette d'un Don Quichotte qui ne se battait pas contre des moulins à vent, mais bien pour un
idéal plus élevé. De sa tombe, sur laquelle nous nous
Sortîmes inclinés, une voix montera toujours, une voi:&lt;
qui notfi dira de conserver les mêmes principes de
beauté et de foi qui furent sa ligne de conduite et qui
sont pour l'homme l'unique raison de vivre.
Des voix plus éloquentes que la mienne vous ont
dit tout cela, le jour de l'inaugutatiot. du monument
de votre grand poète, et je nie contenterai de vooï
adresser, au nom de YEscolo Ouberuhato, tous me-,
remerciements pour avoir répondu à l'appel de l'organisateur île cette touchante cérémonie, votre sympathique curé. M. l'abbé Mathieu, le distingué félibte
qui marche sur les traces de Vermenouze. Toutefois,
avant de céder la parole, permettez-moi de d're quelques vers que j'ai composés pour cette circonstance".

De
Où
Et,
Au

graves angélus se perdent dans l'espace
passent des oiseaux à la plaintive voix,
pensant à Celui qui te g.irde ta place
Paradis, tu fais un grand signe de croix.

Et la nuit te ramène à la maison aimée
Où vinrent, comme toi, mourir ces grands aïeux;
Tu t'asseois devant Pâtre, et, la porte fermée,
Tous ceux que tu chantas passent devant tes yeux.
Tu fais brûler ta souche
En faisant un long bruit
Tu crois entendre encor
Des cascades d'argent et

où s'enguuffre la flamme
de flûte et de hautbois;
1 incomparable gamme
de&gt; hôtes des bois.

Ce n'est peut-être là qu'un rêve qui m enchante;
Mais, du Maître suprême à l'immense bonté,
Qui pourrait donc douter, dans sa grâce touchante.
Qu'il ne t'ait accordé cette félicite ?
ETIENNE MARCENAC.
Uxols, 4 Septembre 1924.

�LO COBRETO

AUVERGNE
Salut, Auvergne, fille aux flancs ingénieux !
Salut, vierge ! salut, toi don! le corps fougueux.
Cabré comme une mer, vibrant comme une lyre.
Ne sent poinl l'effleurer le vol clair des souriras !
Triomphale guerrière, un casque de granit.
Etoile d'un sang pur ton visage meurtri;
Tes seins sont des volcans dont la flamme est figée
Comme l'embrasement d'un glaive en 1 eau glacée,
Il se mêle à tes yeux un flot de soleil blond
Qui leur verse l'éclat d'une larme qui tond.
Mais, quand l'Ecir s'élance en des cris de sorcière
Et s'agrippe aux ruissellements de ta crinière.

11

semble qu'un vautour, te creusant comme un fer,
Fouaille de son bec et fait hurler ta chair,
Et ton échine alors, cette vivante proie.
En un fauve sanglot, se tord, frissonné et ploie
Aussi, quand l'étranger vient vers toi, dégoûté
De pourrir sa gencive aux plaisirs frelatés,
Et veut la grappe d'or où nul poison se mêle,
11 déchire sa lèvre à ton âpre mamelle
Nous autres, nous aimons jusqu'à tes duretés
De ce filial amour, libre de volupté,
Qui plonge an cœur des purs et même des racailles.
Puisque nous sommes, nous, sortis de tes entrailles.
Auvergne, amour à toi, la fille des volcans !
Puisse ton cœur m-issif, tison -éblouissant
Où Celtes et Latins ont jeté leur chair vive
Comme une torche ardente au foyer qu'on avive,
Embrasant le destin qui déferle et qui fuit.
Luire, tel un flambeau qui terrasse la nuit;
Et nous, mêlons notre être au brasier de ton âme
Pour jaillir avec toi dans une seule flamme.
Suspendus à tes lèvres et liés à tes bras,
Auvergne, nous voulons boire jusques au ras
Ce sang de feu qui brûle et tressaille en tes veines;
Et, quand viendra la mort, puissions-nous, l'âme pleine
De ton immense amour, crouler, en titubant
Ainsi qu'un homme rac-ûl, dans un sillon fumant !
*

&amp;

&amp;

fi, DUQUAIRB.

Í3f

Causerie de M. J. LHERMET
Professeur agrégé au Lycée de Clermont.

HISTORIQUE
de la première " Ecole Auvergnate "
Mesdames. Messieurs,
Les fêtes célébrées à Auriliac. il y a un rnois,^ en
l'honneur de Vermenouze, le plus illustre des poètes
du Cantal, n'auraient pas leur pleine et entière signification, si, dans ,1e village où il naquit, à l'ombre du
clocher où il grandit, tout près du cimetière où d

7

repose, une cérémonie moins solennelle, plus intime,
n'était consacrée à honorer sa mémoire, Il convient
de souligner ici combien l'Ecole Auvergnate est heureuse de participer à tous les hommages rendus à son
glorieux fondateur. Le seul reproche à faire à vos
félibres, c'est d'avoir choisi, pour les représenter aujourd'hui, un orateur peu éclatant, dont la voix sans
autorité risque fort de se perdre sans réveiller aucun
écho.
Mais cette fête de famille dispense de tout talent,
de toute éloquence ; et, pour parler de Vermenouze.
point n'est besoin de calculer ses effets oratoires; d
suffit d'écouter battre son cœur, puisqu'aussi bien
tous ici, tant que nous sommes, nous communions dans
les mêmes sentiments d'admiration et d'amour pour
un poète qui a chanté la petite patrie en des accents
si sincères et si puissants que sa voix harmonieuse,
dépassant de beaucoup l'écran des montagnes natales,
vibra et se répercuta jusque dans la capitale, et l'Académie Française, reconnaissant le mérite de notre
poète, couronna un de ses ouvrages, un pur-chef-d'œuvre : il a pour titre Mor. Auvergne.
Il me semble qu'en ce jour de commémoration glorieuse, un sentiment de légitime fierté pénétrera noj
âmes, quand, évoquant les rudes épreuves du passé,
nous verrons Vermenouze construire la citadelle d M
Félibrige sur des fondements inébranlables et la dresser imposante dans les splendeurs de la Poésie et de la
Beauté. Je voudrais donc, dans un rapide historique,
parcourir avec vous les trois étapes du mouvement
félibréen en Haute-Auvergne ; proclamer ans:;: la vo
lonté inébranlable de l'Ecole Auvergnate actuelle de
marcher toujours dans le sillage lumineux tracé par
son fondateur et de garder envers et contre tous son
originalité intégrale.
* * ¥
Ce fut aux environs de 1894. que Vermenouze conçut le projet de restaurer sa langue dialectale et de la
façonner à l'expression de la beauté D'abord, cet Auvergnat de vieille roche s'associe avec quelques amis
pour dissiper les préjugés, créer un organe. lo Cobreto, former une petite académie de félibres qui seront autant d'apôtres de la langue héréditaire. — Ensuite, cette âme vibrante et lyrique, voyant, lé succès
couronner ses efforts, revendique pour sa chère .angue
maternelle des titres nouveaux que lui conférera l'assemblée plénière du Félibrige, et il organise à Auriliac,
à Vie, des fêtes spiendides qui donnent une sorte d î
consécration à l'Ecole Auvergnate. ... Enfin, sous les
murailles antiques du ^nanoir de Castelnau. dans le
Lot, lors d'une réunion amicale de l'Ecole Limousine
et de l'Ecole Auvergnate, le capiscol, saisi du délire
poétique, sait tirer de sa langue des accents si souverains qu'il l'établit sur un trône rayonnant de gloire
où. avec le prestige de l'immortalité elle reçoit les
honneurs de l'apothéose.
La première étape fut de beaucoup la plus longue
et la plus pénible. Vermenouze caressait depuis longtemps pour son Auvergne le même rêve qu ivaient
déjà réalisé Mistral en Proveme et Verdaguer en
Catalogne; mais il était loin de disposer des mêmes
moyens d'action et d'avoir les mêmes chances de

�s

LO COBRETO

succès que ses précurseurs. « Verdaguer, a dit excellemment M. Desdevizes du FJézert. avait derrière lui
Barcelone ; Mistral avait Arles, Avignon et Marseille ;
et Vermenouze avait les journaux d'Auriliac et quelques amis. » Heureusement, il trouva dès la première
heure, pour le soutenir dans sa noble tentative, trois
collaborateurs qui nourrissaient la même ambition.
C'étaient Félicien Court, correspondant de la Dépêclic
de Toulouse; Abel, rédacteur de le Petite Gironde,
et surtout l'abbé Francis Courohinouix, directeur de
la Croix du Cantal et rédacteur au Mcniteur du Cantal. Ces hommes ardents et combatifs apportèrent à
l'œuvre naissante un dévouement sans borne, l'appui
de leur autorité morale et le concours influent de la
presse.
Certes, ce petit cénacle flottait bien quelquefois
entre la crainte et l'espérance. Tantôt c'était h gaieté,
quand l'avenir apparaissait souriant et le succès facile;
tantôt c'était l'anxiété, quand surgissaient les obstacles à vaincre, quand pesaient lourdement les difficultés de l'entreprise. Us ont tous ressenti la fièvre de
l'incertitude, l'inquiétude de l'attente, l'émotion poignante de la lutte. Le capiscol, avec sa franchise naturelle, nous a fait des confidences rétrospectives:
E, tonès, ohuùu zo bous dije,
Nous som Ionien grotat Ion cap
Dobon d'estre del félibrige
F plo Ionien obons souscat.
Troubotion l'obro un pau noubèlo :
Beire, otan, tout d'un couop lusi
Les sèt rais de lo Sento-Esièlo,
Qno nous eslounabo un bonci.

exposa le but de l'école et définit son programme.
L'assemblée était frémissante, et le nouveau capiscol
eut la joie de voir son rêve en partie réalisé.
Mais une âme aussi chaleureuse, aussi bouillonnante que celle de Vermenouze ne pouvait limiter son
action au seul Cantal, tinbas, Paris, avec son mirage
d'espérances et de fortunes, attire chaque année beaucoup de fils de l'Auvergne, qui tous conservent pieusement dans leur cœur, comme une flam/ne secrète,
l'amour de la terre natale. Cette flamme, le capiscol
voulait la raviver; ces cœurs, il voulait les exciter et
les entraîner dans l'orbite de ce grand mouvement
régional. Il attendit l'occasion, qui ne tarda pas à s'offrir. La Ligue Auvergnate de Paris tenait ses assises
amicales, le 9 décembre 1894. au quartier St-Mandé,
sous la présidence d'Emile Duclaux, un des disciples
les plus marquants de l'illustre Pasteur. Vermenouze
s'y rendit. A la fin du banquet, le président. d;ms une
allocution oti brillait l'esprit de finesse, présente le
nouvel hôte et son œuvre: « L'Auvergne, disait-il, ne
cesse pas d'être l'Auvergne dans les livres d'Ajalbert.
loin de là! elle y est française et bien française. Elle
est plus auvergnate, plus maternelle dans les poés'es
de Vermenouze. » Et, discrètement, il capte les sympathies de l'assistance autour de la nouvelle école.
« Pourquoi, ajoutait-il en finissant, Vermenouze ne
ferait pas pour l'Auvergne ce que Mistral a fait pont
la Provence? »
Alors, le capiscol se lève, et son discours en vers
languedociens, prononcé d'une voix mâle et forte,
revendique fièrement les droits de la langue dialectale
à la vie littéraire, les droits de l'Auvergne â conserver
ses traditions et ses courûmes.
*

Cependant, le découragement n'eut jamais de prise
sur ces âmes enthousiastes. Dans les heures de solitude, durant les veillées, chacjun s'assevait devant son
pupitre pour récbgcr un aiticle de journal qui irait
porter la lumière dans les esprits, exciter la flamme
dans les cœurs. Vermenouze surtout se dépensait sans
compter. Une foi ardente l'animait et réchauffait;
elle passait tout entière dans sa parole et dans ses
écrits. Le moyen de rester indifférent à tant de conviction et de sincérité ? de rester insensible à tant de
générosité ?
Ces appels claironnants, que de gens encore, mêm»
parmi ceux qui m'éeoutent, se rappellent les avoir
entendus! Une légion d'adhérents se leva des quatre
coins du Cantal, et la Haute-Auvergne donna le spectacle d'un magnifique envol vers l'Idéal. Il s'agissait
d'organiser ces forces et de leur imprimer une direction. La première réunion des nom-eaux félibres se
tint à la Mairie d'Aurillac, dans la salle des mariages,
le jeudi 15 novembre 1894. C'est ce qu'un assistant
appelait « les fiançailles de YEscolo Gubcrnhilo ».
On y compta trente-cinq membres presents; mais
beaucoup d'autres, retenus' pai leurs occupations, empêchés par l'éloignement, s'étaient fait excuser. On
procéda à l'élection d'un comité, et l'on décida que
l'organe de la nouvelle école porterait le nom de Le,
Cobreto; qu'il contiendrait deux pages en dialecte et
deux pages de français pour les non initiés.
. Vermenouze fut nommé capiscol à l'unanimité, et.
dans une allocution pleine de verve et d'entrain, i!

E quo's proquo qu'obons joundndo oquelo Escolo,
Nostro Escolo, lo bouostro, Oubernhats d'o Poris;
Quo's per donna so part o l'amo del poïs
Que, graciós on'oquo, flouris è rebiscolo.

Ce discours programme, publié dans les journaux
locaux, secoua l'indifférence des sceptiques et calma
les défiances de ceux qui se tenaient sur une prudente
réserve. 11 ralliait tous les suffages. « l'avoue, écrivait
M. Elie Jalenques, n'avoir pas été sans appréhension
sur le sort réservé à YEscolo Oubemhato. Décider
qtt'on fera un journal sous l'invocation « lo Cobreto ».
c'est facile; mais, pour rendre cette feuille intéressante, il faut de la copie originale, et ]e me demandais si les sujets abonderaient. Le programme indiqué
par notre capoulié au banquet de la Ligue Auvergnate
a dissipé toute crainte. Il nous a montré une mine
ouverte, si riche en ses nombreux filons, que dès maintenant nous pouvons dire avec confiance : non seule
ment YEscolo Oubemhato vivra, mais elle prospérera. »
J.a [in au prochain numéro.)

Estomporio del Prougrès del Contau, Ourlhat.

Lcn Gerent :

RUBENS

LESCUHE.

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              <text>Lo Cobreto de l'escolo oubernhato è del Naut-Miejour. - 1924, n°57 (Décembre), Onnado 05</text>
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              <text>Lo Cobreto &lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/11926"&gt;(Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue)&lt;/a&gt;</text>
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