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                  <text>Cinquième?

Onnado. — N

1 de Jun 1924

51

e0BRET0
DE

L'ESCOLO

OUBERNH ATO

E

DEL

JIOURNAU

NAUT-M1EJOUR

MESODIE

©©©©©©©©©©©©©©©©©©©©©©©©@@©©è©©©
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ODESIOU

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L'ESCOLO

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OUBERNHATO

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froncs

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l'on o lou journau per res

||

Lou Journau se bend bint sos lou numéro f
©

®

f

ë

L'ORGINT

O M.

DEI.TEIL,

© Embouia.
©

f

Lo bouole. lo Morianno,
Lo bouole, ornai l'aurai.

. (Baurrèio d'Oubèrnho.)

:

Noutari, clobaire, Ourlhat.

LES

POPIÈS

:

O M. H. DOMMERGUKS. pitchiouno corrièiro
Cazaud. Ourlhat, secretari.

©
©
©
©
'i
réclamation au sujet de números non reçus doit êtes
adresité directement au Secrétariat, ainsi que les journaux et revues ©
© pour échange.
©
©
©
La copie doit parvenir au Secrétariat (petite rue Cazaud) avant ©
© le 10 de chaque mois, pour insertion au numéro suivant.
©
©
©
©@©©©©©®©@©©©©©©©©©©©©©©©@©©©©©©

Per iigi " Lo Cobreto
î. Au prochain numéro.
2. Merci !
3. Nécrologie.
4. Langue d'Oc et musique du terroir à l'étranger
5. Morgorido dans la Lozèrev
6. Per t'escrioure (J.-S. MATHIEU).
7. Soir d'hiver (P. IÎEDON).
8. Les Cerisiers (Et. MAnCEN^c).
9. Lou pet o lo i'ronceso (DUIUND-PICOIIAL.I.
10. Conférence de M. L Volpilhac (suite et fin).
11. Kn montagne au point du jour (G. Lit HNOLÎ.
12. Herculo (H. DOMMEHGUES).
13. Nos Précurseurs : Auguste Bancharet

Ai se pronounço
—
au
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—
ei
—
èi
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oi
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—
ch
—

: av.
aou.
eyèyeou.
èou.
oyoou.
Il (mou lié s).
g"tj.
tch.

Ex. : Fai, fardeau.
—
Mau, mal.
—
Dei, des.
—
Sèi, sureau.
—
Seu, suif.
—
Lèu, bientôt.
—
Loi, les.
—
Pôu, peur.
—
Bièllio, vieille.
—
Couho, chienne
—
jour, jour.
—
Cuobal, cheval.

lllllllllllllllliiiillllllllllllllllllllHllllllllllllllillllllllllllllll

Au prochain

©
©
©
©
©

numéro

L'abondance des matières noms oblige à laisser sur
le marbre un certain nombre d'articles intéressants,
entre autres un savoureux dialogue de notre excellent
ami M. Th. Gantier.

OBIS
Les omits que nous embouoiou de los péços per
Lo Cobreto seròu toujours plo hrahes de Ici nous monda
dobont Ion dH de cado mes. Aiitronun, des couops que
li o, serions oublijats de los poussa enjusqu'ol numero
d'oprès.

�LO COBRETO

2

IMIerci !
L'encaissement des quittances de l'Escolo Oubernhato et de lo Cobreto pour Tannée en cours est maintenant terminé. Le nomibre des impayés est infime
par rapport à celui des années précédentes.
Nous adressons à nos bons cabretaires nos plus
sincères remerciements Leur fidélité à notre revue
prouvera à nos détracteurs de quel côte se rangent
ceux oui s'intéressent au dialecte loca'.
Fort de la confiance à peu près unanime qui lui est
ainsi témoignée, le Comité de Y Escolo 'persévérera
dans la voie où il s'est engagé et ne négligera rien
pour rendre lo (- obrelo aussi vivante et aussi intéressante que possible.

Légion

d'Honneur

Avec un bien grand plaisir nous apprenons que
notre dévoué cab ret aire M. Félix RigaJ, chef de
division à la Préfecture, directeur du Parc des Sports
et membre très actif de presque toutes les sociétés
locales, vient d'être nommé chevalier de la Légion
cWionneur.
L'Fiscolo Oubernhato est particulièrement heureuse d'adresser au nouveau légionnaire, si sympathique à tous, ses plus vives félicitations.

NÉCROLOGIE
Nous avens appris avec peine la mort, à l'âge de
83 ans, de M. René de Ribier, ancien conseiller
général du canton de Saignes. M. de Ribier, qui toute
sa vie s'était occupé d'histoire locale, avait publié
des ouvrages très appréciés des érudits.
Nous prions son fils, M. le docteur de Ribier, notre;
adhérent de la première heure, et toute sa famille
d'agréer nos plus sincères condoléances.

Dernièrement est décédé à Aurillac M. Farges
Géraud, horticulteur et jardinier du Square de notre
ville. —■ A son fils, notre dévoué cabretaire; à son
frère, l'horticulteur estimé et membre de YEscolo
depuis sa fondation, nous adressons l'expression de
notre sympathie la plus vive.

Langue d'Oe et musique du teffoif à l'étrange»
Une bibliothèque américaine a demandé récemment
Los causas d'Ov.bernho de notre fébbre-musicaire
Louis Debrons.
Souhaitons que le tic-tac de son délicieux Moulin
et le Fai soin-soir, de sa jolie berceuse charment les
Américains autant que nous.
E bibo i'Oubemhb, nouin d'un gai!

MORGORIDO

(,)

dans la I*oaz&amp;f&amp;
Nous lisons dans le Moniteur de la Lozère du dimanche
27 avril :

YILLFFORT- — Les Âydons. — Dimanche soir,
13 avril, une grande animation régnait dans notre
petit hameau, si tranquille d'habitude. A la tombée
de la nuit, une foule compacte se pressait dans le
jardin de notre école publique, pour assister à une
séance récréative offerte par les écoliers et les anciens élèves. Le temps s'était mis de la partie, et c'est
bien la pins belle nuit d'avril que nous ayons eue
jusqu'ici. Un temps calme, douix et clair.
M. l'inspecteur primaire de Langogne nous avait
fait l'honneur de rehausser de sa présence l'éclat
de notre fête.
A 21 heures, le rideau se leva, et, pendant trois
heures, les acteurs se succédèrent sur la scène, se
surpassant et recueillant des applaudissements répétés. Ils surent tour à tour émouvoir dans l'Absent
et faire rire dans les monologues, dans Giovanni tt
dans les Colles.
Mais ie bouquet de la fête fut la pièce en .patois:
Morgorido. de M. Pagès.
Morgorido, l'héroïne de la pièce, jeune paysanne
à l'âme be'le et simple, chanta avec aisance l'amour
du sol natal,
Pierre, aussi attaché qu'elle à la terre de se? « anciens ». sut se montrer le paysan au cœur tendre et
à l'âme forteGuiral fit pleurer de rire quand il apparut sur !i
scène avec sa bonne figure de vieux paysan, encadrée
de favoris, sa blouse bleue et son gros bâton. Il tint
très bien son rôle.
M. Prode1, le brave notaire, avec sa barbe grisonnante, avait l'air d'une personne vénérable et gaie
qui sait donner un bon consei,! et trouver aussi le
mot plaisant à l'occasion.
Et Gountron. « aquel grapalhou », fut bien dans
son rôle Avec son habit à la derrière mode, ses gants
et son air dédaigneux, il eut beaucoup de succès.
Tenou et Cotirel jouèrent bien aussi les deux rôles
moins importants qui leur étaient confiés. Mori.i
s'acquitta à merveille du chant des bourrées, qui furent cha'eurersement applaudies.
C'était un spectacle gracieux à voir que ces quatre
jeunesses dansant aisément sur la scène : les jeunes
"filles en jolies coiffes blanches, les jeune? gens eu
larges chapeaux.
Cette pièce fut très goûtée des spectateurs, paysans
pour la plupart et oui se reconnaissaient dans les
rôles de Morgorido, Pierre et Guiral. Ils étaient heureux d'entendre chanter les beautés de leur chère
campagne qit'i's aiment tant.
Un bal. qui se prolongea dans la nuit, termina gaiement cette petite séanceLes spectateurs se retirèrent charmés, souhaitant
que pareille fête se renouvelât souvent.
(11

Morgorido,

pièce

en

patois

en

trois

actes,

par

M. E. Pagès. En vente chez MM. Malroux frères, à Aurillac. Prix : 3 fr. 25.

�3

LO COBRETO

Per

t'escriou-re

Lengo d'oc. jonto doumeisèlo,
Ogrodious bertilho toun courset,
Toun comina n'es pas potet,
Tous biais sou pas d'uno monèlo.
Seras toujotir plo brobounèlo!
Te cau, des pèds ol polhouet,
LJno longo raufeo son plet.
Coupado dins la mémo tèlo
E cousudo del mémo fièu
Roussèl, lo coulour de toun pièu.
Te boulons toutes minhounèlo !...
Per t'escrioure de tems en tems,
Quond trouboras sartre molent,
Sur guel prendrens potrou, pochelo...

J.-S. MATH/EU.

SOIR

D'HIVER

Au dehors Je vent souffle
Je me sens triste et seul,
Il monte en moi comme
Et mon creur frémissant

et la neige fait rage;
perdu dans ce grand soir.
un immense désespoir,
a perdu tout courage.

Pourquoi ? Tranquillement assis près d'un bon feu,
Je suis bien; il fait chaud dans ma petite chambre,
Je puis braver gaiement cette nuit de décembre
Et songer au retour du printemps, au ciel bleu...
Mais, malgré moi, je vois un défilé dans l'ombre
De Vieux déguenillés, de Femmes et d'Enfants,
Tendant vers les heureux de grands bras suppliants.
Toute une foule ! Et je n'en puis compter le nombre.
Dans cette nuit mauvaise, en infernal chaos,
Je les vois s'agiter, et leurs cris de déiresse.
Implorant vainement l'égoïste richesse,
Eveillent en mon cœur de lugubres échos.
(Les FIeu:s d'Amour.)

Les

PIERRE REDON.

Cerisiers

Sur un âpre cotcian que le printemps émaille,
Les sombres cerisiers, quelque peu fracassés,
Moins par les ouragans que par notre marmaille
Qui pour y grappiller les a tant embrassés,
Balancent dans l'azur, quand le vieux merle raille,
Leurs rameaux alourdis, sous lesquels, harassés.
Les faucheurs font la sieste, où chacun se tiraille,
En savourant leurs fruits qu'un pâtre a ramassés.
lei me dis chaque fois, en voyant ces fruits lisses
Que l'on dévore avec d'ineffables délices,
Imitant les bambins au turbulent essaim,
Quand la sève jaillit, notre mère la Terre
Rend-elle dans ces fruits dont on se désaltère
La chair rose et le sang des vierges dans son sein ?
ETIENNE MARCENAC.

(Bon &lt;get o lo (§ronceso
(PORLA ROUERGAS)

Tirat d'uno conyounado de ■&lt; Lo Cobreto ».

Dous Prussiens — bous parle d'un briou —
Fosiou'n possage
Os Espoliou.
Compreníeu pas nouostre lengage,
Ni lou poutouès. ni lou froncés;
Entre elses obiou lour porlage
Que degus i entendio pas res,
Pas uno letro. uno birguloFosiou sinne : en guignen lour gulo,
Bouliou dire: Monja, pardi!
En cluten : Un iièché per dourmi.
Serquen de corrièiro en corrièiro
Un oustal qu'ojesso un romèl,
Orribèrou bos lo Borrièiro
E dintrèrou chès Mirobèl,
Lou boun potrou, lou gai cournpaire.
Ocouo fosio plo lour ofaire,
\
Mentisse pas è me creirés,
Més cadun n'enfournèt per tres.
Pièi, bien sodouls, s'onèrou jaire,
Dins lou même Iièché omogats,
Que, sobès, sou pas dolicats.
Erou pel mèstre ccoumpagnats.
Uno serbento brobounèlo.
Cotincu. tenia lo condèlo.
Obio de fuoe clins sous uèls blus
E lou sourire o rlour de pcuotos.
Sons se jeina, lotis deus moussus
Dobont eia quitou lours bouotos.
Lou pus grcuos o bel se creba,
I pouot pas jornai orriba.
Cotinou s'espeto de rire;
Mes lou potrou se met o dire,
D'un èr serions : « De que te prend ?
» Ojudo-li, soi couchoren! »
Cotinou, toun foguen lo pouoto.
Ombe degoust groupo uno bouoto,
Tiro d'oici. tiro d'olai,
E lo derrabo soquelai.
L'autro resisto de puis bèlo« Tiro, fegnon ! dis Cotinèlo,
» Tiro, pelaud ! tiro, pourquet ! »
Mès, en fourcen, delargo un pet
Que ressoundis è rebourdèloi,
Un pet to bien estipulat
Que lous Prussiens, boum! non trombîat!
Lou potrou crido o lo serbento :
« Oh ! que sios sallo ! n'as pas crento ?
» De que diròu lous estrongiès?
» Ou bòn metre dins lours popiès! »
Cotinou replico, suspréso :
« Boutas, mèstre, rescou pas res.
» Coussi bouiès qu'ajou coumprés?
» OcouoTs un pet o lo ironcéso ! ! ! »

D URA ND-PICORAL.

�LO COBRETO

4

CONFÉRENCE
de M. Joseph VOLPILHAC
Professeur agrégé au Lycée Emile-Duclaux

(Sl'iTE ET FIN)

JEAN ET LOUISE
Un des faits qui caractérisent notre époque est la
puissance sans cesse grandissante de la réclame. Elle
a envahi et contribué à corrompre la littérature ellemême. Par elle, nous avons vu Batouala couronné
par l'Académie Concourt., et par elle, la Garçonn';
atteindre et passer trois cent mille exemplaires. Vous
vous êtes peut-être imposé comme moi la lecture de'
ces deux œuvres, l'une dégénérée et l'autre scandaleuse. Eh bien! je vous convie à fuir les miasmes
du lac Tchad et les odeurs de Paris, pour venir un
moment vous rafraîchir et vous retremper au souffle
pur et fort qui passe sur Jean et Louise. C'est un
beau livre, un livre émouvant. C'est un de ces livres
qui s'emparent de vous, si une fois vous les avez
ouverts, *et l'on n'hésite pas àprendre pour les lire sur
ses heures de sommeil.-Lisez-le, si vous ne l'avez lu,
et, si vous l'avez déjà lu, je ne dis plus rien, car
je suis sûr que vous le relisez.
Il a deux racines également riches, mais d'une sève
différente: l'une s'élève, vous l'avez deviné, de la
sensibilité de Dusserre; l'autre plonge profondément
dans le sol natal. Comment se fait-il, maintenant, que
cet églantier robuste, mais sauvage, d'Auvergne,
Jean, si vous voulez, porte cette rose, Louise? C'est
là le secret d'une greffe heureuse- Dusserre me l'a
révélé, et, à mon tour, je vous le livre. Jean et Louise
fut inspiré par la lecture de la célèbre pastorale de
Longus, Daphnis et Chine. N'est-il pas remarquable
qu'à travers les siècles, par-dessus les monts, par
delà les mers, le bailero des pâtres d'Auvergne réponde à la syrinx du chevrier de Mityiène?
A la vérité, Longus était pour Dusserre un modèle
brillant, mais dangereux. Ceux qui ont lu Daphnis
et Chloe ont éprouvé la séduction un peu suspecte
de cette œuvre. Sous l'apparente spontanéité des
sentiments, sous la feinte simplicité du style, se
dissimulent les raffinements d'une sensualité très
instruite et d'un art très savant. La naïveté de
Daphnis et de Chloë se soutient jusqu'au bout, mais
un peu à la façon d'une gageure. Tl y faut tous les
voiles d'une mythologie maniés par des mains bien
expertes à les faire tomber un par un.
Par bonheur, Dusserre ne s'est pas fait illusion
sur le roman de Longus. D'instinct, il l'a jugé inimitable par bien des côtés, et il a repoussé l'idée périlleuse d'un pastiche où d'ailleurs son originalité répugnait. Au rhéteur de Lesbcs il a surtout emprunté,
en dehors de ce charme un peu mystérieux répandu
sur la figure de Louise, le thème, en lui-même assex
banal, d'une idylle dans un cadre champêtre. Il s'y
est appliqué avec un art tout différent, dont le principe, au lien de la fiction), est là vérité- Dans Jean

et Louise, tout est vrai, tout est sincère les personnages et leurs sentiments, le milieu, la nature.
Transporté des vergers à demi réels de Mityiène
dans les pâturages tangibles de nos montagnes, le
couple à demi fictif de Longus subit une profonde
métamorphose. Si Louise conserve un air de parenté
avec sa lointaine sœur de l'Hellade, Tean. le fils aîné
du couarrov. de Tremailles, est Auvergnat de race.
Et, maintenant, ces deux personnages cachent-ils
des personnes? Que nous importe? Respectons, si
elles existent leur secret et gardons pour nouls nos
conjectures ou même nos certitudes En tout ca.-,
Jean et Louise sont de vrais bergers qui gardent
vraiment de vrais troupeaux, avec clés chants et non
sans quelques éclats de voix.
M. Sabattier les a dessinés, dans la Petite illustration, d'un crayon à la fois délicat et ferme. Jean est
couvert du grand « saïle » aux plis raides et porte
l'ample feutre noir, tourmenté, à la façon d'une
chaîne de montagnes, de creux sombres et d'arêtes
brillantes. Son visage est noble, d'expression mâ1e,
le nez fort, mais d'une seule ligne; la moustache,
noire et de poil court, tombe à la gauloise. La courbure déi:cate du menton se prolonge en arrière par
le trait net de la mâchoire. En face de son compagnon à demi assis contre un talus, Louise se dresse,
longue dans le capuchon sombre où s'encadre er
rayonne le pur ovale de ses joues- La grâce fine
de ses chevilles jaillit du bloc lourd des sabots
Mélancolique, elle abaisse et détourne son regard
sous le regard direct du garçon.
Sur leur idylle je glisserai auss&lt; 'égèrement que
possible II y a plus de mélancolie que de gaieté.
Elle commence dans une atmosphère de malheur et
s'achève tragiquement. En pleine jeunesse, Jean
Paulhac a été la victime d'un accident terrible. Une
batteuse lu; a mange le bras. Depuis ce moment,
retranché des travaux comme des plaisirs d-°s jeunes
hommes valides de son âge, il mène paître le troupeau de sa ferme sur les solitudes du Puiy-Rond.
A son amoindrissement physique, à la souffrance
mor^e qui en résulte, s'ajoute un désespoir d'amour.
Après l'accident, sa fiancée l'a délaissé. Fièrement
il a rompu avec elle, mais son amour, resté viva.ee.
a des soubresauts douloureux. — A ce désespéré.
Louise, qui garde auprès de lui les moutons de son
maître, s'offre et se tend comme un espoir- Il est le
fils d'un riche eouarrou; elle n'est qu'une pauvre
bergère, enfant trouvée. Peu importe; elle se sent
attirée vers une souffrance. Avec sa sensibilité en
avance sur ses quinze ans, elle a vite fait de découvrir la blessure profonde au cœur de son compagnon.
De toute son âme intacte et naïve, elle s'attache à la
guérir. Mais, à réveiller le cœur de Jean, son cœur
s'éveille, et bientôt elle reconnaît, avec une angoisse
neuve, qu'elle aime.
Sur la craintive aurore de cet amour naissant.
Dusserre a écrit des pages qu'il faut lire. Leur charme s'échapperait comme une eau limpide entre les
doigts de qui tenterait de l'análvser. L'attirance première, les premiers troubles, les brouilles suivies
de réconciliations, la jalousie soulevée avant qu'elle
n'ait ses droits, tous ces mouvements des amants vers
les aveux décisifs trouvent leur place dans des épi-

�LO COBRETO
«odes, des scènes, des entretiens variés, harmonieux
et toujours naturels. Et sur tous se répand une tendresse délicate qui nous fait penser à l'auteur de
la Mare au Diable, de la Petite Fadctte et de François le Champi.
Sous la suggestion puissante de la nature, forte
ment évoquée par Dusserre. l'amourette de Jean et
Louise devient un amour avec ses exigences à la fois
désirées et subies. Pour qu'enfin cet amour se transforme en passion, il suffit qu'il entre en lutte avec
les forces contraire de la vie. Loi trop commune,
chaque jour attestée par ce que les journaux appellent des faits divers. Dusserre v a soumis ses personnages et du même coup assombri leur idylle en un.
drame.
L'union de Jean et Louise déchaîne dans le milie'.
où ils se trouvent des oppositions irréductibles, de&gt;
rancunes et des haines inexpiables. Le père de Jean.
François Paul hac, homme autoritaire et violent, orgueilleux et jaloux par-dessus tout de sa fortune en
du prestige qu'elle lui vaut dans son village, refuse
injurieusement d'admettre ce qu'il considère comme
une mésalliance. Dans une scène pittoresque, la jeune
volonté du fils affronte l'inflexible autorité du père.
•Ni l'un ni l'autre ne plie, et Jean Paulhac, mis en
demeure de choisir entre les deux foyers, sort de la
maison paternelle pour n'y plus retourner. —. Après
ce déchirement, le drame se précipite. La sœur de
Jean, Yictorine Paulhac, ravagée de cupidité, avait
espéré que son frère ne se marierait plus et qu'elle
recueillerait un jour sa part d'héritage. L'intervention
de Louise ruine ses odieux calculs Voilà Vietorine
enflammée contre la jeune bergère d'une haine tenace
et féroce. Elle la poursuit partout, éclatant à chaque
rencontre en violences. Une fatalité veut que toute.;
deux se placent côte â côte dans un lavoir, sur les
bords de la Cère en crue- La' scène, inévitable se pro
dtùt, s'envenime, et, folle de rage, Victorine Paulhac,
d'une poussée criminelle, jette à l'eau son ennemie.
— Jean apprend la funeste nouvelle au moment où
il venait de mettre la dernière main à son bonheur.
Il part comme un animal blessé, le sang vio'ent des
Paulhac bourdonnant à ses tempes. Dans une course
à demi inconsciente, il arrive jusqu'aux solitudes
peuplées encore des souvenirs et des vestiges de son
amour, et là s'abat soudain, face en avant, comme
si quelqu'un l'eût assommé d'un coup de maillet.
Si, en parlant de la première partie de son roman,
je pouvais rapprocher Dusserre de George Sand.
il s'élève dans la seconde jusqu'au réalisme poignant
de son auteur favori, Guy de Maupassant. Ces rapprochements où n'entre pas d'exagération, le succès
obtenu par Jean et Louise en Angleterre et en Amérique, donnent une idée nette de la valeur universelle
de l'œuvre.
Songez maintenant que, transportée dans ces pays
exotiques, elle perd ce charme local que Vermenouze,
dans un de ses poèmes les plus émus, appelle « h
grâce essentielle ». — La grâce essentielle'' qu'est-ce
donc, sinon l'âme indéfinissable et multiple de notre
beau pays? Poète et paysan, Dusserre s'y est confondu, dans une méditation quotidienne. A son tour,
elle a passé en lui, et c'est pourquoi il a pu l'inspirer,
toute frémissante, à son livre.

Que si jamais la vie — et je souhaite que cette
hypothèse ne se realise pas — vous exilait de votre
Auvergne, emportez Jean et Louise, et, quand la
nostalgie vous prendra, ouvrez ce livre! Vous reverrez la chaîne majestueuse de vos montagnes, Fi
Chavaroche, le Peyrc-Arse, le Batailleuse et l'Elancèze, la pointe du Griou et l'harmonieuse accolade
du Puy-Vio'ent, lignes grandioses par-dessus lesquelles le soleil levant étend ses ravons; vous en
évoquerez les aspects changeants, sereins ou tumultueux, les splendeurs accablées des jours d'été, la
lutte titanique des vents, des nues et des éclairs
contre les cimes immuables, ies arbres des burons
tordus et foudroyés. Vous serez ramenés aux bords
murmurants des ruisseaux limpides où la truite, corsaire lumineux, jaillit des rocs noirs ou dc-s racines
chevelues des vergnes. Vous aurez devant vous la
foule re'igieuse des seigles au frond lourd prosterné
vers le sol- Vous contemplerez le tloconnement neigeux des blés noirs, au-dessus desquels se croise,
dans une mouvante rumeur, le sil'age doré des
abeilles. Vous assisterez à la ruée carillonnante des
vacheries vers les herbages nouveaux. Dans le calme
vespéral vous entendrez la voix pure et naïve d'une
jeune bergère exhaler une de ces élégies mélancoliques de la langue d'oc. Et vous serez frappés, dans
le silence grandissant du crépuscule, par les injonctions gutturales des pâtres qui ramènent lentement
leur troupeau vers le parc...
Alors, pour un moment, triomphant de l'absence,
le livre d'Antcnin Dusserre vous aura rendu la présence ineffable de la patrie.

JOSEPH VOLPILHAC.

En montagne, au point du Jour
J'aperçois le frêle décor
Du paysage, qui s'irise
Des gammes que la voix du cor
Mêle aux doux frissons de la brise
A cette heure matutinaje.
Lentement, s'éveillent les bois,
Dans une langueur automnale
Que troublent de lointains abois
Et la Lune courbe s'efface
Comme un yatagan mince et clair.
Aux mornes confins de l'espace,
Que fend, vers l'Est, un vif éclair.
Car voici l'Archer-Roi, le Dieu
Oui du fond de l'horizon bleu
Darde sur le ciel radieux
Une pluie de flèches de feu.
Tandis que son ardent quadrige.
Sur l'arête vive des Dore,
Plus hiératique, s'érige
Nimbé d'azur, de pourpre et d'or !

�LOCOBRETO

6
•Merveille! mi fleuve de lumières,
Où nagent de vagues pâleurs,
Baigne les champs et les chaumières
De ses mille et mille couleurs!

ièu tout soûl tout oquelos trobos è que bou'n bouolí
fa tosta quauqu'unos oqueste ser.

C'est un déploiement féerique.
Où l'œil ravi plonge et replonge.
Où l'on rêve de bucolique
Dans un Eden, bleu comme un songe.

Obès toutes lijit dins deis libres fat per deis sobents
que ço que s'opèlc lo Mythologie, oqu'éro pas que des
couontes per omusa les efonts pichous è bèls. E be lei
grondos estudiós que ièu bene de faire me dounou
lou dret de bous dire, omai de bous ofourti. que tout
ço que nous dis lo « mythologie » es lo bertat toute
condo; è les Grecs que l'obiòu escricbo n'òu pas
dichos cat de messourgo.
Per ohuèi forai pas que bouis porla d'un personnage que tout lou mounde counei de notl·ln è que
s'opelabo Herculo. Sobès toutes que, quond un home
es pus fouort que les autres l'opèlou un herculo. Li n
deis sobentas que se foutròu de ièu è que bous ofourtiròu qu'oquel home to fouort n'o pas jiomai biscut.
Ièu soui soulide de ço que bous dise- Ojustorai mémomen que Herculo èro Oubernhat. Ai pas pongut
trouba dins cat de porgon l'endret ni lou jour qu'èro
noscut : d'oquel tems li obio pas de controrolle per
oqueches que naissou, que se moridou ou que rnouorou. Mès, digas-me, cresès tout botinoment que, se
Horculo bo pas d'èstre Oubernhat, serio estat fojutttt
de faire tout ço que foguèt dins so bido ? Troulbat-me
un autre endret ound les homes siasquou copalbles
de faire tontos de brabos catisos coumo n'en fogiut
oquel couarrou !
Li o pas cat de doute • Herculo fouguèt lou grond
belet deis Oubernhats, è quo's de guel que les mascles
de nostre poïs tenou de d'èstre pas buforèls.
Mès, se boulès, bous bau ecunta quauqu'unses
d'oqueches trobals qu'où opelat les douche irobals
d'Herculo.

Où l'âme, un moment fraîche et pitre
Et de douceur ensoleillée.
Vibre et chante dans la Nature
Comme l'oiseau sous la feui'.lée!
La Rochc-rointut, Ottobre 1052.

G. BURNOL.

Counferenco-porpondejado facho ol teatre d'Ourlhat,
o los felibrejados de! mes d'obrièu.

Modamos,
Demouisèlos,
Moussurs,
Brabe mounde,
lèu ère pichinèl coumo un rat quond mo pauro
beleto — dobont Dièu siasquo ! — niouriguèt. Mes
me soubene plo de guelo çoquedelai è de ço que countabo lo bilhado ol contou. Omai fouguèsso bièlho,
rebusabo pas cap de bouci.
Sobès pas que disio soubent, lo mio beleto? Disio
otau: « Bésès-be, brabes efonts, li o uno causo qu'ai
toujours entendut dire ois Oncièns. oqtio's que li obès
pas digun de pus foutrau que lou mounde sobent. »
E es be plo bertat que plo soubent les sobents sou
un boucinèl crucats. Oquo's pas drolle, tiras. O fouorço de frugiga dins les libres, oquo deou orriba. Les
libres, zo sobès be. sou pas soubent d'ocouordi entro
gueches. Ni obès que disou blonc quond les autres
disou negre. Olèro, pordi, eau pas s'estouna que les
caps deis sobents que les estudion se birou o l'orrebèrs
des couops que li o.
Iéu bous dirai pas que souei un sobent- Oquo serio
uno messourgo grosso coumo ièu. Omai belèu otobe
pourrias dire qu'en d'èstre sobent, debe d'èstre -coumo les autres sobents — quauque bouci foutrau !
Proquo, sons beni trop neisci, ai masso estudiat les
bièls libres è les bièls porgons que li o dins nostre
pois; è ni o, sobès, de los corrugados.
Belèu bous domondai de que cercabe dins tout
oqueches popiès. De que cercabe? Cercabe lou secrèi.
del tems possat, è mai que mai boulio sobeire ço que
s'èro fat è dit del tems que lei bèstios porlabou.
Ai troubat ço que boulio. Otobe, paure brabe
mounde, que soui ièu countent!
Souei talomen countent que pouode pas gorda per

@

® ©

# # #
D'oquelo epoquo bibio o Bit un couorras qu'opelabou M. Augias. Obio talomen de chobals que n'en
sobio pas loti couonte Les fosio jaire dins un estaple
bèl que n'obès pas idèio è que tenio touto lo plono que
se ibei entre Bit è lou Pas de Cero, que les Bicots
opèleu lou Trau de Gournhcu. N'olio de los onnaooè de îos onnados qu'ociue! foutrau d'estaple n'èro par
estat foumourgat; otooe los cretos mountabou enjusqu'o !o trobado, è les chobals li poudiòu pa? plus
dintra. Lou moussur èro plo... cessi bous dirai?...
plo emmerdat, pordi, poraulos pudou pas! Digun
boulio pas se cerga de neteja oquel estaple que, sus
bouostro gracie, pudio qu'enfetabo.
Moussu Augias onèt trouba Herculo è li diguèt
otau :
— Bous que sès to brabe è to fouort, deourta-ì
trouba un biai per fouimourga moun estaple.
— Oquo's plo eisat, ço foguèt l'houmenas. Bouostre
estaple sero netejat coumo cau.
E sobès pas que foguèt? Bous foguèt copoussa un
tros de lo mountonho dins lo Cero, è lo rebièiro, oublijiado de se debira, onèt possa de cap en cimo l'estaple.
Li possèt pendent sèt jours è sèt nuèts, è toutos lo;
crotos de l'estaple fouguèrou dempourtados per l'aigo.
Tout oquel fen de prumièiro bourro se pòusèt dins
los prados d'o Pouminhat, d'o Biouguet è d'ol Pojou.

�LO COBRETO
Cau pas bous estouna se. clempièi oquel ©faire, los
prados de lo rebièiro de Cero donou de l'èrbo è del f
o capourdou.
Mès quonhe doumage, digas-me, que nostre belet
Horculo siasquo mouort. Que d'estaples è qifctorriene
d'oustaus li òurio enquèro o foumourga de ça!
è de lai !

@

@

@

Li obio o n'oquelo epoquo, dins un caire regondit
de lei mountonhos, qu'opelabou Lèmo, un foutrau
de bestiasso coumo s'en bei pas ohuèi è qu'opelabou
uno hydro. Oquelo bèstio obio naus caps è deicistor.í
otretont de quios. Otropabo è monjabo les homes, leis
fennos è les efonts que possabou pr'oti è les désostrabo. Lo flairo obio otropat tout lou mounde del
poïs naut. Li obio be deis boines pus ccurojous que
les autres qu'obiòu essojat de s'otura de l'hydro per
lo tua; obiòu be, d'un couop d'acho, coupât un deis
naus caps. mè, to Ièu coupât, to Ièu tournabo poussa,
è les paures bougres èroui couop set engoulats per
Torro bèstioLou mounde sobiòu be que per tvsa l'hydro li colio
coupa les naus caps ol couop, mès digun se troubabo
pas prou fouort per fa ticouon otau.
Horculo, qu'èro — zo bous ai dit - • tc brabe coumo
fouort, òuziguèt porla de l'hydro è pensèt pordi que
guel tout soui èro copable de n'en débor rossa lou
poïs. Prenguèt soun foutrau de brauzi que lou quitabo pas jomai è s'en onèt o Tendobont de lo bestiasso.
Quond oquesto lou beguèt, se boutèt o bufa, o grota
lo tèrro, o orronca les aures è los pèiros. Fout n'en
jitabo fioc. Oqtio fosio espobent. Mès Herculi» n'òuguèt pas pòu; lebèt lou brauzi plo naut ol dessus del
cap è... brrroum! d'un couop coupèt leis naus tèstos
de l'hydro.
Mès quonhe dommage, digas-me, que nostre belet
Herculo siasquo mouort. Que d'orros bèstios li òurio
enquèro o ossuca sus oquesto tèrro !

% %

@

Les noums del poïs òu combiat dempièi Herculo,
è bous cau pas perdre lo bisto per cerca sus cat de
cartó de l'Oubèrnho un endret que s'opèle Erymanthc.
Un nou m otau pr'oquo esistabo d'oquel tems. Mès les
noums des poïs oquo fo coumo les copèls de lei fennos : oquo combio. Crese plo qu'Erymanthe — se les
porgons que n en parlou n'òu pas dicho de messourgc
—■ se troubabo del coustat d'o Counrot- Ço que sabé
plo, oquo's que prochi d'oquel endret li obio uno
fourèt plo bèlo. E dins oquelo fourèt un foutrau de
singlar casi to bèl qu'un oustau. Oquel singlar fosio.
zo pensai be, del robagi dins tout 'ou poïs. Demourabo pas un comp ni un hort sons que fouguèsso
moudilhat, sounsit per oquel pourconbas de singlar.
Oquèro los trufièiros mai que mai qu'obiòu o poti.
— Mès me semblo òuzi quauqu'un obaj qu'o l'èr
de dire que soui un boutci foutrau de dire oquo, que
del tems d'Herculo li obio pas de trufos dins lou
poïs. Oquel que dis oquo crei. coumo tontes martes,
que los trufos sou estados embentados per un nournmlt Parmentier. Oquo's uno bèlo foutrolado. Les

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bièls porgons qu'ai lijit m'òu opret que lo trufo eisisto
dempièi que li o deis homes è de lei fennos sus lo
tèrro. Les Grecs l'opelabou patatas è les Lotins truformn vulaaris; è dins leis mountonhos del Contait,
des paquiens, des potonous ou de los concos. Besés be
que soui ronsinhat!
E, oquo dit, tourne ol formis singlar. Bous douta'
qu'Herculo poudio pas deissa coumo oquo esclobissa
loi biondos del mounde- Uno brabo nuèt onèt o l'espèro — è cossi foguèt ol juste, les libres zo d'i sou
pas, mès otropèt lou singlar, l'estoquèt om uno beto
grosso coumo lou modeissou è lou demmenèt cíha&gt;:
guel. Disou mèmoment que l'opribosèt é que lou
gordèt om guel touto so bido.
Mè quonhe doumage. digas-me. oue nostre belet
Herculo siasquo mouort. Couneisse des troupèls de
gindres que l'òuriòu corgat d'opribosa lour bèlomaire !

@ © ®
Ol tems que bous parle, li obio ol ras d'o Mondalho.
sus bouords de lo Jourdono, un berdiè coumo ni o
pas endiliot ohuèi. L'opelabou l'hort de los Hesperidos. Li se besio des poumiès gros è bertirious qu'èrou eorgats de poumos; è oquel os poumos, grossos
coumo deis metolhous, èrou — béièu zo creires pas —
toutes d'or. A pe, d'or qu,'esturlujio ol soulel è que
bous fosio potorlha les uèls. Moginai se tout lou
mounde obio ebejo d'oquelo crano írucho. Ape, mès
tonto de tèmo que cadun ouguèsso de los ona mona.
digun li s'ozordabo pertau que lou berdiè èro gordat
per uno orro bèstio torriplo qu'opelabou un drogoun
è que desostrabo tout oqueches que s'oturabcuj des
poumiès. Herculo, qu'obio òuzit porla d'oquo, orrilx-t
o Mondalho un brabe moti om so mo ormado dei
fomus brauzi. S'oturèt del berdiè. Lou drogoun sourtiguèt del trau ound se tenio escoundt.it è s'oturèt de
l'houmenas- Lo bèstio bufabo. del fiot sourtio de so
gulasso rougio è bèlo coumo un four'è lebabo de
los arpios om de los ounglos longos coumo oquelos
d'un ropotou.
Bautres ònriai ougudo pòu, omas ièu belèu E be.
Herculo lebèt lou brauzi è. cousno uno hiciado, lou
foguèt dobola sui cap del drogoun. que s'oclotèt è
bouleguèt plus ni pèds ni patos.
Olèro Herculo se metèt o brondi les poumiès. Los
jontos poumos d'or redoulèrou enjusqu'o lo rebièiro.
L'aigo loi demmenèt. O fouorço de redouía sus los
pèiros del foiind, los poumos s'engnmèrou, è oquo's
dempièi oquel mottmen que lo Jourdono correjèt de
los polhotos d'or. Pendent de los onnados è de lo-;
onnados. les Gòudots omossèrou oquelos polhotos
è les orpolhaires d'Ourlhat foguèrou del tems lo
fourtuno del poïs.
Mès quonhe doumage. dtgas-me, que nostre be'er
Herculo siasque mouort è que puesquo pas phti
brondi des poumiès om los poumos d'or. Lo Fronço.
omai quitomen l'Oubèrnho, òuriòu d'ocjueste moumen qnauque bouci besòtin que quauiqu'un tournèssi.
fa coumo Herculo.
Çoquedelai cau pas se fa de meichont song Om lo
sontat è prou trobal, orriborcns o tourna beire L)
Jourdono è los autres ribièiros de Fronço correja

�8

LO COBRETO

de l'or; è quond l'aigo bendro fouorto, to plo que
n'en trouborens qnauque bouci pes prats, de çai
è de lai-

@ ® @
Aíès nrentrache que mo counferenço deu coumença de bous encoucuda. Bau ocoba.
Herculo tuèt dins so bido toutos loi bèstios è bestiassos que fosiòu del mau ol paure mounde: deis
liouns, de leis serps pichounos è gross-os, deis ousselas è que sabé ièu.
Belèu bous dornondai de que fosio de tout oquo
quond z'obio titat. Zo bous bau dire couop set. Per
entorra tout oquelos bèstios, Herculo obio fat ol Puè*:
de Coueissy — sobès be, un bouci puis bas que louPuèt Courny — un foutrau de' trau to bel qu'un
oustau li serio dintrat dedins.
Digas, bous soubenès pas, que, quiauquos onnados
dobont lo guè'rro, deis sobentas prussiens èrou benbuts eici è qu'obiòu fat ol Puèt de coueissy des traus
dins lo tèrro, coumo n'en fòu les Vais è les reinals'2
Coumo zo poudès pensa, les Prussièns troubèrou oti
un troupèl d'osses de toutos los pochèlos è toutes les
biais. Oquo's gueches que fouguèrou countents. Me
semblo les beire enquèro om lours foutrauis de lunetassos redoundos è uno plumo de gai ol copèl.
—■ A'ch! cela être bien intéressant, ço fosio un.
Voilà certainement un os d'hipparion.
—• Et ceci, ço disio un autre, être un portion d:,
mâchoire d'un mammouth. Et ça, vertèbre de dinotherium.
Les Prussièns foguèrou des plets rats d'osses
qu'embouièrou dins les musées de l'Allcmanho.
Tros de niciordas ! Se coumo ièu z'ai fat, s'éron
un bouci dounado lo peno d'estudia les bièls libres
è les bièls norgons, ònriòn pas prêt per de lei bèstios
de dobont lou déluge, oquelos que l'Oulbernhat Herculo — nostre belet — obio ttvados per n'en purga
lou poïs.
HEIN'RI DOMMERGUES.

NOS

.mÉc UHSE uns

MOUSSU ROFISSOU
Moussu Rofissou es un. lustucrut finit. Trobo que
les efons montgiou trop de coumponatge è lour donne
del po tout soui.
Pourront l'aoutre tjiour un semblont de coumpossïou lou prenguèt... Pourtèt del mercat uno sordmo.
Penclèt lo sordino ol ploncat om un fièou de
rotgïaou: _
— Atien! benès eyci, trou(pe,l de poulissouns; me
roneinaï ombe lou coumponatge. Aro dires pas qu"*
bous faou poti. Oquelo sordino demouroro pendudo
d'yei jusqu'o Nodaou : li fretores lou po un cot per
jiour.
® # ©
O GUELO!
Se de causi m'èro donna
De toun omour ou d'uno borio,
Aimorio maï te poutouna
Qu'ober lo fourtuno è lo glorio!

ROUNIDOU
Rounidou obio un bentre lartgi coum'uno cest.;è lou bourrabo coum'un fusil... quond dinàbo chaz
les aotitres.
Chaz el, èro estrèmoment sorrat è mongiàbo pàï
soubent soun pete.
Un jiour, guel, so fenno è soun belfraïre dinàbou
dins un houtel o tont per testo: oquo fosio soun
ofïaïre.
— Diastre, se diguèt, ol dissert, me caou prendre
oquelo poumo pel nostre catgio-nïou. E pe! cotèt?...
li prende oquel postissou... F. pel lo drollo?.. un tro5
d'oquelo tartre... E pel grond?... des crocants, un
zezuito, de los omèllos, un cobecou.
Taloment que nostre Rounidou corguèt pas souloment lou bentre, mès n'en fiquèt dins touto los
potehios è toute les fausset.
Lou. mestre d'houtel, que l'obio plo bis faire, l'orrestèt o lo sourtido, è li diguèt:
— Moussu Rounidou, potesat o lo cusiíio. Ai ticon
o bous oufri.
L'home dintro.
L'aoutre te uno botitillo d'un litre pleno de b.
Li prend los potehios è dins uno ou dins l'aoutro
obouco tout lou bi :
— Oquo serio be un pecat que montjiocias tout
oquo sons uno gouto de piàlio... Onat-bous-en. Otaou
oures bostre soupa coumip'èt.

% # #
FAi LI TOU CA L'OR LE...
Modamo Bïngou tenio belcot. o mqrida sos quatre
domouisèlos. Otobe, tout lau cornobal, dounabo de
lei besprados è dei bals per ottira les gorçous... Souloment modamo Bïngou èro un bouci sorrado de los
couostos è fosio pas igrondo despenso per recèbre
lo juinèsso.
Quond les fringaïres èroti orc.at pel lo donso.
n'obioou pas d'aoutre obiourodou que lou forrat.
Un ser, les gorçous s'entendèrou per ona cerc
del bi o lo cabo de modamo Bïngou. oi desious de la
combro dei donsaïres.
Lou pus gaou diguèt o Gustou. leu contaire :
— Te caou conta un bouci pus íonort per que n'entendiou pas lou brut que forat dins lo cabo.
E li dobolèt...
Gustou contabo uno bourrèvo :
E toutes lou te billion, myo,
Toutes leu le billion...
Tout un cot lou contaïre entend loti bi que pïsso
dins loti peyroon o lo caibo: zï...i...:...i...
Olèro, se met o conta:
E fat li iouca l'orle.
Pierre t
Fa'i li touca l'orle...
Caou nue l'orle toque,
Pierre,
Caou que l'orle toque...
AUGUSTE BAXCHAREL.
(Veillces Auvergnates, tome II.)
Estomporio del Prougrès del Contau, Ourlhat.
Lon Gerent :

RUBENS

LESÇUHE.

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              <text>Lo Cobreto de l'escolo oubernhato è del Naut-Miejour. - 1924, n°51 (Jun), Onnado 05</text>
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              <text>Lo Cobreto &lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/11926"&gt;(Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue)&lt;/a&gt;</text>
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