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                  <text>DetcnteTííe onnado. — N° 111.

L0
DE

L'ESCOLO

e©BRET0

15 de Setembre 1929

OUBERNHATO

E

DEL

N AUT-MIE JOUR

JOURNAU

MESODIE

ODESIOU O L'ESCOLO OUBERNHATO • DOUZE froncs
Et l'on o lou Journau per res

Loa Journau se bena oint

90$

lou numéro

L'ORGINT :

0 M. Delteil, noutari, clobaire, Ourlhat.

Embouia.

LES POPIÈS:

0 M. H. Domraergues, pitchouno
Cazaud, Ourlhat, secretari.

corrièro

Toute réclamation au sujet de iHiiuém non reçus doit être adressée
directement au Secrétariat.

Lo bouole, lo Morianno,
Lo bouole omai l'ourai.

La copie doit parvenir au Secrétariat (Petite rue Cazaud ) avant le
de chaque mois pour insertion au numéro suivant.

BOURRÈIO D'OUBERNHO.

FÉLIBRÉES

Le dimanche 6 octobre YEscolo Oubernhato a
donné une felibrée des mieux réussies à Lafeuillade, commune de Lacapelle-en-Vézie. La place
nous manque pour en rendre compte.
Le 26 courant une nouvelle félibrée sera donnée
à Laroquebrou au bénéfice de la Société Sportive
de cette ville.

Nouveau livre

Notre ami et collaborateur Fernand Prax vient
de publier son premier livre: Lo Glebo mairalo
dont nous parlerons dans notre prochain numéro.

Doc de la Salle de Rochemaure
Majorai du Félibrige

FONSJOUVEAU

i'

�2

L'ESCOLO

LO COBRETO

OUBERNHATO

A

AYRENS

-*X38í&gt;*K-

Après plusieurs tournées estivales qui furent
de véritables triomphes et dont Lo Cobreto a parlé dans son précédent numéro, L'Escolo Oubernhato s'est rendue le 8 septembre à Clavières
d'Ayrens pour commémorer, par l'apposition
d'une plaque de marbre sur le magnifique château, la mémoire du grand félibre que fut le Duc
de la Salle de Rochemaure (1).
Gracieusement accueillis par Madame la Comtesse de Forceville, par Messieurs les Comtes de
la Salle de Rochemaure et leurs familles, nos félibrs garderont le meilleur souvenir de cette belle
et bonne journée pour Je félibrige. Que la famille
de notre cher et regretté précurseur soit publiquement remerciée de nous avoir donné 1 occasion
d'honorer comme il convenait la mémoire de celui
que YEscolo Oubernhato considère à juste titre
comme sien.
Ce fut dans l'immense et splendide parc, au
milieu duquel se dresse l'imposant château, que
se déroula la félibrée sur une grande scène, à
l'ombre des hautes et séculaires futaies, et sur
un fond de verdure digne des plus grandes scènes
champêtres.
A l'heure convenue, aux premiers rangs, autour de lia famille, se pressait une assistance élégante et choisie parmi les nombreux invités. On
voudra bien nous excuser de ne citer personne
pour ne pas commettre d'omission. L'entrée du
parc était libre et il nous serait bien impossible
d'évaluer le nombre des assistants venus des
communes voisines, d'Aurillac et même de plus
loin. On a vu des auditeurs juchés sur les arbres,
on en a même vu choir à terre, provoquant un
immense éclat de rire.
Avant la félibrée, des discours et des pièces de
vers de circonstance furent prononcés ou dits par
MM. Et. Marcenac, Eug. Pagès, L. Debrons,
l'abbé Mathieu, s'efforçant de mettre en relief
le caractère de l'oeuvre ou la personnalité de celui
qui honora la cigale du Majoralat et qui fut, en
même temps, un homme de cœur, un véritable
mécène, comme on l'a justement rappelé.
Le brillant programme fut exécuté sans accroc
et l'élégante assistance ne ménagea point ses applaudissements à nos artistes. Une alerte bourrée et
un mélancoliaue « regret » exécutés sur la cabrette
par M. Vidalenc, réveilla dans tous les cœurs

(1) Une magnifique gerbe de fleurs y fut apportée
par M. Armand Delmas au nom des fondateurs et
collaborateurs de la première COBRETO encore vivants,
parmi lesquels MM. Armand Delmas, Louis Abel,
Jean Aialbert, E. Bancharel, B. Clermont, Henri
Dommergues, Louis Farges, Elie Jalenques.

le vieil amour de la terre d'Auvergne jusqu'à son
plus lointain passé. La Chorale de YEscolo Oubernhato, composée de Mme Louis Debrons, Mlles
Viards, Prax, Méchy; MM. Cardou, A. Delzangle, Faubladier, Delhostal, Cueille, Nogarède,
Dubon, etc , entonna avec beaucoup d'ampleur
et obtenant un bel effet le chant bien connu
Cobreto et Cobretaïres, paroles de Eugène Pagès,
musique de L. Debrons qui en dirige lui-même
l'exécution, soutenu magistralement au piano par
le professeur J. Roc La plupart de ses exécutants
eurent l'occasion de se produire de nouveau par
la suite, et tous se surpassèrent. Mlles Viards,
surnommée Yestièlo de l'Escolo fut admirable
dans : Chante grand'mère, Le Petit Chaperon
rouge et Gavotte d'antan, d'Etienne Marcenac,
chanson Louis XV, dansée en même temps très
gracieusement par Mlles Prax et Méchy, Tune
costumée en marquise et l'autre en marquis. Très
grand succès également pour M. Cardou dans
Lo Mio bourreio dont il est l'auteur et dans plusieurs chansons de Louis Debrons; pour M. Delzangle, dans Bèlo-Mio, etc., pour Faubladier, dans
Le chant du Laboureur, de l'abbé Four. M. Henri
Dommergues, attendu avec impatience débita
Boptisto lou Bourriaire qui déchaîna une hilarité
générale. On a applaudi frénétiquement le maître
conteur de YEscolo Oubernhato.
M. Eugène Pagès, qui avait été chargé par le
Comité de faire, en langue rnéiralo, l'apologie
de l'auteur des Troubadours Cantaliens lut, au
cours de la félibrée, la Légende du Corset, extraite
des Récits Carladéziens. Des applaudissements
nombreux le remercièrent d'avoir fait revivre le
souvenir de la reine Margot qui dansait si bien
notre bourrée et qui fit battre tant de cœurs.
Entre les parties de chants alternées de parties
musicales, l'assistance eut aussi la bonne fortune
d'entre et d'applaudir la plupart des poètes de
YEscolo Oubernhato : Etienne Marcenac dans ses
œuvres, notamment Le Vieux Chemin; Fernand
Prax dans ses meilleures poésies qu'on trouvera
dans son recueil qui va paraître ; Alfred Prody
dans Poètes de Clocher, œuvre d'une belle envolée. Pel Compestre; la délicieuse pastorale de L.
Debrons. magistralement interprêtée par Mlle
Viards et MM. Delzangles et Faubladier, dans le
cadre qui lui convient, et un très beau Bai-lèro,
composé par M. Eugène Pagès, clôturent cette
splendide fête.
L'Escolo Oubernhato reçut de nombreuses félicitations dont nous fûmes témoins, notamment
celles d'un connaisseur, M. Viannenc, de
l'Opéra-Comique de Paris, originaire de l'Avey-

�3

LO COBRETO
ron. Ce grand artiste, ce compatriote d'Emma
Calvé, fut véritablement charmé et même surpris
de trouver tant d'art et de poésie dans le groupement des félibres Auvergnats.
(Extrait des journaux).
Qu'on nous permette, pour terminer de citer
l'appréciation de Y Auvergnat de Paris:
Comme nous l'avions annoncé dans le précédent numéro, la fête organisée par « l'Escolo Oubernhato » dimanche dernier 8 septembre, se déroula sur une belle place ombragée du magnifique
parc de Clavières, résidence du duc de la Salle
de Rochemaure, à l'occasion d'une plaque commémorative scellée au château, en l'honneur de
ce grand félibre défunt. La manifestation fut gran-

1
j
j
j
j

CHATEAU DE

diose, autant par le nombre des assistants (1.800
à 2 000), que par l'organisation d'un programme
qui fut admirablement exécuté. La foule, en partie assise, qui encadrait à la fois l'estrade et les
familles de la Salle et de Forceville, applaudit
frénétiquement chaque morceau de musique, chaque chant, monologue ou danse.
La célèbre cabrette, le piano, le violon firent
joyeusement entendre leurs airs. Les actrices, les
acteurs, danseuses et danseurs rivalisèrent d'entrain,a vec leurs costumes de l'Empire, d'Auvergnats et d'Auvergnates. Après plus de quatre
heures de distraction où la foule fut émerveillée,
la fête prit fin et le public se retira peur se rafraîchir sous les beaux ombrages vers la sortie du
parc, tout en continuant à commenter en des termes élogieux les succès de « YEscolo Oubsrnhato ».
CLAVIERES

(CLICHÉ BEYNE).

DISCOURS DE M ETIENNE MARCENAC
Capiscol de l'Escolo Oubernhato
Mesdames, Messieurs,
Avant de donner la parole à notre sous-capiscol, M. Eugène Pagès, qui a bien voulu accepter
de faire dans notre dialecte Carladézien — le seul
qui convienne à cette manifestation — l'apologie
du grand félibre dont nous célébrons la mémoire
aujourd'hui, toute faite d'admiration et de souvenirs émus pour ceux d'entre nous qui ont eu l'hon-

neur et la bonne fortune de le connaître, permettez-moi d'ajouter quelques mots à titre personnel
en souvenir de ce grand parleur de langue auvergnate, qui fut l'ami et le Mécène à l'occasion de
tous ceux dis-je, dont l'effort tendait à la glorification de la netite patrie. Quel bel exemple d'amour
pour la petite patrie ! Il l'avait dans le sang, dans
le cœur ! C'est qu'il l'aimait par toutes ses traditions ! Et pour cette raison — esprit tolérant — ;1
pardonnait aux hommes leur divergences de vues.
C'est en 1907, si j'ai bonne mémoire, à l'inauguration du buste du félibre précurseur J.-B.

�4

LO COBRETO

Brayat, à Boisset, que j'eus l'honneur et le plaisir de faire la connaissance du regretté Duc de la
Salle de Rochemaure Ce grand seigneur des lettres auvergnates et., françaises ne dédaignait pas
à l'occasion, comme vous le voyez, Mesdames et
Messieurs, de fraterniser avec ses plus humbles
confrères. Car il n'avait rien de ces insupportables
personnages qui prétendent avoir reçu, à eux seuls,
le privilège de représenter une province ou qui
n'ont d'eau bénite que pour les puissants du jour
ou pour leurs plats thuriféraires.
A ce sujet, il me souvient justement qu'au cours
d'une bonne journée, d'une journée inoubliable
que je passai dans cette grande demeure princière
dont il m'avait fait l'honneur, dans l'été de 1908.
le futur grand majorai que nous fêtons eut 1 occasion de me parler d'un article signé d'un auteur
sur le mouvement littéraire en Auvergne, et paru
peu avant dans un journal local. A cette époque,
déjà loin de nous, notre renaissance littéraire commençait de rayonner en Auvergne comme à Paris
où allaient naître deux groupements littéraires :
celui de la Musette et celui de la Veillée d'Auvergne. A ces deux groupements bouillants de jeunesse, il est juste d'ajouter la Soupe aux Choux,
fondée en 1880 et que présidait avec autorité le
vénérable et regretté Hippolyte Gomot, ancien
ministre et sénateur du Puy-de-Dôme. A cette
époque Jean" Ajalbert, Arsène Vermenouze et le
Duc de la Salle avaient fait école ; nous comptions
déjà tout une pléiade de jeunes poètes et d'auteurs de toutes sortes. Donc au cours de l'entre-

quiou de lo boutilho et non lou jound de la boutilho. Il savait mieux que personne que le patois
brave le langage artificiel, et il tenait à ses expressions du cru.
Mesdames et Messieurs sa mémoire doit rester
chère à plus d'un titre aux félibres d'Auvergne.
Monsieur Pagès vous dira l'épique duel oratoire
que dut soutenir le Duc de la Salle de Rochemaure
au Consistoire félibréen et les arguments frappants qu'il employa pour obtenir la fondation de
la Maintenance d'Auvergne. Il est bon que cet
important événements félibréen soit un peu plus
connu parmi nos jeunes venus. On a trop tendance à oublier aujourd'hui les pionniers de la
première heure.
Sous l'impulsion de ce grand chef d'école, .1
est assez amusant de lire aujourd'hui les six premières signatures accolées sur le premier manifeste d'où est sortie la Maintenance d'Auvergne.
Je les livre à la méditation de ceux qui s'intéressent à l'histoire du félibrige auvergnat : Fernami
Delzangles, L. Delhostal, Gandilhon Gens d'Armes, Antonin Meyniel, Henri Pourrai et votre serviteur. Blanche colombe de la paix descends avec
ton rameau d'olivier sur ces apôtres du félibrige
auvergnat comme l'Espr t Saint est descendu sur
la tête des apôtres.
•
En novembre 1910, le Duc de la Salle de Rochemaure fit partie de la Commission des 5 majoraux
chargés de préparer un projet de statuts définitifs
devant être soumis à l'approbation de la plus proche réunion consistoriale Ce choix ne pouvait
qu'honorer le Félibrige. L'Auvergne avait un
grand majorai : l'homme n'était pas inférieur à

tien en question, le Duc de la Salle de Rochemaure critiqua sévèrement mais très justement
l'esprit de l'article dont je vous parle plus haut,
l'œuvre considérable qu'il a laissée. Je n'ai certes
article manifestement tendancieux et trouva avec
pas l'admiration facile pour les titres que les
raison que l'auteur un tantinet ridicule connaissait
hommes s'attribuent, mais j'ai ma part de respect
parfaitement l'art de se mettre en valeur et par
quand ces titres échoient à ceux qui en sont dicontre il restait assez discret quand il s'agissait
gnes. Et ici c'était le cas.
de parler de confrères qu'il ne jugeait pas à sa
Mesdames et Messieurs, permettez-moi pour
taille. Petits travers bien humains qui font sourire
terminer, de rappeler entre tous un exemple de
de pitié. Le Duc de la Salle de Rochemaure tout
la noblesse de ce grand cœur, noble à tous points
aristocrate qu'il était avait l'esprit plus éclectique,
de vues. Aux feux Floraux d'Aix, en 1913, on a
plus large que le roturier dont il s'agit.
beaucoup parlé de la Reine du Félibrige, Mlle
Il fut comme vous le savez tous et comme vous
Marguerite Priolo, une très gracieuse souveraine
le dira tout à 1' heure M. Pagès, un auteur des
et voisine de terroir puisqu'elle était du Limouplus savoureux, des plus vrais, des plus naturels.
sin (mais où sont les neiges d'antan ?) et du poète
Lui qui fut un familier de plusieurs grandes cours
lauréat Bruno Durand mais le lauréat de la prose,
étrangères ; lui qui connaissait à fond toutes les
j un jeune paysan Cantalier, a passé presque inafinesses du langage académique et diplomatique,
perçu, disait à cette époque le Provençal de Paris.
avait conservé le culte de notre première langue.
Pourtant il fut ausi beau que le geste des étudiants
Il aimait par-dessus tout notre patois; il tenait à
traînant au milieu du délire populaire la voiture
ce mot, il le voulait uniquement auvergnat et pas
de Mistral aux vieilles Facultés, celui de ce simple
autrement. Il l'aimait pur, ce patois, avec sa sapaysan qui, monté sur l'estrade pour recevoir des
veur crue, non francisé» , comme on a tendance à
mains de Mistral sa palme d'argent, se précipita
le faire aujourd'hui dans les campagnes. Le fond
à deux genoux devant le maître qui incarnait mad'une bouteille, me disait-il, doit s'appeler lou
&lt; gnifiquement le génie de sa race, tandis que le

�ò

LO COBRETO
DISCOUPS DP M. EUGENE PAGES
sous-capiscol de YEscolo Oubernhato

Maillanais le relevant, l'embrassait et le serrait
sur son cœur... Notre compatriote le lauréat en
question, s'était qualifié de journalier en signant
son œuvre Le jury, en présence d'une prose si
riche et si précise, tint à s'assurer de l'identité de
ce conteur merveilleux et il s'adressa au maire de
sa commune. Le maire répondit : « Mon administré est en effet un modeste, un très modeste laboureur, un journalier. Il est mon adversaire politique, il m'a combattu, mais comme tout le monde
ici. je lui rends justice. C'est un homme intelligent et de nobles sentiments. »
Mais voilà où je veux en arriver. C'est à la générosité d'un grand félibre auvergnat que notre
lauréat dut de pouvoir faire le voyage de Provence
et goûter la plus grande joie de sa vie (1).
Mesdames et Messieurs, je n'ai pas besoin de
vous dire, vous l'avez tous deviné, que 1 auteur
de ce beau geste anonyme que je me permets de
rendre public aujourd'hui n'est autre que le grand
mort qui nous honore et que nous fêtons avec tout
notre cœur, car j'estime que de tels gestes doivent passer à la postérité : ils feront plus pour
embellir la mémoire de leurs auteurs que tous les
vains bruits qui s'éteignent après nous.
L'auteur de Eusados de Repièugo, M. l'abbé
J.-S. Mathieu, mon brillant confrère de YEscolo
Oubernhato, vient de nie révéler un autre geste
du Duc de la Salle qui n'est pas moins beau et
moins noble que le précédent. C'est à lui que nous
devons la belle édition de cet intéressant recueil
des Consous d'Auvernho avec musique du regretté abbé Raymond Four. Sans l'auteur des Troubadours Cantaliens les œuvres de ce distingué
félibre qu'il a lui-même présentées au public
dans une magistrale préface seraient dispersées
et un jour oubliées des générations futures. Heureux les poètes qui rencontrent de tels Mécènes !
En tout cas nous devons vénérer leurs noms.
Voilà pourquoi, Mesdames et Messieurs, j'ai
tenu à apporter mon témoignage de sympathie et
d'admiration à celui que YEscolo Oubernhato revendicue comme sien, à celui dont la haute et imposante silhouette incarnera longtemps, parmi les
hommes, ceux d'entre eux qui furent véritablement grands et forts et souverainement bons.
ETIENNE

MARCENAC.

(1) Il s'agit de Firmin Bourgade, de Saint-Etiennede-Maurs, qui obtint le prix en question pour son

recue l : 0 l'Oumbro del Clouquiè.

Voici le discours de M. Pagès, dont la première
partie s'adresse aux membres de la famille du duc
de la Salle :
Mesdames, Messieurs,

I
1

Lorsque quelques félibres cantaliens eurent reconstitué YEscolo Oubernhato, fondée jadis par
Vermenouze, ils décidèrent d'honorer la mémoire
de leurs devanciers en félibrige dans la HauteAuvergne.
C'est ainsi que, déjà, une plaque commémorative orne la maison de Veyre à Saint-Simon, et
que deux autres plaques ont été apposées à Aurillaç, en l'honneur d'Auguste Bancharel et de
l'abbé Courchinoux.
Au nom de YEscolo Oubernhato, j'ai l'agréable
devoir de vous remercier, pour avoir bien voulu
profiter de cette cérémonie, pour organiser une
félibrée en plein air, dans ce merveilleux parc de
Clavières qui constitue le plus magnifique théâtre de la nature qui se puisse rêver.
Nous aurons, ainsi, l'illusion de l'une de ces
antiques Courj d'amour qu'organisaient fréquemment les seigneurs! de jadis, et où les Troubadours,
nobles ou loturiers, étaient choyés comme nous le
sommes aujourd'hui
La période des vacances nous prive de quelques
interprètes sur le dévouement desquels nous savons pouvoir compter en période normale. Néanmoins, nous avons fait notre possible pour que
cette félibrée soit digne, non seulement du cadre
où elle va se dérouler, imais encore, et surtout, du
grand félibre que fut le majorai duc de la Salle.
J'ai la conviction qu'il en aurait approuvé tout ie
programme, y compris la danse de la bourrée dont
il a maintes fois vanté la grâce dans ses écrits.
Puisse la vue de son exécution ici, remettre en
honneur, dans les salons auvergnats, cette danse,
dont notre érudit compatriote, Pierre Malvezin,
nous a rappelé que Fléchier a dit, dans un passage de ses Mémoires :
« La bourrée d'Auvergne est une danse gaie,
« figurée, agréable, où les départs, les rencontres
« et les mouvements, font un très bel effet.
« L'usage ep est si commun, qu'on la sait dès
« qu'on sait marcher, et l'on peut dire que les
« Auvergnats naissent avec la science infuse de
(, leurs bourrées. »
D'autre part, Madame de Sévigné, dans une
lettre à sa fille datée de Vichy, où les bourrées
avaient été importées, s'écrie :
« Il y a, ici, des femmes fort jolies. Elles dan« sèrent, hier, des bourrées du pays, qui sont, en

�6

LO COBRETO

« vérité, les plus belles choses du monde... Si on
« avait, à Versailles, de ces sortes de danseuses,
« on en serait ravi. »
Et dans une autre lettre également datée de
Vichy, la grande épistolière s'exprime ainsi :
« Tout mon déplaisir, c'est que vous ne voyez
« point danser les bourrées de ce pays. C'est la
« plus surprenante chose du monde : des paysans,
« des paysannes, une oreille aussi juste que vous;
« une légèreté, une disposition, enfin j'en suis
« folle ! »
Vous savez que les paysans n'étaient pas seuls
à danser la bourrée, puisque l'histoire nous apprend que la reine Margot y excellait. Il n'y a, du
reste, pas longtemps, qu'elle était encore en hon-

torio, per l'ounoura coumo courio
uno bouès
plus pouderouso que lo mio.
Mès, les brossiès de YEscolo Oubernhato n'òu
pas coustumo de poutinha sul trobal ; se li atèmou
de lour miel, emb tout lour cur è touto lour foufo,
urous de se beire aimats, è soustenguts, per
oqueches qu'où pas bregounjo del Contau è de
soun potai , « qu'ès souple coumo uno cato, toun
« relusi coumo un orcono », o dit Moussur de lo
Sallo.
Louis-Anne-Hercule-François-Félix, comte de la

Salle, nosquiguèt o Ourlhat, dins lou quortier
St-Estèfe — dins l'oustau ound ès l'escouolo libro
des gorsous. crèse plo — lou tres d'Obrièu 1856.
Nous couonto dins so Counfessiou, d'un biai
ogrediou, cossi nosquiguèt Gòudot :
neur dans nos châteaux.
Les Auvergnates d'aujourd'hui sont, pour le
« Mo maire (dobont Dieu siasco) obitabo mai
moins, aussi jolies que les femmes dont parle
« que mai, omb lo mio roeirino, ol costel d'oi
Madame de Sévigné Je ne leur ferai pas l'injure
« Dout, en Corlodes, dins oquelo ribièiro de Cèro
de supposer qu'avec leurs jupes courtes, elles
« que, sons fa tort o los autros, es be lo plus poun'ont pas la même légèreté, ni, avec leurs che« lido de touto l'Oubernho.
veux coupés, l'oreille aussi juste. Elles trouve« Ièu, debio naisse oti, taloment que lou mièu
raient, en nos jeunes sportifs, des partenaires
« bret l'i m'esperabo. Un satte, que lo mio momo
« èro bengudo Ourlhat, ound obion n'autres un
dignes d'elles.
C'est pourquoi YEscolo Oubernhato, dont 1 un
« ousbau. ol pourtau Sont-Estèfe, l'ebetchio me
des buts est de conserver toutes les traditions de
« prenguèt tout soute de beire lo bilo, que bounotre pays, aime à espérer que notre vieille bourte guère pas demoura mai ound ère ièu.
rée n'a pas définitivement abandonné le parquet
« M'o estat ofourtit, desempièi, que, quond
des salons auvergnats aux jazz plus ou moins gro« bouole ticouon, z'o bouole, mai z'o bouole, è l'i
tesques, bien monotones et bien disgracieux au« m'otème Suffit que l'i ouguet pas mouien de
près d'elle
c nr» fa pocinta, deissère pas lou temps o lo momo
Il est d'usage, ainsi que vient de vous le dire
« de tourna cl Dout, è otau sei noscut Gòudot,
notre sympathique Capiscol, que le discours à la
« efont d'Ourlhat. Mèmomen que me botechièmémoire de celui que YEscolo a l'intention d'ho« rou ol Moustiè, è de biai, de lo mo d'un Ebesnorer, soit prononcé en dialecte auvergnat. Ce
« que, brabe orne que eau sat, que se disio de guel
dialecte vous est imparfaitement connu, et bien j « que n'obio pas soun porié, quond èro curat
des passages de mon discours vous échapperont. I « d'Ourlhat, per metre lou mounde d'ocouordi è
Je m'en excuse à l'avance, mais je suis persuadé j « oplosenti lei fennos enrufados. »
que, par delà la tombe, une exception ne pourrait
Quonhe doumage, dias-me, omes que m'esqu'être désagréable à l'auteur des savoureux « Récoutai, qu'oquel Ebesque, que s'opelabo Mgr
cits Carladéziens », qui sont en prose,
ce que
Deleusy monie ohuèi les cago-liets per lò rèi !
« Fîours de Brousse » sont en vers. Je vais, donc,
Dise pas oquo per enfusca los fennos que sou eici
me conformer à l'usage.
tout aro; d'oquelos d'oti, n'io pas cat d'enrufados;
mès, d'oquelos que sou demourados o l'oustau,
jurorio pas que n'i ouguesso cauqu'unos "qu'euModamos, Moussurs,
guessou besoun « d'oplosenti ».
Cau creire qu'un couop dorcat sus oquesto terro,
Queches de bautres qu'où fat des discours sur
Mcussur de lo Sallo tetèt del beun lat, pertau que
quauqu'un, sabou que quo's un trobal mau aisat
debenguèt ''orne bertirious. de proche de siei peds
que eau sat, siasco que, per n'en dire del be, couguèsso estrumela lo bertat è debòuse de los mes- |. de naut, qu'obès toutes couneigut desistont.
Endusqu'o so mouort — qu'orribet en 1915 —
sourgos — so qu'ès defendut pel catocime —,
los ouncurís plouguèrou sur guel o bel flot.
siasco, ol countrari, que, per lou bonta coumo se
diourio, i ouguèsso trop o dire è l'on risqué, olèro,
Fouguèt noummat : « Chambellan del Papo » ;
qu'oqueches que bous ousissou, trobou bouostre
« Grond Ouficiè de Sent Gregori lou Bel » ;
prefat un pau trop bufforèl
« Grond Ouficiè d'Isobelo lo Cotoulico » ; « Grond
Crenhe plo, qu'otau pensosias de moun discour Crous de l'Ordre de Ncstro-Damo de lo Councepd'ohuèi sul Majoural duc de lo Sallo, qu'omeri- ciou, potrouno del Pourtugal » ; « Grond Crous de

�LO COBRETO
l'Ordre de Charles III », la decourociou esponholo
lo mai presado de tout os.
Mès, mièl que tout' oquo, lou Papo lou foguèt
duc, en 1899. E, per beire s'oquel ounour fouguèt
bel, cau sober que dempièi très cents ons, n'èro
que lou septième fronces o lou recèbre.
Tout oqueches ounours, plo meritats, l'obiòu
nas fat carbii-i. Li benguet pas l'idèio d'en fa
l'oboiont; demouret boun è omistous pels pichious,
que recebio, dins soun costel, to plo que lou mounde bel,
Lissonsiat en dret, è en letros, sobent coumo un
libre, n'en foguèt un troupèl, en froncés è en
potai.
En froncés, escriouguet : Impressions d'Espagne et de Portugal (1905)- Esquisses rhénanes
(1907); Du Danube à la Sprée (1909); Gerbert
(1914), mai belèu n'ouplide.
En potai. o laissât: « Récits Carladéziens »
(1906), un libre que countet, nous dis Bermenouzo
dins lo préfacio : « uno doutcheno de récits istouriques, è uno... counfessiou, couquinoto que eau
sab!
!
Foguèt estompa otobe (1910) en dous libres de
mai de siei cents pajos cedun, un oubrage del
plus grond intérêt pels felibres : Les Troubadours
Cantaliens du 12° au 20° siècle.
Sons oquel trobal, quontes d'oubernhats counestriòu, ohuei, los obros de lours milhours troubodours del temps oncien, è eau sourio que s'opelabou : Pierre de Vie, Moine de Montaudon ; Guillaume Moisset de la Moissetie ; Pierre de Rogiers ;
Ebles de Saignes ; La dame de Casteldoze ; Pierre
de Cère de Cols; Faydit du Bellestat ; Bernard
Amoureux; Cavaire; Astorg d'Aurillac; Astorg
de Segret; Guillaume Borzatz.
En mai d'oqueches libres, foguèt otobe, en
froncés è en potai, un mondiòu de counferensos,
un pau dins toutes les caires è sur que que siasco,
tont obio de sossicat.
En froncés, n'olondèt uno:
10 O Clermount, sur « La Femme » ;
2° O Ourlhat, sur « Les Origines de l'Art » ;
3" O Villeneuve-les-Avignons, sur « L'Esprit
d'initiatice au Comtat Venaissin » ;
4° O Clermont, enquèro, sur « La Vertu en
Auvergne » ;
5° O Bourges, sur « Régionalisme et félibrige » ;
6° E, o Mountpelller, sur « L'Auvergne Littéraire Gallo-Romaine; — La Renaissance poétique médiévale ».
En potai, n'en delorguè^ uno, ol théâtre d'Ourlhat, sur Bermenouzo, è uno autro o l'Athénée
SaintrGermain o Poris, sur « Juon do Rocotolia•do ».

7

Nous oprend que qu'èro lou fil del Boroun d'à
Biouèt, que s'èro fat Mounge ol coubent des
Courdiliès d'Ourlhat, qu'èro ol found del fierau,
0 lo bouco del Pobat des Carmes.
« Essetat los ouros de pregarios o lo gleisio, nostre Mounge quitabo pas d'estudia è d'escrioure.
En prou fa se cucabo d'uel, è, quittomen de
nuet, oun lou besio fa, sus un fournel qu'obio
engina guel, uno cousino estrongio. Mesclabo,
dins uno bossino, eston, couire, or, orgin, que
fosio foundre end' li ojusta soufre è maitos
causos incounegudos. O rigour de buli, è de retí buli, n'en tirabo uno pasto que, prestido que
« piestiras, cuetchio e recuetchio, se birabo en
« forino rougio coumo song de brau, que mudabo
« lou couire en or, è l'eston en orgin.
«
«
«
«
«
«
«

j

I

Sabe pas se me trompe, mès m'es obis que s'oquel Mounge obio biscut de nostre temps, ourion
pougut estobilisa nostre fronc omai de quatre sous.
Quelos duos counferensos, ouguèrou un succès
que eau sat, è estobousiguèrou queches qu'èrou
beïiguts ausi lou duc de lo Sallo, en creire que
poudrio pas s'en desempotoulha.
Fouguèrou plo couyounats de beire cossi s'en
tiret, sons sousca, ni quequeja, è mai, so que
pores, son bioure, ni escupi.
Lou Counsistori de 1909. lou noummet Mojoural del Félibrige, è li otribuèt : « Lo Cigalo de lo
Comargo ».
Fouguèt couosset estimat coumo zo meritabo,
pels autres Mojourals. que lou coubidèrou o ona
representa ouficialoment lou Félibrige, ol coungrès regiounoliste que se tenguèt o Bourges, en
1911. O n'oquelo oucosiou, prounouncèt un des
discours les plus raufis qu'ouguesso jomai fats.
S'oucupèt sériousoment de soun rôle de Majoural, è, ol counsistori del 31 Mai 1914, que se tenguèt o Ovinhoun, oubtenguèt que l'Oubernho,
qu'èro oporiario omb lou Limousi coumo Montenenso, n'ourio uno per guelo touto souleto.
Les autres Mojourals boulhòu pas trop ; poutinhèrou, li cerquèrou brego, mès l'orne èro de bouno fusto è sobio s'opora sons l'odujo de degun.
Lour diguèt : «Ai l'odesioun seguro de dous cents,
01 mens, de mous coumpatriotos ; mès, oqueches
felibres counsentiròu o beni ol Félibrige, qu'o
coundiciou d'obsr uno Montenenso independento. »
Oti dessus, lou Counsiptori foguèt so que boulho, è lo Montenenso d'Oubernho èro noscudo
per 23 bouès contro 9 è 2 buletins bloncs.
Dous cents Montenaires. quo bous semblo, belèu. un pau tèunhe. Mès n'autres, que som de
l'oustau, poudon bous ofourti, que s'obon mai de
500 obounats o « Lo CoBRETO », i o seguroment

�8

LO COBRETO

pas ohuei cent Montenaires, dins lo Nauto è lo temps, ound lo ribièiro de Cèro s'opelabo « RiBasso Oubernho ensemble.
bièiro de Foulholo », o causo d'un foutrau de cosBesés que, per n'ober oconcelat dous cents, tèl d'oquel noum, qu'èro bostit en facio do Biouèt,
obio coagut que se l'i fouguesso otemat. I obio pas, è que fouguet deroucat ol XVIe siècle, pels igouolèro, è mai n'i o pas, ol temps que som, un autre naus ?
Oubernhat copable d'en faire otretont.
Sobion be que. sul roc do Corlat, i ouguèt l'un
Bous domondores, beìèu. cossi diaple se fosio i des costèls les plus fomus de l'oncièno Fronso.
que Moussur de lo Sallo, nople d'uno, souco bie- ; Mès, i o lountemps que lou nas fumo plus o n'oIho de mai de milo ons, è duc, des peds endus- j queches que l'obiòu quilhat, obont que Nostre
qu'ol cap, monejabo to plo lo lengo des paisons ? ! Sinhe benguèsso sur terro, nous ofourtis Moussur
N'aurai ges de peno o bous ronsinha oti dessus. de lo Sallo Cossi diaple poudio d'estre fobricat
Bous ligirai, per oquo, un bouci de so « Counfes- oquel costel ? Nostre sobent Mojoural, qu'omb lo
siou » :
plumo es un pintre de lo premièiro, nous lou fo
beire
coumo se li siom, dins lou couonte qu'o titu« Noscut Gòudot, poussère brabomen, ni mai
lat : « Lou Paure Jiaque ».
« un pièu de couratto, pes prats d'ol Dout.
« Oti, toutes, del bouriaire ol boutilhé-pichiou,
« Los cosernos dei souldats, lo demouoro dei
« m'ensignèrou les usatchis de lei bouorios. me ; d messatchis, les estaples dei tchiobals, lei souts
« foguèrou recounesse lo combi masclo de lo fu- « è lei goliniès, lei salos bassos è lei groniès, ound
« mèlo, lou biai de se l'i penre per mòuse uno « èrou ocumulados proutos rescouotos de blat,
« baco, tira lo soulengo ol bestiau ou lo pepido o « de car solado, de peses, de fabos è d'autres
« los poulos, espia lei bourretos per debina oque- « légumes sets, per noueiri mai d'un on touto lo
« los que seriòu milhouros bacos à bounos de « gornisou, se quilhabou o pit, tout o fèt ol bouort
« lat, engina uno bestio per lo fièiro. Oti, pren- « del rot, è n en fosiòu tout lou tour. Nautos de
« guère gout ois bourriòus oungits, è ois pesco- « mai de dèt conos, semblabou pas que souts de
« gious; oti otopère, ol gour de la Bernièiro, uno « pouorcs (sous bouostro gracio) ol tour del cos« premièiro troutchio; oti tuère mo premièiro lè- « tel, que tenio lou mièt de l'emplaçornen.
« bre, ol terrou del Rei.
« De mai de bint cono? d'òussado, pel pus
« Me foguèt peno, cresès-o, quond me z'o couèt « min, tout bostit en peiros de talho, sons *cat
« tout quita, per ona o lo bilo openre lei rèclos « de boutchiau prou largi per deissa possa, quito« tchia les Frèros, è, pus tard, me claure ol cou- « men un efont, èro, enquèro, fourtifiat, os quatre
« letchi d'Ourlhat, per l'i estudia lei lotinados « angles, de tours pus grossos è pus nautos que
« Mès, enquèro passo ! Lou satte è lou mècre. obio i « cat de clouquiè. Caduno obio soun noum : lo
« lèu sòutat o tchiobal, mai troucabe, bous n'en « Negro, lo Guilhoto, lo Morgot, la Son juon.
« respouonde, en penre lou comi d'ol Dout ! Oquo « Obiòu de los porets espessos de duos conos o
« fouguèt be de pire quond m'embquièrou ocoba « mietchio, è lisos coumo lo pel d'uno bobo. »
« mos1 classos o Poris !
« Çoquedelai. jiomai n'obio perdut lou gout del
Oprès oquo, disès-me s'obès pas oquel costel
« nostre potai, que l'ai mèmoment porlat o Roumo j dobont les uèls !
&lt;! mai en Esponho.
Tont que som o Corlat, ourio be ebejo de bous
« Mai siasco pus bièl que lou costèl do Corlat, counta cossi nosquiguèt lourboborèl, quelo pouli« «m'es lou pus oncien d'Oubernho, es demourat do causo que les ornes se corrabou tont de paupa,
« goliard è nerbous quond mémo. Bous o des quond lou fennos obiòu ticouon o li claure didins.
« tours è des reis de tours, j'o bo quèrre de long,
Moussur de lo Sallo nous l'oprend dins « Lou
« sat d'estre omistous è lecodou per porla d'o- ; Courselet de lo Reyno »; mès, quelo istorio ès
« mour, ruffe è mau minat quond s'ébourisso. I tont goustouso que bous lo ligirai touto entièiro
« Serio trop de plongi, per mo fia, que lou deleis- pendent lo felibrejado. Sei segur qu'o n'oquel
« sèssou. »
moument bous fores pas del meissont song.
D'olhur, sur toutes les couontes des « Récits
Besés que lou potai li fosio pas defèci, è qu'en j
Carladéziens », i ourio ticouon de plo brabe o
demourèt ofougcit touto so bido.
Quosi toutes les « Récits Carladéziens » sou bous dire; mès, coumo sourio pas zo faire omb
tirats d'un moudiòu de biels porgons, troubats tont d'esprit que Moussur de lo Sallo les o escrits,
chas guel, ol Dout ou o Clobièiro, è que moudi- ocoborias per me trouba loungonho, è mai, belèu,
troubai deja que zo sei.
Ihet un tros de so bido.
Otobe, m'orreste ; bou'n ai prou dit per beire
O les ligi, l'on oprend toujour ticouon, mès,
que lou Mojoural duc de lo Sallo fosio mai qu'omai que mai, l'istorio del Corlodès.
merita lo pichiouno placo de marbre que som
Cau de bautres, que m'éscoutai, s'èro entrochat,
obont que nous l'ouguesso opres, qu'estèt un benguls, ohuei, clobela sur soun costel, per ou-

�LO COBRETO
noura lou grond félibre è lou fier Oubernhat que
fouguèt.
Es curious de remorca que so grafio, dins « Récits Carladéziens », estompats en 1906, ès miet
founètico, coumo oquelo de Lo Cobreto, olèro
que, quond dounet bon o « Juon de Rocotoliado »,
sieis ons oprès — en 1912 — prenguèt lo grafio
tout o fet founètico.
Proquo, l'obat Four, soun curat è orni, l'obio
coubidat, dempiei lountemps, o engulha lo corrau etimologisto. Sobent coumo èro, z'ourio pougut fa sons poti. Cossi diaple se fo qu'ol lioc de
l'escouta, dret en orriè ?
Boudrio pas enfusca degun.m ès crèse, soquedelai, que belcouop « d'étimologistes » foriòu plo
de sousca oti dessus.
So que Fi o de plo segur è que pouode ofourti,
quo's que i o pas lountems, un paison me disio :
« Lou Duc de lo Sallo couneissio plo lou potai è
l'escribio omb finèsso; mès, so que l'i o de plus
fi dins ses couontes, quo's so qu'es escrit entre
los Hnhos. »

9

Quonhe etimologiste pourrio se bonta d'ober
jomai ressut un porièr coumpliment ? Per sober
ligi entre los linhos, cau coumensa per pouder los
ligi. Escrioure pels sobents es plo; escrioure pel
pople es mièl et cado félibre debrio dire omb Mistral :
Car cante que per vautres, o pastre è gens di mas.
Obont de cloba lo bouco, è per soluda un dornier couop, ol noum de l'Escolo Oubernhato, lo
memorio del Majoural duc de lo Sallo, li dirai so
que diguèt ol prince Onri d'Orléans dins un discours que li foguèt eici mémo, ound èro soun oste :
« Bous oploudisson, Moussur, è cadun penso
« de mémo eici. de bous èstre dounat clon, ^1
« lioc de deissa courre lou temps sons res faire,
« coumo tontes maites ».
E.

PAGÈS.

Lou Gòudot è lo Postourèlo
Bailèt
Dapassou à o pleno bouès

So jtôfco eò

par Eug.

o - co -

&lt;-

&amp;0L -

cLo 7

PAGÈS.

L·i

•

ôts- UXVL

Ci

Ci

r\

i

ert o

f.

pi
{e- to,
Lou

to, 6« -to, íí- to ,

GòUDOT

Lo fèsto ès ocobado
E se cau en ona
Bailèro-lèro;
Bei ol found de lo prado
Omb iou te premena
Bailèro-lèro, etc..

_ to , {Jí-xc £ÌAA/
Lo

POSTOURÈLO

Per bouostro poulitèsso,
Moussur comb bous diourai.
Bailèro-lèro;
Que to car que fouguèsso,
To plo lo pogorai.
Bailèro-lèro

�LO COBRETO

10

Lou

Per me poga lo migo,
Nous foren des poutous
Baüèro-lèro;
Bouns coumo po de sigo
Oungit omb des toustous
Bailèro-lèro,
Lo

Lou

GÒUDOT

GÒUDOT

Postourèlo meissonto,
Obon prou botolhat
Bailèro-lèro ;
Ourai filho plu jonto
Obal de bos Ourlhat
Bailèro-lèro

POSTOURÈLO

Lo
Poulit Gòudot, mos gautos
Sous pas per un Moussur.
Bailèro-lèro ;
Obès trop finos gautos
Per fa dòure moun cur
Bailèro-lèro,
Lou

POSTOURÈLO

Odissias bel fringaire,
Poudès bous en tourna
Bailèro-lèro ;
Omb iou cossi, pecaire,
Per res bous escona !
Bailèro-lèro

GÒUDOT

Onen. brabo postouro,
Bei dorrièr lou termal,
Bailèro-lèro;
Monja de los omouros
Que bilho lou reinal
Bailèro-lèro,

— Ol

j\íajoral

de

Moussur lou duc,* de bol costelas d'o

Lo

POSTOURÈLO

Salo —

Lo

CLOMÈRO

Un . cobretairounèl es dobolat d'OURLHAT
Per ounoura, conta, pecaire o so monièiro,

D'omouros è mai d aires,
N'ai des plens couiritous
Bailèro-lèro ;
Que Piorrou, per me plaire,
Dobaio omb ses moutous
Bailèro-lèro

Bòstro obro felibrenco, è n'es escorbilhat.

Bolerous Majoral, enrichissès lo tièiro
Des fils del terrodou que n'òu pas enrilhat
Lou por] a des bel ets ; dins bòstro bido entièiro
O lou motene obès cranoment trobolhat.

Lou

GÒUDOT

Mès s'ès portit trop lèu pertau qu'o lo

Piorrounèl n'ès qu'un pastre,
Te sat pas fa lo cour
Bailèro-lèro;
Mai que guel sei pinhastre,
Migo ausis moun omour
Bailèro-lèro,

Ourions besoun de bous per lo fa tene reto.
Lo flouriquejori &gt;ns de

CONTES

CORLODES.

Omasso fronc o fronc, sons cat de simogrèío
Coumo des bertodiès

TROUBAIRES CONTOLES,

Forions brounsi lo G RONDO, è

Lo

BAILÈRO,

POSTOURÈLO
LOUIS

Moun Piorrounèl m'ogrado
Mai s;asco qu'un postrou
Bailèro-lèro ;
S'ausissio bouostre aubado
Jougorio del borrou
Baüèro-lèro,

COBRETO

è

BOURRÈIO

ï

DEBBONS.

•****♦ *** *♦*♦*♦•***** *** ****** *** *** *♦* *** ****** *** *** ********* *♦* ****** ****** *** *♦* *♦* *♦* ****** *** *♦* *•* ***

Lo COBRETO es lou journau que toutes les bouns
Oubernhats lijissou. Cobretaires, fosès-lo couneisse
e menat nous enquèro mai mounde. En .moites
seren, en miel se trobolhoro.

�II

LO COBRETO

mestre

Duc

de

lo

Quond les sept rais de Sento-Estèlo
S'obronderoun sul natl miech-journ
Bous trouboras plen dins lour pièlo;
D'oquel moument sias troubodour,
Felibpj encontodour.
Quond dins so foufo, Bermenouzo
Entre prenguèt omb Courchinoux
De recrepi de cal bloncouso
Nostre porla tout bergounjous,
Troubèt pourdièu omb bous.
Per bosti lou costel de l'obro
Se guel ero mestre-peirié
L'i colho bolento monobro...
O qu'èro bous, fier chibolié,
Que prestias lou mourtié !
Sercosias lo peiro fociado
Que dono còp d'uelh ol courtièu,
Renegosias lo mau picado.
Omb un cossèl ol cap d'un fièu
Ploumbosias lou copièu.

Lou bielh porla dins bòstro bouco
Tournèt esclèt è tont sobious
Qu'aurias dich un pastre qu'ofouco
De soun mòt raufi è berterious
Lou lobric suis moutous.
Degotosias. omai d otaco,
Sons mesclodi. de froneimond,
Sons cat de pic, sons cat de taco,
Lo lcngo maire del païson,
Lo bressairo d'onton.
L'olutrosias chas nostro momo
Qu'estourtilhabo ausses è bouots
Sul bentre d'un fuse de romo !
Lo prengoras omb sous esclops,
E sous fins combolots.

Pertau qu'ero plo fochurado
E romplèto del boborèl,
Bous ogrodabo oquelo ainado
Gento mio del postourèl
Per soun air è so pèl !...

Salo

En se sober filho ogrodibo,
— N'obio pas les uelhs ol turmèl —
Cado iourn dorrié la bossibo
Joui bistou sentio lou grumèl
Pel dur mesprés del bèl.

Augoras lo genialo ideio
De lo mena dins lou costèl
E bous seguèt sons sicromeio,
Fièro del guestre brobounel
Que l'i metio l'onel.

L'i croumporas raubo de sedo
Per remuda friso è tirat :
Begorom lo postro de fédo
Otintado sus bòstre bras
Quita soun tomorat.
Premenoras oquelo nobio
Dél bèl Poris ol Pourtugal,
Pertont ennairabo lo joio
So beutat foro del nougal
Serbio de fin régal.
Bistolhoras toutes omasso
Quontes de reis dins lour polais
E des princes de puro rasso
En leur porla nostre potais
Que bèl dis è retrai.
Quond ougoras touto uno cargo
D'altes mérites felibrencs
Uno cigaló de Comargo
Quitèt sur los alos dels bents
Les poïs Mistrolencs

Benguèt conta sur bòstro bèsto,
Faire cri cri jous bòstre degt,
L'ausiorom les journs de fèsto
Ourlhac, o Solers, o Bouisset
Bos Ayrens è Biouet.
Bòstro cigaló es mòrto, Mestre,
Oprès lou conta d'un istiù...
Obes semenat coumo un prèstre
E l'orrour è lo debouciù
Del porla lou plus biù!...
J.-S. MATHIEU.

�LO COBRETO

12

Jugements

sera inséré par extrait, gratuitement, dans le premier N° de l'Auvergnat de Paris, qui paraîtra
après que le jugement sera devenu définitif en
même place et caractères que l'article incriminé;

correctionne

Dit que pareil extrait sera inséré dans la revue
« Lo COBRETO » sans que le coût de l'insertion
puisse dépasser 50 francs.

AUDIENCE DU 17 MAI 1929
du Tribunal de première instance du Cantal à
AURILLAC, séant Messieurs DEYDIER, vicePrésident; ARNAL, VIEILLARD, juges; DASTE, substitut de Monsieur le Procureur de la République ; FOURNIER, commis-greffier;
Entre COURCHINOUX Catherine, demeurant
à AAJRILLAC, agissant comme unique héritière
de COURCHINOUX Jean, son frère en son vivant, professeur au Lycée Emile Duclaux à Aurillac,
Demanderesse suivant exploit de LAFARGUE,
huissier à PARIS, en date du 18 Avril 1929,
enregistré,
Et 1° Pierre Luther Camille GAND1LHON,
publiciste demeurant à PARIS, rue Malebranche,
N° 8, pris comme complice et auteur de l'article
incriminé.
2° Louis BONNET, Directeur gérant du journal « L'AUVERGNAT DE PARIS », dont les
bureaux sont à PARIS, 13, Bd Beaumarchais, IV"
arrondissement, pris tant comme gérant que comme Directeur-Propriétaire de l'Auvergnat de PARIS et comme auteur principal de l'article incriminé, prévenu de diffamation et d'injures publiques.
Le Tribunal statuant en audience publique et
en premier ressort :
Déclare recevable l'intervention en qualité de
partie civile de Mlle Catherine COURCHINOUX
Déclare le délit de diffamation par voie de la
presse non établi, relaxe les deux prévenus de ce
chef
Déclare BONNET en aualité de Directeur gérant du journal « L'AUVERGNAT DE PARIS »
mis en vente à Aurillac, atteint et convaincu du
délit d'injures publiques,
Déclare GÂNDILHON atteint et convaincu de
complicité de ce délit comme étant l'auteur avoué
de l'article contenant les injures ci-dessus relevées ;
Dit qu'il n'y a pas eu provocation dans le sens
du § 2 de l'article 33 de le loi du 29 Juillet 188!
Et leur faisant application des articles 29 § 2
et 33 § 2 de ladite loi, les condamne à la peine de
16 francs d'amende chacun.
Et statuant sur les conclusions de la partie civile condamne BONNET et GANDILHON à payer
et porter solidairement à la demoiselle Catherine
roT WCH1NOUX, la somme de un franc à titre
de dommages-intérêts.
Ordonne que le dispositif du présent jugement

Les condamne solidairement aux dépens, liquidés à la somme de 173,90
Fixe au minimum la durée de la contrainte par
corps le tout par application des articles 29 § 2
de la loi du 29 Juillet 1881. 52, 55 du code pénal,
194 du code d'instructon criminelle, § 2 de la loi
du 22 Juillet 1867.
Fait et jugé les jour, mois et an que dessus.

COUYOUNADOS
Dous Porisiens d'o Poris érou bengut possa
uno mesado o Bit pendent lei boconços possados.
Ornai aquo d'oti rai qu'oqueches dous homes
obiòu plo besoun del boun air de nostros mountonhos : bous obiòu to plo l'un coumo l'autre, de
los caros d'encolat que fosiòu piotat.
Nostres Pcrisiens s'espossejabou de çai è de lai
pel compèstre, ogochabou trobolha les peisonts è
gorda les pastres.

J

Un jiour que s'en onabou ol Pas de Cero en
tou'n segre lou cominòu que troberso les prats,
un deis dous disio o l'autre :
— C'est égal, ils en ont de la veine les paysans :
ils n'ont qu'à laisser faire la nature et tout pousse
à souhait. Voyez comme l'herbe de ces prés s'allonge rapidement.
Un bouriaire les escoutabo. E ço lour diguèt :
- Disès que l'hèrbo pousso biste. Ah ! bous
crese ! Moginat bous que l'autre ser ère onat fa
un projieirou dins un prat segat. Li demourère
uno houro. Quond me derebilhère l'hèrbo m'obio
poussât dessus è poudio pas me desempotoulha !...
LOU PORPOND.

Estomporlo de M.

Lou nerrnt ■

4.

POIRIER-BOTTEEAU,

Ourlhat.

POIRLER-BOTTREAU.

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              <text>Lo Cobreto de l'escolo oubernhato è del Naut-Miejour. - 1929, n°111 (Setembre), Onnado 10</text>
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              <text>Vignette : http://occitanica.eu/omeka/files/original/c649e77d116bb4b5d037a8239b3b3e4c.jpg</text>
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              <text>Lo Cobreto &lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/11926"&gt;(Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue)&lt;/a&gt;</text>
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              <text>CIRDOC - Institut occitan de cultura</text>
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