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                  <text>nado. - N° 106.

15 Obrièu 1929

L© e0BRET®
DE

L'ESCOLO

OUBERNHATO

E

DEL

JIOURNAU

N AUT-M1E JOUR

MESODIE

\ ODESIOU O L'ESCOLO OUBERNHATO • DOUZE froncs
Et l'on o lou Journau per res

j
i

Lou Journau se bend bint sos lou numéro
L'ORGINT :
0 M. Delteil, noutari, clobaire, Ourlhat.

j Embouia.

LES POPIÈS:
0 M. H. Dommergues, pitchouno corrièro
Cazaud, Ourlhat, secretari.

Toute réclamation au sujet de numéros non reçus doit être adressée
directement au Secrétariat.

Lo boui/isj, ,v, T.'iorianno,
Lo bouole ornai Fourai.

La copie doit parvenir au Secrétariat ( Petite rue Cazaud ) avant le
de chaque mois pour insertion au numéro suivant.

BOURRÈIO D'OUBERNHO.

ETiSINHODOU

3
4.
5.
6.
7.
8.
9.

La Santo-Estello de 1929.
Nécrologie.
L:n procès.
-Mort de M. Courchinoux : discours de MM. Delpuech, Dommergues, Volpilhac et Thierry.
0 l'omi Juont Courchinoux (L. DEBRONS).
Lou bi d'o Giono (J.-S. MATHIEU). .
Sur un pastel du XVIII8 siècle (E. MARCENAC).
Lou Proucès de Jiontou (fi) (F. PRAX).
Couyounados.

L'abondance des matières nous met dans l'obligation de renvoyer au prochain numéro plusieurs
articles déjà composés. Nous nous en excusons
auprès de nos collaborateurs qui sont victimes de
cet ajournement imposé par les circonstances.

Nen cau taloment!
Ape, n'en eau taloment d'oquelo mounèdo,
que, sons esta gaire, o n'oqueches qu'où ocobat
l'obounoment o lo Cobreto, domondoren de nous
beila 12 froncs. Sobon que sou brabes è que boudròu pas que lou fotur torne dempourta lou popièrou que lour presentoro. Ticon otau se fo pas
è mai que mai o del brabe mounde coumo nautres !
Anen, segossias brabes, counhat lo mo ol tousse è digossias res o digun. Pus tard, bou'n tournoren se ni o de rèsto... mès, tiras, li coumtossias
pas trop ! Nostre estompaire es brabe coumo un
sòu, mès nous fo poga toujour un bouci mai. Fo
coumo lou couossou !

Lo

FONSJOUVEÂÛ

COBRETO.

10

�LO COBRETO

2

La SANTO-ESTÈLOdel929
La Santo Estèlo aura lieu cette année à Rodez,
à la Pentecôte. Elle sera organisée par nos bons
confrères du G rel Rouergas.
Notre ami Benjamin Clermont, professeur à
l'Ecole Normale de Rodez et un des meilleurs collaborateurs de la première Cobreto, nous a apporté l'invitation du « Grel », invitation que L'Escolo Oubernhato a acceptée avec plaisir.
Nous croyons savoir que les félibres aveyronnais et la ville de Rodez préparent à cette occasion des fêtes qui promettent d'être remarquablement belles et originales. .

Mécrologie
Depuis la publication de notre dernier numéro,
la mort a frappé impitoyablement au sein des familles de YEscolo Oubernhato. En dehors de la
brusque disparition de notre camarade Courchinoux, nous avons à déplorer les décès de :
— Monsieur Albert Chautard, de Thiézac, fils
de M. Alfred Chautard, négociant en fromages.
— Madame de Raffin de la Raffinie, belle-mère
de notre Sous-Capiscol, M. Pagès.
— Madame Cardou, mère de M. Jules Cardou,
le ténor si goûté de nos félibrées.
•— Madame Mialaret, de Pleaux, mère de
notre ami et collaborateur Raymond Mialaret
(Raymond Mil), et sœur de M. Capitaine, Président de la Société Artistique.
— M. Terrisse, ancien courrier-convoyeur, père
du symptahique Ingénieur de la ville d'Aurillac.
A toutes les familles, si cruellement éprouvées
par ces deuils, Lo Cobreto offre l'expression de ses
condoléances les plus vives et les plus sincères.

Un

procès

A la suite d'un article paru le 28 juin dernier
dans VAuvergnat de Paris, et signé de M. Gandilhon Gens-d'Armes, Jean Courchinoux, mis en
cause, avait adressé une réponse au journal. Cette
réponse n'ayant pas été insérée, Courchinoux
poursuivit devant le Tribunal correctionnel d'Aurillac, pour injures et diffamation, le directeur du
journal et l'auteur de l'article.
Après plusieurs remises de l'affaire — demandées par ces Messieurs de Paris — le procès a
été plaidé à l'audience correctionnelle du 15

mars. M'! Chazot, avocat à Paris, plaidait pour
MM. Bonnet et Gandilhon et Me Meyniel, du barreau d'Aurillac, pour M. Courchinoux.
Notre très regretté ami étant décédé avant que
le jugement ait pu être prononcé, l'affaire sera
de nouveau appelée le 3 mai.
Ce procès étant encore pendant, nous nous
abstiendrons — pour le moment — d'en faire le
"moindre commentaire. Cela nous semble plus
correct vis-à-vis du Tribunal.

oooo ooooooooo

Mort de M. Courchinoux
est en deuil.
Tous les lecteurs de Lo COBRETO connaissent
Vraisemblablement déjà la mort, survenue si rapidement le 20 mars, de notre sympathique et spirituel collaborateur, Jean Courchinoux.
Né le 7 janvier 1872, à Vixouze, commune de
Polminhac, où son père était alors cantonnier,
M. Courchinoux, licencié ès-lettres (histoire), était
professeur d'histoire et de géographie au Lycée
d'Aurillac.
Une foule nombreuse suivit son cortège, témoignant de l'estime dont il jouissait dans notre ville.
Quatre discours, que nous reproduisoîis ci-dessous, furent prononcés au bord de sa tombe, par
MM. Volpilhac, professeur au lycée, notre ami et
collaborateur; Thierry, Inspecteur d'Académie;
Delpuech, correspondant de la Dépêche et Trésorier de la Ligue des Droits de l'Homme, et M.
Dommergues, notre dévoué secrétaire, au nom de
L'ESCOLO OUBERNHATO

/'ESCOLO OUBERNHATO.

// était difficile d'approcher M. Courchinoux
sans se lier d'amitié avec lui. Sa franchise et sa
bonté légendaires, avaient vite gagné tous les
cœurs.
Cousin germain de l'excellent félibre que fut
l'abbé Courchinoux, auteur de PoUSCO D'OR, il
connaissait lui-même à fond notre langue « mairalo )) qui fut celle de son enfance.
C'est pourquoi, lorsqu'il fut question de reconstituer /"ESCOLO OUBERNHATO et de faire reparaître
Lo COBRETO, il s'empressa de nous apporter son
précieux concours, qu'il nous conserva jusqu'au
dernier moment.
Non seulement il était fort goûté des lecteurs
de notre revue, mais il était encore l'un de ceux,
parmi nous, qui remportait le plus de succès dans
nos félibrées, par la finesse qu'il apportait à dire
ses pièces, toujours pleines de verve, d'esprit et de
gaîté.

�LO

3

COBRETO

Sa mort cause un grand vide parmi nous. Aussi
ptions-nous sa sœur, qui fut sa compagne des
bons et des mauvais jours, de croire que c'est bien
vivement que nous partageons sa douleur.
Quant à Vos aînés ou à vos contemporains de
Lo CoBRETO, Courchinoux, ils vous disent: à bien'
tôt, en se rappelant ces vers de votre cousin,
dans RES DURO :
Lo Comardo nous set dorriè,
E de siiy front rouyau locourouno s'escapo,
E lou pastre è lou rèy, lou curat à lou papo,
Lèou se trobou poriè.
LO COBRETO.
Discours de M. DELPUECH
Rédacteur correspondant de la « Dépêche »
Trésorier de la Ligue des Droits de l'Homme
Mesdames, Messieurs,
Au nom de la Section d'Aurillac de la Ligue
française des D. de TH., j'ai le douloureux devoir
d'adresser à M. Courchinoux — qui en fut pendant 10 ans le président très dévoué et très aimé
— un suprême adieu.
Par son caractère — où s'unissaient harmonieusement une bonhomie pleine d'affabilité, une franchise qui plaisait par sa brusquerie et ne blessait
point, une droiture de sentiment qui lui rendait
toute injustice haïssable, et avec cela, un cœur
d'or, une bonté agissante qui le portait à s'oublier
volontiers pour compatir aux peines d autrui —
M. Courchinoux, un pur Aurillacois, qui aimait
passionnément son pays natal, y était également
sympathique à tous.
C'est cette unanimité de sympathies qui le faisait rechercher dans toutes les sociétés et qui lui
valut notamment d'être choisi pour présider le
groupe des ligueurs d'Aurillac.
Nul n'ignore combien, même dans les sociétés
depuis longtemps policées comme la nôtre, sont
nombreux encore les abus de la force et les victimes de ces abus.
La Ligue française des droits de l'homme,
créée vers le début de ce siècle pour redresser une
épouvantable erreur judiciaire, et oui s'est ensuite
donné pour mission d'empêcher ou de réparer les
iniustices qu'on lui signale, n'avait encore dans
notre ville qu'un bien petit nombre d'adhérents
lorsaue. en 1919, M. Courchinoux prit la direction
de ce groupe.
Par son activité, par les dévoués concours au'il
lui suscita, il en accrut rapidement l'importance.
En peu d'années, le nombre de ses . sociétaires
passa, d'une trentaine, à près de deux cents.
En même temps d'autres groupements de li-

gueurs étaient fondés dans les principaux centres
cantaliens et, en 1926, toutes ces organisations de
défense pour la justice furent réunies en une Fédération départementale dont M. Courchinoux devin!
encore le président.
Mais cet homme de dévouement, qui ne se refusait jamais à une tâche désintéressée, si lourde fût
elle, était d'une santé fragile.
Ce n'est pas sans un douloureux serrement de
cœur que me reviennent ces paroles qu'il nous
disait à la réunion toute récente du 9 mars courant — où il présidait avec sa simplicité et sa bon
ne humeur habituelle, — quand, au renouvelle
ment du bureau, nous le priions de rester notrf
président :
! J'aurais pourtant bien besoin de repos — prc*
testa-t-il avant d acquiescer, — mes forces s'en
vont ! »
Cher Monsieur Courchinoux, c'est, en effet
jusqu à 1 extrême limite de vos forces que vont
avez rempli votre généreuse tâche.
Votre mémoire, comme le fut votre vie, restera
chère à tous ceux qui vous ont connu, à tous ceux
surtout qui, comme les membres de la Ligue des
droits de l'homme d'Aurillac, ont pu apprécier,
en mainte occasion, votre large bonté de cœur.
Puissent les sincères témoignages de sympathie dont votre mort prématurée a fourni la triste
occasion, être un adoucissement à l'immense peine de votre excellente so"ur sur laquelle s'étaient
concentrées toutes vos affections de famille, qui,
si généreusement, se dévouait pour vous tandis
que vous vous sacrifiez pour les autres, et que
votre mort laisse inconsolable.
Cher Monsieur Courchinoux, que cette terre où
vous allez dormir le grand sommeil vous soit légère, à vous qui avez eu en ce monde le souci cons.
tant de ne froisser personne autour de vous.
Discours de M. DOMMERGUES
Secrétaire général de 1' « Escolo Oubernhato »
Moun car Courchinoux.
Oquo's om lou cur plèt de tristèsso que bene,
ol noum de bouostres omits de YEscolo Oubernhato è deis felibres de LO COBRETO, bous dire, o
l'orle de bouostre cros. lou dorriè odissias.
Aimosias tont nostro poulido lengo meiralo que
soui pîo soulidî, se bouostro âmo pouot m'òuzi enquèro, que me sentiro boun grat de bous porla
pel dorriè couop lo lengo tont soustouso de nostres
belets.
\oe, l'aimosias oquelo poulido lengo, è z'obès
oroubat. Quond, n'o dètch ons, seguèt auestiou
de tourna fa piòuna lo Cobreto qu'èro demourado
mudo pendant bint ons, fougorias un des premies

�LO COBRETO

4

o bous otiola ol trobal de lo rebiscoulado.
Les que lijissou LO COBRETO sabou que sès
estat un de sous oubriès les milhours.
Bouostros obros, pitchiounos ou bèlos, sou cloufidos d'esprit petounejaire è gaud. E li obio mai
que les Oubernhat que los opreciabou. Es orribat
mai d'un couop que lei rebistos felibrencos miètjournalos los òu presos dins LO CoBRETO per lei
faire tosta o lours lijiaires.
Ni o quinze jours — pas mai — YEscolo Oubernhato dounabo ol théâtre duos felibrejados per
festeja lou dètchième cap de l'on de so rebiscoulado. Li sias. Courchinoux, coumo li sias toutjour.
Les oplaudissoments de touto lo salo bous dounèrou lo probo que cadun bous opreciabo è bous
aimabo.
Ape, Courchinoux, cadun bous aimabo. Sias
tont brabe ! Obias tont boun cur ! E, coumo zo dit
bouostre cousi lou felibre Obat Courchinoux :
« Lou cur es les tres quarts de l'home. »
Mès nautres, les felibres de LO COBRETO, que
bous counession enquèro mièl, som desoulats de
bous ober perdut è bouostro mouort to souto nous
o desòubirats è bous plourcn toutes coumo un
fraire.
Es be plo bertat qu'oquo's toutjour les pus brabes que s'en bòu ! Lo bido es otau facho è lo bido
es guèino quauques couops, omai lou mounde
otobe. E me domonde se, en besent toutos les
meichontorios d'oquesto tèrro bous o pas semblat
un bouci mins pénible de lo quita !
Odissias, Omit Courchinoux ! Les felibres oubernhats bous oublidoròu pas, ni mai otopau toutes les omits que deissai eici. Onas rejundre lou
grond Bermenouzo, bouostre cousi l'obat Courchinoux, bouostre besi Mounsenhour Géraud è lou
Mojourau Duc de lo Sallo. Que Sento-Estello
bilhe sus bous coumo sus guetches è nous counsole
de bous ober perdut.
Discours de M. Joseph VOLPILHAC
Professeur agrégé au Lycée Emile Duclnux

Mon cher Courchinoux,
Je vous apporte l'adieu de vos collègues du Lycée Emile Duclaux. C'est un adieu ému parce
qu'ils vous aimaient beaucoup. C'est un adieu
unanime parce qu'ils vous aimaient tous. Devant
votre tombe les catégories s'évanouissent, les divergences s'effacent dans la communauté du
deuil. Si l'on m'a confié le douloureux honneur
de l'exprimer, c'est que je suis dans le personnel
actuel du Lycée, un de ceux qui vous ont connu
le plus tôt et le plus longtemps. Avant même de
devenir votre collègue, j'avais été votre élève. Et
je le suis resté sur un point au moins : vous m avez

fait comprendre qu'un professeur doit aimer sesélèves, et vous m'avez donné la preuve qu'il est
en son pouvoir de gagner cette amitié, qui, lorsqu'elle est réciproque, donne à son enseignement
une pénétration féconde. A cet égard, je me sens
comme un frère aîné des jeunes Lycéens qui sont
là et qui vous pleurent. S'il y a quelque sentiment
dans l'au-delà, leur émotion doit vous toucher plus
que des paroles.
Au nom de vos chefs hiérarchiques, M. 1 Inspecteur d'Académie dira quel professeur l'Université a perdu en vous. Un professeur, quand on
l'est comme vous l'étiez, n'est pas un homme de
rien. Mais votre chaire n'absorbait pas toute votre
activité. Vous répandiez ailleurs les dons surabondants de votre intelligence et de votre cœur.
Président de la Section aurillacoise de la Ligue
des droits de l'Homme, vous vous êtes efforcé,
pour votre part virile, de protéger les faibles individus contre les abus de pouvoir où se laisse parfois entraîner le monstrueux état moderne.
Enfin, et ce n'est pas là le côté le moins attachant de votre caractère, vous aviez le culte de
la petite patrie, d'Aurillac, de ses campagnes et
de leurs paysans, dont vous parliez le dialecte et
dont les mœurs vous plaisaient parce qu'elles sont
plaisantes d'abord, et qu'elles étaient un peu les
vôtres. Personne ne s'en étonnera, car, un professeur, quand il est de plus un poète, se sent bien
proche des paysans.
Mais M. Delpuech, et mon ami Dommergues,
secrétaire de YEscolo Oubernhato, ont pris soin de
louer votre œuvre de Ligueur et de Félibre. Je
dois me borner à rappeler que vous vous êtes toujours conduit en excellent collègue.
C'est peu et c'est beaucoup. Car aujourd'hui
sous l'empire de la division du travail, les relations entre collègues se font et doivent se faire
plus étroites que jamais. Aujourd'hui plus que jamais, malheur aux corps qui sont divisés contre
eux-mêmes ! Comment résisteraient-ils aux inévitables concurrences qui les menacent ? Le meilleur
moyen qu'ils aient de substituer et de prospérer,
c'est encore de bien remplir leur fonction, surtout
quand elle n'a point cessé et ne cessera point de
longtemps, d'être nécessaire. Mais ils ne la rempliraient pas ou la rempliraient mal s'ils s'épuisaient en discussions intestines.
Vous aviez, mon cher Courchinoux, l'esprit de
corps, le vrai, le bon, celui qui exclut le mandarinat mais qui comporte la solidarité entre artisans
d'une même besogne, j'allais dire d'un même
idéal. Membre de l'Enseignement secondaire vous
n'avez jamais manqué à aucun de vos devoirs ni
envers le corps, ni envers ses membres. Votre
mémoire est nette de tout reproche, j'entends, de

�LO

COBRETO

tout reproche humain. D'ailleurs pourquoi les auriez-vous encourus ?
Vous étiez bienveillant, vous aviez la main tendue, naturellement et comme par une force irrésistible. Vous preniez du plaisir à fréquenter vos
collègues. Vous aimiez à converser avec eux, soit
devant la grille, soit sous les préaux de notre Lycée. Et vous apportiez à la conversation cette
franchise gaie, abondante et populaire qui vous
caractérisait. Dans nos discussions vous saviez
tempérer la fermeté de vos opinions par la courtoisie de vos termes, votre contradiction portait,
sans jamais blesser. — Alors ceux d'entre nous
qui ne faisaient que passer au Lycée, ayant reçu
de vous un accueil cordial, ne vous quittaient qu'à
regret. Les enracinés, comme vous, devenaient
pour vous des amis. Je n'en nommerai aucun
parce qu'il me faudrait les nommer tous. Beaucoup sont là. Les absents le sont par force. Et je
puis bien dire que tous expient cruellement aujourd'hui le privilège d'avoir joui de votre amitié.
J'ai encore à rappeler un de vos actes. En 1918,
un de vos amis, répétiteur au Lycée, Jean Lorsery,
décédait dans des conditions particulièrement pénibles. Veuf, il laissait sans ressources, sans parents même, ses quatre enfants: l'aîné était au
front, les trois autres mineurs. Tout de suite, simplement, vous prîtes en charge cette tutelle, qui
était longue et lourde. Vous vous en êtes acquitté
jusqu'au bout. Grâce à vous, ces orphelins secourus et guidés, parvinrent jusqu'à l'âge où l'on fait
sa vie.
Ce bienfait suffit à vous louer. Je l'ai cité surtout
parce qu'il trace à vos collègues et à vos amis leur
devoir. Une angoisse vous étreignait, mon pauvre
Courchinoux, au moment suprême. Vous pensiez
à votre sœur. Nous vous promettons que nous ne
l'abandonnerons pas.
Et maintenant nous allons vous laisser à votre
repos. Mais la mort elle-même ne saurait effacer
dans nos mémoires l'image que nous emportons
de vous, celle de votre sourire, si bon et si clair.

Discours de M. THIERRY,
Inspecteur d'Académie
Il y a quelques semaines à peine nous applaudissions sur la scène du théâtre municipal le bon
félibre Jean Courchinoux, venu pour apporter à
cette école auvergnate qu'il aimait tant le concours
de son talent familier et de sa verve aimable; il
y a quelques jours il se voyait forcé d'interrompre
son service de professeur, et tout de suite nous
sûmes que sa maladie était grave. Et cependant
quel étonnement douloureux, lorsque se répandit

5

la nouvelle de sa mort, semant la consternation
parmi tous ses amis connus de lui ou inconnus,
car il était de ces hommes aimés non seulement
de leur proche entourage, mais dont la réputation
de bonté s'est élargie d'une manière qu'il ne soupçonnaient pas. J'en vois une preuve dans l'affluence émue de tant d'amis venus parfois de loin pour
l'accompagner dans son dernier voyage.
Il meurt dans le pays qui l'a vu naître, dans cette Auvergne à laquelle il était attaché comme
un fils, aimant ses montagnes rudes, ses vieilles
légendes et son dialecte savoureux. Aussi le
voyons-nous, au cours de sa carrière universitaire,
se rapprocher peu à peu de sa petite patrie ; après
avoir, en 1891, débuté dans les brumes du Nord,
comme répétiteur au collège de Dunkerque, il passe à Riom, à Tulle à Clermont puis à Issoire et
reçoit enfin, en 1905, au Lycée d'Aurillac, la chaire d'Histoire qu'il n'abandonnera plus que six
jour avant sa mort.
Au cours de ces 24 années, son activité fut
grande en dépit d'une santé délicate. On a dit
avant moi et mieux que moi l'importance de son
rôle dans la cité d'Aurillac et le vide que crée la
mort subite de ce bon citoyen. Essentiellement désintéressé par nature, passionné de justice sociale,
il avait l'inquiétude d'iniquités possibles, que les
lois ne permettent pas toujours de poursuivre et de
réparer. La confiance et l'estime de ses compatriotes l'avaient porté à la Présidence de la Section Départementale de la Ligue des Droits de
l'Homme Je le revois, présidant telle ou telle
séance où un orateur local ou bien venu de Paris
venait rendre compte d'une mission ou étudier les
diverses faces d'un problème. Il présidait sans
emphase et sans orgueil, avec une bonhomie simple qui lui assurait dès l'abord la sympathie affectueuse de l'assemblée; il ne cherchait à éblouir
personne, et pressé de s'effacer-au plus vite devant
celui qu'on était venu entendre, soucieux avant
tout d'être bref, il laissait au besoin à son auditoire le soin de compléter sa phrase, et il l'achevait
dans un geste circulaire de sa main fine, peste non
d'impuissance ou de lassitude, mais d'aimable
scepticisme sur la valeur des périodes oratoires.
S'il détestait les paroles inutiles, s'il n'aimait
pas parler lorsau'il jugeait la chose évitable, en
revanche quand il avait Quelque chose à dire, nulle Duissance au monde n'aurait DU l'empêcher de
le faire. II ignorait l'art de dissimuler sa pensée,
franchise si nette lui valait l'estime du
Conseil d'Administration du Lvcée, où ses interventions vigorireuses prouvaient nue sa vigilance
n'était jamais en défaut. Son esprit critique s'exerçait dans les moindres détails, il exigeait toutes
les précisions nécessaires, il avait le continuel sou-

�6

LO COBRETO

ci du bien-être des élèves et des intérêts de l'établissement.
Je le revois encore, le jour récent, où dans le
parloir du Lycée, une réception fut organisée en
l'honneur de l'aviateur qui resta 6 mois prisonnier des Maures. Après les discours solennels qui
avaient justement vanté l'héroïsme d'une aventure tragique, le bon professeur Courchinoux se
leva pour complimenter son ancien élève à sa façon ; il le fit en dialecte sur un mode plaisant ;
mais derrière ces calembours drôles, ce tutoiement familier, ces rimes pleines de malice et de
bonne humeur, il y avait une sensibilité très sincèrement émue; c'était quelque chose d'un peu
imprévu dans la gravité de cette réception, mais
ce lyrisme spontané et jailli du cœur, cette affection simple et vraie du vieux maître à son disciple,
ne furent pas ce qu'il y eut ce jour-là de moins
émouvant.
Il aimait son ancien élève. Et celui-ci le lui rendit bien. Tous ses élèves l'ont aimé. On ne s'ennuyait pas dans la classe de Monsieur Courchinoux, parce qu'on y travaillait bien, dans l'ordre
et dans la discipline. Il s'imposait non par la menace ou par la crainte, mais par une fermeté douce,par la confiance qu'il inspirait, par l'intérêt qu il
tenait constamment en éveil. Il avait horreur d'un
enseignement abstrait et dogmatique, il pratiquait
une méthode vivante et bien personnelle, il avait
le don de faire réfléchir et de faire voir. Une image imprévue, une comparaison pittoresque, un
rapprochement ingénieux entre telle institution de
l'antiquité et telle institution moderne, faisaient
brusquement surgir dans l'esprit de ses élèves, la
vision claire de ce que fut le passé. Et ces impressions vives, ces connaissances bien assimilées se
gravaient fortement dans les mémoires, constituant un peu plus que ce bagage périssable que
trop souvent les jeunes gens ont hâte de déposer
aux portes du collège lorsqu'ils les franchissent
pour la dernière fois.
Ses élèves nombreux gardent pieusement le souvenir d'un maître aimé qui leur a appris quelque
chose. Ils savent qu'il y avait dans cette enveloppe fragile un grand cœur, une volonté ferme et
une foi ardente dans sa mission d'éducateur. La
conscience professionnelle n'était pas une vaine
formule pour ce grand honnête homme qui n aimit pas se payer de mots. Il s'est usé dans son métier de professeur, on peut dire qu'il est mort à la
tâche. Et c'est pourquoi je viens lui apporter ici,
en même temps que l'expression de mes condoléances respectueuses et très émues à sa malheureuse sœur qui reste seule, l'hommage de l'Université, qui perd en lui un de ses plus loyaux et
plus dévoués serviteurs.

0 l'omit Juont Courchinoux
Lou cur endoulourit, l'âmo désòubirado,
E gorgonèl sorrat de prioundo coumpociù
0 causo de to mouort per trop lèu orribado ;
De l'orle de toun cros m'oture en debouciù.
Te pouorte un bouquetou de flouretos culidos
Pes termes çai de lai, è me soui entestat
O lou faire ogrodiù ombe los pus poulidos,
Oumage piètodous de mo tenro omistat.
Se t'òusirai pas plus counta de forcejados,
Proquo toun soubenir s'escontiro jomai ;
Cado couop qu'onorai dins los felibrejados,
Toun oumbro o moun esprit me rememouriorai.
Me soubenrai que per nostro escoulo oubernhato
Odnjères de biai o lo rebiscoula ;
E poudons n'èstre fiers pertau que, per mo fiato,
Omb los pus rauflos pouot ohuèi se pojela.
Aro es omb toun cousi l'Obat, è Bermenouso,
Beyro, Broyât è Four, Bonchorèl, Lintilhat,
De Lo Salo, è Geraud, n'ouplide : es trop noumbrouso
Lo couolo d'escribons espelîis bos Ourlhat.
As dèugut roncountra Gerbal, un cobretaire,
Que li s'entendio per moneja lou cormèl,
De mémo que Loscrout, è tont maites, pecaire ;
Lour monde ombe respèt un grond couop de copèl.
Toun obro Courchinoux, pauc o pauc s'escompilho,
Brolho coumo lou gro, eons mena de rombal ;
Les felibres d'omoun ocompats en fomilho,
Seguroment t'òu dit : « As fach det boun trobal ! »
Louis DEBRONS,

iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiimiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie
LOU E&gt;I D'O GLONO
M'obes be dich de dire rès...
Osco, binotié !... mès morces.

Bis d'Ontraigo, d'o Pòns, d'ol Fèl,
Sez coubidaires, per mo bouno!.
O ginoul dobon lou tounèl,
Ound estremas bòstres grumèls,
Per tosta lo leco pissouno...
Bis d'Ontraigo, d'o Pòns, d'ol Fèl
Sez coubidaires, per mo bouno!...

�LO COBRETO
Quond dounas bond ol pissorèl,
E omairas bòstro tetino,
Les troubaires pichous è bèls
Mettou los pòtos ol cormèl,
Escompilhou les airs noubèls
Que lour balho bòstro crespino...
Quond dounas bond ol pissorèl
E omairas bòstro tetino.
Un autre bi, biu coumo un uèlh
Que bous orronco lo miùgrono,
Ennairo lou cièl del copèl
Quond o graissât lou gorgonèl
E l'estoumac un piccossèl,
Quo's lou bounot binou d'o Glono...
Un autre bi, biu coumo un uèlh,
Que bous orronco lo miùgrono.
Lo Proubidencio o l'èime d'or
M'en o mondat uno pounsouno
D'oquel bi del tèrme de l'ort,
Bulit o Glono. Un quite mòrt
Rebiscoulorio, noum d'un sort,
Per n'olonda lo cobilhouno !...
Lo Proubidencio a l'èime d'or
M'en o mondat uno pounsouno !...
Borroulhorai lou borricot
Dins lo rescouoto de lo cabo ;
Belèu lo muso mai d'un còp
N'onoro quèrre un 'stiliçot
D'oquel tont mounèque codot
Per me faire trouba lo fabo!...
Borroulhorai lou borricot
Dins lo rescouoto de lo cabo.
Per que puèsse dura bint ons
L'estunirai qu'o crot d'ouglono
Oquel beissèl de boun meiron.
Se me sente trop delinquont,
Per me tourna beila del clom,
Seras mo poutingo, moun Glono !...
Per que puèsse dura bint ons,
L'estunirai qu'o crot d'ouglono !...
J.-S. MATHIEU.

Lo

COBRETO es lou journau de toutes les bouns

Oubernhats. Pregons plo nostres omits de lou fa
couneisse ol' tour de gusches. Que nous menou
enquèro mai mounde. En maites seren, en mai se
foro del boun trobal.
Bibo l'Oubernhe è brounzigo lo Cobreto!

Sur un PASTEL du XVIII" SIECLE
Le pastel a légué ta séduisante image
Dans toute la fraîcheur de tes yeux de quinze ans ;
Les roses que plus tard seul le temps endommage
Parent ton fin minois d'un éternel printemps.
Sur ta lèvre erre encore un sourire angélique, —
Divine fleur qui vient de ton âme que rien
N'a troublée, — azur clair où ton rêve pudique
A le frais gazouillis d'un être aérien.
Pure comme la fleur qui pare ton visage,
Encor tu n'as connu que d'innocents ébats,
Exempts d'impurs contacts, bien que tu sois à l'âge
Où foute belle (fille a su tirer son bas.
Je devine ton pas de légère 'colombe
Marchant sans appuyer pour ne pas se salir.
Pour ne pas se souiller dans la boue où l'on tombe
Quand l'ange le moins pur voit notre âme faiblir.
Dans la paix du vieux clos, sur ton escarpolette &gt;
Quand tu te balançais, les hilares sylvains
Et les Faunes guetteurs, au fond de leur cachette,
Ont dû souvent sourire à tes charmes divins.
Tandis que dans l'envol
De tes roses rubans, ta
Découvrant quelquefois1
S'ouvrait innocemment

de tes flots de dentelle,
robe de linon,
ta mule en brocatelle,
comme un frais liseron.

Je pourrais évoquer, virginale figure,
Les premiers battements qui troublèrent ton cœur,
Le madrigal galant, la gavotte en mesure
Et le Proince-Charmant finalement vainqueur,
Mais j'aime beaucoup mieux te voir toujours bien
[pure,
Babillant aux oiseaux, interrogeant les fleurs,
Te balançant gaîment sans courir l'aventure.
Belle comme un bouquet aux plus tendres couleurs.
Assez tôt Cupidon aura changé ton rire, .
Et le brûlant défsir, l'éclat pur de tes yeux*;
La Douleur et le Mal. ayant le même empire,
Assez tôt t'auront pris ces trésors précieux.
Le pastel a légué ta séduisante image
Dans toute la fraîcheur de tes joyeux quinze ans :
Les roses que plus tard seul le temps endommage
Parent ton frais minois d'un éternel printemps !
ETIENNE

MARCENAC.

�LO COBRETO

8

Lou proucès de Jiontou
CINQUIEMO PORÏIDO
Lou jiour qu'èro morquat per rondre lo sentonço
Monquèrou pas l'oppel, è de prou boun moti
De bol' pourtau d'ol Bouis quelo troupo s'obonço ;
Bous ourio pas cregut d'ona les occouti !
Quond oquel escodroun otropèt lo Grobièiro
Les Gòudots n'en sourtiòu per les beire possa ;
Un tro de motorau cerquèt lo tropilhèiro,
E loi fennos disiòu : « Oquo's per enroça ! »
Semblabo que portiòu per defendre lo Fronco ;
Mai foguèsso colour n'en niortchiabou pas mins,
E toutes pauc o prou morquabou lo codonço
E bous fosiòu peta les clobèls pes comins.
Colho beire olinhats cap o long de lo barro
Quesses nau.t mountonhards, bèls icoumo des oustaus!
Lou procurur foguèt uno drollo de caro ;
E les jutchis disiòu : « Cau pas fa les foutraus ! »
Lou President foguèt opela quelo ofaire.
N'obio quauqu'uno mai o possa de dobont ;
Souloment, obio bist les temons del cossaire,
E longuio quauque pauc que bouidèssou lou bonc.

Quesses rosounoments couyounèrou les jutchis.
Se birèrou d'un' couop de boi lou brigodiè
Que dempièis un moument se pòupabo les futchis,
E li diguèrou : (( Sès un brabe cibodiè !
Nous countai que Jiontou cossabo
Quond èro en tren d'estorrissa ;
Que, del temps que se retrossabo
Les cos bous obiòu esquissât.
Les cos, les bous cau ona beire
Se sou gris ou se sou morrouns ;
Fores .un roppouort per zo dire
Quond tournores de bol d'omount.
Les homes de Jiontou n'en fosiòu lo risèio ;
Lo salo n'en tromblabo, o mai lou brigodiè ;
Mès guel, oqu'èro pas de rire, m'es idèio
Que longuio bougroment d'enguilha l'escolhè !
Diguèt que mai d'un ase èro gris o lo flèiro,
E que, to plo belèu èro mau ronsinhat ;
Zo regretabo fouort, mès, de qua.uquo monièiro,
Tout lou mounde se trompo, o mai un Oubernhat.

Nostre home tenio pas o beire uno autro fèsto !
Otobe- boug'uèt pas s'en corga de l'enquèsto.
FERNAND

PRAX.

FI DEL PROUCÈS DE JlONTOU

Lour foguèt pas leba lo mo dobont lou Couode
Sobio be, rai d'oquo que lo leboriòu prou,
Mai n'obio qu'uno pòu, qu'oquel pouople s'omouode,
E qu'ol cap de lo mo, lebèsso lou bostou.
— « ïèu bese be, Jiontou, ço li foguèt olèro,
Qu'obès menat oti del mounde coumo cau ;
Poudons be botolha sons nous mètre en coulèro,
Les gindarmos, proquo, zo disou pas otau.
Disou que dous bèls cos de casso,
D'oquesses qu'opèlou griffouns
Ijour esquissèrou lo polhasso,
Les quiouls de bragos mai les founds.

.

Les gindarmos les couniguèrou ;
Erou gris, coulour de rotou ;
Sui proucès berbal zo matèrou,
Qu'èro les dous cos de Jiontou. »
Oti, Jiontou lebèt lo testo :
— « Eh bé ! bous prouborai que noun,
E bous domonde uno autro enquèsto,
Pertau que mous cos sou morrouns. »

COUYOUNADOiS
Jioquou de lo Cordairo è Botistou lou sorrolhè,
toumbabou un pintou l'autre ser oquo de lo Marissou. Fosiòu o n'oquel que serio lou pus fi. Ço
diguèt Jioquou :
— Tè, Botistou, ièu page lou pintou se me pouodes dires de qu'es lo causo lo pus soulido del
mounde
— Pordi, oquo's pas dificille. Crese pas que li
atchio ticon de pus soulide que lou fèr, l'ociè...
— Li ès pas, paure efont, ornai s'en monquo. Lo
causo lo pus soulido oquo's lo quio del diable. Sabes, que som un brabe moudiòu o estira lou diable
pel lo quio. E be lo coueto de Ropotou te toutjour;
omai crese plo que tenro enquèro mai !
LOU PORPOND.

Estomporio de M. POIMER-BOTTEEAÜ, Ourlhat.
Lou Gerent : A. POIRIER-BOTTREAU.

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          <name>Alternative Title</name>
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              <text>Lo Cobreto. - 1929, n°106 (Obrièu), Onnado 10 </text>
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          <name>Contributeur</name>
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              <text>CIRDOC - Institut occitan de cultura</text>
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