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                  <text>C.I.D.O.
BÈZIERS

Dozosètièmo onnado. — N° 194 et 195

LO
DE

15 d'Ost et 15 de Setembre 1936

e©BRET0

L'ESCOLO

OUBERNHATO

E

DEL

NAUT-MIEJOUR

JOURNAU

iHESODIE

ODESIOU O L'ESCOLO OUBERNHATO : doutche fronça
Et l'on o lou Journau per res
Lou Journau se bend bint sos lou numero

Les popiès :
o M. HENRI DOMMERGUES, Capiscol,
rue Cazaud, AURILLAC.
MONDA.

L'Orgent:
o M. André DELZANGLES, Clobaire, 15,
rue Arsène Vermenouze, AURILLAC.

Toute réclamation au sujet de numéros non reçus doit être adressée
directement au Capiscol.

Lo nouole, lo Morianno,
Lo bouole ornai l'ourai.

La copie doit parvenir au Capiscol (Petite rue Cazaud), avant la On
de chaque mois pour insertion au numéro suivant.

BOURRÈIO D'OUBERNHO.

•

•

Per l Igl lo Cobrelo

ENSÎNHODOU
I. Mariage.

Ai se prononce ay
aou
au —
—

2. Nécrologie.

ei

—

—

3. Naissance.

èi

—

4. A nos lecteurs.

oi

5. Boulegodis (Henri Dommergues).

Ex. : Fai, fardeau
—

Mau, mal.

ey

—

Dei, des

—

èy

—

Sèi, sureau.

—

—

—

Loi, les

eu

—

—

oy
eou

—

Seu, suif.

6. L'abbé Bouquier félibre (J.-S. Mathieu).

èu

—

—

èou

—

Lèu, bentôt

7. La rose qui chante (R. Cortat).

ÒU

—

. —

oou

—

Pòu, peur

8. Lo trufado (E. Bancharel).

Ih

—

—

11 (mouillés)

—

Bièlho, vieille

9. Réveil en fanfare (E. Pagès).

nh

—

—

gn

—

Conho, chienne

0. Bibliographie.

j

—

—

tj

—

Jour, jour

I. Couyounados,

ch

—

—

tch

— Chobal, cher

�2

LO COBRETO

MARIAGE
Le 5 août, en la chapelle de Nieudan, a été béni le
mariage de Mademoiselle Marie-Clotilde Serres, fille
du sympathique notaire d'Aurillac, avec Monsieur
Raymond Delzons, Ingénieur-chimiste. Ce mariage
unit deux des plus honorables familles cantalienncs.
Nous sommes heureux d'adresser aux jeunes époux
nos vœux de bonheur et de prospérité et nos sincères
compliments aux heureux parents.

et en quelque domaine que ce soir, n'a cessé d'affirmer les qualités robustes de notre race. Soucieux de
dresser, d'une façon aussi précise que possible, le
grand livre d'or des énergies auvergnates, M. Raymond Cortat remercie tous ceux de nos lecteurs qui
voudront bien lui fournir des renseignements sûr des
compatriotes émigrés.
LO COBRETO.

BOULEGODIS
NECROLOGIE
O ROULHAT
Nous avons appris la mort de la Comtesse de Balathier-Lantage, décédée à Lyon. Elle était la mère du
Comte Bernard de Balanthier-Lantage et la sœur de
M. Paul Sarrauste de Menthière, maire de Saint-Gérons, et de Mlle Sarrauste de Menthière.
Nos condoléances à la famille en deuil.

NAISSANCE
Nous apprenons avec plaisir que Madame Pierre
Lévi, née Maurech, la charmante femme du docteur
Pierre Lévi, Inspecteur départemental d'hygiène du
Loiret, vient de mettre heureusement au monde son
deuxième enfant, un superbe petit garçon qui s'appellera Jean-Pierre.
Tous les Aurillacois qui ont gardé le souvenir du
distingué Directeur du Dispensaire et des services
d'hygiène du Cantal, ainsi que de M. Maurech, peintre et musicien de grand talent dont le violoncelle
a charmé les auditeurs de nos concerts regionalistes,
se joignent à nous pour féliciter les heureux parents
et les grands-parents du petit Jean-Pierre et leur
offrir nos vœux de bonheur pour le nouveau-né.

IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIHIIIIIIIIIIIIII

A NOS LECTEURS
Notre excellent ami et collaborateur M. Raymond
Cortat travaille actuellement à la réalisation d'un important ouvrage L'Auvergne chez elle et à travers le
monde, qui sera publié par les éditions U. S. H. A.,
à l'occasion de l'Exposition Internationale en 1937.
Ce pourrait être comme un panorama de cette immense Auvergne qui, dans tous les pays du monde,

Lou dous del mes d'Ost, lo coumuno de Rònlhat
èro en fèsto. Lou Mèro, lou tont trabe Moussu
Tourtoulou,. obio coubidat les felibres de PEscolo
Oubernhato. D'o quatre ouros o sièis ouros de lo
besprado, oquestes d'eici domièrou uno poulido felibrejado que presidabo, coumo 7.0 sat faire, lou bèl
pouèto oubernhat Gandilhon Gens-d'Armes.
Per coumença, lou capiscol, Henri Dommergues,
presentèt l'Escolo Oubernhato. Oprès, M. Gandilhon foguèt uno poulido porlicado. Diguèt lei rosous
qu'où toutes les Oubernhats d'aima om lou poïs, sa.
crano lengo — que n'es pas un potai, commo disou
des troupèls de niciordas — so cobreto. sos donsos,
tont ogrodibos, sous boborèls, sos coucifos de dontelos... Lou public oploudiguèt ferme oquelo porlodisso. Oprès oquo fouguèt lou tour des con tai res
qu'ocoumponhabo lou mèstre Pierre Redon, des donsaires to plo endressats per Eugène Cueilhes, les cobretaires Defarges è Fruquières...
E, oprès un soupa selat è bridât, les brabes efonts
de PEscolo Oubernhato tournèrou porti per Ourlhat.
Onabe oublida de bous dire qu'en possent o Corlat, PEscolo fouguèt coubidado o s'orresta dins lou
poulit hôtel de M. et Mmo Labori e — qu'aimou les
felibres que eau sat. Oti se birèt un moudiôu de
bourrèios que foguerou un bèl plose ol troupèl d'estrongiès que se troubabou o Corlat.
O SENTO-GENEVIEVO
Lou trento d'Ost oquèro lo poulido bile de Sto-Genevièvo dins l'Obeyrou que recebio PEscolo Oubernhato. Portido o huètch ouros del moti dins un carri
de nostre omit M. Maurice Baldeyrou, oquesto d'eici
coumencèt per ona bisita lou lac de Sarrans, lo Debezo è lou famus borrage qu'orresto l'aigo de lo
Truyère per faire lo pus bèlo sèrbo que se siasco
jomai bisto.
Oprès lou p'ose deis uèls — que n'èro pas estat
buforèl — Pi ouguèt oquel de l'estouniat è M, Mas,

�3

LO COBfîËTO
lou proupriètari del crâne hôtel del « Lac de Sarrans » foguèt desportina è soupa les « escouliès »
coumo se pouot pas mièl. vSe jomai obias tèmo de
faire un brabe desporti, brabe mounde, bous coussilhorio d'ona beire cossi Mmo Mas sat engina ticon
de bou.
Lo felibrejado se douuèt de quatre c sièio ouros
è l'i obio del mounde que cau sat.
Donsos, conts, musico bieilho, fout oquo ogrodèt
ferme o toutes.
Que lou Mèro, M. Rous, que reçouguèt to plo l'Escolo, que lo poupulociou de Sto-Geuevièvo siascou
plo remerciats per l'occulh to couran que foguèrou
o nostres felibres.
O BILOFRONCO
Lou sièi de setembre Bilofronco del Rcuergue douuabo uno grondo fèsto. Nostres omits, les felibres
del Grelh Rouergat obíòu coubidat nostre Escolo o
ono festeja om gueches. Lour disom eici un bel grond
morccs è mai que mai o M. Pèire Miremont, o Mmos
Artous è Savignac que prendou tonto de peno è sou
l'amo de l'Escolo del Rouergue.
Les journaus òu donnât d'oquelo fèsto des couontcs ronduts estrambourdents. Poudom pas fa de
mins que de n'en coupia un :
Nous aurons eu, plusieurs fois, le plaisir, cette année, d'applaudir les vieilles danses et les vieilles
chansons de chez nous. Grâce aux.« Grelhous », ont
revécu les bourrées de nos grand'mères et ces couplets naïfs qui bercèrent notre enfance. Encouragés
par l'enthousiasme grandissant que rencontrèrent ces
manifestations, le « Grelh » organisa, dans la journée de dimanche et pour terminer la fête magnifique
du baptême des cloches, une grande soirée de gala
régionaliste au théâtre municipal.
L'Ecole Auvergnate, sous la direction du capiscol
Henri Dommergues, lui apporta une aide fraternelle. L'Auvergne, dans nos murs, ressemblait à noire
Rouergue comme une sœur un peu plu austère : une
nuance dans l'accent plus rude, les finales plus lourdes du patois et certains cris gutturaux l'alliant au
Massif Central moins ensoleillé.
Déjà, l'après-midi, sur le petit Languedoc, les danses et les bourrées avaient longuement été applaudies.
Faire ses preuves ? L'Ecole Auvergnate les avait depuis longtemps données, et le public villefranchois,
joyeusement, l'apprécia.
Le soir, la salle du théâtre municipal était comble.
Les danses, réglées par M. E. Cueilhes et accompagnées soit au piano, soit à l'accordéon, par le maîtrecompositeur Pierre Redon, soulevèrent un enthousiasme indescriptible. Rien ne fut vif, alerte et martelé comme ces bourrées anciennes où les sabots claquent en castagnettes, la « polka picado », que le
bout du pied vient « piquer » au sol et cette « crousado » où les couples se croisent et s'entrecroisent
tandis que tournoient les jupes moirées aux larges

plis et les coiffes de dentelle aux ailes blanches ainsi
que. des ailes de blancs ramiers.
Les chansons elles-mêmes réveillèrent des chers
échos de vie ancestrale. La « Coupo Santo », de Mistrr.il, est belle comme un hymne, et la naïveté charmante des vieux refrains a une fraîcheur d'eau de
source. Après les chœurs de l'Ecole Auvergnate, Mme
Ai tous, de notre « Grelh », coiffée d'une de ses magnifiques coiffes de dentelle, chanta avec sentiment une
vieille chanson. Egalement du « Grelh », Mme Savignac, à la voix délicieuse, ressemblait à ces bergères
blondes et fraîches qui parent le coin d'une prairie.
Cette soirée, ainsi, passait, marquée de l'âme ancienne du pays et de cette gaieté communicative qui
donne aux manifestations félibréennes l'air d'une
grande famille des veillées paysannes, cette communion entre ceux qui écoutent et ceux qui jouent.
Le discours de M. Pierre Miremont, mestre d'Obro
del Felibrige, clôtura cette belle fête. En l'écoutant,
tellement merveilleuse et facile coulait, notre langue
d'oc, on songeait à Virgile aussi bien qu'à Mistral.
Tout ce qui en constitue la poésie rustique, les espoirs juvéniles de notre langue restée jeune, souple,
intacte, avec ses merveilleuses consonnances, y revivait. Ce n'était plus un discours, mais un réquisitoire
passionné où l'amour du pays occitan fleurissait de
son reflet de légende, comme le véritable couronnement d'une belle fête et d'une belle soirée.
(Le Courrier du Centre.)
O ALLY

T,ou 13 d'oqueste mes oqu'èro la communo d'Ally
qu'obio domondot o l'Escolo d'ona monja om guelo
lo fouasso de lo fèsto. Coumo soun mèro, M. Ventadour, es brabe coumo un sòu, les felibres se foguèrou pas cap de bouci estira lou naz per porti o Ally
è dounèrou oti uno felibrejado d'otaco è se foguèrou
oploudi que lou dire n'es pas res. Nostre omit è colobouraire, lou crâne pouèto Raymond Cortat èro oti
è oquo's guel que presentèt PEscolo Oubernhato ol
mounde d'Ally. Lour foguèt uno porîieado coumo
guel S*at lei faire. Pense qu'ôurem lou plose de lo
publica dins lou numéro que be.
O OURLHAT

Lou 23 del mes d'Ost, lou quortiè bièlh d'OurIhat foguèt uno fèsto coumo s'èro pas enquèro facho
lo porièiro dins nostro bilo. L'i obio pas un oustau
que fouguèsso pas decourat è flourit coumo un rompan. E lou ser los corrièiros èrou esclairados om deis
lums de toutos los coulours. L'uèlli s'olossabo pas
d'ogotcha tout oquo. Debon felicita plo fouort les
mogosins è los corrièiros qu'obiôu ougudo lo crano
idèio de mètre en ounour nostro bièlho lengo gòudoto per onounço lours mertchondisos ou remembra
lou bièlh possat de nostro bilo. Oti o uno bouno
idèio !

�4

LO COBRETO

Lou dimraèrgue lou ser uno cavalcado cou nio s'en
bei pas possèt per toutos los corrièiros. L'i obio uno
cinquonteno de carns toutes pus poulits les uns que
les autres. L'Escolo Oubernhato obio fat lou sièu.
Oqu'èro un bièlh oustau cloujiat d'Oubernho, om
soun contou, soun croumal, sous bièlhs couircs, dons
cobretaires que jouagou o pleri cormèl de bièlhs
èrs del poïs è de poulidos poïsontos que contabou.
Tout oquo entourât de brousso flourido que fosio
pensa couop set ol mèstre Bermenouzo.
L'Escolo dounèt, o nau ouros del ser, uno fèsto
sus lo Jourdono. Des miliès de persounos s'escrossabou sus lo permenado d'Angoulèmo per !:eire è òuzi
donsa è conta nostres escouliès.
*
* *
Coumo zo besés, brabe mounde, nostro Escolo demouoro pas soun res faire. Es coubidado dins des
moudiòus d'endrets ound pouot pas ona pertau qu'oquetches coubits tombou soubent lou mémo jour.
Lou 20 d'oqueste mes portiro per Montaignac, dins
lou limousi è lou ounze d'otobre onoren festeja o
Mau o l'oucosiù del centenari del Comice agricole
d'oquelo poulido bilo.
N'i o que disou que lou moubement oquo's lo bido.
Om oquel couomte, poudom olèro bous ofourti, brabe
mounde, que... som pas enquèro mouorts o l'Escolo
de Bermenouzo.
Henri DOMMERGUES.

L'abbé Bouquier, félibre
1808-1856

A ma connaissance trois félibres cantal'.ens et
non des moindres, puisque j'y vois deux majoraux. ont écrit sur l'abbé Bouquier: 1" Arsène
Vermenouze (Jous la Cluchado, pages 290-291,
etc.); 2° Auguste Bancharel (grammaire et poètes de la langue patoise d'Auvergne, pages 78
et sq.); 3" le duc de la Salle de Roehemaure (Les
troubadours cantaliens, tome II, page 69 et sq.).
Vermenouze a signalé le félibre dans son magnifique « Couonte bertodiè ». Il l'a certainement
fait sur le témoignage oral de son oncle M. Conthe, maire d'Ytrac, qui recevait avec quelle joie !
l'abbé Bouquier à sa table plantureuse où voisinaient gigot (peut-être du Bourlés) et les succulentes truites de l'Authre. et où « gisclait » non
parcimonieusement le vin du Fel qui devait être
après six ans plus pelure d'oignon que rouge-vio-

let s exilant du pressoir. Rien qu'une inexactitude chez Vermenouze : l'abbé Bouquier n'était
pas curé d'Ytrac, mais simplement vicaire. Son
long vicariat dans cette paroisse (plus de dix ans)
permit à M. Conthe de le connaître de très près.
S'il le régalait à sa table accueillante et fournie
amplement, l'abbé ne le régalait-il pas par reconnaissance de la lecture de ses dernières productions occitanes ? jetant ainsi la semence félibréenne dans des sillons où elle germa et comment donc !
Auguste Bancharel était un conservateur du
félibrige. Chercheur infatigable, il eut voulu mettre la main sur toutes les œuvres de l'abbé Bouquier, cela aisément se conçoit, aussi amèrement
se plaint-il que malgré ses appel réitérés, il n'ait
pu les obtenir.
Je suis personnellement convaincu que la famille de l'abbé Bouquier lui communiqua tout ce
qu'elle pouvait laisser actuellement livrer à la
publicité, quoique en ce moment-là on n'attachât
qu'une médiocre importance aux production félibréennes. Vermenouze affirmant que l'abbé Bouquier avait suffisamment de poèmes pour en composer un ouvrage et devenir sans coup férir « majorai », c'est peut-être une exagération poétique,
mais ne peut-on pas supposer que ses œuvres
occitanes inédites sont restées à La Guadeloupe
perdues vraisemblablement et à tout jamais ?
Quelque amateur ne pourrait-il pas les découvrir ? La Guadeloupe n'a pas subi le sort de la
Martinique ! Non, tout n'est pas resté à La Guadeloupe, mes recherches n'ont pas été infructueuses. Chez monsieur l'abbé Laussein, l'actuel curé
de Boisset et félibre dont le talent vaut l'effacement, j'ai trouvé de l'inespéré : trois poèmes de
l'abbé Bouquier, celui qu'a publié Bancharel :
« Le Serment du Curé », mais sans altérations,
et deux autres sur air de chansons connues composés de sept et neuf huitains à six syllabes et
d'une facture impeccable. Ils renferment la critique acerbe et indignée d'un curé constitutionnel dont j'ai personnellement connu les derniers
membres de sa famille. Donc rien d'étonnant
qu'ils r aient point été communiqués à Bancharel. J'approuve hautement cette non-publication
pour cause de charité chrétienne et de malsaine
médisance (ces œuvres seront laissées aux archives
départementales).
Involontairement
oui,
mais A. Bancharel se trompait quand il écrivait
que l'abbé Bouquier « habitait Leynhac en qualité de desservant », des visites à ses oncle, tante
et cousins germains d'Albourg (près Leynhac) et
aux Miquels de la Coste ses parents ont prêté à
confusion, confusion qui heureusement nous a
mis sur les traces d'un autre abbé Bouquier qui

�LO COBRETO
ne fut que diacre, d'après l'abbé Figeac, autre
sûr chercheur.
J aurai 1 occasion après des recherches nécessaires et un contrôle serré, d'en incormer les lecteurs de « Lo Cobreto ». A. Bancharel a le très
grand mérite d'avoir découvert et publié le fameux « Dialogue d'un curé qui personnellement
pour gagner un procès a fait un faux serment ».
Le Duc de la Salle de Roehemaure s'est complètement fourvoyé sur l'abbé félibre, il n'a pas
su, malgré ses recherches, l'identifier, mais il n'a
pas à son unique charge la responsabilité des
renseignements erronés qu'il nous donne dans ses
« Troubadours cantaliens », T. II, page 72.
Voici le véritable abbé Bouquier félibre que je
me suis acharné à édifier pour les tenants de la
langue d'Oc.
Un acte du 16 octobre 1842 (archives de l'église d'Ytrac) nous donne les prénoms de l'abbé
Bouquier. Il s'agit de François-Alexandre, né à
Calvinet le 2 septembre 1808. Son acte de baptême signale qu'il est fils de Jean Bouquier et de
Christine Jalenques. Son parrain fut François
Jalenques, et la marraine Elisabeth Bouquier,
tante paternelle. Furent témoins de marque :
Philippe Jalenques, maire de Mourjou; Joseph
Timothée de Bonnafos, du château de la Lamothe à Calvinet; Claude-Antcine Miquel, maire
de Leynhac et Joseph Darses, maire de Calvinet.
L'abbé Flory, curé de Calvinet, signa l'acte de
baptême du futur félibre. Quatre enfants naquirent de Jean Bouquier et de Christine Jalenques.
1° Pierre-Justin (19 février 1801); 2° Jospeh (5
septembre 1806); 3° François-Alexandre (2 septembre 1808); 4" Jeanne qui se maria à Calvinet
le 4 mai 1830, avec Pierre-André Bouquier son
cousin. De ce mariage naquit Justin Bouquier qui
devint professeur de l'Université. Un fils de ce
dernier : c'est M. le docteur Joseph Bouquier, ancien interne des hôpitaux de Paris, actuellement
exerçant à Berk-Plage (P.-de-O).
Après d'excellentes études au collège d'Aurillac, François-Alexandre entra au grand séminaire de Saint-Flour. Monseigneur de Gualy lui conféra tous les ordres : tonsure et ordres mineurs le
18 décembre 1830, le sous-diaconat le 28 mai
1831, le diaconat le 17 décembre 1832; la prêtrise le 1er juin 1833. Ses notes du grand séminaire
furent des meilleures : studieux, beau talent, piété éclairée, malheureusement il était peu robuste
et afligé d'une légère surdité. Après quelques
mois de repos dans sa famille à Calvinet, il fut
nomm non pas curé mais vicaire à Ytrac le 28
février 1834. A ce poste il resta un peu plus de
dix ans jusqu'au 10 octobre 1844. Il eut comme
curés : MM. de Chazelles et Vigier. Il habitait

5

dans le « barri dit Regimbaud ». Une tradition
orale survit encore parmi les très anciens qui lui
attribue une très grande bonté, un rare dévouement et un prédilection marquée pour les humbles et les malades.
L'abbé félibre avait, nous le savons, un frère
plus âgé que lui : Pierre-Justin qui fut successivement vicaire à Boisset et curé de Giou-de-Mamou (20 septembre 1839). Le 10 octobre 1844,
les deux frères étaient nommés à Labrousse, l'aînée Pierre-Justin comme curé et Français-Alexandre, le plus jeune, comme vicaire. « Quam jucundum habitaré fratres in unum » durent-ils
dire à l'Evêque de Saint-Flour pour obtenir l'auterisation de travailler à la même moisson. Le
10 novembre 1852, ils partaient tous les deux
pour la Guadeloupe et se faisaient incorporer au
diocèse de Basse-Terre, attirés sans doute par
Monseigneur Lacarrière, orig naire dj Trioulou
(Cantal) et ami de l'abbé Jalenques, vicaire général de Saint-Flour, oncle maternel des abbés.
L'abbé François Bouquier ne tarda pas à faire
belle figure parmi le clergé de Basse-Terre. Mgr
Forcade, mort archevêque d'Aix, le nomma chanoine honoraire et curé de la cathédrale de Basse-Terre. Le climat brûlant des AntiPes ne pouvait pas ne pas éprouver la santé délicate de notre compatriote. Aussi bien pour lui permettre de
rétablir, au pays natal, sa santé ébranlée, son
évêque lui confia-t-il intentionnellement l'honneur de le représenter au concile provincial de
Bordeaux qui se tint à Périgueux du 3 au 10 août
1856 et où s affirma à nouveau sa valeur. Vraisemblablement, il ne peut revoir Calvinet. Arrivé à Aurillac. il y succomba le 12 sep embre
1856, après quelques jours seulement de maladie (fièvre jaune). L'office funèbre fut célébré
dans l'église de Notre-Dame aux Neiges et sa
dépouille mortelle inhumée dans le cimetière de
la ville (13 septembre 1856).
Voici l'abbé Bouquier d'après Vermenouze.
« Je parle de longtemps, la paroisse d'Ytrac, avait
alors l'abbé Bouquier comme curé. C'était un
poète, un jélibre dont les vers auraient pu former
un livre entier, des vers qui n'étaient pas estropiés ni boiteux, ni non plus du tout boursouflés.
11 les faisait en langue d'oc; en ce temps-là, l'étoile aux sept rayons ne s'était pas levée. Le félibrige alors n existait pas ; Mistral devait éclore
un peu plus tard et Roumanille mouillait encore
dans son berceau ses premiers langes. Sans cela,
notre abbé, ignoré dans son trou, eût été, pour
le moins, félibre majorai II parlait l'Auvergnat,
le français, le latin. C'était un pêcheur à la ligne
dont le plus grand plaisir était, dès qu'il avait
quelque loisir, ou de pêcher la truite ou de chas-

�LO COBRETü

6

ser la rime, et même il arrivait souvent qu'il faisait chasse et pêche en même temps. » Il fallait
connaître intimement l'abbé Bouquier comme
monsieur Conthe, maire d'Ytrac, pour donner de
telles précisions à Arsène Vermenouze qui naissait six ans avant la disparition du précurseur-félibre d'Ytrac. C'est certainement M. Conthe qui
raconta à son neveu sa désagréable découverte
au Rieu-See, du cadavre immergé d'un Aurillacois assassiné par Lescure qui fut décapité. Ne
peut-on pas également supposer que M. Conthe
savait de mémoire tels poèmes de l'abbé Bouquier et qu'il les récitait à un neveu qui, à peine
âgé de huit ans, se passionnait pour tout ce qui
avait trait à la langue d'oc.
A. Bancharel dit de l'abbé Bouquier qu'il fut
« un homme d'esprit, cultivant les belles lettres
et aimant la joyeuse langue d'Auvergne ». On
peut supposer, écrit-il, qu'il collaborait avec Brayat. Ne peut-on pas élever des doutes très fondés
à ce sujet ? Je crois que oui et voici les raisons :
Brayat fit imprimer ses œuvres chez Viallanes,
à Aurillac, sous la Restauration, donc avant 1830;
or, en ce temps-là, l'abbé Bouquier n'avait guère ou peut-être pas vingt ans et était élève au
Grand Séminaire de Saint-Flour. Que Brayat ait
exercé une influence sur Bouquier, c'est possible,
car ayant des goûts identiques, ils devaient se rechercher... il leur était si facile de se rencontrer
à Boisset où était vicaire le frère aîné de Bouquier, l'abbé Pierre-Justin.
A. Bancharel s'est hasardé à écrire : « on attribue à l'abbé Bouquier la paternité des vers de
1' « Avare » qui se trouvent publiés avec les poésies de Brayat ». Si c'était exact, le curé-félibre
aurait connu bien jeune l'inspiration poétique, et
alors quel progrès rapide dans sa prosodie ; il suffit de comparer 1* « Avare » avec a le Serment
du Curé ». Enfin Brayat, qui, d'après Bancharel
lui-même, fut le modèle de l'honnête homme,
eut-il voulu s'approprier et faire passer pour sienne une œuvre qui n'aurait pas été de son cru ?
Or, 1' « Avare » ressemble trop par le fonds et la
forme H au bonheur de l'homme des champs, à
la guerre domestique (lo Noro), au bon Voisinage » pour n'être pas exclusivement de Brayat.
Je suis, quant à moi, fermement convaincu que
c'est surtout à Ytrac que l'abbé Bouquier François-Alexandre donna libre cours à son inspiration poétique, qu'il invoqua les muses et les supplia de pourvoir à son remplacement par le
« Grand et Beau Vermenouze ».
J.-S. MATHIEU.
14 sept. 36.
N. D. L. R.

—L'Escolo Oubernhato est heu-

reuse de publier l'étude ci-dessus. Elle remercie
sincèrement son fidèle et dévoué collaborateur,
l'abbé Mathieu pour son travail si documenté et
si intéressant sur la personnalité et l'œuvre d'un
de nos précurseurs les moins connus, l'abbé Bouquier.

L·a Rose qui cLaiiie
Ces fils des fées, on les appelle des devisons.
dos devineurs, ou, si vous préférez, des
poètes.
Henri POURRAT.

« Lorsque l'Oiseau bleu charmait la fenillée
De sa longue plainte à la fin du jour,
Et que tristement seulette en sa tour
Ecoutant gémir la voix endeuillée
Florine pour lui se mourait d'amour ;
Lorsque dans la brume ou leur pâleur glisse
Les jades venaient sur le bord de l'eau
Surprendre la lune aux bras d'un bouleau
Et par la pelouse aux ébats propice
Dansaient sur la menthe et le mélilot ;
Quand la plus jolie — Aube ou Mélusine —
Dans ce vieux pays aux songes enclin
Faisait sa lessive et filait son lin
(Cela se passait avant que l'usine
Eût de sou vallon banni le moulin) ;
Lorsqu'en son château caressé d'aurore
La Belle dormait ingénuement, — bref
Lorsque sous des cieux sans aéronef
Le monde naïf ignorait encore
Et les cinémas et la T. S. F. ;
Quand la vie était moins quotidienne
Et que tous, mêlant à leur tâche un bout
De chanson, afin qu'elle eût meilleur goût,
S'assemblaient le soir pour dire l'antienne,
Même le grillon qui jase au canton ;
Donc, en ce temps-là, me contait l'aïeule,
(La sagesse perle aux lèvres des vieux)
Fleurissait dans un pays merveilleux
Une rose unique au monde, la seule
Qui charmât l'oreille autant que les. yeux :
Car elle chantait. — Peut-être la chose
Fera ricaner les gens d'esprit fort ;
Le chant d'une rose ? — Eh ! n'est-il encor
De secrets ailleurs qu'au cœur de la rose ?
Le mystère règne en notre décor

�7

LO COBRETO
Mon belet — que Dieu l'accueille en sa gloire —
D'un qui l'entendit m'a fait le récit ;
De climat d'alors, mieux que celui-ci,
Allait aux chansons ! Si tu m'en veux croire
L'homme chantait plus — et la rose aussi.
En ce temps perdu, le fils d'une fade
Vivait en son clos, je ne sais plus où ;
Comme il parlait seul, on le disait fou ;
D'aucuns le tenaient plutôt pour malade.
Le belet pensait qu'il fût devisou.
Un peu de fumée à son toit de lauze
Sous un vieux tilleul berçait son essor ;
Lui fumait sa pipe et soignait son hort :
A vrai dire, il n'y poussait pas grand chose,
De l'herbe, des fleurs, d'autres fleurs en cor.
Au flanc du logis tout blond de lumière
Où quelque lézard rôde extasié,
Eclatait en juin un vivant brasier ;
Mais, plus que ses sœurs en leur pourpre fière,
Une rose était l'orgueil du rosier.
Celle-là savait drer de sa tige
Des sons si légers, si purs et si doux,
Que l'on ne pouvait l'ouïr qu'à genoux.
Quand elle chantait, c'était du prodige !
Le rossignol même en était jaloux.
Dès que l'on entend au vert des collines
Ricocher trois fois le chant du coucou,
Et qu'à cet appel floconne partout
La feuille nouvelle aux ramures fines,
Et gicle aux bourgeons la sève qui bout ;
Alors près du seuil la rose en délire,
Au signal secret par le vent porté,
Ivre, se prenait soudain à chanter
Et c'était le chant d'un cœur que déchire .
Son amour, le cri d'un cœur tourmenté.
Le Sage écoutait la fleur non pareille ;
Même mon belet prétendait, narquois,
Qp'elle ne chantait que pour lui. — Je crois
Que l'aïeul était un peu dur d'oreille ,
Aussi ne put-il entendre la voix.
Des gamins m'ont dit, ajoutait la vieille,
Qu'un soir dans le clos sans bruit se glissant,
Ils avaient ouï la Rose chantant ;
Le fait n'est pas neuf : plus d'une merveille
Se dérobe à l'homme et s'offre à l'enfant.
Donc, qu'elle ait chanté ; c'est sûr. J'imagine
Qu'elle chanterait encore aujourd'hui ;
Mais elle se tut lorsqu'on a construit.
Au siècle dernier, la gare voisine.
— Et le devisou se mourut d'ennui ».
Raymond CORTAT.

LO

TR.UFADO
Dis-moi ce que tu manges, je te dirai
ce que tu es...
BRILLAT-SAVAEIN

(Physiologie du goût.)

Se n'obès pas jiomai monjiat cat de trufado,
Poudès pas plo sober de qu'es oquo qu'es bou.
Quond n'òures souloment trigit uno boucado,
N'en boudres un pau mai... n'en troubores pas prou !
Lo trufado, z'efonts, es un plat de componho
Que eau pas domonda ois repas de « gala »,
Mès se, des còps, l'estiou, onai o lo mountonho,
Bous bau dire cossi poudres bous regala :
Cercores un mosut, proche d'uno bocado,
Pièi preferaploment porlores ol bochiè,
Pertau que lou bochiè, d'oquelo troupelado
Es lou premiè potroun — dobont lou bouteliè.
Oprèsso quond òures un pau fat counessenço •
E moustrat que s'es un boun bibont d'Oubernhat,
Dires qu'obes plo forn... qu'òurias recounessenço
Se poudio bous douna tont si pau o monja.
Beii'cs que lou bochiè — que n'es pas un bodaire
S'orrenjoro per bous faire desportina
D'uno trufado que cado bochié sat faire
Pertau qu'o tout oquo que cau per l'enjina.
E coumo lou grond èr ombe lo premenado
Dounou, coumo se dis, de lo « set o lo dent »,
S'es copaple de bous en fica' no couflado
Dount gordores, omic, lou soubenir lontems.
Emile BANCHAREL.

REVEIL EN FANFARE
A M. de Ribier, Dirooteur de la
Revue des Poètes.
E. P.

Trois heures du matin, mais de l'heure solaire ;
Vers les cieux, l'alouette emporte sa chanson.
Sur un pommier fleuri, d'une voix pleine et claire,
Le premier qui répond, est un joyeux pinson.
A peine se sont-ils envoyé la réplique,
Que le merle, à son tour, prépare son sifflet ;
Et de sa voix flûtée,' un peu mélancolique,
Il prolonge, sans fin, les vers de son couplet.

�8

LO COBRETO

Ce trio débutant met en voix la fauvette
Qui remplace, chez nous, le frileux rossignol ;
Puis, le chardonneret lance sa chansonnette
En ténor qui ne craint ni dièse, ni bémol.
Et, tandis qu'une pie, en haut d'un pin. jacasse
D'une voix tremblotante et sur un ton amer,
Dans un arbre voisin, un vieux corbeau croasse
imposant, sans, pitié, sa voix rauque au concert.
Et tous ces chants, au lieu d'une cacophonie
Qui devrait, semble-t-il, en être le produit,
S'accordent, ô miracle ! en parfaite harmonie
Qu'on ne se lasse pas d'écouter de son lit.
Qu'il est beau ! qu'il est doux ! ce réveil en fanfare
Au chant de l'alouette, au parfum de l'andain,
Tandis que des klaxons, l'horrible tintamarre
Trouble, brutalement, le sommeil citadin !..

pour venir s'éteindre, seul, clans sa modeste chaumière de l'Artense. Malgré son grand âge,' :] fit à pied le trajet de Neussargues à son village natal, bien au.-delà de Condat, soutenu
qu'il était par la joie qu'il éprouvait à la pensée qu'il « reverrait sa maison ». Amblard est donc bien de bonne race Auvergnate.
Léon Gerbe est, pourrait-on dire, un spécialiste des descriptions. Tous ces ouvrages en contiennent de multiples. Elles
sont si sincères et rendues de façon si précise, que le lecteur
croit voir les lieux où évoluent ses héros, ce qui ajoute de l'agrément à la lecture de ses œuvres.
Cet agrément se trouve lui-même augmenté, pour nous, cantaliens. du fait que tous les romans de Léon Gerbe se déroulent, jusqu'à présent, dans notre département et plus spécialement dans ce soin de l'Artense où il passa une partie de sa
jeunesse et que, pour cette raison, il affectionne tout particulièrement.
L
Nous ne doutons pas que son nouveau roman trouvera, auprès de nos lecteurs, le succès qu'il mérite en attendant qu'ils
aient le plaisir de pouvoir lire: Au Vent des Boutes — La
Bc*&gt;ce du Matin — Par Virement Banque — Artistes et Ecrivains de chez nous, qui sont en préparation.
Nous avions donc bien raison de dire que Léon Gerbe était
l'un de nos plus actifs écrivains de Haute-Auvergne.
E. P.
MULTIPLE, par René Soudée. Un vol.
in-8° couronne, 288 pages, 15 fr. — En vente chez
tous les libraires et chez l'éditeur Eugène Figuière,
166, Bd Montparnasse, Paris (XIVe).

Eugène PAGES.

L'ECOLE

BIBLIOGRAPHIE
Viennent de 'paraître les livres suivants :

par Maurice Critognat.
Un vol. in-8° couronne, 256 pages, 15 fr. — En vente
chez tous les libraires et chez l'éditeur Eugène
Figuière, 166, Bd Montparnasse, Paris (XIVe)

UN VILLAGE SOCIALISTE,

M. Renée Soudée, professeur honoraire d'un de nos plus
grands lycées, connaît à fond le grave problème de l'enseignement.. Sa vieille expérience a reconnu ce qu'il y a de bon
et de mauvais dans nos méthodes pédagogiques. Il voudrait
qu'on rectifiât certaines erreurs, surtout dans l'enseignement
secondaire qui lui est familier, ce qui ne l'empêche point
d'excursionner dans le primaire où il trouve les horaires disproportionnés à la capacité des élèves. Il étudie des programmes et donne sur toute l'organisation de nos classes, des plus
humbles au plus élevées, des aperçus de régénération dont
l'Université française devrait bien tenir compte.

\ oici un roman dont on peut dire qu'il est loyalement, honnêtement républicain. Sa trame en est simple et fait surtout
surgir mi certain nombre de gens-types, ceux qui forment une
petite commune de France, y compris les Autorités Municipales et le Curé. L'auteur y est modéré en tout. Il évoque la
province actuelle mais au traditionnel bon sens. Il écrit pour
les petites gens. Il fait réfléchir. Il fait rêver à la vraie République, — qu'on attend toujours...

par Léon Gerbe —
Cahiers du Centre 1936, à Moulins. — Prix : 12 fr.

AMBLARD ET LA SOLITUDE,

Nos lecteurs connaissent déjà Léon Gerbe, l'un des plus
jeunes et des plus actifs parmi les écrivains de Hte-Auvergne.
Bien qu'ayant eu jusqu'à ce jour une existence assez mouvementée, puisqu'il fut, tour à tour, instituteur, secrétaire
des douanes, inspecteur d'assurances, et qu'il est actuellement
attaché au O. N. E. P., il a, néanmoins, trouvé le temps de
publier: Au Pays d'Artense — Le Devantier noir — Cressons et la Peinture -prolétarienne — Hurlande aux Loups, tous
ouvrages fort intéressants et chacun d'un caractère tout à
fait, différent.
Aujourd'hui, les Cahiers du Centre, à Moulins, viennent
d'éditer son roman Amblard et la Solitude. C'est le récit do
la vie d'un bûcheron de l'Artense. Il paraît bien difficile de
faire, sans la moindre intrigue, un roman aussi émouvant,
et aussi attachant. Sa lecture terminée, on est pris d'admiration, plus que de compassion, pour ce bon père Amblard qui,
malgré les tribulations de son dur métier de bûcheron, préféra son existence morne et solitaire en pleine forêt, à celle de
Paris où il aurait pu se laisser vivre chez sa fille.
Plus vieux, ne pouvant plus travailler, il n'hésita pas, non
plus, à s'enfuir de l'hôpital d'Aurillac où il était cependant
pourvu de tous les soins que l'on y prodigue aux vieillards,

C

COUYOUNADO

LOU TELEGRAFO
Oquo's coumique, lou telegrafo, ço fosio Coulau.
lèu lou me pouode pas ' spliqua. E tu, Eurgobilho ?
— Eau be ièu !
— Olèro ! E se me fosios coumprendre un bouci ?
— E be, mogino-te que lou nostre co es bel d'Ourlhat o Sent-Flour.
— Rai d'oquo.
— Metton qu'atchio lo testo o Sent-Flour è lo quio
Ourlhat.
— Metton...
— Son Ourlhat. Li estiron lo quio è guel bromo.
Ound douuc? O Sent-Flour pordino, decound o lo
gulo. As coumpret ?
Mai 1897. Piorrou l'Escorbilhat.

.l.0.0.
8ÊZIEBS

Ourlhat — Estomporio Poirier-Bottreau
Lou Gerent : Poirier-Bottreau.

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              <text>Lo Cobreto &lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/11926"&gt;(Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue)&lt;/a&gt;</text>
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              <text>Lo Cobreto. - 1936, n°194 et 195 (Ost et Setembre), Onnado 17 </text>
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