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                  <text>C.I.D.O.
BtZIERS
XIXe

onnado — N° 212

L0
DE

15 de mars 1938

e©BRET0

L'ESCOLO

OUBERNHATO

E

DEL

N AUT-MJE JOUR

JOURNAU

/HESODIE

ODESIOU O L'ESCOLO OUBERNHATO : doutche froncs
Et l'on o lou Journau per res
Lou Journau se bend bint sos lou numero

Les popiès :
o M. HENRI DO M M ERG U ES, Capiscol,
rue Cazaud, AURILLAC.
MONDA.
L'Orgent:

;

o M. André DELZANGLES, Clobaire, 18,
rue Arsène Vermenouze, AURILLAC.

Toute réclamation au sujet de numéros non reçus doit être adressé*
directement au Capiscol.

Lo bouole, lo Morianno,
Lo bouole ornai l'ourai.

La copie doit parvenir au Capiscol (Petite rue Cazaud), avant la fln
de chaque mois pour insertion au numéro suivant.

BOURRÈIO D'OUBERNHO.

Per I igi lo Cobreto

ENSINHODOU
I. A nos adhérents (H. D.).
2. Chez nos amis.
3. Soui noscut jious lou cièu d'Oubèrnhe. J.M. Gaston).

5. « Le Chant des Cimes » (Eug. Pagès).
6. Samson (H. Dommergues).

Ai se prononce
—

—

ay
aou

—

Mau, mal.

ei

—

—

ey

—

Dei, des

èi

—

—

—

Sèi, sureau.

oi

—

—

èy
oy

—

Loi, les

eu

—

—

eou

—

Seu, suif.

èu

—

—

èou

—

Lèu, bentôt

ÒU

—

—

oou

—

Pòu, peur

lh

—

—

11 (mouillés)

—

Bièlho, vieille

nh

—
—

—
—

gn

—

Conho, chienne

tj

—

Jour, jour

tch

« Chobal, cheval

j

7. Morgorido (suite) (Eug. Pagès).

Ex. : Fai, fardeau

au

eh

�LO COBRETO

2

A nos adhérents
Avec le présent numéro se terminent les abonnements de la plupart de nos adhérents. Dans le
courant du mois prochain nous leur ferons présenter la nouvelle quittance. Nous les prions très instamment de lui réserver leur bon accueil habituelMalgré la crise et le renchérissement considérable
du papier, de la main-d'œuvre et des ports nous
avons décidé de ne pas augmenter le prix des abonnements à notre chère revue.
Nous comptons sur là fidélité de tous nos vieux
amis pour lui permettre de continuer la tâche qu'elle
s'est imposée voilà dix-neuf ans.
Brabe moundc, segossias brabes ! Oquo's per montene lo lengo de lo momo, oquo's per faire aima
tout ço qu'es oubernhat. Coumton sus bautres ! Dises bous que, oprès tout, doutche froncs oquo's pas
gaire que lou pres d'uno liouro de bure...
H- D.

de la Nation, La distinction dont elle vient d'être
l'objet est la juste récompense de son dévouement
à la cause des humbles et des déshérités.

*
* *
C'est avec plaisir que nous apprenons la nomination de M. Jean CIBIÉ comme Officier du Nichan
Iftikhar au titre de Commissaire Général de la Fédération des .Sociétés Régioualistes de Lille et du Nord
de la France qui groupe dans les départements du
Nord et du Pas-de-Calais, vingt sociétés d'Originaires.
M. Jean Cibié, originaire d'Ytrac, par ses qualités
de travail, d'énergie et de persévérance, s'est fait
à Lille une situation de premier plan.
Ses titres eu font foi, qui ne sont pas seulement
honorifiques mais indicatifs d'un labeur opiniâtre
et d'une activité toujours en éveil. Président des
Enfants du Massif Central, le nouvel officier dirige
aussi le Groupement des Commerçants de la rue des
Postes à Lille. Il a été nommé par arrêté municipal, Président du .Secteur Wazemmes, Esquerme,
Vauban.
»

* *

Illlllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll

CHEZ NOS A/niS

A M. Rudondy, à M. Cibié, à Mme Renat, tous
vieux adhérents de l'Escolo Oubernhato, lo Cobreto
est heureuse d'adresser ses bien sincères félicitations.

M. RUDONDY, le si sympathique directeur de
l'E. P. S. de Maison-Carrée (Alger), chef de bataillon de réserve d'état-major était récemment promu officier de la Légion d'honneur. Cette décoration lui a été remise officiellement au cours d'une
prise d'armes sur la place de la République de Maison-Carrée par M. le Général Barbeyrac de St-Maurice, chef d'état-major du 19e corps d'arméeLe colonel Jacques, commandant la 5e R. T. A.
passa la revue des troupes et salua les autorités. A
9 heures, le général de St-Mâurice, après avoir
salué le drapeau et passé lui aussi la revue des troupes, remit la rosette d'officier de la Légion d'honneur au commandant Rudondy avec le cérémonial
d'usage et les troupes défilèrent devant lui.
Chacun entoura ensuite M. Rudondy pour le féliciter et féliciter également Mme e: Mlle Rudondy
qui assistaient à cette cérémonie-

*
* *
Dans la récente promotion Violette, nous avons
relevé avec plaisir le nom de Mme Alain RENAT,
promue officier de l'Instruction publique. On sait
avec quel zèle Mme Renat s'occupe des œuvres intéressant lès écoles et particulièrement les Pupilles

Soui noscut
jious lou cièu d'Oubèrnhe
Soui noseut jious lou cièu d'Oubèrnhe,
Blus è conde, un nioti de niai ;
01 bourg de Bercuero è jiomai,
N'ouplidorai lou cièu d'Oubèrnhe
Qu'es 10 coude un moti de mai.
Soui noscut jious lou cièu d'Oubèrnhe,
Ound lo primo conto l'òussèl
Sui bouord de quauque riùotèl
Soui noscut jious lou cièu d'Oubèrnhe,
Ound lo primo conto l'òussèl.
Soui noscut jious lou cièu d'Oubèrnhe,
En gorda los oulhos, soubent
Escoutabe lo bouès del bent
Que troumpetabo dins lou licrnlie
Li pense enquèro oïrtièi soubent,

�3

LÔ COBRËTO
Soui noscuf jious lou cièu d'Oubèrnhe,
L'èrbo ries prats, ol mes de jun,
L'i's touto pleno de porfuin,
Soui noscut .jious lou cièu d'Oubèrnhe,
Qu'es porfumat ol nies jun.

Tandis que nous longeons les murs nus d'une ferme,
Près de nous deux bras blancs poussent deux volets
[clos,
Laissant voir, parmi les rondeurs d'une chair ferme,
Deux boutons frais éclos.

Soui noscut jious lou cièu d'Oubèrnhe,
Ound la pouesio s'espondis,
Otobe l'aime oquel pois !
Soui noscut jious lou cièu d'Oubèrnhe,
Bibo l'Oubèrnhe, moun poïs !

« Dieu! fait mou
Que voilà! Béni
La blonde vision
Toujours

Mais la belle sourit. Agrafant son corsage,
Elle vient nous ouvrir la porte sans façons,
Et maintenant, à voir de plus près son visage,
Nous la reconnaissons.

J.-M. GASTON.

Elle est plus court vêtue encor que dans la fable :
Sa jupe, je crois bien, n'atteint pas les genoux (1).
Ses talons hauts lui font une démarche instable
Quand elle vient vers nous.

Perrette auvergnate
J'habite, en mon Auvergne, un vieux logis tranquille
Où j'ai pour compagnon un ami très ancien
Qui se donna, jadis, le nom de Polyphile.
Et moi, je l'aime bien.

La Fontaine jubile: « Eh! quoi? c'est ma Perrette
L'héroïne de ma fable du Pot au Lait !
J'aurais dû m'en douter à la ligne si nette
De son bras potelé !

Ali! quel hôte discret et doux, ce La Fontaine
Qui jamais no dit « lia! » qui jamais ne dit « hô! »
Philosophe dont l'âme indulgente et sereine
Flotte en mon studio.

— Merci du compliment, monsieur de La Fontaine,
Je vous rends grâce et suis aise de vous revoir.
Béni soit — pas le coq — le vent qui vous amène !
Entrez donc vous asseoir.

J'ai voulu l'arracher à cette solitude
Un peu livresque et, tôt levé, ce matin, j'ai
Couru lui proposer — double sollicitude —
De nous donner congé.

Que puis-je vous offrir, messieurs? — Mais... une
[tasse
De lait — Oubliez-vous qu'il fut tout répandu
Et que le lait tombé d'une cruche qu'on casse,
C'est du fruit défendu ?

« Voulez-vous, avec moi, Monsieur de La Fontaine,
Faire un peu do footing? — Hein? — Vous ne savez
[pas :
C'est aller par les champs courir la prétentaine
En marchant d'un bon pas.
— Par les champs, dites-vous? ami, je suis votre
[homme :
Partons sans plus tarder et, quand nous serons las,
A l'ombre, quelque part, nous ferons un bon somme.
Il n'est meilleur soldas ».
Nous voilà cheminant dans la fraîcheur de l'aube.
La caresse de l'air est une volupté
Tant il reste embaumé des parfums qu'il dérobe
Aux fleurs, les nuits d'été.
La route, doucement, nous mène à la rivière ;
Fuis file, large et droite, au milieu des prés verts
Vêtus de brume mais de brume si légère
Que l'on voit au travers.

compagnon, la belle chambrière
soit le coq qui l'éveilla!
d'une chair de lumière
m'émerveilla! »

Grâce à Dieu, nous avons plus généreux liquide :
La vigne, cette année, a donné du bon vin.
Et vous me permettrez d'y joindre du solide :
Vous dévez avoir faim. »

(

Sitôt dit, sitôt fait ; voici la table mise :
Œufs frais, beurre fondant et succulent jambon
Voisinent, à présent, sur une nappe bise.
Et tout cela sent bon.
« D'où, ce beurre, Perrette? — Il sort de ma baratte.
— Tiens! tiens! tu fais du beurre., et tu n'as point de
[lait?
— Il m'en restait un peu dans le fond d'une jatte
Quand l'autre s'écoulait..
Avec ce peu j'ai pu (mes calculs étaient justes
Car le lait se vend bien) peupler les basse-cours,

�4

LO CÔBRËTÔ

La porcherie, avoir vaches, veaux, bœufs robustes,
En dépit des hauts cours:
— Te voilà donc fermière et fermière cossue :
Tes rêves pleinement se sont réalisés.
L'histoire est merveilleuse et, si je l'avais sue,
Au lieu d'espoirs brisés,
J'aurais montré, sortant du fin fond d'une jatte
Et couvée, et cochon, et vache avec son veau.
Je ne connaissais pas l'énergie auvergnate ;
Je vois ce qu'elle vaut.

lin étreignant Çhloris je désirais Clymène », (G)
Confessa-t-il — tout bas.
Benjamin CLERMONT.
Août 1930.
(1) En 1930 (voir la date de cette pièce) la mode était encore
aux jupes courtes, et nos jeunes paysannes, qui se piquaient
de la suivre, l'exagéraient volontiers
(2) C. f. l'Epitre de Boileau, le dialogue de Pyrrhus et de
Cinéas :
a Alors, cher Cinéas, victorieux, contents,
Nous pourrons rire à Taise et prendre du bon temps. »
« Pichrocole, Pyrrhus, la laiti.re, enfin tous... »
(3) Pichrocole, Pyrrhus, la laitière, enfin tous. » (La Laitière
et le Pot au lait, L. 17/, F. 10.).

— Elle vaut mieux, je crois,
Mon homme et moi, nous la
Et nous comptons aller dès
L'éprouver à Paris

monsieur de La Fontaine
mettons à plus haut prix,
la saison prochaine,
?

— Folle amie! à Paris? Cette Auvergne si belle,
Ces champs, ces prés, ces bois, ce clos, ce clair logis
Cette vigne au soleil, tu quitterais ma belle,
Tout cela pour Paris ?
Qu'attends-tu de Paris? — J'attends, ne vous déplaise,
La fortune. Et puis, quand j'auiai ce que j'attends,
Je pourrai revenir au pays vivre à l'aise
Et passer du bon temps (2).
— Tu parles, mon enfant, comme ce roi d'Epire
Dont j'accolai le nom au tien dans mon fableau (3).
Vos deux ambitions, l'innocente et la pire,
Dans un même tableau
Pouvaient se confronter : quand on bat la campagne
On s'égare souvent par les mêmes sentiers,
Et nous bâtissons tous nos châteaux en Espagne
Avec mêmes mortiers.
Bâtis donc !... Au revoir. Nous irons, quelque jour
Toi, du moins, tu bâtis solidement, ma fille :
En votre beau castel, châtelaine gentille,
Vous faire notre cour ».
*
* *
« J^e bonheur qu'on atteint vaut-il celui qu'on rêve?
Fis-je, au refour, songeant à certain vieux poncif (4);
Ne s'étrique-t-il pas un peu dès qu'on l'achève ? »
La Fontaine, pensif,
Murmura : « Quel que soit le démon qui nous mène,
Ambition, amour (5), on ne le contient pas :

(4) Il sagit du vers bien connu et souvent cité :
« Tout honneur que la main n'atteint pas n'est qu'un rêve. »
(5) « Deux démons à leur gré gouvernent notre vie...
J'appelle l'un Amour, et l'autre Ambition. » (Le ììerijcr
et le Roi, L. X, F. 9).
(6) Voir « La Vie amoureuse de Jean de la Fontaine » (FrancNohain), dont, naguère, quelques pages furent si joliment interprétées à la radio par Mlle Bourgeon, de l'Odéon.

Le chant des cimes
(Prix Sully Prudhomme 1936)
par Raymond CORT AT. — Prix : 15 fr.

Décidément, la Poésie nous vient de Pleaux.
En effet, après « Le Lün d'Argent » de Raymond
Mil, couronné par l'Académie Française, voici « Le
Chant des Cimes », de Raymond Cortat, prix Sully
Prudhomme 1936.
Or, si Cortat est Aurillacois de naissance, il est devenu Pleaudien par son mariage. C'est à Pleaux qu'il
a_ débuté dans l'Enseignement, et c'est toujours dans
ca canton qu'il va passer ses vacances chez sa femme.
De sa résidence, il jouit de l'un des plus beaux panoramas du Cantal, qu'il dépeint magistralement
dans :
AUVERGNE, ILE INCONNUE
De ma fenêtre,
Des châteaux :
Et Mazerolles,
Où le clan des

j'aperçois
La Vigne, Scoraille,
dans ces bois
geais se chamaille ;

Et, dans l'azur se profilant,
Au-dessus de Salers s'élance
Un ingénu Puy Violent
Qui s'effile sans violence ;
Et tout le grand cercle des monts
Teintés comme ces gentianes
Que nuancent les bleus profonds
Des crépuscules diaphanes ;
Enfin, le Mont Dore irréel
D'un gris bleu d'aile de palombe,
Peint — comme en un songe — sur un ciel
Où sa transparence succombe.

�LO COBRETÓ
C'est un panorama que je connais bien aussi, pour
l'avoir contemplé souvent et qui m'est particulière
ment cher parce qu'il me rappelle d'heureuses journées passées à La Vigne, dont le poète a pu apprécier l'aimable accueil qu'on y trouve toujours.
Les récompenses obtenues par nos amis Mil et Cor
tat sont la meilleure preuve de- la valeur de leurs
œuvres. Aussi, de même que « Le Lün d'Argent » ne
s'éteindra jamais en Haute-Auvergne, « Le Chant des
Cimes » y retentira toujours.
Nous sommes d'autant plus heureux d'en féliciter
les auteurs, que leurs poésies, à de rares exceptions
près, sont des hymnes à la gloire de notre cher Cantal et de tout ce qui en fait la beauté.
Jamais il n'a été plus fièrement et plus finalement
chanté que dans « Le Barbare devant la Mer », que
nos lecteurs trouveront dans notre prochain numéro
et que nous extrayons du « Chant des Cimes ».
Déjà, d'ailleurs, Cortat nous avait déclaré dans son
précédent Recueil de poésies « Le Voile de la Déesse »,
que le Cantal était le seul pays qu'il aimât passionnément. Ne dit-il pas, en effet, dans « l'Envoi » qui
termine sa « Ballade en l'honneur de Vermenouze » :

l.a chapelle héroïque en son délabrement
Sa nef fruste, qu'écrase un clocheton roman
Se raidit contre la rafale qui l'assaille
El tient 1ère et s'areboute opiniâtrement.

Nos vieilles églises de campagne furent-elle jamais
mieux dépeintes ?
I.a pièce que nous reproduirons dans le prochain N°
est extraite de la seconde partie du «Chant des Cimes»
où, sous le titre « Le Pèlerin du Soleil » l'auteur
consacre quelques poésies à l'Espagne, cette seconde
patrie de bien des Pleaudiens. Et de son pèlerinage,
Cortat a rapporté quelques rayons du chaud soleil de
ce merveilleux pays où, nous dit-il :
Et femmes et maisons sont pareillement belles.
Car le soleil qui les caresse avive encor
Leur brûlante splendeur et charme mes prunelles
De leur pâtine blondi- et de leur hâle d'or.

Comme on le voit, le nouvel ouvrage de Cortat est
digne de figurer en très bon rang parmi ceux dont la
Haute-Auvergne a le droit de s'enorgueillir jusqu'à
ce jour et la pièce liminaire de son recueil « NotreDame des Solitudes » est incontestablement l'une des
plus belles poésies émanées d'un auteur cantalien.
Afin qu'on ne puisse pas croire que c'est l'amitié
seule qui nous a inspiré l'éloge que nous venons de
faire du « Chant des Cimes » et de son jeune auteur,
dont l'avenir s'annonce comme devant être particulièrement brillant voici ce que nous lisons dans le
numéro de janvier dernier de La Revue des Poètes,
sous la signature de Camille Hémon, Président du
Comité chargé de l'attribution du. Prix Sully Prudhomme :

Il n'est pour moi, de la Somme à l'Adour,
Qu'un seul pays que ma tendresse épouse :
Ce sont les monts où chanta Vermenouze.

Après cette déclaration, Cortat se devait de nous
donner un « Chant des Cimes ». Et ce chant vient de
jaillir de son cœur et de sa plume, puissant, harmonieux et poétique.
L'auteur a la chance d'être jeune. En raison de
cela, il est presque inévitable qu'il développe, parfois,
des sujets qui ont déjà inspiré d'autres poètes ; mais
il le fait toujours de façon inédite, très personnelle,
dans un style élégant, riche, émaillé d'images hardies et pittoresques, qui donnent une haute idée de sa
brillante imagination.
Le rythme et la prosodie n'ont pas de secret pour
lui. Il use ,avec le même art et la même facilité, de
tous les genres de strophes et de toutes les combinaisons de rimes, ce qui donne du charme à la lecture de ses poésies.
Pour ne pas faire mentir le titre de son ouvrage,
c'est toujours dans les parages les plus élevés de la
pensée qu'elle va chercher son inspiration.
Né, si je ne m'abuse, presque au pied du clocher
de Saint-Géraud, il fut bercé par le cantique des cloches dont il semble avoir gardé la nostalgie.
Mais les cloches qui paraissent aujourd'hui, tinter
le plus mélodieusement à ses oreilles et émouvoir le
plus profondément son cœur, sont celles qui
Parmi l'immensité des hauts plateaux épars

convient les paysans à la prière, en leur rappelant
« La Lumière du Dimanche » :
Le long des chemins creux, s'acheminent, fidèles,
Les paysans venus de leurs lointains hameaux ;
lit dans l'air printanier, joyeusement, s'épanche
Comme un sourire, sur les toits et les rameaux :
C'est la Lumière du Dimanche.

De même, aux orgueilleuses cathédrales il préfère

5

«
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«
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e.
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&lt;c

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«
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«
»
ce

«
«
ce
ce

« Ce prix important est recherché non seulement
pour sa valeur matérielle (8.000 fr.) mais surtout
pour le patronage moral et littéraire sous lequel il
place, selon la volonté de son fondateur, un poète
jeune, entrant dans la carrière, n'est obtenu qu'à
des conditions assez rigoureuses, que maintiennent
scrupuleusement les héritiers littéraires du poète,
investis par lui, depuis 30 ans, de la mission de perpétuer ses principes littéraires et ses idées philosophiques.
« Ces principes, ce sont ceux de l'Ecole Parnassienne, fidèle-au respect des règles fondamentales
de la métrique française, éprise de purisme et de
clarté dans la forme du vers, mettant toujours le
prestige d'une langue riche et châtiée au service
d'une inspiration morale très élevée très saine, très
idéaliste et d'une soumission presque religieuse aux
droits sacrés de l'Art. Lorsque ces conditions ne
sont remplies dans aucun des envois présentés au
concours, le prix n'est pas attribué et il est reporté
à une année ultérieure.
ce Cette fois, il n'en fut pas ainsi et c'est après une
compétition serrée entre plusieurs manuscrits de
valeur, que l'emporta enfin le beau recueil de R.
Cortat : ce Le Chant des Cimes ». »

Dans le même Numéro de la Revue des Poètes, nous
lisons encore :

�LO COBRETO

6

« Un jeune et brillant poète, Raymond Cortat, qui
« s'est immédiatement imposé à l'attention et à l'es« time des lettrés, va, dès aujourd'hui, assumer les
c fonctions de « Rédacteur en chef » de notre Revue ».
Nous l'en félicitons très chaleureusement, ainsi
que de son nouveau Recueil qui, nous en sommes
persuadés, rencontrera, auprès du public, le sucés
qu'il mérite.
Nous profitons de cette occasion pour rappeler que
le Directeur de « La Revue des Poètes » est notre éminent et très distingué compatriote, M. Eugène de
Ribier.
Eugène PAGES.

Biblo... oubernhato

SAM SON
L'i o toujours ougut des omes pus fouorts que les
autres, cadun zo sat ; mes crese pas que jomai n'i
atcho ougut cap de to fouort coumo lou que s'opelabo
vSamson, d'oprès ço que nous dis lo Biblo. Se boulès
bous bau counta soun istorio.
D'oquél teins l'i obio dous pouoples que s'aimabou
pas gaire, que se cercabou brègo tout que poudiôu è
que se fosiòu de los guèrros torriblos. Oquetches dous
pouoples oqu'èro les Juifs è les Philistins. Oquel
deis dous que gonhabo lo bitorio fosio de l'autre
soun esclabo. Lou boun Dieu aimabo mai les Juifs
que le Philistins pertau que les Juifs l'escoutabou è
se coumpourtabou mièl que les autres.
Un couop proquo que les Juifs obiòu oufensat
Dièu, oqueste d'eici les bouguèt puni è per oquo
les daissèt toumba jous lo douminociù des Philistins. Mes ol cap de quauquos onnados, l'Eternèl
troubèt que lo penitenço obio prou durat è bouguèt donna os Juifs nuo bouno odjudo per que tournèssou libres. Foguèt naisse tchaz guetches, un
orne d'uno fouorço estraourdinario. Oquel ome
s'opelabo Samson.
Disou q'oquel couarrou, o l'âge de doso-huèt ous
tuèt, res qu'om soi mos, uno orro bèstio de lioun
que l'i obio dorcat dessus. Couontou que qauques
tems oprès, ouguèt l'idèio de destruiré toutes los
récoltes deis Philistins è debinorias pas ço que foguèt. Otropèt tres cent reinals : m'es obis que quo
debio pas d'èstre plo coumouode. Colio que n'i ouguèsso diabloment d'oquel tems è los poulos debiòu
pas ober boun tems. Quond tenguèt les tres cents
reinals, estoquèt o lo quio de cadun un bel brondou
de palho olucado è les olondèt dins les comps deis
Philistins. Pensai se tout oquelos bèstios om lo

quio eufiocado lompabou dins les blats, les ordis
ô los cibados que fouguèrou toutes cromats eu un bira
d'uèls. Oquo fouguèt pes Philistins lo fomino è lo
misèro. Ërou fouols. Bous otropèrou Samson, causo de tout oquel deciobar è l'estoquèrou om de los
couordos grossos coumo lou bras. Mès l'orne se
seguèt lèu despotoulhat : bous foguèt peta los couordos coumo se res noun èro. Olèro, coumo n'obio
pas cap d'armos, bous omossèt uno « mochoiro »
d'ase que treinabo ol bouord del comi è om oquelo
espletchio toumbèt sus Philistins è n'escossounèt
milo. Les autres, los combos les soubèrou !
O porti d'oquel jour, les Philistins òusèrou plus
otoca Samson, mes cerquèrou o l'ober per ruso. Un
ser oprenguèrou que lour enemic se troubabo dins
uno brio que s'opelabo Gaza ; foguèrou borra è
cloua toutes los pouortos de lo bilo. Otau, ço diguèrou, pourrai l'otropa è lou tua. Ope, mès
obiòu mau corculat lour ofaire, les Philistins. 01
mièt de lo nuèt, Samson, obertit per quauqu'un,
se lebèt è onèt o uno de los pourortos. E, nostre
ome foguèt oti ço que bous ni ièu òurions pas pougut fa : soullebèt lo pouorto, d'une estirado orronquèt les goufets è les borroulhous è mètet tout oquo
sus l'esquino è zo bous pourtèt o lo pounjo d'uno
mountonho.
Les Philistins sobiòu plus que faire ni que dire.
Uno idèio benguèt o lo cruco de quauqu'unses.
« Samson es joube, ço diguèrou, lou eau rondre
omourous ; oprès l'òuren pus fociloment. »
L'i obio dins lou poïs uno drollo poulido que eau
sap, que s'opelabo Dalila. Les Philistins foguèrou
de biai è de biasso per que Samson beguèsso lo drollo. E ço que debio orriba orribèt. Lou gorçou
toumbèt omourous fouol de Dalila è quo's oquo que
foguèt soun malhur, coumo zo bai beire.
Cado jour, Dalila domondabo o soun golont cossi
oquo se fosio qu'èro tont fouort, tont fouort- Samson zo li boulio pas dire ; resistèt del tems, mès o
lo fi — l'i obès pas digun de mins prudent qu'un
omourous — li diguèt soun secrèt.
— Toute mo fouorço, ço li diguèt, te dins mous
pièûs ; se les coupabe serio pas pus fouort qu'un
autre ome.
Lou paure diable obio be plo trobolhat de dire
oquo ! Tont que durmio, Dalila otropèt un porel de
cisèus è crac, crac, la gleno de Samson fouguèt
coupado ol ras del cap.
Débinai ço qu'orribèt olèro : Dalila obertiguèt les
Philistins qu'otropèrou lou paure Samson è li crebèrou les dous uèls. Obucle, lou menèrou dins un
moulet è lou coundonnèrou pel restent de so bido
o faire bira lo rodo. Pensai se lou paure potidas èro
malirous !
Mès les pièus coupats tournabou poussa bouci o

�LO COBRETO
houci è o mesuro que poussabou, la fouorço tournabo o Samson.
Les Philistins que cresiòu pas en Dièu, mès qu'odourabou uno idolo, obiòu bostit per oquelo idolo
un foutrau de temple que poudio tene tout un pouople de mounde. Un jour, se foguèt dins oquel temple uno bèlo fèsto è un cràne desporti. Quond lou
desporti seguèt ocobat, les Philistins foguèrou beni
Samson per reire o sous despens. Oqueste se foguèt
mena entre Ien duos coulounos que sousteniòu tout
lou bostiment è oti o fouorço de s'opinca o los coulounos los foguèt toumba è, dins un brut espoubentable, lou temple se derouquèt è esclofèt, om Samson, les tres milo Philistins que se troubabou oti.
E oti obès, brabes efonts, l'istorio de Samson.
Se jomai bous orribo de destre omourous, quitossias
pas de dèstre prudents è discrets- Bous pourrias
plonge de dèstre estat trop porponds!...
HENRI

DOMMERGUES.

CRCCRIDC
PESSO EN TRES ACTES

7

Ofiguras bous que bous tournossias morida...
GUIRAL. — Nostro-Damo ! Jésus ! de que disès oti !
PRODÈL. — Eh ! pèro Guiral (ogacho Gountron)
i o des gorsous de trente ous que sou pas to gourdes
coumo bous !
Puei, couneissès l'esçoubèrbe: to plo sauto un mouton blonc coumo un moutou negre !
Odounco, ofiguras bous que bous tournossias morida ; se mettès oquelo clause dins lou countrat,
pourres pas res donna o bouostro secoundo fenno.
GUIRAL. — Milo gals! sou conquis oqueches bougres de Morseilhès. Escoutas, Moussur Gountron,
me sei jomai laissât encobestra, mès coumo aime
trop nio filho per me tourna morida, per que lo prengossias sons pessoment ossepte oquelo coumbenciou.
MORGORIDÜ. :— Enquèro un couop, besés be que
n'eu bòu o moun orgent è que lou bòu pas laissa
escopa
GUIRAL. — Aro, Moussur Prodèl, couro mettre
dins lou countrat que si, d'osard, mo filho ou ses
efonts beniòu o mouri dobont iou, mes cinquonto
milo froncs me foriò retour de dret.
E orribon, Moussur Prodèl, o lo dornièiro estipulociou. Ai dit o Moussur Gountron que, dins lou cas
ound bendrio o mouri dobont Morgorido, colho que,
lier countrat, li foguèsso dounociou de cent milo
froncs.

(SUITO)

GOUNTRON. — Trouu de lèro ! Moussur Prodèl,
me lo foutès bèlo. lou, Gountron, espousa uno filho
sons lou sòu ! Mès, Moussur, des jontes uèls è uno
caro fresco, s'oluco des boulcons, n'òu jomai fat
buli l'oulo è, se me moride, quo's pas per lou ploser
de nouiri uno fenno o mous depens.
MORGORIDO. — Quond bous disio, Moussur Prodèl, è bous otobe, moun paire, que m'obio causido

MORGORIDO. — Escusas me, moun paire, mès m'es
obis qu'oquel countrat sero plo triste. Li sero pas
questiou que de mouort de lo bouostro, de lo mio,
d'oquelo de mes efonts, d'oquelo de moun home.
En fût que de moridage, me semblo que quo sero un

entarroment de lo premièiro.
GUIRAL. — Milo gals ! calo-te fièto ! Couneissès
pas lo bidó; n'es des offaires d'oqueste mounde conmo d'oquelos de l'éternitat ; per les plo fa, cau toujour pensa o lo mouort.
Pas bertat, Moussur Prodèl, que quo's l'usage del
poïs que lou nobi foguèsso, per countrat, un codot

soüiico per moun orgent !
GUIRAL. — E be, milo gals, sero pas dit ! Quo

o lo nobio?

serO cent milo froncs tout redóunds, qu'ouro Mor-

qu'obias fat per lo bouostro defunto.

gorido,
Aro, Moussur Prodèl, que bous parle d'uno offaife que coumprene i&gt;as plo.
Moussur Gountron boudrio que,

per countrat,

foguèsse nio filho eritièro de tout. Del moument
que n'ai qu'oquelo d'oti è, qu'olèro, tout diou li
rebeni de dret o mo mouort, m'es obis que quo's
gaire lo peno de poga des drets de conterobe è de
noutàri per oquo.
PRODÈL. — Eh! Eh! pèro Guiral, quo probo que
li o des gendres que rosounou to plo que les bíls
paires è que se les unses lou boulou opora, les autres lou boulou ossegura. Coumprenès pas0 Eh : be,
bous

zou bau

esplica.

PRODÈL.

— Si fèt, pèro Guiral ! Quo's d'olhurs se

GOUNTRON. — Trouií de lèro!
dise pas que de
noun, mès olèro que Morgo... escusas, que Modomouisèlo Morgorido n'en foguèsso tont mai per iou.
Del moument qu'o cinquonto milo froncs que li
opportènou, que m'en foguèsso dounociou per lou

cas ound mouririo dobont iou.
MORGORIDO. — Eh! be, Moussur, de qu'ausisse?
Mouri dobont bous ! Li countossias pas; bous espor
tihorai quelo joio. E per so qu'es de bous fa codot
d'un quite ordit, countas li enquèro mins.
GOUNTRON.

— Mès proquo, Modomouisèlo quo's

bous que fosès lo bouno offaire.
MORGORIDO. — Ausissès, Moussur Prodèl, è bous

�8

LO COBRETO

otobe moun paire ! Quo's pas d'un moridage que s'ogis tout aro, mès d'un mercat. E porès que quo's iou
que fau la bouno offaire. Poudès estre countent. paire, oures fat uno bouno fièiro.
Troubai, Moussur Gountron, que fau uno bouno
ofïaire ! Iou trobe que n'en fau uno de plo meissonto.
Regrète, souloment, que moun
d'oquel obis.

paire

siasco

pas

—

PRODÈL.
Besc, Moussur Gountron, qu'obès ticouon o fa per bous faire aima de Morgorido. Mes,
coumo se dis, lo quio des cats o be poussa è oquelo
des caps gros es be toumbado ; olèro eau pas desespera. Proubas li que tenès o guelo mai qu'o souu
orgent è fosès li dounociou sons res li domonda de
porier. D'olhurs, coumo l'o dit lou pèro Guiral, eici
quo's l'usage otau.

—

GOUNTRON.
Permoito forai pas è se me bòu res
baila, li boilorai res otopau.

—

Bese be, pordiuo, que quo's pas so
(pie forio combia d'idèio o mo filbo; olèro, tont pire,
laisson esta oquo de coustat.
GUIRAL.

—

PRODÈL.
O prepau, Guiral, Moussur Gountron
n'o pas besoun de fa figura so fourtuno sul countrat
puis que prendès lou régime doutau, sons estre meitodiers per so que se gonhoro ou s'espornhoro, mès
imogiue (pie bous o fat beire soquetlelai ound l'obio.
GOUNTRON.
Trouu de lèro ! mo fourtuno, ti l'obès. (Souori un pouortofuèlho de so pouocho è n'en
tiro quauques fuels de popièr que metto sul burèu.)
vSiei cent milo froncs, tout en titres despausats dins
uno bonco de Morseilho. Ti obès les ressus.
(Moussur Prodèl les prend è les passo l'un oprès
l'autre è colculo sul papier si se qu'ofourtis Gountron
es bertat.)

—

MORGORIDO. —

Per queches popierous, me countronjiorias, paire,
O quitta per toujour la toumbo de mo maire !

01 Hoc d'ona senti los fiuos comitortos,
Me courio coinina dins des corrièiros tortos
Que pudou lo merlusso ou ticouon de plus fouort
Que fo de cado oustau coumo uno sout de pouorc !
Ound lou soulel to clar s'orrèsto o los tioulados
E ponot pas, quitoment, fa seca los bugados !
Ound homes, fennos è efonts sou tont sorrats
Qui dirias dins un sat un troupelou de rats !
Olèro que codun eici, o prouto plasso
Per guel, per ses enfonts è queches de so rasso,
E qu'ol Hoc d'ogocha lou soulel sul fournèl
Dobalò jusqu'ol sòu lour negresi lo pèl !
Laissas-me, bous n'en prègue, eici bioure tronquillo,
Car per iou, besès-be, res bau pas Mountronilho.
Oti benguère ol mounde, oti bouole mouri;
Estime miel soun puèt que Morseilho ou Poris.
Bouole, cado moti, quond forai mo pregaire,
Obeire, en facio iou, lo toumbo de mo maire ;
Bouole que, quond lou jour, plo triste è plo migrous,
De fugi queste mounde, ouro lusit per bous,
Estre o bouostre coustat coumo uno brabo filho,
Per que me benejias omb touto mo fomilho.
Des porents que s'en bòu, uno benediciou
Es, per l'efont que plouro, uno counsoulociou,
Lou sèt, li fo pourdièu, tout lou long de lo bido,
Surtout quond, pel mollir, o soun amo trupido.
Bouole que mes efonts, quond seròu benguts bèls
Chas n'autres, otobe, me borèssou les uèls.
Nostres tohuns seròu, toutes, ol ras olèro,
Ensemble recotats dessous lo mémo tèrro ;
E quond lou jour bendro d'èstre ressussitats,
Sembloro que, jomai, nous serem pas quittais.
GOUNTRON.
Troun de lèro ! mès, sès pouèto Modomouisèlo ! Permoito n'en sei plo countent en pensa
ois crânes bèrs d'omour que me fores quond seres mo
fenno.
MORGORIDO.
De que ! des bèrs d'omour per
bous ! N'oures pas lou ploser d'eu ausi ni mai d'en
Hgi, pertau que n'ourai jomais per bous que...
GUIRAL (esmougut). — Foutre ! fièto, te zou torne

—

—

Moun oustau, mo porot, mes prats è mes comis,
Lou cièu (pie m'o bist naisse è toutes mes omis
E lou Trau do Gournhou1 mai lou Rot de Meisono2 !
Nostre tont bilèh clouquièr ound lo grosso compono
Se trontioulèt to fouort, quond me botejerias
Que se pouguèt ausi del Roc de Sont Curia3 !
Boulès me fa quitta notro jonto ribièiro,
Que, dins lou mounde ontièr, s'en bei pas lo porièiro,
Omb lou Ploumb del Contau, Bono, lou puèt de Griou
Ound s'en bòu postura los bocados l'estiou !
N'ausirio plus conta cado moti l'olauso
E tou'n me premena, pourrio plus fa lo pauso
O l'oümbro d'uno baisso, ol bouord d'un riousselou,
Eu escouta conta lou grel è l'ausselou !

répéta, couneissès pas lo bido. Res pouot pas romplossa forgent. Moussur Gountron zou sat be. En
mai tiron d'en obont, en mai n'en cau. E puei, sabes,
un oustau que mouonto pas, dobalo, è entende que
l'oustau de Guiral de Mountronilho demourèsso toujour lou plus fouort de lo ribièiro.
Onen, Moussur Prodèl, qu'os entendut. Demo,
cinq ouros, o Mountronilho per possa lou countrat
è demourores omb n'autres per soupa.
(Se lèbou toutes — Prodèl plègo les ressus è les
torno o Gountron.)
(0 sègre.)
Eug. PAGES.

(1) Lou Trau du Goumhuu : Le Pas de Gère.
(2) Lou The de Meisono : Le Rocher de Maisonne qui surplombé Vie.
(3) Sont Curia: Saint Curial, mamelon au-dessus du Hocher
do Maisonne, où vécut le dernier ermite de la région de Vie.

C.I.O.O.
8ÉZ1EBS

Lou Gerent : Poirier-Bottreau.
Ourlhat

— Estomporio Pojrier-Bottreau

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              <text>Vignette : http://occitanica.eu/omeka/files/original/ab771dcef1a5b1b63d1ea9e6b8577ec4.jpg</text>
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              <text>Lo Cobreto &lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/11926"&gt;(Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue)&lt;/a&gt;</text>
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          <name>Alternative Title</name>
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