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                  <text>XXe onnado — N° 228

L©
DE

Julit

1939

e©BRET®

L'ESCOLO

OUBERNHATO

àÊÊ^k

E

DEL

N AUT-MIE JOUR

JOURNAU

MESODIE

ODESIOU O L'ESCOLO OUBERNHATO : doutche froncs
Et l'on o lou^Journau per res
Lou Journau se bend bint sos /ou numero

Les popiès
o M. HENRI DOMMERGUES, Capiscol,
rue Cazaud, AURILLAC.
MONDA.

L'Orgent:
o M. André OELZANGLES, Clobaire, 18,
rue Arsène Vermenouze, AURILLAC.

Toute réclamation au sujet de numéros non reçus doit être adressée
directement au Capiscol.

Lo bouole, lo Morianno,
Lo bouole omai l'ourai.

La copie doit parvenir au Capiscol (Petite rue Cazaud), avant la On
de chaque mois pour insertion au numéro suivant.

!

BOIIRRÈIO D'DUBERNHO.

ENSINHODOU

9. Lou tiogaire è lou poutingaire (F. de SteOgnès).
I0. Au prochain numéro.

1. Mariages.
2. Distinction honorifique.

Per l igi lo Cobrelo

3. O nostres omits.
4. Echos de nos manifestations regionalistes.
5. L'Escolo

Oubernhato

à

Riom-ès-Monta-

tagnes.
6. L'Auvergnat Vermenouze, chasseur de serpents à sonnettes (C. Gandilhon Gensd'Armes).
7. Les tres ornes de lo Mioto (Henri Dommergues).
8. Cotinoto d'en Trauco-Pilho (J.-M, Gaston).

Ai se prononce : ay
—
—
au
aou
—
—
ei
ey
—
—
èi
èy
—
—
ol
oy
—
—
eu
eou
—
—
èu
èou
—
—
ÒU
oou
—
—
lh
11 (mouillés)
—
—
nh
gn
—
—
j
tj
—
—
eh
tcb

Ex. : Fai, fardeau
— Mau, mal.
— Dei, des
— Sèi, sureau.
— Loi, les
— Seu, suif.
— Lèu, bentôt
— Pòu, peur
— Bièlho, vieille
— Conho, chienne
— Jour, jour
— bboba], cheval

�2

LO COBRETO
MARIAGES

Le mardi, 11 juillet 1939, a été célébré à Entraygues-sur-Truyère, le mariage de notre ami, M.
Fernand Messaz, Commis Principal des P. T. T.
à Aurillac, avec Mlle Thérèse Feneyrou.
Nous prions les très sympathiques jeunes époux
d'agréer tous nos compliments et nos meilleurs
vœux de bonheur et de prospérité.

n'obon pas pougut fa. de mins que de lour douna de
lei boconços ; mes ojuste que sou estais pro brabes
de nous domonda pas o d'èstre pogats tont que trobolhoròu pas, ol countrari de ço que se fo un pau
pertout.
Lo COBRETO lour souèto o toutes de bounos boconços e lour dis : « Ol mes d'Octobre ! »
O n'oquel moumcnt, brabes lijiaires, tournoren
guifla l'ouire è fa brounzi lou cormèl del crâne biai.

*

* *

Le 22 juillet a eu lieu à Toulouse, le mariage
de M. Roger Cuelhes, instituteur en Seine-et-Mar
ne et de Mlle Yvette Manchoux, institutrice à
Paulbagols de Cékens. Les jaunes époux sont
deux des plus aimables membres du groupe artistique de VEscolo Oubernhato. Le marié est le fils
de M. Eugène Cuelhes, notre excellent chef de
ballet.
Nous prions le jeune couple d'agréer nos bien
sincères souhaits de bonheur et nous exprimons
aux deux honorables familles que ce mariage unit,
nos bien amicales félicitations.

DISTINCTION HONORIFIQUE

C'est avec un réel plaisir que nous avons appris
la récente distinction dent vient d'être l'objet
no^re compatriote et ami, M. Antoine Nabrin,
Contrôleur des P. T. T. en retraite. Le 2 juillet,
il lui a été décerné à la Sorbonne, par M. Justin
Godard, sénateur. Président de la Société d'enccuragement au bien, la médaille de Vermeil.
Depuis de nombreuses années, M. Nabrin consacra son activité au scoutisme. Fondateur et directeur du camp de scouts de St-Jorioz (Hte-Savoie), il jouit dans tout le département d'une popularité de bon aloi.
Nous lui adressons nos bien vives et sincères
félicitations.

O nostres omits
Les que ' irobalhou cado mes o escriure dins Lo
COBRKTO per n'en faire uno de los rebisios los mai
interessontos de lo lengo d'Oc, sou brabes que lou
dire n'es pas res. Mes, nous du fat sober que coumo
tout lou niounde, bouliòu se pausa un picossèh Olèro

Echos
de nos manifestations regionalistes
Les journaux locaux et régionaux veulent bien,
à l'occasion de nos concerts régionalistes et folkloriques, témoigner la satisfaction des nombreux
auditeurs qui nous font l'honneur de venir assister
à nos séances.
La Dépêche de Toulouse a publié les entrefilets suivants :
AUBIN, — Echos de la fête. — Parmi toutes les
attractions du programme de nos fêtes, il y a lieu
de relever ce qui en quelque sorte a été le clou ou
le bouquet; il s'agit des auditions de « l'Escolo
Oubernhato » d'Aurillac, qui, sous la direction
du sympathique capiscol Henri Dommergues, a
obtenu le plus juste des succès.
Pendant plusieurs heures, des auditeurs attentifs ont, avec plaisir, écouté et savouré les chants,
chansons, choeurs, solos, exécutés par les véritables artistes oui composent « l'Escolo Oubernhato " Des applaudissements n'ont cessé d'encourager les virtuoses de l'accordéon et les chanteurs.
Nous ne pouvons que remercier vivement M.
Henri Dommergues et toute sa troupe et l'assurer
ici de toute notre sympathie et du désir de la voir
encore prêter son concours aux fêtes de notre localité.
MURAT. — Un joli geste. — Dimanche soir,
avait lieu à l'école Léon-Boyer, une séance de
cinéma au profit des pupilles de l'école. L'Ecole
Auvergnate, revenant de Riom-ès-Montagnes, sur
la proposition de MM. Dommergues et Redon
ac:enta de donner gracieusement un intermède
qui fut très applaudi. De plus, les gracieuses jeunes filles de l'Ecole Auvergnate vendirent des cartes au nrofit de l'œuvre.
Inutile de dire oue ces deux gestes furent unanimement appréciés et allèrent droit au cœur de
i tous les Muratais.

�LO COBRETO

L'Escolo oubernhato
à Riom-ès-Montagnes
Ainsi qu'il résulte d'une étude publiée par notre
collaborateur Eugène Pagès, en août dernier,
dans L'Auvergnat de Paris et dont de larges
extraits ont été reproduits par la presse cantalienne, la plupart des communes rurales du Cantal
ont une population moins importante aujourd'hui
qu'il y a près d'un siècle. Vic-sur-Cère lui-même,
qui a cependant pris un grand développement
depuis quelques années, n'avait au dernier recensement que 1.679 habitants contre 1780 vers 1850.
Riom-ès-Montagnes est l'une des rares localités
de notre département qui, au contraire, aient prospéré. Sa population a, en effet, progressé de 2.787
habitants, toujours vers 1850, à 2.953 habitants et
le nombre des maisons de la commune est passé,
dans le même temps, de 412 à 562.
Bref, Riom est aujourd'hui une localité très coquette dont le développement se poursuit toujours.
C'est le chef-lieu de canton le plus important du
Cantal et celui, également, où il y a le plus d'activité commerciale.
Situé dans un délicieux cadre de verdure, sur
les bords de la Vérone et grâce à des hôtels dotés
de tout le confort moderne, Riom reçoit chaque
année de nombreux touristes. Il est vrai que la
Municipalité et le Syndicat d'Initiative font tout
ce qui est en leur pouvoir pour en rendre le séjour
attrayant. Ils organisent notamment diverses fêtes
au cours de l'été.
Celles de cette année ont débuté les 17, 18 et
19 juin, avec le concours de la Fanfare municipale, des Trompettes du 16e d'artillerie et de Y Escolo Oubernhato.
Elles obtinrent un succès triomphal. Toutes les
places et tous les carrefours importants étaient
occupés par d'innombrables baraques. Rien n y
manquait : tirs, bazars, friandises, manèges, ménagerie, voyantes, etc..
Bref, lorsque YEscolo Oubernhato arriva à
Riom, elle eut l'impression de débarquer en pleine Saint-Urbain, tant il y avait d'attractions et de
foule.
Mais, ces multiples divertissements ne l'empêchèrent pas de donner, dans l'après-midi, sa félibrée en présence d'un nombreux public qui ne lui
ménagea pas ses applaudissements.
Les organisateurs de la F?te lui offrirent à déjeuner à l'hôtel Dexpert, à la claire, vaste et coquette salle à manger.
M. Refouvelet, le créateur de l'Auvergne-Gentiane eut l'amabilité de lui offrir le Champagne.

3

Dès la première coupe servie, Eugène Pagès,
ncre Capiscol d'honneur, lui adressa les remerciements de l'Escolo en ces termes :
Grâce à une intelligente publicité, vous savez
certainement tous qu'il existe un délicieux et hygiénique apéritif qui a nom: Auvergne-Gentiane,
Mais, ce que vous ignorez probablement, c'est que
la précieuse racine de nos montagnes, qui sert à
fabriquer cet apéritif si sain et si tonique, est distillé à Riom par M. Refouvelet, dont tout le monde connaît et loue l'inlassable activité.
Or, M. Refouvelet a eu la bonne et généreuse
idée de nous offrir quatre bouteilles de Champagne. Il est tout naturel que nous lui en exprimions
notre vive reconnaissance et désormais, lorsque
nous demanderons une gentiane, nous ajouterons
aussitôt Auvergne !
Nous prions nos aimables hôteliers de vouloir
bien transmettre nos remerciements les plus sincères à M. Refouvelet et nous adressons en même
temps à M. et Mme Dexpert, nos compliments
pour le copieux et succulent déjeuner qu'ils nous
ont servi.
Après un triple ban en l'honneur de M. Refouvelet, M. Pagès continua ainsi :
E tont que sei quilhat, bau n'en proufita per
bous faire un pitchiou discours
Mesdames, Chers A mis,
« Cheylade n'étant qu'à 12 kilomètres de Riom.
« je n ai pas besoin de vous dire combien je suis
« heureux que cela m'ait permis de venir passer
« cette journée avec vous.
« Par le noble but que vous poursuivez de façon
« si élégante, si artistique et si désintéressée et
« par votre revue Lo CoBRETO, si goûtée de ses
« fidèles abonnés, on peut dire que vous êtes par« tout chez vous en Haute-Auvergne.
« Cependant, — et cela va vous surprendre de
« prime abord — permettez-moi de vous faire
« remarquer qu'à Riom vous êtes peut-être un
« peu mieux chez vous que partout ailleurs
« En effet, le Trésorier de la première Escolo,
« qui voulut bien accepter de redevenir celui de
« la seconde, fut le si sympathique et populaire
« Henri Delteil, dont la mort récente nous a tous
« si profondément affligés.
« Or, il était originaire de Riom qu'il aimait tant
« et dont il ne parlait qu'avec une émotion mal
« contenue.
« Du lieu de son berceau, en votre nom et au
« mien, je l'assure que l'Escolo Oubernhato gar« dera toujours pieusement sa mémoire. Et, avant

�LO COBRÊTO

4

« de quitter cette table, où il aurait été si heureux

« de nous tenir compagnie, je demanderai au Ca« bretaire de jouer le plus attristé des REGRETS
« de son répertoire à l'intention du cher disparu.
« Un autre motif pour lequel vous êtes à Riom
« un peu chez vous, c'est que, pendant les pre« mières années de son existence, ïEscolo eut la
« chance de recevoir d'ici des poésies françaises
«
«
«
«

qui resteront parmi les plus belles qui aient paru
dans Lo COBRETO. Leur auteur était mon ami
René Vielcazat, alors Receveur d'Enregistrement à Riom, qui voulut bien nous conserver

« sa précieuse collaboration jusqu'au jour où un
« avancement administratif l'éleigna du Cantal,
« où il a laissé d'indéfectibles 'amitiés.
« Jamais notre Auvergne ne fut mieux, plus
« sincèrement chantée que par ce Gascon à l'es« prit vif et au cœur sensible et délicat.
« Je suis certain qu'il lui sera agréable de rece« voir de Riom, où la Poésie fut pour lui une bien« faisante compagne, notre souvenir amical et
« reconnaissant.
« Enfin, il est un troisième motif pour que l'Es« co'ïo se trouve ici un peu en famille. C'est que,
« sans qu'elle sans doute, notre Maître à tous, nos« tre grand Arsène Vermenouze y est représenté.
« Je m'explique. Assistant au mariage de son uni« que nièce, qu'il aimait à l'égal d'une fille, il
« prononça un discours dans lequel il dit notam« ment aux jeunes époux :
que bouotre oustau plen de caros jioubenèlos,
Semble un aiou de cordis ol mièt d'un ôulonié.
Que de loi bouès olaros è puros,
De poulidos bouès d'efontous,
Pua fiorotos que de loi bouès de turos-luros,
Bous escorbilhou les toutous.
\\i

L Auvergnat

Vermenouze

chasseur de serpents

à

sonnettes

A la chère mémoire d'Henri Delteil.

11 y a une quinzaine d'années, en feuilletant
une vieille revue. Le l our du Monde, Nouveau
Journal des Voyages (année 1862), je fis une assez
curieuse découverte dont il fut question dans la
presse auvergnate. Mais nos jeunes gens et à peu
près tous les lecteurs de ce journal doivent ignorer cette anecdote. Qu'il me soit permis de la leur
présenter pour leurs loisirs du dimanche. Mais
pour qu'elle soit claire, piquante et d'un réel intérêt, il faut que le lecteur connaisse quelque peu
l'œuvre française et l'œuvre en langue d'oc du
grand poète de la paysannerie du Massif Central,
Arsène Vermenouze. Ah ! Vermenouze ! Ne devrait-on pas le lire, et en ses deux langues, dans
toutes les écoles de nos montagnes, si l'enseignement public était ce qu'il devrait être, c'est-à-dire
adapté à chaque région du pays !
Enfin ! Voici du moins, sèchement résumé, l'essentiel de ce qu'il faut savoir de Vermenouze,
pour goûter mon histoire. Dans l'admirable pièce
liminaire de son livre de poèmes, Mon Auvergne,
Vermenouze a écrit :
Plusieurs de mes aïeux que je ne connus pas
Rêvant de pays neufs et de chasses épiques,
S'en allèrent courir les forêts tics Tropiques.
Et dompter les chevaux sauvages aux Pampas.
L'un d'eux se lit tueur de serpents à sonnettes ;
.Mais ces hommes, malgré leurs mœurs de bohémiens
Surent garder intacte au loin, l'âme des miens,
La fierté de l'Auvergne et sa rudesse honnête... etc.

« Le Vœu de l'oncle célibataire fut réalisé et

Dans un autre recueil poétique En plein Vent,

« l'un de ses petits neveux rend aujourd'hui la

Sonnets d'Auvergne, Vermenouze a tracé le por-

« justice à Riom, avec un tact, une compétence et
« une conscience professionnelle auxquels chacun
« rend hommage.
« Vous voyez donc, chers amis, que je n exact gérais pas en disant que vous étiez, ici, chez
« Vous mieux que partout ailleurs et l'accueil cha« leureux qui vous a été fait'ce matin n'est que
« le prélude des applaudissements enthousiastes
« que vous allez recueillir dans un instant.

trait d'un cousin de sa famille. Calixte Vermenouze :

« Sur ce, je lève mon verre à votre santé à
« tous, à la continuation de vos succès et aux
« vingt ans de l'Escoio et de Lo Cobreto.

lo Cluchado, œuvre à mon sens plus forte et plus
originale que son œuvre française, nous trouvons

« Je le lève également à la Municipalité et au
«
«
«
«

Syndicat d'Initiative de Riom, qui ont eu la
bonne idée de vous faire participer aux belles
fêtes d'aujourd'hui dont vous garderez, j'en suis
convaincu, un excellent souvenir.

Il fut gaucho, trappeur et chasseur de crotales.
Pendant deux ou trois ans et plus, il s'enterra
Au fond de je *ie sais quelle fauve sierra...
(''est là que. seul, vêtu de cuir rude, il erra,
Traquant cobras, pythons et serpents à sonnettes, otc .

Si maintenant nous feuilletons l'œuvre de Vermenouze en langue d'oc, Flour de Brousso, Jous

encore au moins un poème où il est question
d'un Auvergnat tueur de serpents à sonnettes.
C'est dans Jous la Cluchado le long poème intitulé La Terro. Le vieux Colas des Garrigues a eu
six fils : l'aîné est resté aux Garrigues, deux sont
allés à Paris, un à Bordeaux, un en Espagne ; le

�LO COBRETO

plus jeune Juontou de los Garrigos est parti courir sa chance aux Amériques. Ses rudes aventures nous sont contées avec une verve truculente.
Au pays des Mines d'or parmi les terribles lascars,, notre Auvergnat se fait chasseur de serpents
à sonnettes Pourquoi ? Parce que lou goubernoment pago un escut per cado cap de serp et que,
les reptiles foisonnant, il peut, de son lourd bâton manié d'une rude poigne, se faire de bonnes
journées. Or, en Californie, au bord de la mer,
Juontou de los Garrigos fait la rencontre d'un officier de marine originaire d'Anglards-de-Salers :
Ah! noum d'un gai! ses d'Oubernho ! Et Juontou lui conte ses chasses : Dins siéi mes tuère tres
milo serps! — J'ai idée que Juontou et Calixte
Vermenouze ne sont qu'un seul et même personnage.
En tout cas, voici ce qu'au lendemain de la
guerre je découvris, un jour, dans Le Tour du
Monde de 186?. (trois premières livraisons). Un
long récit est intitulé Voyage en Californie en
1859. L'auteur, L. Simonin, parti de Paris, gagne
New-York, puis Panama, puis par mer San-Francisco. Le 18 juin 1859, il est à Stokton, d'où, après
16 heures de di'igence, il atteint la ville des chercheurs d'or, Coulterville. A sa descente de diligence..., mais passons-lui la parole.
« Un digne et honnête Auvergnat. Vermenouze, dont j'aurai bientôt à esquisser le portrait,
nous attendait de pied ferme, pour s'emparer des
malles et des paquets... Certaine histoire de serpents à sonnettes était encore présente à mon
esprit et la journée avait été chaude. Je voyais
partout de hideux crotales à tête triangulaire, les
uns tapis sous les feuilles mortes, les autres roulés dans la poussière du chemin. Comme P. demeurait hors du village, je fiis prudemment passer Vermenouze devant moi. Je suivais par derrière, étudiant au clair de l'une l'empreinte de ses
pas et m'ingcniant à ne point marcher au hasard. »
Je saute quelques pages et, dans la 2e livraison
illustrée de gravures, je lis ces lignes :
« Sans raconter ici quelques-unes de ces existences déclassées qui ont été si nombreuses en
Californie, au premier temps de l'exploitation de
l'or, je vais me borner à faire connaître plusieurs
types assez originaux de mmeurs que j'ai rencontrés à Coulterville. Un des plus plus curieux, avec
sa haute taille et sa grosse barbe noire, c'est Y Auvergnat Vermenouze.
Ce descendant des Arvernes, grand tueur de
serpents à sonnettes, qu'il attaque à coups de bâ-

5

ton et dont il rapporte victorieusement les crécelles au logie, est en même temps l'épouvante de
tous les Chinois maraudeurs. Comme il élève des
poules et que les Chinois partagent avec les renards la réputation de dévaster les basses-cours,
Vermenouze, dans ses moments de loisir, monte
la garde autour de son poulailler, le fusil sur le
dos. De temps en temps il tire sur les écureuils,
les envoie mesurer la terre et rend ainsi témoins
de son adresse les fils terrifiés de l'Empire Céleste. John est pour lui un voisin toujours trop rapproché; il le poursuit d'une haine profonde et ne
veut même se lier d'amitié avec personne en Californie : « LÎJ lisière ne vaut pas le drap », dit-il,
en citant des proverbes à l'égal dé Sancho Pança. Le drap, pour lui, c'est la France (ou l'Auvergne !) et la lisière tous les peuples étrangers.
A la fois estafette et palefrenier dans la compagnie qui l'emploie, Vermenouze trouve encore
le temps de faire bouillir son pot-au-feu, car il est
trop fier pour aller s'asseoir à la cantine, à côté
des Yankees. 11 soigne aussi le ménage d'un couple voisin qu'une lune de miel perpétuelle empêche de s'occuper de ce prosaïque détail. Enfin,
je l'ai eu moi-même comme brosseur dans une
cabane où je m'étais installé; et jamais maison
de Paris n'a été tenue comme ma cabane californienne. Vermenouze allait jusqu'à joindre le rôle de couturière à celui de femme de chambre...
Pour tous ces emplois divers, il recevait 6.000
francs par an. ce qui est une haute paie dans
l'Eldorado.
Parfois il se plaisait à proclamer que l'égalité
règne en Californie et qu'il n'y a pas de domestiques. En conséquence il fumait mes cigares,
sans me demander la permission; et moi je l'admettais le soir, comme ùn ami, devant ma porte
et plus tard au coin de mon feu. J'écoutais avec
attention le récit de ses aventures. Il avait été soldat en Afrique, puis marchand de drap en Auvergne. A ce titre il a visité l'Espagne et cite, parmi ses souvenirs, les splendeurs de Madrid et de
Toulèdo. Depuis sa venue en Californie, il a été
successivement laveur d'or, mineur, commis d'un
marchand de vin, ouvrier dans une usine de
quartz... Placé dans une société minière à Coulterville, on lui fait tout faire et il fait tout bien.
Son unique désir est de revoir un jour la France
et d'y porter ses économies »
La France! M. Simonin a dû se tromper : c'est
certainement VAuvergne qu'avait dit notre aventurier. Mais vous, lecteurs, que pensez-vous de ce
portrait d'un Vermenouze rencontré là-bas, en
1859? N'est-il pas criant de vérité auvergnate ?
Ah ! comme j'aurais voulu savoir d'Arsène

�6

LÔ COBRÉTÔ

Vermenouze, s'il avait eu connaissance du récit
de M. Simonin et si c'est bien ce Vermenouze
californien qu'il a trois fois chanté dans ses poèmes. Mais le poète, mon grand ami, était mort
depuis douze ans et personne des siens ne m'a
dit son secret. Je crois pourtant, jusqu'à preuve
du contraire que le tueur de serpents californien
c'était bien le cousin Calixte Vermenouze et aussi, sans doute, Juontou de los Garriguos.
Savez-vous, pour finir, ce que pensait de 1 émigration Vermenouze le Poète, revenu en Auvergne après 17 ans d'exil commercial en Espagne ? Ecoutez-le : Vous autres, émigrés, vous rentrez déjà vieux ; — Vous rentrez 'pour mourir,
quand l'âge vous accable — Certès, il fait bon
dormir dans la terre natale; — Mais vivre de sa
vie, cela Vaut mieux encore...
Et peut-être Calixte Vermenouze n'a-t-il jamais
revu son clocher d'Ytrac Peut-être dort-il en Californie, émigré pour l'éternité, dans une tombe
à l'abandon, de l'autre côté de la Terre.
C.

GANDILHON GENS-D'ARMES

llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll
POR PON DEJA DO

Les tres ornes de lo Mioto
j

benguèrou treba ol tour de guelo è reçouguèt mai
d'uno proupousiciù de moridage. Les premiés tems
los refusèt, mès o mesuro que lou tems possabo, lo
mermouorio del paure défunt s'en onabo un pau mai
cado jour è un brabe ser se decidèt o se tourna morida.
« Que boulès, ça fosio ol mounde, soui estado taloment hiriouso om moun premiè ome que l'i o pas
de rosou per que zo siasco pas om un secound ».
E lo Mioto se moridèt un segound couop. Mès,
bai te quèrre ! Se lou premiè èro brabe, lou segound
se troubèt uno meichonto espletchio. Otobe sons
esta gaire l'i ouguèt lo guèrro o l'oustau è lo pauro
Mioto otropèt mai d'un couop de los estomados de
lo premièiro. Oquo orribabo mai que mai quond
l'ome dintrabo pete è oquèro casi toutes les sers
Olèro l'i obio o l'oustau de los botuèstos que tout
n'en fumabo. Lou petorro dounabo des couops de
pèds, des timplaus, è recebio des couops d'estelou
ou des couops de rispo.
Bous ossegure que lo Mioto pensabo olèro souben ol paure défunt Guiral è que regretabo coumo
eau de s'èstre tournado mètre lo couordo ol couol.
Mès oti obès que Pibrounhasso, un ser, qu'obio
pifounat mai que de coustumo, un ser d'iber que
fosio un frèt de co, s'omourrèt pel lo corrièiro è se
pouguèt pas tourna omossa. Lou troubèrou oti lou
lendcmo moti, rete coumo un pau fèr. E l'entorrèrou. N'ai pas besoun de bous dire que lo Morioto
plourèt pas gairc è que s'èro pas estat per lo bregoungio del mounde, n'òurio pas souloment corgat
lou dòu.

:
Quond l'ome de lo Mioto mouriguèt, pecaire, lo l
pauro fenno se foguèt un nieichont song torriblc. Es i
*
bertat que l'i obio de que. Guiral, lou paure défunt
* *
èro un ome coumo n'i o pas treije o lo doutcheno
vSobio pas de que faire per rondre so fenno hiriouso.
Uno autro onnado possèt enquèro è lo fenno dons
Li plonjio pas res : res n'èro pas car quond colio fa couops beuso èro plo tronquillo dins souu oustau.
plose o lo Mioto. Otobe lou jour de l'entarromeut lo Proquo lou beusage li pesabo un bouci mai cado
pauro beuso fosio piotat. 01 cemetèri oquo fouguèt jiour. Mai d'uno domondo en moridage li seguèt
uno cèno o fendre lou cur de tout lou mouude. E enquèro fatchio. Oqueste couop lo Mioto sousquèt
couguèt que lou componiè otropèsso lo Mioto è dobont de dire ape. O lo fi çoquelai se decidèt per
l'empochièsso de fouorço de se traire dins lou cros uq bièlh gorçou sus un âge è pel troisième couop
del paure Guiral.
onèt beire lou Mèro è lou Curat.
Jiomai s'èro bisto uno beuso tout otristesido è
N'i o uno mesado d'oquo d'oti.
cadun lo plonjio plo.
De que sero oqueste moridage ? L'on zo pouot
pas sober enquèro. L'obenir zo diro è ièu zo bons
*
* *
dirai o n'o bautres quond zo sôurai. Otretont prendon pocinço.
Mes lou tems possèt è lo Mioto se fosio bouci o
Omai, digas-me, m'es obis qu'oquo nous regardo
bouci uno resouliciù. Un on après lo mouort de pas gaire.
Guiral, s'èro tournado escorbilha. Coumo obio plo
quauques sòus, deis beuses omai des quites gorçous
HENRI DOMMERGUES.

�LO COBRETO

Lo Cotinoto d'en Trauco-Pilho

Disou que lou bintième siècle oquo's lou siècle del
prougrès. Quo's pas moun obis, bovis ossegure. Per
zo bous prouba coumo cau, bouole bous counta ço
que m'orribèt, lo semmono possado.
Enquèro se trobo, dins mai d'un endret, de los
persounos — de los fennos mai que mai — que sabou pas de qu'es oquo lo proupretat, 1' « hygiène »,
diriòu les froncimonds.
Lo Cotinoto d'en Trauco-Pilho es uno d'oquelos.
Me troubère de possa dobont so pouorto, dornièiroment. Fosio colour : me foguèt dintra. Quonhi
estaple, paure mounde ! Omai enquèro un estaple
n'es pas to salle coumo oquel oustau.
L'i obio des ploungious de pilho, des trafous pertout ; une baco l'i ourio perdut soun bedèl. Lou lièt
èro tout deroucat : lo Cotinoto, coumo zo pensai, lou
fo pas cado jiour. Les oats l'i se premenabou coumo
chias guetchis, è los poulos, sus bouostro gracio,
obiòu oungido lo tauló de counfituro. Ah ! cossi m'en
plongio d'èstre dintrat oti ! Tout d'un couop, biguère lo Cotinoto que durbio lou tirodou. N'en sourtiguèt, ombe sos mos, negros coumo un courpotou,
un tros de mitchio è un tolhou de froumatche, que
n'èrou pas plo bloncs, guetches otopau.
— Tonès, mongias, ço me diguèt lo Cotinoto ;
debès obeire sobour.
Oquo li's, m'opensera, oqueste couop, ès foutut,
se tona boua ongi t'ossisto pas. Cossi foras, per
sourti d'oti ?
— Aaen bous fogossias pas prega, ço me tournèt
faire lo Cotinoto, ièu fau pas toatos de moaièiros.
Corculabe dempièi na moumeat, cossi oaabe faire
per sourti d'oti. Tout d'un couop uno idèio me trobersèt lou cerbèl.
— N'ai pas sobour, pauro feaao, ço l'i foguère,
aiès ai plo set ; beurio be un beire de bit.
Lo Cotiaoto se foguèt pas prega : prenguèt uno
boutilho è dobolet o lo cabo. Quoad aie beguère tout
soulet : Juontou ! m'opeasère, n'as pas de temps o
perdre, prend lo pouorto è bai t'en ! Otaa foguère
Pores que lo Cotiaoto me reclauio dempièi. Que
m'esperèsso eaquèro un autre boucia !

J.-M. GASTON.

7

.Lou tiogaire è Ion poutingaire
De pou de bous fa longui, Cotiael, bous bau couata couop set ço que bous ai proaiettut. Oquo's to bertodiè que lou resto : pouode aie trouaipa coumo codun, mès n'aime pas meati.
Doboat d'eatemena oquel tchopitre, cossi disou
« Juoa-Pitchou » ea porla d'ua foutrau de tiogaire
pus bel è pus gros que bous ou ièu ?
Soas doute pel lo rosou que bous opèlou toujour
« Cotiaèl » è que îa'opelorôu eaquèro « Felissou »
qu'on serai jogut jous uao coao de glebo.
M'ofigure qu'oquo be de ço que lo sio Momo, couaio toutos los aiomos, pecaire doboa Diou siascou,
a'o jomai bougut opela autromeat soua efoat. Les
poreats, les omits, les besis è toutes les autres fòu
de îaéaie, è, tiras, oquo sero otau touto lo bido.
Olèro dision que Juoa-Pitchou a'o res o faire de
tout l'istiù. Oquo's per oquo que lou troubai de çai,
de lai, lou beurre fouoro los bragos, lo mo esquèrro
dia lou poutchet, lou copèl o pouajo de cruco, prope è roussèl coumo ua louis d'or.
Se diatro chaz qaauqu'ua se met o tchobal d'uao
codièiro que laisso joaiai en uao ; è, lo pronjièiro
es, lou pus souben, ol cofèt per fa otout trèflo ou
corrèl.
Ouad que siasquo meao uao porpailho de diaple.
a'i o leago (pie per guel, è, s'otoquai lo poulitiquo,
molur ! poudès pas dire « fabo ».
Me fo soasca o ua brabe ome de chaz ièu que troubosioa qu'où sioa efoats, ea trea de se premeaa uao
broco o lo mo, è de botolia ome tout oquetches que
bouliôu l'escouta.
Oquel d'oti obio lo coustumo de rebrega lou aas
— presabo — oaie lou rebèrs de lo mo è d'òussa los
bragos tres ou quatre couops de sègo.
N'en fosion lou tour è, qu'où sioa dorriès joposion courrfo des codèls : « Broadolio, broadolio ! »
Tolèu prendioa lou golop soas ogocha se les tolous
a ous seguiòu.
Lou paure bougre se birabo, lebabo lou boston è,
tout ea nous pousteja nous cridabo : « Coaoilhous,
orrcstas, bous ensinhorai o respeta lou brabe mounde ».
Les golopiaas d'ohuièi bon pas se fréta os turaièls de Juoa-Pitjou, mè tout oqueches que lou couaeissou sabou plo que se carro de mouata lou couop
o l'un è o l'autre, talomea que plo soubeat, oquo's
guel que fo l'autre.
Guel que n'obio jomai cossat, guel un bourrèl de

�8

LO COBRETO

trobal, lebat lou premiè, jogut lou dorriè, que n'obio
jomai perdut uno minuto, se metèt un jour dins lou
cap de counta sos cassos — oquelos des autres pus
lèou — è, coumo toutes les cossaires diguèt que de
los messourguos.
« Obio fat un pete de lèbres, n'obio tuados sabé
pas contos ol fusils, presos un plen sat ois cedous ;
ol comp de la Penièiro obio escouat los ourillos
d'uno ome lou boulon ; pel prat de Coumbolonguo
nbio pòusado la dalho per n'en mètre uno o lo courso è, coumo lo bèstio que jomai cuco onabo engulia
lou tèrme, lou molent quito l'esclop è lou
li trai o trobèr los couostos. Lo lèbre fo un copií,
Juon-Pitjou s'estend dessus è, qu'on se lèbo, l'estiro
pel los patos del found de los bragos. '
Les omits pouodou reire, se foutre d$ guel, res l'orèsto, è fo l'oboïond mai que jiomai.
O lo fi, lou poutingaire se corguèt de lou moucha
sons mouchodou.
Un dimar, lou tombour de bilo possèt ol mièt del
mercat per dire que Juon-Pitjou obio tuat un lebrau
de nau liouros o miètjos : per lou beire s'odressa ol
cofèt des tiogaires.
Mai d'un onèrou prendre un beirou d'aigo ordent,
mès quond domondèrou o beire lou lebrau, lo couarro lour respoundèt que n'obiò pas cat mè que dobont
orses obiòu sonnât un cobrit : se lou boulion beire
n'obiou qu'o possa pel lo cousino.
Qu'on fouguèrou de fouoro è que troubèrou JuonPitjou monquèrou pas de li fa coumpliment. « As
lebàt oquelo orro bèstio dorriès lo Peiro-Grosso, so li
diguèt l'un.
— L'as tirado pel pifre per pas li tròuca lo pèl,
so li diguèt l'autre.

de è dounèt lo primo. Pensai, per dèt froncs de
poutingos n'en colio gaire :
Des grus de semen-contra pes bèrs, de los mouscos
de Milan è des emplastres de contoridos pel los raumos, de lo poumado pel lo tinho, del soufre pel lo
galo, del bitriol pel mau blonc des moutous, de lo
tiraclo pel lo couflosou de los bacos, que sabé ièu enquèro, s'en bendèt è s'en bendèt que cau sat, mè, lo
regolisso nègro oquelo de bouès, lou sucre d'ordi,
lo rèi de baumo, los postilhos de goumo, oquelos de
Bichi ou de Bolda, è pototi, è potota... monquèrou.
Uriousoment qu'un bouyotchur d'oquetjes orticles
que se troubabo proti, bouidèt lou caissou de so
bouoturo.
Lou lendemos, qu'on lou tiogaire è lou poutingaire se troubèrou nas o nas ol cofèt s'ogojèrou dins
lou blonc des uèls, se foutèrou o reire coumo des
nèissis è, Juon-Pitjou d'en Bèlo-Bisto, lou pus fomus
tiogaire d'o Motounièiro troguèt lo mo ol comorado
en disent : « Pas bertat que son quites ? »
« Ape, so foguèt oqueste. — Couarro, duos boutilhos de bi petaire : uno o soun couonte, l'autro ol
meou. »
F, tout en trenqua se metèrou toutes o donsa lou
breule en conta :
«
«
«
«

Lou teou, lou meou,
Oquel de lo Moriamio,
Lou teou, lou meou,
Oquel de Berrthoumieou.

«
«
«
«

Lo tio, lo mio,
Oquo de lo Coutairo,
Lo tio, lo mio,
L'esclop è lo comio. »

— Foras plo de lo fa empolha, li foguèt l'Odrien,
lo metras dins uno gabio è lo premenoras pel los

Féli de ST-OGNÈS.

fièiros. »
Nostre ome n'òuguet res de mièl o faire que de
s'estrema o l'oustau. N'en sourtiguet qu'oprès obeire
troubat ço que cercabo.
Lou jour de lo fièiro del nau de noubembre, pendent que sui fièirau se besio qu'uno mar de couornos, lou tombour tournèt possa per omounça : « Que
lou poutingaire fosio sobeire o so fidèlo è noumbrouso cliontèlo que lou ser, lous que croumporiòu per
dèt froncs de mertchondiso recebriòu uno primo que
n'en boudrio lo peno ».
Oquel ser lo pouorto de l'opouticari fouguèt pas
prou larjo per daissa possa les clionts.
Son se troupla lou .finas serbiguèt tout lou moun-

AU PROCHAIN NUMERO
L'abondance des matières nous oblige à laisser sur
le marbre plusieurs articles de nos collaborateurs,
entre autres des poésies de MM. Clermont, Pagès,
Lemaigre, J.ufon, Bancharel. Nous les prions de
nous excuser. Ce sera pour le prochain numéro.

Omllint

—

Estomporio Poirier-Bottreau

Lou Gerent ; Poirier-Bottreau,

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              <text>Estomporio de M. Poirier-Bottreau (Ourlhat)</text>
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