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                  <text>C.I.D.O
8ÊZIERS

PREMIERE ANNEE.

PIRECTIGN

Le numéro, 1 fr. 50. J-iTà»gér. 2 francs.

N° 3.

JANVIER

Comité de Rédaction
MM.
r*&amp;4*
A** Cflisatk . »
C. Chacornac.
E. Cubizolles.
J. Charbonnier. : .
Dr A. Delanef.
L. Delhostaji
J. Frevcenè*
H. GtOKL^-'i
V. «Güídy.
l\ Maïuet.
E. MareenaíBr/jff^
L. Mauraua&amp;v,.^-

:

Henri GILBERT
2. Bd Rochechouart
PARIS (18')

Administration ■
Imprimerie
o. norssRT

47 bis Av. de OJichy
Paris (17")

Lt-C' E. Pcsseinessc.

Téléphone :
Marca det : 62-61
Chèques-Postaux
Paris : 1288-20

des

1929
D'AUVERNHA offre ses
meilleurs vœux à ses abonnés, à ses lecteurs, à ses confrères et à tous ses amis.
L'ALAUZA

Bon An !
Doge mes
Quez an passat, pechaire,
Que n'en demora res,
O pas gaire,
Doge mes que son luan
D'un an!
Paura vida
Que tau l'aiga s'en vai,
Que, laid'o benezida,
Tomba alai,
La paura vida', elh trauc,
D'un saut!
Jorns aizats,
Nos dem or as dins l'eime;
Mas plor sobre solas
Preir*0d*eime !
Joins aizats, sens esmai,
Jamai L.. .
_ ...
La bon' obra
Sola doussit lo euer ;
Que fai I» ben., lai cobra
Que non muer ;
La bon' obra sol'es
De pes !
L'an novel
Vos porte esper et rire ;
Non vou, lo jovenst'l.
De cossire :
L'an iiovel es senhor
D'honor.
Per estrena,
Voi done vin et blat,
Non de m au ni de pena,
La sandat;
D'estrenas, ges d'afan !
Bon an !
ENRIC

1929.

GILBERT.

SOMMAIRE :
1929 (Souhaits)
Bon An
H. Gilbert
Les Mines de Brassac pe/i-Lt-Co'lonel
dant la Révolution.... Pe&amp;semesse.
Félibrige.
Lo Covize de l'Escola de
Limaniha et la Bilhada .. P. Sabatier.
Azam et Eva
Pierre Mamet
6. Jeux Floraux
7. Comment lire les textes
en langue d'oc
H. Gilbert
H. Gilbert
8, Anciens textes ..
F. Loubet
!). Salai au Covize .
...
.
Gandilhon
lll . Noël en Montagne ....
Hd'Armes
GenS
1 1 . Les Sociétés.
La Veillée d'Auvergne
Les Esclops.
La Sugérienne.
Le Bousset.
Le 413 etc.
12 , Régionalisme.
18,. Bibliographie.
NOUVEAUX ADHERENTS
M. Auguste Albaret, Publiciste, 1, rue
Camille-Desmoulins, à Levallois-Perret
(Seine).
Présenté par MM. Clément Plaix et
Henri Gilbert.
MM. Pauron, Ciseleur, 44, rue Coriolis,
Paris, et Lavergne, Artiste peintre, 55,
rue Stéphenson, Paris (18e).
Présentés par MM. A. Saugues et Boirau.

Les

SfiflïTÏS AUVER6HATCS â PARIS

ines de Brassac
pendant la Révolution

Causerie faite au

Covize de l'Escola de Limanha », à Paris, le 19 Décembre 1928.

Lorsque pour vous rendre dans notre
belle Auvergne vous empruntez la voie
terrée Faris-Mmes, entre Clerniont et
Brioude et plus précisément entre la station du Saut-du-Loup et celle d Arvant,
vous traversez une région d'un caractère
tout particulier : le bassin houiller de
lirassac. Avec ses 345.00Ü tonnes de production annuelle, ce bassin joue, dans
l'économie générale de la France, un
rôle qui n'est pas négligeable. Mon intention est d'examiner avec vous, ce soir,
l'activité de cette petite région au cours
d'une période particulièrement difficile
de notre histoire, pendant l'année 1794
et les premiers mois de 1795.
A la fin de l'ancien régime, l'exploitât ion des mines de houille était régie
par les arrêts d« 1744 et 1783 -aux termes
(lesquels l'ouverture d'une mine était subordonnée à une autorisation préalable
du roi. En fait, malgré l'affirmation constante au cours des siècles, de ses droits
régaliens sur le sous-sol, la monarchie
n'avait jamais réussi à imposer complètement l'observation de ces arrêts. Apportant une restriction au droit de propriété, ils avaient soulevé de nombreuses
résistances. A la veille de la Révolution,
moins d'un quart des établissements,
comprenant il est vrai les plus importants, était pourvu d'un titre de concession régulier.
En ce qui concerne le bassin de Brassac, les mines autorisées étaient : la Com
belle et le Feu au sieur Feuillaud ; la
Taupe au sieur Lamothe et Cie, comprenant les mines tenues par le dit I amothe
de la famille de Brassac, en vertu d'un
bail de 18 années renouvelable, an date
du 8 octobre 1785.
Outre les mines ci-dessus énumérées il
y avait la mine du Grosménil abandonnée par la famille de Pons qui, par traité
du 22 avril 1789 avait fait cession et subrogation de ses droits en faveur de Jean
Lamothe, l'exploitant de la Taupe
moyennant une somme de 30.000 livres.
Au voisinage du Grosménil les mines
momentanément non exploitées de la
Fosse et de la Molière appartenant à la
famille de Brassac mais non comprises
dans le bail précité.
Enfin, en un certain nombre de points
et plus particulièrement autour du Grosménil, quelques mines exploitées au
moyen de simples tourniquets actionnés
à bras, soit directement par les propriétaires de la surface, soit donnés à bail
par ceux-ci à de petits exploitants.
Les mines de cette deuxième catégorie
n'avaient jamais été l'objet d'une permission bien que toutes exploitées postérieurement à l'arrêt de 1744, et la plupart d'entre elles postérieurement même
à celui de 1783.
L'ensemble de ces deux catégories produisait annuellement de 10 à 12.000
voies, mesure d'Auvergne soit de 16 à
19.000 tonnes.
Survient la Révolution et, avec elle, la
nécessité de pourvoir aux besoins de la
guerre par la création de nombreux ateliers et fabriques d'armes tant à Paris
que sur divers points du cours de la
Loire et de l'Allier. Les mines d'Auvergne

ià proximité d une voie d'eau les reliant
à i ans, semblent naríieuLeremetií désignées pour contribuer à son approvisionnement. En fait, les divers besoins
tout, au debut, à peu près satisfaits.
Mais l'entrée en guerre de l'Angleterre
[l" février 1793) élimine du marché
irançais les charbons anglais et nécessite
de nouveaux efforts. En même temps que
les levées successives faites par la Convention réduisent la main-d celuvre dans
les mines, les différents décrets rendus
cette même année relativement au maximuni entravent les transactions et paralysent la production. S ajoutant à toutes
ces difficultés des circonstances locales
défavorables opposent des obstacles aux
transports. La navigation de l'Allier est
iuterioittentt* Elle VJI^Î-U avoir lien, que
lorsque les orages violents du printemps
ou de l'été, les pluies d'automne ou la
fonte des neiges à la fin de l'hiver, produisent une hausse des eaux sensible et
d'une certaine durée. L'été de 1793 a
été particulièrement sec et les transports
réduits. On attend avec impatience la
crue d'automne, c'esLune inondation qui
survient, submergeant les rives, entrainant à la dérive le combustible accumulé sur les berges et les moyens de transport
Paris s'inquiète, et le. 1er octore 1793,
sur la demande de soin maire, le Comité
de Salut public met en réquisition les
mines de la ci-devant Auvergne pour servir à la fabrication d'armes de Paris. Le
1er janvier suivant, « désirant tirer de
« toutes les mines qui fournissent à Pa« ris le charbon connu sous le nom de
« charbon d'Auvergne, le parti le plus
« avantageux pour l'approvisionnement
« de Paris et celui des fabriques nou« velles de fusils, considérant que le
« moyen le plus certain d'atteindre ce
« but, est d'envoyer sur les lieux un com« missaire recommandable par son zèle
« pour la République et par ses con« naissances dans l'exploitation des mi« nés, arrête que Monnet, inspecteur des
« mines de France, ge transportera en
« qualité de commissaire du Comité de
« Salut public aux mines de charbon de
« Brassac, à l'effet d accélérer l'extrac« tion des charbons et l'envoi du corn« bustible à Paris. »
Larcher lui était adjoint quelques
jours après avec la mission de s'occuper
des questions de transport ; il ne devait
intervenir dans l'exploitation des mines
qu'en cas d'absence de Monnet.
Monnet (Antoine, Grimoald), né à
Champeix en 1734, vint à Paris dès l'âge
de 17 ans, et y fut employé chez divers
apothicaires comme garçon de laboratoire.
Des notes sur des études de chimie,
publiées par des journaux savants lui
donnèrent rapidement quelque notoriété,
il sut capter la confiance de Malesherbes
qui, comme beaucoup de personnages du
temps, s'occupait avec passion de sciences
physiques et surtout de chimie. Aux
frais de celui-ci il institua et fit en 1766
à Vaugirard ce qu'on appelait alors un
cours de chimie, c'est à dire une série
d'expériences sans lien méthodique en-

lie elles, d après des recettes alors connues. La relation manuscrite de ces expériences existe à l Jicole des Mines sous
un titre qui à lui seul suffit à les caractériser : « Cours de chimie fait par Moni net à Malesherbes en 35 opérations dont
' 1plusieurs des eaux de senteur ».
I
Ce tut sur la recommandation de Mah
Jesherbes
que irudaine, intendant aux
inuances, le prit comme aspirant à l'insr
pection
des manufactures et l'envoya en
I
Allemagne
s'initier à la pratique des
mines
u
et de la métallurgie. Après la mort
cde Jars, survenue en 1769 à ClermontfFerrand, à la suite d'une insolation contractée
par l'illustre ingénieur aux ent
\virons de Langeac, il fut attaché aux
t.mines qui dépendaient alors de Bertin
i
(1772)
et 4 ans plus tard (17 juin 1776)
il
i recevait le brevet d'inspecteur des mirnes. Il fut le premier à porter ce titre
qqui lui fut conservé par l'arrêt de 1781
cqui créa les quatre inspecteurs.
L'œiuvre écrite de iMonnet est abqn&lt;]
dante.
Outre 24 volumineux manuscrits,
j
dont
deux seulement ont été publiés par
. $M. H. Mosnier, son œuvre imprimée ne
j comprend
pas moins de onze volumes,
c
t
traitant
surtout de chimie et de miné,
ralogie,
la plupart sans intérêt. Ils n'ont
cdu reste pas attendu la mort de l'auteur
jpour entrer dans l'oubli le plus profond.
iIl y a lieu toutefois, de faire une place
£à part à 1' « Atlas de description minératogique de la France entrepris par
r
j|
MM.
Guettard et Monnet et publié par
J|
Monnet
», qui est l'œuvre à peu près exclusive
de Guettard.
c
Lavoisier qui avait accompagné Guett
tard
dans ses premières tournées de 1767
j ag énergiquement protesté dans ses écrits
\ contre l'indélicatesse de Monnet qui,
ayant obtenu de Bertin de faire cette puj.blication (30 juin 1777) a cherché de
cette manière à s'approprier les t/avaux
^ Guettard et les siens. Il faut convenir
de
que l'œuvre de ses prédécesseurs n'a rien
gagné à passer, avant la publication, enttre les mains de Monnet qui n'a même
^
pas su comprendre ce que Guettard avait
entrevu : la continuité et la superposi,
tion,
c'est à dire les deux lois sur lesquelles la géologie allait se constituer
comme science.
En chimie il fut un des derniers sou^
ttient du phlogistique, et en 1798, 25 ans
faprès les premières expériences de Lavoisier, il publiait une soit disant dév
monstration de la fausseté des principes
r
,
des
nouveaux chimistes
;
En minéralogie également il ne sut
c
comprendre
les conceptions d'Haiiy cont
tre
lesquelles il s'élève vivement dans
s
ses
manuscrits.
En sciences, loin d'être un précurseur,
ili combattra constamment avec un entétrinent obstiné les résultats des travaux
qqui allaient leur donner une orientation
rnouvelle et féconde.
Montra-t il du moins en ce qui conrcerne les mines un jugement plus sûr 't
Nous
P
possédons de lui plusieurs projets
d'édits
préparés soit sous le ministère de
d
IBertin soit sous celui de Necker, en sa
qqualité d'inspecteur général des mines.
Le dernier émané de lui sous l'ancien

IC.UG;

MUW

DrW.M&amp;i^'V'^M
Mlle B. Roziés.
P". Sabálk»*r
"i.. jistud.
H. Vidal.

régime, uate de i Í BU et destine a Decker
denute ainsi : « tout le travail que j ai
« tait sur le lait des nimes a toujours
« ete subordonne aux usages ou preju« ges reçus dans te gouvernement ou aux
« idees particulières des personnes à qui
« j ai eu a laire Alais aujouru nui que
« le département des mines passe en
« d autres mains, je crois pouvoir pré« senter les modilications que je juge
« nécessaires de t aire a ce projet d édit
« et faire connaître entièrement ma fa« çon de penser. C'est le fruit de l'expé« nence que je crois avoir acquise de« puis que j ai vu les choses de près et
«, je ne crois pas in être fait illusion à
&lt;? cet égard. »
Après un exorde, aussi chargé de promesses, nous sommes un peu déçus en
constatant que sa conception se borne à
laisser au propriétaire la libre disposition de son sous-sol à la seule condition
qu'il se conforme pour son exploitation
aux instructions de l'inspecteur des mi
nés. Et il croit par là, suivant son expression « tenir le milieu entre la liberté
« nécessaire pour animer l'industrie et
« la liberté indéfinie qui est souvent
« préjudiciable au bien général et au
« bien de l'Etat qui doit passer avant
' « tout. »

'-'^''

•■"J™"*~

'■■

A l'aurore de la Révolution, Monnet
présente à l'Assemblée nationale, un
« mémoire historique et politique sur
les mines de France ». Le régime dont il
a vécu est alors réduit à ^l'impuissance,
la source des pensions et des places mur
mure dans une autre direction. Aussi
n'hésite-t-il pas à y faire le procès définitif de la royauté en ce qui regarde la
propriété du tréfonds : « Dans tous les
&lt;- Etats d'Europe, dit-il, le droit d'ex« ploiter les mines a été attribué aux
« souverains ; ce droit ne peut avoir été
« que le droit du plus fort ; car il est na« turel que celui qui est maître de la sur« face le soit ausi du tréfonds ; autre« ment il ne serait pas véritablement pro« priétaire ou ne le serait que partielle«. ment ; mais dans tous les états des« potiquement régis, le droit sacré de la
« propriété n'a jamais été bien observé,
« ou ne Ta été autant que les souverains
« n'avaient point d'intérêt à la res« treindre.
« C'est d'après le droit du plus fort
« qu'on établit ensuite dans plusieurs
«; états, comme un point de droit public,
« que le souverain était le mattre du
t tréfonds, comme conservateur des ri«. chesses publiques et que les mines de« vaient être gouvernées de sa part
« comme les eaux et forêts. »
Ses théories devaient trouver une
oreille complaisante auprès des Constituants. La plupart propriétaires fonciers,
quelques-uns de date même assez récente,
ils n'en étaient que plus convaincus du
caractère sacré el intangible de la pro
priété et tout disposés à en défendre les
privilèges. Leurs conceptions trouvent
leur expression dans la loi du 28 Juillet 1791. Loi uniquemeh de parti, elle
fut surtout une réaction aussi brutale
qu'inconsidérée contre les lois antérieure*
qu'il suffisait peut-être d'améliorer ou même simplement d'appliquer en leur donnant le caractère de généralité que permettait l'état politique du pays. Inspirée
surtout d'intérêts particuliers, ne tenant
aucun compte des réalités économiques et
sociales, elle ne pouvait qu'être mauvaise
Au moment où l'intérêt général exigeait
1 exploitation générale aussi complète que
possible des mines, leur unification par
groupe de gisements, leur mise en valeur
par de grands capitaux, l'application de
méthode scientifiques, elle avait pour ré-

�2

L'ALAUZA

Félibrige
« Lo Covize de i'Escola de Limanha » ■ religieux de l'auditoire pendant la"con! lérence et les unanimes applaudissements
et « La Bilhada »
qui l'ont suivie sont la preuve mmifeste
félibres de la Basse-Auvergne à Paris
I de l'intérêt qu y avait pris l'assistance.
Après la conférence, le président enCovize du 19 décembre
joué, saisit 1 occasion d'une légère recti
Le deuxième covize de la saison s'est lication, ou, plutôt, d'une addition pour
tenu le mercredi soir, 19 décembre, au taquiner la corporation des apothicaires,
lieu habituel de nos réunions, Café des plaisanterie bénigne, sans fiel et coutuNégociants 42, rue du Louvre, sous la mière entre Purgon et Diafoirus, le fac
présidence de M. le docteur E. Roux, de secundum artem de toute ordonnance qui
l'Académie de Clermont. La covizada se respecte.
s'est déroulée dans les formes et selon
La parole est aux félibres. 11 nous est
les rites habituels, au milieu d'une nom- donne d'applaudir MM. L. Maurannes
breuse assistance de félibres fidèles, assi- (La Mort delh Bon Dieu, une de ses œudus et convaincus.
vres) ; J Naudy (Pimpanela, de J. GaLe président ouvre la séance. En quel- léry, et Roundel, ~de J.-B. Chèze) ; F.
ques mots simples, familiers et pleins de Rodiez (La Penitensa) ; Mlle Blanche
bonhomie, il présente le conférencier, Roziès [Le Vieux Salon, une de ses poéM. le lieutenant-colonei E. Pessemesse, sies) ; M. P. Sabatier [Dins la nut.it, une
qui, dit-il, est une vieille connaissance de ses œuvres) ; Mme Connangìe., dans i
pour les membres du « covize ». Brillant son répertoire ; MM. Antoine Sauguea
officier d'état-major en retraite, il donne (Lo Belh Traire de Baùstcn, une de ses
une partie de son temps a la capitale et œuvres) : N. Lasserre La Gallina, fable
l'autre à son pays d'origine, Sainte-Flo- de Bigot).
rine. C'est là qu'en plein centre houiller
La chabrette et la vielíe ont, selon
il a pu consacrer sa haute technique à l'usage, égayé la ■ soirée, et, en fin de
l'étude des mines, de leur développe- séancee, entraîné les danseurs dans les
ment, de leur histoire, de leur rôle éco- méandres et les volutes de la bourrée,
nomique et politique dans la vie de la interrompus, hélas ! trop tôt par l'heure
nation.
tardive.
Après avoir présenté les excuses de
Des adhésions nouvelles ont, comme
MM. Gandilhon Gens-d'Armes, J. Python, toujours, marqué la marche ascendante
j
avocat à la Cour d'appel, A. Sabatier, de notre Covize.
J. Freycenet, ingénieur. J. Coste, chef
Le Secrétaire,
d'institution, qui n'avaient pu prendre
Pierre SABATIER.
part à notre réunion, M. le docteur Roux
communique diverses notes intéressant
NOS AMIS
l'ordre et le règlement du « Covize de
TEscola de Limanha » ; puis il denne la
La société « Lis Esclops », désireuse
parole au conférencier.
Le colonel Pessemeesse développe, de témoigner à son secrétaire général,
alors, le thème de sa conféfrenco : Les M. Eugènee Cubizolles, toute sa reconMines de Brassac pendant la Révolu- naissance pour les services éminents
qu'elle lui doit, avait décidé de lui offrir
tion.
De la conférence, je ne dirai qu'un un beau souvenir. Ce souvenir consiste I
mot : les lecteurs de L' ilauza cTAu- en une collection des œuvres de MauXÇiiilia la trouveront reproduite in ex- rice Barrés. Il a été remis à notre ami I
tenso dans ses colonnes. Ils pourront ju- au cours de l'assemblée générale dont
ger ainsi de l'étendue et de l'ampleur de on lira, plus loin, le compte rendu.
M. Eugène Cubizolles ne se contente
l'œuvre, de la précision documentaire
qui la caractérise, de l'étude juridique pas d'animer son amicale ; il est, en ouqui la domine. C'est, en un mot, une le- trée, félibre, et appartient, comme tel,
çon d'économie politique qu'animent les au « Covize de I'Escola de Limanha » J
variations du citoyen Monnet. Le silence et à la rédaction de VAlauza d!'Auvernha.
su liât, en enlevant à la nation la propriété
du sous-sol, de rejeter les mines Jans le
morcellement et de les rendre ainsi improductives. Promulguée au seuil d'une
période troublée, elle ne put produire
son plein effet et la nature des choses
amena bientôt les pouvoirs publics à revenir à de plus saines conceptions. Ces
conceptions serviront de base à la loi de
1810, qui, dans ses grandes lignes, régit
encore la matière.
Monnet à Brassac. — Voilà Monnet en
possession de la loi qu'il a désirée bien
qu'elle aille moins loin qu'il ne l'eut
souhaité dans l'incorporation du sous-sol
à la propriété superficielle. Nous allons
maintenant le suivre dans l'accomplissement de sa mission.
il arrive à Brassac le 21 Janvier 1794.
Il va dès le début de son séjour ae heurter à de nombreuses difficultés. Ces difficultés nous les trouvons exposées dans
une lettre adressée le 9 Février au Comité de Salut public par les administrateurs du district de Brioude qui ont
pris contact avec Monnet et se sont certainement entendus avec lui à ce sujet.
« Au moment où la production aurait
« dû s'accroître, écrivent-ils, quelques
« obstacles l'ont au contraire ralentie.
« Le premier est le manque d'e
« Les différentes levées faites par ordre
« de la Convention ont enlevé aux mi« nés un grand noiiire de bras qui ne
« pouvaient être remplacés. Il est es« sentie!, dans l'intérêt commur, que
« chacun reste au poste que les besoins
« de la République commandent et que
« ses talents permettent de remplir.
« Celui du charbonnier est d'arracher
&lt;; aux entrailles de la terre., les subs« tances qui doivent forger les armes
« qui serviront à repousser nos ennemis
« du sol de la liberté. Une soixantaine
« de jeunes gens dans notre distri« ront suffire à ces travaux.
Après avoir demandé de maintenir
pour les mêmes raisons les voituriers par
eau, les charpentiers spécialisés et de

pourvoir d'avoine les chevaux des exploitants toute l'avoine du pays a&gt;rant été
réquisitionnée pour les besoins des armées, ils terminent par cette phrase qui
porte bien la marque de son temps :
« Tels sont les obstacles auxquels il y a
« lieu de porter remède simultanément
« car si l'un des anneaux est rompu,
« l'objet sera manqué, les ateliers d'ar« mes peuvent être suspendus et nos
« cyclopes républicains réduits à voir
« glacer les foudres qui sortaient de
« leurs mains. »
Dès le 14 février, le Comité de Salut
public donnait satisfaction à ces desiderata, en ce qui concerne la main-d'œuvre, en dispensant de la réquisition les
citoyens employés à l'exploitation des
bois et charbons destinés à alimenter les
forges mises en réquisition pour la fabrication des armes.
L'application de cette mesure permet
Je rappeler dans le seul district de
Brioude une quarantaine d'ouvriers mineurs ou charretiers et de donner à
l'extraction une nouvelle impulsion.
Mais extraire le combustible ne constitue qu'une partie du problème ; il faut
le faire parvenir à Paris. C'est de ce côté que vont se manifester les premières
résistances. Dès son arrivée, Monnet va
entamer avec les charpentiers à bateaux
et les marchands d'Allier une lutte qui
ne se terminera qu'avec le retrait de la
loi du maximum.
La récolte en vin des années 1792 et
1793 avait été particulièrement abondante en Auvergne alors qu'elle avait été
déficitaire dans les autres provinces alimentant Paris. Or, le commerce des vins
était plus rémunérateur que celui des
charbons. Outre que les prix de ces derniers était étroitement fixé par la loi du
maximum, la faible •
'■ laquelle les
bateaux pouvaient être chargés, en raison de l'état des eaux de l'Allier, ne laissait qu'une marge de bénéfice restreinte
pour une opération comportant de nombreux aléas. Aussi les bateaux allaient-

D'AUVERNHA

prestir, per so quez es plena de neiras...
« — Sabras, fadas que ses, que n'oblede res, et que nie trompe jamais ! EsLes félibres du Covize de l'Escola de
! coûta doas razons : la promeira. delh
(Parler de la région de Langeae)
temps que la fenna se grata s'ennoja Limanha ont adopté, pour l'écriture de
Quant lo Paire Eternau aguet fait la
I pas ; la segonda, tu mais, quant lhi aju- la langue d'oc, une graphie rationnelle
terra, la luua et lo solelh, quant aguet
t ondée sur la phonétique de cette landes per atapar si neiras ! »
tait lis abres, l'herba, l'emptadent, lo
gue,
baut exceptions justifiées, cette graPEIIÎE MAMET.
boisson, lo grime et l'escharpau ; quant
pnie et celle, presque identique, de YEsaguet creat li bestias, io tigre, l'elefant,
cola Occitana seront seules admises dans
JEUX FLORAUX
l'ega, la vacha, lo cofla biou, la boba, lo
t'Alauza d'Auvernha.
pezoilh, faguet Azam et lo botet dins lo
FÊTES FEL1BKEENNES de Sceaux
Voici donc quelques indications pour
Paradis Terren.
A l'occasion du centenaire du grand la lecture des textes.
Pueissa, se pauzet et dormiguet.
j poète provençal Théodore Aubanel, les
O, a tantôt le son de ou et tantôt le
Una mezada d'après, trobet Azam, que « Amis de la langue d'oc », societat fli- son de o français. Dans les anciennes
rondinava entorn dez elh et quez avia brenca de Paris, organisent des Jeux grammaires, le premier est dit estreit
l'er ennojat.
Floraux ouverts à tous les félibres. Tous (fermé), et le second larg (ouvert) ; ainsi
« — E ben, Azam, coma aco vira ?
les dialectes sont admis.
covize se prononce couvize, tandis que
« — Aco ira pro ; me porte pas mau,
I. Poésie. — 1. Poème en l'honneur 6o7ia se prononce, pour la première sylai de pan, de fruta, de vin, de tabac ;
Théodore Aubanel (40 labe, comme en français. iV/i et Ih corper aco d'aqui, non me plange... Et pravers au maximum).
respondent respectivement à gn et à M;
co'm'ennoje deHfdican... Séi trop solet...
2. Sujet libre (40 vers au Limdnha est égal à Limagna; trabalhar
Lis autri bestias s'en van (Joas per doas,
plus).
à Irabaitlar (français travailler). Ch se
sauton, rapeton ; lo lion a sa liona, la
II. Prose. — I. Eloge de Théodore prononce ordinairement ts, parfois tch,
fedaz a son aret, l'aze a sa sauma... jusAubanel : texte en comme dans chin, chien. L'n instable ne
qu'à la caia quez a son varrat ! .. Ieu,
langue d'oc avec tra- se prononce pas : chin, vin, peisson, flares !... Aqui m'a, tanés, li mans dins lis
duction française (150 gelon se lisent : tchi, vi, peissou, fladzepochas, et non sabe de que n'en faire...
lignes).
Lou. La finale a est brève : terra, guerra,
« — Aco vai ! » Ihi diguet lo Paire
2. Sujet libre. Conte (60 testa ont l'accent tonique sur la premièEternau. Et, sens mais respondre, lo falignes).
re syllabe, tout comme en français. Dans
guet dormir.
III. — Théâtre : une pièce en un acte les verbes, les finales en ia et ra peuPrenguet son ganif e'lhi faguet sautar
4 personnages prin- vent se prononcer io et ro : faria (fario,
una costa, et la pauzet sobre una peira
cipaux) pour théâ- il ferait) ; fara (faro, il fera), etc.
per escopir dins si mans. Mas un chin,
Les diphtongues eu, au, ou se pronontre de verdure.
que passava, croca la costa. Lo Paire
Envois jusqu'au 30 avril, dernier dé- cent é-ou, a-ou, o-ou, en accentuant le
Eternau estend la ip.an, et graupis la I lai, à M Joseph Loubet, 21, rue d'En- premier élément.
coa delh chin... Lo chin tira, la Paire j ghien, Paris (10e). Manuscrits non signés,
Dans les finales ella, eta, l'accent est
enquera mais, et la coa demora dins sa ! revêtus d'une devise reproduite sur une sur l'avant dernière syllabe.
man :
enveloppe fermée contenant nom et
Il convient de remarquer qu'en langue
« — Poarc de chin ! cri(Jetz elh, adresse de l'auteur.
d'oc l'e muet n'existe pas.
m'empacharas pas de faire so que vole
Les personnes qui savent le patois peufaire ! »
,
La Covizada
vent lire facilement nos textes en appliEt se botet a prestir... ardit que te maHENRI GILBERT
quant ces quelques remarques ; mais il
nège !
La Cavizada. En dialecte brivadois, avec faut y mettre quelque bonne volonté :
Quant Azam se develhet, veguet. daune traduction française et des notes sait-on le français sans l'avoir péniblevanz elh, una genta dameta catada am
étymologiques. La préface contient des ment appris ?
sa rogeor et am sis pious...
indications pour la lecture et l'écriture
HENRI GILBERT.
N'en bramet de joia.
de la langue d'oc.
« — Bougre ! so diguet, mas marea
[ Cet ouvrage a obtenu un grand prix
melh que ieu !... De gentes uelhs, un peLEGION D'ONOR
de prose aux Grands Jeux Floraux Septit nazon, una gorgeta ben farrada, un
tennaires (Montpellier 1927).
Nostre amic A. Bigay, de T « Escola
mentonet rondelet, et bossada (Je qu'ont
Paris, Libririe « Occitania », 6- paschau... Et aco _es^er ieu... Tè, dona lhi
sage Verdeau, et chez l'auteur. En de Limanha », artiste liric, trobaire et
lo bras et sauva te d'aqui !... »
vente à Brioude, Le Puy (Librairie autor de Las Chansons de Thiers, ven
Una mezada d'après, Azam tornava
Boitaud), Clermont-Ferrand, Lyon (7, d'est re nomat Chivalier de la Légion
varalhar entorn delh Paire Eternau :
rue du Plat).
Prix i 10 fr. rezerva dou temps de la guerre, es ende« — Grant escuza, tanés, mas voi vole En préparation (pour paraître en 1929) : d'Onor. Bigay, que fuguet oficier de
dire qu'obledéres quican, quant monléres Contes de la Luneira (2e édition, complé- chat : a ben méritât la crotz, et l'en
mon Eva : aurias ben deugut escondre
ment remaniée). Illustration de Ga- complimentem ben coralamen aisi
B. V.
un pauc la coa delh chin, avant (Je la
briel MOISELET.

Azam et Eva

ils de préférence aux marchands de vin
qui pouvaient y mettre un prix plus élevé. Les marchands d'Allier étaient d'ailleurs indifféremment marchand de vin,
de charbon ou autres marchandises et le
bénéfice à escompter leur dictait seul le
choix du chargement.
Pour mettre mi terme à ces pratiques,
Monnet met la réquisition sur tous les
bateaux fabriqués sur les chantiers de
Jumeaux, Brassaget et Vézezoux. fixe la
teneur de leur chargement suivant l'état
des eaux, et édicté une amende de 1000
livres pour livraison clandestine de bateau et de 300 livres pour insuffisance de
chargement.Mais les prix fixés par Monnet ayant été jugés insuffisants, d'un
commun accord, le 6 Mars, patrons et
ouvriers se mettent ouvertement en grève ; les bateaux en chantier sont librement vendus malgré les marques de réquisition el les agents de Monnet bousculés ne peuvent empêcher leur départ.
Deux jours plus tard, Monnet arrive à
Jumeaux à la tête d'une troupe de gendarmes et de 24 gardes nationaux d'Issoire, fait arrêter quelques récalcitrants,
impose des amendes et prescrit à la force armée de séjourner jusqu'à leur paiement.
Ces mesures sont loin d'obtenir le succès escompté par le Commissaire. Les
bateaux chargés de charbon à la teneur
prescrite défilent sous les yeux de Monnet ou de ses préposée et descendent l'Allier. Mais, aussitôt hors de leur surveillance, on verse dans 8 ou 10 bateaux le
chargement de 14 à 15. Les bateaux ainsi
libérés sont immédiatement chargés en
tonneaux aux Mârtres-de-Veyre et poursuivent sans désemparer leur route sur
Paris. Les bateaux (Je charbon, abandonnés sur la grève à tous risques, seront forcés d'attendre une crue très forte pour
naviguer à la teneur de 12 voies. Si la
crue a lieu avant le retour des mariniers,
il ne se trouvera pas assez de manœuvres pour les conduire et le voyage sera

Comment lire les textes eo langue ú'ûc

de plus en plus différé sans qu'il soit possible de fixer l'époque à laquelle il s'effectuera. Parfois même, les bateaux de
charbon sont purement et simplement
vidés sur la grève et prêt à recevoir une
autre cargaison.
Pour y remédier, Monnet donne ordre
aux maires des localités situées entre
Brassaget et Pont-du-Château, parcours
sur lequel se font les substitutions, de saisir au profit de la nation, tous les charbons qu'ils trouveront ainsi que les bateaux vides, et il envoie un préposé, en
l'espèce un de ses neveux, muni d'une
commission signée de lui pour veiller
à l'exécution de ces prescriptions
Le Comité de Salut Public vient à son
aide, et par un arrêté çju 14 Avril 1794,
il rend responsable les municipalités riveraines des retards apportés dans les
arrivages de charbon de terre, par les
manœuvres des propriétaires ou conducteurs de bateaux II défend d'opérer le
déchargement en cours de route, des bateaux chargés de charbon à destination
de Paris, d'y substituer des vins ou autres marchandises et rend les agents nationaux responsables de ces manœuvres
A la même date, sur la proposition de
l'exploitant de la Taupe, Lamothe, il
établit un système de primes en faveur
des mariniers transportant du charbon
à Paris à une charge au-dessous de l'ordinaire
Si ces différentes mesures portent des
atténuations au mal, elles ne le suppriment pas complètement. Sur les bateaux
à destination de Paris, le vin continue à
se substituer au combustible, au préjudice des ateliers d'armes, mais à l'avantage des marchands.
Avec des alternatives &lt;Je réquisition
totale ou partielle des bateaux la lutte
se poursuit, entre Monnet d'une part, les
fabricants et marchands d'autre part,
pendant une grande partie de l'année
1794. Elle s'atténue vers la fin de l'année. La récolte a été mauvaise et le commerce des vins à peu près nul. La houille

reste le seul produit à transporter ; la
principale cause du conflit a disparu.
A ces difficultés ne manquent pas de
s'en ajouter d'autres; Sous l'effet des
émissions exagérées d'assignats, lei prix
de toutes choses s'accroissent dan» des
proportions considérables. Au début de
1794 ils ont au moins triplé par rapport
à ceux de 1790 et la progression continue.
Les différentes lois relatives au maximum, votées au cours de l'année 1793,
loin d'améliorer la situation, n'ont fait
que l'aggraver ; les marchandises se cachent et ne se présentent plus sur h marché ; leur prix croît en dépit de toute
réglementation. La situation de l'ouvrier
mineur déjà peu brillante, devient précaire. Le pain de plus en plus cher se
fait de plus en plus rare. Aussi les ouvriers quittent-ils les exploitations réquisitionnées où le taux des salaires
est étroitement fixé au taux des charbons,
pom- aller travailler dans les petites mines. Là, on trouve des accomodements
avec la loi du maximum en la tournant.
Mais le nombre d'ouvriers que peuvent
employer les petites exploitations est limité; si la main-d'œuvre s'y présente
nombreuses, les salaires offerts ont tendance à diminuer. Aucune issue à leur
malheureux sort. Exaspérés, ils quittent
les ateliers et se mettent en état de rébellion. C'est ainsi que le 12 Mars, 15 ouvriers, travaillant à l'extraction du charbon, quittent la mine de la Taupe. Le
commissaire leur enjoint de reprendre
le travail et, en raison de leur rébellion,
les condamne à 50 sols d'amende chacun.
L'un d'eux ne s'étant pas, malgré cela,
rendu à son travail, se voit condamné
à 24 heures de prison. Le 14 Avril, le
Comité de Salut public, arrête la mise
en réquisition permanente de tous les
ouvriers employés dans les mines de
houille, prescrit l'exécution du travail à
la tâche et fixe la durée journalière du
travail à 8 heures au minimum,
(o suivre).
Lieutenant-Colonel PESSEMESSE.

�L'ALAUZA

Anciens Textes
M. Raoul GOUT a publié, en 1927, en
raccompagnant d une traduction française et de notes, « La Vie de Sainte
Douceline ». C'est un texte provençal du
XIVe siècle. Il ne porte pas de nom d'auteur ; mais, d'après les données de ce
texte, l'abé Albanès a cru pouvoir établir que l'œuvre est de Philippine de
Porcellet, prieure majeure des béguinages d'Hyères et de Marseille.
Sous le rapport de la philologie, La
Vida de la benaurada sancta Doucelina
est le « chef d'œuvre en prose de la première littérature provençale ». M. Raoul
GOUT nous avertit, dans son introduction, qu'il a résisté à la tentation de retoucher, pour l'améliorer, l'orthographe
très diverse et un peu étrange, parfois,
du scribe Jacques. » Telle quelle, (jette
orthographe peut, cependant, servir de
modèle, et nous souhaitons qu'elle soit
imitée par beaucoup de félibres.
HENRI GILBERT.

Charité de Sainte Douceline
Le paires volia qu'illi srvis los paures
qu'el costumava, per amor de Dieu, tenir
en son hostal ; e'ls malautes e'ls dezaizats que trobava per las carrieras ho per
vias, aduzia le bons homs, dizent : «Filla, ieu t'aduc e t'aporti gazinh. » Ille
rcebia los alegramens, am grant humilitat, obezent al mandament del payre ; e
lur menistrava ab gran devocion, e non
temia somestre son cors a totz servizis
que lur fossan mestier. Illi, per amor del
Senhor, lur lavava los pes, e lur trazia
los vernies de las cambas e de la teste,
mot soven, e curava lurs plagas. On plus
orribles eran, ni plus feresos de greus
malautias e de plagas, plus fort s'encorajava a servir los, e plus fort en curava;
e am gran caritat, cant non podian anar,
e illi los portava.
Una ves, li venc uns paures mot dezaisatz, e fon fort malanans ; e fazia si portar az ella, tant era de zanatz. E illi servi
10 am gran misericòrdia, aissi cant costumava. E le malautz reques li, per gran
necessitat que li era, li menes la man per
las costas. E illi adones, cant ho auzi, enferezi tota de gran vergonha e de gran
honestat, e estet en si de lueinh, pensan
si ho faria, car era homs. E adones el
conoc la vergonha de sa gran honestat,
e dis li : « Filla, non aias vergonha de
mi, qu'ieu non aurai vergonha de manifestar tu al Paire. « E, tantost con ac
aisso dig, le paures avali soptamens,
quez anc pueis non lo vi.
(La Vida de la benaurada sancta
Doucelina, premier Capítols).
TRADUCTION FRANÇAISE
Son père voulait qu'elle servît à table
les pauvres qu'il avait coutume, pour
l'amour de Dieu, de retenir en sa demeure. Et les malades et les nécessiteux
qu'il trouvait par les rues et par les chemins, le bon homme les conduisait, disant : « ma fille, je te conduis et t'apporte un profit. « Elle les recevai; allègrement, avec grande humilité, obéissant
à la volonté de son père ; et, sans craindre la servitude corporelle, elle leur
administrait avec grande dévotion., tous
les services qui leur étaient nécessaires.
Pour l'amour du Seigneur, elle leur lavait les pieds et leur était les vers des
jambes et de la tête, moult souvent et
nettoyait leurs plaies. Et plus horribles
ils étaient, et plus effrayants les rendaient les grièves maladies et les plaies,
plus elle se faisait violence pour les servir et plus grand était son désir de les
soigner. Et, avec grande charité, quand
ils ne pouvaient faire aucun mouvement,
elle les portait.
Une fois il lui vint un pauvre moult
souffrant, et qui était fort malheureux ;
11 se faisait porter par elle, tant il était
exténué. Et elle le servit avec grande miséricorde, ainsi qu'elle en avait coutume. Et le malade la requit, par grande
nécessité où il était, de lui passer la
main sur les côtes. Et elle, adonc, quand
elle eut ouï cela, tout effarouchée par
grande vergogne et grande pudeur, restait loin de lui, car c'était un homme.
Et celui-ci, voyant sa retenue, que lui inspirait sa grande pudeur, lui dit • « Ma
fille, n'aie point vergogne de moi, car
je n'aurai point vergogne de te faire
connaître au Père. » Et dès qu'il eut
dit cela, le pauvre disparut subitement,
si bien que jamais, depuis, elle ne le vit.
Traduction de Henri GILBERT
(La rie de la bienheureuse sainte
Douceline, Chapitre premier.)

D'AUVERNHA

Salut au Covize

" Lo Covize de I'Escola de Limanha"
(Félibres de la Basse-Auvergne à Paris)

" La Bilhada "

Dialecte, Languedocien.

(Félibres de la Haute-Auvergne à Paris)

Les Félibres de la Maintenance d'Auvergne tiendront leur troisième Covize
de la saison le MERCREDI soir, 23 Janvier, à 8 heures 3/4, au Café des Négociants, 42, rue du Louvre. Cette réunion sera présidée par M, Lucien Serre,
.industriel. M. Auguste Casati, Avocat à la Cour d'Appel, Vice-Président de la
«Société de l'Almanach de Brioude», fera une causerie sur Mandrin^ à Brioude.
Le texte de cette causerie paraîtra dans notre journal « PAlauza d'Auvernha».
A la félibrée, on entendra : Mlle Odette Dousset, de la Gaîté-Lyrique, Mlle
Blanche Roziès ; MM. J. Freycenet, H. Gilbert, P.-L. Grenier, Meste Nicolau,
J. Naudy, F. Rochez, P. Sabatier, A. Saugues.
Les danses du pays exécutées au son de la chabrette termineront la soirée.
Il sera perçu pour frais d'organisation, 3 fr. par personne (1 fr. pour nos
adhérents et ceux de « Lis Esclops »). MM. Maurannes, trésorier, et Saugues,
trésorier-adjoint, recevront les adhésions et le renouvellement des cotisations.
Pour les Félibres Maintneurs, la cotisation est augmentée de 2 fr. (Décision
du Consistoire).
Tous les regionalistes sont invités àassister à notre Covize.
La réunion du mercredi 27 Février, au cours de laquelle aura lieu le tirage
de la Tombola, sera présidée par M. Chacornac, Proviseur honoraire du Lycée
Condorcet.
HENRI

FRANCISQUE

GILBERT,

ROCHEZ,

Maître en Gai Savoir, Directeur

Félibre Mainteneur,

du « Covize de I'Escola de Limanha. »

Directeur de « La Bilhada ».

Que
Que
Dau
Dau

siegue Lemousi, Rouergat, Provençau,
siegue Clapassié, Lauragués, de Gascougna,
Lengado, de Perigord, de Catalougna,
Liourades, dau Brivades ou dau Cantau,

Lou felibre es aquel, franc de cor e de pougna,
Que gardant lou remembre pietous de l'housfau.
Dau païs nadalenc, escoulan de Mistrau,
Parla couma an parlat sous « belets », sans vergougna,
S'enfierta de sa raça, e dem an mai qu'aier,
Dins lou Paris nibous vai, mai fier que lou fier,
Cantant las cansouns nostras. O! fils de Limanha!
Mascles d'Auvergna, damas tant gintas, e vous,
Joubents tant afougats que l'amour accoumpagna,
De vous dire : « Merces », sabe res de mai dous !
Car es bon de senti, dins la vila ufanousa,
De cors tifa-tafant d'accord et de senti
Qu'un amour de famiha e lous sarra e lous nousa,
E n'en fai un soul cor... couma ara sem, aici...
Antau, dins lou campestre, una aureta arderousa
Fai se clina lous blads quoura ven de parti
Lou sourel. Quand la nioch s'espandis, segrenousa,
Se poutounoun lous blads. Piai quand lou nou matin
S'esperta en semenant sa glòria, lou campestre
Fai veire canelats et druds sous blads. Lou mestre
Lous regarda e se dis : « Couma an granat! Antau »,
Pourtaira de vertut nourrigaieira e de sau,
La lenga dau païs fai lou Covize,
E Gilbert es countent... Es pr'aco que lou dise...
Jousé

LOUBET,

Clapassié.

TRADUCTION FRANÇAISE

Covize Delh Dimecre 23 de Janvier
Bailejat per lo Felibre Mante neire L. SERRE, industrieu

Qu'il soit Limousin, Rouergat, Provençal ; — qu'il soit Montpelliérain, Lauraguais, de Gascogne ; — du Languedoc,
du Périgord, de Catalogne ; du I.ivradois,
du Brivadois ou du Cantal,

Car il est bon de sentir, dans la ville ffasmêi
tueuse, — des cœurs palpitant au même
rythme, et de sentir, — qu'un amour de
f,
famile les rapproche, les unit, — en fait
un seul cœur... Ce que Ton voit ici

Est félibre celui, cœur franc et main ouverte ; — qui, gardant le souvenir pieux
de la maison paternelle ; — du pays
natal, disciple de Mistral ; — parle sans
crainte, comme ont parlé ses aïeux ;

Ainsi, par les champs, une brise généreuse — fait courber les blés lorsque le
soleil disparaît. Quand la nuit s'épand,
pleine d'inquiétudes, — les blés échangent des baisers. Puis, quand le matin
nouveau

S'honore de sa race, et, toujours plus
épris, — va, plus fier que l'arrogant,
dans le Paris brumeux — en chantant
nos chansons. O fils de la Limagne,

S'éveille, en semant sa gloire, les champs
— montrent leurs blés grandis et robustes. Le maître — les regarde et s'étonne : « Comme les grains se gonflent !
Ainsi —■
Chargée de vertu fécondante et de sel, —
la langue du pays fait lever la moisson
du Covize, — et Gilbert se réjouit...
C'est pourquoi je le dis...
J. L.

PROMEIRA PARTIDA

Dita delh Felibre Manteneire L. SERRE
Parladis delh Felibre Manteneire Auguste CASATI, Avocat a la Cort dApelacion,
Vice Capiscol de la « Societat de TArmanae de Breude », Vezedor de
la « Societat franceza d'Archéologia : « MANDRIN A BRIOUDE
SECONDA PARTIDA

1. a) L'Ors esborlhit
b) En tornant de la Feira
A. Saugues.
2. Conte vielh
J. Freycenet.
3. a) Ma Maison
b) J'avais une robe
Delia B. Roziès.
4. La Festa de la Garda
P. Sabatier.
5. a) Vora, voreta la mar
b) La coiffe de ma mie
Delia O. Dousset.
6. La Chabreta.
7. La Parrana
J. Naudy.
8. Bon An !
Enric Gilbert.
9. ,Sur les Cîmes
F. Rochez.
10. Lo Chavau raubat
P.-L. Grenier.
11. Lo Felibre Meste Nicolau dira de
fablas de Bigot et de se.
12. Paure Pierron (chanson velha) ....
Dlle O. Dousset.
LA CHABRETA

L. Maurannes.
A. Saugues.
J. Freycenet.
B. Roziès.
B. Roziès.
P. Sabatier.

Noël en Montagne
Enric Gilbert.
F. Rochez.

P.-L. Grenier.

La Borreia et autras Dansas velhas viradas per lis cov.izaires.

UAlauza d'Auvernha a connu le succès dès son apparition parce que c'est
un journal rédigé et composé avec le
plus grand soin sur un plan entiirement
nouveau. 11 donne, dans chacun de ses
numéros, des études locales et des œuvres littéraires qui formeront, par la
buíte, une collection unique. Abonnezvous dès maintenant : il ne vous en coûtera que 15 francs par an (10 francs pour
les membres du « Covize de I'Escola de
Limanha » et de « La Bilhada »). Bulletin d'abonnement en quatrième page.

Tombola
Com me 1 an dernier, nous organiserons une Tombola-réclame dont les lots
seront tirés au covize de février. Les
bureaux du « Covize de I'Escola de Limanha » et de « la Bilhada » font donc
appel à tous nos amis ainsi qu'aux com-

A

Delhostal.

TERZA PARTIDA

ABONNEZ-VOUS ! '

Mâles Arvernes, dames si gentes, et vous,
— jeunes hommes si ardents, à qui
l'amour fait cortège, — je ne sais rien
d'aussi doux que de vous dire : « Merci! »

merçants et aux industriels de l'Auvergne. Leurs envois constitueront une sorte
d'exposition des produits de notre région. Tous ces envois seront classés par
catégories, et, au moment du tirage,
chaque lot sera présenté et le nom du
donateur annoncé.
UAlauza d'Auvernha publiera la liste
des lots.
Une large et utile publicité sera ainsi
assurée aux maisons qui nous feront des
envois. Les lots sont reçus, dès maintenant, par MM. Henri Gilbert, 2, boulevard Rochechouart, Paris (18e) ; F. Rochez, 49, rue Louis-Blanc Paris (10e) ;
L. Testud, 32, rue de Wattignies, Paris
(12e) ; L. Maurannes, 9, place de la République, Bois-Colombes (Seine) : P. Sabatier, 11, rue de l'Evangile, Paris (18e) ;
A. Pissavy, 12, avenue Victor-Hugo, StMandé (Seine) ; A. Saugues, 73, rue Crozatier, Paris (12e) ; J -Freycenet, 45, rue
Traversière, à Billancourt (Seine).

Frère.

Un froid mordant. La nuit livide. Un long ciel terne.
(T'en souviens-tu ? Nos cœurs d'enfants étaient joyeux.)
Dos ronds, guêtrés de paille et portant des lanternes,
Des hommes marchent devant nous, silencieux.
Noël ! La neige luit aux noirs chemins arvernes.
Mais, parfois, dans la haie où se risquent nos yeux,
L'ombre s'embusque, au seuil de fuyantes cavernes.
Et nous allons, pleins d'un émoi mystérieux.
Soudain, peuplant la nuit, de sa prière ailée,
La cloche tinte, au creux profond de la vallée.
Des voix et des lueurs descendent des hameaux.
Des formes blanches ont glissé sous les ormeaux...
Et notre mère, avant que nos frayeurs s'avivent :
« Chut ! Mes enfants, ce sont les anges qui nous suivent ».
C. GANDILHON GENS-D'ARMES.
(Poèmes Arvernes : Fresques et Médaillons). (x)
(1) Aurillac, Editions U. S. H.
MAINTENANCE DU VEL A Y
L'Académie des Jeux Floraux du PuySainte-Marie a proclamé prince de la
Cour de l'Epervier, pour 1929, notre
abonné M. Louis Peyroche, déjà plusieurs
fois lauréat, et lui a décerné la Marguerite d'or. Toutes nos félicitations au
distingué vice-syndic du Velay.
NOS SOCIETAIRES
Notre ami, le peintre Maurice Busset, à qui son tableau « Tu gagneras ton
pain à la sueur de ton front », avait valu une bourse de voyage au Maroc, est
allé, l'an dernier, passer cinq mois dans
l'empire chérifien. Il nous en a rapporté
de lumineux tableaux parmi lesquels on
remarque le « Port des Corsaires », la

« Casbah des Ondaïas », le «Jardin de
la Favorite », « Conteur arabe », « BabBoujelou », etc. A ces tableaux, qui ont
été exposés du 25 décembre au 6 janvier, aux galeries Camus, 4, rue du Terrail, à Clermont, faisaient contraste de
beaux paysages auvergnants : « Lac
Chambon », « Automne à Chaudefour »,
« Rentrée à Besse de la vierge de Vassivière », « Puy-de-Dôme », etc. Cette
exposition a été un succès de plus pour
(
Maurice Busset.
) La Librairie de France publie, en
souscription, un bel ouvrage de notre
distingué sociétaire, le peintre Pierre
Favier : « Anciens costumes du Velay ».
Nous en parlerons dans notre prochain
numéro.

�L'ALAUZA

4

Les Sociétés
LA

VEILLéE

D'AUVERGNE

Le 18 décembre, « la Veillée d'Auverne » donnait sa soirée mensuelle de décembre à l'hôtel Lutetia.
M. Serre, président de l'Amicale des
enfants de Salers, y parla de Salers, pays
qu'il connaît bien, qu'il aime et où il
est aimé puisqu'il est maire de la commune d'Anglards de Salers. Le sujet de
la conférence avait attiré un grand nombre d'originaires de la Haute-Auvergne.
Dans une causerie de une heure et
demie, coupée par un entr'acte de quelques minutes, M. Serre parla de Salers.
Kl encore s'excusa-t-il de ne pouvoir
dire tout ce qu'il sait du passé de cette
perle de basalte sertie dans l'émeraude
de nos monts.
C'est que Salers se glorifie d'avoir une
lointaine origine. Au XIIIE siècle elle fut
le théâtre des luttes entre deux seigneurs
qui se la disputaient. Au xiv'' siècle elle
connut la douleur de l'occupation anglaise.
Le pays, définitivement débarassé des
Routiers, elle vit sous ses murs de rudes
combats entre huguenots, royalistes et
partisans de la Ligue.
La peste fit de terribles ravages dans
la cité à la fin du XVIE siècle.
Malgré toutes ces calamités Salers
centre commercial, siège du bailliage
des Montagnes, pays d'émigrants, connut
des jours de prospérité.
Les habitants étaient fiers de leurs
libertés et de leurs franchises. Il ne reconnaissaient d'autre suzerain que le roi
de France, ne payaient aucune redevance seigneuriale, aucune taille pour les
biens intra-muros.
Pages d'histoire, descriptions, scènes
de mœurs, M. Serre, sans le secours du
moindre papier, avec les seules ressources de sa mémoire prodigieuse en disgerta savamment, citant les dates précises de tels ou tels faits.
Les habitués des réunions auvergnates
connaissaient bien la facilité avec lauelle il improvisa une allocution en fin
banquet. Mais parler devant un auditoire averti durant une heure et demie,
sans perdre le fil du discours, sans hé
si ter une seconde, savoir souligner les
points essentiels : voilà qui caractérise
b bon conférencier. Il est inutile de
dire le succès obtenu par M. Serre; les
applaudissements qui saluèrent sa péroraison en furent la meilleure preuve.
M. Gandilhon Gens-d'Armes par un
choix judicieux de poèmes de divers auteurs apporta le complément littéraire
indispensable.
S'écartant un peu du sujet il fit applaudir ce bien surprenant poème de
A. de Riberolles : « La poussière »; devoir de reconnaissance envers le premier
directeur de la Veillée d'Auvergne.
Quand j'aurai dit que de fort beaux
( liants furent chantés à la perfection patMile Millardet, de la Schola Canlorum,
accompagnée au piano par le maître
compositeur Canteloube, je n'aurai donné qu'une bien faible image de cette
réunion.
Remarqué dans l'assistance, le sénateur ci Mme Gazais,
M. et Mme de Ribier, V. Teissedre, le
Général de Pélacot, Elie Deydier, Présideiil du Tribunal d'Aurillac, le Colonel
i"esseniesse, E. Chabrol, Professeur à l'Ecole de Médecine, Chabrol père, les docleurs Roux, Bec, Joany, Reyt, l'abbé de
Miramon-Fargues, Docteur Cany, président de la Fédération touristique du
Massif Central, R. de la Vaissière, le
Capitaine-aviateur Besson, Mlle Delpuech, MM. Remise, Chanteloze. H. Gilbert, Bourasset, Bouniol, Présidents d'Amicales auvergnates, Maîtres Joseph Python, Léoty, Professeurs Fonfreide et
Faỳet, Mme de Viefville, Mmes Bertrand
Gouhier, Gardes, Meyniard, Mlle Teil•lard-Chambon, M. Teilhard d'Eyry, Re
né Jalenques, Mmes Boutin, Bouniol,
Marens, Rochette, M.
Colom-Delsuc,
Mlle Cbameille-Moulier, M. Faucher,
M. et Mme Bûche, négociants, Mlle de
la Rochette.
A la réunion de Janvier, le docteur
Roux traitera le sujet suivant : L'âme
auvergnate. On peut d'ores et déjà prévoir un beau succès.
J.-L. B.

D'AUVERNHA

CALENDRIER DES REUNIONS
BASSE- AUVERGNE

LE BOUSSET, Association Amicale des
Originaires de l'arrondissement d'Issoire
à Paris.
Au cours de la dernière réunion du
« Bousset », M. Anglard, Président d'hon« LIS ESCLOPS »
neur de la Chambre Syndicale de la DenAmicale du canton de Saugues
telle à Paris, a fait une très intéressante
[Haute-Loire)
conférence sur « Les Productions artisL'amicale a tenu son assemblée géné- tiques dans la région d'Issoire ».
rale le samedi 8 décembre, à la BrasseLe « Bousset » célébrera, cette année,
rie du Tambour de la Bastille. Le point le 25e anniversaire de sa fondation.
ie plus important de l'ordre du jour était
A cette occasion un grand banquet
l'élection du nouveau bureau pour 1928- suivi de bal et d'une partie de concert,
1929 Aussi l'assistance était très nom- aura lieu le Samedi 2 Février prochain,
breuse, d'autant plus nombreuse que les dans les salons du « Journal », 100 rue
dames — nous les en louons fort — de Richelieu.
avaient tenu à exercer leur droit de vote.
Union Amicale du Livradois. — BanLa séance était présidée par M. J. quet suivi de bal le 2 février 1929.
Coste, président de la société, assisté
La Pinolaise. — Matinée dansante le
de \1. Plaix, président d'honneur, et de 3 février ; bal de nuit le 9 mars ; matiMM. E. Cubizolles, secrétaire général, et née dansante le 14 avril. Toutes ces réuL. Tison, trésorier. M. Tison présenta, nions auront lieu au Châlet Edouard,
tout d'abord, le rapport financie;:. Rap- 33, rue Manin.
port bien ordonné qui montra éloquemLe 413'. — L'Association des Anciens
ment combien sont prospères les affaires Combattants et Amis du 413e régiment
de l'amicale. M. Tison et son distingué d'infanterie donnera une matinée dancollaborateur, M. J. Borel, trésorier ad- sante, le dimanche 17 février, dans les
joint, reçurent des félicitations méritées. salons de la « Société Française de PhoLe secrétaire général, M. E. Cubizolles, tographie », 51, rue de Clichy. Pendant
fit ensuite un magistral compte rendu l'intermède, Mlle Adrienne Gallon, de
moral de l'œuvre accomplie par « Lis l'Athénée, le baryton Georges Martin,
Esclops ». Certes, les résultats sont ex- des concerts parisiens, chanteront les
trêmement brillants et M. Cubizolles sut vieilles chansons de France en costume
les dégager dans un discours d'une te- de l'époque. Entrée : 4 francs (gratuite
nue très élevée. Il reste à dire, toutefois, pour les enfants). Tenue de ville.
qu'ils sont dus à son initiative, à sa téLa Sugérienne. — Matinée dansante
nacité et a son labeur. N'est-il pas un le dimanche 10 février, de 2 heures à
animateur infatigable, l'âme agissante de 6 heures, danf les Salons Vianey, 98,
l'amicale ? On verra, d'autre part, com- quai de la Râpée. Nos amis Ch. Gidon
ment ses amis ont voulu lui en savoir et Félix Beaumet, félibres mainteneurs,
gré.
invitent amicalement les membres du
Ensuite eurent lieu tes élections pour Covize de l'E. de L., de « La Bilhada »
le renouvellement des membres du bu- et de « Lis Esclops ».
reau. MM. J. Coste, président í »rtant,
HAUTE-AUVERGNE
et M.-A. Espeisse, vice président, avaient
Laroquebrou. — Banquet annuel le saexprimé le désir de n'être pas réélus, cela medi 16 février dans les salons Bonvapour raisons de santé. Furent élus : pré- let, boulevard du Temple, sous la présisident, M. Boulangier ; vice-présidents, dence de M. L. Bonnet, directeur de
MM. Barbarin et Félix Freycenet ; secré- « L'Auvergnat de Paris ».
taire, E. Cubizolles ; secrétaire adjoint,
La Pierrefortaise. — Banquet annuel,
A. Flandin : trésorier, L. Tison ; tréso- présidé par VEorèôrges Chanson, avocat
rier adjoint, M.-J. Borel ; administra- à la Cour, président d'honneur, le sateurs : A. Albaret, A. Alibert, L. Amar- medi 26 janvier.
gier, J. Charbonnier, J. Coste, J. Dance,
La Faverollaise. — Banquet annuel, le
J. Freycenet, A. Jammes. Alphonse Jani- samedi 26 janvier.
mes, L. Mons, L. Moussier, F. Narce, F.
CKVAUDAN
Tissandier ; commission des fêtes : U.
Lis Esclops. - Le banquet annuel est
Fournier, R. Flandin, P. Tardieu.
fixé au samedi 2 février, dans les Salons
Après l'élection du bureau eut lieu la de la Rive Candie, 99, rue d'Alésia.
discussion de questions diverses concer- Carte de banquet : 36 francs. Carte de
nant l'Annuaire de l'amicale, qui paraî- bal : 8 francs. t&lt;es membres du « Covize
tra incessamment, et la fête annuelle, qui de I'Escola de'Limanha » et de « La
re déroulera le samedi 2 février dans les Bilhada » y sont amicalement invités.
Grands Salons de la Rive Gauche, rue
d'Alésia. C'est là que nous convions tous
nos adhérents et tous nos amis.
Josepb FREYCENET
NOS CONFRERES
Nos grands confrères de Clermont,
Y Avenir et le Moniteur, ainsi que la revue
« LA SÜGERIENNE »
Le Pèlerinage de Ronzières, ont publié
La Sugérienne, a donné sa deuxième: une note invitant le public à s'abonner à
matinée dansante de la saison dans les' UAlauza d'Auvernha ; la Gazette des
salons Vianey, quai de la Râpée. Disons1 Méridionaux, dirigée par notre ami
tout de suite que, comme les précéden- Adrien Frissant, nous consacre aussi, sous
tes, elle a obtenu un très vif et très lé-■ la signature de Joseph Loubet, autre
gitime succès. De nombreux sociétaires1 grand ami des Félibres du Covize, un
cl amis étaient présents à cette petite'■ article des plus élogieux : La Terre Velfête de famille.
lave et Brivadoise nous annonce, pour la
Parmi les danseurs, nous devons citer: deuxième fois, en termes fort aimable,
M. Ch. Galletti, chevalier de la Légion1 le journal (elibréen Oc nous fait l'hond'honneur, et sa famille ; M. Edmond' neur de nou?, citer longuement et de
Rollin, président des Anciens du 413e nous présenter aux félibres ; Pampres
R. L, ainsi que Mme et Mlle Rollin; M.• et Lys, organe du groupe des Méridioet Mme Lemoine ; M. et Mme André• naux dirigé par le bon félibre E. Ousset,
Boithias, Mme Cartier et ses charmantes1 consacre à l'Alauza d'Auvernha et au
jeunes filles ; M. et Mme Lucien Fau- Covize de I'Escola de Limanha une place
gère ; Mine et Mlle Gardette; M. et Mme importante dans ses colonnes : à tous nos
Moissonnier, etc.
confrères et amis qui veulent bien
Lo Covize de I'Escola de Limanha nous donner une aide précieuse diétait représenté par son sympathique sons cordialement merci. Que la noudirecteur, M. Henri Gilbert, et par son velle année leur soit favorable, en partitrésorier-adjoint, M. A. Saugues, sculp- culier à La Gazette des Méridionaux, qui
teur.
publie son premier numéro.
Les enfants ne furent pas oubliés. Un
Pampres et Lys annonce une belle fête
superbe arbre de Noël avait été dressé
pour le samedi 9 février, en la salle de
dans un salon réservé. Danses et rondes
la Société d'Horticulture, 84, rue de Greendiablées se succédèrent jusqu'à la fin
nelle. Il y aura un bal costumé et l'on
de la matinée. Pendant l'entr'acte, Mme
chantera les chansons populaires de
Cidon, assistée de plusieurs dames, préFrance. C'est Mme Texier, notre distin
sida à la distribution de nombreux jouets
guée sociétairee, qui en réglera l'organiet friandises.
sation. Que les « coviz aires » en prenNos plus vives félicitations à M. Charnent bonne note !
les Gidon, président de la Sugérienne,
Le numéro dfe"décembre de L'Auverorganisateur inlassable et dévoué qui a
su grouper autour de lui de si nombreu- gne Littéraire est des plus intéressants.
Il contient une belle éludes sur « Trois
ses amitiés.
artistes auvergnats (Cormier, Chade] et
Le secrétaire,
Fonfreide), par Joseph Desaymard, des
FÉLIX BEAUMET.

Régionalisme

jcTO.!
BfZIERS-

poèms d'Amélie Murai, R Cortat, Maurice Vailet, Claude Rehny, Pierre Delisle,
lee « Testament d'un Latin », de Pierre
de Nolhac, analysé par Amélie Murât,
F « Année scientifique, littéraire et artistique en Basse-Auvergne », par C. Desdevises du Dézert, etc., sans compter de
magnifiques illustrations.
La Terre Vela • et Brivadoise :
Sommaire du numéro de Noël 1928 de
A. Boudon-Lashermes: Nuit de Noël de
en l'an 900. Dr Bachelier : Sur une inscription de St-Paulien. P. Denuiols :
Etrucilla. César Fabre : Miniatures représentant Peire Cardinal. De Picardan :
Solstice d'hiver et d'été. George, Paul :
Charles VIÍ fut-il proclamé roi de France
à Espaly ? Bois gravés de Julien Gamon,
« Société des Amis de l'Université »
La « Société des Amis de l'Université », de Clermont-Ferrand, a tenu son
assemblée générale le mercredi 12 décembre. Après l'adoption de quelques additions aux statuts, M. Waltz a présenté un
fond de vase en terre rouge unie et sigillée, trouvé au Ponl-de-Naud, par M.
Julien Roussel, lors de la construction
du boulevard Fleury. La signature, gravée au cachet, porte les lettres AISTIIM.
Elle donne ainsi, d'une façon certaine, la
forme complète d'un nom de potier qui
figurait déjà sur deux tessons mutilés de
Poitiers et de Vichy.
L'abréviation M (manu, de la main

de...) est courante dans les inscriptions
de ce genre. Quant au nom du potier,
Al. Waltz s'arrête à la forme Ai seus ou
Aiseius, où il voit une simple déformation graphique du nom latin Acsius, assez fréquent dans les inscriptions.
M. Bréhier émet l'hypothèse que cet
Aesius lédosien pourrait bien être un
client de la gens Aesia.
Puis M. Imberdis donne lecture, au
nom de M. Paul Roux, d'un projet d'enquête sur l'état de l'agriculture dans le
département du Puy-de-Dôme. M. P.
Roux, qui a établi un programme de monographies régionales et un questionnaire
pour servir de point de départ aux reeberches, espère que des collaborateurs
bénévoles accepteront de se charger, chacun dans sa sphère, de rassembler les
matériaux de ces monographies.
CHRONIQUE DES LIVRES
La chronique des livres sera tenue, dorénavant, dans YAl.auza d'Auvernha, par
le majorai Benezet Vidal, Chabiscou de
1' « Escola de Limanha ».
Nous n'avons pas à le présenter à nos
lecteurs ; tous connaissent l'auteur de
Flors de Montanhas et de La Cerva, et
l'on n'a pas oublié la belle conférence
sur « Les Troubadours de la BasseAuvergne » qu'il fit, la saison dernière,
au « Covize de Limanha ».
Le Gérant : O. Dousset.
bis. av. (fe Clichy,

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Notre journal a pour but de faire connaître surtout les produits
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              <text>Gilbert, Henri(1874-1955), Directeur de la publication</text>
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              <text>L'Alauza d'Auvernha (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/12715"&gt;Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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              <text>2016-03-15 Joanna Cassoudesalle</text>
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              <text>Gilbert, Henri (1874-1955)</text>
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              <text>L'Alauza d'Auvernha. - 1929, n°03 (Janvier) </text>
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