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                  <text>CINQUIEME ANNEE. - N° 42.

Le numéro spécial : 1 fr. St. Etranger : 2 fr. 50.

NOVEMBRE

1932.

Direction s
GILBERT

HENRI
42,

Rue des Salins, 42

CLERMONT-FEBRAND

Administration :
ANTOINE
3,

GILBERT

Place des Tapis,

3

LYON

Chèques-Postaux :
Lyon : 9-5S3

M. BUSSET.
CASATI.
C CHACORNAC.
J. CHARBONNIER.
Dr A. DELANEF.
L. DELHOSTAL.
L FARGES.
J. FREYCKNET.
H. GILBERT.
A. GILBERT.
V. GUIDY.
P. MAMET.
E. MARCENAC.
L. MAURANNES.
H. NOUGEIN.
J PAGENEL.
L«-Ci E. PESSEMESSE.
M"' RAOUL DUPAIN.
F. ROCHEZ.
D' E. ROUX.
M"« B. ROZIÈS.
P. SABATIER.
L. TESTUD.
A.

*í

ORMIide la MAINTE SWICiE d'AUVERCNt

LA LANGUE D'OC DANS LÊÉCOLES NORMALES
La revendication fondamentale du Félibrige est la reconnaissance officielle de
la langue d'oc, et, par conséquent, son
introduction dans les écoles.
On sait, d'ailleurs, que depuis une dizaine d'années, le provençal a été admis
dans l'enseignement secondaire. Il s'agit
maintenant d'obtenir l'introduction de la
L·iigue d'oc dans les Ecoles "Normales
d'Instituteurs et d'Instilulrices.
Une enquête récente a montré que, si
certains membres de l'enseignement sont,
à ce sujet, à peu près indifférents, d'autres ne sont pas hostiles, mais ils invoquent
la surcharge des programmes.
Le D1 Clément, chargé, par le Consistoire du Félibrige, d'établir un rapport
sur la possibilité de faire aboutir cette
revendication, a reçu, de M. l'Inspecteur
d'Académie de Draguignan, la lettre suivante, qui contient une solution pratique
de la question :
« Draguignan, le

6

des SOCIETES AVVCR6MATCS a PARIS

LA GABELLE ET LE FAUX-SAUNAGE EN AUVERGNE
A

LA

FIN

DU XVIIE SIÈCLE

avril ig3a.

&lt; A Monsieur le
Clément, majorai du Félibrige,

Cette réponse si sympathique et si nette
d'un Inspecteur d'Académie montre que
l'enseignement de la langue d'oc ne peut
que compléter heureusement les matières
contenues dans le programme obligatoire
des Ecoles Normales.
Espérons donc que nos collègues — et
particulièrement ceux d'Auvergne — se
montreront disposés à favoriser l'adoption des mesures proposées, en toute connaissance de cause, par M. Ferrere.
Mais nous ne cacherons pas qu'il est
nécessaire de résoudre, auparavant,
la
grave question de la graphie. On ne peut,
en effet, enseigner une langue que si
elle a des règles établies. Il ne faut pas,
non plus, faire dépendre ces règles du
sentiment, mais de la science, c'est-à-dire,
en l'occurrence, de la philologie et de la
grammaire.
Ce n'est qu'en procédant ainsi qu'on
donnera à la langue d'oc l'unité qu'elle
a perdue, et que son enseignement deviendra aussi aisé que profitable.
Qu'en pense le Consistoire du Félibriee ?
Henri GILBERT.

DÉBUT

DU XVIIIE

Conférence faite au « Covize de l'Escola de Limanha »"à Paris, par le Colonel PESSEMESSE

D1

a J'ai l'honneur de vous faire connaître
que personnellement je serais favorable
à l'introduction de la langue provençale
dans le programme des Ecoles Normales
de la légion.
&lt;: On pourrait, par exemple, ajouter
à l'horaire de la 3" année une heure par
quinzaine qui serait consacrée à l'étude
des auteurs provençaux. La 31' année, dans
les Ecoles Normales, a surtout pour but
la culture générale et le travail personnel ; le programme obligatoire est peu
chargé et un enseignement de la littérature
provençale pourrait assez aisément y trouver place.
« Pour ce qui est de l'enseignement de
l'histoire provençale dans les Ecoles Normales, point n'est besoin de retoucher les
programmes. Il suffit de bien se pénétrer
des instructions officielles qui accompagnent les programmes d'août 1920. 11
. est recommandé, en effet, aux professeurs, de rechercher « notamment les documents d'histoire locale ou régionale qui,
mieux que des ouvrages généraux, feront
comprendre aux élèves les caractères de
certaines périodes ».
« L'étude des documents ne va pas
sans celle des faits.
« Les Instructions ajoutent : « Par une
sorte d'illusion naturelle, nous considérons comme encore présent le passé du
pays que nous avons sous les yeux. L'histoire locale a le privilège d'être vivante.
Profitons de cet avantage. »
« Signé : FERRERE ».

ET AU

CONDAT (Cantal). — Tableau d'Emile Rollier,

S'il faut en croire la parole de Carnet : « Les révolutions ont pour raison
profonde la haine des impôts », celui
de la gabelle dut jouer un rôle important dans le déclanchement de la Révolution française. Nul impôt ne fut plus
impopulaire.
Mais les impôts, heureusement pour
eux, ne vivent pas de popularité ; autrement, leur existence serait bien éphémère... Ils résistent, au contraire, fort
bien à l'impopularité, et, de tout ce qui
est humain, ils semblent être seuls à
jouir du privilège de survie en ce bas
monde. C'est ainsi qu'au cours de l'année 1926, nous avons vu réapparaître
l'impôt sur le sel que l'on pouvait croire
à jamais enseveli.
Il s'est présenté sous des apparences
plutôt modestes, affublé du vocable de
contribution indirecte, qui lui donne
un air moins rébarbatif et lui permet
de se dissimuler au milieu d'une telle
avalanche de taxes et d'impôts que Bon
entrée dans le monde, ou plutôt, sa
résurrection a passé à peu près inaperçue.
C'est que nos charges fiscales comportent une si riche variété, que, en
tenant compte des effets inéluctables de
l'incidence, on peut affirmer que le
français moyen est incapable d'établir
la nomenclature exacte des divers impôts auxquels il est soumis. Et il net
semble pas exagéré de dire, après Un
humoriste de talent, que, si au cours
d'une guerre longue et pénible, nous
avons eu le boche, dans la période
d'après guerre, que nous vivons, c'est
le percepteur qui nous aura...
En attendant cette échéance fatale,
vers laquelle nous marchons à grands
pas, j'ai pensé que la gabelle, impôt
à la fois de l'ancien régime et de la
troisième République, était un
sujet
d actualité digne de trouver place dans
nos causeries mensuelles.
Cet impôt, dans les provinces où il
était perçu, était un impôt personnel et
tout le monde y était astreint. Les
exemptés de la taille, nobles et ecclésiastiques, par exemple, y étaient soumis. Cette généralité dans l'application
aurait dû, semble-t-il, lui donner quelque faveur, si tant est qu'un
impôt
puisse compter sur de tels avantages.
Mais, outre qu'il pesait lourdement sur
le contribuable, son assiette et sa per-

cep lion donnaient lieu à des mesures
vexatoires qui contribuèrent, dans une
large mesure, à le rendre impopulaire.
Si, dans les provinces gabellées, tout
le monde y était soumis, chaque province ne le subissait pas également.
Certaines
en
étaient
complètement
exemptes (pays de francs salés) ; pour
d'autres, il était considérablement réduit
(pays de quart bouillon, qui correspondaient aux pays de production). Enfin, parmi les provinces gabellées, les
unes, dites de grande gabelle, payaient
l'impôt maximum, alors que les autres,
pays de petite gabelle, étaient imposées
à un moindre taux.
Dans le pays gabellé, la vente du
sel constitue un monopole pour les fermiers généraux, et se fait par l'intermédiaire des greniers à sel ou des
regrattiers, suivant le cas. Elle correspond à deux objets : le pot et la salière,
d'une part, et les grosses salaisons, d'autre part. La quantité de sel que chaque
famille est astreinte à lever, par an, au
grenier à sel, pour pot et salière, n'est
pas laissée à l'arbitraire de chacun, mais
fixée à 1 minot, c'est-à-dire à 96 livres
pour 7 personnes au-dessus de 8 ans.
Les personnes qui paient 3o sols de
taille ou au-dessous, peuvent s'approvisionner aux regrats sans être astreints
à une quotité déterminée ; les autres
sont obligées de lever au grenier dans
la proportion indiquée.
Les collecteurs de tailles remettent
au receveur du grenier copie du rôle
des tailles, en ajoutant les exempts (nobles, ecclésiastiques et autres privilégiés).
Ces rôles doivent indiquer les noms et
surnoms de chaque chef de famille,
leur imposition, le nombre de personnes
qui composent chaque maison, y compris les enfants au-dessus de 8 ans, et
le nombre et la nature des bestiaux que
chaque particulier a chez lui.
Chaque année, au mois d'avril, le
receveur de la gabelle fait un dépouillement de son sexté. L'article de chaque
particulier indique la quantité de sel
dont il est en retard. Ces extraits sont
envoyés aux syndics des paroisses, qui
les publient à l'issue de la messe paroissiale.
Si les ressortissants viennent lever
dans la quinzaine qui suit cette publication, ils sont en règle. Cette quinzaine
expirée, le receveur donne, pour chaque

paroisse, une contrainte, dans la forme
des extraits du sexté, avec cette différence qu'au lieu de la quantité de sel
en retard, on y porte la valeur, à titre
de restitution, et la moitié, à titre d'amende, et les officiers du grenier, par
leur visa, en ordonnent l'exécution.
Les receveurs font, en conséquence,
faire des commandements, et, si les
ressortissants n'y satisfont pas, ils peuvent être poursuivis, savoir : les nobles
et ecclésiastiques par saisie de leurs
revenus, et les autres par emprisonnement de leur personne.
Personne n'est contraint à lever pour
grosses salaisons ; mais on ne peut en
faire sans enoourir l'amende de 3oo livres, si on n'en a pas fait la déclaration
au grenier et levé en conséquence.
En résumé, dans les pays gabellés, on
était astreint à lever annuellement au
grenier i4 livres de sel par personne
au-dessus de 8 ans. Le prix de la livre
de sel ressortissiiil à ! ■« sols. Or, le
prix moyen d'une journée de manœuvre
non spécialisé était, à la même époque,
de 10 sols. Si on convertit en francs
d'aujourd'hui, les 12 sols en question,
on arrive à un chiffre de 25 à 3o francs
environ par livre de sel. C'était donc
incontestablement un impôt lourd. Si on
ajoute que son application entraînait
des visites domiciliaires fréquentes, de
la part des employés de la gabelle ou
gabeleurs, on comprend qu'il n'ait pas
été en faveur et qu'on ait cherché à y
échapper en s'adressant à la contrebande, de préférence au grenier à sel,
pour s'approvisionner de cette denrée.
Aussi, peut-on dire que, dans
les
pays gabellés, ceux qui n'étaient pas
gabeleurs étaient faux^sauniers, et que,
souvent, on était les deux à la fois. De
plus, la gabelle impliquait
monopole
pour les fermiers généraux, et le mopour les fermiers généraux, et le monopole n'a jamais été favorable à la qualité. On
accusait le sel des
dépôts
d'être de médiocre qualité et mélangé
de terre. De sorte, que, si les pauvres
gens fraudaient par économie, les riches
le faisaient par goût. Tout le monde
fraudait, et, dans la lutte perpétuelle
entre gabeleurs et faux-sauniers, toutes
les sympathies allaient à ces derniers,
qui trouvaient, auprès des populations,
les appuis
propres à faciliter
leur
tâche.
Mais, au point de vue gabelle, au
dbuseptième siècle, il y avait longtemps
que l'Auvergne était parvenue à se rédimer de cet impôt qui ne subsistait plus
que dans une très petite partie touchant
immédiatement le Rouergue et le Languedoc, paroisses des Prévotés de Brioude et de St-Flour, sur la rive droite de
l'Allier. Le reste de la province était
franc d'impôt jusqu'à concurrence de
600 muids (1), moyennant le payement
d'un abonnement, appelé « équivalent »,
de 14-4oo livres.
Or, elle touchait, au nord, aux généralités de Moulins, de Bourges, de Dijon, assujetties aux grandes gabelles ;
à l'ouest, à la Marche, au Poitou et
au Quercy, provinces exemptes ; au sud
et à l'est, au Languedoc, au Forez et
au Velay, pays de petite gabelle.
Ainsi, au nord, à l'est et au sud elle
(i) 1 muid = 12 septiers ; 1 septier =
4 minots ; 1 minot = 96 livres.

confinait à des pays de grande ou
petite gabelle, et, circonstances éminemment favorables, les régions frontières
étaient montagneuses et boisées, offrant
aux contrebandiers des retraites bien
difficiles à pénétrer.
Vous pouvez penser que l'esprit d'entreprise qui est une des caractéristiques
de la race arverne, n'allait pas manquer
de mettre à profit des conditions si
particulièrement avantageuses. L'Auvergne devint rapidement la terre de prédilection du faux-saunage. Pays rédimé,
en contact, sur une grande partie de
sa frontière, avec des pays gabellés, elie
allait pouvoir répandre, dans presque
toutes les directions de la rose des vents,
du bon sel, et cela à un prix avantageux. Sans doute, elle n'était exempte
que pour 600 muids de sel par an,
mais la vérification des quantités introduites était à peu près illusoire, et elles
n'étaient déterminées, à peu près exclusivement, que par les possibilités de
consommation dans le pays et d'exportation clandestine chez le voisin.
Plusieurs fois, des mesures furent
prises, soit d'ordre administratif, ayani
pour objet la surveillance de la consommation du sel et de son transport
dans les zones frontières, soit d'ordre
pénal, à l'égard des contrebandiers pris
en flagrant délit de faux-saunage. Mais
il faut arriver à l'ordonnance des gabelles de 1680 pour trouver une organisation susceptible de limiter, dans une
certaine mesure, le faux-saunage dans
les régions frontières des pays gabellés.
Cette ordonnance interdit de faire,
dans les pays rédimés, aucun amas de
sel dans les villes situées à moins de
5 lieues des limites des greniers. Dans
la zone frontière, les sels sont déchargés
dans un dépôt (1) commun, fermé à
deux clés (l'une au maire ou éche\in, l'autre au commis du fermier).
Les marchands conduisant du sel au
dépôt doivent être munis de passavants.
Le contrôleur enregistre les passavants
au bas desquels il certifie la quantité de
sel que les marchands ont dans le dépôt,
ainsi que celle qui aura été retirée pour
être vendue. Le sel non vendu doit être
rapporté et ne peut être enlevé que sur
des bdllettes des commis.
Le système péchait par plusieurs lacunes. Tout d'abord, le ressort de
chaque contrôle était uniquement déterminé par l'usage. Aucune loi fixant,
en même temps que leur établissement,
les limites de leur circonscription. La
conséquence est que les gens peuvent
prendre du sel dans plusieurs contrôles
et qu'il est impossible de suivre leur
consommation.
De plus, aucune règle pour fixer la
quantité de sel revenant à chaque ménage, puisque les habitants ne sont
point assujettis au dénombrement, comme dans les pays gabellés. Le
seuil
avantage-de ces dispositions était de
permettre le contrôle des transports, en
assujettissant les marchands à la déclaration préalable. On portait ainsi quelque gêne à la fraude, mais on ne la
supprimait pas.
(à suivre).

(1) Dépôts de Montaigut, Pionsat, Combronde, Riom, Maringues, Lezoux, pour la
Basse-Auvergne.

�L'ALAUZA D'AUVERNHA

2

FELIBRIGE
CLERMONT

ESCOLA DE LIMANHA
Covize du 19 octobre.

Le mercredi 19 octobre, l'« Oustau »
ouvrait do nouveau sa porte au Covize.
Et, dans la salle pittoresque dont
M. Léon Chambre, secrétaire de la
Cantalienne, a su faire un intérieur
qui nous rappelle nos vieilles maisons,
les « covizaires » s'étaient groupés, en
grand nombre, autour de M. le Commandant "Raoul Dupain, qui avait bien
voulu accepter de présider la réunion
d'ouverture.
Après avoir salué mos fidèles auditeurs
et les avoir remerciés de l'intérêt qu'ils
portent à nos réunions, M. le Commandant Dupain rappelle le but de
l'œuvre qui est poursuivie, à savoir le
rassemblement de tous les vrais Auvergnats et la défense de tout ce qui fait
l'originalité de notre région. Il invite
les auditeurs à lire, dans le beau numéro spécial de «L'Alauza d'Auvernha»
le récit des magnifiques succés remportés par les félibres à Vic-sur-Cère
(Maintenance d'Auvergne), St-GermainLembron (« Escola de Limanha »), La
Voûte-Chilhac et Chilhac (« Lo Covize
de la Ribeira »), et il énumère ensuite
les ouvrages que les félibres viennent
de publier : « Ma Terre », de Louis
Farges ; « Contes de la Luneira », de
Henri Gilbert (illustrations de Gabriel
Moiselet) ; « A l'ombre des Bouleaux »,
d'Etienne Marcenac.
Ainsi, l'œuvre des félibres s'accomplit par le journal, par le livre et surtout par l'action. Cette action est menée
vigoureusement non seulement en Auvergne, mais encore à Paris, où les
félibres auvergnats ont créé « Lo Covize
de l'Escola de Limanha », qui donne,
le 4e mercredi de chaque mois, au Café
Voltaire, des réunions fort suivies. Nous
les recommandons à tous nos compatriotes habitant la capitale.
En terminant, M. le Commandant
Dupain invite tous ceux qui approuvent
l'action des félibres à se joindre à eux
en s'intéressant à leurs publications et
en adhérant à 1'« Escola de Limanha».
Cette allocution chaleureuse et cordiale est unanimement applaudie.
Nous nous réservons de donner, un
peu plus tard, un compte rendu détaillé de la causerie.
La félibrée est, comme de coutume,
suivie avec beaucoup d'intérêt.
Mme Abraham, qui conte fort joliment, donne la primeur d'une de ses
œuvres en langue d'oc : « Lo bon Dieu
que se negea » ; M. Joseph Bérard,
auteur de « Lignes », dit une poésie de
M. Desdevises du Dézert : « Cécité » ;
M. le Capitaine Marcq, poète ingénieux
et spirituel, présente « Le vieux parapluie » ainsi qu'une autre de ses
œuvres ; M. Alphonse Blanchet, Mestre
d'Obra, déclame « Lo vin del Fel »,
de Vermenouze ; enfin, M. Léon Chambre conte, en dialecte cantalien, « Los
dos rondinaires », d'Henri Dommergues.
Tous sont très applaudis, et les assistants sont ravis de l'agréable soirée qu'ils
viennent de passer.

CONTES

DE

LA

par Henri

LUNEIRA

GILBERT.

A peine paru, cet ouvrage a déjà des
articles fort élogieux. Voici un extrait
de l'étude que lui a consacrée, dans
« La Tribune Républicaine », l'erudit
Ulysse Rouchon, du Puy :
... « Où les dialectes pâtissent de
quelque embarras, c'est dans l'écriture.
Ce sont des langues surtout parlées.
Quand il s'agit de les fixer sur le
papier, les difficultés s'accumulent. Elles
ne seraient qu'apparentes, si l'on réfléchissait ; mais beaucoup de ceux qui
s'y essayent ne prennent pas la peine
de penser, et ils traduisent n'importe
comment les sons qu'ils ont entendus.
Le résultat est fatal : il engendre le
désordre, la décomposition, l'obscurité ;
il occasionne une image ridicule, une
caricature grotesque qui peut faire croire
à une déchéance mortelle.

« Réagir contre ces pratiques mauvaises est le devoir de tous ceux qui ont
pris la peine d'étudier les patois, de remonter à leurs sources, de mettre un
peu de logique dans leur intelligence
et de retrouver les règles qui ont présidé à leur emploi. Ces règles existent ;
elles ne sont pas compliquées. Quand
on les observe, on arrive aisément à
rétablir l'aspect vrai d'une langue dérivée
du bas latin à laquelle les siècles et les
conditions de lieux, de climat ont fait
subir des variations dans la prononciation, mais dont les bases sont rationnelles, et soutionnr.it ira monument colide autant qu'harmonieux.
« M. Henri Gilbert, originaire de
Chilhac, dans le canton de La Voûte, a
entrepris d; le prouver à ses compatriotes d:&gt; la Haute-Loire et à beaucoup
d'autres. Depuis plus de vingt ans, il a
travaillé le dialecte brivadois, il a examiné les textes anciens, il a enregistré
le parler contemporain et il s'est attaché à l'écrire, non suivant l'orthographe
phonétique, mais d'après l'étymologie
des mots et en respectant les prescriptions d'une grammaire dont il a su
extirper les fautes et conserver les principes.
« De cette confrontation critique du
passé et du présent, de cette heureuse
application, nos patois ont largement
bénéficié. Leur richesse s'en trouve
confirmée, et ils peuvent se présenter
non plus comme des chemineaux en
haillons, mais comme de robustes paysans, parlant haut et clair.
« M. Gilbert l'a montré dans deux
livres : « La Covizcda », qui a obtenu
le Grand Prix de prose aux Grands
Jeux Floraux septennaux, en 1927 ; les
« Contes de
la Luneira », dont il
donne, cette semaine, une nouvelle édition entièrement remaniée et illustrée de
dessins de Gabriel Moiselet.
« Ces contes sont gais ; ils sont inspirés du vieux fonds d'ironie et de
gouaille qui est une des tournures d'esprit des gens de la Ribeyre. La malice
y fuse de tous côtés, et cela donne un
attrait réel à des récits curieux, bien
composés, parfaitement conduits.
On
prend du plaisir à les aborder, et leur
saveur augmente - du fait de leur naturelle simplicité. »
Ulysse

ROUCHON

blicaine,

(La Tribune Répu-

10 octobre

ig32).

— Les « Contes de la Luneira » ne
sont pas en librairie. S'adresser à
M. Henri Gilbert, 42, rue des Salins,
Germon t-Ferrand (un exemplaire sur
papier bouffant: 25 fr. ; sur Arches:
4o fr.). — Il ne reste que 10 exemn
plaires sur Arches. Les 5 derniers exenv
plaires seront portés à 100 fr.
« La Covizada », qui est encore à
12 fr. (i3 fr. franco), sera portée
prochainement à i5 fr.
Ces deux ouvrages étant bien présentés peuvent être donnés comme cadeaux du Jour de l'An.

NOS AMIS
Nous avons appris avec plaisir la nomination, au titre d'officier du Mérite
agricole, de M. David, le sympathique
et dévoué maire de St-Germain-Lembron.
Cette distinction ne fait que consacrer
les longs services que M. David a rendus à la cause de la viticulture, en particulier.
Nous sommes heureux de lui adresser nos sincères félicitations.

MARIAGE

CHOSES D'AUTREFOIS

LES COMPAGNONS
DU TOUR DE FRANCE
(Suite)
Le jeune homme du Tour de France,
le bâton sur l'épaule, le baluchon au
bout (la malle à quatre cadenas), se
rend à la ville prochaine où il prend
contact avec la société à laquelle il veut
s'affilier.
Le point de ralliement, pour tous les
compagnons du même Devoir, c'est la
mère, maison où la société loge, mange
et tient ses assemblées. L'aubergiste et
ca famille sont la mère. Et il n'est pas
rare de voir régner une telle union
entre les compagnons et leurs logeurs,
qu'on dirait bien vraiment une famille
(Léon SI-MARTIX, Le Compagnonnage).
Si le chantier est un peu trop à
l'écart, la mère installe une cayenne, ou
pension provisoire en cambuse. Ainsi
fut fait au chantier de la Bajasse (17/191755), par la mère des charpentiers,
laquelle avait son auberge à Fontannes.
Un compagnon de semaine vient prendre l'arrivant, le questionne, l'inscrit sur
le rôle, d'où son nom de routeur ou
rôleur ; à partir de ce moment, le nouveau peut manger, boire et dormir chez
la mère ; il a du crédit, l'œil.
Il est conduit chez le maître par le
même rouleur et embauché.
C'est encore le rouleur qui intervient
si le compagnon se débauche, c'est-àdire quitte sa place. Devant le maître,
il établit qu'ils n'ont rien à se réclamer
ni l'un ni l'autre. Même cérémonie chez
là mère. C'est le levage d'acquit.
Ainsi blanchi, le compagnon est libre ; il peut quitter la ville. Ses camarades lui font la conduite en règle. On
lui porte son baluchon, on l'accomüagne, on chante, puis on trinque sur le
chemin, on brandit les cannes. Le compagnon s'éloigne, on dit qu'il est « battant aux champs ».
Certaines sociétés hurlent au moment
de la séparation aux champs ou au
cimetière, d'où le nom de Loups et
Loups-Garous.
Si le oompagnón a commis une faute
grave (débauche habituelle, vol), il est
chassé après d'humiliantes f ormalités ;
quelquefois, la conduite est violente
d'où « oonduite de Grenoble », laquelle
fut faite, à coups de pierres, à une
société de compagnons Renards.
Lorsque deux compagnons se rencontrent sur le chemin du roi, ils (se
topent à vingt pas, en pose avantageuse :
« — Tope !
« — Tope !
« — Quelle vocation ?
« — Charpentier.
« — Compagnon ?
« — Dans l'âme et dans les bras.
Et vous, le pays ?
« — Tailleur de pierre.
« — Compagnon ?
« — On s'en fait honneur ! »
(Agriool

PERDIGUIER).

S'ils sont d'accord sur le Devoir, ils
trinquent à la gourde et se renseignent mutuellement. Sinon, ils échangent des bravades, des injures et même
des coups.
Les tapages de reconnaissance étaient
remplacés, dans quelques sociétés, par
l'échance de signes mystérieux et de
paroles bizarres, toutes choses qui mirent, quelquefois, en rumeur les autorités ecclésiastiques. Bien à tort, car
ces quelques gestes et paroles étaient
dépourvus de tout sous-entendu.
Les compagnons portaient la canne
longue ou courte, suivant la société,
ferrée, ornée et enrubannée. En cas
de rixe, malgré son allure frivole, elle
devenait une arme dangereuse.

(A suivre).

Pierre

MAMET.

SAINT-GERMAIN-LEMBRON.

Le quartier de La Croix du Peyrou, le majorai Louis Uelhostal.
(Photo H Gilbert).

santes, sont tout au moins nécessaires pour
écrire avec l'érudition et avec la sensibilité qui se manifeste dans les nombreux
articles de journaux. ou de revues qu'au
cours de ces vingt-cinq dernières années il
a consacrés à sa province.
Leur dissémination en rendait malheureusement la recherche difficile.
Aussi,
lui sommes-nous particulièrement reconnaissants d'avoir bien voulu nous offrir
quelques-uns d'entre eux en un volume
qui porte le titre suggestif : « Ma Terre »,
visions et souvenirs de l'Auvergne et du
Massif Central.
Si l'érudition de Louis Farges déborde
amplement l'Auvergne et s'étend sur tout
le Massif Central, il a, cependant, une
prédilection pour sa petite patrie. Et,
dans ce volume, c'est surtout de la HauteAuvergne et du Cantal qu'il nous entretient.
En des raccourcis, riches de substance,
qui s'intitulent « le Carladez et le Barrez », « Au pays du granit », « la Planèze et St-Flour », « Aurillac et ses deux
cantons », il nous donne de ces petites
régions des monographies, j'allais dire des
médailles qui laissent notre admirai ion
hésitante entre la précision de lhistorien,
la science du géographe ou la sensibilité
de l'écrivain qui nous en chante les charmes en une prose ailée.
Dans une étude très poussée sur l'œuvre de Vermenouze, s'il affirme pour sa
province natale un amour au moins égal
à celui du poète, il en conçoit, cependant, l'évolution avec la largeur de vues
que donne au diplomate un long contact
avec des contingences variées avec lesquelles
il a fallu compter, sans porter, pour
cela, atteinte à l'unité de la diplomatie
nationale.
Formé aux fortes disciplines de notre
grande école historique, Louis Farges sait
lire les textes, rapprocher et confronter
leur témoignage pour en faire jaillir la
vérité. C'est ainsi qu'il nous donne un
récit définitif des circonstances, jusqu'ici
controversées, qui ont présidé à l'arrestation du maréchal Ney, le 3 août r8i5,
au château de Bessonies, dans le Lot,
mais par les autorités administratives du
Cantal.
Dans un autre chapitre, il nous montie
l'influence
importante et incontestable
exercée par l'Auvergne sur l'œuvre de
Maurice Barrés.
Et ce n'est pas tout. Je me suis, en
effet, contenté, à dessein, de l'énumération, un peu sèche, de quelques titres
de chapitres, ne voulant point déflorer ce
livre, désireux d'en laisser le soin au
lecteur, assuré du profond plaisir qu'il
y prendra.
Pour celui qui fréquente régulièrement
l'Auvergne et va lui demander annuellement le dérivatif nécessaire à la vie trépidante de la capitale, il prolonge le
charme des vacances. A celui qui l'a
parcourue à l'allure rapide de l'automobile, il montrera que la vue qu'il en a
prise est bien sommaire et peu profonde ;
il l'incitera à y revenir pour son plaisir
personnel, et qui sait? peut-être à modérer l'allure de son véhicule pour l'agrément de chacun.

Nous sommes heureux d'annoncer le
mariage de Mlle Suzanne Bourasset, fille
de nos amis Mme et M. Alexis Bourasset, président de l'Amicale des originaires de l'arrondissement d'issoire, avec
notre compatriote brivadois, M. Henri
Devèze, secrétaire de l'amicale « Lo
Covize ».
Nos vœux sincères de bonheur à Mine
et M. Henri Devèze et nos compliments
à Mme et M. Alexis Bourasset.

Visions et souvenirs de l'Auvergne et du
Massif Central (Rodez, Imprimerie Carrère, et chez l'auteur, 1, Avenue JeanJaurès, Aurillac : i5 fr.).

« Lo Covize
de l'Escola de Limanha »

Voir en quatrième page nos maisons
recommandées. Nous prions nos lecteurs de leur réserver leurs commandes.

Louis Farges est un de ceux qui connaissent le mieux l'Auvergne ; il en est
un des amants les plus fervents. Ces deux
conditions, si elles ne sont pas suffi-

Le premier Covize de la saison se tiendra le mercredi soir, 2 3 novembre, à
8 h. /j5. au Café Voltaire, Place de
l'Odéon.

Cn AMAT.
LOUIS FARGES

NOS GROUPEMENTS
MA TERRE
PARIS

M. le Colonel Pessemesse, Directeur du
« Covize de l'Escola de Limanha », Éera
une conférence sur le sujet suivant^:
« Une reine auvergnate : la reine Margot. »
- ■.
Après une félibrée au cours de laquelle
se feront entendre les artistes et les félibres du groupement, aura lieu l'exécution
des danses du pays au son de la vielle.
Les Auvergnats de Paris ne manqueront
pas de se joindre aux félibres afin d'assurer le succès de cette intéressante soirée.
— Conférences suivantes : « L'Auvergne vue par un Alpin » (M. Roux-Parassac, Covize du 21 décembre) ; « Les
Etats liliputiens » (M. Jean Camp), Covize
du 4° mercredi de janvier), etc.

CLERMONT

« Escola de Limanha »
Le Covize se tiendra le mercredi soir,

16 novembre, à 8 h. 3o, dans la salle
de 1' « Oustan »,
10, rue MaréchalJoffre. Il sera présidé par le félibre A.
Blanchet, Mestre d'Obra.
M. Emile Desforges fera une conférence
avec projections sur « Clermont à l'époque gallo-romaine, d'après les découvertes
archéologiques. »
Après la conférence, les félibres de
1' « Escola de Limanha » donneront une
félibrée.
Nous invitons cordiale.Tierit à cette soirée auvergnate tous les membres de 1' « Escola de Limanha », les abonnés de « L'Alauza d'Auvernha », les membres des sociétés amies et les bons régionalistes.
— Le dimanche 27 novembre, séance
solennelle dite des « Jeux Floraux »,
dans la grande salle de la mairie de Clermont. Présidence de M. Emile Dousset,
félibre mainteneur, président de la Chambre de Commerce de Clermont, Conseiller
général. Tous les auditeurs de nos Covizes y sont invités.

SA1NT-GERMAIN-LEMBRON
La formation du groupe félibréen se
poursuit activement. De nouvelles adhésions ayant été enregistrées, on envisagera
bientôt la constitution d'un Bureau et
l'organisation d'une félibrée dont le produit pourra servir à réduire le montant
de la cotisation.
Les dix premiers adhérent; auront droit
au titre de membres fondateurs.
La liste des adhérents sera publiée prochainement.

LA VOUTE-CHILHAC

&lt;

Lo Covize de la Rilbeira »

(Fragment de l'allocution prononcée par
M. Alfred Rionnet, secrétaire général honoraire, devant le Monument aux Morts
St-Cirgues.)
...« J'aurais voulu jsarler en patois devant ce monument élevé à la mémoire
de nos grands morts de la guerre. Cela,
parce que nous sommes des félibres, mais
aussi, et surtout, parce que je sais que
tous ceux qui ont leurs noms écrits sur
cette pierre comprenaient cette langue, que
c'était leur langue maternelle, qu'ils aimaient à la parler et à l'entendre parler.
« Quand nous étions encore tout petits,
et qu'ils nous gardaient sur leurs genoux,
c'est toujours en patois qu'ils nous parlaient. Entre eux, au travail, c'était encore et toujours en patois qu'ils conversaient. Plus tard, quand la guerre éclata,
et, que, l'un après l'autre, ils partirent
pour défendre leur pays et leurs famijles,
ce fut encore en patois qu'ils nous firent
leurs adieux. Et, à la fin, quand l'un

�3

L'ALAUZA D'AUVERNHA
après l'autre, frappés à mort, ils comprirent qui; c'était fini pour eux, — oh !
j'en suis sûr, — en pensant une dernière
fois à nous, leur pensée, la dernière, qui
du fond du cœur leur monta aux lèvres,
fut traduite en notre langue.
« Aussi, garderons-nous notre
parler
maternel, en souvenir de vous, morts glorieux ; nous l'apprendrons aux jeunes
comme vous nous l'avez appris à nousmêmes, et ce sera là une tâche qui nous
fera honneur et vous sera agréable. »
Alfred

RIONNET.

— Nouveaux adhérents : M. le Marquis et Mme la Marquise de Colomb, 3a,
Avenue Charles-Floquet, Paris ; M. Jean
d'Anthouard, Etudiant, 2, rue de BuenosAyres, Paris, 7e ; Mme la Comtesse de
Morteuil, Mme Missonnier et M. Roger
Chapaveyre, à Chilhac.
— Pour le renouvellement des abonnements, s'adresser au trésorier, M. Léon
Vedél, ou à la trésorière-adjointe, Mlle
Jeanne Mialon, qui en effectueront l'envoi
à l'administrateur.

« — Benés vos sieire, que bos caufarés.
« — Bene, mas laissa me anar far una
comission a l'estaple.
« — A ! mon Dieu ! mais que lo trabuge pas pels pes pas!... »
Et la filiona tombaba de paor...
Joacim, sens bronchar, atapet tota la
compissada :
« — Aco's égal, so dizia, per un curat
tant biel, a la pissa ben calla ! »
Quant lo curat aguet finit, benguet se
sieire al canton. Barret la porta en dizent :
« — Sabe pas de qu'on las aucas, mas
fon un tapage de diaple !
« — I dou aguere aquel tros d'aucas
de Soubrier que monta sobent ? Tot ara.
i anarai durbir ; benés bos sieire. »
Lo curat s'assieta al canton ; la serbenta i meta lis esclops, et i baila l'escudella de sopa que fumaba.
« — A ! cossi me vau carrar 1 Mas te
cauria anar far sortir aquel aucas que
devora las aucas.
« — I bau, mon oncle.
Passa a l'estaple, duerb la porta, et
crida :
« — Ou ! bai t'en, rabestia !
L'aucas se faguet pas pregar...
E. COUDY.
(Dialecte cantalien : région
Flour. — La graphie a -. été
mais on a laissé subsister les
tés dialectales, et, notamment

Phot. Gendre.

CLERMONT- FERU AND. — La vendange â Chanturgue.

LA.

de Sainlmodifiée ;
particulariò pour u).

Cliché Avenir'

VENDAIVGE

RÉFLEXIONS
SUR MON PAYS

l ue jolie route, pour arriver à La
Voûte-Chilhac, serait de suivre la vallée
de l'Allier en sortant de Brioude.
Vous abandonnerez alors la riche et
verdoyante limagne brivadoise pour pénétrer dans des gorges de plus en plus
étroites, à mesure que l'on remonte le
cours de la rivière.
Vous serez dans la « Ribeyre », aux
confins de la Baisse-Auvergne et du
Haut-Languedoc. C'est de ces pentes
abruptes et sauvages que les Larochefou rault-Langeac régnèrent longtemps
sur le pays, en leur seigneurie de SaintIlpize. Il ne reste plus de cette demeure que quelques murailles qui se
dressent, altières et fières, à l'entrée
de leur ancien domaine.
Cependant, le jour marche, et riant à la tâche,
Quel romantisme se dégage de ces
Les vendangeurs de choix se hâtent sans relâche.
vieilles
pierres ! Combien de fois nous
Paniers, mannes, ouvriers, remplis jusques au bord,
y fûmes souper, le soir, au clair de
S'entassent sur les chars qui s'éloignent d'abord.
lune, où l'on imaginait si bien le déLes chars d'où rejaillit une mousse fumeuse,
roulement d'un drame de la Renaissance
Vont vider leur trésor dans la cuve spumeuse ;
dans un de ces lieux habités, mainteEt la cuve, où, déjà, fermente un pur levain,
nant, par les couleuvres et les corDissout l'or de l'été dans la pourpre du vin.
beaux !
Ch. CALEMARD DE LA FAYETTE, né au Chassagnon.
Si la nuit vous surprend là, vous
aussi, ne vous y attardez pas ; mais,
comme ces pèlerins du moyen âge qui,
se rendaient, par la vallée, à Notre-Dame
du Puy-en-Velay, poussez l'étape jusqu'à mon village, et vous serez content
de vous reposer à l'intérieur des épaisSur les bords de la Loire et non loin de Mâcon,
ses murailles de l'ancien monastère, et
S'élève un joli bourg, Chamalière est son nom.
de rêver à tous ces souvenirs du passé.
Là, quatre époux futurs vont trouver un notaire,
Quand on arrive par la route de
Bobin, maître passé. Grâce à son ministère,
Brioude, on presse le pas involontaireTout est dûment réglé : les biens présents, dotaux,
ment, car la nuit tombe vite, dans ce
Tous les biens à venir, libres, paraphernaux ;
pays resserré entre les montagnes. La
Les conjoints l'ont voulu. Puis à chaque future
route est mauvaise, et l'on ne rencontre
De ses conventions Robin donne lecture :
pas grand monde, je vous l'assure. AuJeanne épouse Lucas ; Catherine, Lubin...
trefois, les voleurs se cachaient dans les
Et c'est tout le contraire. « Ah ! çà ! maître Bobin,
grottes des environs pour rançonner les
Qu'avez-vous écrit ? — Bah ! une femme vaut l'autre.
marchands, à leur retour de la foire :
Dit Lubin ; topez-là ! j'épouserai la vôtre,
aujourd'hui, dans une automobile, au
Et vous la mienne ; ainsi l'acte restera fait,
milieu de ces tournants dangereux, borEt nous épargnerons treize sous de papier. »
dés par des précipices, on ne se sent
pas davantage en sécurité.
Jules MAURIN, du Puy (milieu du xixe siècle).
Et voilà qu'à un tournant de la route,
le paysage s'éclaire, des lumières appameissant temps. Quant l'oncle biel arriraissent, puis des maisons, la vallée
L'AUCAS DE SOUBRIER
bava, era plan content de trobar la sopa
s'élargit, formant une espèce de cirpresta, lo cobert metut sus la tauleta del
que du fond duquel surgit le fier clocanton, et li sabatas callas per quitar lis
Nostre curai biel era un brabe home.
cher de La Voûte. Du plus loin qu'on
esclops.
Cofessaba ben las fennas, donaba pas la
l'aperçoit, au travers des arbres, il semAtaben, Joacim n'en profitaba. Presque
penitensa trop longa alhs homes, fazia
ble vous accueillir. Et, si c'est l'heure
cada sera, anaba passar lo temps de la
pas la messa trop longa, et li bespras
de l'angélus, leur son montera, par les
pragaria a la cura. Las potas de la
eron leu dichas. A la cadieira, ensultaba
vallées jusque dans les hameaux de la
pas degun coma quaucuns d'aquels curais neboda abion de potons amistós, et, de
montagne comme l'appel d'une mère
temps en temps, un birre de bin del curat
nobels que son totes enrufats. Tot lo
à ses enfants, et les clochers voisins,
n'era pas de refus.
monde eron contents.
d'une voix plus frêle, comme celle des
Un sera, quels bons potons lo relarAbia per serbenta una neboda plan brapetits, lui répondront.
bonella que lo sonhaba ben. Ataben, man- deron talamen que, tot d'un cop, bon
Et vous avancerez parmi les voix de
entendre lo curat qu'esclopechaba la neu
caba de res, et lo curat se carraba de la
cette pieuse famille, lentement, bien lendelhs esclops sus la peira de la porta.
veire, lo dimenche, plan craneta, et l'agatement, car sur la route, les bêtes qui
« — A ! mon Dieu, so dis la neboda,
chaba am plazer, de l'autar, coma se
rentrent à l'étable, lourdes et repues^
aqui a mon oncle ! Escon te, bistamen
ne se dérangeront pas, et encore moins
saguessa estada sa filha.
dins lo trial de las aucas ; te vendrai
Era massa debociuza sens zo estre trop.
la fille qui les garde et dont les galodurbir dins un moment... »
N'era pas parpanda, coma totas li serches résonnent sur les pierres, à peu
Et, biste, Joacim passa pel la porlona
de distance de là. Seul, le chien du
bentas de curat que, am la lenga, farion
et se ba escondre al caire del trial.
troupeau vous tiendra tête en aboyant,
trucar lo Cantau am lo mont Dora.
«
— Quant fret que fa defora ! »
si vous passez trop vite. Plus loin, ce
Per l'Abent et lo Caresma, podia pas
seront les chars de foin ou de blé,
anar a la pregaria. Am aquels mes, fa diguet lo curat, en dintrent.
Mais la vigne a senti la première gelée.
Le cep s'est dégarni, de rosée emperlée
La grappe se dilate, et, dans son grain vermeil,
Ont filtré l'ambre et l'or fusibles du soleil.
Sur les coteaux que baigne une lueur plus tendre,
Dès l'aube, mille cris joyeux se font entendre ;
Avec les travailleurs, femmes, vieillards, enfants,
Sont aussi de la fête et marchent triomphants ;
Les voyez-vous monter et courir aux corbeilles ?
Oh ! les enfants surtout ! rapide essaim d'abeilles
Dans les pampres jaunis au hasard enlacés,
Bourdonnant, butinant, les voilà dispersés.
Les plus démons, déjà tout barbouillés de mûres,
Mordent à belles dents aux grappes les plus mûres,
Puis, rougissant leurs doigts d'un vin fait sans pressoir,
Picotent grain à grain au plus jaune, au plus noir.

ERREUR D'UN NOTAIRE

!
m

LA VOUTE-CHlLtlAC.

L'Eglise, le Prieuré et le Pont.

ou, en automne, les tombereaux qui
portent la vendange en craquant.
Toute cette caravane patriarcale rentrera avec vous dans l'air mauve du
soir, toujours lentement, avec les mêmes bruits profonds et sourds, comme
les eaux qui coulent sous l'antique
pont, comme les cloches qui tintent
au gracieux clocher qui domine les toits.
Alors, vous vous sentirez pénétrer
par l'atmosphère de ce petit coin d'Auvergne où la vie coule tranquille depuis
bien longtemps.
A cet endroit, l'Allier forme une boucle, une volte, d'où le nom de la localité.
Pour se rendre à l'abbaye, il faut
traverser un pont roman qui ne manque pas 3'allure. Il servait de défense
aux bons moines contre les seigneurs
pillards des environs. Mais les temps
ont changé, et c'est maintenant le
« cours », l'èndroit chic du pays, où
les gamins se donnent rendez-vous pour
faire des pêches miraculeuses.
Au-delà du pont, se dresse une abbaye fortifiée dans laquelle est enclose
une grande église gothique aux proportions de cathédrale.
C'est dans cette enceinte, élevée sur
un éperon inaccessible qui contourne
la rivière, que les moines bénédictins
de la Chaise-Dieu virent, en l'an 900,
installer leur maison de campagne. Ils
défrichèrent les pentes boisées des alentours, y plantèrent la vigne, y semèrent
le blé. apportant avec eux, dans le
pays, la prospérité et la sécurité.
Avec les années, cette retraite s'agrandit. Sous la Renaissance, les moines bâtirent l'abbaye et l'église actuelles ; les gens d'alentour vinrent chercher
protection et abri atour des remparts
et colonisèrent, à leur tour, la contrée.
Le village était créé : on l'appela La
Vdute de Chilhac, puisqu'il dépendait,
pour les redevances, du seigneur de
Chilhac.
Au xve siècle, le doigt de Dieu marquait ce lieu en le dotant d'une petite
image miraculeuse de la Vierge, trouvée à l'intérieur d'un caillou de l'Allier
qui avait été partagé en deux par des
enfants, au cours de leurs jeux.
Notre-Dame Trouvée est devenue, depuis, la bonne hôtesse de La Voûte,
en protégeant les destinées de ce pays
et de ses enfants.
A la Révolution — triste fin des choses humaines ! — les bienfaiteurs de
la région de La Voûte furent chassés
de leur couvent que les habitants occupèrent.
Si vous voulez poursuivre le pèlerinage de nos pères auprès de NotreDame du Puy, vous traverserez
un
pays plein du souvenir des temps féodaux et de la Révolution. Chaque pic
est, pour ainsi dire, couronné d'histoire. Ces donjons ruinés, vieux nids
d'aigles, ces pitons de basalte, ces orgues
grises, véritables murailles de basalte,
cette terre rouge 'de volcan, ces bois
de noirs sapins composent à ce pays
une allure farouche et altière que la
douceur du couchant transforme et
adoucit pour le rendre si romantique.
. A quelques kilomètres du Puy, se
dresse le donjon des Polignac, seul vestige de cette puissante famille féodale,
et un peu plus loin, à un tournant de
la route, c'est un lever de rideau inoubliable sur la capitale du Velay. On
peut imaginer les cris de grâce et
d'allégresse que poussaient les pèlerins
venus de tous les coins de France, ha-

1

mmt

(Photo H. Gilbert).

rassés par les fatigues du chemin, quand,
après avoir traversé cette contrée sauvage et dangereuse, ils apercevaient enfin le terme de leur voyage.
« — Montjoie ! Saint-Denis ! Vive
Dieu et sa bonne mère Notre-Dame
d'Anis ! » criaient-ils.
Gomme nous, maintenant, ils s'arrêtaient pour se baigner dans le spectacle qui s'offrait à leurs yeux. Cette
ville glorieuse aux mille toits éclairés
par le soleil du Midi et gravitant pieusement autour de cette autre Vierge
miraculeuse, de cette Vierge Noire apportée autrefois de Palestine par les
croisés.
Le cirque naturel au milieu duquel
s'élève Le Puy est commandé par plusieurs pitons volcaniques. Sur l'un d'eux
est érigée une très ancienne petite chapelle de Saint-Michel d'Aiguilhe, véritable bijou de l'art roman auvergnat ;
un autre supporte une statue de saint
Joseph ; le plus massif — véritable
puy — surplombe la ville. C'est sur
celui-là que se dresse la colossale statue
de la Vierge tenant l'Enfant Jésus, et
qui fut construite avec le métal des canons pris sur les Russes à Sébastopol.
Le Puy, c'est l'étape sur la route de
Lyon, c'est l'embranchement de plusieurs voies vers le Midi, c'est, bientôt,
les bords du Rhône, les Alpes, le soleil de France, la Méditerranée. On ne
s'attarde pas dans mon pays ; ailleurs,
les sites sont plus grandioses, les villes plus belles, la chère peut-être meilleure, le climat plus hospitalier ; je ne
vous y retiens pas ; mais, après votre
tour de France, revenez ici. Dans mon
pays, les curiosités, comme on les appelle, ne se trouvent pas sur les grandes routes. Il faut prendre des chemins
de montagne, de mauvais, de pauvres
chemins ; il faut aller lentement ; il
faut imiter les gens du pays, et essayer
de les comprendre en partageant leur vie
durant quelque temps.
Alors seulement, en plus des merveilles que vous découvrirez, et qui seraient trop longues à vous énumérer
ici, vous apprécierez le charme de notre pays d'Auvergne.
Jean

D'ANTHOUARD.

RECETTES D'AUTREFOIS

CONFISERIE
Croustilles de Thiers. — Trois œufs,
un demi-verre de crème fraîche, i5o gr.
de sucre, de la farine, un parfum.
Battre les œui's, jaunes blancs ensemble, y ajouter le sucre, la crème, la
farine, le parfum. La pâte doit être
plus dure que celle du pain. On ajoute
la farine doucement jusqu'à ce résultat.
L'opération se commence dans une terrine, on travaille, d'abord, la pâte avec
une cuillère en bois, puis avec les mains
lorsqu'elle devient épaisse. On farine la
planche à pâtisserie ainsi que le rouleau.
A l'aide de ce dernier, on abaisse la
pâte qui est en boule ; elle doit devenir épaisse comme la grosseur du petit
doigt. On y découpe des bandes auxquelles on donne la forme de cœur.
On fait cuire ces gâteaux d'abord
dans de l'eau bouillante. On les sort
lorsqu'ils remontent à la surface. Puis,
on les met à four tempéré sur une plaque de tôle.
On peut faire des petits pains avec
cette pâte, mais on ne les cuit pas à
l'eau.
Mme Raoul DUPAIN.

�L'ALAUZA D'AUVERNHA

4

RÉGIONALISME
Mort de Mgr Marnas, êvê'que de Clermont. — Mgr Marnas est décédé dans la
nuit du 12 au i3 octobre, après une
carrière épiscopalc particulièrement bien
remplie. Son corps a été embaumé par
les Docteurs Buy et Lemarié. Des obsèques solennelles, fort émouvantes, lui ont
été faites, le 19 octobre, au milieu d'un
concours extraordinaire de population, et
avec la participation des autorités officielles.
Création d'un nouveau can'.on. — Le
Conseil d'Arrondissement de Clermont a
donné un avis favorable à la création, dans
Le Puy-de-Dôme, d'un nouveau canton dit
« canton thermal », et qui comprendrait
les communes de La Bourboule, du MontDore et de Murat-le-Quaire.

SAINT-GERMAIN-LEMBRON
« La Lembronaise ». — La jeune société de pêche « La Lembronaise », de SaintGermain-Lembron, compte déjà 23o membres. Son nouveau garde, M. François
Vantalon, a prêté serment le 20 octobre,
devant M. Pouzadoux, Juge de Paix des
cantons d'Ardes et de St-Germain-Lembron.
BRIOUDE
Aéro-Club de Brioude. — L'aérodrome
de Rrioude, complètement aménagé, est
agréé officiellement par le Ministère de
l'Air. C'est un des plus beaux de la
région.
Séance récréative à La Voûte-Chilhac.
— Le 16 octobre, un groupe de jeunes
gens de Chilhac a donné, avec beaucoup
de succès, une séance récréative à l'école
libre de garçons. La recette était destinée
à l'école libre de Chilhac.
Une belle famille auvergnate. — Le
9 octobre, les époux Vissac-Hugon, de
Dcsges (canton de Pinols), ont célébré
leurs noces d'or. Leurs enfants et petitsenfants (environ une trentaine) étaient de
la fête.

DESGKS. — La famille Vissac Hugon.

Fédération des sociétés sanflorainrs. —
Dans un but d'union et d'entr'aide, les
dirigeants des sociétés de la ville de SaintFlour viennent de former une fédération
qui a choisi MM. Jules Vert, maire, le
Dr Julhe et M. E. Vert respectivement
comme
président d'honneur,
président
effectif et secrétaire-trésorier. La fédération organisera des fêtes originales dans
le but d'attirer des touristes à St-Flour.
MAURIAC
Police du marché. — M. le Maire de
Mauriac vient de prendre un arrêté tendant à assurer la fidélité du débit des
marchandises, la salubrité des marchandises et à éviter leur accaparement. Il est
formeUement interdit d'acheter ailleurs
que sur le marché et aux revendeurs
d'acheter sur le marché avant 11 heures.
LE PUY
Elections sénatoriales dans la HauteLoire. — De nombreux candidats briguaient le mandat sénatorial.
Ont
été
élus : MM. Néron, Fayolle et MartinBinachon.
YSSINGEAUX
Inauguration d'un canton. — Le 29
octobre, a eu lieu l'inauguration du canton de Retournac, récemment créé. Après
la réception des parlementaires à la mairie,
il y eut une remise de décorations, puis
l'on inaugura divers bâtiments officiels.

Avis très important.

Vient de paraître aux Editions Messein
(ancienne Maison L. Vanier, Paris), A
l'Ombre des bouleaux, du poète Etienne
Marcenac (Prix : i5 fr.).
Tous les amateurs de poésie, tous ceux
qui aiment la vie libre, en pleine nature,
voudront lire ce livre où revit tout un
curieux pays, avec ses vieilles traditions,
ses coutumes qui disparaissent, ses gens
tout en relief, ses bêtes, ses pittoresques
paysages.
*
Le maître écrivain régionaliste, M. Joseph de Pesquidoux, dans son élogieux
avant-propos, l'apprécie en ces termes :
« Et je vous dirai tout de suite à qui
ce faire m'a fait songer, ,à Victor de
Laprade, celui de « Pernctte », ou de
certaines « Odes évangéliques », ou mieux
« de la Mort d'un Chêne », tout agité
d'un dernier grand souffle. Je sais plus
d'un de vos vers qu'il eût, certes, signés. »
A une époque où paraissent tant de
livres superficiels, si hâtivement bâclés,
A l'Ombre des bouleaux mérite d'être lu
et conservé.

Cliché Avenir
AFIN

BULLETIN DE LA SOCIETE « L'AUVERGNE » DE LYON
SIÈGE SOCIAL : 32, RUE THOMASS1N

Matinée du 30 octobre
« L'Auvergne », fondée en 1889, donnait sa première matinée du programme i932-ig33 le dimanche 3o octobre.
Une foule de sociétaires se pressaient
dans les Salons de la Brasserie Thomassin pour entendre la conférence de M.
Nougein, Président de la société.
Sous l'égide de trois écrivains auvergnats des plus notoires, Ajalbert, de
l'Académie Concourt, Henri Pourrat et
Louis Farges, ancien élève de l'Ecole des
Chartes, par un judicieux choix des
passages caractéristiques dss œuvres de
ces auteurs, le conférencier révéla à
beaucoup d'entre nous, des richesses variées de notre petite patrie. L'Auvergne
est méconnue, et faut-il dire qu'elle se
méconnaît beaucoup elle-même ?
Pour éclairer et fortifier notre amour
du pays natal, lisons nos écrivains auvergnats. Une noble fierté de notre race
sera la conclusion de la saine curiosité
des divers pays de l'Auvergne, de l'histoire si riche en grands événements comme en grands hommes. Chez nous, il
se dit : « La vie est bonne à qui fait
bien sa tâche », pour bien caractériser
cet effort discipliné qui marque l'Auvergnat.
« La Bataille du Puy-de-Dôme », à
laquelle a collaboré Henri Pourrat, y
fut évoquée et on marqua l'avantage

qu'ont pris les poètes, les artistes sur
les gens d'exploitation.
De vifs applaudissements remercièrent
sincèrement l'orateur. La partie de concert fut artistement tenue par Mme Cuisinier et M. Burlet, du Vieux Guy, M.
Aurelle et Mlle Visseyrias ; au piano,
Aille Espie.
Une entraînante sauterie, qui débuta
par la Bourrée, termina la réunion.

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Dans la dernière réunion, la Commission des fêtes a arrêté le programme
suivant :
1. Matinées gratuites comportant causeries, concert et sauterie, de i4 h. 3o
à 17 h. Brasserie Thomassin, les derniers dimanches d'octobre, de novembre, janvier, février et le 4 avril.
2. Arbre de Noël, le jeudi 32 décembre, de i4 h. 3o à 17 h. : Brasserie
Thomassin.
3. Grand bal annuel, le samedi 4
février ig33, de 21 h. à 6 h. : Salons
du Palace Hôtel.
4. Grand concert, annuel, le premier
samedi de mai ig33, de 20 h. 3o à
23 h. 3o : Salle Rameau.
5. Assemblée générale.

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Union des Amicales
de la Basse-Auvergne.

1933

« Le Bousset » (Arrondissement d'Lssoire). — Bureau pour iÇ)S2-ig3t\ : Président : Ch. Bounoure, 17, rue Pavée
(ff) ; Secrétaire : Larrigaldie ; Trésorier : Nicolas, 16, rue des Roses (18'') ;
Assesseurs : Mme J. Pagenel, i4, Bd de
la Gare (i3c) ; Mme P. Bounoure, 5i,
rue de Rivoli (icr).
1932
5 novembre. — « IJO Covize », Amicale : Banquet et Bal (Coquet).
6 novembre. — «Amis de Chignore» :
Matinée dansante (Hôtel de Russie, 32,
rue des Batignolles).
12 novembre. — Brassac :
Soirée
artistique et Bal (H. de Russie).
20 novembre. — « Chaîne des Dômes » : Assemblée générale ; Sauterie
(2, Passage Miollis).
26 novembre. — «Amicale d'Issoire»:
Banquet annuel et Bal (Gillet).
Il décembre. — «Amis de Chignore»:
Matinée dansante (H. de Russie).
10 décembre. — « Chaîne des Dômes » : Banque et Bal (Globe, Bd StrasIxnirg).

1

Le Puy.

Imp.

—

«

La Haute-Loire ».

i4 janvier. — « Amis de Chignore » :
Banquet et Bal (Vianey).
28 janvier. — Union des Amicales :
Réunion des Bureaux des Amicales.
5 février. — « Amis de Chignore » :
Matinée dansante (II. de Russie).
Mati-

QUINQUINA " l&gt;K

5 mars. — « Amis de Chignore » :
Matinée dansante (H. de Russie).
Mati-

iK quinzaine de

juin. — « Lo Covize », Amicale (Sortie champêtre).
NOTA. — Les dates des banquets du
« Bousset », d'Ardes, de Brassac, de
Billom ne sont,pas encore fixées. Elles
seront données en temps voulu.

« Lis Esclops »
Le banquet annuel aura lieu le 26 novembre au Restaurant du Palais des
Expositions, Porte de Versailles.

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BULLETIN D'ABONNEMENT
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5 mars. — « Lo Covize », Amicale :
Matinée dansante (Coquet).

rue

Les Bonnes JVUisops

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8 janvier. — « Lo Covize », Amicale : Matinée dansante (Coquet).

16 mars. — « Sugérienne » :
née dansante (Vianey).

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EYGUIÈRES (B.-du-R.)

18 décembre. — « Sugérienne » :
Matinée dansante (Vianey).

12 février. — « Sugérienne » :
née dansante (Vianey).

Agent :

PAUL MATHIEU

6. Fête d'été, en juin.

PARIS

« Lo
Covize de l'Escoba de Limanha ». — Réunions mensuelles :
4eme mercredi, à 8 h. 45, café Voltaire,
Place de l'Odéon (Conférence, Félibréé, danses auvergnates au son de la
chabrette ou de la vielle). Directeur :
Colonel E. Pessemesse, 29, rue des Favorites, Paris, i5°.

Le Gérant : H. GILBERT.

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Calendrier des réunions annoncées
Saison 1932-1933

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Una man lava l'autra, et totas doas lo
vizage.

Programme de 1932-1933

AURILLAC
Mort de M. Armand Delmas. — M.
Armand Debnas, qui était une des personnalités marquantes de l'arrondissement
d'Aurillac, et dont l'œuvre littéraire était
appréciée, est décédé le 12 octobre, au
château du Bouyssou. Tout le monde connaît ses deux livres : « Les Menettes de
Roumégoux » et « L'Armoire au linge
blanc ».
SAINT-FLOUR

A L'OMBRE DES BOULEAUX

L'administrateur de « L'Alauzad'Auvernha » nous signale que, par suite
du non payement d'un trop grand
nombre d'abonnements — certains retards remontent à deux ans — la vie
du journal est en péril.
II suffira, nous en sommes sûrs, de
dgnaler cette situation à nos amis pour
qu'ils se hâtent de 153 mettre en règle.
Et, au cas où il sarait nécessaire de
faire recouvrer, par la poste, le3 abonnements majorés des frais, nous leur
demandons de réserver un bon aecueil
aux traites qui leur seront adressées.
Adresser les envois compte ch. post.
Lyon : Q-553, M. Antoine Gilbert, 3,
Place des Tapis, à Lyon.

CLERMONT-FERIUND

Suppression du centre d'Aulnat. — Le
gouvernement vient de supprimer le centre
d'entraînement
des
pilotes de réserve
d'Aulnat. Raison d'économie ! Des démarches actives sont faites pour son rétablissement, car la défense nationale est en
cause.

A NOS ABONNÉS

D'AUVERNHA, à partir

un

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à L'ALAUZA

du

Au nom de M

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profession
domicile
Bureau de poste d
Un an : France, 15 lr. — Etranger, 25 fr
10 fr pour les sociétaires du « Covize de l'Escola de Limanha ».
Envoyer ce bulletin en y joignant un chèque-postal
des Tapis, á Lyon. — Compte Chèques-Postaux 9-553.

à

M.

ANTOINE GILBERT,

3,

Place

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              <text>L'Alauza d'Auvernha : organe de la Maintenance d'Auvergne et des sociétés auvergnates à Paris. - 1932, n°42 (Novembre)</text>
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              <text>Gilbert, Henri(1874-1955), Directeur de la publication</text>
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              <text>L'Alauza d'Auvernha (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/12715"&gt;Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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              <text>Gilbert, Henri (1874-1955)</text>
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              <text>Calemard de La Fayette, Charles (1815-1901)</text>
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              <text>L'Alauza d'Auvernha. - 1932, n°42 (Novembre) </text>
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          <name>Contributeur</name>
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