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                  <text>QUATRIEME ANNEE. - N° 31.

Le numéro mensuel : 1 fr. 50. Etranger : 2 fr. 50.

OCTOBRE 1931.

COMITÉ DR RÉDACTION :

Henri GILBERT
42, Rue des Salins,
Clermont-Ferrand

M. BUSSET.
A.

CASATI.

C.

CHACORNAC.

J.

CHANSONNIER.

I)' A.

L.

Administration :
■ Imprimerie
LA
23,

HAUTE-LOIRE
Boulevard

Carnol

DF.LANEF.

DELHOSTAL.

L.

FAR G ES.

.1

FRFYCH.NET.

H.

GILBERT.

A

G1I.I1ERT.

V.

GUIDY.

P. MAMET.

Le Puy-en-Velay

E.

MARCENAC.

L.

MAURANNES.

H.

.1

Chèques-Postaux :

NOUGEIN.
PAGENEL.

L'-C'

176 81

E.

PF.SSEMESSE.

RAOUL
F.
R

Téléphone :

D

DUPAIN.

ROCHEZ.
E

ROUX

Mlle B. ROZIÈS.

ue Piiy : 1-32

ORftMd* la MAINTENANCE &lt;!'AUVERGNE *\ des SOCIETES ARMATES á PARÍS

LLEJOURNÉ
Les Fêtes du 13 Septembre

LA yOUTF.-CtIIL.HAa — Costumes locaux,
L'.\ncie.n Prieuré.

La Maintenance d'Auvergne, qui a
l'habitude de remporter de beaux succès,
n'a pas menti, cette année encore, à sa
réputation.
Malgré les « braderies » de Clermont
et du Puy, et diverses autres manifestations qui devaient retenir l'attention
du public, l'acampada annuelle du dimanche i3 Septembre, à La VoûteGhilhac, avait attiré une foule ardente
et enthousiaste.
Il est vrai de dire que M. d'Anthouard,
maire et félibre mainteneur, avait donné
ses soins vigilants et éclairés, en collaboration étroite avec le bureau de la
Maintenance, à l'organisation générale de
la fête, et que toute la jeunesse de La
Voûte et de Sairtt-Cirgues avait apporté
une aidie efficace.
Une mention spéciale doit être faite
de l'appui que nous avaient prêté tous
les journaux régionaux en publiant des
articles pour annoncer notre félibrée.
Nous nous plairons de nommer : « L'Avenir du Plateau Central », « Le Moniteur », « La Montagne », « La HauteLoire », «La Tribune », « L'écho de
Brioude », « L'Abeille Brivadoise ».
« Le Puy-de-Dôme à Paris », et même
« Lo Gai Saber », de Toulouse.
De plus, « L'Avenir », « Le Moniteur»
et « La Montagne » avaient mis bien
vue, à la vitrine de leurs Salles des Dépêches, à Clermont, quelques-unes des
affiches que la municipalité de La VoûteChilhac avait fait imprimer en assez
grand nombre. Plusieurs exemplaires die
ces affiches étaient exposés également
dans la salle des Pas-Perdus de la Gare
de Lyon, â Paris. Nous en exprimons
ici toute notre gratitude à nos bienveillants confrères et à la Cie P.L.M.
Le Cortège
Si ces préparatifs aidèrent au succès
de la journée, le soleil joua aussi un
rôle important. Favorisé par le beau
temps, le cortège des costumes anciens,
auquel s'était joint le groupe de 1'« Escolo Oubernhato», qui venait d'arriver,
parcourut les principales rues de La
Voûte et se rendit au Monument aux
Morts de Saint-Cirgues, paré, pour ^ la
circonstance, selon les indications de 1 ai-

(Photo H. Gilbert;

mable maire, M. Fournier. Au retour,
conduit par le chabretaire Delpuech,
d'Aurillac, il s'arrêta devant le Monument aux Morts de La Voûte, afin d'y
déposer des fleurs. La Délégationn du
groupe artistique de F « Escolo Oubernhato » exécuta magistralement l'hymne
de circonstance composé par son Directeur, notre arriï, M. Louis Debrons. M.
Roc, Professeur au Lycée d'Aurillac, accompagnait à l'harmonium obligeamment
prêté par Mme la Directrice de l'Ecole
Libre. Ce chant fit une grande impression sur la foule qui s'était jointe aux
félibres.
La messe Félibréenne
A la grand messe, célébrée en l'église
paroissiale, beau monument historique,
par M. Mazet, Curé-Doyen, l'assistance
était .celle des plus grands jours.. M.
l'Abbé Aurelle, Curé de Vieille-Brioude,
prononça un remarquable sermon en
langue d'oc. Eypressions piquantes, tour
aisé, langue abondante et harmonieuse,
toutes ces rares qualités firent que l'orateur charma littéralement son auditoire
dont la joyeuse surprise égalait le contentement. Au vœu que nous formons
d'entendre souvent M. l'Abbé Aurellie.
nous joignons celui de pouvoir publier,
quelque jour, son précieux sermon de
La Voûte. Et puissent d'autres prédicateurs imiter souvent M. l'Abbé Aurelle!
La Chorale de nos amis d'Aurillac
rehaussa la cérémonie par ses chants
artistiquement exécutés. Melle Madeleine Viards, l'une de ses solistes, se fit
remarquer par le talent avec lequel elle
interpréta « Prégario d'enfant », de
M. l'Abbé J. S. Mathieu, de 1'« Escolo
Oubernhato », Curé d'Ytrac. Les chants
religieux se terminèrent par l'audition
du chœur « Parlo me de Diu », du
regretté Abbé Four.
Le Banquet
Le banquer félibréen, auquel prirent
part une cinquantaine de convives, eut
lieu à midi à l'hôtel Ferrand. Il était
présidé par M. d'Anthouard, Ministre
Plénipotentiaire, Maire de la VoûteChilhac. Autour de lui se trouvaient
MM.B. Vidal, majorai, Chabiscou (pré-

P. SABATIER.
L.

TESTUD.

TE-CH1L
sident) de 1' « Escola de Limanha »,
représentant le Capoulier du Félibrige;
Henri Gilbert, Maître en Gai Savoir,
vice-syndic de la Maintenance d'Auvergne
et Directeur du « Covise de l'Escola
de Limanha » ; Louis Drbions, vicesyndic de la Maintenance d'Auvergne
et viee-capistol de 1' « Escolo Oubernhato » ; Mme Debrons ; MM. Auguste
Archaud, adjoint au maire ; le Dr Ferlut, conseiller général ; Charles Marcel,
de l'académie de Clermpnjt, le Lieutenant-Colonel Pescemesee, et L. Maurannes, Conseillers du « Covke de l'Escola de Limanha » ; A. Blanchet, Mestre
d'Obra, Trésorier de 1'« Es.oa de Limanha » ; Melle Alice Marcel ; Mme Touchard ; MM. Antoine Gilbert, secrétaire
général de 1' « Auvergne », de Lyon ;
Justin Rolland, Conseiller d'Arrondissement du canton de Ruines ; Jules Roc,
Professeur au Lycée d'Aurillac; Archaud,
huissier, secrétaire de la Mairie ; Pierre
Mamet, membre du Comité de Rédaction
de « L'Alauza d'Auvernha » ; Antonin
Trauchessec, de Mende, représentant les
félibres du Gévaudan ; E. Fournier, de
Saint-Flou^ représentant les félibres sanflorains : Vizade, expert ; Ménabé, Receveur de l'Enregistrement ; H. Noir-Gardél, Mme Noir-Gardel et leur famille ;
Melles Madeleine Viards, Lydia Prax,
Jeannette Versèze, Marcelle Versèze, Jaanne Méchy, Renée Gaillard, Antoinette
Maisonobe ; MM. Cuelhes, père et fils ;
Manau, Faubladier, Combourieu, Cubiers, Griot, Camille Delpueih ; E. Coudy, Instituteur en retraite ; Victor Gérard, venu de Paris ; Mme Gérard et
Melle Solange Couard ; M. Fernand Roche. Plusieurs convives ayant pris part
au banquet sans se faire inscrire, au
préalable, nous nous excusons de ne
pouvoir les nommer.
Le menu ne comprenait que des mets
de la région et il était rédigé en langue
d'oc. En voici le texte :
MANTENENSA
TAULADA

D'AUVERNHA

DELH

DlME-N'CHE

3 de setembre de ig31

I

ves

LA

VOÛTA

DE

CHILHAC

(Auta Leira)
LISTA DELH MA.NGEAR
Taslas Io geambon de Sent Oupize :
Es de bona part, ieu vos zo dize.
Pucissa la lebre de ves Chilhac
Voi rebiscolara l'estomac...
Pracó, li gatm de ves li Badas
Voi demandon nias d'esser mangeadas...
Et lo dindonet
De ves Souvanirgues ?
Quana sabor!... D aquelh coquinet!...
Se n'en parla dins tot lo Chalirgue.
Et, per lis pastets de ves Blassae,
Portas n'en, si vos plai, mais d'un sac !
...Anem parle pus : dengun m'escouta,
Que lis parsigeas de ves La Voula,
Li razims de ves Sent Cerguc an l'honor,
Et lo vin delh cubel delh prior !
Lo Cafe ? Oc ben : tot de per teira ;
Mas chau Vaigardenl de la Ribeira !
Aora, si nostre espartinar
Vos conven, n'aurès mas de tornar...

tier, A. Saugues, René Faure et Mme
Faure ; Dr Faure et Mme Faure ; Victor
Coudert ; Molles Roziès, Mary Laffont,
Collet ; M. Raoul Dupain, Mme Dupain
et leur famille ; MM. Joseph Charbonnier, Louis Tison, A. Borde, P. Moulin,
Louis Levadoux, Mme et M. Stéphane
André; MM. Etienne Marcenac, H. Dommergues, E. Pagès, le peintre Maurice
Busset, Mme Busset ; M. l'Abbé Raymond ; M. F. Rodiez, Mme et Melle
Rodiez ; MM. V. Guidy, E. ' Desforges,
Dr Balme, Bonnefoy, Massebœuf.
M. d'Anthouard prononça ensuite le
discours suivant :
Discours de M. d'Anthouard
Mesdames, Messieurs,
Vous avez choisi Lavoûte-Chi'.hac pour
tenir une de ces séances de gai-savoir,
où vous ressuscitez les manières, les
chants, le vieux parler de jadis ; soyezen remerciés. Notre accueil est modeste
comme notre commune, mais il est cordial et sympathique ; nous sommes heureux et fiers dé recevoir les membres
eminents du Félibrige de Clermcsit, de
St-Flour, d'Aurillac, de Meude, et souhaitons qu'ils emportent de leur visite
un souvenir agréable.
Je m'excuse d'enfreindre la règle de
ce jour en vous parlant en français du
xxe siècle, car je ne suis Auvergnat
que de cœur et d'alliance, ma petite
patrie d'origine est la Lorraine, un pays
où le patriotisme est d'autant plus vif
qu'il a été éprouvé au tours des siècles
par les cruautés des invasions et des
guerres. Si j'ajoute qu'une bonne partie
de mon existence s'est écoulée à l'étranger vous comprendrez aisément que je
suis d'autant plus sensible aux mérites
de l'œuvre que vous accomplissez et que
l'on pourrait qualifier d'un mot : cultiver dans la joie l'amour du sol natal.
Quoi donc, ce siècle orgueilleux à
juste titre de ses conquêtes scientifiques
a-t-il quelque chose à gagner à entendre
un langage que ne parlent plus guère
que des paysans ou quelques érudits ?
Cette exhibition de costumes vieillots
offre-t-elle de l'intérêt à part des indications archéologiques et les avantages
què les ménagères trouvent à donner de
l'air aux étoffes enfouies dans les coffres ? Et ces danses naïves n'apparaissent-elles pas gauche* et empruntées,,
si'òn les compare à l'épilepsie et à la
sensualité de la chorégraphie africaine
ou américaine dès dancings modernes ?
Oui, mille fois oui, nous avons beaucoup à apprendre en nous retournant
de temps en temps vers le passé de notre
race.au cours de notre vie fiévreuse et,
j'ose le dire, écervelée. Il est bon de se sou-

venir de l'ancienneté de notre civilisation.
Elle ne date pas d'hier, ni d'un siècle
mais de vingt. C'est la persévérance
de nos ancêtres qui l'a créée goutte à
goutte à travers des vissiciludes innombrables et parfois effroyable;. Au temps
de ma jeunes:e, on parlait de sa décadence et cependant dans les terribles
épreuves infligées au monde moderne
notre résistance ne vaut-elle pas, si elle
ne la dépasse, celle des nations les plus
puissantes ? Ce chef-d'œuvre de variété et d'unité, d'harmonie et de mesure
qu'est la douce France est-il égalé ?
Ëxiste-t-il un pays où l'union soit plus
intime, je dirai même plus feendre jentr^
l'homme et ' le sol au point qu'elle se
compare aux liens filiaux et maternels ? Il faut avoir vécu dans l'exil,
avoir été privé
du charme de notre
patrie pour comprendre sa place unique
dans le monde, son rôle de premier
plan dans le mouvement civilisateur, savoir de quelle admiration et aussi de
quelles convoitises elle est environnée.
Avec les prodigieux moyens de communication que ce "siècle a créés, elle
est devenue le carrefour non seulement
de l'Europe, mais de la planète. L'étranger y accourt en foule ; mais cet envahissement pacifique, s'il a des avantages, a aussi ses dangers.
La France est accueillante, primesautière, éprise des nouveautés que lui apportent ces hôtes dont beaucoup, d'ailleurs, se fixent chez elle et font souche
de bons patriotes. Encore faut-il que ses
traits naturels ne s'effacent pas sous ces
importations étrangères. TVotre expérience est assez riche pour subvenir à nos
besoins et s'il convient de l'enrichir encore il importe de le faire avec discernement, de n'absorber que ce qui est
adapté à notre nature. Et voilà précisément où le Félibrige, qui sous forme
de passe-temps agréable, entretient la
conscience de notre passé, la notion de
sa valeur, rend des services utiles.
Messieurs, Lavoùte-Chilhac a un passé
local dont elle s'enorgueillit. Il y a six
ans, nous fêtions le aooème anniversaire
de la fondation de son monastère par
Odilon de Mercœur, abbé de Cluny, mais
la volte qu'y trace la rivière, l'épanouissement de sa vallée, • le carrefour des
routes naturelles qui y convergent, ont
dû en faire, en des temps beaucoup plus
reculés, un lieu d'habitation humaine.
Notre rivière elle-même a une ancienneté
peu commune puisque, d'après les géologues, elle serait la plus vieille d'Europe.
Et « lo bon vin delh païs », que vous
goûtez en ce moment, et qui fait sauter
comme un chevreau, chante un poète
local, ne vient-il pas de ces vignes plantées au long de la Ribeyre, il y a près

Enric Gilbert, de ves Chilhac,
Mestre en Gai Saber.

Au, dessert, M. d'Anthouard prit la
parole, au nom de la Municipalité de la
Voûte-Chilhac. Il présenta, tout d'abord,
les excuses d'urr certain nombre de nos
amis qui avaient fait connaître l'impossibilité où ils se trouvaient, pour des
raisons diverses, d'assister à nos fêîes :
MM. le Dr Albert Delanef, syndic de
la Maintenance ; Joseph Pagenel, Procureur de la République ; Pierre Saba-

LA VOUTE-CHILHAC. — Le Monument aux Morts.

(Photo .M. Vincent)

�2

L'AL AL ZA D'AUVERNHA
los cosires, los enganaments manqueran
pas ; mas la pensada suprèma de Mistral
era que mau-grat tot l'iluzion contunia
de faire avansar la nau, e nos ajuda
à acomplir la tacha fin qu'au chap.
S'es pas lou miradou,
fasin comme se l'èro,
lan-lère, lan-lèro,
E vogo la galèro !

LA VOUTE CHILHAC
(Photo M. Vincent)

Senhe Conse, Mos chars Félibres,
Buvi à la ciutat de la Volta-de-Chilhac
que nos reoet, anueit, à son municipe,
à la prosperitat d'aquest caire graciós
dou nostre char país, brindi au Félibrige,
à la lenga d'oc, à nostras escolas sorres,
à vautres totis e, coma se deu, de tot
mon cor, à nostra bèla Auvernha que
nautres, que sabem, que nautres, patriotas conscients, volem, segond sa crana
devisa : « tojorn avans ! ».
Benezet VIDAL.
M. Henri 'Gilbert parla ensuite:

de 4oo ans, par les moines vignerons
de Pébrac et de Viel Briouc!©, à ce cpi'affirme le savant archéologue Paul Le
Blanc ?
Voilà des titres die noblesse qui en
valent bien d'autres, n'est-il pas vrai,
et qui font un cadre à souhait aux évocations du passé avec lesquelles vous
allez nous charmer tout à l'heure.
Mais je m'excuse de vous parler de
nous si longtemps ; le moi, même au
pluriel, est haïssable. Nous avons hâte
de vous entendre, de vous applaudir, car
votre renommée vous a précédés depuis
longtemps.
A. D'ANTHOUARD.
Ce discours, dans lequel se montre,
avec une aimable simplicité, l'homme
d'expérience et de savoir, fut coupé,
à différentes reprises, par des applaudissements nourris.
Vint ensuite la série des brindes en
langue d'oc. Elle dut être réduite au
strict minimum, à cause de l'approche
de la félibrée.
Voici le blinde de M. Vidal :
Brinde de Benezct Vidal
« Es lo segond cop, mosur lo Conse
et char felibre, qu'avem l'onor d'estre
recebuts per vos, e mon promier dever
sara de vos dire, per nautris tots, un
corau gramaci per vostra tant genta
et tant freirenala acuiensa.
Aquel acamp, aprep lo de Sant-Flor
que nos a laisat en totis una uroza remembransa, sara, se me vóletz creire,
una comunion d'esprits e de cors enso^leiats, coma dis lo Capolier Jouveau ;
un dinar d'amies e d'ornes que volon
l'union, en fora de tota politica, de tot
interès personau, de tot orguelh ; car
l'union es la forsa que nos es tant necesaria per obrar. Avem de bezonha
davans nautres, e es pas dins l'esfors
que l'obrier deu calar ; avem a luchar,
e es pas dins la lucha que Tome deu
molar ; avem davans nautres de nemics,
de nemics d'autant mai à cranhe que
sabon pas, que nos secutons per inhorensa lo mai sovent, e, so qu'es pire, per
mauvaza fe; e es pas davans l'enemic
qu'un bon sodart deu pensar à sa persona, mentre que s'agis alor de sauvar
lo drapeu.
« Lo Félibrige, aco's vautres, dizia
lo Capolier à Pau, ou jan, vautres, lis
sodards que dis Aup à l'oucéan, tenetz
la linha de combat ; vautres que devetz
progresar darrier vostis capitanis d'activa ; vautris que, per aco, devetz cercar
lo coide à coide trop sovent neglegit
e même refuzat; vautres que, se metiatz
à portar en avans la doctrina mistralenca
autant d'aspretat e d'ardor que n'en
nietetz à Vos criticar d'un regiment à
l'autre, auriatz una victori mai segura,
mai procha, mai completa.
« Se voletz que lo Félibrige fague
quaucaren, fau renoncialr i jmarridis metodas. Fau pas que lo capa sortit dis
escolas mespreza lo capa sortit dou reng,
qu'a beleu melhora vista e melhora ratella qu'eu, e fau pas subretot qu'un tors,
per se grandir, jite l'iesoorna sus lo cors
vezin ! »
Aquelas paraulas dou nostre capolier las devem meditar e faire nostras
à tots moments de la vida e de nostra
obra de félibres. Aco's mon véjaire e
n'en dirai pas mai, uros de vos veire
prou nombrós e devots à mon entorn.
E de la resta m'enchauti !
Sem los filhs dou grand Imalhanes, m
quau, so que lo monde sab pas gaire,

Brinde de Enric Gilbert
Damas, Mossurs, Chars Cofraires,
Si H monges de ves La Vouta eron
demorats dins aqueste priorat, n'auriam
pas agut bezon de faire lo Félibrige per
reviscolar nostre eime nacionau.
Et beleu, d'es cunes de nos autres serian
estats de gais trobadors, et lo prior
nos àuria badadas lis portas de son riche
priorat. Mas, sem mas de paures félibres, et, a défaut de prior, un de li nostres, Mossur d'Anthouard, conse, nos
recep per la vila de la Vouta et per
sa jurada.
Ai vist, chars cofraires, tot so que
Mossur d'Anthouard a fat per azegar
la festa et tota la pena que s'es donada ;
ai vist, amais, comas es estada afogada
tota la joinessa de la Vouta et de Sent
Cergues. Estapauc, devem grammaciar,
per la Maintenensa, M. d'Anthouard et
tot lo monnde de l'encontrada, sobretot
li drollas et li drolles quez an mudat
am li vestiments d'autres cops.
Et vos devem grammaciar, vos mais,
chars Cofraires et amics de 1' « Escolo
Oubernhato «, que nos avés tant ajudats ; vos, delh « Covize de l'Escola de
Limanha », que sés venguts de tant
luan ; vos, de 1 « Escola de Limanha »,
et vos félibres de Sent Flor et de Menda.
Ses un trop grant tropel per ésser
nomats totes ; mas hi a un corau grammaci per chascun de vos autres.
So que nos acampa, aco es la cauza
que volem menar sens falhensa et d'un
cuer valhent.
N'ai geaut que sajas venguts dins
mon pa'is : de segur, vós aura agradat.
Per ieu, mais lo veze, et mais lo trobe
brave, et mais l'aine ; et sei benaize de
Cridar :
Viva La Vouta de Chilhac !
Enric GILBERT,
Enfin, M. Louis Debrons termina en
apportant le salut de 1' « Escolo Oubernhato » :
Brinde de Louis Debron
Damas, Mossurs, Cars félibres,
Bos espaorucassias pas, ma parlicada
6era pas longa.
Bole solament dire grant merces a
Mossur lo Baron d'Anthouard, mai-mestre de La Vouta, per l'amistoza aculhensa quez a faita a la delegacion del
grope artisfic de 1'«Escolo Oubernhato».
Grant merces, ataben, al brave amie
Enric Gilbert de la simpatia frairala
que nos temonha cade jorn mais que
mais.
Grant merces amb vos autres aici
prezents et amb tot lo brave monde
qu'aqueste matin a escoutat tant religiozament nostres cants al monument
as Morts et a la senta messa.
Ai a cur de bos donar l'asseguransa
qu'en Nauta-Aubernha gardarem longtemps lo sovenir d'aquesta acampada.
Bos en dize pas mais, pertau qu'après
lo crâne espartin que benem de faire,
et maugrat lis gentes brindes que benem
d'auzir, deu tardar a mais d'un d'anar
felibrejar. Auria méissanta gracia de
lis faire languir.
Barre donc mon batarel, mais non,
praco, sens quilhar mon beire a bostra
santat et tot so que vos regarda, et a
la prosperitat de la lenga mairala 1
Lois DEBRONS.
Ces trois brindes furent écoutés avec
attention et applaudis.

La Félibrée

à Mme la directrice de l'Ecole Libre
pour avoir mis aimablement à notre disposition l'harmonium et le piano d'accompagnement.
« L'Alauza d'Auvernha » fut aussi de
la fête : son numéro spécial, richement illustré par le peintre Gabriel Moiselet, et consacré tout entier à la région
de La Voûte-Chilhac, se voyait dans de
nombreuses mains.
Après la séance le Jury eut à examiner — chose malaisée ! — les costumes anciens, afin de proclamer les lauréats dont on trouvera les noms d'autre
part.
Le soir, un souper amical réunit de
nouveau les félibres à l'hôtel Ferrand,
et le repas, fort gai, se termina comme
« [tout ,fin(i : par des chansons... » Après
la « Coupo Santo », on se sépara, non
sans regret.
La journée de La Voûte a si bien atteint son but qu'une société félibréenne,
dont les bases avaient été jetées avant
la félibrée, s'est formée dans la localité : c'est la nouvelle société qui organisera les fêtes félibréennes, au mois
d'août de l'année prochaine.
De si beaux résultats font grandement honneur aussi bien aux habitants
de La Voûte-Chilhac qu'au Félibrige Auvergnat.
Henri GILBERT,
Vice-syndic
de la Maintenance d'Auvergne.

Mais on ne s'attarda point à table,
car un public impatient commençait à
garnir la curieuse place de l'église sur
laquelle devait avoir lieu la félibrée.
Bientôt, l'estrade, artisîement décorée
de verdure et de drapeaux, par les soins
des jeunes gens et des jeunes filles, 'dirigés par la toujours dévouée Mme Allègre,
fut environnée d'une foule curieuse et
sympathique, dans laquelle on avait plaisir à revoir de gracieux costumes locaux.
M. Vidal, à qui la présidence de la
félibrée avait é'.é offerte, prononça une
allocution riche d'enseignernments. Puis,
la séance commença, devant un auditoire
de plus de huit cents personnes.
Le groupe artistique de 1' « Escolo
Oubernhato », sous l'habile direction
de M. Louis Debrons, fit entendre le
chœur « Cobreto et Cobretaires » (E.
Pagès et L. Debrons). M. Hippolyte
Noir, de Brioude, dit une de ses charmantes poésies : « Mon Village ». M.
Faubiadier, de 1' « Escolo Oubernhato »,
lui succéda et chanta avec beaucoup d'expression « Nius et Flours », de l'Abbé
Mathieu.
M. Maurannes, de Channat, dérida
l'assistance avec son conte « Lis chambalhas de la Fonsina », et le rire se changea en admiration, pendant l'exécution
de la « Bourreio de quatre », par les
danseurs de 1' « Escolo Oubernhato »
(chabretaire Camille Delpuech). M.
Fournier, de Saint-Flour, était venu dire,
en vers, sa sympathie aux félibres de
la Basse-Auvergne. Son « Salut a l'Escola de Limanha » fut très goûté. Melle LE GROUPE FELIBREEN
A LA VOUTE-CHILHAC
Madeleine Viards, avec le « Regret de
lo Postourello », qu'elle chanta d'une
L'entrain dont avait fait preuve la
voix large et bien timbrée, nous transporta, comme en un beau rêve, dans jeunesse pendant l'organisation de la
les vastes solitudes de son pays cantalien- fête s'est retrouvé, lorsqu-il a été quesHenri Gilbert, de Chilhac, dit un de ses tion de former une société félibréenne
contes du terroir, « Lo Batejar delh dans le canton de La Voûte-Chilhac.
M. d'Anthouard est félibre mainteneur
Rejnaud ». Après la « Suite de Bourrées
chantées, de L. Debrons, par les chan- à vie depuis fort longtemps. M. Alfred
teurs de 1' « Escolo Oubernhato », le Rionnet s'était fait inscrire avant le i3
maître conteur Pierre Mamet fit rire septembre. Depuis ccette date, le Féliaux larmes l'auditoire, en attendant la brige compte, en outre, dans notre ré« Bourreio de seis », qui fut dansée gion, les membres suivants : Mme et
M. Vital Allègre, Mme Ferrand ; Melles
avec brio par nos amis d'Aurillac.
Ce fut une occasion pour M. Vidal Juliette Roche, Marinette Vincent, Sude venir présenter ses louanges « A la zanne Belmont, Jeanne Josency ; MM.
Borreia ». Le « Regret à Lison », de Matìrioe Roche, Auguste Archaud, EmiMgr Géraud, nous fit admirer la voix le Roche ; Mme Brezun (Chilhac), M.
puissante et harmonieuse de M. Cuelhes. René Brezun, banquier à Lyon (Chi'.hac).
Mme et M. le Dr Albertin, ainsi que
Mais notre rire, un moment éteint par
ce beau chant, s'alluma de plus belle Mme et M. René Darcis, qui passent,
lorsque cet impayable Pierre Mamet vint depuis plusieurs années, leurs vacances
nous conter l'odyssée de « Mau penchinat dans notre pays, ont tenu, par sympathie,
en Paradis ». Et ce fut dans ce bien- à donner leur adhésion. Nous les remerheureux séjour que nous entendîmes cions de tout cœur de cette adhésion
Melle Madeleine Viards et M. Faubladier comme de leur brillante participation au
chanter leur « Bailero » des bergers de concours de costumes.
Le groupe a un Bureau provisoire qui
la Haute-Auvergne... Avec le conte des
est
composé de M. Auguste Archaud
« Penitents », de H. Gilbert, Alphonse
Blanchet nous ramena à Chilhac, en (président), de M. Alfred Rionnet (sepays vignoble, dans l'intention, sans dou- crétaire) et de Mme Allègre (trésorier).
Le Bureau sera complété et deviendra
te, de nous mieux faire savourer « Lou
Vin del Fel », ce chef-d'œuvre de Ver- définitif au cours d'une prochaine essemblée générale.
menouze. qu'il dit ensuite...
Des réunions seront tenues cet hiver,
Et Blanchet, toujours vaillant, lança,
avec
le programme suivant : courte cauavec beaucoup d'à propos, un vibrant
appel à tous les assistants pour les en- serie (avec projections, autant que posgager à former un groupe félibréen sible), contes, poésies, chansons du terdans le canton de La Voûte-Chilhac. roir, danses du pays. Une félibrée sera
M. d'Anthouard, qui prit la parole le organisée, par le groupe, probablement
dernier, appuya les exhortations de notre dans la première quinzaine d'août 1932.
Une bibliothèque sera à la disposition
ami.
des
SEULS membres de la société. Pour
Le chant entraînant de Louis Debrons,
« Que soui fier d'estre Oubemhat »,. la former, un appel a été adressé à tous
magistralement exécuté par le groupe les félibres. L'un d'eux, M. Charles
artistique, termina cette grandiose ma- Marret, Conseiller du « Covize "die l'Escola Ûe (Limanha », de Paris, a déjà réponnifestation félibréenne.
Le succès de tous les félibres fut du en offrant généreusement une cinconsidérable. Tous les numéros, surtout quantaine de volumes. Nous l'en remerles danses, étaient salués d'applaudisse- cions chaleureusement. D'autres dons
ments sans fin. Plusieurs durent être nous parviendront sans tarder.
M. Alfred Bionnet, Ingénieur, à Saintrepris. C'était la preuve que notre lanCirgues, par La VoûteChilhac (Hte-Loigue, abandonnée, bien à tort, hélas !
par trop de nos compatriotes, est riche re) reçoit les envois de livres et les adhéet harmonieuse, et qu'elle excelle non sions au groupe. Que toute la jeunesse et tous ceux
seulement dans la satire, mais encore
qui veulent travailler à la prospérité de
dans réloquanoe et le lyrisme.
Si nos amis n'avaient pas hésité à notre région de La Voûte lui apportent
entreprendre un voyage très long, pour leur adhésion.
quelques-uns, au moins étaient-ils réHenri GTLBERT.
compensés de leur peine par la faveur
que le public leur prodiguait. M. Debrons, Directeur du groupe artistique
de 1' « Escolo Oubernhato », ainsi que
ABONNEZ-VOUS !
M. Jules Roc, leur habile pianiste-acCOMPATRIOTES, abonnez-vous à
compagneteur, peuvent être fiers de leurs
artistes, car ils ont fait beaucoup pour
l'Alauza d'Auvernha!
le succès de la journée.
Tout nouvel abonné a droit à une
Nous n'oublierons pas de les remercier, pour notre part, ainsi que tous ceux annonce de 4 lignes. Envoyer le texte
qui ont contribué, par leur aide ou par en même temps que le montant de
leur présemoe, à la réussite de la fête. l'abonnement.
Un remerciement particulier doit aller
Bulletin d'abonnement en 4e page.

LA VOUTE-CHILHAC
(Photo M. Vincent).

LE CONCOURS DE COSTUMES
Une des parties les mieux réussies
de la fête félibréenne a été, sans contredit, le concours de costumes locaux.
Les concurrents ont mis — et ils méritent d'en être loués — la meilleure bonne volonté et le plus grand empressement à chercher de vieux costumes, non
seulement à
Voûte et à '^aint-Cirgues,
mais encore dans tous les villages des
environs. Leurs recherches ont été des
plus fructueuses, puisque l'on a pu présenter des vêtements datant du xvine
siècle. Et si l'on a admiré l'originalité
et même la beauté de ces nombreux
échantillons des vêtements de nos aïeux,
on n'a pas été sans remarquer, en même
temps, la parfaite tenue de ceux qui
les portaient, et c'est un beau compliment que le jury tient à leur adresser.
Composition du jury.

Mme Debrons et Mlle Viards, du
groupe artistique de 1'« Escola Oubernhato » ; MM. B. Vidal, président de
1'« Escola de Limanha » ; Henri Gilbert et Louis Debrons, vice-syndics de
la Maintenance d'Auvergne ; Alphonse
Blanchet, trésorier de 1'« Escola de Limanha » ; Charles Marret et L. Maurannes, conseillers du « Covize de l'Escola de Limanha » ; Jules Roc, professeur au Lycée d'Aurillac ; Pierre Mamet,
du Comité de Rédaction de « l'Alauza
d'Auvernha ».
Voici" les noms des personnes ayant
pris part au concours :
Mmes la Marquise de Colomb, J. Darcis, Denise Roche, Duchâteau, Pegon,
Ménabé.
Mlles Yvonne Dauphin, Marie-Louise
Barthélémy, Marguerite Bouvard, Juliette Roche, Germaine Archaud, Gabrielle Manuby, Edith Villadieu, Alice
Josency, Angelina Roche, Alice Delair,
Marinette Roche, Marie-Louise Vigier,
Germaine Vigier, Marinette Besson, Marinette Vincent, Pierrette Chaumet, Madeleine Delorme, Raymonde Roche, Marguerite Brezun, Suzanne Belmont, Noëlle
Vedel, Simone Vedel, Madeleine Vedel,
Renée Vedel, Georgette Varache, Madeleine Ferlut, Marguerite Vizade, Henriette Vizade, Louise Bourdon, Louise
Portai, Marie-Louise Fournier, Irène Duchâteau.
MM. Jean d'Anthouard, Claude d'Anthouard, Darcis, Docteur Albertin, Govache, Alfred Rionnet, Louis Pegon.
Maurice Roche, Emile Roche, Marcel
Gervais, Cyrille Clergue, Xavier Archaud, Antonin Roche, Gaston Bourdon, Jean Josency, Jacques Brezun, Aimé
Mottet, Marcel Ceret, Régis Vigier, Joseph Barthélémy, Ménabé, Alfred Rigaud, Ambroise Roche.
La note suivante résume l'avis du
Jury :
« En présence du nombre considérable et de la haute qualité des costumes présentés, le Jury avoue son embarras pour récompenser, comme il le
mérite, l'effort artistique des jeunes
femmes, jeunes filles et jeunes gens,
et il proclame que cet effort est un des
plus considérables parmi ceux qu'il a
déjà rencontrés ailleurs. »
Les prix suivants ont été décernés :
Prix hors concours : Diplômes.

Couples
M. et Mme Darcis.
Docteur et Mme Albertin.
M. et Mme Maurice Roche.
M. et Mme Govache.

�Personnes isolées.
Mme la Marquise J. de Colomb.
Mlle Orthon.
Mlle Crâne.
M. O'Connell.
Prix offerts par la municipalité
et par Mmes Darcis et Albertin ;
MM. Charles Marret,
René Brezun, B. Vidal, A. Blanchet,
H. Gilbert.
IER

Prix :

io

francs.

Mme Duchâteau, Mme Pegon, Mlle
Marguerite Brezun, Mlle Jeanne Josency, M. Louis Pegon.
Second Prix : 5 francs.
Mme Roche-Jarlier; Mlles Madeleine
Vedel, Villadieu, Alice Delair, MarieLouise Vigier, Marinette Vincent, Pierrette Chaumet, Marguerite Vizade, Yvonne Dauphin, Gabrielle Manuby, Noëlle
Vedel, Marie-Louise Barthélémy, Renée
Vedel, Simone Vedel.
MM. Jeannot Roche-Jarlier, Jacques
Brezun, Marcel Gervais, Gabriel Bon,
Gaston Bourdon, Alfred Rionne-, Emile
Roche-Laurent.

Due FNhna de 13 ans
L'école communale de Mercœur, dans
laquelle M. Victor Coudert, Instituteur,
accomplit une œuvre si remarquable, a
l'insigne privilège de posséder une félibresse de i3 ans, Mlle Octavie Berthet.
Le conte qui suit, entièrement composé par notre jeune compatriote, n'a
été retouché qu'en ce qui concerne la
graphie. Nous sommes sûrs que nos lecteurs nous sauront gré de le leur présenter.
LO MARIDAGE
D'UNA CHATA El D'UN RAT
Un jorn qu'uha chata se promenava
dins un graner, vediet un rat de grossa
mena.
Aquelh rat lhi agradet.
La chata s'arrestet, pueissa s'avanset
a petites pas vers lo rat que se volia
sauvar et que trobava ges de trauc. Et
d'una voes fina cridava lo rat, quez
avia paor, et lhi dizia :
« — Escouta, rat gris, vaze te faire
assaber una novella que t'agradarà : voles-tu te maridar am ieu?
« — 0 ! 0 ! quina bona ideia ! »
lhi respondeguet l'autre, que trembla va.
0 voudrai ben com'aco, si me prometés
de non me mangear.
« — Segur, una fenna mangea pas
son home !
« — Aco es dit ! »
Li dui novis partigueron per covidar
sis parents : rats, chats, chatas et Jaupas.
Lo jorn arribat, fagueron una brava
festa comensada per un grant repais.
La novia et lo novi danseron totes
dos, tant contents que podian esser. Se
galeron delb biais.
Li muzicians, aco era un gros chat
espanhol et un rat de goteira am una
longea coa. Eron montais subre doas
caissas.
L'espanhol tirava un acordeon, et
aquelh das ooverts chantava a plena
gorgea et gratava una velha.
D'un cop, son vezin, mau content das
chansons d'aquelh de la coa pelada, lhi
bailet un cop de dent dins la cueissa :
« — Moaic ! Moaic ! » cridava lo
paure rat que tombet de sa caissa et se
faguet una bossa pelh front.
« — Paure chantaire », lhi digueron
li mandats, avés begut una chaupina de
trop...
« — M'en parlas pas, acos es aquelh
mauvas chat que m'a fait chaire ! »
Tot lo monde ploravon et plangion lo
musician.
Lo sonheron, et tornet prener sa plassa subre la chadeira ; mas non passet
trop pres de l'espanhol ; ee botet dins
lo caire.
Quant se sagueron pro coflats, s'en
aneron.
Quauques jorns pus tard, lis maridats,
quez avian tot despensat, n'avian ges de
sous, et l'armagea era voida. La chata
et lo rat eron mau contents.
La chata, empacientada, fazia anar
sis arpions et espiava delh costat de son
home, que n'auzava pas bolegar...
Un sera, que roflava, la chata, que

crabava de' fam, sautet subre lo rat,
l'estianglet et lo manget sens lo planger.
Paura bestia !
Octavie BERTHET (i3 ans),
de ves Mercoira.

UNIVERSITE DE CLERMONT
Conférence de M. Germonty
sur les patois du Massif Central

L'Université de Clermont avait organisé, cet été, une série de conférences
destinées aux étudiants étrangers qui éLA BRADERIE DE CLERMONT
taient venus passer leurs vacances en
Auvergne.
Parmi ces conférences, deux avaient
été réservées à M. Germouty, Inspecteur honoraire de l'Enseignement Primaire, pour traiter ce sujet : « Les
Patois du Massif Central. »
La première eut lieu le vendredi 3i
juillet ; l'autre, le mardi l\ août. Comme elles forment un tout, nous allons
les analyser successivement.
M. Germouty révèle, d'abord, à son auditoire qui, sans doute, l'ignorait, l'existence de dialectes provinciaux, en France,
dialectes qui peuvent ee grouper en deux
catégories : ceux dé' langue d'oïl, au
nord, auxquels se rattache la langue
française, et ceux de langue d'oc, au
sud, ainsi nommés d'après le mot qui
traduisait l'affirmation. Il indique, ensuite, succinctement, la ligne de séparation entre la langue d'oïl et la langue
d'oc. Cette ligne a été fixée par les travaux de MM. de Tourtoulon et Bringuier. Les différents dialectes de langue
d'oc sont : le limousin, le gascon, le
languedocien, le provençal et l'auverCLERMONT. — Mademoiselle Gavaldà et son
gnat. En Auvergne, la langue 'est loin
magasin, rue Saint Dominique.
d'être unique ; elle varie, depuis la déOn « brade » beaucoup, parait-il. cadence, de village à village, insensibledans le Nord, et l'on s'en trouve bien. ment, mais elle varie et se présente sous
Donc, puisque « c'est du Nord, au- la forme de nombreux patois aux limites
jourd'hui, que nous vient la lumière », oonfuses ; ces patois, en Haute et en
on a voulu imiter nos bons Flamands Basse - Auvergne, sont caractérisés enet Clermont a « bradé » les 12 et i3 tre autres, par l'abondance des terminaisons sonores.
septembre.
Puis M. Germouty parla des travaux
On avait organisé des réjouissances,
les commerçante avaient installé des éta- sur la langue d'oc d'Antoine Thomas,
lages alléchants, des réclames puissantes d'Albert Dauzat et de 1 abbé Rousselot
avaient renversé tous les obstacles, telles qui tint la chaire de phonétique expériles trompettes de Jéricho, et les gens mentale, à la Sorbonne, et de l'Atlas
étaient venus en foule, d'un peu par- linguistique de Gilliéron. Il termina sa
tout, en si grande foule que c'en première conférence èn parlant des reétait merveille, tant on était pressé, ser- vues félibréennes : « L'Alauza d'Auverré, étouffé, écrasé... On se serait cru nha » et « Lo Cobreto ».
Dans sa seconde conférence, M. Gerà la fameuse bousculade de Juvisy, où
cent mille personnes, hommes, femmes mouty ne s'en tint plus aux généralités,
enfants, müitaires, tassées devant la gare, mais fit une étude philologique de nos
chantèrent, durant quatre heures... son dialectes.
Au point de vue phonétique, on consfait au malheureux chef...
Tant et si bien que les Auvergnats, tate, dans les patois d'Auvergne, la vaque l'on dit si froids, montrèrent, à riation des valeurs des voyelles : le x
n'en pas douter, que ce n'est pas l'en- est inexistant, le v disparaît dans certhousiasme qui leur manque, mais plu- tains pays (Aurillac) et est remplacé par
tôt l'occasion. L'occasion étant belle, les un b. Certains sons ne peuvent pas être
12 et i3 septembre, ils ne manquèrent rendus par les signes graphiques à notre
pas de la saisir aux cheveux, bien que disposition et doivent être d'origine celtique : parmi ceux-ci, la prononciation
ce ne soit plus la mode.
Enfin, tout le monde, par la ville, limagnaise du cl, dans clar, cleda, clau,
était « en grand Messie » : les uns, cos- etc.. Quant au chuintement du c et de
tumés comme nos grand-pères, d'autres l's , il fci'est pas généralement employé.
Puis, le conférencier étudie la lexico— des femmes, bien entendu — comme
nos grand'mères. Jusqu'aux jeunes en- logie auvergnate. 11 signale que les mots
fants qui portaient les vêtements des patois n'ont pas toujours le même genre
que les mots français correspondants.
neveux de nos arrière-grands-pères.
Une loterie monstre avait fait naître Ainsi, la Caresma, la serp, Yespiga, la
d'immenses espoirs ; elle laisse, hélas ! sau, Vangla, la lebra (ou la lebre) sont
de nombreuses et poignantes déceptions, du féminin.
Le dialecte auvergnat est riche en
car chacun attendait que la primaquatre
synonymes
: on dit una olha et una fes'arrêtât, comme dans un conte bleu,
devant sa maison, ce qui était vraiment da ; una ega et una cavala. La grammaire auvergnate se rapproche de celle
déraisonnable.
des
autres langues latines.Cependant, dans
Maintenant que tout est rentré dans
la norme, on ne songe qu'aux bienfaits une grande partie de la Basse-Auvergne
de la bienheureuse « braderie » : pen- et de la Combraille, on forme le pluriel
dant que tout le monde s'est amusé com- des noms féminins en changeant le o
me une troupe de petites folles, les com- final en a. Devant les noms propres,
merçants ont réalisé des affaires d'or. on emploie constamment l'article : la
Loîza, la Jana. L'auvergnat est aussi
Il n'en fallait pas davantage.
riche en diminutifs pour les noms et les
Et l'on recommencera peut-être...
adjectifs. Dans tout le sud&gt;, on supHenri GILBERT.
prime le pronom devant le verbe.
En dernier Heu, M. Germouty étudie la httérature d'oc contemporaine
LA SAN FLOUNTT A
en Auvergne, cite les almanachs qui.
Nos amis de Saint-FIour viennent de comme T« Armanac d'Auvernha », profonder un groupe artistique dont le pagent, dans les milieux paysans l'amour
but principal est de rénover les vieilles de notre langue ; il mentionne encore
danses et les vieux chants d'Auvergne. les journaux félibréens comme LernouVoici la composition du Bureau qui zi, Lou Bournat, Lo Cobreto et l'Alauvient d'être élu : Présidents d'honneur., za d'Auvernha, puis il étudie sommaident du Syndicat d'Initiative ; A. Bou- rement l'œuvre de quelques auteurs canniol, président de la « Sanfloraine », à taliens : Brayat, Veyre, Vermenouze et
Paris. — Président actif, M. le Dr Ju- Delhostal.
Enfin, pour clore la séance, il chante
lhe ; vice-président, M. J. Pouderoux ;
MM. J. Vert, maire ; E. Deydier, prési- quelques bourrées de nos montagnes.
Ces conférences ont été particulièreDirecteur, M. A. Selves ; Secrétaires, M,
P. Fournier et Mlle L. Bouniol ; Tréso- ment goûtées par le public. 11 est vrai
riers, M. Jean Vert et Mlle Glasson. — que M. Germouty connaissait à fond
Membres du Bureau, Mlles J. Bac, C. son sujet, et qu'il a su, d'autre part,
Renaudie, S. Oradour ; MM. Froment, mettre en relief les idées et les choses
principales dans un sujet tellement toufM. Bouniol, B. Erignac.
Toutes nos félicitations aux fonda- fu que d'autres s'y seraient irrémédiateurs, et nos souhaits cordiaux de pros- blement perdus.
Louis LEVADOUX.
périté à la nouvelle société.

SALUT A L'ESCOLA
DE LIMANHA
Braves gens de La Volta, avets prou oouvidat
De monde un pauc pertout et mais les Auvernhats:
Aquï nous o!...sem pTeste à vantar vostras ot&gt;ras;
Nio forsas pels papiers qu'on mina de caps
[d'obras.
Et Gilbert, mais Vidal n'on fabricat mais d'un...
Vene de Nalta Auvernha qui sent lo salvajun ;
Per un pauc m'afinar, ai quitat lo mieu caire
Et sei vengut ici per veire vostre esclaire :
Sens faire de faissouns dise qu'es à mon goust,
Que meissounals les vers coma pel mes d'aigoust
Naltres medom lo blat! ...L'( Escola de Limanha-)
Qu'es plena d'en avont, un cop de mais temouha
Que sa cola es nombrousa, falsida de talontt«...
Lonja vida à « L'Alauza » et totes ses efontsl...
E.

MON

FOURNIER,

de Sant Flour.

VILLi/lGE

Mon charmant paradis terrestre
Est mon cher village natal,
Plus tranquille qu'un site alpestre
Et plus beau qu'un mas provençal.
Sous le doux nom de La Rochette,
Il est connu tout à l'entour ;
Il garde, au bord de sa plaoette,
La maison où je vis le jour.
Son front est couronné de chênes,
L'épais taillis des Renaudins
Fait naître les claires fontaines
Qui vont baigner tous les chemins.
Les échalas, en longues lignes,
Jalonnent les vieux ceps tordus ;
Par le mont, s'étalent les vignes,
A l'ombre des hauts pins fourchus.
En revoyant ce coin d'Auvergne,
Mon cœur de plaisir bat soudain ;
Je reconnais, de loin, le vergne
Qui croit à l'angle du jardin.
Je me vois, jouant sur la Coste,
Et Jarlier, Dissac, Fontanon :
Trois braves tombés à leur poste...
Eternel hommage à leur nom !
Ensemble aussi, nous menions paître
Et les vaches et les brebis ;
Jamais le vieux garde-champêtre
N'eut à nous traiter d'ennemis...
Chers souvenirs de mon jeune âge,
Combien vous m'êtes précieux !
J'aimerai toujours le village
Où reposent tous mes aïeux !
Hippolyte

NOIR.

CONTES DE LA LUNEIRA
Nous pensons faire plaisir aux nombreux
souscripteurs des « Contes de la Luneira »,
de Henri Gilbert, en leur annonçant que l'ouvrage est à l'impression et qu'il paraîtra avant
la fin de l'année. JLes personnes qui désirent
souscrire les exemplaires restants doivent se
hâter, car les « Contes di la Luneira u, ont'
un tirage restreint et ne seront pas en librairiel
Nous rappelons que l'ouvrage est illustré par
le peintre Gabriel Moiselet. En souscription :
prix 2 5 fr. (tirage de luxe. 4o fr.) — Adresser
le 'montant de la souscription à l'imprimerie
« La Haute-Loire », 23, Boulevard Carnot,
Le Puy (Hte-Loire). Compte chèques-postaux
105-92. ClermontiFerrand.

Voir en quatrième page nos maisons
recommandées. Nous prions nos lecteurs de leur réserver leurs commandes.
PUBLICATIONS
DES FELIBRES D'AUVERGNE
Nous pensons intéresser nos lecteurs en
leur donnant, peu à peu, la bibliographie
des félibres de la Maintenance d'Auvergne.
Notre distingué collaborateur Pierre
Mamet, qui connâit admirablement son
pays," a publié une collection de brochures et de nombreux articles.
Voici les titres de ses brochures :
Artistes instinctifs ; Chaliergues et Eaux Pendantes ; Veillées d'hiver au village ; Petits métiers d'autrefois ; Le vieux pont de la Bajasse
sur - l'Allier ; Le Pont d'Anis ; La Dentelle au
pays des sapins ; La sélection professionnelle
ai» collège ; César en Velav ; Les passages d'Allier à Langeac ; Vieille-Brioude : les ponts.
Le Régionalisme (Moniteur) ; — Mon four
banal ; Les muletiers en Velay-Auvergne ; Navigation sur l'Allier ; Bacs et péages d'Allier ;
La misère en 160.I (Abeille Briv.) ; — Le Chemin des Pères, de La Chaise-Dieu à Chanteuges
(la Huut--Loire) : La Hau'e-Loire à vol d'oheau
(Europe illustrée) ; D'Aurat à Fix (HteiLoire) ;
L'é:ole-terra-se; Compagnons du tour de France;
Un intrus au chapitre ; La neige en VelayAuvergne ; De Vichy à Vichy, par un baguenaudier ; Un pont de bois à la Bajasse ; Les
grands domaines aux Eaux Pendantes ; Il faut
planter des arbres ; La crue de Courgoux
(ig3o) ; Dans les vignes ; Monistrol-sur-Loire
(Abeille 'tìrivadoise) ; Pont-de-Lignon (La HteLoire).

« LA COVIZADA »
en dialecte brivadois
avec une traduction française et des
notes étymologiques
par Henri GILBERT,
est le recueil des vieilles légendes que
nos aïeules contaient dans les covizes.
Il doit être dans toutes les bibliothèques.
En vente : au Puy (librairie Boitaud,
boulevard Saint-Louis) ; à Lyon (librairie Badiou-Amant, 7, rue du Plat) ;
à Brassac-les-Mines (Librairie Rapp) ;
à Clermont - Ferrand (Librairies de
« L'Avenir », rue Blatin, et Guidât, Arcades de la Préfecture) ; à Royat (librairie « A la Plume d'Or ») ; à Paris
(librairie Occitania, 6, passage Verdeau,
et chez l'Auteur).
Prix : 12 francs (franco, i3 fr.).

LIS CHAMBALHAS
DE LA FONSINA
Joanton, lo petassaire de ves La Vouta, avia una drolleta, la Fonsina, esvelhada, mais bravoneta coma'n jorn. Marchava sobre sis quinze ans que, dezera,
lougeira et chaudeta, se fazia — melh
que chalia — am quauques drolles.
Sa maire, la Marianon, quez avia passat per aqui d'avant que se maridar,
aguet leu compres de que n'en virava.
Mas, testeira et destracada elh chap, la
Fonsina escoutava ni consels, ni reproches de sa paura maire.
Pelh dimenche de li Raspans, aquesta
lhi diguet :
« — Anem, aqui as Pascia que ven.
Te chau anar faire un torn elh confessador : n'en déves aver grant bezon... Nostre bon curat trobarà ben lo biais de te
razonar. »
La Fonsina escoutet et s'anet jassar
elh fond de la gleiza, raze lo fenestron
de la barraqueta.
Aqui, aco s'embolhet. Quant l'aguet
auzida, lo brave cura lh'eschampet, lo
roge elh frant, en bofant de malissa :
« — N'as pas honta de te chargear
de tant de mauvas pechats ? Anaras tot
dreit dins l'enfern, si non fazes penitensa d'aora en lai !... Pueissa, escouta
aquela bona bezonha, d'avant que t'entornar : quant l'an rossina am li drolles,
chau jamais despassar lis chambalhas...»
Sobre aquela espoussada, la Fonsina
partiguet sens sonar mot.
Una mezada d'aqui, lo curat, que fazia un pauc de virada per lis charreiras,
s'arrestet davant l'anta delh petassaire :
« ■— E ben, Joanton, so diguet, coma
vai ta drolla, despueis que, per Pascia,
la Marianon me la mandet elh confessador ?
« — Ai 1 m'en parlassias pas, respondeguet lo petassaire. Ieu creze que nostra paura Fonsina a virat la cocorella...
« — Seria simpla ? faguet lo curat,
estonat. Et per de que?
« — Per so que veze, despueis que
s'es confessada, que s'entesta per nozar
sis chambalhas a l'entorn de soncuelh..»

LA S1ATUE MARTELEE
Les journaux espagnols "signalent en
la déplorant la stupide mutilation dont
vient d'être victime une statue fort populaire à Madrid, une Cybèle qui orne
une belle fontaine du dix-huitième siècle. Des barbares demeurés inconnus
ont, à coups de marteau, défiguré la
déesse, et brisé l'un de ses bras... Comme ce dernier portait un sceptre, ils
ont dû prendre la divinité païenne pour
une figure royale !
La fontaine en question est l'œuvre
d'un sculpteur français né au Puy en
1720, Robert Michel, qui fut directeur
de l'Académie des Beaux-Arts de SanFernando, et mourut à Madrid en 1785.
Quant à la statue défigurée par des
vandales, elle fut taillée par Francisco
Guttierez.

POUR LA BEAUTE des PAYSAGES
DE FRANCE
La Ligue des Amis des paysages de
France, qui s'est récemment constituée,
va adresser aux conseils généraux une
lettre dans laquelle elle leur demande
d'émmettre un vœu contre les panneauxréclame. Ce vœu a été déjà voté dans
l'Eure.

�L'ALAUZA D'AUVERNHA

4

RÉGIONALISME
Escola de Limanha
Le dimanche 2 août, 1'« Escola de
Limanha » donnait une « felibrejada »
dans la pittoresque ville de La ChaieeDieu qui a su conserver au milieu de ses
bois de pins la vieille langue auvergnate..
Après avoir visité les richesses architecturales de la ville, les félibres furent
reçus amicalement par la municipalité,
pttjs ils allèrent entendre la messe pendant laquelle la chorale de l'Escola, dirigée par M. et Mme Stéphane André,
chanta en langue d'oc. A la sortie de
l'église, précédés par la fanfare, ils se
rendirent devant le monument aux morts
pour y déposer une gerbe.
Puis, à (midi, tout le monde se trouva
réuni à l'hôtel Terminus, où fut servi
un excellent déjeûner. A la fin du repas,
M. le majorai Vidal remercia les autorités locales qui s'étaient dévouées pour
nous recevoir.
A trois heures, la félibrée commença
devant un public restreint, mais enthousiaste, et qui 'avait surtout la compréhension aisée de tous les dialectes
d'Auvergne. Le groupe i'élibréen ouvrit
la séance par l'exécution remarquable de
deux chansons populaires : Rossignolet
qui chante et Aval au fond del prat.
Puis, le Chabiscol prit la parole, fréquemment interrompu par les applaudissements. Il rappela ce que fut, jadis,
La Chaise-Dieu, et exhorta les auditeurs à ne point délaisser leur patois
ni leur bourrée, précieux héritage de
leurs ancêtres.
M. Gripel chanta ensuite La Fialaira
et Maluros qu'a una fenna, qui sou'eva
le rire de l'assistance, Mlle Laure Vidal
sut charmer tout le monde avec Lo
Cor de ma mia et La Roza.
M. Delhcstal, majorai du Félibrige,
venu exprès du Cantal, s'excusa de parler un dialecte un peu éloigné de celui
du pays, ce qui ' ne l'empêcha pas da
se faire bisser. M. Serre, de sa voix
chaude et prenante, chanta « Les Cigales », de Chabrier, et souleva l'hilarité générale avec la Chanson del vin.
M. Blanchet récita avec l'âme qu il sait
y mettre, A la Borreia, de Vidal, et
deux poésies de Vermenouze. M. Louis
Levadoux interpréta ensuite deux fables de l'abbé Jarsaillon : Lo Gland et
la Cogorla et La Graula et h Reinart.
Mme S. André fit rire encore une fois
la salle avec les chansons moqueuses de
nos grands-pères. M. Vidal revint en
scène pour 'dire Lo Chamin de Sa?it
Jacques.
La chorale termina enfin la séance en
chantant Mon païs, de l'abbé Four, et
En passant par le bois.
Somme toute, excellente journée de
propagande dont le souvenir restera longtemps dans la mémoire de ceux (qui y ont
assisté.
Louis LEVADOUX.

THIERS
« Automobile-Club d'Auvergne »
La section de Thiers de 1'« Automobile-Club d'Auvergne » vient d'ouvrir
une permanence, 3, rue Pasteur,
à
Thiers.
Cette permanence se met à la disposition de tous les automobilistes pourleur fournir les renseignements nécessaires concernant les formalités fiscales
ou administratives et les sites touristiques de la région.
Le Comité engage tous les automobilistes de la région à se faire inscrire
au plus tôt.

OUBLI VOLONTAIRE
M. de B... — Ah ! ma chère amie,
nous sommes perdus : votre mari sait
tout.
Madame de L... — Comment? Quelque lettre surprise.
M. de B...
- Point du tout.
Madame de L... — Une indiscrétion ?
Line méchanceté de quelques-uns de nos
amis ?
M. de B... — Non.
Madame de L... — Eh bien ! quoi,
qu'est-ce ?
M. de B... — Votre mari est venu ce
matin m'emprunter cinquante louis.
Madame de L... — Les lui avez-vous
prêtés ?
M. de B... — Sur-le-champ.
Madame de L... — Oh bien ! il n'y
a pas de mal ; il ne sait plus rien.
CHAMFOBT (1741-1793), né à Theix.
(Petits dialogues philosophiques).

NOS SOCIETES
« Union des Amicales de la Basse-Auvergne ».
— Soirée le 23 janvier.
« Lo Covize de VEscola de Limanha
re- I
prendra la série de sss réunions au mois de |
novembre. Le premier covize sera présidé par j
Mlle Amélie Murât. Pour tour, renseignements,
s'adresser au secrétaire général, M. Pierre Sabatier, il, rue de l'Evangile, Paris — 18.
&lt;: LU Esclops ». — Assemblée
dimanche 20 octobre, à 20 b., salle
10. Bd. Beaumarchais. — Banquet
vombre, Parc des Expositions ÍPorte
les).

générale le
Cbansonia,
le 21 no- 1
de Versail- i

' Il a été tiré de ce numéro 5 exemplaires sur
papier de luxe, au prix de 5 fr. S'adresser à
l'imprimerie du journal.

« L'Alauza d'Auvergna » commencera, dans
son prochain numéro, la publication de « Au
temps de la Diligence », par C. Chacornac, Provi&amp;eur Honoraire du Lycée Condorcet, « Du
haut des sommets étoilés du Massif Central »,
par Mme Raoul Dupain, « Veillées d'hiver au
village », par Pierre Mamet.

I

-- Nom prions les secrétaires d'amicales de
vouloir bien envoyer les communications relati- .
ves à leurs sociétés à M. H. Gilbert, //2 rue des 1
Soins, Cl'rmont-Ferrand.
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Demandez le numéro spécial sur La VoûteChilhac (1 fr. 5o)

« Les sources de lumière »
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BRIOUDE : « L'Abeille Brivadoise ».
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S'adresser à M. Alfred Prody, avenue
Jean-Jaurès, Aurillac (c/c postal numéro 88-77, Clermont-Ferrand.

BULLETIH DE LA SOCIÉTÉ « L AUVEBGHE » DE LYON
Discours prononcé au Banquet de
la Fête d'Eté par M. i\oug&lt; in,
président de « l'Auvergne».
Mesdames, Messieurs,
J'ai à vous présenter les excuses de
MM. François-Marsa1, Gheusi, Beau, Petit, Aubert, Roiret, Salarnier, Marche,
Pranal, qui pour des rakons de santé
ou dïmposàbiüté, ont été empêchés ds
venir.
Monsieur Gousseau, notre intention,
cette année, a été d'honoier la corporation du bâtiment et d'offrir la présidence de cette fête à Monsieur Canque,
président de la Fédération des Syndicats
patronaux du bâtiment die la région du
Sud-Est. Des circonstances imprévues ont
appelé brusquement Monsieur Canque à
Paris et nous privent de lui exprimer
la sympathie respectueuse de notre Association, car nos compatriotes forment
certainement la majorité des affiliés à
F organisation qu'il dirige avec une bienveillante autorité si justement appréciée.
Mais nos regrets sont très atténués par
votre présence, cher Monsieur Gousseau,
MM. Roiret et Petit qui auraient bien
voulu être ici, m'ont fait part de votre
haute compétence, de vos brillants états
de service, et la Fédération patronale
du bâtiment en déléguant son secrétaire
général à notre manifestation, nous a
fait un honneur que nous ressentons
vivement. Nous n'oublions que, sous la
présidence de M. Martial Paufique,
« l'Auvergne » a eu une période d'activité particulièrement bienfaisante et
nous espérons que votre concours ne
noue fera pas défaut pour ramener à
notre œuvre les quelques anciens entrepreneurs qui nous ont oubliés après la
grande guerre et les jeunes qui nous
ignorent encore. La corporation du bâtiment, et la Société 1'« Auvergne » sont
deux organisations inséparables. Nous
remercions Mme Gousseau de vous avoir
accompagné et nous la prions d'agréer
nos hommages les plus respectueux.
Nous avons le plaisir de revoir à notre
fête M. Perret, adjoint au maire de la
ville de Lyon. Votre dévouemient, cher
Monsieur, à de multiples œuvres, de
bienfaisance, votre qualité de président,
des « Gas de l'Allier », votre sympathie
pour notre Société, sont des titres dont
la valeur ne pouvait échapper à Monsieur Herriot, et la délégation dont vous
avez été l'objet nous cause une grande
joie. Veuillez remercier M. le Maire,
qui est, par ailleurs, président d'honneur de la Société « l'Auvergne » et
croire à notre profonde amitié pour
vous et pour la Société que vous dirigez
avec tant de distinction.
Je n'aurai garde d'oublier de remercier les membres de la presse. Vous ne
cessez, Messieurs, d'accorder généreusement une place préférencielle à nos
communiqués et votre présence nous permet de vous dire publiquement notre
gratitude. Le but principal de cette
presse éducative que vous représentez,
est de créer ou d'aider tous les courants

d'idées susceptibles d'améliorer la vie
sociale ; ce but, est aussi le nôtre, car
« l'Auvergne » est avant tout un centre
d'activité pour le bien moral et matériel de ceux qui se rangent sous son
drapeau.
J'aime a croire que les amis qui sont
venus éprouver l'hospitalité auvergnate,
garderont un agréable souvenir de cette
journée. Leuur présence confirme, les'
liens de profond attachement qui uiïiseent « l'Auvargnfe » à la population lyonnaise depuis près d'un demi-siècle. Au
nom de nos sociétaires, je les remercie.

(A suivre).

L'abondance des matières nous oblige à remettre au mois prochain le compte rendu du livre
de M. Joseph Bérard : « Lignes » .
Le Gérant :

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par 1 bouteille.

Puy. — Imp.

Le

"Vieille I icxiienr*
VRAI REGAL

Mes chers Amis,
Votre Conseil d'administration a voulu que j'assume les charges de la présidence : c'est un grand honneur pour
moi, mais c'est aussi l'accroissement de
charges qui étaient pourtant déjà lourdes et que j'aurais préféré déposer. J'ai
accepté parce que j'ai confiance en votre (amitié, parée que je crois à la colidité
des lieiis qui nous unissent et parce que
le mot « pessimisme » est absent du
vocabulaire auvergnat.
Au cours des quatre années pendant
lesquelles j'ai rempli les fonctions de
secrétaire, les témoignages de sympathie
que vous m'avez accordés ne se comptent pas ; ils ont constitué, certes, le
meilleur stimulant de mon activité, et
si je les avais moins éprouvés, j'aurais
insisté davantage auprès de mes collaborateurs pour réclamer plus de repos.
Le C. A. composé de vos amis, expression vivante de « l'Auvergne » de Lyon,
tant par la valeur sociale de ses membres, que par leur dévouement, m'a
promis son concours et vous pouvez être
assurés, chers compatriotes, que nous
nous empljoieiron|s à fortifier 'encore notre
Société et à multiplier ses bienfaits pour
qu'elle soit digne de nous et de notre
cher pays.
Nous ferons tous nos efforts pour
consolider votre union et que « l'Auvergne » soit, ainsi que je le disais à
l'Assemblée générale, un phare dont ks
rayons bienf aisants iront rappeler à .tout
Auvergnat résidant à Lyon, que nous
sommes là pour l'aider à vaincre l'adversité.
Il y a 4a ans, et nous ne le dirons
jamais assez, que notre Société existe;
l'esprit qui inspira son vénéré Fondateur, M. Talion, doit rester intact. C'est
pour lui obéir que nous luttons contre
l'égoîsme destructeur, que nous revendiquons hautement les qualités et les
traditions de notre race. « L'Auvergne » sera une Société de Bienfaisance
car la solidarité n'est pas un vain mot
pour l'habitant des montagnes. Nos anciens ont dû partager bien des misères
^ous la chaumière qui les abritait pendant
que les orages déracinaient les vieux
fayards ou que Yécir sifflait à travers
les congères. « L'Auvergne » sera une
Société de régionalisme, car notre pays
est beau et nous sommes fiers de son
passé. Pourrait-on nier que les victoires
que vous avez remportées, Messieurs,
dans les batailles de la vie, ne sont pas

suivra sa marche en avant, avec une volonté tenace, elle progressera selon la
tradition qui fait de l'ascension un devoir pour tout Auvergnat qui se respecte.
Le pessimisme n'a jamais pu élire
domicile au pays de l'air pur et vivifiant, au pays des larges horizons, au
pays des gas robustes et forts que n'effraient pas les tempêtes. Vous, tout particulièrement, les jeunes, soyez optimistes, non seulement dans l'avenir de la
Société « l'Auvergne » mais dans votre
propre avenir. Doutaient-ils du succès
de leurs entreprises, Vercingétorix, le
petit pâtre Gerbert, le chancelier Michel
de L'Hospital, le brave Desaix, et tout
près de nous, avez-vous songé à la persévérance inlassable dont ont fait preuve,
pour aller aux plus hautes fonctions
et dignités, MM. Banal, président du
Conseil général de la Seine, Jean de
Gastellane, président du Conseil municipal de Paris, le Cardinal Verdier, archevêque de Paris ; Stanislas de Castellane, vice-président de la Chambre
des députés ; Pierre Laval, président
du Conseil et enfin Doumer Paul, qui
hier faisait son entrée solennelle à l'Elysée ; tous vos compatriotes.

imputables en partie à cet amour instinctif du travail et de la probité que
nous avons dans le sang? Ne vous estil pas arrivé, à certains moments difficultueux, d'évoquer, par la pensée, le
visage énergique d'un aïeul et de vous
souvenir de certains propos tenus autour de la lourde table de chêne ces
propos, qui avaient souvent la tournure d'une sentence ou d'un commandement et dont vous deviez assurer la
transmission aux générations futures.
Mais encore notre foi de régionaliste
va plus loin. Nous considérons comme un
devoir de vous rappeler vos origines.
Loin de nous, sans doute, la pensée de
présenter notre pays et notre race comme étant sans pareils, mais laissez-moi
espérer que chaque région française ne
laissera pas sombrer ses particularités,
ce serait la mort de l'esprit français.
C'est parce qu'il y a dans notre Patrie,
l'enthousiasme méridional, la sévérité du
Nord, et le bon sens auvergnat que
la France a été et est oe qu'elle est.
Faire du régionalisme, Mesdames et
Messieurs, c'est arrêter les vagues d'internationalisme, c'est ruiner les idées
dissolvantes qui menacent les états, c'est
assurer la solidarité nationale, c'est maintenir la grandeur de la Patrie.
Sentez-vous,, mes cheirs compatriotes,
la noblesse de notre œuvre et la valeur
morale de notre union ? Quand on est
animé d'un tel esprit, toutes les espérances sont permises et vous m'aiderez
tous à laisser, lors de l'expiration de
mon mandat, une Société . « l'Auvergne » plus forte encore et plus riche
par les services rendus. La Société pour-

«

H. GILBERT.

La

Haute-Loire ».

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BULLETIN D'ABONNEMENT
Je soussigné, déclare souscrire un
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Nous envoyer ce bulletin en y joignant un chèque-postal à L'ALAVZA D'AUVERNHA,

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23, Boulevard Carnot, Le Puy (Haute-Loire). — Compte Chèques-Postaux 176-81.

�</text>
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              <text>L'Alauza d'Auvernha : organe de la Maintenance d'Auvergne et des sociétés auvergnates à Paris. - 1931, n°31 (Octobre)</text>
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              <text>Gilbert, Henri(1874-1955), Directeur de la publication</text>
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          <name>Relation</name>
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              <text>Vignette : http://occitanica.eu/omeka/files/original/7e8d1861cda37a9a657e2969ab22250d.jpg</text>
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          <name>Is Part Of</name>
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              <text>L'Alauza d'Auvernha (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/12715"&gt;Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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              <text>Gilbert, Henri (1874-1955)</text>
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              <text>Levadoux, Louis</text>
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              <text>L'Alauza d'Auvernha. - 1931, n°31 (Octobre) </text>
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          <name>Contributeur</name>
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