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                  <text>PREMIERE ANNEE. — N° II.

Le numéro, 1 fr. 50. Etranger, 2 francs.

OCTOBRE 1929.

DIRECTION :

Henri GILBERT
2, Bd Rochechouart
PARIS (18')

Administration ■
Imprimerie
0. DOUSSKT
47 bis Av. de Clichy
Paris (17e)
Téléphone :
Marcadet : 62-61
Chèques-Postaux
Paris

: 1288-20

0R6AMC&lt;lc U HMNTrUANCE «TAUVEMNE *\ d« SOCIETES AUVER6NATCS â PARS S

Brinde prononcé au Banquet
r*T Brassac
par le Majoral B. VIDAL

f

Mosur lo Conse, Donas et Mosurs,
Chars Felibres,
Aquest*an, a la Santa-Estella de Rodez,
l'abat Salvat, que preziquet en lenga nostra, dins la superba catedrala, coniparet
los felibres et los apòstols ; podia pas
mielh trobar, car sem d'apostols en efet.
nautres felibres, e se nos trobem anueit
ves Brassac, es sobretot per prezicar.
Sem venguts dos quatre caires dou
païs d'Auvernha dins vostra ciutat, mosur lo Conse, per dire au pople so que,
sem e so que volem, e per i ensenhar, per
la paraula e per l'exemple, la docrina
felibrenca. Es donc vertat que sem d'apostols e los amics clarmontes qu'an sonat nostris acamps « Les missions de VEcole de Limanha » se son pas enganats.
Mas, dou nostre prefat, de la nostra
doctrina, parlarai tot ara a la felibrejada ; me contentarai, per lo moment, de
vos gramaciar de la tant bona aculliensa
que vostre municipe e vostra ciutat nos
an fat, mosur lo Conse. Pode dire qu'en
jusqu'ara, pertot onte avem pasat, sem
estats ben recebuts, mas jamais ambe
tant de fioc, tant d'amistat, tant de generositat e tant d'estrambord.
Certa, aqDeîa Scuîîiensa ui'éstona pas:
sem aisi en païs de trabalhaires e, coma
sem totes de trabalhaires amais, podiem
pas mielh faire que de simpatisar ; n'en
deve pas mens vos dire au nom de la
Mantenensa e de sas escolas un prigond
merci.
Merci egalament a totis los felibres
qu'an respondut a nostre rampeu ; m'es
una jau, una satisfaction qu'es pas de
dire, de veire auquela bela taulejada e
a mon entorn, tant de gens de corîContu
nieitíj Mos chars felibres, a cos veire e a
nos entendre per la causa, e la causa trient arp. !
Non pode debrembar, dins nos grama
cis, la societat de musica 1' « Indépendante », que non solament a ben volgut
nos ajudar, mas que de mai. es yenguda
comuniar ambe nautres an-aquela taula
ca ente, se i'es pas, treva pas mens df
contunia, per l'ideia que n'avem dins lo
cor, la Ccpa Santa, nostre clar simbeu
E n'i "a d'autres que deve remerciar:
lo Comitat fectauda Jurada dou concorf
e Mosur Dubreuil qu'a ben volgut noi
prestaria salla de Cinema ; se n'oublede.
que me dezencuzan, nias que totis Irobon
aisi l'aseguransa que gardarem d'aquela
jornada un vivent sovenir.
E vos demandarem, bravis gens d'à
Brassac, de venir nostres ; lo Felibrige
nos a d'autra toca que la patz, lo respect
de la Tradicion e la grandor dou païs.
totas chauzas qu'un orne de cor pod e
deu sostenir ; adonc es dins Fesper que
me comprendretz que fârem aisi una
bela meison de felibres, que brinde a la
viala da Brassac, a son Conse, a son municipe, a sa prosperitat ; buve a nostra
Auvernha ben amada, a vautris totis. Donas et Mosurs, au Felibrige aparaire de
nostra bela lenga, a sa gloria, a las nos
tras Escolas, a l'espandida de lor ideau !
B. VIDAL.

Notre vente au numéro
Grâce à l'obligeance de M. Fabre, maire
de Brassac, et de M. Boyer, secrétaire de
la Mairie, « l'Alauza d'Auvernha » est en
vente à Brassac-les-Mines.
On la trouvera aussi à Clermont (Librairie Chabrillat, 18, rue du Onze-Novembre) ; au Puy (Agence de journaux, Place
du Breuil) ; à Langeac (Librairie Tissandier) et à Brioude (Librairies Borel et
Jissandier).

Comité de Rédaction

I

M. Busset.

i

A. Casati.
G. Ghacornac.
E. Gubizolles.
J. Charbonnier.
Dr A. Delanef. %
L. Dclhostal.
L. Farges.
J. Frcveenet.
H. Gilbert.
V. Guidy.
P. Mamët.
E. Marcenac.
L. Maurannes.
J. Pagenel.
Lt-G' E. Pessemessc.
F. Rochez.
Dr E. Roux.
Mlle B. Roziès.
P. Sabatier.
L. Testud.
B. Vidal.
M^—Bill IIIIHBI

III

II I

j|

I

Les Industries de Brassac
par Victor GUIDY, Membre de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Clermont-Ferrand.
Secretari-Clavaire de la Mantenensa d'Auvernha.
Voici d'après le rapport du subdélégué de Lempdes comme se faisait cette
exiraction : « Les ouvriers travaillent
« dans des souterrains très profonds où
« ils descendent à l'aide de cordes, les
« maîtres ne pouvant veiller à leur tra« vail ni les diriger donnaient cette
« exploitation à forfait en cédant aux
« ouvriers la plus grande partie du
« charbon qu'ils devaient tirer et dont
« ils ne recevaient pour leur droit de
« propriété qu'une certaine portion, qui
« est le troisième, 4e, 5 , ou 6a sac sui« vant la qualité des mines et leur éloi4 gnement de la rivière. Or, ces ou« vriers qui sont pauvres, pour avoir
&lt;? plus promptement de l'argent et sub« venir à leurs besoins s'empressent de
« tirer du charbon et travailler sur la
&lt;&lt; première veine qu'ils découvrent sans
« craindre la dégradation de la mine
« qui ne leur appartient pas, ni s'em« barrasser de la durée parce -qu'aussi
« tôt qu'ils en trouvent l'exploitation
« moins profitable ils l'abandonnaient
« sous différents prétextes pour entre« prendre l'exploitation d'une autre
« mine et avant cie quïuêr lu pi'imîèFë
« ils y laissent îi^onter les eaux ou abat« tent les fûtages qui soutiennent les

trop onéreuses, et en 1745, six de ces
baux étaient résiliés. Pour les autres elle
avait substitué des acquisitions pures et
simples, qui venaient s'ajouter à celles
effectuées dès avant la constitution définitive de la société ; le premier acte est
du 4 novembre 1735, le dernier du 29
juin 1744, les prix varient de 30.000 livresà 40 livres payées pour le magasin
du port de Brassaget. L'une des plus curieuses est celle du territoire de la Roche-Brezin moyennant un sol d'intérêi,
ce qui porta le capital à 31 sols ; la valeur de ce sol est portée à 16.000 livres,
le total des acquisitions montait à
126.360 livres.
L'exploitation fut en général plutôt
difficile et la compagnie fut heureuse
de confier la direction générale de ses
affaii-es au sieur Jean Seguin, commerçant à Brassaget.
Voici les produits et dépenses pour
l'année 1740 : l'extraction s'éleva à
716 (1) voyes 23 rases ; mais ce qui fut
toujours le point faible de la Compagnie c'est qu'elle ne vendait qu'une partie de ses marchandises ; pour celte anu&amp;c r,n. -arrive-au„. tribal de. 4-397 . voyes,
représentant en numéraire 58572 livres,
se décomposant :

«
«
«
«
«
«
«

hauteurs de la mine. Par là, ils abandonnaient le tirage des eaux mais en
même temps elles causaient la . perte
des deux mines, dans lesquelles ces
eaux pénétraient également lorsqu'elles étaient montées au niveau du fond
de la secoîide charbonnière. » (1)
Cette triste situation était infiniment
regrettable car depuis 1644 la vente du
charbon du Centre fut grandement favorisée d'abord par l'ouverture du canal de Briare et par l'établissement d'un
droit de 8 sous par baril de 250 livres
sur les houilles étrangères droit qui fut
plus tard élevé à 24 sous ainsi que par
les guerres avec l'Angleterre.
Le premier essai de monopolisation
tenté par le duc d'Uzès fut renouvelé
en 1735 sur des bases toutes différentes.
En effet, une compagnie était constituée par devant Me Le Chanteur, notaire
au Châtelet de Paris, le 26 novembre
1736, pour l'exploitation des mines de la
province d'Auvergne, formée par Charles Ju, écuyer, trésorier de France au bureau de Bourges et architecte de la maison royale d'Orléans et 19 associés. La
;

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.';..!,!;.

sur la division des bénéfices par portion
de 30 sols ; ainsi Charles Ju avait 30

Concours'de Costumes anciens de Brassac-îés-Mincs (Fêtes Félibréennes du 11 Août 1929).
BOIVNEFOY,

« voûtes des cavernes formées par le tir sols 6 deniers, un sieur de Milleville 2
4 rage
du charbon afin d'empêcher j sols, Adrien Leroy 2 sols, le sieur Du&lt;&lt; qu'on ne puisse vérifier leurs manau- bois 1 sol 6 deniers, le sieur Cussy 1 sol
6 deniers, le sieur Martin 1 sol, le sieur
«- vres » (I)
Pathé 1 sol, etc., etc..
Voici une autre façon de causer de
Les droits de la Compagnie étaient étagros préjudices non seulement aux pro- blis par des baux au nombre de 12, con-,
priétaires mais encore d'arriver à une ra- sentis iv«oyennant un prix annuel.
pide désagrégation des mines.
Les mines de Brassac et de Lubières
« Lorsqu'un propriétaire avait fait étaient affermées 7.500 livres, celles de
la Roche-Brézin 1.000 livres. Les deux
« ouvrir sa mine jusqu'à la profondeur
tiers
de la mine de Groménil 900, On
« où se trouve le bon charbon un pro- l
« p notaire voisin entreprenait l'ouver- arrive au total général de 22.400 livres
de loyer ; chaque bail a ses clauses par« ture d'une autre mine et sans la faire
ticulières et assez curieuses, telles celle
« creuser aussi avant il en tirait du
qui ne permet le travail que du lever au
« charbon. 11 trouvait aussi le secret de
« faire couler les eaux dahs la mine voi- coucher du soleil, ou celle qui interdit
&lt;&lt;- sine, qui était plus basse et par ce l'usage des machines et des chevaux, etc.
« nioven elles y surabondaient de façon la durée des baux est en général de 9
années, mais par des contre-lettres la plu« que le tirage des eaux augmentant
part des bailleurs garantissaient la fa« trop ceux de l'exploitation mettait ce« lui qui l'avait entreprise dans la né- culté de prolongation, jusqu'à épuise« cessité d'en quitter le fond et do re- ment des mines. Mais la Compagnie n'usa pas de ce droit trouvant les conditions
« prendre en mentant le charbon des

1

Photographe à Brassac-les-Mincs,

Vente sur les
Mines
3846
— au magasin ...11932
— à moitié perte et
profit
23486
—■ à la verrerie ,., 1600
Envois à Orléans,.. 5916
— à Villeneuve,
(près Paris) 11792
Total 58572

iv ponr
—

321 voies
949 —

—
—
—

1944
160
529

—
—
—

—

1002

—

—

4895

-

Il restait en stock visible comme nous
dirions, 2272 voyes ; ses dépenses s'élèvent à 45911 livres 71 sols 3 deniers,
soit pour les baux en cours 17550 livres
et 28361 livres 11 sols 3 deniers pour les
frais d'exploitation où nous relevons
12.580 livres 8 sols 2 deniers pour journées d'ouvriers, 1.143 livres 3 sols 3 deniers pour cordages ; 283 livres 7 sols
3 deniers pour frais de bureau et pçrt
de lettres, etc., etc.

sirent pas les sommes prévues à notre
tableau, aussi pouvons-nous croire que
cette année particulièrement favorable
paraît avoir péniblement payé l'intérêt
des capitaux engagés.
En 1753, la consommation du charbon
d'Auvergne se décomposait ainsi :
pour les forgerons d'Auvergne
au moins
500 voyes
— les fours à chaux
1000 —
— le Haut Bourbonnais
500 —■
— Orléans, Tours, Angers, Saumur,
Nantes
2000 —
— Nemours, Fontainebleau, Melun,
Corbeil, Châtillon
2( 00 —
— Lagny, Meaux, Brie-s-Marne
500 —— Paris et ses environs
3000 —
— Paris et Normandie
1000 —
Total

10500 voyes

La compagnie vécut ainsi assez misérablement, mais la retraite, en 1763, de
son régisseur Seguin fut l'annonce des a
fin prochaine.
En 1768, un appel de fonds fut sans
résultat, cette même année abandon de
la Roche-Brezen, pour cause d'embrasement et en 1769 la dernière exploitation
est fermée à Mégecoste pour cause de non
produit ci. la compagnie disparaît jusqu'il l'heure de la vente de ses droits.
Les détails de l'exploitation sont fort
intéressants. Chaque puits occupe environ 12 ouvriers, dans l'intérieur de la
mine, dont 4 piocheurs, 2 pour emplir
le.T sacs et 6 porteurs. Au dehors, deux
chevaux, 2 forts hommes pour détacher
les sacs et les vider, 2 petits machineurs
pour mener les ^hevaux. Plus un maître
ït un sous-maître charbonnier pour préparer les bois, juster les puits et diriger les travaux. Un commis veillait à
l'exploitation et tenait le rôle des ouvriers que l'on payait chaque dimanche.
Il y a encore deux ouvriers appelés
3xtracrdinaires, qui s'occupent à tenir
es passages libres et à tirer les rocs qui
~e trouvent dans les mines.
Les piocheurs et porteurs se payent 10
cis par jour, les petits macbineurs 6
-ous, le maître 20 sous, le sous-maître
15 sous, le commis 50 l'vres par mois.
Les travaux descendaient à une profondeur de 350 pieds à Groménil ; l'extraction était estimée à 50.000 écus pour
la totalité du bassin, ce qui donnait environ 15.000 voyes ou 300.000 hectolitres. Le charbon se vendait de 10 à 18
livres la voye première qualité, celui
pour four à chaux nommé chaussire, 5
à 8 livres, et les grosses mottes choisies
24 livres.
Les expéditions se font par sapinières
longues de 56 pieds, larges de 11 pieds,
coûtant d'achat à Brassac 170 livres, qui
se revendent à Briare 80 et à Paris 65
livres, la sapinière est chargée à Brassaget de 6 à 8 voyes, aux eaux basses, et 12
pour les belles eaux ; à Pont-du-Château la charge est portée à 16 voyes et
24 à Briare.
La valeur du charbon passait à Villeneuve-St-Georges entre 28 et 44 livres
la voye, et dans Paris à 72 livres.
La consommation de Paris était en
1770 de 6.000 voyes qui provenaient par
liera égaux d'Auvergne, du Bourbonnais
et du Forez.
* *

En 1781 la compagnie mit ses mine?
et installation en vente en deux lots, qui
furent adjugées au sieur Feuillant de
Brassac au prix de 30.000 livres le premier lot, 15.000 livres le deuxième.
Le détail de ce compte montre bien
Aussitôt qu'il fut adjudicataire, le
la vie d'une mine alors. Cependant les sieur Feuillant se fait confirmer la cesventes d'Orléans et de Paris ne produi- sion qui lui est faite par le gouverne-

�L'ALAUZA D'AUVERNHA

1

Felibrige
impressions et se félicitant réciproquement du succès de la fête qui allait se
terminer par la séance artistique donnée
à la salle des Fêtes de l'Hôtel-de-Ville.
A cette réunion qui eut lieu à 14 heures, M. B. Vidal, Félibre Majorai et Chabiscou de F « Escola de Limanha », dans
une vibrante allocution en langue d'oc,
exposa à l'assistance le but poursuivi par
le Félibrige, c'est-à-dire la conservation
de nos dialectes, le culte de nos coutumes
et de nos traditions locales. Il remercia
les habitants, les jeunes filles et les jeunes gens d'avoir si bien répondu à l'appel de M. le Dr Roy, leur Député-Maire,
en reconstituant avec tant de bonheur
les costumes portés par leurs anciens.

L'Escola de Limanha à Rochefort
Le dimanche 25 Août fut jour de grande fête pour la cité de Rochefort-Montagne où se rendait officiellement « l'Escola de Limanha » pour une solennelle
félibrée.
Les félibres arrivèrent à dix heures,
par un temps merveilleusement beau, et,
à leur descente de l'autobus de Clermont-Ferrand, ils furent accueillis par
les cris joyeux d'une nombreuse troupe
de jeunes filles et de jeunes gens parés
des anciens costumes régionaux admirablement reconstitués et portés avec une
aisance gracieuse.
Après les cordiaux et bruyants souhaits de bienvenue, le cortège fut bientôt
formé, et c'est précédé d'un joueur de
vielle, qu'il se rendit à l'Hôtel-de-Ville,
au milieu des acclamations de la foule
des habitants et des touristes rangés en
haie sur tout le parcours.
Le soleil faisant valoir les couleurs
chatoyantes des costumes composait un
tableau rempli de charme, d'élégance et
de fraîcheur.
Dans la salle des Fêtes de l'hôtel-deville, le Dr Roy, Député-maire, entouré
des membres du conseil municipal,
adressa aux félibres d'aimables compliments de bienvenue auxquels M. B. Vidal, Félibre Majorai, répondit par de
chaleureux remercîmenjts en son nom
personnel et à celui de tous nos camarades, lesquels étaient très touchés de l'accueil sympathique qu'ils recevaient de
la ville de Rochefort.
Sous la Halle, après la réception, par
la municipalité, les vielles et la chabrette firent retentir, à leur tour, les vieux
airs de bourrée, et nous eûmes alors l'agréable surprise de voir que nos vieux
airs d'Auvergne ne sont pas oubliés dans
nos montagnes, mais qu'au contraire,
jeunes èt vieux en conservent la tradition
avec tout son charme et sa pittoresque
variété.
A la messe, se firent entendre les chanteurs de 1' « Escola de Limanha », M.
et Mme Stéphane André, Mlle Laure Vidal et M. Faure. Le sermon traditionnel,
en dialecte local, fut donné par M. l'Abbé Gourdon, Docteur en théologie, professeur au Grand Séminaire de Clermont.
L'histoire de N.-D. d'Orcival, patronne
séculaire de la région de Rochefort, fut
écoutée avec la plus religieuse attention.
La foule, qui remplissait l'église, se trouvait à la fois surprise et charmée d'entendre sa langue familière admise à cette
place d'honneur et parlée avec tant de
pureté, de simplicité et de bonhomie, et,
aussi, de facdité, par un orateur distingué, traitant un sujet particulièrement
cher à tous les cœurs montagnards.
A midi, à l'Hôtel du Puy-de-Dôme, un
déjeûner intime, délicatement servi, était
présidé par M. le Dr Roy. Il réunissait
les félibrqs, heureux d'é(chanper leurs
ment. Deux arrêts du conseil l'autorisent à exploiter à l'exclusion de toute
autre, les mines découvertes ou à découvrir dans un arrondissement de douze
cents toises de rayon, où sont compris
le champ de Mauras, la Combelle, Vigerie, puits de Domery, terre de Laidon,
etc. Il possède aussi les mines du Feu et
de Barathe.
A côté de la Compagnie, quelques
particuliers continuaient à exploiter
leurs puits. En 1786, le sieur Sadourny
a la permission d'extraire exclusivement
le charbon par le domaine de Celle,
paroisse d'Auzat, dans le territoire des
villages de Théron, Thansac et Auzat ;
il y a dix-huit ans que le même Sadourny
fait travailler à cette mine.
Cette même année 1786, le sieur Lamothe obtient celles qui sont ou pourraient se trouver dans les territoires de
Brassac et Lubières, c'est dans ces dépendances que se trouve la mine de La
Taupe, fort riche, et découverte en 1774,
dans les bois de Bergoyde, grâce au travail d'une taupe qui, en amenant à la
surface des fragments de houille, donna
l'indication de ce gisement.
Il y avait encore la mine de Grosménil
appartenant au sieur Pons de Frugières
qui fut vendue 30.000 livres au sieur
Lamothe jeune.
'Vous voici à la Révolution.
M. le lieutenant-colonel Pessemesse a
magistralement étudié cette période

1er Prix de Costumes anciens
Mlle Manhes

Ajoutons que chaque fois que le Dr
Roy eut à prendre la parole au cours de
cette manifestation, il le fit dans le dialecte du pays, prouvant ainsi qu'il est
fier d'appartenir à la même lignée que
Jean-Antoine Roy, de Gelles, et donnant
à tous un exemple apprécié.
Enfin, comme, à Brassac, « l'Alauza
d'Auvernha » sut plaire aux assistants
qui en achetèrent un grand nombre de
numéros.
Docteur Albert DELANEF.

«L'Escola de Limanha» à Royat
A peine descendus de Rochefort, où
nos vieilles traditions se maintiennent si
vivaces, les félibres de « l'Escola de Limanha » étaient conviés par le fervent
régionaliste qu'est M. Dargent, directeur

1er

Prix de Costumes anciens
M. Poinson
Photo Bonnefoy

Photo Bonnefoy

Puis il rendit un éclatant hommage à la de rétablissement du Paradis, à tenter
mémoire du troubadour Peyrols et du une expérience fort intéressante.
Le public habituel des villes d'eaux
poète populaire Roy, de Gelles, enfants,
accueillerait-il avec faveur un programtous deux du canton de Rochefort.
Un beau programme fut ensuite pré- me purement félibréen? M. Dargent l'affirmait : les félibres acceptèrent avec
senté. On entendit, tour à tour, les meilconfiance d'en faire la démonstration.
leurs diseurs et chanteurs de F « Escola
Disons, tout de suite, qu'elle fut convainde Limanha », dans leurs oeuvres et cel- cante.
les de Vermenouze, Canteloube et MisDonc, le dimanche premier septembre,
tral. Citons : MM. B. Vidal, Delanef, après-midi, lorsque la vaste terrasse du
Henri Gilbert, A. Blanchet, Maurice Paradis, à Royat, fut complètement garBusset, L. Levadoux, Mme Stéphane An- nie, Mme Mary, Mlle Pougheon, MAI. J,
dré, Mlle Laure Vidal, MM. Faure et S. Parot, E. Pougheon et le vielliste Besse,
André, ce dernier tenant le piano et diri- tous revêtus du costume auvergnat, ougeant les chœurs.
vrirent la séance en exécutant quelquesA cinq heures, la félibrée se terminait unes de. nos vieilles danses. Ils recueilliau milieu des applaudissements des assis- rent de chaleureux applaudissements.
Voyant l'auditoire ainsi mis en goût, le
tants, qui garderont tous le souvenir de
félibre Alphonse Blanchet, « Clavaire »
cette belle et bonne journée.
dans sa conférence du 19 Décembre
1928 (4) nous n'y reviendrons pas. Il
resterait à voir le XIXe siècle et la période de la guerre de 1914, mais ce serait le sujet d'un article entier, il viendra plus tard.
* *

i

II entre cependant dans notre plan de
parler de la VERRERIE, industrie qui
est encore représentée à Mégecoste où
la compagnie de Vichy fabrique des
bouteilles pour ses eaux et à Notre-Dame du Port où la famille Casati a longtemps fabriqué le verre à vitre.
Nous avons vu les difficultés de la
compagnie houillère pour écouler ses
produits, la création d'une verrerie a
paru un moyen propre à lui permettre
de se débarrasser d'une partie de cet excédent.
La fabrication de la première année
produisit 19.590 bouteilles d'un verre
bleu qui furent de si mauvaise qualité
que le vin que l'on y mit s'y gâta. La
seconde année ne donna rien, parce que
les briques employées pour le nouveau
four contenaient tant de sable qu'elles
fondirent et coulèrent. La troisième et
quatrième année les produits furent un
peu meilleus, mais discrédités d'avance,
ils ne purent être vendus qu'en partie,
hors de la province et à grands frais, il en
fut de même des 3.000 feuilles de verre à
vitre qui se trouvèrent vertes, rien ne fut
vendu, il fallut abandonner l'entreprise.

En 1742, une nouvelle compagnie reprit l'affaire, elle dura 10 ans, mais ne
put réussir, et en 1752 renvoya tous les
ouvriers. Le fondateur était le sieur
Beaupied intéressé aux mines, et fut
l'objet de nombreux procès.
Les comptes municipaux de Brassac
nous disent qu'en 1739, la communauté
des habitants dépensa « 10 livres 10 sols
« pour la dépense faite en poudre et
« instruments à l'occasion de la bravade
« faite par les dits habitants à Monsei« gneur Rossignol intendant, èt à Mada« me Rossignol son épouse quand ils se
« rendirent au dit Brassac voir la ver« rerie ».
* ■
* *

Aux siècles passés jusqu'au milieu du
XIXe la Navigation occupait
certain
nombre de personnes. Nous avons vu
que les bateaux s'appelaient sapinières,
comme le nom l'indique, ils étaient en
bois de sapin. Nous avons donné le prix
de revient et de vente, car ils faisaient
seulement la' descente, et déchargés
étaient démolis et vendus pour la brûle.
L'irrégularité du cours de la rivière
rendit de tout temps cette navigation
fort pénible, aussi lors de la création
du chemin de fer l'Allier fut complètement abandonné.
Le principal port de Brassac était
Brassaget.
On croit que les Gaulois avaient établi
des canaux dans notre région ; on rap-

de « l'Escola de Limanha », prit la parole pour donner quelques explications
nécesaires : le mot « félibre », fondation
et organisation du « Félibrige », la Maintenance d'Auvergne ; F « Escola de Limanha »; le dialecte auvergnat ; « l'Alauza d'Auvernha », organe de notre
maintenance.
Notre ami fut écouté avec intérêt et
sympathie. Puis il interpréta excellemment «Lo Vin del Fel», de Vermenouze,
et «Virada», de B. Vidal. Il avait eu la
bonne idée de donner au préalable, la
traduction française de ces œuvres;aussi
l'auditoire lui fit un franc succès.
Mme S. André, qui lui succéda, fut, le
plus aisément du monde, à la hauteur
de l'enthousiasme qu'avait soulevé Blanchet ; elle chanta « Bailero » et « Regret », deux morceaux du répertoire dq
J. Canteloube, puis « Lo paure Pierrou,
chanson recueillie et harmonisée par M.
Versepuy.
Le félibre Geau — un jeune qui promet — eut sa part de succès avec « Lo
Cossire », poésie de Pasturel. Et A.
Blanchet sut recueillir encore des applaudissements en interprétant « La Vénus d'Arles », d'Aubanel, et « La Bourrée à Rethondes » d'Henri Pourrat.
Mme S. André, acompagnée au piano,
comme auparavant, par M. André, termina la partie de chant. La « Chanson
de Janeta », recueillie par J. Canteloube
(harmonisation de S. André), et « Père
Noël », de M. Versepuy, furent fort goûtées.
La vielle rappela enfin les danseurs,
et la séance finit en buauté par l'exécution de plusieurs bourrées.
Remercions, au nom de F « Escola de
Limanha », M. Dargent, qui avait eu l'idée d'organiser cette félibrée, M. Blanchet, qui en a été le bon ouvrier, M. et
Mme Stéphane André les excellents artistes et professeurs dont l'éloge n'est
plus à faire, et le félibre Geau qui n'avait pas hésité à interrompre ses vacances.
« L'Alauza d'Auvernha », elle aussi,
eut la faveur du public : un grand nombre de numéros furent vendus.
Le «Paradis» verra encore les félibres
l'année prochaine.
Henri GILBERT.

(( La Borreia »
Nous avons annoncé la formation, par
nos vaillants amis de Brassac, d'un nouveau groupe félibréen.
Il s'appellera « La Borreia » (prononcer « La Bourreia »), du nom de notre
danse nationale. Afin de justifier son
beau titre, il s'attachera à restaurer, dans
sa région, nos vieilles danses et à los défendre contre les danses « nègres ». M.
J. Fabre, maire de Brassac, dont l'influen
ce personnelle s'est déjà exercée en ce
cens, dirigera le groupe. Nous publierons,, dans notre prochain numéro, la liste des adhérents.
Nos félicitations à nos amis, et grand
succès à « La Borreia », fille de «l'Escola de Limanha », et sœur de notre «Cov.'zo ».
porte que César avait conçu un système
de navigation sur l'Allier, des projets
semblables sont prêtés à Charlemagne
et à Henri IV, ils ne furent pas exécutés,
Cependant, c'est des idées du premier roi
Bourbon que sortit le canal de Briare
qui établit, en 1644, des communications
entre l'Auvergne et la capitale.

Anciens Textes
TERRIER DE CHARBONNIER (1341)
Nous avons eu, le mois dernier, au
cours d'un passage rapide à Brassac, la
bonne fortune' de disposer — pendant
trop peu de temps, hélas ! — d'un terrier écrit tout entier en langue d'oc du
quatorzième siècle.
Ce manuscrit venant de Charbonnier,
près de Brassac, intéresse au plus haut
point les félibres d'Auvergne, particulièrement ceux de F « Escola de Limanha».
Nous en avons copié, pour eux. quelques
feuillets sur le texte original. On pourra
en examiner la graphie et en tirer quelques profitables leçons.
Que l'érudit curé-doyen de Brassac,
M. l'abbé Béai, veuille bien trouver, ici,
nos remerciements pour son obligeante
communication.
LOCES DE BRASSAC
Johs (1) abados deu VIII copas de fro
d'un champ pauzat el terrador de labroa.
Jux lo champ hugo beure donat (2) de
lespital ab una part et lo champ peyre
creysent ab altra part. Dau portar (.3).
Item deu Ulj copas eydemea de sagel
del champ de genestos jux lo cha/np de
joh galhart ab una part, t lo champ de
joh beure ab altra part."
It deu dymea copa de sagel del ribatge
pauzat el trador de clays jux lo ribatge
de bertrant planyas a doas parst. Et lo
champ beríòlmeu bessa ab altra part.
Deu portar.
Bctrns cresnels p sa molher. deu. V.
copas de fro dun chap pauzat el terrador
dazene'ras. Jux lo champ p verdieyr p sa
molher ab una part. Et lo champ esteus
nile ab altra pt.
It deu. I. copa de segel de. I. champ
pauzat el terrador de clays jux lo champ
dels heteyrs Guillme becho ab una part.
It deu I copa dauena de un ort pauzat el
terrador de la ribeyra jux lort Bt planhyas ab una pt. Et btolmeu molneyr
ab altra part. Deu portar.
Transcription du texte original
Johans Abados deu VIII copas de froment d'un champ pauzat el terrador de
La Broa, juxta lo champ Hugo Beure,
donat, de Tespital, ab una part, et lo
champ Peyre Creyssent, ab altra part.
Deu portar.
Item deu Illj copas et dymea de sagel
del champ de Genestos, juxta lo champ
de Johan Galhart, ab una part, et lo
champ de Johan Beuré, ab altra part.
Item deu dymea copa de sagel ribatge pauzat el terrador de Clays, juxta
lo ribatge de Bertrant Planyas, a doas
parst, et lo champ Bertolmeu Bessa ab
altra part. Deu portar.
Bertrans Crespcls per sa molher deu V
copas de froment d'un champ pauzat el
terrador d'Azeneiras, juxta lo champ
Peyre Verdieyr. per sa molher, ab una
part ; et lo champ Esteve Merle ab altra
part.
Item deu I copa de segel de I champ
pauzat el terrador de Clays, juxta lo
champ dels hereteyrs Guillelme Becho,
ab una part. Item deu I copa d'avena de
qui marque la prépondérance de notre
province dans ce commerce, que pour
les chansonniers, tous les charbonniers
sont Auvergnats et du coup, tons les
Auvergnats sont charbonniers. %
Mais Brassac même s'est chargé de
contredire ces insinuations que l'on a
voulu malveillantes, si on y a pratiqué
les travaux rudes et grossiers, on a su y
faire couvre d'artiste. Si les mains ont eu
la force de manier pics et pioches, des
doigts fins et déliés ont su créer des motifs de dentelles, ces choses si fines et si
douces que pour exprimer l'opposé de
cette horreur qu'est la guerre c'est l'image de cet ornement élégant qui est venu
à l'esprit et la locution : Guerre en dentelles est bien le symbole des qualités
françaises entre toutes : politesse et bravoure.
Et c'est ainsi que Brassac peut être la
synthèse de notre petite patrie comme
une Auvergne en raccourci, pays de contrastes, où, à côté d'un labeur acharné,
œuvre de bras robustes, se créent ces
doux chefs-d'œuvre de l'art, délicats et
personnels.
Victor GUIDY

La nature a été clémente et généreuse
pour cette région de Brassac, traversée
par l'Allier qui longe des prairies où
abondent les pommiers et des jardins
aux succulents légumes ; tout à côté se
baignent les coteaux couverts de vertes
frondaisons. Là-aussi bondit l'Allagnon,
apportant le tribut du Cantal et sur chaque cîme, l'homme pour garder sa conquête contre un envahisseur a élevé un
château ou une tour dont les ruines romantiques sont la poésie et la parure.
Mais la terre large et tutélaire porte
en ses flancs le charbon plus puissant que
l'or puisque l'on donne l'or pour le posséder.
Et les fils de ce sol, patients et acharnés, l'ont creusé, taillé, ont cheminé
(1) Archives départementales du Puydans ses entrailles pour sortir ce pré- de-Dôme 1 c. 6976.
cieux legs des temps anciens et en faire
(2) Poco citato.
un instrument de force.
(3) La voie représente 20 hectolitres.
La vente des charbons dans la capitale
a certainement augmenté l'émigration
(4) Voir 1'« Alauza d'Auvernha », nuautergnate sur Paris. Et nous savons, ce méros 3 et 4.

�L'ALAUZA D'AUVERNHA

un ort pauzat el terrador de la Ribeyra.
juxta Tort Bertrant Planhyas, ab una
part : et Bcrtolmeu Molneyr ab altra
part. Deu portar.
TRADUCTION FRANÇAISE
Jean Abadous doit VIII coupes de froment d'un champ situé au terroir de La
Broa, à côté du champ de Hugo Beure.
« donat » de l'hôpital, d'une part, et du
champ de Pierre Creyssent, d'autre part.
Doit porter.
Item, il doit III j coupes et demie de
seigle du champ de Genestous, à côté du
champ de Jean Gaillard, d'une part, et
le champ de Jean Beure, d'autre part.
Item, il doit une demi-coupe de seigle
du rivage situé au terroir de Clays, à
côté du rivage de Bertrand Planhyas.
pour deux parts, et le champ de Barthélémy Besse, d'autre part. Doit porter.
Bertrand Crr-spels, pour son épouse
doit V coupes de froment d'un champ
situé au terroir d'Azinières, à côté du
champ de Pierre Verdier. pour son épow
d'une part, et le champ d'Etienne
Merle d'autre part.
Item, il doit une coupe de seigle d'un
champ situé au terroir de Clavs, à côté
du charnu des héritiers de Guillaume
Becho, d'une part ; item, il doit une
coupe d'avoine d'un jardin situé au terroir de la Ribeyre, à côté du jardin de
Bertrand Planhyas, d'une part, ci de
Barthélémy Molnier d'autre part. Doit
porter.
Traduction de Henri GILBERT.
(1) Les mets abrégés portent, dans le
texte original, des signes abréviatifs que
nous n'avons pu reproduire. (2) Un donat était celui qui s'était «donné», avec
tous ses biens à un monastère. (3) Le censitaire doit porter le cens au seigneur
fies religieux de St-Jean-de-Jérusalem).
lllllllllllllllllIlllllllillUllUllllllllllllllllllllllllllll

Lo Penchinaire
Aco era un petit vielh, corbados et
barbut, un vezin de mon monde, un bon
vezinon, per ma fe, bon ajudaire et recorable. Pas riche, mas trabalhaire et
esparnhant. Tojorn plazent, contaire et
chantaire, sobretot lo dîmenche que s'obledava un pfUc a chaupinar.
Adonea, campava' ls efants per lhi
contar de contes de l'autre monde.
« — Aora, noi dizia, voi vau contar lis
aventuras dels quatre garsons d'Aymon
et de Charleinagne. »
Lis .avia coutadas d'autres vieges ;
mas, sabian que, ehasque cop alongeava
son conte, lo chanjava, lo vertelhonava.
Nos autres drolles, aco nos fazia res :
Fescoutavem.
« E 'ben, braves petiots, dizia lo Penchinaire, me levére. un matin, davant lo
jorn, prenguere mis penches, mis chardas, et « en rota, mauvaza tropa ! »
Aquelh jorn, anave ves Rassac, chas
Besqueit, et me chalia passar pelh bos
de la Troneheira. Sabés qu'aqji i a de
velhas peiras, de cabornas et l'hostau
d'aquelh bougre de Gargoira.
Tot d'un cop, dins lo chamin plond,
le me trobére, nas a nas, am Charleinagne ! Aco me faguet : « toc ! » dins l'estomac.
« — Et aora, coma' aco, Penchinaire,
ont ses partit ?
« — Tanés, mon paure Charlemagne,
vau ves* Rassac, per chardar, chas Besqueit.
« — Oc ben ! Et tu crézes que te vau
laissar passar aqui, tot plan plan ? M'air.cs pas pro, Penchinaire !
« — 0 ! Praco ! coma zo podés dire'
Ieu vos amc, tot contrari, providensa
delh paure monde.
« — Ta, ta, ta, lenga de mieu ! Sabe
so que sabe ! Non passaràs !
« — Anem, anem, Charlemagne, volés
rire ? Empacharias un paure diable d'obrer d'anar ganhar son pauc de vida ?
« — Lenga de mieu ! Lenga de mieu!
Enfin, tè, fazem una pacha. Passaràs, si
fazes un poton a mon... sabes de que...
« — O ! praco, mon emperaire, quan
onta me fazés !
«— Màri que mari, te lhi chau passar!
E aqui a mon Charlemagne que se vira, li braias bassas, et que me mostra
un parel d'anchas... A ! mis efants ! Et
non chau parlar de recular !
Mas hieu, pas pus bestia, t'atape un a
de mis charmas, et aqui, a man revers,
te lhi polide lo lard coma chau.
Ez elh que se vira :
« O ! poarc de Penchinaire ! Oue ta
ba rga pica
Peire M A ME T.

Ne partez pas
Afin qu'au sol natal le passé vous enchaîne,
Enfants qui sommeillez dans vos berceaux de chêne
Qu'un homme du pays a fabriqué pour vous,
Il vous faudra, plus tard, en épelant l'histoire,
Des noms de vos aïeux doter votre mémoire
Sans qu'aucun nom futur en puisse être jaloux.
Les chants du Souvenir et ceux de l'Espérance
Confondront leurs échos, vous donnant l'assurance
Que le Présent, par eux, découvre l'Avenir ;
Que l'Auvergne a besoin des vertus de sa race
Pour gagner au soleil, une invincible place
Où leur ténacité saura les maintenir.
Vous ne quitterez pas la vieille maison grise
Faite de lave éteinte, où doucement la brise
Vient saluer en elle un volcan d'autrefois ;
N'aurez-vous pas des bras pour remuer la terre ?
Et pour glorifier son œuvre salutaire,
Les poètes encor n'auront-ils plus de voix ?
Si. Vous serez vaillants et rudes à la tâche,
Titans assermentés à la pieuse attaclie
Que sera pour vos coeurs votre foyer joyeux.
Vous ne renierez pas la fidèle bourrée
Que rythma la chabrette au soir de Fhyménée,
Tandis que s'allumaient les astres dans les cieux.
Le regret du pays, einfants n'est pas un leurre ;
Si le désir d'exil quelquefois vous effleure,
Songez aux tristes soirs des jours dépaysés !
Le vieux clocher roman obséderait vos veilles,
Le bruit de son bourdon frapperait vos oreilles,
Vous transmettant l'appel de vos monts désertés.
.Restez chez vous ! Une âme humanise les pierres
Du mur qui vous abrite, et les voix familières
De ceux qui ne sont plus résonnent alentour.
Restez ! Votre présence, en prolongeant leur vie,
Red'ra leur jeunesse ardemment poursuivie,
De la ronde enfantine à la chanson d'amour.
Demeurez sur les bords Je l'Allier qui frissonne,
Beau fleuve vagabond où le poisson foisonne,
Et qui met la faîcheur autour des bois épais ;
Et, plus tard, bien plus tard, le vieux sol granitique
SCÎ fera plus léger, et plus doux son cantique
Aux fils qui dormiront à l'ombre des cyprès.

3

Nos Covizes
« Lo Covize de l'Escola de Limanha »
et « La Bilhada », qui représentent, à
Pari.-, la Maintenance d'Auvergne, reprendront, le mois prochain, la -érie de
leurs Covizes. Comme pav le passé, les
réunions auront lieu, le 4'"e MERCREDI
de chaque mois, à 8 h. 3/4, au Café des
Négociants», 42, rue du Louvre. Chaque
covize comprend une causerie sur un sujet local, une félibrée et l'exécution des
danses du pays au son de la chabrette.
Le premier covize de la saison se tiendra le Mercredi soir 27 Novembre. Nous
pouvons, déjà, annoncer le concours de
Mlle Amélie Murât, dont on connaît les
beaux poèmes et de Mme DemmerDousset.
M. Louis Farges, Ministre plénipotentiaire, présidera.
Que nos compatriotes en prennent
bonne note, et qu'ils se trouvent nombreux aux réunions des félibres.

Concours du plus grand nombre
d'A bonnements
Mme B. Vidal, 3 abonnements, 3 points,
M. Gauthier-Jallât, 2 abonn., 2 points.
MM. L. Delhostal, 1 abon. ; J. Freycenet, 1 abon. ; Mlle B. Roziès, 1 abon. ;
M. le Lt-Colonel Pessemesse, 1 abon.;Mme
S. André, 1 abon
1 point
Le classement aura lieu le 31 Décembre.

A nos Abonnés
Afin d'éviter des frais de recouvrement,
nous prions nés abonnés de vouloir bien
renouveler leur abonnement au moyen du
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Nos Confrères
Un assassinat mystérieux

(( Union des Amicales de la
Basse-Auvergne »
Un groupement composé des présidents
des sociétés de la Basse-Auvergne à Paris
vient de se constituer sous le titre : Union '
des Amicales de la Basse-Auvergne.
II a pour but de coordonner l'action des
différentes sociétés, d'aider celles qui en
auront besoin, d'arbitrer, s'il y a lieu, les
différends. A la réunion préparatoire, qui
a eu lieu le lundi 14 octobre, au Café de
la Garde Nationale, 31, rue de Rivoli,
assistaient MM. Pagenel ( « Le Bousset »),
Bourrasset (« Société amicale d'Issoire») ;
P. Frantz (« Amicale de Brassac-1 es-Mines ») ;G;don et Beaumet (« La Sugérienne ») ; Lassalas (La Chaîne des Dômes») ;
Chassonnery (« Les Amis de Chignore ») ;
Pestre ( « Lo Covize », de Brioude), Henri
Gilbert (« Lo Covize de l'Escola de Limanha »).

... Entre tous fut celui de Paul-Louis
Courier. On trouvera dans le n° d'Août
de « A. B. C. Artistique et Littéraire »
(12, rue Lincoln, Paris, 8e) une passionnante biographie de l'illustre écrivain,
par Henri Pevre de Béthouzet
Le même numéro de cette magnifique
revue contient entre autres articles :
Rembrandt par Charles Kunstler, Paul
Huet et la renaissance du paysage à l'époque romantique par Maurice PerretCarnot, Loin du Métro ou le retour à la
terre par P. V. Robiquet, Une heure chez
Pompon par Elise Emile Magne, les Livres de guerre par Marc-André Fabre, etc.
Ce superbe numéro est en vente partout au prix de 5 francs.
Pampres et Lys donne un résumé fidèle des félibrées de Brassac et de Rochefort. Un joli bois gravé de Mlle G.
Hortala accompagne même l'article de
M. G- Rigoir. Merci à nos amis provençaux de la sympathie qu'ils savent témoigner si délicatement a*ux félibres auvergnats.

M. J. Pagenel, promoteur de la réunion,
a été nommé président du groupement.
Une autre réunion sera tenue, 31, rue de
Rivoli, Jeudi prochain, 24 Octobre, à 9
Blanche ROZIÈS.
heures du soir. Tous les présidents des soNécrologie
ciétés de la Basse-Auvergne y sont invités,
Nous apprenons avec peine la mort de
Gardons ce qui fait l'honneur et la particulièrement ceux qu'une première Mlle Jeanne Roziès, sœur de notre excelDiscours prononcé par M. Emile Dousset
gloire de notre Auvergne, et restons fidè- invitation n'a pas touchés.
lente sociétaire et collaboratrice, Mlle
Maire du Breuil-sur-Couze,
IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIMIIIIIIIIIIMMIIIIIIIIIIIIIIIIIIIMIIII! Blanche Roziès. Au nom de YEscola de
les à nos origines !
Conseiller Général
ABONNEZ-VOUS
Je bois à la belle cité de Brassac, à
Limanha, et «le l'Alauza d'Auvernha, nous
Président de la Chambre de Commerce
à
tous ses représentants, en particulier à
a 1l'Alauza
Alauza d'Auvernha
d Auvernha
offrons à Mlle Blanche Roziès l'hommage
de Clermont-Ferrand
e
son zélé maire, M. Fabre, au Félibrige Voir le bulletin d'abonnement en 4 pagede nos condoléances émues.
Mesdames, Messieurs,
et à F « Escola de Limanha ».
Puisque vous m'y conviez, je m'emEmile DOUSSET.
presse de vous dire combien je suis heuReproduction en noir de deux
reux de féliciter mon ami Vidal de l'effort magnifique qu'il a accompli pour
Illustrations devant orner
U (( ESCOLO OUBERNHATO »
rendre plus vivante que jamais l'Ecole
les « CONTES DE LA LUNEIRA »
L' « Escolo Oubernhato », un des plus
de Limagne.
de M. Henri Gilbert
Si je remonte le cours de ces dix der- importants groupements félibréens, a
commémoré,
le
8
septembre,
par
l'apponières années, je vous vois, mon cher
Ces dessins seront aquarelllés au pinceau
Ami ,à la naisance de l'Ecole- porter de sition d'une plaque sur le château de
en 4 et 5 couleurs par le peintre
ville en ville, de pays en pays, comme Clavières (Cantal), la mémoire du Duc
Gabriel Moiselet.
jadis nos troubadours, l'idéal de notre de la Salle de Rochemaure, Majorai du
pays d'Auvergne, celui qui s'exprime Félibrige. Notre regretté compatriote est
avec tant de saveur, qui évoque d'un l'auteur de nombreux ouvrages tant en
seul coup les choses les plus jolies : je français qu'en langue d'oc, parmi lesquels on cite : Histoire des Troubadours
veux dire notre langue de terroir.
Que de luttes vous avez soutenues pour Cantaliens, Récits Carladéziens, Histoire
assurer la vie de cette Maintenance, plei- du Pape Sylvestre II, premier pape franne, je puis le dire, de toute votre éner- çais (né en Auvergne).
Des discours furent prononcés par les
gie rayonnante.
11 me souvient de cette première année poètes Et. Marcenac, Capiscol, et Eug.
du Félibrige en Auvergne. Vous m'aviez Pagès, Vice-Capiscol. Une grande félifait l'honeur de me confier les manus- brée eut lieu dans l'immense et magnificrits. J'en sens encore tout le prix. C'é- que parc : on y a applaudi Mlles Viards,
tait l'heure où FltaFe chantait la gloire Debrons, Prar et Méchy dans les figures
de Dante et de Pétrarque, heure bénie de danses auvergnates et de danses du
3
où sur le front de Laure descendait le 18 siècle ; les poètes, félibres et musibaiser le plus pur de la Poésie. Et sim- ciens L. Debrons, l'abbé Mathieu, H.
plement, avec votre foi d'apôtre, vous Dommergues, F. Prax, J. Roc, A. Prodypartiez en tête de cette croisade qui de- Delhostal, Cardou, Delzangles, Cueille,
vait jusqu'au fond des hameaux réveiller Faubladier, Nogarède, etc.
« Pel Compestre », pastorale de L. Deles légendes endormies et créer cette sorte de merveilleux qui entoure les faits brons, clôtura cette belle manifestation
félibréenne.
et gestes de nos pères.
Depuis, des obligations nombreuses
m'ont privé de la joie d'être des vôtres.
Toutefois, je vous avoue que j'ai suivi
avec un grand intérêt vos manifestations
d'art.
Il est une question qui nous tient particulièrement au cœur : celle de la conservation de notre langue d'oc. Je puis
vous assurer qu'en ce qui concerne la
cha:re de langue romane à l'Université
de Clermont, tout mon concours vous est
acquis ; je la défendrai énergiquement
au Conseil général.
Et, puisque notre éminent compatriote,
M. Louis Farges, vient de présenter un
vœu en faveur de la conservation du
Puy-de-Dôme, je m'y associe de grand
cœur.

lllllllIflIlillllllllllllillllllllllllllllllUillIlllllillllll!

Un joine que promet
L'orgulli es un défaut dangeiros que
n'ai l'ahiransa e, quora parle en ben de
quaucun ai paor, de cops, d'i bailar
aquela decha ; pamens me fau dire anueit qu'un jove dou païs nostre. Lois Levadoux, ven de trapar dos pres de poèzia
aus Jocs floraus de Seus (Sceaux) ;
quand saubretz que L. Levadoux a detze-set ans picareiz de las mans per aquest
Limanhenc que, se vol trabalhar e enrejar dou bon biais la dralha de sos einats,
sara l'espèr de F « Escola de Limanha ».
Adonc i fazem coma de just nostris
compliments amistós.
B. V.

�L'ALAUZA

4

Régionalisme
A propos du Puy-de-Dôme
Nous avons reçu d'un de nos abonnés
de Montauban, M. Antoine Morisque,
d'intéressante lettre qu'on lira ci-après.
Nous remercions notre distingué correspondant de l'intérêt qu'il porte à VAlauza if'Auvernha. Le mois prochain, d'ailleurs, nous publierons de lui, en première page, une étude fort documentée
sur « Un épisode de la destruction de la
langue de nos aïeux ».
Montauban, le 25 Août 1929.
Monsieur,
« Je reçois aujourd'hui le numéro
d'août-septembre de 1' « Alouette d'Auvergne », et je vois avec plaisir que sur
la proposition de M. Louis Farges, elle
a pris l'initiative d'un vœu pour la conservation de la montagne qui a donné
son nom au département du Puy-de-Dôme. Les motifs invoqués sont : sa situation géographique, ses beautés naturelles, ses souvenirs. Il y manque le plus
important que je me permets de vous
signaler : Antérieurement à la conquête
romaine, cette montagne était une «divinité »; elle était adorée comme dieu ;
non seulement elle était une divinité,
mais elle occupait le premier rang parmi les divinités de la région ferrandaise.
Grégoire de Tours nous donne le nom du
dieu qui a précédé le dieu Mercure, au
Puy-de-Dôme. Ce dieu gaulois se nommait Vasso. Qu'est-ce Vasso ? Vasso est
tout simplement le nom primitif de la
montagne elle-même. C'est un vocable
topographique qui signifie chute rapide,
pente rapide, précipice.
Le versant ouest du Puy-de-Dôme est
inaccessible. C'est par ce nom de Vasso
que les premiers habitants du pays ont
désigné le Puy-de-Dôme. Cela nous fait
remonter très haut dans le passé. Nous
sommes ici en pleine préhistoire. Que
cette montagne soit devenue une divinité,
il n'y a rien là que de très naturel, son
aspect est si majestueux que lorsque l'étranger qui pénètre dans la plaine de la
Limagne, l'aperçoit pour la première
fois, il ressent une profonde impression.
Cette impression a été assez heureusement rendue par M. Camille Jullian,
quand il fait la description de cette montagne, dans son ouvrage V ercingétorix,
pages 10 et 11.
Mais le spectacle est encore plus grandiose quand les nuages recouvrent la base de la montagne et que le sommet
émerge seul en plein soleil. Oh! alors,
c'est une apparition émouvante ; c'est
une véritable divinité.
C'est pourquoi après la conquête de
l'Arvernie, les Romains n'eurent rien de
plus à cœur que de faire disparaître le
culte de Vasso, et ils installèrent pour le
remplacer leur dieu Mercure, trônant
dans un temple superbe. C'est pourquoi
ils construisirent ce temple au sommet
du Puy-de-Dôme, et non pas dans la ville
de Clermont, qui était cependant la capitale de la province.
Le dieu Mercure érigé à Clermont
avait laisé subsister tout le prestige de
«Vasso» dominant Clermont de 1500 mètres. Il est clair que les dépenses qu'entraîna cette construction au sommet de
la montagne furent beaucoup plus considérables que si elle avait été faite à
Clermont.
Mais l'installation de Mercure n'a pas
encore suffi aux Latins ; ils ont changé
aussi le nom de la montagne, le celtique
Vasso a été remplacé par le latin Dôme.
Qui pourrait dire si ces Romains, qui se
rappelaient encore le désastre qu'ils
avaient subi cent ans auparavant sur les
pentes de Gergovie n'attribuaient pas
leur défaite au terrible Vasso ?
J'ai pensé que « l'Alouette d'Auvergne » s'intéresserait peut-être à ces détails absolument inédits.
Veui'lez excuser mon bavardage et recevoir, cher Monsieur, l'assurance de mes
sentiments sympathiques et dévoués.
MORISQUE.

L'Exposition Artisanale
du (( Farad is »
La Confédération artisanale du Puyde-JUôme avait organisé, à Royat, au
cours de la saison qui vient de s'écouler,
une fort intéressante exposition des artisans et artistes auvergnats. M. Dargent,
l'aimable directeur de l'établissement
du « Paradis », avait mis deux salles à
la disposition des organisateurs.
Les travaux des artisans occupaient
surtout la première salle. Ils comprenaient de délicats ouvrages de dames
(broderie, lingerie, dentelles, etc.), des
chapelets, du papier, de l'orfèvrerie, des
coussins à rubans-fleurs et de la charronnerie d'Ambert; des vêtements, de la lingerie et de la marqueterie de Clermont;
des cornes de Courpière ; de la poterie
de Lezoux.
^
Nous devons mentionner en particulier
les cuirs repoussés de la maison Dumas,
de Clermont, rue Blatin, un dessus de lit
an dentelle de Mme Delquaire, de StGermain-L'Herm ; des broderies de Mme
Coulon, à Riom ; de la lingerie de Mme
Blanc et de Mme Fauconnier, à Clermont; des stores, des jetés de table et
des dentelles de Mme Homery, à Langeac ; un store en filet double d'Auvergne, de Mme Chalard, à Clermont.
Toutes ces richesses étaient présentées
avec un goût parfait par Mlle J. Couture.
Dans la seconde salle étaient groupées
les œuvres des artistes. Tout d'abord,
de Maurice Busset : Le Palais du Sultan, à Fez, Le Puy-de-Dôme, Le Col de
Ceyssat, Le Lac d'Aydat, ainsi que des
bois gravés. De Fontfreyde, des dessins
(paysans d'Auvergne) ; des statuettes
ivoire et bronze et des terres cuites de
Descomps ; des bois sculptés de Mabru,
des fers forgés du Brivadois Espérandieu
et des Clermontois Coulon, Bernardin et
Mayade ; des paysages d'Auvergne de
Clémensac, un Portrait de M. Marcombes
et Thiers, de Retru ; La Monne à StSaturnin, de Pérouse, des peintures de
Burnol ; deux toiles d'un effet saisissant,
Salut à la Croix, et La Margeride à
Thiers, de Fourbet ; des tableaux de
Mme Dodel-Faure, Androdias, de Thiers,
Chaillier* Er Rollier, André, Thessonnier, Sanitas, Martínez ; une aquarelle
de Mme Latour, des sculptures de Chapon et diverses œuvres de Pierre Desbois,
peintre-graveur.
Cette exposition a permis à de très
nombreux visiteurs d'avoir sous les yeux
de beaux spécimens des travaux de nos
compatriotes : c'est la réclame la plus
profitable que l'on puisse faire à nos artisans et à nos artistes. Il faut dire cependant, qu'une publicité mo'ms sommaire eût amené un plus grand nombre
d'étrangers. Si l'on allait voir l'exposition artisanale, c'était, bien souvent,
parce qu'on avait été attiré par F « intérieur auvergnat », qu'a reproduit au
« Paradis », M. Dargent.
L'année prochaine, la Confédération
artisanale comblera certainement cette
lacune. En attendant, louons son distingué président, M. Ollier, Ingénieur à
Clermont, ainsi que ses dévoués collaborateurs, de l'idée excellente qu'ils ont
eue en organisant l'exposition du « Paradi:; ».
Henri GILBERT.

LOS LIBRES
Es beleù un pauc tard ?... Non, per
faire ben, es jamai trop tard, e vos dirai
aitueit, un mot doù libre de Frederic
Mistral nebot : ... Et nous verrons Berre
(D-

Veire Berra aco' s arribar, aco's reiisir e, s'avem pas d'enquèra plenament
reiisit n'avem lo dezir, la volontat e l'espèr. Es so que nos dis Mistral nebot dins
son bèu libre qu'a solament un défaut :
« pas pron veire forà Rovènsa », e qu'es
le legir tot enteir.
Lo libre se partit en Pages de doctrine
3 Pages de critique ; dins la promeira
l'autor s'ocupa subre-tot de l'ensenhaLeçons de chant et de déclamation nent de la lenga d'oc e, fiau, per fiau.
los dis so qu'estât fat per aco ; i'a qui
par Mlle Mary LAFFONT,
Diplôme supérieur à la Schola Cantorum le ben benas pajas e de criticas meritailas per la govern ; Mistral parla de la
17, rue Servandoni, Paris, (6")

D'AUVERNHA

circulàci de Monzie, e à prepaus de l'intrada de nostra lenga à l'escola, de la
marrida volontat, de la paor dos poders;
mas i'a quicom que nos dis pas e que
compta pamens : Routine et administration, subre-tot paor dou trabalh ; manftis profesors e institutors m'an dich :
Non, pas une minute de cours de plus, et
Ifes programmes sont assez chargés comme cela. Or, son entenduts, sou escotats
charreira de Grenelle, e ben mai que lo
pople nos fau i faire lum e los ganhar.
Dins la segonda partida l'autor estudia
quauquis escrivans d'oc ; d'aquelas rejas citarai l'article sus Charlon Rreu e
aquest subre las Muzas d'oc que son
Fort ben venguts e qu'i fan onor : e per
clavar dirai : bon libre, mai-que-mai interesent e que tot felibres se dèu de conaiser e d'aver.
B. VIDAL

Contes de la Luneira
par Henri GILBERT Maître en Gai Savoir
Grand Prix de prose en langue d'oc
aux Grands Jeux Floraux Septennaires
Montpellier, 1927
Nouvelle édition revue, augmentée et complètement remaniée.
Illustrations du peintre Garbriel Moiselet, Médaillé du Salon des
Artistes français.
Tirage réduit à 300 exemplaires. Un vol. in-8° couronne, sur alfa
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papier d'Arches et Hollande Van Gelder Zonen, est en cours d'exécution.
En souscription : 200 exemplaires numérotés, au prix de 500 frs.
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Pour l'édition de luxe, les gravures en hers-texte seront aquarellés à la main par le peintre Gabriel Moiselet, ce qui fera de chaque
volume un chef-d'œuvre typographique et une véritable œuvre d'art
par ses illustrations.
Cette édition rare sera appelée à faire prime sur le marché de la
Bibliophilie.
Adresser le montant des souscriptions à M. O. Dousset, Imprimeur,
ilbis. Avenue de Clichy, Paris (17e). Compte Chèque-Postaux 1.288-20
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Prix 12 fr.
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Les jeux floraux de YEscola de
Limanha
\j Escola de Limanha tiendra une séance pour la proclamation des lauréats de
?es Jeux Floraux le dimanche 27 Octobre, à 2 h. 1/2, dans la grande salle de
lTlôtel-de-Ville de Clermont-Ferrand.
Le Bureau compte que tous les adhérents voudiont bien faire leur possible
pour assister à cette belle solennité.
UAlauza d'Auvernha publiera le palmarès des Jeux Floraux.

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Tous les abonnés de l'Alauza d'Auvernha
ont droit à une annonce de trois lignes
au plus (une seule fois).

tapand&amp;JflmaJfeddmtŷne

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Nos Sociétaires
Nous sommes heureux d'apprendre
que l'Académie des Beaux-Arts a décerné à M. Maurice Busset, le maître
peintre et graveur, le prix Richtenberger
pour son ouvrage : « La Technique moderne du tableau et les procédés secrets
des peintres coloristes du XVe siècle ».

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Du I ' au 20 septembre a eu lieu au
théâtre du Puy, une exposition de peinture de Gabriel Moiselet. On y remarquait Lo Covize, qui figura avec honneur au Salon des Artistes français de
1928, et qui a été acquis par le Musée
du Puy. Cinquante autres toiles faisaient cortège à cette belle œuvre. Quelques-unes avaient été composées pendant les vacances, car dès que Gabriel
Moiselet est au pays, il est tout de suite
attiré par les beaux sites, les vieilles
pierres, le miroitement des eaux, et
sa palette ne peut rester en repos.
Mentionnons particulièrement les tableaux suivants : La Porte St-Georges.
Le Porche Grateloup, Le Pont des Trei
Liards, Le Château de Polignac, ainsi
que des paysages de Monedeyres, de StJeures, etc.
Il n'ret pas besoin de dire que tous les
Ponauts ont eu à cœur de visiter cette
exposition.
N'oublions pas de signaler en outre,
qu'au cours de cette année, deux tableaux de Moiselet ont été acquis l'un
(Arlempdes) par le Musée de St-Etienne,
l'autre (Le Bois de B vdeaux) par l'Etat.

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Enfin, M. Auguste C'asati, Avocat à la
Cour d'Appel, Inspeclcur de la «Société
française d'archéologie », Membre de
l'Académie de Cleruiont, a fait, à
Brioude, le dimanche 29 septembre, une
conférence sur ce sujill : « Une promenade archéologique dans l'arrondissement de Brioude, ». II! a été applaudi par
un nombreux public.
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Nos félicitations à t. os amis pour leurs
succès.
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des « Rosati ». On y trouve une abondante documentation eur les littérateurs
et les artistes du Nord, ainsi que des
textes en patois, notamment une curieuse
chanson ancienne, Chanson du Bouhourdis. Ça et là, de jolies illustrations. Nos
compliments pour la belle tenue de cette
revue. (N° de Juillet 1929).

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L'Alauza d'Auvernha
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Bulletin d'Abonnement
Je, soussigné, déclare sousecrire un abonnement d'un an à L'ALAUZA.
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Un An : France, 15 francs. — Etranger, 20 francs.
10 fr. pour les sociétaires du «Covize de l'Escola deLimanha » et de la « Bilhada »
Nous envoyer ce bulletin en y joignant un chèque-postal à M. 0. Dousset,
47 bis, avenue de Clichy, Paris (17e). Comp'e Chèques-Postaux 1238-20
Paris.

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              <text>L'Alauza d'Auvernha (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/12715"&gt;Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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              <text>Gilbert, Henri (1874-1955)</text>
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          <name>Alternative Title</name>
          <description>An alternative name for the resource. The distinction between titles and alternative titles is application-specific.</description>
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              <text>L'Alauza d'Auvernha. - 1929, n°11 (Octobre) </text>
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          <description>Le portail dans la typologie Occitanica</description>
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              <text>Mediatèca</text>
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          <name>Contributeur</name>
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              <text>CIRDOC - Institut occitan de cultura</text>
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      <name>Illustracion dels periodics=Illustration des périodiques</name>
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