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                  <text>SIXIEME

ANNEE

—

N»

26.

Le numéro spïdaJ : Í fr. M. Etranger : 2 fr.

AVRIL 1934.

50.

COMITE DE RÉDACTION :

Direction :

J. BERARD,
M. BUSSET.
A. CASATI.
C. CHACORNAC.
J. CHARBONNIER.
L. DEBBONS.
D* A. DELANEF.
L FABGES.
J. FBEYCKNET.
H. GILBERT.
A. GILBERT.
V. GU1DY.
P. MAMET.
E. MARCENAC.
L. MAURANNES.
H. NOUGEIN.
J PAGENEL.
L'-C E. PESSEMESSE.
Mm« RAOUL DUPAIN.
D' E. ROUX.
M»« B. ROZIÈS.
P. SABATIER.
L. TESTUD.

GILBERT

HENRI

7, Rue Serret, 7,
CLERMONT-FERRAND

Administration :
ANTOINE

GILBERT

3, Place des Tapis, 3
LYON

Chèques-Postaux :
Lyon : 9-553

ORGAEdelaMAIMÏÏWANCI d'AUVEMIIt et des -SOCIETES AUVERGNATES à PARIS

Conférence faite au « Govize de l'Escola de Limanha » à Paris, le 26 avril 1933,
Proviseur honoraire du Lycée Condorcet, Félibre mainteneur.
(Suite et Fin)
de plus, le moine de Gellone qui a
La fantaisie du poète ou de quelque
écrit la « Vita Sancti Wilhelmi » (17).
remanieur avide de symboles, ou désireux d'éclairer d'un sourire la sombre
De ces données des textes et de la
tuerie d'« Aliscans », a introduit dans
tradition, nous pouvons retenir et concette chanson, qui est le centre du cycle
clure que Brioude fut l'une des étapes
de Guillaume d'Orange, un fils perdu
célèbres de la grande voie qui conduisait
du calife, qui est devenu un géant dans de Paris à Arles par Etampes, Bourges,
les cuisines du roi de France. C'est
Montferrand, Le Puy, Alès, Nîmes,
Rainoart que l'admiration attache à
St-Gilles, — et d'Arles à Saint-Jean
Guillaume. Sans se douter de son oriPied de Port et Roncevaux, par St-Gilgine, ignorée de Louis de France, qui
les, Aniane et Saint-Guilhelm du Désert,
l'a acheté à un corsaire, Guillaume le
Narbonne, Toulouse et les Martres tolodemande au roi, à Laoii, et obtient de sanes, Dax et la vallée de la Nive. La
l'emmener avec l'armée de secours, qui
piété et la charité des Confréries de
doit venger la défaite qu'il vient de subir
Saint-Jacques avaient multiplié, sur ces
en Aliscans. Il s'est fait une arme d'un
parcours, les auberges et les asiles où
sapin équarri, avec lequel il fait des
les pèlerins pouvaient faire halte en
moulinets en sautant de joie devant l'arsécurité sur la longue route. Mais, aux
grandes étapes, comme Brioude, Le Puy
mée, qui l'a surnommé Rainoart-auou les Martres tolosanes, les hôtelleries
tinel.
étaient groupées autour d'un monastère
Il rappelle Hercule, annonce Gargantua et les héros de l'Arioste. Mais il va hospitalier lui-même où les moines aise battre comme un lion et décider du maient à dire aux pèlerins les titres de
leur couvent ou de leur sanctuaire si à.
sort de la deuxième bataille d'Aliscans,
montrer leurs reliques : à Brioude, les
en écrasant de son tinel des milliers de
Mahométans, en tuant, dans onze com- bouchers de Guillaume d'Orange et du
paladin Bertrand, avec le tinel de Raibats singuliers, ses cousins et ses frères
qui commandaient les divers corps de noart ; —■ à Saint-Guilhelm du Désert,
l'armée de son père, l'empereur 'Des- le puissant humérus droit de Guillaume
ramé, qu'il blesse grièvement et oblige à qui lui avait valu le surnom de Fièrebrace ; — à Roncevaux, la croix de
s'enfuir sur son vaisseau amiral. —
Charlemagne, comme on montrait à
Après la victoire, il est reconnu de sa
Saint-Romain de Rlaye le tombeau de
sœur Guibourc. Baptisé, fait chevalier,
il reçoit la main de la fille du roi Louis Roland et au Puy les sandales de la
Vierge. Es ' aimaient à conter l'histoire
de Franca, Aélis, cette pure et aérienne
figure, née, elle aussi, de la seule ima- ou la légende de leurs saints patrons.
Et, dans les grandes salles des Confréries
gination du poète. Il sera roi d'Espagne, et, après bien des aventures héroï- ou des Monastères, les jongleurs, pour
une somme modique, charmaient les
ques ou singulières, son admiration
veillées de l'étape en récitant les chanfidèle pour Guillaume en fera un imitateur ou un disciple fervent jusqu'à la sons de geste qui touchaient à l'histoire
du lieu aux pèlerins réunis (18).
fin de sa vie (i4).
Je ne veux, certes, pas entrer dans
Déjà, dans la chanson d'« Aliscans »,
la
discussion sur l'historicité des faits
quand Rainoart, d'un coup de tinel, a
fait sauter la cervelle de Grishart « l'an- racontés par les Chansons de geste touchant Brioude. Je sais que la première
thropophage d'outre l'Ile perdue », Floéglise de St-Julien fut détruite par les
hart la géante se jette sur lui, lui arraSarrasins, en 780, et rebâtie seulement
che sa ventaille, et de ses dents « déchire un pan de son haubert qu'elle en 82 5, et que Guillaume d'Orange est
mort en 812. Il n'a donc pas pu déavale comme du fromage ». Rainoart,
poser son boucher sur l'autel d'une
surpris; fait le vœu, s'il échappe à oettej
église qui n'existait plus ou n'existait
étreinte, « de déposer son tinel sur i aupas encore. Je sais aussi qu'un siècle
tel de Saint Julien. » Il se dégage
plus tard, le duc d'Aquitaine, Comte
aussitôt et écrase Flohart d'un coup de
d'Auvergne, s'appelait Guillaume le Pieux
son tinel. Et, plus loin, l'auteur d'« Aliset
qu'il mourut en 918. Je ne saurais
cans », devançant les événements, dit le
oublier, non plus, que Guillaume d'Oreste de la vie de Rainoart, après son
range fut aussi duc d'Aquitaine.
baptême et son mariage, sa royauté, sa
Mais je prends mon parti, sans peine,
victoire sur le géant Loquifer, l'homde la confusion possible qui a permis
mage qu'il fait à Saint-Julien de Rrioude
aux Chanoines de Brioude d'inscrire
de son tinel, brisé en- deux tronçons
Saint Guillaume de Gellone ou Guilpar la violence du coup qui a écrasé
laume d'Orange dans leur Martyrologe ;
le géant Haucebier en selle (i5).
— aux moines de Saint-Guilhelm du
Enfin, la chanson du « Moniage RaiDésert d'introduire dans la vie de leur
noart» conte comment, Aélis étant morte
fondateur le souvenir de son culte pour
en donnant le jour au géant Maillefer,
Saint-Julien de Brioude ; — aux clercs
Rainoart « se fait raser L· tète en couqui ont assemblé les récits des Moines
ronne » et'prend -le froc bénédictin en
et des jongleurs de localiser à Brioude
l'abbaye de Saint-Julien de Brioude(i6).
Mais ce n'est pas tout. Parmi lies plusieurs scènes des Chansons du Cycle
de Guillaume d'Orange.
ex-voto épiques, admis par le chapitre
Bien plus, je considère comme tout à
de Saint - Julien dans son sanctuaire,
fait probable que les Chanoines de
figurait encore, à côté du bouclier long
Brioude n'ont pas attendu cent ans pour
de Guillaume d'Orange et du tinel de
rétablir le sanctuaire détruit par les SarRainoart, la targe du paladin Bertrand,
fils de Bernard de Brabant, que nos rasins en 730, mais qu'ils ont édifié
chansons de geste placent toujours au- sans délai, sinon une église définitive,
au moins une chapelle où ils ont dressé
près de son oncle Guillaume, comme
un compagnon aussi brave que fidèle, — l'autel de Saint-Julien sur lequel Guillaume est venu, en 806, déposer son
ce que ne manque pas de faire, une fois

bouclier et de riches présents, avant de
prendre le froc bénédictin à Aniane,
pour se retirer ensuite dans son ermitage de Gellone, bientôt devenu le riche
monastère de Saint-Guilhelm du Désert. Et, la vraisemblance ainsi retrouvée, je me garderai d'infirmer la légende qui enchanta les pèlerins.
C'est que, comme l'a si bien dit
M. Joseph Bédier, nos poètes du moyen
âge « n'ont pas combiné des événements

BRIOUDE
Le Porche de Saint-Julien et la rue Savaron.

historiques mais des thèmes poétiques »
(19). La légende a pénétré l'histoire, inWprété les événements qu'elle nous a rendus en lumineuses scènes de vitrail ou
en larges fresques symboliques. C'est
Sainte Geneviève nimbée de lumière
bleue qui veille du haut du rempart sur la
ville endormie. C'est Roland se refusant
à sonner de son olifant pour appeler
au secours tant qu'il peut combattre.
C'est la communion de Vivien mourant
sur le champ de bataille d'Aliscans.
C'est oette vaste fresque de la Chanson
d'« Aliscans », qui, sur une donnée historique, fixe en un triptyque saisissant
la légende de Guillaume en lui donnant
tout son sens.
Qu'importe qu'il ait été le fils du
comte Théodoric ou le deuxième fils
d'Aymeri de Narbonne et d'Hermengarde de Pavie ! Charlemagne l'a jugé
le plus brave et le plus fidèle de ses
barons. Il lui a oonfié son épée et la
double mission de défendre le trône
contre les félons, et la chrétienté contre les Sarrasins. C'est à cette tâche
essentielle que sont voués les enfants
et les petits-enfants d'Aymeri. « AhV
cans » est comme un tableau de cette
lutte épique où les païens ont, d'abord,
le dessus, mais où la victoire reste aux
chrétiens, — où, dès lors, les haines
s'apaisent, — où un fils du calife se
fait chrétien et épouse la fille du roi de
France, comme sa sœur a été baptisée
et a épousé Guillaume.
Or, la véridique histoire nous dit
qu'en effet, en 790, Charlemagne a
placé Guillaume auprès de son fils, le
roi Louis, en le faisant duc d'Aquitaine
et Comte de Toulouse ; — que, trois
ans plus tard, en 793, le duc fût vaincu
par les Sarrasins sur les bords de l'Orbieu, à Villedaigne. Mais, dans cette

par

M.

bataille qui est, sans doute, avec le pillage d'Arles par les païens, en 734,
le fond historique de la première, partie d'« Aliscans », les Sarrasins ont
éprouvé de telles pertes qu'ils renoncent, désormais, à pousser leurs incursions annuelles jusqu'en deçà des Pyrénées. En 8o3, Guillaume aura porté
la guerre en Espagne ; il entrera vainqueur à Barcelone, avec le roi Louis
d'Aquitaine.
La voie tolosane est libre ; les Marches de France sont bien gardées. Les
bandes de Berbères du Moghreb, à la
solde des califes de Gordoue, ne viendront plus jusqu'en Bourgogne et jusqu'à Poitiers piller les villes et les couvents, couper la tête aux hommes, emmener comme esclaves les femmes et les
enfants. Cependant, l'Espagne ne commencera à respirer librement, et le Midi
de la France ne se sentira hors d'atteinte qu'après la chute du califat(IO3I), quand'-Rodrigue de BivSr irjrcourir l'aventure chez les Maures euxmêmes, et leur barrer la route en s'établissant à Valence. Il fallut attendre
trois siècles pour que le mariage de Ferdinand d'Aragon et d'Isabelle de Castille réalisât l'unité de l'Espagne et chassât les Musulmans de Grenade (1429).
C'est oette victoire de la Chrétienté que
promet à l'Occident la deuxième bataille d'Aliscans, contée sous la forme
où nous la donnent les manuscrits du
xme siècle.
En confiant son bouclier à Saint-Julien de Brioude, Guillaume lui avait dit :
« Si le fils de Charlemagne a besoin de
« mon secours, je viendrai reprendre
« mon bouclier et déposerai en gage
« trois besants d'or. »
Un jour, il apprend, par des pèlerins, que le géant Isoré, n'entendant
plus parler de lui, s'est enhardi jusqu'à
venir assiéger Paris avec ses hordes de
Saxons. Le roi Louis a envoyé Anséïs
d'Auvergne à la recherche de Guillaume.
Sans attendre ce message, Guillaume a
repris ses armes et son destrier, et, en;
moins de six jours, il arrive, un soir,
au fossé Saint-Jacques, à la porte de
Saint-Germain-des-Prés. C'était là que,
tous les matins, Isoré de Gonimbre venait insulter le roi de France et défier
en vain les chevaliers. Lassé de sa longue chevauchée, Guillaume met pied à
terre et s'endort au pied d'un arbre, non
sans avoir juré, par Saint-Honorat, que,
dès l'aube prochaine, Isoré trouvera à
qui parler. Au lever du soleil, le géant
revient, en effet, renouveler ses insultes
et son défi. Guillaume s'avance, monte
sur Folatise, relève le défi, et, à la première passe, il tranche la tête d'Isoré
et la fait porter au roi Louis. Les
Saxons, épouvantés, s'enfuient de toutes
parts, après avoir, en grande hâte, enseveli leur roi décapité aux lieux mêmes
où la rue de la « Tombe-Issoire » croise
aujourd'hui la rue Dareau et rappelle
cet ultime
ultime exploit.
exploit.
cet
Mais Guillaume se dérobe à l'enthousiasme de la Cour de France, et reprend
une dernière fois le chemin ferré des
pèlerins. En passant à Brioude, il fait
halte au moutier, y dépose son bouclier
sur l'autel de Saint-Julien et s'en va
reprendre le froc à Gellone. Là, il se
repose enfin de tant de luttes, non pas

CHACORNAC,
en battant les moines, comme l'a dit
l'auteur inconnu de l'une des deux rédactions du « Moniage Guillaume », mais
en donnant l'exemple de toutes les vertus : — en s'effaçant devant ses frères ;
— en se chargeant des offices les plus
humbles ; — en allant « sur l'âne du
couvent porter du vin aux frères qui
faisaient la moisson au versant du ravin », ainsi que le oonte, sur des témoignages oculaires, le moine Ardon Smaragdus, dans la Vie de Saint Benoît
d'Aniane.
C'est à Gellone que Guillaume d'Orange mourut en 812. Il a été regardé
comme un saint. La «.Chevalerie Vivien»,
la « Chanson de Guillaume » le disent.
La Chronique d'Aniane et de Moissac
l'affirme avec l'auteur de la Vie de
Saint Benoît. Les Bollandistes et le Martyrologe de Brioude placent sa fête en
mai.
Kainoart, lui aussi, quittera, 1111 jour,
Saint-.InKwi de Bri-oudi1 p.^ur aller se
battre une dernière fois contre son lignage païen. A la suite d'aventures héroï-comiques, il est livré aux Sarrasins.
Mais il leur échappe, et, par une anticipation au moins singulière, il fait la
conquête d'Alger, après quoi il revient
finir sa vie dans le calme et le recueillement du monastère de Saint-Julien de
Brioude (20).
La tradition du moyen-âge a réuni les
noms de Guillaume et de Rainoart,
comme elle avait réuni les noms de
Roland et de Charlemagne. Dans le
Paradis de Dante, ils sont au nombre
des esprits bienheureux qui habitent « la
cinquième division de l'arbre qui vit par
sa cime et ne perd jamais une feuille ».
Quand leur nom est prononcé, comme
aux noms de Josué, du grand Macchabée, de Charlemagne et de Roland, les
bras de la croix s'illuminent d'un
éclair (21).
C. CHACORNAC.

(14) Cf. Aliscans, version française ; Paris, Lanore, IIe et IIIe p. Epilogue.
(15) Cf. Aliscans, version française ; Paris, Lanore, III" p. et Epilogue.
(16) Cf. Moniage Rainoart.
(17) Cf. « Vita Sancti Wilhelmi ».
AA. SS. ordinis Benedictí, IV, I.
(18) Cf. Bédier, Les légendes épiques.
Paris, Champion ; J. Bédier et Hazard,
Histoire de la Littérature française. I.
Larousse.
(19) Cf. J. Bédier, Les légendes épiques.
I. Paris, Champion.
(20) Cf. Moniage Rainoart.
(21) Cf. Dante, Paradis, XVIII.

CONTES

DE

LA

LUNEIRA

Contes en langue d'oc avec une traduction française ; notes étymologiques ;
indications détaillées pour la lecture du
texte.
Prix : a 5 fr., chez l'auteur et dans
deux librairies seulement : « Avenir &gt;,
Delaunay.

Voir en quatrième page nos maisons
recommandées.

Nous prions

nos lec-

teurs de leur réserver leurs commandes.

�L'ALAUZA D'AUVERNHA

t

SAINT-GERMAIN-LEMBIÌON. — Los Amies de Lezinhac.

Fête du 11 mars.

Ph. H. Gilbert.

Après le tour de ville, un goûter
réparateur composé de gâteaux et friandises, fut servi à tous les enfants.
Le bal auvergnat commença aussitôt,
sous la direction de MM. Besse, vielliste ;
Fargheon, ménétrier de la « Cantalienne » de ClermonJ-Ferrand, et Basile,
ménétrier local.
MM. Henri Gilbert, président de la
« Maintenance d'Auvergne » ; Joseph
Bérard, président des Amis de Lézinhac », et Blanchet, félibre, étaient venus
spécialement de Clermont pour assister
à oette fête.
Après souper, le bal reprit de plus
belle, et tard dans la nuit, les nombreux couples de Saint-Germain et des
environs évoluèrent longuement aux sons
des danses anciennes. •
Nos féheitations à tous les organisateurs de oette fête, notamment à Mme
Grange, vice-présidente de la société, et
à ses dévouées collaboratrices.
Le secrétaire : E.

FÉLIBRIGE
MAINTENANCE D'AUVERGNE

GRASSET.

CLERMONT
Covize du 21 Mars.

« Montrognon »
PARIS

Le Régionalisme touristique
« Lo Covize de l'Escola de Limanha »
La séance annuelle de publicité en faveur des Industries d'Auvergne a eu
lieu le 2i février, au Café Voltaire,
Place de l'Odéon, sous la présidence de
Me Joseph Python, Avocat à la Cour.
Conseiller du « Covize ».
Dès rouverture, le président présente,
en quelques mots, le conférencier, M.
le Dr Cany, président de la Fédération
de Tourisme du Massif Central, qui
doit parler sur « Le Régionalisme touristique », et il lui donne aussitôt la
parole.
Le Dr Cany déclare, tout d'abord,
que c'est le Colonel Pessemesse qui lui
a donné le sujet et le canevas de sa
conférence, pour se oonform«ir au programme de la saison : « Le Régionalisme ».
« Le tourisme, selon Littré, c'est le
déplacement par oisiveté ou par curiosité. » C'était donc, à cette époque
le lot d'une minorité. De nos jours, il
en va tout autrement, et le tourisme
est devenu à la portée de toutes les bourses.
Le conférencier examine, maintenant,
les bénéfioes qu'apporte le tourisme aux
pays qui en sont favorisés et considère
leur valeur au triple point de vue foncier, commercial et moral.
■ C'est lui qui permet la consommation
eur place des matières premières des
pays visités. Ici, cette matière première
est gratuite, puisqu'elle est constituée
par les sites, les curiosités naturelles et
les œuvres d'art que les siècles y ont
entassées.
Il cite en exemple le Mont Blanc qui
donnait, avant guerre, un produit annuel de 52.000.000 de francs-or et dont
seulement 5 0/0 étaient prélevés par les
hôteliers.
Le conférencier se plaint incidemment du manque de publicité, en France,
en faveur du Tourisme, en face de la
débauche de tracts de toute sorte que
font nos voisins pour leur pays.
Au point de vue commercial, le Dr
Cany indique que la balance se solde
très avantageusement par un bénéfice
considérable. Il désirerait une plus grande extension des pèlerinages locaux et
met en faoe le nombre considerable de
pèlerins qui, depuis les temps moyenâgeux, ont silonné les routes de France
et d'Espagne pour se rendre à SaintJacques de Compostelle.
Il donne un tableau comparatif avant
et après guerre des budgets communaux
de La Bourboule, Orcival, Riom et Pionsat, de la valeur respective avant et après
guerre des immeubles de ces mêmes
communes, de même que les reoettes
du budget des Postes aux mêmes périodes. Suit le pourcentage de la manne
du Tourisme :
Matières premières : agriculture,
horticulture, vignerons...
Main-d'œuvre, services d'hctds, de
bains...
Caisses pubUques : Etat, départements, communes...
Matériel de transport...

3o 0/0
20 0/0
20 °/o
i5 0/0

Producteurs divers de matières
non comestibles....
10 °/o
Hôteliers...
5 oy0
Le point de vue moral n'est pas moins
intéressant. Le tourisme attire l'étranger,
lui fait connaître, sur place, et apprécier
des produits régionaux qu'il ne connaîtrait pas ailleurs ; il lui montre notre caractère national sous son vrai jour,
que se plaisent à déformer tant d'écrits
pessimistes étrangers et même français.
Le touriste voit nos mœurs locales, nos
coutumes, les costumes ; il entend la
langue, goûte la littérature, le folklore,
les danses et les innombrables variétés
de nos sites.
Et le Dr Cany termine en disant que
le Massif Central est le plus beau de
France avec Vichy, La Bourboule, le
Mont-Dore, Châtel-Guyon, St-Nectaire,
Royat, Le Puy, etc. Il a tous les éléments du Tourisme de la Franoe, « la
plus belle auberge du monde ».
Enfin, après sa conférence, il fait défiler devant les yeux de l'auditoire un
long cortège de vues projetées sur l'écran.
Aussitôt après, on procède à la venteréclame des produits d'Auvergne : elle
a eu, comme toujours, un vif succès.
Les chants, la musique et les danses
ont été supprimées en signe de deuil
national.
Le secrétaire général,
Pierre SABATIER.

SAINT-GERMA1N-LEMBR0N
« Los Amies de Lezinhac »
BAL AUVERGNAT

Le bal auvergnat organisé le dimanche 11 mars, par les Félibres du Lembron, réunis dans leur société « Les
Amis de Lézinhac », filiale de la Maintenance d'Auvergne, a obtenu un plein
succès.
Dès 1 h. 3o, dans la salle de danse
du Café de la Mairie, mise aimablement
à la disposition des organisateurs par M.
Mathieu, commençait le bal des enfants
costumés.
A i5 heures, le défilé s'organisa pour
le traditionnel tour de ville.
Précédés de trois ménétriers et des
membres du bureau, les couples costumés à la mode auvergnate parcoururent
les différents quartiers de la ville entre
une double haie de curieux sympathiques.
Parmi les beaux costumes auvergnats
figurant au cortège, nous avons remarqués ceux de Mlles Jeanne Cubizolle,
Odette Ravel, Antoinette Orto'.a, Christiane Jouve, Gaby Auibergier, Suzanne
Bert, Andrée et Madeleine Jacob, Manette Talion, Antoinette Bailly, Andrée Senèze, Micheline Mathieu, Josette Célart,
Fernande et Marcelle Bruhat, Baymonde Bert, Gaby Girard, Olga Denne, 0dette Boyer, Rosa Charrier, Mademoiselle Gilles, Lucette Roisson, accompagnées de MM. Félix Bricre, Martin,
Louis Randon, Armand Grange, Fernand
Denne, Pierre Girard, Marcel Denne,
Jean Moyen, Jacques Dumas, André Denne, Jean Senèze, Henri Chaussade, Louis
Dumas, etc.

Présidence de M. le Commandant Delbos
Conférence par M. Léon Chambre,
secrétaire de l'Amicale Cantalienne, Félibre Mainteneur : « Une commune du
^Cantal : Auzers. »
Une Félibrée suivra. Séance de danses
auvergnates dirigée par notre ami Alphonse Blanchet.
Nous comptons sur la présence de
tous nos amis.

LE

PARIS

« Lo Covize de l'EscoL· de Limanha s
Réunion le mercredi soir, 25 avril, à
8 h. 3o, au café Voltaire, place de
l'Odéon.
Conférenoe par M. Emile Dousset,
président de la XVIIe Région Economique : « Le Régionalisme économique ».
Félibrée ; danses auvergnates.

PROBLÈME DE GERGOVIE
deuant la technique militaire

Le XVIIIe siècle. — Lancelot.
Son intervention eut tout au moins
pour résultat de tirer la question de
l'oubli et d'attirer les esprits de ce côté.
Des opinions contradictoires furent avancées et soutenues avec la même ardeur
qu'au xxe siècle. L'Académie des Inscriptions et Relies-Lettres s'en émut et
détacha à Clermont l'un de ses membres, Lancelot, pour y étudier sur place
la question de Gergovie.
Après un séjour de six mois, Lancelot se crut suffisamment édifié pour
établir une dissertation sur Gergovie
destinée à sa compagnie et publiée dans
le tome VI des « Mémoires » de ladite
Académie paru en 1729. Dans ce mémoire, l'académicien se contente de réfuter les assertions de Siméoni, en reconnaissant toutefois que l'aspect du
plateau de Merdogne répondait assez
bien à la description de César. Il dénie
tout intérêt aux quelques ruines apparaissant çà et là à découvert, car,' bien
entendu, aucune recherche, en particulier aucune fouille, ne fut faite par ses
soins. L'activité historique et archéologique de l'académicien, au cours de ce
semestre de séjour, semble avoir été
assez modérée.

Ce fut une bien agréable soirée que
ce Covize. M. Dousse présidait. Il présenta le jeune conférencier en des termes déheats, pleins de poésie ; il remercia « son monde » d'être venu si nombreux, et il donna la parole à M. Tallard, professeur à l'Ecole supérieure.
...Montrognon, cette butte qui frappe
tous les promeneurs, Montrognon, terre
du Dauphin d'Auvergne, Montrognon,
butte où fleurit le plus sympathique des
romantismies, Montrognon, en un mot,
un beau coin de chez nous, fut oe soir
à l'honneur.
M. Tallard fut un conférencier trop
modeste. Il parla de compilation, alors
que chacun revivait, peu à peu, toute
une page de notre histoire. Ce n'est
Le XIX» siècle.
pas là une simple œuvre de compilateur !
Des études d'un caractère plus scienJe ne résume pas cette conférenoe,
tifique furent entreprises au xix° siècle.
puisqu'elle doit paraître dans notre
A citer notamment celle du général
« Alauza d'Auvernha ». Mais ces quelallemand Goeler fondée uniquement sur
ques rocs — qui, en plus d'un point,
l'étude de la carte et du texte de César,
me font penser à Montoelet — ont été,
et celle de l'empereur Napoléon III,
jadis, quelque chose de grand. Nos
qui comporta en outre des reconnaisgrands princes l'ont fréquenté jusqu'au
sances sur place et même des fouilles
soir de i633, où il fut sur la fameuse
exécutées par le colonel Stoffel sur lesliste de Richelieu. Enfin, Montrognon
quelles nous reviendrons. Cette dernière
s'en 'est mieux tiré que Montpensier
servit de base aux études ultérieures qui,
et beaucoup d'autres !
adoptant en général la thèse de l'empeM. Tallard termina par les légendes
reur, n'y apportèrent que des modificade souterrains. Et, pour Montrognon,
tions de détail. Les unes et les autres
elles sont toutes récentes. C'est du 25
comportent presque exclusivement une
avril au 10 mai 1884 que se déroula
étude du récit de César avec un essai
l'épopée tragi-comique de la recherche
d'adaptation au terrain des diverses madu trésOT. Le conférencier narra, d'après
nœuvres qu'il nous a décrites.
les journaux de l'époque, l'ensevelisseA notre tour, nous allons reprendre
ment des « chercheurs », la survie de
ce texte et le suivre pas à pas, en insis« Naca », muré vif pendant sept jours,
tant surtout sur les points où se sont
et qui demandait à boire, à boire !....
manifestées des divergences soit de traEt M. Tallard parlait devant quelques
duction soit d'adaptation au terrain.
témoins de l'époque, qui revivaient avec
Pour la commodité de notre exposé nous
joie oes heures burlesques de l'histoire
adopterons la thèse qui a pris une forme
iocale.
définitive dès i865 à quelques détails
M. Dousse fut l'interprète de tous
près, en supposant que nous sommes
en disant quel avait été l'agrément du
bien sur le champ de bataille de l'anconférencier que nous souhaitons sounée 52 A. C. •
vent réentendre à nos Covizes.
A l'aspect de la hauteur sur laquelle
La félibrée suivit. Chacun regretta
était établie l'armée de Vercingétorix,
l'absence de Mlles Gavaldà et Mainvialle,
« César désespéra de l'enlever de force ;
qui s'étaient excusées. M. Alphonse Blanquant à son siège, il décida de n'y sonchet dit, avec son talent habituel, des
ger qu'après avoir pourvu aux subsispoésies et des proverbes auvergnats ;
tances.
Mme Abraham continua, encore une fois,
« ...Il y avait en face de la ville au
à illustrer le parler du Lembron, et M.
pied même de la montagne une colGilbert célébra celui du Brivadois dans
line (1) très bien fortifiée et escarpée
« Lo batejar delh reinaud » et « La
de toutes parts ; si nous l'occupions
Neira ».
nous priverions l'ennemi d'une grande
Grâce à M. Chambre, Vermenouze
partie de son eau et il ne fourragerait
est toujours présent à nos Covizes. Enplus librement. »
core une fois, merci à l'animateur de
Les commentateurs sont d'accord pour
la Cantalienne.
identifier cette hauteur avec celle de la
Et, comme toujours, les danses terRoche Blanche. Nous l'admettons jusminèrent la soirée. La séance conduite
qu'à nouvel ordre, bien qu'elle soit loin
par nos excellents musiciens, MM. Besse
d'être escarpée de toutes parts et soit
et Fargheon, fut très animée. Comment
reliée, en particulier, à la montagne de
pouvait-il en être autrement, puisque
Merdogne par des pentes assez douces.
cette partie du programme, consacrée
Il s'en empare par une opération de
à la chorégraphie auvergnate, était dinuit.
Il y étab'it son petit camp dont
rigée par Alphonse Blanchet ?
la garnison est constituée par deux léLe Secrétaire : Joseph BÉRARD.
gions et qu'il relie au grand camp par
un double fossé de 12 pieds de large (2).
Survient la révolte héduenne qui fait
craindre à César un soulèvement généCOVIZES
ral de la Gaule. « Voulant éviter d'être
CLERMONT
enveloppé par tous les peuples gaulois,
Le Covize se réunira le mercredi soir,
il songea aux moyens de quitter Ger18 avril, à 8 h. 3o, à l'«0ustau», 10,
govie et de rassembler à nouveau toutes
rue Maréchel-Joffre.
ses forces, afin qu'un départ, qui n'était

dû qu'à la crainte de la défection, ne
pût avoir l'air d'une fuite.
« Au milieu de ces pensées, il lui
sembla qu'une occasion s'offrait de donner une issue favorable à l'affaire » (3).
A partir de ce moment, le récit perd
de la lumineuse clarté qui caractérise
les exposés du général romain. C'est
que le sujet est délicat, car il ne s'agit
pour lui de rien de moins que de raconter une des rares défaites qu'il ait
subies dans sa carrière.
Les Commentaires n'appartiennent
pas à la catégorie des mémoires destinés à ne voir le jour de la publicité
que lorsque leur auteur a déjà quitté,
depuis plus ou moins longtemps, la
scène du monde. Le De bello Gallico
est une série de communiqués destinés
à exalter la gloire du proconsul. Ils sont
composés pour être divulgués et répandus sans délai. Ils font partie, en quelque' sorte, du dossier qui servira, le
moment venu, à justifier sa prise de
possession du pouvoir à Rome.
Or, au point où nous en sommes arrivés, ce n'est pas une victoire après tant
d'autres qu'il a à nous narrer ; c'est le
récit d'un échec qu'il a à nous faire.
Ceux qui ont été appelés, de loin ou de
près, à collaborer à la rédaction de
quelques-uns des quinze cents et quelques communiqués de la dernière guerre,
savent combien délicate est une telle
rédaction et quels efforts parfois elle
nécessite.
Dans les mémoires,, destinés à une
publication posthume, on peut céler la
vérité ou la déformer dans une certaine mesure. Le nombre des contradicteurs diminue avec le temps et l'intérêt de la contradiction disparaît assez
vite. Dans un communiqué, on ne peut
altérer la vérité que dans la mesure où
le récit reste cependant admissible pour
ceux qui ont pu être les témoins de
l'action. Il faut éliminer a priori les
contradictions possibles. De ce point de
vue, le récit de César est remarquable
d'adresse. Aussi, malgré les réticences
voulues qu'il comporte, il doit être suffisamment près de la réalité pour que
nous essayions de la dégager en nous
fondant sur la situation militaire pour
éclaircir les quelques obscurités qu'il
renferme.
Lieutenant-colonel PESSEMESSE.
(A suivre\
( 1 ) Le -texte dit : « Erat e regione oppidi collis sub ipsis radicibus montis ».
M. Desdevises du Dézert qui a traduit assez largement : « dans le voisinage de la
ville et sortant du pied de la montagne... » est sévèrement rappelé à l'ordre
par M. Debidour qui fait observer que
le regione oppidi doit se traduire correctement par : « en direction de l'oppidum », ce qui ne l'empêche pas de proposer : « en face de l'oppidum au pied
même de la montagne ». Remarquons en
passant que la colline de M. Desdevises
du Dézert, qui est dans le voisinage de
la montagne, se trouve également en face
et que sortant du pied de la montagne
elle a de fortes chances d'être aussi au
pied d'icelle. Ne-us ne pensons donc pas
que cette petite querelle linguistique soit
susceptible de jeter de grandes lueurs sur
le sujet qui nous occupe. Quoi qu'il en
soit, nous retenons la traduction « en
direction de l'opidum » bien que, pour
être autorisé à parler ainsi dans le cas
envisagé (colline de la Roche Blanche) il
faille supposer que César était placé aux
environs du Crest.
(2) De Bell, Gall, vu, 36.
(3) Le texte dit : « Hœc cogitanti accidere visa est bene gerendœ rei », que
M. Constans dans sa traduction de la collection Budé traduit : « au milieu de
oes pensées il lui sembla qu'une occasion
s'offrait de vaincre ». Le mot vaincre qui
ne figure d'ailleurs pas dans le texte ne
nous paraît pas devoir être maintenu. Au
début du long récit d'un échec qu'il cher!chera à atténuer avec un art consommé,
'César a dû bien se garder d'exprimer que
son intention était de vaincre.

1

�L'ALAUZA ÎVAUVEHXHA
COUR D'APPEL DE RIOM.
Nigon Eugène contre Gilbert Henri
D'un arrêt contradictoirement rendu par
la Chambre des appels correctionnels de
la Cour de Riom, le i4 novembre ig33.
Il résulte :
Que M. Gilbert Vital-Henri, demeurant
à Clermont-Ferrand, 42, rue des Salins,
a été condamné à payer à M. Nigon Eugène, docteur en droit, avocat à la Cour
d'Appel de Paris, y demeurant, 10 bis, rue
de la Gaîté, la somme de cent francs, à
titre de dommages-intérêts, pour délits d'injures et de diffamation parues le Ier mai
ig32 dans le journal « La Tribune Républicaine » et à autre dâte (sic), dans
« l'Abeille Brivadois» » et « l'Alauza d'Auvernha » avec insertion par extrait dudit
arrêt dans lesdits journaux, aux frais de
M. Gilbert, lequel a été, en outre, condamné aux entiers dépens.
Pour extrait :
A. SOULIER, avoué à la Cour.

Echo des Elections législatives
de 1932.
Si l'Algérie est ravagée périodiquement
par des pluies de criquets, 1 arrondissement
de Brioude a été, au contraire, favorisé,
en io32, d'une pluie de candidats-députés.
Le dernier tombé, avec le numéro 7,
était Eugène Nigon.
Confiant en son étoile, car il était
marqué, d'avance, pour le succès, il ne
s'aboucha, comme ses concurrents, ni avec
des comités tyranniques, ni avec de quelconques diribiteurs. La carte de visite ne
doit-elle pas suffire, lorsqu'on est un personnage de marque ? C'était, en somme,
une noble tentative pour moraliser l'élection trop souvent considérée comme une
affaire.
!
Eugène Nigon était venu de Paris avec
la pensée généreuse — qui pourrait l'en
blâmer ? — de mettre ses lumières au
service de ses compatriotes. Aussi, entreprit-il, sans tarder, de les éclairer en leur
donnant de substantielles conférences sur
« l'économie politique ». Sa causerie liminaire réunit, malgré une obstruction évidemment intéressée, une foule composée
d'un bon demi-quarteron d'électeurs modérément enthousiastes, peut-être, mais
plus curieux que les autres, plus avisés
aussi, plus soucieux de leurs intérêts, et
qui reçurent, en récompense, les bienfaits de la parole du maître ,; « à laquelle
parole, selon Rabelais, qui s'y connaissait, ilz demourerent tous estonnez comme canes, et ne ausoient seulement tousser, voire eussent-ilz mangé quinze livres
de plume »... C'est qu'en manière de programme, il leur annonça, non sans une
légitime ostentation, qu'il était « avocat
à la Cour de Paris », et qu'il venait
« d'être reçu (à cinquante ans!) docteur
en droit, section des sciences juridiques»...
— Oh ! pour l'amour des « sciences juridiques », permettez que je vous embrasse ! faillirent lui crier, d'une seule
voix, ses auditeurs émerveillés.
Car, on a beau dire : ces grandes choses devaient forcément remuer les cœurs,
cependant bien coriaces, des électeurs. Corneille, cet autre génie, ne les pressentait-il pas, lorsqu'il écrivait :
«
aux âmes bien nées,
« La valeur n'attend pas le nombre des
[années » ?
Les Brivadois, orgueilleux par nature,
furent, comme bien l'on pense, très flattés, quoique un peu intimidés, d'avoir un
candidat aussi représentatif. Il n'y en a
pas, comme cela, à Brioude : trouveraiton seulement, dans tout l'arrondissement,
quelqu'un qui ait de si hautes accointances
avec la «section des sciences juridiques»?
Hélas ! nos inconstants Brivadois, le
premier mouvement de curiosité passé,
devinrent un tantinet méfiants, voire
gouailleurs (obéissaient-ils à de pernicieux
conseils?), et montrèrent une froideur
inexplicable à recevoir la sagesse que le
candidat numéro 7 s'efforçait non de leur
vendre, comme il est dit dans la fable,
mais de leur dispenser libéralement... En
un mot, ils commençaient à douter... Songeaient-ils aux fameux sermons de l'illustre Cotin, vanté par Boileau, ou
avaient-ils (beaucoup d'entre eux sont artilleurs) subodoré le Gargonius d'Horace? On ne sait : toujours est-il, qu'à Langeac, l'éminent conférencier, après s'être
fait annoncer urbi et orbi par le buccin
du crieur municipal, se trouva, au jour
dit, dans une salle dont la nature avait une
profonde horreur, en ce sens qu'elle était
absolument vide !... Les auditeurs présumés
avaient commis l'inconvenance de laisser
le candidat en tête-à-tête avec la fameuse
« section des sciences juridiques » !....
Mais attendez!... Ah! les électeurs devenaient récalcitrants ? Ils faisaient la
sourde oreille?... On changerait de tactique!... Et, bientôt, une affiche mirobolante exposa péremptoirement qu'Eugène Nigon, parangon du régionalisme,
ardent disciple de Mistral, avait « organisé Lo Covize, à Paris » : ce haut fait
ne valait-il pas, à lui seul, plusieurs milliers de voix?...

Informé de cela, et connaissant, infiniment mieux que Nigon, « l'organisateur
du Covize. car
« Cet homme-là, sire, c'était moi-même ! s
je m'amusai follement de cette plaisante
usurpation de paternité. Et ce fut le
sujet — nous arrivons au fait, chers lecteurs — d'un joyeux article, point méchant, du reste, qui parut, non dans
« L'Aulauza d'Auvernha », mais dans « Lo
Tribune », journal politique.
Cependant, le premier mai, grand jour
de surprise, arriva : qui serait « dieu,
table ou cuvette » ?
Les urnes révélèrent leur secret : M,
Julien Fayolle, homme sans titre et sans
gloire, fut admis au paradis des élus du
suffrage universel, avec plus de 5.ooo
voix, tandis que, parmi les candidats délaissés des dieux, le citoyen Nigon n'avait
obtenu que i58 suffrages (« Avenir »
dixit). De grands et légitimes espoirs
étaient brutalement anéantis ! Une immense, catastrophe venait de remuer toute
la contrée, des rives du Cafort aux confins du Gévaudan et du Velay : la « section des sciences juridiques » tout entière, telle une nef désemparée, avait chu,
à pic, dans un carré de brocolis d a faubourg des Barris !...
Comme il était beau, à cette heure, de
constater que la victime de cet injuste
coup du sort n'avait point cherché à
« soy mucer en quelque petit trou de
taulpe » !... Après tout, 158 voix, sur
20.000 électeurs, n'est-ce pas un triomphe
quand on songe que le nombre de suffrages eût pu s'exprimer par zéro ?
Toutefois, Eugène Nigon — « fœmun
habet in cornu », dirait Horace — ne le
prit pas ainsi. Blessé — on le serait à
moins ! — par la sombre ingratitude des
Brivadois, qui lui avaient préféré un obscur scieur de long, il voulut prendre une
revanche éclatante. Se souvenant donc de
mon article, il m'accusa de l'avoir « fait
échouer aux élections » — crime abominable ! — de l'avoir « diffamé » (j'avais
douté de son génie), et, pour ce, il me
réclamait, devant le tribunal correctionnel
de Clermont, la bagatelle de 20.000 francs
de dommages-intérêts, sans compter de
nombreuses insertions dans les journaux
de la région, y compris « L'Alauza d'Auvernha » (l'Officiel » avait été oublié...)
J'appris ainsi (et, depuis, j'en suis rempli d'orgueil !) quelle est mon influence,
en Basse-Auvergne. Comme je comprends,
maintenant, pourquoi le citoyen Nigon
m'adressait, avant les élections, de si gracieux saluts auxquels je ne répondais —
jo m'en accuse avec contrition — qu'ironiquement !... Il avait prémédité de me
mettre dans son jeu... Ah ! pourquoi ne
l'ai-je pas deviné ? Si j'ai empêché l'Auvergne de compter dans sa galerie des
Grands Hommes une célébrité de plus, qui
sait ce que j'ai perdu moi-même ?... Rien
ne m'en consolera !
Les débats engagés devant le tribunal
de Clermont, le i5 juillet iq32, m'amusèrent énormément. Mon farouche adversaire était son propre défenseur. Chacun
de ses voyages m'apportait la plus grande
joie : on n a pas, par le temps qui court,
beaucoup d'occasions de rire!... Mais cela
ne dura que dix-huit mois... Après divers
renvois, l'affaire vint en novembre 1933.
Mon défenseur — je veux le remercier
ici — M. le bâtonnier Edmond Pialoux
(adversaire oblige !), prononça une plaidoirie qui était le modèle du genre : ce
fut un vrai régal pour tout le monde.
Par les questions que mon accusateur y
avait évoquées, l'audience avait vraiment
l'air d'un Covize dont le président, pour
une fois, était M. Guérin. Eugène Nigon,
en manière de plaidoirie, lut sa plaisante
assignation. Le tribunal, tout en étant
d'avis que deux passages de mon article
égratignaient un peu le demandeur, ne
jugea pas à propos de lui accorder 20.000
francs... Mille francs suffisaient. Je trouvais, moi, que c'était trop.
Peu de jours après, nouvelle séance gaie
— nouveau Covize — à la Cour de Riom.
M. le bâtonnier Pialoux fut encore étinoelant de verve et d'esprit : « L'Alauza
d'Auvernha » et le Covize furent à l'honneur. Le Félibrige et la langue d'oc ne
furent pas oubliés. Et j'eus, cette fois,
la rare joie d'entendre plaider mon dangereux adversaire. Il employa tous ses
moyens : son éloquence cicéronienne, sa
dialectique socratique, qu'ornaient de délicieuses fleurs de rhétorique, son habileté consommée, enfin, firent, sur la Cour,
une impression décisive... L'arrêt ramenait
les dommages-intérêts à CENT francs...
Trois insertions, dont une dans « L'Alauza
d'Auvernha », qu'il désirait ardemment,
lui furent, en outre, accordées... Et je
gardai le sourire.
Voilà pourquoi le présent numéro contient, avec l'insertion en question, la réponse qui la suit nécessairement.
L'excellent et sympathique Nigon a eu
la louable idée de faire savoir à nos lecteurs qu'il m'a fait un procès, qu'il nous
a fait de la publicité, qu'il est venu six
fois à ses frais, me divertir, à Clermont,
(où « je me languis » de Paris, et, qu'en
retour, il a touché, comme aubaine, un
billet de CENT francs... Je n'y vois au-

t

SAINT-GEKMAIN-I.EMBRON
Fête du 11 mars — Le Défilé.
Ph. J. Bérard.

DOCUMENTS

HISTORIQUES

LA COUTUME D'AUVILLAR
De l'administration municipale (suite).
A Auvillar, le conseil des prud'hommes était formé de dix membres et
choisi, comme l'indique son nom, dans
le corps des ^prud'hommes, c'est-à-dire
dans la noblesse, le clergé et la bourgeoisie. Nous ignorons de quelle manière il était procédé à ce choix. La
communauté tout entière intervenait-elle
pour accepter ou repousser une liste de
candidats dressée d'avance par les membres encore en exercice, ou bien ceux-ci
prononçaient-ils en commun sur les présentations que chacun d'eux avait faites
en particulier ? Ce dernier mode, qui
fut suivi à Moissac pour le renouvellement annuel du conseil de la commune
de 1489 à 1672, le fut, peut-être, aussi
à Auvillar pendant le même temps, mais
nous ne pouvons l'affirmer.
Le corps consulaire, qui, dans le
xme siècle, se composait de six consuls,
fut réduit à quatre plus tard ; et cette
réduction fut très probablement accordée par le pouvoir royal, de même qu'à
Moissac dans le xv° siècle, sur la demande de la communauté, parce que les
frais d'installation et les gages des six
consuls étaient devenus trop onéreux.
Avant ledit de Henri III de i586,
les consuls étaient renouvelés, chaque
année, à Pâques'.' Ils ne pouvaient être
réélus qu'après un intervalle de deux
ans. Celui qui refusait, sans motif légitime, de remplir la charge de consul,,
était condamné à une amende de cent
sous que le seigneur et la communauté
se partageaient par égales portions.
Avant de procéder aux élections, les
consuls dont les fonctions allaient expirer, devaient se présenter en corps de-»
vant le seigneur, ou, en son absence,
devant son bayle, et promettre, par serment, d'élire, pour les remplacer, des
hommes probes, loyaux, dignes de la
confiance du seigneur et de la ville, et
disposés à respecter les droits de l'un
et de l'autre ; et, si par hasard, ce
serment n'avait pas été prêté avant l'élection, il devait l'être après, en des termes
différents.
Les élections terminées, les nouveaux
consuls devaient, à leur tour, se rendre
auprès du seigneur, ou, en son absence,
auprès de son bayle, et y prendre l'engagement sous la foi du serment,, envers
le seigneur et la ville :
De se conduire bien et loyalement ;
De faire droit, conformément aux
Coutumes, à tous ceux qui discuteraient
devant eux leurs intérêts ;
Et de respecter de bonne foi les droits
du seigneur et de la ville, mais sous la
réserve que ledit seigneur n'apporterait

cun inconvénient... Je n'en vois pas davantage à remarquer, avec lui, en invoquant simplement l'arithmétique, que tout
est bien dans l'ordre : en ne me réclamant
que 20.000 francs, au lieu de 60.000, il
reconnaissait qu'il ne valait que le tiers
d'un député. Mais les 1.000 francs accordés à Clermont ne représentent que
le soixantième d'un représentant du peuple ; et, enfin, les CENT francs, dernière
estimation de Riom, n'en représentent
plus que le six centième !... Je n'aurai pas
le mauvais esprit d'y contredire.
En fin de compte, Nigon est un brave
garçon : je lui souhaite de compléter ce
brillant succès aux prochaines élections :
il peut même compter sur mon concours
pour l'y aider.
En attendant, teneamus risum ! et observons une minute de silence...
Honneur au courage malheureux!...
Henri GILBERT,
« Organisateur » de « Lo Covize »v.

aucun changement dans le personnel
du corps consulaire.
La Coutume ne renfermant aucun
détail sur la manière de procéder au
renouvellement des consuls, on pourrait
conclure des lignes qui précèdent que
les consuls, dont les fonctions allaient
expirer, choisissaient et nommaient euxmêmes leurs successeurs, et que le corps
des prud'hommes n'avait qu'à s'incliner
devant une décision sans contrôle. Il
n'en était pas ainsi : le mot élection
avait alors un sens bien différent de
celui que nous lui donnons de no^
jours. A Auvillar, comme à Moissac,
de I48Q à 1672, les consuls sortant de
charge n'avaient qu'un droit de présentation, et c'était l'exercice de ce droit
qu'on désignait improprement, il est
vrai, sous le nom d'élection ; chacun
d'eux proposait, pour le remplacer, deux
de ses concitoyens, mais c'était le conseil
des prud'hommes, c'est-à-dire de la
commune qui faisait la nomination en
acceptant ou repoussant les candidats
présentés. Si tous les candidats présentés ou quelques-uns d'entre eux
étaient repoussés, une nouvelle présentation devait avoir lieu, et la nomination
n'était faite que lorsque la majorité
du conseil s'était prononcée. Dans toute
élection consulaire, il y avait donc présentation de douze candidats (tant qu'il
y eut six consuls), par les consuls sortant de charge, acceptation ou non de
six de ces candidats par le conseil des
prud'hommes, enfin installation des
consuls élus après qu'ils avaient prêté
serment devant le seigneur, ou, en son
absence, devant son bayle.
C'était encore ainsi que les élections
consulaires avaient lieu à Auvülar dans
le xvii" siècle, toutes les fois que l'intendant de la généralité, le gouverneur
de la province ou le commandant militaire n'intervenaient pas, ce qui déjà
arrivait très fréquemment, pour imposer
à la communauté ses magistrats municipaux, soit en les nommant d'office,
soit en désignant les candidats qui
avaient leurs préférences. Les élections
se faisaient alors le premier janvier,
sous la présidence du juge royal, remplissant des fonctions analogues à celles
du bayle du seigneur dans les temps
passés. Lorsque les jurats, c'est-à-dire
les membres du conseil, étaient réunis,
les consuls anciens leur représentaient
qu'ils avaient été convoqués, suivant l'usage toujours observé, conformément à
la costume, arrests, règlements et ordonnances royaux, pour procéder à la mutation consulaire, et déposaient immédiatement entre les mains du greffier de
la commune une liste sur laquelle chacun d'eux avait inscrit deux candidats
appartenant au rang pour lequel il avait
le droit de représentation. Cette liste
était remise aussitôt au procureur du
roi de la commune à qui il était permis
de la discuter, mais qui déclarait, presque toujours, que les personnes qui y
figuraient n'étaient pas suspectes et
qu'elles avaient assez de capacité pour
remplir les fonctions consulaires. Les
conclusions et les réquisitions du procureur du roi entendues, les jurats promettaient, l'un après l'autre, la main
levée à Dieu, de choisir les consuls suivant leur conscience et s'occupaient immédiatement de ce choix : la liste des
candidats passait successivement entre
les mains de tous les jurats, et chacun
d'eux y pointait ceux qu'il préférait pour
le premier, le deuxième, le troisième
rang.
Le vote des jurats ainsi exprimé, le
secrétaire-greffier en faisait le dépouillement et le transmettait au juge royal,
qui en faisait connaître le résultat. Les
candidats qui avaient obtenu la majorité étaient proclamés consuls ; ils prêtaient serment, séance tenante, entre les
mains du juge, et étaient installés dans
leurs fonctions. Si, d'après les votes
exprimés, la majorité avait repoussé les
candidats présentés, ou seulement quelques-uns d'entre eux, les consuls sortant
de charge étaient mis en demeure, par
ce fait seul, de fortifier l'élection, c'està-dire de présenter de nouveaux candidats. A Moissac, il arrivait souvent, vers
la même époque, que les anciens consuls étaient forcés de fortifier plusieurs
fois l'élection, par conséquent de présenter, en définitive, au conseil de la
commune, comme candidats, les hommes
qu'il jugeait les plus dignes-et les plus
capables de remplir les fonctions consulaires.
A. LAGHÈZE-FOSSAT.
(A suivre).

RECONCILIATION
(Fin)

La petite était déjà loin, et le jeune
homme la perdant de vue, dut aller jusqu'au plateau. Il débouchait à peine sur
le grand pacage où mordait la bise, lorsqu'il entendit des aboiements furieux.
« — La Rouge qui s'écarte », pensat-il, et il pressa le pas.
Le vent soufflait, et, se détachant sur
un ciel de lumière triste, annonciateur
de l'automne, Francis vit, en avant du
troupeau placide, la Miette qui courait
désespérément derrière une jeune bête
que le chien harcelait.
Il comprit. La jeune fille avait coutume d'enrouler la corde autour de son
poignet, elle était entraînée par l'animal...
Francis bondit vers l'enfant qu'il sentait à bout de force, et qui buta contre
une pierre. Elle poussa un cri. Mais au
même moment, Francis saisit la corde.
D'une secousse brusque, il forçait la bête
à changer de direction, et profitait de
ce court répit pour trancher la corde
d'un coup de serpette.
Miette gisait inanimée, la figure enfouie dans l'herbe. Francis tremblant
retourna la jeune fille, et, d'un geste
maternel, essuya le pauvre petit visage
maculé de sang et de terre. Une pierre
aigüe avait blessé la tête parmi les boucles blondes.
Elle rouvrit les yeux et sourit au
jeune homme qui pensa chanceler, fou
de joie. Elle voulut se redresser, mais
une vive douleur à la cheville l'empêcha
de se mettre debout.
« — Va quérir les bêtes, Francis, tu
les ramèneras chez moi, et tu demanderas qu'on vienne me prendre sitôt que
les hommes seront revenus.
« — Te laisser toute seule, Miette,
cela jamais ! Je suis assez fort pour
te porter. »
La génisse, fatiguée, avait fini par se
calmer, et le garçon n'eut pas trop de
peine à grouper le troupeau et à le
mettre sur le chemin du retour.
Avec d'infinies précautions, il saisit
Miette dans ses bras robustes, et suivit
les bêtes, alourdi de son précieux fardeau.
Le vieux Pialaroux s'occupait de la
volaille, lorsque les vaches pénétrèrent
dans la cour.
Au bruit de ce piétinement, il se retourna. Ahuri par cette rentrée prématurée du bétail, il pressentit un malheur,
et, tout flageolant, s'avança.
Lorsqu'il vit le gars Bordier qui portait la petite, et que celle-ci avait du
sang, il devint tout pâle.
Il oublia la vieille rancune, et fit
entrer le jeune homme pour qu'il déposât l'enfant blessée.
« — Père, murmura-t-elle, il ne
faut pas porter peine ; le rebouteux
aura tôt fait de remettre mon pied, et,
quand je serai lavée, mon écorchure
n'y paraîtra plus. Mais il faut remercier le Francis qui a pu couper la corde,
car, sans lui, la génisse m'aurait certainement tuée. »
Aux vendanges, il advint un grand
événement dans la commune : les fiançailles de Miette Pialaroux avec Francis
Bordier qui scellèrent la réconciliation
des familles ennemies.
Et, après la Toussaint, le vieux curé
fut convié à bénir l'union des enfants.
La Miette était pâle sous ses voiles
d'épousée ; cependant, son regard étincelait de félicité. Francis, un peu gauche dans ses vêtements de la ville, la
conduisait, tout rayonnant.
A la sortie de l'église, l'humble harmonium ne jouait pas de marche triomphale. Le couple avançait sous les arbres
tragiquement dénudés, les nuages blêmes voyageaient dans un ciel livide,
mais au-dessus des âmes pacifiées se
balançaient les palmes de la concorde,
et l'étoile du bonheur luisait pour deux
jeunes êtres.
Jacques LERTA.

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�Â

L'ALAUZA D'AUVERNHA

RÉGIONALISME
FÉDÉRATION RÉGIONALISTE FRANÇAISE
LES PROGRES1
DE L'IDEE REGIONALISTE.

M. Albert Sarraut, Ministre de l'Intérieur, vient de recevoir une délégation
de la Fédération Régionaliste Française,
composée de MM. Charles-Brun, délégué général ; J. Mihura, secrétaire général et Joseph Beineix, qui lui a remis les principaux vœux émis par le
récent congrès de la F. R. F. Ces vœux
tendent, en vue de la simplification des
rouages administratifs, de l'allégement
des charges publiques et du développement des initiatives locales et régionales, à une division de la France en
régions administratives, pourvues de
conseils régionaux ; en attendant cette
réforme et pour la préparer, à la constitution de syndicats interdépartementaux et à la création de conseils régionaux économiques, destinés à coordonner les efforts de tous les groupements
professionnels.
Le Ministre a promis d'examiner ces
vœux avec la plus bienveillante attention.
Dès maintenant, un premier conseil
régional économique est en formation :
celui des Charentes-Poitou, qui sera
définitivement constitué au congrès de
la Rochelle, à la Pentecôte.
Signalons enfin que les mots « régionaliste » et « régionalisme » viennent
d'entrer au dictionnaire de l'Académie
Française.
Petits succès qui sont de bon augure
pour l'avenir.

POUR LES
INDUSTRIES D'AUVERGNE
Voici les adresses des industriels,
commerçants, écrivains et artistes qui
ont pris part à la séance de publicité
organisée, le 21 février dernier, par
« Lo Covize de L'Escoto de Limanha »,
section parisienne de la Maintenance
d'Auvergne :
PARIS
M. BAYLOT, pharmacien, 3, boulevard
Beaumarchais.
M. BÛCHE, soieries, 73, rue de Richelieu.
M. CHANTELOZE, président honoraire
de « La Massiacoise », bronzes d'art,
i/ï, rue des Filles du Calvaire.
M. CHACORNAC, proviseur honoraire,
5, rue Blanche.
M. Alfred LAVERGNE, artiste-peintre,
12, rue du Moulin-de-Beurre.
M. Gabriel MOISELET, artiste-peintre,
25, rue Jean Dolent.
M. Louis MONS, horlogerie-bijouterie,
47, rue Fontaine.
M. Pierre SUAU, imprimerie, 80, rue
de Charonne.
MM. RICHARD, soieries, 21, rue des
Jeûneurs.
M. Antoine SAUGUES, sculpteur-ciseleur, 73, rue Crozatier.
« LA VERVEINE DU VELAY », Le Puy
(Agent à Paris : Poncelet, 12, rue de
la Roquette).
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maroquinerie d'art. — Fournitures pour
travaux d'amateurs et pour peintures.
M. ROUZAUD : « A la Marquise de
Sévigné ». — Chocolats : Royat, Clermont, Paris.
M. Maurice BUSSET, artiste-peintre, 36,
avenue du Puy-de-Dôme.
M. CONCIION-QUINETTE, confections.
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FONTAINE

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PUY-DE-DOME et HAUTE-LOIRE
M. CHEVALERIAS, articles de classement,
Grandsaigne-La Monnerie (P.-de-D.).
MM. DEPLAT et DUMAS, coutellerie,
4o, rue du Dr Auguste-Dumas, Thiers
(P.-de-D.).
M. DIARD-MAISONNEUVE, dentelles, ilx,
rue des Capucins, Le Puy (Hte-Loire).
M. FOURNIER, dentelles, Sainte-Florine
(Haute-Loire).
M. GAUTHIER-JALLAT, passementeries,
Brassac-les-Mines (P.-de-D.).

BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ « L'AUVERGNE » DE LYON

« Delhostal et son œuvre »

SIÈGE SOCIAL : 32, RUE TH0MASSIN

La sixième réunion de l'année statutaire en faveur du tourisme, eut lieu
dans les salons de la « Brasserie Thomassin » et fut couronnée d'un plein
succès.
Par sa causerie sur Salers, reine des
hautes montagnes du Cantal, M. Nougein, président de la Société, retint l'attention des nombreux auditeurs. Dans
un exposé d'une simplicité toute familière qui se nuançait parfois d'une pointe
d'émotion, le conférencier fit l'historique de la petite ville juchée à près de
1.000 d'altitude, face au puy Violent ;
il décrivit les trésors artistiques de cette
cité moyennageuse : son église avec ses
tapisseries et son célèbre monument de
la mise au tombeau, puis sa tour du
Beffroi, ses hôtels des Sevestre, des
Lizct, des Raffin, des Bargues, des
Vernhies, de la Ronade, etc., le tout
formant un ensemble incomparable des
vestiges de l'architecture des temps passés. Puis il parla de la fameuse Esplanade de Barouze qui domine la poissonneuse Maronne de 3oo mètres et d'où
la vue embrasse les montagnes du Can-

tal avec leurs verts pâturages peuplés,
l'été, par les grands troupeaux au poil
roux. M. Nougein invita ensuite ses
compatriotes à faire une active propagande auprès de leurs amis lyonnais
afin d'engager ces derniers à visiter
Salers pendant les jours d'été. L'Auvergne, par la variété de ses sitas, par'
la beauté de son ciel et par ses trésors
archéologiques mérite l'attention des
touristes les plus difficiles.
La réunion se termina par un concert
et par une sauterie au cours desquels
le caractère local de la manifestation fut
maintenu.
Remarqués dans l'assistance : Mmes
et MM. Nougein, Simonnet, Salarnier,
Dcsplat, Chauvy, Allirot, Visseyrias, Gilbert, Maugat, Montmaneix, Petit, Pailler, Richon, Harrych, Lafarge, Grain,
Harmand, Cuisinier, du Comité, ainsi
que MM. Mazoyer, Bâtisse, Diette, Dupuy, Dumas, le capitaine Dain et Madame ; le capitaine Revouy et Madame ;
le capitaine Debord, Vergne, Perol, Bordery, Ravel, etc..

Mlle Germaine MOISELET, dentelles à
la main, 16, Bd Saint-Louis, Le Puy
(Haute-Loire).
En remerciant les généreux donateurs, nous engageons nos amis à se
servir de ces adresses pour leurs commandes.

accueil à la facture qui leur sera adressée.
Envoyer le montant des abonnements
à M. Antoine Gilbert, fabricant de soierie, 3, place des Tapis, Lyon. Compte
ch. post., Lyon, 9.553.

La séance de publicité en faveur des
Produits d'Auvergne, qui a été annoncée
pour le 27 mai. à St-Germain-Lembron,
est en préparation. Les commerçants
qui ont déjà envoyé des échantillons
à M. Dousset, président de la Chambre
de Commerce de Clermont, bénéficieront, à partir de notre prochain numéro, de plusieurs annonces gratuites.
Les envois continuent à être reçus.

Pour
L'ALAUZA D'AUVERNHA
Concours d'abonnements.
Mlle Chambon : une annonce de
2 5o fr. et 2 abonnements, 19 points ;
Mme Grange : 10 abonnements, 10
points ;
M. Biscuit : une annonce de i3o fr.
et 1 abonnement, 9 points ;
M. le Dr René Martrou : 7 abonnements, 7 points ;
M. Léon Chambre : 3 abonnements, 3
points ;
Mme Abraham : 3 abonnements, 3
points ;
Mlle Portai : 3 abonnements, 3
points ;
Mlle Gavaldà : 2 abonnements, 2
points ;
Mlle Cubizolle : 2 abonnements, 2
points ;
Mlle Alice Josency : 1 abonnement,
1 point ;
Mlle Trapenard : 1 abonnement, 1
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Mlle Seguy : 1 abonnement, 1 point ;
Mme Groisne : 1 abonnement, 1
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Mme Texier : 1 abonnement, 1 point;
M. Maurice Dutheil : 1 abonnement,
1 point ;
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Mlle P. Girard : 1 abonnement, i
point ;
M. Germouty : 1 abonnement, 1
point ;
M. Blanchet :
1 abonnement, 1
point ;
Abonnements directs : i3.
Total : 81 abonnements.
Pour la première série, il reste à
obtenir 69 abonnements.
Les nouveaux abonnements obtenus
sont dus à nos amis de St-GermainLembron. Tous nos remerciements.

Nous remercions aussi ceux de nos
abonnés qui veulent bien renouveler
d'eux-mêmes leur abonnement, lorsqu'il
est échu, ce qui évite des frais au
journal.
Nous sommes sûrs que nos amis qui
ont laissé passer, par mégarde, l'échéance de leur abonnement, feront bon

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toutes les nouveües concernant leurs familles.

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Naissance
Mme et M. Joseph Bérard nous ont
fait part de la naissance de leur petite
fille Claude.
Nous leur adressons nos plus sincères félicilations.

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Mme Martre vient d'obtenir la médaille d'argent de secours mutuel.
D'autre part, nous avons relevé, avec
plaisir, dans la dernière promotion du
Mérite Agricole, le nom de M. Paupy,
brigadier des Eaux et Forêts, dont l'active propagande en faveur des améliorations pastorales et du reboisement, a
donné de si beaux résultats dans notre
région.
Tous nos compliments à Mme Martre
et à M. Paupy.

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Encore un deuil à signaler dans notre
famille félibréenne et dont nous avons
appris tardivement la nouvelle. Mme Pradat, née Marie Labrosse, sœur de notre
dévouée sociétaire, Mlle Yvonne Labrosse,
est décédée, le 8 mars, à St-GermlainLenibron.
Que M. Pradat, M. et Mme Labrosse,
Mlle Yvonne Labrosse, ainsi que toute
leur famille, trouvent, ici, l'expression
de nos plus sincères condoléances.

BEAUX APPARTEMENTS

à SAINT-GERMAIN-LEMBRON
(Abonnés)
COIFFURE Dames et Messieurs
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NOS AMIS

Après la joie que lui apportait cette
naissance, notre ami a eu la douleur de
perdre son père, M. Noël-Félix Bérard,
ancien commerçant, dont les obsèques
ont eu lieu le 3i mars, à Clermont et
à Vichel. La levée du corps fut faite
par le clergé de la cathédrale, assisté
des aumôniers du Pensionnat Godefroyde-Bouillon. Les cordons du poêle
étaient tenus par M. Besson, commerçant, ancien capitaine du défunt ;
MM. Marchai et Ëstier, ses anciens camarades de guerre, et Chefdeville, des
Etablissements L. Gorce et Cie.
Un long cortège suivait.
L'absoute fut donnée, à Vichel, par
MM. les abbés de Rouvray et Chataing,
au milieu d'une aussi nombreuse assistance qu'à Clermont.
La Maintenance d'Auvergne, « Los
Amies de Lezinhac et « L'Alauza d'Auvernha » étaient représentés, à Clermont,
par M. Henri Gilbert, Mme Grange et
Mlle Yvonne Labrosse ; à Vichel, par
Mme Grange et Mlle Labrosse.
Nous renouvelons à Mme Noël Bérard, à M. et Mme Joseph Bérard et
à toute leur famille l'expression de
notre sympathie attristée.

A VENDRE

Le numéro de mai de « L'Alauza
d'Auvernha » contiendra le texte in-extenso de la conférence de M. H. Germouty sur « Delhostal et son œuvre ».
Les personnes qui ne sont pas encore
abonnées pourront se procurer ce numéro, au prix de UN franc, 7, rue Serret, à Clermont-Ferrand, ou à 1'« Imprimerie La Haute-Loire », au Puy.

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              <text>L'Alauza d'Auvernha : organe de la Maintenance d'Auvergne et des sociétés auvergnates à Paris. - 1934, n°26 (Avril)</text>
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              <text>Gilbert, Henri (1874-1955), Directeur de publication</text>
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          <name>Is Part Of</name>
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              <text>L'Alauza d'Auvernha (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/12715"&gt;Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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              <text>Gilbert, Henri (1874-1955)</text>
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              <text>L'Alauza d'Auvernha. - 1934, n°26 (Avril) </text>
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          <name>Contributeur</name>
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