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                  <text>SIXIEME ANNEE. — N°« 24 et 25.

Le numéro spida.1 : 1 fr. St. Etranger : 2 fr.

50.

FEVRIER-MARS

1934.

Direction :
GILBERT

HENRI
7,

Rue Serret,

7

CLERMONT-FERRAND

Administration :
ANTOINE
3,

GILBERT

Place des Tapis, 3
LYON

Chèques-Postaux :
Lyon : 9-553

ORGAMEdc la MAINTENANCE d'AUVEUtil d des SOCIETES AUVCK6INATES

â PARIS

J. BERARD,
M. BUSSET.
A. CASATI.
C. CHACORNAC.
J. CHARBONNIER.
L. DEBRONS.
D'A. DELANEF.
L FARGES.
J. FREYCENET.
H. GILBERT.
A. GILBERT.
V. GUIDY.
P. MAMET.
E. MARCENAC.
L. MAURANNES.
H. NOUGEIN.
J PAGENEL.
L«-C' E. PESSEMESSE.
M»' RAOUL DUPAIN.
Dr E. ROUX.
MH' B. ROZIÈS.
P. SABATIER.
L.TESTUD.

ÁINT-JULIEN DE BR10UDE DAN
Conférence faite an

Covize de l'Escola de Limanha » à Paris, le 26 avril 1933,
Proviseur honoraire du Lycée Condorcet, Félibre mainteneur.

par

M.

GHACORNAC,

(SUITE)
Le roi lui offre, alors, jusqu'au quart
du royaume. Guillaume refuse tout, et,
d'accord avec son neveu, le paladin Bertrand, il dit au roi :
« — Ce que je veux pour fief, c'est
L· terre des Sarrasins. »
Le roi accorde le fief, sans garantie
de possession. Guillaume ne demande
rien qu'un secours tous les sept ans, et,
avec ses neveux Bertrand et Guiclin, il
reçoit le gant. Et ils partent avec trente
chevaliers sans terres et leurs gens.
C'est ce que nous raconte le « Charroi
de Nîmes », qui décrit tout au long la
route que nous allons reprendre avec
Guillaume et sa troupe aventureuse.
Quand, tout prêts pour le départ, les
chevaliers lui demandent quelle route il
entend suivre, il leur répond :
« — Mais c'est, d'un bout à l'autre,
le chemin de Saint-Gilles. Il nous faut
aller, tout droit, à Brioude, prier SaintJulien. De là, nous irons au Puy faire
une offrande à Notre-Dame et l'invoquer pour la Chrétienté. »
Ils gagnent Etampes et Orléans, traversent le Berri et le Bourbonnais, entrent en Auvergne, au pied de la butte
de Montpensier, passent une nuit à
Montferrand, puis, laissant Clermont à
droite, par Issoire et Lempdes, ils vont,
tout droit, à Brioude, où ils font halte
et se recommandent à Saint-Julien.
Au Puy, Guillaume dépose sur l'autel
de Notre-Dame « trois marcs d'argent,
quatre pièces de soie, trois tapis ornés
de roses. » Et, le lendemain, ils reprennent le « dur chemin pavé », qui, plus
d'une fois, les fait « maugréer ». Mais
ils ne s'arrêtent qu'à « Aleste », c'est-àdire à Alès, où ils passent la nuit. Là,
ils revêtent leurs armures. Ils avancent,
désormais, avec précaution : ils sont en
terre païenne.
Chemin faisant, ils rencontrent « un
vilain », un paysan, qui venait de SaintGilles, et entrent en propos. Il leur suggère un stratagème qui leur livrera
Nîmes. Guillaume revient sur ses pas.
A quatorze lieues en arrière, à oouvert
d'une forêt profonde, il organise « le
Charroi ». Puis, le nouvel équipage se
met en marche, traverse Vèzenobres,
passe le Gardon au gué de Ners, et, par
La Calmette et les carrières de Barutel,
« d'où furent tirées les pierres qui servirent à bâtir les tours de Nîmes », il
va se présenter aux portes de la ville.
Trente jours après le départ de Paris,
elles s'ouvrent à la longue file des chariots de Guillaume, comme Troie s'était
ouverte, jadis, au cheval de l'ingénieux
Ulysse : Guillaume est un marchand de
sel ; ses neveux et ses chevaliers sont
des charretiers conduisant des tonneaux
remplis de guerriers armés.
Nîmes prise, Guillaume, que la mort
de Cunégonde, en donnant le jour à un
fils (6) a rendu veuf, se souvient de la
belle Orable, fille du calife de Cordoue,
qui, lui dit-on, a reçu Orange en douaire, et a été mariée de force au puissant
roi d'Esclavonie Thibaut, qu'elle déteste.
Guillaume convoite Orange et la princesse. Mais Orange est imprenable. Avec
deux chevaliers fidèles, déguisés, comme
lui, en païens, il pénètre dans la ville
et voit Orable en son palais de Gloriette,
« plus blanche que la neige, plus vermeille que la rose en fleur ».
Mais jls sont reconnus et jetés en pri-

LA PLAINE DE BRIOUDE

son par Aragon, fils de Thibaut, chargé,
par son père, de veiller sur Orable. Secrètement, Orable les protège jusqu'au
jour où le paladin Bertrand vient, de
Nîmes, assiéger Orange. Aragon est tué.
Orange est prise. Orable est baptisée
sous le nom de Guibourc. Guillaume
l'épouse et fait d'Orange la capitale de
ses terres (7).
C'est de là que son action rayonne.
Un jour viendra où les Sarrasins seront
refoulés en Espagne, traqués en Italie
jusqu'à Païenne, à Venise jusque sur
leurs vaisseaux.
Quand le roi avait demandé à Guillaume pourquoi il avait désiré ce fief
singulier, « la terre des Sarrasins à conquérir », le Comte avait répondu :
« — A la Saint-Michel, de Narbonne
j'étais allé à Saint-Gilles et revendu par
Montpellier. J'avais vu les Sarrasins brûler les villes, vioL·r les monastères, renverser et briser les autels, arracher les
seins à de nobles mères chrétiennes. La
pitié avait envahi mon cœur et fait couler les larmes de mes yeux. Et j'avais
fait à Dieu et à Saint-Gilles le vœu de
revenir en cette terre et de tirer vengeance de ces cruautés » (8).
Ce vœu de pèlerin inspirera toute la
vie de Guillaume. Dans cette lutte épique, il y eut des heures tragiques. Le
jour où le neveu préféré du Comte, l'enfant Vivien, a été armé chevalier, il a
fait le vœu de « ne jamais reculer de la
longueur d'une lance devant les païens ».
Et, le lendemain, il est parti avec dix
mille jeunes guerriers pour conquérir
l'Espagne. Dans son zèle, il a été cruel.
Le puissant empereur Desramé, calife de
Cordoue, est venu le surprendre, avec
une armée formidable, en Aliscans, sous
les murs d'Arles (9). Appelé tardivement, Guillaume arrive en pleine défaite.
Son armée est anéantie. Six de ses neveux sont tombés aux mains des païens,
et, quand il découvre Vivien, c'est pour
le voir mourir. Seul, quinze fois blessé
lui-même, il réussit à échapper aux Sarrasins, à la faveur d'un déguisement,
et s'enfuit à Orange. Guibourc se refuse
à reconnaître Guillaume dans un guerrier qui fuit devant les Sarrasins. Elle
lui ouvre, enfin. — Au risque ae vous
paraître m'attarder, je veux vous lire,

Photo II. Gilbert.

dans le texte même de la « Chanson
de Guillaume », du Musée britannique,
en la traduisant sans apprêt, toute la
scène qui suit :
« — Dame Guibourc embrasse les
genoux du Comte et, courtoisement, l'interroge :
« — Sire, qu as-tu fait de tes gens ?
Tu en avais emmené quatre mille sept
cents.
« — Les pdiens les ont tués. Ils sont
couchés sanglants sur le champ de bataille d'Aliscans.
« — Sire, reprend-elle, qu'avez-vous
fait de Vivien ?
« — Sur ma foi, il est étendu mort,
là-bas, baignant dans son sang. »
A ces mots, Guibourc se sent défaillir.
« — Sire, faiUelL·, quas-tu fait de
Bertrand, te fils de Bernard de Brabant ?
« — Ma sœur, douce amie, il a vaillamment combattu. Vainqueur dans
quinze rencontres, il est prisonnier des
païens. Guichard, Gautier, Guibelin, Renier partagent son sort. »
Alors, Guibourc dit au Comte :
« — Lave-toi L·s mains, et viens manger. Depuis ce matin, je t'ai fait préparer un repas pour quatre milL· chevaliers.
« -:- Hélas ! répond Guillaume, il n'y
a pas douze jours entiers, j'en avais
près de quinze miUe. »
Il prend le bras vêtu de soie de Guibourc, et ils montent les degrés de marbre. Il n'y a plus un écuyer pour les
servir. Dame Guibourc présente au
Comte l'eau et te serviette. Puis ils vont
s'asseoir à la dernière place : leur deuil
leur interdit la première. En voyant
vides tes tables où ses barons avaient
coutume de prendre place, le Comte
dit ses regrets :
« — Ah ! belL· salle, comme tu es
longue et large ! Tables que j'ai vues
si noblement remplies, bénie soit la
dame qui vous a ainsi préparées et servies ! Mais ils n'y mangeront plus, tes
nobles fils des mères françaises, puisqu'ils ont eu la tête coupée en Aliscans ! »
Guillaume pleure et Guibourc s'est
pâmée. Le Comte la relève et la réconforte, en ces termes :

« — Dame Guibourc, ne pL·urez pas,
vous qui n'avez perdu personne de votre
sang. C'est à moi de pleurer, à moi
qui viens de perdre mon vaillant lignage.
Je n'ai plus qu'à m'enfuir bien loin, à
Saint-Michel au péril de la mer, ou en
quelque désert perdu, pour m'y faire
ermite. Et toi, tu prendras te voile et
seras nonnain.
« — Sire Guillaume », répond Guibourc, « nous le ferons quand nous
aurons achevé notre tâche dans le siècle. Oui, sire Guillaume, demain, dès
l'aube, tu monteras sur ton destrier et
lu courras à Laon demander à l'empereur Louis de venir à notre secours et
de nous venger. Et, s'il refuse, rends-lui
son fief. »
Ainsi fut fait. L'empereur cède, après
une scène épique, Guillaume ramène à
Orange une armée de Français, que
viennent grossir aussitôt Aymeri de Narbonne et ses fils, tout le fier lignage eti
ses gens. Grâce à ce puissant secours et
à la farouche bravoure de Rainoart au
tinel, le Comte inflige à l'empereur Desramé la plus dure des défaites, sur le
champ de bataille même où il avait été
vaincu quatre mois auparavant (10).
Les Sarrasins ne mettront plus le pied
sur la terre de France.
Quoi de surprenant que ce croisé superbe, qui s'était donné cette mission de
chasser les païens des Marches du Sud,
de rendre libres et sûres les routes suivies par les pèlerins, quoi de surprenant
qu'il ait voulu recommander à SaintJulien de Brioude le succès de sa croisade ! Saint-Julien, comme son compagnon Saint-Ferréol, n'était-il pas un de
ces soldats chrétiens dont le nombre
allait croissant dans les régions romaines, au temps de Dioclétien ? Quand cet
empereur publia son édit de persécution, en 3o4, Julien était en garnison
à Vienne. Avec son compagnon, Ferréol,
il vint se réfugier à Brioude. Ils y furent poursuivis et décapités. Mais, bientôt, il se fit de tels miracles, sur leurs(
tombeaux, et, particulièrement, sur celui
de Saint-Julien, que, dès le ve siècle,
une basilique lui était élevée et recueillait son « corps saint », qui, le jour de
sa fête, le 28 août, attirait une telle
foule de pèlerins qu'on ne trouvait pas
à les héberger dans la ville. Brûlée par
les Sarrasins, en ^So, reconstruite, au
début du ixc siècle, la basilique devint
le siège d'une collégiale puissante, grâce
à la faveur de Bérengier, comte de Toulouse. Vous pardonnerez à un fervent de
La Chaise-Dieu de rappeler que le fondateur de cette grande abbaye, au xie siècle, fut un bénédictin de Brioude, Saint
Robert (11).
Plus d'une fois, entre deux batailles,
Guillaume avait cherché l'apaisement
auprès de son ami Saint Benoît, en
l'abbaye d'Aniane, ou dans un ermitage
élevé, par ses soins, dans la solitude
de Gellone, au flanc de la rive escarpée
de l'Hérault. La paix conquise, Guibourc
morte, il prendra le froc bénédiction à
Aniane, en 806, et se retirera, peu après,
à Gellone, dont ses largesses firent, bientôt, un riche monastère, ainsi qu'en
témoigne encore ce qui reste de l'église
de Saint-Guilhelm du Désert, non loin
de Lodève. Mais, auparavant, en souvenir de la protection de Saint Julien,
Guillaume fait un dernier pèlerinage à

Brioude. L'épée au côté, la targe pendant à son cou, porteur de riches
offrandes, il reprend la voie Regordane,
et descend, un soir, de son cheval Fola
tise, à la porte de l'abbaye. Et il va
déposer son lourd bouclier sur l'autel
de Saint Julien, à qui il se recommande,
en ces termes :
« — Je vous confie ma targe. Si jamais le fils de Chartemagne, le roi
Louis, a besoin de mon bras contre les
patens, je viendrai la reprendre. »
Ainsi s'exprime la première rédaction
du « Moniage Guillaume » (12). —
D'autre part, la vie de Saint Guillaume
de Gellone, qui raconte aussi le fait,
met ces paroles dans la bouche du héros : « Saint Julten, je sais combien
vous fûtes brave sous tes armes. C'est
pour cela que je confie mes propres
armes à votre garde. » Et les Bollandistes, qui résument sa vie, dans un chapitre de la vie de Saint Benoît d'Aniane
et d'Inda, du moine Ardon Sinaragdus,
ajoutent que la fête de Saint Guillaume
de Gellone est célébrée, le 28 mai, à
Brioude, à Béziers, à Elne et à Lodève (i3).

-i

C. CHACOKNAC.

(d suivre)
(6) .Ce fils de Guillaume. Detit-fils de
Charlemagne, fut Bernard de Septimanie,
qui devait se révolter contre Charles le
Chauve et être décapité, en 835, sur la
place du Capitole, à Toulouse.
(7) Cf. Chanson de « La prise d'Orange ».
(8) Cf. « Le Charroi de Nîmes »,
v. 54g et suivants.
(9) Cf. Covennant ou Chevalerie Vivien.
(10) Cf. Aliscans, version française, Paris, Lanore.
(11) Cf. Auguste Casati : Saint-Julien
de Brioude (Almanach de Brioude) ; Cf.
C. Fabre. « La Haute-Loire », Le Puy,
1925.
(12) Cf. Moniage Guillaume, v. 70 et

suivants ; cf. Acta sanctarum ordinis Benedictí. Guillaume de Gellone, IV, I.
(13) Cf. AA. SS. Bollandiana, mai, III,
VI.

ERRATUM

Quelques coquilles se sont glissées
dans le texte de la conférence de
M. Chacornac (n° de janvier). Nos lecteurs auront certainement rectifié d'euxmêmes ; cependant, nous tenons à rétablir quelques passages.
Colonne I, fin du 3e alinéa : Rome
et les tombeaux de Saint Pierre et Saint
Paul, Santiago de Galice et te tombeau
de Saint Jacques de Compostelle.
Colonne III, 4e ligne : le cours de
la Fontaulière.
Colonne III, 20 : ...arrivait au Puy.
Colonne III, 20, fin : en suivait tous
les détours...
Colonne IV, 2e ligne : Vielvic. — i3e
ligne : Rome et Venise. — Milieu de la
colonne : Et les gentils Comtes s'en
vont, refusant l'or dont la sollicitude de
leur- mère...
Colonne V, dernière ligne : ...je ne
me connais...
Voir en quatrième page nos maisons
recommandées. Nous prions nos lecteurs de leur réserver leurs commandes.

�1

L'ALAUZA D'AUVERNHA

FÉLIBRIGE

grand Auvergnat et l'évocation profonde
de tout ce qu'il aima.
Le Secrétaire : Joseph

BÉRARD.

LE

PROBLÈME DE GERGOVIE
devant la technique militaire

MAINTENANCE D'AUVERGNE
CLERMONT
Covize du 17 janvier.-

Art roman d'Auvergne.

Sans distinction, chacun applaudit ces
nobles paroles.
Enfin, des bourrées et autres danses
auvergnates, menées avec un entrain
extraordinaire, firent terminer fort tard
cette excellente soirée, au cours de
laquelle plusieurs nouvelles adhésions
furent enregistrées. Que MM. Fagheon,
ménétrier, et Besse, vielliste, soient encore une fois remerciés de leur aimable
concours, déjà traditionnel, et qu'ils
continuent d'animer, par leur présence,
nos Covizes.

M. A. Blanchet, Mestre d'Obra, si
sympathiquement connu dans le monde
félibréen, présida ce Covize. Il le fit à
la place de M. V. Guidy, empêché au
dernier moment. Mais M. Blanchet peut-il
être pris au dépourvu, quand il s'agit
d'un dévouement quelconque, en faveur
des Lettres d'Auvergne ? Je ne le crois
Le Secrétaire : Joseph BERARD.
pas.
Avec cet art oratoire fait de spontanéité et de chaleur, il offrit à l'assistance
les vœux les meilleurs en Sainte-Estelle,
Covize du 21 février.
pour l'an nouveau ; il fit un pressant
appel à tous pour que vive, très haut,
toujours plus haut, notre chère « Alauza La vie et l'œuvre
d'Auvernha ». C'est faire œuvre pie,
de Louis Delhostal.
dit-il, que de la soutenir. Et il présenta
le conférencier.
Bonne salle, malgré la concurrence
M. Brousse est un très jeune archidu théâtre. En effet, ce soir-là, on
tecte clermontois, ancien élève de l'Ecole
jouait Andromaque, et, coïncidence heudes Arts Décoratifs, de l'Institut d'Urreuse, dont se réjouiront tous les félibanisme, et, ce qui ne gâte rien, de la
bres, le fils de notre conférencier avait
Sorbonne. Un architecte lettré. Et les
l'honneur de présenter la pièca.
Clermontois, que leurs promenades conM. Germouty, inspecteur honoraire
duisent vers les carrières de granit de
de l'enseignement primaire, fut donc
Boisséjour et de Manson, connaissent tout excusé de son léger retard : il avait
une partie de son œuvre. En effet, c'est
voulu écouter son fils, avant de venir
M. Brousse qui est chargé de faire
à 1'« Oustau ».
exploiter ces carrières.
Mme Delbos, Directrice d'école puM. Brousse parla donc avec beaucoup
blique, présida avec une exquise bonne
de science et d'agrément de « Quelques
grâc: et une simplicité toute cantaéglises romanes de la région de Clerliennc. Nul mieux qu'elle n'était quamont. » En réalité, sous ce titre, trop
lifié pour diriger ce Covize consacré à
modeste, le conférencier fit un vivant
celui que nous pleurions, il y a deux
historique de l'art roman. Il en rechermois, à Louis Delhostal, instituteur,
cha les origines dans les lointaines maniCantalien, et grand félibre pour toufestations artistiques du haut moyen âge,
jours.
des Goths, des Lombards, des SassaniMme Delbos présenta M. Germouty,
des, surtout.
son ancien chef et celui de Louis DelhosMais ce qui donna grande allure au
tal. Car, pendant la guerre, est inspectravail de M. Brousse, ce furent les
teur primaire fut inspecteur d'Académie
nombreuses projections. Il y avait là
et plus encore. Toute l'Auvergne le vit
une documentation de premier ordre,
par monts et par vaux. Et son souvenir
présentée avec méthode et brillamment
est resté très vif et très bon chez tous
commentée. On revoit toujours avec ceux qui l'ont connu, membres de l'enplaisir nos vieux sanctuaires. Et, surtout,
seignement public aussi bien que de
on aime toujours en parler. Pour les
l'enseignement libre. Et les certifiés
félibres, les vieilles pierres, sacrées ou
d'études de l'époque n'ont pas oublié
profanes, églises ou châteaux, ont un
sa bonté toute paternelle.
grand attrait : c'est le lien qui, comme
Et, pendant de longs instants, M. Gerla langue d'oc, réunit aujourd'hui à
mouty fit revivre Louis Delhostal et
jadis. Et l'orateur l'a bien dit : art et
analysa très profondément son œuvre.
langue sont deux productions de la
Né au Garric de Prunet, le 23 jangéographie humaine.
vier 1877, Louis Delhostal écoula sa
Le président remercia, au nom de prime enfance dans la forge de son
toute l'assemblée, le conférencier, ajoupère. Après d'excellentes études à l'Ecole
tant que le texte de la conférence paraîNormale, où il était toujours le pretra dans « L'AL·uza d'Auvernha ». Nous
mier, Delhostal débuta dans l'enseigneentendrons, de nouveau, avec grand plaiment à Vie. Nommé, ensuite, à Thiézac,
sir, M. Brousse, dans une autre conféil y devint directeur. Il remplit ces foncrence.
tions jusqu'à sa retraite, en 1932. Et
M. Blanchet évoqua, ensuite, pendant le 19 décembre ip,33, ce fut la fin
quelques instants, les deuils du Félibribrusque d'un fils de Mistral.
ge : le Dr Fallen et le grand Delhostal,
Avec un extrême bon goût et une
dont M. Germouty nous parlera, avec
grande délicatesse, M. Germouty parla
son talent habituel, le mercredi 21 féde l'œuvre de Louis Delhostal. Cette
œuvre comprend Rescouoto, Los Piados,
vrier ; et aussi les joies des groupes
clermontois et parisien : nominations à
Beluguetas et un Ensag de glossari bol'Académie de Clermont de MM. le
tànic. La place nous manque pour nous
commandant Dupain, P. Moulin, le co- 1 étendre davantage ; mais « L'Alauza
d'Auvernha » donnera, dans son numéro
lonel Pessemesse et M. Joseph Pagenel,
de mai, le texte de la conférence de
juge d'instruction au tribunal de la
M. Germouty.
Seine.
Après ce bel éloge d'un « défenseur
La félibrée suivit. C'est avec un plaisir
toujours renouvelé que nous entendons
et illustrateur du Cantal », Mme Delnos conteurs dans leurs œuvres. Mme bos remercia le conférencier avec beauAbraham égaya, une fois de plus, l'ascoup d'à propos, et la félibrée commença. MM. Besse et Fargheon, nos
semblée par un conte du cru le plus
déjà traditionnels musiciens, enlevèrent
pur. Rien de plus « tranche de vie payune « Yoyetle » avec leur brio habisanne » que les histoires do Mme Abraham,. M. Henri Gilbert, Mestre en Gai
tuel ; M. A. Blanchet dit plusieurs
Saber, nous dit un nouveau conte : « Lis
contes et poésies de son répertoire ;
Mme Abraham narra les aventures d'una
Estrenas de l'aze ». Je souhaite ardem« Boba » ; M. Henri Gilbert conta la
ment que la publication de la série de
vengeance de « Lis Penitents », de Chises « Contes de l'Aze » se réalise bienlhac ; M. Chambre interpréta avec beautôt !
Mlle Alice Josency nous lut aussi un ; coup d'accent une poésie, « La Cité du
Tonnerre » (Salers).
conte des plus agréables dû à la verve
Tous les habitués des Covizes furent
du bon félibre brivadois Antoine Berheureux d'entendre de nouveau Mlle B.
trand.
Gavaldà. Elle interpréta avec sa grande
M. le président interpréta une belle
maîtrise plusieurs chansons anciennes,
page de Julien Galéry et donna lecture
en langue d'oc, et, notamment, un « Réd'un article très profond, lettre à la
veiller » magistralement nuancé.
jeunesse française qu'écrivit, un jour
Mme Lenormand et Mlle Alice Jode départ pour l'Amérique, Jean Jaurès.
sency, empêchées, s'étaient excusées.
C'est une exaltation magnifique du
On termina par une séance fort aniFélibrige, et, déjà, l'affirmation, cent
mée de danses auvergnates.
fois répétée, depuis, par les esprits éclaiTelle fut cette soirée où se trouvèrent
rés, que connaître le patois, c'est mieux
délicatement réunis le souvenir d'un
connaître et mieux parler le français.

SAINT-GERMAIN-LEMBRON
;&lt; Los Amies de Lezinhac »
« Per la Chandelor, l'hiuvarn s'amaiza
o pren vigor »... De fait, en cette journée du /j février, où le froid avait repris
une offensive vigoureuse, on pouvait
craindre que le Covize organisé à SaintGermain-Lembron, par « Los Amies de
Lezinhac », filiale de la Maintenance
d'Auvergne, ne fût quelque peu compromis. Mais non : l'assemblée se tint
dans une salle comble.
M. Henri Gilbert, président de la
Maintenance d'Auvergne, qui présidait,
ne manqua pas d'adresser des remerciements bien mérités à l'aimable public
qui n'avait pas hésité à braver les rigueurs de la température pour venir
encourager, par sa présence, et applaudir les félibres du Lembron.
Il est vrai que le programme de la
soirée avait marié heureusement les
chants aux danses et autres entrefilets.
Les chants furent parfaitement exécutés
par Mlles Raymonde Bert, Jeanne Cubizolle, Yvonne Labrosse et M. G. Bigot.
Sans vouloir détailler par le menu les
divers morceaux, signalons quelques airs
auvergnats comme « Mon paire volia
me maridar », recueilli à Saint-Germain
même, par Mlle R. Bert, « Lou Moulé »,
de Louis Debrons ; la vieille chanson
française « L'amour de moi », curieuse
par ses vocalises, et la « Pastorale Watteau », du félibre-menestrel Maurice
Dutheil.
Un conteur auvergnat — hé, seigneur,
pourquoi l'espèce en est-elle si rare ? —
Henri Gilbert, bien connu dans la famille félibréenne, nous conta la malicieuse histoire de « L'Aze »...
Des bourrées d'Auvergne exécutées
par la jeunesse, ainsi que par les artistes
qui avaient déjà paru dans la partie de
chant — n'oublions pas M. Brière —
nous montrèrent que le secret des vieilles danses du terroir n'est pas perdu, du
moins dans le Lembron. Bien plus, un
« violoneux » authentique, juché sur une
table, selon la pure tradition, rythmait
les mouvements avec entrain (mas,aquelos bougres, aion obledada la botelha
que baila lo corage de rasclar las cordas!)
Notre jeunesse, costumée à l'ancienne,
évoquait les assemblées d'autrefois, et
certains, même chez les petiots, portaient,.avec aisance, la mode auvergnate.
Durant l'entr'acte, une vente-surprise
de bonbons de Clermont rappela que
notre confiserie d'Auvergne a des produits suc;ulents.
M. Joseph Bérard, président de « Los
Amies de Lezinhac », retenu loin de
son cher Lembron, par des circonstances
de famille, avait adressé une lettre de
regrets.
En terminant, il importe de féliciter
et de remercier l'animatrice de cette
agréable soirée, Mme Elie Grange, viceprésidente du groupe, pour le soin
apporté à sa préparation. Remercions
également tous les félibres et les autre?
personnes qui, de près ou de loin, contribuèrent au succès de la Covizada,
en particulier Mlle Jeanne Cubizolle.
M. Henri Gilbert et M. Brière, venus
exprès de Clermont.
Un bal auvergnat, avec costumes, aura
lieu, à Saint-Germain-Lembron, le dimanche 11 mars, en matinée et en soirée. Nos vieilles danses, seules, y seront
exécutées.
Pour le Bureau : Un secrétaire.

CONTES DE

LA

LUNEIRA

Contes en langue d'oc avec une traduction française ; notes étymologiques ;
indications détaillées pour la lecture du
texte.
Prix : a5 fr., chez l'auteur et dans
deux librairies seulement : « Avenir ».
Delaunay.
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L'Illustration du 20 février dernier publiait deux articles sensationnels. L'un, du
maître de Nolhac qui nous narrait, d'une
manière spérituelle, la découverte de Gergovie, ou, du moins, de ce qu'il est convenu aujourd'hui de considérer comme
l'emplacement du célèbre oppidum arverne, par l'humaniste florentin Siméoni (Siméoni vivait, au milieu du XVIe siècle,
à la cour épiscopale de Guillaume Duprat,
évêque de Clermont). L'autre, de l'artiste
peintre auvergnat Maurice Busset, faisant
le récit des circonstances qui l'avaient amené à découvrir sur « les Côtes de Cler-i
mont » l'emplacement probable d'un oppidum gaulois qui pourrait bien être le
Gergovia de César, l'opinion de Busset
étant, d'ailleurs, partagée par le grand
historien Pierre de Nolhac.
Ces articles avaient été précédés d'une
communication faite à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres par M. Audollent, doyen de la Faculté des Lettres de
Clermont et auteur de solides études sur
les époques gauloise et gallo-romaine. Dans
cette communication dont nous ne connaissons pas le texte exact, M. Audollent se
serait, croyons-nous, borné à signaler l'intérêt des ruines découvertes sur les « Côtes de Clermont » et provenant vraisemblablement d'un oppidum gaulois, sans
établir un lien quelconque entre celui-ci
et le Gergovia du De bello Gallico.
Nous voici, en tout cas, en présence
de deux Gergovies : l'une, qui a reçu la
consécration des historiens du XIXe siècle
et du début du XXe ; l'autre, qui n'a été
dévoilée, tout au moins au grand public,
qu'à l'orée de l'année 1933. La solution
que, pour un jour à venir, nous espérons
définitive du problème historique posé encore une fois, suppose une réponse affirmative aux trois questions que doit examiner l'historien :
i° Le site de l'oppidum correspond-il
à l'emp'acement certain d'un oppidum gau
lois ?
20 Le texte des Commentaires, où César nous fait et la description du terrain
et le récit circonstancié de la bataille, s'adapte-il exactement au site choisi ?
3° Est-il démontré que tout autre oppidum arverne ne saurait convenir à la
description du général romain, ni ses
abords s'adapter naturellement aux phases
de la bataille ?
Nous n'avons pas la prétention de résoudre le problème dans son intégralité.
Notre propos, beaucoup plus modeste, est,
purement et simplement, d'examiner comment le récit de Césor s'applique au terrain du plateau de Merdogne et à celui
des « Côtes de Clermont ».
Encore une nouvelle bataille de Gergovie, dira-t-on ? Non, que l'on se rassure,
car, pour notre part, nous n'en connaissons qu'une : celle que nous a racontée
César. Aussi s'agit-il uniquement d'une
simple lecture des Commentaires, le document le plus positif que nous ayons sur
la question. Certaines interprétations récentes suffisent à justifier cette nouvelle
lecture après tant d'autres.
Au seuil de cette étude qu'il nous soil
permis d'exprimer le regret que les discussions déjà soulevées par le site de
Gergovie aient pris les allures d'une polémique parfois personnelle au lieu de
se maintenir dans la sérénité d'un différend purement académique, ainsi que
le comportait la grandeur du sujet. Mais
l'Arverne est ardent, combatif et obstiné. Il ne nous déplaît pas de constater,
en passant la persistance chez les nôtres
de ces qualités qui ne sont peut-être bien,
après tout, que la conjugaison de l'ardeur des guerriers de Yercingétorix avec
la ténacité des légionnaires de César, ancêtres communs de beaucoup d'entre nous.
Et cela suffit amplement, sinon à justifier, du moins, à excuser les quelques
écarts fâcheux qui ont pu se produire au
cours d'une discussion un peu vive.
Quoi qu'il en soit, une chose subsistera et restera à l'abri de toute atteinte
et cela nous met tout à fait à notre
aise pour aborder notre sujet : au printemps de l'année 02 av. J.-C, les légions
de César ont subi un cuisant échec et
c'est un des nôtres qui a écrit cette page
glorieuse dé notre histoire.
Aussi réservons-nous toute notre gratitude indistinctement à tous ceux qui,
tentés par le sujet, et quelles que soient
les opinions exprimées, n'en ont pas moins
apporté leur contribution à l'édification
de la vérité. Celle-ci n'apparaît pas toujours brusquement avec une clarté éblouissante, mais souvent, au contraire, lentement, par des approximations successives
qui consistent, la plupart du temps, à
éliminer graduellement les erreurs des premiers pionniers.
Avant d'entrer dans le vif du sujet, un
historique de la question ne semble pas
inutile. Nous allons l'entreprendre aussi
succinct que possible.

Gergovie avant le XVIe siècle.
Siméoni
Jusqu'au milieu du XVIe siècle, la question de l'emplacement de Gergovie semble avoir peu occupé les esprits. Une tradition, d'ailleurs bien incertaine, faisait de
Clermont ou d'un site du voisinage remplacement de l'oppidum. Et dans le quartier de Royat dénommé Saint-Mard, en
particulier, on situait les greniers de César qu'il aurait incendiés au moment qu'il
abandonnait Gergovie pour se diriger yers
le Nord où l'appelait d'urgence l'agitation
de certains peuples gaulois.
Vers le milieu du XVIe siècle, en situant Gergovie, Siméoni comblait une lacune et faisait une découverte.
L'humaniste florentin semble avoir été
doué d'une imagination plus féconde que
précise. Les arguments qu'il développe pour
soutenir sa thèse n'offrent qu'une faible
résistance à la critique historique.
Au pied du puy de Merdogne s'élevaient au XVIe siècle, les ruines d'une tour
servant de chapelle et portant le nom de
« Gergoye ». Une analogie de nom, l'aspect du plateau qui paraît, à première vue,
très bien convenir à l'emplacement de
l'oppidum décrit par César, semblent avoir
été les raisons déterminantes de Siméoni
qui, par ailleurs, notamment dans l'interprétation du texte des Commentaires,
manifeste la plus haute fantaisie.
Au pied de Gergovie, le long du versant est de la montagne s'étendait sur
6 kilomètres de long et i.5oo mètres de
large, le lac de Sarliève aux rives marécageuses qui ne fut desséché qu'au XVIIe
siècle. Mais Siméoni ne s'embarrasse pas
pour si j&gt;eu et il en fait l'emplacement
même du grand camp : « Je dis », lisons-nous dans sa Description de la Limagne d'Auvergne, imprimée à Lvon en i56o,
« depuis avec le tems [les fossez| s'estans
remplis des eaux qqi découlent de la
montaene de Gergoye et de Cornoy et
par les pluies et neiges qui se fondent
ds ont fait sélarçassant ce lac appelé Sarliève, même que sa forme plus longue que
large (?) nous en fait foy » .
Même fantaisie dans la traduction du
texte des Commentaires. Celui-ci indique
qu'après le passage de l'Allier. César atteignit Gergovie in quintis castris, c'està-dire en cina Journées de marche, avant
amené les lésions romaines à dresser cinq
fois leur camp. Tel n'est pas l'avis de Siméoni : « Aucuns modernes grammairiens,
dit-il, veulent que quintis castris se prenne seulement pour cinq journées ce qui
est faux, voulant dire César que les soldats marchaient de file 5 à 5, comme je
vous ferav toucher de la main en l'assaut de Gergoye avec le même texte de
César où il est un'autre fois escrit trinis
castris. » Là, il s'agit du membre de
phrase potinentur trinis castris où César nous indique que ses éléments lancés
à l'attaque s'emparent de trois camps établis entre le mur d'enceinte de l'oppidum
et celui que Vercingétorix a fait élever
à mi-pente. Pour Siméoni, cela signifie
tout simplement que les légions, montant
à l'assaut étaient formées sur trois ' files.
Et, pour qu'U n'y ait aucun doute sur
interprétation, il joint à son texte une
figure très claire représentant des légionnaires romains dans cette formation.
Pour notre Florentin, la colline dont
s'empara César au début des opérations
et sur laquelle il établit son petit camp
« ne pouvait être autre part que devers
le Craist, pour aller après (comme nous
verrons) à l'assaut et attendu que tout
contre le lac sur Pérignac et Obier le
mont est inaccessible comme trop droit
et interrompu de rochers ».
Et enfin, lorsque César écrit : Oppidi
murus at planitie MCC passus aberat
« Il mesure ici », dit Siméoni, « l'hauteur de la montagne de la teste d'icelle,
qui répond vers Gornon et Gondole où
elle se commence passant devant la tour
dicte aujourd'huy Gergoye à circuir et
monter de colline en colline à la cime
de la montagne » (1).
La similitude de nom dont nous avons
parlé plus haut est le seul argument à
retenir de l'écrit de l'humaniste, car, par
ailleurs, il s'affirme, en toutes circonstances, straiège médiocre, archéologue douteux et traducteur peu sûr.
Sans préjuger des conclusions auxquelles pourra nous amener un examen plus
serré de la question, nous pouvons, d'ores
et déjà, affirmer que Siméoni fut pour
notre oppidum un bien médiocre parrain.
Lieutenant-colonel PESSEMESSE.
(A suivré\

(1) La traduction exacte du passage en
question cat : « La distance entre le mur
de la ville et la plaine, depuis l'endroit
où commençait la montée, était en ligne
droite sans aucun détour, de 1.200 pas. »

�L'ALAUZA D'AUVERNHA
DOCUMENTS

HISTORIQUES

3

L'HOME DE LA NANETA

RECONCILIATION
(suite)

LA COUTUME D'AUVILLAR
(Suite)
Section deuxième
Des privilèges postérieurs
à l'établissement du système féodal.
Nous classons parmi les privilèges
dont l'origine ne nous parait pas antérieure à l'établissement du système féodal, l'exemption des droits de leude et
de péage, le droit de posséder certaines
phoses, possédées exclusivement par le
seigneur dans d'autres lieux, enfin les
droits d'affouage, de vaine pâture et
autres.
§ I. — Exemption des droits de leude
et de péage.
Ce privilège, qui n'était généralement
accordé qu'aux habitants des villes et
des bourgs où étaient perçus des droits
de leude et de péage, est consigné
dans la plupart des chartes communales.
Suivant la coutume, tous les habitants
d'Auvillar devaient en jouir. Il est mentionné, d'abord, dans les articles relatifs aux foires et marchés, et formulé
de nouveau, pour plus de sûreté, peutêtre, dans un article spécial ainsi conçu : « Tous les habitants de la ville
sont affranchis des droits de leude et
de péage, et le seigneur doit maintenir
ce privilège de tout son pouvoir. »
Remarquons qu'il existait quelques
exceptions à cette règle ; nous les relèverons en nous occupant des droits seigneuriaux.
§ IL — Droit de posséder certaines
choses possédées exclusivement par le
seigneur dans d'autres lieux.
A Auvillar, le seigneur n'avait pas,
comme dans d'autres localités, le droit
exclusif de posséder, sur toute l'étendue du territoire dépendant de la ville,
des bastides, des fours, des moulins,
des colombiers, des clapiers et des viviers. Il ne jouissait de ce droit que
dans les enclos de ladite ville ; hors
de ces enclos, tous les habitants avaient
le même privilège que lui, et nul ne
pouvait les en dépouiller.
§ III. — Droit d'affouage, de vaine
pâture et autres.
Ce n'était pas seulement sur les bois
et forêts appartenant en propre au seigneur que les habitants d'Auvillar et
de ses dépendances pouvaient, sans être
assujettis à aucune espèce de redevance,
exercer ces sortes de droits : le même
privilège leur avait été concédé sur les
bois et forêts des autres seigneurs de
la vicomté relevant du seigneur vicomte.
Voici en quoi consistaient ces droits :
Les habitants pouvaient conduire leurs
bestiaux dans lesdits bois et forêts et
les y faire pacager en toute sûreté pendant le jour, sous la seule condition de
les reconduire, le soir, à l'étable.
Ils pouvaient, qu'ils fussent forgerons
ou non, y faire du charbon, y couper
du bois de chauffage ou de construction
et y puiser tous les matériaux nécessaires pour réparer les ponts et les
autres ouvrages communaux, ainsi que
la chaussée de la communauté.
Ils pouvaient, enfin, y couper et y
faire des échalas pour leurs vignes ;
mais, si les échalas étaient destinés à
la vente, ils étaient tenus de payer au
seigneur du bois où la coupe avait lieu,
douze deniers arnaudins pour chaque
cent fagots d'échalas.
Les cordonniers de la ville avaient
aussi le droit de s'approvisionner de
tan, pour la préparation des cuirs, dans
les bois et forêts situés dans les limites
de ladite ville, mais à la charge, pour
eux, de payer au seigneur un droit de
forestage de deux deniers pour chaque
ânée de tan qu'ils emportaient.
TITRE III
DE

L'ADMINISTRATION

MUNICIPALE

Lorsque le vicomte Arnaud Othon fit
faire une nouvelle rédaction de la Coutume d'Auvillar, il y avait trop peu de
temps que l'administration consulaire
était substituée à l'administration des
prud'hommes pour que le souvenir de
celle-ci fût complètement effacé : il n'y
a donc pas lieu de s'étonner si, dans
la charte d'Arnaud Othon, la qualification de prud'hommes est donnée si souvent, soit aux consuls, soit aux membres du conseil de la commune. Constatons encore, d'abord, que, sauf dans
un petit nombre d'articles, les premiers

La Naneta de ches Pistola, la darreira
de l'hostau, coma tant d'autras, lo vai
laissar tombar. A trenta cinc ans, n'es
pas enquera maridada, et se vou pas
maridar.
A censat sa boria amb un grangier
que vei mas un viege per an, per la
Sant Clement, quant lhi porta l'argent
de sa censa, et passa tota la resta de
son temps amb sas tres bestias : un '&lt;
chin graciât coma la porta d'una prizon !
et que fai mas renor ; un gros garri
que demora mas ves l'hostau quant las
chatas miolon pas sobre los coverts, et
un parroquet desgorgeat coma un charretier que passa son temps a jurar...
Aco es pas que los galants lhi ajon
mancat. Pensas un pauc, una tant brava
boria ! N'i es vengut de tots los quartiers : lhi tombavon per faudalas coma
las peiras sobre los caireliers. Batista
SAINT-GEH M AlN-LEMBHON.
de ches Pardincat, Jacarol de ches Sabi,
Vidau de ches Bezazet, et tant d'autres
qu'achabaria pas de contar. Los avia
Comment un de nos compatriotes
totes refuzats amb aquela sola responsa : « Me vole pas maridar ! »
voyait Paris :
Lo grant maridaire, Joan de ches Barat, que n'a fait maridar sabe pas quant,
PARIS
i pardeguet son temps et son latin que
n'avia jamais aprendut.
Paris, je vous le dis,
Tots los vezins, lo maire et lo curat,
Est un vrai paradis :
i s'eron atalats ; l'avion razonada, chaVieux monuments brunis,
pitrada, escridada. Pena perdula ! Sa
Boulevards arrondis
responsa era totjom la mateissa : « Me
Ou fuyant, infinis,
vole pas maridar!... N'ai pas mestier
Devant nos yeux surpris.
d'un home : n'ai pro de mas tres besGrands cafés enrichis
tias ! »
De superbes lambris ;
La Mion de ches Nurat, un jorn que
Beaux théâtres garnis
l'atapet, n'i en diguet tant que sabeguet
De minois fort jolis
et l'ensolentet quazi : « Comprene pas,
Qui, frais épanouis,
lhi dizia, qu'a vostre âge siachas pas
Font un bouquet exquis ;
enquera maridada. Espias totas aquelas
Bals peuplés de houris
;
de vostre temps : zo son, et s'en planAux jupons rebondis,
jon pas. Et vos, amb una tant brava
Aux attraits embellis
boria, aurias, mais que los autres, mesPar la rose et le lis...
tier d'un home per la faire valer. N'en
Grâce au prestige acquis
retiras res. De la censa que vos en
D'un adroit coloris.
baila mas vostre grangier, aco vou pas
Bref, vous serez surpris,
lo dire. Elh lioc que, sis avias un home
Consternés, ébahis,
per la trabalhar, n'en tirarias cent cops.
Des plaisirs assortis
mais. Et pueissa, acs vos seria una comQu'on trouve réunis
panha. Aco es pas una vida de viure
En ce charmant pays...
sola coma fâchés...
Quand on y met le prix.
« — Mas, diguet la Naneta, sei pas
C'est encore un fouillis
tota sola ; ai ben la companha de mas
De livres et d'écrits
tres bestias.
Faits par des érudits
« — Vostras tres bestias ! Vostras
Ou de joyeux esprits
tres bestias!... Mas amb vostras tres
Par qui sont divertis
bestias, n'avés pas un home !
,
Les grands et les petits.
« — Si ai ben, n'ai un et un brave !
Nuits claires et jours gris,
« — Vos, brave bon Dieu!... A vés
Egouts pleins de souris,
un home!... Amb quau se fiar, bon
Jardins, palais, taudis,
Jezus ?
Rires, pleurs, chants et cris,
« — Oc ben, n'ai un... Tenés, vejas
Voilà, mes bons amis,
mon chin : de la jornada, sarra pas
Ce que c'est que Paris.
sa gorgea per renar... coma un home!...
Mon parroquet, delh matin elh sera
Achille EYRAUD, du Puy.
achaba pas de jurar... coma un home!..
Et mon garri que vezés incontinent tant
sa je et que sarra pas ios uelhs que lhi
bailarias lo bon Dieu sens confession, lo
LES ARTS
coquin, quant ven lo sera, lo pode pas
campar : corrata tota la nueit... coma
Le salon des peintres de montagne.
un home !...
La société des « Peintres de monta« De que volés de mais ? Mas tres
gne » a tenu son assemblée générale,
bestias me fan ben un brave home I...»
le jeudi 2 5 janvier, à Paris, au Cercle
Peire SABATIER.
de la Librairie, 117, Boulevard St-Germain, sous la présidence de M. Henri
Cuënot, vice-président du Club Alpin
PROVERBE
français.
La mais petita rôda delh charre brugis
L'ouverture de la prochaine exposimais que'Ls autras.
tion a été fixée au "samedi i4 avril ;
elle aura lieu, comme d'habitude, dans
les Salons du Cercle de la Librairie.
sont désignés sous les noms de conPuis, il a été procédé au renouvelleseilh, cosselh, cossehs, ce qui pourrait ment du Comité Directeur de la société.
faire supposer que ces mots ont une
Ont été élus, pour trois ans : MM. Louis
signification différente de celle que nous
Alaterre, Maurice Busset, Henri Cuënot,
leur donnons, si le contraire ne résulCastelli, Didier-Pouget, Duflot, Baillètait pas. de la manière la plus claire,
re, Raoul de Clermont, Hurand, Ledu rapprochement et de la combinaison
veillé, Susse, Rey. Parmi les nouveaux
des articles á5, 5 a, 75, i5o et autres,
sociétaires admis au cours de cette réuen second lieu, que les seconds sont
nion, nous sommes heureux de relever
presque toujours appelés prud'hommes.
le nom de M. Blanc, aquarelliste, à
Dans le xmc siècle, l'administration
Clermont-Ferrand.
municipale se composait donc à AuvilRappelons que quelques-uns des plus
lar. comme dans toutes les villes du
connus, parmi nos artistes régionaux,
Midi, du corps consulaire et du conseil
ont déjà été admis, les années précédes prud'hommes. Ces deux éléments
dentes, à exposer au Salon des Artistes
qui, à l'époque gallo-romaine, constide montagne, qui compte au nombre des
tuaient, sous d'autres noms, les munisociétés artistiques les plus renommées
cipes, existent encore dans toutes les
de la capitale.
communes de France et y sont représentés, d'un côté par le maire et ses:
adjoints, de l'autre par les conseillers
Pour les demandes de numéros, on
municipaux, mais les uns et les autres
peut s'adresser à l'imprimerie La Hauteavec des attributions bien plus restreinLoire, 23, boulevard Carnot, Le Puy.
tes.
Chèques postaux : Clermont io5-o,2 ;
A. LAGRÈZE-FOSSAT.
Téléphone
: Le Puy i-32.
(A suivre).

La Lembronnaise

Pli. Aliun, Issoire.

MAINTENANCE
D'AUVERGNE
Covizes de mars.
SAINT-GERMAIN-LEMRRON
« Los Amies de Lezinhac »
La société donnera, le dimanche
11 mars, à Saint-Germain-Lembron, un
grand bal auvergnat. Il n'y sera exécuté que des danses anciennes, sous la
conduite de deux excellents musiciens
de « La Bourrée Cantalienne », de Clermont : MM. Fargheon, ménétrier, et
Besse, vielliste. Les membres de « Los
Amies de Lezinhac » porteront les costumes auvergnats.
Programme :
1 h. 3o à 3 h. : Bal d'enfants.
3 h. : Tour de ville.
3 h. 3o : Bal.
8 h. 3o : Reprise du bal ; Bal de
nuit.
Prix d'entrée : 2 fr. (Entrée gratuite pour les personnes revêtues du
costume auvergnat).

CLERMONT
Covize à 1'« Oustau », 10, rue Maréchal-Joffre, le mercredi soir, 21 mars,
à 8 h. 3o.
Conférence sur « Montrognon », par
M. Tallard, professeur à l'Ecole Supérieure. — Félibrée ; danses anciennes
au son de la vielle et du violon.

PARIS

« Lo Covize de VEscoL· de Limiçmha »
Réunion le mercredi soir, 28 mars, à
8 h. 3o, au café Voltaire, place de
l'Odéon.
Conférence sur « La littérature régionaliste », par M. André Chamson,
conservateur-adjoint du Musée de Versailles. — Félibrée ; danses anciennes.
Tous les félibres et les bons regionalistes feront leur possible pour assister
à ces réunions et en assurer le succès.

LANGUE D'OC
Mots occitans.
COSSIRAR
Cossirar, penser, rêver, imaginer, être
dans l'inquiétude, soupirer.
Pour consirar (dans le « Donalz
Proensals »), réduction du latin consideraré, emprunté à la langue de l'astrologie : regarder avec soin, examiner ;
proprement, « regarder les astres ». En
français, « considérer ».
Dérivés ; consideransa, considération ;
cossir ou cossire, chagrin, rêverie, pensée, souci ; cossiransa, inquiétude ; cossiraire, morose, rêveur ; cossiros, pensif, chagrin, inquiet ; cossirans, en état
de penser, de considérer.
Notre mot cossirar ou consirar avait
son correspondant en oïl :
« Et je querrai d'amors joie et baudor,
« Car consirer d'amors ne me puis mie.»
(Colin Muset).
Henri GILBERT,
(« La Covizada », Notes étymologiques,
p. i83).

Seulement, ce bonheur-là fut de
courte durée. Un partisan des Pialaroux s'empressa de mettre ceux-ci
en garde contre le danger qu'il y
avait à conduire les vaches près des
champs Bordier. De nouvelles scènes
fondirent sur la pauvre Miette, qui
dut retourner aux pacages du plateau.
Francis perdit goût à l'ouvrage dès
qu'il ne sentit plus le regard de la
jeune fille attaché à lui, à distance. Il
erra parmi les landes, et rencontra celle
qui lui manquait. Un bonjour amical
rompit la glace, et les jeunes gens, oublieux des rancunes, libérés du passé,
bavardèrent comme de vieux amis.
Tous les soirs, après avoir peiné plus
que quiconque, le garçon abandonnait
son travail avant les autres paysans,
pour retrouver la fille douce et blonde
qui lui enchaînait le cœur.
Ils ne se disaient pas grand chose,
les deux amoureux, car on ne parle
guère, à la campagne, que pour exprimer des faits précis. Les idées demeurent dans le vague des choses informulées et deviennent des rêves, de ces
beaux rêves précieux et fragiles qu'on
craindrait d'anéantir en les traduisant
en mots.
Us regardaient ensemble le soleil s'évanouir derrière le vitrail étincelant de
l'occident. Ils n'exprimaient aucun des
sentiments que tant de splendeurs pouvaient éveiller en eux, mais ils étaient
heureux. Le vent jouait parmi les
hêtres, et sa chanson bruissante accompagnait les arpèges des eaux vives, qui,
par bonds et cascades, dévalaient au
fond de la vallée. Pour la première
fois, ces rumeurs champêtres bouleversaient l'âme des jeunes gens. Ils buvaient les senteurs légères des landes,
les parfums lourds de la terre cultivée,
et ceux, plus inquiétants, qui annoncent
l'automne.
Les premières fraîcheurs les serraient
l'un contre l'autre, et Francis, déchargeant sa petite compagne, dirigeait luimême les bêtes. Ils traversaient ensemble
le petit bois ; mais, à la clairière, sans
trop de peine ils se séparaient. Demain
n'était-il pas gonflé d'espoir ?
Les Rordier eurent vent des escapades
de leur fils. Quelque fagoteur, leur
partisan, avait dû rencontrer le couple.
Et la vie fut, dès lors, intenable au
jeune Bordier. Francis déclara tout net
qu'il voulait épouser la Miette. Le père,
d'abord suffoqué, éclata d'un rire
bruyant et forcé.
« — Eh bien, mon garçon, va toujours la demander. Elle a seize ans, tu
n'as pas fini d'attendre ! »
Plein de défi, Francis partit chez les
voisins. Mais sa belle audace s'écroula
dès qu'il eut. franchi le mur, et pénétré
dans la cour du domaine. Il aurait
voulu que les étoiles d'azur qu'il aimait
fussent là pour l'encourager. Mais les
volets partout étaient clos.
Il fit un effort, et parvint à la maison. Le vieux aiguisait sa faux devant la
porte. Si grande fut sa surprise, qu'il
laissa Francis s'empêtrer timidement
dans sa demande en mariage. Alors,
Pialaroux faillit tomber d'apoplexie. Le
sang lui injecta les yeux. Sans pouvoir
proférer une parole, il se redressa, d'un
coup sec, et indiqua impérieusement au
jeune homme la direction du portail.
Dans les jours qui suivirent, nul ne
vit la Miette : un de ses frères la remplaçait auprès des bêtes. Et un découragement sans borne envahissait Francis.
Vint le temps où la batteuse, chez les
uns ou les autres, mobilise tous les
mâles. On rendit d'autant plus volontiers Miette à ses fonctions habituelles,
que l'on savait son amoureux occupé au
battage.
Le cheptel Pialaroux venait de s'augmenter, par héritage, de quelques unités, dont une génisse. "Miette sortit, en
tenant de près la jeune bête par une
corde. Et le barbet jappait joyeusement,
en retrouvant sa maîtresse.
Francis, occupé à quelque cinquante
mètres, reconnut les cris du chien. Il
lâcha discrètement ses compagnons pour
tâcher de rejoindre la Miette.
Jacques LERTA.
(A suivre).
La rata que n'a mas un trauc es leu
preza.
*
**
La matinada fai la jornada.

�4

RÉGIONALISME

L'ALAUZA D'AUVERNHA

BDLLETIl DE LA SOCIÉTÉ « L'AIME DE LYON

NOS AMIS

))

Nécrologie.

A VENDRE

Nous avons appris avec peine le décès de Mme veuve Henri Cons, mère de
madame E. Pessemesse.
Nous adressons à Mme Pessemesse
et à M. le Colonel Pessemesse, l'expression de nos condoléances attristées.

BEAUX APPARTEMENTS

SIÈGE SOCIAL : 32, RUE THOMASSIN

« AMICALE CANTALIENNE »
Matinée du 28 janvier. — La société annuel de la Société a eu lieu dans les
a
donné
sa 4e matinée, le 28 janvier, magnifiques salons de l'Hôtel Terminus
L'amicale que les Cantaliens ont fondée, à Clermont, est certainement la dans les salons de la Brasserie Thomas- de Perrache.
Grâce à l'orchestre Guichardière et à
société la plus importante de notre sin. Plus de 4po personnes avaient répondu
à
l'appel
du
Comité.
l'accordéoniste
Michel, les danses moville. L'amitié, la bonne entente et la
M. Bénazet Vidal, majorai du Féli-« dernes alternèrent avec les danses an-&lt;
cohésion qui régnent parmi ses membres en font, de plus, le groupement le brige, tint l'auditoire sous le charme ciennes, et l'on put voir, par le grand
plus agissant. Cultiver nos vieilles tra- d'une causerie toute familière et pro- nombre des danseurs, les ravissantes
ditions, célébrer les souvenirs qui atta- fondément évocatrice. Cette jolie rivière toilettes et le caractère de distinction
chent au pays natal, s'entraider, au be- qu'est la Sioule fut à l'honneur. Tour de la fête, que le bal de l'Auvergne
soin, tels sont les sentiments qui s'y à tour, les hautes pâturages des Monts-» est resté une plus belles soirées de l'hiDore, pays de la gentiane, le bassin ver lyonnais.
développent.
A minuit, un agréable intermède fut
Quoi d'étonnant, si la fête qui réunis- de Pontgibaud, la sauvage Chartreuse,
donné
par les Athénos, du Cirque d'Hile
fameux
viaduc
des
Fades,
la
coquette
sait, le 25 février, les Cantaliens à
ver.
Le
souper, servi avec un art constation
de
Châteauneuf,
et
les
granl'Hôtel Terminus, ait eu, à la fois, un
caractère si grandiose et si touchant ? dioses gorges de Chouvigny, furent pré- sommé, réunit de nombreux convives,
Grandiose par le grand nombre des par- sentés avec un sens du pittoresque cependant que la jeunesse s'égayait d'un
joli cotillon.
ticipants, et touchant par l'intention achevé.
Remarqué dans l'assistance : MM.
Le concert qui suivit permit d'applauparticulière dans laquelle cette solennité
Bonnefoy
et Mme, chef de cabinet du
avait été organisée : la société avait dir Mlles Durif, Pavi, MM. Costes, BurPréfet
;
Perret,
adjoint au maire et prélet,
Grain,
dont
la
sympathie,
à
l'égard
voulu témoigner sa reconnaissance et
son affection au président qui la dirige, de l'Association, n'est jamais en,défaut. sident des « Gars de l'Allier » ; le Recdepuis vingt-cinq ans, et qui est le Cette partie du programme fut rehaus- teur Lirondelle et Mme ; Touzet, avoDr Philippe Marcombes. Une souscrip- sée par la présence de Mlle Laure, cat, président de l'Amicale de la Hautetion, ouverte parmi les adhérents, avait Vidal, élève de Ninon Vallin. Son inter- Loire ; Mme Henri Béraud, le capitaine
permis de commander au grand sculp- prétation de quelques pages de ,Cha- Revouy et Mme, le capitaine Dain et
Mme ; MM. Nougein, président et
teur auvergnat Raoul Mabru le buste brier, Versepuy, Canteloube, indiqua un
Mme; Simonnet, vice-président et Mme;
grand
talent
musical.
en marbre du Dr Marcombes, et ce
M. Nougein, président de la Société, Therre, vice-président et Mme, ainsi
buste, un véritable chef-d'œuvre, était
que les administrateurs ; MM. et Mmes
en bonne place dans la salle du ban- fut l'interprète de l'assistance en remerSalarnier, Maugat, Deplat,
Gessen,
ciant
le
distingué
conférencier
et
la
quet.
Montmaneix,
Dubien,
Lambert,
Vergne,
Nous voudrions pouvoir nommer tous charmante artiste, ainsi que Mme RiVisseyrias, trésorier ; Gilbert, secrétaire
les convives, car beaucoup d'habitués des chard, professeur de musique.
et les membres du Comité des fêtes ;
Cette
belle
réunion
se
termina
par
Covizes étaient de la fête ; mais il fauune causerie animée grâce à l'orchestre Besseyrias, Chabrier, Harych, Avel, Hardrait citer au moins deux cents noms !
mand, Lafarge, Grain, ~Blazin, Garnaud,
Qu'il nous soit donc permis de nous Michel.
Dumas, Faure, dont l'entrain dévoué
restreindre.
assura le succès de cette soirée.
Bal
du
10
février.
—
Le
grand
bal
M. le docteur Marcombes avait à sa
droite Mme Carsac et, à sa gauche,
Mme Laniol. Notés aux places d'honM. Gatignol : 1 abonnement, 1 point;
M. le Dr Marcombes, très ému, reneur :
Mlle P. Girard : 1 abonnement, 1
mercia ses avis cantaliens, fit un vif
M. Montmège, adjoint au maire de éloge de Mabru, avec qui il sera, dit-il, point ;
Clermont ; Mme Philippe Marcombes ;
Mlle Cubizolle : 1 abonnement, 1
« lié d'amitié pour toujours ». Ses paMM. Moncel, Chadefaux, Elie Jalenques, roles furent d'autant plus émouvantes point ;
vice-présidents d'honneur de la Canta- qu'elles se gardèrent de toute allusion
M. Germouty : 1 abonnement, 1
lienne ; MM. Laniol et Pébrel, vice- politique et ne cessèrent de traduire point ;
présidents actifs ; M. Mazel, président les sentiments d'affection et de reconM. Blanchet : 1 abonnement, 1
du Tribunal civil ; M. Raoul Mabru et naissance que lui inspiraient le geste point ;
Madame ; M. Nougein, président de profondément délicat des membres de
Abonnements directs : i3.
1'« Auvergne de Lyon » et Madame ;
la Cantalienne.
Total : 78 abonnements.
M. Quemmer, président du Tribunal de
Des médailles de secours mutuels fucommerce de Riom et Madame; M. Caux, rent ensuite remises à : M. Monteil,
Pour la preniière série, il reste à
vice-président de l'Amicale Cantalienne instituteur en retraite (médaille de ver- obtenir 72 abonnements.
de Riom ; M. Bonnafous, contrôleur meil) ; Mme Martre et M. St-Roth
Tous nos remerciements aux félibres
générai de la Sûreté ; "docteur Eugène (médaille d'argent).
du Covize de Clermont pour les 13 abonMarcombes ; M. Pierre Deteix, notaire;
M. Cot, au nom des Cantaliens de nements qu'ils ont obtenus.
M. Chavaroche, trésorier général de la Riom; M. Nougein, au nom de « L'AuCantalienne, et Madame ; MM. Mazon- vergne», de Lyon; M. Brun; M. B.
**
nié et Lavialle, trésoriers adjoints ;
Vidal apportèrent, à des titres divers,
Nous remercions aussi ceux de nos
M. Chambre, secrétaire général, et Ma- leur hommage au Dr Marcombes.
abonnés
qui veulent bien renouveler
dame ; MM. Benoit et Vidal, secrétaires M. Taissèdre, juge d'instruction à Riom,
d'eux-mêmes
leur abonnement, lorsqu'il
adjoints; Mme Vidal; M. Carsac, maire avait même envoyé un « bouquet » en
est échu, ce qui évite des frais au jourd'Aubière ; M. Clavel, notaire à Beau- vers joliment tournés.
nal.
mont, et Madame ; M. Chausson et
Puis, les chanteurs se firent entenNous sommes sûrs que nos amis qui
Madame ; M. Combes et Madame ; doc- dre : Mlle R. Gavaldà, qui est toujours
teur Tournier, directeur de l'Hôtel-Dieu, si applaudie, à 1« Oustau » ; M. Ré- ont laissé passer, par mégarde, l'échéanet Madame ; M. Pierre Monteil et Ma- nac fils ; Mme Laguillaumie, canta- ce de leur abonnement, feront bon
dame ; M. Page et Madame ; MM. Al- trice de grand talent ; M. Ronieux, dont accueil à la facture qui leur sera adressée.
baret, Raclot, Roudil, membres du le joyeux répertoire est inépuisable.
Envoyer le montant des abonnements
Comité ; Mlle Gavaldà, MM. Maurice
La fête se termina par un bal des à M. Antoine Gilbert, fabricant de soieBusset, Brun, maire de Chastel-Marlhac;
plus entraînants pendant lequel la vielle rie, 3, place des Tapis, Lyon. Compte
Antoine Baud, industriel ; commandant et la chabrette firent merveille.
ch. post., Lyon, 9.553.
Delbos et Madame ; capitaine Chauvet
Louons les Cantaliens d'entretenir, si
et Madame; M. Soulier, avoué à Riom;
vivace, le véritable esprit auvergnat !
docteur Alary et Madame ; docteurs E.
Henri GILBERT.
et S. Dechambre ; docteur Mercier,
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d'Aubière ; M. et Mme Batisse-Ceyrac ;
EN
FAVEUR DES INDUSTRIES
M. et Mme Laguillaumie ; M. Juillard.
Pour
receveur de l'Enregistrement ; MM. BeD'AUVERGNE
L'ALAUZA D'AUVERNHA
nezet-Vidal, capiscol de l'Esoola de LiConcours d'abonnements.
manha ; Henri Gilbert, syndic de la
La séance que nous organisons, tous
Mlle Chambon : une annonce de les ans, en faveur des Industries d'Au-*
maintenance d'Auvergne, etc..
Aux très nombreux convives s'ajou- 25o fr. et 2 abonnements, 19 points ;
vergne, aura lieu, cette année, le diM. Biscuit : une annonce de i3o fr. manche 27 mai, à Saint-Germain-Lemtèrent encore, au moment du Champagne, beaucoup de Cantaliens qui n'a- et 1 abonnement, 9 points ;
bron. "
' 't1'
Mme Grange : 8 abonnements, 8
vaient pu assister au banquet,
File sera organisée dans les mêmes
M. Chambre, secrétaire et véritable points ;
conditions que précédemment : les comM. le Dr René Martrou : 7 abonne- merçants et les' industriels qui désirent
animateur de la société, ouvrit, devant
le microphone, la série des discours. Il ments, 7 points ;
prendre part à cette œuvre et bénéficier
M. Léon Chambre : 3 abonnements, 3 de ses résultats, doivent faire parvenir
remercia éloquemment ses compatriotes
d'avoir répondu avec empressement à points ;
ou remettre à M. Henri Gilbert, direcMme Abraham : 3 abonnements, 3 teur de « L'Alauza d'Auvernha », les
l'appel du Comité, et sut excuser les
absents. Il fut fort applaudi lorsqu'il points ;
échantillons de marchandises destinés à
Mlle Portai : 3 abonnements, 3 être présentés au public. Ils voudront
rappela le beau passé de la Cantalienne, et, surtout, lorsqu'il annonça que la points ;
bien y joindre des prospectus.
Mlle Gavaldà : 2 abonnements, 2
visite annuelle au pays natal s'accomRappelons les avantages qui sont
plirait, cette année, à Garaby et à Saint- points ;
offerts aux commerçants : i° les échanMlle Alice Josency : 1 abonnement, tillons offerts seront présentés au pu-&lt;
Flour. Après une évocation poétique du
Cantal, il découvrit le buste du Dr Mar- 1 point ;
blic, ainsi que les prospectus ; 20 deux
Mlle Trapehard : 1 abonnement, 1
combes et, au nom de « la famille canannonces gratuites seront faites dans
talienne » — heureuse et touchante point ;
« L Alauza d'Auvernha » ; 3° nos soMlle Seguy : 1 abonnement, 1 point ;
formule ! — il l'offrit « à la famille
ciétaires et nos abonnés seront invités
Mme Groisne : 1 abonnement, 1 à vouloir bien favoriser de leur cliendu Dr Marcombes ». Les applaudissements crépitèrent, s'adressant aussi bien point ;
tèle les maisons qui auront pris part à
Mme Texier : 1 abonnement, 1 point;
à M. Chambre qu'à l'artiste et à son'
la séance de publicité.
M. Maurice Dutheil : 1 abonnement,
modèle. Raoul Mabru vint remercier, et
1 point ;
les acclamations redoublèrent.

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              <text>Gilbert, Henri (1874-1955), Directeur de publication</text>
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              <text>Vignette : http://occitanica.eu/omeka/files/original/e9784218d6636e7d8c4a0e00bae6530f.jpg</text>
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          <name>Is Part Of</name>
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              <text>L'Alauza d'Auvernha (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/12715"&gt;Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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              <text>Gilbert, Henri (1874-1955)</text>
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              <text>L'Alauza d'Auvernha. - 1934, n°24-25 (Février) </text>
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              <text>Mediatèca</text>
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          <name>Contributeur</name>
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