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                  <text>CINQUIEME ANNEE. - N° 20.

Numéro spécial : 2 fr. 50. Etranger

: 3 fr. 50.

JUILLET-AOUT 1933.

Direction :
M. BUSSET.
A. CASATI.
C CHACORNAC.
J. CHARBONNIER.
t&gt;r A. DELANEF.
L. DELHOSÏAL.
L FARGES.
J. FREYCENET.
H. GILBERT.
A. GILBERT.
V. GUI D Y.
P. MAMET.
E. MARCENAC.
L. MAURANNES.
H. NOUGEIN.
J PAGENEL.
L'-C E. PESSEMESSE.
M™ RAOUL DUPAIN.
F. ROCHEZ.
Dr E. ROUX.
M"« B. ROZIÈS.
P. SABATIER.
L. TESTUD.

GILBERT

HENRI

7, Rue Serret, 7
CLE RMONT-FER RAND

Administration :
ANTOINE

GILBERT

3, Place des Tapis, 3
LYON

Chèques-Postaux :

ORME&lt;dc laMAINTENANCE «TAUVER6NE

Lyon : 9-553

des SOCIETES AVVER6NATES à PARIS

MÀNTENENSA D'AUVERNHA

ACAMPADA DE YES BBASSAG
î.

Par Marc

MANDADIS PER LIS FELIBRES.

Le dimanche 27 d'aost, la Mantenensa
d'Auvernha (Escola de lÀmanha, Escolo
Oubernhato, Lo Covize de VEscola de Limanha Lo Covize de la Ribeira) s'acamparà ves Brassac, en Auvernha Bassa.
Lis felibres hi saran recebuts gentamen per lo Conse, En Joan Fabre, Conselhier generau, Felibre Manteneire ; per la
Jurada, per lo Comitat feslenau et per lo
Bureu de la Mantenensa.
Aqueste an, sara elegit finablamen lo
sindic, pueis elegirem lo segond vicesindic.
Adonca, chars Felibres, honorats Cofraires, vos pregem d'anar ves Brassac
per l'amor d'esser estruts de so que hi
sara fat, et per que la festa sia mais
brava.
Portarés, si vos plai, vostre senhal felibrenc.
Lo Bureu de la Mantenensa :
Enric Gilbert, sindic; Lois Debrons,
vice sindic ; Victor Guidy, secretari-clavaire.
-2.

—

PROGRAMME

DES KÈTES

FÉLIBRÉENNES

DE BRASSAC-LES-MINES .

[Dimanche, 27 août).
9 h. 1/2 : réception à la mairie ; vin
d'honneur ; acampada de la Maintenance,
10 h. 1/2 : messe félibréenne (chants en
languedoc par La Haute-Auvergne Artistique ; sermon en langue d'oc par
M. l'Abbé Pierre Chataing, de Saint-Germain-Lembron).
11 h. 1/2 : visite au Monument aux Morts
(Hymne exécuté par La Haute-Auvergne
Artistique, sous la direction de M. Louis
Debrons).
12 h. : banquet félibréen (salle RouvetVival), sous la présidence de M. J. Fabre,
maire de Brassac, conseiller général, Félibre Mainteneur. — Prix du banquet;
i 8 fr. — Les dames sont invitées.
2 h. 1/2 : cortège des costumes;
grande félibrée (cour de l'Ecole des Garçons) avec le concours des Félibres et de
La Haute-Auvergne Artistique (diction,
chants, chœurs, danses auvergnates au
son de la chabrette et de la vielle). —
Présidence de M. Louis Delhostal, Félibre
Majorai. — Entrée : 2 fr. (gratuite pour
les enfants accompagnés de leurs parents).
En cas de mauvais temps, des dispositions particulières sont prévues.
.'i h. 1/2 : concours de costumes anciens; attribution des Prix.
6 h. 1/2 : concert par « L'Indépendante &gt;&gt;, de Brassac (chef M. Monneret).
9 h. : grand bal public sur la Place de
la Couarde.
(Voir, en 3e page, le programme de la
Félibrée).

NOTRE

VENTE

CLERMONT-FERRAND : Librairie de
« L'Avenir », rue Blatin ; aux Covizes, à
1'« Oustau ».
LE PUY : Bay, Place du Breuil.
BRASSAC-LES-MINES : Rapp.
LA VOUTE-CHILHAC : Delomenède ;
Roche.
St-GERMAIN-LEMBRON : Delaire.
PARIS : aux Covizes,
(Odéon).

Café

Voltaire

BRASSAC ET LES COTES DE MARNAT, EN HIVER

Une petite v;lle.

de longue dalo

i

animée par un commerce fort actif; une
belle situation aux abords de la « rivière
d'Allier », qui, précisément, est réputée
navigable à partir de ce lieu, Brassac est,
de plus, comme le lien qui réunit deux
tronçons de l'Auvergne séparés depuis la
Révolution : la région du Brivadois et
celle d'Issoire, qui ont tant d'affinités,
des relations incessantes, et, en quelque
sorte, intimes.
C'est donc une ville trait-d'union.
L'organisation d'une fête félibréenne à
Brassac, où toutes les fêtes présentent
une animation, un entrain particuliers
méridionaux —, pourrions-nous dire, est
une heureuse idée, car le Velay, la Haute
et la Basse-Auvergne s'y donneront joyeusement rendez-vous.
Brassac, ville industrielle, a, néanmoins, conservé le charme agreste du
vieux langage à la forte sonorité, comme
on peut s'en rendre compte en traversant
son marché hebdomadaire, où s'entremêlent tous les patois locaux, de celui
d'Auzon jusqu'à celui de Nonelte.
Aux temps anciens du moyen-âge, la
bourgade charbonnière s'accrochait au
Sud, puisque le comte d'Auvergne, Guillaume-le-Pieux, la donna, en 886, au
Chapitre de Saint-Julien de Brioude, et,
au xive siècle, c'était la grande maison de
Langeac qui en possédait la seigneurie.
C'est ainsi que Brassac eut pour seigneur ce Pons de Langeac qui fut en son
temps l'un des plus notables, vaillans et
hardis écuyers de tout le pays, voire du
royaume, qui étoit ferme, constant et de
bonne foi.
Sénéchal d'Auvergne, « Ponchot » de
Langeac fut chargé des plus hautes missions, ainsi que son fils Jean, lui aussi
sénéchal, qui devint, par son second mariage, beau-frère d'un roi d'Espagne.
Après les Langeac, leurs descendants
en lignes féminines et successeurs non
moins fameux, les La Rochefoucauld et
les du Croc de Brassac furent au premier
rang des illustrations de la province.
La seigneurie de cette dernière maison,
qui subsista jusqu'à la Révolution, étendait sa juridiction, nous dit Chabrol, sur
les lieux de Brassac et Brassaget, ainsi
que sur ceux de Lubière et de Bergoide,
dans la paroisse de Vergongeon.
C'est dans leur château de Brassac que
se trouvent encore des œuvres d'art remarquables d'un artiste du xviie siècle,
Pierre Vaneau.
Il s'agit de la statue du grand roi de
Pologne Jean Sobieski entouré des statues
allégoriques des quatre peuples par lui
vaincus.

(Phot. H. Gilbert).

,lm*Êarïs*Je jiiajeslájliLÌiér.o.s sont saisissantes; celte Belle œuvre tait honneur
à un artiste fort oublié de nos jours, et
permet de le classer parmi les plus habiles sculpteurs de son temps.
Brassac possède là, au point de vue artistique, un ensemble fort intéressant. A
côté de celui-ci, il faut exprimer les regrets pour son église détruite, qu'une
noire fatalité semblait poursuivre et que
rien n'a pu sauver, pas même son classement dans la catégorie des monuments
historiques !
Très intéressant édifice, éclos dans la
première période du roman auvergnat : il
ne nous a pas même laissé des ruines
pour le pleurer...
Il ferait honneur, cependant, à une
ville trop modernisée, et il manque doublement au Brassac de nos jours, poussé
dans une crise de croissance assez désordonnée.

Mais la vie de Brassac fut surtout dans
son commerce, jadis comme de nos jours.
Exploitées de temps immémorial, les
mines de la région de Brassac n'eurent
réellement de débouchés que lors de l'ouverture du canal de Briare (1664).
La batellerie donna une énorme extension à ce commerce.
Brassac et Jumeaux fournissaient le
contingent le plus important des mariniers de la rivière.
Brassaget, nous dit M. Achard, dans son
travail sur la batellerie de l'Allier, était
le plus important des ports de la région :
en 1738, 2.000 bateaux s'y chargent chaque année, dont les deux tiers en charbon, le reste en fromages du Cantal, produits de la verrerie de la Margeride, bouteilles de la verrerie de Brassac.
C'était le temps où le charbon était ici
mesuré à la raze, petite bacholle contenant environ cent livres de charbon ;
30 bonnes razes faisaient une voie pesant
3.300 à 3.500 livres.
Le port de Brassaget chargeait, en
1783, 10.000 voies par an, à destination
de Paris, et celui d'Auzat, 3.000 voies.
Cependant, quand, aux premiers mois
de 1793, le savant Monnet, chargé par la
Convention de l'inspection des mines,
s'établit à Brassaget, dans la maison Seguin, où il resta plus d'un an, il trouva le
pays exploité par d'avides et rusés spéculateurs.
A ses ennuis incessants et insurmontables, il ne put trouver quelques consolations qu'en allant souvent à Auzat,
dans la famille de Seveyrac dont il nous

DOUSSE
Parle avec toute la « sensibilité » de son
temps :
« C'est dans celte maison que je recevais le plus grand soulagement à mes
peines. M., et Mme de Seveyrac étaient
les gens les plus respectables de ce pays
et m'accueillaient avec les sentiments de
la plus affectueuse amitié. Je me plaisais
beaucoup dans la compagnie de cette
aimable dame qui, outre l'excellenLe éducation qu'elle avait reçue, avait un excellent esprit et lejugement le plus droit; je
n'en sortais jamais qu'à regret... »
C'est là le souvenir le plus agréable de
ce séjour assez pénible pour le docte inspecteur, avec celui de mademoiselle de
Brassac, l'héritière de la vieille maison
seigneuriale qui, pour distraire Monnet,
le promenait aux environs, à Lempdes, à
Mauriat, afin de lui permettre de faire ces
découvertes minéralogiques qui l'intéressaient tant.
Monnet nous a tracé les portraits —
combien précieux et curieux — des trois
exploitants de mines de Brassac, lors de
son séjour : Lamothe, Feuillant et Sadourny.
Lamothe, « homme fort aimable et très
honorable chez lui ». Ce chez lui laisse
-*i*£r.„ Est-ce qu'au milieu des affaires,
ces qualités domestiques'subissaient une
éclipse ?...
Chez Sadourny, d'Auzat, ce qui frappe
le plus Monnet, c'est ce joli pavillon
construit sur sa mine « où nous nous régalions, dit-il, avec les plus splendides
repas qu'on peut donner dans ce pays » ;
ces repas qui sont, d'ailleurs, à cette
époque, « dans l'usage des Auvergnats ».
Feuillant, expéditeur de charbons et de
vins, ce dernier commerce ayant son
« rendez-vous » aux Martres-de-Veyre,
est alors un très gros personnage de
Brassac. Son fils, Etienne Feuillant, rédacteur au Journal des Lois, puis écrivain
assez brillant au Journal général de
France, sous la Restauration, fut, en son
temps, une sorte de grand homme de
Brassac, bien qu'il soit aujourd'hui tombé
dans l'oubli le plus profond.
Sa fidélité inébranlable aux Bourbons,
même sous l'Empire, indique une hauteur de caractère fort rare. C'est à lui
que Malesherbes remit le testament de
Louis XVI, le jour même de l'exécution,
et Feuillant le fit imprimer si promptement que la Commune de Paris n'eut pas
le temps de s'y opposer.
Les conseils éclairés de Monnet n'eurent guère de succès auprès de ces hommes têtus, routiniers et défiants, uniquement guidés par leur âprelé au gain. Une
cabale s'éleva même contre le savant ; il

succomba, nous dit-il, à l'intrigue et p1
ajoute « qu'il quitta ce pays sans regret. »
Brassac a connu, depuis ce temps troublé, bien des vicissitudes; 'comme la
chute complète de la batellerie, jadis son
orgueil et sa richesse ; mais l'esprit laborieux, l'intelligente énergie de sa population ont surmonté ces crises, et, dans ce
joli coin d'Auvergne, cette capitale d'un
important bassin minier reste un centre
d'attraction très vivant, auquel les fêtes
rehaussées du caractère local, donnent un
charme plein des agréments les plus délicats.
Marc DOUSSE.

LISEZ LES LIVRES DES FELIBRES
Henri GILBERT
LA COVIZADA

Gantes et dialogues en langue d'oc
avec la traduction française ; notes étymologiques ; indications pour la lecture
du texte.
(Cet ouvrage a obtenu un Grand Prix
de prose).
Prix: i5 fr., librairies de I'« Avenir »,

CONTES

DE

LA

LUNEIBA

Contes en langue d'oc avec une traduction française ; notes étymologiques ;
indications détaillées pour la lecture du
texte.
Prix : 25 fr., chez l'auteur et dans
deux librairies seulement : « Avenir »,
Delaunay.

Pour les demandes de numéros, on
peut s'adresser à l'imprimerie La HauteLoire, 23, boulevard Carnot, Le Puy.
Chèques postaux : Clermont io5-g2 ;
Téléphone : Le Puy i-32.

Voir en quatrième page nos maisons
recommandées. Nous prions nos lecteurs de leur réserver leurs commandes.

BRASSAC. — Les bords de l'Allier.

(Phot. H. Gilbert)

�*

L'ALAUZA D'AUVERNHA

Les débuts de 1 industrie Houillère
eu Auvergne des origines à la
fin du XVIIIe siècle.

soit à la fois comme propriétaire et
exploitant, l'activité minière de cette
maison n'a cessé de se manifester sous
les noms de Langheac, La Rochefoucauld, Du Croc, d'Apchier (3), depuis
le début du xvc siècle jusqu'en 18/12,
date à laquelle la Compagnie Cockerill,
L'utilisation du charbon de terre, dans devenue propriétaire de la Taupe, le
la région limitée par les localités d'Au- 28 mai i838, était déclarée en faillite,
entraînant la maison de Brassac dans sa
zat, Charbonnier, Lempdes, Frugièresles-Mines, Lugeac, Brassac et dont Sain- déconfiture.
Une autre pièce de procédure nous
te-Florine marque, à peu près, le centre, doit, selon tonte vraisemblance, re- révèle l'existence d'une activité charbonnière à l'extrémité nord du bassin, à
monter à une époque très reculée.
En effet, dans cette partie nord du peu près à la même époque. C'est une
enquête, faite sur les lieux, les 29 et
bassin houiller, dénommé, aujourd'hui,
3o janvier 1/189, en exécution de lettres
de Brassac, depuis le confluent de l'Allier et de l'Alagnon jusqu'à une ligne patentes du roi, du i4 novembre i448,
impétrées par le seigneur de Saint-Quentirée de Lempdes à Lugeac, le terrain
tin, contre le sieur de Puychalin, touhouiller est complètement à découvert.
Les veines de charbon, fortement plis- chant les bornes des tènemen,ts dépendant de la censive et directe 'seigneurie
sées, viennent affleurer, en beaucoup
de points, la surface du sol où elles de Saint-Quentin, au lieu de la Roche
se présentent suivant leur tranche, soit Brezens, paroisse d'Auzat-sur-Allier, et
complètement à nu, soit dissimulées sous l'ouverture, par le sieur de Puychalin,
d'une bouche charbonnière en dedans
une faible couche de terre végétale. Il
des dites bornes (4).
n'est pas téméraire de supposer que,
Ainsi donc, nous avons des preuves
de très bonne heure, dans cette région
où le bois a été toujours relativement irrécusables de l'existence, dans notre réc
rare, l'attention des habitants ait été atti- gion, dès le début du xv siècle, d'une
rée par ce minéral, dont l'aspect de cer- activité minière que l'on peut suivre,
taines qualités offre des analogies frap- ensuite, sans interruption, jusqu'à nos
pantes avec le charbon de bois, connu jours, en s'appuyant sur des documents
certains.
et utilisé dès la plus haute antiquité.
L'exploitation minière allait soulever
L'exploitation des gites houillers, liune
question de propriété, au sujet de
mitée à celle qui pourrait s'effectuer
à l'air libre et faite à peu près exclusi- laquelle s'affronteront, pendant tout l'anvement par ceux qui utilisaient ce com- cien régime, deux thèses différentes :
bustible, a vraisemblablement commencé celle du Parlement et celle du pouvoir
à une époque très ancienne, mais qu'il royal. Le sous-sol appartient-il au proest impossible de fixer en l'absence de priétaire de la surface, suivant l'adage :
« Cujus est solum ejus est coelum et
tout document. Les premiers renseigneprofundum, ainsi que ne cessera de le
ments sur la question nous sont donnés,
en effet, par des actas de procédure ré- juger le Parlement, ou, au contraire,
constitue-t-il une propriété d'un caracglant des conflits de possession de tertère
différent et appartient-il au pouvoir
rains houillers, et qui n'ont pu s'élever
qu'à partir du moment où le charbon est royal ? C'est la thèse que ce dernier
devenu véritablement un article de vente a toujours affirmée, et qui est nettement
exprimée dans le premier texte législatif
et a commencé à être utilisé par l'indusvéritablement digne de ce nom, traitrie, notamment la forge et les fours à
chaux, et dont l'Allier et la Loire per- tant de la matière : l'ordonnance de
Charles VI, de I4I3.
mettaient le transport sur les divers
C'est basé sur cette doctrine qu'était
points baignés par ces rivières.
Dès le début du xv° siècle, Jacob de attribuée au domaine du roi la dixième
partie purifiée de tous métaux, sans que
Langheac, seigneur de Brassac, était en
procès avec le duc de Bourbon (duc le roi fût « tenu d'y frayer ou défendre
d'Auvergne) au sujet d'une charbon- aucune chose ».
C'est en vertu de ce même principe
nière en exploitation, sise au terroir
des Rivaux, dépendance, alors, de la que se justifie la concession temporaire
châtellenie de Brassac et aujourd'hui de toutes les mines à un privilégié choisi
compris dans la commune de Sainte- par le roi, et qui fut pratiquée pendant
Florine. Le duc de Bourbon réclamait la période de 15/|8 à 1597.
Le Parlement était resté aussi consladite charbonnière comme seigneur sutant
dans sa doctrine diamétralement
zerain de la Province. Par arrêt du 24
juillet 1/176, le Parlement de Paris met- opposée. C'est ainsi qu'en enregistrant,
tait le sieur de Langheac en possession le i4 juillet 1/Í75, l'ordonnance donnée
provisoire de ladite mine au double titre par Louis XI aux Montils les Tours,
d'inventeur et de propriétaire de la sur- en 1/171, qui créait le Grand Maître des
Mines et accordait au propriétaire un
face (1).
On se trouve là en présence d'une délai de six mois, à dater de la découdes plus anciennes exploitations réguliè- verte de la mine et de sa dénonciation
res de la région, et la maison de Langheac (2) s'inscrit en tête des exploi(3) Nicolas-Auguste Châteauneuf-Bantants de mines qui occuperont une place don d'Apchier avait épousé Gahrielle Jeansi importante dans l'histoire économique ne-Adélaïde Du Croc. C'est Adélaïde Du
du bassin. Soit comme propriétaire de Croc qui, encone à ta fleur de son printerrain houiller dont l'exploitation est temps, pendant la période révolutionnaire,
revendiquera, avec une énergie toute vilouée à des particuliers ou à des sociétés,
(1) A. N. X A no.
(2) La famille de Langheac comptait
parmi les plus anciennes d'Auvergne. Lefèvre d'Ormesson signale que, d'après la
tradition, Saint Atyre, évêque de Clermont, mort le 5 juin 385, en faisait
partie.

rile, ses droits de propriétaire sur lexploitation de la Taupe que lui reconnaissait formeUem'ent la loi de 1.791, mais
que sa situation de sceur démigré lui
rendait difficile à faire valoir.
(4) Baudin (Désiré). — Description historique, géologique et topographique du
bassin houiller de Brassac (Imp. Nat.,
I85I, in-4°).

au Grand Maître, afin de se préparer
à l'exploiter par lui-même ou aviser; le
Parlement, à cette première restriction
aux pouvoirs du Grand Maître, en ajoutait une autre, remarquable par la délimitation qu'elle apportait dans les droits
tréfonciers du roi. Il n'enregistrait, en
effet, la permission donnée au Grand
Maître d'ouvrir des mines dans les domaines des particuliers, après la sommation prescrite, « que pour les lieux
déserts et non hantés, en friches et
stériles, en appelant le procureur du
roi et les propriétaires, afin de discuter
l'indemnité. Et à l'égard des terres en
valeur, prés, bois, vignes, pâturages,
maisons et autres biens portant fruits
industriaux, il défendait de les ouvrir
sans le consentement spécial du propriétaire, ou par l'ordonnance des juges
des lieux, partibus auditis. »
Aussi, lorsque, par lettres patentes
du 3o septembre i544, complétées par
lettres du 10 octobre i552, Henri II
attribuait au sieur _de _ la Rocque, seigneur de Roberval, pour une période
de 9 ans, la concession de toutes les
mines du royaume, il s'exprimait ainsi
devant son grand Conseil : « et sur
icelles patentes metez un visa publicata
et registra ta, attendu qu'il serait trop
long, prolixe et difficile, icelles entérinées en nos Parlements, voulons et entendons que le seul entériment fait en
notre Grand Conseil soit seul valable. »
Il savait bien que, seule, la suppression
de l'enregistrement lui
permettrait
d'échapper aux remontrances du Parlement. C'est guidé par le même sentiment, qu'au cours du xvnc siècle,
Louis XIV attribua à ses intendants la
connaissance des affaires concernant les
mines, qui, en appel, viendront devant
son Conseil. En tête de cet article, nous
avons vu une application de la thèse du
Parlement dans l'arrêt de 1 /47/1. Nous
la verrons encore triompher à la fin du
XVIIE siècle.

L'OUVERTURE DU CANAL DE BRIARE.
LES TARIFS PROTECTEURS DE COLBERT.

Il ne suffit pas d'extraire du charbon : il faut lui trouver preneur. Or, le
marché des charbons d'Auvergne était,
au début du xvuc siècle, étroitement limité au voisinage des rives de l'Allier
et de la Loire, que permettait d'atteindre la voie d'eau, seul moyen de
transport possible pour cette matière
pondéreuse. Il y a lieu d'ajouter que,
sur la Basse-Loire, les charbons d'Auvergne étaient avantageusement concurrencés par les charbons anglais, mieux
exploités et de meilleure qualité.
Mais, en i644, survint un événement
de première importance pour l'extension
du marché des charbons du Centre :
l'ouverture du canal de Briare. La batellerie d'Allier pourrait, dès lors, atteindre la Seine, l'Oise, la Marne, l'Yonne, et, en particulier, l'important marché de Paris, le plus grand consommateur de charbon de forge du royaume.
Là encore, les charbons d'Auvergne
arrivaient difficilement à soutenir la
lutte contre les charbons anglais. Les
•tarifs de Colbert vinrent opportunément
au secours de notre industrie minière
dont la faiblesse réclamait une sérieuse
protection.
Par le tarif de i664, le charbon
étranger était taxé à 8 sols par baril
de 2Ôo livres, à son entrée dans les cinq
grosses fermes ; celui des provinces réputées étrangères — c'était le cas de
l'Auvergne — payait 6 deniers par baril.
Le 28 avril 1667, cc droit était porté
à 24 sols, tandis que, par arrêt des 29
juillet 1669, 27 juin 1672 et 12 septembre 1690, les charbons des mines de
Sainte-Florine, en Auvergne, étaient déchargés du droit de 6 deniers. Le 3
juillet 1692, le droit d'entrée pour les
charbons étrangers était fixé à 3o sols.
LE

PRIVILÈGE

DU

DUC

D'UZES.

LES EXPLOITANTS DE SAINTE-FLORINE
LE

xviie

CONTRE
SIÈCLE.

L'INTENDANT D'ORMESSON ET LE ROI.

Liberté d'exploitation avec, comme
conséquence, la multiplication des enLe régime de la concession persontreprises, ouverture du canal de Briare
nelle et temporaire, s'il avait contribué,
leur donnant accès à un large marché,
parfois, à faire la fortune des conces-*
protection contre les charbons étrangers
'avait amen»- aucun progrès
par les tarifs de Colbert : une activité
sensible dans la production minière du
toute nouvelle se manifeste sur les lieux
pays, et Henri IV reconnut la nécessité de production. L'intendant d'Ormesson
de prendre des mesures nouvelles. Par signale qu'à cette époque, il sortait anl'édit de 1597, confirmé et complété nuellement de la province pour i5o.ooo
par celui de 1601, il créait un organis- livres de charbon.
me à la tête duquel était placé un Maître
Tout semblait pour le mieux dans le
Super-intendant général annonçant déjà,
meilleur des mondes, lorsque, brusqueen quelque manière, notre administration
ment, avec la soudaineté d'un éclair éclaactuelle. En même temps qu'il y confir- tant dans un ciel serein, un événement
mait les droits du roi sur le 10e des imprévu vint jeter la consternation parproduits de l'extraction, il en affran- mi les exploitants. Par arrêt du 16 juilchissait les mines de charbon et quelques let 1689, Louis XIV avait recours, enautres « par grâce spéciale, disait-il, an
core une fois, au privilège temporaire
faveur de notre noblesse et pour grati- et accordait « au duc de Montausier
fier nos bons « sujets propriétaires des
« et à ses hoirs, successeurs et ayants*
lieux ».
« cause, pendant le temps de 4o ans,
En fait, l'exploitation des mines de
« le don et permission de faire ouvrir
houille devenait libre. Les dispositions
« et fouiller, dans l'étendue des terres
spéciales, prises en leur faveur, avaient
« et seigneuries de l'obéissance de Sa
pour but de favoriser l'extraction de ce
« Majesté toutes les mines et minières
combustible et de lui faire jouer un rôle
« de charbon de terre qu'il découvrira,
plus important dans la vie économique
« de gré à gré des propriétaires, en les
du royaume. Malgré toutes ses qualités,
« dédommageant préalablement, suivant
l'industrie ne mettait aucune hâte à
« et ainsi qu'il sera convenu entre eux,
l'adopter. Or, au fur et à mesure,
« avec faculté de vendre le charbon desqu'avec l'accroissement de la population,
« dites mines en payant seulement les
les conditions matérielles de la vie s'a« droits portés par le tarif de i664. »
mélioraient et nécessitaient, chaque jour,
Le décès du duc de Montausier surun plus grand apport do bois de toute venait peu après, et, par arrêt du 29
nature, bois d'œuvre ou bois de chauf- avril 1692, le roi confirmait à la dufage, l'industrie naissante exigeait une chesse d'Uzès, seule et unique héritière
part croissante de combustible. Ces cau- du duc de Montausier, le don précédemses réunies commençaient à peser sur
ment accordé à ce dernier. Ce privilège
l'exploitation rationnelle de notre do- était confirmé par lettres patentes du
maine forestier, et les premiers sympier septembre 1692. Un arrêt du 19
tômes de déboisement n'avaient pas
janvier 169/1 renvoyait aux intendants
échappé à l'esprit perspicace de Sully.
et commissaires départis dans les proLa liberté d'extraction, plus encore vinces, pendant trois années, la connaisque l'affranchissement du droit du 10e,
sance des contestations pouvant survenir
qui semble n'avoir jamais grevé des ex- à l'occasion desdites mines.
ploitations de notre région, devait ameLa mise en application de ces arrêts
ner une recrudescence dans l'activité de n'allait pas tarder à soulever des conces dernières.
L'affleurement d'une flits entre le bénéficiaire ou les ayants
même veine en plusieurs points de la cause, d'une part, les exploitants antésurface du sol, qui permettait de l'atta- rieurs et les propriétaires de terrains
quer par sa tête simultanément en plu- miniers, d'autre part.
sieurs endroits, son passage fréquent
Le premier soin de la duchesse d'Uzès
d'un héritage à l'autre, qui entraînait,
fut, comme on dirait aujourd'hui, « de
pour le propriétaire, le droit d'extracmobiliser son privilège », en le cédant,
tion ou celui de le négocier, devait avoir moyennant finance, à des fermiers qui
pour conséquence l'établissement d'en- s'employèrent aussitôt à en tirer le maxitreprises, sans doute médiocres, mais mum de bénéfice par une interprétanombreuses, et, par suite, capables d'at- tion des clauses de leur traité favorable
teindre, dans leur ensemble, une proà leurs intérêts.
duction d'une certaine importance.
En ce qui concerne les mines d'AuL'édit de 1601.

vergne, par traité passé par devant les
notaires du Châtelet, le 9 août 1690,
elle « subrogeait les sieurs Vacherot et
« Courtiade dans le temps de i5 an« nées ou le temps dudit don restant
« à expirer, à leur choix, en son droit
« pour l'exploitation des mines de char« bon de terre, ouvertes dans les pro« vinces d'Auvergne et du Forez, sans
« sa participation et consentement de« puis la concession dudit don, et au
« droit et faculté de faire l'ouverture
« des autres mines qu'ils pourront dé« couvrir, et ce, moyennant 2.5oo livres
« par an. »
Remarquons que, par ce traité, la duchesse d'Uzès cédait des droits autrement
étendus que ceux qui lui étaient conférés
par l'arrêt de 1689. Celui-ci se bornait
à autoriser l'exploitation des mines que
pourrait découvrir et acheter de gré à
gré la donataire. Il ne conférait aucun
droit précis sur les mines en activité
à ce moment-là, ou même postérieurement ouvertes par des tiers.
Les sieurs Vacherot et Courtiade
avaient, par acte du 12 décembre 1695,
subrogé à leurs droits, pour la province
d'Auvergne, un sieur Pierre Tournant.
Celui-ci se met en quête de toutes les
mines ouvertes postérieurement au 16
juillet 1689 et en revendique la propriété. Il est aidé en cela par le sieur
duc d'Uzès, fils de la donataire de 1692,
au nom duquel se poursuit toute la procédure à laquelle donne lieu cette mise
en possession. C'est ainsi qu'il assigne
et poursuit devant l'intendant en dépossession et restitution de fruits les dames;
religieuses de Sainte-Florine, pour leurs
mines de la Loge du Bois, des Gours bas
et des Gours hauts ; la paroisse pour
la mine de Grosmeney ; le sieur Antoine
Chadillon et associés pour leur mine de
la Loge.
A la date du 3o septembre 1697, une
ordonnance contradictoire et définitive
de l'intendant Lefèvre d'Ormesson maintient les dames religieuses de SainteFlorine en la possession de leurs mines
de la Loge du bois et des Gours bas,
comme ouvertes antérieurement au droit
invoqué par le duc d'Uzès, mais « envoie ledit duc en possession, comme mines ouvertes postérieurement, de la mine
des Gours hauts appartenant aux dites
dames, de celle du Grosmeney appartenant à la communauté des habitants de
Sainte-Florine et de celle de la Loge
aux sieurs Chabillon et consorts ».
Par requête au Conseil du Roi du .
17 octobre 1697, les exploitants dépossédés demandaient l'annulation de l'ordonnance du sieur d'Ormesson du 3o
septembre 160,7, ^eur maintien dans la
possession des mines de la paroisse de
Sainte-Florine avec défense au duc
d'Uzès et à ses fermiers de les y troubler, et la condamnation solidaire de ces
derniers à restituer aux demandeurs ce
qu'ils avaient reçu d'eux en exécution
de ladite ordonnance.
Par une deuxième requête du 3o janvier 1698, ils allaient plus loin. Ils en
appelaient non seulement de l'ordonnance du sieur Intendant, mais des arrêts mêmes du roi de 168g, de 1692
et lettres patentes de la même année,
« le don ayant été obtenu au préjudice
de l'ordonnance du roi Henri IV du
mois de juin 1601 ».
Dans une autre requête, les propriétaires des terrains houillers, s'appropriant la doctrine du Parlement, demandaient que le don du duc d'Uzès fut
limité au droit « d'ouvrir et fouiller les
« mines situées dans les fonds appar« tenant à Sa Majesté ou dans les fonds
« des particuliers qui ne voudraient pas
« eux-mêmes en faire les ouvertures ».
Dans la même année, le roi mettait
un terme à toutes ces contestations et,
par arrêt du i3 mai 1698, donnait entière satisfaction aux exploitants, « en
maintenant les demandeurs en possession
desdites mines et faisant défense au
duc d'Uzès, ses fermiers ou tous autres,
de les y troubler sous quelque prétexte
que ce soit, à peine de tous dépens,
dommages et intérêts. »
Par le même arrêt, « permettait, Sa
Majesté, aux demandeurs et à tous propriétaires des terres où il y avait des
mines de charbon de terre ouvertes ou
non ouvertes, en quelques endroits et
lieux du royaume qu'elles fussent situées,
de les ouvrir et exploiter à leur profit,
sans qu'ils fussent obligés d'en demander permission audit sieur duc d'Uzès
ou autres, sous quelque prétexte que
ce puisse être, dérogeant, à cet égard,
à tous arrêts, lettres patentes, dons, concessions et privilèges à ce contraires

�3

L'ALAUZA D AUVEHNHA

LES DEBUTS DE L'INDUSTRIE VERRIERE
DANS LE BASSIN DE BRASSAC
Le récent abandon par la société fermière de Vichy, de la verrerie qu'elle
possédait à Mègecoste, marque la disparition de la région d'une industrie qui
allait bientôt être en situation de célé'
brer son bicentenaire.
C'est, en effet, en 1^35 qu'elle y fit
sa première apparition.
Sur la rue principale de Brassac, à
proximité du point où débouche l'avenue de la gare, s'ouvre l'entrée de la
cour du château. A droite, un peu en
retrait, autrefois adossé à l'église, maintenant disparue, le château dresse sa sévère silhouette qui, dépourvue delégance, n'est pas sans ' présenter quelque
grandeur. A gauche de la cour, s'élèvent les communs ; c'est là que fut
installée la première verrerie, fours et
magasins divers.
A la même époque s'était constituée
une compagnie pour l'exploitation des
mines de charbon d'Auvergne. Or, parmi
les mines dont cette compagnie avait
fait l'acquisition, celles de la RocheBrezens et de Mègecoste, en particulier,
fournissaient une grosse quantité de
charbon menu ou chaussine, impropre
à l'exploitation et que les fours à chaux
de la région, de faible importance,
étaient incapables d'absorber. D'où l'idée
de créer, dans le voisinage, une industrie susceptible d'utiliser ces produits,
et qui serait, en quelque sorte, une filiale
de 1'« Entreprise des mines de la Province d'Auvergne ».
Un des intéressés de ladite Cie, le sieur
de Beaupied, agissant au nom de cette
société, avait, en 1735, obtenu du roi
Louis XV « d'établir une manufacture
de verres en Auvergne, avec titre de manufacture royale et quelques exemptions ».
Le point sur lequel les intéressés
avaient jeté leur dévolu semblait particulièrement bien choisi. Le sable de
l'Allier. convenait parfaitement à cette
fabrication ; le combustible nécessaire
se trouvait sur place et pouvait, en principe, être acquis à des conditions avantageuses ; enfin, la voie navigable d'à
l'Allier permettait une diffusion facile
et peu onéreuse des produits de la fabrication .
« L'Entreprise des Mines de charbon
d'Auvergne » loua son privilège à une
société créée, dans ce but, par JacquesJoseph Sebire Dessaudrais, avocat au
Parlement ; Thomas Moulin, écuyer,
fermier des Postes, carrosses et messaeries de Bretagne et Normandie ; Claue-François Chapuis, architecte et privilégié du roi ; Henri Légier du Cluseau : bail pour 6 ans, reçu par Bricault,
notaire au Châtelet de Paris, le 9 mai
1736.
Le premier directeur fut maître Prieur
Lepêcheur, chargé de créer le nouvel
établissement. Celui-ci loua, à cette fin,
au sieur François-Joseph Ducroc, chevalier, seigneur de Brassac, le château
avec toutes ses dépendances, pour 6 ou
g années, au choix de la Cie, au prix
de 4 00 livres par an (1).
Au début de l'année 1737, la verrerie
entra en activité avec le maître verrier
Antoine Trompette comme chef de fabrication. Cette activité se poursuivit jusqu'au 16 février donnant un total de
3.075 bouteilles.

f

(1) Minutes de François Creyssent, notaire, à Sainte-Florine.
qu'elle pourrait avoir cy devant accordés. »
Par leur opiniâtreté à défendre leurs
droits, les exploitants de Sainte-Florine,
les seuls de la région atteints par le
privilège du duc d'Uzès, avaient obtenu
gain de cause non seulement contre l'ordonnance de l'Intendant, mais contre
les arrêts du roi.
L'exploitation était redevenue complètement libre et affranchie de tous droits
pour les propriétaires superficiels.
C'est dans ces conditions favorables
que s'ouvrait le xvine siècle qui sera la
grande époque du bassin houiller, non
pas tant par l'importance des produits
extraits, qui sera largement dépassée au
xixp siècle et au début du xxe, que par
l'étendue du marché de ses charbons
et le rôle prééminent qu'il jouera dans
le ravitaillement de Paris. C'est ce que
nous verrons dans un autre article.
E.

PESSEMESSE.

On recommença le i3 septembre suivant. La réveillée dura jusqu'au n novembre. On fabriqua, durant ces trois
mois, 15.428 bouteiUes de pintes et
1.087 ehopines. Ces bouteilles n'étaient
point de bonne qualité. Elles étaient
bleues, et l'on prétendit que le vin ne»
s'y conservait point. La composition
n'était pas bien ordonnée (2).
Trompette, après cet insuccès, dû à
son incompétence ou à sa négligence,
dut se retirer et fut remplacé par Jean
Molle.
A la mort de Pierre Lepêcheur, survenue au début de l'année 1738, la direction de la verrerie fut confiée à
Jacques Vaugelade qui entra, tout aussitôt, en conflit avec M. Paul de Vieilhes,
directeur de 1'« Entreprise des Mines »
et fut remplacé, dans ses fonctions, avant
la fin de la même année, par Jean François Roger.
L'année 173g ne fut guère prospère;
du 20 septembre au 22 décembre, on fit
35.535 bouteilles. Ces bouteilles se trouvèrent de meilleure qualité que les premières, par rapport à la composition.
Mais, au cours de la cuisson, mal réglée,
un grand nombre d'entre elles furent
calcinées et rendues ainsi invendables.
Jean Molle ne s'était pas montré plus
expert que son prédécesseur ; il quitta
la verrerie le 1e1' avril 1740.
En 1740, la Cie reconstituée et dirigée
par Me Varangot, entreprenait avec la
fabrication des bouteilles, celle du verre
à vitre. On remit le feu le 12 octobre
1740, et on fabriqua jusqu'à extinction
survenue le 8 avril 1741, 72.526 bouteilles et 3.000 feuilles de verre à vitre.
Les travaux de fabrication, interrompus
en 1742, ne purent être repris.
Des difficultés financières, des dissensions entre les intéressés, la mortj
du directeur, Augustin Varangot, en
1743, amenèrent la liquidation de la
Société. La C'c des Mines garda son
privilège de manufacture royale, ainsi
que tout l'outillage prêt à fonctionner.
En 1751, une Cie lyonnaise, formée
par les deux frères Picton avec les sieurs
de Lasalle et Grivet, se présenta pour
reprendre la fabrication du verre.
Le 7 avril, elle acheta l'ancien matériel. Le 3 mai, elle prit à bail le château de Brassac et le four qui y étai^
construit au même prix que précédemment. Une dernière convention fut passée le 5 juin, entre Jacques Seguin,
bourgeois de Brassaget, intéressé dans
les Mines d'Auvergne, et Jean et François Picton frères. Aux termes de cet
acte, reçu Greyssent, les bailleurs cédaient pour g années la jouissance du
privilège de la verrerie, obtenue en 1735,
et s'engageaient à fournir, des mines
de la Roche et de Mègecoste, le charbon
nécessaire à la verrerie. Les premiers,
de leur côté, s'engageaient à payer
1.400 livres par an, pour le bail du
privilège, et à ne consommer, dans la
manufacture, aucun autre charbon que
celui de la Roche ou de Mègecoste,
à leur choix, au prix de 10 fr. la voie
pour le premier et de 6 fr. la voie pour
le second.
La fabrication commença dès le mois
de juillet, sous la direction de Jean
Picton, auquel succéda, en septembre,
Claude de la Salle. Elle paraît avoir atteint une certaine intensité, si, à défaut
d'autres renseignements, nous en jugeons par les quantités de charbon consommées. Nous relevons, en effet, dans
les comptes de la C!c des Mines, une
fourniture de 4i4 voies, 10 razes (620
tonnes environ), pour l'année 1751, et
de A79 voies, 17 razes 1/2 (720 tonnes
environ), pour l'année 1752.
Cette deuxième tentative n'eut pas
plus de succès que la précédente. L'une
et l'autre n'avaient pu surmonter les
difficultés devant lesquelles les plaçaient
les conditions trop rigoureuses que leur
créait la C"' propriétaire du privilège,
tant en ce qui concerne le prix du bail
exigé que celui des charbons fournis.
L'incapacité du personnel dirigeant, l'incompétence des chefs de fabrication, la
mésentente entre les membres de la Cie
venant s'ajouter à cela, toutes les conditions semblaient réunies pour amener
la chute de l'entreprise, à brève échéance.
(2) P.-de-D., A. C. Liasse 575, Mémoire de M. Jouzencie, subdélégué à
Lempdes.

En fait, dans le mois de mars i7'53,
les ouvriers furent congédiés et l'industrie du verre quittait le territoire de
Brassac pour n'y plus revenir.
Elle devait, cependant, renaître ultérieurement, et, pour les mêmes raisons,
au cours du xixc siècle, en d'autres
points du bassin, soit pour y avoir mie
durée éphémère comme à La Combelle, soit pour y prospérer, comme à
Grigues, dont l'activité ne prit fin qu'à
la suite d'une crue désastreuse de l'Allier, dans la 2e moitié du xixe siècle,
ou à Mègecoste, qui devenue propriété
de la C!e de Vichy, maintint son activité
jusqu'à la fin de l'année ig3i (1).
E. PESSEMESSE.
(1) Pour plus de détails, voir J. Béai.
Verrerie royale de Brassac (Watel, Brioude,

igo3).
LES VERRERIES DE MEGECOSTE

UN GRAND POETE D'AUVERGNE :
C. GANDILHON
GENS-D'ARMES

C'est dans leur pays qu'il faut lire
les poètes régionalistes. Or, celui du
Cantalien C.Gandilhon Gens-d'Armes est
son grand amour ; et l'on peut dire
.que toute l'Auvergne vient de recevoir
en la personne du plus fervent des Auvergnats le grand Prix Fabien Artigue
de 10.000 fr., décerné par l'Académie
de Toulouse à ses Poèmes Arvernes
(Editions de l'U. S. H. A., Aurillac).
Un beau scrupule, presque une coquetterie d'artiste, lui fit attendre la
cinquantaine pour en publier la première
série : Fresques et Médaillons. La seconde, aujourd'hui récompensée, a pour
sous-titre : La Légende des Monts et
des Plaines. Des Monts : les Volcans
apaisés, les puys que le poète, nous ramenant, non sans vertige, jusqu'aux premiers âges, évoque en d'ballucinants et
grandioses tableaux. Il se penche ensuite
vers les Lacs en exil dont chacun possède sa beauté propre et son caractère.
Et voici que la créature « au front
pensif » surgit au fond des Temps primitifs. Elle deviendra, peu à peu, YHomo
sapiens, le Vainqueur par l'esprit. Gandilhon Gens-d'Armes le suit à travers les
Temps gaulois, que domine la silhout-tte
de Vercingélorix, et à travers les Temps
féodaux, hérissés de manoirs colossaux
sur leur haut piédestal de roc : Murols,
Murât, Chazeron, etc. Le moyen âge,
nous assure-t-il, fut le temps le plus
heureux et le plus beau.
Le Passé dans le présent. L'épique
dans le familier : cette partie du livre

est celle où s'affirme le mieux la personnalité de l'auteur qui possède, au
plus haut degré, le sens de la continuité;
de la race. Partout, pieusement, dans
les êtres et les choses, il cherche l'immuable empreinte et s'efforce de dégager
l'éternel de l'éphémère. Dans le pâtre
« au farouche visage », luttant contre
ses bêtes, il revoit l'antique habitant
des cavernes, et les montagnards enivrés
par la bourrée lui rappellent « ces Celtes qui dansaient, les soirs d'heureux
combats ».

Quelle vigueur d'accent et quelle couleur, parfois d'un violent réalisme, caractérisent les sonnets de Gandilhon
Gens-d'Armes, dignes de son grand aîné
José-Maria de Hérédia !
L'Enterrement dans la neige, lui, est
un morceau d'une magnifique ampleur.
Nous nous sentons pris aux entrailles
par cette évocation de la plus poignante
angoisse humaine. Le poète, ensuite,
nous désigne d'un geste apaisant l'humble croix de pierre solidement plantée
par un de ses aïeux au pied du puy
Mary :
Je te salue, ô majesté de ce qui dure.
Ces rudes et opiniâtres Auvergnats,
fidèles mainteneurs des traditions, comptèrent toujours parmi les plus vaillants
défenseurs de la patrie, Gaule ou France. A Verdun, l'ombre du casque ailé
de Vercingétorix harangua ses descendants :
Je hante la mémoire et l'âme des soldats...
Accepte d'un cœur dur la pioche et les
[tranchées.
Avec celles du chef arverne Critognat
et Lafayette, grand serviteur de la liberté, n'a-t-elle pas guidé les combattants durant la dernière guerre, aux
côtés du maréchal Fayolle, Auvergnat,
lui aussi ?
L'homme de bronze de la Place de

FÊTES

FÉLIBRÉENNES

DE

BRASSAC — DIMANCHE

GRANDE
Vw&gt;1

itmtiK

Phot. IL Gilbert.

27

AOUT

FÉLIBRÉE

il iiiiMiHMiiiiiiiiiiii&gt;iiiiiiiiiiiiiiiiitiiHtiiniiii •••nu

niiiiitiiiiiiitriiiiiiiiiimiiiiiiiiii iiiniiiiiiniHfiiiiiiiiiiiunfìiiitiiitiiituiiJiiiitmiHi

Avec le concours des Félibres de la MAINTENANCE D'AUVERGNE
et de LA HAUTE

AUVERGNE

ARTISTIQUE d'Aurillac

Présidence de M. Louis DELHOSTAL, Félibre majorai.

( PROGRAMME
DEUXIÈME PARTIE

PREMIÈRE PARTIE
1. Airs du terroir, MM. Morzières, viel-

liste, el Balle, cabretaire.
2. Bibo l'Oubernho ! chœur de

2. L'Aze pelh covert, conte dit par l'au-

Louis

Debrons.
3. Lo Crouzado, danse auvergnate.
4. La Trionda, conte dit par l'auteur,
Mme Abraham.
5.

Dans le sentier,

1. Lo Grondo, chœur (folklore).

chant de L. Delhostal.

6. M. Pierre Mamet, félibre, dira un de
ses contes.

teur M. H. Gilbert.
3. Montagnarde (air de violon), M. J.
Pitacco, directeur de F « Orphéon
du Velay ».
■4. Le poète Alfred Prody dans ses œuvres.
5. Quadrette-bourrée, danse auvergnate.

7. Lou Chibourlé, danse auvergnate.

6. Mlle Blanche Roziès dans ses œuvres.

8. M. B. Vidal, félibre majorai.

7. La coiffe de ma mie (folklore).

9. Le félibre-compositeur L. Debrons,
dans ses œuvres.

8. M. le Dr A. Delanef, félibre, dira une
de ses fables.

10. L'Auvergne est ma patrie, chant de

F. Delzangles, par Mlle Madeleine
Viards.
11. Suite de

bourrées chantées, chœur

(folklore).

9. Mme S. André, dans son répertoire.
10. EEscloupeto, danse auvergnate.
11. M. A. Blanchet, Mestre d'Obra.
12. Que soui fier d'estre Oubernhal! chant

12. Brelle-bourreo, danse auvergnate."

final de L. Debrons.

ENTR'ACTE

Chœurs harmonisés et dirigés par Louis DEBRONS
Piano d'accompagnement tenu par M. le Professeur Jules ROC, agrégé de 1'Université.

POUR SÉJOURNER A BRASSAC
Parmi nos amis qui se rendront à Brassac, afin d'assister aux Fêtes, il en est qui
ne voudront pas s'en retourner le même jour.
Afin de leur éviter le souci de chercher une chambre, nous avons prié notre aimable abonné M. Beynard, Hôtel (prés de la gare), de centraliser les demandes; il
suffira donc de s'adresser à lui, en se réclamant de la Maintenance d'Auvergne ou de
L'Alauza d'Auvernha.

La situation de Brassac, au bord de l'Allier et au pied de collines boisées, en fait un
lieu de repos fort agréable que nous saurions trop recommander aux touristes.
LES LIVRES DES FÉLIBRES
Toutes les personnes qui s'intéressent au régionalisme voudront certainement
se procurer à Brassac, les livres des Félibres. Ils les trouveront à la librairie Rapp.

Jaudc, encore, salua du haut de son
cheval le retour des soldats du i3° corps
Gloire à vous ! Gloire à toi, ma race
[montagnarde !
Parce qu'il aime son Auvergne et
notre France, Gandilhon Gens-d'Armes,
poète au souffle puissant et artiste dont
les vers sont d'un métal fier et solide
qui ne craint point l'usure, termine son
épopée par le plus sage des avertissements adressé au laboureur... et à nous
tous :
Si tu veux rester maitre au terroir des
[aïeux,

Et chanter, paysan, et peiner sans alarmes,
Songe qu'à la charrue il faut l'appui des
[armes.
Marie-Louise VIGNON.

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�L'ALAUZA D'AUVERNHA

4

FELIBRIGE
GRANDS JEUX
FLORAUX SEPTENNAUX
DE 1934
Le concours est ouvert entre tous les
écrivains de langue d'oc. Tous les dialectes sont admis, mais l'orthographe
admise, clans chaque région, par les
maîtres de la langue, est de rigueur.
Tous les sujets, tous les genres peuvent être présentés dans chacune des
deux sections :
i° Prose : Conte, galéjade, roman,
histoire, science, théâtre, etc.'
2° Poésie : Ode, chanson, poème, recueil, théâtre, etc.
Les œuvres publiées depuis moins de
sept ans, c'est-à-dire depuis les Grands
Jeux Floraux de 1927, et les œuvres inédites concourront dans les mêmes conditions.
Le Jury, composé des majoraux Palay, Azéma, Vidal, Fontan, Fournier,
Loubet, Benoit, décernera
UN

PREMIER

TROIS SECONDS PRIX,

l!N

PRIX
TROISIEME PRIX

et autant de mentions qu'il en faudra
pour récompenser tous les mérites : il
y aura, en nombre suffisant, fleurs, objets, médailles d'argent, livres, etc.
Le gagnant de la première récompense, pour la poésie, s'il est félibre
mainteneur, recevra, en plus de la récompense prévue, la somme de 5oo fr.
accordée par Mme Marie Frédéric-Mistral. Cet argent devra servir à l'impression de l'œuvre couronnée, ou bien, si
elle est déjà imprimée, à sa diffusion
dans les bibliothèques médiévales.
De plus, Mme F. Mistral accorde
5oo fr. au Jury pour lui permettre d'offrir de belles éditions du Maître aux
lauréats, dans chaque section.
Il sera délivré à tous les auteurs primés un beau diplôme au nom du Félibrige.
Les diverses récompenses seront réparties comme suit :
i°

PROSE.

Pour une œuvre écrite expressément
pour le concours (sujet libre), ou pour
un ensemble d'œuvr es inédites ou publiées depuis les Grands Jeux Floraux
de 1927 :
Première récompense : le premier
prix, lo « Trésor dou Félibrige » (F.
Mistral) ;
Deuxième récompense : un second
prix, rose d'or ;
Autres récompenses : mention, médaille d'argent, etc.
Le lauréat, gagnant de la première
récompense de Prose — premier prix —
sera, en session solennelle (art. 116 des
Statuts), proclamé Mestre en Gai Saber;
il choisira librement la reine de la fête,
qui prendra, pour sept ans, le titre de
Reine du Félibrige.
PÉDAGOGIE.

Pour une méthode d'enseignement de
la langue d'oc à l'école primaire :
Première récompense : un second
prix, le « Trésor du Félibrige ».
20

POÉSIE.

Pour une œuvre écrite expressément
pour le concours (sujet libre), ou pour
une œuvre ou un ensemble d'œuvres
inédites publiées depuis les Grands Jeux
Floraux de 1927 :
Première récompense : un second
prix, le « Trésor dou Félibrige » ;
Seconde récompense : un troisième
prix, giroflée d'argent ;
Autres récompenses : mention, médaille d'argent, etc.
Les seconds prix de chaque section
donneront droit au titre de Mestre en
Gai Saber, comme il est prévu aux
art. 125 et 126 des statuts félibréens.

Les œuvres — en double exemplaire,
si elles sont inédites ; en triple exemplaire, si elles sont imprimées —, devront être envoyées, directement par
leurs auteurs, avant le premier janvier
i93h, au Baile du Félibrige, à Vai.son (Vaucluse).

ANCIENS TEXTES

AB JOI QUE M DEMORA
Sonet.
Ab joi que me demora,
Vuelh un sonet faire,
Quar be m vai a hora
De toi mon afairc ;
Fin' amors m'onora
Si, qu'ai mieu veiaire,
Ja tan rix no fora,
Si fos emperaire ;
Qu'el coratge n'ai
Gauzion e guai ;
Pero non a guaire
Qu'era mortz d'esmai.
Plus es amors bona
Qu'eu no sai retraire,
Qui la mal razona
Non es fin amaire ;
Tan gen guiardona,
Si be s fai maltraire,
Qui a leis s'abandona
N'ill es merceiaire ;
Cum qu'ieu estey sai.
Mos coratge lai
Es el dous repaire
On la belh' estai.
■ Sieus sui qu'ilh me mena
E fai cortesia,
Qu'ab suau cadena
Mi destrenh e m lia ;
Mos mal no s refréna,
Quar gueritz seria,
S'ab tan doussa pena
Per mi dons muria :
Ja no m'en partrai,
A ma vida mai ;
S'ieu totz temps vivia,
Totz temps l'amarai.
Francha res corteza,
Belh a, douss' amia,
Al vos m'a meza
À mors tota via ;
Grans joia m'es presa
D'aital senhoria,
Qu'ieu sui, si no us peza,
Vostres on que sia ;
Ja res no us querrai,
Ans vos servirai ;
E, si no us plazia,
Ja plus no us dirai.
S'ieu, per alegransa,
Sai cantar ni rire
D'un joy que m'enansa
Dont ieu sui jauzire,
Domna, ja duptansa
Non aiatz del dire,
Qu'ieu fassa semblansa
Que de vos cossire ;
Ben e gen mi sai
Cubrir, quan s'eschai ;
S'ieu mos huelhs vos vire,
Tost los en retrai...
Chansonçta, vai
Dreg a mi dons lai,
E potz li m ben dire
Qu'en breu la veirai (1).
HUGIES DE PEYROLS

(xiie-xine siècles),

lié au château de Peyrols, près de Rochefort-Montagne, l'un des commensaux du
Dauphin d'Auvergne, à la Cour de Vodable (V. note biographique, « Alauza
d'Auvernha », août-septembre 1929).

TRADUCTION FRANÇAISE
Par la joie qui me demeure, — je
veux faire un sonnet, — car il en va
bien, à cette heure, — de tout ce qui
m'est cher. — Le tendre amour m'honore — tellement, qu'à mon sens — je
ne serais jamais aussi riche — si j'étais
empereur ; — aussi, j'en ai le cœur
— tout heureux et gai ; — pourtant,
il n'y a guère — qu'il était mort d'émoi.
Amour a plus de bonté — que je ne
saurais dire, — et qui mal en parle —
n'aime pas vraiment. — Si gracieusement il guerdonne, — bien qu'il fasse,
parfois, souffrir, — celui qui, à lui,
s'abandonne, — et lui demande merci !
— Bien que je demeure ici, — mon
cœur est là-bas, — au doux séjour — où
la belle se trouve.
(1) Raynouard, tome V, p. a85 (texte
sans traduction).

Sien je suis, car elle me mène — ét
(me) fait courtoisie, — et, avec une
douce chaîne, — elle me serre et me
lie ; — mon mal point ne se refrène,
— car guéri il serait, — si, par tant
douce peine, — pour ma dame je mourais : — jamais je ne m'en séparerai,
— jusqu'à la fin de ma vie : — si toujours je vivais, — toujours je l'aimerais.
0 ma chose, franche et courtoise,
— belle, douce, amie, — au cœur vous
m'avez mis — Amour, malgré tout ;
— grande joie m'est venue — d'une
telle seigneurie ; — c'est pourquoi, je
suis, si cela ne vous fait point déplaisir,
— à vos ordres en tout lieu. — Jamais
rien ne vous demanderai, — mais vous
servirai ; — et, si cela vous déplaisait,
— jamais plus je ne vous le dirais.
Si, en mon allégresse, — je sais chanter et rire, — plein d'une joie qui
m'excite — et qui me rend heureux,
— dame, sans crainte, — osez-le dire,
si vous croyez — que je fasse semblant
— de soupirer pour vous ; — de bon
gré et convenablement je sais — me retirer, à l'occasion : —■ si, vers vous,
mes yeux je vire, — tôt je les en retire...
Chansonnette, va — droit à ma dame,
là-bas, — et tu peux lui dire, de ma
part, — qu'en bref je la verrai.
Traduction française de Henri

GILBERT.

Au MUSÉE de CLERMONT-FERRAND

Le SALON d'AUVERGNE 1933
Le deuxième Salon d'Auvergne. Le
premier, celui de l'année dernière, dont
je vous ai entretenus, ici-même, eut un
succès qui dépassa de beaucoup un simple attrait de curiosité : en effet, nos
peintres y « réalisèrent » de nombreuses toiles, ce qui n'est point, pour eux,;
chose négligeable.
"En un mot, la formule de ce Salon
parut bonne aux organisateurs, puisque
MM. Maurice Busset et Auguste Audollent ont récidivé avec une belle assurance.
Tout d'abord, deux petites considérations. Les jugements ci-après sont également l'œuvre des deux signataires de
cette étude. Qu'on permette au premier
de remercier le second de ses avis pénétrants, vifs et si près de la vérité.
Ensuite, deux mots sur l'ordre suivi.
Les caisses municipales ont été trop
pauvres pour jaire établir une catalogue. Aussi, nous suivrons l'ordre de notre promenade à travers les salles sans
aucune idée de priorité, même... alphabétique.
**

M. Charles Jaffeux expose des huiles
bienvenues, parmi lesquelles je citerai
les « Deux Pigeons ». « La Branche
de pin en pot » est aussi d'une facture
admirable. L'artiste apporte également
un élément de plus à l'iconographie de
Clermont avec une toile de « Clermont
vu des Bughes ».
M. François Baron nous séduit par
des pastels qui sont de petites merveilles... Des fleurs, des chemins sous bois
et ses « Pommiers en fleurs à Perrier »
sont pleins d'une vie exubérante. Qu'il
me soit permis, ici, de rendre hommage à une toile qui est d'une perfection achevée : je fais allusion à son
portrait de M. Roux, un des vieux maîtres de l'enseignement clermontois que
tous ses élèves ont pleuré l'an dernier.
M. Raoul Mabru expose une miniature
de « Bergère », en bois. Mais est-il
besoin de souligner le talent de celui
dont le « Monument aux Morts de
Royat » est admiré aux quatre coins du
monde ?
Me voici amené à parler de l'œuvre
de M. Robert Chaillet, un jeune artiste
du plus grand avenir, et, ce qui ne gâte
rien, du plus agréable commerce. Cette
année, l'artiste a surpris critiques et
peintures ; il s'est littéralement renouvelé : il nous offre des aquarelles d'une
clarté éblouissante et d'une technique
hardie.
La « Vieille » et « Jean-Pierre le
tueur de loups », de M. Pierre Favier,
sont des portraits d'une, intensité vitale
extraordinaire : nous savons, d'ailleurs,
que l'artiste, qui excelle à peindre les
types du Velay, a pris ses modèles dans
son pays de Roche-en-Régnier.
M. Alfred Lavergne nous offre de
belles toiles sur les « Moissons » et le
« Labour ». On sent qu'il a vécu son
sujet.

INTÉRIEUR DE POTIER AUVERGNAT
François Baron.

M. Jean Camus nous fait encore admirer ses remarquables nus de femmes.
Mais se lasse-t-on d'admirer ses sanguines et ses sculptures ? Et que î'artiste
trouve, ici, nos condoléances émues pour
les deuils cruels qui viennent de l'accabler. L'Art est une grande famille, et
les peines des uns ne sont pas insensibles
aux autres.
M. Emile Rollier est, lui aussi, un
artiste des plus sympathiques. Et son
œuvre est à son image. L'illustration
qu'il a donnée au « Pays d'Artense »
á classé M. Rollier. Sa peinture est également d'une belle technique. Particulièrement remarqués de beaux paysages de neige aux reflets d'un bleuté'
agréable de l'Artense natale avec ses
vieux troncs et ses croix des chemins.
Mme Demai a mis beaucoup de couleurs, de goût et de vérité dans ses
« Fleurs » et sa « Chapelle villageoise ».
M. Mirguet a toujours la même manière qui séduit l'œil : toiles lumineuses, claires, tons vifs. Il y a, dans;
sa * Cathédrale », quelque chose d'irréel, bien propre à évoquer toute la mystique du lieu.
Vrai fils de ses œuvres, autodidacte
au talent sûr, M. Chalut nous offre,
cette année, une « Vieille église de village entourée du cimetière » qu'il a,
sans doute, rencontrée aux environs do
Lezoux, et dont il a fait revivre toute
l'odeur traditionnelle. C'est sobre et ferme.
M. André Jaffeux présente des aquarelles très nature, des paysages aux neiges éternelles, aux eaux transparentes,
et son « Tournoèl » est d'une belle facture.
M. Blanc a fixé, au crayon, de pittoresques scènes marocaines, et ses aquarelles sont toujours d'une fine transparence : « Tournoël » encore, le « Lac
d'Aydat ». Nous avons aussi remarqué
une plume très réussie : « Fez ».
Des ciels variés, une impression d'intense réalisme, telles sont les qualités
principales, jointes à beaucoup d'autres,
des aquarelles de M. Garmy (« La Meuse à Mézières », « Pommiers en fleurs
à Durtol »).
M. Rossi cultive, surtout, la perspective. Ses huiles sont sobres et saisissantes.
Le « Centenaire » (un bel arbre) de
M. Basilaire et des « Coins de Royat »
continuent à mettre en relief le délicat
talent de cet artiste.
Si le Cantal est absent de ce Salon, on
est agréablement surpris d'y trouver une
contribution lyonnaise d'une grande variété. Admirés : le « Guignol » de
M. Charles Martin et das toiles agréables
de M. F. Roudet, L. Chapuy, F. Ponnat.
M. Pérouse nous fait, de nouveau, voir
de nombreux paysages qui ont recueilli
des lauriers mérités à Paris ou ailleurs.
Mme Dodel, peintre des fleurs et des
vieux cloîtres, déploie, encore une fois,
toutes les richesses de sa palette. Son
« Coin de terre » est très beau.
M. Cormier expose une belle sculpture : le « Faune et la Nymphe ».
Les sépias de L. Vigneron et ses dessins font revivre la vie ardente de l'ouvrier.
M. Gabriel Moiselet, dont tous les
félibres connaissent le portrait de Henri

Dessin de l'auteur.

Gilbert, nous donne des paysages campagnards traités en « mosaïque ». L'effet en est admirable. Nous n'oublions
pas que cet artiste est en passe de devenir un maître.
M. Chopard expose de nouveau ses
dessins à la technique magdaléenne. Ses
« Oiseaux d'Amérique » sont quelque
chose de très original.
Enfin, M. Maurice Busset. Tout d'abord, il faut signaler le coin de « Gergovie ». Ce n'est pas de la peinture,
mais c'est de la justification. Nous
avions entendu prétendre que jamais les
Côtes n'avaient été photographiées en
avion, et nous avons eu sous les yeux
une vue aérienne prise par M. Gendre,
sur avion de l'Aé. C. A.
Malgré la place que M. Busset a tenue, ce printemps et cet été, dans l'actualité mondiale, il a eu encore le temps
de peindre ! Il expose un nouveau « Pariou » avec des vaches, de la gentiane,
et beaucoup de poésie. Et l'on admire
encore sa belle toile « Orcival, le jour
de Noël » (messe de minuit).
Tel est ce Salon, dans ses grandes lignes. L'impression qui reste, vivace, est
celle d'une grande famille, aux enfants
bien différents de tempérament, de caractère, mais qui ont tous à cœur la
plus grande gloire de leur belle et profonde Auvergne.
Joseph BÉRARD et Robert DELONGVERT.

UNE ENQUÊTE
SUR LA LITTÉRATURE
RÉGIONALISTE
Notre confrère, J. Georges-Julien, qui
mène le bon combat pour le régionalisme dans divers journaux, et, notamment, dans « Le Bourbonnais Républicain » et dans « La Tribune », ouvre
une enquête sur la littérature régionaliste.
Voici le questionnaire qu'il adresse à
tous les écrivains qui se réclament clu
régionalisme :
i° Croyez-vous que la vogue du Régionalisme, qui s'affirme actuellement,
soit durable ?
20 Redonnera-t-eUe confiance aux littérateurs regionalistes et contribuera-telle à les rendre indépendants vis-à-vis
de la critique dite parisienne, en leur
créant un public provincial averti et
fidèle ? Mais ce public ne sera-t-il pas
forcément restreint du fait que l'auteur
sera apprécié seulement dans le pays
dont il parle ?
3" Croyez-vous que, si ce genre réussit à s'implanter, la décentralisation sera
faite, et que Paris cessera de donner le
ton ? »
Nos amis voudront-ils, nonobstant la
chaleur, entreprendre ce petit travail ?
Adresser les réponses à M. J. Georges-Julien, à Bellenaves (Allier).

LES RESTES DE RONSARD
En présence du chapelain de SaintMartin et des membres de la Société
archéologique de Touraine, les restes de
Ronsard, découverts récemment sous les
ruines du prieuré de Saint-Côme, ont été
déposés, le i3 juillet, dans la crypte de
la basilique Saint-Martin de Tours.
Le squelette et le crâne du poète
avaient pu être entièrement reconstitués
par le docteur Ranjard.

�L'ALAUZA D'AUVERNHA

SUR UN PALAIS D'AVIGNON
Pèlerin de Mistral qui cherches sa maison,
Sache quels souvenirs ce noble toit recouvre !
Vois s'attester aux murs où parle son blason
La force qui se noue aux branchages du rouvre.
Ses
Un
Et
Tes

maîtres ont bâti, grave et de fier accueil,
palais de Toscane aux rives de Provence,
nous y respirons, en franchissant le seuil,
roses, Avignon, et ton lys, ô Florence !
Pierre

(Le

Correspondant,

avril

DE NOLIIAC.

IQ3O).

JARDINS
Mes paradis perdus sont ces jardins d'enfance
Où nous avions, gardés de joncs et de cailloux,
Afin qu'à notre droit nul n'osât faire offense,
Nos deux petits jardins bien à nous... rien qu'à nous !
Mes édens — quel Archange en a f ermé
Sont ces frustes enclos, d'un charme non
Où, tels dimanches, deux claires petites
Se gavaient de fruits mûrs confits dans

les grilles ? —
pareil,
filles
du soleil.

Des cors de chasse, au soir tombé, sonnaient : Tontaine !
Tonton ! Va parcourir montagnes et vallons...
Alors, nous descendions à la verte fontaine ;
La mousse mollissait, au bord, sous nos talons.
Cueillir les fleurs, nos fleurs, c'eût été sacrilège ;
Mais, quand, sur le rosier qu'un ciel dur fit pâmer,
Pleut le jet infléchi dont l'arrosoir s'allège,
La rose nous regarde et semble nous aimer.
Mes paradis sont ces jardins... ou mes royaumes.
L'un, de route à coteau dressant son frais gradin,
Sur papier timbré même avait ce nom : Les Baumes.
— Est-il un nom plus beau pour un plus beau jardin ?
Amélie

MURÂT.

MON BIOULOUN
Que de cops mon bioulon a secat la gromella
Qu'en rajar de mes uelhs n'ere tot embornhat.
Tan leu que lo prendia, sa boes encantarella
Donaba del volan a mon cuer d'Aubernhat.
Que de cops mon bioulon a calmada ma pena,
Dins les jorns maluros amassa abem plorar
Quant, d'un rai de bonhur ai aguda l'estrena,
EL pecaire, atabe n'era cambabirat.
Que de cops mon bioulon, dins las felibrejadas,
A Paris (i), quitamen, a saugut combenir ;
Las aurilhas abion pas biais d'estre ennojadas
D'auzir les ers patais que fazia retunir.
! l'aime, mon bioulon ! Es un tros de ma bida !
Tre pla pitionel, abia les detons prims,
Qu'en mon ama sentia passar l'estremezida,
En ressegar las cordas amb la meca de crins !
0

Louis

DEBRONS.

cents noms de plantes et en outre, pour
la plupart, des notices à, la fois originales
et complètes.
■ A côté du nom latin et du nom patois
— région de Thiézac à Monlsalvy —on
trouve, pour chaque plante étudiée, le
nom français, les caractères, propriétés,
usages et notamment les emplois faits
par la médecine populaire. Il y a là des
détails vraiment curieux, une thérapeutique rurale basée sur l'expérience des siècles et par suite souvent rationnelle et efficace.
Ces détails nous font pénétrer au cœur
de la vie campagnarde de nos régions et
nous initient à cette médecine par les simples qui, fort souvent, a bien sa raison
d'être surtout lorsqu'il s'agit de cas bénins : malaises peu graves, indispositions
qui ne mettent pas la vie en danger heureusement, mais qui parfois font bien
souffrir. Une tisane, une infusion, une
préparation quelconque obtenues à l'aide
de plantes procurent très souvent un soulagement, une amélioration sérieuse, et
c'est là l'essentiel.
On trouve à ce sujet, présentés dans le
langage de nos pères, des renseignements
vraiment précieux qu'on revoit toujours
avec plaisir et qu'on est heureux de voir
présentés d'une manière aussi neuve et
aussi précise.
Le grand mérite du travail de M. Delhostal est d'unir les connaissances scientifiques au savoir populaire. Beaucoup de
gens connaissent les plantes sans en savoir le nom ou ne savent que le nom patois ; d'autres ne connaissent que le nom
français sans bien distinguer la plante.
En donnant en même temps le nom patois et le nom français avec les propriétés
et les usages, le savoir se précise et se
fixe. Tous les éléments se trouvent liés,
On a des notions exactes et définitives.
Le Glossaire de M. Delhostal est un essai qui vaut un coup de maître. Ce travail, excellent à tous les points de vue, ne
mérite que des éloges. Il peut rendre de
grands services au personnel des écoles
rurales, à propos des classes-promenades
ou des leçons de botanique.
Au cours d'excursions dans les champs,
les prés ou les bois, on rencontre une
foule de plantes pas toujours faciles à déterminer. Les grands élèves savent les
noms patois ; le maître n'est pas toujours
très sûr du nom françai«. Avec l'Essai de
M. Delhoslal, on est vite fixé ; toute hésitation cesse surtout après que la connaissance des propriétés et des usages a permis d'identifier la plante ou la fleur d une
manière décisive.
Je suis heureux d'adresser mes félicitalions les plus'vives à Fauteur de Itescouoto, Los Piados et Beluguelas ; je souhaite que son nouvel ouvrage soit vite
épuisé comme ses devanciers afin qu'une
nouvelle édition, peut-être plus copieuse
encore, comme semble le laisser espérer
l'auteur lui-même, puisse pénétrer dans
toute les bibliothèques rurales.
En attendant, le recueil que nous avons
a un mérite indiscutableque M. Gandilhon
Gens-d'Armes a souligné avec raison dans
L'Auvergnat de Paris, du 10 juin 1933:
« C'est, dit-il, le glossaire le plus riche que
«nous ayons pour les noms de plantes
« d'Auvergne. »
H. GERMOUTY.

(I) Le a5 novembre 1923, à la salle des Fêtes de la Mairie du xme arrond. ; le
11 mai ig3o, au grand Amphithéâtre de la Sorbonne.

LA TRIONDA
MOTS D'AMOUR
Les mots que l'on
Portent à l'Infini
Leur fugitif envol
Mais il n'engendre

(Parler de la région d'Issoire).
Lo grant Cadet, lo valet de ves Rossat,
quez era anat passar Chalenda chas se,
enfonset son chapel sobre sa testa, botet'sas mans dins sas pochais et sortes
guet de l'hostau :
« Anem, adiussias, totes, tornarai per
la prima ; mas me chau n'anar, la
nueit davala tost, et .me chau estravarsar lo bos « Dadot »...

se dit la bouche sur la bouche
leur langage secret ;
fait naître le regret,
pas d'amertume farouche.

Les mots que l'on murmure, à travers les baisers,
« Long chapelet bénit qu'on égrène dans l'ombre »,
Font monter vers le Ciel des prières sans nombre
Qu'émaillent de soupirs les couples enlacés.

Les mots que l'on étouffe, au milieu des sanglots,
Ne sont, pour notre orgueil, qu'une plainte assourdie ;
Ils refusent l'aumône à la voix qui mendie
Et se meurent, en nous, sans avoir eu d'échos.

UN ESSAI DE GLOSSAIRE
BOTANIQUE AUVERGNAT
M. Louis Delhoslal, majoraldu félibrige,
a donné récemment dans la grande revue
Oc, organe de la renaissance des pays
d'Oc, une très intéressante étude intitulée Ensag de glossari botànic auvernhat (1).
(i) Ensag de glossari bolanic auvernhat. Plaquette in-8* de 15 pages à deux colonnes. Carcassonne. Les imprimeries Gabelle 1933. Prix 3 fr.

(Cliché Breuly).

Trionda que luzissia darrer son fenestron.
Lo Cadet taquet per la pórta, et,
quant la velha lhi aguet badat, un gavel
que se cramava dins la chamineia achabet de lhi bailar de corage.
« — Bon ser, Trionda, me laissarias
pas me cbaufar un pauc ? Sei gealat ! »
La velha poentet lo morre : « Anem,
entra, si voles : laissarian pas un chin
fóra, embe aquel temps ! »
Et lo Cadet entret, et s'assetet ves lo
fióc.
Quant lhi aguet demorat un moment,
la Trionda, qu'avia enveja de s'anar
jaire, catet son fióc et marmotet dins
sas gonlhas. Mas lou drólle, qu'auzissia
l'ecir que piolava fóra, se pressava pas
per sortre...
« A ! A ! te voles pas en anar ! Espeita, espeita ! » faguet la velha. Et
tornet atubar lo fióc, pendelhet per lo
cromalh una marmita quez era pezanta,
et, pauc per pauc, lhi botet de poudra
blancha, de poudra negra, quaucas fuelhas séchas, et chantonet quican que
semblava une pregeira, en démenant lo
bolhon.
Lo Cadet l'espiava embe un petiot
tremblament de l'eschina et se demandava quanha diablaria se preparava devant se...
Quant la Trionda aguet bofat l'esclaire, et que lhi aguet mas la chamineia
per esclairar l'hostau, lo drólle tacava
de las dents de paor, mas aurias dit
quez era pegeat per la chadeira, sas
chambas l'aurion pas portat.
La velha l'espiava de quarteir ; alors,
embe sos dets negres, piquet quican
quez avia atapat embe la lossa, et se
botet de lo mangear, et chantava, chantava coma lo sonaire chanta, quant vai
entarrar quaucun : « Fau coeire aquelhs
que venon et aquelhs que s'en von,
aquelhs que tornon et aquelhs que s'en
tornon, et mange aquelhs que demoron ; fau coeire aquels que venon..'. »
Per lo cóp, los pióus dou drólle se
leveron sos son chapel, et quant la
Trionda tornet començar sa chanson,
badet la porta et se botet de corre tant
quez avia de chambas !... A ! legeava,
vos en responde... Et si la velha l'avia
mangeât, se que demorava !...
D'aquel temps, la Trionda so tenia
lo ventre de rire, fazia coeire de fa vas,
rogeas per son espartin dou lendeman,
et aco era acó qu'aquel fotraud de Cadet avia pres per une diablaria !
Mme A.

Les mots qu'on ne dit pas, et qui tentent les lèvres,
Font des silences d'or en nos cœurs enivrés ;
Ils s'inscrivent, émus, sur nos fronts empourprés
Qu'ils marquent de pâleurs pour expliquer leurs fièvres.

Blanche

FOIRE-EXPOSITION DE CLERMONT. - La Journée des Beaux-Arts.

ROZIÈS.

C'est à la fois une œuvre de science, de
linguistique et de folklore du plus haut intérêt.
M. Delhostal, héritier et successeur de
Vermenouze, était tout à fait qualifié pour
mener un tel travail à bien. 11 n'y a pas
manqué.
L'étude, intégralement en langue d'oc
(dialecte du Cantal), est remarquablement
solide et méthodique. Elle est fort copieuse. Ce petit vocabulaire de quinze pages compactes, renferme plus de cinq

Aco era ben un brave drólle, lo Cadet,
mas cra pas de los mais fins, ez era un
pauc cranhos, tan ben, et si fiuletava
une borreia, n'en marchava mas mais
viste.
Son grants, los bos « Dadots », et si
los lops hi fazon pus las viradas, la
Trionda s'es retirada dins lo molin desrochat que lhi ven de sos grants, et
quez es de raze lo rieu que estravarsa
lo bos.
Una tros de fenna, aquela velha, pas
un n'ama la trobar de ves nueit ; es
coquina, et dizon quez ama pas los
hómes...
Pas mais, lo Cadet se despechava ;
mas oorregas, quant l'ecir pegea Thiuvarn per vostre morre, et que vostres
esclops legeon totes dos per lo cóp !
Fazia ben só que podia, mas era enquera
dins los bós que vezia pus son chamin,
tant lo ciau era negre, et, ma fe, saguet;
content quant veguet resclaire de la

ABRAHAM.

La FOIRE-EXPOSITION de CLERMONT

LES BEAUX-ARTS
La 3° Foire-Exposition de Clermont et
du Massif Central a duré du 9 au 23 juillet. Ainsi que l'a dit excellemment M.
Emile Dousset, président de la Chambre
de Commerce, les manifestations économiques de ce genre facilitent les affaires en
niellant côte à côte producteurs et commerçants, petites et grandes industries.
Ainsi, pendant quinze jours, des mouvements d'affaires se sont établis dans le
cadre merveilleux de la Place des Salins.
L'inauguration officielle a eu lieu sous
la présidence de M. le DrK Marcombes,
ancien ministre, président du Comité
d'honneur de la Foire-Exposition, entouré
des parlementaires et des hautes autorités
régionales.

Chacune des i5 journées consacrées à
la Foire avait sa destination spéciale. On
y a fêté : le « bon pain », la Hautecouture et la Mode, le Commerce, la Danse, les Sapeurs-Pompiers, l'Agriculture, les
Beaux-Arts, l'Alimentation, la Motoculture, le Lait, les Vins d'Auvergne, les Colonies.
En somme, cette importante manifestation régionale a été un succès pour les
organisateurs, parmi lesquels nous devons
citer M. Chevalier, le distingué secrétaire
général.
Au cours de notre visite à travers les
stands, nous avons rencontré quelquesunes des maisons qui prennent part à nos
séances de publicité :
M. Léon Dumas, cuirs repoussés ; Mme
Lecercle, marqueterie ; M. Acassat (semences Mizoule) ;
M. Dudot (Maison
Vieillard, pâtes de fruits).
Mais revenons sur la journée des BeauxArts, organisée par la Société régionale
des Beaux-Arts du Massif Central. Cette
journée avait été fixée au 18 juillet. Elle
eut lieu dans la Salle des Fêtes de la
Foire. Toutes les notabilités littéraires et.
artistiques y avaient été invitées.
M. Dezandes, directeur de l'Ecole des
Beaux-Arts de Clermont, précisa en termes heureux le caractère de cette journée
et présenta les divers orateurs qui devaient
prendre la parole. Ces orateurs se succédèrent ensuite et intéressèrent vivement le
public : M. le Dr Canque railla le manque de goût dont font preuve trop de
gens ; le docteur Balme rappela le souvenir d'une famille d'artistes d'origine anglaise, les Onsloww ; notre sympathique
confrère, M. Cottier, rédacteur au « Moniteur », parla en érudit aimable de la
photographie dans la vie moderne ; M.
Maurice Vailet, rédacteur en chef de
« L'Avenir », analysa l'œuvre de Barrés
pour en dégager les idées sur l'art et les
artistes ; enfin, M. René Bonnefoy, rédacteur en chef du « Moniteur », parla
d'abondance sur un sujet qui lui est familier, car il est, lui-même, un peintre délicat. Il évoqua de beaux paysages d'Auvergne et parla de l'inspiration qu'y peuvent trouver les peintres.
M. Chevalier, commissaire général de la
Foire-Exposition, remercia les distingués
orateurs.
Les auditeurs défilèrent, ensuite, devant
les œuvres des artistes auvergnats. Ces artistes ayant déjà été appréciés dans le
compte-rendu de l'Exposition au Musée
de Clermont, nous nous contenterons de
mentionner leurs œuvres : M. F. Baron,
d'Issoire (pastels) ; M. Blanc, de Clermont (aquarelles et dessins) ; M. Armand
Brugnaud, de Moulins (peintures) ; M.
Chabridon (peintures) ; M. R. Chaillet
(aquarelles, peinture) ; M. Jean Chalut, de
Lezoux (peintures) ;
M.
Cheyron, de
Thiers (peintures, dessins) ; M. Clémensac, de Clermont (pastels) ; M. Claude
Combe, de Clermont (peintures, aquarelles) ; M. Coulon (sculpture) ; M. Roger
Coulon, Clermont (ferronnerie) ; M. G.
Desrut, Chamalières (peintures) ; M. E.
Dezandes, de Clermont (peintures) ; Mme
Dodel-Faure, La Sauvetat (peinlues) ; M.
Fontanel, de Vol vie (sculpture sur bois) ;
M. Charles Jaffeux, de Riom (peintures,
eaux-fortes) ; M. Paulet (eaux-fortes, dessins) ; M. Mario Pérouse, de Saint-AmantTallende (dessins, peintures) ; Mlle Queylard, de Saint-Saturnin (peintures) ; M.
Emile Rollier, de Clermont (peintures) ;
M. Sanitas, de Volvic (peintures, aquarelles) ; Mme Sanitas (peintures, aquarelles);
Mme Sauvagnat, de Clermont (peintures) ;
M. Paul Sauve, de Nevers (peintures) ;

�L'ALAUZA D'AUVERNHA
M. A. Thésonnier, de Clermont (peintures) ; .M. Véchard, de Clermont (peintures) .
Ces oeuvres, qui formaient un bel ensemble, font honneur à nos artistes. En
félicitant les organisateurs de la Foire
d'avoir consacré une journée aux BeauxArts, souhaitons que l'exposition de ig3A
nous permette d'admirer beaucoup d'oeuvres nouvelles.

REGIONALISME
« L'AUVERGNE A LILLE »
On sait qu'il y a partout des Auvergnats : il est donc superflu de dire qu'il
s'en trouve dans le Nord, et qu'ils y ont
formé une fort belle société. Cette société a pour président notre aimable
abonné M. Jean Cibié, un régionaliste
fervent.
Le 28 mai, « L'Auvergne à Lille »
donna une fête des plus réussies au
cours de laquelle fut interprété un petit
sketch composé, pour la circonstance,
par René Bergeaud, âgé de 12 ans, fils
de M. Bergeaud, secrétaire de l'Amicale.
Nous publions volontiers cette petite
composition en complimentant son jeune
auteur.

Fête du 28 mai 1933
De l'Auvergne à Lille
SKETCH

EN

I

ACTE

La scène est :

DE

BENÉ

BERGEADD

la scène de la salle

Après un discours que l'Auvergnat du
Nord fait, il dit qu'il va présenter l'Auvergnat vrai de vrai :
L'Auvergnat entre.
L'Auvergnat : il chante ; air : En parL·nt un peu de Paris.
Cher Monsieur, j'arrive aujourd'hui
Du Cantal, ce joli pays
Où le vert domine
Et où les usines
Ne rendent pas le ciel gris ;
Comm' je suis nouveau dans cette vUT,
Car je viens d'débarquer à LUI',
J'voudrais vous demander
D'conriaîtr' la Société ;
Cher Monsieur, j'arrive aujourd'hui
L'Auvergnat du Nord. — Ah!... vous
êtes du Cantal, et moi aussi : d'où êtesvous ?
L'Auvergnat. — Je suis de Saint-Flour.
L'Auvergnat du Nord. ■— Ah!... je
connais bien, je suis de Mauriac... que
se passe-t-il là-bas?...
Il chante ; air : Si l'on ne s'était pas
connu.

Il y a aussi beaucoup de sociétés, en
particulier les amis de Lille dont le président est universellement connu : M. Delepoulle...
L'Auvergnat. — Mais je voudrais bien
faire partie de cette belle Société où tout,
le monde est joyeux et qui représente notre petite patrie.
L'Auvergnat du Nord. — Pour vous
donner une idée de notre société, je vais
simplement vous nommer les gens du bureau :
11 chante ; air : Les gars de la Marine...
Voilà l'bureau de notre amicale :
M. Roux, fondateur-président ;
M. Cibié, l'homme éminent ;
R'marquez aussi dans cette salle
M. Altriq et M. Fraignac, vice-présidents ;
M. Gaillard, notre trésorier ;
Les secrétaires : Bergeaud et Moulier.
Voilà l'bureau de notre amicale
Qui r'présente fièrement
Dans Tnord nos sept départements.
L'Auvergnat. — C'est bien des noms
auvergnate : il y en a sûrement de SaintFlour.
L'Auvergnat du Nord. — Oh!... je
comprends... Vous tombez à pic... nous
sommes aujourd'hui en pleine fête champêtre qui, comme vous le voyez est 1res
réussie... Il y aura un jeu de quilles
où je vous convie à aller... vous vous
y amuserez bien...
L'Auvergnat. — Eh!... bien... j'y vais
tout de suite, mais, avant, je voudrais
chanter à mes compatriotes toute ma joie
d'être admis dans une société aussi belle
que la vôtre.
IÌ chante ; air : Histoire de voir.
Mesdames et Messieurs,
Avant de partir, je veux
Vous dire mon émoi
Et toute ma joie
En arrivant ici,
Dans ce lointain pays,
J'pensais voir qu'des flamants ;
Mais c'est autrement...
Ici, il y a „
Encore des Auvergnats :
En France, on ne trouve que ça,
Des gars d'St.-Flour
Et de Bocamadour ;
Je vous assure qu'il y en a
A Paris, à Bordeaux, à Lille
Et aussi dans les autres villes ;
Ça c'est réglé,
Il y a une société
Où règne toujours la gaieté.
C'matin en débarquant
Dinon compartiment,
Devinez c'que j'entends...
J'entends du patois,
J'entre dans un café,
Mais voilà qu'à côté
L'pick-up s'met à jouer
Un air Auvergnat...
Au refrain.

Comm' du pays vous êtes venu
Donnez-nous donc de ses nouvelles,
Car, pour nous, tout est inconnu
De l'Auvergne notre patrie si belle.
Avez-vous, là-bas, du beau temps?
Pleut-il, comme ici, constamment?
Les troupeaux ont-ils estivé ?
L'fromage s'ra-t-il bon cette année,
Car, malgré l'Auvergnat d'Paris,
On n'sait pas c'qui s'passe dans l'pays?...
L'Auvergnat. — Dites-moi, d'abord, ce
qui se passe à Lille et dans le Nord, car
je suis encore bien moins renseigné que
vous : je n'ai pas un journal comme l'Auvergnat de Paris pour me le dire...
L'Auvergnat du Nord. — Il chante ;
air : Serait-ce un rêve ?
Il y a, à Lille,
Qui est une grand'vill',
Tout d'abord, un beau beffroi,
Puis un'foir' ;
Qu'tout l'mond' va voir ;
Un'foir' construite en six mois ;
Mais voilà une chose que j'oubliais :
C'est notre société...
Un coin d'Auvergne,
Petite Auvergne,
Se trouve au beau milieu du Nord ;
Les jours moroses
Semblent plus roses ;
Quant on est Auvergnat du Nord,
On fait des fêtes,
Rien n'nous arrête,
Car, dans notr'société, personn'ne dort !
A part cela, je ne sais pas bien ce qu'il
y a d'extraordinaire à Lille... Ah !... si, il
y a l'Olympique Lillois, qui est champion
de France de foot-ball : c'est tout. Lee
accidents d'auto, c'est pas la peine de les
citer, ça devient commun et ça fait l'affaire du Tombeau de l'Automobile...

Bené

BERGEAUD.

Pour
L'ALAUZA D'AUVERNHA
Concours d'abonnements.
ABONNEMENTS REÇUS
Mlle Chambon : une annonce de
25o fr., et 2 abonnements, 19 points ;
M. le Dr René Martrou : 7 abonnements, 7 points ;
M. Léon Chambre : 3 abonnements,
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Mlle Alice Josency : 1 abonnement,
1 point ;
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Abonnements directs : 12.
Total : 53 abonnements.
Pour la première série, il reste à obtenir 97 abonnements.

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Voici la liste
tribués aux DIX
miers :
1. Une toile
Gabriel Moiselet

des prix qui seront atconcurrents classés preofferte
;

par le peintre

2. Un cendrier, bronze ciselé, offert
par M. Saugues ;
3. Un napperon brodé, offert par
Mme Raoul Dupain ;
/j. Une boîte de « Griottes d'Auvergne », offerte par la maison Vieillard ;
5. Une lampe, offerte par M. R. Moreau, électricité ;
6. Une pochette en dentelle, offerte
par Mlle Blanc, lingère ;
7. Poèmes Arvernes, de Gandilhon
Gens-d'Armes ;
8. Un souvenir d'Auvergne, offert par
M. Papon, Grande Fontaine pétrifiante
des Grottes du Pérou de Saint-Alyre ;
9. Une bouteille de quinquina « Le
Gaulois », offerte par la distillerie Génestine ;
10. Une cravate en soie, offerte par
M. Antoine Gilbert, fabricant de soierie.

En ce qui concerne les nouveaux
abonnés, ils continueront à recevoir,
comme prime, les Chants d'Auvergne
de notre ami, M. Louis Debrons, que
nous remercions de sa générosité.

LE

CONTES

DE LA

par Henri

LUNEIRA

volume, qui nous a vivement intéressé,
et dont nous ne saurions trop recommander la lecture à tous les fidèles de
notre vieille langue patoise que les
hommes des jeunes générations ignorent
totalement, et qui est tout près de devenir une langue morte.
Gabriel SEGRET.

GILBERT.

Nous connaissions déjà « La Covizada » d'Henri Gilbert. Les nouveaux
contes qu'il nous présente sous le titre
Contes de la Luneira sont dignes des
premiers. M. Gilbert commence par justifier sa «graphie», c'est-à-dire l'orthographe qu'il a adoptée, tenant compte,
à la fois, de l'étymologie et de l'évolution du parler et qui a été vérifiée
sur les écrits des troubadours et sur les
textes en langue vulgaire des chartes,
titres et autres vieux documents.
Pour notre part, nous l'approuvons
complètement. Les quelques indications
qu'il donne, en tête du volume, sur la
manière dont il faut prononcer les voyelles et les consonnes, permettent à tous
les familiers de la langue patoise de lire
sans peine les contes qui font l'objet de
cet ouvrage et qui sont fort bien narrés.
Nous avons reçu avec plaisir ce petit

(Almanach de Brioude).
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Ce oonoours est doté d'un prix de
5oo fr. et a, cette année, oomme sujet
imposé : Le Pays natal.
Les envois devront être faits avant le
3i décembre et le prix sera décerné dans
le courant du premier trimestre 1934.
Pour les renseignements, s'adresser à
M. Ferdinand Faure, cité Portai, avenue de Vais, Le Puy.

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C'est avec une douloureuse émotion
que nous avons appris, le 17 juillet, la
mort de M. Louis Watel, maître imprimeur à Brioude.
Nous avions pu apprécier, en bien
des circonstances, les qualités de cœur
et d'intelligence de M. Louis Watel,
qui succombe à 61 ans : aussi, nous
joignons-nous à tous ses amis pour déplorer sa mort prématurée.
Nous
adressons
nos
condoléances
émues à Mme veuve Watel, à M. Charles Watel, ingénieur et à leurs proches.
— Mme Jean Lhermet est décédée,
pendant les vacances, à Clermont. Nous
sommes sûrs d'interpréter les sentiments
de tous les fidèles de nos Covizes en
assurant M. Lhermet que nous prenons
une grande part à son deuil cruel.

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de circonstance a été prononcée par M.
le Chanoine Fouilloux, curé de SaintEutrope.
— M. Charles Noir, fils de nos sociétaires Mme et M. Hippolyte Noir, a
épousé, à Brassac, le 8 août, Mlle Denise Pitiot.
Nous sommes heureux d'adresser nos
vœux de bonheur aux nouveaux époux
et nos compliments bien sincères à leurs
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              <text>L'Alauza d'Auvernha : organe de la Maintenance d'Auvergne et des sociétés auvergnates à Paris. - 1933, n°20 (Juillet-Août)</text>
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              <text>Gilbert, Henri (1874-1955), Directeur de la publication</text>
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              <text>Vignette : http://occitanica.eu/omeka/files/original/f32e10ac64021ddcb05a290ffb701047.jpg</text>
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              <text>L'Alauza d'Auvernha (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/12715"&gt;Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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              <text>L'Alauza d'Auvernha. - 1933, n°20 (Juillet-Août) </text>
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