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                  <text>CINQUIEME ANNEE. — N° 44.

Le numéro spécial : 1 fr. St. Etranger : 2 fr. 50.

JANVIER

1933.

Direction :
GILBERT

HENRI

M. BUSSET.
A. CASATI.
C. CIIACOKNAC.
J. CHARBONNIER.
D' A. DELANEF.
L. DELHOSTAL.
L FARGES.
J. FREYCKNET.
H. GILBERT.
A. GILBERT.
V. GU1DY.
P. MAMET.
E. MARCENAC.
L. MAURANNES.
H. NOUGE1N.
J PAGENEL.
Lt-C E. PESSEMESSE.
M°"&gt; RAOUL ÜUPAIN.
F. ROCHEZ.
DR E. ROUX.
M". B. ROZIÈS.
P. SABATIER.
L. TESTUD.

7, Rue Serret, 7
CLERMONT-FERRAND

Administration :
ANTOINE

GILBERT

3, Place des Tapis, 3
LYON

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ORME «Se la MAINTENANCE

Lyon : 9-553

Pour les demandes de numéros, on
peut s'adresser à l'imprimerie La HauteLoire, 23, boulevard Carnot, Le Puy.
Chèques postaux : Clermont 105-92 ;
Téléphone : Le Puy i-32.

LA GABELLE ET LE FAUX-SAUNAGE EN AUVERGNE
A LA FIN DU XVIIe SIÈCLE ET AU DÉBUT DU XVIIIe

-1933

L'Alauza d'Auvernha
OFFRE
A SES

SES

MEILLEURS

ABONNÉS,

A

SES

VŒUX
LECTEURS

A SES CONFRÈRES
ET

A

TOUS

SES

AMIS

X/

KOTHE LANGI K D'OC
(Suite du discours de M. EmLe Dous

ET)

J'entends surtout que cette langue n'a
aucunement ia prétention de s opposer
à l'universalisé de notre langue irançaise,
dont l'expression si harmonieuse reriete
comme en un miroir notre génie national et le génie latin. Au reste, les cheis
do l'Ecole n'ont pas en vue un autonomisme de mauvais aloi qui n'aurait sa
raison d'être que dans les cerveaux de
quelques égarés. Le but louable de 1 Ecole est de resserrer les liens qui unissent
tous les membres de la petite patrie
pour les mieux attacher à la grande,
synthèse vivante de la race française.
Vous avez voulu enfin, mon cher Vidal, placer aujourd'hui, votre fête sous
le patronage du Président de la Chambre de Commerce, c'est-à-dire sous le
patronage de cette importante Compagnie. J'ai déféré là, et d'autant mieux
à votre désir, que j'ai reconnu dans
cette manifestation, l'association des forces intellectuelles et des forces économiques. C'est un bel hommage que vous
avez rendu ainsi à ceux qui ont accru
les richesses du pays d'Auvergne, en
développant ses qualités foncières, les
ressources de son sol et de son soussol. Par ces évidentes dispositions d'esprit, vous vous rattachez bien à l'esprit
même de nos pères, qui considéraient
le travail comme la base de leur idéal,
et qui ont fait surgir de leur terre
natale des industries puissantes dont l'essor a permis de retenir, au cœur de la
région, ceux qui voulaient y rester.
La Chambre de Commerce n'a pas
manqué de se rendre à votre rendezvous, puisque, autour de moi, se trouve
réuni tout sòn bureau.
Jusqu'alors, il semblait qu'il y avait
un paradoxe de réunir sur le même
plan les hommes pour qui les choses
matérielles ont la première place, et
ceux pour qui les choses intellectuelles
font l'objet de leurs tendances idéales.
Il fut un temps où l'on pensait que
les commerçants étaient des Béotiens.
Ce temps a bien changé. Et ce paradoxe d'hier n'était qu'une prévention.
Est-ce que la vie moderne n'entraîne pas
les uns et les autres vers ce standard
de la vie qui oblige, d'abord, à vivre,
à travailler? Mais la vie s'arrête-t-elle
à la nourriture physique, et n'a-t-elle
pas besoin de ce suc moral par quoi
les choses les plus modestes sont belles
et digne d'être admirées ?
Mais la beauté relève de tous les domaines, de toutes les catégories sociales, de tous les ordres de la nature.
N'est-ce pas, souvent, dans le cerveau
d'humbles fils de France que la pensée

(La suite page 2, col. 1.)

i

Conférence faite au « Covize de TEscola de Limanha » à Paris, par le Colonel PESSEMESSE

A.
—&lt;

&lt;T AUVERGNE «1 de* SOCIETES AUVEKGNATtS

LE CHATEAU DE CLAVIÈRES

(Lantal)
{Le Canton de Ruines, par E. Condy)

A la fin d'octobre 170^, l'intendant
est informé qu'il était passé récemment
un nombre considérable de faux-sauniers
dans les montagnes, à deux ou trois
lieues de Saint-Flour. Ces faux-sauniers
étaient- escortés par un gentilhomme, le
sieur de Guts, à la tête de 60 hommes
à cheval. Non seulement de Cuts se
déclare le chef des faux-sauniers, mais
encore il va chercher les employés des
gabelles pour les maltraiter jusque dans
les villages où les brigades sont établies. Le sieur de Cuts est arrêté et
amené à la prison de Riom pour y être
interrogé par les soins de l'intendant.
En bref, la situation se présente sous
le jour suivant : les brigades de gabelles établies dans la zone frontière
des pays gabellés, mais peu enclines à
exercer une surveillance rigoureuse. Les
habitants, à quelque classe de la société
à laquelle ils appartiennent, ne trouvent
qu'avantage à la pratique du faux-saunage, se font faux-sauniers ou complices
de ceux-ci. Les officiers de la Cour des
Aydes, à qui incombe normalement la
répression des délits, comptent parmi
leurs parents, alliés ou amis, un grand
nombre de faux-sauniers ou de leurs
complices, et montrent dans les procès
qui sont soumis à leur juridiction, une
bienveillance coupable. Les
intendants
en sont réduits à se faire délivrer des
arrêts d'attribution toutes les fois que
les faux-sauniers, agissant en nombre et
armés, ce qui est le cas général, peuvent être également accusés de troubler
l'ordre public.
Dans ces conditions, il n'est pas étonnant que le faux-saunage s'exerce avec
une certaine audace.
En juillet 1704, une troupe de fauxsauniers brise les portes des prisons de
la ville d'Aigueperse, en fait sortir cinq
particuliers accusés de fauxHSaunage, et
dix ou douze autres inculpés de crimes
différents. Bien plus, après ce méfait,
elle fait battre le tambour pour annoncer que quiconque voudra s'enrôler dans
le régiment des fauxnsauniers,
aura
60 livres et un cheval comme prime
d'enrôlement.
Vers le milieu de l'année 170/I, arrivait à Clermont, comme intendant d'Auvergne,
M. Le Blanc, succédant
à
M. d'Orme-son. Sous l'administration de
ce dernier, le faux-saunage semble avoir
vécu des jours tranquilles. Au cours des

deux dernières années, la Cour des Aides
n'a prononcé que des peines insignifiantes, alors que, dans le même temps,
on signale, de tons côtés, des allées et
venues de bandes de contrebandiers à
l'effectif de i5o à 200. Avec M. Le
Blanc, les choses vont changer d'aspect,
et, pour arriver à une répression plus
efficace, il va se faire attribuer la plus
grande partie des procès à intervenir,
malgré les protostations de la Cour des
Aides.
Le 19 janvier 1705, écrivant à M.
Desmarets pour lui demander de presser l'envoi du régiment de dragons de
Simarcon, que M. de Chamillart lui a
promis, pour sévir cantre les bandes
de faux^sauniers, il signale que l'insolence de ces derniers augmente tous
les jours. « Vendredi dernier, écrit-il,
« une troupe de 200, qui était venue
« pour charger vers Montel de Gélat,
« et qui, ne trouvant point de sel, parce
« que les derniers exemples et les poursuites (pie je fais ôtent aux habitants
« d'Auvergne l'envie de leur en donner,
« vint s'embusquer sur le chemin de
« Clermont à Riom. Une espèce d'avant« garde qu'ils avaient, arrêta le cocher
« de M. de Vernaison, Trésorier de
« France, qui revenait à cheval d'une
« maison de son maître, et, prétendant
« que c'était un de mes espions, ils
« voulaient le couper par quartiers. Par
« bonheur pour lui, il trouva le moyen
« de se justifier, et le reste de leur
« troupe étant arrivé, ujn homme vêtu
« de rouge et de bonne mine, à ce que
« prétend le cocher, et qui paraissait
« commander aux autres, dit qu'il con« naissait son maître et le renvoya. Je
« passais, en ce temps-là, à 5 ou 600
« pas de cet endroit, dans mon carrosse,
« revenant de Riom à Clermont. »
Quelle aubaine, pour les faux-huniers, de mettre la main sur leur principal ennemi, le terrible intendant Le
Blanc qui a juré leur perte ! A l'audition
de ce récit, il dut sentir un léger froid
dans le dos. Cette alerte l'incite à quelque prudence. « D'ici à quelque temps,
àjoute-t-il, je quitte la voiture et ferai
mes voyages à cheval de ce côté. »
Aussi, presse-t-il l'envoi des dragons
qu'on lui a promis. Ils lui procureront
quelque sécurité et lui permettront d'agir. En attendant, il va se prémunir avec
ce qu'il a sous la main. « Ces sortes de

gens, écrit-il, ayant fait publier qu'ils
viendraient charger du sel dans Clermont et Riom et forcer les prisons,
j'avais toujours cru que c'étaient des
discours en l'air, mais puisqu'ils ont eu
l'insolence de venir aussi près et à moitié
chemin de ces deux villes, j'ai cru qu'il
fallait prendre quelques précautions, et,
sous prétexte qu'il fallait quelqu'un pour
contenir les soldats de milice que je
rassemble et empêcher la désertion, j'ai
fait une compagnie de 60 bourgeois.
J e leur ai fait donner à chacun un quarteron de poudre et une demi-livre de
balles, et, au moyen de ce que j'ai
promis de les exempter du logement
des gens de guerre, ils seront prêts à
obéir, si on les commande. J'en ferai
autant à Riom où je vais demain. Vous
jugez bien qu'une pareille troupe n'est
pas pour mener en campagne et faire
de grands exploits, mais comme ce sont
des gens qui ont servi, s'il arrivait quelque désordre, cela ne laisserait pas que
d'être d'un petit secours. »
M. Le Blanc envoie un émissaire pour
chercher à déterminer quels étaient les
gens qui composaient cette troupe dont
l'apparition à courte distance de son
logis, lui a procuré quelque émoi, caria peur aurait bien pu grossir les objets à ce cocher. Les gens d'Aigueperse,
qui prétendent les avoir vu passer, disent qu'ils étaient plus de i5o. Les.
chiffres de i5o à 200 pour l'effectif
des troupes de faux^sauniers sont souvent donnés par les relations du temps.
Mais il faut faire la part de l'imagination populaire, et le peuple d'Auvergne
est particulièrement imaginatif. On a,
en outre, intérêt à forcer ces chiffres,
car on y trouve, pour les gens de la
gabelle, dont les moyens sont limités et
le mordant peu agressif, une excuse de
ne pas s'attaquer à de telles forces,
même avec la main-forte, qu'aux termes
de l'ordonnance de 1680 doit leur prêter
la population qui ne montre pas un
zèle excessif dans l'accomplissement de
celle obliga lion, à laquelle aucun intérêt
ne l'attache et dont elle ne peut tirer
que des désagréments.
D'ailleurs, l'intendant, dans une lettre
à M. de Chamillart, du 26 septembre
170/i, avoue que, depuis qu'il est arrivé
dans_ la province, il n'a pas appris qu'il
y soit passé de grosses troupes de fauxsaum'iers de 200, comme on en voyait
précédemment. Généralement, dit-il," ils
ne sont que 8 ou 10 ensemble. Souvent uniquement armés de baïonnettes
ou de serpes emmanchées au bout de
bâtons assez longs, leur nombre dépasse
rarement 20 ou 25. Lorsque la troupe
comporte des soldats en quartier d'hiver,
elle est naturellement mieux armée.
Ils sont précédés du chef, armé, lui,
d'un fusil et de pistolets, chargé d'éclairer la route que doit suivre la troupe
et d'éventer les embuscades qu'on aurait
pu lui tendre.
Sous l'impulsion de M. Le Blanc,
la chasse au contrebandier se fait plus
active et les captures sont suivies de
condamnations sévères.
En décembre 170^, une troupe de
55 faux-sauniers est signalée au Montel
de Gélat. Les brigades des gabelles . d'Aigueperse et de Pionsat. alertées, se mettent à leur poursuite et les joignent à
la sortie du bois de Pierre Brune. La

(Suite)
[Suite)

lutte s'engage ; elle est chaude : deux
faux-sauniers sont tués, 7 pris avec 3o
chevaux et 114 balles de sel. Les autres
se sauvent dans le bois. Un commandant
de brigade reçoit un coup de fusil dans
le corps et un coup de baïonnette au
bras ; un garde deux coups de fusil
dans l'épaule, un autre dans l'estomac.
Quelques jours après est arrêté, blessé
d'un coup de fusil à la tête, celui qui
précédait la troupe pour acheter le sel
et le tenir prêt à être chargé, ainsi que
les deux hommes qui le transportaient
sur un brancard. Deux troupes de fauxsauniers passés le lendemain de la rencontre, avaient emmené leurs camarades
blessés capables de supporter le cheval,
ainsi que trois de leurs morts trouvés
dans les bois. Un archer des gabelles
de Combronde, en correspondance avec
les faux^sauniers, prévenu que l'intendant avait donné des ordres pour rechercher les blessés, en avait averti plusieurs qui purent ainsi se soustraire aux
recherches.
Le 12 mai 1705, cinq des faux-sauniers arrêtés au bois de Pierre Brune,
sont condamnés à être pendus. M. Le
Blanc, croyant que, pour l'exemple, il
était à propos de les exécuter sur place,
les y fit conduire.
Les captures continuent et les exécutions suivent sans délai. A M. Le
Blanc succède, le i5 août 1708, Turgot,
à l'intendance d'Auvergne. La sévérité
s'atténue, sinon dans les rigueurs de la
loi, qui n'est pas modifiée, du moins
dans son application.
En 170g, six faux-sauniers, conduisant à la pâture quinze chevaux, sont
rencontrés par les gardes des gabelles.
Après quelques coups tirés de part et
d'autre, un des faux-isauniers est tué,
un autre réussit à se sauver et les quatre
autres sont pris. Plusieurs officiers de
la Cour des Aides paraissent fort portés
à ne condamner qu'un ôudeux des quatre à la peine de mort, pour l'exemple,
et de prononcer la peine des galères perpétuelles contre les autres on choisissant,
pour les condamnations à mort, ceux qui
paraîtraient plus coupables.
M. de Ribeyre, premier président de
ladite Cour, trouvait ce sentiment assez
bien fondé, vu même qu'il était suivi
dans les Cours supérieures. Cependant,
la Déclaration de 1704 lui parut si précise et le fauxHsaunage venu à une si
grande licence, qu'il crut devoir insister pour- la peine de mort. Et il propose
que, dans les cas semblables, sous le bon
plaisir du roi, on fasse tomber la peine
de mort sur un ou deux des criminels
qui se trouveront les plus coupables et
de condamner les autres aux galères ou
à l'incorporation dans un régiment.

(A suivre).

TIRAGE

DE

LUXE

Dorénavant, il sera tiré de chaque numéro de « L'Alauza d'Auvernha » quelques exemplaires de luxe. Les personnes
qui désirent en recevoir doivent s'adresser, sans retard, à notre Imprimerie. On
peut, de préférence, souscrire un abonnement annuel à cette collection de luxe
pour la somme de 70 francs.

�L'ALAUZA D'AUVERNHA

FELIBRIGE
NOTRE LANGUE D'OC
(fin)

:

.

s'est irradiée jusqu'à
éclairer notre
pays ? Et, en vérité, ne doit-on pas
considérer, dans l'ensemble de toutes
nos forces vitales, celles qui donnent
à nos provinces une nouvelle façon de
les aimer davantage ?
En chantant sa province, Vermenouze,
voyageur, suivant son père en Espagne,
commerçant lui-même, n'est-il pas le
prototype de l'Auvergnat travailleur, aux
bras robustes, avec, au front, son rêve
des montagnes ?
Et n'est-on pas en droit de dire, devant cet acte de fidélité, que nous ne
sommes, les uns et les autres, ainsi que
l'a écrit le maître Edmond Haraucourt,
que le produit, plus ou moins conscient,
des forces combinées avant nous, la
floraison d'une sève qui travaille depuis
des siècles, l'aboutissement momentané
d'une vie que nous continuons ? Nous
n'intervenons guère en notre propre formation qu'à la manière du jardinier qui
surveille et qui aide la croissance des
tiges, l'épanouissement des corolles, la
maturation des fruits ; les fruits que
nous porterons seront l'œuvre de notre
race ; elle les obtient par le moyen du
génie qu'elle a mis en nous, mais qui
demeure son génie.
Que je plains les déracinés qui, sans
amour du coin natal, s'en vont perdus
à travers cette immense forêt sans
feuilles qu'est la société moderne ! A
qui donc confier ses élans, ses espoirs,
et, souvent ses peines ? A qui révéler
ce qui reste caché au fond de soimême ? Ce meilleur ami qui vous accueille, après le voyage de votre adolescence, et, aussi, de votre maturité,
n'est-ce pas le milieu natal, avec le ciel
connu, les horizons où rien n'est étranger, où l'air est bon, où la vue d'un
décor familier rappelle votre enfance ?
N'avez-vous pas couru dans les champs,
sauté par-dessus l'eau vive du ruisseau ?
Et vos regards n ont-ils pas gardé en
eux l'image du passé ?
Croyez-vous qu'au lendemain du 11
novembre, à quinze ans d'intervalle, je
n'ai pas le droit aussi de saluer avec
émotion et respect cet enfant d'Auvergne qui, resté là-bas, à Verdun ou ailleurs, s'est endormi à jamais en pensant
à ses montagnes ?
Soyez donc remercié, mon cher Vidal,
pour les espoirs que vous entretenez
dans nos cœurs, pour les souvenirs que
vous évoquez avec tant de sentiments
délicats. Soyez remercié pour le culte
que vous portez à cette Auvergne que
nous chérissons.
Tant que se réuniront, comme aujourd'hui, dans des salles toutes pareilles, .des foules empressées, animées du
même désir de continuer les traditions,
soyez assuré que la race vivra, solide,
écrivant sa page'dans ce livre d'histoire
locale où se lit son Destin.
Emile

DOTJSSET.

PARIS

LO COVIZE
DE L'ESCOLA DE LIMANHA
Nous apprenons que ic Covize du
2i décembre, présidé par M. Joseph
Pagenel, Procureur de la République,
Conseiller du « Covize de l'Esoola de
Limanba :&gt;. a été très réussi. Nombreuse
assistance et intéressante conférence de
M. Roux-Parassac : « L'Auvergne vue
par un Alpha. » Malheureusement,
le
compte rendu de la soirée ne nous est
pas encore parvenu, ce que noîis regrettons. Nous reparlerons de ce Covize
le mois .prochain.
CLERMONT
Covize du 2i

décembre.

Le dernier Covize de 1932 s'est tenu
le 21 décembre, sous la présidence du
félibre Léon Chambre, secrétaire
de
1'« Amicale Cantalienne ». Mainteneurs
et amis du Félibrige, chaque jour plus
nombreux, ont montré, une fois de plus,
qu'ils étaient capables d'enthousiasme,
surtout quand on sait parler à leur cœur
et réveiller en eux les vieilles aspirations
du terroir comme l'a fait, de si heureuse

façon, M. Jean Lhermet. L eminent professeur à la Faculté des Lettres nous
a présenté, en effet, cet « orfèvre habile et consciencieux », le grand barde
cantallien, Vermenouze, poète complet.
Certes, nous voudrions pouvoir mettre
sous les yeux de nos lecteurs le superbe tableau brossé par M. Lhermet
sur son cber .poète. Comme le conférencier était rempli de son sujet et savait
bien le faire apprécier de ses auditeurs
attentifs et conquis ! Enfance, éducation, jeunesse, œuvres de Vermenouze :
tout cela fut évoqué devant nous en un
français impeccable et plein de poésie.
Merci à
Lhermet qui voulut bien
répondre à notre appel avec tant de simplicité et de cordialité. Grâce à lui, nos
auditeurs seront désormais plus familiarisés avec Vermenouze, le grand chantre de l'âme auvergnate. Et n'oublions
pas M. Léon Chambre qui, en présentant le conférencier, montra, lui aussi,
combien Vermenouze lui était familier.
La félibrée fut une véritable veillée de
Noël populaire empreinte d'une originalité de bon goût et d'un charme à la
fois exquis et pénétrant. Mlle Gavaldà
interpréta, de façon ravissante, un vieux
no'él ; Mme Abraham nous donna la
primeur de son conte « Prêta, boa Dieu,
dins mon sac ! » MM. Vidal et le capitaine Marcq interprétèrent chacun une
de leurs poésies ;
Henri Gilbert conta, de façon fort plaisante, « Lo belh
fraire dslh bon Dieu », Mlle Alice Josency, du « Covize de la Ribeira », dit
un conte d'Antoine Bertrand. Et, pour
terminer, M. Lhermet voulut bien entonner, de sa voix puissante, le chant
de notre ami Debrons : « Que soui
fier d'estre Oabornhat ! » .
N'oublions pas de dire que, parmi
les très nombreux auditeurs — 1'« Amicale Cantalienne avait fourni un important contingent — cinq nous apportèrent
leur adhésion : on ne pouvait mieux
terminer cette belle soirée.
Le secrétaire-adjoint,
G. S.
*

M.

M.

LA VOUTE-CHILHAC

« Lo Covize de la Rilbeira »
(Suite du compte rendu
de l'Assemblée générale
du k septembre ip,32).
Devant le développement de
notre
jeune association, il fallut remplacer le
bureau provisoire par un bureau définitif, et ce fut dans ce but que, pour
la première fois, le 29 novembre 1.981,
nous nous réunîmes dans la salle de la
mairie de La Voûte, sous la présidence
de M. d'Anthouard, notre doyen dans
le Félibrige.
Le
bureau définitif
unanimement
adopté était composé de la façon suivante :
Président d'honneur : M. Henri Gilbert ; Président actif : M. d'Anthouard ;
Vice-Présidents : M. Archaud et Mme
Allègre ; Secrétaires : M. Rionnet et
Mlle J. Josency ; Trésorier : M. Léon
Vedel ; Conseillers : Mme Brézun, MM.
Roche, Mlles S. Belmont, J. Mialon,
M. Vincent.
Je ne m'attarderai pas sur les comptes
rendus de nos séances qui ont paru régulièrement et de façon détaillée dans
« L'A'auza d'Auvemha ». Disons seulement que ces séances récréatives eurent
toutes un réel succès, grâce à la bonne
volonté de chacun.
Le 27 décembre eut lieu notre deuxième séance dans la même salle de la mairie. Elle fut présidée par M. Archaud,
vice-président, qui remplaçait M. d'Anthouard, absent de La Voûte.
A cette réunion fut adopté le titre
définitif de notre groupe qui s'appelait,
jusque-là, « Lo Riban ». On admit, sur
ma proposition, celui de « Lo Covize de
la Ribeira ».
Ce même jour, deux nouveaux membres se firent inscrire : M. Ménabé et
Mme Denise Roche. Aussitôt, M. Ménabé fut agréé comme membre du bureau et désigné oomme délégué titulaire
du Comité artistique et littéraire, tandis
que M. Maurice Roche recevait les fonctions de délégué aux fêtes.
Le 17 janvier, troisième séance récréative dans la salit1 de la Justice de Paix.
A son issue, nous inscrivîmes encore
deux nouveaux membres : Mlle Noëlle

ARSENE VERMENOUZE

Vedel et M. le Docteur André Besson.
, Le 3 juillet, quatrième covizada dans
la salle de la mairie. La partie récréative
eut im succès sans précédent. La partie
administrative fut, pour beaucoup, au
contraire, une pénible déception ! Il s'agissait, en effet, de résoudre la question
de la félibrée annuelle dont M. Gilbert
avait déjà fait miroiter, à nos yeux,
l'attrait merveilleux ! Malheureusement,
nous nous trouvions, nous, les réalisateurs, en face d'une difficulté apparemment insurmontable : notre caisse était
absolument vide...
Le 2/1 du même mois, nous nous
réunissions de nouveau dans la même
salle, afin de trouver Le moyen de faire,
quand même, quelque chose avec rien...
Chargé de mission, je soumis un programme qui fut approuvé. Retouché,
par la suite, il se réalise aujourd'hui.
Telle est l'œuvre accomplie au oours
de notre première année statutaire.
Le secrétaire-général,
Alfred RIONXET.
P.-S. — Les fêtes félibréennes de
La Voûte et de Chilhac, dont nous avons
déjà rendu oompte, ont montré avec
éridence la vitalité et l'importance du
« Covize de la Ribeira » : s'il a éprouvé
des difficultés, il les a vaincues brillamment, et c'est tout à son honneur.
H. G.

LES ARTS EN AUVERGNE
CLERMONT

Exposition
Maurice Busset — Jean Camus
Cette exposition, maintenant une tradition, a eu son vernissage le samedi
2/1 décembre, dans la galerie de la Maison Camus, Place du Terrail. Un vernissage des plus brillants. Au cours de
cette soirée ou le lendemain, les personnalités les plus officielles et les plus
variées vinrent témoigner leur sympathie
aux artistes. Sympathie agissante même,
pour certains. Citons : M. le Préfet,
M. le Recteur, .M. Déniai, adjoint au
maire ; M. Varaldy, secrétaire-général
de la Préfecture ; Mme et M. Dechappe,
directeur de l'Ecole Normale ; M. Coste, directeur des P.-T.-T. ; M. Gilbert
Sardier, président de l'Aéro-Club d'Auvergne. Voilà côté officiel. Côté plus
intimement intellectuel et artistique, on
remarquait : M. et Mme Desdevises du
Dézert, M. Desandes. directeur de l'Ecole
des Beaux-Arts : M. le Dr Ralme, directeur de « L'Auvergne Littéraire » ;
M. Henri Gilbert, directeur de « L'Alauza d'Auvernha » : M. Marcel Muyard,
M. Vidal, ma jorai du Félibrige et tous
ceux dont ma plume ne se souvient plus.

Je citerai seulement encore, faute de
place, et pour éviter de vilains ciseaux,
La Baigneuse et Sérénité, pour dire toute
l'admiration que j'ai pour les sanguines
de Jean Camus. Ses nus sont d'une
vie intense, et son Pêcheur de Choggia
est à la fois puissant et poétique. Deux
peintures mates, sous, verre, attirent par
leur coloris brillant sur fond sombre.
Cet amour de la ligne, qui est une
des qualités maîtresses de la sculpture
de Jean Camus, se retrouve dans ses
peintures. Tout est précis dans ces tableaux, fût-ce La Rue de Grasmanent,
au Puy, Les Roches Sanadoires ou Le
Beffroi d? Bssss. Mais quelle fraîcheur
aussi dans Le Niger, Le Pré à Tauves,
le Clermont, MU des Roches ! Et toutes
ces toiles, si différentes, ont une même
abondance de couleurs. La palette de
l'artiste est d'une richesse extraordinaire.
Un dernier regard m'attache à l'Eglise
d'Orcival, dont je parlerai, et au petit
Enfant de -chœur qui, pudiquement,
tourne le dos aux sanguines.

Beauooup de toiles nouvelles, cette année, dans le salon de Maurice Busset.
Beaucoup ? Non : toutes, ou presque.
Et une impression de labeur puissant
se dégage de cela.
Un tableau (égoïste ! ) ravit, d'abord,
tous les regards : Le Puy-de-Dôme.
La montagne, au fond ; au premier
plan, les paysans, des chars, des bœufs;
l'ensemble est éclairé par un soleil généreux qui décroît, et un pinceau de
génie (le mot est juste). Les maîtres
du xvme siècle doivent, au céleste séjour, ronger leurs ongles de jalousie.
Le soleil couchant à Pont-du-Château
est de la même technique : chatoiement
des couleurs, sûreté du dessin, imagination puissante au service du réel.
Je vous ai promis de revoir l'Eglise
d'Orcival. La voici. En un jour de circontance : messe de minuit. Les paysans arrivent avec leur famille, leur âne,
et, surtout, leur lanterne, et l'église, couverte de neige, est elle-même la grande
lanterne qui attire les autres. Tableau
d'une vive originalité : la lune présente
et invisible règne et baigne tout de
son clair-obscur. Et les lanternes semblent la narguer... Une très belle toile,
en vérité.
Mais il faut choisir. Mon embarras
doit égaler oelui des acheteurs. Je me
décide... oomme les acheteurs, d'ailleurs,
si j'en crois les petits cartons, déjà nombreux, sur lesquels on lit : « vendu ».
Je vous parlerai encore d'un Sousbois de sapins, à l'heure des ombres
allongées, quand le soleil s'en va et que
le mystère pénètre, peu à peu, partout
et là, plus qu'ailleurs. Un ruisselet, un
paysan dans le fond, les détails pittoresques du sous-bois, un talent averti,
et il n'en faut pas plus pour composer
une toile qui reste dans l'esprit.
Je citerai, pour finir, l'Eglise de Périgueux, la Noce en montagne, Royat
en automne, et je répéterai ici que, pour
quiconque veut connaître Maurice Busset, celui d'aujourd'hui oomme
celui
d'hier, il existe (mais vous le savez ! )
un ouvrage incomparable dû à la vivante plume de M. Georges Desdeviscs
du Dézert : « Les Monts d'Auvergne
et Maurice Busset ». Toute l'œuvre du
peintre, en superbes héliogravures, accompagne le texte.
Un beau cadeau à faire ou à se payer,
en attendant de pouvoir acheter les originaux.
Joseph

BÉRARD.

Concours d'abonnements et d'annonces.
« L'Alauza d'Auvernha » poursuit sa
publication, malgré certaines difficultés
matérielles. Sait-on, en effet, qu'eue
ne peut encore vivre par ses propres
ressources ? Il lui faudrait 3oo abonnés de plus pour avoir, à peu près, les
moyens de payer les factures de son
imprimeur sans être à charge à personne.
« Lo Covize de l'Escoh de Limanha »,
de Paris, « Lo Covize de L· Ribeira »,
de La Voûte-Chilhac, « L'Auvergne »,
de Lyon, les félibres des Covizes de
Clermont, et, enfin, tous nos abonnés
n'ont pas attendu d'y être conviés pour
apporter leur aide efficace au journal :
qu'ils en soient particulièrement remerciés.
Mais, en ce début de la nouvelle
année, et en présentant à ses amis ses
vœux de bonheur, « L'AL·uza d'Auvernha » leur demande de vouloir bien
faire encore un léger effort en sa faveur : il s'agit de trouver, le plus tôt
possible, les 3oo abonnements qui lui
manquent. Si chacun veut bien lui procurer seulement un abonné nouveau, la
vie du journal sera assurée en peu de
temps.
Afin d'alléger l'effort, nous diviserons ces 3oo abonnements en deux séries de i5o, et chacune des deux eéries
successives donnera lieu à un CONCOURS D'ABONNEMENTS.
Dans chaque série, les dix personnes
qui auront obtenu le plus de points
auront un prix. Les prix consisteront
en produits d'Auvergne, objets d'art,
dentelles, livres, etc.
En outre, les trois personnes qui, en
additionnant les points obtenus dans les
deux concours, arriveront en tête des
concurrents, recevront un prix supplémentaire.
Un
abonnement ordinaire
vaudra
1
point ;
un abonnement de luxe,
5 points ; une annonce, sur une colonne
(lôo fr. par an), 10 points ; une unnonce sur deux colonnes (200 fr. par
an), 17 points. Pour les annonces à
forfait, le nombre de points sera indiqué selon les cas.
Les envois d'abonnements et d'annonces seront centralisés par l'administrateur de « L'Alauza d'Auvernha »,
M. Antoine Gilbert, fabricant de soierie,
3, Place des Tapis, à Lyon (Compte
ch. post. (J.553). Prière d'indiquer, chaque fois, le nom de la personne à qui
les abonnements ou les annonces devront être comptés.
Les envois qui arriveront après la
clôture de la première série de i5o abonnements seront inscrits pour la seconde
série.
A Clermont, le Directeur de « L'Alauza d'Auvernha », M. Henri Gilbert,
7, rue Serret, centralisera les abonnements qui lui seront remis et les transmettra ensuite.
Enfin, remercions notre distinguée
collaboratrice. Mme Raoul Dupain, qui
a eu la délicate et généreuse pensée
Û'offrir l'un des 10 premiers prix qui
seront attribués : un beau napperon
brodé.

CHOSES D'AUTREFOIS

LES COMPAGNONS
DU TOUR DE FRANCE
(Suite)

N. D. L. R. — Ce livre, dont on lira
un compte rendu dans notre prochain
numéro, est en vente aux Editions U.
S. H. A., et chez tous les libraires, au
prix de /j5 fr.

NOTRE VENTE
M. Jean Camus, comme toujours, présentait un agréable mélange de sculptures, deissms, peintures. A l'entrée de
la salle, un Archer de In Ilautr-Volta
fascinait par la pureté de ses lignes.
Cette œuvre suprêmement fouillée exalte,
dans ses moindres détails, la Beauté.
h'Atalante cueillant ses pommes nous
replonge dans cette mythologie merveilleuse où le corps et la plastique étaient
rois. La Joie retient aussi longtemps
le regard. La Joie ? Jean Camus a donné vie à cette chose irréelle, en vrai
artiste.

POUR
L'ALAUZA D'AUVERNHA

CLERMONT-FERRAND : Librairie de
« L'Avenir », rue Blatin ; Cliabri'.lat, 18,
rue du 11 novembre ; aux Covizes, à
1' « Oustau ».
LE PUY : Bay, Place du Breuil.
BRIOUDE : « L'Abeille Brivadoke ».
BRASSAC-LES-MINES : Rapp.
LA VOUTE-CHILHAC : De'.o.nenède ;
Roche.
St-GERMAIN-LEMBRON : Delaire.
PARIS : aux Covizes, Café Voltaire
(Odéon).

Certains compagnons, poussant à l'extrême le souci d'une reconstitution totale,
s'interpellaient, comme au vieux temps :
« Hé ! pays !» — « Hé ! la co'.erie ! »
suivant le rite de leur société, les deux
termes n'étant pas communs.
Ce soir-Là, le père Chevalier, dont j'étais
l'hôte, chanta quelques couplets de circonstance
et
conta
son
exploit
en
«. Algère », comme chef de chantier de
« la terrasse ».
« — J'étions à Aix-en-Provence ; M.
Dessaulces vint nous chercher : « Il faut
que nous venions en Algire ; il y a une
montagne qui gène, il faut « l'aplater ».
« En deux ans, ave; ma coterie, je la
mettions par terre, la g... ».
Rude gars, adroit et faraud, le père
Chevalier ramassait volontiers, dans
sa
main, les exploits do la collectivité...
Malgré les divisions du « Devoir » , malgré tea haines très vives qui, avant 18/18,
séparaient les différentes sociétés compa-

�L'ALAUZA D'AUVERNHA
gnonniques, deux choses étaient communes
à toutes et dominaient les querelles mesquines :
i° L'assistance en cas de débauchage
imprévu, en cas d'impécuniosité, d'accident ou de maladie. En cas de mort,
les compagnons veillaient aux obsèques
et payaient. Autour de la fosse encore ouverte, le groupe, en guise d'adieu, poussait,
à l'unisson, un cri lugubre : c'était le hurlement de mort. Les gens un peu âgés
peuvent se souvenir du cri que poussaient,
le soir, aux premières ombres de la nuit,
les « colles » de 20 ou 25 moissonneurs,
avant de quitter le champ. Une colle attaquait ; les autres, dans les grands domaines voisins, répondaient. Vi il'e coutume,
chez les compagnons comme chez les moissonneurs, et qui pourrait donner lieu à
bien des développements, quant à l'origine et à la continuité.
2,° Se perf- ct'.onner en son métirr. D'cù
la nécessité de voyager, de travailler en
plusieurs villes, en plusieurs ateliers H
de suivre les cours de perfectionnement
professés par des compagnons autorisés.
Il y aurait, là aussi, bien des choses curieuses à dire. Il suffira de reproduire
le programme d'un cours créé à Paris,
par les menuisiers du Devoir, enfants
de Salomon.
Le voici dans sa sécheresse : éléments
de géométrie linéaire : élever des perpendiculaires (trait carré), diviser des
lignes droites en parties égales, traoer
des parallèles droites, courbes, tracer
des circonférences, faire passer une circonférence par trois points donnés (les
trois points perdus), et traoer des ovales.
L'étude des ordres d'architecture, surtout travaux d'église, était complète et
soignée.
Enfin, enseignement du trait (le tracé). Et c'est surtout en cette dernière
partie du programme, dont l'utilité n'est
pas à démontrer à tout homme qui
manie des outils de menuisier, que les
compagnons multipliaient leçons orales
et desisin : — « le dessin coté est l'âme
de la menuiserie ; le dessin copié sur
modèle établi sur papier en est la
mort. » (Agricol Perdiguier).
« Les salles où se donnent des cours
professionnels ressemblent à des musées,
car on y conserve les petits travaux des
élèves-compagnons : escalier, portes cintrées en plan et en élévation, autels à
tombeaux, calottes, voussures, dômes,
baldaquins, confessionnaux, chaires à
prêcher et tout ce que le trait et l'architecture ont de plus beau et de mieux
combiné. » (A. P.).
Ce tableau raccourci suffit à prouver
que le compagnon sérieux ne menait
pas une vie d'oisif sur son tour de
France, et il nous explique aussi l'origine des belles choses de bois qu'on admire dans les vieilles maisons, les églises
et les musées.
Pierre MAMET.
(A suivre).

Arsène Vermenouze
Un vrai poète, ayant de l'esprit à la
fois et du bon sens, tour à tour lyrique
et gouailleur, capable de camper l'un
en face de l'autre, d'un dessin sobre et
fier, Vercingétorix et César, et aussi de
peindre largement et grassement, avec
un mouvement, une verve, un coloris
endiablés, les franches ripailles d'une
noce campagnarde ; un poète qui plaira
aux plus délicats et qui est à tel point
populaire qu'aux veillées d'hiver les paysans commencent à redire ses vers :
assurément voilà qui est rare et voilà ce
que nous donne cette savoureuse langue
d'oc qui ne veut point mourir et du
vieux tronc de laquelle le bon soleil
du Midi fait encore pousser des rejets
sauvages et parfumés. Grâce à elle, dans
ce siècle, la Gascogne a eu Jasmin, la
Provence Aubanel et Mistral, l'Auvergne a Vermenouze.
Car Vermenouze est d'Auvergne. Il
est né près d'Aurillac, à Vielles, le troisième de quatre enfants, fils d'une mère
dont la beauté non moins que les qualités morales étaient célèbres aux environs, et d'un père d'une intelligence
distinguée. Avec eux vivait le grandpère, lou belet, fils d'une sœur aînée
de mon propre grand-père ; je le yois
encore, portant sur son visage maigre
et allongé la marque de son esprit très
fin, très pénétrant, à la fois observateur
et ironique. Tous, grand-père, père,
frère, parents, allaient en Espagne. On

y émigré beaucoup de ce côté de l'Auvergne ; on en rapporte pas mal d'argent, et, ce qui vaut mieux, un esprit
plus large, plus ouvert que celui de
ceux qui se bornent à cultiver l'héritage. A son retour au pays, les soins
agricoles ne prennent pas tout entier
l'émigrant, l'Espagnol, comme on dit
là-bas ; sa grande occupation est la
chasse et la pêche. De là une vie particulière, mélange de celle du gentilhomme campagnard, du commerçant
et de l'agriculteur, qui laisse à ceux
qui en ont le goût du temps pour
observer, penser, rêver. C'est celle qui
se retrouve dans certains vers de Vermenouze ; c'est celle qu'il a vécu.
Adolescent, en effet, il fallut faire
comme les autres, aller prendre le train
à la gare d'Ytrac, et, par Bordeaux,
filer sur Madrid sous la garde d'un
compagnon plus âgé. C'était quitter une
partie de la famille pour retrouver l'autre. Celle de Vermenouze formait une
compagnie à Illescas, dans la NouvelleCastille, association commerciale florissante, qui n'était elle-même qu'un débris de la fameuse compagnie auvergnate de Chinchón, qui a joué un rôle
important dans l'histoire économique de
l'Espagne au xvme siècle. Vermenouze
était en Espagne quand la guerre de
1870 éclata. Dès nos premiers désastres, son frère aîné et lui accouraient
s'engager au 4e hussards.
La guerre finie, notre poète revint
en Espagne, et ce fut pour lui un très
grand bien. En étudiant la langue et
la littérature de ce pays, il vérifia que
ce n'est jamais sans profit qu'on est'
en contact avec un peuple noble et
fier. Mais l'Espagne ne lui faisait pas
oublier l'Auvergne. « La guitare espagnole n'a pas la voix aussi rude ; mais
c'est égal, elle ne vaut pas notre bonne
cabrette. »
Vermenouze revint donc au pays. Il
y resta. Il s'établit à Aurillac, dans la
vieille et curieuse rue d'Aurinques. La
maison qu'il y habitait est vieille aussi,
et, sur les murs de son salon tendus
d'andrinople rouge — le rouge, selon
Michelet, est la couleur de notre Auvergne, — les trophées de chasse et les
iusils les plus perfectionnés se mêlaient
très artistiquement aux souvenirs locaux et aux armes anciennes. Une statuette de Jeanne d'Arc dominait le tout,
comme sur toute la vie intellectuelle
de Vermenouze ont dominé son patriotisme ardent et ses convictions de catholique. C'est à défendre ces dernières
qu'il employait le temps que lui laissaient la poésie, la chasse et son commerce, et c'est ainsi que sa vie s'est
écoulée, unie et simple, dans son pays
natal, où il est mort aimé de ses amis,
respecté même de ses adversaires, estimé
de tous.
Louis FARGES,
Ma Terre (chez l'auteur, 1, Avenue
Jean-Jaurès, Aurillac).

VOCATION
En homme de sens très subtil,
Mon père — devant Dieu, soit-il ! —
Sans aller jusqu'à voir un crime
Dans mon grand amour pour la rime,
ï' flairait un lointain péril :
« — On n'a le droit d'être poète
« Que lorsqu'on est riche, mon fils ;
« Tout d'abord, fais ce que je fis,
« Tâche d'être un homme de tête,
« Habile, actif, calculateur,
« Et, plus tard, ta fortune faite,
« Rime, si tu veux ; sois auteur. »
Ainsi me parlait le cher homme,
Et ma mère, quessi-quemi ;
Mais je n'écoutais qu'à demi,
Et je rimais toujours. — En somme,
Bien que j'eusse à peine dix ans,
Mes vers, où passaient pêle-mêle
Des vaches à longue mamelle,
Des loups velus, des vers luisants,
Le labri noir, le chat folâtre,
Et Guy, l'hirsute petit pâtre,
Faisaient rire nos paysans,
Chez nous, le soir, au coin de l'âtre.
Je suivais mon père en plein champ
Dans ses chasses et dans ses pêches ;
Les bois, les eaux vives et fraîches
M'inspiraient quelque nouveau chant.
Les oiseaux lançaient leurs roulades ;
Les truites, en de brusques sauts,
Trouaient la moire des ruisseaux ;
Et moi, je faisais des ballades,

3

LI BITOTS

LA YltiRGE A L'OISEAU

Le 15 décembre, la « Vierge à l'oiseau ». qui se
trouvait à l'extérieur dé l'église du Marlhuret,
de Riom, a été descendue de son piédestal et
transférée dans une des chapelles du bas-côté
sud de l'église, la chapelle du Rosaiie.

Tandis qu'effleurant les roseaux,
■— Tel le filet d'un rétiaire —
Volait l'épervier de mon père.
A seize ans, l'Espagne me prit.
— 0 sierras, ô fauves Castilles,
Guitares, éventails, mantilles,
Brunes maiiolas de Madrid,
Déjà, vous hantiez mon esprit!...
Il me semblait que j'allais vivre
Dans des alhambras fabuleux,
Et monter les escaliers bleus,
Dont parle Musset dans son livre.
Et, quand je partis, j'étais ivre
D'un pays lointain et vermeil,
De soie, et d'or, et de soleil.
Hélas ! j'y tombai, dans la prose,
Derrière un comptoir décrépit,
Où j'aunai du doigt, sans répit,
Adieu, la muse blonde et rose !
,1e devins tout triste et morose,
Et le castillan s'infiltra
Dans mon français qui s'altéra.
Comme sur les arbres de lierre,
Sur mes noms et mes adjectifs
Se greffèrent, rébarbatifs,
Des mots de forme singulière ;
Cervantès grimpait sur Molière.
Pourtant, mon cerveau résistait :
Quoique m'y sentant mal à l'aise,
Je rimais en langue française
Avec le peu qui m'en restait.
Et je nourrissais, dans ma tête,
Le dessein d'acheter, complète,
Lorsque j'aurais un revenu,
L'œuvre de chaque grand poète
Qui m'était encore inconnu.
Longtemps, j'attendis cette aubaine ;
Et quand de l'argent m'est venu,
Je touchais à la cinquantaine.
Maintenant, loin des Alhambras,
Vieux, hélas ! et plein d'ignorance,
Je te reviens, Muse de France ;
Ouvre-moi ton cœur et tes bras.
Sois-moi de nouveau fraternelle,
Toi, l'impérissable beauté,
Dont le regard plein de clarté
Verse la jeunesse éternelle !
Adoucis ton œil triomphant,
0 Muse, et souris au vieil homme
Qui te revient, et t'aime comme
il t'aimait déjà tout enfant.
A.

VERMENOUZE

Un cop, i avia tres Bitots.
Et rolavon, pechaire, et lo freit li
ganhel.
Se seteron pelh acotament de la rota,
et mescleron sis chambas per s'eschaufar, et s'endormigueron.
Mas, quant se desvelberon, lis chauguet despartir :
« — Àquelas es miona !
« — Aquelas es tiona ! »
Ez àuria chaugut vener a se batre,
per se despartir.
Passa'n charrier. Lis paures Bitots
lhi demanderon si'lh faria pas lo plazer de'lh despartir ses chambas, quez
eron trop mescladas per quez els zo
poguesson faire.
L'autre atapa son petarel, escopis per
si mans... et te'ls auguet leu despartits !
Aqui a lis tres Bitots que tornon
prener sa rota. Ez avian set!... E'ih
avia un pous. Mas l'aigas era bassa, et
chalia biure...
Et s'ataperon li mans un de l'autre,
et fagueron la chadena. Aquelh quez
era a la cima, aco tirava, et cridet am
l'autre :
« — Mi mans lizon !...
« — Escopis hi !... »
Elh vouguet escopir per si mans.
Aco faguet que totes tres s'en aneron
dins lo pous...
Beleu enquera hi son.
Henri

GILBERT.

(Ce petit conte a été recueilli à Channat, canton de La Voùte-Chilhac.)

Une CHAMBRE des MÉTIERS
A CLERMONT-FERRAND
L' « Officiel » publie le décret suivant :
Article Ier. — Il est créé à ClermontFerrand une Chambre de métiers dont
la circonscription s'étendra au département. La répartition des métiers représentés et le nombre des artisans maîtres
et artisans compagnons, membres de
la Chambre de métiers sont fixés par
catégorie.
Art. 2. — Il sera procédé à des
élections générales pour la nomination
des membres de la Chambre de métiers
du Puy-de-Dôme dans un délai de six
mois à dater de la publication du présent décret au « Journal officiel ».

MAINTENANCE
D'AUVERGNE
Le bureau de la Maintenance d'Auvergne présente ses vœux aux groupements félibréens auvergnats ainsi qu'à
tous les félibres. Il leur souhaite succès et prospérité pour l'année qui vient
de commencer.
LE

BUREAU.

RECETTES D'AUTREFOIS
(suite)
Conservation du beurre frais.
Bien laver le beurre, en emplir des
pots de manière très serrée. Retourner
les pots, en appuyant l'ouverture sur
un plat rempli d'eau froide. Changer
cette eau tous les jours. Après avoir
pris de ce beurre chaque fois qu'il
sera utile, renverser de suite le pot
sur le plat.
Conservation du

hit.

On peut conserver le lait pendant des
semaines en le faisant bouillir tous les
jours.
En été, y mettre, par livre, une pleine
cuillère à café de bicarbonate de soude
à la première ébullition, et placer le pot
dans un endroit bien frais.
Mme Raoul

DUPAIN.

(A suivre).

HAUTE-AUVERGNE
ARTISTIQUE
Notre ami, le félibre compositeur
Louis Debrons, vient de fonder, à Aurillac, avec le concours d'éminentes
personnalités, un nouveau groupement
îélibréen dont le but est, d'après l'art. IER
des statuts, « de concrétiser — notamment sur la scène — l'effort de recherche, de conservation et de rénovation
des vieilles danses et chansons d'Auvergne ».
Ce groupement, qui a pris pour titre,
« Haute-Auvergne Artistique », se propose, en outre, de faire connaître l'Auvergne et de collaborer aux manifestations des autres sociétés régionalistes.
Voici la composition de son bureau :
Président d'honneur, M. Louis Dauzier,
sénateur-maire d'Aurillac ;
président,
M. le Dr Puech, président du Syndicat
d'Initiative d'Aurillac ; vice-présidents,
M. Louis Debrons, vice^syndic de la
Maintenance d'Auvergne ; M. Louis
Delhostal, majorai du Félibrige ; secrétaire général, M. Alfred Prody, de la
Société des Gens de Lettres ; secrétaire-adjoint, M. Jules Roc, agrégé de
l'Université ; trésorier, M. Félix Faubladier, employé de banque ; membres
du comité (conseillers techniques), Mlle
Madeleine Viards, MM. Cardou et Dubon. M. Debrons assure les fonctions
de directeur artistique du groupe.
Au nom de la Maintenance d'Auvergne, nous saluons la naissance de la
« Haute-Auvergne Artistique » et lui
souhaitons toutes sortes de succès.
H. G.

LES AMIS
DE LA LANGUE D'OC
Les amis de la langue d'oc ont repris leurs séances hebdomadaires du
vendredi, le 18 novembre dernier, au
café Voltaire, Place de l'Odéon.
Cette brillante soirée a été marquée
par une causerie de M° Dupin, avocat
à la Cour, sur les œuvres languedociennes du
chansonnier PoussigueMeyrel.
Les chansons furent chantées aux
applaudissements de tous par M. Baldoux, de l'Opéra-Comique et le chansonnier lui-même, qui eut le plaisir de
retrouver plusieurs de ses anciens amis
de l'association générale des étudiants
de Montpellier.
A la séance du 2 5 novembre la presse
félibréenne a fait l'objet de lectures et
de critiques.
Le vendredi 2 décembre a été consacré à une conférence de M. RouxParassac, sur l'Amie d'Aubanel Sophie
du Terrail et le félibrige dans les Hautes-Alpes. Nombreuse assistance.
Tous les amis des dialectes méridionaux sont conviés à assister à ces réunions et à s'abonner au bulletin des
« Amis de la lengo d'O » (10 fr., chèques Postaux, Paris 366-4g, Lasserre,
72, Avenue d'Orléans) qui les tiendra
au courant du mouvement félihréen.

LISEZ LES LIVRES DES FÉLIBRES :
Henri GILBERT

LA COVIZADA
A CHATEAUROUX

(i85o-ip,io).

(Dernières Veillée;, Edition de la
Revue des Poètes, Librairie Jouve
et O).

Félicitons sincèrement les dirigeants
et les membres de la « Haute-Auvergne Artistique », Mme et M. Louis
Debrons et les jeunes acteurs qu'ils ont
su grouper autour d'eux.

A peine formé, le groupe a fait, les
10 et 11 décembre, une brillante sortie
à Châteauroux, où il était appelé par
les « Enfants du Limouzin, de la Marche et de l'Auvergne ».
Le 10 décembre, après le banquet
présidé par M, Robert Garric, une
grande félibrée fut donnée, au théâtre
de la ville, devant un nombreux auditoire. On y applaudit les artistes berrichons, MM. Lajot, Lafarcinade, Gaston
Rivière ; Mmes Teinturier et Moulin,
Mlle Gaujard. Après la conférence de
M. R. Garric sur Vermenouze, les artistes auvergnats entrèrent en scène :
Mlles Viards et Gardes. MM. Dubon,
Cardou et les cabretaires, MM. Morzières et Dancie, obtinrent un succès
considérable.
Les fêtes continuèrent, le lendemain,
par une visite au monument aux morts
de l'Indre et par un banquet de 200
couverts. Allocutions de MM. Moulier,
maire de Châteauroux ; Anthouard, Inspecteur d'Académie, Lafarcinade, Debrons, Garric.

Contes et dialogues en langue d'oa
avec la traduction française ; notes étymologiques ; indications pour la lecture
du texte.
(Cet ouvrage a obtenu un Grand Prix
de prose).
Prix : i5 fr., librairies de 1'« Avenir »,
Delaunay, du « Moniteur », etc., et chez
l'auteur, 7, rue Serret, Clermont.

CONTES DE

LA

LUNEIRA

Contes en langue d'oc avec une traduction française ; notes étymologiques ;
indications détaillées pour la lecture du
texte.
Prix : 25 fr., chez l'auteur et dans
deux librairies seulement : « Avenir »,
Delaunay.
Joseph BERAKD

LIGNES
S'adresser à l'auteur, 6, rue Savaron.
Prix : 12 fr.
Etienne MARCENAC

A L'OMBRE DES BOULEAUX
Mêmes librairies. Prix : 12 fr.

�L'ALAUZA D'AUVERNHA

REGIONALISME
DE

SÉANCES
PUBLICITÉ GRATUITE
en faveur des industries
d'Auvergne.

« Lo Covize de l'Escola de Limanha »
organise, tous les ans, à Paris, avec le
concours de « L'Alauza d'Auvernha »,
une séance de publicité gratuite en faveur des industries d'Auvergne. Cette
séance aura lieu, cette année, à la soirée
du mercredi 22 février (Café Voltaire,
Place de l'Odéon).
Les industriels, les commerçants, ainsi
que les écrivains et les. artistes d'Auvergne sont invités à y participer. Y sont
également admis les industriels qui donnent de la publicité à « L'Alauza d'Auvernha ».
Pour bénéficier de cette publicité gratuite, il suffit de mettre à la disposition
des organisateurs des échantillons de
marchandises.
Au cours de la soirée du 22 février,
les échantillons seront présentés au public et feront l'objet d'une causerie sur
les principales industries d'Auvergne.
Les noms et les adresses des commerçants seront indiqués, les prospectus et
les cartes commerciales seront distribués,
et, enfin, aura lieu, au nom des exposants, une vente-réclame dont le produit servira à couvrir les frais d'organisation, ainsi que les frais d'impression des annonces dans « L'Alauza d'Auvernha ».
Les avantages procurés aux commerçants sont les suivants : leurs marchandises sont présentées à un .public qui
est tout acquis à notre œuvre, et, par
conséquent, tout disposé à favoriser les
commerçants auvergnats ; — ce public
se retrouve, en Auvergne, au moment
des vacances et des villégiatures ; —
les commerçants bénéficient de plusieurs
annonces ' gratuites dans « L'Alauza
d'Auvernha ». En un mot, c'est uniquement dans leur intérêt, et afin de leur
faire de la publicité, que ces séances de
vente-réclame sont organisées, les organisateurs n'en attendant aucun profit
personnel.
Pour Paris, les envois doivent être
adressés à M. le colonel Pessemesse,
directeur du « Covize de l'Escola de
Limanha », 29, rue des Favorites, Paris (i5e). Avoir soin de munir ces envois d'une étiquette indiquant le prix
de vente, ainsi que les noms et adresse
de l'expéditeur. En expédiant, dès maintenant, les échantillons, on bénéficiera
de deux annonces gratuites.

A CLERMONT-FERRAND
Une séance de publicité gratuite aura
heu, dans les conditions exposées cidessus, au Covize du i5 février, salle
de 1'« Oustau » de l'Amicale Cantalienne, 10, rue Maréchal-Joffre.
Les adhésions sont recueillies par
M. Henri Gilbert, directeur de « L'Alauza d'Auvernha » et des Covizes de
Clermont, 7, rue Serret, à Clermont.
; Voici la liste de celles qui ont été
reçues à ce jour :
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annonce en 4e page).
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(Voir annonce en 4e Page).
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BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ « L'AOVEBGHE » SE LÏOH
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SOCIAL : 32 , RUE THOMASSIN

L'Arbre de Noël
de « L'Auvergne »
Jeudi 22 décembre, à 15 heures, les
vastes Salons de la Brasserie Tho'massin
étaient remplis par une foule d'enfants
de sociétaires qu'on avait conviés à venir
se partager toute la variété des jouets
que peut offrir le bazar le mieux
assorti.
Un bel Arbre de Noël, tout étincelant
de ses paillettes, de ses globes, de ses
bibelots brillants et colorés, disait aux
yeux ébahis de tout ce petit monde,
les promesses de bonheur qu'il abritait
, et qui surchargeaient les tables d'alentour.
Garçonnets et fillettes, en uia groupe
nombreux, avaient été costumés en petits
I Auvergnats, et c'était charmant de les
voir évoluer dans l'exécution d'un pro■ gramme de scènes enfantines que, paJ. DUMAS,
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travaux d'amateurs et pour peintres, 4g,
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Fabrique de poteries, Lezoux (Puyde-Dôme) .
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Marqueterie, 38, Avenue de Bordeaux,
Chamalières.
M. Maurice BUSSET,
Artiste-peintre, 36, Avenue du
de-Dôme, Clermont : Gravures.

Puy-

M. Jean CAMUS,
Sculpteur, Clermont : Terres cuites.
M. POUYET,
Sculpteur,
Boulevard Duclaux,
Clermont, Réparation d'objets d'art,
Céramiques, tableaux : Un buste, cire
d'art.
M. Emile ROLLIER,
Artiste-peintre, 17, rue de la Treille,
Clermont : Un- tableau.
M. COMBES,
Artiste-peintre, 26, rue du Port, Clermont : Aquarelle.
M. Léon GENDRE,
Photographie, 32, rue Ballainvilliers,
Clermont : Un agrandissement 18x24
ou une pose (au choix).
M. Henri GILBERT,
7, rue Serret, Clermont : « La Covizada » (3 dessins de Gabriel Moiselet).
M. Etienne MARCENAC,
à Uzols, par St-Santin-Canlalès (Cantal) : « A l'ombre des Bouleaux ».
M. Joseph BERARD,
r
6, rue Savaron, Clermont : « Lignes ».
M. Léon GERBE,
Paris : « Au Pays d'Artense » (Illustrations du peintre Emile Rollier).
« L'ALAUZA D'AUVERNHA »
(Revue régionaliste et félibréenne), Directeur
Henri Gilbert, 7, rue "Serret,
Clermont : 3 abonnements gratuits.
« L'AUVERGNE LITTÉRAIRE »
(Revue régionaliste), Directeur : Doc-

tiemment, avait préparé Mlle Visseyrias,
professeur de violon.
Le succès en fut grand, et tout le
mérite en revient aux dames et demoiselles groupées autour de Mmes Nougein
Simonne l, Besseyrias, Visseyrias ; Mlles
Harych, Avel, Salarnier, Bouifard, Visseyrias, qui, par leur dévouement, ont
procuré de la joie aux tout-petits.
Alix côtés du président, M. Nougein,
étaient MM. Brun, conseiller de préfecture ; Perret, adjoint au maire ; Simonnet, vice-président ; Visseyrias, trésorier ; A. Gilbert, Besseyrias, secrétaires ;
11.-15. Gourdon, Bûche, Harych, de la
commission des fêtes, et un certain nombre de sociétaires.
Prochaines réunions.
29 janvier. — Matinée : conférence
de M° Therre sur l'œuvre de Henri
Pourrai.
4 février. — Grand bal au PalaoeHôtel.

2i janvier. — « La Blesloise » : Banquet et bal ; présidence de M. Fayolle,
sénateur (29, Boulevard du Temple).
21 janvier. — « La Massiaooise » :
Banquet et bal (Palais des Congrès,
Porte de Versailles).
LA VIE DES SOCIÉTÉS
« Ami raie d'Ardes ». — La société vient
de se reconstituer. Voici la nou\ellc
composition de son bureau : Président,
M. Ribeyro les, 5g, rue St-Blaise ; viceprésident, M. Marion, i3, rue Tionc'iet;
■résorier, M. René Pironnint ; secrétaire,
M. Jean Fournier, 1, rue du Général
Largeau.

PARIS

LO COVIZE
DE L'ESCOLA DE LIMANHA

« La Sanfloraine ». — De nombreux
convives assistaient au banquet du 17 décembre, présidé par M. Maurel, souspréfet de Saint-Flour. M. Vaissade fit
applaudir une chanson en dialecte, puis
M, Bouniol, président de l'amicale ;
Brunei, sénateur ; de Castellane, député;
Pròsper Remise, de l'Aurillacoise, prirent, tour à tour, la parole. Le poète
Gandilhon Gens-d'Armes déclama ses
magnifiques sonnets dédiés à « la Cité
du Vent ».

teur Balme, i3, rue Rabanesise, Clermont : 2 abonnements gratuits.
Tous nos remerciements à M. Champion, commissaire général de la section
d'exposition artisanale d'Auvergne, qui a
bien voulu intéresser les Artisans d'Auvergne à la vente-réclame et rassembler
leurs échantillons. En outre, M. Champion a accepté, de bonne grâce, de présenter ces échantillons à la séance du
i5 février.
Les adhésions à la séance de publicité
gratuite de Clermont continueront à être
reçues, jusqu'au i5 février inclusivement. Mails il y a avantage à adhérer dès
maintenant.

Le prochain covize aura lieu le mercredi soir, ^5 janvier, à 8 h. 45, au
Café Voltaire, Place de l'Odéon. Présidence de M. Louis Farges, Ministre
Plénipotentiaire. Conférence de M. Jean
Camp, Agrégé de l'Université : « Les
Etats hliputions : Andorre, Monaco,
■ Lichtenstein. — Félibrée. — Danses
'anciennes au son de la chabrette et de
:1a , vielle.
Le Gérant : H. GILBERT.

CLERMONT
Le Covize mensuel se tiendra mer-

Le Puy.

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du paintre Pierre Favier.
Nous signalons à tous les félibres que
notre ami, le peintre Pierre Favier,
membre du « Covize de l Esoola de Limanha », organise une exposition de ses
œuvres à la Galerie d'art de l'Union
latine d'éditions, 33, Quai des GrandsAugustins, non loin de la Place SaintMichel.
Le jeune peintre, dont le talent est,
de plus en plus remarqué, a réuni une
trentaine de toiles dont les sujets ont été
pris au Velay et au Rouergue.
Nos compatriotes et, particulièrement,
nos sociétaires, ne manqueront pas
d'aller visiter cette exposition, laquelle
sera ouverte tous les jours, dimanches
compris, de g h. 3o à midi 3o et de
1 heure à 6 h. — Durée : du 8 au
28 janvier.

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de la Basse-Auvergne »

credi soir, 18 janvier, à 8 h. 45, à
1'« Oustau », 10, rue Maréchal-Joffre.
M. Léon Chambre fera une conférence sur « Vermenouze, poète en langue française ». — Félibrée.
Nous invitons spécialement les félibres, les abonnés de « L'Alauza d'Auvernha », les adhérents de l'Amicale
Cantalienne, de l'Union de la Hte-Loire,
et toutes les personnes qui s'intéressent
au régionalisme.
Les nouvelles inscriptions seront reçues au cours de la réunion.

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8 janvier. — « Lo Covize », amicale
de Brioudo : Banquet et bal (Coquet).
ÍU janvier. — « Les Amis de Chignore » : Banquet et bal, Salon Vianey ; présidence de MM. Pierre Laval,
sénateur, et Praclel, député. Le président, M. II. Delaire, ayant été nommé
Chevalier de la Légion d'honneur, recevra un souvenir.
21 janvier. — Amicale d'Ardes : Banquet et bal (Salons Viariey).
25 janvier. — « Lo Covize de l'Escola
de Limanha » : Covize, à 8 h. 45",
Calé Voltaire, Place de l'Odéon ; présidence de M. Louis Farges ; conférence par M. Jean Camp. — Félibrée ;
danses (vielle et chabrette).
28 janvier. — « Union des Amicales
de la Basse-Auvergne » : Réunion des
Bureaux des Amicales.
U février. — « Le Bousset » : Banquet et bal (Littré).
11 février. — Amicale de Brassac :
Banquet et bal (Salons Gillet, Porte
Maillot).
Amicales diverses.
8 janvier. — « Lis Esclops » : soirée
dansante, 10, Bd Beaumarchais.
1U janvier. — « La Margeride » :
Banquet et bal (Porte Dorée, Av. Daumesnil, 275).

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J_.iL.

PUY

(HAI

TK-LOIKK)

BULLETIN D'ABONNEMENT
Je soussigné, déclare souscrire un
D'AUVERNHA, à partir
Au nom de M

abonnement d'un an

du
_

profession
domicile

à L'ALAUZA

_
_

*

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10 fr pour les sociétaires du « Covize de l'Kscola de Limanha ».
des

Envoyer ce bulletin
y joignant un chérit' postal
Tapis, a Lyon. — Compte Chèques-Postaux S-553.

à

M,

ANTOINE

GILBERT,

3,

Pl»c«

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              <text>L'Alauza d'Auvernha : organe de la Maintenance d'Auvergne et des sociétés auvergnates à Paris. - 1933, n°44 (Janvier)</text>
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              <text>L'Alauza d'Auvernha. - 1933 - N° 44</text>
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              <text>Gilbert, Henri (1874-1955), Directeur de la publication</text>
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              <text>L'Alauza d'Auvernha (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/12715"&gt;Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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              <text>Pessemesse (Colonel)</text>
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              <text>L'Alauza d'Auvernha. - 1933, n°44 (Janvier) </text>
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