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                  <text>ONZIÈME ANNÉES — N«s 85, 86.

NOUVELLE SÉRIE.

Juin 1942

ORGANE TRIMESTRIEL DE LA FÉDÉRATION RÉGIONALISTE AUVERGNATE
Littérature —

Histoire

—

Arts — Langue d'Oc — Folklore — Tourisme
INTÉRÊTS 1)8 NOTRE RÉGION

DEFËNSK

1)1«

Directeur-Fondateur :
HENRI

GILBERT.

rue

68.

Administrateur :
Bansac

ANTOINE GILBERT,
Compte

CLERMONT-FERRAN D

ABONNENENTS

:

Simple, 20

(t■

— De Soutien, 25

10,

Chèques

IV.

rue-Victor Fort,
:

Lyon.

LYON

9,553

D'Honneur, 30 fr.

COMITÉ DE RÉDACTION
MM. AUGUSTE CAS ATI,

Louis

DEBRONS,

Mme

RAOUL

DUPAIN,

MARCEL

BERTHON,

ROBERT DELONGVËRT. A.-C. FOUSSON, JOSEPH FREYCENET, HENRI GILBERT, ANTOINE
GILBERT.

EMILE

MORISQUE.

Madame

MALVEZIN,

JOSEPH

BLANCHE

ETIENNE

PAGENEL.

MARCENAC.

Lieutenant-colonel

LÉOPOLD

MAURANNES, ANTOINE

PESSEMESSE,

D&lt;

EMILE

ROUX,

ROZIÈS.

SOMMAIRE
LA LANGUE D'OC A L'ECOLE, par Henri Gilbert
LES ARTS.

—

Expositions de peinture, par R. Delongvert et

H. Gilbert.

POESIE : Le coucou chante (Léon Boyer). — Hérédité (Robert du Corail).
— Sauta cabrit (Louis Delhostal).
LANGUE D'OC : I. Parladis am de sau et de pebre (Henri Gilbert). — IL
Petit vocabulaire patois de la région de La Voùte-Chilhac.— III. Proverbes (L. Maurannes) — IV
Mots occitans (Henri Gilbert). — V.
Folklore. Lettre d'un parrain à son filleul (Vincent Jobert) — Réponse à
un vaniteux (Marie Dumont).
RÉGIONALISME. — Anciennes coutumes (H. Gilbert). — Notre action
Covize). — Nécrolegie. — Les Livres,

(Lo

FILEUSE
Région d'Aigueperse
(Cl. Imp. Bérillon)

Ce numéro : 6 Fr.

�A

NOS

ABONNÉS

Malgré l'augmentation considérable des frais de toutes sortes, nous avons
maintenu l'abonnement à « L'ALAUZA D'AUVERNHÀ » à un taux très
bas. Mais, pour compenser la perte qui en résulte, il a été établi trois catégories d'abonnements. Chacun choisira, de son plein gré, en s'abonnant ou
en se réabonnant, celle qui lui convient :
i° L'abonnement simple : 20 fr.
2° L'abonnement de soutien : 25 fr.
3o L'abonnement d'honneur : à partir de 3o fr.
Les abonnements seront adressés à l'Administrateur, M. Antoine Gilbert,
10, rue Victor-Fort, à Lyon (Compte-chèques : Lyon g.553). Ils pourront
aussi être versés au gérant, M. H. Gilbert, 68, rue Bansac, à Clermont-Fd,
aini qu'aux trésoriers du « COVIZE », qui en délivreront reçu et transvmettront.
Tous nos abonnés de la zone occupée se trouvant séparés de nous, la
revue est privée de leurs cotisations. Il est donc absolument nécessaire que
tous nos amis s'emploient activement à grossir le nombre de nos adhérents
en zone non occupée, faute de quoi il ne serait pas possible d'assurer une
publication régulière. Dans ce cas, notre action régionaliste serait ralentie,,
sinon paralysée.
Nous demandons, en outre, instamment à tous nos adhérents do vouloir
bien renouveler leur carte à la date voulue : toute négligence, à cet égard,
entraîne de sérieux inconvénients aussi bien pour « LO COVIZE » que
pour la Revue. Afin d'éviter des frais de correspondance et de recouvre»ment,-nous mentionnerons, désormais, dans chaque numéro, les versements
qui auront été effectués : ainsi, chacun sera averti, en cas d'oubli, et se
hâtera de se mettre à jour.
Pour recevoir la revue, il est nécessaire d'être à jour.

ABONNEMENTS

REÇUS EN

19/42

Brioude : M. H. Noir, 3o fr.
Charolles (Château de Terzé) : M. du Corail : 3o fr.
Clermont : MM. le Président Chazal, 3o fr. ; le bâtonnier Billy, 3o fr. ;
Vachérias, 20 fr. ;

Léonet, 20 fr. ;

Pauipy, 25 fr. ;

Valès (Maison des

jeulnes), 25 fr. ; Delivert, 20 fr. ; Dauphin, 2,5 fr. ; Délégation régionale!
à la Jeuhesse, 3o fr. ; Sanitas, 20 fr. ; Accassat, 20 fr. ; Armand, 25 fr. ;
Baron, 25 fr. ; Germoulty, 20 fr. ; Redon, 25 fr. ; Mmes Mesnier, 25 fr. ;
Laroitle-GuÎlIon, 3o fr. ; Dimoyat, 3o fr. ; Eynard, 20 fr.
Courpière : M. F. Bal, 25 fr.
Fournol (Le Peaghier) : M. Besset, 20 fr.
Le Puy : M. L. Besqueut, 3o fr.
Monlferrand : M. Kloeckner, 20 fr.
Paris : M. Plagne, 3o fr.
Saint-Etienne : M. Ch. Combes, 3o fr.
(A suivre).
Nous remercions vivement ceux de nos abonnés qui ont transformé leur
abonnement simple en abonnement de soutien ou en abonnement d'honneur.

�LA LANGUE D'OC A L'ÉCOLE
tèffi^

Les parlers de la Basse-Auvergne.

f

Le dialecte de la Basse-Auvergne — différent
de celui du haut pays — comprend un certain
nombre de sous-dialectes ou parlers dont les
variations locales ne constituent pas des différences essentielles.
Ces phénomènes linguistiques sont, d'ailleurs, expliqués par la
philologie.
Où la difficulté est la plus grande, c'est dans l'écriture de la
langue. Depuis longtemps, l'unité graphique étant rompue, chacun
veut avoir son système, lequel repose invariablement sur la phonétique française, ce qui est proprement une hérésie. Nous connaissons même un Clermontois, homme original, qui a imaginé, pour
écrire ses productions d'un genre un peu spécial, une multitude de
signes destinés à figurer la prononciation dans tous ses détails,
sans établir, cependant, des règles générales... Par ces procédés
absurdes, où la science n'a aucune part, on accentue la décomposition des parlers et l'on arrive à en faire des patois barbares.

Le « Félibrige » et la langue d'oc.
Est-il possible, dans ces conditions, d'introduire la langue d'oc
dans les écoles ? Et, pourtant, l'enseignement des langues locales,
particulièrement des parlers auvergnats, s'impose pour des raisons
qu'on a exposées maintes fois. Peut-on rendre à nos provinces leur
visage traditionnel sans assurer le développement de leurs langues ?
Où serait la tradition, si elle ne se trouvait pas dans les parlers que
nos ancêtres ont façonnés et enrichis ? Sait-on aussi que le français,
qui leur a fait tant d'emprunts, a besoin d'eux pour être parfaitement compris et expliqué ? Le Félibrige, a bien fait de « la langue
d'oc à l'école » une revendication tapageuse, mais il a été incapable
de la faire aboutir parce qu'il en est encore à l'écriture employée
par Mistral. Mireio a paru en 1859 et ledit Félibrige, s'il a réussi
à embrigader, dans tous les pays d'oc, des équipes chargées de

�faire de la réclame pour la Provence, n'a pas eu l'autorité nécessaire pour faire adopter une graphie rationnelle qui eût amené une
unification relative des différents dialectes. Et, depuis plus de
quatre-vingts ans, il continue à errer.

La graphie mistralienne.
Qu'a donc de particulier la graphie de Mistral, ou plutôt de
Roumanille, car le premier l'a seulement adoptée? Ceci : la ressemblance voulue du pluriel et du singulier, la suppression de la consonne finale r des verbes à l'infinitif et de la finale t des participes
passés, l'emploi de la diphtongue française ou pour o fermé, enfin
le remplacement de la finale a par o.
On en aura une idée par les vers suivants, dans lesquels tous ces
cas se trouvent réunis :
«
«
«
«
«
«
«
«

Li gros brancan, carga de bouto d'óli,
Li carretoun dis eigadié qu'espouscon,
Li bancado d'arange vo de limo,
Li mouloun de coufin, de canestello,
Li escoubo de mi, li fourco d'iero,
Li peiro de moulin que vous entravon,
Li bringo-bàlo tirassant li fuslo,
Que sabe ieu ?»
(MISTRAL,

Lou Pouemo clou Rose, cant

X, 83).

— Les gros fardiers, chargés de tonnes d huile, — les camions
des arroseurs qui éclaboussent, — les banquises d'oranges ou de
citrons, — les monceaux de cabas ou de corbeilles, — les balais de
millet, les fourches de bois dur, — les meules de moulin où Ton
s'achoppe — et les bringuebales qui traînent les poutres, — que
sais-je ?
Le passage cité devrait être écrit ainsi, en observant, toutefois,
que l'article
peut, dans certains cas, lorsque l'euphonie l'exige,
s'écrire sans s :
«
«
«
«
«
«
«
«

Lis gros brancans, cargats de botas d'óli,
Lis carretons dis eigadiers qu'espouscon,
Lis bancadas d'aranges o de limas,
Lis molons de cofins, de canestellas,
Lis escobas de mil, lis forças d'iera,
Lis peiras de molin que vos entravon,
Lis bringa-balas tirassant lis fuslas,
Que sabe, hieu ?»

�— 3 —
Cette transformation accomplie, on s'aperçoit que le provençal
n'est pas une langue à part, comme le prétendent les mistraliens,
mais un dialecte qui prend tout simplement sa place à côté du limousin, de l'auvergnat, du languedocien, du gascon. Et l'on voit aussi
que cargats, régulièrement écrit, ne pourra plus rimer avec cargar,
cargas, cargat, ce qui sera bien dommage pour beaucoup de rimailleurs provençaux !
« C'est la grave erreur de la graphie mistralienne », dit le poète
gascon Charles Derennes, « d'avoir été créée pour que les rimes
fussent commodes et conformes à une tradition française (oui, pour
comble, française !), encore inviolée en 1850... Et la même raison
qui a fait supprimer les s au pluriel dans le dialecte rhodanien !
Encore en faveur de la rime pour l'oeil !... Il est agaçant que le
dialecte qui a fait la plus riche gloire de la poésie moderne d'Oc
continue à ressembler, par la graphie, à je ne sais quel espéranto.
Au nom de quoi? de qui? Mistral ? .. »
Il est juste de dire que Mistral déplora, à divers moments de sa
vie, d'avoir substitué la voyelle o à la finale a. Les regrets du
Maître n'ont pas été stériles, puisque les grands poètes provençaux
Màrius André et Valère Bernard, suivis par leurs disciples, ont
abandonné courageusement l'écriture mistralienne pour adopter la
méthode de restauration graphique intégrale préconisée par Antonin Perbosc et Pròsper Estieu, de YEscola Occitana, de Toulouse.
Quant au Félibrige,''nu lieu de reconnaître les défauts de Mistral, il
en fait un article de foi et proclame intangible une manière d'écrire
qui est inacceptable, même pour le provençal.

Une graphie rationnelle.
La question de la langue étant liée à la reconstitution de notre
province, les regionalistes auvergnats, groupés au Covize, ont établi, depuis longtemps, une graphie rationnelle qui est propagée
par leur revue L'Alausa a"Auvernlia. Cette graphie est basée sur
l'étymologie en même temps que sur la phonétique occitane, et elle
tient compte de l'évolution de nos parlers : ainsi, tout en ayant sa
source dans la tradition, tout en restant classique, elle s'adapte
rigoureusement à l'état actuel de notre dialecte, en sorte qu'elle
l'écrit tel qu'il est parlé. Bien mieux, la graphie de L'Alauza
a"Auvernlia est valable non seulement pour le dialecte auvergnat,
mais encore pour les dialectes de la langue d'oc, à condition, on le
conçoit, de tenir compte des particularités dialectales. On peut
s'en rendre ^compte en lisant les ouvrages que les membres du
Covise ont publiés, ainsi que les textes qui paraissent dans chacun
des numéros de L'Alauza a"Auvernlia. On le verra encore mieux,

�lorsque sera présenté prochainement, sous le titre Lis Conlaires
del/i covize (Les Conteurs du C'.ovize), un recueil des contes qui ont
été dits, par leurs auteurs, aux réunions regionalistes du Covize,
principalement à Paris et à Clermont. Il pourra être mis entre les
mains des enfants des écoles et servir à l'enseignement.
La graphie de YEscola Occitana, de Toulouse, est établie d'après
les mêmes principes que celle de L'Alauza cTAuvernlia : l'étude
approfondie des textes des troubadours, à laquelle on s'est livré, de
part et d'autre, sans qu'il y ait eu entente préalable, a conduit au
même résultat; mais l'application de ces principes à deux dialectes
différents, tout en faisant apparaître ce qui leur est commun, a
laissé subsister nécessairement des différences dialectales. Il n'en
est pas moins vrai que la lecture des textes gascons par les Auvergnats, et réciproquement, en est grandement facilitée.
Il est un point, cependant, sur lequel, d'accord avec d'éminents
romanistes comme René Lavaud et P -L. Grenier, nous faisons des
réserves : l'emploi de s au lieu de deux s, contrairement à la tradition suivie par les troubadours. Cette simplification, si elle rapproche la langue d'oc de l'espagnol, l'éloigné du français. Il est
bon, au contraire, de conserver ce que le dialecte a de commun
avec la langue nationale.
"\JEscola Occitana a trouvé un adepte en M. Benoit (dit Benezet :
pourquoi ?) Vidal, « félibre » clermontois. M. Vidal a eu la singulière idée d'affubler des formes gasconnes le langage particulier
qu'il écrit, mais qu'il ne peut faire comprendre nulle part, car c'est
une sorte de langage hybride formé avec des vocables empruntés
un peu partout. Pour en donner une idée à nos lecteurs, nous leur
mettons sous les yeux une collection de mots et d'expression glanés,
au hasard, dans son petit livre, Un Amor, sorte de roman-feuilleton :
venguet-oc (fit-il) ; lo col bluiit (le cou bleui) ; una fluxion de peitrina
(une fluxion de poitrine) ; l'air bestie (l'air bète) ; ma sotzpresa (ma
surprise); profich (résultat?); dopte (doute) ; peZsr(fpis); lec/i (lit);
conseil/ier dou comerci en defora! (conseiller du Commerce extérieur) ; sapchet fil sut) ; sens oc voler isans le vouloir) ; se sab, pretocanta (!) istoria (on sait, touchante histoire,; clafit de mat.'.'!
bourré de « math »; sic!); logar (louer); estalatz ! \ (installé); oc
podetz dire (vous pouvez le dire) ; son agach (ses yeux) ; ai polsat la
porta(]a.i poussé la porte) ; auborar (!) la testa (lever la tête) ; un
brut de loclia ? ! (un bruit de lutte) ; ma dich (m'a dit)
Il y a là, non seulement une large importation de formes et de
vocables étrangers à notre province, des mots français patoisés, des
termes mal employés, mais encore des trouvailles personnelles
vraiment dignes d'un « majorai du Félibrige » : venguet-oc, pour
dire « fit-il », est bien original; son agach est beau; clafit de mat est
tout simplement magnifique !... Mais ne nous tenons pas d'admirer,

�— S surtout, le merveilleux, le suave conseilher doit comerci en defora ! !!..
M. Vidal, que nous avons mis en garde courtoisement, nous a
écrit : « Je n'ai de leçon à recevoir de personne, et, surtout pas de
vous ! » Nous lui répéterons, puisqu'il le faut, et cette fois publiquement et sans ambage, qu'il fait un emploi erroné de la graphie
de l'Escola Occitana. Pour savoir l'adapter au dialecte auvergnat, il
est nécessaire de connaître l'un quelconque de nos parlers et d'avoir
fait certaines études, faute de quoi il est plus qu'imprudent, il est
nuisible de se poser en chef d'école et de s'adresser à la jeunesse.
Et c'est justement là qu'il faut en venir.
M. Vidal organise des concours littéraires en langue d'oc. Chaque
année, il fait insérer, dana les journaux de Clermont, un texte toujours signe de lui et pris invariablement — une exception confirme
la règle — dans un de ses recueils. Ce texte doit être traduit par
les élèves des écoles, Il n'est pas recommandé, évidemment, de
copier la traduction dans le recueil en question; mais rien n'empêche de le faire, si on a eu la bonne idée de se procurer le livre...
Les « Jeux floraux de l'école de Limagne » sont signalés dans le
Bulletin académique. Quant au jury de ce concours, la composition
n'en est pas donnée; il semble se réduire aux seuls Benezet Vidal
et à l'immanquable Dr Balme, qui est féru, lui aussi, de langue d'oc.
La ville de Clermont prête la grande salle de la mairie, et, au jour
fixé, de hautes personnalités sont conviées à donner, par leur présence, la plus grande solennité à la distribution des prix aux
lauréats, c'est-à-dire pour nous en tenir à la langue d'oc, aux enfants
qui ont le mieux déchiffré, avec ou sans livre, le volapuck de Benezet Vidal... Tout cela en faveur d'une pareille entreprise.
Nous approuverions pleinement M. Vidal, et ne lui marchanderions pas notre appui, si son iniliative pouvait être utile à la diffusion de notre dialecte. Elle est, au contraire, nuisible, même si
l'intéressé ne le veut pas, parce qu'elle induit en erreur le public,
et, chose particulièrement sérieuse, les enfants. Aussi, n'hésitonsnous pas à la dénoncer. Il est temps de dire tout net à certaines
personnes, à Clermont, que chacun doit rester à sa place, qu'il est
bon de travailler dans l'ordre, et que le règne des incompétents
et des moitrinaires doit prendre fin... Mais pourquoi l'Académie de
Clermont ne s'intéresse-t-elle pas davantage au régionalisme, en
général, et à la langue d'oc, en particulier ? N'est-ce pas elle qui
devrait instituer des concours littéraires, tant en français qu'en oc,
en les dotant de prix ? Un jury impartial et compétent saurait qu'il
y a, en Auvergne, quelques écrivains en langue d'oc qui peuvent
fournir des textes intéressants, et l'on ne verrait plus de malheureux
enfants s'évertuer sur des écrits aussi mornes que vides de sens.
Rien ne serait plus propre à les encourager à l'étude du dialecte,
que des extraits d'oeuvres vraiment littéraires et bien écrites.

�-

6 —

L'étude du dialecte.
Lorsque les régionalistes auvergnats demandent que le dialecte
entre à l'école, ce n'est pas seulement pour y être l'auxiliaire du
français, mais encore pour y être enseigné. Nous convenons volontiers que cet enseignement a besoin d'être organisé et pourvu des
livres indispensables. Cependant, avant d'établir des livres classiques, la graphie doit être fixée partout où elle ne l'est pas, et cela
d'après les principes que nous avons définis précédemment.
C'est dans chaque dialecte que devra, tout d'abord, se faire l'unification. Il sera relativement facile, ensuite, de confronter tous les
dialectes, d'en voir les points communs et d'unifier encore en ne
laissant subsister que les "particularités dialectales. Alors, seulement, on pourra parler sérieusement d'enseigner la langue d'oc à
l'école.
En Basse-Auvergne, la question de la graphie étant résolue, il
reste à l'appliquer à tous les parlers : pour quelques-uns, les difficultés seront minimes; pour ceux de la lisière, où il y a eu interpénétration des dialectes d'oïl et d'oc, il s'en présentera de plus
grandes. Pour les résoudre, il est nécessaire d'établir un « Tableau
des parlers de la Basse-Auvergne ». Pour cet ouvrage, dont on
voit l'importance, nous demandons la collaboration de toutes les
personnes qui s'intéressent à notre dialecte, et, surtout, des membres de l'enseignement. Cette collaboration consistera à nous
envoyer des écrits (contes, histoires, chansons, etc.) en dialecte,
accompagnés d'une bonne traduction française. Il sera nécessaire
d'indiquer à quelle localité appartient le patois employé. On écrira
en suivant exactement la prononciation, sans se soucier de l'orthographe, si on ne le connaît pas. Il conviendra de signer et d'indiquer
l'adresse.
Les manuscrits devront être adressés à M. Henri Gilbert, 68, rue
Bansac, à Clermont-Ferrand. Ils seront étudiés, puis transcrits
dans la véritable graphie. Tous les envois seront insérés dans
« L'Alauza d'Auvernha ». Les meilleurs, dans chaque série, figureront, avec des notes grammaticales et linguistiques, dans le
« Tableau des parlers de la Basse-Auvergne ». La confrontation
des textes permettra d'établir la délimitation et l'aire des divers
parlers, ainsi que leurs caractéristiques. 11 en sera, en outre, tiré
un lexique général qui figurera à la fin de l'ouvrage.
La publication d'une grammaire et d'un dictionnaire — ce dernier
est en préparation depuis de longues années — est envisagée. Il y
sera ajouté un recueil de morceaux choisis de nos troubadours, car
il est nécessaire de faire connaître ceux de nos poètes qui ont illustré le moyen âge et que notre époque ingrate et frivole a tenus

�— 7 —
injustement dans l'oubli, alors qu'ils étaient honorés et étudiés à
l'étranger.
Nous savons que la question de la langue locale a été soumise au
chef de l'Etat par des mandataires autorisés. Le Maréchal a répondn
sagement que cet enseignement n'est pas une affaire nationale à
régler par une décision ministérielle étendue à tout le pays. Les
assemblées provinciales, lorsqu'elles seront instituées, en décideront, chacune dans son ressort.
Les régionalistes du « Covize », qui mènent le bon combat depuis
plus de trente ans, ont toujours mis leur fierté à défendre leur dialecte. Ils demandent à tous les vrais Auvergnats de s'unir à eux
pour en réclamer, le moment venu, l'enseignement obligatoire dans
les écoles.

Le rôle des parents.
Cependant, n'oublions pas que tout commence à la famille, et la
langue plus que tout le reste. La première initiation doit donc
venir des parents, dépositaires des trésors de la tradition. Nous
avons l'inappréciable avantage d'être bilingues : employons couramment notre langue maternelle. Elle sera un précieux auxiliaire
pour l'étude de la langue nationale; son usage contribuera au rétablissement de l'esprit traditionnel, et, en fin de compte, au développement de la civilisation françaiseHenri GILBERT,
Mestre en Gai Saber,
Grand prix de prose aux Grands Jeux
floraux septennaires (1927).

LES

ARTS

LA PEINTURE

Exposition Castex, Paguenaud, Baron.
Trois sociétaires des Artistes Français ont exposé leurs œuvres
à la Galerie d'Art François Camus, rue Blatin. Une commune note
de classicisme semblait les réunir, mais chacun exprimait avec
originalité sa vision propre de la nature.
M. Georges Castex, professeur à l'École des Beaux-Arts de

�— 8 —
Toulouse, dans des tableaux d'une grande simplicité, nous proposait des vues de Luchon. Son panorama « Vue générale de Luchon »
est particulièrement saisissant par la fraîcheur des coloris et l'assurance de la forme. Ce souci de la forme, du dessin, nous le
retrouvons dans « l'Hôtel Assezat de Toulouse », volontairement, sec, précis dans la fuite savante de ses perspectives, mais
que vient animer un chaud rayon de soleil glissant le long des
pierres.
M. Jean Louis Paguenaud, peintre officiel de la marine de guerre,
n'est certes pas indigne de son titre. Par des procédés divers, il
excelle à fixer la mobilité de l'onde, et ce sont, tantôt des vagues
écumantes, solidement retroussées au couteau, tantôt les surfaces
paisibles et colorées des mers du Sud, délicatement étalées au pinceau. A noter un « Paysage yougoslave », délicieusement romantique
avec son petit lac calme, ses roches indéfinissables, noyées d'une
brume impalpable aux tonalités changeantes, mauves et dorées, et
ses sombres cyprès au premier plan.
Mais cjue dire de...
Baron, qui nous étonne davantage à chaque exposition, en ce
sens que l'on quête en vain une défaillance de cet artiste qui, chaque
fois, nous propose dess étangs, des lacs et des eaux mortes, sans
manquer, une seule fois, d'originalité.
François Baron semble disposer d'une palette riche, inépuisablement, et il s'en sert avec un tempérament, une maîtrise, une
sensibilité qui font les chefs-d'œuvre.
Quelques belles /miles, notamment « Etang près de Pionsat, par
temps gris », mélancolique à souhait. Mais la matière où il triomphe
vraiment, c'est le pastel. De cette matière, si fragile, si fugitive, il
tire des effets d'une solidité qui semble vouloir défier le temps.
Et pourtant, quelle douceur, quelle fraîcheur dans ces bleus profonds et ces verts frémissants, qui semblent faire surgir, exprès
pour nous, l'âme des étangs sombres. Ces eaux sauvagement refermées sur elles-mêmes, qu'une impitoyable et luxuriante végétation
vient ronger jusqu'aux bords, semblent vouloir se dérober aux
regards. Baron y pénètre, pourtant, et c'est une féerie pour les
yeux. Témoins : ces « Bords de Sioule » ou bien ces reflets mauves
que provoque le soleil couchant sur « L'Etang de Chancelade ».
Mais c'est un tableau plus modeste que signale, seul, un numéro
(n° 44), qui a le mieux retenu mon attention. Un cours d'eau, délicat
comme une couze, y glisse entre des saules ; mais le mouvement
est imperceptible. C'est le grand silence des matins clairs où la
brume semble servir de diffuseur à une double lumière d'une harmonieuse tonalité gris-rose.
Certes, il est hardi, en matière artistique, de faire des rappro-

�— 9 —
chements, mais en face de celte toile, je n'ai pu m'empêcher de
murmurer : Corot !
Je pense pouvoir achever ici ma chronique.
Robert

DELONGVERT.

Exposition E. Malvezin.
Il est des artistes, pourtant en possession d'exceptionnels moyens
d'expression, dont on n'a aucun plaisir à « courir » les expositions,
tant on est sûr que leurs nouvelles œuvres, aussi parfaites et agréables soient-elles, n'ajouteront rien à la connaissance que l'on avait
de leur virtuosité et de leur talent.
Emile Malvezin n'est pas de ceux-là, et, en ce qui me concerne,
j'attends toujours avec impatience les nouvelles présentations de
cet excellent peintre auvergnat. Je me suis donc rendu à la Galerie
Dumas, 49, rue Blatin, où il exposait une série fort bien choisie de
« Fontaines de France ».
Entreprise pleine d'écueils que d'axer une exposition sur un
sujet unique. Tout autre risquait de tomber dans la monotonie, de
provoquer l'ennui : aussi, le mérite de l'artiste n'est-il pas mince
d'avoir réussi à nous intéresser à chacune de ces 50 productions
sans qu'aucune parût être la réplique d'une autre déjà vue à un
autre angle de la cimaise.
Tout serait à citer des pièces exposées, mais quelques-unes
accrochent davantage l'intérêt.
PARIS : la fontaine Médicis du jardin du Luxembourg, riche en
ambiance colorée... et qui rappelle tant de souvenirs de la vie
d'étudiant !
VOLLORE-VILLE : curieuse fontaine surmontée d'une croix de
pierre, dont l'artiste a su rendre toutes les finesses sculpturales et
dont l'harmonieuse silhouette se détache sur de vieux murs rosés
par le soleil.
Et cette humble fontaine de Nazac, délicatement trailée au fusain,
dans ce coin de vieux mur qui semble remplir le tableau de sa surface grise.
A PLAUZAT, au contraire, c'est la fontaine qui est reine, qui tient
tout l'espace. Sur cette banale place de village, elle n'csl pas un
accessoire, mais vraiment le monument dont Malvezin a su interpréter, pour nous, à la plume, toutes les clartés et toutes les ombres.
CLERMONÏ-FERRAND : la Place Royale sous la neige, avec un fond
de mur saisissant de vérité, qui fait songer aux meilleurs Murillo.
CIROURE, où une tonalité rose inonde tout le tableau et baigne
d'étranges clartés ce massif tronc de pierre, carré, émergeant d'un»
vasque.

�— 10 —
PRATS DE MOLLÓ, OÙ l'on voudrait s asseoir au bord de sa fontaine,
face à une treille de glycines bleues, frisonnante de fraîcheur.
Mais à toutes celles-là, il en est deux que je préfère :
RIOM : délicate fontaine Renaissance à l'angle d'une rue aux gros
pavés, alors que d'étranges lueurs d'un soleil couchant viennent
illuminer les carreaux d'une boutique de dentellière.
Et, surtout, cette timide « font » villageoise de Chaudesaigues,
modeste « bac » paysan tout petit, au bas de cet imposant perron
de pierres moussues d'une exécution franche et d'une rare qualité
de valeurs.

Dans un article sur E. Malvezin, écrit en 1939, je disais la place
de choix qu'il avait prise parmi les meilleurs aquarellistes français,
et, peut-être, européens. Sa dernière exposition confirme, auprès
des amateurs qui le suivent depuis plusieurs années, des qualités
toujours plus éclatantes, mais elle révèle aussi des dessins à la
plume qui font preuve d'une telle maîtrise que l'on se prend à
souhaiter que quelque jour l'artiste abandonne (oh ! pour quelques
instants !) le pinceau pour le burin et consacre son talent à l'art si
difficile de la gravure où les maîtres sont maintenant si rares.
Robert

Le peintre régionaliste F. BARON.

DELOXGVERT.

Photo H. Gilbert.

�Exposition François Baron.
lia dernière exposition annuelle de François Baron, dans son
atelier de la rue de Gravenoire, a été une belle réussite. L'artiste
avait su présenter une sélection d'œuvres originales autant que
variées, si bien qu'à peine le Salon ouvert, beaucoup d'entre elles
portaient, déjà, la mention « vendu ».
Ce succès, de plus en plus marqué, s'explique, si l'on a observé
que Baron ne se contente pas de cultiver un genre déterminé; il
n'est pas seulement « le peintre de l'eau », ainsi qu'on l'a appelé, il
excelle aussi à rendre ce qui l'émeut dans le sujet qui se présente,
et il nous communique son émotion. Ses tableaux sont donc véritablement des états d'âme. Bs sont d'un poète, et ils font penser.
D'autres traduisent la poésie avec des mots; Baron la rend avec
de riches couleurs, avec des effets de lumière ou discrets ou brillants, sur les eaux, sur les fleurs, dans les sous-bois, à travers les
nuages, derrière les monts, sur les moissons dorées. Il aime la terre
d'Auvergne, et c'est ce qui le rend infatigable pour en peindre tous
les aspects : on ne saurait être plus profondément régionaliste.
Que de morceaux de choix, dans ce Salon ! Nous n'en citerons
que quelques-uns : l'Etang an crépuscule, la Vallée de Ceyrat et
Mont-Rognon sous la neige, Cltamp de blé, Sous-bois en automne,
Cour de ferme, Bords de la Sioule, Mars en été, le Village de Montfermy, lepuy de Dôme, Pommiers en fleurs...
Tous font grand honneur à l'arliste et témoignent d'un solide
talent.
Henri GILBEUT.

POÉSIE
Le coucou chante.
On m'écrit, là-bas, de chez nous :
■« Le coucou chante au bois d'Algères. .. »
Et je revois nos coteaux roux
Et mon village de Falgères.
Je revois, des larmes aux yeux,
Mon Auvergne rude et lointaine
Qu'un renouveau mystérieux
Rajeunit de sa chaude haleine,

�— 12 —
« Le coucou chante. . . » Oh! nos puys bleus,
Tout là-bas, ivres de lumière,
Nos sentiers, nos sillons herbeux,
Gonflés des sèves printanières !
Oh ! nos prés enfin reverdis
Où, déjà, point la pâquerette,
Nos plateaux bourrus et tiédis
Sur qui plane un chant d'alouette !
« Le coucou chante. . . » Les aïeuls
Réjouis, du seuil de la porte,
Revoyant feuillir les tilleuls,
Hument l'odeur qu'un souffle apporte. . .
« Le coucou chante.. . » Oh ! les bruits doux,
Les bois en fleurs, les frissons d'ailes,
Les merles nichés dans les houx!
Oh ! les senteurs d'herbes uouvelles !
Le coucou chante. . . » Je revois
Tout mon vieux sol, beau d'espérance,
Et, par les chemins d'autrefois,
Je vois sourire mon enfance !
Léon

Hérédité.
Un vent léger chasse et disperse
Le souvenir lointain des morts,
Mais leur âme toujours transperce
La face changeante des corps.
Tel geste inconscient rappelle
Des habitudes d'autrefois.
Tel désir effréné révèle
Le ressort de secrètes lois.
Quand la solitude ravive
Les fibres intimes du moi,
On se prend à crier qui vive ?
A des ombres qu'on entrevoit.
C'est qu'invisible, dans nos veines,
Court le sang divers des aïeux,
Et que tentatives sont vaines
Contre son flux mystérieux.

BOYER.

�- 13 —
Angoisses, langueurs et tumultes,
Sérénités et passions,
Douleurs, félicités occultes,
Sentiments et sensations,
Notre être témoigne sans cesse
Des morts qui revivent en nous,
Notre ascendance nous oppresse
Et prolonge en nous ses remous.
Robert du
(Z)e

GOTIAIL

ïAmbène à VOzolette)

Sauta, Cabrit
[Dialecte de la Hte-Auvergne)
Sauta cabrit!
La saba canda,
Ara, a noirit
Tota la randa.

Sul fier garric,
La prima manda,
Dins cada abric,
Canson parpanda.

Quilha te, flor !
A tot lo torn,
Renais la vida.

Solelh novel,
Dins lo combel.
Trai sa butida.
Louis

DELHOSTAL

Beluguetas)

Traduction française.

Saute, Chevreau!
Saute, chevreau ! — la sève limpide, — maintenant a nourri —
toute la haie.
Sur le chêne fier, — le printemps envoie, — dans chaque abri,
— une chanson bavarde.
Dresse-toi, fleur! — A ton entour, —[la vie renaît.
Le soleil nouveau, — dans le vallon, — jette l'éveil.

�— 14 -

LANGUE D'OC
I. — PARLADIS AM DE SAU ET DE PEBRE

Ges de Fennas !
Pelh hiuer passat, ves Clarmont, vezian ges de fennas... Podias
espiar pels charreiras, voi virar et desvirar de dreita et de seneslra,
d'un caire et de l'autre ; podias gardeghar un sacin, un'hora, una
liada, vezias mas passar d'hómes... Ont eron lis fennas ?...
Ont eron?... Non devinas?... Per li bannas delh diable ! mas
eron viradas en homes, pardina ! Et vczés per de que. Despueis la
guerra, sabés ben que mancon d'estófa : n'i a gaire per vesiir lis
hómes, enquera mins per vestir lis fennas. Et mins n'i a-lis fennas
son d'aquelh biais ! — mais ellas volon de raubas et de mantels et
de faribôlas de tota mena ! Pracó, li raubas et li mantels non se
talhon dins l'aire delh temps, ni dins l'aiga delh lac de la Godivella...
« — Basta ! » so digueron lis fennas, « fai trop freit per laissar
nostris chambas descatadas : farem coma'ls hómes, que son ben
trop benaizes d'aver de braias ! »
Nos autres hómes, pechaire, demandem pro de vestiments, a
l'hostau de villa de Clarmont, et n'i a ges ! Nos chau portar de trassas d'estras que son mas bóns pelh pelharót, et sem vestits coma
de paures qu'amasson son pán ! .. Pracó, non demandem de raubas,
ni mais de chaussas de seda, ni mais de pentura per nos penturar
li bochas...
Mas lis fennas fagueron só quez avian pensat : troberon lo biais
d'aver de braias, de chaussas de lana, de sailes, de soliers coma
n'en vodriam, nos autres ; de tala maniera quez eron totis vestidas
coma d'hómes et que ls filhonas, ellas mais, eron viradas en drollcts.
Et aqui avés cossi'ls fennas s'eron escondudas et que se vezia
mas de mascles, ves Clarmont... Lis Parizians non podran dire que
hi avia ni hómes, ni fennas... Aco era d'hómes, et totis eron de
bons Auvernhats !...
Mas, voi dirai quican mais : i a tojorn una meitat delh monde
quez es presta per afinar l'autra...
Henri GILBEUT.
II. — PETIT VOCABULAIRE PATOIS
(RECUEILLI

DANS LA RÉGION DE LA VOUTE-CHILHAC)

Gaspa, petit lait. — Gata, gousse. — Guerl/te, borgne. — Grapit,
engourdi : « Ai la man grapida ». — Galhófa, goulu. — Gonella,

�lo
enveloppe du raisin et de certains fruits. — Grolos, sale, barbouillé. — Irant, irritant; ennuyeux, fatigant: « Es irant cornais
peiras ».
Lata, long bâton dont on se sert pour abattre les noix. — Luda
ou loda, bourbe, fange. — Listel, liteau. — Clamar, clamer, clabauder. — Laissa, corde pour mener un animal, notamment uu
chien. — Liam, lien. — Loira, loutre. — Liurar, vider. — Malhier
on malhieir, sorte de plant de vigne. — Moeire, ôter. enlever. —
Mingornel, mince, chétif. — Mudar, muter, changer. — Marrir,
perdre, égarer, détourner. — Média, repos de l'après-midi :
« Faire média ». — Mandra, se dit, au péjoratif, d'une femme cajoleuse ou un peu fourbe : « Fai sa mandra ». — Message, messager,
domestique. — Marfi, engourdi. Au flg., « n'es pas marfi », il n'est
pas maladroit en affaires. — Mescladoira, mélange. — Marra,
marre. — Marrant, embarrassant, lourd, gênant. — Menarot,
garçon d'honneur à la noce. — Mouneira, hanneton. — Meta, but,
séparation. — Majarona, le thym. - Mergue, petit lait. — Mascliarat, barbouillé de suie, et mascharar, verbe. — Mascle, mâle :
« Un mascle de bon piou
— Manejar, manier.
Nizau, nid : « Lo nizau de la clussa ». — Nesci, innocent. —
Nau, navire, bateau léger.
Nafra, blessure. — Niblas, gros
nuage. — Nella, ou mieux, annella, boucle.
Ontura, toute matière grasse qui sert à la préparation des aliments. — Ordiera, champ cultivé en orge. — Oriera, lisière d'un
champ. — Oret, bord d'un pain.

III

— PROVERBES

— L'avaricios es coma Io coche : n'en profeilon mas après la
mórt.
— Lo ben et lo mau se tóchon.
— L'aze de darrer vou tojorn passar davant.
— Pren conselh de li vielhs.
— Si non podes faire só que voies, fai só que podes.
L.

IV.

_

MOTS

MAUHANNES.

OCCITANS

Menar.
Menar, mettre en l'esprit, avoir en tête, être dans le dessein,
projeter, et, par extension, faire penser, faire agir quelqu'un
comme on veut, faire aller avec soi, conduire, mener, produire,
engendrer, tramer, machiner.
Ce verbe entre, avec des acceptions différentes, dans un certain

�-18nonibre de locutions : « I a un sacin de temps que zo mena », il y
a beau temps qu'il y pense, qu'il a ce projet en tète. — « Menar
varalli », faire du tapage. — « Menar mester », faire un métier. —
« Menar flóc », incendier. — « Menar li bestias », conduire les
bêtes. — « Menar forsa fum », faire le rodomont, l'homme d'importance :
« Mena tos secretz a sabis homes. »
(Trad. de Bède, fol. 75).
— Confie tes secrets à sages hommes.
« Menan gran.baudor per tota la ciutat. »
(Vie de saint Honorat).
— Ils mènent grande allégresse par toute la cité.
« Can l'enten l'almiran, gran joya n'a menada. »
(Roman de Fierabras, v. 2755).
— Quand l'émir l'entend, grande joie il en a montrée.
« Quan non poirai menar la lenga. »
FOLQUET DE MARSEILLE

[Senlier).

— Quand je ne pourrai remuer la langue.
« C'atressi faill seingner vas so baro
« Co'l bars vas lui, si'll men outra raso. »
LE MOINE DE MONTAUDON (Aissi con hom).
— Car autant pèche le seigneur envers son baron que le baron
envers lui, s'il le traite contrairement à la raison.
Menar vient de la racine men, penser, la même que dans les
mots latins mens, esprit, intelligence ; memini, je me souviens ;
Minerva (anciennement Menerva), déesse de l'intelligence ; le grec
menos, le sanscrit manas, esprit; l'anglais mind, même sens, l'allemand meinen, « être d'avis ».
De la même famille : mena, menée, négociation, état, condition,
manière, façon; espèce, race, engeance; menat, semblable, pareil;
menada, conduite ; flottage du bois sur une rivière ; menador,
brancard auquel on attache le cheval qui fait tourner la meule d'un
moulin ; menaire ou cotau, valet de meunier qui charrie le blé et la
farine ; menadieira, cornue où l'on met la qnantité d'olives qu'on
veut faire moudre en une fois ; l'auge à moudre les olives est lè
menat ; menairas ou meneiras, nom qu'on donne, dans la cérémonie
des noces, à deux jeunes filles qui conduisent la mariée chez son
époux et qui la couchent; menarót, garçon d'honneur, littéralement,
«celui qui mène» (la noce); menador, meneur, guide; adj., qui
amènera, qui présentera ; qui sera mené ; menamen, aetion de

�— 17 —
conduire; meneiral ou meneirau, fouet de toupie ; inenazon, dyssenterie ; rnalmenar ou maumenar, malmener, maltraiter :
« Deseritatz de tot so feu
E malmenatz »
LE MOINE DE MONTAUDON

(L'autre jorn m'en pogei).

— Déshérité de tout son fief et maltraité.
« Amicx, s'acsetz un Cartier
« De la dolor que'm malmena,
« Be viratz mon encombrier. »
Tenson entre la

VICOMTESSE DE DIE

et

RAMBAUD D'ORANGE.

— Ami, si vous aviez un quartier de la douleur qui me malmène,
bien vous verriez mon encombre.
Autres composés : demanar, troubler la raison, agiter, tourmenter (en italien dimenare) ; démenât, dément, agité, égaré, possédé ; remenar ou ramenar, redire, répéter les mêmes choses,
rabâcher.
En ancien français, ramenar se disait ramentevoir, rameuter (du
latin mentem) et ramener :
« Ce ne sera chose inutile ou oysifve, veu que sommes de séjour,
vous ramentevoir la première source et origine dont nous est né le
bon Pantagruel. »
RABELAIS (Gargantua, II, chap. Ier).
« A ce propos ung dit ramaine :
« De saige mere, saige enfant. »
VILLON (Combien que j'ay leu).
Ramener, correspondant cle notre ramenar, s'est conservé dans
l'argot parisien avec son sens ancien. Quant au français mener, il a
la même origine que l'occitan menar, l'italien menare, le portugais menear, l'ancien espagnol et l'oc menar.
Henri GILBERT.
V.

— FOLKLORE

Lettre d'un parrain à son filleul.
Parler d 'Aigueperse.
(Le îcxte qui est transcrit ci-dessous a été communiqué
par M. Berillon).
Fillióu, e te fasse saubre per Michel, mon vezin, que váe chès te,
qu'aco es de dimenche en tres sernenas la festa dou bon sent Quantian, patron de la vialla de Guiparse. Arrengha te per venir nos
veire, te seras bien recebut, la máerrena fera cuere l'aucha d'embai

�-

18 —

los aucals ; n'is aura un quiou de viau, máes un grani pastel, raáes
de la pompa aus poms.
Ne t'emaies pas, ne dinarem'm fau, ne burem quaucas pintas de
mon vin de Chant Coquiot, ne contarem de las lordias per fúere
bequenar aquelas fennas, et ne trencarem a la sandat de la parentela. Et pense que ton grant, Trcmóni, se pórta bien, mács ta
granda Marion ; te li diras bonjorn de ma part.
La Tueneta de Secretan t'apeita per virar una borreia embai lhe
per la festa, Si te venes pas, ne serein brolhats per la vida.
I obledave de te dire una novella dóu paí's : Piarr'e, lo garson
dóu grant Claudon Borseir, lo cordeneir, se marida bclót d'embai
la Nanon Panneteir, te sabes ? la filha de Gibé lo saboteire.
Ton páerrin que te balha una pognada de mán.
Vincent JOBÉ.
OBSEHVATONS. — I. Dans ce parler, l'a accentué qui précède un
i prend le son de o, ce qui amène le faiblissement euphonique de i
en e. Ainsi, les mots en italique, qui devraient s'écrire régulièrement vai, mairena (pour mairrena), mais faire, pairin (pour pairrinj
et se prononcer vai, mairena, mai, faire, pairin, se prononcent, ici
voué, mouerrena, moué, fouère, pouerrin, ce qui oblige à les écrire :
váe, máerena, máes, fáere, páerrin L'accent placé conventionnelletnent sur a (ál marque la prononciation o de cette lettre dans ce
cas comme dans d'autres. Le même accent placé sur o marque l'o
ouvert comme dans le français lot. O, sans accent, se prononce ou :
Coquiot = Couquiout.
IL — La finale ar des verbes à l'infinitif se prononce presque è :
bequenar = bequenè.
III. — Dans les noms au féminin pluriel, l'accent tonique se
porte sur la dernière syllabe.
IV. — La lettre s, suivie d'une autre consonne, ne se prononce
pas : festa (feta) ; pastet (pate, e long).

Traduetion française.
Filleul, je te fais savoir par Michel, mon voisin, qui va chez toi,
que c'est de dimanche en trois semaines la fête du bon saint Quintien,
patron de la ville d'Aigueperse. Arrange-loi pour venir nous voir,
tu seras bien reçu, ta marraine fera cuire l'oie avec les abalis ; il y
aura un derrière de veau, aussi un gros pâté, encore de la tarte
aux pommes.
Ne t'étonne pas, nous dînerons bien comme il faut, nous boirons
quelques bouteilles de mon vin de Chante-Cocu, nous conterons
des plaisanteries pour faire rire ces femmes, et nous trinquerons à
la santé de toute la parenté. Je pense que ton grand-père Austremoine se porte bien, ainsi que ta grand'mère Marie; tu leur diras
le bonjour de ma part.

�— 19 —
Antoinette, la fille du sacristain, t'attend pour danser une bourrée
avec elle pour la fête. Si lu ne viens pas, nous serons brouillés
pour la vie.
J'oubliais de te dire une nouvelle du pays : Pierre, le fils du
grand Claude Hourrassier, le cordonnier, se marie bientôt avec
Anne Pannelier, tu sais ? la fille de Gilbert le sabotier.
Ton parrain qui le donne une poignée de main.
Vincent JOBERT.

Réponse à un vaniteux.
Lo Tuene de Chanviá qu'cá massun vas Cbarros, trabalhava
d'ambe un que se vantava bien :
« — Me, qu'ól li diziá, ie póde passar n'emporte eniont ; ie
coneisse tutas los patucs...
« — Te, coneisses-tu la « pelhá dou colador ? » li repongiet lo
Tuene.
L'autre sebet pas de que repondre...
Marie

DLMONT.

Traduction française.
L'Antoine de Chanvia, qui était maçon à Charroux, travaillait
avec quelqu'un qui se vantait beaucoup :
« — Moi », disait-il, « je puis passer n'importe où; je connais
tous les patois...
« — Toi, connais-tu l'enveloppe de la passoire ? » lui répondit
l'Antoine.
L'autre resta interdit.
(La« pelha dou colador » est un morceau de toile usagée dont on
couvre la passoire à lait ou colador, pour arrêter les impuretés qui
pourraient se trouver dans le liquide.)
M. D.

Citnit KtJK Jlunijml &lt;« J. B.Boviutl

�— 20 —

RÉGIONALISME

ANCIENNES COUTUMES
LA RÉCOLTE DE LA GRAINE DE GENÊT. — Nos pères, autrefois,
importaient peu parce qu'ils savaient tirer parti de toutes choses,
ce qui leur permettait d'être économes. Ils se servaient du genêt
pour faire des balais ; ils l'employaient comme combustible ; ils en
tiraient un produit textile ; c'était aussi une plante oléagineuse, ce
que personne n'a encore dit, pas même nos prétendus « folkloristes »... On récoltait la graine du genêt à la maturité, en août.
Pour cela, on étendait sous les genêts, par beau temps, un grand
drap appelé borras, La chaleur du soleil faisant éclater les gousses,
les graines tombaient dans le borras. Au bouf d'un moment, on
changeait ce dernier de place, et ainsi de suite, jusqu'au bout du
champ de genêts.
L'huile extraite de ces graines était employée pour l'éclairage :
on en garnissait le cltalelh. Nous avons participé, il y a une soixantaine d'années, à cette récolte, à Saint-Eble, dans le canton de Langeac. Depuis, il est vrai, le Progrès irrésistible est venu, et aussi
la misère... Puisqu'il est nécessaire de reprendre nos vieilles coutumes 'délaissées, nous en signalons une dont le ravitaillement,
pourra tirer un excellent parti : qu'on fabrique, dès' cet été, de
l'huile avec la graine du'genêt, et qu'on en étudie l'emploi.

Henri

GILBERT.

FÉDÉRATION RÉGIONALISTE AUVERGNATE

Notre action.
Covize du 23 novembre, Maison des Jeunes. — Il fut présidé par
M. André Valès, le distingué chef de la Maison des Jeunes. Dans
une causerie familière, notre ami, M. Robert Delongvert, Chef des
Équipes et Cadres, montra comment les Jeunes devaient participer au relèvement national en s'intégrant dans le mouvement
régionaliste. Des vues artistiques de la région de Clermont furent
présentées par M. Henri Gilbert. La séance se termina par de
la musique (MM. Gourdon et Boissy), des contes en dialecte
(MM. Fousson, Delongvert et H. Gilbert) et des poésies dites par
les jeunes. Un nombreux public y assistaii.

�- 21 Grand Covize du 21 janvier, salle Saint-Genès. — Notre éminent
sociétaire, M. le lieutenant-colonel de la Brosse, qui présidait,
rappella excellemment le but poursuivi par les régionalistes et
présenta le conférencier, M. R. Delongvert, qui traita ce sujet :
« Le Régionalisme auvergnat dans un camp de prisonniers ». L'orateur intéressa et émut son auditoire en racontant comment les
Auvergnats du Stalag I A, où il se trouvait lui-même, manifestaient leur attachement à la terre natale en tenant des réunions
hebdomadaires où le dialecte, les danses et les chants du pays
étaient en honneur ; en outre, comment ils pratiquaient la solidarité envers leurs camarades.
En terminant, le conférencier ajouta, avec force, que le message
qu'il apportait, au nom des prisonniers, était relatif à l'union
étroite qui doit exister entre tous les Français, et qu'il était obligé
de constater, hélas ! que certains s'emploient, au contraire, à
semer la division. M. Delongvert fut très applaudi. La séance continua par des airs de vielle (MM. Besse, Gourdon et Boissy), des
contes en dialecte (MM. Fousson et H. Gilbert), enfin par des
danses auvergnates (Mmes Chapuis et Robert; MM. Chapuis et
Gourdon). Ce fut un beau succès. Comme précédemment, des
adhésions furent enregistrées.
Covize'du 26 avril Maison des Jeunes. - Ce Covize était consacré à une exposition de livres de la Région. Les écrivains suivants y
collaborèrent directement : Henri Pourrai, Gandilhon Gensd'Armes, E. Marcenac, Robert du Corail, Henri Gilbert, Bérillon ;
en outre, la Librairie Delaunay avait fourni de nombreux ouvrages
et « VAlauza d'Auvernha » avait envoyé une collection. Le public
put se rendre compte que l'Auvergne ne reste pas en arrière pour
la production littéraire. Mais n'cst-il pas navrant de constater, une
fois de plus, qn'un certain nombre de ceux qui auraient intérêt à
s'associer à de semblables manifestations restent à l'écart .. Indifférence?... Esprit d'opposition?.. Vai t'en veire mon azel... Tant
pis !. . Les absents ont toujours tort !
N.-B. — Pour des raisons d'opportunité, la conférence que
M. Fousson devait faire, le 26 avril, sous la présidence de M. Germouty, a été renvoyée au mois d'octobre. Elle sera suivie de celle
de M. Crépin. professeur de Philosophie à l'Ecole Massillon :
« Henri Pourrat et son œuvre »

�NÉCROLOGIE
LOUIS DEBRONS
C'est avec émotion que nous avons appris la mort, à Aurillac, de
notre excellent collaborateur et ami, M. Louis Debrons. Bien que
sa santé fût, depuis quelque temps, ébranlée, il ne paraissait pas
gravement atteint, lorsque, le jour de Noël, après avoir exprimé
sa satisfaction d'un mieux qui, hélas ! n'était que trompeur, il
s'éteignit doucement, laissant dans la consternation sa veuve et ses
proches.
Ses obsèques furent suivies par un imposant cortège. M. le
Dr Puech, président de la « Bourrée d'Aurillac », M. le Maire et
le président de l'Association des employés municipaux rendirent
hommage, sur sa tombe, à son grand dévouement, à sa souriante
bonté, à sa modestie et à son mérite.
Nous avions pu apprécier, pendant de longues années, ses rares
qualités intellectuelles, sa fidèle amitié, sa délicatesse. Fondateur
de la « Bourrée d'Aurillac », il en assurait la direction artistique
avec une parfaite compétence. Malgré les intrigues de quelques
envieux, il avait été élu à l'unanimité majorai du Félibrige.
Louis Debrons disparaît au moment où il avait résolu d'intensifier son action régionaliste dans notre région. Aussi le Régionalisme auvergnat perd-il en lui un de ses plus ardents mainteneurs.
« L'Alauza d'Auvernha » et « Lo Covize », dont il était un des adhérents de la première heure, n'oublieront pas sa collaboration loyale
et dévouée.
Nous renouvelons à sa veuve et à son frère, instituteur dans le
Cantal, l'expression de nos condoléances attristées.
Henri GILBERT.

LES

LIVRES

De VAmbène à l'Ozolette, poésies, par Bobert du Corail. — L'Ambène est la rivière qui passe à Riom ; l'Ozolette coule en Bourgogne :
«
«
«
«

L'Ambène, c'est mon Auvergne
Aux grands horizons dorés ;
L'Ozolette avec ses vergnes,
C'est Gharolles et ses prés. »

Nous avons l'explication du titre. L'auteur, né à Riom, a trouvé

�— |3 —
sur les rives de l'Ozolette « tendresse et bonheur », et il garde
fidèlement le culte de l'Auvergne dont il est habituellement éloigné.
Ce thème éternel, mais qu'un vrai poète sait rajeunir, a nourri
l'inspiration de M. du Corail. Sa muse, tantôt railleuse et tantôt
grave, évoque, sur des rythmes bien cadencés, des souvenirs d'enfance et de famille, des types du pays, de vieilles coutumes, des
joies intimes, des sites aimés. Après avoir constaté qu' « aimer un
être est décevant », elle s'attendrit à « la miséricorde des choses »,
au spectacle de l'automne, lorsque
« Les arbres effeuillés découpent la dentelle
« De leurs mille rameaux alanguis ou nerveux. »
On aime à la suivre ; elle entraîne le lecteur, et l'on est arrivé,
sans y prendre garde, à la lin du recueil, d'un recueil tout fleuri de
vraie poésie.
Beaucoup de poètes, aujourd'hui, prennent bien des libertés avec
la prosodie. M. du Corail n'a usé qu'avec modération des licences
poétiques. D'ailleurs, ici, gr ammatici certant... « De ïAmb'ene a
VOzolette » est un bon et beau livre : louons l'auteur d'avoir eu
l'excellente idée d'en rehausser la présentation par de superbes
bois gravés signés Henri Martin.
Aigueperse et ses environs, Imprimerie Bérillon, Aigueperse. —
L'imprimerie Bérillon a édité un petit livre qui peut être douné
comme un modèle. Bien écrit, soigneusement imprimé, parfaitement documenté, orné de nombreuses illustrations, bourré de précieux renseignements, il a tout ce qu'il faut pour atteindre le but
que l'auteur s'est proposé : donner une idée générale de l'histoire de
la ville d'Aigueperseet de ses environs, et être utile à tous. Il mérite,
à ce titre, de figurer dans une bibliothèque.
V Almanac li de Brioude. — Les 21e et 228 années de cette publication ont été réunies dans une même brochure, laquelle présente,
comme les précédentes, un grand intérêt. Parmi les études qu'elle
contient, signalons : L'Eglise et le Monastère de Sainte-Florine
D. Tixidrej. L'industrie houillère en Auvergne : de ses origines à
la fin du xvie siècle (E. Pessemesse). Qu'il nous soit permis de
regretter que le dialecte auvergnat n'ait aucune place dans une
publication qui se réclame du régionalisme.
PEBIODIQUES
La Région du Centre (nov.-déc. 1941 et janv.-fév. 1942, réunis en
un seuln°) : Le rôle de l'Etat et des initiatives privées (E. Dousset) ;
Un grand artiste clermontois : J. Chadel (J.-H. Durand].

�— 24 —
Calders du Cercle Fuslel de Coulanges (dec. 1941) : une étude
magistrale de Marcel Blanc sur le « Retour aux humanités classiques, Ecole de patriotisme. »
Oc: La Fabrica (A.-J. Boussac) ; poésies
J. Mouzat.

de Ch.

Gamproux,

Terra d'Oc (mai 1942); Terra Provençala; Terra Catalana : trois
publications réunies formant un journal occitan fort intéressant. —
Cours de langue d'oc (L. Alibert); Permanència istorica e occitanitat de Provença (P. Boudin). Articles de Boussac, Mias, etc.
Les documents maçonniques (n°sI, II, III); documentation capitale
(avec illustrations) concernant l'activité maçonnique en France.
Tous les Français devraient avoir sous les yeux ces pages suggestives.
Henri

GILBERT.

Les Conteurs du Covize.
« Lo Covize » a déjà formé, à Paris et en Auvergne, un bon
nombre d'excellents conteurs en dialecte dont les œuvres ont réjoui
le public et contribué ainsi à maintenir notre langue. Leurs contes,
écrits dans la graphie rationnelle employée par L'Alauza d'Auvern/ia,
paraîtront prochainement en un beau volume illustré. Le prix de
l'ouvrage, en SOUSCBIPTION, est de 20 francs. En librairie, il
sera considérablement augmenté.
Le tirage étant limité, on a donc intérêt à envoyer immédiatement une souscription à 1TMPRIMER1E « LA HAUTE-LOIRE »,
23, Boulevard Carnot, Le Puy (Hante-Loire). Compte chèques
postaux : Clermont-Ferrand, 105-92.
Les souscriptions sont reçues également par MM. Henri
GILBERT, 68, rue Bansac; A.-C. FOUSSON, directeur de la
Cité Universitaire, Clermont-Ferrand; Mlle Marie DUMONT, à
Saint-Gal-sur-Sioule (P.-de-D.).
Le Gérant, H.

GILBERT.

V. 8465.

LE

PUY-EN-VELAY.

—-

IMPRIMERIE

«

LA

IIAUTE-LOIRE

»

�LISEZ LES LIVRES DES ÉCRIVAINS REGIONALISTES
HENRI GILBERT
LA

COVIZADA [en dialecte Brivadois). Traduction
étymologiques très développées.

française et notes

Cet ouvrage a obtenu un Grand Prix de prose en langue d'oc aux Grands Jeux
Floraux Septennaires. — Prix : 15 fr.

CONTES DE LA LUNEIRA

(Traduction française et notes étymologiques).

Illustrations du peintre Gabriel Moiselet. — Prix : 25 fr.
CONTES DE L'AZE.

(Chaque conte forme un fascicule vendu de

3

fr.

à 4 fr., selon le nombre de pages).

ARMANAC

D'AUVERNHA

per l'an de gracia

(Chansons avec la musi-

1931.

que, contes et poésies en dialecte et en
l'Auvergne, proverbes). — Ce recueil de

français,
136

études sur

pages, abondam-

ment illustré, est une véritable anthologie auvergnate. — Prix :
(franco,

6

fr.) S'adresser à M. Henri

Gilbert,

68,

5

fr.

rue Bansac,

Clermont-Ferrand.
NOTA. — On peut s'adresser aux Auteurs ou aux principaux Libraires
de Clermont.

�LE

PUY-EN-VELAY.

IMP.

«

LA

HAUTE-LOIRE

»

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              <text>L'Alauza d'Auvernha : organe mensuel de la Fédération régionaliste auvergnate. - 1942, n°85-86 (Juin)</text>
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              <text>Gilbert, Henri(1874-1955), Directeur de la publication</text>
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              <text>imp. La Haute-Loire (Le-Puy-en-Velay)</text>
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              <text>Vignette : http://occitanica.eu/omeka/files/original/e6594b1c3fb06a73961eeafec581c0d6.jpg</text>
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              <text>L'Alauza d'Auvernha (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/12715"&gt;Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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              <text>Boyer, Léon</text>
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              <text>Jobert, Vincent</text>
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              <text>L'Alauza d'Auvernha. - 1942, n°85-86 (Juin) </text>
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