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                  <text>SEPTIEME ANNEE. — N° 75.

Le numéro mensuel :

1 'ftp. Etranges- : 2 Ir.

Octobre-Novembre-Décembre 1936.

Direction :

■

COMITE DE REDACTION :

HENRI GILBERT

7, Rue Serret, 7

CASATI.

L.

TESTUD.

CHACORNAC.
CHARBONNIER.
DFBRONS.
FARGES.
KREYCF.NET.
GILBERT.
GII.HERT.
M AU ET.
MARCENAC.
MAlMi
\l
MF&lt;*. lïi
V .
Al. -Vil..
1 II !■'
1-J1 T.'
1. A\ IN
J P.VtìENEI..
l.ï -Cl Ê. PESSF.M1 SSE.
M "« RAOUL Ht PAIN.
1)' E. ROI X.
M
B. MOZIÈS.

CLERMONT-FERRAND

Administration :
ANTOINE

A
C.
J.
1..
1.
J.
H.
A.
1'.
1 .
!
1
«j.

GILBERT

10, rue Victor Fort
LYON

Chèques-Postaux

OKGANE MENSUEL DE LA FÉDÉRATION RËGIONALISTE AUVERGNATE ET VELLAVE

tyon : 9-553

DANS

LES
Par

VIGNES

Pierre MAM

'A
L'Alauz* d'Auvernhâ
OFFRE SES MEILLEURS VŒUX
A SES COLLABORATEURS, A SES ABONNÉS
A SES LECTEURS, A SES CONFRÈRES
ET A TOUS SES AMIS

X/

Cette côte à l'abri du vent,
Qui se chauffe au soleil levant
Gomme un vert lézard, c'est ma vigne.
Telle était la mienne, plantée par mes
aïeux, de bon gamay et de gros rouge,
ce dernier taillé long avec crosse. Ah !
le bon raisin juteux que les guêpes nous
disputaient r Et la via clair, pétillant,
de sixième force, une limonade un peu
relevée.
La fin de la chanson de Pierre Dupont : « Ils n'en ont pas, ils n'en ont
pas, en Angleterre », comporte une finale imprévue, chantée ad libitum parles auditeurs émus, et à l'octave, s'il
vous plaît : « Ou s'ils en ont, ils n'en
ont guè-è-re ! »
Nous non plus, hélas ! en Auvergne.
Des ennemis sournois ont mangé notre
bon bois tordu. Les hommes de soixante
à soixante-dix ans ont bu, jadis, de ce
bon vin de gamay ou de pineau, clair,
parfumé, coulant. Le voir dans la tasse
d'argent, le humer et le lamper à petits
coups, tenez, ce souvenir met l'eau à la
bouche. Avouez que c'est un comble !
Notre soif, maintenant, doit s'étancher
dans le jus du plan direct, lequel peut,
à la rigueur, nous rougir le nez, mais il
est bien incapable de nous mettre folie
en tête.
La vigne fut-elle importée, chez nous,
par les Grecs, les Phéniciens, les Romains, les Arabes, les Croisés ? Peu
importe.
Disons que, dès le XVe siècle, les
moines de Pébrac ,de La Voûte et de
Vieille-Brioude avaient du vin plein leurs
caves. A leur exemple, et sans nul doute,
suivant leurs indications, les manants
plantèrent des vignes avec des plants
dont la sélection était le fait des moines
de Pébrac, si l'on en croit la tradition.
Les muletiers de la Ribeyre, ceux
des Chazes, transportaient ce vin sur
les plateaux du Cantal et sur ceux du
Velay. En- ces derniers parages, ils se
trouvaient concurrencés par les muletiers
du Vivarais. Une pancarte, dont la date
approximative est donnée par le nom
du consul qui la signa (1616 ?), fixe
à Craponne, les prix des vins d'Auvergne et des vins du Rivage, la BaseeArdèche. Elle règle aussi les formalités
du mesurage et les mesures employées.
M. Pétrus Laurent, de Craponne,
chercheur avisé et compétent, me montra, jadis un contrat passé entre quelqu.es
aubergistes de l'endroit et les muletiers
des Chazes. Cela me rappela le vieux
père Saugues et ses mulets porteurs de
vins en boutes, de plants de légumes et
de fruits jusqu'à Allègre, Félines et
Ghomelix.
Les âniers de Retournac essayèrent

LAVOUTE-CHILHAC,

Un

îles

sites

les

plus

SUR

I.

ALLIER

pittoresques "de

vainement de faire goûter aux montagnards leur vin acidulé de Vousse, de
Chamalières. Ils durent se contenter d'y
porter les fruits de Mans ,du Corset,
leurs caques, à eux, étant des caquerons...
La région de Langeac avait quelques
vignobles de qualité à Reilhac, sous Volmadet et Volmat, à Chadernat, route de
Chanteuges, Choti, et, surtout, Rochebuffeyre.
En 1712, à l'occasion du mariage de
François de La Rochefoucaud-Rochebaron avec demoiselle Françoise de La Rochefoucauld-Gondras du Gluzel St-Eble,
un tonnelet de vin de messe de notre vigne des Maires, sise à Rochebuf fevre, face
à Langeac, fut donné au curé-sculpteur
Pouget, assistant de Emmanuel de La
Rochefoucauld-Langeac, doyen de cette
ville, officiant à ce mariage. Les signataires, au bas de l'acte (archives de la
mairie de St-Eble) furent Jacques Roch.
de Chavagnac, compagnon de Vendôme,
et, comme lui, biberon insigne, ainsi
d'ailleurs, que son voisin de la Volpihère
(il fallait bien se distraire), puis Claude
de Chavagnac, Edouard Motier de La
Fayette de Vissac, et Claude die La
Rochefoucauld. Ce dernier commença
et mena fort loin la ruine de cette famille de Langeac, préparant ainsi la
venue de l'étrange Aglaé de GubsacLespinasse,
Le voyageur anglais Young semble
ne pas avoir apprécié beaucoup les vins
d'Auvergne, sauf « le coup de fort
vin blanc » que lui offrit GueyffierTalairat.
A Vieille-Brioude, il décocha quelques
méchancetés aux Ribeyroux ; à Aurac,
il laissa son cheval se reposer et alla
visiter les basaltes de Chilhac ; Pwrrand
delh Ranc et Marieta de la Crozeta.
A Fix, il admira un champ de luzerne
(son cheval aussi, sans doute). Goiffier
le régala, sur sa demande, d'un verre
d'eau vive et d'une tasse de thé. Pouah !
Legrand d'Aussy, voyageur français,
ne fut guère plus aimable pour nos
vignobles, sauf pour ceux des environs

la

Photo

H.

Gilbert.

Ribeyre.

de Clermont. Les nôtres furent jugés
petits, acides et sans goût. C'était aussi
un buveur d'eau, donc « un mauvais caractère » ; c'est bien prouvé par le déluge, puisque Dieu ,noyant les hommes,
laissa s'échapper le seul Noé qui aimait
le vin...
En i6/j6, les caves des moines de
Vieille-Brioude contenaient neuf cuves et
35 tonneaux : « 322 volumes à la bibliothèque », dit l'abbé Peyron, tout contrit et « 2 55 hectolitres de vin à la cave;
les bons moines ne risquaient pas de
mourir de soif. » Il est vrai, ajoute-t-il,
avec raison, qu'il fallait bien avoir du vin
à vendre pour acheter du pain.
Même chose à Pébrac : les moines
vendaient une assez grande quantité de
vin — de leurs vignes et de la dime —
et aussi des fruits, des noix surtout.
Boire un coup de vin frais en mangeant
des noix avec du pain bis, n'est-ce pas
un régal ?
J'ai connu un muletier die Pébrac, qui
venait tous les ans offrir du vin en
boutes la veille des fêtes patronales et
qui apportait aussi des fruits. J'ai dans
l'œil son mulet « harniché » à la vieille
mode et tout tintinnabulant de sonnettes et de grelots.
Il y avait, au milieu du XIXe siècle,
et même jusqu'en, 1880, du vin partout.
De Brassac à Brioude, la Ribeyre, Langeac, Pébrac, et aux Chazes, au Puy
(dans ma vigne mienne), à Vorey, à
Retournac ,à Gournier de Monistrol-surLoire, à Aurec ; on en récoltait à
St-Eble, à 600 mètres d'altitude, à Rougeac et à Chamalière, à 65o mètres ;
à St-Austremoine, proche les genêts, on
produisait du petit vin blanc pétillant
à goût de silex.
N'y en avait-il pas à Talairat ? Je
m'avanoe, peut-être, un peu trop.
On plantait des vignes à flanc de
bise : versant nord de Mazerat, de la
Bajasse, de Costes-Cirgues, de Tiveyrat,
de Seniquette, de Chiliaguet, et sous
l'Estival de la route de Pinols.
Le long de la route de Vieille-Brioude,
les oeps offraient leurs raisins sur le

talus du fossé. J'avais huit ans (187/I) ;
j'en cueillis un furtivement, (à cet âge,
on est porté sur sa bouche ) mais,
quoique surpris, on ne fit pas attention
à mon larcin : « Mange, petit ! »
En 1880, sur le couder c de VieilleBrioude, au mois de novembre, ne semble-t-il, de nombreux équipages stationnaient, attendant de « charger ». Je
pourrais citer des noms de la ChaiseDieu., de Craponne, d'Allègre.
L'un des acheteurs, encore vivant, me
conte ses voyages. Il fallait passer le
grand pont de Vieille-Brioude, aller traverser le pont de Senouire. Trop étroit
pour leur grande carriole, on arrachait
une roue, et Ion passait portant la
charge à plusieurs hommes, au moyen
d'une barre passée sous la fusée de l'essieu. On gagnait les hauts plateaux par
la route de Javaugues ou celle de Champagnac.
Un certain Mamet, de Ruines, client
assidu du village de Labput, nous fit
goûter, en 1887, son vin en son hôtel die
Ruines. Il était délicieux, ayant beaucoup gagné à l'altitude. Ce fait est
connu. A Rauooules, proche Montfaucon-en-Velay, dans la maison d'un futur médecin, connu à Brioude à un certain moment, on voulut me faire goûter
d'un certain petit au vergue... dont je
devais dire des nouvelles... Du verjus !
et voilà pourtant l'idée qu'on se faisait,
là-haut, de notre vin.
En ai-je visité de ces caves de. la
Ribeyre, creusées dans le roc, quelquefois à deux étages comme à VieilleBrioude ? Et ces grandes cuves, ces tonneaux ventrus de Védrines, Brenat, Tiveyrat, Chantel, la Boche, Grandehamp,
Jazinde et Champlong, Tapon, Seniquette, Chazieux, Belmont, Charmât, Aubérat. Partout des caves qui « empestaient le vin », disait un collègue, un
buveur d'eau naturellement.
Les cuves sont parties dans la montagne où la mode, un moment, était de
faire son vin avec de la vendange achetée dans le Midi. Les nuits froides arrêtaient la fermentation ou la ralentissaient : il en sortait du vin piqué dès
sa naissance.
« C'est naturel, ça, hein ? »
En tout cas, c'était loin d'être un régal I
Cette mode est à peu près passée,
mais les cuves ne sont pas revenues,
et il en part encore pour loger du sulfate de cuivre I
Malègue dit quelque part qu'il faut
considérer le vignoble de la vallée d'Allier, en Haute-Loire », comme « le
principal élément d'une richesse aussi
incontestable que le travail qui le produit
est civilisateur »
Quand le vin était bon, le vigneron
était gai ; la gaîté marque un heureux
caractère.
J'aimerais, pour ma part, une vigne
de greffés sur certain coteau que je
connais en Ribeyre, et j'aimerais, en
outre, d'un amour touchant, 'une terre fromentale du Charliergue, un grand
champ d'orge à Bains et quelques cartonnées d'asperges de La Chaise-Dieu, à
Lamandie ou Jagonas.
Mais il convient de terminer par le
vin.
Un jour que, trempé par la pluie
à Vaucluze-la-Fontaine, je me séchais

au foyer d'un maraîcher, je fus interpellé par un voisin qui me dit connaître
Brioude, Vezezoux, Nonette, Gorent.
« J'y allais, dit-il, chercher des raisins
blancs ; cela me permettait d'allonger
ma campagne de raisins de table pour
Paris et la Belgique » Nos raisins baptisés primeurs de Vaucluse : j'enregistrai l'aveu avec plaisir. Et je rapprochai
cette supercherie de celle des Bourguignons qui venaient acheter de la vendange à Chilhac pour en tirer du beaujolais !
Aimons donc nos vignes !
Pierre

MAMET.

A NOS ABONNÉS
En remerciant nos aimables aboimés
de leur fidélité, nous avons l'honneur
de les informer qu'à cause de l'augmenta lion très sensible du prix de l'impression, L'Alauza d'Alivergna,~lxsra réorganisée après le tirage du numéro de
décembre : elle paraîtra, en février,
sous la forme de revue, sans augmentation de prix.
L'abonnement de i5 francs sera valable pour six numéros.
Les numéros de la nouvelle série vaudront, au moins, trois francs l'un.
Il ne sera rien changé aux rubliques
actuiellies (Littérature, Histoire, Arts', Langue d'oc, Folklore, Régionalisme, Tourisme, Intérêts de notre région, etc.);
mais l'étude qui paraîtra en tête sera
donnée, autant que possible, in-extenso.
Chaque brochure formera ainsi un tout.
Le premier numéro de la nouvelle série contiendra une belle étude sur « La
langue usuelle de la noblesse d'Auvergne
aux i4e et i5° siècles », par M. Antoine
MORISQUE.
Nous espérons que nos abonnés approuveront cette transformation, rendue
nécessaire par les difficultés actuelles,
et qu'ils voudront bien nous aider à la
réaliser en maintenant leur abonnement.

PROVERBES
Fazés de ben am un aze, vos tornarà
um pet.
—
Lis paissels sauvon la vinha.
—♦♦—
Vielh médecin, joine barbier, riche
boticaire.

CONTES DE LA LUNEIRA
par Henri GILBERT
Contes en langue d'oc avec une traduction française ; notes étymologiques ;
indications détaillées pour la lecture du
texte.
Prix : a5 fr., chez l'auteur et dans
deux librairies seulement : « Avenir »,
Delaunay.

Nous recommandons à tous nos sociétaires d'établir entre eux des relations
d'affaires et de s'adresser, pour leurs
commandes, aux maisons dont ils trouveront, ci-après, les annonces.

�L'ALAUZA D'AUVERMIA

FEDERATION BÉG10HflLISTE AUVERGNATE ET ÏELLAVE
(CfANTAL — HAUTE-LOIRE — PUT-DE-DOMS]

Littérature, Histoire, Arts, Folklore, Défense des intérêts de notre Région

CALENDRIER
DES RÉUNIONS
CLERMONT
Mercredi 20 janvier 1987. — Réunion
&lt;Iu Covize, à 20 h. 3o, salle n° 5 de
la Maison du Peuple. Programme habituel : conférence, contes et poésies,
chants du folklore, danses auvergnates.
D'autres renseignements seront donnes.
Le Comité insiste auprès de tous les
sociétaires pour qu'ils assistent aux réunions et y amènent leurs amis.

gue usuelle de la noblesse d'Auvergne
aux xive et xve siècles ». Ce sujet intéressa vivement l'assistance.
Mine Lenormand et M. Paupy dirent,
ensuite, de joyeux contes en dialecte, et
Mlle G. Fauvet chanta avec art unie jolie
chanson du folklore. Pour terminer, on
dansa gaiment. Avant de se séparer, les
covizaires furent d'avis d'insister auprès
des sociétaires pour qu'ils viennent très
nombreux aux réunions mensuelles.

Covize du i 6 décembre.

NOTRE ACTION
CLERMONT
&lt;; Lo Covize »
Les membres du « Covize », de Clermont, et les fidèles assistants des séances agréables et instructives que donne
cette association régionaliste, se sont réunis le 21 octobre, en Assemblée générale,
à la Maison du Peuple.
Cette séance faisait suite à la réunion
des membres du Comité directeur, qui
avait précédé de quelques jours : elle
fut, en même temps, la séance inaugurale des Govizes pour la saison io36M. Henri Gilbert, infatigable et toujours dévoué, dut prendre la présidence,
à la plaoe de M. Boste, conseiller général, qui avait été retenu par ses obligations professionnelles. Il présenta les
excuses de M. Boste et exprima le vif
regret de tous, de ne pouvoir l'entendre,
espérant que ce ne serait que partie remise. Il présenta encore les excuses de
quelques autres membres empêchés, et
notamment, de M. et Mme Pascal et
leur famille, qui étaient en deuil.
Après avoir fait le compte-rendu général de l'année 1 g35-ig36, au cours de
laquelle « Lo Covize » a vu augmenter
encore le nombre de ses adhérents et
accroître son influence, M. Gilbert rappela quelques belles manifestations de
l'année écoulée. Il ne manqua pas d'adresser de cordiaux remerciements aux
membres présents, ainsi qu'aux sympathisants et ouvrit la séance de l'Assemblée générale. Il s'agissait de faire approuver et ratifier les dispositions prises précédemment par les membres du
Comité directeur, notamment la désignation des nouveaux membres de ce Comité pour compléter le Bureau. A l'unanimité, furent élus : M. Paupy, viceprésident ; M. Messirejean, secrétaire général ; Mme Pascal, membre du Comité.
Le rapport financier, établi avec soin
et présenté par M. Franoon, trésorier,
fit apparaître la situation excellente de
la Société. Il fut approuvé à l'unanimité
et le président félicita cordialement l'auteur.
Ce fut, ensuite, la série des contes,
chansons et danses qui animent et égayent
toujours ces bannies soirées entre fidèles
regionalistes et qui rappellent les amusantes veillées d'autrefois.
Mme Lenormand conta, en dialecte de
Lezoux, « La danianda en mariage »,
fort applaudie ; M. Chapuis entraîna ses
danseurs au son de la vielle et du violon ; M. Gilbert raoonta « Lo mau de
ventre de mestre Civada », conte particulièrement drôlesque. Mlle Fauvet, professeur de chant, excellente artiste bien
connue à Clermont, chanta une spirituelle et sentimentale chanson ancienne.
Tous les diseurs, chanteurs et danseurs furent longuement acclamés. Une
danse générale de tous les assistants termina gaiement cette belle soirée. Tous
se promirent de revenir de plus en plus
nombreux aux prochains « Govizes »
mensuels.
Le Secrétaire Général,
J.-M. MESSIREJEAN.
—♦♦—
Covize du 18 novembre.
Sous la présidence de notre distingué
sociétaire, M. André Boste, maire de
Vic-le-Çomte et Conseiller général du
Puy-de-Dôme, M. Henri Gilbert fit, d'après une belle étude de M. Antoine
Morisque, une conférence sur « la lan-

Ce Covize se tint sous la présidence
de M. Henri Gilbert, en raison des événements qui se sont déroulés à Clermont, le même soir, et que tout le monde connaît, un certain nombre d'adhérents ne_ purent assister à ce Covize qui,
néanmoins, fut plein de gaîté et d'entrain. La présence d'un auditoire féminin de choix donna un charme particulier à cette réunion.
Après allocution du président, qui présenta les excuses des membres empêchés,
M. Messuire Jean, secrétaire général du
« Covize », fait une causerie pleine
de talent, d'humour et de bonhomie sur
un Noël de sa prime enfance. Les dialogues en dialecte furent particulièrement goûtés de l'assistance, qui manifesta son plaisir par d'unanimes applaudissements .
Mme Lenormand, une des adhérentes
les plus actives du « Covize », mit ensuite ces auditeurs en joie en disant,
avec un art simple et direct, un conte
de la meilleure veine, en patois de Vertaizon. Mme Lenormand est une véritable artiste, qui sait dire et mimer de
façon parfaite. Elle fut longuement acclamée.
Pour varier les plaisirs, Mlle Fauvet,
professeur de chant, interpréta, de sa
voix chaude et prenante, avec l'art du
chant et de la_diçtion qu'on lui connaît,
deux mélodies anciennes d'où se dégage
le charme de l'émotion. Un légitime
succès fut fait à son talent.
Enfin, notre bon poète et conteur,
Henri Gilbert, termina par deux morceaux en dialecte : un vieux noël auvergnat et son conte de &lt;; Li Cendres »,
déjà entendu, mais qu'on ne se lasse
pas d'entendre, tant il déborde d'humour
fin et de sel gaulois.
Et l'on se sépara, après cette bonne
soirée familiale et régionaliste, en se
donnant rendez-vous, plus nombreux encore, pour le prochain Covize fixé au
20 janvier 1987.
Le secrétaire,
Henri FLORY.

LANGUE D'OC
Mots

occitans

EMPEITAR
Empeitar, embarrasser, gêner, empêcher, au propre et au figuré. Ce mot
est pour empsicar (bas latin impedicare,
du latin pedica entrave). Proprement,,
« mettre des entraves ». Autres formes :
emp:iitar, empaichar, empachar, enpazar,
empacliar (employées par les troubadours). Cf. espagnol, portugais : empachar ; italien, ' impacciare ; catalan,
empatxar. .
Dérivés : empeita, entrave, embarras,
obstacle, gêne « Moei te de per mis
empeitas », ôte-toi de devant moi, ne
m'embrasse pas. Empach ou empacha
parapet. Empeitaire, gêneur, indiscret;
empeitcida, gêne momentanée; empaites,
embarrassant, qui ne sait que gêner ;
emjieitat, embarrassé, retenu, occupé empêtré ; animal auquel on a mis des
entraves. Fenna empsitada. femme enceinte ; empeitamen, empêcheraient ; dezempeitar, débarrasser, délivrer ; dezempeita, nom verbal, débarras, délivrance ;
dezempeilos, serviable.

Tous nos remercieinents à notre ami,
M. Maurannas, qui nous a envoyé une
longue liste de mots patois. Les plus intéressants seront expliqués ici.

LES

ARTS

Mort de Victor Charreton
Le peintre Victor Charreton avait
quitté, le 26 novembre, au matin, sa résidence de Saint-Amiant-Tallende pour
venir assister, à Clermont, à la séance
du Comité de l'Exposition de 1937. Vers
trois heures de raprès-midi, boulevard
Desaix, il s'affaissa sur la chaussée.
Transporté, en hâte, à l'Hôtel-Dieu, il
ne put que prononcer quelques mots et
mourut bientôt entre les bras de son ami,
le Dr Pakoski. Il avait succombé à une
angine de poitrine, à l'âge de 70 ans.
Sans honneurs officiels, sans vaine
pompe, simplement entouré de ses amis
qui s'étaient groupés autour de Mme
Charreton, le grand peintre est parti
pour le champ du repos éternel, le dimanche 29 octobre.
De nombreuses délégations représentant l'Académie adj&gt; Clermont, la Société
Régionale des Beaux-Arts, le Comité Bégional de l'Exposition de 1987, les sociétés locales s'étaient jointes aux habitants de St-Amant-Tallende pour rendre
les honneurs funèbres à Victor Charreton. L'office fut célébré par M. le doyen
de St-Amant.
Dans la soirée, le corps fut transporté
à Issoire, et de là, à Bourgoin, pays natal du défunt, pour y être inhumé dans
le caveau de famille.
Parmi les discours qui ont été prononcés aux obsèques de Victor Charreton. et dans lesquels ont été exaltés les
mérites eminents du grand artiste trop
tôt disparu, nous voulons citer celui de
M8 Marins Billy, ancien Bâtonnier de
l'Ordre des avocats de Clermont, viceprésident de la « Fédération Régionaliste Auvergnate et Vellave » :
« Aujourd'hui que, selon l'expression
du poète,
« Est venu l'heure de la coupe remplie »
nous ne pouvons nous rappeler sans
émotion, dit-il, que c'est sous notre ciel
d'Auvergne et dans le cadre de nos montagnes qu'il a réalisé le meilleur de son
œuvre artistique.
« Souvent, il nous a dit et répété
l'harmonieux accord qu'il y avait trouvé
avec ses aspirations les plus intimes.
« Il l'a isui*tioûtT^&lt;ri*ivé"pár toutes ses
toiles qui, non seulement dans de nombreuses faleries privées et dans les Musées nationaux, mais encore jusque pardelà les mers et dams les lointaines Amériques, ont exalté les lignes et les couleurs de nos horizons familiers.
« L'un des plus grands maîtres de
l'art contemporain a reconnu, dans Victor Charreton, le Mallarmé de la peinture. En effet, nul plus et mieux que
lui, dans des œuvres qui, cependant,
elles, ne sont jamais des « trésors sans
accès pour tous », n'a su chanter la
poésie de nos campagnes sous les couchants glorieux de l'Automne et les symphonies neigeuses de l'Hiver.
« Mais, puisque toute œuvre de beauté
est de la joie pour tous et pour toujours,
quelle reconnaissance ne devons-nous pas
garder à Charreton !
« Quelle reconnaissance plus intime
ne doivent pas, surtout, lui garder tous
ceux qu'il a honorés de son amitié !
D'une exquise sensibilité, il avait pour
eux les attentions les plus délicates, excellant toujours et en toutes circonstances à leur donner les témoignages les
plus précieux de son affection.
« Nous le pleurons aujourd'hui !
« Mais, comme il le croyait lui-même,
nous croyons que, lorsque son âme s'est
envolée, la lumière, qu'il a tant aimée,
ne s'est point éteinte pour lui. Par delà
la vie qui borne nos esprits inquiets et
insatisfaits, ses yeux se sont ouverts à
d'immortelles clartés.
« Madame, nous ne saurions oublier que
c'est vous qui l'avez gagné à l'Auvergne.
C'est donc à vous que notre province
doit d'avoir été illustrée par lui. C'est
aussi à vous que nous devons de l'avoir
connu et aimé.
« Aussi, pouvons-nous vous assurer
que, dans votre douleur, nous sommes en
pleine communion, et, surtout, je sais
répondre en cela à votre sentiment, en
union de prières avec vous. »

PROVERBES
Mena la guerra
Pour se faire espilhonsar,
—♦♦—
Chau se maridar,
Per se faire vantai-,

eux, quelle que fût, d'ailleurs, la nature
du procès, à moins que le seigneur
n'eût été saisi de l'affaire par voie de
LA COUTUME D'AUVILLAR clameur et que la cause du procès n'eût
été nettement définie.
Lorsque le seigneur était saisi par voie
TITRE IX
de clameur, le demandeur était tenu de
donner caution immédiatement, ou, si
De la justice
cela était impossible, d'affirmer, par serment, sur les Saints-Evangiles, qu'il ne
Les dispositions de la Coutume relatives à la justice sont si nombreuses le pouvait pas, mais qu'il poursuivrait
qu'il est indispensable d'en former plu- son action devant la oour. Le jour mêsieurs groupes. Nous nous occuperons me, le défenseur était obligé, de son côté, de donner caution ou d'affirmer, par
donc successivement :
De l'administration de la justice en serment, qu'il ne le pouvait pas. Il devait encore prendre rengagement de régénéral ;
pondre au demandeur ,et, s'il ne le faiDe l'instruction des affaires ;
sait pas, il était condamné par corps.
Du duel judiciaire ;
Toutes les affaires dont le seigneur
Des arbitrages ;
Enfin, des crimes, des délits et des était saisi étaient ajournées à huitaine.
La huitaine expirée, un nouveau délai de
contraventions.
huit jours ne pouvait être refusé au
défendeur pour préparer sa réponse et
CHAPITRE PREMIER
choisir un avocat.
Lœ consuls pouvaient être saisis, par
De l'administration de la justice
voie de plainte, de toutes les affaires,
en général
sans distinction, même de celles qui
Nous avons déjà fait remarquer, dans avaient pour objet un crime ou une inle chapitre concernant les droits seigneu- jure, pourvu, cependant, que l'accusé'ne
riaux, que, avant l'établissement du sysfût point passible de la confiscation,
tème féodal, la justice était exclusive- et, une fois saisis, ils avaient le droit
ment administrée par la communauté d'in former et de juger. Ils avaient le
représentée par ses prud'hommes. Ce ne même droit, lorsque le seigneur, déjà
fut donc qu'à partir du jour où la com- saisi par voie de clameur, négligeait de
munauté aliéna une partie de ce droit en rendre justice lui-même ou par son
faveur du seigneur qu'il y eut deux jus- bayle, mais ce n'était que dans le cas
tices distinctes à Auvillar, la justice sei- où, saisis, à leur tour, par le pleignant,
gneuriale et la justice communale. Il ils avaient requis mutileraient le seigneur
est à regretter que la Coutume n'ait de vider l'affaire portée devant lui. Enpas donné plus de détails sur la manière
fin, ils pouvaient encore être saisis d'une
de fonctionner de chacune d'elles ; quel- plainte contre un habitant, soit par le
ques articles de plus auraient suffi, et seigneur lui-raême ou son représentant,
notre travail n'aurait pas mérité le re- soit par des gens de sa maison. Dans ces
proche de manquer de clarté dans cercas, et à cause de la qualité des demanrtains passages.
deurs, le défenseur n'obtenait qu'un déLa justice était a-clministrée dans un lai de huit jours, mais était dispensé de
prétoire qui appartenait à la communaufournir caution. Ce délai expiré, ledit
té et qui, probablement, servait, en même
défenseur devait répondre à la demande
temps, de lieu de réunion au corps mu- i qui lui était faite. Si l'action n'était pas
nicipal, dans la maison commune en un
poursuivie, il était renvoyé de la plainte,
mot. Tant en première instance qu'en
après avoir affirmé ses dires par serappel, c'était dans ce heu que devaient ment.
être plaidées et jugées toutes les affaires.
Lorsqu'un procès avait pour objet !un
C'eût donc été en vain que le seigneur immeuble, que l'action eût été engagée
aurait fait assigner un habitant de la directement devant le seigneur ou deville ou de ses dépendances à comparai- , vant les consuls, il devait être accordé
tre, ylievaml lui. en tout * tu tro lieu, même j au défendeur huit jours pour prendre
dans son château ; cet habitant aurait été conseil, huit jours pour répondre et
parfaitement libre de ne pas se présen- huit jours, au moins; pour message.
ter, et, s'il s'y était refusé, aucune amen- Bien plus, si le défendeur voulait appeler
de n'aurait pu lui être infligée. Il n'en
quelqu'un en garantie, à raison du proeût pas été de même cependant, si, recès qui lui était intenté, il devait obtenir
doutant du tumulte ou pour tout autre
un nouveau sursis de huit jours, à partir
motif raisonnable, les consuLs avaient du troisième jour écoulé depuis la dedécidé que l'affaire serait plaidée et mande qu'il en avait faite, mais il devait
jugée au château.
jurer que ce n'était ni pour prolonger
Le seigneur connaissait en appel de le procès, ni pour aucun autre prétexte
tous les jugements rendus par son bayle,
qu'il avait recours à ce moyen. Un plus
par les oonsuls ou par la cour. L'appel
long délai devait être accordé au défendevait être vidé dans la ville même.
deur, si celui qui était appelé en gaExcepté dans le cas d'appel, le sei- rantie n'était pas dans le pays. Il sufgneur siégeait très raremen t en personfisait que le défendeur eût déclaré qu'il
ne ; il était remplacé par le bayle ou voulait appeler une autre personne en
bailli qu'il avait présenté à la ville, à son
garantie et qu'il l'eût désignée, pour
avènement, pour son justicier. Gelui-ci qu'il ne pût être contraint de plaider
devait faire partie du corps des prud'- immédiatement et de s'engager plus ahommes, avoir unie bonne réputation,
vant dans la cause. Il en était encore
être loyal, offrir, en un mot, des garanainsi tant que le garant voulait plaider
ties suffisantes, tant dans l'intérêt du
et plaidait pour son propre compte,
soigneur que dans celui de la commumais pourvu, cependant, que ledit garant
nauté.
pût faire droit à la demande et répondre
La justice était administrée tantôt par
de tous les frais du procès.
le corps consulaire, tantôt par la cour.
A. LAGREZE-FOSSAT.
La cour se composait des six consuls
(A suivre).
en exercice et des dix prud'hommes
DOCUMENTS

HISTORIQUES

j

qui formaient le conseil municipal. De
même qu'à Moissac, tous les membres de
la cour devaient être du serment de la
ville. Cependant, si les parties le demandaient, un étranger pouvait être admis à
siéger comme juge. Etranger ou non,
nul ne pouvait remplir les fonctions de
juge dans une affaire s'il avait été le
conseil ou l'avocat de l'un des plaideurs.
La justice seigneuriale et la justice
communale n'étaient pas saisies directement de la même manière : la justice seigneuriale l'était par voie de clameur (per clam), la justice communale
par voie de plainte (per rancura). Dans
le premier cas, la cour jugeait plus
souvent que le bayle ; dans le second
c'était, suivant la nature de l'affaire,
la cour ou le corps consulaire.
C'était le demandeur qui saisissait, soit
la justice seigneuriale, soit la justice
communale. Il était de règle qu'aucun
habitant de la ville ou de ses dépendances ne pouvait être contraint par le seigneur, son bayle ou toute autre personne
en son nom, de plaider devant ledit seigneur, son bayle ou son lieutenant, de
donner caution et de se laisser juger par

A L'ACADÉMIE FRANÇAISE
L'Académie Française, dans sa dernière séance, qui réunissait neuf immortels, a travaillé à la nouvelle revision
du Dictionnaire. Elle en est à la lettre
A, aux mots « abbé » et « abdiquer ».
Le cardinal Baudrillart, qui s'était chargé de rédiger la définition flu premier
de ces termes, a fait adopter cette rédaction :
« Abbé : dignitaire ecclésiastique, chef
spirituel et temporel d'une abbaye ou
de plusieurs abbayes réunies en congrégation. Ex. : abbé de Solesme, de Cîteaux, de la Trappe, abbé mitré, abbé
crosse.
« Abbé régulier : prélat de l'ordre de
saint Benoît.
« Abbé : titre honorifique maintenant
donné, par courtoisie, à tous les ecclésiastiques séculiers, quel que soit, au dessous de la prélature ou de 1 episcopat,
leur rang dans la hiérarchie. »

�L'ALAUZA D'AUVERNHA

A LA GLOIRE DU VIN
S'il reste encore quelques-uns de ces
tristes abstèmes d'avant-guerre qui menaient contre le vin la stupide croisade
que l'an sait (i), (7s doivent être bien
marris.
Cette année, en effet, le jas de la
vigne a été particulièrement à l'honneur. Tout d'abord, le Comité National
du Vin, qui est patronné par le Ministère de l'Agriculture, a organisé une
propagande active dans toute la France.
Une magnifique roulotte ornée de panneaux aux inscriptions fL·mboyantes :
(Le Vin nourrit. — Un repas sans vin
est une journée sans soleil)., va de ville
en ville, de village en vilhge, et, au
moyen de ses tracts, de ses haut-parUurs, de ses brochures, de ses affiches,
elle rappelle aux Français les vertus de
leur vin.
La voiture de propagande a parcouru
l'Auvergne pendant plusieurs semaines.
Le 18 septembre, elle stationnait à Clermont, Place des Garmes-Deschaax. Une
dégustation des meilleurs crus d'Auvergne a eu le plus grand, succès.
Le 20 septembre, l'Association des
médecins amis des vins de France a
tenu, à Dijon, son troisième congrès
dont les travaux et les manifestations
ont été suivis par plus de deux cents
congressistes. Son fondateur, l'éminent
professeur Georges Porlmann, sénateur
de la Gironde, n'a pas manqué de rappeler la formule du professeur Régis,
proclamant que l'alcoolisme, dans un
pays, est en raison inverse de la quantité de vin qu'on y boit.
Après les médecins, les artistes. Pendant les mois de septembre et d'octobre,
une exposition, intitulée La Vigne et le
Vin dans l'art, a occupé presque tout
le rez-de-chaussée du Pavillon de Marsan, à Paris. On y trouvait des vignettes
anciennes illustrant des livres à la gloire
du jus de L· vigne. C'était un ensemble
merveilleusement divers et fort beau.
Les amis de la poésie regrettaient, cependant, de ne pas y voir figurer quel-

maillot pourrait en atteindre les grappes.
Et, comme c'est l'usage, en cette fête
de Bacchus, à la naissance du vin, d'appeler les femmes des champs voisins
pour aider, elles jetaient toutes les yeux
sur Daphnis et louaient sa beauté, qu'elles
disaient égale à celle de Bacchus. D'autre part, dans les pressoirs, les hommes
adressaient des paroles provocantes à
Chloé, et disaient qu'ils seraient heureux
de devenir moutons, pour être menés
par une pareille bergère ; ce qui faisait
plaisir à Chloé, mais chagrinait Daphnis.
En peu de jours, tout fut achevé, le
raisin cueilli, la vendange foulée, le vin
dans les jarres, il n'y eut plus besoin
de tant de monde : ils recommencèrent
à mener leurs bêtes aux champs. Alors,
portant aux Nymphes des grappes avec
leur sarment, comme prémices de la
vendange, ils vinrent en grande joie les
honorer.
LONGUS, 4e siècle (?), Daphnis et
Chhé (II, 1-2), (Traduction A.
Chassang).

(ju.es poèlex du. vin.

Nous comblerons cette lacune en donnant, ci-après, pour nos lecteurs, une
collection de textes se rapportant à ce
sujet.
(1) Voir « L'Alauza d'Auvernha », N°
de novembre IQ3I : « Buvons du vin »,
par Henri GILBERT.

—♦♦—

—♦♦—
LE VIN
Le vin !

qui n'a chanté le bon vin ?
[Quelle lyre
N'a célébré le vin, sa gloire et son dé[lire,
Et l'ivresse rieuse et les festins joyeux,
Où la gloire du vin brille dans tous les
[yeux ?
0 vin, cher aux amours, Anacréon, Horace
Ont dit tes voluptés que couronne la grâce.
Pour moi, chanteur rustique épris d'autres
[leçons,
Instruit à préférer aux folâtres chansons
Les accents primitifs de la Bible ou d'Ho[mère,
Je louerai seulement, dans mon œuvre
[éphémère,
La force généreuse et la mâle vigueur
Qu'après de durs travaux un vin vieux met
[au cœur.
Aux champêtres banquets d'où j'exclus la
[mollesse,
Louons aussi le vin, ami de la vieillesse,
Qui verse dans un corps par le temps
[engourdi
L'essence du soleil des coteaux du Midi,
Offre au bon pèlerin pour qui la marche
[est lourde,
Un puissant élixir concentré dans sa
[gourde,
Et rend en un moment le courage des
[forts
Au soldat qu'ont brisé d'héroïques efforts.
Charles

LA VIGNE
Salomon avait une vigne à BaalHaimon. — Il confia sa vigne à des
fermiers : chacun d'eux lui donnait
mille sicles d'argent de fermage. —
Ma vigne, à moi, je la garde moi-même.
— A toi, ô Salomon, je laisse les mille
sicles d'argent, et aux fermiers de ta
vigne les deux cents sicles !
(Le Cantique des Cantiques, 8). (La
Bible).
—♦♦—
LES VENDANGES
On était au cœur de l'automne ; le
temps des vendanges était venu, et chacun, dans les champs, était à l'ouvrage.
L'un apprêtait les pressoirs, l'autre nettoyait les jarres ; celui-ci préparait les
paniers ; un autre s'occupait des serpettes pour la coupe du raison, un autre
de la meule à pressurer des grappes
écrasées. Il y en avait qui travaillaient
l'osier sec, dont on avait ôté l'éoorce à
force de la battre, pour en faire des
flambeaux à tirer le moût, pendant la
nuit.
Daphnis et Chloé, cessant pour quelques jours, de mener aux champs leurs
moutons et leurs chèvres, s'étaient mis
à la vendange et ee rendaient de petits
services. Il portait, lui, les grappes dans
des paniers, les foulait dans la cuve, puis
aidait à remplir les jarres ; elle préparait à manger aux vendangeurs, et leur
versait du vin de l'année précédente ;
puis elle se mettait à cueillir les plus
basses grappes. Car les vignes de Lesbos
sont basses, pour la plupart, au moins
pas montées sur des arbres fort hauts, et
les branches en pendent jusqu'à terre,
s'étendait çà et là comme du lierre, à |
tel point qu'un enfant à peine sorti du |

CALEMARD DE LA FAYETTE.

—♦♦—
AU VIN CLAIRET
0 gentil joly vin clairet,
Qui sers, aux vieilles gens, de laict,
Tu sois bien venu ! Je désire
Que chez moy tu prennes logis,
Amy de tes meilleurs amis,
Et la raison je t'en vay dire :
C'est

pour mon grand mal appaiser.
La nuit, je ne peux reposer,
Tant la colique me tourmente !
On m'a dit, selon Galien,
Qu'on peut guarir, par ton moyen,
Une douleur tant véhémente.
Je veux user de ta bonté,
Sans aller chercher ma santé,
Aux boetes des apothicaires.
Leurs drogues coustent trop d'argent ;
Je ne veulx plus que toy, vrayement,
Pour me servir en mes affaires.
Je sçay comme il en faut user
Sobrement, sans en abuser,
Que (1) raison ne soit pervertie.
Ma femme agréera volontiers
Qu'elle et moy en avons un tiers,
Tous les soirs, avant la rostie. (2)
S'il m'eschet (3) ailleurs d'en gouster,
Je n'iray pas luy raconter.
Elle me diroit en cholere :
« Tu as tant d'enfans à nourrir !
« Les veulx-tu, prodigue, appauvrir,
« Et ne cesser jamais de boire ? »
(1) Pour que.

La rôtie ,que l'on mangeait, autrefois, en Normandie, tous les soirs, avant
de se coucher, se composait d'une tranche
de pain grillée qui devait être trempée
dans un verre de bon vin.
(3) S'il m'arrive.

•

(2)

L'avare femme, son mary
Rend souvent honteux et marry,
Et en a de mauvaises heures.
Mais changeons de devis : bon vin,
Versé on ne t'a pas, afin
Qu'au verre tousjours tu demeures !
Je prends doncq ce qu'on m'a donné.
Personne ne soit estonné,
Si tout d'une fois je le vuide ;
Car j'ay, pour boire, assez chanté.
Sus ! voisin, à vostre santé !
Vive un gosier tousjours humide !
Jean

LE

Houx.

LA SIGNIFICATION DU VIN
Se trouvent trois lettres en vin.
Qui font Vigueur, Joye, Nourriture,
Et dénotent bien sa nature,
Comme dit fort bien mon voisin.
Le bon vin redonne vigueur
Et force au corps qui est malade ;
Il chasse la tristesse fade,
Nourrit le corps, purge le cœur;
Fait de la bile éjection ;
Le sang espez il subtilise,
Et nostre appétit il aguise
Et aide à la digestion.
Et bref, le vin, pris sobrement,
Est tousjours une bonne chose.
Je n'en prendray que ceste dose :
Prenez la vostre mesmement.
Je me sens bien reconforté,
0 belle et bonne créature !
Tu as de ce coup, je te jure,
Ma toux et mon rhume emporté.
Olivier

BASSELIN.

—♦♦—
LA PANACEE UNIVERSELLE
Jadis,
Pour,
A ses
Leur
Vray

Agamemnon,
devant Ibon,
héros complaire,
faisoit boire du vin,
nectar, que Jupin

3

LE

PROPOS

DES

BUVEURS

Ventre saint Quenet, parlons de boire :
je ne boy qu'à mes heures, comme la
mule du pape. Je ne boy qu'en mon
bréviaire, comme un beau pere guardian. Qui fut premier, soif ou beuverie ? Soif : car qui eust beu sans soif
durant le temps d'innocence ? Beuverie :
car privatio presupponit habitum (1).
Je suis clerc. Fœcundi calices qusm
non fecere disertum ? (2) Nous autres
innocens ne beuvons que trop sans soif.
Non, moy pécheur sans soif : et, sinon
présente, pour le moins future, la prévenant comme entendez. Je boy pour L·i
soif advenir. Je boy éternellement. Ce
m'est éternité et beuverie, et beuverie
d'éternité. Chantons, beuvons ; un motet : entonnions. Où est mon entonnoir ?
Quoy ! je ne boy que par procuration.
Mouillez vous pour seicher, ou seichez
vous pour mouiller ? Je n'entends point
la théorique. De la praticque je m'en
aide quelque peu. Baste. Je mouille, je
humecte, je boy ; et tout de peur de
mourir. Beuvez tousjours, vous ne mourrez jamais. Si je ne boy, je suis à sec,
me voila mort. Mon ame s'enfuira en
en quelque grenoillere. En sec jamais
lame ne habite. Sommeliers, o créateurs de nouvelles formes, rendez moi
de non beuvant, beuvant. Perannité d'arroussement par ces nerveux et secs
boyaux
Nos peres beuìreínt elt vuiderent les pots.
C'est bien chien chanté, beuvons. Voulez
vous rien mander à la rivière ? Cestuy ci
va laver les tripes. Je ne boy en plus
qu'unie esponge. Je boy comme un templier : et je, tanquam sponsus (3) ;
et moi, sicut terra sine aqua. (4). Un
synonyme de jambon, c'est un compulsoire de beuvettes, c'est un poulain. Par
le poulain, on descend le vin en cave ;
par le jambon, en l'estomach. Or ça, à
boire, boire ça
Petite pluye abat
grand vent : longues beuvettes rompent
le tonnoirre
Il n'y a rabouiUere en tout mon corps
où cestuy vin ne furette la soif. Cestuy
cy me la fouette bien. Cestuy cy me la
bannira du tout. Cornons icy, à son de
flacoons et de bouteilles, que quioonques
aura perdu la soif n'ait à la chercher
oeans.

Donne aux dinux dans Homère.

RABELAIS.

(Gargantua, liv. I, chap. V).
C'est grande charité,
Que remettre en santé
Une gorge altérée,
Luy donnant, au matin,
Du jus incarnadin,
Pour charmer la brouée. (1)
Les vers il fait mourir :
J'en prens, pour m'en guarir,
Et nettoyer mon ventre.
Au soir, estant couché,
Suis malade et tranché, (2)
Si quelque vin n'y entre.
Aux lois estudiant,
Mon compagnon voyant
Ces rougeastres rubriques, (3)
Cherchoit soudain liqueur
Qui fust de leur couleur,
Aux tavernes publiques.
M'invitant, compagnon,
Ne me faut de jambon,
Pour m'inciter à boire :
Tout aussitost j'avale,
Sans, dans la grande salle, (4)
Attendre un compulsoire (5).
N'es-tu pas, gentil vin,
De tristesse et chagrin
L'heureuse sépulture ?
Les fais-tu pas mourir,
Afin de maintenir
En santé la Nature ?
Jean

LE

Houx.

(1) Pour chasser le brouillard, la brume

du malin.
(2) Tranché, qui a la colique.
(3) On appelait ainsi les titres et les
articles dans les livres de Droit, parce
qu'ils étaient alors imprimés en rouge.
(4) La salle du Palais de Justice.
(5) Jeu de mots emprunté à Rabelais,
qui, dans les Propos des buveurs (Garg.,
liv. 1, chap. V) demande quel est le
synonyme de jambon : « C'est un compulsoire de beuvettes ; c'est un poulain. Par
le poulain, on descend le vin en cave ;
par le jambon, en l'estomach. »
Le compulsoire est un acte qui donne le
droit de prendre communication des registres d'un officier public, en vertu d'une
ordonnance du juge.

La privation suppose l'usage.
A qui les coupes inspiratrices n'ont;elles pas donné de l'éloquence ? (Horace,
Mv. 1, ép. V).
(3) Comme un fiancé.
(4) Comme lia terre sans eau.
(1)

(2)

—♦♦—
LA MANIERE
D'AVOIR

DU

VIN

Après qu'il fut fourny de vivres,
Il faut bien avoir la mémoire
Que, s'ilz vouloyent ce jour estre yvres,
Il falloit qu'ilz eussent à boire.
Maistre François, debvez le croire,
Emprunta deux grans brocs de boys,
Disant qu'il estoit nécessaire
D'avoir du vin, par ambagoys.
L'ung fist emplir de belle caue clere,
Et vint à la Pomme de Pin.
A tout ses deux brocs, sans renchere,,
Demandant s'ilz avoient bon vin,
Et qu'on luy emplist du plus fin,
Mais qu'il fust blanc et amoureux.
On luy empbst, pour faire fin,
D'ung tres-bon vin blanc de Baigneux.
Maistre François print les deux brocs,
L'un emprès l'autre les bouta ;
Incontinent, par bons propos,
Sans se haster, il demanda
Au varlet : « Quel vin est-ce là ? »
Il luy dist : « Vin blanc de Baigneux.
« Ostez cela, ostez cela,
« Car, par ma foy, point je n'en veulx.
« Qu'esse-cy ? Estes-vous bejaulne ?
« Vuidez-moy mon broc vistement.
« Je demande du vin de Beaulne,
« Qui soi! bon. el non aullrement. »
El, en parlant, subtillement,
Le broc, qui estoit d'eaue plain,
Contre l'aultre legierement
Luy changea, à pur et à plain.
Par ce point, ilz eurent du vin,
Par fine force de tromper ;
Sans aller parler au devin,
Hz repeurent, per ou non per.
Poésie attribuée à VILLON.
—♦♦—

A MÉCÈNE
S'il faut en croire le vieux Cratinus,
savant Mécène, les vers que composent
les buveurs d'eau ne peuvent plaire ni
vivre longtemps. Depuis que Bacchus
a enrôlé parmi les Faunes et les Satyres
les poètes au cerveau délirant, les douces
Muses ont commencé à sentir le vin
dès le matin. Les louanges qu'Homère
donne au vin l'accusent de l'avoir aimé,
et notre bon Ennius lui-même, ce n'était
qu'après boire qu'il s'élevait à chanter
les combats : « Les gosiers secs, je
les renvoie au Forum et au puits de
Libon ; les gens austères, je leur interdis de chanter. »
HORACE (Epi 1res, liv. 1, 19).
(Traduction A. Trognon).
—♦♦—
OSTEZ-MOI CE MEDECIN
Ostez-moi ce médecin
Qui veut que de l'eau je boive,
Et que je quitte le vin
Une liqueur si souefve !
Pensant ainsi me guarir,
Il me veut faire mourir.
L'eau est à mon naturel
Un element tout contraire ;
Et ce médecin cruel
Me vient conseiller d'en boire !
Fi, fi de son recipe ! (1)
Je n'y seray plus trompé.
Si ce meschant j'eusse creu,
Las ! je serois mort tout roide,
Si seulement j'eusse beu
Sa tisanne et son eau froide.
Quand ce bon vin j'ay gousté,
J'ay recouvert la santé.
Beuvant du bon, je ne crains
Jamais une maladie ;
En despit des médecins,
Je pintay toute ma vie.
Je sçais bien ce qui m'est bon :
J'en boy à vous, compagnon !
Olivier

BASSELIN.

(1) Impératif du verbe latin reciperc,
recevoir. Autrefois, les ordonnances des
médecins commençaient par le mot recipe,
reçois.

—♦♦—
L'AME DU VIN
Un soir, l'âme du vin chantait dans les
[bouteilles :
« Homme, vers toi je pousse, ô cher déshérité,
Sous ma prison de verre et mes cires
[vermeilles,
Un chant plein de lumière et de fraternité !
Je sais combien il faut, sur la colline en
[flamme,
De peine, de sueur et de soleil cuisant
Pour engendrer ma vie et pour me donner
[l'âme ;
Mais je ne serai point ingrat ni malfai[sant,
Car j'éprouve une joie immense quand je
[tombe
Dans le gosier d'un homme usé par ses
[travaux,
Et sa chaude poitrine est une douce tombe
Où je me plais bien mieux que dans mes
[froids caveaux.
Entends-tu retentir les refrains des di[manches
Et l'espoir qui gazouille en mon sein
[palpitant ?
Les coudes sur la table et retroussant tes
[manches,
Tu me glorifieras et tu seras content ;
J'allumerai les yeux de ta femme ravie;
A ton fils, je rendrai sa force et ses coufleurs
Et serai pour ce frêle athlète de la vie
L'huile qui raffermit les muscles des lutteurs.
En toi, je tomberai, végétale ambroisie,
Grain précieux jeté par l'éternel Semeur,
Pour que de notre amour naisse la poésie
Qui jaillira vers Dieu comme une rare
[fleur ! »
BAUDELAIRE

(Fleurs du Mal).

Voir en quatrième page nos maisons
recommandées. Nous prions nos lecteurs de leur réserver leurs commandes.

�4

L'ALAUZA

LES LIVRES
« Echos de la montagne », poèmes,
par Pierre Vergues (Aurillac, imprimerie
moderne, IQ36). Prix : i5 frs.
Pierre Vergnes est un Gantalien de
28 ans. Malgré sa jeunesse, il a subi les
épreuves de la vie. Il avait six ans,
lorsque survint la grande guerre. Son
père est mobilisé. Sa mère, qui doit travailler, ne peut le surveiller. Il fait l'école buis&amp;onnière, quoiqu'aimant l'étu&gt;o : il lui faut le plein air... De huit à
treize ans, il est loué dans une ferme.
Victime d'un accident, vers l'âge de i5
ans, il est renvoyé, comme pupille de
la Nation, dans une école d'aveugles, à
Paris. Là, il trouve des livres ; il les
dévore, car il a une folle passion pour
la lecture, et il acquiert ainsi une petite
somme de connaissances. Mais il quitte
l'école, se marie, à dix-huit ans, et revient à Aurillac. Quelques années de
bonheur... Hélas ! il pleure, aujourd'hui, ses trois enfants...
C'est oe simple ouvrier, lutteur tenace, qui publie « Echos de la montagne ».
Mme Raphaëlle Martinon a préfacé
le livre. Elle nous avertit franchement,
mais., cependant, avec beaucoup de tact,
des défauts des poète : « Certaines impétuosités et certaines inexpériences,
comme l'abus des adjectifs, les inversions
douteuses et les fautes de prosodie ».
Nous n'y insisterons pas, puisque l'auteur lui-même les reconnaît de bonne
grâce et se promet d'en éviter le retour.
Il nous est d'ailleurs, agréable de trouver, dans les poèmes de Pierre Vergnes,
le véritable don de poésie qui sait traduire d'une manière frappante tous lies
sentiments inspirés par la contemplation
de la nature ou par les heurts de la vie.
Comment ne serait-on pas sympathique à cette fraîche inspiration pleine
de spontanéité, aux élans de cette âme
sensible qui trouve des acoents si gracieux, et parfois, si pathétiques ?

Sainte-Chapelle de Riom d'un des « plus
beaux pourtraicts de France », juillet
1634 (Marc Dousse). — Le prêche à
Paren'.ignat (A. Achard).

LES

CONTES DE L'AZt »
d'Henri

GILBERT

Directeur-fondateur du « Covize »,
société régionaliste de Clermont, M.
Henri Gilbert se consacre tout entier
au folklore auvergnat et vellave.
Je viens de recevoir de lui ses Contes
de l Aze, qui sont bien les plus délicieuses et piquantes petites choses que l'on
peut souhaiter en langue d'oc. Trois livrets sont parus : L'Aze pelh covert ;
VAze, belh fraire delh bon D'eu ; Lo
rima de ventre de mestre Civada, et on
en annonce, pour bientôt, un quatrième :
L;s esirenas de l Aze.
Ges contes-là ne se raoontent pas,
surtout en français ; ils se lisent, et
toute la saveur de lis primas de Piarrand
de Rabardel, par exemple, peut alors
être goûtée ! A une époque où le goût
du frelaté et du conventionnel semble
dominer, il est réconfortant de se retremper, pour un instant, dans l'une de
ces sources claires, pleines de finesse et
de charme, coulant de l'éternelle jeunesse de notre langue d'oc.
Raymond ROUCHE,
La Revue du Plateau Central.

EN HONNEUR
DU POETE ETIENNE MARCENAC

Notre excellent col'al.oralcur et ami, le
bon poète cantalien Etienne Maroenac,
lauréat de l'Académie Française, est bien
connu de nos lecteurs. Nous sommes
donc heureux d'annoncer que ses œuvres feront l'objet d'une conférence, le
11 janvier prochain, à 16 h. 3o, à l'Hô« Une douceur se meurt, frivole ;
tel des Sociétés Savantes, rue Serpente, à
Paris. C'est notre ami, M° Joseph Py-f
« Les feuilles se colorent d'or
« Et forment une farandole
thon, Téminent avocat à la Cour d'Appel
de Paris, qui parlera de l'auteur de
« Que le vent pousse, en son essor. »
! « Quenouilles et Musettes », de « Au
C'est ainsi que notre poète décrit le
Pays des bourrées » et de « A l'ombre
déclin de la nature en septembre. Mais des bouleaux ».
si les saisons alimentent sa rêverie, il
Mme Cœcilia Vellini, de l'Odéon, sera
a toujours la nostalgie de la montagne j parmi les interprètes du poète.
où se reportent tout naturellement ses
Tous nos sociétaires parisiens vousouvenirs de petit vacher. Sa jeunesse,
dront assister à cette belle matinée littéses premières amours lui inspirent des
raire. — Prix d'entrée : 2 francs par
vers parfois bien frappés :
personne.
« 0 tendre Bien-Aimée, allons vers les
[fleurs closes
« Ecouter la chanson qu'elles chantent
POUR « L'ALAUZA D'AUVERNHA »
[tout bas... »
Concours d'.bonn menU
Le souvenir des enfants qu'il a tant
chéris le hante ; son cœur douloureux
Nous avons indiqué, dans notre derexhale des plaintes dont le lecteur ne
nier numéro, qu'il manquait encore djux
peut s'empêcher d'être ému :
abonnements pour terminer la première
«
«
«
«

Loin de toi, bien seul, il faut vivre,
Vivre pour un regret puissant,
Sans ce bonheur qui nous enivre
De voir gai son petit enfant 1 »

Est-ce à dire que Pierre Vergnes soit
un désespéré ? Non, il veut dominer son
épreuve, et son livre se termine par une
invocation à l'Auvergne.
Après avoir lu avec sympathie les
« Echos de la montagne », nous conseillerons à Pierre Vergnes de se méfier
des morceaux de longue haleine, et n uis
souhaiterons qu'il essaye d'écrire en dialecte, comme Julien Galéry, son émule
eu poésie.
Henri GILBERT.
**
« Le Régime successoral en Carladès
et dans le BaiUage des Montagnes anant
la Révolution », par Antoine Morisque
(Aurillac, imprimerie moderne). —
Compte rendu dans notre prochain numéro.
« La Revue du Plateau Central »,
8, rue des Apennins, Paris, 1 ~e. — Sommaire : Le tourisme en France (E.
Anglade). — Les sports d'hiver dans
le Massif Central (Dr Gany). — Communautés (Henri Pourrat). — La Prinoesse des Deux Mille et Une Aurores
(Raymond Rouche). — Henri Pourrat:
Contes de la Bûcheronne (R. Rouche).
— Eglises romanes de Haute-Auvergne
(R. Rouche). — La leçon du passé (J.
Delahaye). — Nodau (S. Robaglia). —
Le régime des grands chemins (J. Jaudon).
« Bulletin de l'Auvergne », publié par
l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et
Arts de Clermont-Ferrand ; ig36, 3e
trimestre. — SOMMAIRE : Enlèvement du
château de Nonette et transfert à la

série.
Dès que ces abonnements seront obtenus, les primes seront attribuées. Au
cas où les concurrents qui ont le même
nombre de pointe n'auraient pas modifié leurs résultats en obtenant d'autres
abonnements, l'attribution des primes se
ferait d'après la liste qui a été publiée
dans le N° d'Août-Septemhre. En attendant que les deux derniers abonneniints
soient obtenus, le classement s'établit
donc ainsi :
1) Mme Montbesson, à Issoire ;
2) M. le I&gt; René Martrou, à Beaulon
(Allier) ; 3) M. Biscuit, à Clermont ;
4) M. Francon, à Clermont ; 5) Mlle
Maiiiîvialle, à Clermont ; 6) Mme Gourtadon, à Clermont ; 7) M. J.-B. Brunmurol, à Geyrat ; 8) Mlle Gubizolle, à
St-Germain-Lembron ; 9) Mme Lenormand, à Clermont ; 10) Mme Pascal, à
Chamalières.
Le classement définitif sera donné en
février.
Un nouveau concours sera ouvert.
Nous prions nos amis de vouloir bien
nous soumettre leurs idées, à oe sujet.
NOTA. — Les concurrents non classés conservent leurs points pour la seconde série du oonoours. Il est entendu
que les primes sont réservées aux seuls
abonnés.

Ü'AUVERNHA

tons : Etudes sur l'élymologie et le
vocabulaire du vieux slave ; Esquisse
d'un? grammaire comparée de l arménien classique ; In'roduction à l'étude
comparative des langues indo européennes ; De quelques innovations d'li déclinaison latine ; Les dialectes indo européens ; Aperçu d'une histoire ds la
langue grecque ; Caractères généraux
des langues germaniques ; Les Lngues
dens l'Europe nouvelle; Linguistique historique et linguistique générale ; etc..
M. Meillet était l'un des princes de La
philologie.

prononcé l'éloge du nouvel académicien,
qui a répondu en affirmant son attachement indéfectible au pays natal où il
a trouvé son inspiration et son idéal.

NOS AMIS

TBAVAUX DE PLO IBER E

M. Antoine Meillet, professeur au Collège de France, président de la section
historique et philologique de l'Ecole des
Hautes-Etudes, vient de mourir à Châteauroux, dans le Berry. Il avait 70 ans.
Il était né à Moulins.
Parmi ses principaux ouvrages, ci-

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Me Pierre Dugnat, membre du comité du « Covize », a été élu PrésidentSyndic de la Chambre de discipline des
huissiers près le Tribunal civil de Clermont-Ferrand.
Sur la liste des candidats admis à
l'Ecole Polytechnique, figure le nom de
M. Gaston Pialoux, fils de Me Pialoux,
avocat au Barreau de Clermont-Ferrand
et membre du Comité du « Covize ».
Nos plus sincères félicitations.

Clermont-Ferrand.

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rue Victor-Hugo, Clermont.

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viennent de faire célébrer une messe
pour le repos de l'âme de Boileau, dans
la chapelle de l'Eglise de St-Ge.rmaindes-Prés, où repose sa cendre.
Ensuite eu heu, à Auteuil, un joyeux
banquet auquel avait été conviée l'Association de la critique littéraire. Au dessert, on a entendu : MM; Jean Vignaud,
au nom des Gens de Lettres ; André
Thérive, au nom de la critique, disserter,
non point sur le ton de l'Art poétique,
mais sur celui des Satires ; Edmond Pilon évoquer la vie sentimentale du poète;
Mme Dussane lire un impromptu de
Tristan Derème et une Epître de Boileau
lui-même.

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En exécution de la transaction passée,
le 28 mai i646, entre MM. de Sorbonne
et Mme la duchesse d'Aiguillon, le Conseil de l'Université de Paris va commémorer la mort du cardinal de Richelieu.
Un service funèbre, auquel les membres du corps enseignant de l'Université
et les étudiants étaient priés d'assister,
a été célébré le 6 décembre, dans la chapelle de la Sorbonne.

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BULLETIN D'ABONNEMENT
LES ECRIVAINS D'AQUITAINE

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M. Alfred Rionmet, Ingénieur, président du « Covize de la Ribeira », est
décédé le 4 octobre, à St-Cirgues, près
La Voùte-Chilhac, son pays natal. Une
longue et douloureuse maladie l'a emporté à l'âge de 35 ans. Homme distingué et plein d'avenir, M. Alfred Rionmet était estimé de tous et ne comptait
q!ui3 des amis. Animateur incomparable,
il avait su grouper au « Covize de la
Ribeira » d'excellents éléments regionalistes. Nous ressentions diouloureuscment,
avec « Lo Covize de la Ribeira », la
lin prématurée de notre dévoué ami,
m.ais nous avons l'espoir que son œuvre
vi\ ni.
Nous offrons à sa mère, Mme veuve
Rionnet, ainsi qu'à sa famille, nos condoléances les plus attristées.
— Nous avons appris avec peine le
décès, survenu le 29 septembre, de M.
Pierre Pascal, père de notre excellent
sociétaire, M. Pascal. Los obsèques ont
eu lieu le ier octobre, à Clermont.
Mous renouvelons à Mme veuve Pascal,
à Mme et M. Pascal, membres du Comité du « Covize », et à leur famille,
nos plus sympathiques condoléances.

VINS ET SPIRITUEUX
Entrepôt central
du SAMCS d s Missions Africaines
F. PALAU.I
16, Av. Glaussat, Criamalières (P.-deD.)
Ne remettez pas au lendemain votre
abonnement à

Les écrivains d'Aquitaine ont fêté, en
un banquet, le 2 5 octobre, l'élection à
l'Académie Française de M. Joseph de
Peáquidoux.
Des membres de l'Université, des représentants des groupements littéraires
et artistiques se trouvaient réunis autour
de M. Serge Barraux, président des écrivains d'Aquitaine. Plusieurs orateurs ont

Je soussigné, déclare souscrire un
D'AUVERNHA, à partir

abonnement d'un an

à L'ALAUZA

du

Au nom de M

~

profession _

-

domicile

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fr. - Etranger,

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Un an : France,

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-

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Envoyer ce bulletin en y joignant un chèque-postal à M.
des Tapis, à Lyon. — Comptes Chèques-Postaux 9-5S3.

fr
ANTOINE GILBERT,

3,

Plaee

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              <text>L'Alauza d'Auvernha : organe mensuel de la Fédération régionaliste auvergnate. - 1936, n°75 (Octobre-Novembre-Décembre)</text>
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              <text>Gilbert, Henri (1874-1955), Directeur de publication</text>
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              <text>Vignette : http://occitanica.eu/omeka/files/original/0f5b719af8aaf466b7004137e2deb4bf.jpg</text>
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              <text>L'Alauza d'Auvernha (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/12715"&gt;Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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              <text>Gilbert, Henri (1874-1955)</text>
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              <text>Calemard de La Fayette, Charles (1815-1901)</text>
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          <name>Alternative Title</name>
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              <text>L'Alauza d'Auvernha. - 1936, n°75 (Octobre-Novembre-Décembre) </text>
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          <name>Contributeur</name>
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              <text>CIRDOC - Institut occitan de cultura</text>
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