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                  <text>SEPTIEME

ANNEE.

—

N°

73.

Le numéro

mensuel :

1

fr.

Etranger : 2

fr.

MAI-JU IN-JUILLET 1938.

Direction :

GILBERT

HENRI

A. GASATI.
C. CHACORNAC.
J. CHARBONNIER.
L. DEBRONS.
L FARGES.
J. FREYCKNET.
H. GILBERT.
A. GILBERT.
P. MAMET.
E. MARCENAC.
L. MAURANNES.
J. PAGENEL.
L'-Ci E. PESSEMESSE.
Mm« RAOUL DUPA1N.
Dr E. ROUX.
M"« B. ROZIÈS.
P. SABATIER.
L. TESTUD.

7, Rue Serret, 7
CLERMONT-FERRAND

Administration :
ANTOINE

GILBERT

3, Place des Tapis, 3
LYON

Chèques-Postaux|
Lyon : 9-553

ORGANE MENSUEL DE LA FÉDÉRATION RÉGIONALISTE AUVERGNATE ET VELLAVE

LE TROUBADOUR VELLAVE PONS DE CAPDUELH
(1180-1227)
Par

A l'Est de Saint-Julien, à un quant
d'heure de marche, se trouve le hameau de
Chapteuil. C'est là que s'élevait, sur un
cône basaltique imposant, le château féodal dans lequel naquit le troubadour Pons
de Capduelh.
Un manuscrit de la fin du xiie siècle,
conservé à la bibliothèque dlu Vatican,
contient une courte biographie, en langue d'oc, de notre poète. Nous en traduisons les principaux passages :
« Pons de Capduelh était un homme
de haut rang et un puissant baron. Il
savait bien trouver (œmposer), jouer do
la viole et chanter. Il était parfait chevalier, sachant bien parler, connaissant l'art
d'aimer, grand et beau et fort instruit.
« Il était fort dépourvu d'argent (fort
escars d'açer), mais il savait le cacher
(mout s'en sabia cobrir) par son accueil
agréable et par son empressement à faire
honneur à ses visiteurs. »
Il choisit pour reine die ses pensées
Azalaïs de Mercœur, femme d'Odiloni de
Mcrcœur et fille de Bernard d'AndUzc.
La famille de Mercœur, une des plus
célèbres de notre contrée, possédait la
baronnie de même nom. Cette baronnie,
fondée au ixe&gt; siècle, par Ithier, avait eu
tout d'abord son siège au château de Miei'cœur, dans la viguexie de Rageade.
Del bonne heure, la famille de Mercœur
avait joué un rôle considérable. Un de
sets membres les plus éminents fut, au
xi* siècle, saint Odilon qui devint chanoine de Rrioude, puis abbé de Cluny, et
exerça une influence immense dans toute
la chrétienté.
Dans la seconde mpitié du xu« siècle,
un autre Mercœur occupait sous le nom
d'Etienne, le siège épisoopal de Clermonl.
C'était l'époque où vivaient Pons dé
Capduelh et Azalaïs de Mercœur. Cette
dernière ne dédaigna pas le pur hommage)
que mi voua le poète, selon la mode du
temps, ni les louanges qu'il était fier del
lui chanter :
« Vous êtes la femme la .meilleure qui
soit au monidie, lia plus parfaite, la pl(us
aiimiablc, la plus sincère, la plus prude,
la plus belle et la plus spirituelle. Je
vous aime; tant que je ne saurais avoir»
d'autre bonheur, et si parfaitement que
d'aucune autre chose je ne me souviens!,
Et même quand je prie Dietu, je m'oublie pour vous. »
La belle Azalaïs, très flattée, donnait
en l'honneur du troubadour fêtes et tournois. Mais Pons voulait obtenir davantage : il désirait être aimé pour luimême. Azalaïs s'y refusait. Pour éprouver sa Dame et lui faire regretter son.
indifférence, le troubadour s'éloigna d'ellje
et alla porter ses hommages à Audiart,
femme de Roncelin, seigneur de Marseille. C'était, selon M. C. Fabre, « vraisemblablement après 12il, époque où Audiart dut se séparer de son mari par ordre de l'Eglise ». Mais ce qui se pro-,
duisit n'était pas ce qu'attendait Pons de
Capduelh. Azalaïs, outrée d'avoir une rivale, voulut oublier le perfide et défendit
dé prononcer son nom devant elle.
L'ingrat, pris à son propre piège, retourna dans sa patrie. Pour rentrer en
grâce auprès d'Azalaïs, il chanta sur sa
manidore sa douleur et son repentir. Mais

Azalaïs restait inflexible. Pons fit plaider
sa cause par trois aimables châtelaines,
compagnes de sa jeune amie, la comtesse
de Montferrand, la vicomtesse d'Aubusson
et Marie de VentadouT. Celles-ci. après
avoir intercédé pour le poète et obtenu sa
grâce, le ramenèrent aux pieds d'Azalaïs :
il jura de ne plus s'éoarter « du droit
chemin de l'amour ».
Hélas ! ce fut pour peu de temps : la
mort emporta prématurément Azalaïs de
Mercœur dans la fleur de sa jeunesse et)
de sa beauté. Et le poète exhala ses plain-·
tes dans une de ses plus belles cliiansons.t
Puis il s'isola dans sa douleur, et le manoir du Capdtuelh n'entendit plus
ses
chants.
Cependant, de graves événements avaient
lieu en Terre Sainte. Le désordre était à
son oomble dans le roy aume de Jérusalem,
Le sultan Salad'in était victorieux à Tibériade ( •! juillet 1187) : Lusignan, le prince
d'Antioche, les grands-m^aîtres du Temple
et de l'Hospital étaient prisonniers ; la
vraie croix et Jérusalem étaient au pouvoir des infidèles1. Ces nouvelles sou.l(e!vèrent l'Europe de colère. Aussitôt, les
moines se répandirent dans les villes et
les campagnes pour y prêcher la croisade.
Les troubadours composèrent non plus de
langoureuses chansons d'amour, mais deviolents sirventés contre les mécréanls et
des hymnes pieux pour exalter la foi,
Ces écrits, copiés dans les monastères,
étaient ensuite répandus et chantés dans
le public pendant les foires, les fêles,
les assemblées. Ils jouaient le même rôle
que la presse de nos jours.
Pons de Capduelh, encore dans toute la
force de la jeunesse, se leva pour prêcher1,
lui aussi, la croisade. Il composa les belles strophes que nous donnons plus loin,
avec une traduction française.
Le ai janvier 1188, Henri II et Philippe-Auguste oonvocpièrent, dans la plaine
de Gisors. un parlement auquel se rendirent tous les haroins de France, d'Angleterre et d'Aquitaine, ainsi que les légats du pape. Les dieux rois se revêtirent)
du signe du pèlerinage et conclurent une
alliance perpétuell|e. Les barons suivirent
l'exemple des rois. Quelques semaines
après, l'empereur Frédéric Barberousse et
les seigneurs du Rhin se croisèrent à
Mayence.
Mais, pendant le cours des deux années
prévues pour les préparatifs de la croisade,
Richard, duc d'Aquitaine et de Poitou,
envahit le Toulousain et le Quércy. Philippe-Auguste le somma de; respecter l'alliance. Il refusa. Le roi de France enleva alors à son rival le Berry et l'Auvergne.
Le spectacle de ces discordes et celui
que donnait le clergé en refusant de
payer la dîme saladine étaient bien fait
pour attrister. Pons de Capduelh se reprit à chanter pour fléchir, en termesi
éloquents, l'égoïsme des rois et des clercs
et pour se donner lui-même en exemple.
Enfin, Henri II étant mort, son fils
Richard le remplaça. La paix fut conclue.
Le lh juillet 1190, le roi d'Angleterre
s'embarqua à Marseille ; le roi de France,
suivi par le Dauphin d'Auvergne, Héracle
de Polignac et Pons de Capduelh, s'embarqua à Gênes. A cause de l'état de la mer,

Henri

GILBER

les croisés hivernèrent en Sicile. Ils débarquèrent au printemps de 1191. devant
Plolémaïs, qu'ils
assiégèrent.
La ville
n'ayant pu être débloquée par Salah-Eddin, resta aux chrétiens. Certains historiens prétendent que le troubadour trouva
une mort glorieuse pendant, une des péripéties de ce siège. D'autres, parmi lesquels
Jean de Nostradamus, Procureur au Parlement de Provence, placent la date de sa
mort en 1237. Après la Jroisième croisar
de, Pons de Capduelh serait entré dans
l'ordre des Hospitaliers. Ce sefait pendant
ce long séjour sur la terre étrangère qu'il
aurait composé son poème, aujourd'hui
perdu « Las Amors enribiadas de Andr,iou de Fransa ».
Il nous reste de lui vinjgt-scpt œmpositions lyriques, dont vingt-trois chansons
est trois sirventés de croisade.
Le talent de Pons de Capduelh est fa.it
d'une noble inspiration et d'une abondance
qui va de pair avec une riche imagination
et un grand art de la composition.
Sa chanson sur la mort d'Azalaïs czt
une des plus belles poésies lyriques de la
langue d'oc.
Henri GILBERT.
—*—
Exhortation à la croisade

EN HONOR DEL PAIRE
En honor del paire en cui es
Totz poders e tota vertatz
Et el Filh totz sens e totz gratz,
Et el Sanh Esperit tot?, bes,
Devem creire l'un e totz tres,
Qu'ieu sai que'l Sanhta Trinilalz
Es vers Dieus et vers perdonaire,
Vera mercès e vers salvaire,
Per qu'ieu dels mortals falhimens
Qu'ai fagz eu ditz ni en pessan
Ab fals molz ni ab mal obran,
Mi ren colpables penedens.
Senhors, pus sai nos a trames,
Per cardenals e per legalz,
Absol selh qu'es en luec pauzatz
De sanh Peire, a cui promès
Qu'en cel et en terra pogués
Solver quascun de sos peccatz ;
Qui so non cre, al mieu veiaire,
Fals es e felos e trichaire,
E de nostra ley mescrezens ;
E qui no se vol trair'enan
De far la crotz, al mieu semblan,
Non es a Dieu obediens.
Qui fai la crotz mout l'es ben pres,
Qu'el pus valens eT pus prezatz
Er, si reman flacx e malvatz,
ET pus avols franex e cortès,
Si va, et noT falhira res,
Ans er del tol mons e lavatz,
E ja noTcal tondre ni raire
Ni en estreg orde maltraire,
Que Dieus lur sera vers guirens
A totz selhs que per lui iran
Venjar Tanta qu'els Turc nos fan,
Que totas autras antas vens.
Ar hi fai mout gran nescies,
E son dan rica poestatz,
Quan tolh las autrui heretat/.
Ni bast caslelhs, tors ni pares ;
ET cuia mout aver conques,
Menhs a q'us paupres despulhatz ;
Qu el Lazer non aviaguaire,
ET ricx que no li voie ben faire

Valc a la mort pauc son argens :
Guart si donc qui tolh abenjan,
Que selh qu'avia d'aver tan
Fon cailius, e'l paupres manens...
Ben volgra qu'el reys dels Francés
E'l reys engles fezesson palz,
Etaquel fora pus onratz,
Per Dieu, qui premier lo volgués ;
Eja no'l mei mera sos ces,
Ans fora el cel coronatz ;
E'l reys de Polh e l'emperaire
Fosson abdui amic e fraire.
Tro fos cobratz lo monimens.
Qu'aissi cum sai perdonaran.
Sapchatz qu'aital perdon auran
Lai on er faigz lo jutjamens.
Gloriosa, en cui mercès
Es e vera virginitatz,
Lums et estela e clardatz,
Salutz et esperansa e fes,
En cui vers Dieu per nos si mes,
Per totz nos peccadors preya'.z
Vostre dous fllh e vostre paire,
De cui vos elz filha e maire ;
Regina doussa, resplendens,
Com trava vostra ley enan,
E nos don forsa e poder gran
Sobr'els Turcx felos mescrezens.
PONS DE CAPDUELH.

(Raynouard, t. VI, p. 87).

(1) Philippe-Auguste, en 1213. — (2) Jean-Sansïerre. — (3) Frédéric, roi de Pouille et de Sicile,
compétiteur de l'Empire, qui parvint en 1212, à
se faire couronnera Mayence. — (4) Othon IV de
Saxe.

—*—
TRADUCTION FRANÇAISE
En l'honneur du Père, en qui est tout
pouvoir et toute vérité, et du Fils ,qui
possède toute raison et toute bonté, —
nous devons croire à chacvj(n d'eux et à
tous trois ensemble, — car je sais que la
Sainte Trinité — est le vrai Dieu et la
vraie source de pardon, — de miséricorde!
et de salut. — C'est pourquoi, pour les
fautes mortelles — que j'ai faites en dits
et en pensées, — par mes mensonges et
par mes mauvaises œuvres, — je me reconnais coupable pécheur.
Le Seigneur, ainsi qu'il mous l'a fait
connaître, ici-bas, — par les cardinaux
et les légats, — absoudra celui qui lient
la place — de saint Pierre, à qui il a
promis — qu'au ciel et sur la terre, il
pourrait, — délivrer chacun de ses péchés. — Oui ne le croit, au mien avis,
— est faux et félon et trompeur, — et
de notre loi mécréant ; — et qui ne veut
se décider — de prendre la croix, à ce)
qu'il me semble, — n'est pas obéissant envers Dieu.
Heureux qui porte la croix, — car le
plus vaillant et le plus honoré — scira, s'il
demeure (au lieu daller à la Croisade),
lâche et méprisable, — tandis que le pilus
vil (deviendra) franc et courtois, — s'il
part, et rien ne lui faillira. — Au oonr
traire, il sera absloius de tout le monde;:
— isans qu'il lui faille se faire tondre
cl raser — et en un ordre (religieux) sévère gémir ; — car Dieu sera le vrai
guide — de tous ceux qui, pour lui,
ili'omt — venger f a honte que les Turcs nom
font, — et qui dépasse toutes les autres
hontes.

L'homme riche fait preuve de beaucoup
de sol lise, — et sa puissance même lui
esl funeste, — quand il ravit les domaines
d'aulrui — et force châteaux, tours et
murailles ; — el (lorsqu'il) cuide moult
avoir conquis, — moins il a qu'un pauvre sans vêtements ; — Sans doute, le
Lazare n'avait guère. — mais au riche
qui ne voulut lui faire aucun bien, —■
son argent valut peu, à la mort. — Qu'il
prenne donc garde, celui qui ravit méchamment, — car celui qui avait tant
de biens — devint chétif, et. le pauvre,
riche...
Combien je vovidrais que le roi deis
Français — et le roi anglais fissent la
paix ! — El. celui-là sera le plus honoré,
— par Dieu, qui, le premier, la voudra ;
et jamais il ne sera mépriâé, — mais il
ser,a couronné dans le ciel. — Que' le
roi de. (la) Pouille el l'empereur.— soient,
l'un pour T,autre, amis et frères, — jusiqu'à ce que soit recouvré le Monument
(le Tombeau du Christ). — Et, de même
qu'ils pardonneront, ici-bas, — sachez que
tel pardon ils auroint-là où sera fait le
jugement (dernier).
O Glorieuse, (vc/us) en qu'i miséricorde,
— réside, et vraie virginité ; — lumière,
étoile et clarté, — salut, espérance et
foi, — en qui le vr.ai Dieu, pour nous,
s'est inqarné, — pour nous tous, pêcheurs,
priez-votre doux Fils et votre Père, —
de qui vous êtes fille et mère ; — reine
douce, respland'issainite, — que Ton propage votre loi (culte), — et donnez-nous)
force et grand pouvoir — sur les Turcs,
ces félons mécréanls.
(Tinduction française de Henri Gilbert)^

A NOS ABONNÉS
Ce numéro devait paraître beaucoup
plus tôt. La préparation de plusieurs
fêtes régionalistes est la cause de ce m*
tard. Nous nous en excusons auprès de
nos abonnés. Comme dédommagement,
F Administrateur enverra à ceux d'entre
eux dont l'abonnement sera à jour le
ier août, un exemplaire du conte « LO
M AU DE VENTRE DE MESTRE CIVADA ».
Le prochain numéro paraîtra avant la
Grande Journée Auvergnate d'Issoire.

CONTES DE

LA

par Henri

LUNEIRA

GILBERT

Contes en langue d'oc avec un© traduction française ; notes étymologiques ;
indications détaillées pour la lecture du
texte.
Prix : a5 fr., chez l'auteur et dans
deux librairies seulement : « Avenir &gt;,
Delaunay.

Voir en quatrième page nos maisons
recommandées.

Nous

prions

nos lec-

teurs de leur réserver leurs commandes.

�L'ALAUZA D'AUVERNHA

FÉDÉRATION BÉKIOHAUSTE AUVERGNATE ET VELLAVE
(C4NT AL — HAUTE-LOIR E

—

PUT-DE-DPMf )

Littérature, Histoire, Arts, Folklore, Défense des intérêts de notre Région

Grande Journée Auvergnate d'Issoire
A la suite du succès obtenu, l'année
dernière, par la Grande Journée Auvergnate d'Issoire, il fut décidé qu'une manifestation semblable aurait lieu en 1936.
Cette Grande Journée Auvergnate, qui;
est en préparation, aura une importance
particulière. Le Comité Directeur de la
Fédération Régionalisle Française, à laquelle est affiliée la Fédération Régionalisle Auvergnate et, Vellave, vient, en effet dé décider d'y participer officiellement. L eminent Délégué Général de la
F. R. F., M. Charles Brun, nous laisse
même espérer qu'il sera des nôtres avec
nos amis MM. le colonel Pessemesse,
membre du Comité, et Fr. Rochez, secrétaire général-adjoint.
Toutes les sociétés regionalistes qui
ont adhéré à la Fédération Régionalisle
Auvergnate et Vellave, tous nos adhérents
isolés (abonnés isolés de T« Alauzad'Auvernha ») et tous les Régionalistes des
régions limitrophes seront convoqués à
Issoire.
Le programme général sera analogue
à celui de ig35 ; mais on y ajoutera une
séance d'études organisée par la Fédération Régionalisle Française et une Exposition Artistique el Littéraire qui réunira
des œuvres des artistes et des écrivains

« LO COVIZE »
Société

Régionaliste

de

Clermont

Le dernier Covize mensuel de la saison a eu lieu sous la présidence de M.
le Conseiller Chazal, président de la
« Fédération Régionaliste Auvergnate et
Vellave ». Auprès du président avaient
pris place MM. le Dr Cany, président
de la Fédération des Syndicats d'Initiative ; Elle Deydier, président du Tribunal de St-Flour ; Henri Gilbert, président du « Covize ».
M. le Conseiller Chazal, après un mot
aimable pour les assistants et pour ses
collaborateurs, en particulier pour M.
le président Deydier, qui avait bien voulu retarder son départ afin d'assister
à cette soirée, exalta, dans une brillante
improvisation, l'œuvre régionaliste et
fixa les points importants du programme qu'il convient de développer en Auvergne et en Velay. Ce fut, ensuite,
en termes des plus délicats qu'il présenta le distingué Dr Cany, dont la
conférence avait pour sujet : « La Vie
régionale et le Tourisme ».
M. le Dr Cany, qui avait bien voulu
apporter, une fois de plus, au « Covize » l'appui de son talent, rappela tout
d'abord que l'Exposition de 1987 s'inspirera largement du Régionalisme et que
le sujet qu'il devait traiter se rapportait,
par conséquent à l'Exposition.
On a donné du Régionalisme diverses
définitions ; elles ont été rappelées par
le maître Charles-Brun, dans la belle
étude qu'il a publiée dans « L'Alauza
d'Auvernha » (Nos de mars et d'Avril
1936). Pour simplifier, on peut considérer le Régionalisme sous l'aspect de
la vie régionale, dont les manifestations
sont multiples. M. le Dl Cany, en s'aidant seulement de quelques notes, car
il possède admirablement son sujet, étudie chacune de ces manifestations, après
avoir rappelé que cette étude constitue
précisément le programme de la « Fédération Régionaliste Auvergnate et Vellave », et particulièrement du « Covize »
et de « L'Alauza d'Auvernha ».
Notre région étant bilingue, a produit
des œuvres littéraires aussi bien en dialecte qu'en français : les unes et les
autres méritent d'être étudiées. Les arts,
dans toutes leurs branches, ont laissé
chez nous des monuments dignes d'être
admirés. A ce propos, le conférencier
tint à saluer en Maurice Busset, qui était
présent à la séance, un de nos principaux artistes. La musique, le chant et
la danse, qui animent nos fêtes populaires, les coutumes et les usages particuliers contribuent également à donner à notre région une physionomie à
part.
C'est précisément pour admirer les
beautés et les curiosités de notre province que les touristes y viennent. Il
ne faut pas oublier que l'Auvergne possède, en outre, d'incomparables stations

régionaux, particulièrement de ceux qui
font partie de la Fédération Régionaliste.
Auvergnate et Vellave.
La Municipalité d'Issoire, d'accord
avec M. Albert Buisson,, maire, et la
Commission des Fêtes, fixeront sans tarder la date de la GRANDE JOURNEE
AUVERGNATE. Nous pouvons dire que
le choix du dimanche i3 septembre a
été sérieusement envisagé.
Nous donnerons, bientôt, toutes les
précisions nécessaires.
En attendant, mous prions les artistes
et les écrivains qui désirent prendre part
à Y Exposition Artistique et Littéraire incluse dans le programme de la Grande
Journée Auvergnate dTssoire de vouloir
bien envoyer leur adhésion à M. Henri
Gilbert, Délégué Général de la Fédération Régionalisle Auvergnate et Vellave,
7, rue Serret, Glermont-Ferrand. Les
adhésions seront mentionnées dans L'Alauza d'Auvernha ».

Co'ngrès de la F. R. F.
Le congrès annuel de la « Fédération
Régionaliste Française » aura lieu les
ER
I
et 2 août, à Sancoins (Cher). On
inaugurera le monument élevé au sculpteur J ean Baffier.

qui lui font une « merveilleuse parure »
et où toutes les maladies trouvent
leur remède. Le Tourisme a pour
but d'attirer tous ces visiteurs en leur
faisant connaître notre pays par une publicité bien comprise, et de les y retenir
en leur rendant le séjour agréable. Certes, il dépend beaucoup des divers organismes officiels que les touristes nous
viennent en grand nombre ; mais chacun de nous peut y aider en faisant aux
étrangers l'accueil qui convient. A cet
endroit de sa conférence, M. le I)1 Cany
lut des extraits d'écrits dans lesquels
les touristes, pourraient trouver des passages choquants... Ce n'est sans doute
pas le moyen de les attirer.
Le Tourisme bien compris doit être
un débouché pour nos productions de
toutes sortes, c'est du régionalisme pratique. Accueillons donc avec empressement les touristes et faisons - en des
clients. Tout le monde y trouvera son
profit.
Cette conférence, prononcée sur un
ton familier, dans une langue aisée,
et parfois pleine d'humour, fut très
instructive : le président en remercia
chaleureusement, au nom de tous, le
D' Cany.
Comme d'habitude, une partie littéraire et artistique termina la soirée.
Mmes Chanson et Courtadon chantèrent
de vieux chants du folklore ; Mlle Lucienne Pascal dit une poésie de Ch.
Calemard de La Fayette ; MM. Henri
Gilbert et L. Paupy égayèrent l'assistance par des contes en dialecte. Quant
au « Covize dansaire », il exécuta, sous
la direction de M. Chapuis, une série de
danses auvergnates qui furent parfaitement présentées. Les excellents musiciens Besse et Fagheoii étaient de la
fête.
Après cette séance de clôture, « Lo
Covize » et son « Covize dansaire »
prendront part à différentes fêtes regionalistes qui seront organisées en Auvergne et en Velay.

CEYRAT

LO COVIZE DANSAIRE
Délégué à Geyrat pour y exécuter la
partie régionaliste de l'attrayant programme tracé par le Comité des Fêtes,,
« Lo Covize dansaire », groupe artistique du « Covize », fut reçu, à 3 heures, à la mairie, par M. Marron, ancien
sénateur, maire de Ceyrat, qu'accompagnaient MM. J.-B. Brunmurol et Cussat, conseillers municipaux ; Gouyon, Directeur de l'Ecole de garçons, Caillot
et Chomette, membres du Comité des
Fêtes. Après d'aimables souhaits de bienvenue auxquels répondit M. Henri Gilbert, président de la société, M. Marron
eut la délicate attention d'offrir une belle gerbe de fleurs au « Covize dan-

Jean Chalut.

— ABSIDE DU COURPIÈRE

saire ». Cette gerbe fut confiée à Mme
Chapuis.
Le défilé en costumes anciens, prévu
au programme, commença aussitôt, ayant
à sa tête M. Muller, garde de Ceyrat, les
musiciens Besse et Fagbeon et une délégation du Conseil municipal (MM. J.-B.
Brunmurol et Cussat) avec MM. Henri
Gilbert, président du « Covize dansaire »
et Màrius Chapuis, directeur.
Le cortège, dans un ordre parfait,
parcourut les principales voies de la localité et alla déposer, au cimetière, devant le Monument aux morts, la gerbe
offerte par M. Marrou. Partout, il fut
accueilli par des ovations, particulièrement dans le vieux Geyrat où les habitants sortaient de leurs maisons pour applaudir joyeusement. Mais où l'enthousiasme se manifesta le plus chaudement,
ce fut autour des estrades que le Comité avait fait dresser, tout le long du1
parcours, et sur lesquelles « Lo Covize
dansaire », interrompant le défilé, exécuta diverses séries de danses auvergnates dirigées avec maîtrise par M. Màrius
Chapuis. Malgré l'ardeur du soleil, les
danseurs présentèrent, sans défaillance,
tous les numéros que comportait le programme. Et le public, qui me' se lassait
pas de voir, en redemandait... Pendant
deux heures, des milliers de spectateurs
prirent part, avec le plus garnd intérêt,
au spectacle pittoresque qui leur était
offert.
La municipalité et le Comité des Fêtes, qui avaient bien fait les choses,
s'étaient pourvus de rafraîchissements
dont profita largement « Lo Covize dansaire ».
Après la dernière séance de danses,
près de la mairie, les aimables guides
du cortège. MM. J.-B. Brunmurol et
Cussat, conseillers municipaux, firent servir sous les ombrages de la cour de Tan^
cienne école, un repas froid arrosé d'un
délicieux vin des coteaux de Ceyrat, et
ce fut, enfin, le retour.

également de lui quelques études d'une,
exécution très nette. Un artiste de l'aquarelle, qui mérite une mention spéciale,
c'est sans doute Pierre Labro, dont la
diversité des pavsages, qui sont parfaitement dessinés, témoigne d'une probité
rare. Il excelle dans les teintes un peu
discrètes, mais dune finesse qui fait penser à des pastels. A côté de lui, rangeons
Geneviève Lachaze, qui a fait ses prenyes
depuis longtemps et de laquelle il faut
admirer Notre-Dame du . Château (effet
du matin). C'est une œuvre supérieure.
Viennent aussi Jeanne Madelrieu, avec son
Automne, et son Effet du soir, Antonin
Sanilas, dont les œuvres attirent par leurs
tons vifs — un peu trop vifs, trop luisants à notre gré — mais qui ont pourtant leurs attraits et leurs mérités.
Non loin, nous avons remarqué deux
bonnes aquarelles : Le Château de Vais
et une Etude de Bernard Valdelièvre dont
les tonalités sont plus justes. Mentionnons
encore avec le même plaisir trois aquarelles de Geneviève Roche, notamment ses
beaux Chrysanthèmes.
La sculpture n'est représentée que par
Camil Merlaud dont nous avons déjà parlé,
et par le buste réduit de Paul Doumer
en plâtre patiné, œuvre de Henri-Raphaël
Moncassin. Ces œuvres sont de qualité,
mais pas assez nombreuses. Quelques broderies artistiques de Marie Gibert, représentant des scènes champêtres et rehaussées
de couleurs délicates, méritent également
toute l'attention des visiteurs.
Notre tour du Salon est terminé avec
ses risques et ses embûches. Promenade
délicate, certes, bien que nous ayons tenu
compte de tous les efforts. Félicitons pour
terminer les organisateurs d'une telle exposition, qui leur fait le plus grand honneur.
Etienne MARCENAC.

CLERMONT-FERRAND
Exposition Franck BAL
et Louis GARDET

Les artistes regionalistes des « Amis
du Musée » continuent, avec un succès
soutenu, leurs expositions au Musée de
Clermont. Celle de Franck Bal et Louis
Gardiet s'ouvrait au public le i5 mars.
Le vernissage avait réuni nombre de personnalités clercnontoiseis, des amis des
arts et même des artistes.
Franck Bal est de Courpière, ville
charmante baignée par la Dore, et située dans une plaine aux fonds chaudement teintés. On pourrait dire que
les caractères de cette plainte qui offre
aux regards, avec des coteaux chargés
de vignes « une éclatante étendue de
prairies dont la verdure encadre les eaux
limpides du cours d'eau », sont ceux
mêmes des tableaux de l'artiste.
On retrouve, en effet, ces tons vifs
dans les paysages présentés par FranckBal : « Le Cros », près de Volore ;
« Pierre-sur-Haute », qui frappe, en outre, par l'impression de profondeur que
donne le ravin du second plan ; « Vertolaye » avec la vallée de la Dore ;
« Courpière » avec un paysage de neige
aux couleurs légères ; « Saint-Pierre-laBourlhonne », où une maison, au premier plan, forme un joli contraste avec
♦ LES ARTS ♦
les sapins de la vallée.
Mais le pinceau de Franck Bal sait
aussi
bien peindre les tons particuliers
AURILLAC
des choses rustiques que les « couleurs
chantantes », pour employer l'expresLE SALON CANTALIEN
sion du maître Victor Charreton. Les
(Suite)
vieilles ruines qui s'en vont pierre à
pierre, les mai-ous- vétustés sont bien
Parmi tant d'autres exposants, qui ont
rendues dans ces toiles : « Point d'Olchacun leurs mérites, nous n'aurons garde
Mergues », « Aubusson » (vieille porte),
d'oublier Antoine Boudou avec ses huit
envois et dont il faut mentionner Sohil
« Intérieur de buron, à Pierre-sur-Ilaucouchant et Vieilles nvt,isons sur la Jorte », où figurent l'antique « peirou »
tfanne ; Jeanne Bouquier avec ses vues
accroché à la crémaillère et la cruche
d'Algérie ; Marie Estival qu'il faut louer
vernissée. Un cadre très original, exépour ses Sapins ; Pierre Favier dont le
cuté par l'artiste, ajoute à la rusticité du
Fumeur Vellave est une œuvre à remartableau.
quer ; Joseph Goure, avec ses Pommiers
« Le violoniste est un portrait fort
en fleurs d une bien chantante floraison ;
étudié, et le nu « Bosine » est une inJover Jouffroy d'Albon, qui expose deux
marines ; Marys Roque-Ducaire dont on
téressante étude de couleurs.
doit louer également un curieux portrait ;
Un tableau qui mérite, entre tous,
L. Caujolle qui trouve une heureuse insd'être signalé, est « Saint-Cloud ». Plapiration dans nos paysages et dont il
cé dans une atmosphère toute différente
faut mentionner Bruyères en fleurs et
de celle de son Livradois natal, Franck
sa Vieille chaumière.
Bal a su rendre habilement un paysage
Un critique malicieux a dit que l'aqua- .
tout
en grisaille, l'éclairer, comme il
relie était à la peinture ce que la manconvient, d'une lumière discrète et obdoline était à la musique. 11 y a eu,
server parfaitement les valeurs.
cependant, de très bons peintres, comme
Notons, enfin, les petites études qui
Hervier, Harpignies et tant d'autres^ quji
ont aimé l'aquarelle. Beaucoup de nos
reproduisent de charmants paysages el
bons artistes s'y adonnent avec un réel
que l'artiste laisse aux acheteurs au prix
bonheur.
de 35 francs.
Aimé Blin occupe, en ce Salon, une
Louis Gardet, né, lui aussi, en plein
des premières places avec ses quatorze
Livradois, à Vertolaye, entre Ambert et
aquarelles aux tonalités agréables. J. GrapOlliergues, a un tempérament différent
pin, professeur de dessin au Lycée d'Aude celui de Franck Bal. Il aime à norillac, s'y distingue aussi avec son Bouquet
ter les jeux de la lumière à travers le
de Roses et son Pont du Bex. Citons

feuillage, sur les rochers, sur les eaux ;
la couleur tendre du gazon naissant, l'or
pâle des peupliers déoolorés par l'automne, l'or mouvant des moissons, les effets lumineux sur des paysages de neige.
Son art est surtout visuel.
Nous devons signaler : « Livradois
en automne », « Vertolaye sous la neige », « Le Forez », « Neige à Vertolaye », « Les seigles », « Tournoël »,
« Pont de Saurier ». Des vues alpestres accompagnent les toiles exécutées
d'après des paysages auvergnats : « Col
des Aravis », « Lac de Genève », « Glacier de l'Argentière ».
Des portraits, dont celui de l'artiste
et un « Portrait de jeune fille », sont
bien caractérisés.
Exposition. Emile MALVEZIN
Cette exposition, ouverte depuis le i4
juin, Galerie Dumas, attire toujours des
visiteurs. L'artiste a réuni quarante-cinq
œuvres qui intéressent l'Auvergne et le
Velay et vingt-cinq dont les sujets ont
été pris en diverses contrées.- Ce sont
surtout des aquarelles dont la plupart
sont traitées au brou de noix. Elles représentent de vieux coins de villages, des
fontaines antiques, des maisons plus que
centenaires. Elles constituent une documentation d'une grande valeur, d'autant
plus que le quartier St-Eloy, à Clermont, qui a fourni plusieurs modèles,
vient d'être livré à la pioche des démolisseurs.
Donnons les titres de quelques-unes
de ces vigoureuses aquarelles : « La
Place du quartier St-Eloi », « Un coin
du vieux Royat », « La rue Fléchier »,
« La Fontaine de Plauzat », « Four et
lavoir à Berzet », « L'Eglise d'Authezat », « Place du Terrail », à Clermont, « Le Puy, Fontaine des Tables»,
Arlempdes, vue générale », « Espaly,
le Pont », « Brives-Charensac, le Pont
romain », « Aiguilbe, le Pont tordu »,
« Hyères, une rue », « L'Aiguille du
Midi' »...
Il faut visiter cette exposi lion pour
se rendre compte de tout le parti qu'a
su tirer Emile Malvezin d'une technique originale et bien personnelle. On
sera impressionné par la sincérité de son
art tout frémissant de vie.
On verra aussi, à la Galerie Dumas,
des toiles de Gabriel Moiselet.
Henri

GILBERT.

PARIS

Le Salon 1936
Comme d,ans tous les domaines des
Arls, le Massif Central est représenté dignement à la i'içf exposition officielle
des Beaux-Arts. Mais je vais, tout de
suite, accomplir un devoir en signalant
&lt;[uc la Société Nationale des Beaux-Arts
a perdu en Maurice Busset, notre grand
peintre disparu, un de ses plus précieux
exposants.
Cesl, en effet, dans la rotonde où les
organisateurs de oette société avaient groupé des œuvres destinées à former ta « Salle
du Goût français », que les toiles de
Maurice Buisset sont exposées. Une main
amie a épingle pieusement un crêpe sur
les deux panneaux que l'artiste destinait
à la décoration de la Préfecture de Clernionl-Ferrand.
Représentant des industries d'Auvergne,
la peinture avait, sur des fonds de monuments, d'églises, de sites de notre Massif
Central, campé en des premiea-s plans
vigoureux, la silhouette de nos braves artisans en poteries et de nos si habiles
dentellières. Panneaux doublement émouvants par la vie intense qui s'en dégage
et par l'émotion qu'ils suscitent, à la
pensée de leur créateur prématurément
disparu.
Salle 9, Marie Réol, née à Maissiac,
présente deux toiles, Baigneuses, et de
ravissantes Fleurs au soleil.
Salle 17, un paysage de la Halute)Loire, Pmdes, par Alfred Lavergne.
Salle 18, se trouvent les œuvres de
Gabriel Moiselet. le peintre vellave : Derrières neiges à Polignpc et L·i CMrièrc,
bois de Verrières, toiles où l'artiste prouve
que s,a sensibilité est grande et son savoir
immense devant la nature.
Jean Chalut, de Lezoux, expose salle
21, Beaumont, vieilles maisons, d'une très
jolie facture. De Mme Horlemse Pironnint, née à Thiers ; salle 21, Les jardins
de Ploaré, à sa manière si personnelle, et
Le port de Tréboul, galerie 18.
C'est dans la salle 28 que Thésonnier,
de Clermont, expose un nu très remarqué,

�3

L'ALAUZA D'AUVERNHA
LI

NOSSAS

DELH

VARRAT

Un varral, per se maridar,
Demandet una caia.
0 ! la !... O ! la ! la ! la !
Demandet une caia,
O ! la !
La caia
Et
O !
Et

se vouguet
fagueron li
la !... 0 !
fagueron li
0 ! la !

donar
nôssas,
la ! la ! la !
nossas,

Covideron tot lo bestiau,
Lo bestiau de la bôria.
O ! la !... 0 ! la ! la ! la !
Lo bestiau de la bôria,
0 ! la !
Documents historiques

LA

COUTUME D'AUVILLAR
TITRE IX
DE LA FEMME MARIÉE
ET DE LA DOT

Des conventions matrimoniales avaient
toujours lieu au moment de la célébration du mariage, et ces conventions,
quelles qu'elles fussent, faisaient loi entre les parties contractantes. Les conséquences d'un principe si absolu auraient
pu être très graves par rapport aux enfants, si la Coutume n'avait pas été
subordonnée, comme nous le croyons au
droit écrit.
Pendant le mariage, la femme, autorisée sans doute par son mari, pouvait
contracter seule des obligations envers
des tiers. Ces obligations étaient aussi
valables que si le mari s'était engagé en
même temps qu'elle et pour le même objet, mais elle devait jurer qu'elle tiendrait ses engagements.
Si le mari s'était engagé en même
temps que la femme, et si cet engagement était relatif au payement d'une
dette, ladite dette devait être payée la
première sur les biens du mari, alors
que celui-ci avait contracté antérieurement des obligations du même genre,
mais sans la participation de sa femme.
Pourvu qu'elle ne se trouvât "pas lésée
dans ses droits légitimes, la fille mariée ne pouvait, après l'acceptation de la
dot. exercer aucune espèce de reprise sur
les biens que sou père laissait à son décès, à moins que celui-ci ne lui en eût
attribué une plus grande part dans son
testament ou de toute autre manière.
La dot n'était pas suffisamment sauvegardée par la Coutume. La femme
pouvait, en effet, la perdre dans certaines circonstances si elle n'avait pas
eu le soin de la faire cantonner sur les
biens du mari. Cette précaution, qui
était inutile si les biens consistaient en
immeubles, devenaient parfois indispensable dans le cas contraire. C'était à la
femme elle-même à apprécier la situation et à user des droits que lui donnait
la Coutume, si elle le jugeait utile. Si
elle croyait donc que, pour conserver
sa dot. il fût nécessaire de la cantonner
sur les biens de son mari, elle devait se
présenter, soit devant le bayle, soit devant les consuls, et . faire une demande
dans ce but. Celle demande faite, que
le mari fût présent ou non. en l'absence
même du bayle, les consuls étaient tenus d'établir] tant par- titres que par
témoins, la consistance de la dot, de
déterminer sa valeur et d'attribuer à la
femme une part des biens du mari égale
à ladite valeur.
Personne, durant le mariage, ne pouvait ni vendre ni aliéner la portion des
biens du mari sur laquelle la dot était
cantonnée. Le seigneur lui-même ne

pouvait s'emparer de cette portion et la
retenir quelle que fût la nature des dettes contractées envers lui par le mari et
alors même que ledit mari avait été
condamné comme malfaiteur. Dans ce
dernier cas, comme dans tous ceux où
,1a Coutume prononçait la confiscation
des biens au profit du seigneur, la femme du condamné avait le droit d'exiger
non seulement le cantonnement de la
dot, mais encore à titre de provision,
tout ce qui lui était nécessaire pour ses
besoins personnels.
A la dissolution du mariage, la femme
reprenait sa dot, et une partie des bénéfices faits pendant le mariage lui était
attribuée. Dans quelle proportion la femme avait-elle droit aux bénéfices ? Devaient-ils être divisés en deux portions
égales ou non ? La Coutume ne le
dit pas. La femme condamnée pour
adultère était privée de sa part dans les
bénéfices lorsque le mari ne l avait point
pardonnée, ou si des conventions nouvelles n'étaient pas intervenues entre
eux.
A. LAGREZE-FOSSAT.

lia l'ose, et une nature morte au fromage, de toute beauté.
Mlle Bertha Philips, habitant Clermont,
expose Jardin en fleur et Brume dans
la vallée de la Dore, très en couleurs,
François Baron, né à St-Gervais-d'Auvergne, présente un très joli Chemin sous
bois. Aux Arts .appliqués. Bernardin Georges, de .Clermont-Ferrand, obtient un gros
succès avec Lutrin, fer forgé, et Les Tourterelles, devant de feu en for forgé et
cuivre doré. Voici du bon Raoul Mabru.
de Royal, une statuette en plâtre, Abandonnée.
Mme Angelika Faure, du Puy. se présente fort bien avec un Buste d'Elianei
Les artistes auvergnats sont nombreux,
et nous aurions voulu en citer d'autres/
Le manque de place nous oblige à noua
limiter à ceux qui sont nos adhérents^
Blanche ROZIÈS.

PENSÉES
La plupart des hommes qui vivent
dans le monde, y vivent si étourdîment,
pensent si peu, qu'ils ne connaissent pas
ce monde, qu'ils ont toujours sous les
yeux. Ils ne le connaissent pas, disait
plaisamment M. de B., pour la raison
qui fait que les hannetons ne savent pas
l'histoire naturelle.
Vous demandez comment on fait fortune. Voyez ce qui se passe au parterre
d'un spectacle, le jour où il y a foule ;
comme les uns restent en arrière, comme
les autres reculent, comme les derniers
sont portés en avant. Cette image est si
juste que le mot qui l'exprime a passé
dans le langage du peuple. Il appelle
faire fortune, se pousser. Mon fils, mon
neveu se poussera. Les honnêtes gens disent, s'avancer, avancer, arriver, termes
adoucis qui écartent l'idée accessoire de
force, de violence, de grossièreté, mais
qui laissent subsister l'idée principale.
CHAMFORT.

LANGUE

Mots

D'OC

Pueissa,
Elh
0 !
Elh

Le flambeau est tombé de vos mains défaillantes,
Sur le seuil parfumé de la chère maison,
Sous les arbres amis, à la belle saison,
En l'été merveilleux de vos heures vaillantes !
La Mort a décuplé ses forces assaillantes
Pour vous prendre debout, sans lâche pâmoison :
Tel un chêne puissant en pleine floraison
Qu'un cyclone met bas sans blessures saillantes.

s'en aneron chantar
med de la charreira,
la !... 0 ! la ! la ! la !
med de la charreira,
0 ! la !

L'Auvergne perd en vous un des fils du terroir,
Artiste rude et fort, mais sensible au miroir
Que font les eaux des lacs dans les douceurs d'aurore.

Am sis alas, lis pichons
Balageron la terra,
0 ! la !... O ! la ! la ! la !
Balageron la terra,
0 ! la !
Lo labrit passet lo promer
Per n'en menar la nôssa,
0 ! la !... 0 ! la ! la ! la !
Per n'en menar la nôssa,
0 ! la !
Am sis aurilhas, l'azenon
Bateguet la mezura,
O ! la !... 0 ! la ! la ! la !
Bateguet la mezura,
0 ! la !
Lo gealh chante t : « Cacaraca ! »
Et la pola : « Codaca ! »
0 ! la !... 0 ! la ! la ! la !
Et la pola : « Codaca ! »
0 ! la !
L'aucha
Lo
O !
Lo

faguet dos
chin, una
la !... O !
chin, une
0 ! la !

côps : « Can ! can ! »
goinada,
la ! l'a ! ïa !
goinada,

Un biou, cpiez era desbanat,
Passet mestre de dansa.
0 ! la !... 0 ! la ! la ! la !
Passet mestre de dansa,
O ! la !
Prengueron un bocau barbut
Pr&lt;
Per loehar la chabreta,
0 ! la !... 0 ! la ! la ! la !
Per loehar la chabreta,
0 ! la !
La chabra danset
Lo polin, la
O ! la !... 0
Lo polin. la
0 ! la !

la polka,
borreia,
! la ! la ! la !
borreia,

, Lo varrat, quez avia pintat,
Minhaudet sa caiela,
O ! la !... 0 ! la ! la ! la !
l'elhar, mordre à la peau. Dérivé de
Minhaudet sa caieta,
pel ou pelh (latin pellis, peau).
0 ! la !
Dans la fable « Le chien à qui on a
coupé les oreilles ». La Fou laine a emDins ta soda te chau tornar,
ployé le mot piller dans le même sens :
0 varrat de communa !
«
car étant de nature
0 ! la !... 0 ! la ! la ! la !
« A piller ses pareils
»
Ü varrat de communa !
0 ! la !
Viennent auissi de pel : pelha, peau
écorchée (de lapin, plus particulièreVai, tu sentiras mon baston
ment), mauvais linge, chiffon, haillon :
Petar per ton escina,
pelheta, petite peau ; pelalha, corrompu
0 ! la !... 0 ! la ! la ! la !
Cn pialalha, pelure, écoroe ; pelhier, pelPetar per ton escina,
letier, peaussier : pelhissa, pelisse : pel0 ! la !
haria, pelleterie ; sobrepelis (lat. superpellicium ;. surplis ; pelar, corrompu en
Henri GILBERT.
pialar, peler ; pelhard, pauvre ; pelhardiza, pauvreté extrême ; pelhaire. pelharot, chiffonnier, brocanteur ; pelandra,
guenille ; pelandrat, déguenillé ; pelhôPROVERBES
fa, écale de pois, peau qui tient à la
viande cuite ; peloira. peau dégoûtante
Lard vielh, bona sopa.
des viandes, peau flasque et pendante
*—*
des vieilles gens ; femme de mauvaise

PELHAR

(LA COVIZADA, Voies étymologiques).

A MAURICE BUSSET

Se biuguet pauc, se manget pro,
Et totes se cofleron,
0 ! la !... 0 ! la ! la ! la !
Et totes se cofleron,
0 ! la !

occitans

vie ; peloirar, avoir une conduite indigne ; espelar, écorcher ; espelat, terme
de mépris, en s'adressant à un homme,
etc..
Pelha est aussi employé comme adjectif : « Pelha de bèstia », bête méprisable.
Henri G.LBERT.

Maurice Busset. — LE CRATÈRE DU PAR10U.

Chau d'homes grants por despengear
lard.
*—*
L'an de li grossa amenlas, que lis
trei fazian un sester. ..

lo

*—*
fAquelh que demora sos son oovert,
Si res non ganba, res non pert.

Et, sous les sapins verts où vous êtes tombé,
A la place où vos yeux de peintre ont dû se clore,
L'âme de votre gloire embrasera Phébé.
Blanche
(Mai

ROZIÈS-LAVERGNE.

1936).

LE LIVRE DE LA RÉGION
On parle beaucoup du « livre de la
région », de la néoessité de le mettre
à la portée du touriste intel·ligent : on
dresse des listes, on compose des catalogues, nous espérons le voir à l'honneur, dans chacun des pavillons du Centre régional, à l'Exposition de 1937.
Encore faudrait-il savoir ce que nous
entendons par là. Je vois figurer, dans
un catalogue des livres de Bourgogne,
les œuvres de Bossuet, et le grand orateur était Bourguignon, en effet : n'empêche que je ne serais pas allé aussi
loin.
Il y a. ma Foi ! trente ans ou presque,
j avais essayé, dans un petit ouvrage suites littératures provinciales, que je crois
épuise, d'établir quelques règles. J'avais
alors beaucoup plus de fougue et de
sévérité qu'aujourd'hui : j'écartais, de
propos délibéré, le « faux régionalisme
littéraire », les « livres consacrés à la
gloire d une province par des écrivains
un peu hâtés, qui, venus de fort loin,
ont pensé en acquérir en quelques jours
au plus en quelques mois d'études, une
connaissance complète, et qui, suivant
les hasards de la vogue, transportent
ailleurs, l'année suivante, leur chevalet
et leurs brosses ». (Cette métaphore picturale n'était rien de bon, et, par ailleurs, on ne doit empêcher personne
de vivre : mais je conviens que de tels
ouvrages ne sauraient entrer au Centre
régional).
Je faisais remarquer avec candeur qu'il
ne suffisait pas, pour être régionaliste,
qu'un roman se passe quelque part. Je
reprochais à des « poètes sans nombre,
et dont tous n'étaient pas dénués de talent », d'avoir « pris pour thème des
banalités, qui, pour répondre à un sentiment véritable, n'en sont pas moins
des banalités ». Bref, j'étais odieux, je
le confesse. Mais, de tout mon fatras,
j'extrairais encore volontiers une phrase : « A quel signe reconnaîtrons-nous
donc pour telle une littérature provinciale ? A ce qu'elle est provinciale, tout
uniment, c'est-à-dire expressive d'une
province. »
Evidemment, M. de la Palisse ne se
fût pas exprimé d'autre sorte : mais je
l'ai toujours tenu pour un homme de
grand bon sens.
C11 AHLES-BRUN.

« CONTES DE L'AZE »
Sous ce titre prometteur, le conteur
auvergnat Henri Gilbert, Mestre en Gai
Saber, fait paraître une série de contes
gais. Les premiers fascicules, que Ton
pourra se procurer chez les libraires de
Clermont, et à la Librairie « A la Plume
d'Or », à Royat, contiennent « L'Aze
pelh oovert » et « L'Aze, belh fraire
delh Bon Dieu ».
Les « Contes de l'Aze » sont publiés
sous une couverture illustrée par le
peintre Gabriel Moiselet.

MON ONCLE JOSEPH
Mon oncle Joseph, mon tonton, comme
je dis est un paysan qui s'est fait ou-,
vrier. Il a vingt-cinq ans, et il est fort
comme un bœuf ; il ressemble à un
joueur d'orgue ; la peau brune, de grands
yeux une bouche large, de belles dents;
la barbe très noire, un buisson de cheveux, un cou de matelot, des mains
énormes toutes couvertes de verrues, —
oes fameuses verrues qu'il gratte pendant la prière !
Il est compagnon dudevoir, il a une
grande canne avec de longs rubans, et
il m'emmène quelquefois chez la Mère
des menuisiers. On boit, on chante, on
fait des tours de force, il nie prend par
la ceinture, me jette en l'air, me rattrape, et me jette encore. J'ai plaisir
et j'ai peur ! puis je grimpe sur les genoux des compagnons ; je touche à
leurs mètres et à leurs compas, je goûte
au vin qui me fait mal, je me cogne
au chef-d'oeuvre, je renverse des planches, et m'éborgne à leurs grands fauxcols, je m'égraligne à leurs pendants
d'oreilles. Ils ont des pendants d'oreilles.
« — Jacques, est-ce que tu t'amuses
mieux avec ces « messieurs de la bachellerie » qu'avec nous ?
« — Oh ! mais non ! »
Il appelle « messieurs de la bachellerie », les instituteurs, professeurs, maiIres de latinage ou de dessin, qui viennent quelquefois à la maison et qui parlent du collège, tout le temps ; ce jourlà, on m'ordonne majestueuseinent de
rester tranquille, on me défend de mettre mes coudes sur la table, je ne dois
pas remuer les jambes, et je mange le
gras de ceux qui ne l'aiment pas ! Je
m'ennuie beaucoup avec ces messieurs
de la hachellerie, et je suis si heureux
avec les menuisiers !
Jules VALLÈS.

TIRAGE

DE

LUXE

Dorénavant, il sera tiré de chaque numéro de « L'Alauza d'Auvernha » quelques exemplaires de luxe. Les personnes
qui désirent en recevoir doivent s'adresser, sans retard, à notre Imprimerie. On
peut, de préférence, souscrire un abonnement annuel à cette collection de luxe
pour la somme de 70 francs.

Nous recommandons à tous nos sociétaires d'établir entre eux des relations
d'affaires et de s'adresser,

pour leurs

commandes, aux maisons dont ils trouveront, ci-après, les annonces.

LA COVIZADA
Henri GILBERT
(Cet ouvrage a obtenu un Grand Prix
de prose).
Prix : i5 fr., librairies de l'« Avenir »,

�L'ALAUZA D'AUVERNHA

4

CEYRAT,

VILLÉGIATURE

D'ÉTÉ

Station touristique en pleine voie de
développement, à 6 kilomètres de Clermonl-Ferrand (altitude, 56o mètresi, dans
un site agreste, CEYRAT-BOISSEJOUR est
un lieu de vacances idéal pour les enfant^
débiles et les persomies surmenées. Bâtie
sur le flanc de la montagne, au pied de
laquelle coule l'Artières, la localité domine
Clermont-Ferrand et la riante plaine de
la Limagne. Cette situation et sa proximité
des bois de sapins fait qu'elle jouit d'une
position topographique privilégiée qui en
fait le type "de la station de petite montagne au climat sec et stimulant, à l'air
incomparablement pur.
Ce pays offre à ses visiteurs de
charmantes excursions en montagne, des
promenades à pied dans dies sentiers
pittoresques, des points de vue remarquables et des panoramas merveilleux, notamment : les ruines de Montrognon,
ancienne résidence des Dauphins d'Auvergne ; le viaduc de Ceyrat, le dolmen de
Samson, dans les gorges de Ceyrat ; le
Rocher droit ; le Planet ; le puy Giroux ;
le puy de Montaudoux et sa « Muraille
des Sarrasins » ; le Rocher du Gambayou ;
le Plateau de Gergovie, gloire arvernei,
d'où la vue s'étend sur la merveilleuseï
chaîne des Dômes ; le puy de Gravenoire,
avec ses ooulées de lave ; Royat (5 km),
belle station mondaine, pourra être visitée
soit à pied, soit en tramway, etc.
Désire-t-on pousser jusqu'à Vichy, la
Bourboide, le Monl-Dore, Saint-Nectaire,
Châtel-Guyon, admirer le vertigineux Viaduc des Fades (haut. i32 m. 5o), faire
lascension du puy de Dôme, le tour
des curieux lacs d'Auvergne, visiter les
ruines des châteaux ? Bien n'est plus facile. Clermont-Ferrand possède, pour satisfaire tous les désirs, un ssrvice de cara
des mieux organisés, et ces différentes
excursions s'effectuent en une journée ou
une demi-journée.'
En dehors des excursions et des curiosités dont nous venons de parler, il existe,
à Ceyrat-Boissejour d'autres distractions
(fêtes organisées pendant la saison, bals
champêtres, cinéma, jeux divers, tennis,
boules, chasse, pêche).
Bien que CEYRAT-BOISSEJOUR soit
une petite station, elle est, néanmoins,
parfaitement aménagée. Elle possède —
chose rare pour un village de son importance — le gaz, l'électricité, le lout-àl'égoût, une eau d'une pureté absolue,
un établissement de bains-douches, P.T.T.,
service complet. Un médecin réside en permanence dans la localité. On y trouve
également tous les fournisseurs, des appartements meublés, des pensions de famille et des hôtels et restaurants où sont
servies les spécialités réputées du pays :
daube, tripes, coq au vin, jambon d'Auvergne, milliards (gâteaux aux cerises) et
des fruits délicieux récoltés dans la vallée
de l'Artières.
Le Syndicat d'Initiative est à la disposition des touristes pour leur donner touqi
renseignements qui leur aideront à rendre
agréable le séjour qu'ils feront à CEYRATBOISSEJOUR. — Adresser la correspondance au Syndicat d'Initiative, Ceyrat, Bureau de la maison du Peuple.
B. MARROU,
Président de l'Essi de Geyrat,
Maire, ancien sénateur.
NOTA. — On trouvera plus loin la
liste des Hôtels particulièrement recommandés.

NOS AMIS
Naissance
Nos amis Mme et M. Raymond Montbesson, Chirurgien - Dentiste à Issoire,
nous font part de la naissance de leur1
fille Gislaine.
Nos sincères félicitations.
Distinctions
La Croix du Combattant volontaire,
créée par la loi du !\ juillet 1935 et en
cours de frappe à la Monnaie, a été attribuée à notre ami, le peintre paysan
Millange - Guignebourg, l'ancien défricheur d'Escros du Monteil, lauréat du
Prix d'honneur d'amélioration IQO51906.
Dès le début de la guerre, en 1911\,
M. M'illange-Guignebourg, dégagé de tout
service militaire, s'engagea pour la durée de la guerre et fut versé dans sonj
ancien régiment d'Artillerie de Marine,
où il fit toute la campagne.
C'est par décret ministériel en date du
3o janvier ig36, que la Croix du Combattant volontaire lui a été attribuée.
Nous féTioitons, en M. Millange-Guignebourg, autant le vaillant soldat que
l'agriculteur émérite et le peintre distingué, et nous sommes heureux de la
belle et rare distinction dont il a étq
l'objet.

Nous avons appris avec plaisir l'admission à la société 1'« Aquarelle » de
l'excellent artiste Emile Malvezin. Cette
admission par un jury fort difficile
consacre le talent d'un artiste aussi modeste que méritant.
Nécrologie
M. Désiré

TISON

M. Désiré Tison, 66 ans, père de notre ami dévoué. M. Louis Tkon, trésorier de « Lis Esclops », amicale des
originaires de Saiigues, est décédé le
7 mars, à Raisinés (Nord).
Que Mme Veuve Tison, Mme Dégraisse, M. et Mme Louis Tison et leur
famille trouvent, ici, nos coaidioléances
attristées.
Madame

CHARLES-BRUN

Madame Charles-Brun, née Eugénie
M assot, est décédée après une longue et
douloureuse maladie, dams la nuit du 2
au 3 avril, chez les Sœurs franciscaines
d'Issy-les-Moulineaux. L'inhumation a eu
lieu à Montpellier, dans le caveau de famille, le 8 avril io,36.
Mme Charles-Brin était plus qu'une
compagne dévouée ; elle a été la collar
boratrice aussi modeste qu'éclairée du&gt;
fondateur de la F. B. F., lui servant;
de secrétaire, sachant se dépensier pour
le succès de la cause régionaliste et réservant à tour, un accueil bienveillant.
Nous offrons à notre éminont collaborateur et am':. M. Charles-Bn::t. dont
nous adimi:oni la vaillance dan, l'épreuve autant que dans l'action, l'expr. ÌXMÌ
de nos très vives condcLecnoes.

nent et dévoué collaborateur qui était,
en même temps, un de leurs meilleurs
conseillers, et, enfin, l'admiration que
nous lui garderons toujours.
Nous renouvelions à Mme Busset et à
sa famille l'hommage de notre respectueuse sympathie.
H. G.
Madame Auguste

que les i5o abonnements seront atteints,
oes cinq concurrents recevront leur prime. Le classement des cinq autres se
fera ensuite.
Il est entendu que les concurrents qu;
ne seront pas primés conserveront leura
points pour la seconde série d'abonnements.
La Este des primes sera reproduite
dans le prochain numéro.

CHAZAL

Madame Auguste Chazal, mère de notre éminent ami, M. Jules Chazal, Conseiller à la Cour d'Appel de Riom, Présidient de la « Fédération Régionaliste
Auvergnate et Vellave », est décédée à
Riom, le 9 juillet, à l'âge de 85 ans.
Les obsèques ont été célébrées au
Puy, le 11 juillet, et l'inhumation a eu
lieu au cimetière de cette ville.
Nous prenons une grande part au deuil
de M. et Mme Jules Chazal et de M.
Jean Chazal, Substitut du Procureur de
la République à Thiers, et nous leur
offrons, au nom de nos groupements
et de « L'Alauza d'Auvernha », avec
l'hommage de notre respectueuse et profonde sympathie, nos condoléances les
plus attristées.

Vient de paraître, à l'ARGUS —
Doyen des Bureaux d'extraits de Presse
de France et de l'Etranger —, la nouvelle Edition, la Septième de :
NOMENCLATUBE des Publications
en LANGUE FRANÇAISE du
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et 2 abonnements, 10 points ;
M. Brousse : 5 abonnements, 5
.Madame Vve BOUSSEI.
points ;
M. Francon : 4 abonnements, 4
Nous avons appris avec peine, à St- points ;
Germain-Lembron, lie décès de M11"' \ ve
Mlle Portai : 3 abonnements, 3
Roussel, Institutrice en retraite. Les obsè: points ;
ques ont eu lieu, en l'église de cette
Mlle Mainvialle : 3 abonnements, 3
ville, le 28 juin.
points ;
Nous offrons à M. et Mme ThiaHáer,
M. Courtadon : 3 abonnements, 3
Institutrice à St-Germam-Lembron, ainpoints.
si qu'à toute leur famille, nos condoMlle Cubizolle : 2 abonnements, 2
léances attristées.
points ;
M. Sauvanet : 2 abonnements, 2
Maurice BUSSET
points ;
Mme Lenormand : 2 abonnements, 2
Au dernier Covize de la Saison, le 22
points ;
avril dernier, le Dr Cany, en parlant
M. Chanson : 2 abonnements, 2
des (artistes auvergnate, avait rendu un
I points ;
public hommage à Maurice Busset qui
Mme Pascal : 2 abonnements, 2 pts;
assistait à la séance.
Mlle Alice Josency : 1 abonnement, 1
Qui donc, parmi cet auditoire enthoupoint ;
siaste, aurait pu penser que c'était là
Mme Groisne : 1 abonnement, 1
le suprême hommage que nous renpoint ;
dions à notre grand ami ?
Mme Texier : 1 abonnement, 1
Parti pour Paris, le lendemain, avec
point ;
Mme Busset, il avait assisté au vernis• M. Maurice Dutheil : 1 abonnement, 1
sage du Salon, où l'un de ses tableaux
point ;
était exposé, et il rentrait à Clermont
M. Germouty : 1 abonnement, 1
le jeudi soir, 3o avril. Après souper, se
point ;
sentant fatigué, il sortit, pour prendre
M. Maurannes : 1 abonnement, 1
le frais, dans le jardin de sa villa. Au
point ;
bout d'un moment, qui lui paraissait
M. Mathieu, 1 abonnement, 1 point.
trop long, Mme Busset l'appela, lui
M. Lebard : 1 abonnement, 1 point;
vain. Angoissée, elle sortit aussitôt et se
M. Pierre Duprat : 1 abonnement, 1
mit à sa recherche, dans l'obscurité.
point ;
Elle finit par le découvrir, étendu à terM. Rochoux : 1 abonnement, 1 point.
re, inerte. Un médecin, mandé aussitôt,
Abonnements directs : i5.
constata que la mort avait fait son œuTotal : i44 abonnements.
vre.
Pour la première série, il reste à
Les obsèques eurent lieu le dimanche obtenir 6 abionnements.
3 mai, en l'église Saint-Eutrope, et une
Les nouveaux abonnements sont dus
foule d'amis et d'admirateurs conduisi- à nos amis de Clermont. Tous nos rerent Maurice Busset à sa dernière de- merciements.
mieulre, au sein de cette terre d'Auver—*—
gne à laquelle il était si filialement attaché et qui lui a inspiré de si belles
Nous remerciions aussi ceux de nos
œuvres. Tous tinrent à exprimer à sa abonnés qui veulent bien renouveler
veuve, cruellement éprouvée, toute leur d'eux-mêmes leur abonnement lorsqu'il
respectueuse sympathie. En l'absence du est échu, ce qui évite des frais au
président du « Covize », qui était en journal.
voyage à Paris et n'avait pas connu asNous sommes sûrs que nos amis qui
sez tôt la triste nouvelle, la société était| ont laissé passer, par mégarde, l'éreprésentée officiellement par M. Fran- chéance de leur abonnement, feront bon
con, trésorier, et par M. Marins Cha- accueil à la f acture qui leur sera adrespuis, directeur du « Covize dansaire ». sée. Il est, en effet, très important que
Nous reviendrons sur l'œuvre admira- L'Alauza d'Auvernha puisse régler, chable de Maurice Busset. Sa vie, toute de que mois, son imprimeur.
labeur, a été un vivant exemple die té—*—
nacité et d'énergie. Quelques-uns, dont
Dès
què
les
i5o
abonnements demanle rôle, à Clermont, consiste, surtout, à
contrecarrer ceux qui travaillent, ne lui dés seront obtenus, ce qui se produira
ont ménagé, ni les attaques ni les tra- bientôt, les primes promises seront micasseries. Maurice Busset, qui avait du ses à la disposition des dix personnes
cœur, y a été très sensible, et leurij qui auront le plus de pointe. Dans le
procédés ont hâté sa fin, nous le savons. cas où plusieurs personnes seraient exMais ses amis sauront défendre sa mé- aequo, on attendra que l'une d'elles se
soit surclassée en obtenant au moins un
moire.
Pour aujourd'hui, disons le profond point de plus que les autres.
Ainsi, actueÛement, on voit, par le
chagrin que nous a causé sa mort si
brutalement survenue, la reconnaiissanoe tableau ci-dessus, que, seuls les 5 preque « L'Alauza d'Auvernha s et « Lo miers concurrente se trouvent classés
Covize » garderont toujours de leur emi- avec 23, 18, 10, 5 et 4 points. Aussitôt

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              <text>Vignette : http://occitanica.eu/omeka/files/original/63524f06a0b1b62e8753d681e3cdce6d.jpg</text>
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              <text>L'Alauza d'Auvernha (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/12715"&gt;Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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              <text>Gilbert, Henri (1874-1955)</text>
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              <text>Charles-Brun, Jean (1870-1946)</text>
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              <text>L'Alauza d'Auvernha. - 1936, n°73 (Mai) </text>
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