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                  <text>SEPTIEME ANNEE. - N° 72.

Le numéro' mensuel : 1 fr. 50.

Etranger : 2 fr.

AVRIL

Direction :

COMITÉ DE REDACTION :

HENRI GILBERT
7,

Rue Serret,

7

CLERMONT-FERRAND

Administration :
ANTOINE
3,

1936.

GILBERT

Place des Tapis, 3
LYON

Chèques-Postaux
Lyon : 9-553

ORGANE MENSUEL DE LA FÉDÉRATION RÉGIONALISTE AUVERGNATE ET! VELLA VE

M. BUSSET.
A. CASATI.
C. CHACORNAC.
J. CHARBONNIER.
L. DEBRONS.
L FARGES.
J. FREYCENET.
H. GILBERT.
A. GILBERT.
P. MAMET.
E. MARCENAf:.
L. MAUHANNEP.
J. PAGENEL.
L'-C E. PESSEMESSE.
M°» RAOUL DUPAIN.
D' E. ROUX.
M»? B. ROZIÈS.
P. SABATIER.
L. TESTUD

l hw Ilillk) LILLi ULLI IlUiHO VVIIIi £1 LIA) UHIILU Ull
Par M. MAURICE BUSSET, Président des « Amis du Musée de Clermont ».

Bien différents de la chaîne des puys,
qui est unique au monde, les Monls Dore
s'apparentent au Cantal. La vie pastorale
y est à peu près semblable. Des « burons »
et des parcs sont établis dans les parties
herbues de la montagne, et les troupeaux
y demeurent cinq à six mois de l'année,
suivant l'altitude.
Une des régions les plus pittoresques de
ces montagnes est la vallée de Chaudefour
qui s'étend du lac Chambon au pu y Fer
rand, sur six kilomètres de long, et comprend cinq villages : le Chambon-sur-Lac,
Voissières, Les Angles, Montmy et Monod,
pour finir aux habitations du creux de
Chaudefour. J'ai longtemps, durant les
mois d'été, séjourné dans cette vallée, au
Chambon-sur-Lac, et j'ai parcouru en tous
sens les montagnes qui la bordent. Nous
sommes là au cœur des Monts Dore. Du
Chambon-sur-Lac, il faut quatre heures
pour monter au Sancy, et en deux heures
de marche, on est en pleine région pastorale, au milieu des troupeaux du plateau
de Durbize, qui domine la vallée du Mont
Dore, à seize cents mètres d'au'.!mie. Balayées par tous les vents, ces hautes terres
que tapisse une herbe courte et sèche, où
en juin fleurissent, par milliers, les gentianes aux fleurs d'or, ont une population
très clairsemée de pâtres tout à fait primitifs, qui vivent là six mois par an, seuls
avec leurs troupeaux.
C'est ici que j'ai rencontré les types les
plus curieux du Massif Central, ignorant
tout de notre civilisation actuelle. Un
matin d'été, surpris par une bourrasque
de neige, comme il y en a souvent dans ces
pays perdus, je m'abritai sous un buron
de chaume, et fis la connaissance du père
Nannet, qui vivait là avec ses bêtes. Barbu
et narquois comme un faune, le coin des
lèvres relevé par un perpétuel sourire, ce
montagnard de quatre-vingts ans, resté
robuste et gaillard, me montra, par son
exemple, combien nous sommes loin de
l'existence rationnelle, dans nos cités trépidantes.
Nous vivons entassés, privés des seuls
biens qui comptent vraiment sur terre, le
soleil et la liberté. Lui, Nannet, pendant
sa longue vie, toute écoulée sur ces montagnes, devant les horizons immenses,
n'avaitjamais désiré autre chose. Un jour,
il s'en fut voir un rebouteux qui logeait à
Orcines, au-dessus de la Limagne, à quelques kilomètres de Clermont : « Io vezia
ben quauca res que fumava d'aqui len,
mas eria guechit, l'i sei pas 'nat...» (Je
voyais bien quelque chose qui fumait, làbas, mais j'étais fatigué, je n'y suis pas
allé).
Pour nous, citadins, rongés par la passion moderne des voyages, cette incuriosité est presque incompréhensible ; mais
aussi quelle verte vieillesse, chez ce montagnard ! Je l'admirais, bruni par tous les
vents des hauts plateaux, débraillé, la
chemise ouverte sur sa poitrine velue ; par
les matins glacials, portant la « seille »
pleine de lait chaud, ou Irayant sur l'herbe
quelque vache rousse que la Nanetle maintenait par les cornes. Je fis son portrait,
debout, en blouse bleue, appuyé sur son
grand bâton de sapin à peine ébranché (1) ;
sa femme voulut aussi que je la « tire » :
c'était une montagnarde ridée, aux joues
rouges, très finede traits. Elleavait dû être,
autrefois, fort jolie. Sous sa capeline matelassée, qui encadrait son visage, elle souriait sans cesse. Pour passer le temps, clic
meconta son histoire. Elle étai^autrefois, la
plus belle fille de Bressouleille ; mais son
père était un homme terrible, « il ne connaissait pas sa force », et vous aurait cassé
un homme sur son genou comme on brise
une branche de sapin. Nannet. qui était un
beau gars, la« fréquentait » en cachette.
(1) Musée du Luxembourg.

Le père, un jour, les surprit et faillit les
tuer. Il menaça le garçon de lui « retourner la peau à l'envers », s'il le revoyait au
village. Nannet n'hésita, plus : une nuit—
il était alors berger au domaine de Diagne
— il enfourcha son petit cheval bourru et
vint à Bressouleille enlever la Nanetle. Il
l'emporta en croupe, à travers la vallée
de Chaudefour, et gagna la forêt de Courbange.
Pendant huit jours, le beau-père les
suivit, le fusil à la main, et les pista ainsi
qu'un couple de sangliers. Les fugitifs,
tapis dans les hautes bruyères, le voyaient
au-dessous d'eux qui battait la montagne.
Enfin', après être descendus jusqu'au Valbeleix, après s'être cachés sous les hêtres
du Pavin, ils trouvèrent asile dans un petit
buron, près du col du Sancy, sur le sentier de Vassivières. Le beau-père n'eut pas

allaient sua le Pavin avec j des chars pour
chercher des arbres morlâ dans les bois
de Montchalm.
11 y avait, alors, des loups dans la montagn9, et, la nuit, ils grattaient sous les
portes comme des chiens. Parfois, à
travers les mugissemenls de la « medade »
(tempête), on entendait passer les sons
lointains de la cloche du refuge de la CroixMorand que le vent sonne lui-même, les
nuits d'orage. H fallait, alors, se signer,
se lever pour allumer le cierge de Vassivières qui préserve du malheur...
Braves gens, gens simples ! imprégnés,
sans le savoir, d'une philosophie sereine,
toute la vie modeste des paysans d'Auvergne, qui furent mes aïeux, passait devant
mes yeux, en écoulant couler votre rude
patois...
Et il me venait alors un grand désir :

IL FAUT PLANTER
DES ARBRES
Sully, grand-maître de l'artillerie du roi
Henri IV, lit planter des ormeaux, des tilleuls, des chênes, au long des chemins
royaux : il lui fallait du bois dur pour les
affûts des canons et pour les caissons
Colberl suivit son exemple ; mais comme
c'était un ministre d'une autre envergure,
il ordonna le reboisement des terres incultes et envoya des inspecteurs pour dresser
des rapports sur l'état des forêts. Il stipula
que les sapins de La Chaise-Dieu seraient
amenés aux porls de Fontannes et de Lamothe pour être dirigés sur Nantes où se
trouvaient les chantiers de la marine
Ce fut une époque de grande activité
dans ses porls. tant pour la formation des
trains de bois que pour la construction des
bateaux l'uLuraux pour le balisage et le
nettoyage de la rivière, gros bateaux plats
pour le charbon du port de Brassaget, bateaux creux et trapus pour le transport
des fruits, du vin, du grain.
Les bateliers étaient de Cougeat ou de
Brassaget.
Quelques arbres de Sully et de Colbert
subsistent à Lavaudieu, La Chaise-Dieu,
St-Bonnet-le Château (chêne de 1 m. 40 de
diamètre et de 15 m. de fût).
Sous Louis XV, l'inspecteur général de
l'artillerie, Valliére, fit couper une masse
d'ormeaux, de frênes, pour ses ateliers,
très actifs alors, parce qu'il avait opéré
de grandes modifications dans le matériel
de son service.
Aussitôt, les intendants lancèrent des
ordonnances pour la reconstitution des
tertres, bosquels et allées plantés d'arbres
de bois dur.
L'intendant d'Auvergne était alors Bonaventure-Robert Rossignol (1733-1748). Son
sub-délégué à Brioude, J.-C. Croze de
Montbrizel, avait pour correspondants :
à Langeac, M. Marin ;
à Paulhaguet, M. Branche d'Oussoux ;
à La Voûte, M. Romeuf, marchand.
Ils reçurent l'ordre de transmettre aux
syndics des chemins de leur ressort l'ordonnance suivante dont je donne seulement l'essentiel :
« Il faut planter des arbres à Brioude le
28 janvier 1740, « éerilte» à MM. les syn-

LE LAC CHAMbUN (aessiu de Paul .Uevaux). Cliché « Région du Centre »

l'idée d'aller les chercher là-haut, et, de
guerre lasse, il finit par consentir au mariage.
Cette idylle montagnarde est toute l'histoire des deux vieux buronniers. Depuis,
en soixante ans, il ne leur est plus rien
arrivé : lasuccession des saisons, la montée
et la descente des troupeaux furent, pour
eux, la grande affaire. Le soleil fut leur
maître, emplissant les jours qu'ils passèrent sur les plateaux ; de ses radiations
changeantes, ils virent, chaque matin de
leur longue existence, monter, là-bas, dans
les brumes du bas pays le grand disque
rose, qui peu à pe.i, surplombant là montagne, versait au plein midi ses rayons
verticaux sur les landes et les rocs, puis,
lorsque l'ombre mauve envahissail les
hauts plateaux, immobiles, les mains
croisées sur leur bâton de houx, ils contemplaient l'éternelle et toujours nouvelle
fulguration des soirs, l'apothéose de l'astre
souverain qui s'enfonçait à l'horizon parmi
les lueurs d'améthyste...
Et ce fut là toute'leur vie, ils n'ont point
d'autre souvenir... si ce n'est celui des
grands hivers d'autrefois, lorsque la neige,
durant des mois, submergeait les burons
jusqu'aux toits, lorsque les gens du Chambon passaient à pied sur leur lac gelé jus
qu'aux entrailles, lorsque ceux de Besse

oublier ! Oublier les villes, oublier l'art et
les névroses modernes ; m'asseoir et rester
avec vous sur la montagne, car, au fond,
il faut bien peu de choses à l'homme pour
être heureux, et ces choses ne coûtent rien ;
ce sont le soleil et la liberté...
MAURICE BUSSET.

TIRAGE DE LUXE
Dorénavant, il sera tiré de chaque numéro de « L'Alauza d'Auvernha » quelques exemplaires de luxe. Les personnes
qui désirent en recevoir doivent s'adresser, sans retard, à notre Imprimerie. On
peut, de préférence, souscrire un abonnement annuel à cette collection de luxe
pour la somme de

70

francs.

Voir en quatrième page nos maisons
recommandées.

Nous

prions

nos lec-

teurs de leur réserver leurs commandes.

dics ».
« Ordre de vous transporter sur la partie
des chemins dont vous assurez l'entretien ;
de faire « un rolle » de tous les particuliers
qui y ont des héritages riverains; de
marquer le nombre d'arbres qui manquent ; la nature de ceux qui pourraient
y réussir : noyers, châtaigniers, ormes,
frênes ou tilleuls ; donner les noms des
propriétaires pauvres; indiquer les terres
abandonnées. Il faudra forcer les premiers
à planter; fournir des plants aux seconds
et vous charger des terres vacantes. J'attends cet état incessamment. »
Pour qui fréquénte les papiers de ces
messieurs les intendants et leurs délégués
cette formule signifie : urgent, sans délai.
Parmi les personnes empressées d'obtempérer, je trouve les noms de Mme de
Chavagnac, l'admirable tante du général
de La Fayette, l'amie aussi des habitants
de Paulhaguet, dont elle favorisa les intérêts par la création de-foires et démarchés,
l'Innovatrice des cultures nouvelles de
luzerne et de pommes de terre, la propagatrice d'une race de porcs, dits ïonkin,
disparue aujourd'hui, mais dont les gens
de mon âge ont vu des spécimens nombreux. Elle n'avait pas attendu l'ordonnance de 1740 pour entourer Chavagnac
de bosquets d'allées ombreuses. Il en reste
des traces, mais le merveilleux bosquet a
disparu, ainsi que le bois de chênes qui
s'étalait, du chemin de Madame, jusque
vers les premiers champs du Crouzet.

Le baron LenormanddeFlaghac, M. Couguet, de la ferme de Boisset (ou Frêtemiche), un certain Mingot, sans indication
de résidence, non plus qu'un Jean Curabet, approuvent et permettent de planter
des arbres. Un sieur Déjax, gérant dans
le domaine d'Alleret (Abrial ?) donne le dé
tail de ce qui existe comme bois dur dans
sa région. M. Branche, de Paulhaguet,
énumère les gros tertres d'Oussoux et
d'Amblard, avec les essences d'arbres qui
les garnissent. Us existent encore en grande
partie.
M. de Vergezac, d'Aurac, dit que la plaine
du Chaliergue est dépourvue d'arbres et
que cela jure avec le terroir des Eaux pendantes (de Rougeac à Langeac, par StEble), où les tertres sont nombreux, bien
garnis, grâce à deux hommes de goût et
d'initiative, le curé de St Eble, Pouget,
sculpteur réputé, et M. Favars de Labastide, de La Volpilière, dont l'intendant
court les champs pour prêcher « l'irrigation des prairies et le boisement des rocailles, depuis le Cluzel jusqu'à Eyraud. »
Enfin, « le sieur Pialoux, de Bourg
l'Oncle, emporte de chez M. de Villaret
10 chesnes et autant de fresnes pour complanter son domaine. »
Au xixe siècle, on a détruit les tertres
pourgagner un peu de terre arable et aussi
pour supprimer l'ombrage nuisible aux
récoltes.
Les « Amis des Arbres », de Clermont,
publièrent, jadis un éloquent appel pour
engager les cultivateurs à reconstituer ces
bordures d'arbres de grand rapport et
éminemment utiles pour retenir les eaux.
Bien inspiré qui écouta. J'ai vu, quelque
temps après guerre, partager une propriété
rectangulaire avec un tertre sur un côté
longet un autre sur un côté court. L'expert
accorda à celui des deux partageants qui
avait « tiré » le lot mal boisé, une ristourne
de 400 fr. La propriété avait été estimée
2.600 fr.
Actuellement, les essences bois chêne,
ormeau, frêne, tilleul même et surtout
noyer ont atteint des prix élevés. Le cuiti va leur qui réfléchit n'a pas besoin d'au tre
mobile pour replanter. Malgré l'avis du
fabuliste, « passe encore de bâtir, mais
planter à cet âge ! », celui qui plante des
arbres assure à ses enfants un revenu certain.
« Les arbres, me disait un forestier, sont
les serviteurs qui, sans cesse, et sans bruit,
travaillent pour nous, nos enfants et nos
petits-enfants. »
C'est donc un excellent placement. Plantons des arbres.
PIERRE

MAMET.

PROVERBES

De Tossants a l'Aven t,
Jamais trop d'aiga ni de vent.

—*—
Si lis païzans eron pas tant sóts,
Lis avocats portarian d'esclóps...

—*—
Arnar et esser ait,
Esperar et non venir,
Esser elh le.it et non dormir,
Son tres chauzas que fan morir.
—*—
A.iga, l'uni, mauvaza fenna, fiôc
l'an fugir l'home de tot lióc.

—*—
Aiga correiita
Non es orra, ni pudenta.

�FEDÉRATIOM BÉGIONAUSTE AUVERQNATE ET VELLflïE
í
- HAUTE-LOIRE - PUT-DE-DOMl)
Littérature, Histoire, Arts, Folklore, Défense des intérêts de notre Région
CANTJlL

Le Bureau de la « Fédération Régionalisle Auvergnate et Vellave » s'est réuni
le 14 mars, à Clermont, sous la présidence de M. J. Chazal, conseiller à la
Cour d'appel de Riom.
Etaient présents, outre M. le conseiller
Chazal, président : MM. le bâtonnier Màrius Bill y, vice-président pour le Puy-deDôme; Henri Gilbert, directeur de « L'Alauza d'Auverhna » et président du « Covize », délégué général ; Pierre Gaillard,
notaire, secrétaire-trésorier. — Excusés :
MM. Albert Boudon-Lashermes, docteur
en droit, président de l'Académie de
Velay, vice-président pour la Haule-Loire;
le Dr René Martrou, vice-président pour
le Canlal.
Après le règlement des questions administratives, la création dès librairies et
des bibliothèques régionalistes a été abordée. La Fédération entreprendra, tout
d'abord, les démarches nécessaires pour
que les ouvrages des écrivains du terroir,
aussi bien en dialecte qu'en français, soient
présentés au public, dans les librairies
locales, et qu'ils figurent dans les bibliothèques municipales ainsi que sur la liste
des ouvrages qui doivent être donnés
comme prix aux élèves des écoles.
En ce qui concerne l'action qui devra
être menée par les différents groupements
adhérents, elle sera inspirée et réglée par
le Bureau de la Fédération. Une impulsion énergique lui sera donnée, de façon
à aborder tous les points du programme
régionalisle : littérature, histoire, arts,
folklore, défense des intérêts de notre Région. La liaison sera établie par « L'Alauza

d'Auvernha », organe de la Fédération.
Afin de venir en aide au commerce
local, des journées auvergnates on vellaves
seront organisées dans toutes les localités
qui le désireront 11 suffira d'en l'aire la
demande au secrétaire, M. P. Gaillard,
notaire, 1, place Delille, ou au délègue
général, M. Henri Gilbert, 7, rue Serret,
à Clermont-Ferrand. C'est ainsi qu'une
grande journée Vellave est en préparation
à St-Julien-Chapteuil (Hte Loire!, pour le
12 juillet D'autres fêtes sont en projet,
notamment un Congrés régionaliste et une
grande journée Auvergnate, à Issoirc.
La « Fédération régionaliste Auvergnale
et Vellave », qui est affiliée elle-même à la
« Fédération régionaliste française », fait
appel à tous les régionalistes de l'Auvergne
et du Velay, afin qu'ils se groupent dans
ses sociétés. Des groupements nouveaux seront créés, de manière à englober toute notre région dans le mouvement régionaliste. Un appel particulier
est adressé aux membres des professions
libérales, aux écrivains, aux artistes, aux
commerçants, aux membres de l'enseignement.
Les groupements locaux qui se rattachent au Régionalisme peuvent adhérer à
la « Fédération régionaliste Auvergnate
et Vellave » en versant une cotisation annuelle de 30 frs. S'adresser au secrétairetrésorier, M. P. Gaillard, notaire, 1, place
Delille, à Clermont-Fd (c/c 159 32). Les
personnes isolées peuvent adhérer en
souscrivant un abonnement à « L'Alauza
d'Auvernha » (lo frs).

CALENDRIER DES REUNIONS

tivement les évolutions des danseurs et
applaudissaient à tout rompre. Des chants
anciens, gracieusement interprétés par
Mmes Chanson et Courtadon, ainsi que
des contes en dialecte, dits par l'auteur,
M. Henri Gilbert, alternèrent avec les
danses. Les auditeurs S'A intéressèrent
vivement, démontrant, par leurs rires,
que quiconque parle convenablement le
patois d'un village de Basse-Auvergne est
compris dans toute la contrée.
A plusieurs reprises, pendant l'exécution du programme, des rappels enthousiastes obligèrent les artistes à reparaître
en scène. On termina par la bourrée de
St-Flour, sur laquelle le président avait
attiré l'attention : ce fut un triomphe.
« Lo Covize dansaire » se retira après une
chaude ovation.
Ce spectacle de deux heures, parfaitement réglé, plein de sens, a laissé le meilleur souvenir dans la localité. Aussi, aurat-il son lendemain, et nous savons que
MM. Brun, maire, Thiallier, premier adjoint, et la municipalité s'y emploieront

Mercredi 22 avril. — Le Covize
mensuel se tiendra mercredi soir,
22 avril, à 8 h. 30, dans la salle
n° 5 de la Maison du Peuple.
Conférence par M. le Dr Cany,
Président de la Fédération des Syndicats d'Initiative : « La vie régionale et le Tourisme ».
Chants du folklore : Mlle BerIhier ; Mmes Chanson et Courtadon,
Mlle Lucienne Pascal.
Poésies cl contes en dialecte : Mlle
L. Pascal, MM. Henri Gilbert, Paupy,
Messirejean.
Danses auvergnates, sous la direction de M. Chapuis, par « Lo Covize
dansaire ».
Danses par tous les covizaires.
Nous prions tous nos sociétaires
de vouloir bien faire tout leur possible pour assurer le succès de ce
Covize en y assistant eux-mêmes et
en y invitant leurs amis.

CLERMONT
NOTRE ACTION
AIGUEPERSE
Dimanche 8 mars, « Lo Covize dansaire », groupe de propagande régionaliste du « Covize », était à Aigueperse.
C'est dans la coquette salle de la mairie,
décorée avec un goût parfait, par les
soins de la municipalité, que la séance
artistique eut lieu devant un nombreux
public.
Aux premiers rangs, on remarquait :
MM. Brun, maire d'Aigueperse, qui présidait ; Thiallier, premier adjoint; Labonne, président de la Société Musicale ;
Mme Labonne, et la plupart des autorités
locales.
A trois heures, la séance fut ouverte
par une allocution de M. Henri Gilbert,
président du « Covize dansaire », qui,
après avoir salué les autorités et l'aimable auditoire, présenta le groupe artistique le dévoué directeur de la danse
M. Chapuis, et précisa le but poursuivi
par les Régionalistes Auvergnats et Vellaves : exaltation des qualités de notre
race, rappel de nos vieilles coutumes,
aide au commerce, maintien de notre dialecte ; en bref, rénovation de la vie régionale.
La curiosité sympathique qui avait accueilli l'arrivée du « Covize dansaire »
fut, aussitôt, changée en sympathie véritable : on était entre Auvergnats, entre
frères, on se comprenait.
Et le rôle de M. Chapuis commença. Le
programme s'ouvrit par un cortège nuptial. D'autres danses auvergnates, parmi
les plus belles, suivirent : bourrée à quatre, aiga de roza, montagnarde, la chabra,
bourrée d'Ambert, la giate, la caille,
bourrée à trois exécutée par les enfants
et reprise par le groupe, bourrée à huit,
la desvirada. La plupart des spectateurs,
debout pour mieux voir, suivaient atten-

« Lo Covize » et « Les Amis du Musée.
— Le 25 mars, « Lo Covize » et les « Amis
du Musée », qui sont les deux groupes
clermontois de la « Fédération Régionalisle Auvergnate et Vellave », conviaient
leurs nombreux adhérents au Covize mensuel, salle de la Maison du Peuple.
Me René Demai, premier adjoint au
maire de Clermont devait présider. Malheureusement, il en fut empêché par un
deuil survenu parmi les siens. M. Henri
Gilbert, président du « Covize », le remplaça et l'excusa auprès des auditeurs;
puis, en leur nom, il lui adressa de sympathiques condoléances.
Le conférencier, notre ami M. Maurice
Busset, président des « Amis du Musée »
aborda alors son sujet : « L'art populaire
et les petits artisans en Auvergne ». On
en trouvera, plus loin, le résumé.
Cette instructive conférence valut à
M. Busset de chaleureux applaudissements. Il en fut remercié cordialement
par le président. La soirée se continua
par des chants, des contes en dialecte et
des danses auvergnates accompagnées
par MM. Besse et Fagheon. On entendit
Mme Chanson, MM. Pascal, dont la magnifique voix de baryton fit impression
sur toute l'assistance, et Henri Gilbert
(Mlle Berthier MM. Paupy et Messirejean
s'étaient excusés. « Lo Covize dansaire »,
en costumes anciens, fit merveille :
M. Chapuis dirigeait les danses. Une partie de danse, à laquelle prirent part tous
les covizaires, termina gaiement ce Covize,
au cours duquel de nouvelles adhésions
furent enregistrées.

ISous recommandons à tous nos sociétaires d'établir entre eux des relations
d'affaires et de s'adresser, pour leurs
commandes, aux maisons dont ils trouveront, ci-après, les annonces.

PIERRE DE NOLHAC
Causerie
faite au « Covize » du 19 février
par M. J.-M. Messirejean.

IQ36,

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Tout récemment, en peu de temps,
la France a perdu successivement
plusieurs personnalités importantes :
M. Paul Bourget, M. Pierre de
Nolhac, M. Chassaigne-Goyon, M.
Jacques Bainville, qui occupaient des
places considérables dans notre pays
et à l'étranger. Notre province, l'Auvergne, est particulièrement fière
d'avoir été le berceau de plusieurs
d'entre eux ; par contre, elle a le
triste privilège de porter plus particulièrement le deuil de la France
entière.
La tâche qui m'a été confiée aujourd'hui porte spécialement sur l'un
d'eux ; je l'ai acceptée volontiers,
ayanl connu un peu M. de Nolhac et
sachant qu'il^tait né dans ma région
d'origine, le Livradois.
Annet - Marie - Pierre Giraud de
Nolhac naquit à Ambert le 15 décembre 1859. La capitale du Livradois a donc un motif sérieux de revendication ; il s'y en ajoute un autre : la mère du grand écrivain,
Claire Pacros-Collange, était Ambertoise.
Mais les origines paternelles de
M. de Nolhac sont, à juste titre, revendiquées par le pays du Velay.
Je ne veux point établir ici une
longue généalogie; je rappellerai tout
simplement que les aïeux de M. de
Nolhac exerçaient les fonctions de
notaires à St-Jean-la-Chalm et à StPrivat-d'Allier, deux localités qui se
trouvent vers l'extrémité sud du département de la Haute-Loire, à peu
près à égale distance entre la ville
du Puy et le chef-lieu de canton
de Pradelles. Ceci, vers le milieu
du 17e siècle.
L'un de ces Aïeux, notaire à StPrivat, acquit, en 1681, la principale partie du domaine noble de
Nolhac, situé près de St-Privat, qui
appartenait à Gabriel du Saunier,
seigneur de Mercœur. Il compléta
son acquisition en 1687 en achetant
les parties de ce domaine (possédées par la baronne de Sereys et
par la duchesse d'Uzès. Seul propriétaire du domaine noble, Maître
Giraud se titra alors : « Sieur de
Nolhac », d'où l'origine du nom noble de la famille de notre illustre
compatriote.
L'un des descendants de cette famille, dont les parents étaient venus
s'établir à Langeac, ville voisine,
vint à Biom, y exerça les fonctions
de greffier de paix, puis se retira
à Langeac, où il mourut en 1795.
Son fils unique, Annet, eut • deux
fils dont l'un, Paul, né en 1821, se
destina à l'Administration de l'Enregistrement.
Paul Giraud de Nolhac débuta,
comme commis, au Puy, en .1851 :
il fut nommé, ensuite, à Ambert, où
il se maria avec Claire Pacros-Col1 anges. C'est là que naquit son fils
Pierre, le 15 décembre 1859. Il fut
nommé vérificateur à Brioude, en
1863, et au Puy en 1866.
Le jeune Pierre vécut donc à Ambert jusqu'à sa 4e année ; il a passé
ses jeunes années à Brioude. Il en
conserva des souvenirs précis dont
il fit la confidence à M. Henri Gilbert, il y a quelques années, au
cours d'une fête régionale à Aurillac.
Ses premières études se continuèrent au Lycée du Puy, ensuite à
celui de Bodez, puis à Biom, selon
lès changements de résidence de ses
parents.
La faculté des Lettres de Clermont-Ferrand l'eut comme étudiant,
puis ce fut celle de Paris. Le jeune
homme faisait assez vite son chemin.
Elève de l'Ecole des Hautes-Etudes, il fut envoyé en 1882 à l'Ecole
Française d'Archéologie de Rome,
où il y resta quatre années. Il s'y
passionna pour les recherches et les
études. Les éléments abondaient dans
la Ville Eternelle : il était ravi et
enthousiasmé. La Bibliothèque vaticane l'attirait particulièrement et le
documentait abondamment.
Tout jeune encore, il fit une ample moisson qu'il apporta, avec ses
profonds souvenirs, en France, en
1886.
Il fut alors attaché à la Bibliothèque Nationale et nommé Maître
de Conférences à l'Ecole des Hautes-Etudes. Ensuite, attaché des Musées Nationaux, il fut envoyé au château de Versailles où il fut nommé
conservateur-adjoint l'année suivante.
1887.
En 1892, il devint Conservateur en
titre. A ce moment, il put entreprendre l'œuvre qu'il méditait, sans dou-

te, depuis plusieurs années : la réorganisation, le réaménagement du
Château, la mise en valeur des richesses du Musée.
En 1903, étudiant à Paris, je connus son fils Henri, et c'est à Versailles que je vis, plusieurs fois, M.
de Nolhac. J'ai conservé de lui un
profond souvenir : abord simple et
affable, physionomie exprimant la
bonté sans réserve, il prenait plaisir
à me donner ses explications historiques que j'écoutais avidement. Je le
voyais, je le vois encore tout heureux, en plein dans son élément
favori. M. Henri Gilbert, qui l'a connu plus que moi, peut donner certainement un témoignage dans le
même sens.
En 1909, M. de Nolhac était nommé professeur à l'Ecole du Louvre :
l'Université de Borne lui réservait
pareille fonction honoris causa.
Il a quitté Versailles en 1919, l'Institut de France lui ayant confié la
direction du Musée JacquemardAndré.
Il fut élu à l'Académie Française
en 1922, et le 18 janvier 1923, il prit
possession du siège occupé autrefois
par Alfred de Vigny.
M. de Nolhac était Commandeur
de la Légion d'honneur et titulaire
de nombreux ordres étrangers. Il dirigeait avec autorité le Comité
« France-Italie ». Il avait grandement
contribué au rapprochement des deux
nations. On lui doit de nombreux
ouvrages, historiques, poétiques, anecdòtiques. Il s'était passionné pour
l'Italie, pour Borne, dont il se disait
le fils. Son livre, « Souvenir d'un
vieux Bomain », en fait foi ; de même « Poèmes de France et d'Italie » et aussi son « Testament d'un
latin ».
Il avait refait Versailles et en connaissait l'histoire, les histoires, devrait-on dire, mieux que personne.
Ses ouvrages sur les rois, sur les
reines, sur les courtisans, les intrigues, etc., sont "d'un intérêt passionnant. Son dernier livre, « Trente
ans de Versailles », résume son œuvre considérable : il venait de le
terminer quelques jours avant de
s'éteindre.
Il aimait son Auvergne ; il y venait
chaque année : aussi, lui a-t-il consacré des recueils poétiques pleins
de sentiment. Son livre « Paysages
d'Auvergne » est d'un intérêt particulièrement saisissant.
Il n'oubliait pas, non plus, Le
Puy où il avait laissé de chères
amitiés, et lui a consacré quelques
écrits appréciés.
M. de Nolhac était un chercheur
actif, un érudit, un poète, un sentimental, et, surtout, un travailleur.
Se sentant perdu, il dictait encore
à son secrétaire, M. Melchior-Bonnet,
quelques pages d'un poème inachevé
et consacré à la mort.
Le 31 janvier dernier, vers 20 heures, ce fut la fin d'une vie si pleinement remplie, à son domicile, 158,
Boulevard Haussmann, entouré de
sa femme, compagne dévouée, de
ses deux fils, de sa fille, de ses
petits-enfants et de ses amis consternés.
M. de Nolhac tenait une grande
place dans les Lettres étrangères,
surtout en Italie. M. le Sénateur
Marconi, président de l'Académie
d'Italie, en a témoigné dans son télégramme de condoléances à l'Académie Française, en exprimant le
deuil .profond de ses collègues et
amis de Borne.
Selon son désir, M. de Nolhac a
été inhumé simplement, le 5 février,
à Biom, où « il a vécu au temps de
sa jeunesse et où il a goûté le
charme profond de la triomphale
beauté des Villes historiques », ainsi
qu'il s'exprime dans son beau livre
sur l'Auvergne.
Quoique simples, ses obsèques furent grandioses par les personnalités qui formaient le cortège dans
lequel étaient les représentants de
l'Italie, et par l'accueil respectueux
de la population de la cité par lui
choisie comme élant « vraiment un
lieu de repos où les générations sont
endormies dans la Paix », selon sa
propre expression.
Ainsi s'est fermée une tombe nouvelle sur l'un des plus illustres enfants de l'Auvergne.
J.-M. MESSIBEJEAN.

Elh Jóc, amais elh vin,
L'hóme se fai coquin.
*—*
D'aqueste biais vai lo monde : l'un
se fai la barbe, l'autre se fai tondre...

Documents historiques

LA

COUTUME D'AUVILLAR
TITRE VIII
DES DETTES

Ce n'était que dans le cas où le débiteur ne possédait pas des meubles en
quantité suffisante que le créancier avait
le droit de faire vendre ses immeubles. A.
cet effet, il devait estimer lesdits immeubles d'une manière raisonnable, et faire
crier, par trois fois, la mise à prix. Si la
mise à prix était couverte, les biens
étaient adjugés au plus offrant; mais si
aucun enchérisseur ne se présentait, la
cour pouvait et devait obliger le débiteur
de faire vente desdits biens au créancier.
Le prix de vente était-ii supérieur au
montant de la dette? La différence en
plus était attribuée au débiteur. Etait-il
inférieur? Le débiteur reslait redevable
envers le créancier de la différence en
moins. Dans les deux cas,- les frais et
dépens exposés par le créancier étaient
prélevés sur le prix des immeubles vendus.
Si le créancier n'avait pas eu ou n'avait
pas voulu avoir recours aux moyens qui
lui étaient offerts pour obtenir le payement de sa dette, soit qu'il eût reculé
devant leur emploi, soit pour tout autre
motif, la Coutume suppose que deux cas
pouvaient se présenter.
Le premier cas se produisait lorsque le
débiteur ne possédait que des meubles et
que ces meubles valaient moins de cinq
sous arnaudins Le débiteur était admis
alors, si le créancier y consentait, à affirmer, par serment, sur les Saints-Evangiles, que c'était l'insuffisance de sa fortune mobilière qui l'empêchait de tenir
ses engagements, et à promettre qu'il ne
prélèverait à l'avenir sur le fruit de son
travail que ce qui serait indispensable
pour sa subsistance et celle de sa famille,
afin de payer le plus tôt possible son
créancier. Aprè la prestation de ce serment, qui, au reste, devait être renouvelé
chaque mois, si le créancier l'exigeait, le
débiteur était considéré comme étant de
boune foi. Mais si le contraire était prouvé, il était sévèrement puni ; et, s'il arrivait que le créancier découvrît entre les
mains d'un tiers un objet meuble quelconque, d'une valeur de cinq sous ou de
plus de cinq sous, appartenant au débiteur et reçu en dépôt de lui, le seigneur
et les consuls devaient faire délivrer cet
objet au créancier.
Le second cas se présentait si le débiteur ne possédait que des immeubles. Le
débiteur prenant lui-même l'initiative,
pouvait alors demander jour pour vendre de la terre et payer sa dette. Sa demande devait être agréée, et, après qu'il
avait affirmé, par serment, qu'il n'avait
point de fortune mobilière, ou que sa valeur était très insuffisante, quarante jours
devaient lui être accordés pour vendre.
Si, à l'expiration de ce délai, il n'avait
pas vendu, et si, d'ailleurs, la dette était
encore à payer, les consuls agissant à la
requête et dans l'intérêt du créancier,
faisaient crier par trois fois dans la ville,
et pendant trois jours consécutifs, que la
terre de ce débiteur était à vendre et
qu'elle serait adjugée à celui qui en offrirait le prix le plus élevé. La vente opérée, les consuls en recevaient le prix.
Si ce prix était inférieur au montant de
la dette, la différence en moins restait
due par le débiteur qui devait faire son
possible, dans la suite, pour se libérer
entièrement avec le produit de son travail ; s'il était supérieur, la différence en
plus était donnée au débiteur ; mais dans
les deux espèces, il devait être prélevé
sur le prix de la terre vendue, au profil
du créancier, le montant des frais exposés
pour recouvrer la créance : tels étaient
les frais d'avocat, d'écrivain public et de
messager. Ces frais étaient prélevés alors
même que le titre renfermait des clauses
contraires. Le cour était toujours appelée
à les apprécier, par conséquent à les
taxer.
A.

LAGRÈZE-FOSSAT,

(A suivre).

SOCIÉTÉS RÉGIONALISTES
Afin d'éviter certaines confusions, nous
nous devons faire remarquer, encore mie
fois, que, seules, à Clermont, les sociétés « Lo COVIZE » et « LES AMIS
DU MUSÉE » représentent la « Fédération
Régionaliste Auvergnats et Vellave » et
ont le droit de se réclamer d'elle.

La semana santa,
Lo cocut es çrebat o chanta.

�L'ALAUZA D'AUVERNHA
N'estre qu'una ama de fuec vestida
Epot, parelh à l'esluzida,
Corre lo cel de cima en chap.

AURILLAC

Le salon cantalien

P. L.

(suite).
Le secrétaire général de la société, Raymond Mialaret, depuis longtemps s'est
révélé bon paysagiste. Il est, certes, plus
près de son oncle, Louis Capitaine, que
de tout autre exposant, mais il est lui
même. Ses tonalités sont heureuses et
chantantes; il sait éclairer ses paysages
et en rendre tout le caractère particulier.
Il faut s'arrêter et admirer ses œuvres
suivantes : Echircie, Noire Dame, du Château, qui a le don décidément de bien
inspirer les peintres; Maison à Rodomont.
En Octobre, etc.
Notre peintre paysan Millange que les
uns appellent notre douanier Rousseau
mais qui ne sera pas, nous l'espérons,
un jour oublié, comme ce dernier, est
toujours très actif. 11 expose une dizaine
de toiles qui peuvent se dispenser de sa
signature pour les reconnaître. On trouve chez lui tout le charme, toute la
naïveté d'un primitif, avons-nous écrit
depuis longtemps. Notre jugement n'est-il
pas confirme par les lignes suivantes, em •
prunlées au maître romancier terrien,
Emile Guillaumin, qui vient de consacrer,
dans Les dernières nouvelles de Strasbourg.
une étude à notre peintre de la vie rurale :
« Sans doute, les compositions de cet
autodidacte gardent-elles un caractère un
peu fruste, et ses personnages, comme
ceux des primitifs, manquent-ils d'une
certaine souplesse. Mais quelle sincérilé
prenante dans le rendu des scènes ! Quelle
atmosphère de choses vues, de choses
vécues ! Les faiblesses reprochées au vieil
artiste pourraient bien constituer au regard de l'avenir le témoignage précieux
de son originalité particulière ». C'est
aussi notre avis.
Dans un ordre tout différent, nous arrivonsau grand artiste Lucien Pénat qui reste fidèle aux expositions cantaliennes. 11
faut l'en féliciter. Il n'a pas envoyé moins
d'une douzaine d'œuvres, plus belles, plus
plus curieuses les unes que les autres.
Que peut-on voir de plus exact, de plus
poussé que son expressive Vieille fileusel
Il serait, certes, superflu de faire, ici,
l'éloge de ce Grand Prix de Rome. Toutefois, il faut convenir que ses tètes de paysans remportent tous les suffrages sur ses
autres envois, qui ne pèchent pourtant
pas par la technique. Mais le dessinateur
et le peintre sont deux êtres qui ne collaborent pas toujours ensemble.
marie Réol est une autre très bonne
artiste dont nous avons eu l'occasion de
parler maintes fois. Elle n'a exposé que
trois peintures dont les qualités solides
suffisent à établir la sûreté de son art.
Suzanne Robaglia s'évade aussi des
productions courantes. Elle n'a pas envoyé
beaucoup de toiles non plus, mais elles
sont à voir Que d'expression dans son
Petit pâtre, dont le réalisme de bon aloi
ne choque point, et dans sa Tête de jeune
fille à l'attitude mélancolique et presque
mystique ! Dans ce même sentiment, nous
signalons son important Fond de chapelle
du Sacré-Cœur, qui appartient à I église
de Sl-Simon. A ces trois œuvres, il faut
ajouter une bien curieuse silhouette d'un
Pâtre sur la barrière, qui ne figure pas au
catalogue.
Auguste Sarthou, qui nous fait d'abord
admirer quelques bons paysages du Cantal, nous conduit ensuite en Bretagne avec
deux intéressants portraits, un convaincu
maître joueur de biniou et une sémillante
Bretonne délicatement parée du riche costume d'Armor.
Gorm Hansen, toujours fidèle à noire
Cantal, rehausse cette exposition avec un
bon nombre de ses toiles composées depaysages et de très vivants portraits, qui
ont le don de refléter l'âme du personnage Le n° 302 présente, par exemple,
une acuité de regard peu commune. Quand
au Fervent du tabac (lisez le portrait du
peintre) il est d'un réalisme saisissant et
d'un art qui ne peut pas atteindre évidemment le peintre du dimanche. Nous pensons bien que ce tableau et VEloge du
Tabac resteront parmi les meilleures œuvres de ce rare et probe artiste. Comme
beaucoup de nos peintres, depuis longtemps, Hansen a été séduit par les gorges
de la Maronne, notamment par les divers
aspects de Notre-Dame-du-Château, qu'il
nous montre de nouveau, vue en Automne,
dont le peindre aime les tonalités atténuées.
Charles Jaffeucx, de Rïom, connu comme graveur, s'inspire beaucoup du Cantal.
Peut-être, nos paysages chaotiques, nos
villages primitifs accrochés au flanc d©
nos montagnes, conviennent-Us mieux a
son pinceau aux tons fauves, assombris ?
Il n a rien d'un Busset quant à la couleur, si ce n'est son dessin hâté, nerveux
et puissant. II ne flatte pas le regard ;
l'artiste veut nous émouvoir par l'expression du paysage où les teintes s'atténuent)
dans le regret des choses qui meurent lentement. Dans ce genre, il faut classer sari
Calvaire à Liadouze et ses Vieux Chaumes
d'unie pénétrante nostalgie et d'une singulière solidité.

(A suivre).

Etienne

MARCENAC.

GRENIER,

Limousin.

[La Dame à la Licorne).
Vocabulaire. — Fada, fée. — Verjadas,nasses d'osier.— Ruschas rimàdas, troncs
ridés. — Auvida, ouïe, entendue. — Ilespelida, renouveau. — Las (vers li et 15),
celles. — Ajostar las uelhas, traire les
brebis. —Chassanh, chêne. — Balhan un
planh. poussent un cri. — Gonelas, robes.
— Esluzida, éclair.

L'ART POPULAIRE
ET LES PETITS ARTISANS
REGIONAUX EN AUVERGNE
(Résumé de la conférence faite le 25 mars,
au Covize, à Clermont, par M. Maurice
Busset).

Le Massif Central a vu naître les lointaines manifestations artistiques de l'huma m té : c'est, en effet, dans les grottes
des Eyzies que furent retrouvées les merveilleuses figures d'animaux, bisons, cerfs,
mammouths, qui représentent, en France,
les plus anciennes conceptions connues de
I ait régional.
Mais si l'art des peuples aurignaciens
de la Vézère s'est arrêté à la lisière des
MOTS OCCITANS
monts d Auvergne, un autre art primitif
s'y est développé et a traversé les siècles.
II compte encore de nombreux représenBINA
tants en Limagne : c'est celui du potier.
Un de nos lecteurs nous signale un
A l'époque gallo-romaine, une industrie
céramique des plus importantes se dévemot intéressant qu'il a entendu employer
loppa a Lezoux : on y a découvert, dans
dans la région de Combronde (P.^de-D.),
unrayon de quelques centaines de mètres
et il nous demande d'en donner, si
l'emplacement de près de deux cents fours
possible, une explication.
gallo-romains. Ona retrouvé des poinçons
Il s'agit du mot bina, qui est, dans
en terre-cuite ayant servi à marquer les
ladite région, le nom de l'alouette.
vases, ce qui a permis d'identifier, comme
Nous proposons l'explication suivante :
élant de provenance auvergnate, des
bina est le féminin du latin binus, adEmile Malvezin. — Vieilles maisons du quartier Saint-Eloy à Clermont.
urnes et des coupes retrouvées dans l'Eujectif, employé ordinairement au pluriel
rope entière Cette industrie, qui était
arrivée à supplanter, au iv° siècle, celle
comme dans les expressions « bina casd'Arezzo, est arrêtée par les invasions
tra
»,
deux
camps
;
«
binae
litterae
»,
CLERMONT
fondément émouvante. C'est une des plus
franques: mais elle renaît après la tourdeux
lettres
(Cicéron).
belles œuvres de Gabriel Moiselet.
mente.
Binus est substantif dams cette expresHenri GILBERT.
On fabrique encore, aux environs de
EXPOSITION
sion : « Findi in bina » (Lucrère),
Lezoux et de Billom, des melards, des
Au prochain'numéro, compte-rendu de
GABRIEL MOISELET
fendu en deux.
buires à huile, des olitoux, des jarres à
l'exposition de nos amis Franck Bal et
L'alouette est appelée bina, sans doute
beurre, des écuelles à oreilles. SauxillanLouis Gardet.
C'est à son Velay natal que Gabriel
parce qu'elle vit ordinairement piax couges et Brives-Charénsac étaient aussi des
Moiselet a consacré ses premiers essais;
centres de fabrication des pièces de céraple.
c'est encore à son Velay qu'il demande sa
mique désignées sous le nom populaire
Henri GILBERT.
meilleure inspiration, quoique l'Auvergne
de tarralha.
lui ait fourni aussi de beaux sujets.
Ce qui caractérise la fabrication de LiSUR UNE HISTOIRE DE MARIEPlusieurs musées ont acquis des œuvres
magne, ce sont les vases énormes comme
ANTOINETTE
de Gabriel Moiselet. Celui du Puy possède
ces cuviers à lessive dans lesquels une
Swprises. Lo Covize, Portrait du sculpteur
SOUVENIRS
personne de taille moyenne peut se baiMon
cœur
n'a
pas
été
troublé
Barthélémy ; celui de St-Etlenne conserve
gner facilement.
De
complaisance
ni
de
haine
;
Arlempdes ; celui de Clermont, Le Pont de
Quels souvenirs ai-je encore de ma vie
Vers la fin du moyen âge, une autre inFille des empereurs, ô Reine !
Vieille-Brioude. Les hôtels de ville du
de petit enfant? Je me rappelle que, dedustrie, importée d'Orient, la dentelle,
De
toi
j'ai
librement
parlé.
Puy, de Chaumont et de Paris ; la Préfecvant la fenêtre, les oiseaux viennent l'his'implante avec succès dans le Velay.
ture de la Haute-Loire, la Chambre de
ver picorer dans la neige ; que, l'été, je
Prohibée, avec la broderie, par le ParleJ'ai dédaigné les choses vaines
Commerce du Puy, etc. ont également des
salis mes culottes dans une cour qui sent
ment de Toulouse, en 1640, elle est, de
Que les vivants disent de toi,
tableaux de notre artiste. C'est encore à
nouveau, autorisée après l'intervention
mauvais; qu'au fond de la cave, un des
N'interrogeant, pour avoir foi,
lui que l'Etat et le département de la
d'un jésuite ponaut (1), François Régis,
locataires engraisse des dindes. On me
Que des voix morle's et lointaines.
Meu-eont confié lVxécution des peintures
laisse pétrir des boulettes de son mouillé
que les dentellières ont pris, depuis, pour
Des témoins même du passé
murales de 1 église Sain l-Joseph, à Verdun,
patron. La Haute-Auvergne aussi eut ses
avec lesquelles on les bourre, et elles
N'en croyant aucun sur parole,
et de la chapelle commémorai! ve de Vaux.
étouffent. Ma grande joie est de les voir
dentelleries. Après que Colbert eut fait
Des distinctions enviables ont été attriJe ne t'ai point servie, idole,
venir, à grands frais, des ouvrières de Vesuffoquer, devenir bleues. Il paraît que
buées à Gabriel Moiselet : médaille d'arJe ne te maudis point, Circé.
nise, la manufacture d'Aurillac ruina les
j'aime le bleu !
gent an Salon des Artistes Français pour
Ma mère apparaît souvent pour me
ateliers en chambre de Murât, la ChaiseAux chemins que le temps efface
son tableau « Maternité », médaille d'arprendre par les oreilles et me calolter.
Dieu, Allanche, Langeac.
Comme en un jardin déserté,
gent à l'ExposiLion Coloniale InternatioC'est pour mon bien ; aussi, plus elle
De nos jours, une importante transforD'une
image
de
vérité
nale pour les panneaux décoratifs muraux
m'arrache de cheveux, plus elle me donne
mation s'est produite, par suite de la faJ'ai voulu découvrir la trace,
du Pavillon de l'Air et les dioramas du
de taloches et plus je suis persuadé
brication de la dentelle au métier. CepenComité Olympique; prix Rosa Bonheur
qu'elle est une bonne mère et que je suis
dant, de nombreuses ouvrières, surtout
Douces roses de Trianon
pour son tableau Retour des Champs. Diun enfant ingrat.
dans la Haute-Loire, travaillent encore au
Dont le parfum nous grise encore,
sons, en passant, que cette belle œuvre,
Oui, ingrat ! car il m'est arrivé quelque« carreau ». Il en est, parmi elles, de jusFleurs que la pitié fait éclore.
de caractère essentiellement vellave, méfois, le soir, en grattant mes bosses, de
tement renommées pour leur habileté : ce
D'autres vous cueillent en son nom ;
riterait de reslerdans notre région.
ne pas me mettre à la bénir, et c'est à la
sont de véritables artistes. La dentelle a
Celui qui, dans l'histoire humaine,
Quand à l'exposition qui s'est ouverte,
fin de mes prières, tout à fait, que je depour centres principaux : Le Puy, AmCherche la suite et le destin,
en mars, dans la galerie Léon Dumas, 4V»,
mande à Dieu de lui garder la santé pour
bert, Craponne.
Qui prend les cœurs à leur matin
rue Blalin, à Clermont elle comprend
veiller sur moi et me continuer ses bons
Combien d'autres modestes artisans
Et devine où le soir les mène,
une vingtaine de toiles, une série de dessoins.
ont produit, grâce à leur goût inné pour
sins originaux ayant servi à l'illuslration
Je suis grand, je vais à l'école.
l'art, de véritables petits chefs-d'œuvre !
Celui-là rend grave sa voix
du livre Contes de la luneira, et des porOh ! la belle petite école ! Oh ! la belle
Dans beaucoup de maisons villageoises,
Et dénonce en la blonde Reine
traits dont un fusain.
rue ! et si vivante, les jours de foire !
on conserve encore des jougs finement
L'Hélène
fatale
et
sereine
Polignac est un des sites les plus pittoLes chevaux qui hennissent; les cochons
travaillés, des planchettes (metas) et des
Qui préside à la mort des rois.
resques des environs du Puy. Gabriel
qui se traînent en grognant, une corde à
mesures à dentelles ornées de rosaces;
Pierre de NOLHAC.
Moiselet en montre les divers aspects en
la patte ; les poulets qui s'égosillent dans
des meubles artistement tournés ou sculpdes toiles évocatrices : Maisons sur le roles cages; les paysannes en tablier vert,
tés, des ferrats et des casses d'une orne[Poèmes de France et d'Italie, Calmanncher, Vieilles maisons à Polignac, Le cheavec des jupons écarlates ; les fromages
mentation originale, des cannes dans le
Lévy, Paris).
min montant, Vieux coin à Polignac. Le
bleus, les tomes fraîches, les paniers de
bois desquelles des bergers ont modelé,
plus bel effet est donné par la Place de
fruits ; les radis roses, les choux verts !...
au couleau, des serpents savamment
l'église à Polignac. Au fond d'une place
Il y avait une auberge tout près de
entrelacés. Et que dire des merveilleuses
tout ensoleillée, la vieille église cachée en
l'école, et l'on y déchargeait souvent du
tapisseries et des trésors que constituent
partie par des arbres, érige fièrement son
foin
les nappes d'autel et les chasubles broLANGLE D'OC
clocher dans le ciel bleu où l'on voit, par
dées?
Le foin, où l'on s'enfouissait jusqu'aux
places, des nuages lilas C'est, sans doute,
yeux, d'où l'on sortait tout hérissé et
Toutes ces productions — et d'autres
après avoir fixé sur cette toile les splensuant, avec des brins qui vous étaient resqu'il serait trop long d'énumérer— attesLA DANSA DE LAS FADAS
deurs d'une journée d'été, que l'artiste
tés dans le cou, le dos, les jambes, et
tent que l'Auvergne n'est pas, comme
s'est complu, avant de quitter Polignac, à
vous piquaient comme des épingles !...
certains voudraient le dire, une terre inLos rius ont las fadas,
noter un poétique Effet du soir sur la
On perdait ses livres dans la meule, son
grate à l'art : ce qui le prouve encore
Ambe lors verjadas,
verdure des saules, le village blotti autour
petit panier, son ceinturon, une galoche...
plus, c'est la belle floraison de véritables
Peschan daus peissós d'aur,
de son rocher et de son imposant donjon,
Toutes les joies d'une fête, tonies les
artistes dont nous pouvons nous enorLos arbres de las pradas.
les nuages que les rayons adoucisdu soleil
gueillir présentement.
émotions d'un danger... Quelles minutes!
Dont las ruschas rimadas
font apparaître ocres et jaunes.
Quand il passe une voiture de foin,
Henri GILBERT.
Célan mais d'un tesaur,
L'église de Saint-Christophe, avec ses
j'ôte mon chapeau et je la suis.
Las rochas enchantadas,
clochers à jour et sa masse sombre, est
(1) Nous écrivons ponaut et non ponot, parce
Jules VALLÈS, né au Puy (1832-1883)
En las chaslanhadas,
fort curieuse. Vers la cathédrale du Puy
que cette seconde orthographe nous parait ine(L'Enfant).
De luna banhadas,
présente un dédale de ruelles bien propre
xacte.
Aquesta nueit, fan
à produire des effets de lumière que l'arUna musica non auvida
tiste n'a pas manqué de saisir. Fin
De l'auvir human.
d'après-midi à Bonassou, Dans les bois,
Las fadas de la respelida,
Bouleaux à l'automne, Le chemin ensoleillé
Las del'estiuetdelas freschas vaus,
à Saint-Jeures, Le vallon de Vais et les
Las qui porlan la claus
chibottes ont de remarquables notations
Dau chastel ont tenon
et d'harmonieux conlrastes. Il y a aussi
Lo vielh Hivern claus,
beaucoup de richesse de coloris dans La
Las fadas qui venon,
Loire au pont de Chadron, La Loire au
En los pasluraus
pont de Durianne, et une note poétique
Ajostar las uelhas
dans Soleil de septembre à Durianne. Mais
0 culhir las fuelhas
c'est surtout de la Croix de Chaspinhac
Daus fraisses o daus faus,
que se dégage une poésie intense. Une
Las pas mais grandasqu'unaabelha
croix isolée érigée en un haut lieu domiE las mais autas qu'un chassanh.
nant un paysage désert où les sommets
Las qui sorison quand solelha
des lignes successives des monts du Velay
Las qui, quand plou, balhan un
forment comme les vagues d'une mer qui
planh,
serait, tout à coup, restée immobile. Au
Tolas, las horras e las bêlas
ciel, des nuages violacés ajoutant leur
Au lum belujant de lors gonelas,
note funèbre à la couleur du sol sans verDansan lors dansas fadarelas
dure, achèvent de donner à ce spectacle
Maurice Busset. - LAC PAVIN.
En l'honor de Gem,lo prince qui sap
poignant une impression de tristesse pro-

�L'ALAUZA D'AUVERiNHA
AU PRÉVENTORIUM
LES ROCHES FLEURIES
Une charmiinle séance récréative eut
lieu, le 19 mars, au Préventorium « Les
Roches Fleuries », à Chamalières, sous la
présidence de M. le Dr Grasset, conseiller
général, Médecin-Direcieur de l'Etablissement.
Parmi les nombreux invités qui entouraient le l)r Grasset, nous avons remarqué : MmeGrassel, Mlle Gras, Mme Populus, Mme lioste, professeur à l'Ecole
Supérieure de Jeunes Filles de Clermont,
présidente de la Chorale Canteloube, société régionaliste de Vic-le-Comte ; M.
Boste, Maire de Vic-le-Comte, conseiller
général ; M Henri Gilbert, Directeur de
L'Alauza d'Auvernha, president du Covize; Mlle Andrée Berthier, professeur de
Musique, directrice artistique, de la Chorale Canteloube; Mme et M. Millel-Dupuy ;
Mine Delprach ; Mme et M. Colomb;
Mile Thomas; Mme et M. Moulin ; Mme et
M. Leclerc ; Mme et M. Rozier; Mme et
M. Ferrand ; Mme et M. Ballot-Mesure;
Mme et M. Triouleyre; Mlle Besson, Mmes
les Infirmières du Dispensaire et du Service Sanitaire de la Gare, etc.
Le programme, dans lequel le Régionalisme tenait une bonne place, avait été
parfaitement conçu ; il fut présenté de façon impeccable.
L'excellent orchestre, sous l'habile direction de son chef, M. Pradier, fit entendre plusieurs morceaux de son répertoire
et obtint un légitime succès. Mlle Andrée
Berthier, en gracieuse Auvergnate, chanta
avec talent lin passant par le bois, chanson du folklore, et recueillit des applaudissements nourris. Les bons comiques
Paul'Hochon et la Cerise divertirent fort
i'assistance par l'imprévu de leurs farces.
Le Dranem Ambertois, M. Conte, ne fut
pas inférieur, dans ses chansons drolatiques, à son modèle parisien. Mais on eût
voulu entendre plus longtemps la superbe voix de baryton de M. Pascal . Et
que dire des enfanls si joliment costumés
et rayonnants de joie? Car ils avaient,
eux aussi, on s'en doute bien, un rôle
important à jouer. Un chœur à deux
voix, sous la direction de Mme Pascal, fut
excellemment exécuté. Quant au ballet de
« Folies », dansé par les tout petits et dirigé par Mme Ferrand, monitrice d'Education physique, il fut tout simplement
délicieux. Et nous dirons même que la
« danseuse étoile », Mimi Guyader, fut
ravissante.
Nous ne présenterons pas Lo Covize
dansaire : il est, maintenant connu, M. le
Dr Grasset, sur les indications de notre
dévouée sociétaire, Mine Pascal, surveillante générale au Préventorium, avait
voulu qu'il fût de la fête, avec la mission
de présenter, sous la direction de M. Chapuis, nos vieilles danses d'Auvergne. Lo
Covize dansaire remplit son rôle à la satisfaction de tous. A la fin de chacune des
deux parties du programme, il fit admirer et applaudir les danses régionales :
bourrée, polka piquée, l'aiga de roza,
bourrée à trois, mazurka, bourrée à
quatre, la desvirada, la montagnarde, etc.
On termina par la bourrée de St Flour,
qui souleva l'enthousiasme et eut les
honneurs d'un bis.
A l'entr'acte et à la fin de la séance, des
rafraîchissements furent offerts aux invités. « Lo Covize dansaire » eut sa part des
délicates attentions qui furent prodiguées
à tous par M. le Dr Grasset, et il en fut
très louché.
Les organisateurs de cette fête originale peuvent être satisfaits : les soins et
les efforts qu'ils ont dépensés pour l'organiser ont été récompensés par un beau
succès.

M. Chanson :
2 abonnements,
poilnts ;
Mlle Alice Josency : 1 abonnement,
point ;
Mlle Seguy
:
1 abonnement,
point ;
Mme Groisne : 1 abonnement,
point ;
Mme Texier :
1 aboiunm; nt,

2
1
1
1
1

point ;
M. Maurice Dutheil : 1 abonnement, 1
point ;
Mlle P. Girard : 1 abonnement, 1
point ;
M. Germouty :
1 abonnement, 1
point ;
Mlle MarceUine Dumas : 1 abonnement, 1 point ;
M. Maurannes :
1 abonnement, 1
point ;
M. J. Bérard : 1 abonnement, 1
point ;
Mme Martre :
1 abonnement, 1
point
M.
M.
M.

;
Mathieu, 1 abonnement, 1 point.
Lebard : 1 abonnement, 1 point ;
Plierre Duprat : 1 abonnement, 1

point ;
M. Rochoux : 1 abonnement, 1 point.
Abonnements directs : i4Total : i'ii abonnements.
Pour la première série, il reste à
obtenir 9 abonnements.
Les nouveaux abonnements sont dus
à nos amtis de Clermont et d'Issoire.

Nous remercions aiussi csux de nos
abonnés qui veulent bien renouveler
d'eux-mêmes leur abonnement lorsqu'il
est échu, ce qui évite des frais au
journal.
Nous sommes sûrs que nos amis qui
ont laissé passer, par mégarde, l'échéance de leur abonnement, feront bon
accueil à la facture qui leur sera adressée. Il est, en effet, très important que
L'Alauza d'Auvernha puisse régler, chaque mois, son imprimeur,

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Cubizolhs : Fromages. — Triozon : Hôtel.
— Mathieu : Hôtel. — Talion : Restaurant, boucherie. — Mlle Duprat : Modes. — Veysseire : Coiffure. — Mlle
Mourgue : Coiffure. — Girond : Transport.' _ Randon : Café. —Sauvannct:
Quincaillerie.

LA REMISE DE L'ÉPÉE
D'ACADÉMICIEN
A M. ALBERT BUISSON
Au début de l'Assemblée générale du
tribunal de commerce de la Seine, qui a
eu lieu le 26 mars, et en présence des anciens magistrats du siège, le president
Piketty a remis à M. Albert Buisson, ancienprésident. son épée d'académicien, à
l'occasion de son élection à l'Académie
des Sciences morales et politiques, dans
la section de législation.
Dans son allocution, le président Pikelly, après avoir rappelé la carrière de
magistrat consulaire du nouvel académicien, a souligné le caractère exceptionnel
de cette élection qui fait rejaillir sur I institution des juges consulaires un éclat
nouveau.

POUR
« L'ALAUZA D'AUVERNHA »

NOS AMIS

Concours d'abonnements.

Nécrologie

Mme Montbessoa : une annonce de
2 5o fr. et 6 abonnements, 23 points ;
M. le Dr René Martrou : 18 abonnements, 18 points ;
M. Biscuit : une annonoe de i3o fr.
et 2 abonnements, io points ;
M. Brousse :
5 abonnements, 5
points ;
M. Franoon :
4 abonnements, l\4
points ;
Mlle Portai : 3 abonnements, 3
poin ts ;
Mlle Mainvialk : 3 abonnements, 3
points ;
M. Courtadon : 3 abonnements, 3
points.
Mlle Cubizolle : 2 abonnements, 2
points ;
M. Sauvanet : 2 abonnements, 2
points ;
Mme Lenormand : 2 abonnements, 2
points ;
M. Loubaresse, 2 abonnements, 2
points ;

M. Louis-Georges Mamet, fils de
notre excellent collaborateur et ami,
M. Pierre Mamet, est décédé, à l'âge
de 43 ans, à Laon, le 3 mars. Il a
élé inhumé à Manot (Charente).
Au nom de « L'Alauza d'Auvernha »,
nous offrons à M. Pierre Mamet, à
Mme veuve Louis Mamet et à Mlle
Marcelle Mamet nos
condoléances
bien attristées.
Nous prenons part également
au deuil de Mme Esclauze, qui nous
a annoncé la mort de son mari, M.
le Docleur-Vétérinaire Esclauze, décédé à Brest, et nous la prions de
vouloir bien trouver ici l'expression
de nos respectueuses condoléances.

LES AMIS DES ARBRES
L'Assemblée générale de la section
d'Auvergne et du Massif Central des
« Amis des Arbres » a eu lieu le 29

février, au bureau du secrétariat général, 57, rue Blatin, sous la présidence
de M. le Sénateur Roy, assisté de MM.
Babut, Bodin, de Ckrmantramd, Christophle, Paupy, Roche, Rochette de
Lempdes, Soûlas.
Dans son exposé, M. de Caxmantraind
fait connaître que le Conseil général a
accordé à h Société une subvention de
12.000 francs, et que l'action exercée
en 1935 a été efficace. Les pépinières
ont produit 120.000 plants de toutes
essences résineuses, sans compter les
jeunes plants qui serviront aux distributions des prochaines années.
M. Paupy a été chargé de la rédaction
d'une brochure spéciale.
Après examen des comptes, il a été
procédé au renouvellement du Bureau.
Tous les membres sortants ont été réélus à l'unanimité. Ce sont : MM. le
T&gt; Boy, sénateur, président ; Christophle
et Boche, vice-présidents ; de Carmantrand, secrétaire général ; Paupy, serré!-dire-adjoint ; Babut, trésorier.
— Pour faire partie de la Société des
Amis des Arbres, s'adresser à M. Paupy, 12, rue BaUainviluers, à ClermontFerrand. — Adresser les
cotisations
(8 fr. par adhérent) à M. Babut, trésorier, Gompte C. P. 56-47, ClermontFerrand.
La « Fédération Régionaliste Auvergnate et Vellave » assure la Société
« Les Amis des Arbres » de tout son
concours. En effet, l'action des « Amis
des Arbres » tend à la réalisation d'un
des points de notre programme régionaliste : « Défense des intérêts de notre région ». En outre, nous avons le
plaisir de trouver l'un des nôtres, M.
Paupy, membre du Comité du « Covize », parmi les dirigeants des « Amis
des Arbres ».

Sous ce titre, M. le Dr Bachelier offre
aux fervents de l'histoire locale, des saines traditions celtiques et des origines de
notre art national, un beau volume admirablement documenté et brillamment illustré. On y trouvera, avec l'éveil de
l'industrie humaine et de ses diverses applications aux arts naissants que nos
aïeux Gaulois tenaient de la première civilisation nordique et de leurs rapports
incessants avec les pays égco-égypliens.
l'exposé des phases successives de la vie
de nos lointains ancêtres.
Vercingéiorix. Chef des Gaulois, par
M.-M Gorce. Professeur à l'Institut Catholique de Toulouse; préface de E. F
Gautier. Prof, hon de l'Université d'A'ger (Pavot, Paris). — Prix : 25 fr.
M. Gorce fait de Vercingéiorix un portrait qui diffère du magistral tableau de
Camille Jullian et qui est non moins attachant.
Fils de Cellill, qui fut probablement le
souverain pontife des Gaules et qui périt
en voulant joindre à sa royauté spirituelle
une royauté plus terrestre, Vercingéiorix
a réalisé, le premier, l'unité politique,
morale, amplement nationale de son
pays.
L'histoire de Vercingéiorix méritait
d'être reprise et précisée en fonction du
développement récent des connaissances
érudites.

Petits-Champs, Paris. — On trouvera
dans celte excellente revue des éludes
sur l'agriculLure générale, l'agriculture
spéciale, la renaissance des villages de
France, la chasse et l'élevage.

L'ARGUS DE LA PRESSE —
Doyen des Bureaux d'extraits
de
Presse — prépare la Septième édition de
« NOMENCLATURE
des
JOURNAUX et REVUES en LANGUE
FRANÇAISE
PARAISSANT
dans le MONDE ENTIER. »
Ce sera un volume très documenté
de plus de 1.300 pages.
Les Journaux et Périodiques qui
désirent y figurer peuvent s'adresser à L'ARGUS,
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SOLIDARITE ECONOMIQUE
LOCALE
La Chambre d'Agriculture de la HteLoire publie un appel duquel nous extrayons ces conseils fort judicieux :
Dans l'extrême mesure du possible, il
est à souhaiter de voir les utilisateurs
de produits agricoles faire appel, de préférence, à ceux d'origine immédiate : en
aidant leurs clients, ils se rendront service
à eux-mêmes.
Pourquoi se priver de produits naturdk
au profit de succédanés ou d'importations
coûteuses : mangeons du beurre frais et
relativement bon marché à la place de
graisse végétale, exigeons du pâtissier ou
de l'hôtelier des gâteaux ou des plats au
beurre.
Les recommandations pourraient être aisément étendues.
Agriculteurs, ménagères, ne soyez pas
en reste : répondez par des produits d'exceüente qualité, toute négligence ou insouciance serait préjudiciable à la collectivité rurale et à chacun de vous, d'abord.
Négociants, intermédiaires, luttez par des
prix calculés au plus juste, par une organisation commerciale toujours plus évoluée et, convainquez-vous toujours plus de
votre rôle d'éducateur : sachez exiger de
vos fournisseurs ruraux, mais aussi précisez vos exigences et indiquez-leur les
moyens de les satisfaire.
Toutes les forces locales intéressées pourraient être utilement conviées à coopérer
à cette œuvre de redressement nécessaire
et urgente.

LES LIVRES
Chants folkloriques de Haute Auvergne
recueillis et harmonisés par Louis Debrons (Imprimerie lithographique Magnac et Dumond, à Ussel). — Prix non
marqué.
Louis Debrons, qui est le directeur artistique de la « Bourrée d'Aurillac », ne
fait pas seulement de l'aclion régionaliste ; il est de ceux qui s'emploient à remettre en honneur nos vieux chants du
terroir. A ce point de vue, son nouveau
recueil sera particulièrement utile aux
régionalistes qui auront ainsi en main
quelques-unes de nos vieilles chansons.
Le recueil se termine par un chant à la
gloire de l'Auvergne, « Bibo l'Oubernho ! », composé par Louis Debrons.
Signalons du même auteur Poslouralo,
œuvre fort originale.
Histoire du Velay. — Les Institutions :
Des origines aux invasions barbares, par
le docteur Bachelier Paul Michel, Imprimeur, 2, rue St Roch, Yssingeaux (HteLoire).

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              <text>L'Alauza d'Auvernha : organe mensuel de la Fédération régionaliste auvergnate et vellave. - 1936, n°72 (Avril)</text>
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              <text>L'Alauza d'Auvernha. - 1936 - N° 72</text>
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              <text>L'Alauza d'Auvernha (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/12715"&gt;Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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