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                  <text>SEPTIEME ANNEE. 4- N°

Le niuimëro mcnsurl : 1 fr. 50.

70.

Etranger : 2 fr.

S^lembre-Octotoe-Noyiemtbre-Décembre

Direction :

COMITÉ DE REDACTION :

HENRI GILBERT

.

7, Rue Serret, 7
CLERMONT-FERRAND

Administration :
ANTOINE
3,

GILBERT

Place des Tapis,

3

LYON

Chèques-Postaux
Lyon : 9-553

1935,

ORGANE MENSUEL DE LA FÉDÉRATION RËGIONALISTE AUVERGNATE ET VELLAVE

51 BUSSET.
A. CASAT1.
C. CHACORNAC.
J. CHARBONNIER.
1.. DEBRONS.
1. KARGES.
J. FREYCENET.
11. GILBERT.
A. GILRERT.
P. MAMET.
E. MARCENAC.
L. MAURANNES.
J. PAGENEL.
L1 -Ci K. PESSEMESSE.
M
RAOUL DUPAIN.
D' E. ROUX.
M"« B. ROZIÈS.
P. SABATIER.
L. TESTUD.

QU'EST-CE QUE LE RÉGIONALISME?
Par M. J. CHARLES-BRUN, Agrégé des Lettres, Délégué général de la « Fédération Régionaliste Française »

Nos hcteurs ont déjà lu, ici même,
différents articles de M. Charles-Brun,
et, notamment, sa magistrale conférence
sur « Le Régionalisme dans l'œuvre de
Jules Romains ». Ils n'en apprécieront
que mieux la belle élude dont nous
commençons la publication et que le
fondateur de la « Fédération Régionaliste Française », à la demande de noire
distingué collaborateur et ami, M. le
Colonel Pessemesse. a bien voulu écrire
pour « L'Alauza d'Auvemha ».
Nous les en remercions l'un et l'autre.
Au moment où h « Fédération Régionaliste Auvergnate et Vellave », affiliée à la « Fédération Régionaliste Française », va développer considérablement
son action, il est bon que la doctrine
soit définie, et nul n'avait plus d'autorité
pour éclairer notre voie que le maître
J. Charles-Brun, promoteur du mouvement régionaliste en France.
Quelqu'un (Concourt, je crois) jirétendait qu'un tableau était l'objet qui
entendait dire le plus de sottises. Il ne
faut décourager personne, mais je tiens
pour assuré que, depuis la vogue du
mot « régionalisme », c'est celui qui
a fait dire le plus d'inexactitudes. Les
adversaires, notamment, s'en sont forgés
une contrefaçon qu'ils n'ont aucune
peine à pourfendre. Peut-être ne sera-t-il
pas inutile de préciser un peu ce dont
il s'agit.

Jadis — et ce jadis n'est pas très
ancien — lorsqu'on prononçait
une
conférence ou que l'on écrivait un article sur le régionalisme, on se croyait
tenu de débuter par des définitions et
des éclaircissements préparatoires. On
rappelait la parole de Lamennais à l'Assemblée nationale de 18A8 : « Avec la
centralisation, vous avez l'apoplexie au
centre et la paralysie aux extrémités. »
On s'abritait derrière l'autorité d'Auguste Comte, de Le Play, de Foncin,
de Paul Deschanel, de Maurice Barrés
et de M. Paul Bourget.
Aujourd'hui, s'il fallait chercher un
début, on le trouverait, au contraire,
dans ces excuses qu'un auteur ou un
conférencier doit à un public déjà averti
et qu'il va entretenir d'un sujet un peu
rebattu. La bibliographie de la matière est imposante ; on ne compte plus
les projets de réforme administrative
qui ornent les programmes électoraux
et que, d'ailleurs, le Parlement ne se
hâte guère d'étudier ; il n'est question,
dans les feuilles, que de fêtes regionalistes, de théâtre régionaliste, de cuisine
régionaliste, de musées régionaux, de
costumes régionaux, d'expositions régionales, de romans et de poèmes regionalistes. Hier encore confiné dans les
cénacles, vaguement entendu du grand
public, objet de défiances injustifiées,
le régionalisme occupe la presse et l'opinion. Il semble bien sorti de sa période
mystique : certains de nos amis le regrettent, mais ils ont tort. Ils devraient
se réjouir de voir que la propagande
assidue et méthodique de la Fédération
régionaliste française et des _ nombreux
groupements provinciaux qui se ratta-

chent à
fruits.

elle

commence

à

porter

ses

La propagande n'eut pas été suffisante. Elle a trouvé une aide excellente,
et un peu inattendue, dans ce que l'on
a appelé les leçons de la guerre. C'était
un dicton favori de Mistral que « le
diable porte pierre », c'est-à-dire que
du mal peut venir un bien. La France,
qui paraissait un peu s'engourdir avant;
igi/l, a senti des nécessités impérieuses.
On se refuse à croire qu'un pareil cataclysme n'ait pas pour résultat une réforme de l'esprit national et la condamnation de routines funestes. La
guerre est unie grande maîtresse d expérience. Elle a, mieux que les théoriciens du régionalisme, fait apparaître
à tous les yeux les défauts et les lacunes
de notre administration. Par la fraternité des tranchées, la noble émulation
de nos contingents régionaux, le soin
que les communiqués officiels
ont
apporté à nommer les provinces d'où
les unités les plus héroïques étaient originaires et à faire revivre les appellations des « pays », elle a exalté les
sentiments profonds dont est fait le
patriotisme.
Après la guerre, la crise présente
dicte, elle aussi, des leçons (i). Notre
économie a besoin d'être renouvelée
dans ses procédés ; notre budget demande des aménagements et des allégements ; on réclame de toutes parts
une réforme de l'Etat. Il n'est guère
de « plan » (le mot est à la mode),
qui ne fasse au régionalisme sa part,
quand il n'est pas tout entier fondé sur
la doctrine régionaliste et sur un départ
plus rationnel des attributions.
Ajoutons que, sous la pression des
circonstances, un véritable régionalisme
de fait s'est créé. Paris, depuis 191 h,
n'est plus la seule capitale de la France.
Autour de Lyon, de Grenoble, de Marseille, de Nantes, de Lille, de Bordeaux, de Toulouse, de Nancy, des
« régions économiques » se sont formées
dont les organismes entreprennent des
travaux en commun, établissent un régime bancaire, préparent les voies au
tourisme, s'outillent pour la production.
Ce rôle des centres régionaux ou capitales régionales avait été mis en lumière
par Foncin et par Vidal de la Blache.
« Centres d'attraction », dit le premier,
« et points de résistance, clous solidement plantés dans le sol national.
Attraction vis-à-vis des pays ; résistance
du côté de Paris. » Pour le second,
l'existence de ces centres est la « cheville ouvrière » de la création de la
région. Il y voit ces modalités d'ordre
supérieur
qui servent d'intermédiaire
entre la région qu'elles mettent en
œuvre et les marchés du dehors.
Un ministre régionaliste, M. Clémentel, en faisant jouer un article de la
loi sur les chambres de commerce, a
incité ces compagnies à se grouper
suivant leurs affinités : il a sanctionné
ces régions économiques virtuelles. Essai
seulement, à vrai dire, et comme tâtonnements : mais essai qui n'est pas sans
mérite et a donné déjà des résultats.
Si le cadre départemental est maintenu, des dispositions législatives,
un
peu timides encore, ont, du moins, per-

LA

BOURREE D'AUVERGNE

D'après un bois gravé de Maurice Busset.

mis ces ententes départementales qui
devraient, si elles étaient plus et mieux
pratiquées, nous mener tout droit et
presque sans secousses à la région administrative.
Dans un autre domaine, les Beaux-Arts
ont constitué des comités régionaux des
arts appliqués, afin de rendre à notre
industrie les utiles disciplines de la tradition artistique provinciale. On réglemente et l'on encourage l'artisanat. On
nous promet un beau Centre régional à
l'Exposition de 1987. L'enseignement
technique et professionnel connaît les
besoins de la région et tâche de s'y
adapter. Sans doute, il y a encore quelque confusion dans ces efforts ; mais
la vie n'est pas simple. Ce qui s'esquisse
devant nous, c'est bien un ordre nouveau.

Plus grave que la oonfusion dans les
faits, où il ne faut donc voir que la)
complexité et les ébauches frémissantes
de la vie, est la oonfusion dans les termes. Il est indéniable que l'on entend
différentes choses sous le même mot.
Si j'ai le loisir d'écrire un jour les
Petits mémoires d'un régionaliste, on
y verra par quelles considérations nous
avons été amenés à choisir ce vocable,
dont la fortune a dépassé toutes nos
espérances et que nous avons vu parfois
si bizarrement employé. « Décentralisation » paraissait plat et fatigué : c'était
un mot négatif, quand nous voulions
une action positive. « Provincialisme »
et « fédéralisme », pour des motifs différents, effrayaient un peu et prenaient
couleur politique. On tomba d'accord,
après de longs débats, sur « régionalisme », plus neuf et moins compromis. « Régionalisme » avait pour lui
son imprécision même, propre à recouvrir des conceptions diverses, à rallier
des adhésions ; il nous parut la « terre
commune », a dit Le Goffic. C'est un
mot d'attente.
Au vrai, il n'a guère que cette qualité.
Il est fait sur « région » : or, s'il y
a des régions naturelles, géographiques,
économiques, la région, telle que la
souhaitent les regionalistes, n'existe pas

I politiquement. Le ministre de l'Intérieur
I avait beau jeu à répondre, un jour, à
l'un de nos confrères qui l'interviewait :
« On parle toujours de régions. Mais
qu'est-ce qu'une région ? » Ses bureaux
ne connaissent encore que le département, moins avancés que les bureaux
des autres ministères.
On pourrait dire que, justement, le
mot indique le but que se proposent les
regionalistes : la création ou la reconnaissance de grandes régions françaises.
Niais, d'abord, dès qu'il s'agit Ai délimiter les régions futures, les difficultés
commencent et l'on s'aperçoit qu'il y
a au moins, en négligeant les nuances,
deux thèses différentes là-dessus. Poulies uns, la région a déjà son existence
dans la nature et dans l'histoire, elle
est, en gros, avec des rectifications de
frontières, l'ancienne «province». C'est
ce que répliqua, recrue inattendue.
M. de la Fourchardière à NI. Chautemps. Le département ? Nous ne connaissons pa». On est Poitevin. Itrcioii
ou Provençal. Les autres, sans méconnaître les réalités provinciales, demandent une division tout à fait nouvelle
de la France, où les éléments écono-&gt;
miques seront les plus importants. Point
de oongrès de nos Unions, de notre
Fédération, où les deux tendances ne
se soient affrontées.
D'autre part (outre que la réforme
administrative, loin d'être tout notre
programme, n'en est qu'un article), à
l'opposé de cette conception politique
du mot, il faut bien avouer que, pour
beaucoup de regionalistes, le régionalisme est un sentiment.
Ceux-là ne réclament nullement une
autre division
administrative
de la
France ; ils ne croient guère à sa possibilité ; ils y voient de graves inconvénients. Mais ils ont la révérence du
« génie du lieu » ; ils regrettent le
pittoresque évanoui ; ils jugent que les
particularités locales, langage, art, coutumes, ont leur prix et sont de précieuses composantes
du
patriotisme.
Nous les admirons, ces temps-ci, se
multipliant pour rénovier les fêtes, pour
maintenir les vieux costumes. Et ce
ne sont pas les regionalistes les moins
oonvaincus et les moins charmants. (Je
laisse volontairement de côté ceux qui
se proclament regionalistes parce que
c'est la mode : « Dans ma jeunesse ! »
disait Mistral, « il fallait être pénitent:
des gris, des bleus, des blancs ou des
noirs... »)
On voit la difficulté et l'embarras.
1 a-t-il donc plusieurs regionalismes ?
Je ne pense point. Quand nous traçons
des cadres distincts (régionalisme administratif, intellectuel ou sentimental,
économique), nous ne visons que la commodité de l'exposé et l'utilisation des
compétences. Tel n'entend rien à notre
droit administratif, qui peut savoir avec
goût oolliger de vieilles chansons. Du
droit et de vieilles chansons ? C'est donc
que tout peut entrer dans le régionalisme ? Non pas, et tout au contraire.
Le régionalisme peut s'appliquer à tous
les modes de l'activité nationale, voilà le
point : plutôt qu'un système, il esl
une méthode. Questions d'art, de littérature, d'enseignement, questions politiques, économiques ou sociales, le régionaliste, quand il en traite, introduit

toujours dans son étude le facteur « diversité ». A des conditions différentes
répondent des besoins différents ; à des
besoins différents, des solutions différentes. La France, dans son admirable
unité, présentant d'indéniables différences de races, de climats, de sol, de
cultures, de tempéraments, le régiona^
lisme met à sa base la connaissance et
le respect des diversités nationales.
Dès lors, on saisit à plein pourquoi
tous les regionalistes s'accordent sur un
programme négatif qui double le précédent : protestation contre une centralisation excessive, contre une ridicule
uniformité, contre un régime qui ne
lient aucun compte de ces différences.
Et l'on ne saisit pas moins bien pourquoi, la méthode pouvant s'appliquer
aux objets les plus divers, il peut sembler y avoir plusieurs regionalismes.
L'erreur consiste seulement, pour le
public et pour les regionalistes eux-mêmes, à ne voir qu'un régionalisme et à
rej44w?-'Ou à-ignorer, tout ce qui n'est
pas celui-là.
*
**
On ne me pousserait pas beaucoup
pour me l'aire dire que le régionalisme
est encore une philosophie.
Qu'est-ce,
philosophiquement,
que
donner à la notion de diversité, à la
« différenciation » cette place prépondérante ? C'est, d'abord, être un réaliste.
On n'adopte point impunément une telle
méthode : on ne se met point impunément en contact avec les diversités,
c'est-à-dire avec les réalités. Ce réaliste, ayant connu les diversités qui le
pressent, son milieu, ses ascendances, les
accepte. Vue profonde et qui mène loin,
que cette acceptation d'un déterminisme.
« Ne penses-tu pas, Sturel », fait dire
Barrés à Saint-Phlin, « qu'à nous-mêmes Mistral fournit une grande leçon
sur l'importance, pour notre bien-être
et pour la conservation de nos énergies
supérieures, d'accepter un ensemble dont
nous dépendions ? » Mais qui dit acceptation ne dit pas résignation ; ou, s'il
y a résignation, c'est une résignation
tout active. Un grand nombre de nos
contemporains, il y a quelques années,
se tenaient à l'écart du régionalisme,
pour y avoir vu, a priori, une doctrine
de stagnation, un anachronisme, une
négation du Progrès ! (Il convient d'écrire ce mot redoutable avec une majuscule). Or la philosophie régionaliste fait
bien des concepts fondamentaux de nos
ancêtres les assises de notre existence
présente, dans la mesure où les concepts
fondamentaux résultent de la nature
même des choses. Niais elle se réserve
de choisir dans le passé, d'en rejeter
ce qui est mort, et de modifier ces concepts, à son tour, dans la mesure où
les modifièrent déjà les ancêtres, dans
la mesure que fixent les lois naturelles.
Le Play, qui ne saurait passer pour
un révolutionnaire, parlait fort bien des
« bonnes traditions », des « traditions
bienfaisantes ». C'était dire qu'il en était
de plusieurs sen tes.
CHARLES-BRUN.

(A

suivre).

(1) Deux congrès de la Fédération régionalislc française ont étudié, l'un, « les
leçons de la guère », Faillite, « le régionalisme et la crise ».

�L'ALAUZA D'AUVERIN'IIA

4

FEDERATION RÉGIONAL!STE AUVERGNATE El VELLAVE
(CANTAL — HAUTE-LOIRE —

PUT-DE-D OME)

Littérature, Arts, Folklore, Défense des intérêts de.notre Région
NOTRE ACTION

LA GRANDE JOURNÉE
AUVERGNATE D'ISSOIRE
Ce il était pas sans raison que la ville
d'Issoire avait été choisie pour être le
théâtre d'une importante manifestation
régionaliste : son cadre charmant, son
passé, la réputation enviable que lui ont
faite l'urbanité de ses habitants, leur
bon goût, leur amour du sol natal, leur
attachement aux vieilles traditions, tout
était réuni pour la réussite d'une « Grande
Journée Auvergnate » pendant laquelle
devaient être évoquées des choses qui
nous sont chères.
Mais la bonne volonté des Issoiriens
n'était pas seule en jeu : leur éminent
maire, M. Albert Buisson, avait favorisé
de tout son pouvoir le projet qui lui
avait été soumis par la « Fédération
Régionaliste Auvergnate et Vellave » ;
le Conseil municipal et le Comité des
Fêtes s'étaient mis entièrement à la disposition des organisateurs. Le Comité
des Fêtes, en particulier, d'accord avec
son président, M. E. Bourbié, avait eu
la générosité de prendre à sa charge
l'aménagement de la Halle et de la
cour du Collège ; en outre, grâce à
la collaboration très obligeante de plusieurs de ses membres, MM. Lebard,
Thévenin et Costes, auxquels il est juste
d'ajouter notre ami, M. Pierre Duprat,
une organisation solide et minutieuse
avait été établie.
Une collaboration ardemment souhaitée, mais qui était infiniment plus difficile à obtenir, était celle... du soleil.
Elle nous fut refusée. Dès le matin du
a5 août, une pluie traîtresse se mit
à tomber, au grand regret de tous.
Cependant, à 9 heures, le rassemblement des délégations représentant la
« Fédération Régionaliste Auvergnate et
Vellave » s'opéra devant la gare. La
délégation vellave comprenait des membres de l'Ecole du bombardement, de
Craponne ; de YEcok de l'Arzon, de
Chomélix ; des Chevaliers de St-Hubert,
du Puy. Elle était conduite par M. Albert Boudon - Lashermes, Docteur en
Droit, président de l'Académie de Velay
et vice-président, pour la Haute-Loire,
de la « Fédération Régionaliste Auvergnate et Vellave ». M. Marius Gallien,
président de rEcole de l'Arzon, assistait
M. Boudon-Lashermes.
La délégation auvergnate comprenait
des groupes appartenant aux sociétés
suivantes : « Lo Covize » (Clermont) ;
« Chorale Canteloube » (Vic-le-Comte) ;
« Los Amies de Lezinhac » (SaintGermain-Lembron). Ces trois groupes
étaient conduits respectivement par M.
Henri Gilbert, organisateur de la Grande
Journée Auvergnate ; Mlle Andrée Berthier et Mme Elie Grange. Pour des
raisons toutes matérielles, « Lo Covize
de la Ribeira », de La Voûte-Chilhac,
n'avait pu participer à la fête.
Aussitôt, un cortège fort pittoresque
se forma, ayant en tête chabrette, vielle
et violon, et les couples costumés à l'ancienne mode de l'Auvergne et du Velay,
s'en furent à la mairie où les autorités
avaient fait servir un vin d'honneur.
M. Jules Dugnas, premier adjoint, reçut les délégations à la place de M. Albert Ruisson, empêché. Il leur fit un
accueil des plus aimables et leur souhaita la bienvenue en termes des plus
délicats. M. Albert Boudon-Lashermes,
n'ayant pu arriver à temps, fut remplacé au pied levé, par M. Henri Gilbert.
Ce dernier présenta les excuses de M. le
Conseiller Chazal, président de la Fédération Régionaliste Auvergnate et Vellave, qui, après avoir voulu assister à
la fête, s'était trouvé dans l'obligation
d'y renoncer à cause d'un empêchement
majeur. Il excusa également M. Boudon-Lashermes et remercia la Municipalité et la ville d'Issoire, si bien représentée par M. Jules Dugnas, de son accueil bienveillant et cordial.
En sortant de la mairie, le cortège se
dirigea vers l'église. Les vastes nefs
étaient déjà garnies. A l'Evangile, M.
l'abbé Bayssat, originaire d'Ardes-surCouze, prononça un sermon en dialecte.
Le distingué prédicateur, qui parle son

patois avec une assurance et une aisance parfaites, félicita les organisateurs
d'avoir eu la pensée de comprendre cette
cérémonie dans la fête régionaliste ;
puis il traita du respect des traditions
qui nous rattachent à nos ancêtres. Ses
auditeurs étaient visiblement heureux de
l'entendre et il fit sur eux une forte
impression.
Au sortir de l'église, on se rendit devant le monument aux morts. Mlle Descoms, de la délégation du Velay, y
déposa, au nom de la Fédération Régionaliste Auvergnate et Vellave, une belle
gerbe de fleurs.
A midi 3o, ce fut le banquet régionaliste à l'Hôtel Terminus. Plus de cent
convives y prirent part. M. Albert Buisson, maire d'Issoire, Grand-Officier de
la Légion d'honneur, présidait, ayant
autour de lui, à la table d'honneur :
MM. Boudon-Lashermes, président de
l'Académie de Velay, vice-président, pour
la Haute-Loire, de la Fédération R.
A. et V. ; Henri Gilbert, délégué général ; J. Dugnas .premier adjoint ; Lebard, Gaillard, Thévenin, conseillers municipaux ; Dumousseau, commissaire de
Police ; abbé Bayssat, Paupy, du Comité
du « Covize » ,etc.
Au moment des discours, M. BoudonLashermes présenta, en excellent dialecte vellave, les excuses de M. le conseiller Chazal, président de la Fédération
R. A. et V., porta la santé du Velay
et de l'Auvergne, tant de fois unis,
depuis Vercingétorix, et salua courtoisement en M. A. Buisson, l'historien
régionaliste. Il leva enfin son verre à
« l'Auvernha », genta et galharda, et
au Velay, son fraire de totjorn.
M. Henri Gilbert, en dialecte également, rappela la large contribution de
la ville d'Issoire à l'organisation de la
fête et souhaita le succès du mouvement
régionaliste dans la région d'Issoire.
« Auvernhais sem, Auvernhats volem
demorar 1 » conclut-il. Ces deux allocutions furent très applaudies.
Dès ses premiers mots, M. Albert
Buisson fit cette profession de foi :
« Je suis régionaliste ! » S'excusant ensuite de n'être pas assez familier avec
le dialecte local, il remercia les bons
artisans du régionalisme d'être venus
à Issoire. « Le régionalisme, dit-il, est
l'exaltation d'un passé très cher, le souvenir de traditions que nous avons tous
aimées et que nous continuons à chérir...
C'est dans l'amour du sol natal qu'on
trouve, dans les heures difficiles que
nous traversons, les sources de réconfort et d'espérance. » Après avoir souligné l'intérêt qu'il y avait de conserver
les dialectes locaux à côté de la langue
nationale, M. Albert Buisson termina
en émettant le vœu que la ville d'Issoire
soit, tous les ans, le siège de fêtes regionalistes et qu'elle devienne le siège
de la « Fédération Bégionaliste Auvergnate et Vellave ».
D'unanimes et chaudes acclamations
saluèrent ces paroles.
Le banquet avait fait grand honneur
au propriétaire de l'hôtel Terminus.
M. Bargheon, qui s'était appliqué à
donner aux convives, pour un réel prix
de faveur, un menu vraiment remarquablement composé et servi.
Mais le temps passait. On se remit
en cortège pour parcourir la partie de
la ville qui n'avait pas été visitée le
matin. Et ce fut, ensuite, dans la cour
du Collège, le Grand Covize. Cette
séance avait attiré, malgré le mauvais
temps, un nombreux public. Hélas !
l'exécution du programme fut contrariée
tout au long par la pluie. Les Issoiriens
firent un beau succès aux artistes qui
bravèrent le mauvais temps. On les en
récompensa en applaudissant, tour à
tour, chœurs, chants, danses et coules.
La place nous manque, malheureusement, pour les nommer.
L'obligation de terminer rapidement
fit supprimer la séance de publicité organisée en faveur des commerçants d'Issoire, ainsi que des écrivains de la région, par « L'Alauza d'Auvemha ». Les
beaux échantillons qui avaient été réunis
par M. Henri Gilbert ont été remis au
bureau provisoire de la société régionaliste d'Issoire.
Pendant le Grand Covize, un groupe
de charmantes jeunes filles d'Issoire,

dirigées avec un ordre impeccable par
Mlle Marcelle Verdier, avaient bien voulu se charger de vendre les insignes
ainsi que les programmes et le numéro
spécial de « L'Alauza d'Auvernha ».
Voici leurs noms : Mlles Gaillot, Chigros, Crégut, Mallet, Croizet, Simonin,
Arbon, Bibeyre, Gallo. Mlles Fouret et
Duvert avaient également secondé Mlle
Verdier. Que toutes soient remerciées.
Le programme de la journée comprenait également un concert en plein
air. Il fut donné, avec un complet succès, sur la Place de la Montagne, par la
Société Lyrique d'Issoire.
Quant aux délégations des sociétés
regionalistes de l'Auvergne et du Velav,
après les rafraîchissements offerts par
M. Albert Buisson, elles se rendirent, à
sept heures, au restaurant Etourneau où
tout avait été préparé pour bien les recevoir. On soupa gaiement.
La fête se termina par le grand bal
auvergnat qui eut heu sons la halle,
spécialement décorée à cet effet par les
soins du Comité des Fêtes. Une foule
de danseurs rythmèrent jusqu'au matin, au son de la vielle et du violon, nos
gracieuses danses régionales.
La Grande Journée Auvergnate d'Issoire ne sera pas sans lendemain, car
« nous recommencerons ! » ainsi que
l'a déclaré M. Albert Buisson.
Que tous ceux qui ont contribué au
succès de la fête du 25 août soient, en
attendant, sincèrement remerciés.
—*—
CLERMONT

« LO COVIZE »
Société

Régionaliste de

Clermont

« Lo Covize &gt;; a inauguré le 20 novembre ses réunions mensuelles de la
saison.
Dans son allocution, le président, M.
Henri Gilbert, résume l'œuvre du « Covize » pendant les vacances, fait part
des projets d'avenir et annonce la création, toute récente, du « Covize Dansaire », groupe de propagande régionaliste formé uniquement avec des éléments pris dans « Lo Covize », Mais
l'on ne s'attarde point. Après une brève
présentation, par le président, « Lo Covize dansaire », conduit par M. Marius Chapuis, son sympathique et habile
directeur de danse, fait une entrée des
plus originales. La noce auvergnate,
ayant en tête les ménétriers (MM. Besse et Fagheon), suivis du novi et de la
novia, déroule son gracieux cortège autour de la salle, puis exécute plusieurs
danses. On lui fait une ovation.
Un groupe de vingt élèves de Mlle
Andrée Berthier, professeur de musique
et de chant, lui succède et exécute un
chœur du maître Gémont. Le succès
de Mlle Berthier et de ses élèves est
très grand. A partir de ce moment, danses, contes en dialecte, vieilles chansons,
airs de violon se succèdent, à la joie de
tous.
« Lo Cov;:c dansaire » présente, sous
la direction de M. Chapuis, une série
de danses de son répertoire : polka
piquée, aiga de roza, la chabra, le pas
de loup, bourrée à trois, etc. Les contes
en dialecte dits par MM. Henri Gilbert
et Paupy dérident franchement l'assistance. Mme Lenormand, grippée, s'excuse de ne pouvoir dire celui qu'elle
avait préparé. Mme Chanson interprète
agréablement un chant d'autrefois. Mlle
A. Berthier et M. Perrinet chantent, en
duo : « En passant par le bois », etc.
NI. H. Armand accompagne sur le violon, puis il joue, avec Mlle Berthier,
deux beaux duos : Gavotte et Tambourin.
Toutes les parties de cet excellent
programme furent franchement applaudies. Les artistes qui y figuraient furent convenablement remerciés, en particulier les charmantes élèves de Mlle
Berthier : Mlles B eme Chassagnac,
Baymonde Dubost, Renée Papereux,
Ray-monde Sarradin, Suzanne Kojot ;
Madeleine et Jacqueline Batteix ; Odette
Andrieux ; Paule, Marguerite et Jeannine Théallier ; Lucette Vaissière, Pauletle Baile, Jeannine Girard, Raymonde
Bernard, Simone Sanitas, Gilberte Gourtadon ; Marcelle, Yvonne et Simone
Courtois.
Pour terminer le Covize, la salle fut
livrée aux assistants, qui en profitèrent
largement.

♦ LES ARTS

AURILLAC

♦

L'exposition d'été au Musée de Clermont

Le Salon Cantalien

Pour la 5e fois, le Musée de Clermont
a ouvert, le 3i juillet, son Exposition
d'été,_ sous la présidence de M. Demai,
premier adjoint, remplaçant M. PochetLagaye, maire, empêché.
On sait, en effet, que, depuis quelques années, le Musée de peinture
organise des manifestatioiis artistiques
destinées à montrer aux touristes, pendant la saison thermale, les productions
les plus caractéristiques de notre groupe
d'artistes regionalistes modernes, peintres, sculpteurs et graveurs.
Cette année, l'exposition a revêtu un
caractère particulièrement intéressant, du
fait de la collaboration apportée aux
organisateurs par la société des « Amis
du Musée », nouvellement créée sous
la présidence d'honneur de M. le Maire
de Clermont, de MM. Pierre de Nolhac,
Audollent, Desdevises du Dézert, et sous
la présidence effective de M. Maurice
Busset.
Indépendamment des œuvres des artistes connus et aimés du public clermontois, MM. Maurice Busset, Baoul Mabru,
François Baron, Charles Jaffeux, Jean
Chalut, père et fils, Joseph Blanc,
Mmes Dodel-Faure et Philips, MM. Mirguet, Franck Bail, André Jaffeux, Garmy, Gardet, Pierre Favier, Lavergne,
Cormier, un certain nombre d'artistes
parisiens des plus estimés ont bien voulu
accepter de prêter au Musée, pour la
durée de l'Exposition, quelques-unes de
leurs œuvres. Notons parmi ces invités :
MM. Didier-Pouget, Charreton, du Gardier, Guillonnet, Désiré Lucas, Montézin,
Mlle Marie Béol.
Déux toiles de l'orientaliste Marilhat,
« l7íí&gt;es d'Athènes », données au Musée
par M. de Nolhac, ainsi qu'un superbe
portrait de femme du 18e siècle, attribué
à l'école de Lancret et légué par Mme
Boyer-Fabre, ont été également exposés.
L'exposition, qui a eu un grand succès, a duré jusqu'au i5 octobre.

La XVIIe Exposition des Artistes
Cantaliens parait obtenir le succès de
ses précédentes à en juger, du moins,
par le nombre des visiteurs qu'on y
rencontre.
Cette heureuse et prospère Société,
qui vit sans histoires et que préside,
avec tant de tact et de dévouement, son
vénéré fondateur, le distingué paysagiste, M. Louis Capitaine, mérite donc
tout notre respect, toute notre sympathie
et tous nos encouragements pour sa
persévérance à nous faire admirer les
meilleures œuvres de nos artistes, en des
temps amers, pleins d'inquiétude, où les
acheteurs d'œuvres d'art se font de
plus en plus rares.
Cette exposition a lieu, comme d'habitude, à la Salle des Fêtes où sont
entassés plus de 320 envois. Elle est
donc très importantle et vaut assurément ses précédentes, malgré quelques
absences regrettables,
comme celles
d'Emile Rollier, le peintre de l'Artlense, de Charles Mourech, de Grodidier de Mathon, etc.
Elle offre une agréable et chantante
symphonie de couleurs où revivent nos
ciels, nos eaux, nos fleurs, la fraîcheur
do nos sous-bois et le visage tourmenté
de nos vieilles pierres. Les écoles ultra
modernes, futuristes, cubistes, synchromlistes et tant d'autres mots puérils en
isme, n'ont pas encore rompu son équilibre harmonieux, et nos artistes restent flidèles aux éternelles vérités.
En suivant l'ordre du catalogue pour
lies peintures à l'huile, et non celui de
Leur disposition au Salon, signalons
d'abord un peintre d'un beau talent,
habiile dans son métier, Lucien Bleyfus,
qui a des attaches dans notre pays et
qui a été séduit par Iss paysages d'Auvergne. Ses deux vues de Laroquebrou
sous une intense lumière, nous révèlent
toute l'ampleur et la technique de ce
peintre. On peut dire la même chose
de ses divers envois, parmi lesquels on
remarque un vieux Four, et, surtout,
un Effet de neige très beau et très
juste.
Robert Brondel expose plusieurs paysages appréciables, notamment les Gorges de la Jordanne, Le Lioran et un
curieux Vieux pont de St-Simon. Nous
retrouvons cet artiste aux aquarelles,
où il expose quelques œuvres d'une
réelle oompréhens;:on de la nature. Sa
Vỳsille chaumière près Mandailles, ses
Rochers près de Lestrade sont des plus
agréables à voir.
Dans le compte rendu d'un Salon
antérieur, nous disions notamment que
Maurice Busset était un coloriste merveilleux, qu'il semblait beaucoup attendre de la couleur, et qu'il faisait songer
à quelque grand visionnaire, ou plutôt
à quelque fruste imagier du temps
passé. Nous n'avons pas à revenir sur
ce jugement. Busset restera toujours oe
qu'il fut dès qu'il commença de peindre. Certes, son desîin est ferme, vigoureux et grand, mais ce qui enchante,
chez lui, c'est la oouleur, c'est la richesse
de sa palette. Son Marché en BasseAuvergne et sa Procession d'Orâival
sont deux œuvres pleines de mouvement, la vie y déborde du cadre. Nous
avons longuement admiré son Lac
Chambon sous les premiers rayons du
soleil, qui tombent sur les eaux comme
une pluie d'or en découvrant de féeriques lointains parmi la brume matinale
qui s'évapore. Son Soleil couchant sur
la montagne est de la même qualité.
Le Salon Cantalien contient six peintures de Busset. On peut préférer telle
à telle autre de ses œuvres : elles sont
toutes d'un art supérieur, d'un créateur.
Le sympathique et dévoué président
de la Société, Louis Capitaine, expose
onze peintures. Plusieurs ne nous étaient
pas inconnues, mais comme toutes les
belles choses, on les revoit avec plaisir,
on y retrouve toujours le même charme
prenant. Nous citerons de ce pur artiste:
Sur Us Crêtes, toile particulièrement
admirée et qui doit aller au Musée
d'Aurillac ; Vers la Maronne, Effets du
couchant, œuvres très personnelles, harmonieuses et pleines de tonalités bucoliques. Là, rien de heurté, de hâté, de
tourmenté, mais une atmosphère paisible, lumineuse qui enchante par sa
fraîcheur et sa sérénité.

—♦♦—
L'exposition Malvezin.
Au début de l'été, notre sociétaire et
ami, M. Léon Dumas, 4g. rue Blatin, à
Clermont, a eu l'heureuse idée de transformer ses galeries artistiques en Salon
permanent.
C'est là que l'excellent artiste Emile
Malvezin a exposé, en septembre dernier,
un ensemble important de ses œuvres.
M. Malvezin, originaire du Cantal, est
un modeste et un silencieux. Mais ses
beaux travaux parlent pour lui. On
y admire une observation pénétrante, un
sens profond de la nature, et, même,
lorsque le sujet le comporte, un dessin
plein d'humour. Tout cela fait de notre
aimable compatriote un artiste au talent
vraiment original et bien personnel.
M. Malvezin s'est, d'ailleurs, fait connaître hors d'Auvergne par des expositions dont on trouvé des comptes rendus
fort élogieux dans « Le Républicain du
Gard », « Le Petit Provençal », « Les
Artistes d'Aujourd'hui », « La Revue
Moderne », etc.
Ment: onnons quelques-unes des œuvres que nous avons remarquées au
Salon de la rue Blatin : Blot, la Place ;
Martigues, Eglise de la Madeleine ; Le
Broc, la Fontaine ; Neige au bois des
Charmes (aquarelles) ; Vieilles maisons
à Chaudesaigues ; Têtes de chiens (sépias) ; Beffroi de Besse ; Mendiante
espagnole ; Royal, vieille rue (fusains) ;
plusieurs Nus (sanguines).
Nous aurons bientôt l'occasion de
reparler d eM. Malvezin, car il prépare,
pour le printemps prochain, une exposition qui ne comprendra que des aspects
du Clermont pittoresque.
H. G.
— Exposition F. Baron et J. Blanc.
— Du 16 au 3o novembre a eu lieu,
dans la salle du Musée de Clermont,
unie exposition d'œuvres des peintres
François Baron, vice-président du « Covize », et Joseph Blanc. Beaucoup de
nos sociétaires se sont intéressés à cette
exposition. Nous en donnerons un compte-rendu.

Voir en quatrième page nos maisons
recommandées.

Etienne

Nous prions nos lec-

teurs de leur réserver leurs commandes.

(A suivre).

MARCENAC.

�L'ALAUZA D'AUVERNHA

l'A

tSOLRRÉE,

RÉGION

DE

TRIZAC (Cantal).

partements ou des communes, c'est faire
à es actes que La co.iscienoa et la morale
condamnent.
Nous rapprochons de la disposition
de la Coutume relative aux ventes ferrées pour cause d'utilité publique, une
autre disposition, d'après laquelle l'au'.orité municipale avait le droit, lorsqu'un incendie éclatait dans la ville, de
faire la part du feu. C'était là une sorte
d'expropriation dans l'intérêt de tous.
Une indemnité, déterminée par le conseil, était due, en principe, aux propriétaires dont les maisons avaient été abattues. Cette indemnité n'était accordée
cependant que lorsque le feu avait été
arrêté. S'il avait passé outre, nonobstant
la mesure de précaution qui avait été
prise, on supposait avec raison que les
maisons démolies par l'ordre des consuls, auraient été inévitablement dévorées par les flammes, qu'elles auraient
péri en un mot par force majeure,
et l'on décidait, par conséquent, alors,
que les propriétaires n'étaient point fondés dans leurs réclamations.
A.

Peinture 0,65 x 0,50, par G. Millange, appartient á M. Juillard, à, Lachamp, Le Monteil (Canlal).

LAGRÈZE-FOSSAT,

(A suivre)

3

SAINT-JULIEN-DES-CHAZES
Je me suis reposée à l'ombre enveloppante
De tes moûts escarpés et feuillus à la fois ;
J ai regardé oouler, sinueuse et rampante,
La rivière insensible aux échos de ma voix,
Poursuivant son chemin entre les berges d'ombre.
Sur des lits caillouteux qu'irise le soleil,
Le goujon va dormir... Le soir, à l'heure sombre,
Ton calme est pour mon âme à l'Infini pareil.
11 semble que tes pins, tes noyers et tes frênes
Veuillent à mes regards limiter l'horizon ;
Comme si mes esprits, plus féconds que des graines,
Par de nouveaux émois te faisaient trahison.
Mais non ! Tu m'as donné le choc impérissable
Que les lieux famLiers donnent au cœur humain ;
Jusque dans la douceur du Rêve insaisissable,
J'ai pu t'associer au vague lendemain.
Avec toi, j'ai cru voir le
Sur une même route et
Marchant le front serein
Gomme autrefois j'allais

ciel de mon enfance,
d'un pas moins léger,
sans haine et sans défense,
dans l'enclos du verger.

DANSES REGIONALES
« L'Alauza d'Auvernha » avait inséré,
dans son numéro de juin-juillet, le référendum lancé par « Les Archives internationales de la danse », en invitant ses
lecteurs à y répondre.
Voici la courte réponse que nous a
adressée le peintre cantalien G. Millange :
« Parmi mes compositions se trouve
un tableau dont le sujet m'a été directement inspiré par mes souvenirs de
jeunesse.
«Dans mon jeune âge, vers 1889-1890,
nous dansions, mes camarades et moi,
dans les fermes et dans les prairies de
montagnes notre gracieuse bourrée, et
cela pieds nus.

DOCUMENTS

LA

HISTORIQUES

COUTUME D'AUVILLAR
(Suite)

TITRE VI
Des achats et ventes.
Les articles qui se rapportent au
contrat de vente sont peu nombreux.
Soit dans la ville, soit dans ses dépendances, il était permis à tout habitanit
de faire annoncer la vente d'un immeuble par le crieur public de la communauté, mais il était de rigueur que
les criées fussent autorisées par le bayle
et les consuls.
Les criées devaient avoir lieu trois
fois et pendant trois dimanches consécutifs lorsque la vente avait pour objet
une succession ' ou une partie de succession. Celui qui avait offert le prix le
plus élevé pendant les criées était déclaré adjudicataire. Si des offres plus
avantageuses étaient faites après les
criées, les biens étaient cependant adjugés à celui qui avait fait ces offres,
lis étaient adjugés aussi, et pour le
même motif, au plus offrant avant les
criées, si aucun enchérisseur ne s'était
présenté pendant lesdites criées.
Les contestations sur la propriété do
la chose mise en vente étaient jugées
sommairement et sans appel par les
consuls. Ces magistrats étaient saisis
du différend par une requête de l'une
des parties, et la vidaient, sans autre
formalité, après avoir entendu des témoins et apprécié les titres invoqués
par les plaideurs.
Si la contestation surgissait après la
vente, celui qui réclamait la propriété
de la chose vendue était admis à prouver
que cette chose lui appartenait. Cette
preuve faite, il pouvait, ou rembo'urseir
le prix de la chose à l'acheteur et s'en
saisir aussitôt, ou^ bien la laisser provisoirement entre les mains dudit acheteur. Lorsqu'il prenait ce dernier parti,
l'acheteur était tenu de fournir caution,
ou, s'il ne le pouvait pas, de prouver
qu'il avait réellement acheté la chose
qui venait d'être revendiquée.
Cette dernière disposition, qui s'appliquait pareillement au cas où la chose
contestée avait été donnée en gage, servait surtout de règle dans les procès sur
les ventes qui n'avaient pas été faites
publiquement ou qui avaient eu des
immeubles pour objet : en effet, toutes

« J'ai toujours gardé un souvenir
attendri de cette heureuse époque de
ma vie : aussi, me suis-je appliqué à
le fixer sur la toile.
« Bien entendu, je ne me suis inspiré
d'aucune imitation. Je me suis attaché,
au contraire, à redonner la vie à une
scène vécue.
« Je vous envoie une photographie de
mon tableau en vous demandant de vouloir bien la reproduire. »
Nous remercions M. Millange de son
envoi. Sa réponse sera transmise aux
« Archives internationales de la danse ».
On a vu, ci-dessus, la reproduction du
tableau « Bourrée ».

les fois qu'un différend s'élevait sur la
propriété d'une chose meuble, achetée
publiquement, dans une rue ou sur une
place, un jour de foire, de marché,
ou tout autre jour, le propriétaire de
ladite chose était forcé, s'il voulait être
remis en possession, qu'il fût étranger
à la ville ou non, d'en rembourser le
prix à l'acheteur, aussitôt que celui-ci
avait affirmé, par serment, qu'il n'exagérait pas sa demande.
TITRE VII
Des ventes forcées
pour cause d'utilité publique.
L'acquisition de la propriété avait heu
par ces sortes de ventes, comme de nos
jours par l'expropriation pour cause
d'utilité publique.
Lorsque les consuls reconnaissaient
qu'il était utile, tant dans l'intérêt de
la communauté que dans l'intérêt du
seigneur, que certains travaux fussent
exécutés dans la ville ou dans ses dépendances, par exemple, qu'il convenait
d'apporter des changements à l'état des
places, des rues, des chemins, en les
élargissant, les redressant ou les rétrécissant, ils devaient, d'abord, déclarer
Futilité publique des travaux à faire.
Après cette déclaration, et lorsque les
prud'hommes (le conseil) réunis aux
consuls avaient délibéré qu'il serait donné suite au projet qui leur était soumis,
les habitants qui possédaient des terrains, bâtis ou non bâtis, devant être
supprimés, des emplacements, des maisons, des vignes, des jardins ou d'autres
immeubles, étaient tenus de les vendre
à la ville et de s'en dessaisir en sa fa&gt;veur, pour le prix fixé d'avance par les
consuls ; et, s'ils refusaient d'accepter
ce prix et de livrer les immeubles nécessaires à l'exécution des travaux projetés, le seigneur et les consuls pouvaient
et devaient les y contraindre.
En matière d'expropriation pour cause
d'utilité publique, le seigneur et les
consuls étaient donc tout à la fois juges
et partie, et il n'était pas admis qu'une
indemnité dût être allouée au propriétaire en sus de la valeur vénale de
l'objet exproprié. La loi qui nous régit
aujourd'hui est plus morale et offre
beaucoup plus de garantie aux
citoyens ; mais, malheureusement, le jury
qui est appelé à fixer les indemnités
ne se préoccupe pas assez des devoirs
qui lui sont imposés et oublie, trop
souvent, que favoriser des intérêts ^particuliers au détriment de l'Etat, des dé-

Document affiché à Craponne
en 1616
De l'authorilé de Monseigneur
et du Command1 de la justice
Selon la remonstrance à nous faicte
par les consuls de la présente ville de
ce que l'abondance et multiplication du
vin estant notoire et un checung soit
en Auvergne, au Rivaige qu'au Lyonnois, les muletiers estrangers ne le vendant que douze ou treize sols le pot de
vin blanc nouveau d'Auvergne et dix-huit
sols le vin de Rivaige, ce néanmoins
les hostels et cabaretiers de ceste dicte
ville se dispansent de vendre en destail
quatre sols la quarte de vin d'Auvergne
et cinq sols celly de Rivaige que revient
le pot de Rivaige quarante sols et celluy
d'Auvergne trente sols. Occasion de quoy
lesd. consuls nous ont requis comme
règlement à l'article excessive et licence désordonnée prinse par lesd. hostes et cabaretiers et ouy sur ce le
procureur d'office après avoir prins
l'attestation du courtier lequel moyennant serement par luy presté a attesté
et affirmé le vin blanc d'Auvergne se
vendre le pot treize à quatorze sols et
le vin de Rivaige dix-huit à dix-neuf
sols.
Nous avons ordonné estre faict inhibition et défiance à tous hostes et
cabaretiers et autres occulant vin en
destail de ceste dicte ville de ne vendre
la pinte de vin vieux de Rivaige plus
haut de cinq sols ; celle du vin vieux
d'Auvergne et Lyonnois quatre sols, celle
du vin nouveau de Rivaige quatre sols
et pour le vin nouveau d'Auvergne trois
sols à peyne de dix livres d'amende
contre chacung des contrevenants pour
la i10 fois moytié envers le procureur
et l'austre envers le dénonçant et pour
la cieconde de punition corporelle et
affin que aulcuns n'en prétende cause
d'ignorance ordonnons que à la diligenoe
dud. procureur les présentes seront signiffiées à chacung desd. hostes en
particulier et après affichées au pillory
de la place publique.
Donné à Craponne le vingt septiesme
octobre mil six cent seize.
Valentin, juge
Appert, acte
Ardailhon, greffier
Nota. — L'exemplaire sur lequel a
été faite cette copie est celui-là même
qui Tut affiché au pilori de la place
publique. — Aux 4 angles, on voit
encore la poix qui servit à le fixer.
(« Gazette d'Auvergne », i3 et i4 février 1888). — Fonds Paul Leblanc.
(Ce document nous- a été communiqué par notre excellent collaborateur,
Pierre Mamet).

PROVERBES
Jamais chat miaulaire
Saguet bon chassaire.

CONTES

DE

LA

LUNEIRA

Contes en langue d'oc avec une traduction française ; notes étymologiques ;
indications détaillées pour la lecture du
texte.
Prix : 25 fr., chez l'auteur et dans
deux librairies seulement : « Avenir »,
Delaunay.

J'ai vécu simplement, sauvage et primitive,
Laissant mon conscient sans problème et sans loi ;
Interrogeant du vent la musique plaintive,
J'ai reçu ses accents comme un prêtre sa foi.
A tes vieilles maisons j'ai prêté des idylles :
La jouvencelle d'Oc au bras du jouvenceau
Patoisant leurs aveux en des discours futiles,
Sous la treille anoestrale au complaisant berceau.
Sur le chemin pierreux qui mène à ton église,
J'ai revu l'Auvergnat dans ses atours d'antan,
Montant vers la prière au côté de sa Lise,
Malgré neige et frimas, pluie ou soleil ardent...
Dans la miche encor chaude, a souhait croustillante,
J'ai goûté la saveur du champêtre pain bis,
Et, souvent, accoudée à la table accueillante,
Dégusté le vin clair aux reflets de rubis.
J'ai vu tes ciels bleuir de l'azur d'Italie,
Admiré le couchant de sa gloire empourpré,
Suivi la chèvre agile et ri de sa folie,
Lorsqu'elle abandonnait le chien à travers pré.
J'ai dormi des sommeils bercés du bruit des sources
En des draps enrichis de dentelle au fuseau,
En rêvant d'accomplir d'interminables courses
D'un envol plus léger que celui d'un oiseau...

Je
Et
De
Et

te quitte à regret, au milieu de septembre,
je ne verrai pas l'automne m'éblouir
tons jaunes et roux mêlés de pâleurs d'ambre,
dans les verts mourants l'été s'évanouir.

Mais je te reviendrai chaque saison plus tienne,
Ma tendresse et mes yeux accoutumés à toi,
Rustique et beau pays à l'allure ancienne
Qui recèles du Rêve au bord de chaque toit !
(Septembre 193 5).

Blanche

BOZIÈS-LAVERGNE.

LANGUE D'OC

PEL MIT A N DELS PLUS BEL3
(Dialecte du Rouergue)

Jol clar solelh d'agost, negat de cants d'auzels,
Voli, quant partirai, una bella natura
Per que lo blat, sus io, se cline quant madura :
Vóli tombar pel miech del plus rozel !
Voli que tots los grelhs, per una nech escura,
Quant los àngels vendran portar mon ama al cel,
Canton, per me bressar, lor planh mais brabonel :
Vóli tombar dins lor canson tant pura !
Dinc un cant de claron, lo cap mitat trencat,
Quant mon sanc, de mon sen, pel sól aura secat,
Vóli tombar del plus bel cóp d'espaza !
Vóli, quant partirai, morir lo rire als elhs,
Et, facia a l'enemic, chagut dins l'herba raza,
Vóli tombar pel mitan dels plus bels !
P.

MlREMONT.

(Tirat de « Jos lo Casque », per pareisser)

Vocabulaire. — Jol, pour jos lo, sous le... — Miech, milieu. — Grelh,
grillon. — Nech, nuit. — Bressar, bercer. — Planh, plainte. —■ Brabonel ou
bravonel, joli. — Cap, tête. — Trencat, tranché. — Espaza, épée. — Elh,
œil. — Chagut, chu, tombé.

�L'ALAUZA D'AUVERNHA
ISSOIRE

Séance de publicité en faveur
des produits d'Auvergne

Couvertures, Spécialité de Vêtements
de travail et corporatifs. Fournitures
pour Hôtels, Pensions, Hôpitaux, Ecoles. Bemise aux abonnés de L'Alauza
d'Auvernha.

ECRIVAINS

M. Albert Buisson, maire d'Issoire,
correspondant de l'Institut : Le Chanceler Duprat, ti exemplaires.
M. Henri Gilbert, lauréat des Grands
Jeaux Floraux : La Covizada, i exemplaire ; Contes de la Luneira, i ex.
INDUSTRIELS

ET

COMMERÇANTS

M. Vessely,
Librairie - Imprimerie,
Issoire : Récits d'un touriste auvergnat,
par Bielawsky.
M. Escaravage, Librairie-PapeterieImprimerie, rue Gambetta, près de l'église et du Collège, Issoire : 100 Certes
de visite et enveloppes.

M. Antoine Chabrolles, Chapellerie,
Modes, en face la Halle, Issoire :
1 chapeau de dame ; 1 casquette Elina.

Mme veuve Quiquandon, Fers et Quincaillerie, i, bis, Boulevard de la Manlière, Issoire : 1 marmite auvergnate.
MM. Lacourbas, Père et Fils, Manufacture de Poterie et de Grès, Route
de St-Germain, Issoire : 5 poteries de
différents modèles créés par la Maison.
M. Bargheon, Hôtel Terminus, Issoire : 2 bouteilles de chanlurgue.
M. Henri Goudert, Horticulteur, rue
du Ponteil, Issoire : 1 plante avec vannerie.

M. Etourneau, Brasserie des Tilleuls,
Place d'Espagne, Issoire : 2 bouteilles
de lanelle, vieux (vin de Perrier) ;
1 bouteille de mousseux.

Mme Jarleton-Barrere, Place de la
Poste, Issoire : 1 Souvenir d'Auvergne.
M. Norbert Chassaing, Pâtisserie,
Confiserie, Salon de Thé, Chocolats de
la Maison, 5, Boulevard de la Manlière,
Issoire.
Nous prions nos abonnés de vouloir
bien s'adresser, de préférence, pour
leurs commandes, aux maisons dont
nous donnons, ci-dessus, les adresses.

Le 5

Salon du Centre
à Clermont

NOS AMIS
M. Albert

BUISSON

Membre de VAcadémie
des Sciences Morales et Politiques

M. Albert Buisson a été élu, le n
janvier, membre titulaire de l'Académie
des Sciences Morales et Politiques, à la
place laissée vacante par le décès de
M. Lyon-Caen.
Né en 1881, à Issoire, M. Albert Buisson est docteur de l'Université et docteur
en droit. Pendant la guerre, il fit vaillamment son devoir et fut atteint par
les gaz asphyxiants. U reçut son premier grade dans la Légion d'honneur
dont il est, aujourd'hui, Grand-Officior.
Ancien président du Tribunal de Commerce de la Seine, M. Albert Buisson
est maire d'Issoire et vice-président du
Conseil général du Puy-de-Dôme. Chargé de diverses missions officielles, il
fut, notamment, délégué, en 1924, à
la Conférence internationale de Londres, et à la S. D. N., en 1928.
M. Albert Buisson est l'auteur de
nombreux ouvrages parmi lesquels plusieurs ont été couronnés par l'Académie
des Sciences ou par l'Académie de Médecine. Son dernier livre, préfacé par
M. Germain Martin, est consacré au
Chancelier Duprat.
Tous les régionalistes auvergnats et
vellaves se féliciteront de la haute distinction qui a été attribuée à l'un des
leurs.

MAISONS RECOMMANDÉES
(Abonnés)

Aux GALERIES OUVRIÈRES
^Charles NOIR, 12-1A, rue du Port,
Clermont. — Blanc, Toiles, Literie,

Cette rubrique sera, cette fois, hélas ! particulièrement longue.
Le 4 décembre ont eu lieu, à Brassac, les obsèques de Mme Marie Lebourg, née Jallat. Une très nombreuse
assistance avait tenu à montrer sa sympathie autant à la défunte qu'à la famille, en prenant part à la cérémonie.
Le deuil était conduit par M. Lebourg,
son époux ; M. Gauthier-Jallat, M. Jallat, et Mlle Jeanne Lebourg, sa fille ;
Mme Gauthier-Jallat et Mile Jallat.
— Le 23 décembre, en l'église SaintPaul, à Issoire, ont eu lieu les obsèques
de Aime veuve Emile Pagenel, âgée de
78 ans, mère de M. Joseph Pagenel,
Juge d'Instruction au Tribunal de la
Seine, Conseiller du « Covize d'Auvernha ».
Un imposant cortège d'amis assistaient, dans cette douloureuse épreuve,
M. et Mme Joseph Pagenel, ainsi que
Mlles Emilienne et Yvonne Pagenel.
— M. Etienne Dousset, Commis Principal de l'Enregistrement, est décédé,
à l'âge de 57 ans, à Montluçon. Ses
obsèques avaient lieu le 7 janvier, au
milieu d'une affluenoe considérable de
parents et d'amis.
M. Etienne Dousset était le frère de
MM. Emile Dousset, président de la
Chambre de Commerce de Clermont,
Conseiller général, et de M. Octave
Dousset, imprimeur à Paris.
— Après avoir relaté l'élection de
M. Albert Buisson à une des hautes
Académies qui forment l'Institut, il nous
est pénible d'annoncer le décès, survenu
à Issoire, de sa mère, Mme veuve Buisson.
A tous nos amis en deuil et à leurs
familles, nous offrons nos condoléances
attristées.

Légion d'honneur.

Nous avons appris avec le plus grand
plaisir que M. Accassat, propriétaire des
« Semences garanties Mizoule », grand
mutilé de guerre, a été promu chevalier
de la Légion d'honneur.
Notre ami était déjà titulaire de la
Médaille militaire et de la Croix de
guerre avec palme.
Nous lui adressons nos bien vives félicitations.

Le Salon du Centre, salon d'hiver,
a, suivant une tradition maintenant so*
**
lide, ouvert ses portes du i5 décemUn autre Vellave, notre cher ami Gabre au i5 janvier dans la salle d'exposition de l'Ecole des Beaux-Arts de briel Moiselet, le peintre de grand taCl ermont-F errand.
lent à qui sont dues de belles œuvres
Il groupait, avec un éclectisme loua- comme « Le retour des champs », « La
ble, les originaires, les sympathisants et femme au coussin », a été promu cheles déracinés du Plateau Central.
valier de la Légion d'honneur par le
Tous artistes apportant une pierre à ministère des Beaux-Arts. Nous nous
l'édifice d'Art du Centre y trouvent ! réjouissons tout particulièrement de voir
place honorable.
enfin récompensé le grand mérite de
Salon de diffusion d'art, où se trouve Gabriel Moiselet et nous lui adressons
une section importante d'Art appliqué. nos plus affectueuses félicitations.
Salon d'aide aux artistes : le produit
Ajoutons que Gabriel Moiselet exdes entrées étant essentiellement em- pose, chez M. Dumas, 4g, rue Blaployé, par voie de tirage au sort, en tin, à Clermont, une série de tableaux
achat d'œuvres exposées.
dont nous reparlerons. Nous recommanNous en reparlerons.
dons cette exposition aux régionalistes,
et, surtout, aux membres du « Covize » et de l'Amicale de la HauteLoire.
URBANISME
Beaucoup de petites villes pourraient
prendre exemple sur la coquette cité de
Lezoux qui a su accomplir d'heureuses
réalisations, sous le rapport de l'urbanisme. Pour couronner tous ces utiles travaux, la municipalité a fait élever, sur
l'emplacement des antiques halles, une
Maison du Peuple qui fait grandement
honneur à l'architecte qui en a dressé
les plans, AI. Rabany.
La salle des fêles de l'édifice occupe tout
le premier étage. Non seulement elle est
une des plus spacieuses de notre région,
mais encore elle a un aménagement remarquable. La décoration d'une inspiration charmante, a été exécutée par les
deux remarquables artistes locaux, nos
amis MM. Jean Chalut, père et fils, sociétaires des Artistes français et membres
d'un de nos groupements regionalistes.
Nous sommes heureux de les féliciter et de
signaler leur belle œuvre à tous nos adhérents.
Le distingué maire de Lezoux, M. Moulin, et la Municipalité font, en embellissant leur aimable cité, du meilleur régionalisme.

NÉCROLOGIE

Naissances

Nous avons été heureux d'apprendre
la naissance de :
Jean-Louis, fils de M. Gabriel Sauvât
et Madame, née Soubricr (fille de
M. l'Intendant Charles Soubrier, conseiller du « Covize ») ;
Claude-Gabrielle-Micheline, fille de
M. Alfred Lavergne, artiste-peintre, trésorier du « Covize d'Auvemha », à Paris, et de Madame (née Blanche Roziès, femme de Lettres, secrétaire du
« Covize d'Auvemha »).
Claude-Edouard, fils de M. Pierre
Dugnat, huissier-audiencier près le Tribunal de Clermont, conseiller du « Covize », et de Madame.
Nos félicitations et nos vœux.
Nomination

Nous avons appris avec beaucoup de
plaisir qu'uni autre événement heureux
est arrivé dans la famille de M. l'Intendant Soubrier : M. Jean Soubrier,
son fils, sorti n° 3 de l'Eoole spéciale
militaire de St-Cyr, a été affecté, comme
sous-lieutenant, au 26e Régiment d'Infanterie, à Nancy.
Nos nouvelles et bien sincères félicitations à Madame et à M. l'Intendant
Soubrier, ainsi qu'au jeune et distingué
officier.

LIVRE BEÇU. — Hurlande aux
par Léon Gerbe. Edité par « Les
Feuillets bleus », i, Avenue Gambetta,
Paris.
Nota. — Prière d'envoyer, dorénavant, livres et journaux à M. Henri
Gilbert, 7, rue Serret, Clermont-Fd.

LISEZ LES LIVRES

loups,

DES ÉCRIVAINS REGIONALISTES

Henri Pourrai, La Cité
Gandiihon Gens-d'Armes,

Perdue.
Poèmes Ar-

vernes.

Henri Gilbert, La Covizada, Contes
de la Luneira (Illustrations de Gabriel
Moiselet), Contes de l'Aze (chacun de

Lisez

LA REGION DU CENTRE

organe mensuel

ces contes est publié en fascicule sous
couverture illustrée par Gabriel Moiselet.
Prix : 2 fr. ou 2 fr. 5o ; envoi franco).
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Louis Farges, Ma Terre.
Emile Dousset, Poèmes.
Auguste Casati, Une statue

LEÇONS de Musique et de
Chant. — Mlle Andrée Berthier, 17,

de saint
Jacques de Compostelle à l'église SaintJulien de Brioude.
Albert Boudon-Lashermes, Les Origines de la Cité d'Anis ; La vie d'autrefois au Puy-en-Velay.
Casimir Chaoornac, Aliscans.
Colonel Pessemesse, Les Mines d'Auvergne pendant la Révolution.
Pierre Mamet, Chaliergue et eaux
pendantes, Le Pont de la Bajasse, César
en Velay, Pistes de moines.
Maurice Busset, Gergovia, La technique du bois gravé.
Amélie Murât, Le Livre de Poésie,
Le Rosaire de Jeanne.

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REMERCIEMENTS
Nous devons signaler à tous nos adhérents qu'une subvention de 200 francs,
destinée à aider à solder les frais d'organisation de la Grande Journée Auvergnate du 2 5 août, a été accordée par
la Chambre de Commerce de ClermontIssoire.
Au nom de la Fédération Régionaliste
Auvergnate et Vellave, nous remercions
la Chambre de Commerce et son aimable
et très distingué président de l'intérêt
qu'ils portent à l'œuvre régionaliste.

Les Bonnes JVLai£or)£
ÉLECTRICITÉ ^

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A NOS ABONNÉS
Ce numéro, qui avait été préparé en
temps voulu, a, cependant, beaucoup de
retard. Nous nous en excusons auprès
de nos abonnés. Il a été nécessaire de
tenir compte des conseils de prudence
que nous a donnés notre imprimeur.
En effet, les deux dernières factures
n'étaient pas réglées et il restait beaucoup d'abonnements en retard à recouvrer. « L'Alauza d'Auvemha » reprendra
sa marche normale. Mais nous prions
nos amis de vouloir bien renouveler
exactement leur abonnement à la date
voulue, car la facture de chaque numéro doit être réglée à l'imprimerie
avant la composition du numéro suivant. Le retard, dans le payement, d'un
certain nombre d'abonnés entraîne donc
automatiquement un retard dans la publication d'un numéro.
Afin que cet inconvénient ne se produise point et que chacun soit averti,
l'administrateur enverra une facture qui
indiquera qu'il est, temps de régler son
abonnement.
Nous sommes sûrs que nos amis ne
nous tiendront point rigueur du retard
passé. D'ailleurs, on étudiera le moyen
de donner une compensation à nos fidèles abonnés. Pour les commerçants,
nous insérerons, s'ils le désirent, une annonce, de 4 lignes au plus, dont ils
voudront bien nous envoyer, le plus
tôt possible, le libellé.

AU

L'inauguration de la statue du Maréchal Fayolle, enfant du Velay, a eu lieu
à Paris, le 19 octobre.
Ce monument s'élève Place Vauban,
à quelques pas des Invalides.
M. Albert Lebrun, président de la
République, présidait la cérémonie. Des
discours ont été prononcés par MM. le
Maréchal Pétain, Jean Chiappe et Villey.
Les honneurs ont été rendus par les
troupes de la garnison de Paris.

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domicile
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Envoyer ce bulletin en y joignant un chèque-postal à M.
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              <text>L'Alauza d'Auvernha : organe mensuel de la Fédération régionaliste auvergnate et vellave. - 1935, n°70 (Octobre-Novembre-Décembre)</text>
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              <text>Gilbert, Henri(1874-1955), Directeur de la publication</text>
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              <text>Vignette : http://occitanica.eu/omeka/files/original/5fa084d4b606fb66f3c2dc8813412d80.jpg</text>
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              <text>L'Alauza d'Auvernha (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/12715"&gt;Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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              <text>Miremont, Pierre (1901-1979)</text>
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              <text>L'Alauza d'Auvernha. - 1935, n°70 (Octobre-Novembre-Décembre) </text>
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      <description>Jeu de métadonnées internes a Occitanica</description>
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