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                  <text>SEPTIEME ANNEE. - N° 68.

Le numéro spécial :

3

iï. Etraiugerí : 4 fr.

JUIJN-JUILLET 1935.

Direction :
HENRI
7,

COMITÉ

GILBERT

Rue Serret,

7

CLERMONT-FERRAND

Administration :
ANTOINE
3,

GILBERT

Place des Tapis,

3

LYON

Chèques-Postaux
Lyon : 9-553

ORGANE MENSUEL DE LÀ FÉDÉRATION RËGIONALISTE AUVERGNATE ET VEU AVE

DE

REDACTION

:

J. BERARD,
J. BROUSSE.
M. BUSSET.
A. CASAT!.
C. CHACORNAC.
J. CHARBONNIER.
L. DEBRONS.
D' A. DELANEF.
L FARGES.
J. FREYCENET.
H. GILBERT.
A. GILBERT.
P. MAMET.
E. MARCENAC.
L. MAURANNES.
J PAGENEL.
L'-C E. PESSEMESSE.
M"" RAOUL DUPA1N.
D' E. ROUX.
M"« B. ROZ1ÈS.
P. SABATIER.
L. TESTUD.

Qüeíqüe? grande? fyeUre? de la Vie d'Antoine, Villageois
Extrait de ia Conférence faite au « Covize », à Clermont, le 20 décembre 1934, par M. JOSEPH RÉRARD, Président de « Los Amies de Lezinhac »,
(FIN)
Secrétaire général du « Covize ».
La veille de la oérémoinie, garçons et
filles invités transformèrent, pendant
toute l'après-midi, la voûte aux pommes de terre de chez l'Octavie en salle
de banquet. Les gars clouaient des draps
sur les murs ; les filles tressaient de
grandes bandes de berre ; Antoine s'acharnait à découper dans du papier doré
deux initiales qu'il voulait bellement
enlacer. Mais allez bien enlacer un C
avec un R. Le résultat fut piètre, même
de l'avis d'Antoine. Mais cela plut cependant à la mariée, et Antoine accrocha
son écusson à la place des futurs.
Pendant qu'ensuite les filles posaient
leurs banderollcs de lierre, l'Etienne, le
Gaston et l'Antoine plantaient, dans la
tour et sur le chemin de l'église, les
genévriers qu'ils avaient coupés, le matin,
du côté de Saint-Amable.
Le soir, un repas réunit tous ces jeunes travailleurs, et l'Octavie accoupla
défkdtiveiiijent son monde pour le lendemain.
Mais c'est surtout du lendemain de
noce qu'Antoine se souvient avec agrément.
Lorsqu'au repas de midi, repas d'adieu
pour beaucoup d'invités, on demanda
aux mariés où ils avaient passé la nuit,
ils se regardèrent en rougissant, mais
ne dirent rien. Sur l'insistance de François, la mère de l'Octavie s'écria :
« — Tas de badauds ! mais dans leur
lit, dans leur chambre, ici ! »
Et c'était vrai : personne n'avait pensé
qu'ils eussent pu se « connaître » chez
eux I
Les invités des villages voisins partirent. Les vieux et les jeunes de Vichel
retournèrent à leurs charrues. Seuls restèrent François, Lucien, un Bordelais,
Antoine et les filles. Il fallait enlever de
la voûte la parure de fête. Quelle soirée
d'agréables occupations entrecoupées d'un
jeu que chacun trouva charmant ! Il
y avait quatre filles seulement, les autres
n'étant point venues : l'Emilie, la Germaine, la Georgette et la Mélanie. On
convint que, de temps à autre, on éteindrait l'électricité et que les garçons chercheraient une cavalière à tâtons. Lorsque chacun aurait sa chacune, le courant serait rétabH par la délaissée. Le
petit jeu fut, au début, très varié. Mais,
bientôt, la Mélanie ne s'expliqua pas que
ce fût toujours à elle à tourner le bouton... « Pourtant, moi je ne fuis pas,
comme les autres ; les garçons me frôlent sans m'attraper... Je ne comprends
pas », disait-elle. A la fin, elle comprit...
C'est depuis ce jour qu'elle ne croit
plus aux jeux de hasard.

roles, elle sortait son vaste mouchoir
multicolore, s'essuyait les yeux et se
mouchait. Puis, elle passait à d'autres
récits moins tristes.
Aujourd'hui, la Mariette est morte,
l'Emilie est mariée. Cette veillée, comme beaucoup d'autres, en la terre de
l'Ambron, se perd, peu à peu, pour
mourir, peut-être, un jour.
Mais, pour raviver ses souvenirs, Antoine, qui a dû quitter son village ' aime
à venir retrouver aux Govizes comme
un frisson des choses de Vichel, comme
une image des veillées du cousin Arthur.
Et il n'est point seul à trouver que
les Govizes sont les fidèles tenants du
passé.
Joseph
ÉRAKD.
B

CHARTE RELATIVE A VICHEL

VICELLO
VICHEL ET MONTCELET.

« — Mais pendant une soirée, ça faisait encore cher, » explique la Mathre,
lorsqu'elle en parle encore.
Le manège resta huit jours, mais il
ne revint plus.
Il n'y a aussi, aujourd'hui, guère plus
de sapins, dans la cour de la mairie.
Ce n'est point essentiel, pense-ton.
Et Antoine pense que c'est de cette
façon que s'effritent les vieilles traditions. Plus de genêts à la fête, plus de
fusillade à la sortie des messes nuptiales, plus de repas collectif pour les batteuses : c'est de la joie qui s'en est allée.
On tire au plus court, au moins cher:
pour la fête, deux musiciens suffisent.
Il est vrai que, depuis guerre, SaintCirgues n'a eu, pendant longtemps, souvent qu'un conscrit, parfois aucun. Qui
aurait payé les cinq musiques d'antan ?
Cependant, tout ne s'est pas entièrement évanoui. La clarinette et le trombone vont encore à la messe, drapeau
en tête, le jour de saint Cirgues. A
l'offertoire, les notes profanes se tintent
d'encens. Pendant la procession, chacun
est entraîné par un air de polka.
La cérémonie achevée, les aubades municipales commencent : chez M. le maire.
On trinque, on croque un hiscuit ; le
maire donne la pièoe et écoute la Marseillaise. Les mêmes gestes se répètent
chez l'adjoint et les conseillers.
Le lendemain matin auront lieu les
aubades sentimentales chez les filles. Ce
sont les mêmes rites que la veille. Seule, la Marseillaise fait place à une danse.
La vraie fête, pour ceux qui n'ont
plus l'âge des mazurkas et des polkas
Antoine a gardé dans son souvenir la piquées, c'est surtout les tartes nombreuses et dorées qui prolongent le refête de Vichel. Ce fut, jadis, un grand
événement pour le village. Il y venait pas durant des heures.
Pour les jeunes, la vraie fête, c'est le
de nombreux bazars. Les vieux tiraient
bal.
Très animé le dimanche, même
des couteaux à la banque, les enfants
jusqu'à l'aube, il devient languissant à
dépensaient les sous de l'oncle de Paris,
la veillée du lundi. Les musiciens sont
et les galants se battaient à grosses poilas, les danseurs aussi ; la fête se tergnées de confetti. Il se rappelle même
mine en assoupissement.
un manège de chevaux de bois. Ce fut
Mais ce fut la fête, encore une fois,
comme une révolution : un sou le tour.
et Antoine n'a jamais failli à saint
Cirgues, patron de son village.
En feuilletant le gros cahier vert
C'est par erreur que le numéro préd'Antoine, il est un mot qui revient
cédent porte la mention Juin au lieu de
souvent, une tournure de phrase fort
Mai.

Photo H. Gilbert.

répétée : « A la veillée » ; « pendant
la veillée ».
Les veillées, mais c'est, en hiver, la
raison de vivre de beaucoup de gens,
au village. Et c'était bien plus vrai jadis
qu'aujourd'hui. L'électricité a supplanté
la suspension que l'on accrochait à la
voûte avec un long crochet de fer. La
lumière est, maintenant, plus vive, mais
ij y a moins d'intimité. Et dans de nombreuses maisons, on ne veille plus à
l'étable : on écoute les tangos de la
T. S. F. dans la salle à manger.
Et pourtant qu'il était à son aise,
Antoine, aux longues veillées du cousin
Arthur ! On disait le cousin, car il avait
recueilli une petite cousine orpheline
qui, avec les ans. était devenue la brune
Emilie.
Vers les huit heures et demie, les
gars arrivaient. Dans l'étable, Arthur
sommeillait, vers la crèche, entre sa
Barrade et sa Marquise. Près de la
lampe, la mère Marie de l'Arthur,
l'Emilie et, presque toujours, la Germaine et la Georgette s'activaient en travaux
de passementerie. En entrant, c'étaient
des bonsoirs joyeux : chacun s'installait
à sa place.
Quand, aux vacances de Noël ou, plus
tard, les samedis d'hiver, Antoine accompagnait ses amis, on se poussait un peu
pour lui faire place à côté de l'Emilie.
L'attraction de la veillée, c'était l'arrivée de la Mariette, frileusement enveloppée dans sa palatine. Il n'y avait pas
langue plus déliée dans tout le village.
La Mariette était la gazette parlée quotidienne de ces veillées. Tous les événements du village lui étaient connus, et
elle en parlait toujours avec une certaine
personnalité amusante, car la Mariette
avait conservé sur un pied égal l'intelligence et la curiosité de ses vingt ans.
Et là, dans l'étable du cousin, au milieu des rires ou des airs réservés, joies
et deuils, grands événements et petites
espiègleries étaient évoqués par la Goton. Elle n'était jamais la dernière à
rire d'une naissance, d'un mariage ou
d'un bon tour de ces garnements de
garçons. Mais, au rappel d'iune mort,
d'une maladie ou d'une vision de guerre,
émue, la première, par ses propres pa-

Sacro sanctae Dei ecclesiae et sancti
Juliani martyris et ejus servientibus in
vico Brivatensi emptores ; ob hoc igitur
nos in Dei nomine Adalandus et uxor
mea Lucretia pariter cessores, oedimus
ipsi casae Dei suisque servientibus aliquid de rébus nostris, cessumque in
perpetuum esse volumus, atque de nostro jure casae sancti Juliani donationem
tradimus ; hoc est vineam quae justissime nobis evenit ; et est in pàtria
Arnem ica, in comitatu Brivatensi, in vicaria Nonantensi, in villa quae dicitur
Vicello ; et fines habet de duobus lateribus vias publicas, et de tertio latere
vineam Aldeberti, ex quarto vere latere
vineam Begoni ; istud confinium ab integrum ipsi casae Dei cedimus pro animabus nostris, vel pro anima genitoris
mei Calixti et genitricis meae Heldiardae, ea scilioet ratione ut quandiu vixerimus usum fructuarium possideamus,
et post obitum nostrum faciant rectores
ipsius ecclesiae sancti Juliani in omnibus
quidquid voluerint absque ullo contradicente. Sane si quis ullus haeres aut
ulla quaelibet persona emissa, quae contra cessionem istam ullam calumniam
generaré voluerit, non ei liceat vendicare, sed insuper oomponat aura libram
unam et quod petit non vendicet, sed
cessió ista firma permaneat. Adalardo
teste et Lucretia, qui oessionem istam
scribere vel affirmare rogaverunt, et Aldeberto, Hissenberdo istis consentientibus. Fuit data carta ista die Jovis in
mense aprili, anno
régnante Carolo
rege.
{Cariulaire de Brioude, Charte 4a).

VICHEL
A la Lies sainte église de Dieu et
de saint Julien martyr, à ses desservants, preneurs, habitant en la ville de
Brioude, nous, dénommés en Dieu Adaland et mon épouse Lucrèce, agissant
de concert, nous cédons à ladite maison
de Dieu et à ses desservants une part
de nos biens, désirant que cette cession
soit perpétuelle et attestant que nous
faisons cette donation à la maison de
saint Julien de notre plein droit.
Cette donation consiste en une vigne
dont nous sommes les propriétaires légitimes. Et se trouve au pays d'Auver-

gne, comté de Brioude, en la vicairie
de Nonette, dans le domaine appelé Vichel. Ses limites sont les suivantes :
elle est comprise entre deux chemins
publics ; sur le troisième côté, elle est
bordée par la vigne d'Aldebert, et sur
le quatrième côté, par la vigne deBegon.
Cette propriété ainsi délimitée, nous
la donnons en toute propriété à la maison de Dieu afin d'obtenir miséricorde
pour nos âmes et pour les âmes de mon
frère Calixte et de ma mère Heldiarde,
sous cette condition, toutefois, qu'aussi
longtemps que nous vivrons, nous en
ayons l'usufruit, mais qu'après notre
mort, que les administrateurs de la susdite église de Saint-Julien en fassent ce
que "bon leur semble sans qu'aucun ne
puisse s'y opposer. Et même, si quelque
héritier ou quelque autre personne survenant, s'avisait d'émettre des doutes ou
autres faux rapports sur la présente
donation, que cela lui soit interdit et
que, par surcroît, il soit condamné à
verser une livre d'or, la présente donation restant ferme.
Adalard et Lucrèce ont fait écrire
et certifier cette donation ; Aldebert,
Hissemberg ont été consentants.
Cet écrit a été passé le jeudi, au
mois d'avril, en l'année
, sous le règne du roi Charles.
(Traduction française de M. l'abbé
Pierre Chataing).

PHILIPPE MARCOMBES
Le Docteur Marcombes, qui était la
fierté et l'honneur de notre Auvergne,
vient d'être brutalement terrassé.
Des obsèques grandioses ont dit au pays
tout entier combien était grande la place
qu'il occupait .dans les conseils du Gouvernement.
Hélas ! nous devons nous rendre à
l'évidence : le silence des tombes a glacé
à jamais son front et clos ses lèvres.
Nous ne pouvons que le pleurer et dira
de lui ce que nous pensons.
Plein de force et de santé nous apparaissait hier ce chef aux grands yeux
bleus, fils d'une race solide. Aujourd'hui,
il repose à Murât, dans le caveau de
sa famille.
Une immense douleur élreint nos cœurs.
Une véritable angoisse s'est emparée de
la Cité qu'il administra jusqu'à son dernier souffle.
Clermont-Ferrand lui doit son développement, son urbanisme, sa vie intense :
faut-il chercher ailleurs d'autres raisons
pour expliquer notre attachement à sa
personne ?
Nous conserverons son souvenir. Nous
nous inspirerons de ses conseils ; il a
ouvert une route dans laquelle nous nous
sommes engagés.
Il a bâti une œuvre durable : à nous
de la continuer en la développant selon
son esprit et selon son cœur.
Emile DOUSSET,
Président de la XVIh Région Economique et de la Chambre de Commerce,
de Clermont-Issoire, Conseiller général
du Puy-de-Dôme.

�L'ALAUZA D'AUVERNHA

FÉDÉRATION REG10HRL1STE AUVERGNATE ET VELLAÏE
(C-A.NTA.L

—

HAUTE- LOIR E

—

PUT-DE-DOME)

Littérature, Histoire, Arts, Folklore, Défense des intérêts de

NOS FÊTES REGIONALISTES

CEYRAT (28 juillet).
Le dimanche 28 juillet, deux de nos
sociétés, « Lo Covize », de .Clermont,
et la « ChoraL· Cantehube », de Vicle-Gomte, donneront, à Ceyrat, dans la
salle de la Maison du Peuple, un Grand
Covize suivi d'un Bal Auvergnat en costumes. (Voir d'autres détails à la page 3). '
RIOM (21 juillet).
Ce jour-là, « Lo Covize » et la
« Chorale Cantehube » se trouveront
à Riom pour exécuter le programme de
la fête régionaliste organisée, sous îe
haut patronage de M. Glémentel, sénateur-maire, par la Municipalité, le Syndicat d'Initiative et la Chambre de Commerce. La fête aura lieu, le soir, à
9 h., au Parc Dumoulin. (Voir à la
page 3).
CLERMONT
«

LO COVIZE

t Deux provinces sœurs :

Bretagne et Auvergne ».
Le Covize du 22 mai, avant-dernier de
la saison, avait réuni une des plus belles
salles de l'année. Plus de deux cents personnes y assistaient. M. Maurice Busset
présidait, ayant à ses côtés le conférencier de ce soir, M. Jean Bosser, architecte à Clermont. Et Maurice Busset ne
pouvait mieux faire que de mettre l'assistance dans l'ambiance bretonne. C'est
ce qu'il fit : aussi, chacun était-il impatient d'écouter le très sympathique orateur qu'il avait présenté en termes choisis.
L'éloquence de M. Jean Bosser est de
celles que l'on ne se lasserait pas d'entendre. Rarement, il est donné à l'oreille
pareille joie de diction. Le conférencier
possédait admirablement son sujet. C'est
un architecte lettré et un voyageur averti.
Il a saisi l'âme bretonne dans toute son
intensité, et il nous l'a livrée avec tout
son cœur.
Pendant une heure, qui passa avec
trop de rapidité, il nous promena à travers la Bretagne, ses villes, ses modestes
sanctuaires, ses riches costumes, ses pardons pleins de foi, ses Terre-Neuvas partis au loin.
Et, avec sa connaissance entière de
l'Auvergne, M. Jean Bosser ne manquait
aucun des rapprochements qui s'imposent entre deux provinces qui ont de
nombreux liens et dont les moins importants ne sont point les vestiges mégalithiques. Si la Bretagne est la terre
par excellence des menhirs, des peulvens
et des dolmens, il en est de nombreux
restes en notre Auvergne.
La conférence de M. Jean Bosser était
très utilement complétée par de nombreuses projections. Et l'apparition alternée d'images bretonnes et auvergnates appuyait avec beaucoup de vérité
la juste thèse du conférencier.
Maurice Busset sut trouver les mots
nécessaires pour lui exprimer la reconnaissance unanime des covizaires.
La partie artistique qui suivit fut,
cette fois, exclusivement féminine : qui
s'en plaindrait ? Mme Chanson, de sa
voix douce et nuancée, dit la vraie vieille
chanson « Auprès de ma blonde ». Son
succès fut ce qu'elle méritait. Au Covize, les bonnes habitudes sont vite prises, et chacun attend, avec plaisir, le
tour de diction de Mme Lenormand.
Elle fut, cette fois encore, irrésistible
dans un conte savoureux en dialecte de
la région de Billom. Mlle Marguerite
Mainvialle, comme toujours, retint l'attention de l'assistance par sa parfaite
interprétation de la vieille chanson « Ne
pleure pas, Jeannette ». Mme Georges
Blancher sut, dans de vieux airs, nous
donner la juste impression du répertoire
ancien de sa Bretagne natale. Les covizaires seront heureux de réentendre Mme
Blancher dans les chansons de la province sœur.
Les danses anciennes, conduites par
MM. Besse et Fagheon (vielle et violon),
furent, ensuite, exécutées avec entrain
par le groupe de danse du « Covize »
auquel s'étaient joints de nombreux assistants.
A ce même Covize eut lieu une petite

notre

Région

Grande journée Auuergnate d'Issoire
M. Albert Buisson, maire d'Issoire,
nous a fait connaître que la municipabté de cette ville avait bien voulu accepter l'offre qui lui avait été faite,
par le bureau de notre Fédération, d'organiser, pendant l'été, une Grande Journée Auvergnate. Deux dates ayant été
très aimablement soumises à notre choix
(2 5 août et 22 septembre), celle du
2 5 août a été choisie comme étant la
plus favorable.
Nul doute que la fête n'ait un grand
succès, puisque l'éminent maire d'Issoire et la municipalité en ont accepté
le patronage, et que M. Albert Buisson
veut bien la présider.
A cette occasion, « L'Alauza d'Aavernha » publiera un numéro spécial
illustré.
D'autres détails seront donnés prochainement. Que tous nos adhérents retiennent la journée du 2 5 août et qu'ils
fassent déjà de la publicité autour d'eux.
exposition des artistes des « Amis du
Musée », société sœur du « Covize »
et dont le président est M. Maurice
Busset. Plusieurs artistes étaient, d'ailleurs, présents.
OEuvres remarquées : un Pont d'OlUergues, de Jean Chalut, père ; une
Vue du lac du Botirget, et un Effet
de neige, de Joseph Blanc ; un Puy de
Dôme, de Charles Jaffoux ; un Effet
du soir, de Lucien Véchard ; Un Chambon, de Maurice Busset ; des Fleurs
et un Paysage, d'hiver, de François Baron ; un Parc Bargoin et une Maison
de l'Avocat, de miss Phüipps ; de nombreuses Vues artistiques d'Auvergne,
ainsi que les éditions de luxe des livres
d'Henri Gilbert ; de belles pièces de
maroquinerie d'art de M. Léon Dumas ;
les livres de Joseph Bérard et sa caricature par Marcel Muyard.
La nombreuse assistance, fort intéressée, visita longuement cette exposition qui ne sera pas la dernière. Art,
lettres, musique et danse sont également
en honneur au Covize. J'ai, en terminant, l'agréable devoir de remercier, au
nom du Comité, les nombreuses personnes qui, pour la première fois,
avaient voulu prendre part à nos séances
région alistes, surtout celles qui ont donné
leur adhésion. Que M. Dezandes, directeur de l'Ecole des Beaux-Arts, trouve ici
notre gratitude pour avoir bien voulu
mettre à notre disposition un appareil
de projections. Il sera le bienvenu parmi
nous.
Le secrétaire général,
Joseph BEBARD,

COVIZE DU 18 JUIN

« LA LÉGENDE des MALAVAUX »
Ce dernier Covize de la saison avait
réuni, à l'Académie de Billard, plus de
deux cents personnes.
Il était honoré de la présidence de
M. Jules Chazal, Conseiller à la Cour
d'Appel de R ~&gt;m, président de la « Fédération Régio. '&lt;sie Auvergnate et Vellave ».
La séance débuta par une très substantielle et très intéressante causerie du
président. M. le Conseiller Chazal fit un
complet tour d'horizon de notre action
régionaliste : on trouvera, ci-après, ces
pages capitales.
Ensuite, le président donna la parole
au conférencier du jour, un oonférencier
parmi les plus sympathiques, qui conquit
l'assemblée aussitôt. En effet, tout Auvergnat connaît l'abbé Moulin, « un lettré, un érudit qui, depuis de nombreuses
années, se livre à des études sur l'Auvergne. Il a été le fondateur et l'animateur de la revue « Le Pèlerinage de
Ronzières ».
« La légende des Malavaux », qui
faisait le sujet de la oonférenoe de
l'abbé Moulin, est une belle légende de
l'Allier, de Montclard, près de Cusset.
Une de ces légendes médiévales simples,
mais pleines de sentiment et de vie.
Amaury aime Yseult ; mais Yseult
épouse le sire de Maringues, un sire
triste qu'elle n'aime point, pas même
d'amitié. Amaury voyage. Il suit le saint
Roi à Tunis. Là, il dédaigne les avances d'une belle musulmane, Selima, qui
jure de se venger. Amaury retourne en

terre bourbonnaise, et se fait admettre
parmi les Templiers de Saint-Louis des
Malavaux. Mais Selima, qui l'a suivi
secrètement, se cache sous les guenilles
d'un alchimiste. Suprême vengeance :
elle veut déshonorer Amaury. Mais la
grâce de Dieu n'abandonne pas le chevalier.
Telle est, rapidement résumée, cette
attachante légende. Ce qui manque à
ce compte rendu, c'est l'éloquence de
l'abbé Moulin, cette voix forte, cette
technique de la parole qui faisaient que
les auditeurs ne s'apercevaient pas que
le temps passait. C'est, -peut-être, pourquoi jamais je n'ai entendu applaudissements si fournis et si sincères. Et l'an
prochain, M. l'abbé Moulin aura bien
encore quelques belles pages pour nous
émerveiller.
A la séance qui suivit, on fit alterner
chants, contes et récits. En intermèdes,
de vieilles danses d'Auvergne bien conduites, comme toujours, par MM. Besse et Fagheon (vielle et violon). On entendit, avec un plaisir renouvelé, Mlle
Marguerite Mainviale, qui a largement
contribué au succès des Govizes de la
saison. Mme Lenormand, qui parle à
la perfection le patois de Lezoux, fit
s'esbaudir, une fois de plus, l'auditoire.
On écouta aussi avec grand intérêt les
chants populaires de Mme Chanson.
Mlle Andrée Berthier, professeur de
Musique et de Chant, et M. Joseph
Brousse, président de la Commission
des Fêtes du « Covize », interprétèrent
« Belle Rose » de façon fort amusante.
Quant à M. Aimé Florence, il sait tirer
de son violoncelle des accents tels que
Socrate lui-même aurait hésité à rompre pareille harmonie.
Les Govizes sont clos jusqu'en octobre. Que tous ceux qui ont contribué à
leur indéniable et constant succès en
soient chaleureusement remerciés. Qu'ils
nous continuent leur confiance, qu'ils
fassent de la propagande régionaliste
autour d'eux et qu'Us n'oublient pas
d'être à nos fêtes estivales, notamment
à la Grande Journée Auvergnate d'Issoire, le dimanche 2 5 août.
Le Secrétaire général,
Joseph BÉRARD.
NOTA. — Rappelons que, pour une
famille, le prix de l'adhésion au « Covize », de Clermont, est de i5 francs
(journal compris).
ALLOCUTION
DE M. LE CONSEILLER CHAZAL

Mon cher Président,
Mesdames, Mesdemoiselles,
Chers Sociétaires,
Je tiens, tout d'abord, à remercier
M. Gilbert de m'avoir demandé de préprésider votre réunion mensuelle. Je savais que ceux qui y participent sont maîtres en arts, sciences et lettres, que je
serais heureux de les connaître, et
c'est sans hésitation que j'ai accepté.
Peut-on, d'ailleurs, refuser d'accueillir
une demande formulée par votre Président ?
Je vais, de temps en temps, le voir
dans son hermitage de la rue Serret.
Dans son bureau, il n'y a pas de tapis
luxueux, de fauteuils où l'on s'enfonce
mollement. On y trouve seulement des
tables, des chaises, une machine à écrire
et de multiples rayons sur lesquels sont
placés nos vieux auteurs, des mémoires
rarissimes sur tout ce qui touche à
l'histoire de l'Auvergne et du Velay et
les notes considérables qui serviront un
jour à la publcation d'un dictionnaire
patois étymologique. Il faut, pour entre] )rendre un tel ouvrage, avoir l'énergie d'un bénédictin. De telles études sont
nécessaires ; elles nous permettent de
mieux connaître ceux qui nous ont précédés et de leur rendre l'hommage qu'ils
méritent. Us n'avaient pas à leur disposition les possibilités scientifiques que
nous mettons actuellement en action,
mais ils avaient, au plus haut degré, Une
vivacité d'esprit et un humour que nous
retrouvons chez peu d'écrivains. Ils savaient saisir les travers d'une coquette,
d'un jeune beau, du paysan madré, de
l'avare qui sacrifie à sa passion le bonheur de tous les siens. Parfois, des accents d'une profonde émotion succédaient subitement à l'ironie la plus fine
et la plus gauloise. Il fallait entendre, il y a 3o ou ko ans, les paysans
d'Auvergne ou du Velay, le jour de la,
fête votive, d'un mariage, d'un baptême, un soir de moisson, de fenaison ou
même d'élection. Leurs réflexions sur
leurs voisins, leurs parents, leurs amis,

CLERMONT-KERRAND„ET LE PUY DE DOME

et, surtout, leurs ennemis, étaient d'une
exactitude remarquable.
J'ai conservé le souvenir d'une chanson patoise ,sur une paysanne mûre qui
habitait la rue principale d'un petit village, et qui passait unie partie de la
journée, sur le pas de sa porte, les
mains sur les hanches, interpellant passants et passantes. Dès qu'elle était levée, sans bas et mal peignée, la coiffe
un peu à l'arrière de la tête, elle était à
son poste d'écoute, et, en phrases incisives, elle disait son fait à chacun. Lé
chansonnier en avait fait, sans le savoir,
la commère de la revue, et je vous assure que, si elle trouvait actuellement
une interprète digne d'elle, elle remporterait un très grand succès. Après
cette première chanson, qui était fort
longue, il en chantait une seconde qui
était le satire de la commère elle-même.
Il nous donnait de ges gestes, de ses
attitudes, une description qui frappaiit
d'admiration tous ceux qui la connaissaient. Il raillait ce perpétuel censeur
avec une âpreté sans égale, lui rappelant ses multiples fautes qu'elle avait
commises contre la morale la plus élémentaire, et la ridiculisant avec une gauloiserie que, seul le patois peut autoriser. J'ai regretté de ne pouvoir écrire
cette langue, car j'aurais certainement
conservé certaines de ses chansons.
Nos pères avaient, de toute évidence,
quelques défauts, mais n'en avons-nous
pas nous-mêmes ? Ils aimaient la terre,
et ils conservaient un ressentiment durable contre ceux qui portaient atteinte
à leur droit de propriété. Avec un oetillage rudimentaire, ils avaient défriché un
sol dur et improductif, et ils étaient excusables de la défendre, après l'avoir
mis en bon état de culture. Ils étaient
fatalistes, ils ne redoutaient pas la mort.
Le jour des obsèques, on pleurait celui
qui venait de disparaître, mais à la fin
du repas, 011 envisageait déjà le partage
de ses biens et les avantages et les inconvénients qui pouvaient en résulter.
Lorsque l'un de ses fils était appelé sous
les drapeaux, le chef de famille l'accompagnait à la gare ou à la diligence
et il faisait taire ses regrets en le voyant
s'é'oigner. Pendant les quelques minutes
précédant la séparation, ils causaient
surtout de la difficulté qu'il y aurait à
cultiver le domaine.
A une époque plus récente, pendant
la grande guerre, alors que ses fils
combattaient en première ligne avec un
courage sans égal, s'il apprenait que
l'un d'eux avait été tué, il souffrait en
silence sans verser de larmes. Et, par
la suite, il traduisait presque toujours
ses regrets pendant qu'il travaillait dans
les champs, en constatant combien son
fils lui avait été utile.
Le paysan était hospitalier : s'il vous
connaissait depuis longtemps, il vous
recevait à son foyer et vous invitait à
partager son repas. Vous ne faisiez jamais appel en vain à son aide. Il vous
donnait facilement son travail et oelui
de ses animaux ; mais si vous lui demandiez son obole pour une société philanthropique, il vous était difficile de
l'obtenir. Elle faisait partie du patrimoine familial, et ce dernier ne devait
subir aucune diminution.

Le paysan était, comme de nos jours,
courageux, sans forfanterie. Ses ancêtres ont vaincu les légions de César ;
que ce soit au plâteau de Merdogne ou
au plateau des Côtes, peu importe, ils
ont défait le grand chef romain, et vous
me permettrez, ici, d'ouvrir une parenthèse.
H est invraisemblable que les discussions pour déterminer le lieu exact de
la bataille de Gergovie ne se soient pas
déroulées dans une absolue sérénité. Il
serait à souhaiter que de telles polémiques prissent fin. Il faut que le touriste,
et, surtout, l'étranger, sachent que nos
savants ont pu situer le lieu où s'est Hvrée la célèbre bataille. Le regretté député-maire de Clermont, ministre de
l'Education Nationale, avait une très
grande affection pour la région qu'il
représentait, et il défendait, avec un soin
jaloux, son passé de gloire : nos sociétés
régionalistes et leur organe, L'Alauza
d'Auvernha auraient pu lui demander,
avec la certitude d'être entendues, de
faire prescrire des fouilles et désigner
un Comité qui aurait situé, après examen des découvertes faites et de tous
autres documents, le lieu où s'était déroulée la bataille de Gergovie.
Mais, hélas ! la mort implacable nous
l'a ravi. Vous me permettrez de saluer
respectueusement sa mémoire et de prier,
en votre nom, Mme Marcombes et ses
enfants de vouloir bien agréer nos condoléances particulièrement émues. Leur
cher défunt avait toutes les qualités du
cœur et de l'intelligence, et la foule
angoissée qui assistait à ses obsèques
en apporte le témoignage le plus éclatant. Vous demanderez à ses amis de
toujcfëàrs, M. Pierre Laval, président du
Conseil, et M. Laurent Eynac de vous
aider. Ils aiment, comme lui, profondément leur pays d'origine, et je suis
convaincu que ce n'est pas en vain (jue
vous ferez appel à leur haute autorité.
Vous pouvez certainement compter aussi
sur tous les parlementaires du Massif
Central et sur les Conseils généraux .
grâce à tous, le succès des idées régionalistes en Auvergne et en Velay sera
assuré.
L'étranger ne comprend pas que la
France, qui possède les archéologues et
les historiens les plus illustres, n'ait pu
encore résoudre d'une manière définitive ce problème historique.
Il y a [quelques mois, j'ai pu .entendre
deux touristes évoquer la discussion, et
l'un d'eux n'hésitait pas à dire : « Estil bien vrai que la bataille de Gergoviie
ait été Uvrée près de Clermont ? » Il
faut qu'une solution intervienne. Je suis
persuadé que, dès que les arbitres qualifiés se seront prononcés, tous les acteurs de cette nouvelle bataille s'inclineront.

Je m'excuse de oette digression, et
j'en reviens au courage des Arvernes.
Il n'a cessé de s'affirmer, et au cours
des siècles et pendant la grande guerre,
il a continué avec un particulier éclat.
Le paysan ne parle pas sans cesse de la
patrie, mais il sait donner sa vie pour

�3

L'ALAUZA D'AUTERXHA

la défendre. Un officier de chasseurs
alpins, qui les avait vus livrer maints
combats, me citait le fait suivant. Au
couors d'une patrouille, un sous-lieutenant était tombé dans un réseau de fils
de fer barbelés. L'un de ses hommes,
qui était d'Auvergne, sort de la tranchée,
rejoint son chef, après avoir rampé
une cinquantaine de mètres, et le ramène, bien qu'avant été lui-même grièvement blessé. Le commandant se rend
à son chevet, dans une ambulance de
première ligne, et lui annonce qu'il sera
décoré de la croix de guerre. L'héroïque
chasseur lui répond simplement : « Nous
ne pouvions pas le laisser. »
Les sociétés régionalistes aident à dégager les caractères d'une raoe, et elles
sont utiles non seulement au point de
vue philosophique, historique et artistique, mais aussi au point de vue économique et administratif. Une race porte
l'empreinte de la région où elle s'est
développée, et ses affinités spéciales exigent qu'on lui donne un cadre qui lui
soit propre. Des mesures de décentralisation administrative seront certainement
prises dans un avenir très prochain, et
il faut qu'avant qu'elles soient réalisées,
les bases de la réforme aient été solidement établies par ceux qui connaissent
le mieux la région. C'est de Clermont,
grâce à M. le Président Clémentel, qu'est
parti le mouvement qui a créé les régions économiques et c'est peut-être aussi de cette ville que partira le mouvement décentralisateur. Il faut que toutes
les sociétés locales et tous les enfants
de l'Auvergne et du Velay aident à construire le nouvel édifice. Il sera ce que
vous le ferez ; il permettra de donner
satisfaction à tous les besoins de la
région, si ses assises sont établies par
de bons architectes.
Le régionalisme doit conserver les traditions, les coutumes, le costume local,
mais il faut aussi qu'il les adapte aux
gestes et aux occupations de la vie.
Ainsi que le disait l'un des rapporteurs
du costume régional, qui s'est tenu dernièrement à Nice : faute de suivre la
transformation générale des mœurs et
des coutumes, le costume régional est
mort. Il faut que la reconstitution tienne
compte des nécessités de l'existence contemporaine, et lies archéologues et aussi
les couturiers qui y procéderont, devront
avoir beaucoup de goût et d'érudition.
Les artistes et les gens de goût se trouvent en grand nombre dans vos sociétés
locales. « L'Alauza » peut traduire leurs
idées. J'ai l'intime conviction que ce
n'est pas en vain que leur concours sera
demandé. Vos groupements ont encore
un autre intérêt : ils réunissent des
personnes qui aiment le passé, qui l'étudient, qui émettent des idées et qui,
peu à peu, acquièrent une communauté
de pensée. La tâche des dirigeants devient alors facile ; ils n'ont plus qu'à
synthétiser.
Les groupements regionalistes doivent
participer à l'Exposition de 1937. Les
costumes, les chants et les danses des
provinoes françaises y seront évoqués.
Il vous appartient de faire que l'Auvergne et le Velay occupent l'une des premières places. Vous aurez certainement
le concours des plus illustres de leurs
enfants dont le nombre, heureusement,
est grand. Il sera fait appel à toutes les
énergies ; tous commiunieront dans le
même culte, sans tenir compte de conceptions philosophiques ou reHgieuses
divergentes. Gomme le disait M. Jardinier, député-maire de Dijon, au dernier Congrès académique qui s'est tenu
dans cette ville : « Devant les grandeurs de rancienne France et devant
les témoignages des noblesses du passé,
on ne peut que se sentir traditionnaliste,
quelle que soit l'opinion politique qu'on
professe soi-même. »
M. Jardilher est député socialiste,
agrégé d'histoire et critique d'art des
plus avertis.
Les considérations que je viens de
vous présenter vous ont certainement
ennuyés, mais elles vous démontrent,
tout au moins, que « Lo Covize » a
aussi des buts essentiellement utiles.
Ces quelques idées sont le fruit de conversations avec des rmembres de l'Université, des historiens, des archéologues
et des fervents du régionalisme.
Soyez unis, respectueux des idées des
autres, courtois dans les discussions. Vos
sociétés grandiront. Nous sommes tous
solidaires d'une même cause.
Je conserve non pas le souvenir, car
ce mot ne suffit pas à traduire l'intensité du sentiment que j'éprouve, mais
le culte de mon professeur de philoso-

phie du Lycée du Puy. A la fin de
l'année, il nous dit, de sa voix douce,
grave et, en même temps, mélodieuse,
qui nous pénétrait jusqu'au fond de
notre être : « Je serai, mes chers amis,
satisfait, si vous avez retenu de mon
enseignement que l'on doit respecter et
discuter avec bienveillanoe les conceptions contraires à celles que nous croyons
vraies. Ne considérez pas comme un
adversaire celui qui pense différemment;
il est, comme vous, étreint par l'angoisse de la recherche de la vérité. C'est
un frère qui souffre ; penchez-vous sur
lui et mettez en commun vos souffrances. J'ai actuellement la conviction que
les idées que je vous ai enseignées sont
vraies ; mais il est possible que, demain, des études plus complètes et de
plus longues réflexions me démontrent
l'impérieuse nécessité de les modifier.
Soyez surtout très bons, afin d'éloigner
la souffrance de ceux qui vivent dans
notre belle France. Vous serez, peutêtre, les victimes de votre bonté ; mais
n'oubliez pas qu'il faut, parfois, des
victimes pour faire naître le bien. »
Votre société compte de nombreux
universitaires. Ils éprouvent tous, j'en
suis persuadé, les mêmes sentiments que
mon excellent maître, et c'est pour cela
que j'ai foi dans l'avenir de nos sociétés
regionalistes. Vous ne demandez aucune
autonomie ; vous êtes et serez toujours
les meilleurs des Français. Mais vous
avez des usages, des habitudes, des caractères spéciaux à vos origines, à vos
traditions, au sol sur lequel vous vivez.
Le régionalisme nous apporte le témoignage de la diversité des coutuimes et
nous incite très fortement à la tolérance.
N'aurait-il que ce seul but que nous devrions l'aider de tous nos efforts.
Jules CHAZAL.

LA FONDATION BERGSON
attribuée à Mlle Amélie MURAT

Dans sa dernière séance, le Comité
de la Société des Gens de Lettres, réuni
sous la présidence de M. Gaston Rageot, a attribué la fondation Bergson
à Mlle Amélie Murât.
D'autres hautes distinctions avaient
déjà consacré le talent de notre compatriote. Nous sommes heureux de voir
de nouveau à l'honneur Mlle Amélie
Murât, dont le dernier recueil, le Chant
de la Vie a obtenu un grand succès,
et nous lui en adressons nos plus sincères félicitations.

LES
CHANTEURS LIMOUSINS
DE PARIS
Les Chanteurs Limousins de Paris
ont célébré, le 19 mai, par un grand
banquet, sous la présidence de M. B.
Charbonnel, le 2e anniversaire de leur
fondation. Les sociétaires, très nombreux, ont offert des fleurs symboliques
et un bronze à leur président-fondateur,
notre ami M. Jean Clément, qui a rei.«ie brièvement, dans son discours, kc
étapes, toutes marquées par des succès,
de sa compagnie, le plus ancien et le
modèle des groupes folklòriques. M.
Charles-Brun, venu à la fin du banquet,
s'est associé à ces éloges mérités.

MONTROGNON. — Ruines du château féodal.

FÊTE RÉGIONALISTE DE CEYRAT

Ch. Jaffeui. — LA MAISON DES CONSULS
A R10M.

RIOM
GRANDE JOURNÉE
RENAISSANCE et RÉGIONALISTE

du 21 juillet 10,35.
De grandes fêtes, placées sous le signe symbolique de la Renaissance, se
dérouleront dans la ville de Riom, le
dimanche 21 juillet prochain, en manière de conclusion aux magnifiques
Journées d'Auvergne qui exaltent, ces
jours-ci, la gloire historique et touristique du pays de Vercingétorix.
Il s'agit, pour les Riomois, de ressusciter l'atmosphère d'art, de « gai savoir », de « courtoisie » qui fit de leur
ville, au début du xvie siècle, la capitale
intellectuelle de la province.
Le thème central des fêtes sera le
suivant :
Le Duc Pierre II de Bourbon, sire
de Beaujeu, et sa femme Anne de
France, fille de Louis XI, reçoivent en
la capitale du duché d'Auvergne, dont
ils sont les souverains par apanage,
la Reine de Riom, accompagnée du
brillant cortège des Reines élues par les
autres bonnes villes.
Le programme est ainsi fixé :
Dans la matinée, annonce dans les
rues de la ville de la visite royale par
des hérauts. — Réception des Reines
d'Auvergne par le Duc et la Duchesse
à la porte de Mozat. — Cérémonie religieuse à la basüique de Saint-Amable,
dans le cadre du xvic siècle, avec chants
et musique ancienne.
Dans l'après-midi, grande cavalcade
historique à travers les rues et faubourgs. — Défilé des anciennes corporations avec leurs bannières.
Dans la soirée, illuminations, par projecteurs, des principaux monuments de
la ville. — Défilé, aux torches, de
Pierre II de Bourbon et de son escorte.
Grande fête régionaliste, au Parc 'Dumoulin, avec le concours des sociétés
regionalistes « Lo Govize », de Clermont, et la « Chorale Canteloube », de
Vic-le-Comte.
Le Comité.

Dimanche 28 juillet.
La séance donnée, le 2 février dernier, à Geyrat, par « Lo Covizie » et
la « Chorale Canteloube » ayant eu un
grand succès, il fut convenu qu'une
nouvelle fête régionaliste serait donnée
en été.
Aussi, après entente avec M. Marron,
Sénateur-Maire de Ceyrat, et la Municipalité représentée par M. Brunmurol,
adjoint, a-t-il été décidé que la manifestation régionabste aurait Heu le dimanche 28 juillet.
Elle sera présidée par M. le Sénateur
Marrou et comprendra un Grand Covize (chants, danses, contes, poésies,

Un Comité, dont le président est
M. Gandilhon Gens-d'Armes et dont
font partie MM. Fr. Rochez, E. Marcenac, Maurice Busset, se propose de
faire apposer, fin août, deux plaques
commemoratives du poète auvergnat
Léon Boyer, l'une sur sa maison natale
à Falgères, l'autre sur l'école primaire
supérieure de Murât, où il fut élève, et
qui portera son nom.

Dans la séanoe du 6 juin, des lectures
fort intéressantes ont été faites par
MM. Ed. Everat (Notice nécrologique
de M. Vignancour) et Joseph Desaymard
(Rencontre de l'Auvergne et de la Bourgogne dans l'art roman du Bourbonnais).

LA

FÊTE
EN

PROVERBES
Quant janvier es bon laboraire,
Lo bcleiron n'es pas son fraire.
(beleiron est le mois de février).
—*—
Totjorn per sent Vincent,
L'hiver pert una dent.

Per sent Vincent, la binada,
Et per sent Joan la granada.

CELTIQUE

DES

FEUX

BOURGOGNE

La fête celtique des feux a obtenu
un vif succès, le 9 juin.
Tous les sommets de la Bourgogne,
notamment ceux de Saône-et-Loire, ont
été embrasés à partir de 21 h. 3o, sur
un signal donné par le phare du MontAfrique. Une fête de nuit, ainsi que des
rondes et des danses autour des feux
ont eu lieu sur le sommet de plusieurs
montagnes.

GOVIZE

Tenu par « LO COVIZE »&gt; et la « CHORALE CANTELOUBE &gt;.
Le DIMANCHE 28 JUILLET, à CEYRAT (Salle de la Maison du Peuple)

Sous la Présidence de M. J-B. MARROU, Sénateur, Maire de Ceyrat.

PREMIÈRE PARTIE.

DEUXIÈME PARTIE.

1. Allocution du Président.

1. Airs d'Auvergne (vielles et violon).

2. Airs d'Auvergne (vielles et violon).

2. Dans la montagne (chœur). Chorale
Canteloube.

3. Bossignolet du bois (chœur). Chorale
Canteloube.

3. Polka piquée.

4.

Poésie. M. Joseph Bérard,

4.

Chanson populaire en dialecte. M.
Loubaresse.

5. Chanson populaire. Mme G. Blancher.

5. La Borreia d'Auvernha (chœur). Chorale Canteloube.

6. Bourrée. Covize, Chorale Canteloube.

6. L'Aze pelh oovert, dit par l'auteur.
M. Henri Gilbert.

7. Solo de violon. Mlle Andrée Berthier,
Ier prix de violon, professeur de
musique, accompagnée par Mme
Brousse-Uberti, Prix d'Honneur du
Conservatoire.
8. Chanson ancienne. Mlle Marguerite
Mainvialle.
9. Valse à la bouteille. M. Loubaresse.
10. La giate (danse). MM. Legoj et
Rastoix.

(Inscription des nouveaux adhérents).

EN L'HONNEUR
DE LÉON BOYER

chœurs) et un Grand Bal Auvergnat en
costumes traditionnels.
Le Grand Covize aura lieu, à 2 h. 3o,
dans la salle de la Maison du Peuple,
mise obligeamment à notre disposition
par la municipalité.
Le Grand Bal Auvergnat sera donné
dans la salle de l'Hôtel Bellevue.
Après le bal, un souper sera offert,
à l'Hôtel Bellevue, chez notre sociétaire,
M. Caillot, aux artistes qui auront assuré
l'exécution du programme.
Nos sociétaires pourront y prendre
part pour un prix modique (probablement 8 fr.).
Tous nos sociétaires et tous nos amis
voudront assister à notre fête régionaliste de Ceyrat.

PROGRAMME DU GRAND

ENTR'ACTE.

ACADÉMIE DES SCIENCES
BELLES-LETTRES ET ARTS
DE CLERMONT

(Ph. H. Gilbert).

UNE VISITE A LEZOUX
Un groupe de savants touristes, venus pour admirer l'antique cité galloromaine, étaient reçus, le 29 juin, par
M. Moulin, maire de Lezoux, et par la
Municipalité.
Parmi les invités, on remarquait :
M. A. Vitré, Docteur ès-Sciences, Lauréat de l'Institut ; M. Delattre, secrétaire
général de l'Association des Amis de la
Radiesthésie ; M. Gravez, de Roubaix ;
MM. le Vicomte de la Sizeranne, de
France et Lambert, de Paris ; M. le
Docteur Papathanassiou, d'Athènes, et
Mme ; Mme Jamin, d'Orléans ; Mme
Delattre, de Paris ; Commandant et
Mme de la Bastide ; M. Maisonneuve,
d'Avignon, et Mlle ; Commandant Layraoux, de Châlons ; Mme Bricka, de
Strasbourg ; Mme Kernel, correspondante de presse, à Paris ; Mlle Chauliaquet, de Paris.
M. Moulin, maire de Lezoux, était
entouré de MM. Rondet et Du tour, adjoints ; Marc Peyrol et de Roquefeuil,
conseillers municipaux ; Docteur Mau-

7. La chèvre (danse). Covize, Chorale
Cantehube.
8. Bourrée au verre. M. Oudoul.
9. Belle Bose. Mlle A. Berthier, M. J.
Brousse.
10. La farce du Cuvier.
Chorale Canteloube.
11. Ronde. Covize et Chorah Cantehube.
i }';■, j
Au Piano d'accompagnement : Mme
Brousse-Uberti, Prix d'Honneur du Conservatoire. Prix d'entrée : 3 francs.
Au cas où la date de la fête devrait
être changée, la presse locale l'annoncera.
rice Chassagne, MM. Duchasseint, Voillaume, Fabre, correspondant du Ministère de l'Education Nationale, et de
Riberolles.
Un érudit oonférencier, M. Charles
Fabre, s'attacha, ensuite, à démontrer
l'importance de l'antique Laudusam à
l'époque gauloise.
M. Viré remercia M. Moulin et M.
Fabre et dit sa joie de se trouver dans
une ville dont le passé est si brillant.
Les visiteurs admirèrent les superbes
collections de M. Duchasseint et du
Docteur Chassagne, et, après un vin
d'honneur offert par la Municipalité, on
visita les fouilles effectuées par M. Rimbert, route de Clermont, ainsi que le
four gallo-romain découvert par M. et
Mme Mathonnières.
Les touristes partirent enchantés de
l'accueil qui leur avait été réservé.
Gageons que le zèle éclairé du maire
et de la Municipalité de Lezoux aura
fait la meilleure publicité en faveur
de leur ville.

�4

L'ALAUZA D'AUVERNHA

EN HAUTE-AUVERGNE

UN ASPECT PEU CONNU
D'EDOUARD MARTY : L'ECRIVAIN
A Monsieur Henri Pourrat,
romancier de l'âme paysanne, en témoignage de
reconnaissance et d'admiration.
Lavernhes (i) est un manoir où Henri
Pourrat aurait imaginé, fait vivre, souffrir, espérer... une autre Anne-Marie (2);
un manoir qu'Amélie Murât chanterait
en larges strophes, y recherchant, peutêtre, le « compagnon de sa vie », sous
les glycines et le lierre qui moulent, sur
la vieille demeure, un masque archaïque et romantique ; un manoir qui ferait jaülir de Raymond Gortat quelque
splendide poème coloré d'infini ; mais
Lavernhes est assez riche de beautés
rustiques et de souvenirs sans inviter,
chez lui, des poètes et des écrivains
étrangers à son jardin, à ses vieux arbres, à sa route pittoresque : Lavernhes
« surnage aux effluves d'en bas, à l'action des régions populeuses et se dérobe
à l'action violente des courants qui régnent sur les hauteurs inhabitées...
« Le cottage s'abrite dans un enfoncement de la montagne, contre les
vents (3). »
Ce « sanatorium » se trouve être le
berceau des frères Marty : du docteur
Léon Marty, qui, pendant plus de 5o
ans, vécut une vie toute de charité, de
dévouement et d'honneur et sut être
poète à ses heures ; du chanoine Frédéric Marty, qui dirigea pendant de
nombreuses années « L'Echo Religieux
d'Aurillac » ; enfin, d'Edouard Marty.
La vie de cet homme ne remplira pas
des volumes ; elle est de celles qui, discrètement, se déroulent à l'ombre des
extravagances mondaines et qui tirent
leur grandeur de leur effacement voulu
et de leur modestie.
Edouard Marty ! Ce nom s'impose,
désormais, dans l'histoire intellectuelle
et artistique de la Haute-Auvergne, comme oeux de Vermenouze, pour la poésie,
d'A. Delmas pour le roman, de Jean
Ajalbert pour toutes les branches de
l'activité littéraire, de Jean de Bonnefon
pour le style somptueux, de Fonfreide,
le portraitiste officiel d'Auvergne, de
Gandilhon Gens-d'Armes, qui a doté
d'une âme — puisqu'il les a chantées —
nos vieilles ruines fortifiées...
Le nom d'Edouard Marty évoque un
membre racé de cette vieille bourgeoisie
terrienne dont les demeures rectangulaires — sœurs cadettes des castels campagnards — arborent sur le "Nord une
tour carrée, coiffée d'un toit pointu, en
signe d'aisanoe et de supériorité sur les
maisons voisines. C'est celui du fils le
plus illustre et le plus brillant qu'ait
vu naître la famille Marty de Lavernhes;
l'artiste pour lequel Gorm-Hansem a
dit : « Un maître, Marty le fut, d'abord,
par la fécondité de son talent. » Et le
grand peintre danois, qui s'est fait Auvergnat par amour, continue son éloge
pour arriver à comparer Edouard Marty
à Edouard Manet.
Gandilhon Gens-d'Armes et Victor
Fonfreide le comparent, eux, à Millet :
« On reconnaîtra, sans doute, que
Marty eut des dons étonnants de dessinateur et de portraitiste. » Et le docteur Léon Marty a dit juste : « Cet art
discret et conscient à la fois, oet art
qui sollicite et ennoblit la pensée, qui
réjouit et console, fut celui de M.
Edouard Marty. »
Mais Marty l'écrivain, l'observateur du
paysan et de sa vie, Marty psychologue
de l'âme de ce paysan, pourquoi n'en
parle-t-on jamais ?
Parce que, peut-être, l'artiste est si
grand en oet homme qu'il paraît vain
de fouiller les autres qualités et de chercher à les apprécier ; parce que, aussi,
il n'a fait que deux petites nouvelles
perdues dans « Lo Gobreto ».
0 l'avare, non, la scrupuleuse personne que fut Marty, aussi probe en
littérature qu'en peinture !
On a dit, en parlant de Mme Robaglia-Bagès, qu'avec Rabiounel (5), la
Planèze aurait désormais son romancier : avec Edouard Marty, la vallée
de la Doire a, elle aussi, son écrivain
inspiré. Certes, Edouard Marty n'est pas
Armand Delmas — quoiqu'ayant quelques-Junes de ses qualités —, mais D est
à Delmas oe que Delmas fut à Daudet.
Il est aussi lui-même... avec son genre
et son style.
Son frère a dit de lui : « Edouard

Marty appartient à oe groupe de privilégiés devant qui s'est ouverte une double voie vers la renommée, et qui sont
connus comme Fromentin, Jules Breton
et tant d'autres, sans remonter jusqu'à
Léonard de Vinci, pour avoir fait de
bons livres et de beaux tableaux... Mise
au service de sa sensibilité spéciale, la
plume ne paraît pas inférieure à son
crayon ; elle le supplée. Beaux-Arts et
belles-lettres ont une commune origine,
le don sacré, et leurs moyens d'expression se prêtent à l'échange. »
Pour mériter de tels éloges, il a
fait simplement deux nouvelles : « Le
Père Rouchy », la plus belle, la plus
sincère, et le « Dernier des Branzac »,
plus légendaire, peut-être.
Simplement oes deux récits, mais superbement, car oé sont deux petits chefsd'œuvre où l'auteur, non content de se
montrer fin psychologue, révèle une âme
de poète.
Ces deux nouvelles ont paru « pendant une heureuse période de réfection
générale, d'activité intellectuelle et de
production artistique : 1897-1899. »
Déjà, Jean Ajalbert, « patron des lettres et des arts auvergnats », selon l'expression de J. Desaymard, avait donné
le signal, et ses élèves, dociles d'abord,
allaient partir vers les genres les plus
divers de la littérature, pour le plus
grand honneur de l'Auvergne. Edouard
Marty se mêla à ce mouvement.
**
« LE PÈRE ROUCHY »
Le père Rouchy marie sa fille, et il
y a fête au logis ancestral. Cela suffit
à Edouard Marty pour écrire une nouvelle. Il va parer oet événement de belles
descriptions ; il va surtout analyser
l'âme du père Rouchy avec une justesse de vue très grande.
Il a mis comme second titre à son
récit : « Rehausser l'âme paysanne ».
Il a donc été régionaliste avant l'heure ; il a donc été un peu le Pourrat et
le Jean l'Olagne de « La Golbne Ronde » avant « La Colline Ronde »...
*
**

cer sa vie, lorsque, malade, il dira, en
1910 ! « Malheureusement, mon rétablissement reste toujours problématique. »
*
**

Si, garder le souvenir de quelqu'un
consiste à l'honorer, à le respecter, après
la mort, celui d'Edouard Marty est pieusement gardé, non seulement à Lavernhes, mais par tous les Auvergnats intellectuels.
Mais sa famille ne se contente pas
de ce sentiment ; elle garde jalousement
les tableaux du peintre ; elle veut aussi
l'imiter, puisqu'aimer vraiment quelqu'un consiste à le prendre pour modèle.
Mme Lironcourt n'est-elle pas une artiste de grande classe, et ne perle-t-elle
pas d'un petit-neveu de Marty qui montre de réelles dispositions pour la peinture ?
Nul doute que si les uns ont hérité
le pinceau, les autres gardent la plume
si bien tenue par Edouard Marty et par
le docteur Léon Marty.
Ainsi, en cette vallée qui possède un
château d'Anjony, digne de faire rêver
Walter Scott, se continuera, au manoir
de Lavernhes, le renom de la vieille
famille Marty.
Paul CUELHES-BORDES.
(1) Lavernhes, commune de Tournemire, canton de St-Cernin (Cantal).
(2) Anne-Marie Grange, dans Gaspard
des Montagnes, de Henri Pourrat.
(3) Docteur Léon Marty.
(4) « Nécessité de la culture générale »,
par le Dr Emile Girou.
(5) Edit. U. S. H. A.

RÉGIONALISME

ARTISANAT
Syndicat de la cordonnerie.

DANSES RÉGIONALES

LANGUE D'OC

Nous avons reçu la lettre suivante,
sur laquelle nous attirons l'attention de
nos lecteurs :

LA NEIRA

« Paris, le 25 juin ig35.
« Monsieur le Directeur,
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«

« Nous organisons une grande exposition documentaire ayant pour thème : Les danses régionales de France.
« Cette manifestation est patronnée
par le ministère de l'Education Nationale, les Beaux-Arts, l'Union Régionaliste de France et la Renaissance
Française.
« A l'occasion de cette exposition,
nous lançons un référendum sur les
danses populaires.
« Nous venons vous demander de bien
vouloir insérer dans votre belle revue
ce référendum, sachant que vous
comptez parmi vos lecteurs les meilleurs écrivains et les meilleurs artistes de votre province.
« Veuillez, Monsieur le Directeur,
agréer toutes mes civilités et croire
à toute ma considération. »
« G. LE ELOCH. »

A l'occasion d'une exposition.
A l'occasion de l'Exposition des Danses Régionales de France qui aura lieu
en octobre prochain, dans leurs salles,
sous le patronage des Beaux-Arts et du
Ministère de l'Education Nationale, Les
Archives internationales de la danse,
6, rue Vital, posent aux gens de lettres,
aux musiciens, aux artistes les questions
qui vont suivre.
Les réponses seront portées à la connaissance du public lors de l'Exposition, certaines publiées dans la Revue
des Archives, et, des débats seront ouverts au cours de plusieurs soirées, auxquels le public sera invité à prendre
part.
Première question :

La Confédération Générale de l'Artisanat qui groupe dans son sein des
Artisans de tous les Métiers, s'est émue
du fait que dans toutes les Corporations
On a dit que la Danse Régionale
il existe des incapables, de même qu'il
« LE DERNIER DES RRANZAC »
y a des gens qui cherchent à tromper était une révélation du caractère de chaque race, et reflétait les paysages qui
les autres.
Figure étrange que ce noble de race,
lui
servaient habituellement de fond.
Les
Syndicats
Professionnels
qui
veuruiné par la Révolution qui, refusant
— Est-ce votre opinion ? de ce point
lent rénover leurs métiers, et en tète
de se faire une nouvelle situation dans
de ceux-ci le Syndicat de la Cordonnerie de vue vous est-il arrivé d'apprécier
le monde nouveau, ira vivre en sauvage.
une Danse Régionale ?
de Clermont et du Centre, demandent
Gomme Marty a bien su rendre poiqu'une
Loi
instituant
le
Brevet
Prognante cette histoire d'un déclassé pauDeuxième question :
fessionnel soit appbquée et que celui-ci
vre et brutal ! Gomme il a su sonder
Avez-vous été inspiré par une Danse
soit obligatoire pour tous ceux qui préson âme, l'analyser par-delà « l'immense
Régionale ?
tendent exercer un métier ; qu'une loi
étendue de solitudes » que le dernier
La Danse Régionale a-t-elle joué un
permette de poursuivre juridiquement
des Branzac a voulu mettre « entre lui
rôle dans la vie des êtres que vous avez
tout
commerçant
qui
aura
vendu
de
la
et l'humanité ».
animés dans vos œuvres diverses ?
marchandise sous une fausse dénominaSpirituel, Marty le fut aussi.
Troisième question :
tion. Exemple : que l'on puisse pourLe noble vivait avec une quasi-myssuivre un fabricant qui aura Hvré des
térieuse femme. « De oet étrange méLes Danses Régionales doivent-elles
chaussures dans lesquelles il est entré être maintenues sans modifications comnage, on savait très peu de choses, à
du carton. Si les chaussures ne portent me des documents ? ou bien modernipart des éclats de voix subrepticement
pas en marque très apparente la men- sées ? ou bien remplacées par des Danperçus par des passants fortuits, et qui
tion « Cuir et Carton », c'est très jus- ses nationales, sinon internationales ?
auraient témoigné que la bonne harmote, direz-vous, mais actuellement il n'exisnie y subissait de notables accrocs. »
Quatrième question :
te pas en France de loi qui permette
L'abbé Gourchinoux, dont le jugement
La danse régionale peut-elle redevenir
de les poursuivre.
portait, a dit de Marty : « Je soupçonne
— ce qu'elle a été sûrement — un
Il en est de même chez les tanneurs
Edouard Marty d'être lettré jusqu'au
qui ont le droit de mettre des annota^ élément religieux ? politique ? didactibout des ongles. Il a, d'ailleurs, de qui
tenir. D'immenses lectures, parfaitement tions trompeuses sur la marchandise que ?
vendue.
Cinquième question :
digérées, se sont converties en sa subsLe Syndicat de la Cordonnerie qui
tance. Au besoin, il écrirait oomme il
Quel est le plus beau texte, la plus
demande la protection du dient, comme
peint, comme il dessine. »
belle œuvre (sculpture, dessin, peinture,
celui de leur profession, vient d'organiEt ces lectures, son frère nous les incomposition musicale) inspirés par la
ser un contrôle de garantie, en exigeant
dique : Coppée, Victor Hugo, Verlaine...
Danse Régionale que vous connaissiez ?
que tous ses membres s'engagent à
Mais peut-on croire que c'est la lecLes Archives de la Danse seront ren'employer que des cuirs de première
ture de oes poètes qui a tellement enconnaissantes envers les personnes qui
qualité et en bonne force ; ces cuirs
richi le style personnel d'Edouard, Marrépondront même à une seule de ces
sont contrôlés et revêtus d'une contrety ? La montagne sera sa toile de fond,
questions.
marque portant les mots « Artisanat
la montagne seule, et les montagnards
Français », ce qui n'est pas oomme
Prière d'adresser la correspondance
seront ses héros. C'est la nature folle qui
l'on pourrait tenter de vous le faire
à Guy le Floch, secrétaire des A. I. D.,
lui donnera, après avoir été mise en
croire, une réclame pour une marque
6, rue Vital, Paris (XVI*).
forme par son esprit, cette belle desde cuir, mais la certitude que cette marcription :
chandise de différentes marques, mais
« Le jour baisse, derrière les grands
de
tout premier choix, a été réceptionfruitiers, en plein vent, qui épandent,
ECOLE NATIONALE DE MUSIQUE
née par les gens qui se portent garants
dans le soir mélancolique, leurs ramures
du
cordonnier
chez
lequel
ils
vous
invineigeuses. De grandes ombres calmes
Dans la liste des lauréats des concours
tent à vous adresser, dans votre intérêt.
tombent sur le gazon semé, çà et là,
Vous reconnaîtrez les ateliers de oes de fin d année de l'Ecole Nationale de
d'objets en désordre, autour des vieux
cordonniers par une pancarte spéciale Musique de Clermont, nous relevons les
qui, décidément, s'attardent à inventorier
qui
leur est livrée par le Syndicat de
noms suivants :
tous ces recoins de leur mémoire. Le
Mlle Luicette Marcq, Prix d'Honneur
Cordonnerie et qui porte en lettres rousilence et l'isolement se font, de plus
(Grande Médaille de bronze offerte par
ges les mots « Artisanat Français », et
en plus, dans le verger. »
chaque fois que vous ferez faire Un * M. le Ministre de 1T. P. et desi BeauxIl ne manque plus que l'angélus pour
ressemelage,
vous exigerez que vos chaus- Arts et un prix de 100 fr. offert patr
compléter oe coucher du soleil imposant
et grave. Oh ! oes « cloches qui mettent , sures soient enveloppées dans un papier Mme E. Lemaigre) ;
M. Aimé Florence, première mention
spécial portant la garantie « Artisanat
dans l'air une longue vibration d'arFrançais
»
s'il
y
a
malfaçon
sur
vos
d'Harmonie.
gent ! »
chaussures, vous vous adresserez au siège
Nos vives félicitations aux deux lauE. Marty n'a-t-il pas voulu parler un
de
l'Artisanat,
3,
rue
des
Chaussetiers,
réats,
et, en particulier, à M. Aimé Flopeu de lui, quand il dit si bien : « Ah !
si l'on pouvait recommencer!... Bon j où il vous sera donné la compensation rence, qui a bien voulu nous prêter son
obligeant concours à chacun de nos Coà laquelle vous aurez droit.
sang, si l'on pouvait revivre! !... »
Le
Bureau.
vizes.
Ne voulait-il pas, lui aussi recommen- I

I a de monde que son mas bóns per
faire lis harbahnts : Vidalon de ves
Blassac era, d'aquela mena.
Un viege, era anat vendenhar ves
Channat. Coma copavon li razims, H
vendenhaires dizian acô et l'aure et Vidalon n'en sabia mais que totes... Si parlavon de fedas, elh n'avia vistos quez
eron grandas coma de vachas... Dinc
un païs que sabia, Ks egas polinavon
dos cóps l'an, lis polas fazian de cacaus coma la testa, lh'avia de poms coma
de cogorlas... D'un pauc mais, auria
vougut faire creire que'lh avia de nozes
sos li sauzes o ben que'ls peras avian
de coscles...
Adonca, tant Vidalon ennojet li vendenhaires qu'aquels d'aqui se vougueron
rire un pauc dez elh. Et lo sera de la,
rebola, quanz augueron golafrat et chaupinat coma de môda, quaucun botet un
geambre dins la pocha de l'harbalant.
Âco era delh moment que Vidalon dizia,
justamen aquela goalha : « E ben, vezés, un cóp veguere un paure quez avia,
de pezols coma de grapauds!... » Et
sarret son cotel et lo botet dins sa pocha.
Mas cridet et sorteguet vistamen sa mon.
Lo geambre hi pengeava.
« — D'aquels coquins ! M'an fat pincar per un geambre !
« — Un geambre, aco ! » copet lo
mestre, « un geambre!... Sabras, 00ion
que ses, que ves Channat, aco es mas
una néira !... »
Henri GILBERT.
(Extrait de Contes de la Luneira).
VOCABULAIRE
Harbalant, qui dit des fariboles, fanfaron, (du lat. fari, parler). — Voir
« La Covizada », Notes étymologiques.
— Vidalon (prononcer Vidalou, Vidahou
ou Vidavou, selon les régions), diminutif de Vidal. — Blassac, commune
du canton de La Voûte-Chilhac (HauteLoire). — Mena, espèce, engeance. Nom
verbal de menar, produire, engendrer
(racine men, esprit, intelligence). Pour
l'extension de sens, voir « La Covizada ». — Vendenhar, .pour vendemiar,
vendanger ; dérivé de vendenha pour
vendemia (lat. vindemia, récolte du raisin, vendange). — Channat, village de
la com. de ViUeneuve-d'Allier, cant. de
La Voûte-Chilhac. — Copavon (ils),
coupaient. — Acô et l'aure, litt., « cela,
et le reste », cela et autre chose. Aure
est formé des mots latins alius, res. —
Fedas, les brebis (lat. feta, mère ; btt.,
« celle qui produit). — Vistos, vues ;
remarquer l'accord du participe passé.
— Polinavon, poulinaient ; dérivé de polin, poulin, mot qui est écrit fautivement poulain en français. — Cacau,
œuf. Pour cacal. Etymologie incertaine.
Cf. le français coque. — Cogorlas, courges (bas lat. cucula, fém. de cuculus,
morelle, dans Pline). — Nozes (les)
noix (du lat. nucem, accusatif de nux,
noix). — Sauzes (les), saules (du lat.
salicem, accusatif de salix, saule). —
Quels, pour que lis ; abréviation très
fréquente même en ancienne langue
d'oc. — Coscles, noyaux. Etymologie
incertaine. — Lo sera : cette expression,
consacrée par l'usage, est fautive. Sera
étant du féminin, on devrait dire, comme
en italien, la sera (bas lat. sera, du lat.
serus, heure avancée du jour ou de la
nuit). — Rebola, repas par lequel on
fêtait la fin des travaux des champs.
— Golafrar, faire ripaille. De goh,
gueule. — Chaupinar, vider des chopines. — Môda, mode, coutume, habitude
(lat. modxi, de modus, mesure, loi, règle, manière, façon). — Geambre, écrevisse. Cf. l'italien gambro, même sens.
— Goalha, plaisanterie. — Pezol (pron.
pezou), pou (lat. pediculus). — Cridar,
crier. Pour quirdar, par métathèse (lat.
quiritare). En Limagne, et, partiouhèrement, à Saint-Germain-Lembron, on emploie la forme régubère querdar. —
Mon, main. Dans oe mot, l'a a faibH
en o, de sorte qu'on le prononce, en
certaines contrées, mô. Il est nécessaire
de l'écrire, cependant, sous sa forme
régulière, laquelle persiste, d'ailleurs,
dans les dérivés : manada, manilha, etc.
— Coquin, homme sans scrupule, est
passé dans le français avec le même
sens. Cf. le lat. coquinus, dérivé de 00quus, cuisinier. — Pincar, nasalisé de
picar, piquer. — Copet, prétérit de
copar, couper, interrompre. — Neira,
puce, bttéralement, « la noire » (de
neir, noir, venu du lat. nigmm).
H. G.

�L'ALAUZA D'AUVERNHA
DOCUMENTS
LA

HISTORIQUES

nir gain de cause, que leur degré de
parenté les appelait à succéder au défunt. Mais, comme des allégations ne
suffisaient pas, et comme, d'un autre
côté, on ne tenait pas, alors, des actes
de l'état civil, ces prétendants devaient
administrer des témoins à l'appui de
leurs dires. Ces témoins, lorsque la contestation était pendante entre des gens
de la ville et des habitants de ses dépendances, ou entre des habitants de la
ville et des étrangers, n'étaient reoevables que s'ils résidaient dans ladite ville.

L'un des buts de la Fédération Régionaliste Auvergnate et Vellavs » est « la
vulgarisation des œuvres artistiques dont
les auteurs sont Auvergnats ou Vellavss ».
Mais, en même temps que les œuvres, il est
nécessaire de faire connaître aussi leurs
auteurs. « L'Alauza d'Auvernha » consacrera donc, dans chacun de ses numéros, une notice à un artiste Auvergnat ou
Vellave. Nous commencerons par ceux qui
ont adhéré à notre Fédération.

CHAPITRE PREMIER

CHAPITRE DEUXIEME

MAURICE BUSSET

Des successions.

Des donations et testaments.

COUTUME

D'AUVILLAR

TITRE V
Des successions, donations, testaments.
La Coutume est très sobre de détails
sur ces différentes manières d'acquérir
la propriété, ce qui prouve que, à Auvillar, comme dans tout le Midi de la
France, le droit romain servait de règle
pour vider la plupart des contestations
civiles.

La faculté de disposer de ses biens à
Les dispositions relatives aux succestitre gratuit, par donation ou testament
sions attribuées au seigneur, par droit
n'était assujétie à aucune restriction.
de déshérence, ayant été mises en œuPeu importaient la nature de l'objet
vre dans le titre précédent, nous n'avons
donné et le titre ou la quahté du donaà nous occuper ici que des successions
taire, pourvu qu'on restât dans les hmide ceux qui mouraient ab intestat.
tes du droit et qu'on se conformât aux
Deux cas sont prévus dans la CoutuCoutumes. Que la chose donnée fût une
me : les ayants-droits à la succession
maison, une vigne, de la terre ou toute
pouvaient être des parents en ligne diautre possession, que le donataire fût
recte ou des parents en bgne collatérale.
un chevalier, un fils de chevalier, une
Lorsque le défunt avait laissé des
femme noble, un clerc ou un ordre reparents en bgne directe, ascendents ou
ligieux, l'acte devait être rédigé de la,
descendants, ceux de ces parents qui
même manière que pour un simple bourétaient appelés à recueillir la succession,
geois et avec les mêmes formantes.
d'après la loi romaine, en prenaient posLorsque le droit le permettait, on
session, et, s'il y avait heu, il était pro.pouvait disposer de la totahté de ses
cédé à un partage.
biens ou d'une partie seulement. On
Si le partage n'était pas fait immépouvait encore .en donner la valeur à
diatement après l'ouverture de la sucl'Eglise, à un clerc, à un ordre religieux,
cession, et si les héritiers du défunt
à la condition qu'elle servirait à des auétaient ses propres enfants, il s'établismônes ou à de bonnes œuvres. Dans
sait entre eux, comme à Toulouse,
ce cas, ni le retrayant, ni le feudataire,
d'après la Coutume de 1285, une société
ni le seigneur du fief, ni le seigneur vitaisible ou coopérative : tous les bénécomte n'avaient le droit d'intervenir ;
fices réalisés dans la suite, en commun
mais les aumônes ou les bonnes œuvres
ou par l'un d'eux seulement, profitaient
devaient être faites dans l'année qui
à la masse ; en procédant au partage, il
suivait la mort du testataire ou du don'était fait aucime distraction au profit
nateur (sans doute, lorsqu'd s'était réde celui qui, par ses acquisitions, avait
servé l'usufruit durant sa vie), jusqu'à
donné personnellement une plus grande
concurrence de la valeur des biens donvaleur à ladite masse, et les dépens dto
nés. Ces biens devaient être vendus aux
toute nature étaient supportés, par égaenchères et adjugés à celui qui 'en ofles portions, par tous les cohéritiers.
frait le prix le plus élevé ; et, s'il ne se
La règle en vigueur, en ce qui touprésentait pas d'enchérisseur, les consuls
chait les dépenses faites pour le compte
^ étaient obligés de le conserver et d'en
des oopartageants d'une sucoessesion forfaire dresser un inventaire régulier, en
mant entre eux une société taisible, était
présence du bayle, ou d'un écrivain pupareillement apphquée lorsque, un imblic de la ville, le jour même où ils en
meuble étant possédé par indivis, un des
prenaient possession.
copropriétaires l'avait fait réparer ou.
D'après la Coutume, toute personne,
reconstruire.
homme ou femme, quelle que fût sa
« Lorsque deux ou plusieurs personqualité, pouvait disposer valablement par
« nés d'Auvillar ou de ses dépendances,
testament de tous ses biens, si elle n'avait
« porte la Coutume, possèdent ensemni parents ascendants ni parents descen« ble et en commun une maison, un
dants, mais ses dispositions ne pou« mur mitoyen, aie chaussée, un mouvaient nuire, en aucune manière, au
« lin ou tout autre bâtiment qu'il est
droit des seigneurs. L'institution d'un
« nécessaire de réparer ou de reconshéritier n'était pas indispensable comme
« truire, et lorsque un ou plusieurs des
sous l'empire de la loi romaine.
« copropriétaires refusent de contribuer
Les jeunes garçons âgés de dix ans
« à cette dépense, oelui ou ceux qui la
révolus et les jeunes fuies ayant atteint
« jugent indispensable peuvent l'entrel'âge de douze ans, — nous l'avons déjà
« prendre après avoir signifié, par trois
constaté dans le titre Ier, — pouvaient
« fois et pendant trois jours oonsécuitifs,
aussi valablement disposer, par testa« leur intention aux autres. L'immeument, à l'article de la mort, de leurs
« ble étant réparé ou reconstruit, ils ont
biens propres ainsi que de ceux qu'iïs
« le droit de le retenir jusqu'à ce qu'ils
tenaient du chef de leur père ou de toute
« ont été remboursés de leurs avances,
autre personne.
« et il doit être ajouté foi à leur parole,
Dans la même circonstance, c'est-à« sur leur serment, en ce qui touche le,
dire à l'article de la mort, toutes solen« montant de ces avances ; et, si l'imnités de droit, quant au nombre des té« meuble est affermé, le seigneur et
moins, n'étaient pas exigées pour assurer
« les consuls, jugeant sommairement,
la validité d'un testament. Pourvu que le
« doivent faire rembourser, sur le fertestateur fût capable de tester, le testa« mage, à celui ou à ceux qui ont fait
ment qu'il faisait alors était valable, 6'51
« la réparation ou la reconstruction, le
était rédigé en présence de quatre té« montant desdites avances, après qu'ils
moins. Peu importait, d'ailleurs, qu'un
« en ont affirmé le chiffre par serprêtre eût été appelé ou non et qu'il eût
« ment. »
assisté ou non à cet acte.
Passons au deuxième cas. Il se préA. LAGRÈZE-FOSSAT,
sentait lorsque celui qui mourait ab
Avocat.
intestat ne laissait que des parents collatéraux. S'il n'existait ni titres ni con(A suivre)
ventions pouvant être invoqués par des
oopartageants, il était, d'abord, fait deux
parts de la succession : l'une, qui devait
LE LAC DISSARLES
se composer de tous les biens que le défunt tenait du chef de son père, était
est classé site historique
attribuée à ses parents les plus rapproL'administrai ion des Beaux-Arts vient de
chés dans la ligne paternelle ; l'autre,
classer site historique le lac d'Issarlès, le
dans laquelle devaient rentrer tous les
plus grand de la France centrale, qui
biens que le susdit défunt tenait du
s'étend dans un cadre des plus pittoreschef de sa mère, devenait le lot de ses
parents les plus rapprochés dans la ligne ques, à i.ooo mètres d'altitude, sur les
maternelle. Il était procédé, ensuite, au confins de la Haute-Loire et de l'Ardèche.
partage, par moitié, entre les deux hgnes, de tous les biens que le défunt
avait acquis personnellement.
Ces distinctions n'existent pas dans
PROVERBES
les lois qui nous régissent ; elles sont,
cependant, parfaitement justes au point
Demorem mais jaguts que levats.
de vue de l'équité.
Lorsque l'attribution d'une succession
**
donnait beu à un procès, il fallait que
les prétendants prouvassent, afin d'obte- Chaire de la padella dins lo fioc.

LES ARTS

Le beau livre de G. Desdevises du Dézert, intitulé Les Monts d'Auvergne et le
Peintre Maurice Busset est une source précieuse pour qui veut connaître l'homme et
l'œuvre.
Il nous est parlé des années de jeunesse
et d'étude de Maurice Busset ; de la Poterne, site natal, qui l'a nourri de belles
visions. De ses vacances, surtout de celles
qu'il a passées à Saint-Bonnet-d'Orcival,
chez le père Jeantou, « un philosophe intuitif ».
C'est ensuite les Beaux-Arts, sous la
direction du vénérable Viennet. Puis, Paris, dans les « classes » de Gérôme et da
Cormon. De Cormon surtout.
Et, alors, c'est la vie, le professorat.
Les premiers succès aussi ; l'atelier dans
la grange d'Orcines. 191A. La tourmente.
Maurice Busset est aviateur. Période d'héroïsme, de travail, tout à la fois.
L'étoile de Maurice Busset monte toujours. La paix. Le retour en Auvergne.
Le professorat à Paris. Déjà la renommée
qui ne cessera de croître.
Travailleur infatigable, l'artiste passe
l'hiver vers la ,« ville lumière », l'été,
chez lui, chez nous. Les longues promenades, les milliers de croquis, les tableaux.
Mais l'artiste écrit aussi.
Les Albums de Guerre de Maurice Busset nous montrent l'écrivain aussi bien
que l'artiste ; de même, ses ouvrages de
technique du bois gravé et son Gergovia.
1928 : c'est la Bourse du Maroc. Des
tableaux très originaux.
Et c'est le labeur de chaque jour, de
chaque saison, de chaque année. Au salon
du Musée de ig,34, il avait exposé une
Chaîne des Puys vue d'un angle nouveau
où l'harmonie des couleurs atteint la perfection ; un nouveau Lac Chambon au
soleil, couchant qui est tout scintillant
d'impressionisme raisonné, et un Tournoël
qui a un bel effet d'enveloppement.
Maurice Busset est conservateur du Musée de Clermont et président de la société des « Amis du Musée », qui a
adhéré à notre « Fédération Régionaliste
Auvergnate et. Vellav? ».
JOSEPH
BERARD.

MAURICE BUSSET. — Foire en Auvergne.

AU SALON DES ARTISTES FRANÇAIS
Le peintre dermontois Alfred Thésonnier a exposé au Salon des Artistes Français, à Paris, un tableau, « La leçon
clinique du Professeur Buy, à l'HôtelDieu de Chrmont-Ferrand », qui a retenu l'attention du Jury : l'auteur a obtenu la médaille d'argent.
Au même salon, le ferronnier d'art Roger Coulon, de Clermont, a obtenu une
mention honorable et le prix d'encouragement aux arts pour un cache-radiateur en fer forgé et bronze.

JAFFEUX

Charles Jaffeux est du siècle. Riom,
dont il a dessiné toutes les richesses,
toutes les beautés, lé vit naître le 17 janvier 1902.
Il fut élève de Waltner, à l'Ecole des
Beaux-Arts de Paris. Wailtner était graveur ; c'est, sans doute, pour cette raison que Charles Jaffeux, en vrai artiste
indépendant, dessina surtout, et grava très
peu, chez le Maître.
Charles .laffeux est surtout connu
comme aquafortiste. C'est après son service militaire qu'il commence ses petites
éaux fortes. Son style est à l'opposé de
celui de Waltner. Jaffeux est Jaffeux,
rien de plus, mais c'est beaucoup. Très
jeune, il est déjà un maître dans un
genre bien ingrat.
Mais l'artiste est aussi peintre. Surtout
à l'huile. Il expose ou a exposé à la
Nationale, aux Indépendants. Et ses toiles ont un vif succès.
Actuellement, Jaffeux est triple en son
talent.
Il peint des paysages, des portraits,
des natures mortes.
Il grave des monuments, des scènes
religieuses.
Il illustre des livres, Jes livres de son
Riomois, de son Auvergne.
Au Salon du Musée de l'an dernier,
deux 'Porches de Cathédrale étaient des
eaux fortes d'un excellent dessin. Parmi
les peintures, je me suis particulièrement
arrêté devant un Buron perdu dans la
verdure de la haute montagne et devant
un Murols bien campé.
Joseph BÉRARD.

Pour le Syndicat : BARGHEON.

Le peintre paysagiste Georges Fontanet,
originaire du Mont-Dore ai exposé à la
Galerie Caors-Cottier, à Marseille, une
soixantaine de toiles dont notre oonfrèra
Marseille-Matin fait le plus grand éloge.

On a lu, d'autre part, que les artistes
des « Amis du Musée » ont fait une expòsit ion au Covize du 22 mai.
Le peintre J. Borel, de Riom, a exposé
chez Besson, rue St-Hérem, une « Vieille
Auvergnate » très remarquée.

Notre secrétaire général Joseph Bérard,
secrétaire délégué à la presse des Amis
du Musée, avait organisé, du 17 au 23
juin, une exposition de tableaux dus au
pinceau de notre ami G. Millange, d'Aurillac, dans les vitrines de Joseph Blanc,
rue de THôtel-de-Ville.
Les types et les paysages du peintre
paysan de la Haute-Auvergne reçurent de
nombreuses visites, et nous pouvons même
dire que quelques-uns d'entre eux resteront Clermontoiis.
Voilà de la bonne décentralisation.
Félicitons le peintre Millange de son
succès.
A THIERS
Vile SALON DE « L'ATELIER ».

CHARLES

de tout obstacle dangereux, les rues de
toute ordure et que la toilette générale»
de votre pays, jointe à l'aspect avenant
de vos demeures, donne l'impression de
sa salubrité et de son hospitalité souriante.
Les habitants de Randan disposant d'appartements meublés ou non sont priés
de l'indiquer au S. L, qui les mettra
en rapport avec les touristes ou toutes autres personnes désirant villégiaturer dans
le pays.
Le S. I. travaille pour la prospérité
du pays, aidez-le dans son œuvre en lui
donnant votre adhésion.

A MARSEILLE

A CLERMONT

Le 7 juin eut lieu, sous le Marché
Couvert, décoré avec goût, le vernissage du
Salon annuel de la société artistique
« L'Atelier ».
Une foule considérable avait tenu à
assister à cet événement local. A côté du
président de l'association, Me Banière,
avocat, on remarquait : MM. Délannet,
sous-préfet ; Chas tel, maire ; Perrin, piésident du Tribunal civil ; Olmi, procureur
de la République ; Vialatte, Juge d'Instruction et de nombreux artistes exposants.
Le Cercle Musical, sous l'habile direction de son chef, M. Fayard, prêtait son
concours.
M» Banière remercia public et invités
et adressa un chaleureux appel en faveur
des exposants. M. le Maire promit aux
artistes l'aide de la Municipalité. M. le
sous-Préfet fit ressortir les bienfaits de
l'art.
Enfin, une visite au Salon, sous la conduite de Me Banière, permit de remarquer tout l'intérêt de cette exposition.
Souhaitons que les artistes thiernois
aient des imitateurs dans toutes nos régions d'Auvergne.

RANDAN

APPEL DU SYNDICAT D'INITIATIVE
Il ne suffit pas d'aimer sa région ;
il faut aussi la faire aimer de tous ceux
qu'elle attire.
Que chacun mette en pratique cette
formule de l'hospitalité française : Honneur à nos visiteurs.
Faites bon accueil aux touristes en
assurant la sécurité et la propreté de
la voie publique. Débarrassez les routes

(Cliché c Région du Centre

LA MARGUERITE
Je suis la fraîche marguerite
Que consulte l'amour discret,
Et j'ai le précieux mérite
De l'instruire sur son secret.
Des fleurs des prés je suis la reine,
Reine éphémère d'un printemps,
Ilél as !... et ma beauté n'entraîne
La jeune fille qu'à vingt ans.
Elle accourt, folâtre ou rêveuse,
Pleine d'espoir ou de souci ;
Si je rends son âme fiévreuse,
Je réjouis son cœur aussi.
En me voyant, elle soupire
Et puis me cueille avec amour ;
Elle me jette un doux sourire,
Tout en me ravissant le jour.
En soupirant, elle m'effeuille,
M'interrogeant sur son bonheur ;
Quant, tombe ma dernière feuille
Je brise ou rassure son cœur.
Je suis la fraîche marguerite
Qui possède plus d'un secret ;
Mais je n'ai qu'un petit mérite :
Le mérite de l'indiscret.
Félix DOUCE, du Puy,
(Poésie parue en i858,
dans les Olympiades).

ASSOCIATIONGUILLAUME BUDË
Le congrès de l'Association Guillaume
Budé s'est poursuivi, le 25 avril, à Nice,
par une audition, dans les diverses sections, des rapports magistraux, rédigés par
des professeurs de la SorboMie, du Collège de France et des Facultés des Lettres
et des Sciences.
A noter, à la section d'enseignement,
le rapport de M. Jacquinjot, professeur
de l'Ecole Normale supérieure de St-Cloud,
sur le rôle des humanités dans l'organisation actuelle des écoles normales. Ce
rapport fut suivi d'une longue discussion.

«

CONTES DE L'AZE »

Sous ce titre prometteur, le conteur
auvergnat Henri Gilbert, Mestre en Gai
Saber, fait paraître unie, série de contes
gais. Les premiers fascicules, que l'on
pourra se procurer chez les libraires de
Clermont, et à la Librairie « A la Plume
d'Or », à Royat, contiennent « L'Aze
pelh covert » et « L'Aze, belh fraire
delh Bon Dieu ».
Les « Contes de l'Aze » sont publiés
sous une couverture illustrée par le
peintre Gabriel Moiselet.

�'I

L'ALAUZA D'AUVERMIA
LES LIVRES

LA VERITE SUR GERGOVIE
par M. Louis, Docteur de l'Université de
Montpellier. Heugel, Editeur, 36, rue
du Bac, Paris (Plaquette de 67 p.
Prix : 5 francs.
La découverte par M. Maurice Busset des
mines de l'Opidum des Côtes, à qui le
voisinage de la capitale arvenue, ClermontFerrand, oonfère un intérêt de premier
plan, a révélé un fait nouveau, et a fait
évoluer la question de Gergovia, en transposant le site de la bataille sur ce nouvel
emplacement beaucoup plus vraisemblable.
Les descriptions topographiques et stratégiques du texte des « Commentaiics de
César » s'appliquent en effet parfaitement au site du plateau des Côtes, et ne
peuvent cadrer avec le plateau de Ml&gt;rdogne sur lequel Napoléon III situa arbitrairement en i863 (malgré le résultai
incertain des fouilles) la capitale arverne.
La question de l'Oppidum du plateau
des Côtes reste donc entière ; aucune objection sérieuse n'a, jusqu'ici, prévalu contre son existence, et la thèse présentée par
MM. Pierre de Nolhac, Desdenises-du-Dé'ïert, le colonel Pessemesse, Maurice Busset, Gailly de Taurine, Henri Pourrat,
etc., s'avère beaucoup plus proche de la
logique que celle soutenue jusqu'à présent par les partisans de Napoléon III.
C'est le moment qu'a choisi un spécialiste réputé des questions de préhistoire, M.
Louis, professeur d'archéologie préhistorique à l'Ecole antique de Nîmes, directeur
des « Cahiers d'histoire et d'archéologie x, pour résumer la polémique, en faisant paraître aux Editions de Psyché à
Paris, un ouvrage très documenté : « La
vérité sur Gergovie, le point de vue à: la
préhistoire ».
M. Louis, bien connu pour ses explorations des oppida méridionaux situés dans
les départements du Gard et de l'Hérault, a longuement étudié sur place les
vestiges antiques du plateau des Côtes.
Reprenant en préliistorien les données formulées par M. Auguste Audollent, membre
de l'institut (1), l'auteur de « la vérité
sur Gergovie » démontre la parenté i idéniable des constructions des côtes et des
oppida depuis longtemps explorés en Provence. Il étudie longuement et réfute les
arguments puérils de certains archéologues amateurs qui ont voulu assimiler les
murailles des Côtes à des constructions
agricoles modernes, malgré la découverte
d'objets antiques sous ces ruines.
L'intérêt de cet ouvrage s'avère considérable, au double point de vue archéologique et historique ; tous ceux qui s'intéressent à l'histoire de l'ancienne Gaule,
le liront avec fruit.
(Communiqué).
HEUGF.L.
N.-B. — « L'Alauza d'Auvernha » ne
prend aucunement parti dans la controverse sur Gergovie : elle se contente de
reproduire impartialement les différentes
opinions.
(1) A. Audollent, Revue archéologique,
ig33. L'Oppidum de Clermont en Auvergne.

POUR
« L'ALAUZA D'AUVERNHA »
Concours d'abonnements.
Mme Montbesson : une annonce de
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M. le Dr René Martrou : 18 abonnements, 18 points ;
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et 2 abonnements, 10 points ;
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M. Mathieu, 1 abonnement, 1 point.
Abonnements directs : i/j.
Total : i3i abonnements.
Pour la première série, il reste à
obtenir 19 abonncmonts.
Les nouveaux abonnements sont dus
à nos amis de Clermont et de SaintGermain.
Tous nos remerciements.
*
**
Nous remercions aussi ceux de nos
abonnés qui veulent bien renouveler
d'eux-mêmes leur abonnement lorsqu'il
est échu, ce qui évite des frais au
journal.
Nous sommes sûrs que nos amis qui
ont laissé passer, par mégarde, l'échéance de leur abonnement, feront bon
accueil à la facture qui leur sera adressée. Il est, en effet, très important que
L'Alauza d'Auvernha puisse régler, chaque mois, son imprimeur, afin d'avoir
la possibilité de se libérer de son arriéré.

NOS AMIS
Naissance.
Notre ami, M. René Tallard, professeur de langue et littérature anglaise,
et Madame, sont heureux de nous faire
part de la naissance de leur petite Annie.
Nos félicitations très sincères et nos
vœux les meilleurs au bébé.
Mariage.
Le 2 juin, au milieu d'une nombreuse
et élégante assistance, a eu lieu, en la
basilique N.-D. du Port, le mariage de
notre ami M. René Rousseau, secrétaire
de la Région du Centre et de la xvu°
R. E., avec Mademoiselle Renée Sanitas.
Que les jeunes époux trouvent ici tous
nos meilleurs vœux de bonheur.
Distinctions.
Aux dernières élections, nombre de
nos amis, sans distinction de partis,
ont recueilli des lauriers.
Ont été élus :
Maire d'Aubervilliers (Seine) : M.
Pierre Laval, sénateur.
Maire de Clermont : M. le D' Ph.
Marcombes, député du Puy-de-Dôme.
Malheureusement décédé depuis.
Maire d'Issoire : M. Albert Buisson,
correspondant de l'Institut.
Maire de La Voûte-Chilhac : M. d'Anthouard, ministre Plénipotentiaire.
Maire de Saint-Germain-Lembron :
M. François David.
Maire de Brassac-les-Mines : M. Jean
Fabre.
Maire du Breuil-sur-Gouze : M. Emile
Dousset, président de la Chambre de
Commerce de Clermont-Issoire et de la
xvne R. E.
Maire de Vic-le-Comte : M. Boste.
Conseiller municipal de Clermont :
M. le bâtonnier E. Pialoux, du Comité
du « Covize ».
Conseiller municipal d'Issoire : M.
François Baron, artiste-peintre, viceprésident du « Covize ».
Conseiller municipal de Lezoux : M.
Jean Chalut, artiste peintre.

Conseiller municipal de Vichel : M.
Joseph Boubille. Ce dernier, né en iqio,
est parmi les plus jeunes conseillers de
France.
A tous, amis de notre mouvement
régionaliste et même membres très actif s
de nos sociétés, nous adressons nos plus
sympathiques félicitations. Nous savons
que, dans leur commune respective, le
mouvement représenté par la Fédération
Régionaliste Auvergnate et Vellave et
soutenu par « L'Alauza d'Auvernha &gt;.
aura toute leur sollicitude.
Nominations
Notre ami Alphonse Blanchet, membre
du Comité du « Covize », a eu un très
flatteur avancement dans l'administration
des P. T. T. : il est maintenant contrôleur
au Touquet-Paris-Plage. Nos félicitations et
nos vœux de prochain retour en terre
d'Auvergne : sa place est vide !
— Les élèves des Ecoles Pubbques de
Vic-le-Comte ont été vraiment gâtés par
la nomination, auprès d'eux, de Mlle Andrée Berthier, membre du Comité du
« Covize », comme professeur de chant.
La Chorale Canteloube, dont Mlle Berthier est, en outre, la directrice artistique^
aura là une ardente pépinière. Bravo,
Mademoiselle !

Brassac-les-Mines. — Hôtel Beynard.

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à nos amis les autres fournisseurs qui
sont aussi nos adhérents.

Le Gérant : H. GILBERT.
Le Puy.

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Nécrologie
Nous avons appris avec une profonde
tristesse le décès, au château de Lamothe,
de Mme Charles de la Porte, notre vénérable et fidèle abonnée. Mme de la Port%
qui était âgée de 88 ans, était la mère
de Mme Raoul Dupain, du Comité de
Rédaction de « l'Alauaa d'Auvernha »,
et la sœur de M. Chassaigne-Goyon, député de Paris, lui aussi notre fidèle
abonné.
Le service religieux a eu lieu le 4
mai, en l'église de Chateldon, au milieu
d'une assistance nombreuse et recueillie.
« L'Alauza d'Auvernha » et « Lo Covize » offrent à toute la famille, en
particulier à Mme, M. le Commandant
Raoul Dupain et leur famille, ainsi qu'à
M. Chassaigne-Goyon, leurs condoléances
attristées.
J. B.

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Albert Boudon-Lashermes, Les Origines de la Cité d'Anis ; La vie d'autrefois au Puy-en-Velay.
Casimir Chacornac, Aliscans.
Colonel Pessemesse, Les Mines d'Auvergne pendant la Révolution.
Pierre Mamet, Chaliergue et eaux
pendantes, Le Pont de la Bajasse, César
en Velay, Pistes de moines.
Maurice Busset, Gergovia, La technique du bois gravé.
Amélie Murât, Le Livre de Poésie,
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              <text>L'Alauza d'Auvernha : organe mensuel de la Fédération régionaliste auvergnate et vellave. - 1935, n°68 (Juin-Juillet)</text>
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              <text>L'Alauza d'Auvernha. - 1935 - N° 68</text>
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              <text>Gilbert, Henri(1874-1955), Directeur de la publication</text>
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              <text>Vignette : http://occitanica.eu/omeka/files/original/9b0e42bdc2cbf381e1c5e312bea6e30f.jpg</text>
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          <name>Is Part Of</name>
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              <text>L'Alauza d'Auvernha (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/12715"&gt;Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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