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                  <text>SEPTIEME ANNEE. — N° 63.

Numéro spécial : 2 fr.

50. Etranger : 3 fr.

JANVIER 1935.

Direction :
HENRI GILBERT
J. BERARD,
J. BROISSE.
M. BUSSET.
A. CASATI.
C. CHACORNAC.
J. CHARBONNIER.
L. DEBRONS.
D' A. DELANEF.
L FARGES.
J. FREYONET.
H GILBERT.
A GILBERT.
P MAMET.
E. MARCENAC.
L. MAURANNES.
J PAGENEL.
L'-C E. PESSEMESSE.
M"&gt;e RAOUL DUPA1N.
D' E. ROUX.
M"« R. ROZIÈS.
P. SABATIER.
L. TESTUD

7, Rue Sorret, 7
CLERMONT-FERRAND

Administration :
ANTOINE

3,

Place

GILBERT

des

Tapis,

3

LYON

Chèques-Postaux
Lyon : 9-553

OKGANE MURIEL DE LA FEDERATION KEGIONALISTE AlVEHGNATE ET VELLAVE

MOIVTROGNO
—1 935

L'Alauza
OFFRE

SES

0

^J- -—

d'Auvernha
MEILLEURS

Conférence faite au « Covize », à Clermont, le 21 mars 1953, par M. RENÉ TALLARD, Professeur à l'Ecole Primaire Supérieure
de Clermont, Conseiller du « Covize ».

VŒUX

(suite et fin)

A SES COLLABORATEURS, A SES ABONNÉS
A SES LECTEURS, A SES CONFRÈRES
ET A

TOUS

SES

AMIS

X/

Une très curieuse lettre de Couthon,
conservée aux archives de Clermont,
mérite d'être citée :

«
«
«
«
&lt;
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«

« Clermont-Ferrand, 20 sept. 1793.
« Les châteaux-forts, les tours, les
donjons, les souterrains, tous ces crimes vivants du régime féodal blessent
la vue des hommes libres et outragent la Révolution. La Convention
Nationale n'a pas créé la République
et fondé la liberté sur les ruines de
l'esclavage sans songer à ces restes
hideux du monstre qu'elle a mortel lement frappé. Elle a décrété qu'ils
seraient détruits... car ces tours insolentes, ces repaires dangereux qui
furent si longtemps funestes à la liberté semblent la menacer encore. Il
est temps d'en délivre)' fâ terre humiliée. En conséquence le représentant du peuple arrête :
« Art. I . Tous les châteaux-forts,
donjons, tours et autres monuments
de la féodalité qui existent encore
dans le département du Puy-de-Dôme
seront détruits. Les fossés qui les environnent, les citernes et souterrains
pratiqués auprès et au-dessous seront
comblés.
« Art. 2. Les matériaux provenant de
la démolition seront adjugés au profit
des patriotes indigents des communes
où ces restes se trouvent.
« Signé : COUTHON. »
ER

«
«
«
«
«
«
«
«
«
«

Le château avait cependant conservé
un aspect encore assez imposant.
En 1828, une des principales tours,
minée par le gel, s'écroula avec un formidable fracas, produisant, au milieu
de la nuit, une telle secousse que les
habitants de Romagnat sortirent, effrayés, de leurs maisons, croyant à un
tremblement de terre.
D'ailleurs, il semble que des séismes
très violents aient été ressentis en Auvergne à maintes reprises, entre 1828
et i85o, et, particulièrement, le 9 octobre i833 (1) et le 27 décembre i843.
Toutes ces commotions étaient accompagnées d'un bruit semblable à celui d'une
voiture lourdement chargée qui roulerait
sur une route. Elles duraient 3 ou 4
secondes. Des ouragans de vent d'une
rare violence (19, 20, 21 février i84o)
complétèrent l'œuvre destructrice des
tremblements de terre. Pierre par pierre,
le vieux château dispersait ses siècles
de gloire et de souvenirs. Il semblait
condamné à n'être plus bientôt qu'une
masse de pierres oubliées, lorsqu'un événement inattendu lui redonna, en i884,
un regain d'actualité.
Du 2 5 avril i884 au 10 mai de la
même année, les journaux locaux consacrent à. Mon trognon de longues et
passionnantes colonnes. Relisons le « Moniteur » de ces jours déjà lointains. (2).
25 avril 188â. — Un terrible accident vient de se produire à Mon trognon.
Deux individus nommés Vignon et Rony
avaient, dans l'espérance de trouver un
trésor, pratiqué des fouilles dans les
mines que l'on aperçoit de Clermont
et qui font encore bonne figure à cette

distance. Déjà un puits de 10 m. de
profondeur avait été creusé par Vignon
et Rony, lorsqu'avant-hier un éboulement s'est produit, ensevelissant sous
des monceaux de rochers et de bois
les malheureux ouvriers. Un travailleur
des champs aperçut, vers 11 h., comme
un nuage de fumée s'échappant de la
montagne. C'était la poussière produite
par la chute du terrain. Prévenu, hier
matin, par la mairie de Ceyrat, le procureur de la République s'est transporté
sur les lieux avec M. de Récherelle,
Ingénieur des Mines, et Lemain, Inspecteur des Ponts et Chaussées en re^
traite. En même temps, des instruments
et des charpentes étaient réquisitionnés
chez un charpentier de Ceyrat. A leur
arrivée sur les lieux, les ingénieurs constatent la gravité de l'accident et la difficulté du sauvetage. On envoie chercher
la troupe. En attendant, des femmes
et des enfants venus des villages voisinai
aident de leur mieux. M. de Récherelle,
armé d'une pioche, se porte aux endroits les plus périlleux. Un treuil est
mis en mouvement ; il se casse sous
le poids énorme des. roches qui obstruent le puits. Que sont devenus les
malheureux ouvriers ? Sur les bords du
puits, on aperçoit encore leur panier
et quelques vêtements. Les artilleurs arrivent : ils vont travailler toute la nuit.
26 avril. — Le travail continue avec
une lenteur extrême. On apprend que les
deux hommes sont de Clémensat, et
qu'ils se nomment Vignon et Rony, surnommé « Naca ». Un paysan de Ceyrat raconte que, depuis 20 ans, on parle
de trésor dans les villages des environs.
C'est, paraît-il, une somnambule qui l'a
dit.
27 avril. — Ce matin, on a pu leur
parler. Les ensevelis ont entendu le
bruit des pioches et ont crié : « Au
secours ! »
« — Vous n'êtes pas blessés ?
« — Nom.
« — Où vous trouvez-vous ?
« — Dans une galerie souterraine qui
aboutit au puits.
« — Etes-vous malades ?
« — Nous ne sommes pas trop mal. »
Dans la journée du dimanche, la nouvelle s'est répandue comme une traînée
de poudre. Tout Clermont monte à
Montrognon. La route de Ceyrat n'avait
jamais connu semblable affluence : landaus, voitures, piétons s'y succèdent.
On apprend l'arrivée d'une équipe de
mineurs de Rrassac, spécialistes du déblaiement. Sur la colline, à défaut de
cabinet de toilette, ils ont quitté en plein
vent leurs habits de voyage et ont passé
leurs vêtements de travail, sous les yeux
des badauds. A les voir, nus comme
ver, les élégants de Clermont poussent
des « hurlements » prolongés.
On essaye de faire parvenir jusqu'aux
ensevelis un tuyau de plomb. Mais il
se tord, se rompt, et on doit y renon-i
oer. Les travaux continuent jour et nuit.
La scène est réellement fantastique. On
grimpe à la lueur sautillante d'un falot.
Dans l'entonnoir, au fond duquel se
trouve le puits, on a fait un grand feu
qui envoie de longues lueurs dansantes
sur les rochers d'alentour. Néanmoins,
les difficultés sont telles qu'on craint

fakirs auvergnats aura, quelque jour,
des émules plus heureux.

Ici s'arrête notre chronique. Chaque
hiver enlève quelques pierres au vieux
château. La grande tour se lézarde tous
les ans un peu plus. Si tu ne l'as déjà
fait, ami lecteur, monte quelque jour
à Ceyrat, escalade le mont. A défaut de
trésor, un panorama d'une beauté et
d'une variéré rares, même en Auvergne,
te récompensera de ton effort.
René

MONTROGNON. — Ruines du château féodal.

bien de ne retirer que deux cadavres.
29 avril. — Coup de théâtre. L'un
des ensevelis est mort. L'autre étouffe
dans une atmosphère fétide, irrespirable. Il appelle faiblement, crie, gémit,
se lamente. On craint de l'écraser en
continuant les travaux. Pendant ce
temps, des débitants de vin se sont installés entour du mont pour rafraîchir
les nombreux badauds. On boit, on rit,
on chante. Plus bas, à Ceyrat, on danse.
On est, cependant, certain qu'après
6 jours de jeûne, après sa réclusion
dans un tombeau, en compagnie d'un
mort, Naca est encore vivant. Mais à
l'atmosphère fétide s'ajoute la pluie,
les mineurs n'en peuvent plus, la terre
s'effrite autour d'eux. Des cailloux roulent sans cesse sur les pentes du puits ;
leur vie est en danger. Faut-il s'arrêter
et sacrifier Naca ?
30 avril : bonne nouvelle. — On est
parvenu à passer un tuyau de plomb
à Naca. Il délire, mais il est lucide, par
moments, et peut s'alimenter. Il est
enseveli sous le cadavre.
Naca va mieux. Il plaisante et fait le
fanfaron. Il échange des plaisanteries
macabres avec les mineurs. Ce matin,
il a réclamé « la soupe ». Plus tard,
il s'est écrié : « En cherchant le veau
d'or, j'aurai trouvé ma mort ! » (3).
Un prêtre est venu. Il a tenu à s'entretenir avec Naca :
« — Naca, m'entendez-vous ?
« — Oui.
« — Voulez-vous que je vous donne
l'absolution ?
(Quelques instants de silence ; puis,
du fond de la tombe, une voix sépulcrale s'éleva, prononçant ces paroles
historiques) :
« — Donnez-moi plutôt à boire ! »
Enfin, le mercredi 2 mai, Naca fut
retiré, après 7 jours et 17 heures d'en-l
sevelissement et de jeûne... Transi de
Voir en quatrième page nos maisons
recommandées. Nous prions nos lecteurs de leur réserver leurs commandes.

{Photo H. Gilbert).

froid, le visage glacé, et d'une pâleur
de cadavre, il fut remonté à l'aide d'un
treuil et d'une ceinture.
Dès qu'il eut repris ses esprits, il
demanda à boire, puis réclama ses sabots et ses outils laissés au fond du
trou. Emmené chez les sœurs de Ceyrat,
il s'endormit d'un profond sommeil.
Vignon fut laissé dans le trou ; il y
est toujours, et ses ossements gardent
encore l'entrée du souterrain menant au
fabuleux trésor des Templiers...
Rony, dit Naca, était en traitement
à l'Hôtel-Dieu. A défaut de trésor, il
fit mettre en vente, moyennant o,5o,
des cartes postales avec sa photographie
et le tombeau de Vignon... Les jours
pussent, et l'on semble l'oublier. Mais
Naca fera encore parler de lui. En effet,
le i5 mai, le « Moniteur » nous donne
cette bonne et dernière nouvelle :
« NACA ! »
« Nous irons tous voir Naca !
« Où donc ?
« Place de Jaude, dans la galerie his« torique de M. Masserini. Tous les
« jours, l'enseveli de Montrognon ra« conte lui-même quelles ont été ses
« souffrances pendant les 7 jours
«17 heures qu'il est resté enseveli. »
Ainsi, Naca, à défaut de trésor, sut,
en bon Auvergnat, tourner ses déboires
à profit. Espérons que le premier des
(1) D'après Raynal, le tremblement die
terre du 9 oct. i833 fut particulièrement
violent. Les cheminées tombaient, on voyait
les échalas osciller dans les vignes, le
vin se répandre hors des cuves, et, dans
l'église d'ïssoire, les vitraux, se détachant
des fenêtres, tombèrent au milieu des fidèles. En même temps, l'autel trembla
et le vénérable officiant, se croyant frappé
de congestion, se cramponnait à l'autel,
tandis que ses jambes fléchissaient et que
les fidèles se hâtaient de sortir du lieu
saint.
(2) Les lignes qui suivent sont un résumé des articles indiqués.
(3) Expression courante, à Gergovie et
aux environs. Aujourd'hui encore, lorsqu'un paysan voit quelque curieux creuser le solj il n'est pas rare qu'il lui
dise : e Vous cherchez donc le veau
d'or ? ».

TALLARD.

UN CONGRÈS
du COSTUME RÉGIONAL FRANÇAIS
A NICE

On sait le succès annuel des fêtes des
Provinces, organisées à Nice par la Fédération des Associations Régionales que
préside le Colonel Lagrange. D'année
en année, la Commission des fêtes, présidée par M. Z. Thuillier, parvient à
des programmes plus brillants.
Le retentissement de ces manifestations dans les milieux régionalistes est
considérable. Pour s'en rendre compte,
il suffit de feuilleter les ouvrages consacrés, oes dernières années, aux costumes régionaux. On donne les fêtes de
Nice comme un magnifique encouragement à la vie du costume.
Aussi, a-t-on pensé, pour l'an prochain, de réunir en congrès, à l'occasion
des fêtes de provinces, tous les animateurs régionaux qui s'intéressent à la
vie des costumes provinciaux, présidents
de groupements régionalistes, conservateurs de musées du Costume, écrivains
spécialisés dans l'étude des costumes
provinciaux.
Ce congrès aura lieu pendant les fêtes
de Pâques ig35, à Nice, à la même époque que les fêtes des Provinces à Nice.
La Commission d'organisation.

AU

MUSÉE

BARGOIN

Dans sa séance du 6 décembre, la
Commission municipale, réunie au Musée Rargoin, après examen des œuvres
proposées, a décidé l'acquisition des toiles dont voici la liste :
L'allée de Courgoul en automne (Raron) ; La Roche Sanadoire (Rlanc) ;
Intérieur auvergnat (Rognard) ; Cascade
à Royat (Chalus Jean) ; Vigne vierge
(Mme Dodel-Faure) ; La lecture (Frank
Ral) ; Rue Sainte-Marie à Montferrand
(Garmy) ; Bords de la Sioule (André
Jaffeux).
En portant son choix sur ces tableaux,
la Commission a entendu montrer tout
le prix qu'elle attache au développement de l'art local, en même temps
que son désir très sincère d'aider et
d'encourager ceux qui le représentent.
PROVERBES

Doas fermas et una chabra neira,
Aco es pro per tener una feira...
—*—

Quant l'abre tomba, tot cor a la bronda.

�L'AL·AUZA D'AL) VERN HA

t

FÉDÉBAT1QN RE610IALISTE AUVERGNATE ET VELLAVE
(CANTAL

—

HAUTE" LOIRE

—

T&gt;U"Y"-I3E-DOME)

Littérature, Arts, Folklore, Défense des intérêts de

CALENDRIER des REUNIONS
CLERMONT
« Le Covize ». — Covize du mercredi soir, 16 janvier, à 8 h. 3o, Salle
de TAcadémie de billard (au IER étage).
Présidence de M. Germouty, inspecteur
honoraire de l'enseignement primaire,
membre du Comité d'honneur du « Covize ».
Conférence de M. le Commandant
Delbos : « Chants du folklore auvergnat » (avec auditions).
Séance artistique : poésies, 'contes,
musique, chansons anciennes, danses
auvergnates dirigées par M. A. Rlanchet, président de « La Bourrée de
Clermont ». — Vielle et violon (MM.
Besse et Fagheon).
Nous comptons sur la présence de
tous nos sociétaires (abonnés de « L'Alauza d'Auvernha ») : qu'ils veuillent
bien amener leurs amis et les faire inscrire comme membres du « Covize ».
AVIS A NOS SOCIETAIRES. — Afin
d'éviter toute équivoque, nous devons
faire connaître que « Lo Covize » ne
prend aucune part aux réunions annoncées par l'Ecole de Limagne : tous nos
Covizes, à Clermont, ont lieu à TACADÉMIE

DE

RlLLARD.

NOTRE

ACTION

LA VOUTE-CHILHAC
et

SAINT-GERMAIN-LEMRRON

Nous savons que le « Covize de la
Ribeira » et « Los Amies de Lezinhac »,
ont donné des fêtes qui ont eu beau-'
coup de succès. Dès que les comptes
rendus nous en auront été envoyés,
nous les publierons.

CLERMONT

LO

COVIZE

« Lo Covize », a tenu sa deuxième
réunion mensuelle de la saison, dans sa
nouvelle salle (Académie de Rillard,
place Chapelle-de-Jaude), le 19 décembre, sous la présidence de M. le Dr J.
Casati, médecin spécialiste à ChâtelGuyon, vice-président de la société.
M. Gilbert espérait une belle salle :
les prévisions les plus optimistes furent
dépassées. Plus de 200 personnes étaient
présentes.
M. le Dr Casati, en ouvrant la séance,
rappelle l'intérêt que présente « Lo Covize », au point de vue régional, puis
résume la vie de la société depuis la
dernière réunion. Il en constate les
rapides progrès, lesquels sont dus tant
à la propagande des sociétaires qu'à
l'activité du Comité. Il enregistre la
venue de nouvelles sociétés à la Fédération Régionaliste Auvergnate et Vellave et signale les expositions de nos
amis, les peintres Ch. Jaffeux et Maurice
Russet, en priant les sociétaires de s'y
intéresser. En passant, il invite tous les
artistes amis à prévenir à temps « Lo
Covize » de leurs expositions, afin que
« L'Alauza d'Auvernha » puisse les faire
connaître à ses lecteurs. Après avoir
salué les présidents des sociétés amies,
MM. Russet (« Les amis du Musée»)
et le bâtonnier E. Pialoux (« L'Union
de la Haute-Loire»), il fait acclamer
M. et Mme Raron, « covizaires », venus
tout exprès d'ïssoire. Sur la proposition
de M. le Dr Casati, le peintre François
Baron est élu vice-président : cette viceprésidence sera toujours réservée à un
artiste.*
Le président de séance donne, enfin,
la parole à M. Joseph Bérard, professeur, secrétaire général du « Covize ».
Le sujet de sa conférence : « Les
grandes heures de la vie d'Antoine, villageois », est de ceux qui plaisent particulièrement à un auditoire où dominent des gens qui ont connu, dans leur
enfance, la vie au village.
Il est extrait d'un récit romancé sur
la vie paysanne dans la Rasse-Auvergne,
et, particulièrement, dans le Lembron.
Certaines scènes, dans leur réalisme,
ne manquent pas d'un pittoresque bon
enfant, dont nous goûtons le charme
sans mièvrerie.
Vichel, village du Lembron, comme
tous les villages de France, eut ses heu-

notre

Région

res douloureuses. Antoine, villageois de
9 ans, vit ses jeux arrêtés par les tristesses de la mobilisation ; il connut les
douleurs de la guerre et vit pleurer
autour de lui.
La noce villageoise, la fête, la veillée
sont décrites avec force détails, de ces
détails qui caractérisent les coutumes
d'une contrée.
Joseph Rérard que l'on devine fier
d'être, lui aussi, fidèle à son village de
Vichel, a bien mérité les applaudissements qui ont salué la fin de son instructive conférence.
Après un entr'acte pendant lequel de
nouvelles adhésions ont été enregistrées,
MM. Besse et Fagheon ouvrent la partie
artistique par de vieux airs d'Auvergne
(vielle et violon). Nos deux musiciens
n'avaient oublié, cette fois, ni leur grand
chapeau à rubans, ni leur blouse. Une
vingtaine de sociétaires, hommes et dames, les ayant imités, les costumes auvergnats étaient fort bien représentés.
Au programme : MM. Resse et Fagheon (vieux airs d'Auvergne) ; M. R.
Delongvert (conte en dialecte auvergnat) ; Mlle Gilberte Courtadon, 10 ans
(La Yoyette) ; M. A. Blanchet (poésies) ; Mlle Marguerite Mainvialle (chansons anciennes ; vieux Noël) ; M. le
commandant Delbos (conte de Dommergues, dans la langue de Vermenouze) ; Mme Brousse- Uberti, Prix
d'honneur du Conservatoire (harpe) ;
M. Benet (Canson Narboneza) ; Mlle
Rerthier, professeur de musique et de
chant (vieilles chansons en dialecte).
Tous les artistes furent très applaudis,
et je m'excuse de ne pas les complimenter plus longuement : le programme
a été tellement copieux ! M. le président
a remercié, au nom de tous, ceux qui
avaient contribué au grand succès du
Covize de Noël.
Pour terminer cette belle soirée, de
nombreux danseurs, sous la direction
autorisée de M. Rlanchet,. président de
« La Rourrée de Clermont », ont exécuté avec entrain nos gracieuses danses
auvergnates.
La secrétaire du « Covize »,
J. DELBOS.

LES

ARTS

Exposition Charles Jaffeux
L'exposition annuelle de M. Charles
Jaffeux (du i4 décembre au 3 janvier),
s'est ouverte dans un nouveau local.
M. Verdier, le jeune architecte aux conceptions hardies, a offert une belle salle
à son ami le peintre.
M. Ch. Jaffeux devient, en effet,
véritablement un grand peintre, après
s'être fait un nom dans la gravure. Il
n'abandonne pas ses premières amours,
mais il se perfectionne de plus en plus
dans le travail des toiles.
Son exposition ig34 est un vrai régal.
L'artiste atteint une haute couleur personnelle. De plus en plus, il cherche
à rendre ce qu'il voit. Il juge que la
Nature a assez de poésie sans en surajouter de factice. Combien il a raison
et combien toutes ses peintures prouvent qu'il voit juste ! Il s'en dégage
un charme prenant, que ce soit les
grands panneaux comme son « Lac
d'Aydat à l'arbre mort » ou cette petite
toile sans sujet, dans laquelle un sombre crépuscule descend sur la plaine
notonone ; là, il y a rien, mais ce rien
est de l'Art : Charles Jaffeux a su
montrer admirablement l'impression ressentie.
Partout, on sent l'amour de l'artiste
pour la « tâche », l'opposition des tons.
Un de ses « Pont de Menat » est, vu
de cet angle, une très belle réussite. Le
pont tout blanc s'avance, s'enfonce dans
la verdure de la rive opposée, pendant
que les eaux violettes s'écoulent.
Quel contraste, quelle nature !
Une autre toile parfaite, c'est bien
celle où les pins vert sombre des avantplans laissent voir, dans le lointain, les
Monts Dore rosés touchant au ciel bleu.
Quel frisson devant certains effets
d'orage où, seul, un éclair illumine
fugitivement la toile !
M. Charles Jaffeux a passé l'été au
Pays des Plombs. Les hameaux du
Cantal l'ont surtout attiré. Il a saisi de

nombreux coins des environs de Mandailles et a su rendre toute la profonde,
poésie de ces vieilles maisons paysannes.
Tournoël, Riom, la lointaine Bretagne et ses calvaires l'ont au&amp;si bien
inspiré.
De toute cette exposition, il se dégage
une impression de force, de maturité
que n'atteignent souvent point des
« fins de carrière ». Et M. Charles
Jaffeux est parmi Tes plus jeunes de
nos peintres. Son grand talent a toute
une vie pour se continuer.
Joseph BÉRARD.

Exposition Maurice Busset
La traditionnelle exposition d'un artiste particulièrement aimé du public,
s'est ouverte, comme chaque année, la
veille de Noël.
U
Le vernissage a eu lieu le dimanche
23 décembre, à i5 heures. Toutes les
personnalités sympathiques aux Arts ont
tenu à venir, ce soir-là, renouveler à
Maurice Busset, leur reconnaissance pour
ce régal attendu. Une foule nombreuse
a visité ce Salon, et les ventes ont, dès
le début de l'exposition, été importantes.
^ Il est un lieu commun, en critique
d'art, lorsqu'on parle de Maurice Busset, que de dire qu'il se renouvelle à
chaque exposition. L'impression générale
que laisse ce Salon de Noël est une
prodigalité de lumière harmonieuse.
Aucun choc brutal de couleur, mais plutôt une symphonie parfois rude comme
nos aspects tourmentés des Dômes, parfois douce comme le violacé des bruyères, toujours vivante comme vivent ces
paysans qui, sur chaque toile, animent
le paysage.
Et, par-dessus tout, de la force. Ce
n'est pas là que l'on doit aller pour
trouver des coups de pinceaux efféminés, maniérés. La grande nature des
environs du Chambon, du Guéry et du
Pavin ne s'y prête point. Il faut une
âme puissante pour capter la profonde
poésie de ces lieux ; un cœur bien
accroché pour ne point avoir peur de
l'orage qui s'annonce et fixer sur la toile
ses menaces grossissantes.
Maurice Busset a cette force, cette
âme, ce cœur. Cette exposition vous le
confirme encore une fois.
Il nous offre surtout un panneau de
grandes toiles. Tout d'abord, sa Procession d'Orcival. C'est un tableau qui
date de quelques années, mais que l'artiste _ a revu très soigneusement. A la
dernière exposition du « Journal », ce
morceau de musée fut admiré et loué
par les meilleurs connaisseurs. C'est la
descente de la Procession. La pente est
tellement rapide que le cortège semble
.descendre des deux. Et les ors de la
chapelle épiscopale, les rubans bénits et
les bleutés de la brume se jouent dans
une atmosphère de piété bousculée. Que
dire des détails ? Chacun veut que quelque objet, touche la Vierge Sainte. Le
brave curé qui les approche est débordé.
Et une vieille « resquilleuse » tend son
ruban au bout du gros et long parapluie
pour gagner des places ! ! Voilà qui
est vécu.
Un vaste panorama de Limagne,
Labour au printemps, est une excellente étude de lointain. Les nuages et
la plaine se déroulent à l'infini. Le ciel
est d'une belle composition. Au second
plan, le Plateau des Côtes de Cleirmont,
massive plate-forme détachée,
cache
Cleirmont. C'est le merveilleux paysage
que l'on voit, en descendant de Royat
par la voie des Fades. Au premier plan,
paisiblement, le laboureur pousse ses
bêtes...
Fontanas nous montre une exquise
opposition de couleur et une antithèse
toute naturelle : les pêchers en fleurs
semblent se rire du puissant Dôme encore frileux de neige. Et le paysan, qui
doit craindre la gelée possible pour ses
beaux fruits futurs, achève le dernier
labour. Maurice Busset, s'honore à ne
jamais oublier sur ses toiles les vrais
fils de la terre.
La Chaîne des Puys, vue du sud, est
tout à la gloire des Puys-Bouges, de
la Vache et Lassolas. Au fond, notire
Dôme s'estompe dans les nuages. Au
premier plan, une forêt morte est exploitée par de robustes bûcherons. Les
puys neigeux contrastent avec la désolation des arbres sans vie.
Une large et belle toile aussi que le
Lac de Guery au printemps. Les genêts
en fleurs se déroulent dans la verdure
vive du bord du lac. Au loin, le Sancy

ErçeoFe Gergovie et ie§ « GoiperjtaiFe? »
1.

— LA COLLINE DU CHAPITRE 36
DU

LIVRE

VII

Cette colline a été identifée par Napoléon III à la Roche-Rlanche. Si elle
est bien e regione oppidi et sub ipsis
radicibus montis (en face de l'oppidum
et au pied de la montagne), elle n'est
certainement pas ex omni parte circumcisus (escarpée de toutes parts). Nous
ne considérons pas cependant l'argument
comme péremptoire. César est méditerranéen. Cette qualité suffirait, à défaut
des nombreuses raisons qu'il a d'agir
ainsi, à expliquer qu'il ne soit jamais
entré dans ses desseins de présenter ses
opérations militaires comme aisées. Qu'il
en ait même exagéré les difficultés, tant
dans son rapport au Sénat que dans le
récit des « Commentaires », établi peu
de temps après, rien de plus vraisemblable. Le défaut d'absolue concordance
entre le texte descriptif et la réalitéi
n'est, peut-être, pas suffisant pour faire
rejeter a priori cette identification.
Mais elle nous est suspecte à un autre
titre : nous n'arrivons pas à déterminer
les raisons qui ont pu amener les Gaulois à occuper cette colline. A une distance de l'oppidum de i5 à 1600 m.,
à vol d'oiseau, elle est à 200 m. en
contrebas, avec, par suite, des communications précaires avec le corps de place, en face d'un ennemi que l'on a
quelques raisons de considérer comme
entreprenant. Complètement détachée de
l'oppidum, elle peut être facilement investie et s'offre comme une proie bien
tentante aux entreprises de César. A
quel objet peut répondre son occupation
pour les défenseurs de Gergovie ? Assurer à ceux-ci la libre disposition des
ressources de la haute vallée de l'Auzon ? Mais, en occupant tel point des
hauteurs de Rizolles, on remplirait cette
mission avec la même efficacité et beaucoup moins de risques. On se trouverait
alors en communication plus facile avec
l'oppidum, en même temps que les difficultés de l'attaque en seraient singulièrement accrues pour l'assaillant. L'occupation de la Roche-Rlanche nous
apparaît comme imprudente de la part
d'une armée qui, depuis Avaricum, a
manifesté plus de circonspection que
d'audace.
2. — LES FOSSÉS DU COLONEL STOFFEL
NOUS avions élevé quelques
doutes
sur l'identification du duplex fossa (fossé
double) du « De Bello Gallico », avec
les deux fossés parallèles de l'Histoire
de César par Napoléon III.
Mais, nous a-t-on écrit, il y a eu les
fouilles de Stoffel qui, elles, ne sont
pas un mythe. Elles ont précisément
mis à jour le double fossé qui rehait le
grand camp au petit camp « afin que
même des hommes isolés pussent aller
de l'un à l'autre à l'abri des surprises
de l'ennemi. »
Certes, rien ne nous permet de suspecter la bonne foi du Colonel Stoffel,
que nous tenons pour entière. Les résulr
tats de ces fouilles ne furent cependant
pas sans soulever d'assez vives critiques
peu de temps après leur exécution.
Répondant aux attaques d'un certain
domine le site qui, dans son isolement,
a une grandeur saisissante.
La noce de village est un tableau
plein de vie où miroitent et s'opposent
les couleurs les plus variées. Un vielleux conduit la noce. Le blanc de la
mariée et des filles d'honneur est uno
tache dans le cortège où le bleu des
blouses triomphe. L'anecdote très vraie
n'est pas absente de la toile : un paysan
court vers ses bœufs à l'abreuvoir ; sans
doute, craint-il que la noce n'effraye
ses bêtes ? Rien de conditionnel, ici : la
réalité, simplement.
Parmi les nombreux tableaux de taille
moyenne exposés par l'artiste
- ces
tableaux que nos appartements exigus
nous font chérir — il est de très belles
choses, dans la manière nouvelle de
l'artiste, de plus en plus à la recherche
de l'enveloppe, de l'ambiance.
J'ai goûté, au hasard de ma visite
de ces nombreuses toiles qui vous attirent plusieurs fois devant elles : la
Rotonde sépulcrale du lac Chambon,
ensemble ensoleillé où tranche la minuscule porte rouge de la chapelle ; le
troupeau de moutons qui traverse le
Plateau de Randanne, dont la facture

(Suite)
M. Stock, le colonel expose, djas une
lettre à M. Rice Holmes, la méthode
employée pour ses prospections des
champs de bataille de Gergovie ef d'ailleurs. Dans cette lettre, il nous rapporte
comment il a déterminé très nettement,
aux environs de la Roche-Blanche, où
le • sous^sol est constitué par un calcaire
ferme et blanc, l'existence de deux fosj
ses parallèles, à profil triangulaire,
ayant respectivement 6 pieds de large,
au niveau du sol, et 4 pieds de profondeur, soit, en chiffres ronds, 1 m. 80
de large et 1 m. 20 de profondeur.
Dans une note de 1'« Histoire de César », note qui, selon toute probabilité,
est due à Stoffel, nous lisons : « La
communication entre le grand et le petit
camp, se composait d'un parapet formé
du déblai de deux fossés de six pieds
de hrgeur et de quatre pieds de profondeur. Si ion s'étonnait que les Romains eussent creusé deux petits fossés
de 6 pieds de large chacun et de 4 pieds
de profondeur, au lieu d'en faire un
seul de 8 pieds de large sur 6 de profondeur, ce qui aurait donné le même
déblai, on répondrait que les deux petits
fossés étaient bien plus vite faits qu'un
seul grand fossé. »
Nous sommes bien d'accord avec le
Colonel en ce qui concerne la première
phrase de sa note. Les communications
entre les deux camps se faisaient naturellement à l'abri du parapet et non en
utilisant, comme cheminement, le fossé
lui-même, ainsi que l'ont avancé certains commentateurs.
La suite, dans laquelle il répond, par
avance, aux objections qu'on n'aura pas
manqué de lui faire, satisfait beaucoup
moins. Le fossé romain, comme tous
les fossés de fortifications, ne sert pas
exclusivement à fournir les déblais nécessaires à l'édification du parapet. Il
est, en outre, un complément indispensable de celui-ci, dont il rend l'abord,
par l'ennemi, d'autant plus difficile,
qu'il est plus large et plus profond. Un
fossé de 8 pieds de large, sur 6 de
profondeur, répondait, à ce point de
vue, certainement mieux au dessein de
César que les deux fossés en question. !
Demandait-il plus de temps pour son
exécution ? Je n'en suis pas sûr, ce
temps étant surtout fonction du nombre de travailleurs utilisés à cette tâche. |
En outre, le déblai du fossé extérieur
ne pouvait être placé sur le parapet d'un
seul jet de pelle. Il y avait, au moins,
un relais à établir, peut-être deux. Le
gain de temps obtenu en creusant deux
Fossés, au lieu d'un, nous apparaît donc
comme assez problématique. Ne perdons
pas de vue qu'il n'a jamais été question
d'un fossé de 8 pieds, mais exclusivement d'un fossé de douze pieds.
Lieut.-Col.
(A suivre).

PESSEMESSE.

(1) En traduisant « e regione » par
« dans le voisinage » ou « en face », si
on yeut lui donner la traduction « en
direction », par rapport au Gd camp, qui
a été préoonisée, nous sommes obligés de
reconnaître que la direction de la RocheBlanche est divergente par rapport à celle
de l'oppidum.
est excessivement poussée. Deux toiles
rep résentant le Puy de Dôme en automne sont colorées avec un art parfait.
Des genêts en fleurs encore cherchent
asile dans une printanière Vallée du
Mont Dore. Une Place de Royat sous
le soleil ardent attire par ses tons vifs;
dans un angle, des « vieux » se rafraîchissent à l'ombre. La toile qui représente Pont-du-Château est de celles que
j'aimerais admirer à tout instant : par
une chaude journée, quel scintillement
de tuiles rouges, de murs dorés, d'eau
verte et violette ! Tout cela, sans une
faute de technique, ni de goût. Dans
la Chayre de VilL·rs, parmi un beau
ciel, l'automne jaunit les arbres. Dans
les gorges du Mont Dore, UBK troupeau
chemine devant l'immense nature, un
soir d'automne.
Et, pour en terminer avec cette excellente exposition, un tableau qui n'est
point d'Auvergne, nous retient. D'après
ses souvenirs et ses études, Maurice
Russet a reconstitué un Marrakech qui
restera une de ses plus belles réussites,
marocaines.
Joseph

BÉRARD.

�L'ALAUZA D'AUVERNHA
DOCUMENTS

LA

HISTORIQUES

LA

VENJANSA
DE LA NANETA

COUTUME D'AUVILLAR

(Suite)

CONCOURS DE CONTES

(Suite)

0

§ II. — Droit sur le butin en temps
de guerre.
Nous avons déjà dit quelle était la
part du seigneur sur le butin en temps
de guerre, et dans quelle circonstance il
en était privé.
§ III. — Droit

sur les moulins.

Dans le moyen âge, il n'y avait, paraît-il, à Auvillar que des moulins à
nef ; mais, au Heu d'être placés au
milieu des rapides de la Garonne,
comme on le voyait encore il y a que
quelques années, ils étaient amarrés à
des chaussées que les propriétaires euxmêmes avaient fait construire ou qui
appartenaient au seigneur.
Le blé ne pouvant être moulu qu'après avoir été pesé, tous ceux qui apportaient du blé à un moulin devaient donner au leudier préposé au pesage une
livre de blé par setier et une demi-livre
par demi^setier. Ce droit était perçu
dans tous les moulins sans exception.
Au contraire, le droit d'attache ou d'amarrage et le droit de moudre ne l'étaient que dans les moulins qui retiraient
un avantage quelconque des chaussées
appartenant au seigneur vicomte. Le
droit d'attache ou d'amarrage était de
cinq sous arnaudins par an, et le droit
de moudre de trois pougnadières de blé
per semaine, à prélever chaque samedi
sur la mouture. La pougnadière pesait
i5 livres. De même qu'à Moissac, le
droit de mouture était égal au seizième
du blé moulu.
Quelles que fussent les conditions
dans lesquelles un moulin eût été établi,
le seigneur n'était jamais responsable
des dommages que ce moulin occasionnait aux propriétaires riverains. Rien
plus, si des contestations surgissaient, à
cet égard, la partie qui succombait
devait payer, pour droit de justice, au
seigneur, douze deniers arnaudins, toutes les fois que ledit seigneur avait été
saisi de l'affaire par voie de clameur.
§ IV. — Droit de port ou de pontonnage.
On désignait ainsi, à Auvillar, les
droits de navigation ; cependant, ces
droits étaient perçus aussi sur les personnes qui, ayant traversé la Garonne,
entraient dans le port. Les habitants
qui ne possédaient pas une paire de
bœufs et ceux qui n'avaient pas de bouvier en étaient affranchis. Il en était
de même des femmes qui ne conduisaient pas de monture. Lorsque ces
droits avaient été acquittés à Auvillar,
les leudiers du seigneur ne pouvaient
exiger aucune autre redevance de cette
nature dans l'espace compris entre le
port de la Pointe, situé à l'embouchure
du Tarn dans la Garonne, et celui de
Donzac, en aval d'Auvillar, ce qui doit
faire supposer que, à l'époque où la
Coutume fut rédigée, le port de Malauze appartenait au seigneur vicomte.
Il y avait deux sortes de droits de
port ou de pontonnage, des droits ordinaires et des droits extraordinaires.
Les droits ordinaires étaient ceux-ci :
Pour une paire de bœufs, une conque
rase de bon blé de semence ;
Pour un bœuf, un setier ;
Pour un travailleur de terre, une cartièr e ;
Pour un homme étranger, quel que
fût le lieu de sa résidence, une maille,
mais avec la faculté de payer en monnaie d'Agen ;
Pour un homme avec sa monture,
deux sous arnaudins ou un morlaix ;
Pour quatre hommes, un sou de morlaix ou deux arnaudins.
Ces droits appartenaient, par tiers, au
seigneur vicomte, aux autres' seigneurs
et aux bourgeois.
Les droits extraordinaires, au contraire, étaient tous pour le seigneur.
On les percevait en temps de foire.
Tout homme conduisant une bête chargée payait alors pour chaque bête deux
deniers arnaudins en allant, mais rien
en revenant, si le retour avait Heu le
même jour, que les bêtes fussent chargées ou non. Le retour s'effectuait-il
plus tard, il fallait payer deux autres
deniers arnaudins pour mie bête ou
quatre deniers s'il y avait plus d'une
bête, et quel qu'en fût le nombre.
A. LAGRÈZE-FOSSAT.
(A suivre).

FOLKLORE AUVERGNAT

« — Donc, d'avant ! » se diguet la
Naneta, n'en seubirai lo fin mot ! » Et,
per so que sabia que Gazalhon era goapa
et que sovent lo vezia golar au café :
« Anem, trapar la Finon deu cafetier ;
es ben raie si mon historia a pas fat
un torn d'aubargea, si Gazalhon la sap.»
Et, tot en s'eigambilhant, per só que
sas chambas eron velhas, nostra Naneta
ven et entra dins la cuzina de l'aubarg ea :
« — Dizés, Marieta, avés pas entendut
los hómes, en buvent lhoras cheupinas,
se mocar de hieu qu'ère anada fare
une pregeira a sant Antoni de Padoa?...
« — O ! vezem ben só que volés
dire... Pardéras un eicut de cinc francs,
et, per lo trapar, aneras fare une pregeira ves la glieza... E ben, ieu vas
vos dire de que, Naneta... L'eicut n'era
pas eitat pardut per tot lo monde. Et
acó es vôtre Toena que lo trapet. Quna
bona ocazion, per se, de bieure cheupina
a bon compte, et vengueren am Gazalhon, et, tant que l'eicut dur et, elos
cheupineron. Et oomprenés si rigolavon,
en se mocant de vos, de sant Antoni et
de vostras pregeiras per trapar una
pessa que helos eron en trin de fare
fondre en cheupinant de vin eici!...
Mas sabés, pas un mot!... Me fazés
pas pardre mas praticas !...
« — Porta pas pena ! »
Mas Naneta, en s'en anant, chalda
coma hraza :
« — A ! Toena deu lop !... A !
charonha!... A! te podia ben m'apHcar a bian pregear, quant tu et Gazalhon
buvia la pessa que hieu demiandave a
sant Antoni!... 0! espeita mas, mon
hóme ! Tu la portaràs pas en Paradis,
te n'en reiponde!... E ben, si tu as
pechat per la cheupina, ieu te punirai
per la cheupina ! »
En arribant ves la maison, ma Naneta fa cas de res, et la Toena, en
chavant sos eiclóps, se doutava pas de
só que l'apeitava.
Et vequia só que nostra velha, en
virant dins sa testa, avia envencionat :
Dins los journaus, vezés chaque cóp
aquelas reclamas : « L'ivrognerie n'existe plus... Mettez dans le vin des buveurs,
mais à leur insu, des poudres de Coza.
Au bout de deux ou trois mois de ce
traitement sans danger, l'ivrogne aura
perdu son funeste penchant et la paix
et le bonheur renaîtront infaiUiblement
dans les ménages désunis. »
Per la Naneta, lo benaize... lo benaize... lo benaize.. n'en demandava pas
tant!... Si solamenta son hóme s'arrestava de cheupinar, aco valia ben un
eicut et une bona pregeira a sant Antoni.
Achata donc aquelas poudras. Eron
ben chàras, mas que volés ? Si duvion
garir Toena !... Et, tots los cóps qu'anava de vin, n'en botava una pinsà dins
la botelha. Lo Toena aguet leu fat
de remarcar que hi avia qualca afaire :
« — Aco es estonant », dizia, « quant
aco es hieu que vas tirar lo vin, aco
es de vin honeste, mas aco es rale,
quant la gonneUa hi va, qu'aguessi pas
quauque gost... sabé pas coma!... Naneta, gucza ! Tu me lo drogues !... Tu
me hi botes d'empoizon !... Tu me vóles
empoizonar !... Tè, pas plus tard qu'heire, n'en paière un canon o dos a Gazalhon que passava, mas lo podet par
gardar, lhi lo cheuguet degobilhar !...
Et hieu qu'ai melhor estomac, aco m'es
pas enquera arribat, mas hi a ben de
jorns que me cacha!...
La Naneta se diguet :
« — Que fare?... Acó seria ben malaizat d'avir paiat bian chàras aquelas
poudras j&gt;er se n'en plus sarvir ! »
Et la vequia a enlevar la bonda deu
tonnel et de hi varsar tot só que demorava. Et lo vin d'avir tot jorn aquel
mauvas gost... et plus solamenta quant
acó era la Naneta qu'anava tir ar la bothela !... Se volia plus laissai- torser !
P. CHATAING.
(A segre).

PROVERBES
Lis fennas et lis efants
Son tau que lis homes lis fan.
*—*
Lis chambreiras n'an qu'un mau,
Que dizon lo secret de l'hostau.

EN DIALECTE
Le folklore auvergnat est riche en
récits légendaires qui étaient naguère
l'attrait des covizes et des veülées. Malheureusement, covizes et veiUées se font
de plus en plus rares, et les conteur;)
— les conteuses, surtout — ne se renouveUent pas.
Afin que ce qui reste encore de noire
littérature populaire ne tombe pas dans
l'oubli, « Lo Covize » ouvre un concours de contes en dialecte. Tous nos
compatriotes peuvent y prendre part.
Les oontes devront être recueillis et non
composés par les concurrents. Ou pourra, toutefois, en combler, s'il y a lieu,
les lacunes, de manière à en assurer
une bonne présentation.
Tous les parlers de l'Auvergne et du
Velay sont admis, ainsi que ceux de nos
voisins du Gévaudan et du Limousin.
Le texte devra être accompagné d'une
traduction française.
Les envois seront appréciés de la manière suivante : la narration seule sera
notée de zéro à 7 ; la notation de la
graphie variera de zéro à 3. Ainsi, un
envoi parfait obtiendra la note 10.
On considérera comme très bonne la
graphie qui sera oonforme à celle qu'emploie « L'Alauza d'Auvernha ». Cette
graphie étant basée à la fois sur l'étymologie, la phonétique de la langue d'oc
et l'évolution des parlers est bonne pour
tous les dialectes.
Les envois devront parvenir, avant le
1er juin IQ35, à M. Henri Gilbert,
7, rue Serret, Clermont-Ferrand.
Des prix seront attribués aux 3 envois
les plus méritants. Des mentions seront
aussi accordées.
La composition du jury du concours
sera donnée dans notre prochain numéro.
Nous faisons particulièrement appel
à toutes les sociétés composant la Fédération RégionaHste Auvergnate et Vellave.

LES COSTUMES RÉGIONAUX
Une enquête relative aux costumes
régionaux vient d'être ouverte. Les résultats en seront soumis au Congrès
qui aura Heu pendant les fêtes de Pâques 1935, à Nice, à la même époque
que les Fêtes des Provinces.
Voici le questionnaire qui nous a été
envoyé par M. Marcel Provence :
i° Le costume est-il toujours porté
dans votre région ou votre vaHée ? Toute
l'année ? Une certaine saison ? Lors de
certaines fêtes ?
20 Quelles sont les raisons de l'étiolement ou de la disparition du costume
régional dans votre vallée ou votre région ?
3° Quels moyens voyez-vous pour
faire revivre le costume dans votre province ? Toute l'année ? Durant une saison ? Ou à certaines fêtes ? A quelles
fêtes ?
4° Ne pensez-vous pas qu'on doive
encourager une mode annueUe du costume régional ? Le costume provincial
n'a cessé 'd'évoluer : l'arrêt de son évolution n'est-il le signe de sa mort?
Nous publierons les réponses que nos
lecteurs voudront bien nous envoyer,
avant le IER avril, et nous les transmettrons à M. Marcel Provence.

SUCCÈS
Nous apprenons qu'une artiste clermontoise, MHe Marie-Antoinette Roussel, vient d'être couronné par l'Académie
d'Education et d'Entraide Sociale de
Paris, pom- un ouvrage destiné aux enfants : « Mienne, Tienne... et les autres », dont elle composa le texte et les
illustrations.
Tous ceux qui ont apprécié le talent
de cette jeune femme dans les affiches
de la procession de N.-D. du Port,
dans ses pastels de fleurs, et dans sa
série de tableaux interprétant les Dômes,
applaudiront à cette distinction méritée.
Jacques

LERTA.

L'HIVER
L'hiver ! voici l'hiver, la gelée et le givre,
Les jours aux longues nuits, les jours si durs à vivre ;
Et voici le chômage ; et, sous chaque humble toit,
L'oisiveté forcée, au foyer presque froid
Où de pauvres enfants se groupent pêle-mêle,
Amoindrit, chaque soir, le pain de la gamelle.
Dans les champs d'alentour tout se tait, tout est mort.
Plus haut, vers les sommets la bise siffle et mord.
Des files de canards, de cigognes, de grues,
Dans un ciel gris de plomb promptement disparues,
Passent ; leur cri strident heurte en vain l'écho sourd ;
Le silence répond. Deux corbeaux au vol lourd,
S'abattent pesamment sur la plus haute cime
D'un mélèze qui penche effaré sur l'abîme ;
La rafale grandit, la rafale les prend,
Les secoue et les jette à son rude courant !
Comme deux noirs lambeaux, avec la feuille morte,
De ravin en ravin le tourbillon les porte,
Et leur sinistre appel va se perdre au vallon
Parmi les aboiements rauques de l'aquilon.
Plus près du gîte humain, du hameau, du village,
L'arbre semble pleurer sa gloire et son feuillage.
Dans le fourré touffu qu'égayait la chanson,
Avec l'aile du vent glisse un âcre frisson ;
Tout ce qui vivait là joyeux, pimpant, agile,
L'oiseau chanteur, l'insecte ailé, la fleur fragile,
Tout ce qui bruissait dans un rayon d'or clair,
Comme si des baisers eussent frémi dans l'air,
Tout ce qui murmurait, sous la mousse ou la feuille,
Ce bout d'hymne aux beaux jours, que chaque brise cueille,
Harmonieux concert que l'écho répétait,
Tout sommeille ou se meurt, tout grelotte et se tait.
Par le givre affublé d'une fourrure blanche,
L'écureuil inquiet saute de branche en branche,
Et, le jeûne déjà l'apprivoisant un peu,
11 s'aventure au comble où fume un petit feu ;
Le merle hérissé cherche, à travers la haie,
Du genièvre au sorbier une dernière baie ;
Le passereau, perclus de misère et de froid,
Picote un dernier grain dans le chaume du toit ;
Là-bas, dans le sentier que le coteau domine,
Le troupeau, sans courage, avec lenteur chemine,
Et le pâtre transi marche silencieux,
Sous le grésil aigu qui lui crible les yeux ;
Tandis que, tourmentant son manteau qu'elle gonfle,
La bourrasque mugit comme un géant qui ronfle,
Et mêle aux cheveux gris du résigné marcheur
De la neige en flocons la précoce blancheur.
Charles CALEMARD DE LA
né au Chassagnon (Hte-Loire),

FAYETTE,
I8I5-IQX&gt;I.

(Le Poème des Champs).

NOUVEAUX ADHERENTS
MHe Marie Rlanc, P. T. T., 3, rue
Jolie, Clermont-Ferrand. Présentée par
M. A. Rlanchet et Mlle Portai.
M. Marcel Légoy, ébéniste, 28, nie
de la Cartoucherie, Clermont-Ferrand.
Présenté par M. Francon et MHe Job.

M. Robert Eymard, percepteur en
retraite, 32, Avenue d'Italie, ClermontFerrand. Présenté par MM. L. Maurannes et Henri Gilbert.
Cossi faràs, zo trobaràs.
'— *— _
Un quesap vau mais que vint que charchon,

•

�4

L'ALAUZA D'AUVERMi V
LES LIVRES

CONTES DE L'AZE, fase. II: «L'Aze
belh fraire delh Bon Dieu », par Henri
GILBERT (Librairie de L'Avenir, !\, rue
Blatin, Clermont. Prix : 2 fr. 5o).
Voici le deuxième fascicule de la
truculente série. Lorsque le recueil sera
complet, nous aurons une réplique auvergnate du Roman de Renart. Ironie
de même crû, souvent puisée dans les
profondeurs de la bêtise humaine. Aujourd'hui, nous est contée l'histoire d'un
âne à deux pattes, lo Vidau de Tastalaiga, qui, à la suite d'aventures amoureuses et autres, devient le beau-frère
du Bon Dieu. Pas moins. Lisez tous :
un vocabulaire facilite la compréhension
de ce beau dialecte de Brioude.
Joseph

BÉRARD.

L'UNION de la HAUTE-LOIRE
L'« Union de la Haute-Loire » avait
organisé, le 2 5 décembre, dans les Salons
de l'Hôtel Terminus, un Arbre de Noël
avec distribution de friandises et de
jouets aux enfants de ses adhérents.
La réunion commença à 3 h. 3o par
une captivante représentation cinématographique. Des jeunes filles ayant bien
voulu prêter leur gracieux concours,
cette matinée fut charmante, et petits
et grands se séparèrent à regret.

La fête d'hiver a été fixée au samedi
19 janvier. Elle aura lieu à l'Hôtel Terminus et sera présidée par notre éminent compatriote, M. Léon Vibert, Procureur Général près la Cour d'Appel
de Riom.
Le banquet, dont le prix est de 3o fr.,
commencera à 19 h. 3o. A 22 h., grand
bal. Pour les cartes, s'adresser à MM.
Francon, i4, rue Kessler ; P. Gaillard,
notaire, 1, Place Delille ; Allaud, 27,
rue du Nord ; Joubert, 2, rue Grégoirede-Tours ; Sabatier, 3, rue Victor-Hugo.
Les adhésions au banquet doivent être
données avant le 16 janvier.

NOS

AMIS

Mariage.
Le 27 décembre a eu heu, en l'église
Saint-Joseph de Clermont, délicatement
parée pour la circonstance, le mariage
de Mademoiselle Marguerite Soubrier,
fille de M. l'intendant militaire de première classe C. Soubrier, Chevalier de
la Légion d'Honneur, croix de guerre,
et de Madame, avec M. Gabriel Sauvât.
L'église avait peine à contenir la nombreuse assistance qui était venue apporter sa vive sympathie aux jeunes époux
et à leurs familles. On remarquait surtout une nombreuse délégation d'officiers de la Place.
La gracieuse mariée était entourée
d'un très élégant service d'honneur.
«Lo Covize», dont M. l'intendant Soubrier est conseiller, et « L'Alauza d'Auvernha » avaient tenu à se faire représenter pour offrir à M. et à Mme Soubrier, aux nouveaux mariés et à leurs
familles, toutes leurs félicitations que
nous sommes heureux de renouveler ici.
Nouveau Docteur
Le Dr Eugène Marcombes, ancien
externe des Hôpitaux de Paris, a ouvert
un cabinet, 5g, Avenue Mozart (médecine générale).
Nécrologie.
Nous avons appris le décès de Mlle
Chadefaux, institutrice en retraite, tante
de Mlle Chadefaux, membre de la Commission des fêtes du « Covize ». A son
frère, M. Chadefaux, ainsi qu'à Madame
et à Mlle Chadefaux, nous offrons nos
sincères condoléances.

LES

AMIS

DE

FRISSANT

Un groupe, qui a pris le nom de
« Les Amis de Frissant », vient de se
constituer, à Paris, pour perpétuer la
mémoire du bon régionaliste provençal
Adrien Frissant, décédé tout dernièrement.
Adrien Frissant, qui avait fondé la
« Gazette des Méridionaux », était un
ami de la première heure du « Covize
de Paris » et de «.L'Alauza d'Auvernha».
Nous nous associons bien cordialement à l'hommage qui lui est rendu par
les Méridionaux.

BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ « L'AOÏEBCIE » ILYOI
SIÈGE SOCIAL : 32, RUE TH0MASS1N

Dimanche soir, dans les salons de la
Brasserie Thomassin, la société « L'Auvergne », offrait à ses petits enfants
l'Arbre de Noël.
Autour d'un gigantesque sapin, tout
scintillant, de généreux donateurs avaient
apporté de superbes jouets qui firent la
joie des fillettes et des garçonnets venus
nombreux à leur fête. Mlle Visseyrias,
professeur de musique avait organisé,
à cette occasion, un petit concert exécuté par des « moins de 10 ans » qui
avaient revêtu le costume des bambins
auvergnats de jadis ; par leurs chants
et par leurs danses d'un caractère local
tous méritèrent les applaudissements de
l'assistance.
A l'entracte, M. Nougein, président,
après avoir salué Mme et M. Lirondelle, recteur d'Académie, et M. Perret,
adjoint du 6e représentant le maire,

Le premier dîner qui a suivi la constitution du groupe des Amis de Frissant
a eu Heu le mardi 4 décembre, au Voltaire. Près de 70 convives étaient réunis, à oette occasion. On y remarquait :
Mme et M. Jean Camp, le maître Charles-Brun, le majorai Joseph Loubet, avec
Mme et Mlle Mireille Loubet, le poète
Pierre Jalabert, M. Jules Véran, le tambourinaire Jean Texier et Mme Marie
Texier, Directrice de « La Respelido »,
MHe Mary Laffont, etc.
H. G.

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collectionneurs, libraires, etc., tous renseignements ou documents relatifs aux
œuvres en langue d'oc (tous les dialectes
du Midi de la France).
Ces cahiers sont destinés à être répandus le plus largement possible dans
tous les milieux sympathiques, c'est-àdire qu'une organisation méthodique et
moderne en réglera la diffusion et l'emploi.
Langue d'Oc et Patois s'interdira rigoureusement toutes opérations commerciales, ne visant qu'à favoriser et développer les relations entre chercheurs,
auteurs, travailleurs et curieux ; à sauvegarder les publications dignes d'intérêt ; à créer ou à vivifier le courant de
sympathie qui doit donner aux œuvres
des auteurs méridionaux le public qu'elles méritent.
Le directeur-gérant et seul responsable, le majorai Joseph Loubet, recevra
toutes suggestions et en tiendra compte.
Lui écrire : 1, rue Pasteur, à Scealulx
(Seine). Compte ch. p., Paris, i5o5-5i.
(Joindre, s'il y a lieu, un timbre pour
la réponse).

Pour
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Concours d'abonnements.
Mme Montbesson : une annonce de
25o fr. et 2 abonnements, 19 points ;
Mme Grange : i4 abonnements, i4
points ;

adressa ses remerciements à tous ceux
qui avaient contribué à la réussite de
cette fête. Dans une allocution, parfois
empreinte d'émotion, il rappela les
Noëls de jadis, évoqua les réunions de
famille que cette fête provoquait autrefois et exprima à tous les sociétaires, au
nom du Conseil d'administration des
vœux de bonheur pour l'année prochaine.
Remarqués autour du président Nougain et de Mme, MM. et Mmes Simonnet,
vice-président ; Montmaneix, Maugat,
Vergne, Visseyrias, Allirot, Bonnamain,
Dubien, Harrych, Grain, Robert, Chevalier, Resse, Harmand, du comité ainsi
que Mmes et MDes Révouy, Trabouillet,
Espinasse, Masson, et MM. commandant Debord, capitaines Révouy et Dain,
Ratisse, Carrier, Vigroux, etc., etc..

M. Biscuit : une annonce de i3o fr.
et 2 abonnements, 10 points ;
M. le Dr René Martrou : 8 abonnements, 8 points ;
M. Léon Chambre : 3 abonnements, 3
points ;
Mme Abraham : 3 abonnements, 3
points ;
Mlle Portai : 3 abonnements, 3
points ;
M. Rlanchet : 3 abonnements, 3
points ;
Mlle Gavaldà : 2 abonnements, 2
points ;
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points ;
Mlle Labrosse : 2 abonnements, 2
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Mlle Alice Josency : 1 abonnement,
1 point ;
Mlle Trapenard : 1 abonnement, 1
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Total : 101 abonnements.
Pour la première série, il reste à
obtenir 49 abonnements.
Les nouveaux abonnements obtenus
sont dus à nos amis de Clermont, de
St-Germain-Lembron et de Paris. Tous
nos remerciements.
La fin de la première série approche.
Pour l'attribution des prix, il est nécessaire que les concurrents qui sont
ex^aequo se départagent en gagnant
d'autres points. Dès que les 49 abonnements restant à obtenir auront été souscrits, les prix seront attribués, par ordre
de mérite, aux concurrents qui ne sont
pas ex-aequo. Pour les autres, à mesure
qu'ils se départageront, leurs prix leur
seront attribués. Rappelons qu'il y a
DIX prix, dont le premier est une œuvre
du peintre Gabriel Moiselet.
Les concurrents qui n'auront pas été
classés, conserveront leurs points pour
le concours de la seconde série de i5o
abonnements.
*
**

Nous remercions aussi ceux de nos
abonnés qui veulent bien renouveler
d'eux-mêmes leur abonnement, lorsqu'il
est échu, ce qui évite des frais au
journal.
Nous sommes sûrs que nos amis qui
ont laissé passer, par mégarde, l'échéance de leur abonnement, feront bon
accueil à la facture qui leur sera adressée. Il est, en effet, très important que
L'Alauza d'Auvernha puisse régler, chaque mois, son imprimeur, afin d'avoir
la possibilité de se libérer de son arriéré.

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              <text>L'Alauza d'Auvernha : organe mensuel de la Fédération régionaliste auvergnate et vellave. - 1935, n°63 (Janvier)</text>
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              <text>Gilbert, Henri (1874-1955)</text>
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              <text>Tallard, René</text>
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              <text>Bérard, Joseph</text>
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              <text>Calemard de La Fayette, Charles (1815-1901)</text>
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              <text>Lerta, Jacques</text>
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              <text>Vignette : http://occitanica.eu/omeka/files/original/77763e5bf3403397311b6d6a0c467812.jpg</text>
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              <text>L'Alauza d'Auvernha (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/12715"&gt;Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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              <text>Gilbert, Henri (1874-1955)</text>
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              <text>L'Alauza d'Auvernha. - 1935, n°63 (Janvier) </text>
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