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                  <text>SIXIEME ANNEE. — N° 32.

Le numéro spécial : 1 fr. 50.

Etranger! : 2 fr. 50.

DECEMBRE 1934.

Direction :
HENRI

GILBERT

I. BERARD,
J. BROUSSE.
M. BUSSET.
A. CASATl.
C. CHACORNAC.
J. CHARBONNIER.
L. DEBRONS.
1)' A. DELANEF.
h EARGES.
J. FREYCKNET.
H. GILBERT.
A. GILBERT.
V. GUIDY.
P. MAMET.
E. MARCENAC.
L. MAURANNES.
J PAGE.NEL.
L'-Ci E. PESSEMESSE.
M"&gt;« RAOUL DUPAIN.
Dr E. ROUX.
MU» B. ROZIÈS.
P. SABATIER.
L. TESTUD

7, Rue Serret, 7
CLER M ONT-FER RAN D

Administration :
ANTOINE

GILBERT

Place des Tapis, 3
LYON

Cliùqiies-Poslaux :
Lyon : 9-553

ORGANE DE LA FÉDÉRATION RËGIONALISTE AUVERGNATE ET VELLAVE

-S

MOMTHOOl'OM

S-

Conférence fuite au « Covize », à Clermont, le 21 mars 1953, par M. RENÉ TALLARD, Professeur à l'Ecole Primaire Supérieure de Clermont, Conseiller du «Covize
Le modeste compilateur de ces quel- •
ques notes s'excuse de n'être point 1
Auvergnat. S'il est né Bourguignon, il
s'honore, du moins, d'avoir fait de Clermont sa patrie d'élection.
Les collines qui entourent la ville d'un
écrin unique en France n'ont pas peu
contribué à ce choix. Car on accordera,
sans doute, qu'il y ait quelque difficulté
pour qui n'est ni historien, ni archéologue, à découvrir le charme des ruelles
tortueuses de la vieille ville, et plus
encore, peut-être, à contempler sans
amertume le chaos architectural des
quartiers plus modernes...
Au contraire, lorsqu'on tourne le dos
à la ville, on regrette aussitôt de n'être
ni un Michelet, ni un Chateaubriand
pour traduire les joies si variées et taujours si neuves d'une promenade de
VLUars à Gergovie, par la ligne des
crêtes : recoins romantiques, gorges sauvages, torrents limpides bondissant de
basalte en basalte, vergers inattendus
dans de verdoyants vallons, forêts pa-Wes- tK\s if'inw-s .haugi-antes' du hêtre
et du ohàtaigner allumant la masse sombre des sapins ; chemins coupés dans le
schiste luisant, le basalte renfrogné ou
le granit miroitant ; à chaque tournant
un paysage toujours nouveau, toujours
différent, suivant la saison, voire suivant l'heure du jour.
Quelle que soit la ligne d'horizon, les
contours du vallon que l'oeil se plaise à
détailler, il est bien rare qu'il ne soit
brusquement arrêté par le point d'interrogation que dresse, au sud^est de
la ville, la butte de Montrognon. C'est
par une nuit d'août qu'il faut la contempler. Alors, faiblement argentée par
la lune, la vieille tour émerge de sa
noire couronne de sapins dont les ombres allongées drapent les flancs du
monticule. Nos vieux souvenirs de littérature romantique aidant, on cède, peu
à peu, à l'étrange fascination du vieux
mont.
Pourquoi n'en pas gravir les pentes
rocailleuses ?
Rocailleuses, telle est bien l'épithète
qui convient. Piton volcanique géologiquement très ancien, Montrognon est,
de beaucoup, l'aîné du puy de Dôme et
de ses jeunes compagnons. Il était volcan éteint et enterré bien avant leur
naissance. Depuis, l'érosion l'a remis au
jour ; mais des siècles de gel l'ont si
bien fragmenté et morcelé qu'il n'est
plus qu'une butte de petits cailloux,
pareille à ces tas de pierrailles que les
vignerons de Bourgogne amassent dans
leurs vignes.
Rocailleux semble traduire aussi l'impression des plus anciens habitants de
la région. A défaut de souvenirs celtiques,°nous possédons toute une gamme
de chartes du moyen âge. En remontant
de siècle en siècle, nous parvenons à
l'appellation la plus ancienne : Mons
rugosus.
.
Dès le x° siècle, Montrognon fait parler de lui. Une légende voudrait même
que César y ait installé le fameux «petit
camp ». On dit même qu'une nuit, deux
intrépides Gaulois se glissaient jusqu à
l'orée du camp pour surprendre les
secrets des assiégeants. L'un d'eux, naturellement, n'était rien moins que Vercingétorix en personne. Ils faillirent
être surpris, mais parvinrent à prendre
le large. C'est là pure légende. Puis-

qu'à notre époque le site de Gergovie,
lui-même, est remis en
discussion,
n'avons-nous pas le droit, à notre tour,
de ramener le petit camp de Chant urgue
à Mont-Rognon ? Les hôteliers de Geyrat y trouveraient leur compte : en bons
Auvergnats, ils auraient déjà dû y songer...
Le château, ou plutôt ce qu'il en
reste, a une histoire moins fantaisiste.
Reportons^nous, par la pensée,
aux
environs de l'an mil. Parmi les nombreux croisés que la chaude et généreuse terre d'Auvergne envoie à la conquête du Saint-Sépulcre, figurait Guillaume VII, comte d'Auvergne. Grand
et puissant seigneur, ses terres s'étendaient du Bourbonnais au Velay et des
limites de la Marche aux monts qui
séparent les bassins de la Loire et de
l'Allier. En l'an de grâce 1147, il confie
terres et châteaux au gouvernement de
son oncle et part en Terre Sainte.
Bien piteuse fut la récompense d'une
si folle aventure : deux ans plus tard,
îi revenait en V'uvërgne use et appauvri.
A son retour, l'oncle refusa de restituer
ses terres. Guillaume VII engagea,
alors, contre cet usurpateur une lutte
violente, acharnée, qui, pendant de longues années, ravagea la haute et la
basse Auvergne. Les rois s'intéressent
à la querelle. Guillaume VII, féal vassal
du roi d'Angleterre, fait appel à Henri II
Plantagenet ; son oncle s'adresse au roi
de France. La lutte s'éternisant, les
papes s'en mêlent. Le. 20 mars n63,
le pape Alexandre III arrive à Clermont. Les deux rivaux ont tant pillé,
brûlé et ruiné les quatre coins de la
province, qu'ils sont excommuniés tous
les deux. Leur réconciliation fut alors
immédiate. Ils se partagèrent la province. L'oncle garda le Nord, le croisé
le Sud, « une partie de Clermont », avec
les baronnies d'Herment, Fernoël, Rochefort, Pontgibaud, Issoire et SaintGermain-Lembron.
Fatigué de tant de luttes, Guillaume
se retira à Vodable et y mourut en
1166. Son fils, Robert, fut l'un
des
plus célèbres chevaliers du moyen âge.
Beau et fort, hardi autant que sage,
maniant la plume aussi bien que l'épée,
il fut « preux chevalier et bon poète ».
Peu enclin à mener la vie recluse de
Vodable, il chercha à se rapprocher de
Clermont et des plaisirs de la «capitale».
Ce désir et la nécessité de fortifier sa
frontière nord l'amenèrent à construire
le château-fort de Montrognon, celui-là
même dont nous apercevons les restes
branlants. Robert fit mieux. Il construisit deux châteaux, l'autre étant cette
forteresse de Pontgibaud qui, plusieurs
siècles plus tard, passait encore pour
la plus solide de la province.
Pour construire Montrognon, Robert
acheta quelques terres et maisons situées
au sommet du monticule. Un gentilhomme, Guillaume de Montrognon, y avait
même un petit castel. Il fut exproprié
et reçut, en compensation, le château
d'Opme, au pied de Gergovie. La construction de la citadelle fut faite avec
grand soin, « en grès blanc de Jussat ».
Il avait porte, à l'ouest, en vue de Geyrat, pont-levis et fossé au sud. L'intérieur comprenait chapelle et donjon,
maison du seigneur, communs et citernes, étables et logement pour une garnison de cent hommes d'armes. C'était

un chef-d'œuvre d'architecture militaire.
Massif de construction, solidement assis,
ses angles étaient surmontés de tourelles
à mâchicoulis et créneaux. Son donjon
était à trois étages, voûtés. Aux étages
supérieurs était la salle commune qui
servait pour les banquets, les réceptions
et les fêtes. La chronique garde les
noms d'une douzaine de vaillants capitaines qui commandèrent la garnison
de Montrognon. Grâce à eux, le château
ne fut jamais pris. Dans la longue
querelle entre Philippe-Auguste et Richard-Cœur^de-Lion, le Dauphin d'Auvergne, Robert jpr, prit le parti de son
suzerain, Richard. Il faillit lui en cuire.
Philippe-Auguste mit à feu et à sang les
terres du Dauphin. Finalement, abandonné par Richard, Robert se soumit
à Philippe-Auguste et passa à son service. Du haut de Montrognon, il envoya
à l'ingrat Richard un beau sirventès où
il présente élégamment et à son avantage son passage à l'ennemi. Ce poème
en langue d'oc nous montre que Robert.
Dauphin d'Auvergne, avait bien profité
des leçons poétiques de ses maîtres, les
troubadours limousins et auvergnats.
Protecteur des belles-lettres, il avait
réuni à Vodable et à Montrognon les
plus célèbres d'entre eux. Grâce à ce
Mécène, l'Ecole des troubadours auvergnats acquit un tel renom que sa gloire
en parvint jusqu'au Dante, qui lui fait
une place honorable dans sa « Divine
Comédie ».
Citons, parmi ces poètes : Pons de
Capdueil, Pierre d'Auvergne, dit « le
Vieux », Perdigon, qui, d'après un vieux
manuscrit, savait ben trobar, ben cantar
et ben violar » (jouer de la viole), et
toute une cour d'autres troubadours,
grands et petits, dont nous avons encore
les noms, quelques fragments de biographie et quelques œuvres. La sœur
du Dauphin, la dame de Mercœur, était,
elle aussi, acquise à la poésie courtoise
et aux troubadours. Sous son patronage,
Montrognon devint le siège d'une célèbre Cour d'Amour.
Qu'étaient
ces
Cours d'Amour, dont certains spécialistes nient, d'ailleurs l'existence ? C'étaient, croit-ion, des « tribunaux » composés de dames nobles, de chevaliers, de
troubadours où l'on dissertait des subtilités de l'amour courtois, des infractions réelles ou imaginaires à un code
conventionnel des relations entre le beau
sexe et l'autre. On y parlait aussi de
poésie et de musique, deux arts étroitement liés à l'art d'aimer.
Les croisades, le départ des maris,
l'importance nouvelle de la châtelaine,
l'ennui, l'oisiveté ont, sans doute, contribué à l'éclosion de ces cours d'amour.
Malheureusement, la conoeption idéale
et platonique de l'amour courtois ne
sut pas toujours se maintenir sur un
plan élevé, inaccessible aux réalités et
aux satisfactions plus immédiates d'un
amour moins « platonique ». Les aventures du chevalier-troubadour Hugues
de Peyrols et de la châtelaine de Montrognon, sœur du Dauphin, semblent
avoir fait, alors, quelque bruit. Ce Hugues de Peyrols était né vers 1170, dans
le château de Peyrols, près de Rochefort. Tête juvénile, cœur tendre, poète,
il quitte, de bonne heure, le château
paternel pour courir le « monde ». Il
versifie avec grâce et sait caresser de

doigts déjà experts les cordes de sa
« mandore ».
Un jour que, couché dans l'herbe
des prairies de Besse, Peyrols rêvait
aux belles dames et aux galantes aventures, une troupe de chevaliers aux armures éblouissantes passe au galop, escortant de belles amazones. Au milieu
d'elles, l'œil de Peyrols distingue, soudain, un visage qui le remplit de trouble. C'est Elle ! C'est la Dame de ses
rêves. Mais, déjà, le cheval l'a emportée
bien loin ! La retrouver est facile. C'est
la sœur du Dauphin, la belle Assalide
d'Auvergne. Peyrols arrive au château,
chante, le soir, sous les murailles, est
introduit, tout tremblant, en la grand
salle, ploie « gentillement le genou »
et touche la mandore. Le chant fini,
Robert accueille avec faveur le jeune
troubadour. Il a reconnu, en lui, un
vrai poète. Hugues de Peyrols devient
vite le favori et le compagnon inséparable du grand seigneur. Mais il est
toujours malheureux, puisque Assalide
n a pas encore accepté d'être la Dame
de ses pensées. C'est alors que, si nous
en croyons la chronique, Robert intervint et pressa tellement sa sœur que
la belle châtelaine eut, pour le gentil troubadour, « amoureux merci et
faveurs dernières ».
Robert 1er meurt en ia'3/(. Avec lui
disparaissent les cours d'amour de Vocable et de Montrognon. Ses descendants
continuent de résider souvent au château. Parmi eux, citons Chard de Montrognon et Guillaume de Montrognon,
qui se croisèrent et accompagnèrent StLouis.
Un descendant direct du Dauphin Robert 1er, Guy II, fut grand prieur de
l'ordre des Templiers. Entraîné par la
vague de haine, de jalousie et de cupidité qui déferla sur l'ordre, il fut
arrêté, en 1807, et brûlé en I3I3, par
ordre de Philippe-le-Bel, et avec l'autorisation, chèrement acquise, du pape
Célestin V. Les desseins des deux complices furent, d'ailleurs, vains, puisque
Guy II mourut sans avoir révélé où il
avait caché les fabuleux trésors des Templiers. Est-ce là l'origine de la légende
du trésor enfoui à Montrognon ? C'est
assez vraisemblable.
Un autre descendant, Béraud II, surnommé le Camus, combattit vaillamment
à Poitiers aux côtés du roi de France.
Il fut fait prisonnier avec lui et resta
i3 ans en captivité en Angleterre. A
son retour, il trouva l'Auvergne en proie
aux attaques des routiers, qui, périodiquement, y faisaient des razzias. Son
château de Montrognon avait résisté à
leurs attaques ; il n'en était pas de
même de Montferrand, où ils étaient
entrés le i3 février 1887. Ouvrons Froissard: « Fust la ville de Montferrand
en Auvergne prise le jeudi par nuit
devant le dimanche gras treizième jour
du mois de février par Perrot le Bernois et ses oomplices et sitôt qu'ils
virent qu'ds étaient maistres de la ville,
ils se logèrent par les hostels tout à
leur aise, sans bouter feu ni faire aucune violence, car Perrot le Bernois
défendit sur la tête à perdre que nul
ne violat femme ni pucelle ni ne boutât
feu, ni ne prit pillage, ni prisonnier
grand ni petit, et que nul sur la peine
dessus dite ne molestat église ni hommes d'église, ni que rien n'y fut pris ».

Ces bonnes dispositions furent de
courte durée. Béraud le Camus assemblant la chevalerie de la province, les
routiers jugèrent bon de déguerpir, non
sans avoir pillé la ville de fond en
comble et exigé cent mille livres de
rançon. Grâce aux efforts de Béraud,
ce fut là la fin de leurs incursions
en Auvergne (1).
La famille de Montrognon s'éteint
le 16 mai 1^36 (2). Le château revint,
avec presque toute la province, aux ducs
de Bourbon. Puis vinrent les guerres
de Religion, si sanglantes en Auvergne.
Les murailles de « grès blanc de Jussat » ne connurent point le feu ni
la destruction qui ne laissèrent, ailleurs,
à Issoire, en particulier, pierre sur pierre. C'est donc un très beau château
que Marguerite de Valois, première
épouse de Henri IV, trouva à son arrivée
en Auvergne. La belle Marguerite, exilée dans notre province, partagea son
ennui entre Usson et Montrognon. Son
séjour |'u( nal·ireHemcnt marqué pat
quelques-unes de ces aventures amoureuses qui ne devaient finir cfu'avec sa
vie. Brantôme les contera au lecteur
curieux de piquantes situations. Ce brillant séjour ne fut, hélas ! pour notre
vieux château qu'un beau, mais court
été de la Saint-Martin. Richelieu avait
juré sa perte, et en i633, il fut compris dans la liste noire des forteresses
d'Auvergne qu'il convenait de raser.
Il est fort probable que le château ne
fut que désarmé. Les rasements coûtaient fort cher. Ainsi, oelui du château
de Montpensier coûta 5.600 livres, celui
du château de Nonette 10.000 livres,
celui du château de Murât 16.750 livres
et 6 quintaux de poudre. Les ruines, si
ruines il y avait, furent vendues et passèrent de mains en mains. En 1764, le
château appartenait à Pierre Guerrier,
chevalier, seigneur de Bezance, Romagnat, Clemensat, Pras, Bonneval et Montrognon, conseiller au Parlement de
Paris. Il avait pris le titre de baron de
Montrognon. La Bévolution le prive de
son titre et de son château. Les terres
furent acquises par les villageois des
environs. Le château lui-même servit de
carrière aux habitants de Ceyrat, Beaumont et Bomagnat. Les vieilles pierres
furent dispersées un peu partout. Le
gouvernement révolutionnaire encourageait ces pratiques.
(A suivre).

René

TALLARD.

(1) Ajoutons, pour cette période, cette
note que nous communique notre excellent ami Desforges : pendant la Guerre de
Cent ans, les paysans de Prat, au pied de
Gergovie, qui dépendaient du seigneur de
Montrognon, étaient tant harcelés par les
routiers anglais, qu'ils avaient fini par renoncer à toute culture. Leur seigneur,
pour les encourager, leur fit remise des
impôts qu'il prélevait sur leurs terres.
(2) Les seigneuries et les justices étaient
autrefois limitées par des bornes de pierre
sur lesquelles étaient gravées les armoifrles des seigneurs riverains. La dernière
borne de la seigneurie de Montrignon, en
direction d'Aùbière, existe encore. Elle
est en arkose fort usée et pointe sculptée,
d'une part, « l'Ecu dos d'Aùbière d'Or à
la fasce de sable » ; de l'autre, l'écu des
Montrognon, « d'azur à la croix ancréee;
d'argent ». (Desforges).
Une autre pierre, à peu près semblable),
existe dans les broussailles qui dominent
la route de DurlçJ à Chanat.

�t

L'ALAUZA D'AUVERNHA

FÉDÉRATION RÉGIQNAL1STE AUVERGNATE Eï VELLflVE
(CANTAL

—

HAUTE-LOIRE

—

F UT-DE-DO M E)

Littérature, Arts, Folklore, Défense des intérêts

de

notre

Région

Le mouvement regionalista représenté par nos différentes sociétés
prend, de jour en jour, une plusgrande
extension.
Après l'adhésion de plusieurs sociétés du Velay, voici, à Clermont, celle
de la société des Amis du Musée, dont
le président est M. Maurice Busset. La
collaboration des artistes nous est particulièrement agréable. Elle permettra
d'entreprendre, sans retard, la réalisation de la partie artistique du pro-

gramme régionaliste. L·es Amis du Musée et Lo Covize se concerteront pour
organiser, à nos réunions, la présentation des œuvres de nos artistes régionaux.
Que les régionalisles de l'Auvergne
et du Velay se rassemblent dans nos
groupements. Quant à l'adhésion des
sociétés à la Fédération Régionaliste
Auvergnate et Vellavr., elle est reçue
par M. Henri Gilbert, 7, rue Serret, à
Clermont.

CALENDRIER DES

vergnalde M. Denis Moings, qui dérida toute l'assistance.
La journée, si bien commencée, se
termina par un grand bal à l'hôtel
Mathieu. Los Amies de Lezinhac y
firent triompher, avec leurs seyants
costumes anciens, les belles danses
d'autrefois.
Avant de se quitter, ils se donnèrent
rendez-vous au dimanche23décembre.
Ce jour-là aura lieu le grand bal auvergnat organisé par la société.
Tous les membres de Los Amies de
Lezinhac, leurs amis et tous les regionalistes y sont cordialement invités.

REUNIONS

CLERMONT
Lo Covize. — Covize du mercredi
soir, 19 décembre, à 8 h. 30, salle Vazeille (Académie de Billard), 2, place
Chapelle-de-,Taude, sous la présidence
de M. le docteur Casati, vice-président
du Covize.
Conférence de M. Joseph Bérard,
secrétaire général : Les grandes heures
de la vie à'Antoine, villageois.
Séance artistique : Musique (barpe :
Mme J. Brousse); vielle et violon
(MM. Besse et Fagheon) ; chant (Mlles
Marguerite Mainvialle et Gilberte Courtadon) ; Contes en dialecte auvergnat,
Poésies (MM. H. Gilbert, A. Blanchet,
J. Bérard.
Danses en costumes auvergnats par
un groupe important de nos sociétaires.
Le Comilé du « Covize » compte sur
la présence de tous nos sociétaires
(abonnés de VAlauza d'Auvernha).
Qu'ils veuillent bien amener leurs
amis et les faire inscrire à la société.
LA VOUTE-CHILHAC
Lo Covize de la Ribeira. — Covize,
le 16 décembre, à 2 heures, salle delà
Justice de Paix.
SAINT-GERMAIN-LEMBRON
Los Amies de Lezinhac. — Grand
bal auvergnat, en costumes anciens,
au son de la chabrette et du violon, le
23 décembre, à 2 h. 30, calé Mathieu,
Place de la Mairie. — Les membres
du « Covize » et « Les Amis du Musée »
y sont cordialement invités.
PARIS
Lo Covize de Paris. — Le bureau
s'est réuni le 24 décembre pour mettre
au point le programme de la saison.
Nous demandons à nos amis qui résident en Auvergne de recommander à leurs connaissances qui habitent la capitale, le Covize de Paris.
Adresser les adhésions au président,
M. le colonel Pess^messe, 29, rue des
Favorites, Paris.

Notre Action
SAINT-GERMAIN-LEMBRON
LOS AMICS DE LEZINHAC
Fête Nationale du 11 novembre.
Notre jeune, mais active société
régionaliste avait été invitée, cette
année à prendre part à la fête nationale du II novembre. Et, dans le défilé, composé de toutes les sociétés locales et des écoles, nous avons pu
admirer quatre gracieux couples, Mlle
Antoinette Ortola et M. Paul Bion, Mlle
HuguetleDuprat et M. Georges Mathieu,
Mlle Rosa Charrier et M. Frédéric Dif,
Mlle Denise Amilhon et M. Denis
Moings, qui portaient avec grâce et
aisance les costumes de nos ancêtres.
Après la traditionnelle minute de silence, notre charmante sociétaire, Mlle
Antoinette Ortola déposa une superbe
gerbe de fleurs au pied du monument
aux Morts de la guerre.
Le soir, la délégation costumée de
Los Amies de Lezinhac participa, avec
une quarantaine de convives, au repas
qui fut servi à l'hôtel Triozon. Au dessert, les chansons de notre gracieuse
artiste Mlle Huguetle Duprat furent
très appréciées, ainsi que le conte au-

Le secrétaire-adjoint,
Denis MOINGS.

CLERMONT
LES AMIS DU MUSÉE
Le 2 décembre 1934 eut lieu, dans
les Salons de l'Hôtel de Lyon, le premier banquet trimestriel de la nouvelle
Société des « Amis du Musée ». Ces
agapes fraternelles furent suivies d'une
assemblée générale constitutive. Il y
fut décidé, en outre, de ne plus se
contenter de mots, dans la sauvegarde
des intérêts des artistes vraiment indépendants. L'action est devenue nécessaire.
Pour que cette action soit soutenue
et qu'elle ait, par conséquent, plus
d'efficacité, « Les Amis du Musée »
ad lièrent à la « Fédération Régionaliste
Auvergnate et Vellave. » L'Alauza
d'Auvernha publiera tout ce qui intéresse la société.
Assistaient à celte rénnion : M. Maurice Busset, président, et Madame ;
Mme Dodel-Faure, Madame et Mademoiselle; M. Mabru et Madame, viceprésidents; M.Joseph Blanc, secrétaire;
M. Joseph Bérard, délégué à la presse;
M. Henri Gilbert, président de la Fédération Régionaliste Auvergnate et
Vellave ; M. Baron et Madame ; M. Garmy; M. André Jaffeux ; Mlle Philipp,
M. Gardet, M. Pivot.
Très agréable réunion terminée par
des chants et des contes du terroir ;
réunion très utile, surtout, ce qui ne
gâte rien.
J. B.

LO COVIZE
Covize du 31 novembre.
Lo Covize a tenu sa première séance
de la saison le 21 novembre, dans sa
nouvelle salle de réunion, 2, place
Chapelle-de-Jaude (Académie de Billard), sous la sympathique présidence
de M. Joseph Brousse, architecte, l'un
de ses vice-qrésidents.
L'assemblée était nombreuse, car
beaucoup de nouveaux adhérents sont
venus grossir les rangs des anciens.
M. Brousse les remercia tous de leur
présence. En quelques mots, il loua
comme il convenait la remarquable
activité du « Covize », activité qui ne
s'est point ralentie au cours des vacances. « Lo Covize », en effet, s'est
joint aux sociétés sœurs. « Lo Covize
de Paris », «Los Amies de Lezinhac »,
« Lo Covize de la Ribeira », ainsi qu'à
la société amie, « La Bourrée d'Aurillac », et a pris une part importante
aux brillantes et mémorables Journées
Auvergnates de Clermont (14 juillet)
et de St-Germain-Lembron (26 août).
Le président fait connaître la nouvelle organisation de la société, non
plus dans le cadre du Félibrige, mais
dans le cadre régionaliste, c'est-à-dire
exclusivement auvergnat. Dès lors&gt;

« Lo Covize », libre de son action, s'attachera à soutenir et à défendre les
intérêts de notre région. Il recevra,
dans ses rangs, tous les bons regionalistes, et sera l'un des éléments principaux de la grande Fédération régionaliste Auvergnate et Vellave, dont l'action s'étendra sur le Cantal, la HauteLoire et le Puy-de-Dôme.
Pour accomplir l'œuvre qui lui incombe, dans la région de.Clermont,
Lo Covize aconstitué ainsi son Comilé :
COMITÉ D'HONNEUK.

Mme Raoul Dupain, membre du
Comité de Rédaction de « L'Alauza
d'Auvernha » ; M. H. Germouly, Inspecteur honoraire de l'Enseignement
Primaire ; M. J. Martrou, directeur
honoraire d'Ecole primaire supérieure ; M. le docteur René Martrou.
COMITÉ ACTIF.

Président-Fondateur : M. Henri Gilbert, directeur de « L'Alauza d'Auvernha »; Vice-présidents : MM. Joseph
Brousse, architecte Urbaniste, ancien
élève de la Sorbonne ; M. le docteur
Casati ; Secrétaire général : M. Joseph
Bérard, professeur, licencié ès-lettres ;
Secrétaires : Mme J. Delbos, directrice
d'Ecole ; M. Georges Blancher, industriel; Trésoriers : MM. Francon, Emile
Marcellot; Conseillers : M. l'Intendant
Militaire Soubrier ; le bâtonnier E.
Pialoux, président de I' « Union de la
Haute-Loire »; René Tallard, professeur à l'Ecole Supérieure; Mme Vignal-Hennebains ; professeur au Conservatoire ; M. Albert Vignal; M. Louis
Roy, pharmacien ; M. Pierre Dugnat,
huissier; M. Pierre Gaillard, notaire;
M. Dionnet, architecte ; M. Paupy, du
Service des Améliorations pastorales;
M. Alphonse Blanchet, président de
« La Bourrée de Clermont » ; Mme
Martre; M. et Mme Chanson, du Comité de l'Amicale Cantalienne. —
Commission des Fêtes : MM. Bérard,
Francon, E. Marcellot, Mme et M. Vignal, Mme J. Brousse, Mme Sicard,
professeur de Musique à l'Ecole normale d'Institutrices ; M. et Mme Chanson, Mlle Marguerite* Mainvialle, M.
Blanchet, Mme G. Rival, Mlle Chadefaux, Mlle Sabatier.
Après avoir lu leursnoms, M.Brousse
remercia les membres du Comité, au
nom du « Covize ». du concours qu'ils
veulent bien apporter à la cause commune. Il fit, ensuite, connaître les
articles des statuts qui résument le
programme minimum du « Covize »,
au point de vue administratif, économique et intellectuel. Ces statuts seront
publiés, sous peu, dans « L'Alauza
d'Auvernha ». Il exposa les conditions
d'admission et donna rendez-vous aux
adhérents le troisième mercredi de chaque mois, Salle de l'Académie de Billard. Le distingué vice-président régionaliste convaincu, fut très applaudi.
Il donna la parole au dévoué secrétaire général, M.Joseph Bérard, après
avoir souligné la bonne grâce et
le talent avec lesquels ce dernier accomplit sa tâche délicate. M. Bérard fit
revivre, dans son intéressant rapport,
les différentes séances de la saison
passée, toutes si intéressantes, à des
titres divers, etil fut chaleureusement
remercié, au nom de tous, par le président.
La séance artistique habituelle suivit. M. Alphonse Blanchet avec sa
complaisance et son talent bien connus
de tous, déclama des poésies en langue
auvergnate ; M. Henri Gilbert conta
de la belle manière L'Aze pelh Covert,
le premier des contes de sa série Contes de l'Aze, en cours de publication.
Il eut un succès mérité. La voix harmonieuse de Mlle Marguerite Mainvialle donna une expression exquise à
une chanson ancienne, « Vieille maison ». M. Joseph Bérard interpréta
plusieurs œuvres tirées de « Poèmes »,
de M. Emile Dousset, livre nouvellement paru. MM. Besse et Fagheon, nos
deux excellents musiciens, contribuèrent grandement avec leurs airs d'Auvergne a créer l'atmosphère spéciale
aux Covizes, et l'on écouta leurs/rythmes avec plus de faveur que les airs
ultra-modernes échappés d'un hautparleur voisin.
La séance de projections permit d'admirer des sites magnifiques de notre
Auvergne. M. Henri Gilbert, qui avait
pris les vues, les présenta lui-même,
avec M. Georges Blancher, secrétaire,

EpoFe Gergovie et le* « Gon)iï)entaiFe$ »
Conclusions.
Le mépris, dans lequel M. Paul Valéry tient l'histoire, semble n'avoir
réuni guère plus d'approbateurs que
« La Jeune Parque » de lecteurs. Je
n'en veux, pour preuve, que le nombre
important d'articles auxquels a donné
lieu la controverse, née dès le début de
1933, au sujet de l'emplacement de
Gergovie
« L'Auvergne Litléraire », dans une
étude très documentée sur « les ouvrages en pierre sèche des cultivateurs
d'Auvergne » en dressait, dès la fin de
celte môme année, une liste imposante
qui n'a fait que s'allonger depuis.
L'intérêt pris par nos compatriotes
à l'histoire locale qui n'est, après tout,
que de l'histoire tout court, s'était, dès
avant 1933, manifesté par des œuvres
d'une certaine ampleur. Elle paraissent avoir été à l'origine du renouveau
qu'a récemment connu la question.
L'une, qui date de 1929, constitue le
n° 43 de « L'Auvergne Litléraire »,
aux destinées de laquelle préside le
Dr. Balme, avec un éclat qui ne va
pas sans quelque ardeur.
Sous la double signature de ce dernier
et de M. Emile Desforges, ceTascicule
abondant et soigneusement présenté,
accompagné de nombreux dessins et
croquis, nous fait un historique complet des vicissitudes de Gergovie. Tout
ce qui a été dit ou écrit sur ce sujet,
et qui mérile d'être retenu, y figure.
Il comporte, en particulier, une bibliographie complèle, précieuse pour quiconque veut entreprendre, pour son
propre compte, l'étude de la question.
Non content de nous exposer la
thèse de la bataille, qui est celle de
Napoléon III, avec les quelques légères
variantes apportées par les divers commentateurs de la période 1865-1928, il
nous donne la primeur d'une nouvelle
conception due à MM. Desforges et
Fournier.
Celle-ci trouve son expression détaillée dans le tome XXXI des mémoiersde l'Académie des sciences, BellesLettres et Arts de Clermont, publié en
1933. L'ouvrage comporte une étude
très serrée du texte de César avec le
nombreuses notes et de solides références. Œuvre bien ordonnée, solidement construite, où se reconnaît la
manière d'un auteur formé aux tories
disciplines de notre grande école historique.
Frappés des nombreuses invraisemblances auxquelles on se heurte, en
adoptant la thèse de Napoléon III, ces
deux auteurs ont formulé une toute
nouvelle adaptation au terrain du récit
de César. Rompant hardiment avec
une traditiou qui, après tout, n'a pas
encore un siècle d'existence, ils ont
fait se développer l'attaque sur le versant E. de Gergovie.
Le récit y gagne en vraisemblance.
La surprise y paraît possible, favorisée
qu'elle est par la distance qui sépare
les deux points d'application de la
feinte et de l'attaque réelle. Enfin, le

et l'on vil ainsi défiler sur l'écran des
sites pittoresques des régions de La
Voûle-Chilhac. Brassac, St-GermainLemhron et Clermont. Nous devons
remercier la maison Marcello!, et,
particulièrement. M. Emile Marcellot,
notre trésorier-adjoint, pour le prêt de
l'appareil et pour son aimable concours
La'place fut enfin laissée aux danseurs, que dirigea avec compétence
notre ami M. A. Rlahchet, présidentde
« La Bourrée de Clermont ». Parmi
eux, nous eûmes le plaisir de noter
Mme et M. Chanson, Mlle Marguerite
Mainvialle, Mlle Chadel'aux, M"e Blanc,
M. Blanchet, M. Francon, M. Paupy,
M. Magaud. MM. Besse et Fagheon
exécutèient, sur la vielle et le violon,
les meilleurs morceaux de leur répertoire, et, vers minuit, après maintes
bourrées, on se sépara, en attendant de
se retrouver le 19 décembre, au Covize
de Noël, dont l'un des attraits seront
les danses en costumes auvergnats.
Mme J. DELBOS,
Secrétaire du Covize.

détachement Héduen n'y est plus abandonné à l'aventure, un peu trop libre
d'agir suivant ses inspirations dont
César devait avoir quelque raison de
se méfier.
Nous-mème avons publié sur la
question, au cours de novembre dernier, quelques réflexions suggérées
par une lecture attentive îles « Commentaires ».
Celanous a valu une assez volumineuse correspondance, où approbations
et objections vont naturellement de
pair. Les premières, nous les avons
mises sur le compte de l'amitié pour
n'en tirer aucune vanité. Les secondes
nous ont plus vivement intéressé parce
sources de réflexion. L'aménité avec laquelle elles nous ont été présentées
nous ferait, à elle seule, un devoir
d'y répondre. Nous le faisons d'autant
plus volontiers que cela nous permettra de préciser quelques poinls que
nous n'avions pu développer avec toute
l'ampleur désirable pour ne pas allonger une étude dont la brièveté
devait, dans notre esprit, constituer le
mérite le plus certain. Nous serons,
peut-être amené à tirer des conclusions qui, si elles n'ont pas le caractère définitif qu'attendent les impatients, seront, tout au moins, susceptibles de valoir pour quelque temps.
C'est bien déjà quelque chose.
Abandonnant délibérément le front
Sud auquel nous étions solidement accrochés, depuis 1865, MM. Desforges et
Fournier nous ont transportés sur le
front Est. Ils avaient, pour ce faire, les
excellentes raisons qu'ils nous ont
exposées dans le mémobe précité. Séduit par leurs arguments, nous les
avons suivis avec un élan qui nous a
entraîné beaucoup plus loin jusqu'au
Nord de Clermont. guidé, en cela, par
un texte qui constitue notre unique
charte. Si nous avons l'ait erreur, les
uns et les autres, nous aurons, quant
à nous, la faculté de reporter sur eux
une part de la responsabilité qui nous
incombe.
Les objections qui nous ont été faites
peuvent se grouper sous les quatre
chefs suivants que nous allons examiner sucessivement :
1° L'identification de la colline du
chapitre xxxvi du VIII' livre.
2° Les fouilles du colonel Stoffel et
le duplicem fossam (fossé double) qu'il
a mis à jour.
3° L'emploi du détachement héduen.
4° L'adaptation au terrain des Côtes
du récit de César.
Pour tout ce qui concerne l'adaptation au terrrain du récit de César, nous
prendrons comme base, dans l'hypothèse Gergovie-Merdogne, le récit de
Napoléon III. Devenu classique, depuis 1865, il est resté jusqu'en 1933,
et n'a subi, de la part des commentateurs successifs, que des modifications
de détail sans grande importance.
Lieut.-Col.

PESSEMESSE.

(A suivre)

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pour la somme de 70 francs.

Voir en quatrième page nos maisons
recommandées. Nous prions nos lecteurs de leur réserver leurs commandes.

�L'ALAUZA D'AUVERNHA

FÊTES l&gt;E MONISTROL. — Le Cortège, en tête M. A. Boudon-Lashermes et sonîfiU.

NUIT DE NOËL DE L'AN 900

[Fi aqment

d'un ancien plumitif de la
Guur du Haut Malivernas).

FETES REGIONALISTES DE MONISTROL SUR-LOIRE. — Costumes anciens.

DOCUMENTS HISTORIQUES
LA

COUTUME

D'AUVILLAR

(suite)
Chapitre deuxième.
DES DROITS DU SEIGNEUR.

Considérés dans leur ensemble, les
droils du. seigneur élaienl de deux
sortes. Les uns, qui ont toujours été
les attributs de la souveraineté, élaient
des droits régaliens, les autres des
droils seigneuriaux ordinaires.
DES

DROITS

RÉGALIENS.

L'administration de la justice faisant
1 objet d'un titre spécial, nous n'avons
à nous occuper ici que du droitqu'avait
le seigneur de faire la guerre et des
conditions auxquelles il le pouvait.
Lorsque le seigneur voulait faire la
guerre, tous les hommes capables de
porter les armes, à raison d'un homme
par feu, étaient assujétis au service
militaire, pourvu cependant que la
guerre eût lieu dans la vicomté ou
dans l'intérêt de la vicomté. Les consuls et le conseil des prud'hommes
décidaient sans doute la question sans
le second cas, car supposer le contraire
serait admettre l'inutilité de cette restriction. Il était loisible à qui que ce
fût de se faire remplacer, mais le remplaçant devait être agréé par les consuls et par les voisins de celui qui
voulait se dispenser de partir.
Le temps pendant lequel les troupes
devaient rester en campagne n'était
pas déterminé, tant que le seigneur
guerroyait dans la vicomté. Au contraire, s'il en sortait pour attaquer ou
poursuivre l'ennemi, les hommes
d'Auvillar pouvaient exiger d'être
reconduits, la nuit suivante, sinon
dans leurs foyers, du moins dans la
vicomté.
Le butin fait par les hommes d'Auvillar, guerroyant avec le seigneur, ne
leur appartenait pas en entier. Le
cinquième revenait au seigneur ; mais
s'il arrivait qu'un de ces hommes fût
fait prisonnier, ce cinquième était réservé pour sa rançon, et ce n'était que
lorsque la rançon avait été payée et le
prisonnier rendu sain et sauf, que le
seigneur pouvait de nouveau réclamer
sa part du butin. Constatons encore
que si un chevalier ou le fils d'un chevalier était fait prisonnier par un
homme d'Auvillar, le seigneur ne pouvait se l'approprier qu'à la condition de
donner à celui qui avait fait cette prise
cinquante sous de morlaix.
Les pouvoirs du seigneur étaient
sans doute les mômes qu'il guerroyât
en rase campagne ou qu'il fût assiégé
dans Auvillar ou menacé de l'être ; il
semble néanmoins résulter de l'article
81 de la Coutume, que dans les deux
derniers cas les consuls intervenaient
pour concourir avec lui à la défense
des habitants : le seigneur et les consuls pouvaient, en effet, d'après cet
article, exiger alors que les portes pratiquées dans l'épaisseur des murailles
de la ville, par ceux qui avaient le
droit d'appuyer des constructions auxdiles murailles, fussent murées et déplacées.
DES

DROITS SEIGNEURIAUX ORDINAIRES.

Nous comprenons sous cette dénomination peut-être trop générale; toutes
les redevances en nature ou en argent,
qui, d'après la Coutume, étaient attribuées au seigneur, en un mot les reve-

nus de la seigneurie. Voici quels étaient
ces droits.
Droit sur la vendange.
Ce droit n'était exigé que des habitants qui oossédaiént plus d'une diué"
rade de vi gne. Il était invariable quelle
que fût la contenance d'une vigne audessus d'une dinérade et alors môme
que la lerre était possédée par indivis.
En vertu de ce droit, le propriétaire
é lait tenu défaire transporter tous les
ans une ànée de vendange au pressoir
du seigneur. Si le seigneur refusait de
la recevoir, le propriétaire était forcé,
dès qu'il en était requis, de délivrer au
seigneur ou à son bayle, deux barils
de vin, mesure d'Auvillar. Il en était
de même s'il négligeait de remplir
l'obligation annuelle qui lui était
tmposée, mais, dans ce dernier cas, il
était redevable [envers le seigneur, à
cause de sa négligence, d'une amende
de cinq sous.
A. LAGREZE-FOSSAT.
(à suivre)
S 1ER. —

La Bourrée d'Aurillac.
L'aimable société « La Bourrée d'Aurillac » a donné deux représentations
au théâtre municipal.
La première soirée était plus particulièrement réservée aux écoles. Le
public a fait un chaleureux accueil
aux cabretaïres, danseurs et chanteurs
qui, sous l'active impulsion de M. le
docteur Puech et la direction éclairée
de M. Louis Debrons, conservent d'une
si charmante manière les traditions du
gai savoir auvergnat. La Bourrée d'Aurillac, c'est un musée. Mais c'est un
musée jeune, vivant et qui voyage pour
faire aimer et connaître l'Auvergne.
L'ensemble du programme présenté
est excellent. C'est un grand mérite de
la part des dirigeants de la Société
d'avoir su ainsi constituer un tout et
obtenir de chaque artiste qu'il apporte
simplement la collaboration de son
talent au jeu de l'équipe.
Aussi bien, tous sont à citer et à féliciter : les cabretaïres si auvergnats :
MM. Carie, Dumont, Lestrade, Maisonobe, Morzières, Teslud et Vidalinc.
Les danseuses et danseurs, les diseurs
si vivanls que sont MM. Guibert et Lapart, les solistes remarquables. Mlle
Viards et Mme Grimai, MM. Faubladier et Dubon, savamment accompagnés par le piano de M. Jules Roc.
M. Henri Momboisse fitapplaudirson
magique accordéon et la soirée se termina par une représentation de Pel
Compestre, la charmante pièce de
M. Debrons dont tant de représentations n'ont pas tari le succès.

ACADEMIE DES JEUX FLORAUX
DU PUY S A.INTE-MARIE

L'Académie a proclamé lauréat, pour
1934, M. Marius Gallien, de Chomelix,
auteur d'une délicieuse légende patoise
sur la Dame Blanche d'Arzon. Le prix de
poésie française a été décerné à M. Eugène
David, du Caveau SU'phanois. La nouvelle
Reine du Velay, proclamée à Monistrol, le
15 juillet, au cours des fêtes régionalisles,
a été Mlle Eyraud, tille du bon chansonnier du front, Eyraud d'en Va. Conduite
par le lauréat Marius Gallien, la Reine a
fait son entrée à Monistrol, suivie des
membres de l'Académie, en costume local,
et escortée des bannières de Y Ecole StHubert, de VEcole, de l'Arzon et de VEcole
du Bombardement.

Mlle EYRAUD, Reine du Velay.

La 36me session des Jeux Floraux du
Puy-Sainte-Marie sera close le 31 décembre 1934. Les manuscrits patois et français, prose ou vers, devront parvenir,
avant cette date, à M. Robert Hinlzy,
secrétaire de l'Académie, 72 bis, rue d'Amsterdam, Paris, 9'.

LANGUE D'OC
LE VENJENSA DE LA NANETA
Un cop, la Nanela pardet un eicutde
cinc Irancs. En crezent de lo botar
dins sa pócha, lo bota de quarteir et
l'eicut tomba per tarra. La Naneta,
sorda coma- una marmita, l'entend
pas... Mas lo Toena, son home, entend
cicinlar, n'en pipa pas mot, et, silost
que la velha a virat lo talon, a tost fat
de sautar sobre la pessa et de l'eicondre dins son gosset.
L'endeman, la Naneta, de virar davant darrier totas las pochas de si cotelhons. Mas vira que viraràs, charcha
que charcharas !... Ges d'eicut !
« — Toena!... As pas trobat un eicut de cinc francs?
« — Un eicut de cinc francs '...
Non!... Bougressa !... As belhau perdut aquel eicut que paieron, heire, lo
parel d'eiclóps?... A ! lo paure Toena
pot ben se crebar per trabalhar ! La
velha se chargea de semenar los quauques sous qu'avem ves la maizon !
« — Diés, l'afacha pas ! Son belhau
pas parduts... Loscharcharai enquera,
et pueis, si los trape pas, anirai far
una pregeira a sant Antoni de Padoa :
es ben raie si me los fa pas trapar.
« — O! ton sant Antoni eicoutara
pas ti pregeiras de velha!...
« — Quêta te, quela te, bougre d'higanaut ! De segur, que si sant Anlóni
n'avia mas de praticas coma tu !...
Vequia la velha Naneta que partia
em sa canna ves la glieza. Lo Toena
de son meitier, l'azia quauque parels
d'eiclóps ; mas manejava melh lo vinc
et la chaupina que l'eisseta. Silost la
velha partida, pren son chapel et s'en
va trapar son vezin, aquela deipolha
de Gazalhon. E'Ih moutrant l'eicut :
« Tè, la Naneta a pardut aquel eicut
de cinc francs et la vequia partida ves
la glieza fare sa pregeira a sant Antoni .. Amena te... en atendent que'lh
faguessi trapar la pessa (aco es ben
raie), anem bieure a la sandat de sant
Anlóni et de la Naneta... »
Malaizat, Gazalhon, aquela goapa,
poguet pas tenir sa linga.
« — Dizés, Naneta, sant Antoni fa
tot jorn trapar só que l'on a pardut ?
« — Et parque me demandas acó »?
respond la Naneta, en s'eirissant.
« — 0 ! per res... Lo monde dizion
que hi avias fat una grant pregeira,
l'allre jorn !
« — Per mon arma ! avés l'er bian
rensenhat; et qual es que vos conta
tot só que se passa per li charreiras? »
Mas mon Gazalhon rigolava plus :
chalia pas vendre la mecha! Et quant
l'on a eimodat lo teunier, l'on risxa de
se faire picar... Eutaben, a la Naneta,
[ue n'en volia seubre plus lonc,
lazalhon n'en veuguet plus dire...

?

P.
(à suivre.)

CHATAING.

« Soyt à tous notoyre et manifeste
que l'an du seigneur neuf centz, et le
vingt cinquiesme jour du moys de décembre, heure de vespres.
Par devant nous, Fraiz, viguier de
la Court du Haut Malyvernas, Domnin,
lieutenant de nousdict viguier, Frétais, baile de ladicle Court, et Régnier,
nostre mistral
Se sont présentez Ollier, estudiant
natif de Craponne, Johan lo Garde,
natif des Fauchers, aussy estudiant, et
Baschiliier, maislre opérateur de ladite ville, lesquelz nous ont déclairé
que le jour d'hyer, entour l'heure de
mi-nuyet, s'en revenaient toutz troys à
Chomelis, où estoyent atlenduz par
Messire Bonus, recteur des Escholes
dudict lieu, en estant partys le jour
d'avant, pour se rendre à Sainct-Paulien, et, d'illec, suyvre la proucession
qu'empourtoyt de la Vieille Cité verz
le couvent de Mounistrol le corps
sainet de Monseigneur Sainet Marcellin, jadis évesque de Velay.
Et comme soubs la neige suiyoyent,
de nuict, l'estrade vielhe nommée la
Chalancogne, gaignant, non loin de la
Pierre Plantée du Monteilh, la Font de
Magnigraule, soubdainement ouïrent
dans le soyr ung grand bruyet de musique, du cousté du ruissel d'Arzon.
Johan lo Garde, moult esmeut do
curiousité, pria ses compaignons de tirer ung peu verz le val, cuidant voyr
ce qui s'y passoit. Bien voulurent l'y
suyvre et furent bien tost force esbaudysde Ireuver au creux du ravin le
plus brillant courtège, esclairé de
mille flambeaux que portoyent parmy
les rochiers la Dame Blanche du val
d'Arzon et les Bonnes Dames ses
sœurs.
S'estant approuchés davantaige, virent nombre de personnaiges, vestus à
la mode d'aultrefoys, hommes, femmes, enfans, emplissant toute la vallée, et cheminant seur les roches
d'Arzon, faisant escorte à Monseigneur
Sainet Georges, que marchoit à leur
teste suivy de Sainet Macaire, de
Sainet Eusèbe, aussy de Sainet Bourice, que toutz avoient seur leur teste
une mitre et dans leur dextre ung baston recourbé.
S'estant prousternez seur le sol, il se
treuva que la Dame d'Arzon vint à
passer près d'eulx, et donc Johan lo
Garde, mieux advisé qu'aulcung, luy
fist ceste prière : « Par Monsieur
Sainet Eerréol, dictes-moy, Bonne
Dame, où allez toutz, cheminant par la
nuyct ! » — « Sçache, mon filz, respondict la Dame d'Arzon, qu'acoum-

paignons Sainet Georges que poind ne
veult rester au Puy où le porta, veicy
deux jour/., Messire Norbert d'Alvergnhe, filz du comte Bernart ». —
« Ains cuidoys, reprict Johan lo
Garde, que Messire] Norbert s'estoyl
treuvé moult empesché de laisser plus
long-tems les corpz sainetz de ses devancier/, dans la Gleize de Sainet Paulien, pour ce que le seigneur Viscomte
avoyt chassé d'illec Messire de Chapteulh, seigneur de la Vielhe Cité, pour
eu faire sa chose et prouphaner les
cendres sainctes, dont pensoyt tirer
grand proulfict par sacrilège et simonye? » —- « Sçache, mon filz, que le
seigneur Viscomte, s'y redoubté que
soyct dans toute l'enconlrée, ne peut
rien contre les corpz sainetz, que Dieu
sçaura garantyr de ses coups. »
Comme parloyt encore, le ciel soubdainement s'esclaira de splendeur divine, la forest d'Arzon tout entière fust
mesmement illuminée de clartés célestiales, les rochiers les plus proches parurent toulz flourys de rosesjd'aubespines, comme aultrefoys le puy du
Mont Anis quand Sainet Georges eust
planté sa baye, et là-bas, seur la chalm
livide que la neige avoyt recouverte,
les cloches de Malyvernas tintèrent à
toute volée.
C'estoyt la mi-nuyet qui sonnoyt, au
clouchier de la vieillie glèize.
Et comme Sainet Georges arrivoyl
devant l'Arbre des Fades, dont les
feuilles dorées et les glands roussiz par
le givre disparoissoient soubz les
touffes de guy, mille Anges radieux
desvalerent du ciel, en chœur chantant
Noël par les espaces; le tronc du
vieulx roure s'ouvrit, et l'Enfant Jésus
en sourlit, pour dire à Georges en souriant : « Quo vadis, fi 1 i ? » — « Seigneur, comme Pierre, aullrefoys, je
reviens où vous me voulez ! Car je
sçays que portes d'enfer poinct ne prévaudront contre vous! ». — «-Or
moy-mesme t'y veulx conduyre cl nul
ne t'en pourra tirer! »
Pourté par les Anges du ciel, Jésus
précéda les Evesques, et toutz les trespassés de là Vieillie Cité, que suivoyenl leur pasteur pour le ramener en
sa ville, chantèrent d'une seule voix :
« Gloria in excelsis Deo et pax hominibus ! »
En' foy de quoy avons signé les présentes, de ce requis par Messieurs
Prebtres et Chanoynes dudict Sainet
Paulien, pour servyr à ce que de
droict. »
Fraiz, Domnin, Frélalz et Régnier (1).
A. BOUDON-LASHERVES.
{La Terre Vellave et\Brivadoise).
(1) Arcli. du château d'Arzon, G. 711.

BARRAT
(Desforluna de sodart...
Quant m'agueron clavat, sai pas so que pensèri :
Dins lo negre, tot sol, sens fec, sens bric de lum,
Avizabi pertot, sens trop veire d'ont eri.
Me crezioi enterrat : sens rozicar mos punhs.
Et ma capota bluga, a mon bras la sarrabi ;
I abioi plegats dedins forsa afars defenduts...
'Co es que vos dirai ben : sabioi quant hi dintrabi,
Mas cora sortirioi, z'abioi pas enlendut...
Tot so qu'abioi jo'l bras, de colora jeteri
Sus la costia'n pelhon : caldrà couchar aici !
Et coma'n lion en gabia a virar me boteri.
En tustant del talon, tres horas al mins vireri ;
Quant la sopa venguet, en mingeant un bocin,
Torneri prene alen, et non mas m'arresteri..,
PEIRE DE MIREMONT.

�4

L'ALAUZA D'AUVERNHA
LES LIVRES

AERO-CLUB D'AUVERGNE

Emile DOUSSET : Poèmes. Préface de
René Bonnefoy. Bois gravés de
Eugène Dezandes et Paul Sauve.
Mont-Louis, 13 francs.

La section de Paris de 1' « Aéro-Club
d'Auvergne » a donné, à l'aris, le
23 novembre, son banquet annuel,
sous la présidence dû général Denain,
ministre de l'Air.
' A la table d'honneur on remarquait :
MM. le maréchal Franchel d'Espérey ;
Laurent Eynac, ancien ministre de
l'Air; Gilbert Sardier, président de
l'Aéro-Club d'Auvergne; Watteau,
président de l'Aéro-Club de France ;
Henry Polez, président de la Chambre
Syndicale des Industries aéronautiques; le général Picard; le général
italien Piccio ; Willy Coppens, attaché de l'Air à l'ambassade de Belgique ; le D1' Marcombes, ancien soussecrétaire d'Elat; le général de Goys;
le colonel Raynal, défenseur du fort
de Vaux ; Allègre, Léon Bathiat; Hélène Boucher, Adrienne Bollane, Maryse Baslié, aviatrices ; Mermoz, Ileurleaux, Codos, Rossi, Détroyat, Doret,
Bellonte, E. Rénaux, Kronfeld, Christian Moench, etc.
Successivement, au milieu des applaudissements des convives, Henri
Bardel, président de la section de Paris de Y « Aéro-Club d'Auvergne » ;
Gilbert Sardier, le D'' Marcombes,
Wateau et Laurent Eynac ont glorifié
l'aviation française si brillamment représentée à ce banquet.
Le général Denain a dit tout l'intérêt
qu'il porte à la grande association auvergnale et affirmé sa foi en l'avenir
de l'aviation française.

11 est des hommes dont les activités
sont nombreuses et bien différentes :
M. Emile Dousset est de ceux-là. La
politique, l'industrie, la poésie se partagent ses heures. l&gt;tje soupçonne fort
M. Emile Dousset de réserver, parmi
celles-ci les plus limpides et les plus
propices au culte du vers El je comprends très bien qu'il trouve dans le
rythme et la rime un délassement légitime. Il advient que ce délassement se
transforme pour nous en un enchantement. Raison première de souhaiter
de nombreux loisirs encore à l'homme
actif. Car après avoir lu Poèmes personne ne voudrait que ce recueil soit
le dernier.
Une préface des plus intelligentes
ouvre ce livre. M. René Bonnefoy connaît à fond l'homme et l'œuvre. Il
présente l'un et l'autre avec grand
talent. Poèmes réunit tout d'abord deux
recueils aujourd'hui épuisés : Les Ages
héroïques d'Auvergne parus à la veille
de la Grande Tourmente, et les Soleils
sanglants, poèmes de guerre publiés
en 1922.
Les Ages héroïques sont des sonnets
parnassiens de la forme la plus pure.
M. René Bonnefoy signale très justement qu'ils évoquent les Poèmes barbares. L'Auvergne y est à l'honneur
presqu'à chaque page : Gergovie, Vel*
**
leda, Grégoire de Tours, le pape GerLe sympathique chef de station de
bert. Les évocations médiévales sont
l'Observatoire
du Puy-de-Dôme, M. A.
particulièrement riches : la Cour
Plazanet, vient d'être promu officier
d'Amour, le Jongleur, la Croisade,
de la Légion d'honneur, M. Gilbert
créent'des atmosphères que l'on n'ouSardier, qu il a choisi comme parrain,
blie point.
lui remettra officiellement les insignes
Les Soleils sanglants pourraient s'aple samedi 15 décembre, à l'issue du
peler aussi du titre de l'un d'eux :
e
XV
banquet amical de l'Aé. C. A.
une Mélodie triste. Poésie trop vécue,
hélas ! L'auteur n'enferme plus sa penLE PUY
sée en un sonnet; l'inspiration est trop
ample, les visions trop intenses, les
Les mardis de la Société Académots jaillissent trop nombreux pour mique. — Comme les années précéévoquer tant d'héroïsme, tant de trisdentes, la Société académique orgatesse. Le Semeur est un tableau halenise pour la saison d'hiver 1934-1935,
tant qui m'a fait songer à une récente
une série de conférences dont voici le
toile de Millange-Guignebourt, tandis
programme :
que Y Hymne aux Morts peut être placé
4 décembre 1934 : Un drame chez
bien près de Y Hymne de Hugo : moins
les Polignae au temps de Louis XI,
grandiloquent, il parle davantage au
par M. Ferdinand Faure.
cœur.
11 décembre 1934 : Une excursion
Et voici les pages inédites : Chandans les Pyrénées, par M. Cournier,
sons joyeuses et dolentes. Elles nous
directeur des Services agricoles de la
disent, ainsisfque] le note M. Bené
Haute-Loire.
Bonnefoy, « tout ensemble les joies de
8 janvier 1935 : L'inquiétant prola vie et de l'amour ». [Plusjde ces
blème de la Sarre à la veille du plérudes chocs de guerre, mais des imbiscite, par M. Jean Durand, licencié
pressions lyriques composées des mille
en droit.
heures de l'existence mêlées aux ins22 janvier 1935 : Propos sur l'aviatants fugitifs où l'on se laisse séduire
tion, par M. Chauveau, avocat.
par les Papillons, les Libellules et la
29 janvier 1935 : Le crime de ChamBulle de Savon. S'il est un sentiment
blas, par M. Coze, avocat.
des plus difficiles à exprimer en poésie,
12 lévrier 1935 : Au pays du Tenc'est bien la mélancolie; les Vieilles dre : Pellisson et Mlle de Scudéry,
sont une des plus parfaites réussites
par M. Jean Demeure, professeur au
du genre.
Lycée.
La lecture de tous ces Poèmes s'im26 février 1935 : L'affaire Lafarge,
pose pour qui veut être parfaitement
par M. Léon-Claude Barreyre, avocat.
au courant de la poésie contemporaine.
12 mars 1935 : Henri Pourrai, avec
De grands maîtres avaient salué les
auditions par M. Mario Versepuy.
débuts de M. Emile Dousset : Rostand,
19 mars 1935 : Les Soirées littéraires
Mistral, Verhaeren, de Nolhac, Bourde la rive gauche, 1886-1900, docuget, Bataille. Rarement ils avaient vu
ments et souvenirs, par Henri Moulsi juste. L'influence secrèle s'est depuis
hade.
largement épanouie à travers l'œuvre
2 avril·1935 : Résultats du concours
de M. Emile Dousset. Je ne suis pas le
littéraire et une heure de musique de
seul à souhaiter qu'elle nous donne
chambre par MM. Piltacco et Heisser.
encore de nombreux vers de la même
Le tarif des cartes d'abonnement est
frappe.
le même que les années précédentes.
Carte de famille pour la saison entière :
Joseph BÉRARD.
12 francs. Demi-tarit pour les membres de la Société académique. Chaque
membre de la famille devra posséder
une carte personnelle ; il est perçu un
franc par carte en sus de l'abonneLa conservation des piscines
ment familial.
romaines de Néris-les-Bains.
Prendre les cartes au bureau du
Syndicat d'initiative du Velay.
Au cours de sa dernière séance, la
Commission des Monuments historiques (Section des fouilles, antiquités
NOS AMIS
élassiques) a examiné le programme
des travaux de conservation à entreNécrologie.
prendre aux piscines romaines du
Nous avons appris avec peine le décamp des Chaudes, à Néris-les-Bains.
cès, à Bois-Colombes, le 22 novemDes recherches radiesthésiques ont été
bre, de Mme Maurannes, née Dupay,
autorisées dans certains emplacements
où se révèlent des radiations de sque- femme de notre ami M. Léopold Maurannes, receveur-percepteur honoraire,
lettes et de métaux. Au cas où les
Chevalier de la Légion d'honneur, conrésultats en seraient intéressants, l'ocseiller
du « Covize de Paris ». Les
troi d'une subvention pourrait être
obsèques ont eu lieu dans la plus
envisagé.
stricte intimité.
Au nom de « L'Alauza d'Auvernha »

et de son Comité de rédaction, dont il
est membre, ainsi que du « Covize de
Paris », nous adressons à M. Léopold
Maurannes, à Mme et M. Jean Cortet,
et à tous les membres de leur famille,
nos bien sincères condoléances.

est échu, ce qui évite des frais au
journal.
Nous sommes sûrs que nos amis qui
ont laissé passer, par mégarde, l'échéance de leur abonnement, feront bon
accueil à la facture qui leur sera adressée.
Envoyer le montant des abonnements
à M. Antoine Gilbert, fabricant de soierie, 3, place des Tapis, Lyon. Compte
ch. post., Lyon, 9.553.

Un don de M. de Nolhac
au Musée de Clermont.
Notreéminentcompalriote, M.Pierre
de Nolhac vient d'offrir au Musée Bargoin deux tableaux de Marilhal exécutés à Athènes vers 1831 : La porte
d'Athèna archégétis et L'Olympicion et
l'Acropole. Ces deux toiles très caractéristiques de la manière du célèbre
orientaliste sont remarquables par la
netteté du dessin, et par leur exécution minutieuse.
Rappelons que Marilhat naquit à
Vertaison (Puy-de-Dôme) en 1811 et
fut un des précurseurs de l'orientalisme, il visita la Grèce, la Syrie, la
Palestine et l'Egypte bien avant Decamps et Dauzat.
Ces toiles compléteront la belle collection des œuvres de Marilhat que
possède notre Musée de peinture, et
qui, exposée au 1er étage dans la salle
romantique, groupe une dizaine de
toiles et dessins. Un portrait de Marilhat, par Riesener, est également
visible dans cette salle.
Après tous les dons que le Musée a
reçus récemment, dons Manzi, Desaves, Moncassin, Girald, etc., et les
acliats d'œuvres nouvelles, la valeur
des collections municipales s'accroît
d'année en année; le nombre des visiteurs s'accroît également. Pendant la
saison touristique dernière, des milliers de touristes se sont succédés au
Musée de Clermont, dont la renommée
s'étend chaque jour, et qui compte
parmi les meilleurs Musées de province.
Des articles récents parus dans diverses revues d'art soulignent l'intérêt
et la belle présentation moderne des
collections artistiques de la ville de
Clermont-Ferrand.

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              <text>Vignette : http://occitanica.eu/omeka/files/original/c74f81c3a7e3e07938429d913acd1571.jpg</text>
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          <name>Is Part Of</name>
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              <text>L'Alauza d'Auvernha (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/12715"&gt;Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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          <name>Date Issued</name>
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              <text>Gilbert, Henri (1874-1955)</text>
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              <text>Boudon-Lashermes, Albert (1882-1967)</text>
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          <name>Alternative Title</name>
          <description>An alternative name for the resource. The distinction between titles and alternative titles is application-specific.</description>
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              <text>L'Alauza d'Auvernha. - 1934, n°32 (Décembre) </text>
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          <description>Le portail dans la typologie Occitanica</description>
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              <text>Mediatèca</text>
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          <name>Contributeur</name>
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