<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<item xmlns="http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5" itemId="13759" public="1" featured="0" xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance" xsi:schemaLocation="http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5 http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5/omeka-xml-5-0.xsd" uri="http://occitanica.eu/items/show/13759?output=omeka-xml" accessDate="2026-05-30T01:53:58+02:00">
  <fileContainer>
    <file fileId="50267" order="1">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/8a2c40b06a2684594465cad12bb7b915.jpg</src>
      <authentication>8e8e3bab209e35dc7e184df594b83381</authentication>
    </file>
    <file fileId="51011" order="2">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/341465ae4cb86d0075fb947454cc75ae.xml</src>
      <authentication>170b689f5c0c3d98d648af07ed80341e</authentication>
    </file>
    <file fileId="51012" order="3">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/3303b6407b0e4e1776586fd856da637b.pdf</src>
      <authentication>4b5d636407c017a624692f593c4518e9</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="612514">
                  <text>p 7.

Juliet 18g 4

ANNADO

Lou Viro-Soulèu
C.i.D.O.

FLOURISSÈNT TOUTI LI MES
SOUTO

j

REDACIOUN

54,

L'A FLAT
PRES

DE

balouard St-Mareeli

Dl

L'ABOUNAMEN

FÉLIBRÉENHES

niiotluiîioîirios
(8-16 août 1894)

Mercredi

8 août

Départ, à la gare de Lyon, des
Cigaliers, des Félibres et de leurs
invités par les trains de 8 h. 25 (rapide i"&gt; classe), et 10 h. 10 du soir (f,
2", 3° classe). Arrivée à Lyon, à 4 h.
26 et 8 h. 55 du matin.
Jeudi

Fête

9

PF.R

Quaranto Sou

FÊTES

CIGÂLIÈRES S

FELIBRE

août

lyonnaise

Réception à la gare par le Comité
de la Presse lyonnaise;
A DIX HEURES : Rendez-vous des
Félibres et des Cigaliers au Palais
Saint-Pierre;
A MIDI : Banquet offert par le
Comité de la Presse lyonnaise;
A QUATRE HEURES : Commémoration de Pierre Dupont ;
A SEPT HEURES : Réception municipale à l'Exposition (pavillon delà ville
de Lyon), Lunch ;
*
A NEUF HEURES : Fête vénitienne
sur le lac de la Tête d'or.
Vendredi 10 août
Descente pittoresque du Rhône,
dépajt de Lyon à 6 heures et demie du
matin. (Port d'embarquement sur le
Rhône, rive drite, entre le Pont du
Midi et le viaduc du chemin de fer) ;
A DIX HEURES ET DEMIE : Escale à
Tournon,

Fête to ux-non ri aise
Réception sur le quai du Rhône par
la municipalité. — Cortège ;

UN

AN

DE

PARIS

8ÉZIERS

AMENISTRACIOUM

77, carrière Cardinet

A DIX HEURES 3[4 : Déjeuner sous
les ombrages du parc du lycée ;
A MIDI : Départ du bateau pour
Valence. (Arrivée à Valence à midi
trois quarts).

Fête valent!noiso
Réception par la municipalité et le
Comité des Fêtes. ■— Cortège. — Vin
d'honneur au nouvel Hôtel de-Ville;
A UNE HEURE UN QUART : Pose de
la première pierre du monument Emile
Augier ;
A UNE HEURE ET DEMIE : V.site à
la maison natale de Champion.net,
inauguration d'une plaque cominémorative ;
A DEUX HEURES.- Pose de ta première pierre du monument de Montalivet ;
A DEUX HEURES UN QUART : Embarquement pour Avignon. Concert
à bord par la Fanfare municipale de
Valence ;
A SEPT HEURES ET DEMIE : Arrivée
en Avignon, Réception félibréenne
sur le quai du Rhône, Punch offert par
le Félibrige à l'Hôtel du Louvre (salle
des Templiers).
Samedi 11 août
Départ d'Avignon à 8 h. d 1 matin
par train ministériel;
A NEUF HEURES : Réception à la
gare de Cavaillon — Vin d'honneur;
A ONZE HEURES : Arrivée à Cadenet
fête du tambour d'Arco'ie à Cadenet,
réception à la gare par la municipalité
et le Comité des Fêtes, inauguration
du monument du tambour d'Aréole
(œuvre du sculteur Amy). Discours
du Maire et da Ministre de la Justice,
discours de de M. Albert Tournier, au
nom du Félibrige de Paris. Lou Tambour d'Arcolo, Poème de F. Mistral,
dit par M J. Bonnet, Poésies diverses ;

�Lou Viro-Soulèu

2(5

Commémoration de Félicien David.
Visite à la maison natale. Allocution
de M. Auzende, au nom des Cigaliers
et des Félibres. Poésies diverses ;
A UNE HEURE : Banquet offert par
la Municipalité ;
A TROIS HEURES : Départ pour
Orange du train ministériel où des
places seront réservées aux Cigaliers
et aux Félibres ;
A QUATRE HEURES ET DEMIE : Arrivée à Orange

Fêtes d'Orange
Réception par la Municipalité et la
Commission des Fêtes ;
A CINQ HEURES : Inauguration d'un
monument élevé à la mémoire des
Enfants de Vaucluse morts en 1870;
A CINQ HEURES UN QUART : Inauguration du monument de Caristie, de
l'Institut, auteur des plans de restauration du Théâtre antique d'Orange.
Discours de M. Claretie, de l'Académie française ;
A CINQ HEURES ET DEMIE : Fête
inaugurale du
Théâtre
restauré
d'Orange, sous la présidence de M.
Leygues, ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts.
I
Discours de M. Capty, maire d'Orange, discours de M. Deluns-Montaud,
au nom des Félibres et des Cigaliers,
discours de M. Leygues, ministre de
l'Instruction publique et des BeauxArts.
II
Hyme à Apollon, (avec le concours
de Mmes Bartet, de la Comédie-Française, et Remacle).
III
^ Ode à la Provence, poésie de M.
Clovis Hugues.

IV
Magali, par MlIeBréval, de l'Opéra,
œuvre inédite de Saint-Saëns.
V
Conférence cigalière et félibréenne :
le Théâtre à Orange, sur la scène antique.
A. — Caractère artistique de ces
représentations, parM. Benjamin Constant, président honoraire de la Cigale.

B. — Leur caractère littéraire et
national, par M. Eugène Lintilhac,
docteur ès-lettres.
VI
Salut à la Provence, (paroles et
musique d'Antony Réal).
A HUIT HEURES ET DEMIE : Représentation au Théâtre antique de :
L'Ilote, comédie en un acte en vers,
par Monselet et Paul Arène, musique
de M. Léopold Dauphin ; Œdipe-Roi,
tragédie en cinq actes de Sophocle. —
Traduction de Jules Lacroix, musique
de Membrée.
Départ par train spécial à 12 h. 58,
pour Avignon. Arrivée à 1 h. 31.

Dimanche 12 août
Fêtes

avignonaises

A DIX HEURES du matin : (Place StDidier) Inauguration du monument
Aubanel, (Œuvre du sculpteur Etienne Leroux). Discours de M. Paul
Mariéton, chancelier du Félibrige.
Allocutions diverses.
A ONZE HEURES (jardin St-Martial) :
Inauguration du monument Roumanille
(œuvre du sculpteur Rastet). Discours de M. Félix Gras, capoulié. Allocutions diverses ;
A MIDI : Banquet populaire au
Lycée, sous la présidence des Ministres
Départ pour Orange à 6 h. 25 du soir.
A HUIT HEURES ET DEMIE : Représentation au Théâtre antique de :
Antigone, tragédie en cinq actes de
Sophocle.—Traduction de Vaquerie
et Meurice, musique de Saint-Saëns.
Après la représentation, retour à
Avignon par le même train que la
veille.

Lundi 13 août
A DIX HEURES : Assemblée du
Consistoire du Félibrige ;
A MIDI : Banquet de Sainte-Estelle j
A QUATRE HEURES : Départ en
voitures pour la Chartreuse de BonPas ;
A CINQ HEURES : Commémoration
d'Alphonse Dumas, précurseur du
Félibrige de Paris ; Inauguration d'un
bas-relief du sculpteur Amy. Discours
de Frédéric Mistral, poésie de RouxServine. Félibréjade champêtre. Retour en Avignon vers 7 heures.

�Loa Viro-Soulèu
A HUIT HEURES et DEMIE, au théâtre des variétés d'Avignon : Li varai
de l'Amour, drame provençal en trois
actes, de M. Jules Cassini.

Mardi 14 août
Départ d'Avignon à 8 h. 18 du matin,
arrivée à L'Isle-sur-Sorgues à 9 h 09.
Réception par la Municipalité. Départ,
en voiture, pour la Fontaine de Vaucluse.

Fête tle la Fontaine de
Vauoluse
A DIX HEURES : Inauguration du
monument de Laure. (Œuvre de Mme
Clovis Hugues). Discours et poésie
de M. Clovis Hugue ;
A ONZE HEURES : Déjeuner au
bord de la Sorgues ;
A UNE HEURE : Retour à L'Isle ;
A DEUX HEURES 31 : Départ de
L'Isle ;
A DEUX HEURES 46 : Arrivée à
Cavaillon,

Fête cavaillonnaise
Réception par la Municipalité et la
Commission des Fêtes ;
A TROIS HEURES ET DEMIE : Vin
d'honneur à la Mairie ;
A CINQ HEURES : Inauguration du
monument Castil-Blaze. (Œuvre du
sculpteur Viau). Discours de M. Pélegrin, maire; discours de M. Georges
Niel ; Dicours provençal de M. Alphonse Martin ;
A SIX HEURES ET DEMIE : Banquet
municipal à l'Hôtel-de-Ville ;
A NEUF HEURES : Feu d'artifice,
place Gambetta. — Fête de nuit. —
Bal provençal. — Farandole.
Mercredi 15 août
Excursions félibréennes à Arles et
à Marseille. Pèlerinage cigalier aux
Baux.

AVIS &amp; RENSEIGNEMENTS DIVERS
Le chemin de fer P.-L.-M. accorde

réduction à moitié place à l'aller et au
retour, en toutes classes, aux^ Cigaliers,

aux Félibres, aux membres de leurs
familles et à leurs invités (dames admises). Les billets de retour sont
valables pendant trois mois.
Les partants de Paris, possesseurs
de billets de ire classe, qui désirent
voyager en rapide, devront se trouver
à la gare de Lyon le mercredi 8 août
avant 8 heures, le train devant partir
à 8 h. 25 du soir ; et ceux qui, munis
de billets de ire, 2e ou 3e classe, veulent arriver à Lyon à 8 h. 53 du matin,
devront partir par la même fgare, à 10
h. du soir.
Les Félibres venant des régions
dauphinoise, provençale ou languedociene devront se trouver àLyon le
jeudi g août, dans la matinée, pour se
joindre aux Félibres et aux Cigaliers
venant de Paris.
Pour bénificier des tarifs réduits,
écrire d'urgence et, en tous cas, avant
le 3 août, dernier délai, à M. Plantier,
secrétaire-trésorier, du Félibrige parisien, 85, boulevard de Port-Royal, à
Paris.
Pour la descente du Rhône par bateau, adresser, d'urgence, les adhésions
à. M. Paul Mariéton, chancelier du
Félibrige, 9, rue Richepanse, Paris.
Les Félibres de toutes les Maintenances, ainsi que les personnes auxquelles est adressé le présent document:,

tenant lieu d'invitation personnelle,
auront droit aux mêmes avantages que
les Cigaliers et leurs confrères de Paris
L'insigne officiel des Félibres et des
Cigaliers est la cigale.
En ce qui concerne le Théâtre
d'Orange ; des places seront réservées
aux Félibres et aux Cigaliers titulaires.
Pour les autre places, dont voici le
prix : 8 fr., 6 fr., 4 fr., 2 fr., s'adresser
à la Comédie-Française, ou à. la recette municipale d'Orange.
l'aris, 25 juillet 1891.

Le Président de la Cigale :
Paul ARÈNE.
Le Président du Félibrige de Paris:
SEXTIUS-MICHEL.

�28

FÊTES FÉLIBRÉENNES
DE

SCEAUX

Le départ
Malgré les menaces d'un ciel gris et
nuageux, les félibres et les cigaliers se
trouvaient en grand nombre au rendezvous, le dimanche 24 juin.
Dès midi et demi, la coquette gare
de Sceaux était envahie par une foule
élégante. En attendant le départ du
train nous a\7ons reconnu au hasard
des rencontres, d'abord le Président de
nos Fêtes, M. Anatole France, accompagné de MM. Sextius Michel, président du Félibrige de Paris, et Paul
Arène, président de la Cigale. Puis,
par groupes sympathiques : Albert
'i'ournier; Maurice Faure, l'âme de nos
réunions ; Lintilhac, le jeune et brillant universitaire ; Paul Mariéton,
directeur de la Revue Fèlibrêenne ;
Mlle Hartmann (de l'Odéon) et sa
sœur; le sculpteur Injalbert; le compositeur de musique Auzende ; Auguste
Marin, rédacteur du Journal; Silvestre, directeur de Y Art Français; Maie
la baronne de Pages ; Jacques Gardet,
chancelier du Félibrige de Paris ;
Croze, rédacteur à Y Evénement ; Mlle
MargaLucena (du Chàtelet) ; M. RouxServine ; Mlle Grimault (du Gymnase) ;
le sculpteur Henri Bouillon ; le peintre
Eugène Cartier; Baptiste Bonnet, toujours jeune ; Plantier, l'excellent trésorier du Félibrige ; les sculpteurs Amy
et Viau ; Mme et Mlle Prévost-Roqueplan ; Lucien Duc ; Villain (de la Comédie-Française) ; Mlle Aliberti (de
l'Opéra-Comique) ; le peintre Grivolas;
docteur Gilles; Mlles Lherbay et Conti
(de l'Odéon) ; M. Jackson, rédacteur à
Y Evénement; M. Oddo, Troubat ; le
mandoliniste Talamo ; Ulysse Boissier ; MM. René François et Casadessus (du Conservatoire) ; Nolot (du
Théâtre des Poètes) ; Mme Nancy
Vernet; l'acteur Raymond; Duparc
(de l'Odéon) ; le chansonnier Pierre
Trimouillat ; le vaudevilliste Fernand
Bessier; MM. Armand de Caillavet,
Salneuve, Bessi, Borromée ; Luce de
Casabianca, député de la Corse; le

peintre Franck Randal ; Gabriel Franc;
Charles Maurras ; Amouretti, Barracaud, Roux-Renard, etc.

^L'arrivée
Aux sons des fanfares et des salves
d'artillerie, le train félibréen entre en
gare de Sceaux.
Sur le quai, les félibres sont reçus
par M. Charaire, maire de Sceaux, et
par le conseil municipal. Reconnaissances, présentations et, dans un brouhaha, le cortège se forme, les musiques
attaquent un pas redoublé entraînant,
les oriflammes claquent sous le vent
léger, et, escortés par les pompiers et
les bataillons scolaires, les félibres,
après avoir salué au passage la maison
de Florian, se rendent dans le minuscule jardin de l'église où sont érigés
les bustes de Florian et d'Aubanel.
Une foule énorme se presse autour
des grilles. A ce moment, le ciel
s'éclaircit. Et dans un silence, coupé
par les lointaines ritournelles d'un
orgue de barbarie, Duparc récite
superbement de vibrantes strophes
de M. Sextius Michel : A la cité de
Sceaux. On applaudit avec entrain.
Puis, Mlle Hartmann, très belle en
sa robe droite, telle une vierge byzantine, de sa voix d'or jette les rimes
riches d'un ballade du félibre Lescure,
de ce pauvre Lescure qui vient de
mourir. Et, parmi les clameurs adulatrices de la foule, Mlle Hartmann
couronne de lauriers les bustes des
poètes.
Aux sons joyeux de la fanfare, le
cortège reprend sa course et se dirige
vers la rotonde du Parc où déjà d'avisés spectateurs se sont rangés.

Jeux Floraux
Sur la scène, décorée avec goût,
M. Anatole France prend place entre
M. Charaire et M. Sextius Michel.
Et c'est devant un très élégant auditoire, où les printannières toilettes des
femmes, jettent leur note gaie, que M.
Charaire souhaite la bienvenue aux
Félibres et à leur Président d'honneur,
M. Anatole France. Il donne ensuite
la parole à M. Sextius Michel, qui

�Lou Yìro-Soulèu

s'adressant à M. Charaire s'exprime
ainsi :
« Merci, Monsieur le Maire, pour
votre accueil toujours si cordial, pour
vos paroles toujours si aimables. Les
compliments que nous échangeons
chaque année ne perdent rien de part
ni n'autre de la sincérité des premières
étreintes.
« J'adresse donc, avec les mêmes
sentiments de cordialité, à la Municipalité el à la Ville de Sceaux, le salut
des Félibres et de Cigaliers ».
Puis, il donne lecture d'un télégramme du capoulié Félix Gras :
« L'amour qu'avèn per li felibre de
Paris, cremo sempre dins nòsti cor
coumo un fiò de Sant-Jan »,
et de la lettre suivante de M. Jules
Claretie :
Lettre de M. Jules Claretie à M.
Sextius Michel, Président du Félibrige parisien.
23

juin.

Mon cher Président,
Je suis désolé de ne pas assister à la
Fête de demain. Il m'eût été doux
d'écouter la parole de votre président
d'honneur, M. Anatole France, et de
l'applaudir. J'aurais eu de la joie à me
trouver parmi vous, maîtres en l'art de
chanter, et à écouter les échos...
Du pays de la vigne et des amandiers blancs
Où dans l'air toujours pur vibrent les farandoles..

Mais je n'eusse point promis, et
depuis longtemps, de présider la distribution des prix de l'orphelinat des
Alsaciens-Lorrains, que j'eusse pris le
train de Lyon pour donner Andromaque
là-bas aux fêtes offertes à M. le Président de la République. Je ne peux que
regretter à la fois et les fêtes de Lyon
et les fêtes de Sceaux. Mais je serai de
tout cœur avec vous pendant que vous
donnerez un souvenir au doux poète
d'Estelle et Némorin et à l'admirable
auteur du Pain du péché, l'harmonieux Aubanel.
Je serai avec vous, mon cher monsieur Sextius Michel, demain comme
aujourd'hui car je lis votre éloquent

39

volume La petite Patrie, monument
littéraire élevé au Félibrige parisien
« tout parfumé, comme le dit si bien
Maurice Faure, de la bonne odeur du
thym dè Provence », et qui en nous
apprenant à aimer la petite patrie,
nous enseigne à chérir la Grande. Je
serai avec vous surtout le jour où, non
sans difficultés mais qui seront applanies, nous nous retrouverons dans l'antique Théâtre d'Orange pour fêter le
génie grœco-latin, interprété, glorifié
par les poètes et les artistes fils de
notre France.
A bientôt donc, mon cher Président,
et avec mes regrets pour aujourd'hui,
acceptez et faites accepter par vos
chers hôtes l'expression de mon dévoûment et dites leur, comme vous savez
dire, un cordial et bon : au Revoir !
A vous profondément.
JULES CLARETIE.

Après la lecture de cette lettre, qui
a été accueillie par de longs applaudissements, M. Sextius Michel prononce
ce beau discours :
Discours de M. Sextius Michel
Très cher et très aimable président,
S'acquitter des devoirs de l'hospitalité est une chose facile : un mot parti
du cœur suffit.
Ce qui l'est moins, c'est de souhaiter
dignement la bienvenue au président
d'honneur d'une fête, dont le joli nom,
fête de Florian, m'embarrasse plutôt
qu'il ne m'est d'un utile secours. Je
compte donc sur votre indulgence et
sur la sympathie que vous inspirent
nos manifestations littéraires.
Vous le savez d'ailleurs : chaque fois
que Juin, comme un jeune dieu ceint
de verts feuillages et couronné de
roses, vient ouvrir aux artistes et aux
poètes les portes enguirlandées de la
gracieuse cité où nous avons l'honneur
de vous recevoir, la ville de Sceaux
prend à nos yeux, avec son air de fête,
sa vogue sous les arbres et son bal
champêtre, un aspect méridional qui
nous donne l'illusion de la « Petite
Patrie ». Les fleurs qu'elle porte à la
ceinture, comme nos belle srilles d'A-

�30

Lou Vioo-Soulèu

vignon ou d'Arles, rend cette illusion
plus charmante encore. Volontiers
alors nous prendrions le froissement
d'une feuille pour le chant d'une cigale,
depuis surtout que nous avons à Sceaux
une tarasque, une tarasque authentique
qui va, vient, rugit, s'élance, court les
rues, vomit la flamme et provoque les
clameurs de la foule, tout comme à
Tarascon. Ses gentillesses lui ont valu
les bonnes grâces du maire qui l'a
logée dans son palais municipal.
Vous venez d'abord d'entendre la
fanfare de Sceaux jouant à notre arrivée, les airs de notre pays ; vous venez
d'assister, devant les bustes de Fionan
et d'Aubanel, à -l'évocation pieuse des
gloires qui nous sont chères. Et ce soir,
après la Cour d'amour et les joutes
littéraires, après le banquet et les
brindes traditionnelles, vous verrez se
dérouler la farandole provençale, à la
lueur des torches, dans les sombres
allées du parc où se donnèrent rendezvous jadis la plupart des hommes célèbres du i8° siècle.
Ce souvenir d'une époque fameuse
même incidemment rappelé, pourrait
sembler hors de proportion avec la
poétique simplicité de nos fêtes, si les
poètes, les philosophes, les écrivains
qui les ont présidées, si des noms
comme ceux de Mistral, de Jules Simon, d'Esnest Renan, d'Emile Zola et
de François Coppée et d'autres encore
n'autorisait, ne commandait même les
plus glorieux rapprochements.
Vous avez bien voulu, très cher président, vous asseoir aussi, à notre prière, sur ce siège qu'ont occupé les hommes illustres dont je viens de parler :
nousvous en remercions. N'est-ce pas
d'ailleurs votre place, à vous le poète
des Corinthiennes, le critique érudit,
le merveilleux conteur, l'historien délicat de Thaïs, à vous qui, mieux que
personne, pouvez comprendre ce qui
rattache nos manifestations et les œuvres de nos grands maîtres aux traditions du génie hellénique ?
En vous conférant la présidence de
nos fêtes, nous n'avons pas eu seulement en vue le grand écrivain qui
honore à un si haut degré la littérature
contemporaine, ni l'artiste dont la
plume inspirée a su aussi faire revivre
ce merveilleux Orient, berceau des
peuples, avec une puissance d'évoca-

tion égale à celle de Renan. Nous
avons également voulu saluer en vous
le constant ami des félibres ; que
dis-je ? un féhbre aussi, un vrai félibre
parisien. Car de même que François
Coppée, vous l'aimez aussi, et d'un
amour puissant, votre «petite patrie»,
si toutefois l'on peut donner ce nom à
cette grande chose qu'on appelle Paris,
—■ ce Pans que, dans un récent ouvrage, vous avez dépeint avec autant d'art
que d'érudition ; ce Paris, centre de
tout travail et de toute lumière, dont
vous vous glorifiez d'être le fils, comme
nous nous glorifions nous-mêmes de
notre humble village ou de notre petite
ville.
Enfin, nous aimons encore à saluer
en vous le compagnon si fin et si aimable de notre pèlerinage dans le sudouest de la France, à propos duquel
vous avez écrit, pour le beau livre de
Paul Arène et d'Albert Tournier :
Des Alpes aux Pyrénées, une préface
magistrale dont les dernières lignes
furent une agréable promesse et une
suberbe profession de foi.
« L'année prochaine, disiez-vous,
s'il m'est donné de vivre et de respirer
encore la douce lumière du jour, mes
amis, nous irons ensemble porter nos
hommages pieux à la Vénus d'Arles.
Je sais bien que l'Aphrodite de la Colònia julia Arelatensis est captive sur
les bords de la Seine. Elle a été portée
en trophée dans les jardins de Versailles, puis au musée du Louvre. Mais
son âme et son génie son encore en
Provence. On les retrouve dans la pure
beauté des femmes, dans les lignes du
paysage, dans la poésie vivante des
Félibres. »
La promesse si patnotiquement
faite au début de cette citation, oserons-nous, cher Président, vous demander de la renouveler aujourd'hui en
notre faveur ?
Une occasion unique se présente. Le
théâtre antique d'Orange, restauré,
sera inauguré au mois d'août prochain
par la représentation dlAntigone et
à'Œudipe-Roi.
M. le ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts doit présider
lui-même à cette inauguration, et l'éminent administrateur de la ComédieFrançaise nous a promis la présence
! et le concours de cette phaiange d'ar-

�3i

tistes qui sont, Mo.met-Sully en tête,
une cles gloires de notre pays.
C'est aux Cigaliers et aux Félibres,
à notre ami Maurice Faure surtout,
qu'est due cette résurrection définitive
du superbe monument. Votre place
est donc au milieu d'eux, ou plutôt elle
est dans une de ces loges distinctes
que, jadis, les Romains réservaient
aux chevaliers portant l'anneau d'or,
et qui ne pourrait plus être occupée
aujourd'hui que par les princes de la
littérature.
C'est au milieu de ceux-ci, à l'une
des premières places, que vous devez
être, dans ce théâtre où seront représentées, à la clarté du jour qui finit ou
des étoiles qui se lèvent, les chefsd'œuvre du génie antique.
De frénétiques applaudissements saluent cette superbe allocution et redoublent de plus belle quand M. Anatole
France se lève. D'une voix grave et
pénétrante, l'exquis auteur de Thaïs
et du Lys rouge lit le discours suivant,
sans cesse interrompu par les bravos
de l'assistance :
Discours de M. Anatole France
Mesdames, Messieurs,
Ces fêtes illustres et charmantes
étaient présidées jusqu'à ce jour par
• des princes de l'esprit. L'année dernière, c'était François Coppée qui,
succédant à Emile Zola, remplissait
ces fonctions si douces, qu'elles semblaient appartenir à l'idylle et à la
poésie pastorale.
Il y a trois ans, Ernest Renan recevait de vous avec joie l'agréable honneur de ce fauteuil. Je crois le voir,
l'entendre encore. Nous n'oublierons
jamais, n'est-ce pas ? la familiarité
magnifique de ses propos, la riante
sagesse et la large bonté de son âme.
Nous le savons, nous, que ce grand
homme fut le meilleur des hommes, et
que nous lui devons beaucoup. Il nous
a rempli de sa science profonde, de sa
riche pensée, de ses doutes mêmes qui,
dans un tel esprit, avaient l'efficacité
d'une croyance. Il a exercé pendant
trente ans un pouvoir spirituel sur
l'Europe. Il était essentiellement moral

et religieux, puisque, après que ses
croyances furent déracinées, il garda
sa foi en ces vérités de sentiment qui
font la dignité de l'homme et seules
donnent du prix à la vie. Il crut que le
bien était le bien, et il ne pensa jamais
qu'il y eût de la duperie dans la vertu
et dans le sacrifice. « Le but de l'humanité a-t-il dit, n'est pas le bonheur;
c'est la perfection intellectuelle et morale. » Ce Dieu qu'il ne trouvait plus
dans des formules inintelligibles et
dans des dogmes obscurs, il le découvrait dans la nature et dans l'homme,
il le reconnaissait dans tout ce qui est
beau, dans tout ce qui est bien. Il était
optimiste et, jugeant qu'en définitive
le bon l'emporte sur le mauvais, il
avait souci de cette humanité dont il
fut un des plus nobles exemplaires.
Le bon maître, il était là, messieurs,
à pareil jour, il y a trois ans. Il achevait en souriant la journée laborieuse
de sa vie et voyait sans plainte tomber
le crépuscule. Il devait nous quitter
bientôt. C'était vraiment le maître.
Nous l'avions reconnu à sa manière de
rompre le pain. Il l'a rompu parmi
vous, avec un geste de tendresse adorable. Il vous aimait. A cette table, où
la vénération de tous lui faisait une
couronne, il ressentait la joie qu'il inspirait.
Sentant venir l'heure du repos, il se
promettait d'emporter votre souvenir
dans le monde des rêves éternels.
Suit une jolie allusion à Florian et à
ses œuvres :
Florian disait par avance, sur ses
pipeaux, les cahiers du Tiers et des
curés. On était au jour des illusions
généreuses. &lt;&lt; La philosophie nous
gouverne, disait-on, et quels bienfaits
la raison ne répandra-t-elle pas sur les
hommes soumis à son tout-puissant
empire ? L'âge d'or imaginé par les
poètes deviendra une réalité. Tous les
maux disparaîtront avec le fanatisme
et la tyrannie qui les ont enfantés.
L'homme vertueux et éclairé jouira
d'une félicité sans trouble. » On rêvait
les mœurs de Galathée et la police de
Numa. Eh bien, messieurs, on n'avait
pas tort. Ces espérances ont été trompées ; du moins, ni ceux qui les avaient
conçues, ni leurs enfants n'en on vu la

�32

Lou Viro-Soulèu

réalisation ; et je ne dirai point que
cet âge d'or est venu pour nous. Ce
sont des fables qu'il faut laisser à
l'éloquence des ministres en tournée.
Mais ce n'est pas en vain qu'une société
heureuse, qu'un mor.de de ruelles et de
salons, que des gentilshommes philosophes et de jolies femmes conçurent
et nourrirent un idéal de tolérance, de
liberté, de bonté. Illusions sans doute
et rêveries ! Je souhaiterais à notre
bourgeoisie de rêver de la sorte et de
se tromper ainsi. Il faut admirer ces
âmes libres et charmantes qui ne désespéraient pas de la sagesse humaine
et qui rêvaient le bonheur universel
assez vivement pour croire à la réalité
de leurs songes heureux. Il faut savoir
gré au chevalier de Florian, capitaine
de dragons, d'avoir exprimé candidement, sur le mode pastoral, les vœux
que le plus aimable des peuples formait
alors pour la félicité de l'humanité tout
entière.
Le bon Numa et sa belle Egérie
font grand honneur, si l'on y songe, à
l'écrivain dont vous protégez la gloire.
Mais e ;t--e bien, messieurs, pour vous
faire un tel éloge de Florian que vous
m'avez désigné ? J'en doute encore.
Tout considéré, je crois plutôt que
vous m'avez choisi parce que vous
savez que je vous aime beaucoup. Vous
avez voulu, cette fois, honorer l'amitié,
la sainte amitié. Vous avez pensé
qu'aimer les poètes, c'était les égaler
en quelque manière. Et c'est une pensée que Pallas-Athêné eût approuvée.
Elle vous est venue naturellement; elle
est belle, elle vous convient. Et puis,
comme vous mettez beaucoup d'esprit
dans votre bienveillance, vous avez
trouvé bon qu'un barbare, un doux
barbare, un Parisien, rendît témoignage de la beauté de ces choses grecques et romaines dont vous gardez
l'héritage. En ce sens, je dois reconnaître que vous avez fait un excellent
choix.
Je vous aime beaucoup, vous, vos
jeux, vos arts, vos pensées. J'ai voyagé
avec vous. J'ai vu que vous aviez l'âme
libre et généreuse et un sentiment
familier du beau. Vous êtes, sans aucun
appareil, les plus somptueux des hommes. Plutarque dit d'Antoine qu'il
avait de la gaîté dans ses amours et
qu'il mena en Egypte la vie inimitable.

Vous aussi vous avez cette vénusté
riante et vous menez la vie inimitable.
Mais vous la menez sans une multitude
de cuisiniers et de conducteurs de
chars et sans y dépenser l'empire du
monde. C'est bien plus industrieux.
Vos palais d'Orient et vos galères tendues de pourpre ne vous coûtent que
des rimes. La poésie et l'éloquence
subviennent à votre luxe royal.
Je vous ai accompagnés dans vos
marches chantantes à travers les villes.
J'ai admiré combien vous aviez le génie
des conquêtes pacifiques. Vous êtes
très ingénieux et très persuasifs. Vous
vous assurez dans la puissance du
discours. Cela vous vient des Grecs ;
Ajax lui-même, qui pourtant était un
peu enclin à la violence, s'aperçut
assez vite de la vertu des idées, et il
reconnut de bonne grâce, nous dit
Sophocle, que la parole est forte parmi
les hommes. Vous êtes les arrièresneveux d'Ajax, fils d'Oïlée.
Il m'a semblé dans nos marches que
vous n'entendiez rien aux alignements
réguliers et que les caporaux, s'il en
était parmi vous, auraient beaucoup à
souffrir. Vous alliez à votre fantaisie ;
vous étiez très buissonniers, vous vous
dispersiez sur les routes. Mais ce qui
est admirable, c'est que vous vous
retrouviez toujours ; j'en ai conclu
que vous avez un égal sentiment de
l'ordre et delà liberté; j'ai vu aussi
que vous étiez pacifiques avec fierté.
Si, comme Florian et ses amis, nous
pouvions encore nous abandonner aux
illusions généreuses, je compterais sur
vous, messieurs, pour convertir à la
longue l'Europe, que depuis vingt-cinq
ans nous voyons avec douleur hérissée
d'armes, couverte de casernes et de
forteresses, irritée et menaçante. Qui
donc mieux que vous enseignerait au
monde la joie facile, les arts, les travaux de la terre, la paix, une paix
brillante, animée, agitée de querelles
éloquentes où s'honoreraient également
les vainqueurs et les vaincus ? Qui
mieux que vous élèverait les cités aux
accords de la lyre ?
Je m'imagine aussi que si l'on vous
laissait faire, vous arriveriez à résoudre
les questions sociales. Vous en trouveriez la solution dans votre gaîté fine,
dans votre bienveillance avisée, dans
votre mépris superbe des richesses,

�Lou Viro-Soulèu

dans votre culte de l'antique simplicité.
Il ne vous vient pas à l'esprit qu'il
puisse y avoir des classes sociales, et
j'ai vu un cantonnier de vos routes
poudreuses s'asseoir parmi vos poètes;
il chantait comme eux.
Vous savez le prix de la beauté, et
qu'elle est l'unique bien de ce monde.
Vous ne désavouerez pas ce que l'un
de vous a dit :
L'amour meno e l'art nous ajudo.

Vous vouliez les louanges d'un barbare. Ne vous offensez point si elles
passent sur des lèvres un peu rudes et
laissez-moi vous dire très mal ce que je
sens très bien : vous êtes artistes et
poètes, vous l'êtes facilement et cela
est divin ; votre poésie ressemble à ces
eaux
... Si pures et si belles
Qui coulent sans effort des sources naturelles.

Et elle a cela d'unique en notre
temps qu'elle vit et qu'elle est mêlée à
la vie. Elle coule à vos fêtes avec vos
vins parfumés. Un savant vous l'a dit
ici même, vous parlez un latin vivant.
J'ai eu la joie d'entendre vos poètes.
Votre langue provençale a des sons de
la Ivre antique. Les mêmes Muses et
les mêmes Charités ont regardé Virgile
et Mistral.
Avec tant de raison de vous enorgueillir, messieurs, vous n'avez point
de superbe. Vous êtes comme les Grecs
qui craignaient' les Némésis des Dieux,
c'est-à-dire l'inévitable châtiment des
pensées et des actions démesurées. Ce
qu'il y a de beau, de bon, d'heureux
en vous, pieusement vous en rapportez
le mérite à votre terre natale. Il est
vrai qu'elle est faite pour nourrir les
belles formes et les belles pensées.
Un jour, dans votre pays d'Arles,
j'ai vu un olivier si aimable que j'ai été
tenté de l'honorer comme un dieu,
selon la coutume païenne, et de suspendre à son feuillage argenté des
Eros d'argile et des bandelettes de
laine. Il n'est pas possible que tous les
pays soient l'ouvrage d'un même dieu.
Les disparates sautent aux yeux : évidemment le Mont-Blanc n'est pas de la
même main que les collines de l'Arno.
Nous devons croire aux Démiurges. Il
y en a eu beaucoup, et chacun d'eux

33

travailla selon son esprit et ses goûts
à la création d'un morceau du monde.
Celui qui fit la Provence était artiste.
C'était un Démiurge d'une âme élégante, qui s'entendait mieux qu'aucun
autre à la finesse des tons et à la sobre
volupté des lignes. Vous devez à la
terre qu'il a aménagée pour vous votre
âme fine, claire et charmante. Aussi
l'aimez-vous chèrement. Et vos villes,
vos villes romaines et sarrasines, quels
joyaux ! Vous les chérissez d'un cœur
ardent et jaloux. Je vous en félicite.
C'est cette piété envers la ville qui a
produit dans le monde les plus belles
formes de la vie, les plus pures merveilles dugéniehumain : Athènes, Florence ! vous êtes attachés à la petite
patrie, et cet attachement ne fait point
de tort à la grande. A votre exemple,
Français du Centre, du Nord, de
l'Ouest, de l'Est, aimons notre ville.
Que notre patriotisme local soit le
centre et l'axe de notre patriotisme
français. Ecoutons la cité natale qui,
de sa voix forte et charmante comme
le son des cloches, nous dit :
« Voyez, je suis vieille, mais je suis
belle; mes enfants pieux ont brodé
sur ma robe d~s tours, des clochers,
des pignons dentelés et des beffrois.
Je suis une bonne mère ; j'enseigne
le travail et tous les arts de la paix.
Je nourris mes enfants dans mes bras.
Puis, leur tâche faite, ils vont les uns
après les autres dormir à mes pieds,
sous cette herbe où paissent les moutons. Ils passent. Mais je reste pour
garder leur souvenir. Je suis leur mémoire. C'est pourquoi ils me doivent
tout, car l'homme n'est l'homme que
parce qu'il se souvient. Mon manteau
a été déchiré et mon sein percé dans
les guerres. J'ai reçu des blessures
qu'on disait mortelles, mais j'ai vécu
parce que j'ai espéré. Apprenez de
moi cette sainte espérance qui sauve
la patrie. Pensez en moi pour penser
au-delà de vous-mêmes. »
Cet admirable discours a porté à son
comble l'enthousiasme de l'auditoire,
qui a acclamé le savant orateur.
Puis, après la lecture du Palmarès,
M. Troubat a lu son rapport sur le
concours français :

�Lou Viro-Soulèu

34

Messieurs,
Le sujet du concours pour le prix
auquel vous avez donné le nom des
deux grands et charmants poètes que
nous célébrons aujourd'hui, était trop
prestigieux pour qu'il n'y fût pas répondu par un accord de Lyres. Sept
poètes (c'était le nombre des Pléiades)
ont envoyé leur Salut aux Dames de
la Cour d'amour, qui sont plus de Neuf
Sœurs. Cela compliquerait, même de
nos jours, le jugement de Pâris. Mais
nous sommes au Parnasse, non sur
l'Ida. Quand il s'est agi de donner la
pomme à l'une des sept compositions
françaises, votre choix ne s'est arrêté
sur aucune, trouvant à toutes des qualités... et quelques défaillances. Toutes
d'ailleurs ne répondaient pas strictement au sujet proposé, car un félibre
(par la seule raison qu'il est libre) se
répand volontiers sur la mousse, comme une source vive, et l'alimente de
parfums et de fleurs, au lieu de se
rendre en ligne droite au ruisseau qui
doil l'absorber. Le but était donc manqué pour quelques-unes de ces pièces ;
mais vous avez agi en toute équité et
impartialité en accordant des prix et
des mentions à chacune.
Je ne puis résister à citer en entier
celle de M. Henri Giraud, de Vence,
à la fois Troubadour et jongleur, comme il dit, il ne manque à ses jolies
strophes qu'un accompagnement de
guitare. Essayons du moins de les dire :
Salut, princesses de beauté
Dont le souvenir est resté
Dans les ftais jardins de Provence ;
Vous dont le sceptre était la fleur
Que briguaient —douce récompense —
Le troubadour et le jongleur.
Salut, Phanette, Eléonore,
Hermengarde, Clémence, Laure.
Salut, reines du Gay-Savoir,
Dont les yeux étaient le miroir
Qu'alors consultait tout poète,
Quand sous l'ombrage des bois verts,
Le cœur troublé, l'âme inquiète,
Il venait vous lire ses vers.
Salut, Phanette, Eléonore,
Hermengarde, Clémence, Laure.
Salut, déesses de l'amour,
Vous qui fûtes du troubadour
Et la Muse et la bien-aimée ;
Vous qui n'osiez pas refuser
Votre main blanche et parfumée,
Votre lèvre rose à baiser.

Salut, Phanette, Eléonore,
Hermengarde, Clémence, Laure.
Vous n'êtes pas hélas ! hélas!
Mais quand fleuriront les lilas,
Dans le frais jardin de Provence,
Nos sœurs, tout comme aux temps passés,
Donnent des fleurs en récompense
A nos poètes empressés.
En souvenir de ces princesses,
Salut à vous, ô Félibresses !

D'autres strophes, de belle venue,
sont celles de M. Melchior Bonnefois,
de Paris. Les trois dernières ont, à son
insu sans doute, comme un souffle de
Marie-Joseph Chénier et de Méhul,
appliqué à l'éternelle beauté :
Salut à vous, femmes ! vous êtes
La resplendissante clarté
Où baigne l'âme des poètes.
Vous résumez l'humanité !
Mères, vous nous donnez la vie ;
Sœurs, vous adoucissez nos maux ;
Amantes, de la poésie
Vous entretenez les flambeaux.
Et le monde qui vous adore,
Subjugué par votre beauté,
Vous vénère bien plus encore
Pour votre éternelle bonté.

Mademoiselle L. Ouradou, de Brassac (Tarn), a pris un tour ingénieux :
Je suis chevalier, nobles dames,
Et fier je porte vos couleurs,
Qui charment les cœurs et les âmes,
A vous mes chansons et mes fleurs.

C'est le refrain qui donne le change.
A l'air altier de toute la pièce, on
pourrait s'y méprendre
Princesses, comme au moyen âge
Notre ballade chante pour
Vous offrir un pieux hommage,
O reines de nos cours d'amour,

Ce gracieux quatrain sert A'envoi à
la gente ballade de M. Augustin Nieot,
de Chevreuse. La sveltesse du vers
justifie les noms de Villon et de Marot,
évoqués par l'auteur dans sa devise.
M. Félix Meyrargue, de Nice, a
envoyé la description pittoresque en
vingt-huit strophes d'un jardin d'amour
qui ressemble beaucoup à l'ancien
parc de Sceaux, bien que placé sous la
devise du beau ciel d'Italie. Son trio

�Lou Viro-Soulèu

d'amour se nomme Marfise, Lucette,
Rose :
Leur beaux seins blancs et durs percent sous la
[dentelle.

Ces dames parlent d'amour.
Et la brise du soir effleurant la ramée
Alentour des bosquets verts et mystérieux
Va, cueillant les soupirs de chaque bien-aimée.
S'emplir de sons mélodieux...
Oh ! salut aux baisers de leurs lèvres mi-closes,
Cueillis sous un rameau par les vents agité,
A cet endroit riant où l'on cueille les roses,
Dans les délices de l'été I

Comme on le voit, c'est un Décaméron.
M. Marius Isnard, soldat au ni0
régiment d'infanterie à Toulon, nous
apprend qu'il a vingt ans et, sous une
coupe de vers originale, il exprime sa
nostalgie du temps où
Pour un baiser, pour une rose,
Pour un rien, pour la moindre chose,
On allait consulter la cour
D'amour.

De nos jours, continue-t-il de dire en
vers, ces cours curieuses n'existent
plus ; et c'est malheureux,
Car comme alors les amoureuses
Cherchent querelle aux amoureux.

Heureux âge ! heureux regrets !
M. Antoni Chansroux, de Beaucaire,
a envoyé une idylle dramatique, intitulée : Les Fêtes de Sceaux et le Félibrige, qui résume bien toutes les aspirations du Félibrige provençal et de
celui de Pans. On s'y retrouve unis et
libre (selon une célèbre devise) au son
du galoubet et du tambourin, et chacun
y donne la main à son voisin ou à sa
voisine pour exécuter une farandole.
L'espace n'aurait pas manqué ici pour
cela, mais la pièce de M. Chansroux
comporte une mise en scène encore
plus compliquée ; quoique se passant
dans le parc de Sceaux, elle n'est pas
de celles qui se jouent aisément à quatre personnages, comme un proverbe
d'Alfred de Musset, dans un salon ou
sur une pelouse. Ecrite dans les deux
langues, mêlée de chant provençal,
elle a d'heureuses envolées :
Lengo di Muso prouvençalo I
Bèlo lengo sènso rivalo !

35
O lengo d'amour imourtalo,
Voulèn pas que mores jamai !
Sempre viéuras, lengo grèco-latino !
Sempre viéuras ! o ! sies divino.
Te parlaren de mai en mai !

Nous l'aimons tous cette langue
maternelle, et si j'avais à formuler un
vœu, peut-être schismatique par ce
temps de tendance à l'uniformité, ce
serait que le drapeau qui nous réunit
tous fut constellé d'autant d'étoiles que
les poètes en ont allumé dans nos idiomes divers. Ce sont les États-Unis des
Langues romanes que je prêche en ce
moment, sans autre prédominance que
celle du talent ou du génie. Le siège
du Congrès serait toujours Washington... ou Mistral. Je ne pouvais mieux
finir que par ce grand nom en regard
des bustes de Florian et d'Aubaneî.
Et, après la lecture des rapports du
concours en langue d'oc et du concours
artistique, la séance littéraire commence par La Cour d'Amour improvisée, à-propos en un acte et en vers
de M. Louis-Roux Servine. Cette pièce
fort bien interprêtée par Mlle Hartmann (de l'Odéon), MM. René François, Casadessus et Nolot, a valu à
son jeune auteur une ovation des plus
flatteuses.
Duparc (de l'Odéon) a dit Vingt-un
cent francs, à la joie de l'auditoire.
Mlle Nancy Vernet a déclamé une
poésie provençale de Clovis Hugues
et la Fiancée du Timbalier.
Et Mlle Aliberti (de l'Opéra-Comique), accompagnée par M. Talamo,
chante avec beaucoup d'art Mandolineta, du cigalier Paladilhe.

La Cour d'Amour
Après un court intermède, on se
rend sous les ombrages du Parc tenir
Cour d'amour. Mlle Hartmann en est
la reine acclamée. A'ses côtés, prennent place Mlle Berthe Hartmann, sa
sœur; Mlles Grimault, Marga Lucena,
Conty, Lherbay, Aliberti, Nancy Ver-

�36

net, une foule de jeunes et charmantes
dames, devant lesquelles les poètes
sont invités à dire leurs vers.
C'est d'abord M. Jacques Gardet, le
chancelier du Félibrige de Paris, le
dernier des Troubadours, comme l'a
appelé Paul Arène, qui dit le sonnet
suivant :

Sonnet aux Dames de la Cour d'Amour
Il n'est plus qu'un souvenir l'âge
Où les troubadours nos aïeux,
Allaient prodiguant leur hommage
A votre sexe gracieux.
Mais qu'ils seraient fiers et joyeux
S'ils vous voyaient sous cet ombrage,
Dans ces bosquets mystérieux,
Applaudir leur divin langage I
Puisqu'ici nous les imitons,
A vous nos palmes, nos chansons,
A vous nos vers qu'on glorifie !
N'êtes-vous pas les vrais vainqueurs,
Vous qui faites luire en nos cœurs
Et l'Amour et la Poésie ?

On applaudit ensuite M. Croze dans
son Réquisitoire galant; M. M. Bonnefoy, qui adresse aux dames un madrigal bien tourné.
Mlle Blanche Grimault dit avec
beaucoup de finesse 'Jean le Pâtre
rêvait, de L. Roux-Servine.
M. Boissier, accompagné sur la
mandoline par M. Talamo, chante
Vièio Cansoun, de Maurice Faure.
M. Talamo exécute une barcarolle
très goûtée
Mlle Conty dit La Voix des Flots,
de Baude de Maurcelly.
M. Villain (de la Comédie-Française)
est très applaudi dans Les Prunes,
d'Alphonse Daudet.
Mlle Marga Lucena dit gentiment
Les Bagatelles, de Viel Croze.
Quelques gouttes de pluie jettent le
désarroi parmi l'assemblée. On se
disperse en hâte. Mais chacun se
retrouve sous la rotonde.

Mlle Hartmann ouvre de nouvelles
assises.
D'autres poètes et de gentes diseuses
s'y succèdent.
M. Challemel chante un vieil air
provençal.
Mlle Grimault détaille à la perfection une fable de Florian.
Et après avoir dit avec émotion le
Noël en mer, de Paul Arène, et Le Lit,
de J.-M. de Heredia, Mlle Hartmann,
malgré les nombreux applaudissements
et les longs rappels, déclare close la
Cour d'amour.
Le Banquet
A sept heures, un banquet de no
couverts réunissait les félibres dans la
salle des Fêtes de l'ancienne mairie.
Le repas a été très gai, très cordial.
Le service a peut-être bien laissé à
désirer, mais ce n'est pas pour si peu
que l'honneur vient aux poètes. En
attendant les mets on chantait, tout
simplement. 11 n'y a pas eu de discours prononcés. Des brindes ont
été portées par MM. Charaire, Anatole
France, Sextius Michel et Paul Arène.
Dans le Parc
Une farandole conduite par Mlle
Hartmann a fait irruption dans le
Parc, vers dix heures. La Tarasque
patiemment nous attendait. A notre
vue elle a poussé un long rugissement dont tout le Parc a tremblé,
et se dressant, gigantesque , elle
s'est placée en tête de la farandole et
l'a conduite véritablement, cependant
qu'au piano, stimulant l'orchestre,
Mariéton jouait la vraie farandole de
Provence, la farandole que dansent
les filles d'Arles et de Barbentane.
La Petite Patrie, que M. Sextius
Michel vient de publier, contient jine

�37

préface de M. Maurice Faure que
nous nous faisons une joie de publier :

A PREPAUS
DE LA PETITE PATRIE
Salut, joio e felicitacioun couralo au
plus ama, au mai valènt, au meiour
di Felibre de Paris, à Sestius Michel,
que, proumieren coume lou printèms
estivau d'aquest an, vèn de nous semoundre un libre nouvèu, fres e gai
coume un bouquet de lila, tout perfuma
de la bono ôudour di ferigoulo de
Prouvènço : la Petite Patrie !
Sestius Michel es coume l'encarnacioun e lou retipe d'aquélis enfant dôu
Miejour à l'amo ardènto, enebria d'ideau e de pouësio, que, buta pèr lou
sort vers lou grand Paris. — Paris
misterious, tant pivelaire pèr la jouvènço, — pièi, amourousi de la vilasso
emmascarello, cercon, pèr soulas, à ié
retrouva, à ié refaire la pichoto patrio,
à recaliva soun cor, afrejouli pèr lou
neblun, emé li dôuci souvenènço dôu
païs regreta.
E, quand li péu blanquejon, quand
trecole lou soulèu de la vido, l'afecioun
d'aquélis eisila voulountàri pèr la terro
maire devèn uno passioun cremanto.
Es alorque li cansoun bressarello de
l'enfanço e li gai refrin dôu jouine
tèms trèvon soun esperit coume d'èr
paradisen. Ço que bresiho sus si labro,
es pas, segur, la cantadisso. enfetanto
di councert à la modo, mai la tèndro
cantinello de nòsti païsano au tèms di
magnan, la meloupèio campèstro di
segairee di vendémiaire, que se marido
tant armouniousamen emé lou cascarelun di cigalo e la meloudio di grihet.
Coume Castil-Blazo, Amadiéu Pichot, Adòufo Dumas, Lucian Jaufre,
aquélis aufòu venera dôu Félibrige de
Paris, aquéliprecursour de «la Cigalo»
e di Cigalié, Sestius mountè veis
Paris, — t'a long-tèms d'acò, — brun
e bèu Prouvençau prouvençalejant, à
l'ouro ounte Roumaniho. en Âvignoun,
fasié flouri si Margarideto, e ounte,
à Paris, Jansemin prouclamavo davans
la cour e la literaturo, esbalauvido,
l'inmourtalita de la lengo d'O.
Es l'amo ravido d'aquéu reviéure de
la padaduro di rèire, d'aquelo aubo

dôu Félibrige, que lou brave jouvènt
davalè dins aquelo carrierouno alor
noumado Contrescarpo, aro, prouvençalamen batejado Maset, d'ounte poudié vèire eilahn, à l'óurizount, dôu
coustat dôu Pont-Nôu, la caro riserello
d'Enri IV, que semblavo Pacouraja en
ié cridant sa famouso paraulo : « Samenas de Gascoun, acò trachis pertout1... »
E, pamens, èro tout magagna, maugrat l'esbléugimen de la capitalo entrevisto, lou jouine Sestius ; èro un
brisounet triste dins la sourno cour de
l'oustalas di Messajarié, plen de la
cridadisso di veiturin, dôu cli-cla di
fouit, dôu brutdi diligènçotrantraianto
sus li calado.
E, caminant long de laSèino, davans
li palais ufanous, sounjavo à soun vilajoun flouri de Malomort, à la bastido
peirenalo, à soun Rose blu, à soun
clar soulèu, à si gènt, i galànti chato
qu'eilabas avié leissa, li lagremo is
iue...
Mai, lou proumié moumen de languitudo esvali, noste Prouvençau reprengué vitamen sa bono îmour e, freiralamenaculipèrsoun compatrioto Nestor
Roqueplan, fiéu coume éu de Malomort,
— ounte devien naisse dous àutri felibre, ounour de nosto Reneissènço :
Roso-Anaïs Roumaniho e Fèlis Gras,
— Sestius Michel se faguè lèu sa plaço
dins lou mounde literari e universitari.
Ah ! li qu'an pas viseu dins Paris,
avans la foundacioun dôu Félibrige e
de la Cigalo, podon pas se faire uno
idèio de i'isoulamen, di lagno d'aquéli
que, perdu dins lou fourfoui de la
grando vilo, amavon soun païs e sa
vièio lengo.
Ges d'acamp ounte li coumpatrioto
pousguèsson s'assembla,e parla entra
éli de la pichoto patrio ! Èro causo raro
d'avé l'ur d'ausi, à la voulado, quàuquo paraulo prouvençalo, dôufinenco o
gascouno ; e pièi, lou nourmandisme
fasènt flòri, èro quasimen uno déco de
se dire dôu Miejour, e noste noble
lengage èro trata de «charabia. »
E n'avian, lis afama de pouësio miejournalo, qu'un bon tèms dins l'annado.
à l'entour de la Toussanit, quand VArmaria prouvençau nous adusié, dins si
fuiet ama, lou dous perfun de la terro
nadalenco : lou legissian en famiho au
recantoun dôu fiò petejant, aprenian

�38

pèr cor li vers di mèstre ; redisian, paloi, li conte dôu Cascarelet. Avian
qu'aquelo joio e qu'aquéu soulas.
Mai, i'aura lèu vint an, la santo
Estello lusiguè sus Paris : li Miejournau
escampiha s'acampèron souto si rai, e,
en plen Palais-Reiau, la Cigalo cantè,
rampelant li felibre despatria...
E alor s'ausiguè dins tout Paris de
cansoun prouvençalo ; lis àutri prouvinço vouguèron tambèn cigaleja, e
i'aguè, de Y Arc-de-Trioumfle enjusqu'à
la plaço dôu Trône, coume uno îmmènso farandoulo, menadopèrli felibre
jougant dôu flahutet e toucant dôu
tambourin.
A la Cigalo vengué lèu s'ajougne,
avans-gardo afougado, lou Félibrige
de Paris, e tóuti nosti grand felibre,
Aubanel, d'abord, pièi Mistral e Fèlis
Gras, pièi de ministre de laRepubiico,
pièi lis orne d'engèni li mai marcant de
Franco, venguèron nous dire publicamen : « Zôu ! enauras de mai en mai la
pichoto patrio . Vosto obro es grando,
vosto toco es patrioutico. Faire ama
soun pichot païs es faire miés ama la
Franço ! La centralisacioun nivelairo
l'a descoulourido e anequelido ! Que
lou Félibrige ié redoune coulour, reviscoulamen e santa! »
Tant-lèu, de pertout, li Felibre e li
Cigalié dounant l'eisèmple, Paris éumeme rapelant àlaprouvinço l'ourguei
de soun passat e sa noublesso descouneigudo, un grand e fecound raouvemen a tremuda l'aneiano inchaiènço
pèr lou vièi parla, lis us, li legèndo,
i'antico vido franceso, en un afougamen
pèr l'estùdi, la mantenènço, la glourificacioun de tout aquéu tresor requist
ounte tresano l'amo dôu pople, ounte
trelusis l'esperit de la Franço.
Es à-n-aquelo obro de bon patrioto
que, despièi tout-aro unquart de siècle,
s'es counsacra em'uno voio, em'uno
ardour de jouvènt, Sestius Michel,
ajudant pouderousamen, coume sòci e
capoulié, lou Félibrige parisen, que,
fidèu à l'ensignamen di mèstre de la
Reneissènço mistralenco, es sèmpre
atravali pèr espandi la couneissènço di
causo dôu Miejour, lou renoum de sa
literaturo plebeiano, pèrreviscoula dins
soun païs, trop souvènt ôublidaire, la
Cavaillon.— Imp.

MISTRAL

memòri di coumpatrioto, serviciau de
la mémo idèio.
Vaqui- perquè, intrépide pèlerin,
apassiouna pèr aquelo rcviéudanço,
Sestius Michel es esta lou menaire
elouquènt e infatigable de nôsti roumavage, ounte, pouèto e ôaratour, a, dis
Aup i Pirenèu. de Scèus à Marsiho e
de Mountauban à Niço, fa resclanti la
bono paraulo felibrenco e prouclama,
coume un aposto, nosto fe patrioutico.
La Petite Patrie n'es coume l'Evangèli e la Gèsto.
Li scepti e lis arlèri veiran bessai
aqui que fantasié de tantalòri e que
brut de tambourin.
Li gènt d'éime e li serions pensaire
ié veiran autro causo e coumprendran,
regardant aut e liuen, que touto uno
renouvacioun naciounalo póu e deu
naisse d'aquelosanoboulegadisso, emé
l'empuramen de l'amour patriau
l'a pas à dire noun : emé l'abourriinen de tout ço que fai l'óuriginalo
varieta de nôsti raço, emé l'escafamen
de tout ço que coustituïo l'eiretage
sacra di rèire, de tout ço q-u'estaco
l'orne à sa terro, greio e s'estend pau
à pan sus lis amo, coume uno planto
bouscasso, l'endiferènci pèr la pichoto
patrio, lou mesprés dôu fougau, l'ôubîidanço dôu brès. Lèu n'en patis la
o-rando patrio. L'enuei, coume dis lou
pouèto, es fiéu de l'unifourmita. Es
amable ço qu'agrado e noun ço qu'afastigo.
D'aqui vèn aquel esperit de vague
cousmoupoulitisme, creissent autant
que bèisso l'amistanço pèr lou païs
natau, foundamento granit^o de l'amour de la patrio.
Es aqueloîdèioqu'anoublamen ispira
Sestius Michel, es aquelocresènço que
i'a douna tant bel envanc dins li lucho
pacifico, ounte a tant bravamen e utilamen bataieja à la tèsto dôu Félibrige
de Paris, aguènt au founs dôu cor e
sus li labro li paraulo qu'en 1879 nous
cridavo Aubanel à Scèus, en nous
butant dins l'areno :
« Es la Franço que déu èstre glourificado : touto flour es pèr elo e tout
amour, car la Franço es la maire, la
maire adourado! Felibre, Cigalié,
pouèto de Prouvènço e de Paris, cantan pèr elo! »
Maurise FAURE.

fiumsnhlmwe gerent:

U. COISSIER,

77, rue Cardinet.

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="51013" order="4">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/3c9d1da47655b2e6b14eccaaa3a41e0a.jpg</src>
      <authentication>c95f7203077a4d8c2cda294568f37cd4</authentication>
    </file>
    <file fileId="51014" order="5">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/f43f832dd3465d50d9cd2f129eed7f28.jpg</src>
      <authentication>eabe1ebaa5b55a0b5d8e8c6779bcbeed</authentication>
    </file>
    <file fileId="51015" order="6">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/6bac2c1817b1e60194c5412546656e25.jpg</src>
      <authentication>dc512948e671a9f5e13073165f17755c</authentication>
    </file>
    <file fileId="51016" order="7">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/788aa9884a9d4e9e8490c7b188e73c52.jpg</src>
      <authentication>ee053fe0e6d9eb82e1a360ce38863089</authentication>
    </file>
    <file fileId="51017" order="8">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/da572546ccb303a063070645a94a6118.jpg</src>
      <authentication>baa0f94c14104033edb4b2b30edc167e</authentication>
    </file>
    <file fileId="51018" order="9">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/adb2dd94706e34552423baf64aaf5577.jpg</src>
      <authentication>8bbafb65379e3a71e679b331b777a352</authentication>
    </file>
    <file fileId="51019" order="10">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/08b00ab51524d884f59d804fa2c44a33.jpg</src>
      <authentication>ac88a36b585b3ca6e1cf0b009dc885ca</authentication>
    </file>
    <file fileId="51020" order="11">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/c0e0a5676d65d6397c98f2e4dc846fcf.jpg</src>
      <authentication>1fc0b0745c69aed0fd84915aaf60feef</authentication>
    </file>
    <file fileId="51021" order="12">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/e2918b8c899dd2e3bafaf8f523bc1ee8.jpg</src>
      <authentication>3df2548f52737844820fb33e3a894881</authentication>
    </file>
    <file fileId="51022" order="13">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/b8611a2bc15e72c432774d8350894dd2.jpg</src>
      <authentication>0bd108241a8408e0cff909d6b50d7872</authentication>
    </file>
    <file fileId="51023" order="14">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/02f31cdb9610bdc4b1d1341fd14eab5c.jpg</src>
      <authentication>24793ba27d8310c401f267c90bad330b</authentication>
    </file>
    <file fileId="51024" order="15">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/ce4a76937db7293076e9f4608e656c79.jpg</src>
      <authentication>a31e21089a7167c3c549e0efaa726579</authentication>
    </file>
    <file fileId="51025" order="16">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/55c41bf39071f27f88b8167cc078b8d2.jpg</src>
      <authentication>d344831db9cb76866081b92568bb3c5e</authentication>
    </file>
    <file fileId="51026" order="17">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/bf0180872cacab54efd2b1f1aa2810e2.jpg</src>
      <authentication>fe0cc8ad0212b6598f079dfdda859dca</authentication>
    </file>
  </fileContainer>
  <collection collectionId="92">
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="355723">
                <text>Patrimoine écrit occitan:périodiques</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="41">
            <name>Description</name>
            <description>An account of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="355724">
                <text>Ce set contient les périodiques numérisés par le CIRDÒC issus des collections des partenaires d'Occitanica</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
  </collection>
  <itemType itemTypeId="26">
    <name>Revista</name>
    <description>Item type spécifique au CIRDÒC : à privilégier</description>
    <elementContainer>
      <element elementId="128">
        <name>Variante Idiomatique</name>
        <description/>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="453137">
            <text>Provençal</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
      <element elementId="127">
        <name>Région Administrative</name>
        <description/>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="453138">
            <text>Languedoc-Roussillon</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
      <element elementId="163">
        <name>Type de périodique</name>
        <description/>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="715791">
            <text>Revistas literàrias e artisticas = Revues littéraires et artistiques</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
    </elementContainer>
  </itemType>
  <elementSetContainer>
    <elementSet elementSetId="1">
      <name>Dublin Core</name>
      <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
      <elementContainer>
        <element elementId="50">
          <name>Title</name>
          <description>A name given to the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="453117">
              <text>Lou Viro-Soulèu : Flourissènt touti li mes souto l'aflat di felibre de Paris. - Annado 06, n°07 (juliet 1894)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="49">
          <name>Subject</name>
          <description>The topic of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="453119">
              <text>Félibrige</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="41">
          <name>Description</name>
          <description>An account of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="453120">
              <text>Lou Viro-Soulèu. - N°7, juliet 1894</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="39">
          <name>Creator</name>
          <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="453121">
              <text>Roux-Servine (1871-1953)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="45">
          <name>Publisher</name>
          <description>An entity responsible for making the resource available</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="453123">
              <text>imp. L. Mistral (Cavaillon)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="40">
          <name>Date</name>
          <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="453124">
              <text>1894-07</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="47">
          <name>Rights</name>
          <description>Information about rights held in and over the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="453125">
              <text>Domaine public/Domeni public</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="46">
          <name>Relation</name>
          <description>A related resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="453126">
              <text>Vignette : http://occitanica.eu/omeka/files/original/8a2c40b06a2684594465cad12bb7b915.jpg</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="453127">
              <text>http://www.sudoc.fr/127555161</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="104">
          <name>Is Part Of</name>
          <description>A related resource in which the described resource is physically or logically included.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="453128">
              <text>Lou Viro-Soul&amp;egrave;u (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/13127"&gt;Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="42">
          <name>Format</name>
          <description>The file format, physical medium, or dimensions of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="453129">
              <text>application/pdf</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="453131">
              <text>1 vol. (4 p.)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="44">
          <name>Language</name>
          <description>A language of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="453130">
              <text>oci</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="453140">
              <text>fre</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="51">
          <name>Type</name>
          <description>The nature or genre of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="453132">
              <text>Text</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="453133">
              <text>publication en série </text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="43">
          <name>Identifier</name>
          <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="453134">
              <text>http://occitanica.eu/omeka/items/show/13759</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="453135">
              <text>FRB340325101_M4_1894_07</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="116">
          <name>Temporal Coverage</name>
          <description>Temporal characteristics of the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="453136">
              <text>18..</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="98">
          <name>License</name>
          <description>A legal document giving official permission to do something with the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="453139">
              <text>Licence ouverte</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="37">
          <name>Contributor</name>
          <description>An entity responsible for making contributions to the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="453141">
              <text>Michel, Sextius (1825-1906)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="453144">
              <text>Arène, Paul (1843-1896)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="453650">
              <text>France, Anatole (1844-1924)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="453651">
              <text>Faure, Maurice (1850-1919)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="115">
          <name>Spatial Coverage</name>
          <description>Spatial characteristics of the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="453143">
              <text>Paris (France)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="94">
          <name>Date Issued</name>
          <description>Date of formal issuance (e.g., publication) of the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="457097">
              <text>2016-10-24 Françoise Bancarel</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="86">
          <name>Alternative Title</name>
          <description>An alternative name for the resource. The distinction between titles and alternative titles is application-specific.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="818067">
              <text>Lou Viro-Soulèu. - Annado 06, n°07 (juliet 1894) </text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="48">
          <name>Source</name>
          <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="823326">
              <text>Mediatèca occitana, CIRDOC-Béziers, M 4</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
      </elementContainer>
    </elementSet>
    <elementSet elementSetId="8">
      <name>Occitanica</name>
      <description>Jeu de métadonnées internes a Occitanica</description>
      <elementContainer>
        <element elementId="173">
          <name>Portail</name>
          <description>Le portail dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="600910">
              <text>Mediatèca</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="174">
          <name>Sous-Menu</name>
          <description>Le sous-menu dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="600911">
              <text>Bibliotèca</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="172">
          <name>Type de Document</name>
          <description>Le type dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="600912">
              <text>Numéro de revue</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="182">
          <name>Catégorie</name>
          <description>La catégorie dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="644001">
              <text>Documents</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="171">
          <name>Contributeur</name>
          <description>Le contributeur à Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="876586">
              <text>CIRDOC - Institut occitan de cultura</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
      </elementContainer>
    </elementSet>
  </elementSetContainer>
  <tagContainer>
    <tag tagId="1357">
      <name>Jòcs florals = Jeux floraux</name>
    </tag>
    <tag tagId="2046">
      <name>Poesia=Poésie</name>
    </tag>
  </tagContainer>
</item>
