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                  <text>A PROPOS

D'UN

DESSIN DE

BONAVENTURE

LAURENS

[ij

LES GRISETTES DU MIDI

La philosophie a toujours été un don de
famille chez les Renouvier. Jules Renouvier, que ses travaux d'archéologie et d'art
distinguent de son frère Charles, l'éminent
philosophe, était lui-même à la fois un
penseur et un savant. Il portait de la gravité en tout. On a de lui un petit traité
(1) Bonaventure Laurens fut l'un des premiers
félibres. Il a publié des récits en prose dans
VArmana prouvençau où il se nommait lou felibre barrulaire, et de nombreuses lithographies
relatives au Midi.
(2) M. Anatolede Montaiglon date cet article
de 1851, dans la Liste bibliographique et chro-

scientifique : Des grisettes de race. C'est
un article qu'il écrivit à l'occasion d'une
lithographie de son ami, le félibre Bonaventure Laurens, qui avait dessiné pour un
journal de Montpellier (Le Babillard), trois
types de grisettes méridionales : la marseillaise, l'Arlésienne, la Montpelliéraine.

(2)

nologique des ouvrages et des opuscules de M.
Jules Renouvier, qu'il a mise en tête de l'œuvre
posthume de notre illustre compatriote : Histoire de l'Art pendant la Révolution.
L'Arlésienne de B. Laurens est le dessin mis
en tête de cette étude. Le type de Montpelliéraine, qui suit, est tiré des Français peints par
eux-mêmes. (1841)

�to

Lou

Viro-Soulèu

Nous ne prendrons de ce remarquable
paré du front, leur démarche légère, leurs formes
travail de M. Jules Renouvier, que ce qui
mignonnes, et vous serez convaincus qu'il faut
chercher ailleurs que chez les Grecs ou les Ronous intéresse. Ce sont les titres de nomains le type originaire de cette beauté. Si nous
blesse de la grisette que l'auteur recherche
avions conservé des portraits authentiques des
dans cette étude. Voici d'abord la pensée
femmes des anciens habitants de nos côtes,
de M. Jules Renouvier, exprimée dès le
peut-être y trouverions-nous quelque air de nos
début :
grisettes ; mais où prendre des traits exacts de
«... Dans le Midi, la population a conservé
nos vieilles mères Volques ? Les historiens donaussi fidèlement qu'ailleurs l'empreinte des dinent seulement quelques traits des Gauloises,
verses races d'où elle provient. Il m'a paru que
leurs yeux bleus, leurs bras blancs. Les sculpteurs
le type primitif était plus facile à saisir chez
antiques ont aussi beaucoup négligé les Barles femmes. Les femmes sont le plus souvent
bares. Le groupe de la villa Ludovisi, appelé
exclues des observations ethnographiques, exautrefois
Aria et Pœtus, et reconnu depuis Visclusion injuste, car la femme, plus sédentaire
conti comme représentant des Gaulois vaincus,
dans sa vie, plus locale dans ses mœurs, doit
est peut-être le seul monument où l'on apergarder plus naturellement sur ses traits et dans
çoive une femme marquée d'une beauté diffésa taille le caractère de sa race
rente de la beauté romaine, où l'on reconnaisse
Les figures les plus significatives se renconà la commissure du nez un trait à rapprocher du
trent chez les femmes qui tiennent du peuple
portrait qui nous occupe. Mais laissons là l'anpar leur origine et leur vie laborieuse, des ritique, l'histoire de Montpellier se prête difficiches et des bourgeois par leur aisance et leur
lement à ce que l'on donne à la beauté de ses
esprit, c'est-à-dire chez les grisettes. »
filles une pareille noblesse ; elles n'en auraient
Tout le monde n'est pas un moraliste à
hérité que par transmission des filles de Subsla manière de Fléchier, qui nous apprend
tantion ou de Maguelonne dont la figure est,
dans ses Mémoires sur les grands jours
comme on pense bien, enveloppée des ombres
d'Auvergne, que « les grisettes (de Clerles plus noires. Il faut donc chercher ailleurs.
mont) sont de jeunes bourgeoises de la
Il n'est pas nécessaire de remonter aux plus
ville qui ont une galanterie un peu haranciennes époques pour trouver des souches
die... » Cela donne, en outre, raison à la
honorables. Cinq à six siècles forment des pardéfinition que Jules Renouvier fait de la
chemins suffisants pour des filles ordinairement
grisette, c'est-à-dire de la femme des clasmodestes dans leurs prétentions. Tenez-vous
ses intermédiaires. Littré la définit plus
donc pour satisfaits si nous montrons dans les
monuments contemporains du premier dévelopcommunément : « Jeune fille de petite conpement de Montpellier, quelques indices du type
dition, coquette et galante, ainsi nommée
de la beauté qui lui est particulière. Or, nous
parce qu'autrefois les filles de petite conn'avons que l'embarras du choix parmi toutes
dition portaient de la grisette (ou vêtement
les belles qu'ont chantées les troubadours : la
d'étoffe grise de peu de valeur.) » Aujourmaîtresse d'Arnaud de Marueil,
d'hui, on étend plus particulièrement le
La bell' Ysseulç ab lo pey blos...
mot à cette autre définition que donne Lit[La belle Yseult avec le cheveu blond] (i)
tré : « Jeune fille qui a un état, couturière,
Brunesentz, l'héroïne du roman de Jaufre:
brodeuse, etc., et qui se laisse facilement
Car plus es fresca bella e blanca
courtiser par les jeunes gens. » C'était la
Que neus gelada sus en branca...
manière de l'entendre de Béranger ; c'est
[Car est plus fraîche, belle et blanche — que neige
aussi la nôtre.
gelée sur une branche...]
Après avoir dépeint le type de Marseille
ou Floripar du roman de Fierabras :
Ac lo cors bel e dreyt e ben afaysonat,
et d'Arles, et comparé les grisettes moLa carn avia pus blanca qu'evori reparat,
dernes aux fragments d'art antique, qui
E la cara vermelha cum ro\a en estat,
sont comme des portraits d'ancêtres pour
E la boca petita e Une las dens serrat,
ces filles du peuple, insouciantes de leur
noblesse originelle, M. Renouvier aborde
Las mamelas petitas e V pel recercelhat.
la grisette montpelliéraine :
[Et le corps bel et droit et bien fait, — la chair
avait plus blanche qu'ivoire poli, — et le visage ver« Maintenant, venez à Montpellier, dit-il ;
meil comme rose en été, — et la bouche petite et tient
approchez de quelque groupe de jeunes filles,
les dents serrées
les seins petits et les cheveux
et rien qu'à la douceur de leur accent, à la fifrisés en boule.]
nesse de leurs propos, vous vous sentirez hors
(i) M. Anatole de Montaiglon, qui a bien voulu me
de Provence. Regardez ensuite leurs yeux bleus,
traduire ces vers, m'a fait observer que PEY lui paraisleurs cheveux châtains, leur nez court, fin, sésait une faute.

�Lou

Viro-Soulèu

« Ces portraits et bien d'autres font bien voir
que les poètes du terroir n'ont pas confondu
nos mignonnes grisettes avec les puissantes
filles de la Grèce et de Rome. Les sculpteurs
gothiques de nos pays avaient été sûrement influencés par le même type et avaient reproduit
la beauté la plus estimée de leur temps. Malheureusement, il reste ici bien peu de figures
anciennes pour servir à nos comparaisons : que
n'avons-nous seulement une seule des Madones
qui ornaient et protégeaient les portes de Montpellier au moyen âge ! A défaut de statues citoyennes, empruntons-en à des localités voisines
dont la population peut appartenir aux mêmes
origines. Il y a à l'église de Lattes une tête
servant de chapiteau; à St-Guilhem du Désert,
deux jeunes filles sculptées sur un écusson,
qu'on peut, avec un peu de complaisance, rapprocher des filles du pays. En allant jusqu'à
Béziers, on voit sur la façade de l'église SaintNazaire deux' statues de femmes dont nous recommandons l'examen. Les gens du pays les
prennent pour des comtesses; les archéologues
y voient les religions juive et chrétienne ; je
les signale ici comme des portraits de grisettes
du quinzième siècle. La sculpture alors rendait
une beauté toute différente de la beauté antique.
En les regardant de près, on verra qu'elles ont
les yeux petits et bien fendus, le front petit, le
nez relevé, la bouche serrée, la taille étroite, le
menton peu prononcé ; qu'elles reproduisent
enfin, par l'expression générale aussi bien que
par les traits caractéristiques, le type que nous
avons assigné aux grisettes de Montpellier. ï
Nous ne croyons pas à la disparition de
la grisette, mais seulement à sa métamorphose. Un de nos meilleurs etregrettés amis,
mort jeune encore, qui a chanté, comme
Gaussinel, les grisettes montpelliéraines :
le félibre Octavien Bringuier, n'était pas
de cet avis, et il nous a laissé à ce sujet
une boutade dont nous ne partageons pas
le pessimisme. La voici dans le texte languedocien et avec son orthographe originale, où le d tient la place de IV :
A UNA

GRISETTA

Grisetta de moun ièms, counta siés dehenguda !
Floudetta daou pays, perla de la citat !
Estela daou Miechour ! ta pus bella paduda
Eda bè ta simplicitat.
N'as pas touchour pourtat boulans e crinolina ;
Mais tous souy'es laçais, toun fichu de coulou,
Ta raoubctta d'escot, toun mantaou de lépina
Abien sus-tout may debalou.
Aymabis lou trabal e chacun t'en baylaba ;
Trimabés nioch e chour sans layssa ni repaou:
Aoussi sabiés counta, ta méda fappelaba
La fourniguetta de l'ousiaou.

I

Rougissiés pas alors, bidadés pas la testa
Quand toun péda, lou souer, tout remplit de mour[tié,
Te baylaba soun bras en benguen daou chantié :
N'abiés pas hounta de sa besta.

Ada mette^pas pus toun clahié, tas cadénas ,
Lou tresor d'aoutras fes n'es pas pus qu'un ranbal.
An padat ta vertu, ta misèda, tas penas :
Soun las reliquas daou trabal.
Trop d'orgul te perdra. Crey-me, paouda manida,
Ce qu'on pren a l'hounou manqua à nostra ficrtat.
Aoussi dubés souffri d'entendre à toun coustat
Las gens demanda : D'ounte tida ?

Quand per sa banitat la raouba d'une fia
Es salida una fes per lou hent daou soupçoun,
Seguèsse de drap d'or, n'es pas qu'une guénia
Aou pris de soun ancien renoum !
Sévère, trop sévère ' Nous aimons à croire
que les choses ont été ainsi de tous les
temps, c'est-à-dire que le monde ne vaut
ni plus ni moins aujourd'hui qu'autrefois.
Ce n'est pas de nos jours seulement qu'on
a inventé les ceintures dorées. Quant aux
volants et aux crinolines, qui ne se portent
plus, même en province, depuis longtemps,
elles assignent aux vers de notre ami leur
date, à peu près au temps où Nadar s'écriait :
Les femmes ne sont pas ce qu'un vain peuple pense :
La crinoline, hélas ! fait toute leur puissance.
JULES

TROUBAT.

�Lou

Viro-Soulèu

CARAMENTRAN
A-n-Albtrt Tournicr.

ou mes de febrié, aquest an,
èro do us.
E lou dimècre di Cendre,
i'avié tant de soulèu sus li
routo blanco, que vous sarias cresegu, sènso lis aubre
desfueia,au bèu mitan dóu sourrisèntabriéu.
Peréu, lis Arlaten — qu'aqueu jour an
acoustuma d'ana treva dins lou campestre
— emé gau s'embandissien foro vilo. Li
chato avien sourti de l'armàri óudourouso
sis abihage de mié-sesoun, e mai que d'uno
s'aparavo de la raisso de fiò souto lou satin clar de l'oumbrello.
Sus la routo póu^souso caminavian. Tout
Arle anavo au mas manja laiòli 'mé li coutar d'engano e li beebet de Rose. Carnavas. desempièi la vèio, èro mort mai lis
Arlaten an 1 imour ga'o e fan, dóu premié
jour ma'gre, lou darr'éjour gras. A.lounc.
li gènt anavon tauleja au maset Aquéli
que si casteu soun qu en Espagno, dins li
cafetoun dóu Pont-de-Crau tulavon lou
verme emé de ^aussissot à l'ai et e de fougasseto à l'òli, trempado dins lou vin blanquet.
Queto journado !
Après lou dina, dins li prat verd, dins
li draiolo estrecho, au founs di sebisso espinouso, de couble amourous cercavon,
souto lis erbo menudo, l'espelimen embaima di proumiéri vióuleto. Mai qu'èron raro
e bèn escoundudo ! E, pèr li calignaire,
èro pleno de douçour, aquelo recerco. Li
man s'entrevavon, se sarravon. E, de-fes,
li tèsto èron t:;nt proche l'uno de l'autro,
que li labro dóu galant avien lèu fa de
rauba 'n poutoun sus la gauto de l'amado.
En bras àt caraiso, li vièi jougavon i
bocho sus un relarg escandiha, dou tèms
que li jouve de l'endré, h travaiadou di
mas de Crau, proumenavon, au brut di
tambour e di troumpeto, lou cadabre pietadous de Caramentran.
Li voues di jouvènt — de voues un pau
esmougudo d'orne qu'an bèn manja e bèn
begu — cantavon sus d'un èr d'entarramen :
Adieu paure,
Adiéu paure,
Adieu paure Carnavas !

E, sus lis espalo que lou pourtavon, Caramentran, bras pendoulènt, tèsto brandanto, minable, anavo à la mort !

Souto uno arco dóu porto-aigo, à-n-un
clavèu lou penjavon sèns pieta. Li tambour
batien lou darrié rrran ! E, lèu, li fiamo
mountavon di gavelet petejant e ié lipavon
li pèd e i'envertouiavon li cambo, e gagnavon la tèsto, la pauro tèsto de bon ibrougno que moustravo Caramentran resigna.
Un cop de vènt passavo, lou fiò s'amoussavo. Ero fini.
Adiéu paure,
Adiéu paure,
Adiéu paure Carnavas !

La niue douçamen toumbavo. Un ventoulet siblavo dins li branco maigro. Li
jougaire de bocho cargavon si vèsto. li chato se sarravon dins si chale caud. Èro lou
retour à la fresquiero.
E quand metian lou pèd sus li dùri calado de la vilo, à la negro niue, brrrou !
un fre nous sarravo lou cor.
La triste so que nous gagnavo venié de
la malancounié de l'ouro, emai dóu regrèt
— aquest sero de caremo acoumençant —
d; gaii partido de carnavas, d'galejado sus
li Liço, dis entrgo souto la capucho, de
tout lou galant brut de rascavèu e de tambour n que nous a\ié fa sauta, trepeja. entrga, ama belèu ! dins tout un mes de douço foulié.
L. ROUX-SERVINE.

LES FÉLIBRES &amp;Ji. LINTiLHAC
Le Félibrige est à l'ordre du jour: je ue
fais pas allusion aux Fêtes cigalières et félibréennes de 1894, si intéressantes pourtant, et combien vivantes à'estrambord. Je
veux dire simplement que la question du
Félibrige a éveillé en ces derniers temps,
et pour des causes diverses, l'attention de
quelques hommes sérieux. Tandis que certains politiques se demandent si, sous ce
mouvement d'apparence purement littéraire, ne se cachent pas je ne sais quels
regrets d'un passé disparu et quelles espérances d'une impossible autonomie, la curiosité des philologues et des littérateurs
est vivement sollicitée par cet étrange spectacle d'une langue et d'une poésie qui renaissent. Qu'il me suffise de rappeler, pour
faire court, les travaux de M. Legré : Le
poète Théodore tAubanel, et de M. Koschwitz : Grammaire historique de la langue
des Fèlibres, un article assez sévère de M.
Rosières (Revue critique), et la belle étude
consacrée à Mistral par M. G. Paris, (Revue de Paris). Il restait qu'un observateur

�Lou

Viro-Soulèu

plus intimement mêlé au mouvement félibréen, et en même temps d'esprit assez
indépendant pour échapper à l'influence
des petites chapelles, nous donnât une vue
d'ensemble, précise et complète sur les
hommes et les choses du Félibrige. C'est
ce que vient de faire M. Eugène Lintilhac,
connaisseur en Félibres et en Félibrige,
certes, et par droit de naissance, et par
droit d'expertise, et capable de répondre
en leur parler sonore aux gais propos des
chato d'Arles et d Orange, mais encore
plus de Paris par naturalisation, par hasard
d'origine que d'outre-Loire, comme Paul
Arène, Daudet, Fouquier et tant d'lutres
maîtres ciseleurs de la langue française,
cigalier comme tous ces artistes qui seraient
fâchés, sans doute, de perdre l'accent, mais
qui, par leurs œuvres, tableaux, statues,
romans ou opéras, sont les plus purs repré-entants de l'esprit et de l'art français.
Donc, M. Lintilhac nous apporte les résultats d'une longue enquête, (i) joyeusement poursuivie pendant cinq ans. Mais
qu'on ne s'y irompe pas. « En dépit des
galéjades inhérentes au genre, nous dit-il,
cette étude, aussi sincère que vécue, doit
être prise au sérieux. » Et vraiment la précaution est inutile ; on sent bien, dans ces
pages alertes et claires et comme ensoleillées, une pensée robuste et saine, toujours
maîtresse d'elle-même, qui sait où elle va
et ce qu'elle veut.
Ce qu'elle veut, le voici : connaître d'abord les origines de l'histoire de ce « rarissime phénomène de renaissance littéraire », pénétrer ensuite l'énigme (s'il y
en a une comme on le lui a dit un jour),
et, en tout cas, ne pas ignorer le but et la
haute portée sociale du Félibrige ; le juger
enfin et, par une critique délicate autant
que solide des œuvres d'Aubanel, apprécier
exactement et sur échantillons le mérite littéraire de « la nouvelle poésie provençale. »
L'espace nous est mesuré : nous ne pouvons suivre M. Lintilhac dans ses promenades « à travers le monde et la poésie »
des félibres. 11 a voulu « être un regardeur d'hommes. » Ces hommes qu'il a
vus, et qui s'appellent Mistral, Félix Gras
et tutti quanti, il les raconte en toute sincérité et, ce qui ne gâte rien, avec infiniment d'humour.
La conclusion dernière est faite à la fois
(i) Les Félibres. A travers leur monde et leur
poésie. Un volume, chez LEMERRE, 1894.

pour charmer les amis des Félibres et de
la poésie, et rassurer les amis de la patrie
française. Leur rêve, là-bas, c'est une décentralisation littéraire, artistique, intellectuelle. Le séparatisme ? Fantôme, épouvantail de Franchimans.
Or, selon nous, il peut y avoir de véritables avantages, à coup sûr nul inconvénient ue se rencontre à laisser le parler
provençal, ce latin du pauvre, selon un
mot des plus heureux de M. Lintilhac, vivre et prospérer dans la Provence. « O
France, mère France, dirons-nous volontiers avec Mistral, laisse-lui donc, à la Provence, à ton joli Midi, la langue de miel
où elle te dit : « Ma maire ! » (ma mère)
Et ne soyez pas jaloux non plus, ou inquiets, si quelque grand poète d'outreLoire, un Jasmin, car M. Lintilhac n'a eu
garde de l'oublier, lui, un Mistral, un Aubanel, un Félix Gras composent leurs chefsd'œuvre en gascon ou en provençal. Voilà trois siècles que Pelletier du Mans répondait aux intransigeants d'alors, qui ne
voulaient dans la langue française aucun
terme dialectal : « Tout est Fi ançais, qui
est du piys du Roi. » Nos rois sont morts,
mais la patrie subsiste, égilement aimée
au delà comme en deçà de la Loire. Nos
critiques modernes seraient-ils plus intolérants que les hommes d'il y a trois cents
ans ?
LE

Maxime
THEATRE

A

ANTIQUE

LANUSSE.

D'ORANGE

PARIS

L y a quelques jours, la pluie
me chassant, je me réfugiai par
2? hasard au Palais de l'Industrie,
où se trouvaient réunis les plans
de la future exposition universelle.
Après avoir parcouru les différentes salles,
j'ai eu la plus imprévue des surprises.
Dans un angle, et comme à l'abri du vulgaire curieux, j'aperçus encore un plan
dont la vue réveilla dans mon esprit le vivant souvenir de nos fêtes d'Orange.
Comme le disait jadis Royer-Collard de
la démocratie : «Le Félibrige coule à pleins
bords. » M. Buquet, l'habile et savant architecte de la Chambre des Députés, l'auteur de ce plan, voudra bien m'excuser si
je déflore son travail en n'en signalant
qu'une partie, l'espace qui m'est laissé dans
ce journal ne me permettant pas, malheu-

�M

Lou

Vire-Soulèu

reusement, de m'étendre sur les splendeurs
de son palais souterrain de l'électricité, ses
fontaines auxpluies de feu et les attractions
multiples qui forment un ensemble digne
de son talent et du sujet qu'il avait à traiter.
Mais voici le clou felibréen, assurément
bien inattendu, imaginé par M- Buquet,
qui a voulu initier les Parisiens et les étrangers aux fêtes de l'art antique, en nous offrant au Cours la Reine, dans le triangle
dont la pointe aboutit au concert de l'Horloge, la restitution intégrale du Théâtre
antique dOrange, avec ses vastes proportions et tel queies Gallo-Romains l'avaient
édifié. On y donnerait des représentations
gratuites des tragédies de Sophocle et d'Euripide, ou même des tragédies modernes
inspirées de l'antiquité. La galerie circulaire du théâtre servirait à l'exposition de
l'art antique, fourni par des moulages pris
dans les musées français ou étrangers, y
compris les trésors qu'on trouve en ce moment dans les fouilles de Delphes.
En dehors des jours de représentation,
les costumes, masques, instruments de musique des acteurs, des mimes et des chœurs
seraient exposés sur des mannequins et constitueraient une superbe exposition extrarétrospective du costume au théâtre. Elle
formerait, pour ainsi dire, la préface de l'exposition rétrospective du costume français,
placée dans deux palais en encorbellement
sur la Seine, à côté du Théâtre antique.
Nous adressons nos félicitations et nos
remerciements à M. Buquet, qui a été si
bien inspiré en proposant la restitution
complète d'un des plus beaux monuments
du Midi gallo-romain, et nous faisons des
vœux pour que la Commission d'examen
et M. le Ministre de l'Instruction publique
et des Beaux-Arts, veuillent bien faire entrer dans le plan définitif, qui sera adopté
pour la prochaine Exposition universelle,
l'édification du Théâtre antique d'Orange
telle que M. Buquet l'a si savamment indiquée. Tout le Félibrige applaudira.
H.

ODDO.

VIRO-SOULEI ADO
ECHOS FÉL1BRÉF.NS
íâr&lt;Ç3?J ou Viro-Soulèu, dont la transií'ííív? f°rmation a été très favorable^Jrtfffe ment accueillie, continue, sous
J^T^S^ sa nouvelle forme, à recevoir la
collaboration active d'un secré-

taire de la rédaction, M. Louis Roux-Servine, la direction de la partie artistique
étant spécialement confiée à M. Amy, dont
on connaît la haute compétence et le dévouement félibren.
*

*

*

Le Théâtre d'application nous conviait,
le samedi 26 janvier, à entendre une sélection d'oeuvres musicales de notre confrère
le félibre compositeur A. M. Auzende. Le
public n'a pas ménagé ses applaudissements
et a particulièrement apprécié une scène lyrique, «Achille,» digne de figurer au programme de Colonne ou de Lainoureux.
*

* *

M. Caristie-Martel, de la Comédie française, un des cinquante majoraux du Félibrige de Paris, a fait représenter à l'Odéon,
à l'occasion de l'anniversaire de Molière,
un à-propos en un acte, Célimène aux Enfers, qui a obtenu un vif succès. Tout le
public a acclamé le nom de l'auteur.
*
La violette fleurit... même en plein hiver, au Félibrige de Paris.
Deux de nos confrères et collaborateurs,
MM. Jules Bonnet et Henry Eymieu, viennent d'être nommés officiers d'académie.
M. Leygues, on le voit, bon cigalier jusqu'à la dernière heure, a dévalisé, en faveur
de ses amis les Félibres, le jardin de Clémence Isaure,dont Mistral a si bien parlé.
Deux bons félibres marseillais, MM.Huot
et Joseph Gautier, ont reçu également le
précieux ruban violet.
*
Les amis de M. Jules Arène, c'est-à-dire
tous les Félibres, apprendront avec plaisir
que le nouveau consul du Pirée vient d'être
nommé chevalier de la Légion d'honneur.
*

* *

Deux uiariagesfélibréens à signaler: celui
de la toute charmante Marianne Hugues,
fille de noire ami Clovis, avec un aimable
poète, M. Ballieu ; et celui de l'ex-ministre
cigalier Barthou avec Mlle Aliee Mayeur.
*
M.Paul Mariéton va publier sous peu un
volume de l'Histoire littéraire de la langue
d'oc depuis les troubadours, qu'il prépare
depuis plusieurs années. Il sera intitulé : HISTOIRE D'UNE RENAISSANCE, La genèse duFèlibrige, et comprend des études sur les précurseurs languedociens, gascons et provençaux, d'après maints documents inédits. Il
s'arrête à la publication de Mirèio (1859).
Le volume suivant sera consacré à l'exposé de l'évolution félibréenne jusqu'à ce jour.

�Lou

Viro-Soulèu

Notre confrère Amy, qui a eu, par ce
temps glacial, la bizarre idée de se rendre
à Tarascon pour y exécuter en plein aille fronton de l'Hôtel de Ville, n'a pu,
jusqu'à présent, y faire que des statues...
de neige ; mais, en revanche, il y a composé des vers de feu : Rêve d'adolescent.
Emerveillé de tant d'ardeur, M. Gardet a
résumé ainsi l'impression éprouvée par les
lecteurs de ce poème « barbelant d'amour» :
C'est avec un plaisir extrême
Que i'ai lu les vers enflammés
De l'amoureux petit poème
Eclos aux pays parfumés.
Et je loue et je remercie
L'homme heureux qui peut, tour à tour,
Se livrer, au gré de sa vie,
A l'Art, à la Muse, à l'Amour !
Le comité nommé par la Chambre syndicale des typographes de Marseille, pour
fêter le troisième centenaire de l'imprimerie dans cette ville, s'occupe d'arrêter
le programme de cette commémoration.
A ce propos, rappelons que le premier
imprimeur qui s'installa à Marseille, Mascaron, commença à travailler vers la fin de
l'année 1594. Mais ce qui intéresse surtout
les Félibres, c'est que le premier ouvrage
sorti de ses presses, le 2 mars 1595, fut un
ouvrage provençal :
« Obros e ri mos prouvenssales de Lovys
de la Bellaudiere, gentilhomme prouvenssau, reviovdados per Pierre Paul, escuyer
de Marseillo ; dedicados à Lovys d'Aix et
Charles de Casaulx, viguier et premier conssou de Maiseillo. »
Cet ouvrage, devenu rarissime, doit contenir quatre parties avec leur titre particulier, sous la même date. La première partie porte le titre que nous avons donné ;
les autres sont intitulées:
Le Don-Don infernal, où sont décrites
en provençal les misères et les calamités
d'une prison, par Louis de la Bellaudiere.
Puis « Lous passatens de Lovys de la Bellaudière mes en sa luzour per Pierre Paul. »
Et enfin : « Barbovillado et phantazies
jovrnalieros de Pierre Paul. »
Une réimpression de l'ouvrage a eu lieu
en 1595 et une autre en 1597 avec quelques changements. Un ancien libraire d'Aix,
M. Pontier, en avait encore un exemplaire
vers 1845, et Paul Arène, il y a quelques
années, en possédait également un, dont
il fut dépouillé par un amical larcin. (1)
Nous souhaitons aux prochaines fêtes du
3mc centenaire de l'imprimerie, à Marseille,
le succès qu'elles méritent, heureux en même temps de rappeler la mémoire de Bellaud
de la Bellaudiere, un de nos devanciers
qui, mêlé aux troubles du règne de Charles
IX, écrivit maint sonnet provençal à Paris.
(1) M. Paul Mariéton vient d'acquérir un exemplaire des œuvres de Bellaud, à la vente du
docteur Noulet, à Toulouse.

'5

Le Félibrige a pris d'assaut les hauteurs
de Montmartre. Clovis Hugues a inauguré,
le 10 février, au cabaret artistique des Quat'
-z'Arts, une série de conférences sur la
chanson provinciale.
Les honneurs, comme de juste, ont été
d'abord pour la poésie provençale.
Après un éloquent et spirituel exposé du
caractère Vie la chanson en Provence, Clovis Hugues a commenté, devant l'auditoire
ravi, les Noëls de Saboly, la Coupo, les airs
populaires du Félibrige, et à la traduction
succédait l'exécution des morceaux, magistralement interprétés par l'orchestre de
Ch de Sivry et délicieusement chantés par
Mathilde Leroy, Claudie de Sivry, la félibresse Mirèio, Marcel Legay et de Scevola.
La marche populaire de Paul Arène, sur
■l'air du roi René : le Midi bouge, a enthousiasmé toute la salle qui, par des applaudissements répétés, a prouvé qu'elle
était heureuse d'avoir répondu à cet éclatant appel de Clovis Hugues :
Quête que fugue voste nis,
Gènt dóu Miejour o de Paris,
Venès! la cansoun prouvençalo
Vous vuejara dintre lou cor
Tout lou cèu emé si rai d'or,
Tout l'estiéu emései cigalo.
*

*

Deux nouvelles, l'une heureuse,
triste, nous arrivent d'Avignon.

l'autre

Le jeune et brillant félibre Folco de Baroncelli, vient de se marier avec Mlle
Constantin.
Comme si toute médaille devait avoir
son revers, presque au même moment,
mourait, à la suite d'une chute, Anselme
Mathieu, le divin auteur de la Farandoulo,
celui qu'on a nommé justement le Catulle
de la Provence. De la légendaire pléiade
de Font-Ségugne, il ne reste plus, hélas!
que Mistral et Tavan.

*

*

o

Le sculpteur Injalbert vient d'avoirla douleur de perdre son père. Nos condoléances.
*
*

»

Une soirée d'un grand intérêt a marqué
notre assemblée générale du 13 février, au
Café Voltaire. Le commandeur Cazeneuve
a donné, après le banquet, une très brillante
séance de prestidigitation et d'hypnotisme
avec le gracieux concours de Mlle Reine Desolange, sa nièce, qui a charmé l'auditoire en
répondant à merveille aux désirs de chacun.
M. Cazeneuve est une illustration toulousaine, et sa célébrité, comme celle de Bosco, est européenne.
Ajoutons qu'il parle un excellent « moundin » et qu'il est admirateur passionné de
Goudouli, dont il sait les poésies par cœur.

�Lou

10

Viro-Soulèu

LES ŒUVRES FÉLIBREENNES
Cigau e Cigalo, par Màrius BOUERELLY
(Chansons provençales. — Remondet-Aubin, à Aix)
Toute la verve gauloise et satirique du plus
fécond des félibres se donne là libre carrière,
comme dans Li bord de mar, Li marchand de
mort subito, etc., et l'auteur y fait montre de
son amour pour la langue du terroir, qu'il proclamait ainsi à l'âge de 38 ans :
Jouvènt m'an après, encaro au coulège,
De parla francès, grego vo latin ;
Mai l'asiéu de-longo enrabia li mège,
Car lou prouvençau m'èro enca plus fin...

et dont il n'a cessé de donner des preuves jusqu'à ce jour où il a près du double de cet âge.
Nous ne pouvons malheureusement citer grand'
chose ; mais nous voulons, du moins, signaler
la haute sagesse de la pièce 7 faisan :

Si je l'osais, je dirais bien tout bas au poète:
ce Défiez-vous des typos de Provence : ils ont
accentué vos mots de déplorable façon, et c'est
dommage !.. » Mais on ne manquerait pas de
me dire : — Vous êtes ... imprimeur !... Et je
me tiens coi prudemment.
Rhône et Provence, par Sernin SANTY
— Brochure in-8, chez Roumanille —
C'est la relation fidèle des inoubliables fêtes
félibréennes et cigalières de l'été dernier. Le
récit de la descente du Rhône est surtout pittoresque et ensoleillé. En bon confrère, le directeur de Lcmou^i n'a oublié personne et il a un
mot aimable pour chaque félibre rencontré au
cours de sa poétique pérégrination.
Un précurseur des Félibres : Jacques Jasmin
par Paul MARIÉTON

Le dernier et très intéressant fascicule de la
Revue félilréenne (t. x, n. 4, 5 et 6) contient
cet excellent travail qui, augmenté de la traduction rythmée de Maltro l'innoucènto,va paraître
en brochure. M. Mariéton y étudie le rôle du
célèbre poète gascon et fixe, avec les meilleures
références, les points divers se rattachant à son
œuvre. Il constate que c'est la lecture de Florian qui détermina sa vocation poétique.
Je ne ferai qu'un reproche, tout amical, au
« C'est, dit-il dans une note, la chanson lanvétéran du Félibrige : c'est de ne pas s'en être
guedocienne d'Estelle, dont fut frappée l'imatenu à l'orthographe mistralienne, que je me I gination de Jasmin, qui valut à Florian d'être
suis permis de rétablir dans mes citations.L'ave- ! choisi pour parrain des félibrées de Sceaux. »
nir du Félibrige me paraît être dans cette uniM. Mariéton regrette justement l'orgueil de
fication de la langue, qui en facilitera l'étude et
! Jasmin, qui le porta à exalter son propre génie
par conséquent l'expansion.
sans songer à se créer des disciples, et lui fit
La Crau, poésies et légendes, par Marius Girard
considérer avec une défiance jalouse le mou(Avignon, Roumanille, éditeur)
vement naissant du Félibrige. Il n'en espère
Dans le genre descriptif qui, ce me semble,
pas moins que l'année 1898, centenaire de la
convient le mieux au poète, on peut citer Lou
naissance de Jasmin, réunira autour de la stadar, Li fournèu, Chereverin, et aussi la légende
tue de ce précurseur de notre Renaissance, dont
du seigneur de Villevieille, d'une couleur moyen
il facilita l'éclosion, « tous les poètes, tous les
âge bien marquée. Mentionnons également la
patriotes de la terre d'Oc. »
préface en prose et le Testament de Tartarin,
*
ingénieuse harangue de bienvenue aux Félibres
de Paris, à leur arrivée à Tarascon, en 1891.
Signalons aussi deux portraits félibréens paPour nous borner à une courte citation, voici
rus en janvier dans deux revues parisiennes très
deux strophes d'un Brinde aux Cigaliers, vieux
sympathiques à la Cause méridionale : celui de
de dix ans déjà, mais toujours d'actualité :
Sextius Michel dans la Province, par Lucien Duc
Messiés, iéu brinde à la Jouvènço !
et Maurice Faure, et celui de Paul Arène dans
Sias de Paris, siéu de Prouvènço :
Simple Revue, par Fernand Hauser. L'étude de
Pourgès la man !
notre confrère est très poétique et montre bien
Grand roumancié, pichot riraaire,
Patroun, marin, mossi, remairc,
le triple caractère du talent si fin de P. Arène :
Sian li fiéu de la mémo mairo
athénien, provençal et parisien ; mais elle conE nous aman,
tient une lacune : si elle peint à merveille l'éPatrioto avans touto causo,
crivain français, il n'y est nullement question du
Fasès ounour à nosto Causo,
félibre !.. Nous aimons à penser que F. Hauser
Sias l'aveni !
Vengu de liuen à vosto fèsto,
se réserve de présenter Paul Arène sous cette
Enliasse vuei sus vôsti tèsto
face aux lecteurs du Viro-Soulèu.
L*6ulivié gris e la genesto
Païsan que dins la champino
Matin e sero rusticas,
Vers la terro clinant l'esquino,
E de-longo vous abrigas,
Virés pas lis iue vers la vilo ;
Leissas ista si trepadou,
Car n'en sarias trop lèu sadou
Tant la vido i'es diücilo :
Leissas la vilo is artisan,
La terro es pèr li païsan !

L.

Dóu souveni

L'Àdmini strateur-G érant :
PARIS. —

L.

de

BARRUEL,

DUC.

38, rue de Fleurus.

Empremarié felibrenco de Lucian Duc, 35, carriero Rousselet.

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              <text>Licence ouverte</text>
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          <name>Contributor</name>
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              <text>Troubat, Jules (1836-1914)</text>
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              <text>Lanusse, Maxime (1853-1930)</text>
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              <text>Duc, Lucien (1849-1915)</text>
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          <name>Spatial Coverage</name>
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              <text>Paris (France)</text>
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              <text>2016-10-24 Françoise Bancarel</text>
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          <name>Alternative Title</name>
          <description>An alternative name for the resource. The distinction between titles and alternative titles is application-specific.</description>
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              <text>Lou Viro-Soulèu. - Annado 07,  [n°02] février 1895 </text>
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          <name>Source</name>
          <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
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              <text>Mediatèca occitana, CIRDOC-Béziers, M 4</text>
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      <name>Occitanica</name>
      <description>Jeu de métadonnées internes a Occitanica</description>
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          <name>Portail</name>
          <description>Le portail dans la typologie Occitanica</description>
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              <text>Mediatèca</text>
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          <description>Le type dans la typologie Occitanica</description>
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          <description>La catégorie dans la typologie Occitanica</description>
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          <name>Contributeur</name>
          <description>Le contributeur à Occitanica</description>
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              <text>CIRDOC - Institut occitan de cultura</text>
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      <name>Jòcs florals = Jeux floraux</name>
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      <name>Poesia=Poésie</name>
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