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                  <text>VLB ERT TOURNIER

Un bon livre et un beau portrait, c'est
une excellente occasion de parler d'un félibre aimé de tous: Albert Tournier. Peutêtre nous le découvriront-ils sous un jour
nouveau. Je sais un Tournier peint par Paul
Sain, le lorgnon haut, dans une attitude à
la fois superbe et provocante, bien différent
de ce Tournier grave, méditatif, que nous
révèle aujourd'hui le pinceau de Wagner.

Qui reconnaîtrait là ce diable au corps
dont a parlé Maurras, celui qui, Des Alpes
aux Ty renées, menait les retentissantes farandoles aux temps héroïques du Félibrige ?
L'heure du calme serait-elle sonnée, et
ne resterait-il rien du paladin d'autrefois ;
ou bien aurions-nous deux Tournier : un
même modèle interprété par deux maîtres,
modèle à deux faces, sardonique et sévère,
fougueux et réfléchi ?

�Lou

M

Viro-Souîèu

Croyez bien qu'il n'y a qu'un Tournier

des assemblées parlementaires. Moins mé-

qui, sous des dehors endiablés, cache une

thodique, il se fût perdu dans le nombre

âme de sage. C'est l'éléphant d'Isotta que

des renseignements, recueillis souvent au

l'exquis conteur Anatole France lui don-

hasard de la découverte, mais avec un flair

nerait pour emblème : « Ses pieds, qui sur

tout particulier. Il s'est trouvé que, pour faire

le champ de bataille écrasaient les chevaux

l'histoire d'un homme à peine cité dans les

et les cavaliers, passaient dans les jardins
sans froisser les roses. » Rare mélange de

superbes livres de Michelet et de Quinet,
il a fallu choisir, élaguer, restreindre, en-

force et de finesse,

fermer dans un volume, la matière de plu-

réflexion,

d'enthousiasme et de

juste balancement

de

qualités

sieurs. De là peut-être
lecture un

peu

au premier abord,

contraires qui le font bien de ce Sud-Ouest

une

ardue pour les non

des bords riants de la Garonne et de l'A-

initiés'. Mais les bons esprits verront de

riège, pays d'harmonie et de juste milieu,

suite s'ouvrir tout un côté inaperçu de la

patrie des tempéraments équilibrés, des es-

grande histoire. Derrière les

prits positifs et délicats. Il a le goût inné

Robespierre,

des belles

miers rôles, paraissent des comparses non

formes,

des musiques et

des

Danton,

les

qui tiennent les grands pre-

couleurs ; de là, ses emballements de Mé-

moins puissants et redoutables. Le chef du

ridional

ce qui aime, chante,

Comité de Sûreté générale, sous la Terreur,

Il quitte tout, un soir, à Pala-

avait une mission si haute, si terrible, que

pour tout

resplendit.
vas,

même

la bouillabaisse

et ses

amis,

pour s'embarquer vers la haute mer, seul,

l'on

s'étonne qu'il

mis en vedette

n'ait pas été plus tôt

Heureusement que ce pré-

dans un canot, sous la lune, afin de vivre

sident de l'inflexible Comité était en même

un rêve de

d'homme

temps député de l'Ariège à la Convention,

plus intéressant à rencontrer pour ce qu'il

et natif de Pamiers ; et l'Ariégeois Albert

poète. Il n'est pas

sait des hommes et des événements, qu'il

Tournier, qui tient de cœur à tout ce qui

juge de haut, avec une spirituelle et con-

touche sa ville natale, s'est intéressé à cette

descendante bonhomie. Sa conversation est

figure, trop oubliée, de son pays. Travail-

pleine, vibrante, faite d'études

complexes

ler pour la petite patrie, c'est toujours tra-

et de notes vues. Il sait sur le

doigt son

Paris révolutionnaire, qu'il affectionne particulièrement ; et il fait beau le voir, vers
les minuit, évoquant la grande ombre

de

Danton à cette place déserte de l'Ecole de
Médecine, où fut autrefois sa demeure.
Philosophe-artiste, il a glané
Gambetta

«

biographie

a fait œuvre de bon félibre, comme

idée belle

agi d'avancer

une

et généreuse, au service de la-

quelle il mettait ses talents multiples d'écrivain et d'orateur.

A Cadenet, il a

été

son

l'ardent tribun, remueur des foules assem-

nous

blées devant le Tambour d'Arcole, qu'avait
créé Amy. Dans la Commission du Théâtre

— des souvenirs qui auraient disparu avec

d'Orange, où il siège aux côtés de

les

rice Faure, il a soutenu avec chaleur, et en

dit

Jules

que

11

chaque fois qu'il s'est

souhaiterions d'en avoir une pour Danton
contemporains »,

telle

pour

vailler pour la grande.

Claretie,

Mau-

tout l'à côté de l'histoire, mais qui la met

relevant toutes les objections de détail, la

sous son véritable jour, lui donne la vérité de la vie. Il a un culte pour le grand

Reine Jeanne, qu'il s'est mis en tête, avec

patriote — peut-être par affinité de race —

de faire jouer sur l'incomparable scène du

sa ténacité de

montagnard et de Gascon,

qu'il a connu et servi en sa précoce jeu-

théâtre antique. Ce jour-là sera un jour de

nesse de journaliste, et dont, au

triomphe pour les Félibres, pour le Midi

fond, il

a gardé l'enseignement et la doctrine.
Dans ce Vadier qui vient de paraître et
qui le classe au meilleur rang de la critique
historique contemporaine, il a coordonné
avec un art très sûr des documents habilement recherchés,

joignant à la science

des temps vécus l'intelligence et l'habitude

et pour la Poésie !
PAUL

MARYLL1S.

�Lou

UN

NOUVEAU

Viro-Soulèu

BONAPARTE-WYSE

LE FÉLIBRE PIERRE WAGNER

35

siasme de l'auditoire, qui lui vote d'acclamation les honneurs de l'insertion intégrale
dans le plus prochain numéro du ViroSoulèu :

MESSIES, FELIBRE E MÈSTRE EN GAI-SABÉ,

La dernière réunion générale du Félibrige
parisien a été des plus intéressantes: outre
que la présence de gracieuses félibresses
contribuait à en rehausser singulièrement
l'éclat, l'intérêt capital de la séance résultait de l'admission, parmi les membres titulaires, du peintre Pierre Wagner.
Albert Tournier, qui le présentait à ses
confrères, a fait tout d'abord remarquer
qu'en dépit de la désinence germanique du
nom, Wagner, originaire de Lyon, était
un artiste par dessus tout épris de clarté
et de lumière : cette clarté, cette lumière,
il les a recherchées avec passion, aussi bien
dans les chefs-d'œuvre des poètes du Midi
que dans les paysages de nos côtes de Provence. 11 a eu à la fois la compréhension
profonde de la langue et de la nature provençales ; s'il possède l'une jusque dans
ses dernières finesses, il a rendu l'autre
avec une maîtrise à laquelle les connaissseurs ont depuis longtemps rendu un
éclatant hommage. Son exposition sur les
hauteurs de Montmartre, chez le gentilhomme Rodolphe Salis, a obtenu le plus
vif succès, et bientôt le public pourra admirer, dans les galeries du Luxembourg,
sa magnifique Nuée d'orage.
Insistant sur le point qui touchait plus
particulièrement la Société, l'orateur loue
le noble effort du récipiendaire qui, marchant sur les traces de Bonaparte-Wyse et
du consul Lucien Piat, s'était si complètement assimilé un idiome qui n'était point
sa langue maternelle.
Les applaudissements qui accueillent ces
chaleureuses paroles de bienvenue montrent
combien l'assemblée se félicite de l'arrivée
d'une aussi précieuse recrue, et combien
elle est heureuse de faire fête à un artiste
de haute valeur, qui est en même temps
un romaniste des plus distingués et des plus
méritants.
Pierre Wagner, après avoir remercié les
Felibres de Paris de leur accueil si cordial,
prononce l'obligatoire discours de réception avec une verve, une humour, un
talent de diseur qui ont soulevé l'enthou-

Rèn que de vèire vôstis iue braca sus
moun cocot, li boutèu m'en fan cliqueto,
e, segur, devès pensa en m'espinchant :
« Vejan ço qu'aquéu poulit merle vai sibla ! »
Ço que m'enquequino, es aquéu foutrau
de « discours » que dève vous debana !
Lou vesès, Messiés, n'ai pas lou biais
d'un farluquet à mourre pounchu, qu'a de
mot bèn alisca dins lou bè, e vous demande
perdoun pèr moun franc parla.
Pamens, coume siéu pas vengu pèr mouca la candelo, digo que digaras e viro que
viraràs ! Vaqui lou moumen de tasta lou
fricot e de saupre ço que boui dins l'oulo ;
ai jouga de l'escumadouiro niai-que-mai,
pecaire ! e vous prègue de pas crida trop
fort, se rèsto encaro quàuqui péu dins ma
bouiaco ! Es plus tèms de galeja, e ribounribagno, fau i'ana !
Anen, d'autt
Quand, l'autre vèspre, l'eminènt Maurise
Faure prengué la paraulo pèr me prepausa
à vôsti sufrage en qualita de felibre titulàri, acô fuguè coume uno esglariadisso pèr
iéu. Esbalauvi e badant, restère sot coume
un cat bagna ; e, à peno bretounejave un
gramaci.
Vuei, vous lou dise, aquéu gramaci, e
soulide, e dóu founs dóu cor.
Dôu diable, ma fisto ! se me doute de
ço que pou me mérita aquel ounour! Ai
bèu me grata lou su, rèste court, pode pas
lou devina.
Pamens, Messiés, me disiéu : Te fau
moustra à Messiés li Felibre que siés pas
un pegot ; vejan, moun ami ! cèrco, e
douno-te siuen d'adouba quaucarèn de
poulit.
Alor, me siéu bouta à mascara de papié,
boudiéu ! à rajo ! N'en ai abena tres man,
e agouta dos fiolo d'encro ! Assajave ma
plumo, te fasiéu de majesculo emé de zistoun-zest ! n'en vos, n'en vaqui ! N'en aviéu
lis iue roumpu e rouge coume aquéli d'uno
ratugno blanco.
Aviéu empiela talamen de mot, d'idèio,

�Lou

-,6

Viro-Soulèu

qu'èro un clapas esfraious, qu'aurié fa vergougno i piramido !
I'avié d'istôri, de retra de yilo, de port,
de viage, à bôudre. La mar bacelavo, lou
soulèu rajavo, la niue negrejavo, l'estello
belugaejavo ! e de mouloun d'envoucacion
arderouso, pouderouso, armouniouso, e de
causo tant neblouso, n'i'avié dequé tremoula !
Enfin, èro uno vertadiero cagado !
Tambèn, qu'aièr, à la vesprado, relegissènt tout acô, me siéu esclafa de rire, e
tout-d'un-tèms ai arrapa tout aquéu marrit
barbouiage e, coume dis Bigot dins Loti
loup e Vagnel :
E sens fourcheto e sens coutel,
Vous n'en faguè quatre moucel.
E zôu ! ai tout garça dins lou fiô !
Dins l'embroi mounte m'ère empega, fau
l'escoumesso que lou diable emé soun rediable aurié jamai pouscu se n'en pôutira.
Dins aquéu barjaca de coudoun, parlave
de moun enfanço, dóu travai di terradou,
di voulame, di daio, di vendémi e dóu
tron de Diéu !... coume se n'avian pas
tóuti esta drouloun, e s'avian pas estrassa
nòsti braio à gasta de nis.
Retraçave lou port d'Avignoun, li bastimen, li velo blanco e la mar bluio, e lou
cèu blu... se vesié que de blu ! E lou Palais
di Papo à Marsibo, emé soun pont espetaclous, coume se l'avias jamai vist ! Mai,
beleu, me troumpe, lou port es bessai à
Marsiho e lou pont en Avignoun! Escusas!
ai pas agu lou pres de geougrafio !
Pièi, disiéu mis estudi sus la lengo miejournalo: vous n'en fasiéu un tablèu qu'èro
pas pica di verme, e talamen en bèu, talamen espoumpi, que li felibre se n'en sarien lipa li det jusqu'is espalo ! Mai, ma
moudestio me forço à rèn dire de mai.
E, coume Erostrate, ai brula lou Temple
d'Ephèse ! Ai, ai, ai, vaqui que recoumençon li citacioun : garo lou bastoun ! E toujour pedassave, de fieu en aguhio, enfielave
de fraso, coume Sancho-Panza si prouvèrbi,
e parlave di floureto, di pinedo, di roumanin, di ferigoulo, dis argelas, di bartas e de
Bartalasso, tau qu'uno agasso !
E, pièi, encaro retrasiéu li fèsto dóu Felibrige, d'Aurenjo e d'Avignoun, mounte
siéu esta. Es verai, Messiés, que vàutri lis
avès pas visto, e qu'es proubable qu'avès
ausi parla d'Aubanèu e de Roumaniho que,

parèis, an escri
librihoun.

en

prouvençau

quàuqui

Parlave, peréu, di chato tant poulido,
de soun gàubi requist, de soun teta-dous,
de soun biais galant, e balalin e balalan,
coume un vièi ceban ! Pamens, me fasié
lingueto de li vèire, li chato I Ato ! sian
pas de bos, gâchas !
Pèr tout dire, parlave de moun intrado
au Felibrige e de la poulido letro de Mestre Frederi Mistrau, e bèn segur me tourcave pas lou nas em' uno fusto !
Enfin, enfin, patin-counfin ! me gounflave
coume un courpatas que tourtiho uno
fourmo !
Quand rapugave de tout caire pèr aprendre lou parla prouvençau, li gènt que trèvon lou païs ounte lou soulèu fai fougasso,
me disien emé sis èr de badau : « Ah !
voui, le patouâ du Midisse ! du paysse de
Tartarin ! » — Té! ié rebecave tout-d'uno,
oi, mourre de bòchi, cresès alor que sian
tóuti à sautourleja d'un arpioun sus l'autre,
coume de galino, siblant dins un flahutet
e picant sus un tambour estaca pèr uno ficello e pendu à noste cou, en fasènt tutu-pan-pan e cantant de roumanso à faire
ploura lis armàri en virant d'iue coume un
pèis fregi ? Eh bèn, tè ! agachas un pau
aquéli gargamèu que galejon emé lou gàubi d'uno vaco que broudarié de dentello !
e aviéu bougramen envejo de faire panpan-tu-tu, en ié garçant quauco bono anchouiado sus li gauto ! e zôu ! ié sian li
tu-tu-pan-pan !
E quand anave encô di libraire croumpa
de libre de lengo d O, lou sauto-rigolo me
respoundié, la goulo enfarinado : « Non,
Mossieû, nous n avons que Mirèiôo ! »
— Hui ! hui ! nego-chin ! que lou tron
te cure, laid moustrihoun ! E pamens i'avié 'n mouloun de libre anglés, alemand,
espagnôu, italian, tur, indian, chinés, dóu
Kamtchaka e de Cacafouia ! Mai dóu Miejour ! Vst ! passo-que-t'ai-vist !
E la lengo miejournalo se parlo dins trento-sieis despartamen :
Mai parlen plan, o mi bouqueto,
Que li bouissoun an d'auriheto !
Me taise ! un cop de mai m'empegave
dins la geougrafio ! Aro que n'en ai proun
di pèr moustra moun sabé — esbrihaudant
coume lou quiéu de la sartan ! — e

que

devès juja que touto ma sapiènço es dins

�Lou

Viro-Soulèu

moun bon-voulé, e qu'ai degu, coume un
bartavèu, vous estrassa lis auriho emé moun
desparla e moun chapladis prouvençau, tau
que fasié, antan, 1 orre Tureno, lou grand
mourtalage dins voste païs, e que... Anen,
bon ! vaqui lTstòri, aro... Mai, moustre !
pos dounc pas teni ta lengo ! Bèn segur,
te faràs remouchina quauque cop !
Tè ! fau que vous lou dise, meritariéu de
vous vèire arrapa l'escoubo e me garça deforo .. Mai crese, pulèu, qu'acô vous fai
rire, e tau que ris e~ desarma. N'en aproufite dounc pèr acaba, e dire: la Prouvènço
es lou plus bèu païs dóu mounde ! M'es
un soulas, un chale de l'aguèdre visto, e
que barbèle de la revèire, e enfin la prègue
d'à-geinoun de m'agrada coume un fiéu
dévoua, fin-qu'à moun darrié badai !
E, pièi-qu'avès la bèn-voulènço de me
douna la retirado à voste fougau, e que
me coumoulas d'ounour e de plesi en me
guierdounant dóu titre de felibre majourau,
vole vous semoundre Tournage de ma recouneissènço.
Aquéli plesi e ounour li dève, subre-tout
e avans tout, à moun eicelènt ami Ravous
Ginesto, tambèn qu'à noste valent presidènt Sextius Miquèu; — à-n-éli dous que
vouguèron bèn me presenta e me peirina,
dise de grand cor : gramaci! Pièi, i felibre
d'elèi que m'an forço ajuda e acouraja, au
mèstre Frederi Mistrau, à Maurise Faure,
Pau Areno, Albert Tournier, Ernest Plantier, e vàutri tóuti, Messiés, agradas un cop
de mai, dóu founs de moun cor, esmougu
que-noun-sai, moun gramaci !
Apoundrai que jure fiielita au Felibrige ! Jure de manteni e respeta sis estatut e de travaia couralamen, sèmpre e mai.
que-mai, à soun espandimen !
Vivo lou Felibrige ! Vivo la Prouvènço !
Vivo lou Miejour !
PÈIRE
WAGNER.

37

dans ses années de jeunesse parisienne,
l'oeil sans cesse tourné vers le soleil natal,
cherchait encore à la rue Richelieu, en
pleine Bibliothèque nationale, l'accent du
pays.
C'est pour ne pas perdre l'accent
Que nous fondâmes la Cigale,
a écrit Paul Arène.
— Touquen aqui .' disait Antony Réal,
dans la salle de lecture, tendant la main à
son compatriote Auguste Deloye. Le geste
expressif complétait la pensée. On se retrouvait toujours de Vaucluse. on évoquait
la famille et le pays, rien qu'à la façon de
se dire bonjour et de se la serrer. Chansroux ne m'écrit pas autrement : Dabalas,
pour m'inviter à aller le voir à Beaucaire.
D'autres ont longtemps cherché leur ligne bleue dans les horizons verdoyants des
hauteurs de Robinson, si près de Sceaux,
qui n'était pas encore rendu à Florian ni
au Felibrige.
Antony Réal fut un homme heureux, car
il réalisa son rêve. Un fils, pieusement jaloux de la gloire du père, lui a rendu toute
justice dans le gracieux volume sur le Théâtre antique d Orange, où il a raconté les
démarches, la longue patience, les efforts
persévérants d esprit provençal et de diplomatie (c'est tout un), par lesquels son
père triompha de l'administration et de la
routine. Le poète y sacrifia son temps et
ses peines — et, peut-être, plus d'une œuvre ; — mais la restitution du vieux monument à sa destination première reste aujourd'hui son œuvre principale et perpétuera
son nom. N'oublions pas cette date du 24
août 1869, qu'il rappelait lui-même tout
récemment en ces termes, lui, l'auteur de
la magnifique cantate d'inauguration, exécutée dans cette mémorable soirée :
« Quand une voix d'un timbre éclatant
fit entendre ce vers des Triomphateurs :
Troubadours du Midi, triomphez par Mistral!

ANTONY

RÉAL

a
, ntony Réal égrena sa vie au
'$||\Í£&gt;'si service du Félibrige.
\J%\\
« 'Y^*

Si quelqu'un, parmi nous,
personnifie le symbole du ViroSoulèu, c'est bien celui qui,

une immense acclamation souligna le nom
du poète. »
Hélas ! il ne verra pas cette autre journée, montrée d'avance par lui, comme Moïse
fit voir de loin la terre promise:
« Le mois d'août prochain, dans ce Théâtre antique d'Orange — aujourd'hui Théâtre national — on jouera la Reine Jeanne,
et ce sera un événement artistique, le triomphe de la langue provençale. »
Nous ne nous doutions pas, le 15 avril,

�Lou

;8

quand nous discutions encore, au Café Voltaire, les préparatifs de ces fêtes et ceux
plus prochains de la fête de Sceaux, du
malheur qui devait le lendemain frapper le
Félibrige et notre sympathique président,
M. Sextius Michel. Qu'il reçoive ici, de
nouveau, l'expression de notre douloureuse
condoléance. L'écrivain qui vient de succomber en la personne d'Antony Réal était
le frère de l'auteur de La petite patrie, et
l'un des doyens de la Société des Gens de
Lettres, historien, poète, romancier, de race
essentiellement humoristique, un digne fils
des villes de Rabelais et de Molière. Il me
semble qu'on est bien de son pays, où tout
pétille et rutile, quand on laisse, entre autres écrits érudits et scientifiques : Y Histoire
philosophique et anecdotique du bâton et
Ce qu'il y a dans une bouteille de vin.
Antony Réal ne délayait pas sa pensée.
Un autre livre de lui, de 1887, porte pour
titre : Les grands vins. Il en a mis beaucoup — et du bon coin — dans ses œuvres.
JULES

Viro-Soulèu
pour lui l'ouverture du « Seigneur bienfaisant », qu'il exécutait derrière la toile.
I! parvint, par un travail continuel, à
donner à cet instrument tout le développement dont il était susceptible, et à en
jouer dans tous les tons sans changer de
corps, ce à quoi on n'était pas parvenu
avant lui.
11 fit une méthode de cet instrument
borné, qui fut longtemps le seul connu ;
elle fut gravée chez Lachevardierre.
Ce fut à lui qu'on s'adressa, lorsqu'on
travailla à l'Encyclopédie, et ce fut lui qui
donna les renseignements qu'on trouve
dans cet ouvrage, sur le galoubet.
Il mourut pensionnaire de l'Opéra, en
1804.
(Communiqué par Ulysse Hcissier).

VIRO-SOULEIADO

TROUBAT.
ÉCHOS

PETITES BIOGRAPHIES FÉLIBRÉENNES
Ì^vp arbonel (Joseph-Karl), né à San, en Provence, le 1 2 août 1751,
était fils d'un berger ; il perdit
ses parents en bas âge, et fut
recueilli par un particulier qui
le fit entrer dans un collège de Jésuites, où
le célèbre Massillon, ayant eu l'occasion de
le voir et de remarquer ses dispositions,
l'honora de sa protection. Au sortir de ses
études, on l'envoya à Paris étudier la chirurgie. Son goût naturel pour la musique
lui ayant fait cultiver, dès sa plus tendre
jeunesse, le galoubet, instrument de son
pays, il conçut U projet de le perfectionner et d'en faire son unique ressource.
Ce fut à Vienne qu'il connut le célèbre
Noverre, qui y était alors maître des Ballets, et qui le fit entrer depuis à l'Académie
Royale de Musique. Tout le monde se rappelle de l'y avoir entendu jouer du galoubet.
Floquet, (1) son compatriote, composa
(1) Floquet (Eti™une-Jo3sph), célèbre compositeur de musique, né à Aix le 25 novembre
1750, mort \? 10 mai 1785.

FÉLIBRÉENS

Au Félibrige de Paris, on ne dit pas :
passé la fête, passé le saint! Il a été averti
trop tard (sans qu'il y ait de la faute de
personne) de l'hommage qui vient d'être
rendu, à Montpellier, à la mémoire de
Moquin-Tandon, par l'inauguration du buste
de l'illustre et spirituel savant. L'invitation
à y assister a soulevé, parmi tous ses membres, un sentiment de reconnaissance, et,
comme l'a dit M. Maurice Faure, de piété
filiale pour l'homme de science, resté poète
et fidèle au Midi, qui donna, l'un des premiers, sa chaude adhésion au Félibrige
parisien. Le professeur académicien continua tous les ans sa collaboration à Y Armand prouvençau. Ni l'Institut ni le Collège de France ne firent oublier à l'auteur
du Carya M.igalonensis ses origines languedocienne!. 11 prenait un bain de joie
dans la langue paternelle ou maternelle,
enrich:e par son ancêtre, Auguste Tandon,
précurseur de Bigot, d'un volume de Fables, Contes et autres pièces en vers patois de {Montpellier, publié dans cette ville
en 1813. Nos pères les savaient par cœur,
et nous y retrouvons aujourd'hui des remarques revendicatrices contre l'intrusion
du français dans l'idiome du pays. Ainsi,
au mot Bèlètas : « Sérié may patois de

�Lou

Viro-Soulèu

dire moustélas. » Quant au mot patois
employé ici, les grands poètes modernes
n'avaient pas encore restitué et reconstitué
la langue.
A l'une de nos réunions d'avril, M.
Georges Niel, le fin journaliste que l'on
connaît, a fait au Félibrige de Paris une
proposition à coup sûr inattendue, mais
tout à fait méridionale.
A propos de la réédition des Mémoires
de d1 Artagnan, qui ont servi de base au
grand Dumas pour écrire la merveilleuse
épopée de ses Trois Mousquetaires, il a eu
l'idée de réclamer une statue pour le cadet
de Gascogne qui a si bien su faire respecter son origine et qui a porté si haut la
verve et la bravoure de sa race.
— Une statue à d'Artagnan ! à un héros
de roman ! vont s'écrier nos détracteurs...
Pourquoi pas à Tartarin ?
— Pardon, dirons-nous aux profanes ; si
le chevalier d'Artagnan est surtout popularisé par Alexandre Dumas, il n'en a pas
moins existé en chair et en os, et ses hauts
faits sont authentiques.
Ne fût-ce que pour apprendre cela au
public qui l'ignore, la statue rêvée par M.
Niel aurait sa raison d'être.
Aussi, le premier moment de surprise
passé, notre confrère n'a-t-il pas eu de peine
à faire adopter sa proposition par l'assemblée, et une Commission a été aussitôt
nomméepour s'occuperdcs voieset moyens.
Nul ne personnifie mieux, en effet, l'esprit méridional que ce gentilhomme gascon, parti de son pays sans autre fortune
que sa bonne mine, et qui s'est élevé par
ses qualités natives et par des services éminents, à une des plus hautes situations,
aussi bien à la cour de Louis XIV que dans
les rangs de son armée, qui a compté
tant de grand; noms !
Le Félibrige est donc dans son rôle en
demandant une statue pour ce héros parti
d'en bas et dont l'histoire a vraiment trop
peu parlé.
Au reste, l'accueil le plus sympathique a
déjà été fait au projet qui nous occupe par
la plupart des organes de la presse parisienne. A l'Etat maintenant d'entendre nos
vœux. Nul doute que le public de la capitale ne fît volontiers le voyage de Versailles, pour aller admirer dans la cour du
grand palais la statue du grand mousquetaire.

Le vaillant rédacteur en chef du Calel,
M. Victor Delbergé, qui fit le voyage de
Villeneuve-sur-Lot à Paris à l'occasion de
nos dernières fêtes félibréennes, uniquement pour assister à notre Cour d'amour
de Sceaux et repartir le soir même, après
nous avoir régalé, avec une superbe crânerie de mousquetaire, de beaux vers sur les
Chênes du pays natal, adresse au « ViroSoulèu » ce joli sonnet :

LA VENUS D'AGEN
A Vamit Albert Tournier.
O Venusl sus touncors,ount lousouleldardalho
Per miliou l'enlusi, sous rais escaudurous,
Moun èl, negat d'amou, tristomen se mirailho,
E cerco, près del sé, lou cami des poutous.
Lou tèms qu'enlaidis tout e, de sa fau que dalho
L'obro de nostre esprit e de nostros susous,
De la peiro empourtèt, brigalho per brigalho,
Toun poulit cap, toun froun, ta bouco, touselhous.
Mès mous bras à tous flancs, reino de la naturo,
Per te prene te fan uno entrejo cinturó,
E moun cor arderous cerco à te ranima.
Moun sangbul,e ma pel à la pèiro coulado,
Oublidi pel moumen que tu, !a tant aimado,
Venus del Mas d'Agen, nou podes pas m'aima.
VICTOR

DELBERGÉ.

Le 7 mai a eu lieu le banquet, suivi de
concert, donné par la Cigale, en l'honneur
du 20ME anniversaire de sa fondation.
L'assemblée était fort nombreuse et la
soirée artistique a été des plus brillantes.
Après le discours du président, M. Benjamin Constant, qui a rappelé le but de la
Cigale, « réunion de tous les Midis, pour
parler de poésie et d'art, même après
boire », on a applaudi une poésie de M.
Louis Gallet, dite par Mounct-Sully, et
énumérant les gloires de la Société.
Puis, Mlles Bréval, Boyer, Irma Perrot,
P. Mounet et autres excellents artistes ont
charmé l'auditoire.
11 va sans dire que les Félibres de Paris
étaient représentés par plusieurs des leurs,
bien qu'un deuil de famille eût retenu chez
eux le président, M. Sextius Michel, et
l'un des fondateurs, M. Jules Troubat.
Quant à Maurice Faure, qui a été un des
promoteurs de la Cigale comme du Félibrige, il a vivement regretté que son absence de Paris ne lui ait pas permis de
prendre part à cette fête amicale.

�Lou

.(0

Viro-Soulèu

LES ŒUVRES FËLIBRËENNES
Les Rouges du Midi,

par

Félix Gras

Nous croyons être agréable à nos lecteurs en
leur signalant sans plus tarder le nouveau livre
de M. Félix Gras, notre éminent capoulié.
Avant de paraître en France, cet ouvrage a eu
la bonne fortune d'être traduit en anglais, et c'est
de New-York, en ligne droite, qu'il nous arrive.
L'accueil fait par l'étranger à notre littérature
méridionale, témoigne du grand intérêt avec lequel on suit au dehors notre évolution littéraire, de la haute estime dans laquelle y sont
tenus nos principaux écrivains ; et c'est, à notre
avis, le meilleur témoignage qui pût être rendu
à la cause félibréenne.
La traduction que nous avons sous les yeux
nous paraît fort bien faite et se rapprocher, dans
la limite du possible, du texte original, dont
nous regrettons l'absence.
Li Rouge dóu Miejour sont une page d'histoire : c'est la narration très vivante de l'un des
épisodes les plus intéressants de la Révolution
française : l'arrivée à Paris des fédérés marseillais et leur rôle actif dans la fameuse journée
du io août.
L'ouvrage de M. Félix Gras rétablit la vérité
historique au sujet, de la composition de ce bataillon, dont certains historiens se sont plu à
dénaturer la franche et loyale physionomie.
La forme adoptée par l'auteur est bien celle
qui convient à l'âme ardente du peuple. Là,
peu ou point de considérations générales, mais
des faits qui se suivent et s'enchaînent si naturellement, que l'effort de l'écrivain pour les coordonner ne se fait jamais sentir; ajoutons enfin
qu'il a pris grand soin de s'effacer constamment
pour laisser la parole à l'un de ses héros.

Le vieux Pascal qui conte cette histoire à un
groupe de paysans comme lui, était encore alors
le jeune Pascalet, adolescent de 15 à 16 ans,
appartenant à une très pauvre famiLe de Maiemort. Il fut témoin des brutalités inouïes dont
son père fut victime de la part du marquis
d'Ambrun, leur seigneur. Il dut quitter Malemort et se réfugier à Avignon, où il arriva pendant que les patriotes célébraient par des fêtes
magnifiques l'annexion du Comtat-Venaissin à
la France, et où il fat recueilli par un sergent
de la garde nationale qui le fit enrôler.
Cependant, les fédérés avaient quitté Marseille et se dirigeaient sur Paris : ils firent halte
à Avignon, y recrutèrent quelques volontaires,
parmi lesquels Pascalet et le sergent Vauclair,

On remonte la vallée du Rhône aux acclamations d'une population enthousiaste. Au delà de
Lyon, ce n'est plus le même climat ni le même
tempérament : l'accueil est plus froid ; mais le bataillon marche toujours, le regard fixé sur Paris.
On arrive enfin en vue de la grande ville, un
peu après le 14 juillet. La Bastille vient d'être
renversée et, sur ses ruines, la population se
presse pour attendre et acclamer les Marseillais.
« Une grande foule nous suivait, entraînée
par le rythme pressé de nos tambours qui battaient la marche, mais plus encore par le terrible
chant de la Marseillaise, que les cinq cents
hommes du bataillon entonnaient à pleine voix,
si fort, que les murs en tremblaient. »
Après, ce sont les cris de : « Vive la Nation !
la Liberté ou la Mort!.. » qui retentissent, dominant tous les tumultes, enflammant les cœurs
d'une indomptable énergie. C'est en vain que
Santerre et autres cherchent à traîner les choses
en longueur, à organiser des manifestations et
des banquets :
« Non, répondent les Marseillais, ce n'est pas
pour assister à des banquets que nous avons fait
deux cents lieues, que nous avons bravé l'ardeur
du soleil et dévoré la poussière des chemins. . .
nous sommes ici pour prendre le « Château du
Roy. »
Et Danton leur parle, les apaise, leur jure
que trois jours ne se passeront pas que la lutte
ne soit engagée contre la citadelle du Tyran.
Et ils entendent Danton. « Il nous parlait français, dit le vieux Pascal, et nous ne comprenions pas bien toutes ses paroles, niais nous
comprenions si bien toute sa pensée ! »
Le jour paraît enfin où doit se donner le suprême assaut contre la Monarchie ébranlée...
Quelques jours après cette prise des Tuileries,
où les Marseillais jouèrent un si grand rôle,
l'Assemblée nationale leur votait une solde suffisante et ils rentraient dans leurs foyers.
Quelques physionomies caractéristiques se
détachent de l'ensemble de ce récit : les unes,
pleines d'une grâce touchante et triste, d'autres
empreintes d'une ardente foi patriotique, d'une
énergie presque farouche : on y voit, enfin,
quelques-unes de ces figures farouches qu'enfantent les périodes révolutionnaires, comme les
grands tourbillons l'écume qui vient à leur surface. Tous ces poitraits sont vivants et s'harmonisent bien avec le cadre dans lequel l'auteur
les a placés.
Mais nous sommes obligé de nous borner et
de renvoyer le lecteur à l'ouvrage lui-même,
espérant que notre cher capoulié ne saurait nous
en faire attendre trop longtemps la publication
en bon et pur provençal.
L. MARCEL.

son protecteur.
L'Administrateur-Gérant :
PARIS.

Marius

AMY,

249, rue de Vaugirard.

— Empremarié felibrenco de Lucian Duc, 35, carriero Rousselet.

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              <text>Wagner, Pierre</text>
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              <text>Troubat, Jules (1836-1914)</text>
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              <text>Delbergé, Victor (1858-1920)</text>
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              <text>Marcel, Léopold</text>
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          <name>Spatial Coverage</name>
          <description>Spatial characteristics of the resource.</description>
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              <text>Paris (France)</text>
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              <text>2016-10-24 Françoise Bancarel</text>
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          <name>Alternative Title</name>
          <description>An alternative name for the resource. The distinction between titles and alternative titles is application-specific.</description>
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              <text>Lou Viro-Soulèu. - Annado 08,  [n°05] mai 1896 </text>
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          <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
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              <text>Mediatèca occitana, CIRDOC-Béziers, M 4</text>
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              <text>Mediatèca</text>
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          <description>Le type dans la typologie Occitanica</description>
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          <name>Contributeur</name>
          <description>Le contributeur à Occitanica</description>
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              <text>CIRDOC - Institut occitan de cultura</text>
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      <name>Jòcs florals = Jeux floraux</name>
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      <name>Poesia=Poésie</name>
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