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                  <text>pDU

JNT° DE jJuiî^ 1896

ýlRO-^OULÈU

Dimanche 2H Juin
PRÉSIDENCE

DE

M.

GEORGES

LEYGUES

Dimanche prochain, 28 juin, sera célébrée dans la gracieuse et hospitalière
ville de Sceaux, Sceaux-en-Provence, comme l'a baptisée un jour Paul Arène,
la fête annuelle du Félibrige de Paris, où sont conviés également les Cigaliers
et tous les amis de la Cause méridionale.
C'est M. Georges Leygues qui présidera, assisté de deux illustres amis du
Midi félibréen, Camille Saint-Saëns et Benjamin Constant. Nul plus que l'-éminent ancien ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts, qui honora
officiellement le Félibrige en la personne de Mistral et sanctionna, il y a deux

�Lou

4'

Viro-SouUu

ans, par sa présence, le caractère national des représentations d'Orange, n'avait
qualité pour dire hautement combien l'œuvre félibréenne est utile, féconde,
patriotique. Son discours sera l'éloquente préface des prochaines fêtes cigalières
et félibréennes qui, retardées d'un an et préparées avec un nouvel éclat, témoigneront mieux encore, sous le ciel de Provence, de la grandeur comme de l'étroite parenté de l'art gréco-latin et du génie français.

PROGRAMME DE

LA FÊTE

A une heure précise
Rendez-vous général des Félibres, des Cigaliers, des membres des Associations
méridionales de Paris et des invités, au jardin du Luxembourg
auprès de la statue de Clémence Isaure, fondatrice des Jeux Floraux
A une heure et demie
Départ de la nouvelle gare de la rue Gay-Lussac, pour la ville de Sceaux
A deux heures
Arrivée. Réception par la Municipalité, les Pompiers, la Fanfare, les Sociétés locales.
Formation du cortège. — Visite à la maison de Florian
Allocution de M. Jean MOUSNIER, au nom de la Conférence La Bruyère, de Sceaux
Discours de M. DESMONS, sénateur du Gard, au nom du Félibrige de Paris
A deux heures et demie
dans le jardinet de l'église de Sceaux
COURONNEMENT

DES

MONUMENTS

Poésie de M. Clovis

HUGUES,

DE

FLORIAN

ET

D'AUBANEL

dite par l'auteur

A trois heures
dans la salle des Fêtes de l'ancienne Mairie

Jeux

Floraux

Sous la présidence de M. Georges LEYGUES, assisté de MM.
Camille SAINT-SAENS et Benjamin CONSTANT
Allocutions de M.

CHARAIRE,

maire de Sceaux, et de M.

SEXTIUS MICHEL,

Discours de M. Georges

présid1 des Félibres

LEYGUES

Proclamation des lauréats
A

quatre

heures

COUR

et

demie

D'AMOUR

Sous les ombrages du parc de Sceaux
A six heures et demie
BANQUET

FÉLIBRÉEN

N.-B. — Le nombre des couverts étant limité, il est indispensable, si l'on veut assister au
banquet, d'envoyer son adhésion avant samedi matin, 27 juin, à M. Ernest PLANTIER, trésorier
du Félibrige, 85, boulevard de Port-Royal. — Le prix est de six francs.

A

neuf

heures

Fête de nuit. — Illumination des monuments de Florian et d'Aubanel
Promenade de la Tarasquc et Farandole provençale dans le parc.

�Loti

JEUX

FLORAUX

DE

Viro-Soulèu

LITTÉRAIRE

— SUJETS EN LANGUE D'OC
A. Sonnet sui' L'aigo boulido
Premier prix : Êlzéar Jouveau, à Avignon ;
2e ex œquo : A. Autheman, de Liste, et
Eugène Lacroix, à Aramon ;
3e ex aequo : Fernand Troubat, de Montp"
et Fr. Garbier, de Cannes ;
1ère mention : réservée ;
2e ex œquo M. Chabrand et D. Thomas ;
3e mention
Maurice Girard.
i.

B. Ode sur Anselme Mathieu
Premier prix : Louis Tombarel, à Aix ;
2e ex œquo Henri Bouvet, dAvignon, et
Alban Coffmières, de Toulon,
le mention : Joseph Reynaud,de Vaqueyras ;
2e
»
Ant. Berthier, de Beaucaiie.
C. Poésie sur Le Palais des Papes
Prix unique : P. Cheilan, à Aix.
D. PROSE
Prix : Henri Bouvet (étude sur A. Mathieu)
Mention à Ph. Chauvier (La Coumcdio de
la carriero).
2. — SUJETS EN LANGUE FRANÇAISE

É.

Félibrige de Paris à Florian
(poésie)
Prix : Félix Meyrargues, à Nice,
le mention : Clément Boulze, d'Alais ;
2c
»
Elisée Bégou
»
3c
»
Norbert Boulze
»
F. Margusrite de Provence (Sonnet)
Prix : Célestin Bonnet, de Sault.
Ii8

Concours

CONCOUHS

1896

PALMARÈS

CONCOURS

41

classique

Cette section est exclusivement réservée aux élèves
des lycées et collèges, écoles ou institutions.

traduction en langue d'Oc (prose) de la fable
La carpe et le earpillon
ir prix : Albert Mir, du lycée de Montpellier ;
2e ex œquo à Ch. Joullié »
»
et Augustin Audibert, de Marseille.
Première mention ex œquo à Louis Sautet et
J. Raymond, élèves des Frères d'Arles et
Louis David, du lycée de Montpellier.
2e ment, à Ph. Denéjeau, des Frères d'Arles.
3e ex œquo à Louis Gilles et Michel Jonquet,
même Ecole, et Paul Bourgues, du petit
séminaire d'Avignon ;
4e à Paul Achard, du collège de Carpentras.

ARTISTIQUE

1» DESSIN
Prix : Marius Barthalot, à Paris.
Mention : Ch. Cornillon
»
2° MUSIQUE
sur la poésie de Raoul Gineste :
Balado de Jan di Figo
Prix : M. Fruchier, prof, au collège de Cette.

UN

DU

DISCOURS

SÉNATEUR
ANS

X^—iftfc

NKRI

L

V tÎE^y
\f~\—«

FÉL1BRÉEN

DESMONS

la séance plénière de ce

mo s

' i M. Troubat, qui présidait, a souhaité la bienvenue
à M. Desmons, sénateur du
Gard, récemment nommé
membre titulaire du Félibrige

de Paris.
Après avoir loué son caractère et ses discours qui, a-t-il dit, ont été souvent de
bonnes actions, il a donné la parole au
récipiendaire pour l'obligatoire discours de
réception en langue d'Oc.
M. Desmons s'est exécuté avec beaucoup
de simplicité, de bonhomie et de finesse,
dans les termes suivants :
MESSIUS E CHERS COUNFRAIRES,

l'a de moumen dins la vida ente l'on es
bèn embarrassa.
Me trove iuei dins aquel cas :
Siei, en efèt, tout nouvel dins vosta Soucieta, ente m'avès fa l'ounou de me reçaupre. Sabe pancare coume fan li coscrits
coume iéu, que vènon pèr la premièira fes,
urous e fiers, s'encourpoura dins voste regimen pacifie e liberau. Aussi, sènte en iéumeme que vau vous parèisse bèn mau-adré.
Mes, de-que voulès ? comte sus vosta
benevoulença, e pièi, d'aiurs, pèr aprene
à nada, fau se jita à l'aiga. Eh bèn ! pèr
que fau nada, naden ! se m'enfounse trop,
me repescarés.
Laissas-me tout d'abord, Messius, vous
bèn remercia d'agudre bèn vougu me prene
au mitan de vautres.
Aviei panca de dre en d'aquel ounou.
Poudiei à pena faire pinchoun dins vosta
assemblada, pèr escouta ce que se ié dis,
ce que se ié fai ; e vejaqui que, sans me
crida : « Gare ! » m'avès douvri vosta porta
de bat en gule, e m'avès di : « Entras! »

�44

Lou

Viro-Soulèu

Sariei bèn mau après, se vous disiei pas
tout de suite e de tout raoun cor un gros
gramecis.
Mès, acô sufis pas. Quand l'on s'engaje
dins una Soucieta, es pas soulamen pèr
èstre à l'ounou : fau aussi faire tout soun
poudé pèr rendre un pau is autres ço que
lis autres an fa pèr vous.
Voudriei pas, pèr foça, que se, dins
quauque tèms, vous deraandavon s'ai fach
ounou à ma paraule, saguessias oublija de
faire la responsa que saguè fâcha, — i'a
quàuqui cènt ans, au tèms ente li fada parlavon, — à un ome de Berbezé, qu'èra un
estanciur dau premié numero, e qu'èra
vengu prega un de sous parents de ié presta
cènt escuts. — Cènt escuts ! ié respoundeguè l'autre, acô se trova pas souta la bate
d'un ase ! Coume ié vas, moun ome ! cèut
escuts ! e pamens, pèr pas te menti, crèse
que li trouvariei dins quauque trau de ma
paièire ente lis ai rescos. Mès dève te dire
que, chasca fes que quaucus vèn me prega
de ié presta quicoumet, vau toujour demanda counsel à ma bona fada, que demore aqui dins lou bos, darriès moun oustalet. Aquela fada, chasca fes que l'on ié
parla, se rescond, vòu pas èstre vista ; mès
si responsa soun toujour netas e claras, e,
pèr iéu, l'ai toujour escoutada, e me n'en
siei toujour bèn trouva. Vène embé iéu.
Lou mène darrié sa jassa e ié dis : —

Messius, fasès de libres, fasès de vers, de
fablos, de contes, de cansous, — e iéu,
dins ma vida deja proun loungueta, ai pas
fa que parla, de vila en vila, de vilage en
vilage ; e, de tout ce qu'ai di, crèse bèn
que resta pas grand cause.
Mès, coume vautres, aime moun païs ; e
Paris, lou bèu Paris, lou grand Paris, tout
bèu e tout grand que siegue, Paris m'a pas
fa óublida moun pitiot vilaget, ente siei
nascu, ente ai grandi, ente m'espèron mi
davanciés.
E lou francès, — aquela lenga que res
aprecié pas miel que iéu, — m'a pas fa
oublida noun plus la lenga de moun enfança, aquela lenga qu'entendiei au brès,
quand ma paure mère, pèr m'endourmi,
me cantave :
Som, som, vène bon.
Se lou som vòu pas veni,
Moun pitiot vòu pas dourmi.
Aquela lenga que parlavian dins nòsti jo
bèn innoucènt d'enfant :
Cagarauleto,
Sort ti baneto
Ou lou capelan vendra,
Te li derrabara.
Aquela lenga qu'entendiau quand sian
devengu pu grandet :
Vos veni à la font, Janetoun, ma mîo,
Vos ver.i à la font :
Te dirai quicon ? (etc).
Aquela lenga, plena.de fiô, qu'entendian

T'en t'aqui e escouta bèn. Pièi, se virant,
d'uno voues un pau reda e proun forta, se
mete à crida : — Jaque de Bonafé es-ti un
bon pagaire ? — Pas gaire ! respoundeguè

en 48 :
Anen,campagnard,daudimenche carguen la vesta
Pèr aua festa lou bèu jour de la liberta !

la fada. — Moun ome, lou veses, hou as
ausi : pode pas te rèn presta.
E l'autre, tout apenti, reprengué lou ca-

Aquela lenga — pèr parla soulamen de
noste despartamen — qu'a parla e que parla encare noste Lafontaine dau Gard, lou

min de soun oustau, en se disènt en caminant tout soulet : « Mès, coume a fa pèr
devina que pagave pasjamai mi dèutes ! »

célèbre Bigot, quand dis :
Pulèu que de manja de tourto en esclavage,
Aimariei mai de cebo embé la liberta !

Eh bèn, Messius, voudriei pas, pèr cènt
escuts, ni pèr mai, qu'après m'agudre presta
d'una man tant gcnerousa, e sans agudre
pres counsel de la fada, trouvessias en iéu

Ah ! Messius, s'aima soun païs, aima la
lenga de soun païs, pòu sufi pèr faire un
bon felibre, eh bèn ! sagués tranquilles,
n'en trouvarés pas ges que l'aime mai que

un michant pagaire.
Ah I nàni, pèr acô, vous proumete de
faire tout ce que pourrai pèr paga moun
dèute, e pèr vous lou paga de bona mouneda ; ouï, Messius, cresès-hou, sarai jamai
ni un bancaroutié, ni un faus-mouneyur.

iéu.
E aro, Messius, finisse coume ai coumença, en vous disènt à tóuti : Gramecis !

Quand dise : bona mottneda, vole pas
res troumpa, vole pas vous faire crèire que
pourrai jamai faire coume vautres; vautres,

gramecis ! e encare gramecis !

�Lou

Viro-Soulèu

MIDI-SALON
XCELLENTE

^Jfê.-ifí^

est la tradition qui

fait, au moment des Salons,
consacrer ici quelques lignes

ii
$L^à, aux ai'tistes amis du Féli—**•
brige. D'autant que c'est
une justice et un hommage à rendre à leur
talent qui s'emploie, bien souvent, à rappeler les paysages ou les figures de ce cher
Midi que nous aimons ! La forme exiguë
de ce journal ne permet malheureusement
pas de s'étendre sur les œuvres exposées ;
c'est à peine si l'on y peut saluer d'un éloge
ou d'un mot banal, des envois que l'on
voudrait pouvoir étudier plus à l'aise.

Dans Un matin sur le quai aux fleurs,
A. Grivolas nous donne la physionomie
d'un des coins les plus aimables de Paris.
Ses fleurs ont de l'éclat et de la finesse ;
le ton est frais, la tache élégante; la composition s'arrange agréablement dans ce
décor léger que parent les voiles virginaux
de l'aurore.
Le Portrait de CM. C. D., crânement
posé, a valu une récompense à Barthalot.
Dans une Veille de fête, il nous présente
un intérieur rustique où une active ménagère s'empresse à dépouiller une oie. Des
accessoires bien traités, cuivres, peaux de lapins,font un cadre heureux de nature morte.
J. B. Duffaud s'est efforcé de rendre la
célèbre pièce de Baudelaire: Don Juan aux
Enfers. Il est juste de dire qu'il n'a pas
été au-dessous de cette magnifique inspiration. Le graiid pécheur s'avance, encore
fier, vers les Ombres redoutables. Autour de
lui,les éléments sont déchaînés, le troupeau
des femmes damnées se tord à ses pieds,
Elvire le contemple, demandant un sourire ; l'homme de pierre est à la barre, le
mendiant aux avirons :
Mais le calme héros, courbé sur sa rapière,
Regardait le sillage et ne daignait rien voir.
La page est belle et fait penser.
Le Portrait de M. Bulliot, muni de son
inséparable bâton de Bitraete, est d'une
grande volonté d'expression.
Nous connaissons de C. Wagner de consciencieuses et vivantes études des côtes
provençales, qui furent remarquées à l'exposition du Chat-Noir. Nous avons regret
de ne voir de lui, au Chmip de Mars, qu'une
simple toile : La grève du Hoc, lumineuse

4i

et colorée, mais qui ne donne pas toute la
mesure de son talent.
L'entrée du vieux port, Marseille à la
brune, par Cornellier, est d'une vision très
chaude et très suggestive.
Signalons de B. L. Eymieu : une Ruelle
du vieux Saillans, d'un effet pittoresque ;
un beau Portrait de Brès ; un Déjeuner
frugal, nature morte de Louis Petit, ainsi
qu'une délicieuse aquarelle : la Foret de
Fontainebleau, du même artiste.
*
La sculpture semble principalement l'apanage des artistes du Midi. Ils y triomphent sur toute la ligne :
Amy, avec son superbe Tambour d'Aréole, si vivant d'enthousiasme, fort habilement réduit en bronze par Barbedienne.
lnjalbert, avec le buste de Mlle Fège, de
l'Odèon, et le Monument de Molière, destiné à la ville de Pézenas. La tête spirituelle et railleuse du grand comique se
dresse sur un haut piédestal, contre lequel
s'adossent deux figures presque colossales :
Lucette, fièrement campée, plantureuse et
provocante, le poing sur la hanche ; un
satyre assis, la vie universelle et féconde ; des
masques, pipeaux, attributs, complètent la
composition, qui est d'une réelle puissance
et d'un mouvement bien décoratif.
L'étoile filante, de Charpentier, est une
superbe plastique de femme hardiment posée. Très curieux de ressemblance, le buste
de M. Doumer.
Un haut groupe de Riflard: Le dieu Pan
poursuivant Syrinx jusqu'au bord du fleuve
Ladon, triomphe par ses qualités de nu et
d'arrangement. Arion sur la proue du
navire est d'un beau marbre, très étudié.
L'Effroi, de Hercule, d'un modelé délicat, est d'une recherche d'expression charmante. A citer également le buste en bronze
du Président de la République.
Un sentiment pieux a guidé la main de
Démaille dans le Portrait de sa fille.
Paul Maurou tient toujours la première
place à la lithographie, qu'il élève de plus
en plus au grand art. Toutes ses qualités
se retrouvent dans : Louis VI octroie aux
Parisiens leurs premières chartes, d'après
J. P. Laurens, commandé par la Ville de
Paris.
Les lithographies originales : un bouledogue, d'Eugène Relin, et l'Etude de Martin-Guédan méritent l'attention.

�46

Lou

La place manque pour noter les belles
œuvres cigalières, nombreuses aux deux
Salons. 11 en est cependant qui intéressent
plus particulièrement le Midi.
Saluons d'abord Benjamin Constant, le
maître coloriste qui cumule, cette année,
les deux joies de la présidence de la Cigale et de la médaille d'honneur.
Qu'elle est lumineuse et belle, cette Marseille, la merveille phocéenne, que nous
présente Allègre !
Paul Sain m'attire toujours, qu'il peigne
des fonds d'eau dormante sous la verdure,
ou les lointains d'Avignon, la masse étrange
du Palais des Papes que dore le soleil qui
se couche, la lune qui se lève... La Ves-

Viro-Soulèu

VIRO-SOULEI ADO
ÉCHOS

FÉLIBRÉENS

Les fêtes cigalières et félibréennes
Au moment où tout le Midi littéraire s'apprêtait à fêter

magnifiquement les repré-

sentations nationales d'Orange auxquelles
devait s'ajouter le spectacle provençal delà
Reine Jeanne, organisé par le Félibrige de
Paris, une fâcheuse nouvelle est venue troubler la joie commune. Le Président de la
République, pour des raisons de haute politique, ayant ajourné à l'année prochaine
son voyage dans l'antique Arausio, le Con-

prèe à"Avignon rend avec un grand sentiment et une grande finesse de ton un crépuscule de janvier, d'un calme triste et
poétique.

seil municipal de cette ville a cru devoir,

Je ne vois pas d'autre peintre, pour la
Mer bleue, que Montenard. 11 a le secret
des paysages provençaux brûlés de soleil,
où la tache ronde des oliviers gris et l'allongement des noirs cyprès arrêtent seuls
l'éblouissement de la lumière. Nul ne contraste mieux les bleus profonds des ciels et
des mers avec les fauves, les blancs clairs
des grèves et des routes vibrantes de chaleur: Sur les chemins. Marine, La route
blanche, La charrue. Les accords de ton
les plus violents sont plaqués, d'ailleurs,
dans une grande harmonie totale.

tendues. Considérant, dit la délibération:

Bien agreste, la Soupe du laboureur, de
Vayson. Cette idylle à l'abreuvoir : à
THeure du berger, est d'un sentiment juste
et délicat.
Le Panneau décoratif"de Yarz est destine
à l'Hôtel de Ville de Toulouse. La tombée
du soir dans les Collines de Provence est
d'une heureuse tonalité.
Dans la belle série des portraits au crayon
de Truphême, marquons avec plaisir la
tête souriante et expressive de notre distingué vice-président, Georges Niel.
Et maintenant, qu'il me soit permis d'adresser des excuses à ceux dont j'aurais,
bien involontairement certes, dans cette revue rapide des Salons, passé le nom ou
l'envoi. J'aurais voulu, pourtant, signaler
aux remerciements et à l'estime tous les
artistes, sans exception, qui ont bien travaillé pour la cause de l'Art et du Félibrige
PAUL

MARYLLIS.

par déférence pour le chef de l'État, renvoyer au mois d'août prochain les manifestations artistiques si impatiemment at.... Qu'il résulte des ternies d'une communication officielle que M. le Président de la
République, après avoir exprimé ses regrets de
ne pouvoir assister aux représentations que la
Comédie-Française doit donner cette année au
mois d'août dans le Théâtre antique, aurait
déclaré qu'il ferait tout son possible pour y assister sielles étaient remises à l'année prochaine.
Qu'en présence de cette intention manifestée
par le chef de l'État, il y a lieu pour le Conseil
municipal de délibérer s'il ne conviendrait pas,
afin de marquer la déférence qu'il a pour la
haute personnalité de M. le Président de la République, de remettre à l'année prochaine les représentations qui doivent avoir lieu les 8 et 9
août de la présente année.
Le Conseil :
Après en avoir délibéré ;
Décide qu'il y a lieu de remettre à l'année
prochaine les représentations qui devaient avoir
lieu les S et 9 août 1896 dans le Théâtre antique, afin de permettre à M. le Président de la
République, qui a daigné en manifester le désir, de pouvoir y assister.
Allons, amis felibres et cigaliers, faisons
contre mauvaise fortune bon cœur. Préparons ardemment les fêtes prochaines qui
devront éclipser toutes les précédentes, et
que le retard regrettable qui nous a tant attristés ne soit pour nous tous qu'une occasion de rendre plus grandioses et plus imposantes les Panathénées de

1897

— Sept n'est-

il pas le chiffre fatidique et sacré du Félibrige !

�Lou
Le

28 mai,

a

Viro-Souléu

eu lieu au théâtre de la

Gaîté une représentation exceptionnelle au
bénéfice de M. Martel, ex-pensionnaire de

■17

Lou Dra, La font de Tourno, A VavalUo,
Souto Avignoun, La fiero de Heu-Caire, La
remounto, La mau-parado.

la Comédie-Française, un des membres les
plus dévoués du Félibrige parisien.
*
Il manquait quelque chose aux félibres :
ils n'avaient pas encore de « marche » musicale. Cette lacune vient d'être comblée
par M. Marius Suzanne, chef de musique
au 89e de ligne, qui a composé un pas redoublé en leur honneur.
En attendant que la Marche des Félibres
soit jouée aux prochaines fêtes, elle a obtenu un grand succès place de la Nation,
le 14 juin.
Jules Simon, qui vient de mourir, était
un sincère ami du Félibrige.
Il l'avait éloquemment prouvé, lorsque
les Félibres de Paris offrirent à Mistral, venu pour célébrer la Sainte-Estelle à Sceaux
en 1884, le magnifique album qui restera
comme l'une des plus curieuses manifestations littéraires et artistiques de notre Renaissance.
C'est lui qui formula, à cette occasion, l'axiome devenu classique : « La langue provençale n'est pas la langue française, mais
c'est une langue française. »
Cinq ans après, à l'occasion des fêtes de
Sceaux qu'il présida, en 1889, Jules Simon
fit un magnifique éloge de l'œuvre félibréenne, dans un discours que nous a conservé le précieux livre documentaire de M.
Sextius Michel : La petite patrie.
Le Félibrige de Paris s'incline respectueusement devant la tombe du grand philosophe qui aima le Félibrige et proclama
son caractère éminemment national.
* ♦
L'événement littéraire félibréen du mois
est le commencement de la publication,
dans la Nouvelle Revue, du nouveau poème
de Mistral : Lou pouenio dôuRose.
Toutes les légendes, toutes les traditions
de notre vieux fleuve national revivent dans
ce poème qui, avec Mireio et Calendau,
formera une géniale trinité. Le Félibrige
de Paris en a applaudi les deux premiers
chauts : Patroun A pian e Lou prince d'Anrenjo, et nous attendons avec impatience
les suivants, dont voici les titres : La desciso dbu Rose, Li Veniciano. L'Angloro,

*
*

+

En vue d'élever à Nîmes un monument à
l'acteur PhilibertRouvière, qui s'illustra dans
l'interprétation du rôle d'Hamlet, repris récemment par Mounet-Sully, une représentation a été donnée le 9 juin dans la grande
salle du Trocadéro, avec le très gracieux
concours d'artistes dévoués.
Notre vaillant collègue, M. Jules Bonnet,
de Nîmes, a tout d'abord raconté la noble
vie du grand comédien et ses luttes pour le
triomphe de ses créations shakspeariennes
auxquelles il donna un caractère nouveau,
qui leur est resté. M. Jules Bonnet a retracé l'historique de chacun des rôles de Rouvière, qui était chaque fois pour l'artiste un
combat nouveau à livrer avec la routine.
Le public s'est montré très sympathique
à l'élégant conférencier, interrompu à diverses reprises par de nombreux applaudissements.
On ne pouvait mieux trouver comme àpropos que les magnifiques vers de Banville
à Rouvière, qui sont l'une des plus belles
pièces du Recueil des Exilés. Mademoiselle
Moréno, du Théâtre-Français, s'est chargée
de les dire avec toute la puissance de ce talent, fait de grâce et d'énergie, qu'on lui
connaît.
Notre ami Duparc, de l'Odéon, dont le
concours n'est jamais refusé à une œuvre du
Félibrige, s'est manifesté doublement patriote en déclamant, avec sa chaleur habituelle, la pièce entraînante et patriotique du
Petit chose.
Mademoiselle Barry a fait entendre une
voix souple et fraîche, pleine d'avenir, dans
les meilleurs morceaux du répertoire de l'Opéra-comique et de l'Opéra.
Mademoiselle Lara, de l'Odéon, s'est montrée toute charmante et gracieuse dans les
scènes monologuées, qu'elle interprète si
bien.
Un chef-d'œuvre, la pantomime de M. Paul
Franck, intitulée la Leçon d'amour, a été enlevée avec beaucoup de brio par l'artiste luimême qui en est l'auteur, et sa camarade,
mademoiselle Jeanne Chasles, del'Opéra. La
physionomie expressive et le jeu de M. Paul
Franckdonnent au rôle de Pierrot un esprit
nouveau et une distinction toute particulière.

�'•'•fi »
Lou

.,8

Viro-Soulèu
Entendez-vous cette cigale,
Heureuse d'être en liberté ?
EUe^hante, elle se régale.
Il fait soleil, vive l'été !...

LES ŒUVRES FËLIBRËENNES
Le Château des Rives
Ornements d'Edmond Rocher

FERNAND HAUSER :

[Paris, Léon Vanier, éditeur]
Dans le jardin duré de mon château des rêves.
J'ai pris ces beaux lis blancs que je veux vousoffrir.

On ne dirait pas mieux dans une Cour d'amour. Ainsi parle à Jean Laurenty,
O vous que j'aime comme on aime une âme sœur,

Les ornements d'Edmond Rocher, qui illustrent ce volume, ont beau rappeler le japonais,
ils sont d'une élégance et d'une précision toutes
françaises.
JULES
TROUBAT.
Fleur

du chemin, par Melchior Bonnefois

[Un vol de poésies. Paris, Ollendorlî, édit. 3 fr. 50]

ce jeune Alain Chartier qui rêve
D'une reine baisant ses lèvres apâlies...

Ce sont là des ambitions permises aux poètes,
et M. Fernand Hauser lesa toutes, même celle
de brûler « l'ancienne Prosodie », ce à quoi il
ne s'épargne pas dans Le Château des Rêves, tout
peuplé de visions gracieuses, de chimères, d'utopies, qui sont peut-être des réalités pour lui.
Je les lui souhaite.
Dans La jeunesse de Ronsard, il soulève un
grave problème, expérimenté de tout temps par
les moralistes qui ont su se faire aimer. Le fat
seul croit qu'on est aimé longtemps pour sa
beauté. Elles peuvent s'y laisser prendre quelquefois, mais elles ne s'y fixent pas. Une fois
dessillées (et non décillées, comme je le vois
imprimé dans VArt poétique dédié à Léon Vanier, — est-ce encore une réforme de l'orthographe?) les femmes vont à qui les aime. Ainsi
furent aimés Ronsard et bien d'autres, qui n'étaient pas des Antinoiis. Le poète du Château
des Rêves le sait bien, lui qui n'en est probablement pas à ses premières roses. .. en poésie,
malgré les candeurs juvéniles qui montrent parfois le bout de l'aile. La légende pieuse est-elle
toujours bien à sa place dans ces rêves de poète,
et n'y a-t-il pas quelque profanation à l'y mêler?
Un manifeste, plein de menaces, est contenu
dans ce vers :
Parfois même nos vers ne rimeront pas...
M. Hauser l'a osé, et j'aurais mauvaise grâce
à récriminer, car il m'a fait l'amitié, en bon félibre de Paris, de me dédier Les paroles du
soir. C'est l'expression d'une poétique hardie
et toute nouvelle, qui cherche à s'affranchir. Il
ne faut jamais arrêter ces élans hors du pastiche
et du convenu. Ils mènent parfois à de nouvelles terres. Des vers très originaux et fort bien
rimés prouvent que M. Fernand Hauser ne fait
pas fi des anciennes. Le Tambourinaire, dédié à
Jean François Bladé, et dont le refrain est: Tu
tu pan pan, est d'une bonne et vieille inspiration
provençale en français; et enfin le Paysage, dédié à Maurice Faure, n'a pas besoin de hardiesses rénovatrices pour être plein de couleur

Notre confrère Melchior Bonnefois vient de
publier, chez Ollendorff, un coquet recueil de
vers, imprimé par L. Duc, et fleuri comme son
titre.
Parmi les fraîches poésies qui le composent,
et dont la plupart se signalent par un sentiment
délicat ou une vraie profondeur philosophique,
il en est qui intéressent plus particulièrement
nos lecteurs, comme les stances Aux Félibres et
Aux Artésiennes, ou Je voudrais être du Midi.
M. Sextius Michel a remercié le poète en ces
termes :
BIEN

CHER

CONFRÈRE,

J'ai reçu et lu votre beau livre : Fleurs du
chemin. J'ai été vivement impressionné et je
vous adresse compliments et remerciements. »
Et M. François Coppée a ainsi apprécié son
œuvre :
MON

CHER

POÈTE,

Elles sont largement épanouies et toutes parfumées, ces Fleurs du chemin dont vous avez su
faire un harmonieux bouquet. Vous voulez bien
m'offrir l'une d'elles ; merci et croyez à ma
sympathie. »
Ajoutons que M. Armand Silvestre, dans une
chaude préface, a présenté au public le sympathique poète forain Melchior Bonnefois, dont
un beau portrait orne le volume, et que nous
aimons tous voir au milieu de nous, à nos séances du Café Voltaire.
Mentionnons encore un curieux recueil de
vers en parler berrichon : Au pays du Berri,
par M. Hugues Lapaire, qui, à l'exemple des
Félibres, voudrait faire revivre les traditions et
le vieux langage de sa province natale, ce dont
nous ne pouvons que le féliciter.

*
M. Charles Read a présenté au Félibrige
de Paris un jeune poète américain, M. Théodore-Williams Peters, qui a publié dans
sa langue un drame sur Clémence Isaure.
On le voit, le Félibrige fait de3 recrues un
peu partout, à l'étranger comme en France.

locale et d'accent :
L'Administrateur-Gérant :
PARIS.

Marius

AMY,

249, rue de Vaugirard.

— Empremarié felibrenco de Lucian Duc, 55, carriero Rousselet.

C.I.U.O.

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          <name>Catégorie</name>
          <description>La catégorie dans la typologie Occitanica</description>
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              <text>Documents</text>
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          <name>Contributeur</name>
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      <name>Jòcs florals = Jeux floraux</name>
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