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                  <text>MAI

LE MIDI AUX SALONS
AUX

CHAMPS-ELYSÉES
PEINTURE

Rendre compte des œuvres exposées par
les artistes du Midi — ils sont aussi nombreux que les étoiles — n'est pas une petite affaire, et, sans le supplément de l'Eclair qui, pour la peinture, m'a joliment
facilité ma tâche, je crois que je serais encore à cette heure dans les salles entableautées de l'agonisant palais de l'Industrie.
Mais, procédons par ordre :
— Cocher, aux Champs-Elysées ! dis-je
à un automédon que je soupçonnais être
méridional, e un pau roundamen, tron
d'un goi, que ?
— Saris countènt, patroun !
Un coup de fouet et... j'arrive

vingt-

cinq minutes après.
Au contrôleur qui me demande la couleur de mes picaillons, je réponds :
— Le Viro-Soulèu I
Et aussitôt, devant ce mot magique, s'ouvrent à deux battants les portes du sanctuaire.
La peinture au premier. Je gravis l'escalier et me trouve aussitôt en pays de connaissance, car, sur le palier, s'épanouissent
deux toiles : l'une de Cabanes, un toulousain, et l'autre de Flour, un avignonnais ;
la première est une Jehanne d'Arc et la
seconde représente Pétrarque et Laure ;
un coup d'oeil rapide aux deux, le temps
de noter ma préférence pour l'œuvre de
Flour qui nous montre le poète et son inspiratrice au milieu des rochers grisâtres de
Vaucluse, dorés au sommet par un soleil
couchant, et j'entre dans la salle I. Ici, je
ne salue pas moins de neuf méridionaux, :
Gervais avec sa magnifique Folie de Titania ; Truphème, avec le portrait du général Passerieu, martialement représenté ;

1897

Paul Sain avec les Béni-Ramsès, un joli
coin africain ; Bertier, avec deux agréables paysages : Le matin à Proveysieux
et Midi en juillet ; Bertrand, avec une
Fin de journée en Provence ; Bill avec
le soir sur l'Etang de Bcrre et Temps
gris en Méditerranée ; Roussy, avec son
école de mousses ; Henri Martin, dont Vers
l'abîme est très entouré, et enfin Jean Paul
Laurens qui, dans une immense toile, nous
montre des bœufs labourant les champs
ensoleillés, immenses, du Lauraguais.
A la rajo del soulel
Li biòus tranquilles fan la rego,
Lou bouvié siegue e ten l'estebo...
Je ne fais que citer ; du reste toutes ces
œuvres sont très entourées du public, nombreux en cette salle.
Dans la salle III, je ne vois que des
portraits, ils sont signés Avigdor, un niçois ; Aressy, un toulonnais ; Bonis, un
toulousain ; Brugairolles, de Gange ; Barret, de Marseille, expose pourtant une délicieuse Espagnole et je ne puis m'empêcher
de regarder les Picadors de Blanc, un parisien, qui en attendant d'être mis en selle,
fument des cigarettes.
Encore de l'Espagne dans la salle V avec
Bourgonnier, un parisien encore, qui nous
montre dans un tableau très enluminé le
picador retiré de sous son cheval éventré ;
mais voici deux maîtresses toiles de Bonnat : l'aigle liant un lièvre et le portrait
de M.Joseph Bertrand. A remarquer aussi
un portrait de madame B. C. Apchié, une
bordelaise ; la naissance de Pégase, d'Etchevery et Saill che$ la Pythonisse du nîmois Aurèche.
Dans la salle VII sont deux portraits
signés Azéma et Boisson Isaac. Celui de
Boisson m'intéresse davantage et intéressera tous les félibres, car il représente notre ami Maurice Faure, felibre afouga et
député de la Drôme. Je note encore Repos,
de Mlle Constantin, et Coup de mistral,
d'Etienne Cornellier, tous deux deMarseille.

�ÌO

Lou

J'arrive salle IX où l'on entoure le portrait du duc d'Aumalc, fait par le maître
et cigalier Benjamin-Constant. Voici un
portrait de Boisson Alfred ; Intérieur arabe
de Charles Brun. Très remarqué aussi dans
cette salle Dans les champs, de Bellanger.
Salle XI. — C'est encore un maître portrait de Benjamin-Constant ; Les nouvelles,
de Boisson le portraitiste de Faure : LevaiIon, de Cachoud ; deux toiles de Chaigneau : un Coup de vent et Retour au village,
et en "Rade de Toulon, de Nardi.
La mer de Nardi est une mer verte semée de violettes russes et de corolles de
lys ; pavoisée et blanche, la flotte s'avance
vers la côte qu'on aperçoit cachée sous une
légère mousseline tissée de blanc et de
soleil.
Salle XIII. —■ Une mer laiteuse sur laquelle on aurait effeuillé des bluets, de
vagues montagnes estompées dans le lointain, tel est : Calme du matin de Gagliardini ; c'est le Nid d'hirondelles, de Brun ;
des Falaises, de Bertrand ; les covasses de
Cachoud ; Sur le seuil du temple, d'Allègre,
et une nouvelle toile de Nardi : Paysage
de Provence : des montagnes violettes semées
de myrtes ou de buis, entourées d'une barrière avec un portail ombragé de cyprès.
Toile un peu pâle pour un ciel si bleu et...
de Provence !
Salle XV. — Mlle Amandes Brouillier
nous offre un monotone paysage du HautValais : des montagnes, des vaches, une
chaumière, Les honneurs de cette salle
sont pour Gabriel Ferrier, avec un beau
portrait et Chanson de jeunesse :
Chantez le printemps, chantez, la joie est brève.
Le grillon,quand il chante,est le père des dieux;
Il faut chanter, il faut rêver, le chant, le rêve,
Ce sont les deux clefs d'or des cieux.
C'est le couplet que chantent, sans doute,
quatre jolies femmes aux faces et aux profils délicieux, dont l'une pince les cordes
d'une mandoline. Ce sont quatre sourires
qui fleurissent sur cette toile où le vert
d'eau, le vert clair, le rose, le rouge, et
même... l'acajou se marient agréablement.
— Un peu trop coloré peut-être... dit
une charmante personne à mes côtés.
Salle XVII. — Août, le soleil cagnarde ;
sur l'aire, les paysans amoncellent l'or des
blés, sur un lac paisible passe une voile
blanche : tel est Aire en Provence, de Gagliardini ; remarqués aussi un portrait de
Cavallier ; Elude de vieillard, de Bérengier,

Viro-Soulèu
En escadre, rade de Toulon, de Rudaux, et
un très beau portrait de Léon Glaize :
Saint-Sains.
XXVII. — La nuit et la Tentation de saint
Antoine, deux belles toiles de Fantin Latouï,
un grenoblois, et la baie des tAnges, à Nice,
de Place-Canton. M. Place-Canton est des
Ardennes, c'est pourquoi, malgré la lumière de son tableau, je lui pardonne le
vert de ses palmiers, sa mer de rêve et
son Nice si peu Nice.
Salle XXIX. — Soir d'automne à Avignon,
ciel vaguement rosé, la Barthelasse étreinte
par le Rhône et dans le loin Avignon
avec son château des papes par J. Meinonier. La Fortune, de Gervais ; elle entre,
nue, les pieds posés sur une roue dans
une cour où s'ébattent des ramiers ; une
jolie femme, tenant un enfant par la main,
lui ouvre la porte. Un portrait de Brèze,
un niçois ; un autre, celui de Mlles,.., de
Galand, et Déclin, de Marre.
Salle XXX. — Deux jolies toiles d'Olive :
à la corniche, {Marseille, mer bizarre, verte,
violette, bleue, et un coin de Venise. L'escadre de la Méditerranée, une grande toile de
Sébille ; une tête gracieuse et vivante du cigalier Truphème et la Toilette, de Dupain.
Salle XXXI. — Voici un joli tableautin
de Duffaud, qui expose dans la même salle
un très beau portrait ; c'est l'anse des rubis,
paysage plein de naturel, que l'on peut
regarder longtemps sans fatigue, tant les
tons sont doux, délicats, et la lumière
calme. Un portrait de Dupain et la baie
de Douarneneç du toulonnais Garraud.
Salle XXXII. — Cbeçle notaire, de Troncy.
Salle XXXIII. — Baudin nous donne la
Nerthe, Loubat le portrait de Mgr Bourret ; Raynolt : Rutb. C'est Sébilleau avec
ses platanes en automne, dont les feuilles
mortes ont une couleur de cuivre ; Crémieux qui nous présente la Cannebiere avec
le défilé des gens que nous connaissons
tous. Loustaunau expose une grande toile :
Nos Alpins ; une batterie d'artillerie avec ses
mulets, canons et bagages descend un
sentier enceinturant les flancs escarpés et
bordés de précipices des hautes Alpes,
blanches de neige ; le capitaine marche en
avant, fumant sa pipe et causant avec un
douanier.
Salle XXVI. — Félibres et Cigaliers, de
Blanchon, que tous les félibres de Paris
connaissent ; Mistral conduit par deux reines de beauté offre une pervenche à Flo-

�Lou

Viro-Soulèu

rian ; au pied du buste de ce dernier est
iMaurice Faure lui souhaitant la bienvenue ;
au-dessus plane la Muse et, dans les massifs, se reconnaissent les habitués des fêtes
de Sceaux: Sextius Michel, Garcin, Mariéton... C. Duffour nous donne l'abbaye de
St-Ruff, un peu sombre ; Firmin a un beau
tableau : le grand boire des moissonneurs;
Garibaldi nous montre le quai ensoleillé,
aux maisons blanches, de Cassis. Voici Grivolas avec Envoi de fleurs: le « canestèu »
dans lequel elles sont arrivées du Midi est
encore sur la table jonchée de corolles, micaché derrière deux beaux vases de Vallauris
chargés de chrysanthèmes roses et blancs.
Un porte-bouquet attend ses fleurs; elles
sont sur le tapis : c'est une touffe magnifique et naturelle de très beaux œillets rouges et roses. Très joli et très remarqué ce
gracieux tableau.
Salle XXVII. — Charpin, un grassois,
nous montre un coin" agreste des AlpesMaritimes, une bergère, qui câline son
chien, guide ses moutons sur un plateau
verdoyant. Un nouveau tableau de Garibaldi : la Torte d'Aude ; de Mayan, une
Matinée d'automne en Provence ; de Martin,
Marseille le malin.
Je reviens sur mes pas ; un court arrêt
salle XXXIV, le temps de voir Bruyères en
fleurs de Didier Pouget et je recommence
salle XXVIII où Mondineu nous présente
"Béatrix. La belle Florentine, telle que
Dante nous la montre dans la « Divine
Comédie, » va cueillant des fleurs par le
chemin solitaire.
Salle XX. — Une Sapho de Dabadie et
un tableautin bien original et très vivant
de Castelucho : Sévilla; c'est une scène de
café concert à Séville : une femme, les
épaules drapées d'un châle aux couleurs
voyantes, danse le fandanao pendant que
d autres femmes l'accompagnent en frappant dans leurs mains.
Salie XVIII. - Un coin du Musée du
Lourre par Mlle Constantin.
SalleXIV. - Une rue à Btéhat, deDabadie.
Salle XII. — L'adoration des {Mages, de
Pinta et un paysage printanier de Garraud.
Salle X. — Une nouvelle toilede Martin :
Silence, et la Vierge au chasseur, d'Hébert.
Salle VIII. — De Brun : la place Tie, à
Avignon, toile très vivante.
Salle VI. — Zo, de Bayou ne, nous donne
Avant la corrida ; les Toreros en leurs vestes chamarrées d'arabesques, leur montera
sur l'oreille, ayant près d'eux leurs chutas,
applaudissent une de ces dernières qui,

31

castagnettes aux doigts, danse une malagueiïa échevelée.
Salle IV. — Effet de lune, de Royet ;
nous sommes dans le quartier des forgerons arabes à Constantine. Vayson expose
un beau tableau. C'est la pleine nuit, les
étoiles, camélias d'or, émaillent la cape
bleue, d'un bleu de tristesse et de regrets ;
au milieu de ses pourceaux l'Enfant prodigue se désespère et pleure sa folie.
Roux-Renard, le jeune peintre d'Orange,
nous donne cette année Taslorale antique :
assis sur des ruines, adossé à un bouquet
de lauriers-roses, un poète chante, par
une belle fin de jour, son amour à sa
maîtresse. A sa voix, les nymphes ravies
sont accourues pour l'entendre et font au
jeune couple un cortège de grâce et de
beauté.
Nous touchons au but : salle II. Deux
tableaux de Georges Washington, le peintre marseillais ; ha source et une fontaine a
Zaatcba ; le Repos, de Reytiaud ; la Sartbe,
de Sain et un portrait de Laurens.
11 est 4 heures 1/2. J'ai mis quatre heures
à regarder les œuvres des méridionaux !
Comme les lecteurs ont pu en juger, je
me suis gardé de toute critique. Mon temps
était trop limité et, à mon grand regret,
je n'ai pu que m'arrêter un instant devant
chaque tableau. Néanmoins j'ai fait une
constatation pénible : la généralité des gens
portraiturés — ne prenez pas cela pour
vous, M. Faurice — sont, aussi bien hommes que femmes, des gens affreusement
laids ; oh ! j'ai vu une femme avec une
avant-scène !... et un tel et un tel !... et
je me suis demandé, dans ma naïveté de
poète, comment un peintre pouvait s'arrêter à fixer les traits d'une horreur, même
si cette horreur ava;t la bouto mière fleurie .. Un confrère, qui lit par dessus mon
épaule, me dit :
— Cresès Jounc que li pinire an c um. li
tiou 'eto e que virun de farfantetlo !
Serait ce vrai ? Je les pla ndrais sincèrement ; j' ime mieux croire que ce qui
est si laid pour nous, telle la dame cidessus nommée, ou monsieur de X ou de
Y, a un certain attrait pour les peintres
qui, à en juger pai leurs fleurs, leurs mers,
leurs montagnes, leurs cieux, etc., ne voient
point comme les poètes.
Je passe — au galop — par la galerie
et je remarque parmi les lithographies deux
œuvres : une du maître Paul Maurou, représentant une Vierge penchée sur un
Jésus (reproduction d'un tableau de Pinchard) et une autre de Marius Martin: un

�3*

Lou

Viro-Soulèu

dormeur couché sur un talus des fortifications. Il y en aurait bien d'autres à mentionner, mais le temps presse.
Je dégringole en hâte l'escalier et me
voici parmi les bustes et les statues.
SCULPTURE
Si le supplément de l'Eclair m'a facilité
ma tâche au premier, il ne me sert de rien
au rez-de-chaussée et, malgré la bonne volonté que j'avais de vous signaler les œuvres des sculpteurs méridionaux, j'ai dû y
renoncer.
Oh ! quelle promenade ! au hasard, les
yeux braqués sur les numéros des bustes
ou des statues ! C'est avec une difficulté
incroyable que je parviens devant Aurore,
statuette charmante, pleine d'une grâce
délicieuse, œuvre d'Hercule ; à mon 2e tour
de... piste, je trouve le magnifique marbre
de RifFard, buste très remarqué du sergent
Paul Troubat, mort sous les drapeaux, au
Tonkin, et fils du sympathique vice-président du Felibrige de Paris. Le catalogue
m'apprend que Riflard expose un autre
marbre : Nid de fauvettes ; je vais donc à
la recherche de ce nid, qui est une exquise
composition : une fillette tenant un nid
d'une main et, de l'autre, donnant la becquée aux oisillons. Je trouve heureusement
sur mon passage un plâtre de Démaille :
c'est le buste de M. Taulier, sénateur de
Vaucluse ; mais je cherche en vain celui
de Mlle Anna Démaille. Introuvables aussi
les œuvres d'Amy. Pressé par l'heure, je
crie à un gardien : — 2646, 2647, s. v. p. ?
— Je ne sais pas, Monsieur, cherchez par là.
Enfin, la statue de Bancel m'apparait ; elle
n'était pas loin, mais comment deviner ? elle
est d'une très belle facture et d'une magistrale composition. A peine ai-jc le temps de
m'arrêter devant ses expressifs masques divers.
J'aurais voulu apercevoir au moins Vouragan et la feuille, de mon compatriote Forestier, les statuettes de Ferrary, la jeune
Bohémienne de Bulio, cÂprès la victoire, d'Aubert et les œuvres de tant d'autres dont j'avais noté les noms; mais il est l'heure de
déguerpir et je le fais sans murmurer. Du
reste, tout un après-midi au Salon, le nez
en l'air ou dans un catalogue, n'est pas
Et maintenant, que ceux que j'ai — oh!
bien involontairement — oubliés dans ce
compte rendu trop bref et fait en hâte,
veuillent bien me pardonner.
Mon cocher m'attendait.
—- Cocher, au Viro-Soulèu !
— Vaqui, patroun !
HENRI
GIRAUD.

N. B. — Je parlerai, le mois prochain,
des œuvres exposées au Champ-de-Mars.
T

Bibliographie
Cœur desavant, par M. Vigné d'Octon (1)
Il y a beaucoup d'ironie dans le roman
que M. P Vigné d'Octon intitule Cceur
de savant, mais il y a encore plus l'amour
de la petite patrie, comme dit notre honoré président, M. Sextius Michel, qui amis
le mot en circulation pour désigner le lieu
de naissance dans la grande patrie française. M. Vigné d'Octon, député de Lodève, aime sa ville natale, qui est une des
plus savantes d'Europe, et dont SainteBeuve disait, parlant de son dernier secrétaire : « Etre de Montpellier, c'est être de
quelque part. Ce n'est pas une ville banale,
comme tant d'autres. Elle a son caractère,
ses traditions... » On en reste éternellement marqué, 00 n'en perd jamais l'accent,
et fût-on de tous les Instituts du monde
qu'on se retrouverait toujours clapassié.
Dans l'idiome local et même généralement provençal, le mot clapas veut dire un
tas de pierres, dont Montpellier, sur sa
colline, a l'air, vu à une certaine distance,
au tournant du chemin de fer de Nîmes
d'où on le découvre pour la première fois
quand on y revient, et d'où on l'aperçoit
pour la dernière, non sans un soupir de
regret, quand on s'en éloigne.
M. Vigné d'Octon a condensé toute
l'âme et tout l'esprit d'un bon montpelliérain dans ce roman, qui roule sur un sujet
scientifique, très controversé. L'esprit du
clapassié est fait de scepticisme et de gaieté. Le spirituel député, qui est lui-même
médecin, quoique avant tout homme de
lettres, n'émet pas d'opinion personnelle
et ne prend pas précisément parti sur la
question qui divise les deux camps, de tout
temps ennemis, de la Faculté provinciale,
à savoir si l'homme descend du singe, ou
si, comme l'a dit Lamartine, il est un dieu
déchu qui se souvient des cieux. L'auteur
do Cceur de savant ne se prononce ni pour
l'affirmative ni pour la négative, mais il a
brodé sur ce canevas un joyeux roman de
galanterie, plein d'humour et de l'humeur
clapassière.
(1)

Un vol. in-18, chez A. Lemerre, éditeur.

�Lau

Viro-Soulèu

Les mœurs et les types y sont observés
et décrits avec la prédilection particulière
du terroir, qui fait que même en raillant
on se sent toujours du pays et l'on en extrait toute la poésie, pour tant d'essence de
malice qu'on y mêle. Cette malice même
est un don du clapets. Abestit. celui qui ne
la possède pas et ne l'emporte pas à la semelle de ses souliers, — et le député de
Lodève ne revient pas de Pontoise. Il revient de Madagascar, comme il l'a dit un
jour à la Chambre.
M. Vigné d'Octon a fait de Coeur de savant une épopée montpelliéraine. Il y a
mis tout son cœur et tout son esprit. On
s'y reconnaît à chaque pas, à chaque page.
C'est bien un roman local, et qui se passe
à Montpellier. L'auteur n'en a changé que
les noms propres. Il a pu pourtant intéresser les lecteurs du Temps, qui en ont
eu la primeur, ce qui est tout à l'honneur
du romancier qui a donné assez de relief
à son œuvre pour la généraliser.
L'intrigue amoureuse de Cœur de savant
est des plus amusantes. Elle rappelle la
Sensitive de Labiche et même les Enfants
du professeur Turcq de Champfleury. Roucairol, un savant à idée fixe, n'a épousé
une jeune veuve que parce qu'il était sûr
de trouver, dans le cabinet du premier
mari, le squelette de l'homme-singe, découvert dans une caverne des environs de
Montpellier. Il tient là sa démonstration.
Elle l'absorbe au point qu'il en néglige absolument tout le reste. Madame Roucairol,
dépitée, feint alors de flirter avec les rivaux de Roucairol, qui deviennent aussi
ses rivaux en amour. Justement, dans une
cour d'amour, qui se tient à Montpellier,
et dont elle est reine, elle a des attentions
marquées pour le joyeux capoulié Cassagnou et l'érudit ethnologue Segaudy, qui
conteste la découverte de l'homme-singe.
Tous deux se moquent du savant, tout à
sa marotte.
«Eh! eh! mon cher capoulié, interrogeait narquoisement Segaudy, charmante
votre félibresse, n'est-ce-pas ? plus brune
et plus jolie que la Mireille de Mistral.
Et le joyeux Cassagnou de répondre, en
clignant ses petits yeux futés :
— Avec ça, collègue, que vous-même ne
pourriez rencontrer une plus affriolante
cause finale.
— Comment diable, reprenait Segaudy,

une aussi charmante créature s'est-elle entichée d'un homme qui veut à tout prix
descendre du singe ?
— L'adorable guenon, en tout cas! concluait Cassagnou avec un sourire égrillard.
Quoi qu'il en soit de l'homme-singe,
madame Roucairol joue si bien de la prunelle, — mais de la prunelle seulement —
que le savant finit par ouvrir l'œil. Il devient amoureux de sa femme, se sent peu
à peu envahi par d'autres distractions, et...
la science finit par avoir tort. L'hommesinge est relégué au grenier, où il reste
en séquestre.
C'est le triomphe de l'hymen sur la
science conjecturale.
JULES

TROUBAT.

LE FÉLiBRIGE &amp; LES CONCOURT
(suite)

28 septembre. Visite au château des papes, à
la nuit tombante.
Exploration au pas
accéléré, de l'immensité mystérieuse
et limbique du palais, par des ténèbres où il y a encore un peu de l'évanouissement jaune du soleil.
« Des cours profondes comme des puits,
des corridors interminables, des escaliers
dont on ne peut compter les marches,
puis soudain, des peintures ingénues et
barbares, imparfaitement entrevues en un
angle de plafond, soudain encore, un trou
de lumière, une fenêtre avec son banc de
pierre s'ouvrant au-dessus d'une ville de
clochers roses sur un ciel mauve, et dans
la trouble rêverie de votre esprit entre ses
murs, revenant le souvenir du massacre, de
la sanguinaire tuerie de 93.
« Et au passé ecclésiastique, le présent
se mêlant avec la clameur des appels militaires, montant des cours, comme un
bruit de mer, avec ses soldats-fantômes,
dans leur entoilernent gris, dégringolant les
escaliers, ou couchés sur les lits de camp,
en des poses comme en ont les Etrusques
sur les pierres de leurs tombes. Et toujours,
ENDREDi,

�34

Lou

Vtro-Soulèu

au milieu de l'obscurité qui se fait plus
dense, une marche courante et essoufflée,
à travers des salles coupées à demi-hauteur, à travers des morceaux de bâtisse
défigurés, h travers des architectures incomplètes qu'on ne comprend plus, à travers de la pierre, dont la construction est
devenue énigmatique, à travers un chaos
de pièces et d'appartements, à travers d'étroits passages, qui dans l'ombre de leurs
extrémités paraissent se resserrer, ainsi
que dans un rêve — oui, un rêve, c'est
bien le mot pour caractériser cette promenade parle crépuscule, et un rêve où il y
aurait un rien de cauchemar.
« Dimanche, 4 8bre. Arles. Les Arènes,
un petit Colisée, où le noir des foules modernes fait si bien, par place, sur l'orangé et le gris de la pierre effritée, et là
dehors, çà et là, la luminosité douce d'une
Artésienne dans son costume, une merveille d'arrangement et d'harmonie.
« Voyez-les, ces filles d'Arles, au teint
de rose thé, coiffées de cet enroulement
d'un ruban noir, au fond de tulle grand
comme une fleur, et cette coiffure de rien,
posée en haut de la tête, sur des cheveux
aux bandeaux comme soufflés et légèrement ondulants, et qu'on dirait prêts à se
dénouer sur les tempes. Voyez-les, ces
filles d'Arles, aux longs regards, avec leur
corsage bombé de gaze blanche, qu'enserre
dans quatre plis, de chaque côté, un petit
châle noir d'enfant, et avec leur jupe tombant droit devant, comme la soutane d'un
prêtre, et derrière, en faisant le gros tuyautage d'un jupon de paysanne ; un costume
tout noir et blanc, et où le blanc tient du
nuage, enfin un costume qui a quelque
chose de monastique et d'aphrodisiaque,
et qui fait ressembler ces femmes à des
nonnains d'amour.
« Jeudi, 8 8bre. Au fond, ce Midi, avec
ses maisons aux volets fermés, avec ses
chambres et ses salles où on fait la nuit,
pour se défendre des mouches, avec ses
intérieurs qui ont je ne sais quoi de claustral, et avec ses interminables cyprès des
chemins et des routes, est triste et apporte
souvent des idées de mort. Et quand le
soleil ne luit pas, et qu'en l'absence du soleil, le mistral souffle sur vos nerfs, oh
alors !...
« Samedi, to 8bre. D'aimables gens, les
hôtes de Saint-Estève. Le vieux Parrocel,
ce descendant d'une lignée de quatorze

peintres, cet ex-cuisinier, héritier d'un marquisat, ce peintre, ce poète, ce musicien,
cet historien d'art, ce maître d'hôtel enfin,
qui n'a pu tout à fait quitter son métier,
et qui l'exerce encore gratis, en son petit
château de pierre blanche, au profit des
célébrités littéraires et politiques.
« Coiffé d'un casque de toile blanche,
comme en portent les officiers de l'Inde,
avec ses longs cheveux, sa longue barbe,
la fièvre de ses regards, il a quelque chose
d'un ascète et d'un prophète de l'extrèmeOrient. Et, par moments, il vient à sa parole passionnée, une étrange exaltation,
qui tout à coup s'étrangle dans de l'émotion, quand il parle de son rêve, et du
relèvement, et de la glorification du nom
des Parrocel ; rêve qui le tient.souvent
éveillé la nuit, le fait parler tout haut, « invoquant, ainsi qu'il le dit, son créateur. »
« Mme Parrocel montre les jolis restes
d'une gracieuse, d'une éblouissante blonde,
dont l'affectueuse parole est comme le murmure d'une prière.
« Et toutes les semaines, tombe dans la
maison un gendre marseillais, avec du poil
jusque dans les yeux, un Marseillais quia
la tête rasée d'un bourreau arabe, dans un
tableau d'un élève de l'école de Rome, un
Marseillais qui entre comme un ouragan
en criant dans son patois : fen de brut !
et qui en dépit de son poil noir et de sa
bruyance, est le meilleur bon enfant de la
terre.
« Dimanche 11 8bre. Retour à Paris. Nous
avons pris deux salons-lits. Et Daudet,
dans le confort de ce voyage, en attendant
l'heure de son chloral, me conte ses marmiteux voyages en diligence du Midi à
Paris, dans les temps passés.
« Vendredi, 27 avril 1888. Au Théâtre
Libre, Le pain du péché d'Aubanel, mis en
vers par Paul Arè.ne.
Dans un entr'acte, Daudet me raconte
qu'Aubanel lui avait lu la pièce à lui et à
Mistral, à Arles, dans le vieux cimetière
des Aliscamps : Mistral et lui couchés d.ins
une tombe. Ceci se passait en 1861.
« Ce qu'il y a d'amusant, c'est que ce
pain dupéché, ce pain mortel à tous ceux
qui en mangent, ce pain enuuyeusement
symbolique, que moi et tout le monde,
prenions pour une légende de la localité,
serait, d'après Daudet, une pure imagination d'Aubanel.
(à suivre)
HENRI
ODDO.

�Lou

Viro-Soulèu

35

SOULAS !
Intangible-, dins la liunchour,
Ansin disiés : « Vène me querre!... »
Em'acò te perseguiguère,
Amourousi de ta belour.
Siés la fado qu'entre-veguère
Antan, dins mi pantai d'amour ;
Alumina pèr ti lusour,
Plen d'esperanço, caminère.
Se, pèr fes, me tresourrisiés,
M'enfioucave, e t'esvalissiés
D'uuo envoulado.
Dins mis obro, es tu qu'ai canta,
Rajeiròu de vido, o Bèuta,
Ma bèn-amado .'

Am.

CHANSROUX.

Le Félibrige fait chaque jour de nouvelles
conquêtes. Un pur Parisien, M Jacques Normand, vient de publier un nouveau recueil de
poésies, intitulé Soleils d'hiver, notes d'un Parisien en Provence, et nos lecteurs nous sauront
gré d'en détacher cette Recette où se trouve
décrite et vantée très humoristiquement la
BOUILLABAISSE

MARSEILLAISE

D'ail ?.. Il en faut un peu, rien que pour maintenir
Le vrai principe ;
Mais très peu, je vous dis : un souffle, un souvenir
Qui se dissipe !
De safran ?... Il en faut pas mal, et toutefois,
Pas trop encore...
Mais assez, cependant, pour qu'en trempant les doigts
Ça vous les dore !
De poisson

VIRO-SOULEIADû
ÉCHOS

FÉL1BRÉENS

II en faut. Mais poisson de fin goût
Pèche sur place.
Et langouste, et merlan, et saint-pierre, et surtout
De la rascasse !
D'huile

Notre collègue Fernand Hauser vient d'avoir
la douleur de perdre sa mère. Nous lui adressons l'expression de notre sincère condoléance,
ainsi qu'à notre confrère M. Auzende qui, lui,
a perdu son père.
Nous avons également appris avec peine la
mortdeM. Maurice Vaschalde,frère du félibre
Henry Vaschalde et illustrateur de (Marineio.
Le mariage de notre sympathique collègue,
M. Alphonse Rochas, avec Mlle Jeanne Damotte, a eu lieu le 5 mai. Nos meilleurs voeux
aux jeunes époux.
Un journal de l'Ariège nous 'apprend que
la troupe Léon Géry, dit le Garrèlou, a donné
au théâtre de Foix une représentation de Fi
countro fi y. a pas de doubluro et de Sourdagno
ou le pitchou égarai, pièce nouvelle qui vient
de faire courir tout Toulouse.
La province voudrait-elle décentraliser par
le théâtre ? Ce serait bon signe.
*

*

A ce propos, nous signalons aux directeurs
de province un acte en vers français de Lucien Duc, dont le titre seul : Décentralisons !
doit être une recommandation pour eux. Qu'ils
fassent jouer cette pièce, et ils seront assures
de plaire au public, l'idylle gracieuse s'y mêlant à la peinture des mœurs villageoises er à
des pensées de l'ordre le plus élevé.

Il en faut aussi, mais du plus pur produit
D'olive fine,
Premier cru provençal, portant l'odeur du fruit
A la narine.
De thym ? de romarin ? de fenouil ? do persil ?
Que l'on en mette
Dans un sac bien noué, bien propret, bien gentil,
Qui vous appète !
Faites bouilir le tout ; découpez le pain irais
En tranche épaisse...
Et peut-être qu'ainsi vous aurez, à peu près,
La bouillabaisse.
Mais pour qu'elle soit vraie, et bonne, et sans défaut,
— Une merveille ! —
Plus que poisson, safran, ail, fenouil... il lui f.iut
L'air de Marseille !

La liste de souscription ouverte par le
Comité de Sisteron pour l'érection du monument à Paul Arène, atteint à cette heure
la somme de 1 609 francs. Avec les sommes
recueillies par le Comité parisien, nous approchons du chiffre de 6 000 francs.
Notre 1M liste, qui se montait à 660 fr.,
doit être portée à 713, la souscription de M.
Garan de Balzan étant de 20 fr., au lieu de
10, et celle de M. Pouvillon, de 501'., au lieu
de 5.
Ci-contre, la deuxième liste, comprenant
toutes les souscriptions reçues à ce jour.

�Lou

MONUMENT

PAUL

Viro-Soulài/

ARÈNE

2" Liste de souscription
Le Journal
La Cigale
MM. François Coppée ....
Armand Silvestre ....
Catulle Mendès
Angelo Mariani
Silvain, de la Comédie-Fre
Mme Hartmann-Silvain ..
Benjamin-Constant . . .
E. Fasquellc
Séverine
Octave Mirbeau
Alphonse Daudet ....
Georges Courteline ...
Paul Mariéton
Mounet-Sully
Alexis Lauze
J. Montagne
Auguste Marin
Maurice Faure
Arnould Galopin ....
Ernest Flammarion ...
A. Flégier
Emile Bergerat
Alphonse Stocquart . . .
Dr Marc Laftbnt
Emile Blémont
Grousset-Bellor
Louis Crépet
Edmond Hugues ....
P. Tur
Sudre
Roumanille
d'Auriac
Louis Brès
Sorbets
Galy
Félix Lévy
Saint-Germier
Paul Gayraud......
Rocheblave
Tronche
E. Bois-Glavy
Hugonnet
Nevière
Salneuve
• L. Constans
Hanotaux, ministre ...
Turrel,
»
...
Darlan,
&gt;&lt;
...
à reporter

300
200
100 »
100
100
100 »
100 »
100
100 »
100 »
50 »
20 »
50 &gt;.
20 »
50 »
20 &gt;
10 &gt;
5 »
10 ■&gt;
10 «
Su
20
10■ »
20 »
100
100 •&gt;
50 »
20 »
10 &gt;
10 &gt;■
10 »
100 «
50 &gt;
10 »
10 »
5 »
50 »
20 »
20 »
20 »
10 »
5 »
5 »
20 «
5 »
5 »
10 »
50 »
50 »
80 »
2 535

Report
2 535
Deluns-Montaud, député .
20
Aynard
»
.
50
Charles-Roux
»
.
50
Joseph Reinach
■&gt;
50
F. Deloncle
»
.
50
Georges Leygues
»
.
20
Dejean
»
.
10
Thomson
»
.
10
Etienne
»
.
10
Gustave Isambert »
.
20
Euzière
•&gt;
10
Laurençon
»
10
Vigné d'Octon
»
.
10
Louis Jourdan
»
10
Marquis de Moustier »
10
Camille Pelletan
»
.
20
Léon Bourgeois
»
.
10
Lavertujon
»
5
Rouzaud
»
.
5
Delombre
»
10
Alfred Naquet
»
.
5
Deproge
5
Alphonse Humberl »
.
10
Alicot
»
5
Gruet
»
.
5
Poincaré
■&gt;
20
Jules Roche
»
10
Ed. Lockroy
»
.
20
Bischoffsheim
»
50
Fould
»
.
100
Pourquery de Boisserin .
5
Tamizey de Larroque . .
10
Chansroux
2
Elzéar Jouveau
2
Gautier
3
Théodore Juge
2
Charaire
20
Léon Garnier
10
Ernest Benard
10
Paul Constant
1
Léopold Dauphin ....
20
Melchior Bonnefois ...
20
Georges Grévin
5
Paul Duea
10
Gustave Gœpp .....
5
Etienne Bentz
5
Docteur Bayol
10
Bladé
20
Docteur Nivière
10
William Guynet
5
Léou Riflard
5
Report de la lrc liste .
715

Le Gérant :
PARIS.

Total
Marins

— Einpremarié felibrenco de Lucian Duc,

AMY,

35,

Í

050 »

249, rue de Vangirai

carriero Rousselet.

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          <name>License</name>
          <description>A legal document giving official permission to do something with the resource.</description>
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              <text>Licence ouverte</text>
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          <name>Contributor</name>
          <description>An entity responsible for making contributions to the resource</description>
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              <text>Giraud, Henri (1869-1941)</text>
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              <text>Troubat, Jules (1836-1914)</text>
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              <text>Oddo, Henri</text>
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              <text>Chansroux, Antoine</text>
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          <name>Spatial Coverage</name>
          <description>Spatial characteristics of the resource.</description>
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              <text>Paris (France)</text>
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          <name>Date Issued</name>
          <description>Date of formal issuance (e.g., publication) of the resource.</description>
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              <text>2016-10-24 Françoise Bancarel</text>
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          <name>Alternative Title</name>
          <description>An alternative name for the resource. The distinction between titles and alternative titles is application-specific.</description>
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              <text>Lou Viro-Soulèu. - Annado 09,  [n°05] mai 1897 </text>
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          <name>Source</name>
          <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
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              <text>Mediatèca occitana, CIRDOC-Béziers, M 4</text>
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      <name>Occitanica</name>
      <description>Jeu de métadonnées internes a Occitanica</description>
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          <name>Portail</name>
          <description>Le portail dans la typologie Occitanica</description>
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              <text>Mediatèca</text>
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          <name>Sous-Menu</name>
          <description>Le sous-menu dans la typologie Occitanica</description>
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          <description>Le type dans la typologie Occitanica</description>
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          <description>La catégorie dans la typologie Occitanica</description>
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          <name>Contributeur</name>
          <description>Le contributeur à Occitanica</description>
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              <text>CIRDOC - Institut occitan de cultura</text>
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      <name>Jòcs florals = Jeux floraux</name>
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      <name>Poesia=Poésie</name>
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