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                  <text>Prix : 15 centimes

�AVIS IMPORTANT
Des représentations nationales au Théâtre antique d'Orange
auront lieu cette année les 13 et 14 août.
Des fêtes félibréennes sont organisées à cette occasion, et le
programme en sera publié dans le numéro d'août du Viro-Soulèu
que nos lecteurs recevront dans les premiers jours du mois.
Dès maintenant, ceux qui ont l'intention de faire ce nouveau
pèlerinage au pays du soleil, peuvent prendre leurs dispositions.
Le voyage s'effectuera dans les conditions des années précédentes.

�[ov vírçp'SovLGv
JUILLET

LA

FÊTE

ANNUELLE

18

DES

Tout faisait craindre qu'il ne plût à
seaux... et à Sceaux, le dimanche 2 juillet. Cela n'empêchait pas les guichets de
la gare Médicis d'être envahis sur les
deux heures par la bande joyeuse des
félibrcs et de leurs amis, qui allaient célébrer leur fête annuelle dans la ville de
Florian, — auquel il faut désormais
adjoindre les noms d'Aubanel et de Paul
Arène, puisqu'un même hommage réunit
leurs trois bustes dans le square de
l'église.

Mais, avant tout, il nous faut noter la
cérémonie initiale de la fête : le salut à
Clémence Isaurc, dans le jardin du
Luxembourg. Une gerbe de roses à la
main, devant un petit auditoire de dames,
le plus galant des félibres en cheveux
blancs — nos amis le reconnaîtront sans
qu'il soit besoin de le nommer — lui
récita ces huit vers :
Muse à l'harmonieux langage,
Salut ! Nous venons en ce jour
Te renouveler notre hommage
De reconnaissance et d'amour.
Et devant ton image, ô reine!
Honorant d'illustres aïeux,
De ton souvenir l'âme pleine,
Acclamer ton nom glorieux !
*
Et maintenant, revenons à Sceaux.
La cérémonie de la Cour d'amour est
toujours précédée d'une réception à la
mairie, où le maire si hospitalier, M.
Charairc, souhaite la bienvenue à ses
hôtes. Voici la charmante allocution qu'il
a prononcée à cette occasion :

FÉLIBt\ES

MESDAMES,

SCEAUX

MESSIEURS,

Il m'est agréable de constater que c'est
aujourd'hui la treizième fois qu'il m'est
donné, étant maire de la ville de Sceaux,
de prendre la parole au début de cette fête
annuelle du Félibrige de Paris, pour saluer
les membres de cette joyeuse phalange de
Méridionaux, nos aimables visiteurs, et leur
souhaiter la bienvenue. En même temps
qu'ils viennent chez nous pour honorer et
évoquer le souvenir des poètes et littérateurs célèbres de leur pays, dont nous gardons pieusement le souvenir, ils apportent
toujours avec eux la vie et la joie dans
notre localité, qu'ils ont prise, par sa situation, pour l'idéal de leur chère Provence ; c'est à Sceaux, dans ce langage si
doux à entendre et si enthousiaste, qu'ils
chantent leur petite patrie, sans cesser pour
cela d'aimer de tout cœur la grande famille
française et républicaine.
La fête du Félibrige parisien brille, cette
année, d'un nouveau lustre, en ce qu'elle
a comme président d'honneur l'homme
éininent et distingué, sympathique à tous,
l'honorable M. Deluns-Montaud, ancien
député, ancien ministre des Travaux pu blics,
aujourd'hui ministre plénipotentiaire du
gouvernement de la République.
En 1897, lors de l'inauguration du buste
de son ami et compatriote Paul Arène, avec
quel charme nous l'avons entendu, de sa
voix chaude, vibrante et persuasive, faire
l'éloge du grand écrivain, du poète, dont
le Félibrige porte le deuil récent et dont
la mémoire restera dans la;pensée de tous.
La haute personnalité de M. DelunsMontaud s'ajoutera à celle de tantd'hommes
eminents qui ont tenu à honneur de présider ces fêtes si populaires du Félibrige
parisien: ce sera un faste déplus à ajouter
aux Annales de la ville de Sceaux.

�tou

54

Viro-Sonlèu

Après le maire de Sceaux, son collègue,
maire du XVe arrondissement, M. SextiusMichel, président du Félibrige de Paris,
a parlé en ces termes :

Discours de M. Sextius-Michel
MONSIEUR LE
CHER

ET

MINISTRE,

HONORÉ

MAÎTRE,

C'est avec un sentiment de respectueuse
sympathie que, Félibres et Cigaliers, nous
saluons aujourd'hui en vous un des plus
dignes présidents d'honneur de notre belle
et poétique fête.
Nos amis ici présents et nos charmantes
invitées vous saluent aussi, et aussi les
braves habitants de Sceaux.
Ceux-ci n'ont pas oublié avec quel charme
d'émotion et d'éloquence vous saluâtes, il y
a deux ans, dans le petit Panthéon de verdure où nous venons de couronner son
buste, la mémoire du merveilleux écrivain
quiaimait tant leur ville et qui, le premier,
comme l'a si bien dit Armand Silvestre,
découvrit
Ce coin de sa Pruvence aux portes de Paris.

Ces sentiments de la ville et de la Municipalité de Sceaux, le vénérable doyen
des Maires de la banlieue, M. Charaire,
vient encore une fois de les exprimer avec
son habituelle bonne grâce.
Si peut-être aujourd'hui vous avez remarqué un peu plus d'émotion dans sa voix,
si tous les visages vous ont paru un peu
plus souriants à notre arrivée, c'est que,
tout récemment, une fête familiale a mis
en grande joie la cité florianesque.
Je veux parler du mariage de Mlle Charaire, que le plus heureux des grands-pères
a unie lui-même, en sa qualité de maire, au
plus heureux des fiancés.
Oui, Messieurs, ces arbres séculaires où
fleurirent jadis tant de gracieuses légendes,
sous lesquels si souvent se sont déroulées
nos farandoles provençales, ont vu, le 6
mai, leurs feuillages doucement s'incliner
devant deux jeunes et beaux époux que
toute une population, au sortir de l'église,
acclamait, au milieu d'un nombreux et brillant cortège, tandis que le soleil, qui ne
pouvait manquer d'être de la fête, jetait
comme un tapis d'or sous leurs pas.
J'ai eu l'honneur d'assister à cette superbe
cérémonie, et, en l'absence "de BenjaminConstant, j'ai présenté aux fortunés époux
et à leurs familles les compliments de nos
deux Sociétés. Même la Muse a chanté, et

vous ne devez pas vous en étonner, puisque
c'est au nom des Muses que nous nous
réunissons ici.
Ce devoir envers nos hôtes étant rempli, je reviens tout entier, cher et érninent
Président, à la joie de vous avoir au milieu de nous.
Vos prédécesseurs, hommes de lettres ou
hommes politiques, savants ou philosophes,
qui ont bien voulu aussi présider nos Jeux
Floraux, nous ont donné un témoignage
de sympathie dont nous leur avons toujours
été profondément reconnaissants.
Vous, en venant ajouter au lustre de
notre fête un peu de l'éclat qui se dégage
de votre beau renom et de votre haute situation, vous acquérez des droits d'autant
plus grands à notre gratitude, que vous
restituez à nos manifestations littéraires leur
caractère exclusivement félibréen.
Vous êtes des nôtres. Vous êtes né,
comme nous, dans cette partie de la terre
de France où l'harmonieuse cigale et le
mystérieux grillon alternent leur chant sonore et doux et symbolisent pour nous le
culte de la petite patrie. Comme nous, vous
avez cueilli sur les lèvres maternelles la
fleur exquise du parler natal.
Aussi, les idiomes des pays gascons vous
sont familiers. Vous avez connu et admiré
Jasmin. Vous avez même, dit-on, de bonne
heure récité ses vers avec enthousiasme,
comme lui-même, en sa jeunesse, avait lu
et récité avec délices ceux de Florian, et
que, nouveau Némorin, il avait essayé pour
Estelle des couplets en son vieux patois
qu'elle parlait si bien.
Tout ce qui touche aux choses du Midi
a toujours excité votre curiosité et provoqué votre besoin de voir et de savoir. On
s'en aperçoit tout de suite au charme de
votre conversation quand vous en parlez, à
l'éclair qui jaillit de vos yeux quand vous
évoquez son histoire ou ses légendes. On
dirait que vous avez vécu au temps des fabliaux et des sirventes.
L'imagination aidant, oui, vous avez dû
vivre dans la très gaie compagnie des vieux
troubadours ; vous les avez tous connus,
ces chevaliers fidèles, ces tendres dames,
ces Rambaud d'Orange et ces Rambaud de
Vaqueiras, ces Raymond de Toulouse et
ces comtesses de Die ; et vous pourriez
nous raconter parle menu leurs galanteries
et leurs prouesses ; vous pourriez aussi nous
révéler les gracieux mystères de ces Cours
d'Amour, au nom desquelles, réunis tout à
l'heure dans le joli jardin de la Mairie,

�Lou

Virro-Soulèn

nous saluerons pour la deuxième fois une
reine charmante entre toutes.
Vous avez été, plus tard, l'hôte assidu de
cette cour de Nérac où tant de savants et
de poètes venaient se ranger sous le sceptre
fleuri de la Marguerite des Marguerites, la
très illustre reine de Navarre.
N'y avez-vous pas vu, après elle, le bon
roi Henri? Peut-être même avez-vous assisté à la naissance et entendu la chanson
béarnaise que sa mère, dit-on, avait chantée en le mettant au monde, afin de ne pas
faire un enfant pleureur et rechigné. Dans
tous les cas, vous ne vous êtes pas étonné
que le royal auteur de Belle Gabrielle ait
été le plus français de nos rois, quoiqu'il
n'ait jamais dédaigné de parler gascon.
Mais ce n'est pas seulement dans la vallée de la Garonne ou dans le pays qu'arrose
le Gardon, qu'il pouvait vous plaire de
chercher ce qui restait des idiomes dégénérés ou des littératures mortes, et comment
aussi, des débris d'une langue jadis illustre,
a pu surgir tout d'un coup une langue
pleine d'harmonie et de couleur, et plus
illustre encore.
Un jour est venu où vos regards se sont
tournés avec complaisance du côté des Alpilles, vers ce Rhône aux flots bleus où
vous avez vu se contempler, comme dans
un miroir, la Provence parfumée, et aussitôt le désir vous a pris de lire l'admirable
poème où le grand poète provençal a si
magnifiquement retracé la splendeur déchue
du fleuve symbolique.
Vous avez déjà visité les principaux centres de notre Félibrige, Toulon et Tamaris,
Marseille et Arles, et Aix, la ville du roi
René, et vous vous étiez rencontré, dans
Avignon où l'écho du palais papal redit
encore les chants d'Aubanel et de Roumanille, avec le plus aimable et le plus vaillant des félibres, le capoulié Félix Gras.
Mais, maintenant que vous l'avez trouvée cette langue qui porte si glorieusement
l'honneur de sa double et antique origine,
c'est à Maillane, notre ville sainte, qu'avec
toute l'ardeur d'un néophyte, vous venez
saluer Frédéric Mistral, comme dans Mantoue ou dans Smyrne vous eussiez, dans
leur temps, salué Virgile et Homère.
Voilà comment l'admirateur de Jasmin,
« le jeune et éloquentdéfenseur de la langue gasconne », est devenu un des apôtres
les plus fervents de la renaissance provençale.
Laissez-moi donc vous remercier encore
une fois, cher maître. Vous avez généreu-

sement payé votre bienvenue au milieu de
nous par une des plus belles études qui
aient été faites sur le Félibrige.
Vous avez analysé d'une façon magistrale
les deux chefs-d'œuvre de Mistral et de Félix Gras : Lou Rose et Li Rouge dôu Miejour, et vous avez ajouté à cette analyse
des considérations générales qui sont à la
fois d'une finesse exquise, d'une haute
éloquence et du plus pur patriotisme.
Aussi voulons-nous, tout en gardant aux
lèvres et au cœur les délicieuses chansons
du berceau, nous écrier avec vous et avec
Mistral, à qui vous empruntez l'épigraphe
de votre beau travail :
Sian de la grando Franco, e ni court ni coustié.

Nous sommes des Français avant tout,
et toutes nos gloires sont le patrimoine de
la France.

A la suite de ces deux discours, la parole est â M. Deluns-Montaud, président
d'honneur de cette belle et poétique
journée, qui a revendiqué avec tant d'esprit et d'éloquence les obligations qu'a
la langue française aux grands écrivains,
restés de cœur et d'esprit méridionaux
et gascons. Il faut lire cette page vibrante, tantôt émue, tantôt enjouée, qui
communique tant de conviction à ses
auditeurs.

Discours de M. Deluns-Montaud
MESDAMES,

MESSIEURS ET GAIS

CONFRÈRES,

Vous avez voulu, cette année, faire
exception à la règle. Les philosophes, les
écrivains, les artistes, les philologues les
plus illustres ont présidé à vos fêtes. La
consécration du talent, du génie, les fit
solennelles. Vous avez, par contraste, voulu
celle-ci plus familière. Et vous en avez
confié la présidence à l'un des vôtres.
Je ne suis ni un philosophe de profession, ni un artiste. Je vous aime bien, j'ai
le vif sentiment de la noblesse de votre
œuvre : tels sont mes seuls titres à votre
choix. J'en sens et le prix et les difficultés.
Mais, en me désignant, ne vous êtes-vous
pas, par là même, engagés à m'être indulgents ?
Du re-te, je serai bref — bref et modeste comme il convient à un Gascon ; —
ceci ne sera point pour vous un sujet
d'étonnement. 11 y a beau temps, nous le
savons bien, nous Méridionaux, que la ruse
eoutumière de nos émules des autres pro-

�.6

Lou

Vïro-Soulèu

viiices, devenus « bien Parisiens » est de
nous accuser de leurs mignons péchés.
C'est, en politique, la tactique des partis.
Dans les Lettres et dans les Arts on ne la
néglige guère. Les bavards et les vantards
ne sont pas tous de Tarascon, Tartariu est
de tous les pays. Paris, où l'esprit critique
passe pour être toujours en éveil, se donne
volontiers pour le centre de l'univers. Si
Marseille a sa Cannebière, Paris a son
boulevard. Londres, New-York, Berlin,
d'autres villes encore, se piquent d'être les
reines des cités. Et Pékin, savons-nous au
juste quelles sont ses prétentions ?
S'il est une Garonne que l'on répute
pour l'Hippocrène où s'abreuvent les poètes
confus et les écrivains prétentieux, et ces
peintres, ces statuaires, enfants perdus de
l'art qui tentent d'imposer aux badauds par
d'intempérantes réclames leurs rêves saugrenus : cette Garonne coule partout. Elle
n'est qu'une abstraction ; le symbole où
s'exerce l'ironie, courte à vrai dire, de nos
professionnels hommes d'esprit. Nous ne
reconnaissons pas à ces traits notre brave
Garonne qui, si simplement, fait sa besogne
de fleuve. Des glaciers de la Maladetta aux
vignobles du Médoc, éternelle et diligente,
elle arrose les prairies aux frais vallons des
Pyrénées, elle féconde en son long parcours la plaine toujours plus large, jusqu'à
l'Océan. Chemin qui marche, bras de mer
à son embouchure, elle envoie d'aventureux navires vers ces Iles de mystère, de
diamant et d'or, d aromates et d'épices,
dont s'éprit en tout temps l'imagination
de ses riverains. Ses affluents l'aident de
leur mieux dans ce labeur. Comme elle,
ils réfléchissent des tours, des ponts, des
cités, nos coteaux aux vins renommés.
Les souvenirs surgissent, les noms glorieux montent aux lèvres, ici comme un
peu partout, sur notre terre de France. De
ces souvenirs et de ces noms, nous vient
une fierté, légitime, je pense,
J'en pourrais dire autant du Rhône. Ce
n'est pas sa faute, à lui. non plus, s'il est
majestueux et fort. Fort comme cette civilisation romaine, dont les villes dont il
baigne les murailles conservent les indestructibles monuments. Mais le Rhône n'a
pas eu la fortune de fournir des lieux communs à la verve des vaudevillistes.
Ne pensez-vous pas qu'il est temps de
protester — à la gasconne, bien entendu ?
Si nous ne prenons rien au tragique, l'on
ne saurait nous dénier un certain sens du
comique. La « perfidie contemporaine » —
on l'appelle d'un autre nom dans les cer-

cles élégants — ne parvient pas à nous
chagriner, Elle nous fait sourire, plutôt ;
surtout si elle laisse percer des intentions
bien meurtrières. Il faut entendre ceux qui.
à Paris, se sont fait une facile carrière du
« pontificat » dans tous les genres : C'est
un felibre ! disent-ils, avec des mines, un
accent, un sifflement dont un professeur
de diction a dû marquer les nuances. Et
pour l'infortuné auquel ils accolent l'étiquette, c'est l'irrémissible condamnation.
Le malheureux ne saurait plus, désormais,
que passer pour un être frivole, enflé,
bruyant et stérile.
Nos bons artistes méridionaux se contentent de répondre par leurs œuvres.
Reprenez l'Annuaire de nos deux associations : Cigale et Félibrige de Paris, et vous
m'en direz des nouvelles. Remontez le cours
des siècles et vous serez édifiés.
On nous reproche de cultiver un idiome
déchu. Comme si nous n'avions pas mille
fois exposé les raisons qui nous font aimer
la douce langue d'où terrairc ; comme si,
de nos troubadours aux poètes du renouveau provençal, elle n'avait pas, de leurs
chefs-d'œuvre, ravi les esprits, inondé des
rayons de sa gloire ses obscurs blasphémateurs !. . .
Mais nous ne nous sommes pas confinés
à la petite patrie. Pour ne citer que quelques noms : un Montaigne, un Olivier de
Serres forgèrent, eux aussi, le probe outil
de la Prose française ; Montesquieu retrouva les titres du genre humain ; Mirabeau donna au Droit ses formules souveraines. Et pour la nationalité, pour cette
Unité française que volontiers l'on insinue
que nous disloquons, il me semble que ni
le Béarnais, ni Montluc ne furent de négligeables artisans. Ce vieux Vadier, dont
notre ami Tournier donna un portrait si
vivant, n'entendait guère non plus la plaisanterie sur cette question de la Patrie
une et indivisible !
Nous autres, Méridionaux, nous sommes
également fiers de toutes les gloires de la
France. Nous admirons la grande patrie
dans les multiples manifestations de son
génie. Nous sommes reconnaissants à toutes
ses provinces de lui avoir donné les meilleurs de leurs enfants. Je ne sache pas
qu'il y ait une toise où se mesurent les
grands hommes. Nous aimons la Touraine
pour son Rabelais et son René Descartes ;
le Poitou pour son Richelieu ; Rouen pour
Corneille et la Lorraine pour Jeanne d'Arc ;
l'Auvergne pour Pascal et aussi pour Desaix ; et ce frère puîné, le comté de Nice,

�Lou

Viro-Soulèu

pour Masséna. Paris, l'Ile de France aux
forêts ombreuses., aux coteaux modérés, la
Picardie, la Champagne, provinces où la
terre semble avoir pénétré les hommes
qu'elle a produits de l'harmonie de ses
paysages, nous sont particulièrement chères
pour Racine, pour La Fontaine, pour Molière et pour Voltaire. Nous offrons l'encens de nos admirations à tous les dieux
de la patrie. Nous ne revendiquons que le
droit de réserver à ceux qui nous sont
propres un culte plus intime et familier.
Autant que qui que ce soit, nous entendons élargir le temple et donner à tous la
cène vivifiante. Mais nous répudions tout
dogme, tout rituel qui nous ferait courber
le front devant une idole informe, une
abstraction sans vie.
L'amour de la Patrie, une et indivisible,
est fait de celui des petites patries, de
l'attachement par les fibres de l'être à la
terre où l'on est né, à la lumière adorable
où s'ouvrirent nos yeux, aux arbres, aux
rochers, aux champs, au cimetière des
aïeux, aux rues, aux carrefours où rient et
jouent les petits enfants ; ou il n'est rien.
La France, pour nous, n'est pas une sorte
de Tour Eiffel rigide et monstrueuse, un
poteau, elle est une gerbe. Chacune de
ses provinces lui doit porter ses plus riches
brassées de fleurs. Or, nous avons l'orgueil
de lui donner les nôtres à mains pleines
et avec amour, toujours plus éclatantes et
plus embaumées. Et ce nous est une joie
grave et profonde de voir que notre terroir
ne se lasse pas de fournir.
Un même sentiment de fierté provinciale
et de patriotisme ardent réunit ici les
meilleurs ouvriers de cette collaboration à
la grandeur de la France où s'engagent
tous ses enfants. Si nous sommes fiers de
tant d'oeuvres de nos peintres, nos sculpteurs — ils sont légion — nos poètes du
Midi continuent devant le monde la lignée
des grands Français ; nous chérissons aussi
tous ceux qui, là-bas, aux bords ensoleillés
de nos fleuves, chantent dans la langue
des aïeux, la douce langue du berceau, de
l'amour et de la mort. Ils continuent pour
nous des époques de lumière et de joie.
Cette fleur d'exquise civilisation, fleur
d'amour et de beauté, tomba foulée et
laissée pour morte après une guerre impie.
Mais la mort c'est la vie, et la haine, c'est
encore de l'amour. Nous ne récriminons
pas contreies destins. Il fallait, sans doute,
les durs marteaux de la Croisade pour
rendre indissoluble le lien de notre unité.
Et, d'un cœur intrépide, les méridionaux

37

n'ont refusé ni leurs efforts, ni leur génie, à
l'œuvre nouvelle qui leur parut plus haute.
Voici que bien des choses renaissent que
l'on croyait mortes. Sans rompre l'harmonie de ce concours de bonnes volontés,
d'ardentes affections, de désirs de grandeur
et de gloire, dont est faite cette haute personne morale qu'est la France, nous la
ferons plus belle, croyons-nous, par la diversité et l'éclat des pierreries de son diadème, de sa noble couronne de provinces
et de cités. Si nous nous appliquons à offrir les nôtres plus brillantes, c'est que,
comme le doivent tous ses fils pieux, nous
avons la foi qu'elle les agréera d'une plus
tendre indulgence.
A elle donc nous reportons nos espérances, nos joies et nos orgueils, nosgloires
et nos souvenirs. Nous sommes tous unis,
ici, dans cette commune pensée. Et elle
n'est pas, je pense, un symbole sans signification et sans beauté, notre Association,
ce Félibrige provençal et parisien, où
brillent au zénith dans l'éclat de leur grâce
infinie, deux reines, deux étoiles, deux
fleurs. Elles portent, toutes les deux, des
noms chers à l'art éternel : Mademoiselle
Mireille Hugues vit par son père dans un
rayonnement d'ardente poésie, toute faite
de pitié et d'amour, de rêves d'universel
bonheur. Elle est le présent, elle est l'avenir — elle est celle qui nous dit : « L'amour
sauvera le monde. » Mademoiselle de Chevigné — que son charme exquis, sajeunesse
caressante, me pardonnent l'antithèse ! —
évoque devant nous plus particulièrement
le passé. N'est-elle pas l'authentique héritière de cette Laure de Noves, dont Pétrarque s'éprit d'inextinguible amour, dont
il chanta les séductions en des sonnets immortels. C'était au temps où la Provence
était encore reine par l'esprit et par la volupté. Avignon était alors la capitale du
monde chrétien. L'antiquité venait d'être
retrouvée. Dans cette civilisation méridionale — Provence et Italie mêlées — les érudits communiaient d'une même ferveur en
Platon, aussi bien qu'en Jésus. Temps
admirable de joie profonde et de foi dans
la vie, où le monde latin, fier de ses titres
reconquis, se reprenait à espérer. Alors,
dans cette première Renaissance, une aurore régna sans partage sur l'âme de nos
poètes provençaux, des poètes italiens, cette
doctrine des « fidèles d'amour » qui n'est
autre que celle de Diotime de Mégare,
rapportée par Socrate au Banquet de Platon :
l'amour pour la Beauté assurant aux âmes
la conquête, la possession de la Vérité et

�Lou

Viro-Soulèu

de la Vertu. Cette doctrine, Dante et Pétrarque l'ont apprise sans doute dans les
manuscrits grecs récemment déchiffrés ; ils
l'ont lue surtout, vivante et chaude, dans
les yeux de Béatrix et de Laure de Noves.
Et nous, mesdames, nous les lirons à
notre tour dans vos yeux de lumière et de
bonté ; sous votre sceptre, éternellement,
j'en atteste Provence et Aquitaine, nous
resterons « les fidèles d'amour » !

Après la lecture du palmarès des Jeux
floraux, on est passé à la Cour d'amour,
qui se tenait dans le parc de la nouvelle
mairie, sous la royauté de la toute charmante et gracieuse mademoiselle Mireille
Hugues, fille du vaillant député poète,
notre collègue du Félibrige. On était là,
sous le ciel, les pieds sur la pelouse. Le
ciel clément, quoique toujours menaçant,
a bien voulu retenir ses cataractes, et
tout s'est bien passé, sauf quelques
averses qui témoignaient de la bonne
volonté du temps â faire grâce du reste
aux organisateurs et au nombreux public
qui manifeste tous les ans de sa sj'mpathie pour les fêtes félibréennes.
L'expérience des années précédentes
avait profité. Le service d'ordre fonctionnait avec une régularité dont on avait
prémédité les rouages. 11 v avait des
chaises pour tout le monde. Chacun a
pu assister à la fête sans bousculade, et
l'on n'a qu'à féliciter MM. Marignan et
Antoine Troubat, secrétaires du Félibrige
de Paris, de l'intelligence prat'que qu'ils
ont déployée dans l'accomplissement de
leurs fonctions.
Le programme — presque tout le programme — a été tenu à la satisfaction
de tous. Deux jeunes poètes ont payé
d'abord leur tribut à la jeune reine : M.
Joseph Loubet lui a adressé de très beaux
vers provençaux, et M. de Rocher lui a
dit de très galants triolets.
Comment remercier maintenant les artistes si dévoués qui avaient bien voulu
prêter leur gracieux concours à cette fête
en plein air, — ce qui ne repose pas précisément la voix ? — mais le public seul
ne s'est pas aperçu que l'absence de plafond était une difficulté de plus à vaincre.
Mme Caristie-Martel a déclamé, avec
sa magnificence accoutumée, des stances
composées par Mlle Buy en l'honneur de
Florian, d'Aubanel et de Paul Arène.

M. Evmieu, le délicat compositeur,
accompagnait sur le piano les meilleures
partitions de son répertoire, chantées par
Mme Diey. On a beaucoup applaudi,
entre autres, Sur Veau.
Le baryton, M. Baron, des Concerts
Colonne, s'est fait entendre plusieurs fois
et a été très acclamé, notamment dans
La mort de la cigale, de Maurice Faure, et
le duo de Mireille, chanté avec Mme Diey.
Mlle Baux a été exquise dans une romance toulousaine, Poulido, et dans les
Ramiers.
Notre ami Duparc s'était assigné le
rôle de régisseur parlant au public, ce qui
ne l'a pas empêché de dire une très comique et satirique pièce du poète marseillais
Gelu, Feiniant e Groumand, où il excelle.
M. Massip a fait entendre sa belle voix
dans un chant languedocien et fraternel.
Un succès tout spécial était réservé à
l'orchestre Gargano, — deux violons et
une harpe, — qui a exécuté avec tout son
caractère entraînant la Santa Lucia napolitaine. J'ai vu le moment où tout le
monde allait chanter en chœur.
Comme curiosité, un joueur de vielle
en blouse, M. Marion Bournazaud, a eu
aussi son petit succès avec un air limousin.
Le tout s'est terminé par une joyeuse
farandole et un bal brillant où le piano
était tenu par M. Salabert.
Remarqués dans la foule MM. DelunsMontaud, au premier rang, à côté de la
reine de la Cour d'amour, Charaire,
Sextius-Michel, nos amis Albert Tournier,
Gardet, Gourdoux, Garcin, Ernest Plantier, Jules et Antoine Troubat, Marignan,
Maurice Faure, Clovis Hugues, Elie
Fourès, Jean Bayol, L. Marcel, Benoni
Auran, Injalbert, Jean-Pierre Gras, Massip, Albin Gras, Sébyleau et de nombreux
enfants du Gard, notre excellent collègue
et confrère Delisle, de la Patrie, M.
Joseph Reyne, critique musical des plus
distingués, etc., etc.
Le sexe faible était en majorité, comme
c'est bien naturel dans une Cour d'amour,
et les restaurateurs de la ville n'ont pas
dû se plaindre — loin de là ! — de la
suppression du banquet officiel, car les
félibres ont banqueté de tous les côtés,
en famille ou par groupes, et les chants
de terroir ont retenti jusqu'à l'heure du
départ, surtout chez les enfants du Gard
qui sont tous de joyeux convives.

�Lou

A Na Mïrèio
DE

CLOUVIS

HÜGÜES

lîùino du la Court d'amour de Suons

I
Bello l'cleno de Mistrau,
Pèr vous Tarai moun cant mens rau.
Sias tant inignoto ! Tro vous voire,
.Mai d'un ilo s'es pestela ;
Lis aucèu n'an cascavela ;
Moun cor alabre e pivcla
S'es autant lèu rout coume un vèiro !
Car, iéu, sounjave d'Aubanèu.
— La jouinesso sano es à-n-éu
Que pourgis sa fam d'arderesso —
E me disiéu qu'em'estrambord,
Dins si eremanto estrofo d'or
Vous auriú musso, Tuodor,
Pïèi-que de gràci sias mestresso.
Adonne, que lande moun salut
Vers vous ! inau-grat que moun lahut
Siugue de mono bèn moudèsto,
lîasele si cordo un vostc ounour,
Mireio, nosto pèr un jour,
Que sias rèino de Court d'amour
E gènto l'ado de la l'èsto !
II
Mai, li Felibre, dequé soun '?
— « De desgrunaire de cansoun,
De lipaire de bono roco ! »
Dison de gènt que lou blasin,
Soul, ié l'ai lou nas eremesin,
E qu'es pas lou vin de rasin
Que ié l'ai batre la barloeo !
Verai que tenèn la vertu
De l'alounga, la jouventu !
Trc que d'an n'avèn dès o vounge,
Quouro n'es pas tru li mamèu,
Dins noste dons parla de mèu
En au ran ço qu'es linde u bèu
E calan plus, même au vieiounge !
Car lou soulèu e lou mistrau
Bouton l'cnavans majourau
Dins nòstis arno. Avèn memòri
Di tèms d'antieo resplendour,

Viro-Soulèu

59

E, rli Pirenèu au Ventour,
Es uno raço, que soun tour
Tournara d'enlusi l'istori !
Li Felibre gai e galié
Soun li sourdat, li chivalié
De l'ideau e de la joio !
Soun aquéli que soun destin
Es d'embandi, chasque malin,
Plus liuen lou franc renoum latin,
Qu'èi de Franco la grand beloio!
Li Felibre soun li devot
Que, segound si drech e si vot,
Mènon plan-plan tout un bèu pople
I taulo santo de bèu ta ;
l'apreparon sa poudestat,
E, pèr gara si liberla,
N'an pas besoun do Sebastoplu !
111
Vaqui, Reineto, ço que sian,
E se d'óumage, jouve, anuian,
Vous pourgissèn tout un abounde,
Es que sias lou vivent simbèu
D'aquelo set que noun s'esbéu
E que ruviúudo li toumbèu ;
Sias la Bèuta, lume dóu moundu !
Alin, au pais prouvunçau,
Eici, sont lou eèu pebre e sau
De Paris, avèn 'no l'u paro,
Èi perqué, liéu di troubadour,
Ansin qu'i grand tèms de baudour,
Guierdounan li dono d'amour,
E vous bclan, Mirèio caro !
Car pourtas un noum bèn-astra,
Un noum pèr dos l'es ilustra,
Que dos fes bado un poplu aurouge :
Rèino, avès de quau teni, vous!
Salut au majourau ardous
Qu'es voste paire, majestous
E flame, coume un lioun rouge !
Siéù qu'un pacan fòu do bèuta.
S'à vosto lausour a fauta
Moun cant, o! n'es pas de foulige!
Siéu vengu coume un paure gu,
Coume Vincèn sarié vengu !
Pièi-quc moun cor es osinougu,
Vuei vous dedique soun gounflige !
JóusÈ

LOUBET.

�Lou

40

TRIOLETS A

LA

REINE

Reine, sans plus de façons,
Voici vos sujets, les Félibres :
Artistes, diseurs de chansons.
0 Heine, sans plus de façons,
Comme Zanctto nous passons,
Ames vaillantes et cœurs libres.
0 Heine, sans plus de façons,
Voici vos sujets, les Félibres.
0

Aimant les fleurs, les ciels d'été,
Les rêves fous, la poésie,
Ce sont les (ils de la clarté.
Aimant les Heurs, les ciels d'été,
Venus d'un pays enchanté,
Ils vous ont librement choisie :
Aimant les Meurs, les ciels d'été,
Les rêves fous, la poésie.
Vous portez un nom gracieux
Dont toute Provençale est Hère,
Un nom chantant, harmonieux;
Vous portez un nom gracieux
Qui nous fait songer à nos cieux
De Provence où tout est lumière.
Vous portez un nom gracieux
Dont toute Provençale est lière.
Vous évoquez le sol lointain
Où toujours va notre pensée
Dans les frissons bleus du matin.
Vous évoquez le sol lointain
Avec sa bonne odeur de thym.
Vous, que les Muses ont bercée,
Vous évoquez le sol lointain
Où toujours va notre pensée.
Aujourd'hui, dans ce coin fleuri,
Nous songeons à notre Provence,
Car notre cœur n'est point guéri.
Aujourd'hui, clans ce coin Henri,
Des yeux clairs qui nous ont souri
.Nous rappellent notre jouvence.
Aujourd'hui, dans ce coin Henri,
Nous songeons à notre Provence.
C'est en Arles, en Avignon
Que notre esprit part en voyage :
Le rôve est joyeux compagnon.
Les filles d'Arle et d'Avignon
Piquent des fleurs dans leur chignon,
Mettent des Heurs à leur corsage.
C'est en Arles, en Avignon,
Que notre esprit part en voyage.
C'est là-bas, vers le ciel natal,
Que s'en vont nos rêves liilèles:
Le mal nostalgique est brutal.
C'est là-bas, vers le ciel natal...

Viro-Souleu
Comme au pays oriental
S'en reviennent les hirondelles,
C'est là-bas, vers le ciel natal,
Que s'en vont nos rêves fidèles.
Oh ! la chanson des tambourins
l.t la gailé des farandoles,
Et les gars disant leurs refrains !
Oh ! la chanson dos tambourins
Qui monte sous les cieux sereins
Et qui conduit les danses folles!
Oh ! la chanson des tambourins
Et la gaité des farandoles !
Devant nos yeux extasiés
C'est tout un passé qui s'éveille:
Du sol surgissent des rosiers
Devant nos yeux extasiés ;
Et là-bas, sous les cerisiers,
Passe la chanson de Mireille.
Devant nos yeux extasiés
C'est tout un passé qui s'éveille.
Pays bleu, terre de beauté,
Pays sacré, terre bénie,
Où fleurit l'immortel été,
Pays bleu, terre do beauté,
Vers toi notre amour est monté
Et notre tendresse inlinie;
Pays bleu, terre de beauté,
Pays sacré, terre bénie !
El vous, qui nous faites songer
Au pays de notre chimère,
Si votre règne est passager,
— 0 Heine, qui faites songer
A notre ciel clair et léger, —
Votre cour n'est point éphémère,
0 Heine, qui faites songer
Au pays de notre chimère.
0 Heine, sans plus de façons,
Voici vos sujets, les Félibres:
Ai'tistes, diseurs rie chansons,
o Heine, sans plus de façons,
Comme Zanetto nous passons,
Aines vaillantes et cœurs libres.
0 Heine, sans plus de façons,
Voici vos sujets : les Félibres.

Le Gérant : Marins
PARIS. —

porter

Ils viennent vous
ici,
En guise de Heurs amicales,
Leurs hommages et leur merci.
Et, charmés de vous voir ici.
Ils vous montreront, eux aussi,
Qu'ils sont du pays des cigales :
Leurs chansons seront leur merci :
Leurs chansons, ces Heurs amicales!
FFRNANO
AMY,

Empremarié felibrenco de Lucian Duc,

DE

24g, rue de Vaugirard.
35,

carriero Rousselet.

ROCHER.

�EXTRAIT DES STATUTS
DU

s

FÉLIBRIGE DE PARIS

1. — Sous le titre de « Société des Félibres de Paris », {Souciela felibrenco de
Paris), il est créé à Paris une association
ayant pour objet d'étudier le Midi de la
France dans ses idiomes, ses beaux-arts,
ses traditions, son histoire ; de seconder la
renaissance littéraire de la langue d'Oc, et
de contribuer ainsi à l'accroissement des
richesses intellectuelles de la patrie française.
3. — Elle manifeste son action par des
réunions périodiques, des assemblées générales, des fêtes, des concours, des publications ayant trait aux dialectes méridionaux, etc.

i. — La Société se compose de membres
titulaires, de membres correspondants et
de membres associés.
Les membres titulaires ne peuvent dépasser le nombre de cinquante. Aux termes
d'une décision prise en assemblée générale,
les titulaires ne peuvent être choisis que
parmi les félibres majoraux ou mainteneurs,

les écrivains en langue d'Oc ou les personnes ayant rendu au Félibrige des services signalés.
Les correspondants sont les membres titulaires qui ont cessé de résider au siège
de la Société.
Les membres associés, dont le nombre
n'est pas limité, sont choisis parmi les amis
du Félibrige qui veulent encourager parleur
concours la « Société des Félibres de Paris. »
5. — Tout candidat doit être présenté
par deux membres titulaires au moins, et
adhérer au but poursuivi par la Société, en
affirmant sa ferme intention de s'associer
à ses efforts.
TouT titulaire "nouvellement élu doit, dans
la première réunion à laquelle il assiste,
répondre par un discours en langue d'Oc
aux paroles de bienvenue que lui adresse
un membre désigné par le Bureau.
6. — La cotisation annuelle est fixée à
12 fr. et donne droit à un abonnement au
journal mensuel du Félibrige de Paris, Lou
Viro-Soulèu.

�LE

MIDI

L

GASTRONOMIQUE

—

Produits

du

A

PARIS

Midi

CORNAILLE, 12 rue du Havre
Arrivage de morue à la brandade, de la Grille de Nîmes, trois fois par semaine en hiver

Are. Toux, 57 Faubourg Poissonnière
Huile de Provence, Vins du Midi, Pois-chiches, Produits des colonies.
HÉDiARi), 21, place de la Madeleine

Comestibles du Midi.
II.
GAFÉ-REST' VOLTAIRE,

—

Cuisine

1, place de l'Odéon

méridionale
Restaurant du

Brandade et bouillabaisse le vendredi
Cassoulet et Aioli
Restaurant

LA VENUE,

70, boni. Montparnasse

lundi : Cassoulet ; vendredi : bouillabaisse
Restaurant

ROBERT,

rue Richelieu,

GRAXD U,

101

Cassoulet, le lundi
On trouve

le Cassoulet le mercredi,

et bouillabaisse et brandade le vendredi
Restaurant

39, boulev. St-Miehel

Cassoulet le jeudi, Bouillabaisse le vendredi

CÉSAR,

boulevard Poissonnière

&gt;&gt;

BRUNEATJ,

»

»

»

NOTTA,

»

»

Revues &amp; Journaux intéressant le Félibrige
— Revue Félibréenne, M. Paul Mariéton, directeur, 9, rue Richepanse, Paris.
— Revue des langues romanes. Montpellier.

— Romania, MAI. Paul Meyer et Gaston Pans, directeurs; Bouillon, éditeur, Paris,
— Revue de philologie française et provençale, L. Clédat, dijçec, Bouillon, édit., Paris.
— L'Aióli, M. de Baroncelli-Javon, directeur, Avignon.
— Lou Félibrige, M. Jean Monné, directeur, 143, rue Breteuil, Marseille.
— Lemouzi, Sernin Santy, directeur, Brive.
— La Sartan, M. Pascal Cros, directeur, Marseille.
— La Terro d'oc, Bacquié-Fonade, directeur, 7, rue Lakanal, Toulouse. &gt;
— La Campana de Magalouna, à Montpellier.
— Lou Calel, Victor Delbergé, directeur, Villeneuve-sur-Lot.
— L'Homme de bronze e1 le Forum républicain, à Arles.
— La Revue méridionale, Achille Rouquet, directeur, Carcassonne.
— La Province, revue mensuelle. Lucien Duc, directeur, 35, rue Rousselet, Paris.
— Le Mois Cigalier, bulletin mensuel de la Cigale, 16, rue Pestalozzi, Paris.
— Lou Viro-Soulèu, gazette du Félibrige de Paris, 1, place de l'Odéon.
(Il reste encore quelques collections des années 1889 à 1897, au prix de 3 fr. sur papier
ordinaire, et de 5 fr. sur papier de Hollande. — Ecrire au bureau du journal).
— Lou Tresor dóu Félibrige, dictionnaire provençal-français,
Mistral. 2 vol. in-4°, chez Mme Roumanille, en Avignon
— Dictionnaire français-occitanien,

par

Lucien

Piat,

.

2 vol. in-8-,

Hamelin frères, à Montpellier

Imprimerie

LUCIEN

Duc,

par Frédéric.
.

120 fr.
chez
24 fr.

35,

rue Rousselet,

Paris.

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              <text>Vignette : http://occitanica.eu/omeka/files/original/173ebc63844f0b8476fb6a45f34d8feb.jpg</text>
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              <text>Lou Viro-Soul&amp;egrave;u (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/13127"&gt;Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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              <text>Michel, Sextius (1825-1906)</text>
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              <text>Lou Viro-Soulèu. - Annado 11,  [n°07] juillet 1899 </text>
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              <text>Mediatèca occitana, CIRDOC-Béziers, M 4</text>
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      <name>Jòcs florals = Jeux floraux</name>
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