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                  <text>�ORDRE DU JOUR DES PROCHAINES SÉANCES
Mercredi, u mars
FÉLIBRIGE

ET

DÉCENTRALISATION

par M. Lucien Duc.
Mercredi, 18 mars
Causerie de M. Joseph Loubet, sur
LE

JEUNE

FÉLIBRIGE

Mercredi, 25 mars (séance de langue d'Oc)
Discours de réception de M. Henri Brun.
Réponse de M. Duc.
Mercredi, 1" avril

Ma proumiero

pòu,

par Batisto Bonnet.
Mercredi, 8 avril
Causerie de M. César Gourdoux, sur
LA

FARE

ET

LES POÈTES

ALAISIENS

Mercredi, 75 avril
ALEXANDRE LANGLADE, par M. Marignan.
Mercredi, 22 avril
PÈIRE BELLOT, par M. Codur.
Mercredi, 2g avril (séance de langue d'Oc)
Discours de réception de M. Emile Solari.
Réponse de M. J.-B. Amy.

�Upe fête félibréeppe au Café Voltaire
Banquet en l'honneur des nouveaux sénateurs ou
députés-félibres et des membres décorés

Ce que fut notre banquet du mercredi
il février? Une fête toute cordiale et
charmante, en dépit de l'unanime et déplorable absence de nos amis, élus du
Luxembourg et du Palais-Bourbon, absence, disons-le tout de suite, légitimée
par de fâcheuses circonstances.
Félicitons, du moins, notre vénéré et
aiméprésident, M. Sextius-Michel, d'avoir
bien voulu trangresser les ordres de la
Faculté et nous réjouir et nous honorer
de sa présence. C'est un beau témoignage de dévouement à notre cause de
plus à son actif, et un exemple à imiter.
A la table d'honneur, nos nouveaux
légionnaires, notre éminent maître M. Deluns-Montaud et notre distingué confrère
M. Léon Bouet, et notre vaillant viceprésident, Lucien Duc, s'asseyaient auprès du chantre de la Petite Patrie,
ayant pour voisines de table, les fort
ravissantes Mmes Léa Caristie-Martel,
Gabrielle Louis et de Lacroix.
Au hasard de la plume notons, parmi
les convives, nos modestes lauréats des
distinctions académiques, disséminés de-ci
de-là : MM. Chazalette, Albin Gras, Bonnaud, Sarrou et, au nombre des félibres
de Paris ou de leurs amis, MM. E. Plantier, Marcel, Monprofit, Ogliastroni, Riffard, Raoul Gineste, Rigaud, Gourdoux,
Vuagneux, Docteur Cayla, M. le sénateur Delpech, M. le général Enjalbert,
Bénoni-Auran, F. Sudre, Crouzat, Gabriel Duc, Louis Buisson, P. Maryllis,

Massip, Fernand Lafargue, G. Maurel,
Baptiste Bonnet, J.-P. Gras, Joseph Loubct, Louis Prat, Auzende, Marignan,
Henri Brun, Michel fils, Leroi, etc., etc.
A l'heure des toasts, M. Sextius-Michel
donne lecture des nombreux télégrammes
et lettres d'excuses qui lui sont parvenus de MM. Georges Leygues, Château,
Niel, Mousnier, Melchior Bonnefois,Troubat, Soleau et, parmi les invités, MM.
Maurice Rouvier, Jean Bayol, Lintilhac,
Maurice Faure et Albert Tournier. L'espace nous fait défaut pour publier tous
ces documents. Bornons-nous aux deux
derniers :
Mon cher président,
Une crise rhumatismale aiguë me prive de
la grande joie de passer la soirée avec les
félibres de Paris, j'aurais eu surtout à cœur,
après une trop longue absence, de revivre
nos belles soirées d'antan. Mais la douleur
est la plus forte.
Je vous prie, cher président, d'exprimer à
nos confrères les profonds regrets de leur
tout dévoué.
A.

TOURNIER.

Paris, le i: février

1903.

Cher président et ami,
Mon grand deuil, v,ous le savez, me prive
du plaisir d'être, ce soir, au milieu de mes
vieux camarades, les félibres de Paris. J'ai à
cœur de vous dire que je suis avec vous tous
par la pensée. A l'heure où l'horizon de la

�Lou

Viro-Soulèu

vie s'assombrit quelque peu, où les êtres les
plus aimés nous quittent, c'est un grand réconfort et une consolation de compter sur les
sympathies des compatriotes ayant le même
idéal, ayant conservé le culte des souvenirs
du pays natal, ardemment fidèles à la douce
langue maternelle. Le Félibrige de Paris,
grâce à ce puissant lien moral des traditions
qui s'allie tout naturellement à un esprit d'affectueuse solidarité, m'apparaît comme une
seconde famille que j'aime fraternellement.
Les exigences temporaires de la politique
m'en ont quelque peu éloigné, à mon vif
regret, mais, croyez bien que, maintenant que
je suis débarrassé des tracas de la vice-présidence de la Chambre, je reviendrai le plus
possible à vos séances, avec la fidélité d'autrefois, heureux de répéter avec vous le vieux
refrain de la cordialité félibréenne :
Sian tout d'ami,
Sian tout de fraire,
Sian li cantaire dòu païs.
Tout cnfantoun amo sa maire,
Tout auceloun amo soun nis !
A

vous tous du fond du cœur.
MAURICE

FAURE.

Après une chaleureuse et délicieuse
improvisation, M. Sextius-Michel donne
la parole à Lucien Duc.
On lira plus loin l'admirable discours
que prononça l'auteur de Marineto et qui
fut interrompu si souvent par d'enthousiastes applaudissements. Il était difficile de remplir avec autant d'habileté et
de talent une tâche, agréable certes, mais
non exempte de difficultés. La spontanéité des acclamations, en récompensant
Lucien Duc de son éloquence, témoigne
que toute l'assemblée était heureuse de
ratifier l'heureux choix qu'ont fait les
félibres de Paris en l'élevant à la viceprésidence.
Quand les applaudissements qui saluèrent la fin du discours de Duc se
furent apaisés, M. Delpech, sénateur de
l'Ariège, en quelques mots parfumés d'humour, exprima sa joie de se trouver
parmi nous, formula nos meilleurs vœux
de rétablissement pour ses malchanceux
collègues du Parlement et conclut en
nous promettant de revenir fréquemment
aux agapes et aux séances du Félibrige
de Paris. Pour nous qui savons quel
éminent homme d'action et d'initiative et
quel vaillant défenseur des causes libertaires est M. Delpech, nous retenons avec
joie cette dernière promesse.

M. Deluns-Montaud, en une de ces
improvisations émues et gracieuses dont
il possède le secret, remercia Duc et les
félibres de Paris de leurs félicitations.
L'éloquence de M. Deluns-Montaud, qu'anime le souffle du plus pur patriotisme,
est difficilement analysable. Disons que
ses paroles trop modestes et tour à tour
mélancoliques, évocatrices des passés
trop tôt évanouis, viriles et confiantes
pour saluer l'aube radieuse des demains,
nous émurent à l'égal de strophes magistrales dont elles avaient d'ailleurs l'ordonnance rythmique, l'ampleur poétique
et la caresse musicale.
M. Léon Bouet exprima également ses
remerciements, et notre ami J. Loubet,
en langue d'oc, naturellement, clôtura la
série des discours.
La partie de concert, inséparable de
nos réunions, s'ouvrit aussitôt. Avec son
talent coutumier, Mme Léa CaristieMartei récita un poème de Hugo; notre
confrère Duparc dit à son tour la magnifique invocation de Calendau qu'il détailla avec sa maîtrise unique de joglar
et qui lui fournit l'occasion d'un triomphe
nouveau; Baptiste Bonnet chanta deux
couplets d'une exquise fraîcheur rustique :
Lou la es lou vin di jouine,
Lou vin es lou la di vièi...
Albin Gras retrouva son succès habituel
avec Li Taioun de Biàu, etc., etc.
Enfin, à regret, les félibres se séparaient, à une heure tardive, se donnant
rendez-vous à la prochaine riqueto, tandis que d'aucuns, après une déambulation
parisienne, s'en furent sabler chez un
heureux mastroquet avignonnais, l'authentique Châteauneuf-du-Pape, chanté
par Anselme Mathieu et Milord Bonaparte-Wyse, en accompagnant leurs libations matutinales de chants provençaux
et...
Mais chut !
ARLATAN.

�Lo't

Discours de M. Lucien Duc
Mesdames,

messieurs

et chers confrères,

S'il est doux d'être à l'honneur quand
on a été à la peine, il y a le revers de la
médaille, et l'on est parfois aussi à la peine,
quand on est aux honneurs ! J'en fais aujourd'hui l'expérience.
L'état de santé de notre vénéré président, M. Sextius-Michel — qui pourtant
a tenu à assister à cette fête — ne lni
ayant pas permis de préparer un de ces
charmants discours dont il a le secret,
c'est à moi, en effet, qu'est échu le périlleux honneur d'adresser les félicitations du
Félibrige aux personnages eminents à qui
nous offrons ces agapes ; à moi, le plus
modeste et le dernier venu parmi les viceprésidents !

11 y aurait là de quoi paralyser ma langue, si je ne connaissais la cordialité qui
règne entre tous les membres de notre
association, au seia de laquelle les plus
humbles peuvent fraterniser avec les plus
distingués.
Certain de votre sympathie à tous, je
vais donc essayer de remplir — sans même
avoir recours au sempiternel cliché des
orateurs novices réclamant l'indulgence du
public — une tâche qui, par ailleurs, m'est
infiniment douce et agréable.
Mais, avant tout, laissez-moi remercier
les dames qui, par leur présence, donnent
à cette réunion le reflet de grâce et de
poésie qui est l'apanage de leur sexe et le
charme de nos yeux!
Il en est une, des plus distinguées, qui
m'a chargé tout à l'heure de vous exprimer
ses vifs regrets de ne pouvoir prendre part
à notre fête : c'est la très gracieuse Reine
du Félibrige, Mme Maurice Bischoffsheim ;
et, ces regrets, elle me les a manifestés
dans le provençal le plus pur, en me remettant sa généreuse offrande pour le monument de Félix Gras. Nous regrettons,
n'est-cj pas? encore plus qu'elle son absence et nous assurons l'aimable souveraine de la sympathie de tous ses sujets.
*

*

*

Jamais, messieurs, le Félibrige parisien
n'avait eu plus sujet de se réjouir, et la
fête de ce soir marquera sûrement dans
nos annales.

Viro-Soulèu

7

Au temps de Paul Arène, on disait : « le
Midi bouge! » On peut dire aujourd'hui :
le Midi monte!... et le Félibrige avec lui!
Et, chose curieuse, ce Félibrige batailleur s'installe de préférence au palais du
Luxembourg — peut-être parce qu'il est
voisin du Café Voltaire — mais non pour
y prendre ses invalides, soyons-en persuadés, car il y fera, sinon du bruit, du
moins de la besogne, ce qui vaut mieux.
Je vais donc saluer, en quelques mots
simples et cordiaux, chacun des triomphateurs du jour, bien que la plupart d'entre
eux n'aient pu se rendre à notre invitation,
ce que nul ne regrette plus que moi. Passer les absents sous silence, je n'aurais
garde, car cela ne serait pas seulement
injuste : ce serait encore... détruire l'ordonnance de mon discours !
Je commence par notre confrère Albert
Tournier, qui a été si longtemps viceprésident du Félibrige parisien, et qui le
serait encore s'il n'avait décliné cet honneur. Avec sa perspicacité méridionale, il
avait prévu, sans doute, que Maurice Faure
allait quitter le Palais-Bourbon ; c'est pourquoi il a voulu y entrer à son tour, pour
ne pas laisser la Chambre veuve d'un félibre militant !
Vous connaissez tous l'activité dont a
fait preuve Albert Tournier pour soutenir
la cause du Félibrige, soit au Voltaire, soit
au sein de la Commission ministérielle du
théâtre antique d'Orange; des voix plus
autorisées que la mienne lui ont rendu
justice, lors du banquet qui lui fut offert
à propos de son ruban rouge; on vous a
dit son rôle comme journaliste et comme
délégué du ministre aux fêtes d'Orange
de l'année 1900. Je n'ajouterai que quelques mots pour achever de peindre ce
compatriote et cet historien de Vadier, si
ferme dans ses opinions et qui ne perd
jamais de vue le but qu'il s'est assigné, ce
qui double sa force; c'est un tempérament
essentiellement combatif, un homme de
résolution et d'énergie, en un mot, une
vraie figure de la Révolution, comme je
l'ai dit dans le médaillon que je lui ai
consacré. Aussi, nous comptons bien que
sa parole vibrante saura faire encore des
prosélytes à notre cause au sein de l'Assemblée législative.
Simple félibre, il a fait œuvre méritoire;
député, son action n'en sera que plus effi-

�s

Lou

Viro-Soulèu

cace. Et nous lui demandons bien amicalement, malgré ses occupations absorbantes, de ne pas oublier le chemin du
Voltaire où il connut ses premiers triomphes : qu'il vienne encore et le plus souvent possible s'y réchauffer à ce foyer félibréen où s'entretient le culte de la petite
patrie !

*
* *
Que pourrais-je dire de Maurice Faure
— qu'un deuil récent retient chez lui —
qui n'ait déjà été répété vingt fois ? Chacun ici connaît son éloquence entraînante,
sa voix chaude et persuasive, la sincérité
de ses convictions et la cordialité démocratique de ses manières. Sa complaisance,
nous l'avons tous mise à contribution plus
d'une fois, et jamais il n'a rebuté un fervent de sainte Estelle. C'est que son ardeur
félibréenne égale son zèle politique ; que
dis-je, elle le surpasse, puisqu'il n'a jamais
craint de déployer hardiment notre drapeau
étoile, au risque d'être taxé de rêveur, ce
qui, aux yeux de certaines gens, passe pour
une faiblesse ! Mais allez donc demander
à Maurice Faure de renier son titre de
félibre, lui qui a su implanter le Félibrige
dans la capitale, et si victorieusement que
les pouvoirs publics lui font désormais le
plus cordial accueil !
En renonçant à la brillante situation qu'il
occupait à la Chambre, Maurice Faure a
fait preuve de modestie etje le soupçonne
fort d'avoir obéi en cela à son tempérament poétique : en se rendant aux séances,
ne traversera-t-il pas les allées ombreuses
du jardin du Luxembourg, décoré des
statues de ces « despatriado » qu'il s'est plu
à chanter dans la langue de Mireille : et
Clémence Isaure, et Marguerite de Provence, et Laure de Noves, qui, toutes, lui
rappellent son cher Midi ?
Je rends hommage, au nom de tous, à
ce vaillant fondateur du Félibrige de Paris!

M. Maurice Rouvier, lui aussi, quitte la
Chambre pour le Sénat, et nous voulons
espérer qu'il nous fera parfois l'honneur
d'une visite, pour mieux affirmer sa sympathie pour notre association, à laquelle il
appartient depuis longtemps.
M. Rouvier, alors ministre des finances
comme aujourd'hui, a d'ailleurs pris part
à l'une de nos pérégrinations le long de

la Côte d'azur, en 1891, et je me suis
laissé dire qu'il ne fut pas le moins enthousiaste des pèlerins du soleil. Comment
pourrait-il en être autrement, quand on
représente un département aussi privilégié
que celui des Alpes-Maritimes, à qui la
mer bleue sert de ceinture, et surtout cet
arrondissement de Grasse, à la fois si pittoresque avec ses villages perchés sur les
hauteurs, pareils à des lézards s'étirant au
soleil ou se mirant dans des gorges profondes, et si parfumé par ces champs de
rosiers et d'orangers sur lesquels l'oeil se
repose avec délices, du haut de cette promenade du Jeu de ballon d'où l'on jouit
d'un panorama si poétique !

M. Rouvier trouvera au Sénat deux autres membres de notre Société : MM. de
Sal et Delpech, que la courtoisie me fait
un devoir de nommer, bien que je n'aie
pas eu encore le plaisir de les voir à nos
réunions. M. Delpech nous fait l'honneur
d'assister à ce banquet : j'en suis charmé etje
lui souhaite la bienvenue, en l'assurant qu'on
lui fera toujours bon accueil au Voltaire toutes les fois qu'il voudra bien y revenir.
Enfin les nouveaux sénateurs félibres trouveront aussi au Luxembourg M. Desmons,
qui s'est montré félibre militant et dont
nons connaissons la physionomie grave
et souriante à la fois, qui nous rappelle
les sages de l'antiquité.
Il est venu jadis, quoique trop rarement
à notre gré, s'asseoir parmi nous et se mêler à nos fêtes annuelles, et tous, nous
avons gardé le souvenir du charmant discours de réception qu'il prononça au Voltaire, avec cette simplicité et cette modestie
qui le distinguent autant que sa droiture
de caractère, et »le font aimer de ceux qui
l'approchent, et ceux-là sont unanimes à
proclamer l'affabilité toute paternelle de
ses manières. Ne loua-t-il pas aussi excellemment à Sceaux, le bon Florian, après
avoir salué la maison où s'éteignit le fabuliste, comme lui enfant du Gard ? Ce sont
là, pour nous, des titres de noblesse félibréenne et M. le vice-président du Sénat
ne m'en voudra pas de m'en tenir à ceuxlà, car la politique n'est, pas de notre ressort : notre seule politique est la fraternité
et l'union dans l'amour de la France et du
clocher natal!

�Lou

Vtro-Soulèu

A côté de ces parlementaires de vieille
date, voici deux nouveaux élus : MM. Lintilhac et Bayol.
Je ne cacherai pas que ma surprise a
été grande en apprenant l'entrée de M. Eugène Lintilhac au Sénat. Je ne me figurais
pas que le fin lettré, i'érudit professeur, le
brillant conférencier que nous avons tous
applaudi et dont nous avons goûté l'humour, dût jamais quitter l'Université pour
le Parlement : il faisait si bonne figure à
la Sorbonne et au cabinet du ministre de
l'Instruction publique ! Ceci prouve que
M. Lintilhac a tous les talents : celui
de convaincre les électeurs comme celui
de charmer un auditoire d'élite par ses
causeries si pétillantes, où les traits d'esprit abondent et semblent fuser de ses
lèvres comme la mousse du Champagne
s'échappe du flacon que l'on débouche !
Et sa bonhomie nous plaît autant que sa
maîtrise en l'art de bien dire. Je le vois
encore sur le chemin de Sérignan à Vacqueyras, au cours de nos fêtes de 1899,
auxquelles il présidait eu qualité de délégué du ministre ; je le vois descendre de
la diligence qui portait notre caravane et,
sur la route poudreuse, interpeller un paysan en langue d'oc, pour lui demander de
nous indiquer une auberge, car nos'gosiers
desséchés criaient la soif.
Beau diseur et franc taulejaire, voilà
deux qualités qui, jointes à son amour de
la province natale, lui donneraient droit de
grande naturalisation félibréenne, si déjà
son Auvergne pittoresque n'avait suivi la
Provence dans la voie de la renaissance
des vieux idiomes et n'avait produit un
chanteur de terroir tel que Vermenouze.
Qu'il fasse donc au Sénat, avec tous ses
confrères félibres, son œuvre décentralisatrice; mais, en jetant dans la grave assemblée une note bien personnelle, qu'il
n'y devienne pas trop grave, et qu'il conserve pour nous sa belle humeur et cette
verve gauloise et bien méridionale qui fait
le charme de nos agapes !

Avec le docteur Jean Bayol, le Félibrige
est entré de haute lutte au Sénat et, l'explorateur se réveillant en lui, il est bien
capable de découvrir au Luxembourg quelque nouvelle Côte d'Ivoire dont il expor-

9

tera les produits pour le plus grand bien
de nos provinces, c'est-à-dire de la province !
Félibre militant, non content de chanter
sa Crau pierreuse, sa Camargue sauvage
et les belles filles d'Arles ou de Tarascon,
n'a-t-il pas constitué dans Eyguières, son
pays natal, une école félibréenne ? 11 a
fait plus et mieux : prêchant d'exemple, il
a soutenu, m'a-t-on dit, la bataille électorale, à coup de professions de foi en langue provençale.
C'est à cette heureuse initiative du vaillant Provençal que nous devons applaudir
surtout, nous, félibres, car la victoire de
ce champion de notre cause marque peutêtre une évolution que d'aucuns ont trop
ardemment souhaitée, mais qui viendra à
son heure. Le temps des joueurs de luth
est passé! disaient les impatients; il nous
faut désormais un Félibrige d'action !... Eh
bien, messieurs, l'action commence à se
faire sentir, puisque les félibres forcent ainsi
les portes du Parlement; mais le temps
des poètes n'est point passé pour cela, et
il ne passera jamais, car il faudra toujours
de simples joueurs de flûte champêtre ou
de cornemuse montagnarde pour exciter
les tièdes à l'action et pour rappeler le
peuple à la fierté de sa race et aux traditions glorieuses de son histoire, sources
fécondes où les nations puisent leur force
et leur génie !

*
Des élus du peuple, passons aux élus du
pouvoir, à ceux qui ont reçu du gouvernement des distinctions honorifiques.
Je suis heureux d'avoir à féliciter tout
d'abord notre excellent confrère M . DelunsMontaud, dont le ruban rouge ne rehausse
pas la valeur, mais qui rehausse, au contraire, la valeur de son ruban par son
mérite exceptionnel.
Esprit éminent, combien de fois ne nous
a-t-il pas charmés par son érudition ou par
cette ironie gasconne qui est une arme si
puissante et qu'il manie avec tant de naturel ! Mais il a fait plus que de nous
charmer : il nous a émus et, pour ainsi
dire, tenus suspendus à ses lèvres au cours
de ses improvisations merveilleuses, tantôt
nous faisant planer avec lui dans les sphères élevées de la philosophie la plus sereine, tantôt faisant vibrer nos cœurs à

�Lou Viro-Soulèu

10

l'unisson du sien, aux
de son patriotisme !

accents enflammés

Cet improvisateur charmant, dont un
discours écrit ne ferait que gêner l'inspiration, est aussi un esprit subtil et délicat,
et l'ancien ministre des Travaux publics
me semble encore mieux à sa place dans
la diplomatie, cet art qui demande tant de
prudence, de courtoisie et d'habileté. Mais,
ce que nous aimons le mieux en vous,
mon cher confrère, c'est le félibre, c'est
l'éloquent défenseur de notre cause, c'est
le bon méridional qui s'enthousiasme pour
les gloires des bords de sa Garonne, c'est
l'ho mme dont la politique n'a pasémoussé
l'exquise sensibilité et dont l'œil s'humecte
encore à la lecture d'une page émouvante
de Jasmin !

* *
Pour louer comme il convient M. Léon
Bouet, il me faudrait le connaître davantage.
Nouveau venu dans le Félibrige, il ne
nous a pas encore permis d'apprécier ses
qualités. Nous savons seulement que c'est
un journaliste plein de zèle, qui est de
tous les voyages officiels, comme feu Chincholle, son biographe, et qu'il a une corde
bien particulière à son arc : connaissant
la puissance de l'image, il prend des instantanés et conserve pour la postérité l'attitude et le geste des hauts personnages
qu'il accompagne. Et qui ne serait heureux de laisser ainsi une trace tangible de
son passage aux honneurs, à une époque
où l'on prise tant un beau geste ? Aussi le
monde officiel applaudira-t-il, j'en suis
persuadé, à la distinction flatteuse qui
vient de mettre à son tour en vedette
l'inventeur de ce procédé ingénieux.
Et nous y applaudissons aussi, nous félibres, parce qu'en suivant nos caravanes,
notre nouveau confrère aidera à la diffusion de notre Cause.
*

Il est une troisième décoration que j'aurais été particulièrement heureux de fêter,
et vous tous avec moi, mes chers confrères,
quand je vous aurai dit qu'il s'agit de notre
ami Jules Troubat ; mais, hélas ! ce n'est
encore que la rosette d'officier de l'Instruction publique qui vient de lui être
décernée.
Une si modeste récompense pour une

carrière littéraire si bien remplie ? Que
non pas ! C'est le fonctionnaire seul qu'on
a distingué en cette circonstance, c'est le
dévoué bibliothécaire des Sociétés savantes
à la Nationale. L'homme de lettres — et
nul ne le fut davantage dans la belle acception du mot, que notre vice-président
d'hier, qui, lui aussi, a décliné cette fois
les suffrages qui allaient à lui depuis si
longtemps — l'homme de lettres, dis-je,
reste à récompenser, et je regrette doublement que M. le ministre des finances
ne soit pas là, car la doléance que j'exprime serait tombée directement dans
l'oreille d'un membre du gouvernement.
Espérons qu'elle sera entendue tout de
même, mon cher Troubat, et que nous
aurons à vous fêter de nouveau. En tout
cas, pour nous, vous êtes digne du ruban
rouge et nous vous considérons comme
un de ces ouvriers des Lettres qui honorent le plus la profession.
En passant, d'un regard, la revue de nos
convives, j'ai eu le plaisir d'apercevoir,
parmi nos invités, un nouveau légionnaire,
M. le docteur Cayla, et je m'en voudrais
de ne pas le féliciter comme s'il était des
nôtres, car je vous propose de l'enrégimenter dès ce soir, persuadé d'avance qu'il
se laissera faire sans violence, car il suit
avec intérêt nos fêtes de Sceaux et il est
lui-même un des tenants de la petite patrie,
en sa qualité de président de la Société des
Originaires du Lot. Tous les ans, il mène
ses compatriotes visiter le pays natal, cette
région des Causses où la nature a accumulé tant de curiosités : gorges pittoresques, cirques géants, cascades écumeuses
des vallées du Lot et du Célé, et surtout
ce gouffre imposant de Padirac au fond
duquel coule une rivière souterraine, au
milieu d'un dédale de rochers qui s'ouvrent
parfois pour laisser voir des salles merveilleuses, vrais décors de féerie.
Que M. le docteur Cayla soit donc le
bienvenu au milieu de nous, puisqu'il est
véritablement félibre de cœur et d'âme !
Je suis heureux aussi de la présence de
notre excellent confrère, M. Fernand Lafargue : cela me procure le plaisir de le
féliciter également sur le ruban rouge qui
lui a été attribué il y a quelques mois, à
titre d'homme de lettres.
Son talent de romancier nous est connu,
car il nous a donné de charmants ouvrages

�Lou
dans le genre biblique et l'Académie française a couronné ses Ouailles du curé
Fargeas.
Je salue en lui le successeur de Ferdinand Fabre dans la peinture des mœurs
sacerdotales, peinture qui demande tant de
délicatesse et de probité morale, qualités
qui distinguent notre confrère.

Je ne saurais finir sans mentionner encore ceux de nos amis qui ont reçu des
distinctions académiques. Tout récemment,
à l'occasion de la fête annuelle des Originaires du Gard, M. Doumergue, ministre
des Colonies, a apporté la rosette de l'Instruction publique au président de cette
Société amicale, notre confrère Clément
Chazalette, si obligeant et si franc camarade, si assidu à nos réunions et si dévoué
à la cause méridionale.
Le même ministre a remis en même
temps les palmes académiques à M. Albin Gras, l'un de nos plus aimables et
dévoués secrétaires.
On peut dire que l'emploi est bon et
que le ruban violet est comme la rémunération de cette fonction gracieuse qui demande du tact et de l'activité. Je crois, en
effet, qu'il serait difficile de citer un oublié
parmi la pléiade de ces dix dernières années : de Roux-Servine à Albin Gras, la
filière s'est continuée par Henri Giraud,
Fernand Hauser, Antoine Troubat, Edmond Marignan et Fernand de Rocher, et
ce sera bientôt, j'espère, le tour de Joseph
Loubet, ce fervent de la langue d'oc.
Enfin, la promotion de lundi comprend
encore M.Antonin Sarrou, le sympathique
président du Clapas, si vert et si actif
malgré ses 70 ans. On a voulu récompenser ainsi son zèle pour les œuvres méridionales et son affection filiale pour sa
bonne ville de Lodève dont il parle sans
cesse. Vous avez fait là un heureux, monsieur le ministre, et tous ses amis prennent part à sa joie.
Les palmes académiques ont été conférées également, au titre de critique d'art,
à l'un de nos nouveaux titulaires, M. Fortuné Bonnaud, que je félicite de tout cœur.
Natif d'A igues-Mortes, il s'est plu à la
chanter en des vers pleins de sentiment,
et l'on dirait qu'il a pris à la vieille cité,
jadis plus florissante, quelque chos.i de sa

Viro Soulèu

11

douce majesté et de
colie.

sa poétique

mélan-

*

J'ai

terminé,

messieurs.

Puissé-je

ne

pas m'être montré trop inférieur à la mission que le Félibrige m'avait confiée!
Certes, je ne saurais me flatter de vous
avoir tenus sous le charme comme sait le
faire notre cher Président. Mais qui pourrait égaler l'exquise bonhomie et la grâce
souriante de Sextius-Michel, à qui ses cheveux blancs et sa grande bonté font d'ailleurs une double couronne?
Et vous me saurez gré certainement de
lui exprimer les vœux que nous faisons
tous ici pour le rétablissement de sa santé,
et d'adresser un hommage ému à ce chantre de la petite patrie, à ce poète délicat
qui a passé sa vie à complimenter les autres et dont les discours fleuris ont tour à
tour les senteurs fortifiantes des garrigues
provençales ou les parfums délicieux des
romarins et des férigoules des collines de
Mallemort, de Sénas ou de Solliès, où,
parmi les oliviers d'argent et sous les
chauds baisers du soleil, se répercute joyeusement la chanson des cigales !

Discours de M. J. Loubet
Midamo, Messiés,
Après l'amirable discours de Duc que venès
d'ausi, semblo gaire necite de prendre la paraulo. Se poudié pas espremi emé mai de
gàubi e de talent, quéti soun nôsti sentimen
de tôuti à la vesptado de vuei.
Mai, que voulès? siéu Loubet, emai d'aquéli
qu'amon pas lou mourraioun, e pièi sian en
famiho ; adounc, me perdounarés de japa un
brigoun en l'ounour di devot de Santo Estello qu'an davera li joio.
Es mestié, es bon, es bèu, quouro li targo
soun clavado, de se retini pèr faire fèsto i vincèire. Li vièi que se remèmbron tèms passa,
li boujarroun que cerquon la fado e qu'an la
fam de jouï d'elo ; li femo e li chato qu'an
lou goust di counquistaire e dôu masclun,
tôuti s'acampon autour de la chourmo glouriouso. Li man, lis iue, li labro, li cor s'enauron

�Lou

Viró-Soulèu

vers li flame targaire. Aqui l'espetacle que
vesèn aperaqui, a l'ouro d'aro ; mai, se n'en
manco, di counquistaire, manco encaro mai à
nosto acampado de bràvicorque se soun senti
fier de la vilòri que celebran, d'autant plus
fièr, Messiés, que — se fau garda de l'ôublida — es éli que l'an facho de sis esfors, de
si vote, quouro nautre n'avèn qu'à nous en
rejouï.
Es au noum de la bello foulo dis eleitour
miejournau, pacan, mestierau, travaiadou de
la terro e de l'atelié, di Félibre que perseguisson alin, courae nàutri fasèn eici, la toco
de la respelido d'uno raço, que iéu, fléu de
mestierau e félibre, saludarai li rèi de nosto
vesprado.
l'a sèt cop cent an, Messiés, pèr lou malur
de nosto encountrado e pèr lou dòu dôu
mounde, quouro se descaussanè la crousado
di franchimand e de la capelanaio contro lou
Miejour, fuguè uno epoco d'espavènto e de
lucho subre-umano. La chinassarié de Mountfort, acò l'istôri n'a fa la provo despièi. en
matant nôsti rèire, en estrassant nosto terro,
espóutiguè la plus meravihouso di civilisacioun
e, dôu même cop, retardé de mai de sèt cènts
an l'estirado di nacioun dins la draio de
l'enavans libertàri e dôu prougrès.
Mai qu'èro fou de pensa que soubrarié jamai que mesquino souvenènço di rouino de
Carcassouno, de Toloza, de Muret, dôu pous
de Dono Guiraudo, di cremadou de Beziés o
de Mount-Segur !
Mai qu'èro fou de pensa que I'auvàri espetaclous avié creba pèr jamai la souco di troubadour e di faidit, di martir albigés e di grand
ciéutadin !
Nàni, pèr lou racinum sagata, la souco s'es
sauvado ! E dins la terro mounte se perisson
li cors, es anado pousa de sabo, e pièi, vers
l'azur mounte trèvon lis amo, a manda si jitello... E la souco a pourta flour, a douna
frucho e respelis vuei sèmpre bello e drudo,
de la bèuta e dóu drudige di causo perdurablo,
eterno !
Acô sara l'ounour dôu Félibrige, acò sara
l'ounour dôu Maianen e de si coumpan, e
sara lou vostre, Messiés, que sias lis eiretié
di prous de la patrio miejoumalo, à vous
que, segound li paraulo de Mirabèu, vous
servirés de Paris pèr remounta lou cor de la
Prouvènço, d'agué moustra la subre-vivènço
de la souco, d'agué moustra que la proumiero Franço, aro coumei'a sèt cènts an, es la
Franço dôu Miejour.

Un ouratour de la Chambro, (i) parlavo de
clarta à faire caupre dins la boulegadisso dis
idèio ecounoumico e soucialo de vuei. Quau
miés que nautre, li fiéu di terro dôu soulèu,
s'ispiro mai de la clarta, de la bèuta e de la
verita, aquéli tres lumiero de touto dóutrino
poulitico o filousoufico ?
Quand se dis que lou Félibrige es rèn qu'un
mouvemen literàii e un mouvemen temourous, es messorgo vilo.
Segur que i'a île sang-fla dins nôsti rèng,
n'en soubro dins tôuti li classo de la soucieta,
coume i'a de pesoulino même dins la creniero
dôu lioun ! Mai lou Félibrige que vèn dôu
pople, emé la fe, l'enavans, l'estrambord di
voio poupulàri, s'aubouro e se quiho au cresten di plus nàuti e di plus nôbli realisacioun.
Es que lou Félibrige a pèr éu, Messiés,
d'èstre lou recatadou de la vertadiero fe patrioutico.
Se parlo d'uno vaigo religioun novo, umanisme batejado ; lou Félibrige, que s'adraio
vers l'amour, grasis lou mèu d'aquelo religioun de deman, mai en aparant imbrandablamen li devé sacra de l'ouro presènto.
Ausès la proufecio mistralenco :
E veiren, iéu vous dise, à la mendro ciéuta
Redescendre, o bonur ! l'antico liberta
E l'amour soul jougne li raço,
E quouro que negrege uno arpo de tiran,
Tôuti li raço boumbiran
Pèr coussaia la tartarasso !
E vo, messiés li Félibre, sian d'orne de liberta e Je patrioto, e vaqui perquè poudèn
pas èstre de reaciounàri !
Quand vesès richouneja li moussurot dôu
Nord à l'ouro de nôsti taulejado sant-estelenco, es que, dins sa cabesso de mouissalo,
podon pas nisa dins sa simplesso la belour de
nosto coumunioun à la mémo coupo.
Bagnaii nôsti labro à-de-rèng e pietadousa^
men nous passai! lou vas simbouli. La coupo
es vuejo de fes: qu'enchau! Presènto o noun,
la liquour que ié chourlan es lou vin de la
souco reviéudado, après li siècle abena es lou
sang dis àvi mort pèr la patrio, mort pèr la
liberta de si crèire e pèr la liberta touto puro
sènso qualificacioun !
Sian Francés de Franço, « e ni court ni
coustié, » coume dis lou Mèstre, e dous cop
Francés, pièi-que sian d'orne de liberta.
Maurise Faure, vous que revertas lou grand
caoursin e n'avès la fogo e l'elouquènci ; Bayol,
bèl Eiguieren, de quau l'eleicioun faguè tresana
(i) M. Paul Deschanel.

�Lou

Vtro-Soulèu

'3

de joio nôsti cor à nàutri H jouvenome d'O.
Deluns-Montaud, vous de quau la paraulo majouralo miraio li dos melico gregalo e latino
que fan la resplendour de l'èime rouman ;
Tournier, majourau afouga, députa de MountSegur ; Lintilhac, St-Jan-Bouco-d'or, cantalés,
e Desmons, e Rouvier, e Delpech, ôublidés
pas lis orne de liberta, lis ome d'O qu'an
bouta dins vous sis espèro !
E vous, Messies, lis àutri triounflaire de
vuei, mèstre e coumpan, egrègi o moudèste,
que longo-mai l'Estello vous assouste e vous
rnantèngue bèn anant de-vers d'àutii vitôri, e
qu'aquéli vitôri novo siegon toujour benta-

E Duc nous dis pas que Ravous camino
coume un benurous dins soun raive, e que
Ginèsto, pouèto d'elèi, se laisso ana vers
la vido, en se garçant dôu tèms coume
dôu mounde ! Benôni Auran me lou fai
revèire à l'âge que'm'Aubanèu, em'Areno
s'escumavo la biero di brassarié dôu quartié
latin au fier cascai di rimo ensouleiado.
Veici Clouvis Hugues, que vescn pas
jamai, mai qu'es toujour aqui quand fau
d'uno butado embouina la porto e sourti
lou drapèu ! En vesènt soun retra, dirias
que lou tron ié peto dins li narro e pameus
si dous iue manjon coume pas ges de

sè.ito pèr la Franço d'O.
Midamo, Messies, m'es bonur d'auboura
moun got e de béure i mascle dôu Miejour

regardello.
Veici Plantié, lou tranquilas Plantié,
l'ardit journalisto republican, que, brouia
'mé lou Dieu de la vermino, s'agrado à
escouta canta sis ami li félibre. Emé sa
caro bruno, sa barbo en pouncho e sis
iuel à la sousto, se parlavo pas lou cevenôu coume lou parlo, de-segur lou prendrias pèr quiuque fiéu de chivalié sarrasin.
Veici Garcin, « lou fiéu ardènt dôu manescau d'Alen », que Mistrau a celebra
dins Mireio e que plus tard dévié escriéure de tout soun fege aquéu libre flame
Les Français du Nord et du Midi, ounte
dins uno lengo ardido eitant que saberouso, a refreta li desfaut dis un eu castigant li countèst dis autre. Ai parla di plus
ancian sòci dôu Félibrige de Paris, d'aquéu
Félibrige qu'après aguedre bataia (1) à

qu'an gagna li targo !

TA Medaioun felibren

de Lucian Duc
Lou Félibrige de Paris
[scguido)
Veici Tournier :
'mé soun regard d'acié traucant coume uno lamo
E soun èr d'energio e de resoulucioun.

Tournier, l'escrivan de marco, l'orne de
paraulo, lou cardacho de tôuti, lou plen de
gàubi e de voio, que, de l'Adré coume à
l'Avers, aflamo pèr soun èime li bramo-fam
de la Lengo et li bramo-set dôu Bèu !
Veici lou vièi Gourdoux, lou pouèto de
la cansoun poupulàri :
Anen, campagnard dôu dimenche, carguen la vèsto,
Pèr ana festa
L'aubrc de la liberta.

qu'en 1848 sounlevè, coume un cop de
mistrau sounlèvo li fieio, tôuti li republican dôu Miejour ! d'aquéu tèms pescavo
mai de coucardo roujo que de bouiroun
dins lou Gardoun, e Lucian Duc i'aurié pas
fa lou tant amistous reproche que iuei ié
fai.
Veici Ravous Ginèsto :
Redoun, 'nié de gros iue que soun à flour de tèsto.

( 1 ) Après aguedre bataia. — Après la guerro,
counouissiéu pas encaro l'eisistènci di félibre,
e quand, dins li questioun dôu jour, m'arribavo de voulé metre ma meso, li gènt dôu
Nord, qu'à moun acènt coumprenien que
sourtiéu dôu pais dis ôulivo, me disien qu'aviéu rèn à dire, que dins lou Mie]Our erian
pire que lis Alemand, bord que voulian aprouficha di desastre de la patrio pèr nous dessepara de la Franço. Un jour, lou fraire de
l'atour Potel, de l'Oupera-Coumi, buté tant
liuen lou menesprés que fasié di Miejournau,
que pousquère plus me retène, ié mandère
un tau carpan que ié faguère rintra si luneto
dins lou nas. Dins Paris alor, un méridional
ero l'equivalènt d'un traite e me rapelle qu'en
1878, fasènt partido d'une soucieta de cant
« La Lyre méridionale » foundado pèr un
Toulousen, un nouma Lantelme, aguère lou
plesi de constata que li 80 sôci d'aquelo
assouciacioun esprouvèron tout coume iéu uno
grando joio, dirai miée, un grand soulas,

�Lou

M

defendre

soun grand

Viro-Soulèu

einat de la reputa-

en nàutri que vivèn dins aquéu meravihous

cioun que s'èro facho dins lou separatisme,

Paris

a

menesprés.

feni

d'amaisa

lis

esperit dôu Nord,

e

pèr

lou

quau

n'an

qu'ahiranço

Nàutri, aman

lou païs

e

natau

même aquéli dôu Miejour, que lou rebu-

coume l'on amo uno mestresso, e la Franço

tavon coume un mescresènt à causo

coume uno grando aujolo

que

estacan de

alor que

tendresso, de si fierta e de sa glòri.

de

faus

fraire,

que de

renegat,

que de toumbaire de crous e d'abousinaire
de glèiso ! (i)

glèiso e
qu'an

en

aquel Enri Abac

tratant

de toumbaire

pres

en mai, en

resoun de si

Eli, amon lou païs nadalen

pèr sa lengo

e soun istôri, mai ié poudrian dire ço que

Es pèr dire coume
couiounavo

mai

à Iaqualo nous

se moustravo republican-soucialisto. Erian

pèr

d'abousinaire
de

crous, lis

messioun

li Rouman aurien pouscu dire i Cartaginés:
«

orne

d'inagura

mounumeii en l'ounour dis

se
de

de

orne marcant

Adusès-nous

vòsti

tresor,

vòsti

tresor

nous apartènon ».
Nàutri n'i'en

demandan

drian soulamen

li

vèire

pas tant; vou-

pourta sis esfors

de nosto raço. E Roumaniho, dins sa letro

vers la toco guinchado

à l'escultaire

un

de debitoribus à gaucho, toujour en crous

d'Antioche que

emé lou mouvemen dins sis ôupinioun de

Amy,

pau coume aquel
disié :

es

que fasié pas

abitant

« counouisse de sóuvage que l'Eu-

capello

e noun se

metre

blanco e de ma Grand-la-borgno.

roupen que vòu pas adóuta mis us e cous-

Sarié tèms,

tumo ? ».

Félibrige durbiguèsson lis iue pèr vèire en

I

Prouvcnçau qu'an jamai vist leva lou

soulèu

qu'eu

darrié

ié sèmblo que dôu

grand tèms que li chèfe

nàutri de fraire e noun uno bando de faus

lou Mouut-Ventour,

miejournau se servènt dôu Félibrige coume

moumen que vivès en

d'un escabèu pèr arriba i plaço, is ounour,

Paris sias perdu, pourri, gasta, qu'es feni

i riban, coume nous

de voste cor e de voslo

rau célèbre. (1)

e

coume

lou

amo.

Sabon pas,

sauprien ? que

touto sa belour , emé

Paris,

dins

l'aliuenchamen dôu

Acò nous
que

lis

provo

autre,

païs natau, drouviho plus vivamen en nàu-

cat-sourcié, car
sarien ana

souvenènço

pouëtico dôu fougau e

e

l'escrivié un majou-

que,

se

l'avien

aqui,

Sestius-Michel,

pòu lou faire, li modo e li crèire de nôsti

pouèto

un

rèire.

tôuti li remembranço,

bi-lengo

meme que

de

mai
lou

aquéu
mas-di-

couneigu,

i'aurien

nous fai ama en éu, miés qu'à-n-éli lou climat

Emé l'amour de la pichoto patrio, qu'es-

pas

counouissien

tri

li

dôu

ié

après qu'un

maire

de

Paris,

gardant

de

soun

un
païs

mens óucupa d'éu-

si semblable, èro apela de

prouvan pas mens qu'éli-meme, l'amour de

présida,

la grando se manifesto emé mai de forço

restarà coume lou simbole dis aposto foro-

de

baileja noste

félibrige

ounte

nisaire. I'aurien après qu'un Enjalbert, un
d'aprène

pèr

li

joumau

qu'Aubanèu,

Fèlis

Gras, Louvis Roumiéu e la felibresso Leountino Goirand, se rendien en Paris pèr assista

generau d'armado, pas proun d'èstre ama
coume un paire de

si sourdat, se fai uno

glòri de faire esclata soun estimo dins l'es-

i fèsto cigaliero que se dounèron au Counti-

timo generalo que ié gardan tóuti pèr soun

nentau, souto la

afableta, soun talent e

presidènci

qu'èro alor menistre
Li

discours

Louvis

Jùli

Simon,

de PEstrucioun publico.

d'Aubanèu,

Roumiéu

de

de

fuguèron

de

dins li

vertadiero

danço.

Fèlis Gras e
uno

proutestacioun d'aquelo poulitico bastardo, e
cadun

se

amaiado

remèmbro

encaro de

mantenenciero

la

famouso

d'Aile, oui.te

soun amour

à se-

gounda nòstis esfors pèr vincre emé vitòn
champ d'ounour

de nosto reviéu-

I'aurien après que dôu mai un prince es
grand, dôu mai li plaço à l'entour de soun

lou

trône soun ôucupado pèr d'ome superiour ;

paire dôu Félibrige, lou bon |ôusè Roumaniho,

es ansin qu'aurien pouscu se rendre comte

mountè tant aut sus la figuiero qu'anè jusqu'à

dôu rôle

crida au tèndre Aubanèu : « qu'estènt vengu

avèn vist veni s'amaia li saberu Jòrgi Niel,

en Paris,

avié

vènço !

Es

»

trahi,
verai

desounoura

qu'Aubanèu

la

Prou-

avié'ntouna

La Marsiheso.
(i)

Vèire

Félibrige

ii Jùli Troubat, li
nènt

de

Paris,

Pèire Laffitte, e

Deluns-Montaud,

l'un

di

ounte

l'emir

plus

fins

esperit dôu siècle, pèr saupre mounda dins
l'article,

d'Enri

dôu Gres, dins lou journau
20 d'abriéu

dôu

1879.

Abac,

Lou

félibre

'Brus, dôu
(l) Vèire la letro dôu majourau Jouveau...

�Lo'i

Viro-Soulèu

uno pensado forto la preciouso clarta de
la paraulo, qu'en toumbant emé gràci de
si labro vous esbalausis e vous enchusclo
pèr plesi.
Mai Roumaniho, coume tant d'autre,
qu'an jamai agu besoun de quita li bord
de soun nis pèr reçaupre dôu sort la bono
becado, poudien pas, o podon pas sauprc
ço qu'es de la vido que se passo de descambarloun sus la memòri que s'envai de
la vilo au vilage, de la Sèino au Rose, de
la jouvènço à l'enfanço, dôu vieiounge à la
jouinesso.
S'avien agu lou tèms de vèire parèisse
li Medaioun de Lucian Duc, moun Dieu,
coume aurien estrema sa lengo ! Queute
pan de nas ! quénti rampèu de chiho subre
lou zigo-zago de sis iue ! Me sèmblo li
vèire e lis entèndre dire': Coume! n'i'a
mai ?... n'i'a mai encaro? E voui, messiés
li devinaire de Mountelimart, lou vesès,
« raço racejo » Veici li Gardet, li Jan Bayol,
li Lintilhac, li Jùli Arèno, li de Barruel,
lis 5F:o Fourès, li Marcel, li Calvo... Ah!
ça, de qu'avès ? vous avèn pas louga pèr
trouiaire, dequé chauchas lou sòu ? Arien,
anen, tenès-vous dre e regardés pas ansin
de galis, qu'es pas bèu. Tenès, veici lis
escultaire, lis Injalbert, lis Hercule, li Riffard, li Démaille, li Pèire Gras... Voulès
de

pintre ? Après

li

Grivolas,

veici

li

'5

Wagner-Robier, li Rous-Renard, li Benôni
Auran, li Cornillon, li Louvis Prat, li
Duflaud. Zôu, zôu, picas de man, mis ami
de Diéu, saludas li valènt e li brave, lou
mèstre Jôusè .Loubet, li Roux-Servine, li
Fernand de Rocher, li Pau Maryllis, li
Bonofé-Debais, e li Bonnefois, e li Mousnier, e li Codur... Me regardas ? Espinchas-me bèn, es coume acò, mi bèu mounarco ; eici rèn nous manco, avèn tout
bèu, tout bon, tout nous vèn coume la
pasto à la pastiero e vous n'en baiaren la
provo. Voulès d'ajudaire dôu tron-deDiéu ? Vous n'en dounaren un abounde,
chausissès. Veici li Marignan, lis Albin
Gras, lis Ulisso Boissier, li Massip, li Ma.
rius Amy, li Sarrou, li Chazalette, li de
Rouvilo, lis Enri Brun, touto aquelo bello
jouinesso que vai coume Diéu coumando
e que mounto e grandis coume lis Eymieu
dins la musico e li Bentz dins l'architeituro.
Sias-ti countènt di Medaioun de Lucian
Duc ?
N'en voulès de plus grand ? de plus
flòri ? Dau ! quihas-vous sus la pouncho di
pèd e remiras li fraire Mounet, li Silvain
de la Coumèdi-Franceso, e li Duparc de
l'Oudeon.
Vous n'en dise pas mai.
BATISTO

BONNET.

�Lou

i6

Viro-Soulèu

Souscription
en

faveur

du

Monument

PREMIÈRE

Frédéric Mistral
Mme
du

•

Maurice Uischofisheiin,
l-'éiibrigu

50

Félix

Gras

LISTE

. Marc Varenne

o

Lucien Duc

Reine
100

MM. Sexlius-Mieliel

à

10

La lélibresse

5
Luciano ...

1

Jean Caslela

3

Eugène Garoin

10

Amédée Escoffler

3

Carie de Carbonnière.
...
Eugène Plauchml
....

10
10

J. Codur
PaulinetteCodur, future féhbressc

3
1
2

Louis Aslruo

10

Paul Hariot

Léopold Gonstans

10

Antonio

Hémy Marcelin

'20

G.

Sarrou

2

Maurel

2
2

Jules Itonjat

5

Louis Prat

Auzende

5

Bonnelby Debaïs

1

Joseph Soulct

'à

Anonyme

2

Camille Ghabal

S

Eugène

5

Linlilhac

Philippe Calvo

Nous

prions

292

5

instamment les

admirateurs de Félix Gras

de la lre liste

félibres, les amis de

la Cause

méridionale et tous les

de vouloir bien nous faire tenir leur souscription dans le

plus bref délai possible, afin que les proportions du monument puissent être établies.
Anun, la man au boursoun. ami félibre, e que degun fougue!

Le Gérant : Marius
PAKIS.

AMY,

249, rue de Vaugirard.

— Empremarié felibrenco de Lucian Duc e Cie, 125, carricro dôu Cherche-Midi

�Revues &amp; Journaux intéressant le Félibrige

— Revue Félibréenne, M. Paul Maiiéton, directeur, 9, rue Hiehepanse, Paris.
— Revue des langues romanes, Montpellier.
— Romania, MM. Paul Meycr et Gaston Paris, directeurs; Bouillon, éditeur, Paris.
— Revue de philologie française et provençale, !.. Clédat, direc, Bouillon, édit., Paris.
-■ Lou Félibrige, M. Jean Monné, directeur, 113, rue Breteuil, Marseille.
— Lemouzi, Sernin Santy, directeur, 8, rue de la Uéptiblique, à Saint-Etienne.
— La Sarlan, M. Pascal Cros, directeur, Marseille.
— La Terro d'oc, A. Sourreil, directeur,

15, rue Denlert-Hochereau, Toulouse.

— La Campana de Magalouna, 33, rue de l'Aiguillerie, à Montpellier.
— Lou Calel, Victor Delbergé, directeur, Villeneuve-sur-Lot.
— L'Homme de bronze et le Forum républicain, à Arles.
— La Revue méridionale, Achille Rouquct, directeur, Carcassonne.
— La Province, revue mensuelle, 23e ann. L. Duc, direct., 125, r. du Cherche-Midi. Paris
— La Cigale, bulletin mensuel de la Cigale, 16, rue Pestalozzi, Taris.
— Lou Viro-Soulèu, gazette du Félibrige de Paris, 1, place de l'Odéon.
(Il reste encore quelques collections des années 1889 à 1901 (sauf l'année 1892), au prix
de 3 fr. sur papier ordinaire, et de 5 fr. sur papier de Hollande.— Ecrire au bureau
du journal ou à l'imprimeur, 125, rue du Cherche-Midi).

Ouvrages
— Lou Tresor dóu Félibrige, dictionnaire provençal-français,
Mistral. 2 vol. in-4°, chez Mme Houmanille, en Avignon
— Dictionnaire français-occitanien,

par

Lucien

Piat,

.
2

par Frédéric
.

120 fr.

vol. in-8-,

Hamelin frères, à Montpellier

'

24 fr.

— Long dôu Rose e de la Mar, poésies de Sextius-Michel. ...
— La petite Patrie, discours et documents, par Sextius-Michel
—

.

chez

.

Vido d'enfant et Lou Varlet de Mas, par Balisto Bonnet, 2 vol

— Marineto, poème de Lucien Duc, avec illustrations

3 fr. 50
3 fr. 50
7 IV.
6 fr.

— Li sèt rai de moun estello, poésies de Lucien Duc

2 fr.

— Tarascon par un Tarasconnais, par J.-B. Amy

3 fr.

En souscription :
LI SOULEIADO, œuvres choisies des Félibres de Paris, un vol. in-8 raisin
Sur papier teinté ou simili-japon
MEDAIOUN FELIBREN, sonnets provençaux de

LUCIK.N

5 fr.
7 50

Dur., peignant les prin-

cipaux félibres de Paris et de Provence, avec portraits à la plume par Rénoni
Auran, Cornillon, Louis Prat, Houx-Renard, Wagner-Hobier, etc.
Prix.

.

.

3 fr. 50, 4 fr. 50, 5 fr. et 8 fr.

�LE

MIDI

I.

GASTRONOMIQUE A

—

PARIS

Produits du Midi

ConpiAiLLE, 12 rue du Havre
Arrivage de morue à la brandade, delà Grille de Nîmes, trois fois par semaine en hiver
AUG. TURIN, 57 Faubourg Poissonnière
Huile de Provence, Vins du Midi, Pois-chiches, Produits des colonies.
HÉDiARD, 21, place de la Madeleine
Comestibles du Midi.
FRÉDÉRIC VIAU, 36, rue Vaneau
Huiles, pois chiches, olives, Miel de Provence, etc.

II.

—

Cuisine

VOLTAIRE, 1, place de l'Odéon
Brandade et bouillabaisse le vendredi
Cassoulet et Aiòli
Restaurant LAVENUE, 70, boul. Montparnasse
lundi : Cassoulet ; vendredi : bouillabaisse
Restaurant ROBERT, 39, boulev. St-Michel
Cassoulet le jeudi, Bouillabaisse le vendredi
CAFÉ-REST

méridionale

Restaurant du GRAND U, rue Richelieu, 101
Cassoulet, le lundi
On trouve le Cassoulet le mercredi,
et bouillabaisse et brandade le vendredi
Restaurant CÉSAR, boulevard Poissonnière
»

BRUNEAU,

»

NOTTA,

»

«

C.I.D.O.
BÉZIERS
Imprimerie

LUCIEN

DUC

et Cie,

125,

rue du Cherche-Midi, Paris.

»

l

»

�</text>
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              <text>Vignette : http://occitanica.eu/omeka/files/original/58f2e41c3f4325a820acbdb39e697648.jpg</text>
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              <text>Lou Viro-Soul&amp;egrave;u (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/13127"&gt;Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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              <text>2016-10-24 Françoise Bancarel</text>
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              <text>Lou Viro-Soulèu. - Annado 15,  [n°02-04] février-avril 1903 </text>
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              <text>Mediatèca occitana, CIRDOC-Béziers, M 4</text>
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      <description>Jeu de métadonnées internes a Occitanica</description>
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          <description>Le portail dans la typologie Occitanica</description>
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              <text>Mediatèca</text>
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          <name>Contributeur</name>
          <description>Le contributeur à Occitanica</description>
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              <text>CIRDOC - Institut occitan de cultura</text>
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      <name>Jòcs florals = Jeux floraux</name>
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      <name>Poesia=Poésie</name>
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