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                  <text>�Nécrologie

Au moment où le Viro-Soulèu allait paraître, nous recevions la
lettre de faire part de la mort du compositeur de musique SAMUEL
ROUSSEAU,

le gendre si affable de M. et Mme Château.

Les obsèques ont eu lieu le 4 octobre, et la basilique de SainteCiotilde, où le défunt exerçait les fonctions de maître de chapelle,
était trop petite pour contenir la foule des amis qui ont tenu à rendre
hommage à l'artiste si prématurément enlevé à l'affection des siens
et à la sympathie de tous.
Nous ne voulons pas attendre au prochain numéro pour exprimer
à Monsieur le Maire de Sceaux et à sa famille, la part bien sincère
que prend le Félibrige de Paris à ce deuii inattendu et d'autant
plus cruel.
C'est pourquoi nous mettons ces lignes en tête de la couverture,
le texte du journal étant déjà tiré.
Puisse l'hommage rendu à Samuel Rousseau par tous ceux qui
ont prononcé des discours à ses obsèques, adoucir un peu la douleur de sa veuve, frappée ainsi en plein bonheur.

AVIS
La rentrée officielle des Fèlibres aura lieu mercredi prochain,
12 octobre, et les séances auront lieu régulièrement tous les mercredis.

�C.I.O.O.
8ÉZIEBS

ç|[OV VÎ^O^OVLàV
JUILLET-SEPTEMBRE

iqo4

Fête félibréenne de Sceaux
Dimanche, 3 juillet 1904

Il y avait, ce jour-là, une affluence
exceptionnelle â la gare du Luxembourg,
car de nombreuses Sociétés méridionales
avaient bien voulu se joindre au Félibrige,
constituant ainsi une sorte de fédération.
A l'arrivée à Sceaux, le cortège se
forme, selon l'usage, et, tandis que les
photographes braquent sur nous leurs
appareils, l'on se rend au jardinet de
l'Eglise, où la reine et les deux vice-reines
couronnent les bustes de Florian, d'Arène
et d'Aubanel.

Jeux Floraux
La séance des Jeux Floraux s'ouvre
alors à l'ancienne mairie. L'estrade est
occupée par le président d'honneur, M.
Emile Gebhart, le nouvel élu de l'Académie française ; l'ambassadeur d'Italie,
comte Tornielli ; M. Château, maire de
Sceaux ; André Theuriet, Sextius-Michel,
Maurice Faure, Lucien Duc et Paul Mariéton. En face d'eux, au premier rang,
la Reine et son gracieux cortège de demoiselles d'honneur, en toilettes claires.
Le premier, l'aimable maire de Sceaux
prend la parole :

Allocution de M. Château

Mesdames, messieurs,
J'aurais voulu, dans la langue sonore de
Mistral et de Roumanille, vous souhaiter
la bienvenue dans notre vieille cité scéenne;

mais, à défaut de vers mélodieux^ laissezmoi tout simplement vous dire à tous du
fond du cœur, au nom de la municipalité
et de la ville de Sceaux : soyez les bienvenus !
C'est avec une légitime fierté que nous
vous recevons chaque année. Chaque fois
votre trop court séjour parmi nous resserre
davantage, si cela est encore possible, les
liens d'amitié qui nous unissent depuis si
longtemps. Vous revenez, chaque été,
égayer de vos chants notre coquette cité,
que vous avez appelée votre petite Provence ;et dont vous avez fait votre petite
patrie d'adoption.
Vous êtes maintenant ses enfants, et je
suis heureux d'être ici l'interprète du Conseil municipal, en vous apportant l'adresse
de félicitations qui a été votée à l'unanimité lors de la dernière séance :
« Le Conseil, désireux de donner un té« moignage de son affectueuse sympathie
« à la Société des Félibres de Paris, qui,
« en venant chaque année apporter l'hom« mage du souvenir aux mânes de Flo« rian, aux bustes d'Aubanel et de Paul
« Arène, contribuent depuis vingt-cinq
« ans par leur présence, à donner à la
« fête de Sceaux un caractère absolument
« spécial, prie M. le maire de vouloir bien
« transmettre aux Félibres l'expression de
« sa sincère gratitude et l'assurance de sa
« profonde reconnaissance ».
Salut donc à vous, Félibres, Cigaliers
et enfants du Gard; salut à vos chefs vénérés qui, aujourd'hui, se sont joints à nous
pour accomplir ce pieux pèlerinage annuel !

�Lou Viro-Soulèu

a6

Salut à votre président, à vos reines du
Félibrige, aux reines de la cour d'amour,
à ces élus de vos suffrages que leur talent,

Gebhart, vous vous êtes honorés vousmêmes et vous avez acquis un titre nouveau à notre reconnaissance, en nous per-

leur fidélité aux traditions de la Provence,
leur culte pour les belles-lettres, ont fait

mettant ainsi d'être les premiers à saluer
le nouvel élu de l'Académie française.
Vous aviez depuis longtemps, maître,

désigner par leurs anciens, pour remplir
ces délicates fonctions ! La ville de Sceaux
est d'autant plus fière de vous recevoir
aujourd'hui que, cette année, vous avez
célébré en Avignon, au milieu d'un peuple
enthousiaste, entourés de tous vos amis,
le cinquantenaire du Félibrige. Comme
dans les jubilés antiques, dont vous faisiez
revivre les belles journées, c'est à la face
de la nature, sous votre beau ciel bleu de
Provence, sous les grands arbres caressés
par la brise

embaumée

des

senteurs

du

droit de cité au pays félibréen. Vos œuvres
n'ont-elles pas montré qu'aux mâles et
graves accents de l'âme lorraine, vous
alliez une parfaite affinité d'esprit avec
l'âme méridionale r A Nancy, vous professez un enseignement nouveau, celui des
littératures du Midi. Nos Provençaux et
nos Languedociens chantant comme cigales
au soleil, vous sont familiers. La Renaissance italienne n'a pas de secrets pour
vous ; vous en connaissez la psychologie

thym et du romarin, que vous avez donné
libre essor à votre poésie. Là-bas, où « la
verte olive, la mûre vermeille, la grappe
de vie croissent ensemble sous un ciel
d'azur », vous avez, dans un magnifique
élan de reconnaissance et d'art, fêté vos
illustres devanciers. Les échos lointains
sont venus jusqu'à nous chanter leurs
louanges et nous rappeler qu'il y a cinquante ans, Mistral, Roumanille, Aubanel
(je ne puis les citer tous) venaient de jeter
les premières bases du Félibrige. Ils ne
voulaient pas laisser disparaître cette merveilleuse langue romane qui, des Alpes
jusqu'à l'Adour, des Bouches-du-Rhône
aux plaines du Limousin, avait, dans les
siècles passés, chanté la nature et l'amour.
N'êtes-vous pas les descendants de ces
joyeux troubadours qui, parcourant les
manoirs, charmaient seigneurs et châtelaines par leurs tendres pastorales, leurs
sirventes et leurs chansons? Là-bas, vous
avez évoqué leurs mânes, en cette vieille
langue romane qui s'est transmise de siècle en siècle, et vous venez ici apporter
un pieux souvenir à ceux qui l'ont fait

compliquée. Vos cours de Nancy vous valurent de chaudes admirations. Partout,
vous les avez retrouvées : à l'Université de
Paris, à l'Académie des sciences morales
et politiques, et aujourd'hui à l'Académie

revivre.
Pour nous, nous sommes fiers de pos-

J'aurais terminé, messieurs, s'il ne me
restait encore le devoir bien doux de remercier également ceux que nous retrouvous toujours fidèles au rendez-vous et que
nous aimons tous : d'abord votre vénéré
président, cet enfant du Midi à l'âme ar-

séder le petit coin de terre où repose le
doux Florian et où s'élèvent les bustes
d'Aubanel et de Paul Arène.
Vous avez tenu à associer à cet hommage rendu à vos gloires littéraires un
homme éminent que je remercie d'avoir
bien voulu venir rehausser par sa présence
l'éclat de cette fête. En choisissant comme
président le littérateur à la fois délicat et
profond, le professeur érudit qu'est M.

française, où nul n'était plus qualifié que
vous pour succéder au regretté Octave
Gréard. A la joie de vos anciens condisciples de l'école d'Athènes, à la cordialité
de vos collègues et de vos élèves, à l'hommage que vous rendent aujourd'hui les
Félibres, la ville de Sceaux a tenu à joindre l'expression de ses sentiments d'admiration et de gratitude.
La présence de M. le comte Tornielli,
ambassadeur d'Italie, me permet d'applaudir aux heureux événements qui se sont
succédé récemment. Nous nous acheminons vers l'union définitive des races latines. Par sa langue, la belle Provence est
comme le trait d'union qui relie la France
et l'Italie. Je salue ici, au nom de tous,
M. le comte Tornielli, le représentant
d'une nation amie qui, hier encore, fêtait
de façon inoubliable la France et les
Français.

dente, mon collègue Sextius-Michel. C'est
à son infatigable énergie, à son dévouement sans bornes que nous devons ces
superbes journées, où nous célébrons,
chaque année, la mémoire de vos compatriotes. Mais aussi, quelle joie pour vous,

�Lou

mon cher maître, de pouvoir vous dire
aujourd'hui, en jetant un coup d'ceil en
arrière et en regardant le chemin parcouru:
voilà mon œuvre, celle à laquelle j'ai : consacré tous mes efforts et toute ma persévérance ! Vous pouvez en être fier, et je
forme du fond du cœur les vœux les plus
ardents, pour que longtemps encore vous
puissiez assister à votre triomphe. Pour
accomplir cette lourde tâche, vous avez eu
de précieux auxiliaires, de fidèles amis,
des collaborateurs et des lieutenants dévoués : j'ai nommé votre sympathique viceprésident, Lucien Duc, l'auteur de Marinette, ces pages charmantes, toutes de
beauté et de poésie ; votre aimable sénateur, Maurice Faure ; votre spirituel député,
Albert Tournier, tous doués de cette activité dévorante dont vous leur avez donné
l'exemple.
Dans un instant, joyeux poètes, quand
vous aurez applaudi les discours de nos
éloquents présidents, vous irez comparaître
devant cet aréopage de grâce et dejeunesse
formé par vos charmantes reines. Vous
irez sous le vert feuillage de nos marronniers scéens faire revivre l'ancienne
cour d'amour de la duchesse du Maine,
et, dans l'envolée de vos chansons provençales et de vos joyeux refrains, il ne
vous manquera que le chant des cigales
pour vous croire encore sous le ciel bleu
de la Provence.

*
* *
Quand M. Château, très applaudi, se
rassied, c'est notre vénéré président qui
se lève et, d'une voix toujours forte et
qui porte bien, — condition première pour
faire goûter un orateur — prononce l'allocution suivante :

Allocution de M. Sextius-Michel

Très cher et très honoré président,
Permettez-moi de vous remercier tout
d'abord du très grand honneur que vous
avez bien voulu nous faire en venant présider notre fête annuelle. Nous vous en remercions d'autant plus que nous savons
combien vos loisirs sont déjà comptés, en
raison de vos devoirs de savant et de lettré.

Viro Soulèu

=7

Je vous demande aussi la permission d'adresser à M. le maire de Sceaux les
remerciements de notre Société.
M. Château qui, depuis quatre ans, nous
fait les honneurs de la jolie ville dont il
est le premier magistrat, vient cette année
d'être réélu maire, à la grande joie de ses
administrés et à la nôtre. Nous avons donc
à le féliciter et à le remercier en même
temps pour cette heureuse réélection, et
pour les paroles tout à fait charmantes qu'il
vient encore une fois de nous adresser.
Nous avons cette année un devoir de
plus et non moins impérieux à remplir :
c'est de remercier le Conseil municipal de
cette si accueillante ville de Sceaux pour
l'adresse on ne peut plus flatteuse que, sur
la proposition de son maire, il a adressée
aux Félibres de Paris, à l'occasion du 25e anniversaire de leur fête. Nous en sommes
d'autant plus heureux que nous regardons
leur ville comme une véritable sœur de nos
cités méridionales, et que nous avons pour
ses habitants les sentiments d'une sympathie toute particulière.
Dans toute Société amicale, mes chers
confrères, comme dans la République des
lettres, s'il n'y a pas de roi, il y a toujours
une reine. Je salue donc Mlle Yvonne
Bonnaud, la jolie reine de notre cour
d'amour et la fille de l'un de nos plus
distingués confrères, sans oublier ses gracieuses et rayonnantes compagnes, espoir
de nos royautés futures.
Je salue enfin les représentants des Sociétés méridionales qui nous ont fait le
grand plaisir de se réunir à nous. C'est
d'ailleurs avec leur fraternel concours que
nous espérons mener à bien une autre
grande fête, un vrai pèlerinage cette fois,
au cours duquel nous avons projeté d'élever un monument à l'un de nos maîtres
les plus aimés et les plus glorieux : j'ai
nommé Félix Gras. Et ce monument sera
l'œuvre de son propre fils, Jean-Pierre
Gras, le jeune et déjà grand artiste, qui a
su trouver dans son cœur le talent de faire
une œuvre vraiment belle et digne d'un tel
père.
Oui, messieurs, c'est en Avignon que
nous irons honorer la mémoire de l'auteur
de Tolosa et des Rouges du Midi ; de
celui qui, il y a deux ans, présidait encore
nos Jeux floraux ; de celui qui, dans une
formule d'une admirable concision, a justement défini la doctrine félibréenne que
tous, félibres et cigaliers, nous nous faisons gloire de professer :

�s8

Lou

Viro-Soulèu

« J'aime, a-t-il dit, mon village plus que
ton village, ma province plus que ta province; j'aime la France par-dessus tout. »
Voilàde belles et justes paroles. Voilàaussi
dans quel sentiment nous nous réunissons
chaque année dans la jolie ville où repose
Florian, en une fête dont nous vous remercions encore une fois, cher et honoré
maître, d'avoir bien voulu accepter la présidence.
Au lendemain des fêtes de Font-Ségugne, où vient d'être célébré avec tant d'éclat le cinquantième anniversaire de notre
Félibrige, et à la veille du grand jour où
l'Italie, va, elle, célébrer le centenaire de
Pétrarque, que nous regardons comme un
des nôtres, nul mieux que vous, ne nous
a paru indiqué pour présider notre fête
d'aujourd'hui; nul ne nous en a paru plus
digne, après Jules Simon, Michel Bréal,
Ernest Renan, André Theuriet et tant d'autres maîtres non moins illustres, que le
vrai savant et le grand lettré qui a occupé
la chaire de littérature méridionale à la
Faculté des lettres de Paris, et que l'Académie française vient, comme par acclamation, d'appeler au nombre de ses immortels ; nul enfin, mieux que celui qui a
écrit sur l'Italie des Essais de critique et
d,histoire, d'une si haute portée philosophique et littéraire, n'aurait pu venir nous
parler du glorieux passé commun à deux
grandes nations et que, des deux côtés
des Alpes, tant de poètes ont chanté.
O Comtat Venaissin, terre vraiment privilégiée, délicieuse oasis au pied du mont
Ventoux, Sorgue toujours chantante, et toi,
fontaine de Vaucluse où sont venus rêver
tous ceux que tourmente une soif d'idéal,
que de fois nous avons dirigé vers vous, ô
lieux aimés et charmants, nos fervents pèlerinages ! Ah ! puissent désormais, maintenant que les rivalités de peuple à peuple
ont fait place à tant de beaux et poétiques
souvenirs, puissent à jamais les deux peuples de race latine se donner fraternellement la main par dessus les monts pacifiques !
C'est dans ce sentiment que nous sommes profondément reconnaissants à M.
l'Ambassadeur de Sa Majesté le roi d'Italie,
M- le comte Tornielli, — et nous prions notre cher président d'honneur de se joindre à
nous pour l'en remercier — de l'inestimable
faveur qu'il a faite aussi au Félibrige de
Paris, en venant assister à notre fête, dans
cette ville historique si fière de son beau
passé, où tout à l'heure, sous les frais om-

brages de notre cour d'amour, nos poètes
diront des vers en l'honneur de Pétrarque
et de Laure.
C'est d'ailleurs, permettez-moi de l'ajouter, monsieurl'Ambassadeur, une vieille tradition pour les ambassadeurs d'Italie de s'associera nosfêtes littéraires, quand le double
génie italien et français, le génie latin en
un mot, y est glorifié, et nous nous souvenons avec reconnaissance qu'il y a une
vingtaine d'années, quand les félibres rendirent solennellement hommage, en Avignon, à la douce mémoire de Pétrarque et
de Laure, son inspiratrice, c'est l'un de vos
plus illustres prédécesseurs, M. le chevalier
Nigra, qui vint affirmer avec éloquence la
fraternité des deux nations.
De votre présence à notre fête d'aujourd'hui, monsieur le Président, monsieur
l'Ambassadeur, les félibres parisiens garderont aussi un souvenir reconnaissant, et
ils vous adressent encore une fois leurs
remerciements les plus vifs.

Quand

l'ovation faite

à

M.

Sextius-

Michel est apaisée, c'est le docte président d'honneur qui prend la parole :

Discours de M. Émile Gebhart

Mesdemoiselles, mesdames, monsieur l'ambassadeur, monsieurle maire, messieurs les
félibres,
Cette année, dans quelques jours, les
plus nobles villes de l'Italie, Rome, Florence, Venise, Naples, Arezzo, Milan, Bologne, Padoue célébreront le sixième centenaire de François Pétrarque; toutes les
cathédrales où Pétrarque fut chanoine sonneront leurs cloches, et, de ce côté des
Alpes, notre Provence répondra à l'Italie
en glorifiant en sa langue sonore, le poète,
l'amant fidèle, le chrétien aimable, le rêveur
mélancolique que fut Pétrarque. Et cette
commémoration d'un homme qui parut
pendant trente années le plus haut esprit
de son siècle, sera vraiment, pour la France
comme pour l'Italie, une fête nationale.
Ce grand Italien nous appartient aussi ;
nous avons le droit d'être fiers de son
génie, car il avait recueilli, au bord de la
Sorgue, la lyre à demi brisée de nos troubadours et l'âme exquise de la vieille Pro-

�29

Lou Viro-Soulèu

vence était entière en lui. Je sais bien qu'il
n'aimait point avec passion la métropole
papale, Avignon ; il y apercevait cependant,
aux chapelles ombreuses des églises, la
figure de Laure, si pure et si radieuse,
mais à son gré, trop fuyante, Laure qu'il
adora morte avec plus de tendresse encore
que vivante.
En Avignon, il se croyait des ennemis,
"le mistral d'abord, et puis quelques cardi.haux. Il reprochait aux cardinaux d'oublier
le Tibre pour le Rhône, et au mistral de
souffler. Cet être charmant, un peu féminin, dont les nerfs vibraient comme les
cordes d'une harpe éolienne, revenait toujours à la solitude, à l'abri que lui donnaient la montagne, les rochers et les bois
de la fontaine de Vaucluse; là-bas les cardinaux et le mistral ne pouvaient plus
l'atteindre, il conversait librement avec le
fantôme de Laure, avec son propre cœur,
avec Virgile et Cicéron ; il était heureux
autant que peut l'être un amant malheureux. Il croyait rendre seulement aux âmes
italiennes les grâces austères de l'antiquité.
Il était vraiment alors l'un des plus grands
initiateurs de la Renaissance. Mais, à son
insu peut être, il représentait sur la terre
embaumée de Provence, à l'ombre vermeille des oliviers, au chant des cigales,
cette rencontre et cette union intellectuelle
de la France et de l'Italie qui marquèrent
toujours pour ces deux patries comme
pour la civilisation du monde une heure
bienheureuse :
Benedetto sia'l giorno, e'l mese, e l'anno
E la stagione, e'I tempo, el'hora el'punto
E'1 bel paese, e'l loco ov'io fui giunto
Da due bcgli occhi che legato nrhanno !

« Bénis soient le jour, et le mois, et
l'année, et la saison, et le temps, et l'heure,
et le moment, et le beau pays, et l'endroit
où je fus joint par deux beaux yeux qui
m'ont enchaîné ! »
Ainsi chantait Pétrarque qui ne pensait
qu'à sa dame. Mais, transposez symboliquement les paroles du poète : Bénis
soient le jour, et l'heure, et le beau pays
où m'est apparue la face riante de la Provence, où la grâce de la France latine m'a
caressé et pour toujours enchaîné. La
Gaule latinisée par Rome avait connu jadis ce bienfait suprême de l'inspiration et
de la culture italiennes. Et quand les Barbares eurent inondé l'Italie et aboli la civilisation dans la péninsule, c'est en Provence et dans les villes de langage d'oc,

jusqu'à Toulouse, jusqu'à Bordeaux, jusqu'à Autun et Lyon, que persistèrent les
foyers de la pensée humaine. Notre Midi
français fut comme un reliquaire religieusement gardé par les cités et par les évêques, où demeurèrent les œuvres et les
souvenirs du génie antique. Et bientôt,
favorisés par une féodalité généreuse, par
des seigneurs amis des belles choses, fleurirent de toutes parts sur cette terre féconde des parterres de poésie, poésie passionnée ou sensuelle, ironique ou belliqueuse, chants d'amour ou cris de guerre,
la première littérature lyrique de l'Europe
chrétienne.
Vous savez par quelle catastrophe fut
arrêtée la floraison de cette civilisation
provençale et comment, aux jours lugubres
de la croisade contre l'Albigeois, tous les
parterres furent saccagés et les lys et les roses
noyés dans le sang. Mais, admirez cette
merveille : le dernier sourire de la Provence agonisante enchanta l'Italie. Tandis
que les troubadours exilés descendaient
les sentiers des Alpes vers la Lombardie,
et que beaucoup d'entre eux allaient frapper à la porte de l'empereur Frédéric II,
l'Italie, émue de cette grande misère, se
prenait à la fois de tendresse et d'admiration pour l'école poétique de notre Midi.
Les Siciliens imitaient naïvement les Provençaux qui chantaient toujours en langue
d'oc à Naples, à Palerme, à Lueera. Frédéric, Enzo et Manfred, ses fils, composèrent probablement en provençal. Les
Toscans suivirent l'exemple des Siciliens.
Dante da Majano écrivit deux sonnets provençaux, forme nouvelle et plus précise de
la can^one lyrique que Dante le Grand portera à sa perfection. Dante Alighieri disserte sur la langue d'oc et cite Gérard de
Borneil. 11 rencontre, dans l'autre monde,
en plein enfer, l'effrayant Bertrand de Born,
qui tient sa tête t. a guisa di lanterna,
comme une lanterne », et Arnaud Daniel,
âme dolente qui chemine en pleurant à travers le purgatoire :
Ien sui Arnaud, qne plora e vai cantan.

Mais je ne connais pas de scène plus
touchante que la vision de Sordello, l'Italien qui provençalisait, symbole pathétique
de cette union qui fondit presque en une
seule patrie poétique la Provence et l'Italie.
Comme Dante et Virgile traversent la région de l'expiation, une ombre les interroge sur leur cité natale. Déjà Virgile répondait : « Mantova ». Et l'ombre, qui
était toute repliée sur elle-même se dressa

�30

Lou

et vint vers lui du lieu où elle se tenait,
disant : « O Mantovan, je suis Sordello,
de ta ville. Et l'un embrassait l'autre :
O Mantovano, io son Sordello,
Délia tua terra. E l'un l'altro abbracciava.

Cette trinité fraternelle, Virgile, Sordello
et Dante, est l'image de notre vieux monde
latin et ces trois âmes sont au nombre de
nos plus grands ancêtres. La fête de Pétrarque, le plus parfait disciple des Provençaux, évoque de nouveau dans les deux
grands pays le souvenir de cette communauté de l'esprit, et je suis, messieurs les
félibres, le juste interprète de vos sentiments en saluant avec un profond respect
la terre de Pétrarque dans la personne d'un
noble ami de la France, Son Excellence le
comte Tornielli, ambassadeur de Sa Majesté
le roi d'Italie près du gouvernement delà
République française.

On applaudit cette savante harangue
en l'honneur de Pétrarque et du génie
latin, et l'on prête ensuite l'oreille aux
phrases aimables de Son Excellence l'Ambassadeur, qu'entendent à peine les auditeurs des premiers rangs :

Allocution de M. le Comte Tornielli

Mesdames, messieurs,
Les aimables organisateurs de cette belle
fête, lorsqu'ils m'invitèrent à y prendre
part, parce qu'on célébrerait les gloires de
Pétrarque, eurent garde de me dire queje
serais appelé à assister le savant illustre et
le brillant académicien nouvellement élu
qui préside cette réunion si distinguée de
poètes, de lettrés et d'artistes, et encore
moins que le programme me décernerait
l'honneur de prononcer devant vous une
allocution.
Je ne voudrais pas vous laisser penser
que c'est par l'effet d'une vanité qui n'aurait point d'excuse, que celui qui vous parle
après l'éminent maître dont le discours
éloquent et fécond vient d'être acclamé, a
accepté inconsciemment ce redoutable honneur. On commet des imprudences à tout
âge. Soyez-moi indulgents pour celle dont
je fais l'aveu en ce moment.

Viro-Soulèu

J'aurais pourtant dû me dire que la
gaieté, l'entrain, la verve sont les notes
dominantes du Félibrige et que ces notes
ne sont malheureusement pas les miennes.
Les études qui sont l'objet même de votre
joyeuse compagnie me sont presque étrangères.
Comment le souvenir de la part si vibrante prise en 1874 aux fêtes de Pétrarque à Avignon par un maître de la diplomatie italienne, le chevalier Nigra, n'a-t-il
suffi pour me suggérer l'abstention qui
aurait été conforme à ma nature et que mon
trop mince bagage littéraire m'imposait ?
Si la spécialisation, vilaine parole qui
signifie une des nécessités actuelles de la
vie, avait épargné dans quelques méandres
de mon âme un reste du souffle poétique,
la crainte, je dirai mieux, la certitude d'être
complètement1 démodé, me rendrait très
hésitant à m'en servir. J'ai appartenu à
l'école qui prisait l'art d'exprimer tour à
tour avec force et avec douceur, mais toujours avec clarté, dans un beau langage, de
nobies idées. L'usage de moduler les sonorités de la langue pour dissimuler le creux
ténébreux de pensées que les intitiés seuls
devinent, est né depuis que d'autres soucis et d'autres études ont occupé toute
mon activité. Je n'ai pas de fausse honte
à vous faire le candide aveu qu'en fait
d'imagination, les seuls exercices que j'ai
l'occasion fréquente d'observer, sont ceux
dont l'invention le plus souvent nuisible
de certaines gazettes embarrassent les plus
droits chemins.
Et cependant j'ai accepté de fêter avec
vous la mémoire de Messer Francesco
Petrarca parce queje me suis dit que vous
n'aviez pas voulu convier un lettré, mais
que vous aviez désiré avoir dans votre
reunion le représentant du pays qui s'associe au vôtre pour célébrer cette gloire
littéraire commune.
C'est que dans cette grande et belle figure du poète dont il a été dit qu'il fut le
dernier et le plus achevé des troubadours,
les aspects sont multiples. Chacun trouve à
en exalter le mérite sous des points de vue
différents.
Ce n'est pas de la place immense que
l'œuvre de Pétrarque occupe dans la fondation de l'empire des lettres que je me
propose de vous entretenir ; ni de la bibliographie des cinq cents éditions de ses Rime.

�Lou

Si i'étais
tentation
consiliis
Seniles,

Viro-Soulèu

médecin, peut-être céderais-je à la
de vous parler des quibusdam
médicinal que, dans le livre des
le plus grand idéalisateur de

l'amour, j'allais

dire

avec

Giusti « degli

inutili amanti il patriarca », s'étant fait
vieux, donnait à son ami l'astronome
Dondi pour suivre le régime que de nos
jours les végétariens ont mis à la mode.
Ne fût-ce que par l'association des idées,
si je m'intéressais aux dictionnaires, quelqu'un de vous serait probablement amené
à me demander, non sans quelque malice,
de définir ce que le verbe petrarquiser
vent dire.
Mais j'aime mieux vous demander, moi,
d'être de mon avis sur la simple remarque
que voici :
A une époque qui n'est pas encore très
reculée, une solennité pétrarquesque nous

3

darité que la communauté du génie littéraire crée et développe entre les peuples
de même éducation, de même culture et
de même race.
Laissez-moi, mesdames et messieurs, vous
remercier de m'avoir donné l'occasion de
faire devant vous cette simple constatation.

Après quatre discours et la lecture du
palmarès, on avait besoin de respirer.
Aussi Lucien Duc n'a-t-il pas voulu imposer au public l'audition de son ode sur
l'Alliance latine et, comme M. le comte
Tornielli ne pouvait assister, le soir, au
banquet félibréen, le poète s'est contenté
de lui remettre ses vers, que nous reproduisons ci après :

L'Alliance latine

aurait mis en face, vous et moi, pour nous
disputer jalousement la gloire de Francesco
Petrarca. Aux prétentions exclusives que
j'aurais établies sur les origines de la famille, la naissance, le couronnement au
Capitole, mais surtout sur la préférence

Depuis trente ans la France, avec mélancolie,
Attendait le réveil de sa sœur l'Italie :
N'était-elle donc plus fille de sang latin
Pour qu'on vît si longtemps sur la terre romaine
L'ombre qu'y projetait, de loin, l'aigle germaine ?
Le Rhin coulerait-il au pied de l'Aventin ?

donnée au nuovo gentil idioma dans
lequel se développa l'œuvre littéraire qui
a traversé sans vieillir près de sept siècles,
vous m'auriez opposé les quatre années
d'études et le diplôme de Montpellier, les
longs séjours d'Avignon, de Carpentras,
de Paris, le canonicat de Lombez, la retraite de Vaucluse. "Vous m'auriez dit que
Laure de Noves était française et que la
merveilleuse source d'où jaillissent plus de
150 mètres cubes d'eau par seconde et qui
inspira au poète une de ses plus belles
chansons, est située dans votre splendide
pays de Provence. Mais vous m'auriez ainsi

Nous avons vu son roi, sa gracieuse reine
Saluer, applaudis, la cité souveraine
Pour rendre un juste hommage aux Français généreux.
A l'accueil que leur fit la capitale en fête,
Ils virent que les cœurs s'unissaient à la tète
Et que l'événement les rendait tous heureux.

forcé à la réplique et je vous aurais dit à
mon tour que l'idéalisation de la femme
aimée est de tous les pays, mais que Laura
a été chantée en italien et que les riches
eaux de la fontaine de Vaucluse ne seraient
pas célèbres si elles n'étaient pas le chiare^
fresche e dolci acque delia cèlebre can^one.
Heureusement, nous n'en sommes plus à
ces disputes stériles. Nous nous unissons
pour célébrer la gloire commune de ce
vaillant champion des lettres qui appartient
à notre monde latin. Nous admirons, dans
l'influence et la durée sept fois séculaire
de son œuvre, la force d'un des liens les
plus anciens et les plus tenaces de la soli-

Non ! le peuple nourri par le lait de la louve
Est encore vivant ; ce peuple se retrouve
Et sent se réveiller son antique fierté :
Il s'est enfin tourné vers cette noble France
Qui lutta pour sa cause et pour sa délivrance,
Et vers le grand Paris son élan l'a porté.

La glace était rompue et les Alpes tournées,
Et chacun d'évoquer les brillantes journées
Où la France arrêtait l'Autriche à Magenta
On se remémorait la valeur piémontaise
Bien digne de s'unir à la fougue française,
Et leur élan commun, que plus rien n'arrêta.
Quand on a combattu sur les champs de bataille
Côte à côte et qu'on s'est montré de même taille,
S'il peut encore, hélas ! survenir la froideur,
Le moindre chaud rayon vient déchirer ce voile
Et, les regards tournés vers la commune étoile,
S'embrassent de nouveau les frères pleins d'ardeur !
Rome, à son tc»ur, a fait un accueil magnifique
Au courtois président de notre République
Et le royaume entier, par ses ovations,
A témoigné bien haut de sa vive allégresse
De voir se dissiper le vent de sécheresse
Qui nuisait aux rapports de nos deux nations.
C'est qu'elle a dans les cœurs des racines profondes
Cette fraternité des peuples que les ondes
De la mer azurée enserrent en chantant.
La France. l'Italie et l'Espagne, jumelles,
Sont faites pour s'aimer, se soutenir entre elles
Et servir de rempart au Progrès hésitant.

�Lou Vtro-Soulèu

34

Lesmonts pyrénéensontbeau dresser leurs faîtes,
Les canons ne sont pas menaçants sur leur s crêtes :
Entre l'Espagne et nous ils seraient superflus.
De même maintenant, sans le moindre artifice,
Puisqu'on va les franchir de Coni jusqu'à Nice,
On peut dire vraiment : les Alpes ne sont plus !
Ceux qui se sont surtout réjouis de l'entente,
Ce sont les successeurs de Pétrarque et de Dante,
Les Félibres, derniers tenants des Cours d'amour,
Eux qui s'en vont prêchant l'alliance latine
Par les affinités de race et d'origine
Et qui, des nobles us, souhaitent le retour.
C'est pourquoi nous avons choisi, pour cette an[née,
Un président d'honneur dont l'œuvre couronnée
A trait au beau pays qui fut berceau des Arts,
Et pourquoi, près de lui, notre drapeau rallie
Le noble ambassadeur de la Cour d'Italie :
Nous sommes coutumiers de ces heureux hasards !
Puisque pour le poète il n'est point de barrière,
Allez, mes vers, allez par delà la frontière,
Et puissiez-vous franchir le seuil du Quirinal
Pourporter notre hommage àcette auguste Reine
Qui nous semble allier la grâce souveraine
A la douce fierté d'un beau lys virginal !
C'est elle qui nous a gagnés par son sourire,
Car la bonté toujours exerce son empire :
Ce sont les cœurs aimants qui restent les vaïrj[queurs !
Aussi, de ce milieu si plein de poésie,
Je redis, comme aux temps de pure courtoisie :
« Heureux les souverains qui régnent sur les
[cœurs ! »
LUCIEN

DUC.

*

dispense d'entrer ici dans des détails qui
ne seraient que des redites.
En résumé, la fête fut charmante, mais
si bien remplie, que les demoiselles d'honneur n'eurent pas le temps de placer les
billets de souscription en faveur du monument à Félix Gras.
Nous espérons qu'elles s'en occuperont
activement d'ici au jour fixé pour la clôture de la souscription, le 2 novembre.
En quittant la Cour d'amour, le flot des
félibres et des méridionaux se dirigea
vers le parc de monsieur le Maire, où
Mme Château recevait les visiteurs avec
son amabilité coutumière et leur offrait
des gâteaux et des rafraîchissements.
Notre chancelier Marcel porta la santé
des amphitryons et but du même coup à
l'union des Sociétés méridionales de Paris;
puis, l'on se dispersa dans les allées ombreuses du parc, et Ulysse Boissier photographia en groupe les demoiselles de
la Cour d'amour.
Enfin, on s'arracha à ce séjour enchanteur pour se rendre au banquet, servi
cette fois dans la salle de l'ancienne
mairie. Malheureusement, ni les Présidents d'honneur, ni M. Sextius-Michel, ni
le Maire, ne purent y assister, et Lucien
Duc, qui présidait, fut, dès le début, indisposé par la chaleur, et dut céder la
parole à Georges Niel, à Marcel et à
Bonnet, qui se firent applaudir et donnèrent l'élan joyeux aux convives. Bientôt
tous s'éparpillèrent dans le parc, les uns
pour assister aux danses, les autres pour
voir éclater les pièces du feu d'artifice.
Ainsi se termina la fête, comme il convenait, sur un bouquet !. .

Cour d'Amour
Cette partie si intéressante de la fête
félibréenne offrait, cette année, un attrait
de plus, grâce aux vingt demoiselles
d'honneur qui entouraient la reine élue et
sa devancière de 1903, Mlles Bonnaud et
Chazalette, et qui transformaient la pelouse du parc en un vrai parterre de
fleurs animées. Les toilettes claires et les
visages souriants ajoutaient une note
poétique à l'animation de l'assemblée, où
nombre de dames se pressaient, tandis
que les messieurs faisaient cercle autour
d'elles ou déambulaient dans les allées,
après avoir écouté les artistes, professionnels ou amateurs, qui occupaient tour
à tour l'estrade.
Le programme tracé dans le n° de juin
fut suivi de point en point, ce qui nous

Nécrologie
Nous avons appris avec peine la mort, à
l'âge de 44 ans, de notre confrère Auguste
Marin, qui fut membre titulaire du Félibrige
de Paris etrédacteur au Journal, avant d'être
nommé directeur de l'Asile départemental
de la vieillesse, à Marseille, sa ville natale.
Auguste Marin est l'auteur de la populaire chanson Li Pescadou Sant-Janen et
de nombre d'autres poésies provençales
pleines de couleur et d'entrain. 11 publiait
chaque année avec succès VArmana marsihés, et, s'il n'a pas été félibre majorai,
c'est, à coup sûr, qu'il a-voulu rester indépendant, car Marin était une figure marquante du Félibrige marseillais. 11 est vrai
que ce n'est pas une raison...

Le Gérant : Marius
PARIS.

AMY,

249, rue de Vaugirard.

— Empremarié ielibrenco de Lucian Duc e Cie, i25, carriero dòu Cherche-Midi

C.J.D.O.
BÊZIERS

�Revues &amp; Journaux intéressant le Félibrige

— Revue Félibréenne, M. Paul Mariéton, directeur, 9, rue Richepanse, Pans.
—
—
—
—
—

Revue des langues romanes, Montpellier.
Romania, MM. Paul Meyer et Gaston Paris, directeurs; Bouillon, éditeur, Paris,
Revue de philologie française et provençale, L. Clédat, direc, Bouillon, édit., Paris.
Lou Félibrige, M. Jean Monné, directeur, 14, rue des Henry Marseille.
Lemouzi, Sernin Santy, directeur, 8, rue de la République, à Saint-Etienne.

—
—
—
—
-—
—

La Sarlan, M. Pascal Gros, directeur, Marseille.
La Terro d'oc, A. Sourreil, directeur, 15, tue Denfert-Rochereau, Toulouse.
La Campana de Magalouna, 33, rue de l'Aiguillerie, à Montpellier.
Lou Calel, Victor Delbergé, directeur, Villeneuve-sur-Lot.
L'Homme de bronze et le Forum républicain, à Arles.
La Revue méridionale, Achille Rouquet, directeur, Carcassonne.
La Province, revue mensuelle, 25e ann. L. Duc, direct., 125, r. du Cherche-Midi. Paris

— La Cigale, bulletin mensuel de la Cigale, 16, rue Pestalozzi, Paris.
— Lou Viro-Soulèu, gazette du Félibrige de Paris, 1, place de l'Odéon.
(Il reste encore quelques collections des années 1889 à 1903 (sauf l'année 1892), au prix
de 3 fr. sur papier ordinaire, et de 5 fr. sur papier de Hollande. — Ecrire au bureau
du journal ou à l'imprimeur, 125, rue du Cherche-Midi).

Ouvrages
— Lou Tresor dóu Félibrige, dictionnaire provençal-français, par Frédéric
Mistral. 2 vol. in-4°, chez Mme Roumanille, en Avignon . .
120 fr.
— Dictionnaire français-occitanien, par Lucien Piat, 2 vol. in-8-, chez
Hamelin frères, à Montpellier
24 fr.
— Long dóu Rosa e de la Mar, poésies de Sextius-Michel....
3 fr. 50
— La petite Patrie, discours et documents, par Sextius-Michel, 2 vol.
7 fr.
— Vido d'enfant et Lou Varlet de Mas, par Batisto Bonnet, 2 vol.
7 fr.
— Marineto, poème de Lucien Duc, avec illustrations
6 fr.
— Li sèt rai de moun estello, poésies de Lucien Duc
2 fr.
— Tarascon par un Tarasconnais, par J.-B. Amy
3 fr.

En souscription :
LI SOULEIADO, œuvres choisies des Félibres de Paris, un vol. in-8 raisin
Sur papier teinté ou simili-japon

6 Ir.
7 50

' MEÔAIOUN FELIBREN, sonnets provençaux de LUCIEN Duc, peignant les principaux félibres de Paris et de Provence, avec portraits à la plume par Bénoni
Auran, Cornillon, Louis Prat, Roux-Renard, Wagner-Robier, etc.
Prix. . .
3 fr. 50, i fr. 50, 5 fr. et 8 fr.

�LE MIDI GASTRONOMIQUE A PARIS

I.

—

Produits

CORNAILLE,

du

Midi

12 rue du Havre

Arrivage de morue à la brandade, delà Grille de Nîmes, trois fois par semaine en hiver
Are. TURIN, 57 Faubourg Poissonnière
Huile de Provence, Vins du Midi, Pois-chiches, Produits des colonies.
HÉDiARD, 21, place de la Madeleine
Comestibles du Midi.
ERNEST BERTRAND,

à Châteauneuf-du-Pape (Vaucluse)
Grand vin des Félibres

II.

—

Cuisine

VOLTAIRE, 1, place de l'Odéon
Brandade et bouillabaisse le vendredi
Cassoulet et Aiòli
Restaurant LAVENUE, 70, boul. Montparnasse
lundi : Cassoulet ; vendredi : bouillabaisse
Restaurant ROBERT, 39, boulev. St-Michel
Cassoulet le jeudi, Bouillabaisse le vendredi
CAFÉ-REST

Imprimerie

LUCIEN

Duc et Cie,

125,

méridionale

Restaurant du GRAND U, rue Richelieu, 101
Cassoulet, le lundi
On trouve le Cassoulet le mercredi,
et bouillabaisse et brandade le vendredi
Restaurant CÉSAR, boulevard Poissonnière
»

BRUNEAU,

»

NOTTA,

»
«

rue du Cherche-Midi, Paris.

-

»
»

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              <text>Lou Viro-Soul&amp;egrave;u (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/13127"&gt;Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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