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                  <text>Prix : 30 centimes

�Informations
Les Félibres de Paris ont décidé de tenir une séance supplémentaire le dimanche 12 février, à deux heures de l'après-midi, afin
d'avoir le plaisir de serrer la main à leur cher Président, M. Sextius
Michel, à qui la Faculté ne permet pas de sortir dans la soirée.
Si ces réunions du dimanche étaient goûtées, on verrait à les renouveler mensuellement, pendant l'hiver.

Prière aux sociétaires d'indiquer à l'imprimeur tout changement
d'adresse.
Le recueil de 1904 étant peu volumineux, nous le réunirons à celui
de 1905, pour en faire un volume. La pagination sera donc continuée
et la table ne sera donnée qu'en fin d'année.

Numéros

gagnants

de la Tombola gratuite offerte aux souscripteurs au monument de Félix Gras

1.455

2.082

1.947

612

843

1.714 296

2.349 364 2.418

2.331

1.664 1.332 286

632 2.256 1.858

1.341

441

2.560

1.578 1.059

2.923 8 2.273

2.486 1.154 274 2.443

645 480 228

1.047

2.024

17

1.680

2.144 54
316

1.385

2.207

2.945

1.647

2.346

2.1"26

56

2.937

2.748 2.852 869

281

208

1.870 82
1.166

1.017 827

2.343

1.131

1.169

1.270

1.001

2.226

351

250

847
654
563
1.826

1.270 410.

Les lots non réclamés sont à la disposition de ceux à qui ils sont
échus.

�C.l.0.0.
BfZlERS

BANQUET EN L'HONNEUR DE CÉSAR GOURDOUX
l'occasion de son 80me anniversaire

à

Fin une fête intime et empreinte d'une
cordialité d'autant plus vive, les Félibres
de Paris ont célébré, le 16 novembre, dans

qui, moins heureux que leurs

collègues

présents, ne purent assister à cette fête,
et les discours prononcés.

les salons du Café Voltaire, le 8ome an-

Mais il est une chose que notre plume

niversaire de leur vénéré doyen, M. Cé-

ne peut rendre, que nulle phrase ne sau-

sar Gourdoux.
Bon nombre de nos collègues s'étaient

rait assez

fait un devoir de venir apporter à notre

gnit tous les cœurs, à la vue de

ami le témoignage de leur profonde sym-

Gourdoux, vaincu

pathie et l'assurance de leur respectueuse

d'affection

affection.

lui fut offert

s'abandonnant tout entier à sa sensibilité

donnait l'illusion d'une belle et imposante

et versant des larmes de joie, lui que le

fête familiale où les jeunes, fils et petits-

malheur n'a pu abattre.

Le banquet qui

fils, groupés autour de l'ancêtre, étaient

clairement exprimer :

c'est la

profonde et bien douce émotion qui étrei-

qui

lui

César

par les témoignages
étaient

H.

prodigués,

BABOU.

heureux de profiter de cette occasion pour
oublier un instant l'inéluctable séparation

Lettre de M. Sextius-Michel

qu'impose l'existence, et réchauffer aux
sources vives leur amour pour la petite
patrie, leur culte pour ceux qui ont contiibué à rendre cet amour plus grand.
César Gourdoux est, en effet, l'un des
premiers pionniers de l'œuvre félibréenne.
Malgré ses 80 ans que nul ne saurait deviner, malgré

la douleur d'avoir vu dis-

paraître tous ceux, ou à peu près,
combattirent avec

lui aux

heures

qui
diffi-

ciles, il a su garder dans son cœur le feu
sacré d'une jeunesse enthousiaste, et son
esprit, qu'un labeur absorbant n'a pu un
instant émousser, fait et fera longtemps
encore l'admiration de ceux — et ils sont
nombreux — qui tiennent à honneur de
l'aimer.
Il serait trop
sentiments

long d'analyser ici les

de vénération, de

gratitude

pour l'œuvre accomplie, que les Félibres
de

Paris

professent à

l'égard de

leur

doyen. Nous nous bornerons simplement
x reproduire les lettres d'excuses de ceux

Bien cher et excellent confrère,
On célèbre, ce soir, votre 80e anniversaire, et je ne pourrai pas y assister, les
sorties du soir m'étant rigoureusement interdites.
Je n'ai pas besoin de vous dire combien
je le regrette.
Notre aimable vice-président Lucien Duc,
que je viens de voir, veut bien se charger
de m'y excuser. Il vous dira tout le bien
que nous pensons de vous.
Je tenais, néanmoins, à venir vous apporter, avec mes félicitations confraternelles, mon salut le plus cordial.
Ai-je besoin d'ajouter que ma pensée et
mon cœur ne quitteront pas, ce soir, le
Café Voltaire, et s'uniront à tous les témoignages d'estime et de sympathie qui vous
seront prodigués ?
Je vous embrasse, et je salue de tout
cœur vos beaux quatre-vingts ans.
Votre confrère et ami bien dévoué
SF.XTTIUS-MICHEL.

�Loti

Vire-Soulèu

Lettre de M. Maurice Faure
Mon cher Président et ami,
La politique a de bien regrettables exigences: les devoirs qu'elle m'impose à
l'égard des délégués drômois venus à l'occasion des fêtes franco-italiennes, ne me
permettront pas d'assister, ce soir, au banquet fraternel où seront célébrés les 80
ans de mon vieil ami César Gourdoux.
J'en suis désolé, mais je tiens à être au
milieu de mes confrères du Félibrige parisien par la pensée et à vous dire combien
est digne d'être fêté le bon poète cévenol,
le fidèle enfant d'Alais, qui, il y a plus de
soixante ans, enflammé de l'amour du pays
natal, était le confident et le jeune collaborateur d'un illustre précurseur, le marquis de La Fare-Alais.
C'était l'époque où Jasmin glorifiait la
langue maternelle en lui donnant un incomparable éclat et accomplissant, dans
toute la France méridionale et jusqu'à
Paris même, un véritable apostolat pour la
renaissance du parler des troubadours.
Gourdoux a eu le bonheur d'être le modeste mais ardent auxiliaire de cette œuvre
patriotique, qui fut comme l'aurore de notre
Félibrige, dont il est le doyen aimé et
vénéré.
La Société félibréenne de Paris le compte
parmi ses fondateurs : il était au premier
rang des enthousiastes qui inaugurèrent les
réunions félibréennes en 1878 au Café des
Négociante, en 1879 au restaurant provençal
de la rue Dauphine.
Depuis ces temps lointains, sa foi félibréenne n'a pas faibli un seul instant.
Honneur à lui, et puisse-t-il vivre longtemps, bien longtemps encore, comme un
exemple pour les jeunes générations méridionales, qui devraient avoir à cœur d'incarner, en des hommes tels que celui-là, le
culte du pays natal et l'amour delà patrie.
A vous, mon cher Président, à vous tous,
chers amis félibres, du fond du cœur.
MAURICE FAURE.

Lettre de M. Joseph Loubet
Brave mèstre Gourdoux,
M'ère aproumés, senoun de tauleja emé
li bon coulègo que festejon vostè aniversari, au mens de pas manca de veni vous
traire mi felicitaciouu avaus la fin de la
vesprado.

Ai las ! fau pas coumta sènso l'oste ; ma
manideto es malauto, siéu dins lis ànci e
tre que vau èstre dintre amoundaut, au
Mount-Martre, me sara plus poussible de
davala.
Reçaupès, brave e car Mèstre, bon paire
de YEstello santo, emé mi coumplimen
respetous e courau, l'asseguranço de mi regrèt li mai prefouns.
Avès quatre cop vint an, sias quatre fes
jouine. coume vous diran mai d'un ; mai,
de-segur, que save gaire de brave e bon
cepoun raiòu, fidèu à sa terro nadalo, à la
Patrio e à la M uso, dóu même biais que
mèstre Gourdoux.
Es pèr acò que vous prègue de me crèire
de cor emé tóuti li bons ami que vous
amon e que soun mai crespina que iéu, e
d'agrada Tournage de ma mai respetouso e
fervourouso afecioun en Santo Estello.
E vèngue tard lou centenàri.
JousÈ

LOUBET.

Discours de M. Lucien Duc
Mes chers Confrères,
qui nous réunit aujourd'hui
autour de cette table est assez rare pour
que nous soyons tous heureux de le célébrer.
Fêter un octogénaire aussi robuste de
corps, aussi alerte d'esprit et aussi chaud
de cœur que notre vénérable doyen César
Gourdoux, n'est-ce pas nous rajeunir en
quelque sorte nous-mêmes ?
N'eSt-ce pas aussi faire œuvre félibréenne
en montrant la puissance de la tradition,
car c'est à l'observance de la vie simple et
rustique du bon vieux temps, où une ambition démesurée ne rongeait pas les cerveaux, où les coeurs battaient plus librement, que notre ami Gourdoux, à n'en pas
douter, doit sa verte vieillesse.
Si je voulais employer une métaphore
plus poétique quejuste, je dirais, mon cher
doyen, que les années n'ont eu pour vous
que des printemps, et que les hivers n'ont
pas neigé sur vos épaules !
Et voyez, comme pour vous le prouver,
les dames sont venues à cette fête, pour
vous faire une auréole de jeunesse et de
poésie !
Hélas ! qui n'a pas ses hivers en ce
monde ? Vous avez eu les vôtres, sans nul
doute ; mais votre douce philosophie de
nature, faite de la rectitude de votre esprit
et de l'excellence de vos sentiments, vous
L'événement

�Lou

Viro-Soulhi

a fait passer au travers des vicissitudes de
la vie sans y laisser ni cette belle vigueur
que nous admirons en vous, ni cette sérénité d'âme qui vous désigne à tous vos
confrères comme un modèle à suivre.
Oui, chers félibres, prenons Gourdoux
comme modèle !
Dès sa jeunesse, il a appris à aimer sa
langue maternelle, en s'inspirant des leçons
du marquis de La Fare, ce précurseur cévenol de nos grands félibres et, depuis, venu
au sein de la capitale et entré dans l'Administration, où il fut toujours un employé
ponctuel et consciencieux, il a été, on
peut le dire, le plus assidu de nous tous
aux réunions du Café Voltaire.
Aujourd'hui qu'il a pris sa retraite, nous
ne le voyons plus tous les mercredis, et il
nous semble vraiment qu'il manque quelque
chose au décor de notre salle : nous étions
si habitués à le voir dans son coin favori,
parcourant les feuilles méridionales avant
la séance, ou prenant part au traditionnel
colombin — si décrié par quelques-uns, et
qui, pourtant, soutient seul la périodicité
de nos réunions durant les mois d'été ! —
Une fois la sesiho ouverte, nul n'est plus
attentif que notre doyen, et il ne se mêle
à la discussion que pour y apporter sa
note de bon sens ou pour rappeler les esprits trop aventureux à la réalité des choses.
Qu il soit parfois un (brin pessimiste, je
vous l'accorde : mais combien sage, avisé
et prophète la plupart du temps !
Notre sympathique collègue a pourtant
deux passions — oh ! bien douces ! — la
pêche à la ligne et la pipette ! Et s'il peut
chez nous, faire tuba à volonté — sauf à
côté d'une dame — la Seine ne pouvait
lui offrir dans Paris un coin tranquille où
il pût jeter l'hameçon. C'est pourquoi il
s'est retiré non loin de Poissy, dans un
endroit qu'il trouve délicieux et où il fait
des pêches miraculeuses !
Après une existence si bien remplie, et à
son âge, on est bien en droit de s'abandonner à ses goûts les plus chers : aussi,
ne chicanerai-je pas notre ami à ce sujet
bien certain d'ailleurs qu'une fois la belle
saison revenue, il ne laissera guère passer
de mercredi sans venir reprendre sa place
parmi nous.
Et ce m'est une occasion d'engager les
tiedes à en faire autant, car il en est,
parmi les nôtres, qui n'ont pas l'excuse de
l'éloignement et qu'on voit trop rarement
à nos séances. Ainsi que l'a écrit récemment
Mistral, il ne suffit pas de se dire félibre:
il faut pratiquer sa foi félibréenne.
/

35

Allons, chers confrères, un peu de zèle,
ou plutôt un peu de dévouement à la cause
méridionale : nous ne devons pas venir ici
pour y rencontrer tels ou tels personnages,
mais bien pour y parler du pays natal et
de ses gloires, pour étudier sa littérature,
entendre résonner sa langue harmonieuse
et pour nous réchauffer enfin aux rayons
de cette Etoile mystique qui personnifie
pour nous la famille félibréenne et la petite
patrie !
En terminant, et pour en revenir à l'objet
de cette fête intime, que nous recommencerons l'an prochain en l'honneur de notre
vénéré président Sextius Michel — qui
aura, lui aussi, ses quatre-vingts ans — je
lève mon verre à la santé et à la vaillance
de César Gourdoux.
Et longtemps encore puissions-nous dire
de lui :
Emai ague sa pipo, es countènt coume un rèi !

Discours de M. Baptiste Bonnet
Dins l'antiqueta, li mouine, coume tóuti
lis ome que faturavon lou même art e fasien lou même mestié, se disien de la mémo
famiho. Es ço qu'a fa dire à Lamennais :
« Le genre humain forme une grande
famille dans laquelle les aînés tendent la
main aux plus jeunes pour les élever à
eux. » — Sainte-Beuve nous dis : « Un
régiment est une famille, et le rôle de colonel, conçu dans son véritable esprit, est
l'un des plus beaux à remplir. » Se dis la
famiho di Scipions, la famiho di Fabiu»,
la famiho dis artisto, e iéu vole, paire Gourdoux, vous saluda au noum de la bello famiho felibrenco de Paris, touto urouso de
vous festa, dins vòsti bèu 80 an, touto fiero
de vous aguedre pèr decan, tant vôu dire
coume un grand, coume un paire.
l'a seissanto an, alor que lou Félibrige
èro encaro dins li boutèu de l'ingenious
Roumaniho, qu'à la modo di Jasmin, di
Daveau, di Verdié, di Lafaro e di Bigot,
bandiguerias vòsti proumiéri cansoun.
Ah! n'aguerias pas besoun ni d'Escolo e
ni de Mantenènço pèr crida vòsti cant d'amour e de liberta ! Erias nascu pouèto patoues ? siegue, mai pouèto.
Pouèto coume li Boulard, d'Uzès ; pouèto
coume li Revertegat, de Marsiho ; coume
li Fraisse, li Jouve, li Biesse e coume tant
d'autre qu'en cantant dins la veritablo
lengo dôu pople, fasien rire e ploura de
joio touto uno poupulacioun entousiasto,

�Lou

36

Viro-Soulèu

qu'en li seguissènt li noumavo pèr si nou m
e lis aplaudissié dins uno trefoulisoun tant
grando, que nautre, enfant, n'en badavian
la dragèio.
Ah ! lou bèu tèms qu'èro aquéu ounte
Jasmin, pèr si bèlli trobo, fasié courre em'
éu tout lou mounde au teatre, ounte li Revertegat, li Fraisse, li Jouve, emé sicansoun
patoueso emplissien li salo de crid, de cacalas, enjusquo dins la carriero, ounte
Boulard cantavo sus li plaço publico :
Veici la sesoun de l'autouno,
Veicî la sesoun dóu rasin :
Fau coumenç' à se metre en trin
A prepara nósti besougno ;
Au vin nouvèu ié fau de bon tounèu,
Fau pas qu'acò fague vergougno,
Fau remassa canéli, caneloun
Per metre au vin quand fai besoun.

Ere pas pu grand qu'acò, paire Gourdoux,
qu'embé mi cambarado, en anant is airo,
à pèd descaus, à tèsto nuso au soulèu, cantavian encaro aquesto :
Quand la Republico
Douno de coulico,
A tout ço que viéu
Dóu jo de l'arpiéu.
REFRIN

Anen, campagnard, dòu dimènche carguen la vèsto
Fer ana lesta
Lou bèu jour de la liberta ;
Car Paris, aquest jour,
Nous lou mando pèr toujour ;
Lou canten,
Lo'l festen.
Li tiran an fa lour tèms !

Dempièi, ai après qu'aquelo cansoun,
ounte boufo un èr de joio e de recounouissènço en l'ounour de Paris, èro vostro !
Es à vous dire, paire Gourdoux, se siéu
urous, en aquest jour, à l'ouro que de pertout s'ausis dire que la famiho s'envai, que
i'a plus de respèt pèr li vièi, de veni, iéu,
l'un de vòsti cadet, vous adurre, au sen
d'aquesto acampado famihalo, moun testimoni d'amista, d'amiranço e d'afecioun
couralo.

Discours de M. Eugène Garcin
Brinde à moun peirin Gourdoux
Blinde au Vieiounge
— « Acò 's plus fort que iéu, tron de
milo ! li gènt qu'âme forço, nonn pode me
teni de li tuteja, »
Ansin me parlavo, en m'embrassant, veici
uno mesado d'acò, l'arderous e suau Batisto Bonnet.
Hòu ! iéu peréu, o moun brave César
Gourdoux, emai fugues l'un de mi peirin
au Félibrige de Paris e moun mage de sièis
annado, emai fugues tant que se pòu mé-

ritons de moun amanço e de moun respèt, noun pode m'empacha de te dire tu.
Acò s'armouniso tant bèn emé l'engèni
de nosto Lengo ! Es-ti pas la sorre de la
Grègo e de la Roumano, que sèmpre bandisson lou tutejamen i patriarco, cepoun
di famiho e di tribu, i rèi o i grand ciéutadan, capoulié di nacioun, i Dieu enfin,
venera coume capo de l'Univers?
O Lengo de nosto Prouvènço, à l'eisèmple
de tis einado ilustrissimo, siés tutejarello
autant que freirenalo, siéslibro autant que
respetouso. Eh bèn, m'agrado ta parladuro,
en aquesto soulenno e familialo sesiho,
ounte celebren, tóuti galoi, un bèl óutougenàri.
E pièi, vers tu, uno autro prefoundo resonn me gandis : estent que fuguères la
lengo de nosto enfanço, siés naturalamen
la lengo de noste vieiounge.
— Macarèu ! me crido subran uno voues
mens galejarello que trufarello, alor siés un
masc, tu qu'as la pretencioun d'uni dos
causo mai-que-mai diferènto e bescarello e
discourdanto : la jouventuro e la vetusta !
Un tau matrimoni sarié plus miraclous
que lou dóu Papo e dóu grand Tur ! Ai !
de ta tèsto, paure sounjo-fèsto !
E vaqui coume escalustron un vièi felibre
filousofo quauque bèu drôle de vint an e
galanto chatouno de quinge.
Bel âge d'innoucènei ! Que vos, o Gourdoux ? Li jouine podon gaire sabé. Leissen-li viéure longo e longo-mai, e d'à
mesuro qu'escalaran li planestèu, caumo e
mourre de la vido vidanto, aperamount
veiran s'esvali forço nèblo, li nèblo de l'ignourènei, e s'auboura de rai trelusènt, li
rai de la sapiènei, qu'es l'apanage dóu
vieiounge.
O, — e eici, ges de sourcelarié — lou
vieiounge jouis dóu privilège d'èstre, dins
sa propro esperiènei, lou veritable troubadour e bon sapiteur d'uno prefoundo lèi
de la Naturo : la lèi que nous crido l'acourdanço entre li dous âge estreme de l'orne.
Pèr un segne-grand es barrado l'acioun
sus l'aveni. Mai, davans éu, en même tèms
qu'espelisson de claro prevesioun futuro,
se duerbon à brand, coume un tresor merevihous, li souvenènço dóu passat.
Or, ço que resto lou miés empremi dins
soun cervèu, cujas bessai qu'es tout-bèujust lis evenimen li plus proche e lis embroi que, dins l'âge oumenen, ié dounèron
lou mai de bate-cor ?
Nàni, nàni ! Forço patri patra e pachinpachan que soun vengu, bourrin-bourran,

�Lou Vtro-Souìèu
se traire dins sa vidasso de malur, s'escafon
quasimen de sa memòri. E, pièi, coume
sis iue, soun amo ari besoun d'uno santorepausolo sus de tablèu mens sourne, tè ! tè !
ço que, dins la pensado de l'aujòu, se reviéudo subran emé lou mai d'abelu e de
drudesso, es lou tèms que seguissié l'escolo
de-long di bouissounaio, en manjant d'amourro e curant de nis.
La passioun de l'enfant pèr la vido au
grand aire, es que dévié empacha que devenguèsse felibre ? Couquin de canèu ! bèn
lou countràri ! E quouro, o moun brave
Gourdoux, faguères lou rescontre dóu célèbre e bon fabulisto qu'ai agu I'ur de
vèire, en 1853, toun car e vièi ami lou
marqués de La Faro-Alès, toun amour pèr
la lengo nativo s'enracinè tant founs, que
rèn jamai a pouscu lou derraba.

Ah ! counèisse, iéu peréu, Temperi soubeiran di coumpagnoun de jouinesso. Tambèn, o mi bèus ami de Font-Segugno, en
despié de la mort qu'à-de-rèng vous a
sega quasi tóuti, vosto pensado, de mai en
mai, es vivènto dins ma pensado. Ensèmble
s'endormon la niue, ensèmble se revèion
lou matin. E d'acò, res pourrié s'estouna,
d'abord que fuguerian fraire d'esperit e de
cor. Me dounère tout à vautre, vous dounerias tout à iéu ; e, coume la flour s'espandis souto la douço eigagno e lou soulèu
risènt, de voste fres e caud engèni m'es
vengu l'espandimen de l'amo.
Mai caven plus founs: la flour a un perou, lou pecou repauso sus uno tijo que
la racino alimento ; caven jusqu'à laracino.
Aqui, tout ome pòu reçaupre la claro
vesènço, la pleno counsciènci dis istint, di
sentimen qu'an servi de baile, de gouvèr à
sa longo vido; aqui ves la sorgo qu'a toustèms avena sa naturo. E d'ounte regoulejo ? De la famiho.
S'atrobo dins talo leiçoun e tal eisèmple
dóu paire baiant au pichot la simpleta, la
drechuro, lou crusige e lou courage de
soun propre caratère, s'atrobo dins li paraulo, li caranchouno, li siuen de la maire
proudigant au nistoun soun cor, emé tout
ço que gisclo dóu cor.
Doun naturau qu'avèn reçaupu de nòsti
parènt e qu'éli tenien de raço, soubro preciouso, saut relicle de nosto umanita, es
vautre que dounas nouvelun, rejouvenimen
à noste vieiounge.
Ansin, li dous âge que sèmblon li plus
liuen, li plus countràri, soun aquéli que se

37

raprochon lou miés e lou miés se tocon la
man.
Mai, sacrebiéu ! anen pas crèire que se
ressèmblon e s'assèmblon dins la mémo feblesso o flaquiero j anen pas nous imagina
que, esperitalamen autant que courpouralamen, lou vieiounge es la fatalo revengudo,
Tóubligatòri retoumbado en enfanço e dins
uno enfanço que n'a d'autro espèro que la
mort.
Segur, merito bèn aquelo astrado lou
gousto-soulet, assourbi dins soun vèntre,
sa bourso e soun ourguei. Que cabusse de
l'agroumandimen dins Tagroumoulimen de
la matèri, aquéu rebufaire de touto obro
generouso ! L'ome de pensado, Tome de
cor s'es prepara un autre destin.
Cregne que la vieiour vai lou muda en
moumìo r Ah ! lou bedigas qu'ausarié afourti
aquelo croio de couioun, digo-ié que vèngue
en aquesto sesiho felibrenco, o bèu César
Gourdoux, e dau ! dau ! aubouro-te davans
sa minasso de tantalòri, 'mé ta caro ravoio,
'mé tis iue beluguejant coume d'uiau ; fai
qu'ausigue ta voues auto e clarinello ; bèn
miés, entouno toun inné poupulàri : Estello
santo! que tóuti ié faren corus : quatecant,
tremuda, esbléugi d'espantamen, lou paure
drôle s'escridara à soun tour : « Boudiéu !
coume es jouine aquéu vièi óutougenàri ! »
O, siés jouine, o Gourdoux ! perqué i'a
dins toun pitre ço que coungreio l'inmourtalo jouvènço : l'amo, uno amo simplo,
franco, uno amo d'enfant, touto pastado
de resoun, de braveta e de tendresso.
Fuguè Tispirarello de ta pichouno istòri,
Vauceloun toumba dou nis. Qu'enchau
se, aperalin, en Lengadô, de tipougrafo
massaquèron quàuquis-un de ti vers ? Empremèire de trio autant que felibre d'elèi,
noste Lucian Duc n'en deguè rebouli. Iéu,
noun ! Mis iue s'arrestèron pas en aquéli
parpello d'agasso, mis iue que Tesmougudo
rendié gounlle de lagremo.
E pièi, o Gourdoux, as gaire sounja à
èstre un ome d'art, e l'art mescla d'artifice
noun sarié toun lot. L'engano e tu, sias
coume gàrri e cato-miau. As lou cor sus
la man. Basto ! siés un ome. Acò 's tout,
car uno soucieta ounte lis ome defauton
n'a plus rèn d'uman, es uno sauvajarié.
Se lagnen pas trop : d'ome n'en isto
encaro. Regardo tóuti aquéli acourregu,
eiciio, aqucste vèspre, pèr te festeja e te
venera, o mage dóu Félibrige parisen !
E li brinde pèr tu, o pouèto, s'adrèisson au
Vieiounge, que n'en siés un noble simbèu.
Lou Vieiounge !.. Ah ! lou sabe que trop :

�Lou

38

Yiro-Souliu

vuei, uno tirassuegno de gènt cavihous,
fdousofo de Ma Grand-Ia-Bourgnasso, s'aubouron, s'eigrejon e presicon i generacioun
nouvello un Evangeli tout nouvèu.
Quinte es aquelo nouvèuta ? Es que fau
nous aplanta, amiratiéu, davans elo ? Ai !
las ! escampo mai-que-mai d'amarun,
e
noun vole que lou mendre degoulet n'en
giscle dins aquesto douço e gaio coumpagnié. O l'estranjo nouvèuta que nous es
pourgido ! De-reculoun nous radurrié tout
die au tèms di primitivo caverno, avans
l'espelimen de la famiho, quouro l'enfant,
incapable de bèn counèisse soun paire, bèu
mens encaro aprenié à clina soun front davans lis aujòu, pàuris atrantôli voua souvènt
au sacrificadou.
A-rèire, à-rèire, aquéu sourne tablèu !..
L'orne viéu plus encafourna dins li caumo.
S'es enanti vers li plus àuti civilisacioun.
E sabès ounte trobo soun pedestau e soun
escalo ? Dins l'esperiènci, la sciènci, la
sapiènci di rèire.
Vaqui perquè li pople li plus civilisa se
destrion pèr soun culte envers lis ancian.
Encò de nòsti paire de l'Indo, de la Grèço
e de Roumo, soun restountissènt e resplendissènt de veneracioun li mot que designon
li vièi : Arya, Presbyteros, Senex.
I vièi, lou presidiau dins lis acamp de
famiho e li fèsto naciounalo ; i vièi, l'autourita dins li counsèu ; i vièi, la supremacio dins lis afaire publico, lou jujamen
dins li pretòri, enfin lou sacerdôci e peuntificat dins li tèmple di Dieu.
Tenès, mis ami, intren un moumenet au
Museon de l'Istòri, talamen vaste, que lou
beu « Museon Arlaten » ié dansarié dedins. Espinchen la longo renguiero, l'agusto
proucessioun di persounage que s'alandon
e s'espandisson eicito.
Es li grands ome, es li benfatour de
l'Umanita. N'en fan la glòri, étant enauron
soun amo en de sublime estrambord, tant
enausson la nostro à la mémo auturo.
L'antiqueta n'eu fagué de Diéu. Mai éli
— se soun grands ome de bèn verai —
noun se creson d'uno autro grano que lou
rèsto di mourtau. E, coume an lou simplige
d'un entant, poudèn, sènso cregne que cabusson dins l'ourguei, faire mounta vers

forço porton uno courouno, qu'es d'or,

o

de lausié, o de roure, courouno de soubeiran o de pouèto, o de guerrié, simbèu
dóu poudé o de l'engèni o de l'erouïsme.
Mai — entre-signe bèn remarcable — quasi
tóuti porton uno autro mémo courouno. . .
de péu blanc,
Es dounc quàsi tout de rèire, e se pou
dire que lou Museon de l'Istòri es l'oustalarié englourianto dóu Vieiounge.
— « Sacrebiéu ! s'esclamon li disciple de
la filousoufio nouvello. aquéli segne-grand
fuguèron pamens juvenome, n'aguèron pas,
touto sa vido, blanco capeladuro. E pièi,
sis obro li mai bello, li mai pouderouso,
lisengendrèron dins soun tèms fegoundaire,
au plus bèl âge de l'orne, amor que s'apello
âge oumenen. Perqué dounc li pourgi toujour rèn que dins l'âge amaluga, l'âge
passi, l'âge de risèio, ounte l'orne enfanto
plus que de petourlo, ounte lou bèu mascle
d'antan n'es qu'un esquerinche masclun ?
« Ah ! nous baio uno drolo de leiçoun
d'energio, lou Museon de l'Istòri ! I joui no
generacioun, au liò de ié clama : « Ardit !
En avans ! » ié douno aquésti mirifi counsèu : « Que li vieiassous impoutènt fugon
vòsti soulet moudèle. N'avès plus qu'à bada
mouri ! »
— « O margoulin ! respond subran uno
voues fernissènto, la voues dóu brave Gourdoux ; o margoulin, que tant mescujas e
mespresas lou vieiounge, coume! vosto
forto cabesso noun saup capi, dins sa simplesso, aquel ensignamen de l'Istòri ?
« La grando educarello dis ome», ansin
adeja Ciceron la noumavo, quouro a vougu
retraire lou plus fidelamen li bon gèni de
nosto Umanita, a chausi — e pèr boni resoun, — lou tèms que fuguèron segne-grand.
D'abord, es la darriero formo e figuro e
pousturo qu'afichèron davans si countempourau. E acò es devengu, acò rèsto, is iue
di foulo, lou tipe counsacra. Lou pople
n'en vòu pas counèisse d'autre.
Un merle blanc au pintre o escrincelaire
capable de nous plounja dins l'amiracioun
davans un Oumèro que sarié pas lou vièi
Oumèro ? Tè ! nouvelamen, d'escultour
aguèron lou refoulèri d'auboura sus de
plaço de Paris, eici, un jouine Voltaire,

s'envolo

eila, un jouine Victor Hugo.
— « Quau soun aquésti nouvèu gènt

vers lou vieiounge ; car, relucas bèn la
longo miroundelo di bléuge persounage :

ilustre ? » demandèron li passagié. Ié sufiguè de legi lou noum pèr vira lou quiéu,

eli noste encèns, noste culte.
Or, aquel encèns, o meraviho !

�Lo't
en disent : « L'artisto a belèu vougu nous
couiouna, mai es éu que bougramen se
couiouno ! »
Segur, se pourrie charra plus poulidamen.
Mai lou pople a resoun de preferi lis image
tradiciounalo, e resoun de voulé mira lis
àvi dins soun vieiounge.
Aquel âge, nonanto-nòu cop sus cènt&gt;
asseguro la franco representacioun, lou fidèu
resumit de touto la vido d'un ome. Aqui,
chascun desvelo lou fin founs de soun amo,
emé si deco e si qualita, si vice e si vertu.
Ansin encaro, la vieiessorapello l'enfanço.
En tóuti dos, même espandiraen invoulountàri de nosto naturo.
E pamens lou sang boulis plus tant viéu
i veno dóu vieiard; dins éu, fan plus Temperi li passioun que, trop de fes, emporton,
avuglon la virileta. Li veici que s'apaison,
s'endormon. Après lou tèms de brefounié
e de doulour, veici lis ouro de calamo e
de soulàmi ; après lis àspri batèsto, la douço
jouïssuro ds la pas.
Autre presènt, mai precious que l'or :
enterin que lis iue de la tèsto soun devengu
presbito, lis iue de Tesperit lou devènon
peréu. Quouro, arribant au trecòu de l'eisistènci, la pensado regardo de bèn plusaut,
descuerbe bèn plus liuen, reçaup li vesionn
li mai prefoundo e souvènt proufetico.
Enfin, se Tinteligènci pèrd un pau de sa
vivacita, dóu mens gagno tout soun ampliïn, De mai en mai s'aprocho di verita li
plus sublimo, coume di plus suavo esperanço, esperanço e verita sèmpre trevadisso
de tout ço que porto uno amo, dempièi
qu'eici-de-bas davalèron li grandis amo d'un
Oumèro, d'un Soucrato, d'un Platoun e
d'uno longo tiero d'àutris engèni que nous
entrinon sus si piado, nous raubon dins si
bras e nous menon vers lou Bon e lou Bèu,
« lou Bèu, esplendour dóu Verai, » E acò,
pèr fin que sieguen « tout d'ami, tout de
fraire », coume lou vòu lou Cant di Felibre.
E dóumaci, lou sian, Felibre, nautre que
brinden au bèn-ama César Gourdoux e à
la glòri dóu vieiounge, qu'es lou proumié
culte fclibren.

Discours de M. César Gourdoux

Chers Confrères,
11 y a vingt ans, le Félibrige parisien comptait, parmi ses membres actifs, un ancien et
cèlebre avocat qui, parvenu à la limite extrême de la vie, avait dû quitter le barreau de
Montpellier, où il courtisait, avec un égal succès, Clio et Thémis.
Qu'importe, après tout, la vieillesse,
Quand on est jeune par le cceur.

Viro-Soulèu

39

Tel est le refrain d'une chanson dont il
était l'auteur, et qu'il chantait encore d'une
voix fraîche et vibrante dans les banquets fébbréens et cigaliers.
La vieillesse, l'hiver de l'âge ! certes, votre
doyen serait mal venu à s'en plaindre, non
seulement parce qu'elle ne se montre pas,
pour lui, trop rigoureuse, mais aussi, mais
surtout parce qu'elle lui vaut l'honneur, dont
il se sent profondément touché et reconnaissant, de vous voir commémorer son quatrevingtième anniversaire.
Oui, ce sera, croyez-le bien, l'un des meilleurs souvenirs de sa vie que cette soirée où
l'un des plus humbles, mais aussi des plus
fervents serviteurs de la cause félibréenne, se
voit si sympathiquement entouré.
jeune par le cceur, il Test assurément, sentant bien qu il conserve, à peu près intacts,
les impressions et les sentiments qui ont tait
le charme de sa jeunesse : je veux dire qu'il
n'a pas cessé de comprendre ce qu'a de beau,
d'élevé et d'utile en même temps, l'œuvre
préparée par les Jasmin et par les La Fare,
l'œuvre si brillamment poursuivie par les
poètes de Font-Ségugne, et si puissamment
secondée, à Paris, par les de Tourtoulon, les
Paul Arène, les Maurice Faure, les Baptiste
Bonnet, les Amy, les Sextius-Michel, les Lucien Geoffroy, les Garcin, les Clovis Hugues,
les Jules Boissière, les Albert Tournier, les
Raoul Gineste, les Deluns-Montaud, les Lucien
Duc, pour ne parler que des ouvriers de la
première heure, avec, pour ceux des heures
ultérieures, une longue série d'honorables etc.
Il fait bon, mes chers confières, se rappeler
qu'on a vécu parmi ces hommes qui, par leurs
écrits, vers ou prose, ont prouvé ce que renferme de richesses linguistiques et de poétiques
beautés, le parler de nos aïeux, cette langue
dont l'illustre auteur de Las Castagnados, après
avoir dit qu'elle naquit en chantant, ajoutait
plus tard :
La lengo qu'a lou mai de prusé pouetiquo,
La lengo qu'es touto musique
Quant-on a la iam de rima ;
Es la qu'on barboutis, élan, à la brassieiro,
Es aquelo que, la prémieiro,
Nous aprén à dire : marna.

Cette faim, je l'ai éprouvée dès mes jeunes
années, ce qui ne veut pas dire qu'en fait de
rimes, ou plus explicitement de poésie, je ne
sois resté pauvre.
Pour en revenir à notre association, j'ai dit
qu'elle avait puissamment contribué à la diffusion de l'idée félibréenne. Vous m'approuverez,
j'en suis certain, quand j'aurai rappelé que
son action s'est plus particulièrement exercée
sous l'impulsion de notre cher et vénéré président, M. Sextius-Michel, à qui je propose,
en terminant, de témoigner par un triple ban
notre affectueuse reconnaissance.
«{6

�Jeux Floraux du Félibrige de Paris
JEUX FLORAUX

DE

Avis. — Le Félibrige de Paris croit utile du
faire connaître, dès à présent, que le prix de
Ministre sera décerné, en 1906, à la meilleure
étude en prose française sur ce sujet :

1905

PROGRAMME

CONCOURS

L'action sociale du Félibrige depuis
sa fondation, et son rôle dans l'avenir

LITTERAIRE

A. — Prix du Ministre de l'Instruction publique à la meilleure étude un prose
française sur ce sujet :
Des traces laissées en Provence (langue, mœurs, monuments, etc.) par les
Sarrasins.
B. — Une médaille d'argent au meilleur sonnet en langue d'oc sur
La limaçado
C. — Une médaille de vermeil à la
meilleure ode en langue d'oc sur
Lou Castagnié
D. — Une médaille de vermeil à la
meilleure étude en langue d'oe sur
Le jeu de boules

CONCOURS
1"

ARTISTIQUE
DESSIN

Un objet d'art offert par le Ministre des
Beaux-Arts, au meilleur dessin, à la plume
ou au crayon, représentant lAmoulaira
dans lu Midi.
La composition devra avoir 0 m. 60 sur
0 m. 75.
Le dessin primé appartiendra à la Société, qui l'offrira à un Musée du Midi,
désigné par le lauréat.
2° MUSIQUE
Une médaille de vermeil au meilleur
Choeur des Vendangeurs

E. — Une médaille d'argent à la meilleure chanson en langue d'oe sur
Li Majourau

pour voix d'hommes et de lemmes, sur un
texte provençal à volonté.

CONCOURS CLASSIQUE

AVIS CONCERNANT LES 3 CONCOURS

exclusivement réservé aux élèves des lycées et
collèges, écoles ou institutions. L'établissement
et la classe devront être indiqués, sous peine
d'exclusion.
Une médaille d'argent à la meilleure
traduction littérale en langue d'oc (prose)
de la fable suivante de Lucien Duu :

Des médailles d'argent et de bronze supplémentaires, et des mentions honorables
pourront être accordées, suivant l'importance du concours.

L'enfant et le ver à soie
Un jeune enfant s'extasiait
Devant un humble ver à soie,
Et, dans ses yeux brillants de joie,
L'intelligence souriait.

Un de ces ouvrages, de luxe, pourrait
remplacer une médaille, sur la demande
immédiate du lauréat.

Fixé sur un brin de bruyère,
Le ver fabriquait son cocon,
4Ce beau tissu, gaze légère,
Dont il se fait une prison.
Doué
Dans
A la
Avec

Tous les deuxièmes prix consisteront
en ouvrages félibréens, c'est-à-dire soit en
langue d'oc, soit se rapportant au Midi,
à son histoire, à ses coutumes ou au Félibrige.

Lus concurrents ne seront admis au Concours littéraire que pour un seul sujet.

d'un zèle infatigable,
son travail il s'absorbait ;
vue, il se dérobait
une adresse admirable.

— Papa, dit le petit garçon :
Voyez donc ce ver... comme il file !
— Ce ver te donne une leçon,
Jton lils ; il te dit : sais utile.
Tout arbre doit porter des fruits,
Chacun doit accomplir sa tâche,
Celui qui vit oisif est lâche:
On juge l'homme à ses produits.
Travaille donc, entant, travaille :
Le travail donne le bonheur,
La vie est un champ de bataille
Où la victoire est au labeur.

N.B. — Les divers dialectes du midi de la
France pourront être employés dans le concours
littéraire et dans le concours classique.

DÉLAIS ET MODE D'ENVOI
Les en vois relatifs aux concours littéraire, classique et musical, devront être faits franco, avant
le I*, mai, terme de rigueur, à M. Sextius-Michel,
président de la Société, 54 bis, rue Violet, Paris.
Les envois concernant le concours de dessin
devront être faits, avant le jo mai, terme de rigueur, à M. Amy, sculpteur, délégué pour la
section artistique, avenue d'Orléans, 55, Paris.
Aucun ouvrage ne devra être signé. A tout
envoi, pour chacun des trois concours, sera annexé un pli cacheté, contenant les nom, prénoms, adresse du concurrent, yvec une devise
qui sera répétée en tète de l'œuvre, et l'affirmation que cette œuvre est inédite. Les manuscrits ne sont pas rendus.
Le Président des Félibres de Paris :
SEXTIUS-MICHEL.

Le Gérant : Marius
PARIS.

AMY,

249, rue de Vaugirard.

— Empremarié ielibreaco de Lucian Duc e Cie, 125, carrioro dóu Cherche-Midi

[B t ZI ERS]

�Revues &amp; Journaux intéressant le Félibrige

— Revue Félibréenne, M. Paul Mariéton, directeur, 9, rue Richepanse, Pans.
— Revue des langues romanes, Montpellier.
— Romania, MM. Paul Meyer et Gaston Paris, directeurs ; Bouillon, éditeur, Paris,
— Revue de philologie française et provençale, L. Clédat, direc, Bouillon, édit., Pari*.
— Lou Félibrige, M. Jean Monné, directeur, 14, rue des Henry Marseille.
— Lemouzi, Sernin Santy, directeur, 8, rue de la République, à Saint-Etienne.
— La Sartan, M. Pascal Cros, directeur, Marseille.
— La Terro d'oc, A. Sourreil, directeur, 15, rue Denfert-Rochereau, Toulouse.
— La Campana de Magalouna, 33, rue de l'AiguilIerie, à Montpellier.
— Lou Calel, Victor Delbergé, directeur, Villeneuve-sur-Lot.
— L'Homme de. bronze et le Forum républicain, à Arles.
— La Revue méridionale, Achille Rouquet, directeur, Carcassonne.
— La Province, revue mensuelle, 25" ann. L. Duc, direct., 125, r. du Cherche-Midi. Paris
— La Cigale, bulletin mensuel de la Cigale, 16, rue Pestalozzi, Paris.
— Lou Viro-Soulèu, gazette du Félibrige de Paris, 1, place de l'Odéon.
(Il reste encore quelques collections des années 1889 à 1903 (sauf l'année 1892), au prix
de 3 fr. sur papier ordinaire, et de 5 fr. sur papier de Hollande. — Ecrire au bureau
du journal ou à l'imprimeur, 125, rue du Cherche-Midi).

Ouvrages
— Lou Tresor dóu Félibrige, dictionnaire provençal-français, par Frédéric
Mistral. 2 vol. in-4% chez Mme Roumanille, en Avignon . .
120 fr.
— Dictionnaire français-occitanien, par Lucien Piat, 2 vol. in-8-, chez
Hamelin frères, à Montpellier
24 fr.
— Long dóu Rose e de la Mar, poésies de Sextius-Michel.. . .
3 fr. 50
— La petite Patrie, discours et documents, par Sextius-Michel, 2 vol.
7 fr.
— Vido d'enfant et Lou Varlet de Mas, par Batisto Bonnet, 2 vol.
7 fr.
— Marineto, poème de Lucien Duc, avec illustrations
6 Ir.
— Li sèt rai de moun estello, poésies de Lucien Duc
2 fr.
— Tarascon par un Tarasconnais, par J.-B. Amy
3 fr.

En souscription :
LI SOULKIADO, œuvres choisies des Félibres de Paris, un vol. in-8 raisin
Sur papier teinté ou simili-japon

6 Ir.
7 50

MEDAIOUN FELIBREN, sonnets provençaux de LUCIEN Duc, peignant les principaux félibres de Paris et de Provence, avec portraits à la plume par Bénoni
Auran, Cornillon, Louis Prat, Houx-Renard, Wagner-Robier, etc.
Prix. . .
3 fr. 50, 4 fr. 50, 5 fr. et 8 fr.

�LE MIDI

I.

GASTRONOMIQUE A

—

PARIS

Produits du Midi

COBNAILLE, 12

rue du Havre

Arrivage de morue à la brandade, de la Grille de Nîmes, trois fois par semaine en hiver
t
AUG. TURIN, 57 Faubourg Poissonnière
Huile de Provence, Vins du Midi, Pois-chiches, Produits des colonies.
HÉiiiARu, 21, place de la Madeleine
Comestibles du Midi.
ERNEST BERTRAND,

à Cliàteauncul'-du-Pape (Vaucluse)
Grand vin dos Félibres

II.

—

Cuisine

VOLTAIRE, 1, place de l'Odéon
Brandade et bouillabaisse le vendredi
Cassoulet et Aiòli
Restaurant LAVENUE, 70, boul. Montparnasse
lundi : Cassoulet ; vendredi : bouillabaisse
Restaurant ROBERT, 39, boulev. St-Michel
Cassoulet le jeudi, Bouillabaisse le vendredi
CAFÉ-RF.ST

Imprimerie

LUCIBN

méridionale

Restaurant du GRANÜ U, rue Richelieu, 101
Cassoulet, le lundi
On trouve le Cassoulet le mercredi,
et bouillabaisse et brandade le vendredi
Restaurant CÉSAR, boulevard Poissonnière
»

BRUNEAU,

»

NOTTA,

»
«

Duc et Cie, 125, rue du Cherche-Midi, Paris.

»
»

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